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Dialogues d'histoire ancienne

L'institution de la tombe, un témoin singulier d'histoire socio-


économique, en Égypte au Nouvel Empire
Madame Dominique Valbelle

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Valbelle Dominique. L'institution de la tombe, un témoin singulier d'histoire socio-économique, en Égypte au Nouvel Empire. In:
Dialogues d'histoire ancienne, vol. 10, 1984. pp. 35-50;

doi : https://doi.org/10.3406/dha.1984.1619

https://www.persee.fr/doc/dha_0755-7256_1984_num_10_1_1619

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DHA 10 1984 35 - 50

L'INSTITUTION DE LA TOMBE, UN TÉMOIN SINGULIER D'HISTOIRE

SOCIO-ÉCONOMIQUE, EN EGYPTE AU NOUVEL EMPIRE (1)

Deir el-Médineh, «le couvent de la ville», est un site archéologique de


la rive occidentale de Thèbes. Il tire son nom arabe de la nature même des
ruines qui sont encore visibles de nos jours : une église installée, à l'époque
copte, dans l'enceinte du petit temple ptolémaïque et les vestiges d'une
modeste agglomération, déjà appelée «la ville» ou plutôt «le village» (2)
durant l'époque ramesside.
La situation de ce village, du cimetière attenant et des sanctuaires
voisins, groupés dans un petit vallon, en retrait de la zone cultivée, a
probablement protégé les restes archéologiques, à la fois, d'une occupation
semi-troglodyte, comme celle que subissent encore nombre de sépultures
de Gourna (3), et d'une destruction résultant de l'exploitation agricole
des terres. Les habitations n'ont guère connu de bouleversement
important après leur désaffectation, à la fin de la XXe dynastie, malgré la
réutilisation d'une cave comme sépulture, à l'époque gréco-romaine (4), et le
déversement de la partie supérieure de leurs décombres dans un immense
puits creusé au nord du vallon, à la Basse Epoque (5).
Le cimetière, en revanche, n'a cessé de servir jusqu'à la période
chrétienne et les chapelles du Nouvel Empire ont été partiellement recouvertes
par un petit temple construit sous les Ptolémées (6).
Dans un pays où chaque pouce de terrain est compté, où les villes se
superposent de siècle en siècle, constituant ainsi des koms archéologiques
souvent élevés, Deir el-Médineh représente donc une précieuse exception,
avec son village aux murs parfois conservés jusqu'à 2 m et plus. Mais les
vestiges archéologiques ne sont pas les seuls apports notables et la richesse
du site, en monuments divers et en papyrus notamment, n'a pas longtemps
échappé aux agents des consuls, dès la seconde moitié du 19e siècle.
Les fouilles, clandestines d'abord, régulières ensuite (7), ont donc,
peu à peu, dispersé les documents les plus remarquables que l'on retrouve
aujourd'hui dans les principaux musées du monde. Fort heureusement, la
terminologie employée, tant sur les monuments privés que dans les textes
documentaires, permet d'identifier la grande majorité d'entre eux (8).
Les hommes qui vivaient dans ce village et qui furent enterrés dans les
sépultures environnantes sont les fonctionnaires d'une institution royale, con-
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çue pour assurer le creusement et la décoration de l'hypogée du souverain


régnant et, accessoirement, celles de quelques membres de sa famille. Cette
institution est appelée «la Grande et Noble Tombe de millions d'années
de Pharaon», habituellement abrégée en «la Tombe». Elle fut en activité
durant toute la période ramesside, soit de 1325 à 1075 environ.
L'institution de la Tombe succède à une fondation royale due à Thout-
mosis I et qui subsista sous une forme modeste pendant toute la XVIIIe
dynastie. L'extrême rareté des textes documentaires de cette époque - neuf
ostraca ! - ne permet guère de décrire l'organisation primitive, mais ceux-ci
suffisent à montrer la similitude du statut des ouvriers qui la composaient
et de ceux des chantiers royaux contemporains, comme celui du temple de
Thoutmosis III à Deir el-Bahari où les hommes de Deir el-Médineh allaient
parfois renforcer les effectifs.
La fonction principale des habitants de Deir el-Médineh, à la XVIIIe
dynastie, semble bien avoir déjà été d'aménager la sépulture de Pharaon,
quoiqu'aucun document ne le confirme absolument. Les monuments
funéraires et religieux, les vestiges archéologiques et ethnographiques
comblent quelques-unes des lacunes laissées par l'absence d'archives conservées.
Ainsi, il est possible de suivre les transformations les plus importantes du
village, depuis la construction de l'enceinte faite de briques crues, frappées
au cartouche de Thoutmosis I (9).
Cependant, plusieurs sépultures retrouvées intactes, ou presque,
donnent à la fois une idée précise des coutumes funéraires en usage, du
mobilier déjà employé par le défunt avant sa mort, des vêtements et des aliments
dont les restes ont été recueillis en grand nombre (10).
De Thoutmosis I, qui, le premier, fait creuser son tombeau dans ce que
nous appelons aujourd'hui la Vallée des Rois, à Thoutmosis IV, les hypogées
sont de dimensions modestes et essentiellement peints, ce qui ne nécessite
qu'une équipe restreinte. Aménophis III choisit un vallon proche comme
lieu de sa sépulture qu'il veut beaucoup plus vaste, gravée et peinte. Son
successeur, Aménophis IV, envoie à Amarna une partie des ouvriers pour
aménager sa tombe dans la montagne qui limite le site de la nouvelle
capitale (11). L'échec de sa politique entraîne le retour à Thèbes de ces hommes.
Le nouveau roi Ay se contente d'un tombeau moins considérable que celui
d'Aménophis III, mais voisin de lui. La sépulture de Toutankhamon, par sa
situation dans la Vallée des Rois, par ses faibles dimensions et par son décor
peint, renoue avec les coutumes de la XVIIIe dynastie, tandis que son
successeur, Horemheb, inaugure la tradition ramesside en ordonnant, dans la
vallée des Rois, un grand et bel hypogée, richement sculpté et peint. Ces
nouvelles dispositions doivent être accompagnées de mesures propres à les
faire appliquer. C'est pourquoi, en l'an 7 de son règne, il donne à ce groupe
d'hommes un statut Institutionnel, avec des fonctions précises, un règlement
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Quatre maisons du quartier nord-est (Bureau cantonal d'archéologie de Genève; échelle l/200e).
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et un domaine spécifique. Le village est reconstruit et agrandi. Les nouvelles


