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PRATIQUES ET MÉTIERS

Surveillance biologique
des expositions professionnelles
aux agents chimiques
Recommandations de bonne
pratique mai 2016
Promoteur : Société française de médecine du travail
Auteurs : voir liste des participants, annexe 1 pp.  à 
Partenaires : Société française de toxicologie analytique et Société de toxicologie clinique
en
résumé

Ces recommandations
de bonne pratique sur la MOTS CLÉS vail indique que le médecin du
surveillance biologique des Surveillance INTRODUCTION travail doit prescrire les examens
expositions professionnelles biologique /
Biométrologie /
médicaux nécessaires à la surveil-
aux agents chimiques ont pour Risque chimique / CONTEXTE lance biologique des expositions
finalité de guider le médecin Recommandation / La surveillance biologique des ex- aux agents chimiques. L’article
dans sa décision de mettre en Surveillance positions professionnelles (SBEP) R.4624-16 du même code précise
place une telle surveillance, médicale / Suivi est un élément fondamental de que la fréquence et la nature des
le choix des modalités de son médical
l’évaluation et de la surveillance examens complémentaires sont
exécution, l’interprétation et la individuelle et collective des fixées par le médecin du travail
restitution tant individuelles risques chimiques. Elle permet en tenant compte « des bonnes
que collectives et les modalités d’objectiver les activités à risques, pratiques existantes ». En fait, il
de collecte et de conservation de mesurer la contamination des n’existe pas, à l’heure actuelle, de
des données en vue de individus, de guider d’éventuelles recommandations médicopro-
leur exploitation collective mesures de réduction des exposi- fessionnelles pour la SBEP, ce qui
à visée de prévention. tions et d’en apprécier l’efficacité. constitue un frein à sa mise en
Promues par la Société française C’est l’outil indispensable de la place par le médecin du travail.
de médecine du travail, elles traçabilité individuelle des exposi-
ont été élaborées en partenariat tions à des substances chimiques. Les recommandations pour la
avec la Société française La SBEP peut aussi utilement servir SBEP ont pour finalité de guider le
de toxicologie analytique à assurer une traçabilité collective médecin du travail dans :
et la Société de toxicologie des expositions au niveau d’une – sa décision de mettre en place
clinique, ainsi que le soutien de entreprise, d’un secteur d’activité, une telle surveillance ;
l’Agence nationale de sécurité d’une région ou d’une nation, pour – le choix des modalités de son
sanitaire de l’alimentation, de l’identification de postes de tra- exécution ;
l’environnement et du travail, vail, de pratiques ou de secteurs – l’interprétation, ainsi que la res-
de l‘Institut de veille sanitaire d’activité à risque élevé et sur les- titution individuelle et collective
(devenu Santé publique France) quels des actions de prévention des résultats ;
et de l’Institut national de peuvent être ciblées (la poursuite – les modalités de collecte et de
recherche et de sécurité. de la SBEP permettant d’évaluer conservation des données en vue
Est reproduit ici le texte court. Ce
l’efficacité de ces dernières). de leur exploitation collective à
document, ainsi que l’argumentaire,
sont consultable sur le site de la L’article R.4412-51 du Code du tra- visée de prévention.
SFMT : www.chu-rouen.fr/sfmt/
pages/Recommandations.php

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

,Encadré 1

> ABRÉVIATIONS en France) ont publié des outils


pour la mise en œuvre de la sur-
ACGIH : American conference of governmental InVS : Institut de veille sanitaire (devenu Santé
industrial hygienists Publique France) veillance biologique de l’exposi-
ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire tion professionnelle à des agents
IPRP : Intervenant en prévention des risques
de l’alimentation, de l’environnement et du professionnels chimiques (notamment la base de
travail données Biotox). Pour chacun des
LOQ : Limite de quantification
BAL : Biological action level agents chimiques examinés, ces
BAR : Biologischer Arbeitsstoff-Referenzwerte NIOSH : National institute of occupational safety
and health
outils apportent des informations
BAT : Biologischer Arbeitsstoff-Toleranzwerte utiles sur les indicateurs biolo-
BEI : Biological exposure indices OSHA : Occupational Safety and Health
Administration giques d’exposition, les conditions
BGV : Biological guidance value de recueil et les valeurs de réfé-
RfC : Reference concentration (dose de référence
BLV : Biological limit value rence disponibles, ainsi que des
par inhalation)
BLW : Biologischer Leit-Wert éléments sur des paramètres à
RfD : Reference dose (dose de référence par
CES VLEP : Comité d’experts spécialisés prendre en compte pour l’interpré-
« Expertise en vue de la fixation de valeurs ingestion)
limites à des agents chimiques en milieu SBEP : Surveillance biologique des expositions tation du résultat le cas échéant.
professionnel » professionnelles aux agents chimiques Certains laboratoires d’analyse
CHSCT : Comité d'hygiène, de sécurité et des SCOEL : Scientific Committee of Occupational proposent également une aide à la
conditions de travail mise en œuvre de la surveillance
Exposure Limits
DFG : Deutsche Forschungsgemeinschaft biologique et à l’interprétation des
SFMT : Société française de médecine du travail
DJT : Dose journalière tolérable par ingestion résultats. Cependant, il n’existait
SFTA : Société française de toxicologie
DMST : Dossier médical en santé au travail pas jusqu’alors de recommanda-
analytique
EKA : Expositionsäquivalente für tions scientifiques françaises ou
Krebserzeugende-Arbeitsstoffe SST : Service de santé au travail
étrangères sur les bonnes pra-
ENNS : Étude nationale nutrition santé STC : Société de toxicologie clinique
tiques de mise en œuvre et d’inter-
EPC : Équipement de protection collective TRGS 903 : Technische Regel für Gefahrstoffe 903
prétation de la surveillance biolo-
EPI : Équipement de protection individuelle VBI : Valeur biologique d’interprétation
gique des expositions à des agents
FIOH : Finnish institute of occupational health VBR : Valeur biologique de référence chimiques.
FRMP : Fiche de renseignements médicaux et VGD : Valeur guide développement
professionnels
VGF : Valeur guide française PARTICIPANTS ET MÉTHODE
GEH : Groupe d’exposition homogène
HAS : Haute autorité de santé VLB : Valeur limite biologique DE TRAVAIL
IBE : Indicateur biologique d‘exposition VLEP : Valeur limite d'exposition professionnelle Cette recommandation pour la
INRS : Institut national de recherche VTD : Valeur toxicologique sans effet sur le SBEP a été élaborée selon la mé-
et de sécurité développement thode des « recommandations
pour la pratique clinique » préconi-
sée par la HAS. Les participants et
différentes phases de travail sont
CADRAGE DU THÈME dérivés inorganiques du plomb, présentés en annexe 1 et 2.
Les recommandations seront spé- et encore n’est-ce aujourd’hui que
cifiquement ciblées sur la surveil- très partiellement. PROFESSIONNELS
lance biologique des expositions La littérature scientifique sur la CONCERNÉS PAR CES
professionnelles à des agents SBEP est très abondante. RECOMMANDATIONS
chimiques, à l’exclusion de la sur- L’ANSES a produit, en 2010, un Ces recommandations de bonne
veillance des effets précoces et des « document de référence pour pratique s’adressent à tous les pro-
tests visant à identifier des sus- la construction et la mesure de fessionnels de santé (médecins du
ceptibilités individuelles. valeurs limites d'exposition à des travail, infirmier(ère)s de santé au
agents chimiques en milieu profes- travail, assistants en santé au tra-
ÉTAT DES LIEUX sionnel » ; sa dernière mise à jour vail, personnes habilitées à réali-
DOCUMENTAIRE date de janvier 2014. ser des prélèvements biologiques,
En France, la SBEP n’est réglemen- Divers organismes nationaux biologistes médicaux) interve-
tairement organisée que pour les et internationaux (dont l’INRS, nant pour la prescription des exa-

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


mens utiles à la SBEP à des agents lance biologique des expositions
chimiques, pour la réalisation des professionnelles, quelles en sont RECOMMANDATIONS
prélèvements nécessaires et des les indications et les non-indica-
analyses, pour l’interprétation tions ? Q1 : Comment se définit la surveil-
des résultats, l’information des Q3 - Comment articuler la surveil- lance biologique des expositions
salariés et des employeurs sur les lance biologique des expositions professionnelles à des agents
objectifs de la SBEP et l’intérêt de professionnelles avec la surveil- chimiques ?
sa mise en œuvre pour la surveil- lance de l’exposition externe ? La SBEP à des agents chimiques,
lance et la protection de la santé Q4 - Quelles sont les caractéris- également nommée biométrolo-
des travailleurs. tiques d’un bon indicateur biolo- gie, biosurveillance ou biomonito-
Elles s’adressent aussi aux méde- gique d’exposition (IBE) à un agent ring, a été définie en 1984 par des
cins traitants des salariés, qui chimique ? Comment faire le choix experts réunis par la Commission
peuvent être consultés par leur entre plusieurs IBE disponibles ? des communautés européennes
patientelle sur l’intérêt, les limites Q5 - Comment définir la stratégie (CEC), le NIOSH et l’OSHA comme
et/ou les résultats de la SBEP mise de mise en œuvre et prescrire une « l’identification et la mesure des
en œuvre dans l’entreprise qui les surveillance biologique des expo- substances de l’environnement du
emploie et qui sont en situation sitions professionnelles ? poste de travail ou de leurs méta-
d’être les prescripteurs de la SBEP Q6 - Comment effectuer un prélè- bolites dans les tissus, les excreta,
quand elle concerne des travail- vement et un transport des échan- les sécrétions ou l’air expiré des tra-
leurs indépendants. tillons de bonne qualité? vailleurs exposés, pour évaluer l’ex-
Elles concernent aussi les catégo- Q7 - Quels sont les éléments à position et les risques pour la santé,
ries de personnes qui n’ont accès prendre en compte pour choisir un en comparant les valeurs mesurées
qu’aux résultats globaux et ano- laboratoire ? à des références appropriées ».
nymes de la SBEP, en particulier Q8 - Quels sont les éléments à Les paramètres mesurés sont
les employeurs, les membres des prendre en compte pour interpré- appelés indicateurs biologiques
CHSCT, les représentants des per- ter les résultats de la surveillance d’exposition (IBE), biomarqueurs
sonnels et les professionnels des biologique des expositions profes- d’exposition ou encore bio-indica-
services de santé au travail qui ne sionnelles ? teurs d’exposition. Les références
sont pas directement impliqués Q9 - Comment restituer les résul- auxquelles on peut comparer les
dans la SBEP (hygiénistes, inter- tats de la surveillance biologique IBE seront dénommées, dans ces
venants en prévention des risques des expositions professionnelles recommandations, VBI. La VBI est
professionnels). aux travailleurs concernés ? une valeur à laquelle on peut se
Q10 - Comment restituer les résul- référer pour interpréter le résultat
TRAVAILLEURS tats de la surveillance biologique d’un IBE dans le cadre de la SBEP.
CONCERNÉS PAR CES des expositions professionnelles à Il peut s’agir de valeurs limites
RECOMMANDATIONS la collectivité concernée ? établies spécifiquement dans un
Tous les travailleurs exposés à des Q11 - Comment assurer la conser- contexte d’exposition profession-
agents chimiques pour lesquels vation des résultats de la surveil- nelle ou des valeurs usuelles en
une SBEP est possible. lance biologique des expositions population générale.
professionnelles pour assurer la Le mesurage d’IBE est un examen
Liste des questions prévues traçabilité des expositions indivi- complémentaire et sa prescription
Les questions auxquelles les re- duelles et collectives et permettre, est de la responsabilité du méde-
commandations doivent répondre le cas échéant, leur partage et leur cin du travail (articles R.4412-51,
sont les suivantes : exploitation à des fins de préven- R.4412-51-1, R.4624-25 du Code du
Q1 - Comment se définit la surveil- tion ? travail).
lance biologique des expositions Dans cet argumentaire et les re-
professionnelles à des agents commandations associées, sont
chimiques ? considérés comme des IBE, les
Q2 - Sur la base des avantages et agents chimiques eux-mêmes et
des inconvénients de la surveil- leurs métabolites, analysés dans

