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CAA de VERSAILLES, 4ème chambre, 29/03/2021,

18VE04248, Inédit au recueil Lebon


CAA de VERSAILLES - 4ème chambre

 N° 18VE04248
 Inédit au recueil Lebon

Lecture du lundi 29 mars 2021


Président
M. BROTONS
Rapporteur
Mme Hélène LEPETIT-COLLIN
Rapporteur public
Mme GROSSHOLZ
Avocat(s)
TARON
Texte intégral

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La SARL Happy Sun Bay et M. B... A... ont demandé au tribunal administratif de
Versailles de condamner l'Etat à verser à la SARL Happy Sun Bay la somme de 236
658 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'intervention du décret n°
2016-448 du 13 avril 2016, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la
demande indemnitaire préalable et de l'anatocisme de l'article 1231-6 du code civil si
plus d'une année d'intérêts de retard était due et de condamner l'Etat à verser à M.
A... la somme de 30 000 euros en réparation de ses préjudices personnels.

Par jugement n° 1608834 en date du 23 octobre 2018, le tribunal administratif de


Versailles a rejeté cette demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2018, la SARL Happy Sun Bay,
représentée par Me Taron, avocat, demande à la Cour :

1° de condamner l'Etat à verser à la SARL Happy Sun Bay la somme de 236 658
euros en réparation des préjudices subis du fait de l'intervention du décret n° 2016-
448 du 13 avril 2016, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la
demande indemnitaire préalable et de l'anatocisme de l'article 1231-6 du code civil si
plus d'une année d'intérêts de retard était due ;

2° de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application des


dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de la
SARL et de M. A... son gérant.
Ils soutiennent que :
- si la légalité du décret du 13 avril 2016 n'est pas critiquée, pour autant, la
responsabilité de l'Etat pour faute est engagée dès lors que l'inaction de la puissance
publique durant de nombreuses années a laissé croire aux opérateurs qu'ils
pouvaient légalement continuer à exercer leur activité ;
-la nouvelle réglementation nationale génère des préjudices anormaux et spéciaux
qu'il convient d'indemniser sur le fondement de la responsabilité sans faute à raison
de la rupture d'égalité devant les charges publiques dès lors que les administrés ont
subi un préjudice anormal et spécial en lien direct avec le fait générateur ; elle peut
ainsi prétendre à l'indemnisation de ses pertes d'exploitation, des licenciements
qu'elle a été amenée à prononcer et de la perte de la valeur de son fonds de
commerce.
...............................................................................................................

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l'accord de la Commission économique pour l'Europe des Nations-unies concernant
l'adoption de prescriptions techniques uniformes applicables aux véhicules à roues
signé à Genève le 20 mars 1958 ;
- le règlement n° 43 de la Commission économique pour l'Europe des Nations-Unies
portant prescriptions uniformes relatives à l'homologation des vitrages de sécurité et
de l'installation de ces vitrages sur les véhicules ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- la décision 97/836/CE du Conseil du 27 novembre 1997 ;
- la directive 2015/1535/UE du Parlement européen et du Conseil du 9 septembre
2015 ;
- la directive 2007/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 septembre 2007
;
- le règlement (CE) n° 661/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet
2009 ;
- le code civil ;
- le code de la route ;
- le décret n° 2016-448 du 13 avril 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :


- le rapport de Mme C...,
- et les conclusions de Mme Grossholz, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Happy Sun Bay, dont l'activité commerciale est la vente de produits et
la prestation de services associés au traitement du vitrage d'automobile et de
bâtiment, a demandé au tribunal administratif de Versailles de condamner l'Etat à
l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'intervention du
décret n° 2016-448 du 13 avril 2016. Par jugement n° 1608834 en date du 23 octobre
2018 dont la société relève appel, le tribunal administratif de Versailles a rejeté cette
demande.

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