maisons sont réparties entre les familles des ouvriers, ainsi que des concessions
dans le cimetière. Il procède à divers recrutements. Ces mesures s'inscrivent
dans le cadre d'une réorganisation générale du pays (12). Elles furent
localement considérées comme des références absolues, jusque dans le courant
du règne de Ramsès II.
La documentation propre à la période ramesside est quasiment
pléthorique, dans tous les domaines. Cependant, elle ne nous est pas parvenue dans
son intégrité, que ces lacunes soient dues à des transformations dans les
habitudes du groupe ou bien aux caprices de la conservation.
Ainsi, les règnes de Séthi I et Ramsès II sont particulièrement fertiles
en sépultures privées, élégamment décorées, et en monuments funéraires et
religieux qui présentent souvent une belle facture. Cependant les ostraca
sont peu nombreux et deux fragments de lettres sont les seuls papyrus
documentaires qui nous soient parvenus. Ceux-ci sont présents sous les règnes
suivants, tandis que les ostraca deviennent très abondants et que des
monuments funéraires et religieux de qualité nous sont encore connus ; mais
leur fréquence est en baisse. Cette situation se maintient jusqu'au milieu
du règne de Ramsès III. Au-delà, les monuments privés paraissent se
raréfier et sont alors souvent malhabiles, les ostraca restent abondants et les
papyrus se multiplient, autorisant parfois des comparaisons de contenu.
Enfin, après le règne de Ramsès IV, l'usage des ostraca semble presque
disparaître au profit de celui des papyrus, les monuments privés étant
quasiment inexistants.
Les archives de la Tombe sont constituées d'éléments hétéroclites.
Les ostraca, eux-mêmes, ont été recueillis soit sur les lieux de travail, Vallée
des Rois et Vallée des Reines, soit à Deir-el-Médineh, le plus souvent dans
des décharges, et leur contenu varie naturellement en fonction de leur
provenance : ainsi, on trouve plutôt sur le chantier des états de l'avancement
du travail en cours, des listes d'absences, des notes sur la visite d'officiels
ou des lettres, tandis que le village fournit, en majorité, des comptes
d'approvisionnements, des listes de répartition des salaires, ou des documents
juridiques.
Parmi les papyrus, dont l'origine précise nous est rarement connue
(13), on doit distinguer plusieurs types de documents. Les archives de la
Tombe proprement dites ont pu être conservées localement, dans le bureau
du scribe, tout autant que dans le centre administratif de la rive (14). L'un
des éléments essentiels de ces archives est un journal dont subsistent de
larges passages, de l'an 5 de Ramsès III à l'an 18 de Ramsès XI, et que de
nombreux ostraca aident à compléter, de l'an 5 de Ramsès II à l'an 7 d'un
des premiers règnes de la XXIe dynastie. Ce journal est une chronique
minutieuse, incluant à la fois les modalités du travail, les événements marquants,
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la livraison des salaires, les approvisionnements, les tours de service, les congés
de l'équipe, certaines fêtes et les absences individuelles. Des fragments de
plusieurs recensements de la population du village, maison par maison,
comportant la mention des ascendants de chaque personne nommée, nous sont
parvenus ; ils datent du règne de Ramsès IX, ce qui ne permet pas de
conclure qu'ils ont été établis régulièrement pendant toute la durée de
l'institution. Les registres de salaires et d'approvisionnements, plus ou moins
spécialisés, qui ont été retrouvés jusqu'ici couvrent une période allant de
la fin de la XIXe dynastie à la fin de la XXe. Des brouillons ou des copies
de rapports probablement destinés au vizir et portant sur des troubles graves,
comme les grèves ou les exactions d'un chef d'équipe, appartiennent aussi
à cette première catégorie.
A côté de ces archives officielles, des archives privées, que l'on gardait
dans les habitations du village ou que l'on cachait dans les chapelles des
tombes (15), comprenaient surtout des actes juridiques et de la
correspondance. Encore est-il souvent difficile de différencier correspondance
officielle et correspondance privée, lorsqu'elle s'échange entre responsables.
Une troisième catégorie d'archives se compose, à la fois, de
documents officiels et de documents privés. Elle couvre les situations et les
événements, petits ou grands, dans lesquels la Tombe ou ses hommes ne sont
pas seuls concernés. Selon les périodes, l'appartenance de ces pièces à une
institution de préférence à une autre est variable, qu'il s'agisse
d'enregistrements fiscaux régionaux opérés par le scribe de la Tombe, de comptes
rendus des procès consécutifs aux pillages des nécropoles auquel
participèrent divers ouvriers de l'institution sous Ramsès IX et Ramsès XI (16),
d'opérations commerciales entre des gens de Deir el-Médineh et des gens
de l'extérieur, ou encore de la présence d'ouvriers de la Tombe parmi les
témoins à un contrat de mariage, établi dans le temple de Ramsès III à
MédinetHabou(17).
L'analyse de ce volumineux dossier, riche de près de deux cents
papyrus et de plusieurs milliers ďostraca, est encore compliquée, д la fois, par
le fait que les scribes ne distinguaient que médiocrement affaires publiques
et affaires privées et par l'usage courant du remploi des papyrus qui
rassemblent souvent , sur un même rouleau, des textes sans rapport de
contenu, ni de date, y compris des textes littéraires.
L'institution de la Tombe se définit par les hommes qui la
composent, les modalités de leur travail, les manifestations de l'organisation
nécessaire à son fonctionnement et le territoire qui lui est dévolu. La Tombe
désignant, en même temps, la sépulture du roi régnant et l'institution
afférente, le territoire se répartit entre la Vallée des Rois, voire la Vallée des
Reines, le village des ouvriers, le secteur des habitations réservées aux
hommes de peine et, selon toute vraisemblance, les terres que les jardiniers
cultivent au profit des ouvriers.
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A la différence des membres des institutions religieuses qui cumulent