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Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

un milieu biologique. En revanche, document unique d’évaluation – le nombre réduit d’indicateurs


les indicateurs d’effets, les tests de des risques. Elle est de plus, un des biologiques d’exposition validés
génotoxicité, les examens radio- éléments du dossier médical en et/ou celui de valeurs biologiques
toxicologiques, les examens de santé au travail et peut être un des d’interprétation (VBI) associées ;
dépistage de prise volontaire de critères intervenant dans l’aména- – l’insuffisance actuelle de la
substances psychoactives et les gement du poste de travail et dans formation des médecins et des
indicateurs de susceptibilité indi- la décision d’aptitude à ce dernier. équipes de santé au travail dans ce
viduelle sont exclus du champ de Elle peut faciliter une démarche de domaine.
ces recommandations. reconnaissance de maladie profes-
sionnelle (requise dans plusieurs RECOMMANDATIONS
La figure 1 montre le continuum de tableaux). R1. La mise en œuvre d’une sur-
l’exposition aux effets sanitaires. Les avantages de la SBEP sont de veillance biologique des expo-
prendre en compte : sitions professionnelles (SBEP)
Q2 : Sur la base des avantages et – toutes les voies d'absorption de permet :
des inconvénients de la surveil- l’agent chimique considéré : respi- – d’évaluer les risques pour la
lance biologique des expositions ratoire, cutanée et digestive ; santé de chacun des travail-
professionnelles, quelles en sont – les caractéristiques des exposi- leurs exposés ;
les indications et les non-indica- tions (débit ventilatoire, tempé- – d’identifier des groupes à
tions ? rature ambiante, effort physique, risques au sein d’un atelier,
(1) Sont concernés :
- l’attestation
Réglementairement, la SBEP re- port d’équipement de protection d’une entreprise, d’une profes-
d’exposition pour pose sur le décret n°2009-1570 individuelle, hygiène des indivi- sion ou d’un secteur d’activité ;
les expositions
antérieures au
du 15 décembre 2009 relatif au dus…) et des particularités indivi- – d’évaluer l’efficacité des me-
1er février 2012 ; contrôle du risque sur les lieux de duelles des personnes exposées sures de réduction des exposi-
- la fiche de préven-
tion de pénibilité
travail, transposant en droit fran- (dermatose, pathologie hépatique tions mises en place ;
pour les exposi- çais les directives européennes ou rénale, phénotype de métabo- – d’assurer la traçabilité des
tions comprises
entre le 1er février
98/24/CE (agents chimiques dan- lisation…) ; expositions professionnelles à
2012 et le 17 août gereux) et 2004/37/CE (agents – toutes les sources d’expositions l’échelon individuel et collectif.
2015 ;
- la déclaration
cancérogènes et mutagènes). Elle professionnelles et extra-profes- Elle doit toujours être envisagée
d’exposition pour est utile à l’établissement de l’at- sionnelles. pour l’évaluation et le suivi des
les expositions
postérieures au
testation d’exposition aux risques risques sanitaires sauf quand
17 août 2015. professionnels (1) permettant de Les limites de la SBEP sont : l’agent chimique concerné a
justifier la mise en œuvre d’un – de ne pas être adaptée à l’éva- des effets critiques a) qui sont
suivi post-exposition ou post-pro- luation du risque lié à l’exposition uniquement locaux et/ou b) qui
fessionnel. Les données anonymes à des agents chimiques ayant des ont un mécanisme irritatif ou
et globales de la SBEP servent au effets exclusivement locaux ou de allergique et/ou c) qui résultent
médecin du travail à renseigner mécanisme irritatif ou allergique de pics d’exposition plutôt que
les éléments de la fiche d’entre- ou encore, résultant uniquement de l’exposition moyenne ou de
prise relatifs au risque chimique de pics d’exposition plutôt que de l’exposition cumulée. (Accord
,Figure 1
dont la lecture pourra être utile à l’exposition moyenne ou cumu- d’experts).
Continuum l’employeur pour la rédaction du lée ;
exposition –
effets sanitaires
(ANSES 2014)

MARQUEURS D’EXPOSITION MARQUEURS D’EFFETS

Exposition Dose interne Dose biologique Effets biologiques Altérations Effets sanitaires
effective précoces fonctionnelles

Susceptibilité
Marqueurs de susceptibilité

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Q3 : Comment articuler la surveil- mentaire. Concernant la SBEP, le bilité de sa mise en œuvre (voir
lance biologique des expositions Code du travail indique que c’est question 2), la SBEP est préférable
professionnelles avec la surveil- le médecin du travail qui en est à la surveillance de l’exposition
lance de l’exposition externe ? le prescripteur et qui informe le externe, en particulier à la métro-
La SBEP et la surveillance de l’expo- travailleur des résultats le concer- logie atmosphérique, parce qu’elle
sition externe sont des approches nant et de leur interprétation, reflète la dose réellement absor-
différentes et complémentaires de l’employeur devant lui-même être bée, prenant en compte toutes les
l’évaluation de l’exposition profes- informé de l'interprétation ano- voies d’exposition, les conditions
sionnelle aux agents chimiques. nyme et globale des résultats de la réelles d’exposition aux agents
Elles font toutes deux partie inté- SBEP, en garantissant le respect du chimiques et les particularités des
grante de l’évaluation des risques secret médical (article R.4412-51). travailleurs exposés.
chimiques. Les articles R.4412-27 et En France, à ce jour, la seule SBEP Le logigramme (figure 2) présente
R.4412-76 du Code du travail font qui a un fondement réglementaire la stratégie recommandée pour le
obligation aux employeurs de faire est la surveillance de la plombé- choix de la méthode d’évaluation
mesurer par un organisme accré- mie des travailleurs exposés au des expositions professionnelles à
,Figure 2
dité les concentrations atmos- plomb (décret n°2003-1254 du 23 privilégier.
phériques des agents chimiques décembre 2003). Logigramme
permettant
dangereux présents dans leurs Quand les effets critiques de Quand c’est la SBEP qui est utilisée le choix de
entreprises et pour lesquelles il l’agent chimique d’intérêt sont en première intention et qu’elle la méthode
existe une valeur limite d’exposi- systémiques et sous réserve de permet d’identifier un ou plu- d’évaluation
tion professionnelle (VLEP) régle- son acceptabilité et de la faisa- sieurs individus exposés, les infor- des expositions
professionnelles
à privilégier

Surveillance biologique
NB : si VLEP réglementaire Existence VLB OUI
obligatoire
(CMR et ACD) : métrologie
NON

atmosphérique obligatoire

Surveillance
Voie d’absorption Existence d’un
OUI OUI biologique
cutanée ou digestive ? IBE validé ?
à privilégier
NON

NO
N
Métrologie Effet critique
Substance volatile ou en
atmosphérique OUI UNIQUEMENT OUI
aérosol liquide ou solide ?
à privilégier irritatif ?
NON
NON

Pas d’indication de la
Métrologie Effet critique
métrologie atmosphérique
atmosphérique OUI UNIQUEMENT
à privilégier immuno-allergique ? Existence d’un Surveillance biologique
OUI
IBE validé ? à privilégier
NON

NON

Métrologie Effet critique résultant


atmosphérique OUI UNIQUEMENT de pics Pas d’indication de la
à privilégier d’exposition ? surveillance biologique
NON

Existence d’un Surveillance biologique


OUI
IBE validé ? à privilégier
NON

Définitions
Pas d’indication de la VLB : valeur limite biologique contraignante
surveillance biologique IBE : indicateur biologique d’exposition

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PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

mations qu’elle apporte peuvent chimique, les mesurages de l’agent


être utilement complétées par : préoccupante par le médecin lui-même et d’un ou plusieurs de
– une observation détaillée des ac- du travail, il lui est recomman- ses métabolites sont possibles,
tivités au poste de travail (respect dé d’identifier et de hiérarchi- l’agent chimique lui-même est
des mesures d’hygiène et utilisa- ser les sources d’exposition : souvent un indicateur plus spéci-
tion des équipements de protec- – en réalisant avec son équipe fique, en revanche, l’utilisation des
tion au poste de travail, habitudes une observation détaillée des métabolites permet d’éviter les
et pratiques individuelles telles activités au poste de travail ; erreurs résultant de la contami-
que l’onychophagie...) ; – en recherchant une éven- nation externe des prélèvements.
– un interrogatoire à la recherche tuelle source d’exposition ex- D’autres raisons de préférer un IBE
d’une éventuelle source d’exposi- traprofessionnelle ; à un autre sont sa moindre vola-
tion extra-professionnelle ; – le cas échéant, en deman- tilité ou meilleure stabilité ou en-
– le cas échéant, en demandant dant à l’employeur d’évaluer core sa responsabilité directe dans
à l’employeur qu’il réalise la me- la contamination des milieux la survenue des effets critiques.
sure des expositions externes aux (prélèvements atmosphériques
postes de travail. et surfaciques : plans de tra-
RECOMMANDATIONS
vail, poignées de portes, mains,
R4. En vue de la mise en œuvre
L’ensemble de ces informations gants, sanitaires…), afin qu’il
de la surveillance biologique
peut permettre d’identifier les mette en place des mesures
des expositions profession-
sources de la contamination et correctives adaptées. (Accord
nelles (SBEP), il est recomman-
ainsi de les hiérarchiser pour dé- d’experts).
dé de choisir un indicateur bio-
terminer les mesures correctives à logique d’exposition (IBE) qui
mettre en œuvre. Q4 : Quelles sont les caractéris- réponde au mieux aux critères
tiques d’un bon indicateur biolo- suivants :
RECOMMANDATIONS gique de l’exposition à un agent – bonne spécificité vis-à-vis de
R2. Quand elle est pertinente chimique ? Comment faire le l’agent chimique considéré ;
(au sens de la recommandation choix entre plusieurs IBE dispo- – sensibilité adaptée aux ni-
R1) et réalisable, la surveillance nibles ? veaux d’exposition attendus ;
biologique des expositions Le choix d’un IBE pour la mise en – faible variabilité intra-indivi-
professionnelles (SBEP) à des œuvre d’une SBEP est conditionné duelle ;
agents chimiques est : par : – prélèvement biologique peu
– préférable à la surveillance – les qualités de l’indicateur (spéci- ou pas invasif ;
de l’exposition externe aux ficité, sensibilité, variabilité intra- – stabilité maîtrisée de l’échan-
agents chimiques, en particu- individuelle, stabilité, facilité de tillon ;
lier à la métrologie atmosphé- mise en œuvre des prélèvements – méthode d’analyse validée et
rique, parce qu’elle reflète la et de l’analyse…) ; accessible en routine ;
dose réellement absorbée, pre- – l’existence de valeurs permet- – relations connues avec les ef-
nant en compte toutes les voies tant l’interprétation des résultats fets sanitaires (relations dose-
d’exposition, les conditions des mesurages (VBI). réponse ou dose-effet) ou, à dé-
réelles d’exposition aux agents faut, avec l’exposition externe ;
chimiques et les particulari- Quand plusieurs IBE sont dis- – existence de valeur(s)
tés des travailleurs exposés ; ponibles pour un même agent biologique(s) d’interprétation
– recommandée en association chimique, ils apportent parfois (VBI) (en population profes-
avec la métrologie atmosphé- des informations différentes sur sionnellement exposée et/ou
rique quand celle-ci est régle- l’exposition et/ou la dose interne. en population générale). (Ac-
mentairement obligatoire. (Ac- Le choix est déterminé par la na- cord d’experts).
cord d’experts). ture de l’information recherchée R5. À performances égales pour
R3. Quand la SBEP objective et il peut être nécessaire d’utiliser l’évaluation de l’exposition et
une contamination jugée simultanément plusieurs IBE. si le métabolite est spécifique
Quand pour un même agent