habituellement plusieurs offices, les ouvriers de la Tombe sont des
fonctionnaires employés à plein temps par Pharaon. Un scribe et deux chefs d'équipe
se répartissent les responsabilités et reçoivent tous trois des salaires égaux,
sensiblement supérieurs à celui des hommes de l'équipe (18). Le statut
social de ces derniers n'est, en principe, pas différent de celui de n'importe
quel ouvrier d'un chantier de construction. Cependant la nature propre de
l'institution de la Tombe, qui oeuvre directement pour le roi dont elle reçoit
de généreuses récompenses, lorsque l'économie du pays le permet, et la
stabilité de l'emploi, assurée d'un règne à l'autre, même dans les moments
les plus troublés, contribuent à faire du poste d'ouvrier de la Tombe un
privilège convoité. C'est pourquoi, dès le milieu du règne de Rams es II, on
relève rarement l'intrusion de nouveaux venus dans le milieu de la Tombe,
chaque famille tentant de faire engager le plus grand nombre de ses fils
dans l'équipe, quitte à soudoyer les chefs ou les autorités, tandis que les
fonctions de chef d'équipe et de scribe tendent à devenir héréditaires (19).
Le recrutement est théoriquement une prérogative de Pharaon, en
pratique suppléé par son vizir. Lors de son engagement, le nouvel ouvrier est,
semble-t-il, tenu de prononcer un serment par lequel il promet de rapporter
tout propos ou acte illicite dont il serait le témoin.
Les ouvriers sont aussi quelquefois appelés «artisans» ou «soldats»,
sans que ce dernier terme renferme une connotation militaire. Les trois
spécialisations requises de ces hommes sont le maniement de grands
ciseaux en bronze pour fendre la pierre, celui de petits ciseaux en cuivre pour
sculpter les reliefs et la peinture. Jusqu'au début de la XXe dynastie, des
ouvriers de l'équipe préparent également le plâtre, tâche ensuite confiée
aux hommes de peine.
Les ouvriers, dont le nombre varie entre quarante et soixante,
exceptionnellement cent vingt sous Ramsès IV et dix-huit sous Ramsès XI, sont
répartis en deux groupes équivalents - la gauche et la droite - placés sous
la responsabilité d'un des deux chefs d'équipe, assisté d'une sorte de
lieutenant, souvent choisi parmi ses fils. Ils sont, avec le scribe et le gardien
de la Tombe, les hommes dits «de l'intérieur», c'est-à-dire appartenant
en propre à l'institution et habitant le village. D'autres hommes dits «de
l'extérieur» travaillent pour la Tombe sans bénéficier des mêmes avantages :
Les deux portiers, divers artisans comme le forgeron ou le cordonnier, une
unité de police et un corps d'auxiliaires voués aux approvisionnements
et aux besognes secondaires sur le chantier. Ces derniers, dont l'effectif
fluctue, selon les besoins, entre douze et cinquante, sont, comme les
ouvriers, divisés en deux groupes, respectivement contrôlés par deux scribes
particuliers, et logent en dehors du village, en un lieu de la rive ouest qui
n'a pas, jusqu'ici, pu être défini avec précision.
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Le premier travail que doit fournir l'équipe consiste donc à assurer