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


liée à de nouvelles modalités de assistant(e) en santé au travail,
de l'agent chimique concerné, travail, vérifier l’efficacité des intervenant en prévention des
il est recommandé de privilé- mesures de prévention et/ou de risques professionnels (IPRP)…)
gier le dosage d’un métabo- correction en place, identifier les et à l’ensemble des partenaires
lite plutôt que celui de l’agent postes ou tâches nécessitant des concernés dans l’entreprise (em-
chimique dans le cas où : actions prioritaires en termes de ployeur, CHSCT, travailleurs), pour
– la toxicité est exercée après prévention, évaluer la nécessité qu’ils en comprennent les enjeux.
activation métabolique et/ou ; de mettre en place une surveil- Le médecin du travail choisit fina-
– le risque de contamination lance des effets, décider d’une lement le laboratoire qui devra
lors du prélèvement est réel et/ soustraction temporaire ou défi- réaliser les analyses et rédige une
ou ; nitive de certains travailleurs prescription individuelle ou collec-
– l’agent chimique est instable identifiés comme surexposés ou tive qui doit nécessairement :
ou volatil. (Accord d’experts). qui auraient une susceptibilité – identifier le travailleur concer-
particulière aux effets de l’agent né, le médecin prescripteur et
Q5 : Comment définir la stratégie chimique (état pathologique, gros- l’adresse de facturation ;
de mise en œuvre et prescrire une sesse…), documenter le dossier – indiquer la date de prescription ;
surveillance biologique des expo- médical pour déclarer une mala- – préciser le type d’échantillon à
sitions professionnelles ? die professionnelle. prélever et la nature de l’analyse
La stratégie de mise en œuvre de L’étape suivante est l’élaboration attendue, le moment du prélève-
la SBEP est de la responsabilité du du plan de prélèvement, par le ment par rapport au poste et à la
médecin du travail. C’est lui qui médecin du travail, au besoin avec période travaillée ;
choisit le laboratoire chargé des le laboratoire d’analyse choisi : – indiquer le laboratoire dans le-
analyses. Il est recommandé qu’il matrice et IBE retenus, choix du quel le prescripteur souhaite que
associe, à la SBEP, les membres de moment de prélèvement, périodi- l’analyse soit effectuée ;
l’équipe pluridisciplinaire qu’il cité des prélèvements, rôle des dif- – porter la signature du médecin
aura missionnés et s’assure qu’ils férents acteurs de la SBEP… prescripteur.
ont reçu une formation adéquate. La détermination du moment de Cette prescription sera adressée
La mise en œuvre de la SBEP doit prélèvement doit tenir compte de au laboratoire chargé de l’analyse
être décrite dans un plan de pré- la cinétique d’élimination de l’IBE avec l’échantillon et la fiche de
lèvement qui servira de procé- dans la matrice choisie (quand il renseignements médicaux et pro-
dure. L'étape préalable est une existe une VBI, il faudra se référer fessionnels (FRMP) (décrite dans la
évaluation des dangers (légale- au moment recommandé de prélè- question 6) dûment remplie.
ment du ressort de l’employeur) vement associé à cette valeur).
qui peut se baser sur les éléments Afin de prendre en compte l'in- RECOMMANDATIONS
du document unique et être com- fluence des facteurs de variabi- R6. Il est de la responsabilité du
plétée par une évaluation plus lité (liés aux individus et à l’expo- médecin du travail d’établir la
détaillée (identification des agents sition) et obtenir la meilleure stratégie de mise en œuvre de la
chimiques impliqués, de leurs estimation possible des niveaux surveillance biologique des expo-
effets et caractérisation des rela- d’exposition des travailleurs, il est sitions professionnelles (SBEP). Il
tions dose-effet). La seconde étape préconisé d'effectuer plusieurs est recommandé que le méde-
est un repérage des conditions prélèvements dans des condi- cin du travail et les membres
d’exposition (étude de poste de tions similaires et à intervalles de l’équipe pluridisciplinaire
travail, constitution de GEH…). déterminés, y compris quand les qu’il a associé à cette mise en
Une fois, cette étape d’évaluation résultats des premiers mesurages œuvre aient reçu une forma-
réalisée, le médecin du travail indiquent des concentrations infé- tion adaptée. (Accord d’experts).
décide de la pertinence de la SBEP rieures aux VBI. R7. Il est recommandé de pré-
et en définit les objectifs : assurer Cette stratégie, avant d’être mise parer la stratégie de la SBEP
par des mesurages périodiques en œuvre, doit être présentée avec l’équipe pluridisciplinaire,
la traçabilité de l’exposition d’un à l’équipe pluridisciplinaire de les travailleurs et leur encadre-
travailleur, évaluer l’exposition santé au travail (infirmier(ère),

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 7


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

Q6 : Comment effectuer un pré- – un laboratoire de biologie médi-


ment, en suivant les étapes ci-
lèvement et un transport des cale ;
dessous :
échantillons de bonne qualité ? – l’entreprise, sous la responsabi-
– étude des postes de travail
Le prélèvement d’un échantillon lité du service de santé au travail.
concernés ;
biologique pour la SBEP doit satis-
– constitution de groupes
faire aux mêmes obligations régle- Il est rappelé que, lorsque le pré-
d’exposition homogène (GEH)
mentaires que tout examen com- lèvement n'est réalisé ni dans un
quand l’effectif de travailleurs
plémentaire réalisé dans le cadre laboratoire de biologie médicale,
le permet ;
de la surveillance médicale en mi- ni dans un établissement de santé,
– établissement d’un plan de
lieu de travail, notamment quant une convention signée entre le re-
prélèvement, si besoin en col-
à son financement, à la prise en présentant légal du laboratoire et
laboration avec le laboratoire
charge du temps de travail et des le professionnel de santé qui réa-
d’analyse. (Accord d’experts).
frais de transport nécessités par lise le prélèvement (ou la structure
R8. Afin que chaque personne
ces examens. dans laquelle exerce celui-ci) doit
concernée par la mise en
Le biologiste du laboratoire d’ana- fixer les procédures applicables
œuvre de la SBEP (travailleurs,
lyse a la responsabilité légale de (article L.6211-14 du Code de la san-
employeurs, comité d’hygiène,
la phase pré-analytique. Il devra té publique).
de sécurité et des conditions de
fournir au médecin prescripteur Si les prélèvements sont réalisés
travail (ou à défaut les délégués
ou à l’infirmier(ère) de santé au dans le service de santé au tra-
du personnel), laboratoire…) en
travail, toutes informations en vue vail, il est recommandé que la
comprenne les enjeux, il est
de la bonne réalisation du prélè- coordination des prélèvements,
recommandé que l’équipe de
vement, de la conservation des de leur conservation et de leur
santé au travail, sous la coordi-
échantillons et de leur achemine- acheminement soit assurée par
nation du médecin du travail,
ment vers le laboratoire et trans- l’infirmier(ère) de santé au travail,
apporte à tous les partenaires
mettre, le cas échéant, le matériel en se référant au plan de prélève-
impliqués une information
(ou les références) nécessaire(s) au ment établi par le médecin du tra-
claire et appropriée. (Accord
prélèvement et au transport des vail.
d’experts).
échantillons. Dans le cas de prélèvements uri-
R9. Il est recommandé que la
Toutes les informations utiles à naires, il est souhaitable d’expli-
prescription de la SBEP par le
la réalisation du prélèvement, sa quer et de commenter au travail-
médecin du travail comporte, a
conservation et son achemine- leur les précautions à prendre pour
minima, les éléments suivants :
ment, au recueil d’informations et le recueil des échantillons figurant
– identification du travailleur ;
à la périodicité de la surveillance, sur le plan de prélèvement, en for-
– date de prescription ;
ainsi que le rôle de chaque inter- mulant, au besoin, des consignes
– identification et coordonnées
venant, auront été colligées dans écrites.
du médecin prescripteur ;
le plan de prélèvement (cf. ques- L’étiquetage des échantillons doit
– type d’échantillon primaire et
tion 5). contenir les informations néces-
nature des examens prescrits
La réalisation de l’analyse néces- saires pour établir un lien non
(indicateur biologique d’expo-
site une prescription médicale. équivoque avec le travailleur pré-
sition (IBE) et agent chimique
En plus des éléments contenus levé, le préleveur et le moment de
concerné) ;
dans la feuille de prescription, des prélèvement.
– moment de prélèvement par
renseignements médicaux et pro- Dans la mesure du possible, la
rapport aux périodes d'exposi-
fessionnels sont à collecter dans collecte de l’échantillon devrait
tion ;
une FRMP afin de permettre une être assurée par le service de
– laboratoire d’analyse choisi ;
bonne interprétation des résul- santé au travail ; le médecin et/ou
– adresse de facturation ;
tats (modèle de FRMP en Annexe l’infirmier(ère) de santé au travail
– signature du médecin pres-
3). remplit(ssent) les informations
cripteur. (Accord d’experts).
Les prélèvements biologiques médicales de la FRMP, en collabo-
peuvent être effectués dans : ration avec le travailleur, afin de
– le service de santé au travail ; permettre une interprétation opti-

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


male des résultats et s’assure(nt)
nécessaire(s) au prélèvement – optimisation des délais
de la conformité de l’étiquetage
et au transport des échantil- d’acheminement ;
de l’échantillon. Les membres
lons, ainsi que la fiche de ren- – transport sous triple embal-
de l’équipe pluridisciplinaire qui
seignements médicaux et pro- lage ;
ont une bonne connaissance du
fessionnels (FRMP) à envoyer – conditions de conservation
terrain peuvent remplir le des-
en même temps que l’échan- préconisées par le laboratoire ;
criptif des activités de travail de
tillon. Un double de cette FRMP – conformité de l’étiquetage du
cette FRMP mais, tout comme les
sera conservé dans le dossier colis avec les règles de trans-
autres personnes de l’entreprise,
médical. (Accord d’experts). port des matières biologiques
ne peuvent pas recueillir les infor-
R11. Il est recommandé qu’au de catégorie B. (Accord d’ex-
mations à caractère médical. Une
sein du service de santé au perts).
copie de la FRMP est conservée
travail, ce soit uniquement R15. Quand les échantillons
dans le dossier médical avec les
le médecin du travail ou doivent être acheminés vers
résultats.
l’infirmier(ère) qui prenne le laboratoire d’analyse par le
Le transfert des échantillons vers
en charge les prélèvements, service de santé au travail, il
le laboratoire doit se faire dans
depuis le recueil jusqu’à leur est recommandé à celui-ci de
les plus brefs délais et être effec-
envoi vers le laboratoire en se confier le transport du colis
tué de préférence par un profes-
référant au plan de prélève- à un professionnel spécialisé
sionnel spécialisé dans l’achemi-
ment. (Accord d’experts). dans l’acheminement de colis
nement des colis contenant des
R12. Afin d'obtenir leur adhé- contenant des matières biolo-
matières biologiques de catégo-
sion, il est recommandé d’ex- giques de catégorie B. (Accord
rie B et en respectant certaines
pliquer et de commenter aux d’experts).
consignes (prescription et FRMP
travailleurs les précautions
jointes et isolées des échantillons,
à prendre pour le recueil des
optimisation des délais d’ache- Q7 : Quels sont les éléments à
échantillons prévues par le plan
minement, transport sous triple prendre en compte pour choisir
de prélèvement (en formulant
emballage, conditions de conser- un laboratoire ?
au besoin des consignes écrites)
vation préconisées par le labora- Dans le cadre de la SBEP, le méde-
(Accord d’experts).
toire, conformité de l’étiquetage cin du travail doit choisir un labo-
R13. Il est recommandé que la
du colis avec les règles de trans- ratoire qui lui assure une bonne
collecte de l’échantillon soit
port des matières biologiques de qualité analytique et un accompa-
assurée par le service de santé
catégorie B). gnement de qualité.
au travail ; le médecin et/ou
Concernant l’accompagnement,
l’infirmier(ère) remplit(ssent)
le laboratoire doit pouvoir four-
RECOMMANDATIONS une FRMP en collaboration
nir les conseils quant à la mise
R10. Avant le prélèvement des avec le travailleur, afin de per-
en place de la surveillance biolo-
échantillons, il est recomman- mettre une interprétation op-
gique, aux conditions de prélève-
dé au médecin du travail pres- timale des résultats. Seuls les
ments, de conservation et d’ache-
cripteur ou à l’infirmier(ère) éléments de cette fiche corres-
minement des échantillons vers
de contacter le laboratoire qui pondant au descriptif de l’acti-
le laboratoire. Il doit aussi pouvoir
réalisera les analyses afin d’ob- vité de travail peuvent être
apporter une aide à l’interpréta-
tenir toutes les informations remplis par d’autres membres
tion des niveaux d’IBE mesurés et
nécessaires à la bonne réali- de l’équipe pluridisciplinaire.
notamment indiquer les VBI per-
sation du prélèvement, à la (Accord d’experts).
tinentes.
conservation des échantillons R14. Il est recommandé que
Concernant la qualité analytique,
avant envoi et à leur achemi- le transfert des échantillons
il est préférable de choisir un labo-
nement vers le laboratoire. vers le laboratoire res-
ratoire qui ne sous-traite pas l’ana-
Ce contact permettra aussi, pecte les points suivants :
lyse demandée et, si c’est le cas, le
le cas échéant, d’obtenir le – prescription et FRMP jointes
laboratoire choisi devra s’assurer
matériel (ou les références) et isolées des échantillons ;
de la qualité et des performances