au roi régnant une sépulture dans la Vallée des Rois (20). Le creusement
de l'hypogée nécessite rarement plus de deux ans. La décoration est
beaucoup plus longue à exécuter. L'examen des comptes de lampes a permis
de déterminer qu'une journée de travail complète se compose de deux demi-
journées de quatre heures chacunes. Mais, selon l'état du chantier et son
avancement, tous les ouvriers n'opèrent pas en même temps. De plus
l'examen du journal de la Tombe montre, à l'évidence que, d'une part, les jours
chômés sont étonnement fréquents, d'autre part, les ouvriers sont autorisés
à s'absenter pour des motifs professionnels ou privés, aussi divers
qu'abondants : maladie personnelle ou d'un proche, décès d'un membre de la famille
ou de l'équipe, naissance, visite à un parent, construction ou réparation
d'une maison du village, aménagement d'une tombe privée, exécution d'une
commande artisanale extra-professionnelle, préparatifs de fêtes communes
ou individuelles... (21) La tâche des ouvriers de la Tombe ne se limite pas
au tombeau du Pharaon. Ils sont fréquemment chargés de celui des membres
de la famille royale et quelquefois de celui d'un haut fonctionnaire
distingué par le souverain, voire du premier prophète d'Amon.
Les matériaux et les outils nécessaires au travail font l'objet de
distributions régulières, mais, si le plâtre, les pigments, les mèches et l'huile
des lampes sont comptabilisés globalement selon la date de leur utilisation,
la répartition des outils en bronze ou en cuivre requiert un rigoureux
enregistrement nominatif : en effet, pour chaque ciseau de carrier ou de
sculpteur^ pour chaque herminette, pour chaque couteau confiés à un ouvrier,
le scribe conserve un caillou d'un poids équivalent à cet outil, sur lequel il
note la date, le nom de l'ouvrier, la nature de l'outil et son poids. Lorsque
l'outil usagé est rendu au scribe pour être fondu, il peut être ainsi comparé
à la pierre-témoin, une usure raisonnable étant naturellement tolérée. On
voit, par là, le prix accordé au métal. Ces outils sont la propriété de
Pharaon (22).
Les ouvriers reçoivent, mensuellement, un salaire en blé et orge,
irrégulièrement complété par d'autres produits alimentaires et
vestimentaires, et ne paient pas d'impôts, tandis que les céréales servant à la
constitution de ces salaires sont prélevées sur le produit des impôts recueillis par
les institutions religieuses de la région placées sous contrôle royal. Aussi
ces salaires sont-ils désignés par le mot habituellement réservé aux taxes
elles-mêmes et les registres qui leur sont consacrés, lorsqu'ils renferment
l'indication de la provenance des denrées, nous informent-ils, de ce fait,
sur l'état et le fonctionnement de l'économie régionale (23). En outre,
à mesure que l'administration centrale perd de son efficacité et que des
fonctionnaires de diverses institutions, voire le scribe de la Tombe,
doivent la relayer, les renseignements gagnent en précision sur la collecte des
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impôts et leur redistribution et les livres de comptes intéressent parfois


plusieurs institutions à la fois.
Si la régularité de versement des salaires et l'accomplissement même du
processus fiscal dont il est l'aboutissement constituent de précieux révélateurs
sur l'état de l'agriculture en Haute-Egypte, de l'économie régionale et de
l'administration du pays, facteurs relevant de l'autorité du vizir, vizir du Sud
à certaines périodes, vizir de toute l'Egypte à d'autres (24), ils sont aussi
probablement l'occasion des plus anciennes revendications sociales connues
de l'histoire de l'humanité.
En effet, dès l'an 17 du règne de Rams es III, l'insuffisance de certaines
rations soulève les protestations de l'équipe qui obtient leur remplacement.
Mais c'est en l'an 29 que les retards accumulés sont ressentis comme
intolérables et que, devant l'indifférence apparente des autorités, en l'absence
du vizir, les ouvriers décident de cesser le travail, vont manifester à
proximité des divers temples funéraires de la rive et passent la nuit sur le chantier
de la tombe royale. La première grève répertoriée, avec occupation du lieu
de travail, date donc, sans doute de 1165 environ. Quelques ouvriers
suggèrent alors d'autres motifs à ces événements, condamnant certaines
pratiques répréhensibles dont la nature n'est pas précisée. Quoi qu'il en soit,
la répétition des démarches, des discussions avec les responsables présents,
puis avec le vizir, lorsque celui-ci rentre à Thèbes, montre clairement le
lien direct existant désormais, dans l'esprit de ces hommes, entre la pénurie
de céréales et l'interruption volontaire du travail (25). Les grèves cessent
dès que les versements, même faibles, reprennent et elles recommencent
dès que les retards s'accumulent à nouveau. Elles se reproduisent épiso-
diquement, jusque vers le milieu du règne de Ramsès IX. En l'an 8 de ce
roi, le pouvoir invente, semble-t-il, un palliatif aux carences du pays en
céréales : les salaires comprennent, à plusieurs reprises, des quantités
variables d'or, d'argent, de cuivre et de plomb. On est bien près ici de la notion
de monnaie que les Grecs n'introduisirent en Egypte que dans le courant
du IVe siècle, d'abord sous le règne de Téos, puis sous les Ptolémées.
Les hommes et leurs familles bénéficient, même pendant les périodes
de pénurie, d'autres approvisionnements que ce blé pour leur pain et cette
orge pour leur bière : l'eau, inexistante sur place, les poissons, les légumes,
les fruits, la poterie utilitaire et les combustibles leur sont fournis par les
hommes de peine de la Tombe.
Le statut social de ceux-ci est encore mal défini. Ce sont des hommes
libres, mais de condition visiblement modeste. Ils n'apparaissent pas comme
salariés dans les livres de comptes avant le règne de Ramsès VI. D'autre part,
ils doivent disposer, pour remplir leurs tâches respectives, qui de barques
pour pêcher, qui de terres pour cultiver les légumes, qui d'ânes pour les
transports. Si l'on sait que les ânes sont généralement prêtés pour des pé-
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riodes de dix jours par des membres de la communauté qui en possèdent (26),
les dispositions concernant les terres et les barques restent ignorées.
Outre ces hommes de peine, les habitants du village utilisaient une
main-d'oeuvre servile communautaire, notamment occupée à réduire le blé
en farine et des serviteurs-esclaves qui sont la propriété des plus aisés.
Par la nature même de l'institution de la Tombe, les hommes qu'elle
emploie sont relativement bien informés, non seulement des fluctuations
de l'économie de leur temps et du rôle des principaux responsables
administratifs de la région, mais encore des changements de règnes, des liens
de parenté entre les souverains, des tentatives d'usurpation du pouvoir, des
troubles susceptibles de menacer l'autorité royale et la sécurité de la
sépulture de Pharaon, comme des visites du roi, cependant que la capitale
se trouve à Pi-Ramsès dans le Delta oriental, et des grandes festivités
régionales. Prolixes et minutieux dans leurs relations, les scribes et les
dessinateurs, qui savaient eux aussi lire et écrire, notent dans les archives, sur
des ostraca, ou sous forme de graffiti dans la montagne, le moindre
événement auquel ils assistent ou dont la rumeur leur parvient, depuis la chute
d'une pluie jusqu'à l'annonce d'une guerre civile. Cette infinité
d'informations ponctuelles contribue, pour une large part, à reconstituer l'histoire
intérieure du pays, à travers ce que l'on appellerait aujourd'hui «les
actualités régionales» (27). Elles concernent toutes, de près ou de loin, la vie de
l'institution et les activités de ses membres qu'elles ponctuent et modifient
peu à peu.
Ainsi, pour ne retenir que les moments les plus marquants de ces
250 ans, on peut relever, sous les règnes de Séthi I et de Ramsès II, les
signes d'une certaine aisance et d'un climat paisible qui se manifestent
notamment par la multiplication des monuments funéraires et cultuels, dont
quelques-uns sont d'une grande finesse, et dans la proclamation de la
possession de biens privés sur ces monuments ; les règnes suivants, brefs et
incertains, sont marquera Deir el-Médineh, par des troubles dus
essentiellement aux exactions d'un ancien ouvrier devenu chef d'équipe et qui
conteste le droit à la succession héréditaire et lui préfère le pouvoir par la
corruption : les bruits de guerre civile alternent donc, dans les chroniques,
avec les dénonciations les plus graves (28) ; les textes provenant du site
sont les seuls à. permettre ne serait-ce qu'une reconstitution de la
succession chronologique des souverains de l'époque (29) ; au cours de la dynastie
suivante, outre les marques de la dégradation connexe de l'économie et de
l'administration, déjà évoquée, que des documents locaux contribuent à
suivre, règne après règne, les manifestations les plus spectaculaires de la
ruine du pouvoir ramesside éprouvent toutes gravement l'existence même
de la Tombe : le pillage de plusieurs tombes royales et des nécropoles
environnantes, auquel plusieurs ouvriers de l'institution participent, aboutit
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à la désaffectation des sépultures de la Vallée des Rois et au rassemblement,


par les prêtres d'Amon, des dépouilles des souverains du Nouvel Empire
dans la fameuse cachette de Deir el-Bahari (30) ; l'insécurité grandissante
dans la région contraint les ouvriers et leurs familles à abandonner le village
pour se réfugier à l'intérieur de l'enceinte de Médinet Habou, le temple
funéraire de Rams es III devenu centre administratif de la rive et servant
désormais de bastion local du pouvoir royal ; la guerre sévissant dans tout
le Sud du pays, les ouvriers sont mobilisés et les scribes remplissent des
tâches diverses, selon les nécessités ; enfin, lorsque la paix est rétablie,
l'institution de la Tombe qui n'a plus, en principe, de raison d'être avec la
disparition des souverains ramessides, leurs successeurs se faisant ensevelir
désormais à Tanis dans le Delta oriental, est maintenue encore quelques
dizaines d'années par les grands prêtres d'Amon qui les emploient pour
leurs sépultures. Le sort des hommes de la Tombe suit inéluctablement
le cours de l'histoire contemporaine.
Si la famille présente, dans le groupe, un facteur social déterminant,
puisqu'elle contribue à transformer l'institution en un milieu relativement
fermé et qu'elle influe considérablement sur les rapports hiérarchiques
internes, c'est plutôt la notion de foyer qui constitue l'unité de base de cette
petite société. Les habitations du village ne sont pas très vastes : deux pièces
principales, l'une réservée aux cultes domestiques - ancêtres, fécondité,
abondance de nourriture - et pourvue d'un autel, l'autre conçue pour la
vie commune et dotée d'un divan, quelques chambres-débarras, une
cuisine équipée d'un four à pain, d'un mortier, d'un pétrin et de réserves d'eau,
une cave et un toit en terrasse auquel on accédait par un escalier. Elles
abritaient rarement plus de quatre ou cinq personnes : le père, la mère et les
enfants, quelquefois un proche parent comme un neveu orphelin ou une
belle-mère veuve, ainsi que le montrent les fragments de recensements
conservés. Le faible nombre d'enfants vivant dans chaque maison s'explique
à la fois par une forte mortalité infantile et parce que les survivants
commençaient à travailler assez jeunes. Les fils qui n'étaient pas engagés dans
l'équipe entraient en apprentissage dans d'autres institutions ou s'enrôlaient
dans l'armée, tandis que les filles étaient mariées très tôt.
Le mariage ne semble pas avoir été matérialisé, à Deir el-Médineh,
par d'autres manifestations que la cohabitation officielle des époux,
cautionnée par le père de la femme qui reste le garant des intérêts de celle-ci.
L'absence de contrat sur le site tient probablement au fréquent dénuement
des jeunes marias (31). Par la suite, le couple acquiert généralement, peu à
peu, quelques biens. C'est pourquoi actes de divorces et testaments
deviennent nécessaires. Ceux qui nous sont parvenus nous apprennent que l'épouse
reçoit un tiers des acquêts en cas de répudiation : à Deir el-Médineh, la
maison étant liée à la fonction du mari, c'est toujours la femme qui part.
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Quant aux biens respectifs des époux provenant d'héritages, ils ne sont pas
en principe transmissibles au survivant, mais seulement aux enfants (32).
Cependant, ceux-ci doivent, pour entrer en possession des biens de leurs
parents, s'engager à leur assurer une sépulture honorable, au risque, s'ils
contreviennent à cette règle, de se voir exclus de la succession (33).
Si la vie sociale de l'homme, à Deir el-Médineh, est aisée à décrire
dans ses multiples aspects, celle de la femme, qui ne paraît pourtant pas
négligeable, est mal connue. Quant aux enfants, s'ils sont volontiers
représentés auprès de leurs parents sur les monuments privés du site, funéraires
et religieux, ils apparaissent rarement dans les textes, en dehors d'allusions
à leurs premiers travaux, aux services qu'ils rendent occasionnellement ou
à leurs méfaits éventuels. En cas de séparation de leurs parents, ils
continuent à vivre dans la maison de leur père, même si celui-ci se remarie, tandis
que les orphelins sont communément recueillis par des proches. Un autre
mode d'adoption est attesté à plusieurs reprises : un scribe ou chef d'équipe
distingue parfois, parmi les jeunes gens de l'équipe, un adolescent qu'il
choisit comme successeur ou comme son bras droit et qu'il désigne comme
«son fils», sur ses monuments. Nous ignorons la valeur juridique de cette
pratique.
Les héritages et le surplus éventuel des salaires ne sont pas les seules
sources de profit, à Deir el-Médineh. En effet, les hommes de la Tombe
reçoivent une formation assez complète - dessin, sculpture, littérature -
qui leur confère souvent une certaine habileté manuelle. Aussi exploitent-
ils volontiers cette aptitude en exécutant toutes sortes de commandes
extraprofessionnelles, de préférence destinées à des dignitaires de la région, mais
aussi à des parents ou à des voisins : équipements funéraires, statues, stèles,
pièces de bateaux processionnels, meubles ou vannerie. Le prix de ces objets
est fixé en poids de cuivre ou d'argent, mais payé en produits divers estimés
à une valeur équivalente de celle des objets commandés. Ce système de
troc, commun à l'ensemble de l'Egypte est particulièrement bien illustré
ici où des centaines de documents décrivent dans le menu ces opérations
commerciales complexes (34).
Celles-ci, comme les héritages et les divorces, donnaient lieu à des
disputes sans fin. L'établissement des actes juridiques, les modalités de
leur mise en application et les litiges qui s'ensuivaient étaient l'apanage
d'un tribunal local, également habilité à juger les délits perpétrés dans le
sein de la communauté, tels que des vols dans le village, des emprunts non
remboursés, des menaces, des violences, des adultères, etc. (35). Les
sentences de ce tribunal constitué de quelques ouvriers et de leurs chefs,
exceptionnellement de femmes, et qui siège souvent en présence de toute
l'équipe, étaient parfois contestées. On faisait alors appel à l'arbitrage du
saint patron du village, le défunt roi Aménophis I : lors des fêtes qui étaient
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célébrées en son honneur, plusieurs fois l'an, sa statue était portée en