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

du laboratoire sous-traitant et in- nique d’analyse, l’incertitude de


a mis en place une démarche
former le médecin du travail pres- mesure, la limite de quantifica-
qualité d’un niveau équivalent
cripteur. tion ainsi que les VBI pertinentes
aux normes de l’accréditation
La méthode de dosage choisie par qui permettent une interprétation
ou, dans le cas de l’existence
le laboratoire devra respecter cer- des résultats. L’interprétation bio-
d’une valeur limite biologique
tains critères : logique doit prendre en compte :
règlementaire, qui a obtenu
– être spécifique pour ne doser que les éléments des FRMP transmises
l’accréditation pour ce dosage.
l’IBE concerné ; au laboratoire, la répartition des
(Accord d’experts).
– avoir une sensibilité adaptée résultats dans un groupe présu-
R18. Il est recommandé au
aux niveaux d’exposition que l’on mé d’exposition homogène et les
médecin du travail de s’assu-
souhaite détecter (inférieure au résultats des campagnes de SBEP
rer auprès du laboratoire que
dixième des VBI retenues et adap- précédentes, si elles sont dispo-
la sensibilité de la technique
tée aux niveaux d’exposition des nibles.
analytique qui va être mise en
travailleurs concernés) ; Le laboratoire transmet les résul-
œuvre est adaptée aux niveaux
– être précise (concentrations très tats au médecin prescripteur,
d’exposition des travailleurs
voisines lors du dosage répété accompagnés des éléments de la
concernés et, en particulier,
d’un même échantillon, avec ou FRMP (voire d’une copie de cette
que la limite de quantifica-
sans modification des conditions dernière), pour qu’il puisse effec-
tion est toujours inférieure au
d’analyse) ; tuer au mieux son interprétation
dixième des valeurs biolo-
– être exacte (apte à donner des contextuelle.
giques d’interprétation (VBI)
résultats exempts d’erreur systé-
retenues pour l’interprétation.
matique). Il paraît opportun de prévoir une
(Accord d’experts).
procédure spécifique entre le
R19. Il est recommandé que
Afin d’obtenir des résultats de laboratoire et le service de santé
le laboratoire précise, dans le
SBEP de qualité, il est dans l’inté- au travail (SST) afin d’alerter rapi-
compte-rendu des résultats, la
rêt du médecin du travail de choi- dement le médecin du travail en
technique d’analyse, l’incer-
sir un laboratoire d’analyse qui a cas de résultat anormal, pour qu’il
titude de mesure, la limite de
mis en place une démarche qua- puisse prendre les mesures qui
quantification ainsi que les VBI
lité d’un niveau équivalent aux s’imposent.
pertinentes qui permettent
normes de l’accréditation ou, dans
une interprétation des résul-
le cas de l’existence d’une valeur
RECOMMANDATIONS tats. (Accord d’experts).
limite biologique règlementaire,
R16. Il est recommandé au mé-
qui a obtenu l’accréditation pour
decin du travail de choisir un
ce dosage. Q8 : Quels sont les éléments à
laboratoire qui ne sous-traite
La démarche qualité mise en place prendre en compte pour interpré-
pas l’analyse et qui assure un
au sein du laboratoire doit per- ter les résultats de la surveillance
accompagnement de qualité :
mettre de limiter les erreurs inhé- biologique des expositions pro-
conseils quant à la mise en
rentes à la méthode de dosage, de fessionnelles ?
place de la surveillance bio-
contrôler et de maintenir l’exacti- L’interprétation contextuelle en
logique, aux conditions de
tude et la précision analytiques. termes de risque sanitaire et la
prélèvements, de conserva-
Elle repose sur deux procédures : restitution individuelle et collec-
tion et d’acheminement des
le contrôle de la qualité (contrôles tive des résultats sont de la res-
échantillons vers le labora-
interne et externe de qualité) et ponsabilité du médecin du travail
toire, puis interprétation des
l’évaluation de la qualité (audits prescripteur (article R. 4412-51 du
niveaux des indicateurs bio-
interne et externe de la qualité). Code du travail).
logiques d’exposition (IBE)
Le compte-rendu des résultats L’interprétation consiste à situer
mesurés. (Accord d’experts).
validés par le biologiste doit être les niveaux mesurés par rapport
R17. Il est recommandé au
accompagné d’une interprétation à des VBI, aux résultats antérieurs
médecin du travail de choisir
biologique. Il est souhaitable que du même individu et à ceux du
un laboratoire d’analyse qui
le laboratoire y précise la tech- GEH auquel il appartient. Les don-

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


nées interprétées permettent, en Afin d’interpréter au mieux les des informations nécessaires à
particulier, d’identifier les groupes résultats, le médecin du travail l’interprétation des résultats.
les plus à risque, de vérifier si doit prendre en compte un certain Afin d’estimer le niveau de conta-
les conditions d’exposition sont nombre d’éléments tels que les mination d’un individu en raison
acceptables et si les mesures de conditions relatives à l’exposition de son exposition profession-
prévention sont adéquates. Elles (représentativité, voies, chronolo- nelle, les résultats des IBE mesurés
servent de support pour proposer gie de l’exposition, équipement de peuvent être comparés à une ou
des améliorations, tant techniques protection…), les caractéristiques des VBI.
qu’organisationnelles, visant à de l’IBE choisi (spécificité, toxicoci- Les VBI professionnelles fran-
diminuer l’exposition et, à terme, nétique, variabilité intra- et inter- çaises ou étrangères sont élabo-
l’occurrence des pathologies liées individus…), les modalités de prélè- rées à partir :
à des risques chimiques profes- vement, de transport et d’analyse, – de la relation entre la concentra-
sionnels. les paramètres relatifs à l’individu tion de l’IBE et l’effet critique de
Les paramètres relatifs aux condi- (sexe, âge, pathologies, tabagisme, l’agent chimique ;
tions de prélèvements et d’analyse médicaments, expositions extra- ou
et le choix des VBI pertinentes ont professionnelles…), les résultats de – de la relation entre la concentra-
dû être discutés en amont, notam- SBEP du GEH auquel il appartient tion de l’IBE et la concentration at-
ment avec le laboratoire. Avant et ceux de ses contrôles antérieurs, mosphérique de l’agent chimique ;
l’interprétation, il est utile de l’existence de VBI validées et adap- ou
vérifier le respect des bonnes pra- tées à l’exposition (tableau I). – des concentrations observées
tiques et du plan de prélèvement La FRMP ainsi que le compte-ren- dans des groupes professionnels
pour s’assurer de la validité des du des résultats transmis par le respectant les règles de bonnes
résultats. laboratoire apporteront l’essentiel pratiques.

,Tableau I

> LISTE DES ÉLÉMENTS ESSENTIELS À PRENDRE EN COMPTE POUR L’INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
DE LA SURVEILLANCE BIOLOGIQUE DE L’EXPOSITION (CERTAINES DES ÉTAPES LISTÉES PEUVENT ÊTRE
CONCOMITANTES)

Circonstances justifiant
Que vérifier Sources d’information Commentaires
un questionnement
1. Vérifier la validité IBE dosé dans les urines La concentration de Compte-rendu des Résultat ininterprétable
des résultats créatinine urinaire ou la résultats biologiques si créatinine urinaire
densité urinaire si une considérés inférieure à 0,3 ou
correction selon la diurèse supérieure à 3 g.L-1
est préconisée
Renouveler le
prélèvement et l’analyse
en cas de prélèvement
non conforme
Résultat inférieur à la La LOQ doit être Compte-rendu des Si sensibilité insuffisante,
limite de quantification inférieure au 10e des résultats biologiques une sous-estimation de
(<LOQ) valeurs biologiques considérés l’exposition est possible
d’interprétation (VBI)
pertinentes.
NB : Ceci aurait dû
être vérifié auprès du
laboratoire avant mise en
œuvre de la SBEP
Résultat proche de la VBI Vérifier la précision Compte-rendu des Renouveler le
analytique pour estimer résultats biologiques prélèvement et l’analyse,
le risque de dépassement considérés si risque de dépassement
de la VBI de la VBI
■■■

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

,Tableau I (suite)

> LISTE DES ÉLÉMENTS ESSENTIELS À PRENDRE EN COMPTE POUR L’INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
DE LA SURVEILLANCE BIOLOGIQUE DE L’EXPOSITION (CERTAINES DES ÉTAPES LISTÉES PEUVENT ÊTRE
CONCOMITANTES)

Circonstances justifiant
Que vérifier Sources d’information Commentaires
un questionnement

2. S’assurer du respect Dans tous les cas et en Lieu, date et heure de Compte-rendu des Interroger le laboratoire
des conditions de particulier si le résultat prélèvement résultats biologiques sur l’impact potentiel
prélèvement, de transport est discordant par rapport considérés d’une déviation par
au niveau attendu, par Respect des modalités de rapport au plan de
et de conservation prélèvement : vêtements FRMP
rapport aux résultats prélèvement
GEH, ou si le résultat de travail, douche,
est supérieur aux VBI désinfection… Émettre des réserves sur
professionnelles : la fiabilité du résultat
Adéquation du support de
• risque de sous- prélèvement Renouveler le
estimation (journée prélèvement et l’analyse,
du prélèvement non Mode de transport et de si nécessaire, en
représentative de conservation respectant le plan de
l’exposition habituelle, prélèvement
Date d’arrivée au
moment de prélèvement
laboratoire, date d’analyse
décalé, dégradation) ;
• risque de surestimation Représentativité de la
(contamination externe, période de travail évaluée
horaire de prélèvement
inadapté) Moment de prélèvement
en adéquation avec la VBI
choisie ?
3. Choisir les VBI Dans tous les cas Pertinence des VBI Compte-rendu des L’existence de
adaptées professionnelles et/ou résultats biologiques VBI permettant
en population générale considérés l’interprétation doit être
fournies par le laboratoire vérifiée avant mise en
pour interpréter le Consultation de Biotox œuvre de la SBEP
résultat (www.inrs.fr/biotox)
Si plusieurs VBI, choix
hiérarchisé proposé (R22
et R23)
Dans certains cas Spécificité de la VBI Interrogation du
particuliers : spéciation, par rapport au type laboratoire
type d’exposition d’exposition et à la forme
spécifique, IBE non chimique de l’agent Consultation de Biotox
spécifique (correspondant
à plusieurs agents)
4. Identifier les facteurs Dans tous les cas et en Pathologie favorisant FRMP Réserve éventuelle sur
extraprofessionnels particulier si le résultat l’imprégnation ou la part d’exposition
est élevé par rapport au générant un trouble Échange complémentaire attribuable à
influençant le résultat avec le travailleur
niveau attendu ou au GEH métabolique ou de l’environnement
justifiant de la recherche l’excrétion professionnel
de facteurs de risque et
éventuellement d’une Prise médicamenteuse
action de prévention pouvant interférer
Sources d’exposition
extra-professionnelle :
alimentation, tabac,
loisirs, cosmétiques,
médicaments…
■■■

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


,Tableau I (suite)

> LISTE DES ÉLÉMENTS ESSENTIELS À PRENDRE EN COMPTE POUR L’INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
DE LA SURVEILLANCE BIOLOGIQUE DE L’EXPOSITION (CERTAINES DES ÉTAPES LISTÉES PEUVENT ÊTRE
CONCOMITANTES)

Circonstances justifiant
Que vérifier Sources d’information Commentaires
un questionnement