procession à travers le site et les affaires délicates lui étaient soumises, sous la
forme de questions rédigées sur des ostraca que l'on déposait devant elle (36).
La statue avançait ou reculait en signe d'assentiment ou de dénégation (37).
Le tirage au sort de petits bouts de roseaux, portant chacun l'une des
réponses possibles au problème posé, était aussi pratiqué (38).
Ce petit monde de plaideurs vivait, dans l'ensemble, assez modestement,
mais les besoins courants étaient, somme toute, relativement variés. Les
familles, on l'a vu, recevaient habituellement les éléments constitutifs d'une
alimentation équilibrée et suffisante, si ce n'est abondante. Cependant,
de nombreuses denrées qui ne figurent pas dans les livres de comptes de
la Tombe apparaissent dans des documents privés, ce qui suggère une
diversification occasionnelle de la nourriture. Le mobilier de la maison était
extrêmement rudimentaire : quelques tabourets et chevets en pierre
fabriqués localement, des nattes et des paniers, éventuellement un ou deux
coffres. A cela s'ajoutait la vaisselle utilitaire fournie par la Tombe. Les
vêtements étaient, tantôt tissés localement par les femmes, tantôt achetés,
ainsi que les produits de toilette et de rares bijoux fantaisie. L'essentiel
des achats concernait donc, soit des biens immobiliers, fonciers, des
serviteurs ou des animaux, soit des objets et des matériaux destinés à
l'aménagement de la tombe familiale et à la constitution d'un équipement
funéraire, les outils privés et la vaisselle de bronze étant plutôt considérés
comme des valeurs aisément échangeables en cas de besoin.
Les modalités locales de la vie quotidienne ressortent de la
confrontation systématique des mentions de produits et de pratiques que l'on relève
dans les textes avec les restes recueillis sur le site. De nombreuses
incertitudes lexicales subsistent néanmoins. Les coutumes funéraires, quant à
elles, peuvent être étudiées, à la fois, grâce à la cinquantaine de tombes
décorées conservées, grâce à la découverte de l'une de ces sépultures intacte
(39), grâce à diverses représentations montrant les préparatifs et le
déroulement des funérailles, grâce au compte rendu d'une inspection ramesside
qui inventorie le contenu d'une tombe en ruine (40), grâce à de nombreuses
allusions dans les textes et à toutes sortes de vestiges retrouvés épars dans
le cimetière. Une multiplicité de monuments religieux, et divers textes
documentaires et littéraires permettent, enfin, de distinguer le panthéon propre
au milieu d'une foule de divinités originaires de toute l'Egypte et même de
l'étranger, dont le culte a été introduit à Deir el-Médineh, principalement
au début de la XIXe dynastie, par des ouvriers venant d'autres chantiers
et qui firent, peu à peu, du site une manière de conservatoire de piété
populaire. Les manifestations cultuelles qui s'ajoutaient encore aux fêtes
officielles célébrées dans la région ou dans le pays entier étaient donc
extrêmement fréquentes. Un calendrier de la plupart d'entre elles peut être dressé
DIALOGUES D'HISTOIRE ANCIENNE 47

et une partie des rites pratiqués à ces occasions reconstituée à l'aide des
représentations, des listes d'offrandes, éventuellement des objets sacrés
ou des rituels.
Si l'identité, la physionomie, le caractère, la mentalité, les croyances
et les aspirations des hommes de la Tombe nous sont assez bien connus,
deux lacunes notables doivent être relevées : la réutilisation intensive du
cimetière, durant toute la Basse Epoque, et le bouleversement créé, dès le
siècle dernier, par les fouilleurs clandestins ont rendu particulièrement
difficile une étude anthropologique des milliers de corps retrouvés sur le site ;
aussi, l'analyse d'une petite dizaine de ces momies (41), bien que fort
sérieuse, apparaît-elle un peu dérisoire ; d'autre part, l'imprécision de la
terminologie employée pour indiquer les liens de parenté sur les monuments
privés (42) compromet vite les tentatives d'enquêtes généalogiques et
interdit toute évaluation globale de la population du village, même
approximative. Quoique les dates de naissance et, à de rares exceptions près, les dates
de décès des ouvriers ne soient jamais mentionnées, il reste possible, en
revanche, de préciser, parfois année par année, le nom d'une bonne part
des hommes qui se sont succédé dans les rangs de l'équipe pendant toute
la période ramesside.
Deir el-Médineh n'est pas le seul site civil conservé mais, à la
différence d'IUahun (43) et d'Amarna (44), l'agglomération connut une
occupation de plusieurs siècles. Les archives de la Tombe ne sont pas non plus
le seul dossier administratif qui nous soit parvenu (45), mais il est, jusqu'ici,
le seul à nous permettre, associé aux innombrables vestiges matériels,
d'aller aussi loin dans l'approche d'un groupe humain des temps pharaoniques.
Rmrtant , il serait imprudent de considérer l'ensemble des conclusions
relatives à cette communauté comme représentatives de n'importe quelle
société laborieuse. Les hommes de la Tombe sont des ouvriers
fonctionnaires, comme il s'en trouvait des centaines, peut-être des milliers, à
l'époque, à travers tout le pays, mais leur fonction propre constitue un fameux
privilège qu'ils se montrent habiles à exploiter. Ils sont souvent confrontés
à des problèmes dynastiques, mais ils bénéficient, grâce à leur situation
particulière , de conditions d'existence nettement au-dessus de leur niveau
social.

Dominique VALBELLE
48 D. VALBELLE

NOTES

1. Quelques aspects de «Les ouvriers de la Tombe», Deir el-Médineh à l'époque


ramesside (thèse doctorat es lettres, soutenue à la Sorbonně, le 9 novembre 1982 ;
sous presse aux Editions Recherche sur les Civilisations ADPF), susceptibles
d'intéres er les historiens de l'Antiquité sont brièvement exposés dans cet article.
2. Le terme égyptien dmi s'applique habituellement à de véritables cités, mais
le mot «ville» est excessif pour désigner une agglomération de 5600 m2. On lui
préfère, dans le cas de Deir el-Médineh, le mot «village», bien qu'il ne s'agisse pas ici d'un
milieu rural.
3. H. FATHY, Gourna, a tale of two villages, Le Caire 1969, p. 23-25.
4. B. BRUYERE et A. BATAILLE, Bulletin de l'Institut Français
d'Archéologie Orientale (BIFAO) 36, 1936, p. 147-174 et 38, 1939, p. 73-107.
5. B. BRUYERE, Fouilles de l'Institut Français d'Archéologie Orientale (FIFAOj
XXVI, 1953,
6. B. BRUYERE, FIFAO XX/ 1, 1948.
7. E. Schiaparelli en 1905, 1906 et 1909 pour le compte du Musée de
Turin ; G. Moller en 1911 et 1913 pour celui du Musée de Berlin ; E. Baraize en 1912
pour celui du Service des Antiquités d'Egypte ; Leconte-Dunouý et H. Gauthier en
1917-1918, Saint Paul-Girard en 1919-1920, Ch. Kuentz en 1921-1922 et B. Bruyère
de 1922 à 1956 pour le compte de l'IFAO.
8. J. ČERNÝ, Revue de l'Egypte Ancienne 2, 1929, p. 200-209.
9. Ch. BONNET et D. VALBELLE, BIFAO 75, 1975, p. 429-446 et 76, 1976,
p. 317-342.
10. Voir par ex. E. SCHIAPARELLI, Relazione sui lavori délia Missione archeo-
logica italiana in Egitto (1903-1920) II, La Tomba intatta dell'architetto Cha nella
necropolidi Tebe, Turin 1927.
11. J. CERNY, A Community of Workmen at Thebes in the Ramesside Period,
Bibliothèque d'Etude (BdE) 50, 1973, p. 51-52.
12. J.-M. KRUCHTEN, Le Décret d'Horemheb, Bruxelles 1982.
13. Une forte majorité de ces papyrus a été vendue par B. Drovetti au Musée
de Turin.
14. A partir du règne de Ramsès III, son temple funéraire tient ce rôle jusqu'à
la fin de la XXe dynastie.
15. Voir J. CERNÝ et G. POSENER, Papyrus hiératiques de Deir el-Médineh I,
Documents de Fouilles de l'Institut Français d'Archéologie Orientale (DFIFAOJ 8,
1978, p. VIII.
16. Т.Е. РЕЕТ, The Great Tomb-Robberies of the Twentieth Egyptian Dynasty,
Oxford 1930.
DIALOGUES D'HISTOIRE ANCIENNE 49