5. Identifier les facteurs Dans tous les cas et en Réalité de l’exposition Résultats de l’étude de Réserve éventuelle quant
professionnels explicatifs particulier si le résultat préalable au prélèvement poste, de la métrologie à la représentativité du
du résultat est plus faible ou plus et représentativité par atmosphérique ou résultat par rapport à
élevé par rapport au rapport au travail habituel surfacique l’exposition habituelle
niveau attendu ou au GEH
justifiant de la recherche Durée d’exposition et type FRMP Renouveler la surveillance
de facteurs de risque et (habituelle, accidentelle…) biologique en respectant
Échange complémen- les conditions habituelles
éventuellement d’une Co-expositions pouvant taire avec le travailleur
action de prévention de travail
interférer
Équipements de
protection collective
(EPC) et individuelle (EPI) :
adéquation et modalité
de port, hygiène…
6. Situer un résultat par Lorsque l’on dispose Vérifier la dispersion/ Résultats biologiques L’analyse comparative
rapport à ceux du GEH d’une série d’analyses du homogénéité des et leur exploitation apporte au médecin du
même IBE dans un GEH de résultats dans le GEH statistique travail des éléments
travailleurs présumé pour la restitution des
FRMP résultats et les conseils de
Identifier les travailleurs prévention individuels et
ayant un niveau aberrant collectifs
par rapport au groupe et
identifier les facteurs de
risque explicatifs
7. Étudier l’historique Lorsque l’on dispose d’une Vérifier l’évolution Résultats biologiques L’analyse comparative
des résultats série chronologique pour des résultats par apporte au médecin du
le même individu ou au rapport aux moyens de FRMP pour la description travail des éléments
sein d’un GEH prévention utilisés et aux des EPC et EPI pour la restitution des
modifications de process résultats et les conseils de
industriel prévention individuels et
collectifs

Les VBI professionnelles ne sont sont le plus souvent établies à par- aux circonstances d’exposition est
pas disponibles pour tous les tir du 95e percentile ; proposé dans les recommanda-
IBE. En France, il existe une seule – à partir de la distribution des tions R22 et R23.
valeur biologique réglementaire valeurs d’un IBE mesurées dans Les résultats pourront être inter-
contraignante (plombémie, art. une population professionnelle prétés : soit dans un contexte de
R. 4412-152 du Code du travail). Les non exposée à l’agent chimique surveillance individuelle de l’ex-
caractéristiques et références des concerné ; position d’un travailleur (échelle
principales VBI professionnelles – par ailleurs, certains organismes individuelle), soit pour évaluer le
sont décrites en annexe 4. Les va- internationaux commencent à risque pour un groupe de travail-
leurs de ces VBI professionnelles élaborer des valeurs seuils basés leurs (échelle collective). Lorsque
sont disponibles sur le site inter- sur les effets sanitaires. la constitution de GEH est pos-
net Biotox de l’INRS (2) . sible, l’interprétation collective au (2) http://www.
inrs.fr/biotox
Les VBI en population générale Les caractéristiques et références niveau du GEH sera réalisée en
(01/04/2016)
sont définies soit : des principales VBI profession- premier lieu, permettant ensuite
– à partir de la distribution des nelles sont décrites en annexe 5. d’interpréter les résultats d’un
valeurs d’un IBE mesuré dans la Un choix hiérarchisé des VBI adap- travailleur (interprétation indivi-
population générale adulte ; elles tées à l’IBE, à l’agent chimique et duelle) par rapport à son GEH.

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

L’interprétation des résultats par la Société française de médecine en particulier s’il soupçonne un
rapport aux VBI professionnelles du travail (SFMT) propose de ba- résultat aberrant du fait d’une
ou en population générale permet ser la décision de retrait du poste contamination ou, inversement,
de juger, à l’échelon individuel ou sur les données d’exposition de la d’une exposition non représen-
collectif, si les conditions d’expo- travailleuse : en l’absence de va- tative de l’exposition habituelle,
sition professionnelle sont maîtri- leur guide développement (VGD) s’il observe une incohérence d’un
sées, à améliorer, ou inacceptables publiée pour les expositions pro- résultat (qu’il soit trop élevé ou
(figure 3). fessionnelles (valeur dérivée de la trop bas) par rapport aux résultats
Dans le cas particulier des femmes valeur toxicologique sans effet sur des autres travailleurs du GEH, ou
enceintes exposées à des agents le développement (VTD), la SFMT par rapport aux résultats atten-
chimiques pour lesquels des recommande que le résultat de la dus (compte tenu de résultats
données de reprotoxicité expé- SBEP ne dépasse pas le dixième antérieurs, de l’étude de poste, des
rimentales pour le développe- de la VBI professionnelle chez la résultats de métrologie atmosphé-
ment existent, mais qui ne sont femme enceinte. rique…), ou enfin si la VBI profes-
pas classés reprotoxiques 1A ou À l’issue de l’interprétation, le sionnelle est dépassée.
1B (ce qui imposerait le retrait de médecin du travail détermine la
poste), une recommandation de nécessité de renouveler la SBEP,

,Figure 3
Logigramme d’interprétation à l’échelle
individuelle des résultats de la surveillance
biologique des expositions professionnelles
Existence d’une VBI professionnelle
I
OU

Résultat > VBI


professionnelle
NON
NO
I
OU

Doute sur validité * Doute sur validité *


OUI

OUI

NO
N

Résultat > VBI en


SBEP invalide SBEP invalide population générale
NON

à renouveler à renouveler
NO
I
OU

Pas de surexposition
Facteur(s)
professionnelle.
extraprofessionnel(s)
Prévention adaptée
Facteur(s)
extraprofessionnel(s)
NO
I
OU

OU
N
NO

I
N

Niveau d’exposition SBEP à renouveler après Exposition


professionnelle maîtrise du(des) facteur(s) professionnelle avérée.
inacceptable. extraprofessionnel(s) Prévention à améliorer
Prévention urgente si possible

* Conditions pré-analytiques non respectées, non représentatif de l'exposition habituelle, incohérent avec résultat attendu…

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


RECOMMANDATIONS R22. Lors de l’interprétation, il dont les caractéristiques et
R20. Alors que la validation est recommandé de situer les le mode de vie sont les plus
et l’interprétation initiale des résultats de la SBEP en priorité proches possibles de ceux de la
résultats de la surveillance par rapport à une VBI profes- population de travailleurs étu-
biologique des expositions pro- sionnelle quand elle existe, en diée. (Accord d’experts).
fessionnelles (SBEP) relèvent considérant l’ordre de priorité R24. Afin de situer le résultat
du biologiste, l’interprétation suivant (cf. glossaire pour la par rapport à une ou des VBI
contextuelle finale en termes définition des acronymes uti- appropriée(s), il est recomman-
de risques sanitaires est de la lisés) : dé que le médecin du travail
responsabilité du médecin du – les valeurs limites biolo- s’assure que les VBI figurant sur
travail prescripteur qui connaît giques réglementaires ; le compte-rendu de résultats :
les caractéristiques de l’entre- – à défaut, les VLB proposées – ont été choisies tel que pré-
prise, du process industriel et par l’ANSES ; conisé dans les recommanda-
des travailleurs. Il est recom- – à défaut, les valeurs les plus tions R22 et R23 ;
mandé que le médecin du tra- récentes et/ou les plus faibles – ne sont pas obsolètes ;
vail prenne en considération parmi les suivantes : celles re- – sont adaptées à l’exposition
les informations figurant sur la commandées dans l’Union eu- résultant de la situation de tra-
fiche de renseignements médi- ropéenne par le SCOEL (BLV) ; vail étudiée. (Accord d’experts).
caux et professionnels (FRMP) aux États-unis par l’ACGIH R25. Il est recommandé que
(paramètres d’exposition, (BEI) ; en Allemagne par la DFG l’interprétation individuelle
caractéristiques individuelles (BAT, EKA, BLW) ; en Finlande des résultats de la SBEP soit
influençant les niveaux des in- par le FIOH (BAL). Toutes ces accompagnée, chaque fois que
dicateurs biologiques d’expo- VBI sont disponibles sur le site c’est techniquement possible,
sition (IBE)…) et sur le compte- internet Biotox de l’INRS. (Ac- par une interprétation collec-
rendu des résultats validés cord d’experts). tive au niveau du GEH. (Accord
par le biologiste, afin que son R23. Lors de l’interprétation, il d’experts).
interprétation soit optimale. est recommandé de situer les
(Accord d’experts). résultats de la SBEP par rapport
Q9 : Comment restituer les résul-
R21. En vue d’une interpréta- à une VBI en population géné-
tats de la surveillance biologique
tion optimale des résultats de rale quand il n’existe pas de VBI
des expositions professionnelles
la SBEP, il est recommandé que professionnelle ou quand les
aux travailleurs concernés ?
le médecin du travail prenne en concentrations mesurées chez
Comme pour toute analyse bio-
compte les éléments suivants : les travailleurs sont inférieures
logique, les résultats individuels
les conditions relatives à l’expo- aux VBI professionnelles. Dans
relèvent du secret médical. Les
sition, les éléments ayant guidé ces cas, il est recommandé de
résultats des dosages sont trans-
le choix de l’IBE, les paramètres choisir la VBI en considérant
mis par le laboratoire au médecin
relatifs à l’individu, les condi- l’ordre de priorité suivant (cf.
prescripteur en s’assurant que des
tions de prélèvement, de trans- glossaire pour la définition des
données personnelles ne soient
port et d’analyse des échantil- acronymes utilisés) :
pas transmises aux services admi-
lons, les résultats de la SBEP du – les VBR recommandées par
nistratifs ou comptables. Aucun
groupe d’exposition homogène l’ANSES ;
autre préventeur, à l’exception de
(GEH) auquel appartient le tra- – à défaut, les valeurs fran-
l’infirmier(ère) de santé au travail,
vailleur, les résultats antérieurs çaises publiées par l’InVS à
ne peut avoir accès aux résultats
de SBEP de l’individu concer- partir de l’étude nationale nu-
individuels.
né, ainsi que la(les) valeur(s) trition santé ;
Le médecin du travail doit infor-
biologique(s) d’interprétation – à défaut, les valeurs de réfé-
mer personnellement chaque tra-
(VBI) pertinente(s). (Accord rence en population générale
vailleur de ses résultats et lui en
d’experts). adulte établies dans des pays
communiquer l’interprétation. Il
est recommandé qu’il le fasse en

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

main propre lors d’un entretien


relèvent réglementairement R29. En cas de sous-traitance
médical. Si le résultat de l’IBE est
du médecin du travail prescrip- ou de recours au travail tempo-
supérieur à la VBI, la restitution
teur. Il est recommandé que le raire, il est rappelé au médecin
devra être organisée le plus rapi-
médecin du travail rende en du travail de l’entreprise utili-
dement possible. À défaut de pou-
main propre à chaque travail- satrice qui a mis en œuvre une
voir être remis en main propre, et
leur ses résultats interprétés : SBEP son obligation d’en resti-
s’il est inférieur à la VBI retenue,
– un entretien médical est tuer les résultats aux travail-
le résultat de la SBEP pourra être
indispensable et devra être leurs concernés ainsi qu’à leurs
adressé au domicile du travailleur
organisé le plus rapidement médecins du travail respectifs.
avec un courrier explicatif.
possible en cas de résultat su- (Accord d’experts).
Le commentaire des résultats,
leur comparaison aux VBI perti- périeur à la valeur biologique
nentes, aux valeurs antérieures d’interprétation (VBI) retenue Q10 : Comment restituer les résul-
et à celles du groupe, sont un ou se démarquant nettement tats de la surveillance biologique
excellent support pédagogique à de ceux du groupe d’exposition des expositions professionnelles
l'éducation sanitaire du personnel homogène (GEH), pour recher- à la collectivité concernée ?
et permettent au médecin du tra- cher les causes de cette ano- Le médecin du travail a l’obliga-
vail d’informer le travailleur sur le malie et définir, le cas échéant, tion réglementaire d’informer
danger des agents chimiques, sur les mesures à prendre pour l’employeur des résultats « ano-
les conséquences médicales des réduire ou supprimer l’exposi- nymes et globaux » de la SBEP. Il
expositions au poste de travail, sur tion à l’agent chimique ; est souhaitable que l’ensemble des
le suivi médical nécessaire et les – en cas de résultat inférieur responsables et des gestionnaires
moyens de prévention à mettre à la VBI retenue et à défaut de des risques de l’établissement
en œuvre. Les résultats, leur inter- pouvoir le remettre en main (employeurs, CHSCT, hygiéniste
prétation, les modalités et dates de propre, le résultat de la SBEP ac- du travail, IPRP…) mais également
restitution sont consignés dans le compagné d’un courrier expli- l’ensemble du collectif de travail
dossier médical individuel de san- catif sera adressé au domicile concerné (travailleurs) soient des-
té au travail (DMST). du travailleur sous pli confi- tinataires de cette information. Il
En cas de sous-traitance ou de dentiel. (Accord d’experts). est souhaitable que les résultats
recours au travail temporaire, il R27. La restitution individuelle de la SBEP soient agrégés préala-
importe que les médecins du tra- des résultats effectuée par le blement à leur diffusion. Même
vail de ces entreprises soient en médecin du travail doit per- avec l’accord du travailleur, l’accès
contact avec le médecin de l’en- mettre à chaque travailleur de aux résultats individuels n’est pas
treprise utilisatrice en amont. Le se situer par rapport à la VBI possible pour l’employeur, ses
médecin du travail de l’entreprise professionnelle et éventuelle- représentants ou les préventeurs
utilisatrice a obligation de réali- ment à la VBI en population non médicaux sans déroger au
ser les examens complémentaires générale, mais aussi par rap- secret médical.
obligatoires ou en rapport avec port à ses résultats personnels Il est souvent utile de comparer
une surveillance médicale renfor- antérieurs et par rapport à son les résultats de la campagne de
cée et doit restituer les résultats de GEH. (Accord d’experts). SBEP actuelle avec les résultats
la SBEP aux travailleurs concernés R28. Il est recommandé, lors des SBEP précédentes, d’examiner
ainsi qu’à leurs médecins du tra- de la restitution des résultats, leur conformité avec les VBI dispo-
vail respectifs. d’informer le travailleur sur nibles et, si possible, de comparer
les risques associés à l’expo- les résultats avec ceux issus de la
sition à l’agent chimique littérature concernant des sala-
RECOMMANDATIONS
concerné, sur les moyens de riés du même secteur d’activité à
R26. L’interprétation et la res-
prévention et sur le calendrier un poste et une tâche similaires.
titution des résultats de la sur-
Quand le nombre d’échantillons
veillance biologique des expo- des prochaines campagnes de
est faible et en particulier dans le
sitions professionnelles (SBEP) mesures. (Accord d’experts).
cas d’un seul travailleur, il faut être