17. J. CERNY et Т.Е. РЕЕТ, Journal of Egyptian Archeology (JEA) 13, Londres
1927, p. 30-39.
18. J.J. JANSSEN a calculé la ration journalière de chaque foyer et Га comparée
à celle d'un ouvrier romain dans : Commodity Prices from the Ramessid Period, Leyde
1975, p. 462-463. V '
19. Sur l'organisation de l'institution et sur les différentes fonctions, J. CERNY,
A Community of Workmen at Thebes in the Ramesside Period, BdE 50, 1973.
20. Sur les modalités du travail, J. ČERNÝ, The Valley of The Kings, BdE 61,
1973.
21 . J.-J. JANSSEN, Studien zur Alt àgyptische Kultur 8, Hambourg 1980, p. 127-
150.
22. D. VALBELLE, Poids à inscriptions hiératiques de Deir el-Médineh, DFIFAO
16, 1977.
23. A. H. GARDINER, JEA 27, 1941, p. 19-73.
24. W. HELCK, Zur Verwaltung des Mittleren und Neuen Reichs, Leyde 1958,
p. 22-28 et 308-344.
25. W.F. EDGERTON, Journal of Near Eastern Studies 10, Chicago 1951, p. 137-
145.
26. В . MENU, Cahier de Recherches de l'Institut de Papyrologie et d'Egyptologie
de Lille 1, 1975, p. 106-107.
27. J. CERNY, The Contribution of the Study of unofficial and private
Documents to the History of Pharaonic Egypt, in : Le Fonti indirette della Storia Egiziana,
Rome 1963, p. 31-57 et Egypt : from the Death of Ramses III to the End of the twenty-
first Dynasty in : Cambridge Ancient History II/2, chapitre 35, 1975, p. 606-657.
28. J. ČERNÝ, JEA 15, 1929, p. 243-258.
29. W. HELCK, Analecta Biblica 12, 1959, p. 113-129 et E. HORNUNG, Agyp-
tologische Abhandlungen 11, Wiesbaden 1964, p. 95-100.
30. G . MASPERO, Les momies royales de Deil el-Bahari, Mémoires publiés par
les membres de la Mission Archéologique Française au Caire, Paris 1889, p. 511-788.
31. Voir P.W. PESTMAN, Marriage and Matrimonial Property in Ancient Egypt,
Leyde 1961.
32. P.W. PESTMAN, Studia et Documenta 9, Leyde 1969, p. 66-77.
33. J.J. JANSSEN et P.W. PESTMAN, Journal of the Economie and Social
History of the Orient XI/2, Leyde 1968, p. 137-170. Une mère peut même décider
de déshériter ceux de ses enfants qui n'on pas agi correctement à son égard, au profit
des autres : J. CERNY, JEA 31, 1945, p. 29-53.
34. J.J. JANSSEN, Commodity Prices from the Ramessid Period, Leyde 1975.
35. S. ALLAM, Das Verfahrenrecht in der altàgyptischen Arbeitsiedlung von
Deir el-Medineh , Tubingen 1973.
36. J. ČERNÝ, BIFAO 35, 1935, p. 41-58, 41, 1942, p. 13-24 et 72, 1972,
p. 49-69.
37. A.M. BLACKMAN, JEA 12, 1926, p. 176-185 ; J. CERNY, BIFAO 27,
1927, p. 159-203 et Egyptian Oracles, in : R.A. PARKER, A Saïte Oracle Papyrus
from Thebes in the Brooklyn Museum, Providence 1962, p. 35 sq.
50 D. VALBELLE

38.J.CERNY,5//vlč>40, 1941, p. 135-141.


39. B. BKUYERE, La tombe n° 1 de Sen-nedjem à Deir el-Médineh, Mémoires
de l'Institut Français d'Archéobgie Orientale 88, 1959.
40. L.M. ZONHOVEN,/£>1 65, 1979, p. 89-98.
41. B. BRUYERE, FIFAO IV/3, 1927, p. 57-59 ; J.R. HARRIS, Chronique
d'Egypte XXXV/69, Bruxelles p. 89 sq. et E. STROUHAL et L. VYHNANEK, Egyptian
Mummies in Czechoslovak Collections, 1980, p. 28-35.
42.M.L. BIERBRIER,/£>1 66, 1980, p. 100-107.
43. B. PORTER et R. MOSS, Topographical Bibliography IV, Oxford 1934,
p. 111.
44. Op. at., p. 199-207 et 209.
45. Voir P. POSENER KRIEGER, Les papyrus de l'Ancien Empire et W.K.
SIMPSON, Papyri of the Middle Kingdom in : Textes et Langages de l'Egypte
Pharaonique II, BdE 62/2, 1972, p. 25-36 et p. 63-72.