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


particulièrement prudent dans logique, médicolégal et juridique.
correctives (quand elles sont
l’interprétation des résultats. Afin Les résultats de la SBEP du travail-
utiles) par les responsables de
de respecter le secret médical, le leur seront intégrés dans le DMST
l’entreprise. (Accord d’experts).
médecin du travail restituera les (traçabilité individuelle) et la syn-
R32. Il est recommandé que
résultats en situant simplement thèse des résultats des données
l’interprétation globale des
le niveau d’exposition par rapport collectives sera consignée dans la
résultats se fasse par rapport :
à la VBI retenue (inférieure, de fiche d’entreprise (traçabilité col-
– aux valeurs biologiques d’in-
l’ordre de, supérieure) et indiquera lective). La conservation des résul-
terprétation (VBI) appropriées ;
l’évolution par rapport aux précé- tats de la SBEP constitue l’un des
– aux valeurs disponibles dans
dents résultats (amélioration, sta- éléments majeurs de la traçabilité.
le même secteur d’activité et/
bilité, dégradation). Elle en permet l’analyse longitu-
ou au même type de poste de
Il est conseillé que cette resti- dinale. La saisie anonymisée des
travail ;
tution du médecin du travail se données relatives à la SBEP dans
– aux autres groupes d’exposi-
fasse dans un premier temps aux une base de données (ou dans des
tion homogène (GEH) de l’en-
responsables de l’entreprise et bases de données interopérables)
treprise ;
éventuellement à l’ensemble des pourrait permettre une mutuali-
– aux résultats antérieurs du
parties concernées, par exemple sation des informations relatives
ou des même(s) GEH. (Accord
en CHSCT, avec remise en main à la SBEP à un niveau régional ou
d’experts).
propre de la synthèse écrite de l’in- national et ainsi permettre des
R33. Quand le nombre d’échan-
terprétation des résultats globaux comparaisons interrégionales ou
tillons est faible et en parti-
et anonymes, puis à l’ensemble du entre secteurs d’activité, entre
culier dans le cas d’un seul
collectif de travail. postes de travail…, pour l’iden-
travailleur, il est recommandé
Le délai entre les restitutions indi- tification de priorités d’actions
au médecin du travail d’être
viduelle et collective devra être le de prévention collectives et pour
particulièrement prudent dans
plus court possible. l’évaluation de leur efficacité. Elle
l’interprétation des résultats.
suppose un accord préalable de la
Il leur est recommandé de res-
Commission nationale de l'infor-
RECOMMANDATIONS tituer les résultats en situant
matique et des libertés (CNIL).
R30. Il est recommandé au mé- simplement le niveau d’expo-
La traçabilité de l’exposition, et
decin du travail de transmettre sition par rapport à la VBI rete-
spécifiquement les données de la
à l’employeur une synthèse nue et d’indiquer l’évolution
SBEP, permettent :
écrite restituant et commen- par rapport aux précédents
– à l’échelle individuelle :
tant les résultats globaux et résultats. (Accord d’experts).
• le suivi temporel de l’exposition
anonymes de la surveillance
professionnelle d’un travailleur,
biologique des expositions pro-
Q11 : Comment assurer la conser- • l’estimation du risque encouru
fessionnelles (SBEP). (Accord
vation des résultats de la surveil- par le travailleur à un moment
d’experts).
lance biologique des expositions donné,
R31. Après information de l’em-
professionnelles pour assurer la • la vérification de la bonne adé-
ployeur, il est recommandé
traçabilité des expositions indivi- quation des EPI et EPC avec les
au médecin du travail de res-
duelles et collectives et permettre conditions réelles de travail,
tituer en personne les résul-
le cas échéant, leur partage et • la mise en place des actions de
tats globaux et anonymes de
leur exploitation à des fins de pré- prévention puis l’évaluation de
la SBEP et leur interprétation
vention ? leur efficacité,
au collectif de travail (Comité
La traçabilité des expositions est • l’argumentation du caractère
d’hygiène, de sécurité et des
l’un des éléments essentiels dans professionnel de symptômes ou
conditions de travail (CHSCT),
le dispositif réglementaire de la de maladies survenus chez les
travailleurs concernés et pré-
prévention des pathologies pro- travailleurs,
venteurs). Cette présenta-
fessionnelles. Ses enjeux sont in- • la justification de la mise en
tion sera idéalement suivie
dividuels et collectifs et se situent place d’un suivi post-profession-
des propositions de mesures
aux niveaux sanitaire, épidémio- nel ;

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

– à l’échelle collective : Afin de rendre possible la traça-


résultats dans la fiche d’entre-
• l’évaluation du risque encouru bilité des résultats de la SBEP, le
prise. (Accord d’experts).
par les sujets appartenant à un législateur a prévu différentes
Il est rappelé que cette conser-
GEH : même secteur industriel, dispositions : à la charge du labo-
vation des données collectives
même tâche professionnelle… ratoire, à celle du médecin du tra-
ne peut être nominative et
• la réalisation d’une cartogra- vail, à celle du SST et enfin à celle
qu’on ne peut légalement créer
phie collective des expositions de l’employeur.
de fichiers ou de bases de don-
de ces GEH (par agent chimique, La constitution de bases de don-
nées contenant des données
secteur, métier, tâche…) à un nées interopérables colligeant les
personnelles sans accord pré-
moment donné, résultats de la SBEP à un niveau
alable de la Commission natio-
• la comparaison des expositions régional et/ou national permet-
nale informatique et libertés
de GEH, d’un secteur d’activité à trait de satisfaire aux objectifs de
(CNIL).
l’autre ou d’un poste de travail à traçabilité collective à ces niveaux.
R36. Il est recommandé de
l’autre à une même période, De telles bases constitueraient un
mettre en place un dispositif
• l’identification des secteurs puissant outil de surveillance per-
permettant la centralisation
professionnels les plus à mettant de cibler les actions de
des résultats de la SBEP colli-
risques et la détermination des prévention et d’en mesurer l’effi-
gés dans des bases de données
GEH prioritaires pour la mise cacité.
régionales et/ou nationales in-
en place d’une surveillance
teropérables. Il permettrait de
médicale renforcée et/ou la
RECOMMANDATIONS répondre à un double objectif
conduite d’actions de préven-
R34. Il est rappelé au médecin de surveillance et de préven-
tion ciblées,
du travail qu’il doit intégrer tion (appréciation des niveaux
• la caractérisation de l’évolu-
dans le dossier médical en d’imprégnation de la popula-
tion temporelle de l’exposition
santé au travail (DMST) l’en- tion des travailleurs en France,
au sein d’un GEH et, dans ce
semble des éléments utiles à identification de secteurs à
cadre, l’évaluation de l’effica-
la traçabilité individuelle de risques afin de mieux cibler
cité d’actions de prévention
l’exposition, en particulier les les priorités dans les actions de
et/ou celle des conséquences
données de la surveillance bio- prévention à mettre en place,
de modifications de procédés
logique des expositions profes- évaluation dans le temps de
industriels,
sionnelles (SBEP). La durée de l’efficacité de ces dernières…).
• l’alimentation de matrices
conservation du DMST est de (Accord d’experts).
emplois-expositions utiles à la
50 ans après la fin de l’expo-
conduite d’études épidémiolo-
sition à des agents chimiques
giques et à la documentation
dangereux.
rétrospective (pour décider de
R35. Il est recommandé au
l’opportunité d’une surveillance
médecin du travail de conser-
post-exposition ou de l’impu-
ver l’ensemble des données
tabilité d’une maladie à l’acti-
collectives correspondant aux
vité professionnelle passée) des
groupes d’exposition homo-
expositions de travailleurs qui
gène (GEH) (éléments retenus
n’auraient pas personnellement
pour constituer des groupes de
bénéficié d’une SBEP adaptée,
travailleurs considérés comme
• l’élaboration de valeurs bio-
ayant une exposition similaire,
logiques d’interprétation (VBI)
nombre minimal de mesures
et de réglementations pour la
représentatives du GEH, dé-
prévention des risques dans cer-
marche d’interprétation des
tains secteurs d’activité,
résultats… et résultats des me-
• l’évaluation de l’efficacité
surages). Il est recommandé de
de nouvelles réglementations
consigner la synthèse de ces
mises en place.

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


ANNEXE 1 Participants

Participants
Promoteur • Société française de médecine du travail (SFMT)

Partenaires • Société française de toxicologie analytique (SFTA)


• Société de toxicologie clinique (STC)

Présidents • Dr Robert Garnier, chef de service du Centre anti poison de Paris, APHP ; Université
Paris-Diderot
• Dr Catherine Nisse, responsable de l’unité de pathologie professionnelle et
environnement, CHU de Lille ; Département universitaire de médecine et santé au
travail, Université Lille II

Chargé de projet • Dr Damien Barbeau, biologiste médical spécialisé ; Laboratoire de toxicologie


professionnelle et environnementale, CHU Grenoble Alpes ; équipe
environnement et prédiction de la santé des populations, Laboratoire TIMC
(UMR CNRS 5525), Université Grenoble Alpes

Groupe de travail • Dominique Brunet, adjointe au chef de l’unité évaluation des substances
chimiques, ANSES
• Mounia El Yamani, responsable de l’unité évaluation des expositions
professionnelles, InVS
• Dr Bernard Fontaine, médecin du travail, Pôle Santé Travail, Lille
• Dr Yves Goujon, médecin du travail, AHI33, Bordeaux
• Dr Laurence Labat, biologie du médicament et toxicologie, Groupe Cochin, APHP
• Pr Anne Maître, responsable du laboratoire de toxicologie professionnelle et
environnementale, CHU Grenoble Alpes ; responsable de l'équipe environnement
et prédiction de la santé des populations, Laboratoire TIMC (UMR CNRS 5525),
Université Grenoble Alpes
• Dr Florence Pillière, conseiller médical en santé au travail, toxicologue,
Département Études et assistance médicales, INRS
• Dr Irène Sari-Minodier, service de médecine et santé au travail, CHU de Marseille ;
Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie (UMR CNRS 7263), Aix-
Marseille Université.
• Dr Antoine Villa, responsable de l’Unité de réponse téléphonique à l’urgence du
Centre anti poison de Paris, APHP

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

Participants
Groupe de lecture • Dr Dominique Abribat-Broussy, médecin du travail
• Dr Pascal Andujar, médecin du travail hospitalo-universitaire, toxicologue clinicien
• Dr Luc Baelde, médecin du travail
• Dr Thierry Barla, médecin du travail
• Dr Jean-Pierre Baud, médecin du travail
• Dr Céline Benedetti, médecin du travail
• Dr François Bertrix, médecin du travail
• Dr Jean-Claude Besson, médecin du travail
• Dr Marie-Dominique Bressand, médecin du travail
• Olivier Briand, intervenant en prévention des risques professionnels
• Pr Patrick Brochard, médecin du travail hospitalo-universitaire
• Dr Bruno Buclez, médecin du travail
• Dr Mireille Canal-Raffin, biologiste-toxicologue analyste
• Dr Valérie Casqueveaux, médecin du travail
• Samuel Chochoy, intervenant en prévention des risques professionnels, toxicologue
industriel
• Pr Bénédicte Clin-Godard, médecin du travail hospitalo-universitaire
• Pr Françoise Conso, médecin du travail hospitalo-universitaire, toxicologue clinicien
• Alain Cuisse, représentant des employeurs, directeur général de service de santé au travail
• Dr Evelyne Delbos, médecin du travail
• Dr Anne Delépine, conseiller médical en santé travail
• Dr Bernard Despres, médecin du travail
• Dr Bénédicte Doise, médecin du travail
• Dr Laurence Duchange, médecin inspecteur du travail
• Dr Dominique Dupas, médecin du travail hospitalo-universitaire
• Emmanuelle Dupuis, intervenant en prévention des risques professionnels
• Dr Frédéric Dutheil, médecin du travail hospitalo-universitaire
• Dr Michel Falcy, médecin du travail, toxicologue clinicien
• Dr Elisabeth Filliard, médecin du travail
• Nadine Fréry, épidémiologiste de santé publique
• Dr Anne Garat, biologiste-toxicologue analyste
• Dr Francoise Giraud, médecin du travail
• Pr Maria Gonzalez, médecin du travail hospitalo-universitaire
• Pr Jean-Pierre Goullé, toxicologue analyste
• Dr Jean-Marc Grenier, médecin du travail
• Dr Christian Guenzi, médecin du travail
• Dr Claire Habert, médecin du travail
• Dr Christine Hermouet, médecin du travail
• Dr Valerie Jouannique, médecin du travail

84 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


Participants
Groupe de lecture • Dr Fatima Kerrache, médecin du travail
• Emmanuelle Koscher, ingénieur, coordinateur hygiène et santé
• Dr Gilbert Laffitte-Rigaud, médecin du travail
• Pr Gérard Lasfargues, médecin du travail hospitalo-universitaire
• Matthieu Lassus, ingénieur de prévention au ministère chargé du Travail
• Dr Isabelle Lehoucq, médecin du travail
• Dr Emily Lenglos, médecin du travail
• Dr Nadège Lepage, médecin du travail hospitalier
• Dr Chloé Leroy, médecin du travail
• Dr Sébastien Leroy, médecin du travail coordinateur
• Dr Patrick Levy, médecin toxicologue, représentant des employeurs
• Dr David Lucas, médecin du travail
• Jean Mâcher, représentant du personnel
• Dr Elisabeth Marcotullio, médecin du travail, toxicologue clinicien
• Dr Chantal Mille, médecin du travail
• Dr Tu Nguyen, médecin du travail
• Marie-Pierre Naudou, infirmière du travail
• Dr Anne Nicolas, biologiste-toxicologue analyste
• Dr Nadia Nikolova-Pavageau, conseiller médical en santé au travail, toxicologue
• Dr Gabriel Ottoni, médecin du travail
• Frédérique Parrot, hygiéniste du travail
• Dr Marie Pascual, médecin du travail, représentant des salariés
• Elodie Pelliccia, intervenant en prévention des risques professionnels
• Dr Renaud Persoons, biologiste-toxicologue analyste, intervenant en prévention des risques
professionnels
• Dr Sophie Pironneau, médecin du travail, responsable service prévention
• Dr Christian Pohren, médecin du travail
• Dr Catherine Prince, toxicologue clinicien
• Dr Nadine Renaudie, médecin inspecteur du travail
• Alain Robert, toxicologue analyste, intervenant en prévention des risques professionnels
• Dr Philippe Robinet, médecin du travail
• Dr Fabien Scarnato, médecin du travail
• Coralie Taisne, infirmière du travail
• Dr Mourad Tatah, médecin du travail, toxicologue clinicien
• Dr François Testud, médecin du travail, toxicologue clinicien, intervenant en prévention des
risques professionnels
• Pr Claude Viau, chercheur associé en toxicologie industrielle

Remerciements • Alice Bogey, interne de médecine du travail, CHU de Grenoble


• Ariane Leroyer, médecin épidémiologiste, Université de Lille II
• Fatoumata Sissoko, coordinatrice d’expertise scientifique, ANSES

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 85


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

ANNEXE 2 Méthode de travail


La méthode la mieux adaptée à la production toxicologues, intervenants en prévention des risques
de recommandations pour la SBEP est celle des professionnels, infirmiers en santé au travail, représentants
« recommandations pour la pratique clinique » préconisée des employeurs et des salariés.
par la HAS.
3. > Extraction des données bibliographiques utiles (en langue
française et anglaise) par le chargé de projet :
Le déroulement de cette démarche a donc compris les étapes
- Guides de surveillance biologique des expositions
suivantes :
professionnelles à des agents chimiques, publiés par des
1. > Constitution d’un groupe de travail multidisciplinaire : organismes nationaux ou internationaux (synthèse produite
principalement des représentants des sociétés savantes pour la DGT en 2006, par un groupe d’experts, dans le cadre du
médicales directement concernées par les recommandations PNSE1 ; documents de référence de l’Organisation Mondiale de
(SFMT, SFTA, STC), mais aussi des institutions nationales la Santé, de l’Institut Robert Sauvé en Santé Travail du Québec,
impliquées dans la surveillance biologique des expositions de l’Institut National de Santé Publique du Québec , de l’Italian
(INRS, InVS, ANSES) et des médecins du travail de terrain. Le society of occupational health and industrial hygiene,...),
groupe de travail, formé de 11 membres, était présidé par les synthèse des réunions scientifiques françaises conduites sur la
docteurs C. Nisse et R. Garnier, membres de la SFMT. Il était SBEP depuis 1998 ;
constitué par ailleurs de : - Références bibliographiques pertinentes des cinq dernières
- 2 membres de la SFMT : Pr A. Maître et Dr I. Sari-Minodier années, dans les 9 bases de données suivantes: Medline,
- 1 membre de la SFTA : Dr L. Labat HSEline, Toxfile, Pascal, Biosis Previews, Embase, Chemical
- 1 membre de la STC : Dr A. Villa Abstracts, Science Citation Index, Current Contents, en
- 1 membre de l’INRS : Dr F. Pillière utilisant l’équation suivante : « (biologic$4 ADJ indic$3
- 1 membre de l’ANSES : Mme D. Brunet OR biologic$4 ADJ indicat$4 OR biologic$4 ADJ index$3
- 1 membre de l’InVS : Mme M. El Yamani OR biomonitor$4 OR biologic$4 NEXT monitor$4) AND
- 2 médecins du travail : Dr B. Fontaine et Dr Y. Goujon (workplac$3 OR occupation$5 OR worker$2) ». Une recherche
2. > Constitution d’un groupe de lecture pluridisciplinaire, de références plus anciennes était réalisée si nécessaire, à
constitué de 74 personnes : médecins du travail, médecins- partir de la bibliographie des sources précédentes. Les articles
inspecteurs du travail, toxicologues analystes, médecins sur des toxiques spécifiques ont été éliminés.

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


4. > Validation par le groupe de travail des questions
GRADATION DES RECOMMANDATIONS
auxquelles l’expertise a répondu.
5. > Rédaction de l’argumentaire scientifique et du premier Preuve scientifique établie
état des propositions de recommandations par le chargé de A Fondée sur des études de fort niveau de preuve (niveau
projet. de preuve 1) : essais comparatifs randomisés de forte
puissance et sans biais majeur ou méta-analyse d’essais
6. > Distribution de l’évaluation critique de l’argumentaire comparatifs randomisés, analyse de décision basée sur des
scientifique et des propositions de recommandations (selon études bien menées.
les principes énoncés par la HAS) entre les membres du groupe
Présomption scientifique
de travail.
B Fondée sur une présomption scientifique fournie par
7. > Validation de la première version de l’argumentaire des études de niveau intermédiaire de preuve (niveau
scientifique et des propositions de recommandations par le de preuve 2), comme des essais comparatifs randomisés
groupe de travail. de faible puissance, des études comparatives non
randomisées bien menées, des études de cohorte.
8. > Soumission de cette première version stabilisée de
Faible niveau de preuve
l’argumentaire scientifique et des recommandations au
C Fondée sur des études de moindre niveau de preuve,
groupe de lecture. comme des études cas témoins (niveau de preuve 3),
9. > Synthèse de la cotation et des commentaires du groupe des études rétrospectives, des séries de cas, des études
de lecture par le chargé de projet. comparatives comportant des biais importants (niveau de
preuve 4).
10. > Finalisation de l’argumentaire scientifique et des
Accord d’experts
recommandations par le groupe de travail.
AE En l’absence d’études, les recommandations sont
11. > Diffusion de l’argumentaire scientifique et des fondées sur un accord entre experts du groupe de travail,
recommandations. après consultation du groupe de lecture. L’absence de
graduation ne signifie pas que les recommandations
ne sont pas pertinentes et utiles. Elle doit, en revanche,
inciter à engager des études complémentaires (niveau de
preuve 5).

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

ANNEXE 3 Modèle de Fiche de renseignements médicaux


et professionnels (FRMP)
VOLET À REMPLIR PAR LE MÉDECIN OU L’INFIRMIÈR(ERE)
Type d’analyse à effectuer
IBE à analyser : .........................................................................................................................................................................................................
Milieu biologique collecté : ..................................................................................................................................................................................
Agent chimique concerné : ...................................................................................................................................................................................
Entreprise du lieu d’exposition
Nom de l’entreprise : ..............................................................................................................................................................................................
Nom du responsable : ............................................................................................................................................................................................
Adresse : .....................................................................................................................................................................................................................
Secteur d’activité : ..................................................................................................................................................................................................
Code NAF : .................................................................................................................................................................................................................
Prescripteur de la surveillance biologique
Nom du Médecin du Travail (ou numéro d’identifiant unique) : ..............................................................................................................
Nom du Service de Santé au Travail : ................................................................................................................................................................
Adresse : .....................................................................................................................................................................................................................
Téléphone : ........../........../........../........../..........
e-mail : ........................................................................................................................ @..................................................
Date de la prescription : ........../........../..........
Identification du Préleveur de l’échantillon
Nom du préleveur :..................................................................................................................................................................................................
Qualité du préleveur : .............................................................................................................................................................................................
Téléphone : ........../........../........../........../..........
e-mail : ........................................................................................................................ @..................................................
Recueil et transport de l’échantillon
Date du prélèvement :........../........../.......... Heure du prélèvement : ..................... H ...................
Date d’envoi au laboratoire : ........../........../..........
Moment de prélèvement dans la journée : ❒ Début ❒ Fin de poste
Moment de prélèvement dans la semaine : ❒ Début ❒ Fin de semaine
Nature du prélèvement (matrice biologique et matériels utilisés) :
Mode de stockage : ❒ Température ambiante ❒ 4°C ❒ -18°C ❒ ........................
Mode de transport : ...............................................................................................................................................................................................
Renseignements individuels
Nom : ..........................................................................................................................................................................................................................
Prénom : .....................................................................................................................................................................................................................
Sexe : ❒ Féminin ❒ Masculin Date de naissance : ........../........../........../
Nom et adresse de l’employeur actuel :............................................................................................................................................................
Tabagisme : ❒ Fumeur ❒ Non-Fumeur ❒ Ex-Fumeur
Nombre de cigarettes fumées dans les 24 heures avant le prélèvement :
Alimentation au poste de travail : ❒ OUI ❒ NON
Exposition extra-professionnelle (alimentation, médicaments, dispositifs médicaux, loisirs…) : ...................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
Nature du poste de travail : ..................................................................................................................................................................................
Nombre d’années d’ancienneté au poste de travail :....................................................................................................................................
Procédé de travail : ..................................................................................................................................................................................................

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


VOLET À REMPLIR PAR L’ÉQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE
Activité professionnelle le jour du prélèvement
Description et durée des tâches effectuées : ..................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
Produit(s) utilisé(s) (nature chimique ou à défaut nom commercial précis, quantité, durée de manipulation) : .....................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
Horaire de travail : Début de poste............... H............... Fin de poste............... H...............
Horaire de la tâche exposante : Début de tâche ............... H............... Fin de tâche ............... H...............
Type d’exposition : ❒ Habituelle ❒ Non habituelle ❒ Accidentelle
Moyens de protection collective utilisés le jour du prélèvement
Protection collective : ❒ Oui ❒ Non
Type de protection : ❒ Aspiration, extraction, ventilation générale
❒ Cabine, machine capotée, rideau d’eau ou d’air
❒ Aspiration à la source ❒ Sorbonne, hotte, boite à gants
Vérification récente de son efficacité : ❒ OuI ❒ Non
Moyens de protection individuelle utilisés le jour du prélèvement
Masque respiratoire : ❒ Oui ❒ Non État : ❒ Neuf ❒ Usagé
Type du masque : ❒ Ventilation libre ❒ Ventilation assistée ❒ Isolant (adduction d’air)
Type du filtre anti-poussière : ❒ P1 ou FFP1 ❒ P2 ou FFP2 ❒ P3 ou FFP3
Type de la cartouche : ❒ A (marron) ❒ B (gris) ❒ E (jaune) ❒ K (vert)
❒1 ❒2 ❒3
Gants : ❒ Oui ❒ Non État : ❒ Neuf ❒ Usagé
Type ou référence des gants : ❒ Latex ❒ Nitrile ❒ Vinyle ❒ Néoprène ❒ Manutention
❒ ..............................................................................................................................................................
Vêtement de travail : ❒ Oui ❒ Non Changé ce jour : ❒ Oui ❒ Non
Type : ...........................................................................................................................................................................................................................
Activité professionnelle antérieure au jour de prélèvement
Exposition la veille du prélèvement (ou la semaine avant le prélèvement) : ❒ Oui ❒ Non
Type d’exposition : ❒ Habituelle ❒ Non habituelle ❒ Accidentelle
Descriptifs des tâches exposantes : ...................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
Moyens de protection (identiques ou différents du jour de prélèvement) : ..........................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................

JUIN 2016 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — N° 146 


PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

ANNEXE 4 Caractéristiques principales des valeurs biologiques

NOM Ordre de priorité Pays d'origine Organisme Modalités établissement


VLB : Valeurs limites Règlementaire à utiliser en France Ministère du
biologiques règlementaires priorité travail
contraignantes
VLB : Valeurs limites En première intention après les France ANSES Groupe d'experts du CES VLEP
biologiques valeurs règlementaires (Comité d’experts spécialisés
« Expertise en vue de la
fixation de valeurs limites à
des agents chimiques en milieu
professionnel »)
BLV : Biological limit values À utiliser en l'absence de valeur Europe SCOEL (Scientific Comité d'experts
règlementaire française et de Committee of
VLB ANSES Occupational
Exposure Limits)
BEI : Biological exposure indices À utiliser en l'absence de valeur USA ACGIH (American Comité d'experts
règlementaire française et de Conference of
VLB ANSES Governmental
Industrial
Hygienists)
BAT (Biologischer Arbeitsstoff À utiliser en l'absence de valeur Allemagne DFG (Deutsche Comité d'experts
Toleranzwerte): Biological règlementaire française et de Forschungsge-
tolerance values VLB ANSES meinschaft)

BLW (Biologischer Leit-Wert) À utiliser en l'absence de valeur Allemagne DFG (Deutsche Comité d'experts
règlementaire française et de Forschungsge-
VLB ANSES meinschaft)
EKA (Expositionsäquivalente für À utiliser en l'absence de valeur Allemagne DFG (Deutsche Comité d'experts
Krebserzeugende Arbeitsstoffe) : règlementaire française et de Forschungsge-
exposure equivalents for VLB ANSES meinschaft)
carcinogenic substance
BAL : Biological action levels À utiliser en l'absence de valeur Finlande FIOH (Finnish Comité d'experts
règlementaire française et de Institute of
VLB ANSES Occupational
Health)

BMGV : Biological monitoring Royaume-Uni HSL (Health and Comité d'experts


guidance values Safety Laboratory)

VGF : Valeurs guides françaises Obsolètes France Patronage du Groupe d'experts du GSSAT
ministère du (Groupe scientifique pour la
Travail surveillance des atmosphères
de travail)

 N° 146 — RÉFÉRENCES EN SANTÉ AU TRAVAIL — JUIN 2016


d'interprétation pour le milieu de travail

Modes de construction Disponibilité en 2015/mise à jour Références


1 seule valeur pour la plombémie : article Décret n° 2003-1254 du 23 décembre 2003,
R.4412-152 du Code du travail article R.4412-4 du Code du travail

1. soit relation dose interne-effet sanitaire 5 VLB disponibles depuis 2008 https://www.anses.fr/fr/system/files/ANSES-
2. soit relation dose interne-dose externe Ft-VLB.pdf

1. soit valeur de l'IBE sans effet toxique 18 valeurs http://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=


clinique observé ou sans élévation de 12629&langId=en
biomarqueur d'effets précoces
2. soit relation dose interne-dose externe
Relation dose interne-dose externe 61 valeurs en 2015 ACGIH. 2015 TLVs and BEIs. Cincinnati: ACGIH;
2015: 252p
Annuellement incrémentées
CD-Rom ou publication payante

Pour les agents chimiques non Environ 45 valeurs en 2015 http://onlinelibrary.wiley.com/


cancérogènes : basées sur des niveaux sans doi/10.1002/9783527695539.oth1/pdf
effet sanitaire
1. soit sur la base d’une relation dose interne-
exposition externe
2. soit sur la base d’une relation dose
interne-effet
Pour les agents cancérogènes ou non Environ 45 valeurs en 2015 http://onlinelibrary.wiley.com/
cancérogènes sans données suffisantes pour doi/10.1002/9783527695539.oth1/pdf
établir une BAT
Pour les agents cancérogènes sur la base Environ 45 valeurs en 2015 http://onlinelibrary.wiley.com/
d’une relation dose interne-exposition doi/10.1002/9783527695539.oth1/pdf
externe

1. soit valeur la plus basse entraînant un effet Environ 42 valeurs en 2015 http://www.ttl.fi/en/work_environment/
toxique biomonitoring/Documents/BM-Guideline.pdf
2. soit relation dose interne-dose externe
3. soit relation concentration de l’IBE-effet
critique
4. soit bonnes pratiques industrielles
5. soit pour population spécifique (P95 de la
population générale + 10 % BAL)
1. soit relation IBE- effets sanitaires Environ 17 valeurs en 2015 http://www.hsl.gov.uk/online-ordering/
2. soit relation dose interne-dose externe analytical-services-and-assays/biological-
3. soit bonnes pratiques industrielles monitoring/bm-guidance-values
1. soit relation dose interne-dose externe 76 valeurs élaborées entre 1993 et 1997 www.inrs.fr/biotox
2. soit reprise de valeurs de l'ACGIH ou de la Non remises à jour
DFG
3. soit bonne pratique industrielle

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PRATIQUES ET MÉTIERS
Surveillance biologique des expositions
professionnelles aux agents chimiques
Recommandations de bonne pratique

ANNEXE 5 Caractéristiques principales des valeurs biologiques

NOM Type de valeurs Ordre de priorité Pays d'origine Organisme


VBR : Valeurs biologiques de Valeurs basées sur l’approche En première France ANSES
référence descriptive des données intention
d’imprégnation d’une
population de référence

Valeurs proposées par un


comité d’experts
BGV : Biological guidance Valeurs basées sur l’approche À utiliser en Europe SCOEL (Scientific Committee of
values descriptive des données l'absence de Occupational Exposure Limits)
d’imprégnation d’une valeurs françaises
population de référence VBR ANSES ou
ENNS
Valeurs proposées par un
comité
BAR : Biologischer arbeitsstoff- Valeurs basées sur l’approche À utiliser en Allemagne DFG (Deutsche
referenzwerte descriptive des données l'absence de Forschungsgemeinschaft)
d’imprégnation d’une valeurs françaises
population de référence VBR ANSEs ou
ENNS
Valeurs proposées par un
comité d’experts
Valeurs de référence issues de Valeurs de référence issues En deuxième France InVS
« l’étude nationale nutrition d’études d’imprégnation en intention, lorsqu’il
santé » (ENNS) 2006-2007 population générale n’existe pas de
VBR ANSES

Valeurs de référence issues Valeurs de référence issues Quand il n’existe USA CDC (Centers for Disease Control
de l’étude « National Health d’études d’imprégnation en ni VBR ANSES, ni and Prévention)
and Nutrition Examination population générale VBR ENNS, ni BGV,
Survey »(NHANES) ni BAR
Valeurs de référence issues du Valeurs de référence issues Quand il n’existe ni Allemagne Agence fédérale allemande
programme de biosurveillance d’études d’imprégnation en VBR ANSES, ni VBR de l’environnement
« German Environmental population générale ENNS, ni BGV, ni BAR
Survey » (GerES)
Valeurs de référence issues Valeurs de référence issues Quand il n’existe ni Canada Santé Canada
de l’enquête canadienne d’études d’imprégnation en VBR ANSES, ni VBR
sur les mesures de la santé population générale ENNS, ni BGV, ni BAR
(Human Biomonitoring of
Environmental Chemicals
in Canada)
« Human biomonitoring Valeurs basées sur l’approche Allemagne Commission nationale
values » (HBM-I et HBM-II) du risque sanitaire de biosurveillance

« Biomonitoring equivalents » Valeurs basées sur l’approche USA


(BEs) du risque sanitaire

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d'interprétation issues de la population générale adulte

Modalités d’établissement Modes de construction Références


Groupe d'experts du CES VLEP 1. Soit des concentrations de l’IBE dans une population https://www.anses.fr/fr/system/files/ANSES-Ft-
(Comité d’experts spécialisés générale d’adultes de caractéristiques proches de VLB.pdf
« Expertise en vue de la celles de la population française
fixation de valeurs limites 2. Soit concentrations dans une population de témoins
à des agents chimiques en non professionnellement exposés à la substance
milieu professionnel ») étudiée

Comité d'experts 1. Soit concentration de la substance ou d’un http://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=1262


métabolite de la substance correspondant 9&langId=en
généralement au 90e ou 95e percentile dans une
population de référence définie
2. Soit limite de détection de la méthode

Comité d'experts « Setting En général, 95e percentile des concentrations de http://onlinelibrary.wiley.com/


of threshold limit values l’IBE dans une population en âge de travailler sans doi/10.1002/9783527695539.oth1/pdf
in biological materials exposition professionnelle à cet agent chimique
of the DFG commission
for the investigation of
health hazards of chemical
compounds in the work area »
95e percentile des concentrations de l’IBE dans la http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/
population générale adulte française de 18-74 ans Rapports-et-syntheses/Environnement-et-
sante/2011/Exposition-de-la-population-francaise-
aux-substances-chimiques-de-l-environnement-
Tome-1-Presentation-generale-de-l-etude-Metaux-
et-metalloides

http://www.invs.sante.fr/Publications-et-outils/
Rapports-et-syntheses/Environnement-et-
sante/2013/Exposition-de-la-population-francaise-
aux-substances-chimiques-de-l-environnement-
Tome-2-Polychlorobiphenyles-PCB-NDL-Pesticides
Distribution de l’IBE dans la population américaine de http://www.cdc.gov/exposurereport/
plus de 20 ans

Valeurs de référence basées sur le 95e percentile de http://www.umweltbundesamt.de/en/topics/


l’IBE dans la population allemande (adultes et enfants) health/assessing-environmentally-related-health-
risks/german-environmental-surveys/german-envi-
ronmental-survey-1997-1999-geres-iii
Valeurs de référence basées sur le 95e percentile de http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/contami-
l’IBE dans la population canadienne nants/chms-ecms-cycle2/index-eng.php

HBM-I = concentration de l’IBE en dessous de laquelle http://www.umweltbundesamt.de/en/topics/


les données scientifiques du moment permettent health/commissions-working-groups/human-bio-
d’estimer qu’il n’y a pas de risque d’impact sur la santé monitoring-commission/reference-hbm-values

HBM-II = concentration de l’IBE au-dessus de laquelle


on peut estimer, en fonction des connaissances
scientifiques du moment, qu’il existe un risque pour la
santé chez les individus de la population générale
Concentration ou plage de concentration d’un IBE http://www.biomonitoringequivalents.net/html/
correspondant à une valeur guide sanitaire, telles que chemical_specific_bes.html
la dose journalière tolérable par ingestion (DJT) ou la
dose de référence par inhalation (RfC) ou la dose de
référence par ingestion (RfD)

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