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CAA de NANCY, 1ère chambre, 25/03/2021,

20NC01837, Inédit au recueil Lebon


CAA de NANCY - 1ère chambre

 N° 20NC01837
 Inédit au recueil Lebon

Lecture du jeudi 25 mars 2021


Président
M. WURTZ
Rapporteur
M. Jean-François GOUJON-FISCHER
Rapporteur public
M. FAVRET
Avocat(s)
CABINET JACQUES BRET
Texte intégral

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. E... C... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler le titre


exécutoire n° H0039825 émis à son encontre le 27 août 2015 par le centre
hospitalier de Sarrebourg pour une somme de 140 825,03 euros, de prononcer la
décharge de cette somme et de mettre à la charge du centre hospitalier de
Sarrebourg la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice
administrative.

Par un jugement n° 1505902 du 17 avril 2018, le tribunal administratif de Strasbourg


a rejeté sa demande.

Par un arrêt n° 18NC01761 du 7 mai 2019, la cour administrative d'appel de Nancy a


confirmé ce jugement et mis à la charge de M. C... le versement au centre hospitalier
de Sarrebourg de la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de
justice administrative.
Par une décision n° 432336, 432341, 432342, 432343, 432344, 432345 du 10 juillet
2020, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé l'arrêt de la cour, a renvoyé
l'affaire à la cour et a mis à la charge du centre hospitalier de Sarrebourg le
versement à M. C... de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code
de justice administrative.

Procédure devant la Cour :

Par des mémoires enregistrés, sous le n° 20NC01837 le 25 novembre 2020 et le 19


février 2021, M. C..., représentée par la SCP MatuchanskyPoupot-Valdelièvre,
demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Strasbourg du 17 avril 2018 ;

2°) d'annuler le titre de perception émis le 27 août 2015 par le centre hospitalier de
Sarrebourg ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Sarrebourg le versement d'une


somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 7611 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- le reversement prévu par les conventions conclues en 2007 et 2010, qui correspond
à l'un des éléments que le forfait technique rémunère, est licite dans son principe ;
- ce reversement est justifié et n'est pas manifestement disproportionné au regard de
l'ensemble des obligations contractuelles incombant au médecin ;
- en s'engageant à procéder aux reversements litigieux, l'administration n'a dès lors
consenti aucune libéralité et l'obligation de reversement n'était pas dépourvue de
cause.
Par un mémoire du 3 février 2021, le centre hospitalier de Sarrebourg, représenté
par Me A..., conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce qu'il soit mis à la charge de M. C... la somme de 2 000 euros au titre de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- l'arrêté du 30 mai 1997 modifiant la nomenclature générale des actes
professionnels des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes et des
auxiliaires médicaux et portant cotation des actes d'imagerie par résonance
magnétique nucléaire ;
- l'arrêté du 30 mai 1997 modifiant la nomenclature générale des actes
professionnels des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes et des
auxiliaires médicaux et portant cotation provisoire des actes de scanographie ;
- l'arrêté du 22 septembre 2011 portant approbation de la convention nationale des
médecins généralistes et spécialistes ;
- la décision de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie du 11 mars 2005
modifiée, relative à la liste des actes et prestations pris en charge ou remboursés par
l'assurance maladie ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :


- le rapport de M. Goujon-Fischer, premier conseiller,
- les conclusions de M. Favret, rapporteur public,
- et les observations de Me B... pour M. C..., et de Me D... pour le centre hospitalier
de Sarrebourg.
Considérant ce qui suit :

1. Le centre hospitalier de Sarrebourg a autorisé certains médecins radiologues


exerçant à titre libéral à utiliser, dans le cadre de leur activité libérale, les
équipements d'imagerie médicale de l'établissement. A cet effet, il a conclu
notamment avec M. C... une convention, le 30 avril 2007, portant sur l'utilisation du
scanographe et une convention, le 4 mai 2010, portant sur l'utilisation de l'appareil
d'imagerie par résonance magnétique (IRM), pour une durée d'un an renouvelable
par tacite reconduction. Par deux décisions du 10 avril 2015, le centre hospitalier de
Sarrebourg a résilié ces conventions au motif que leur clause financière prévoyant un
reversement aux médecins d'une quote-part du forfait technique versé par
l'assurance-maladie à l'établissement pour les actes d'imagerie faisant appel à ces
équipements était dépourvue de contrepartie. A la suite de la résiliation de ces
conventions, le directeur du centre hospitalier de Sarrebourg a émis le 27 août 2015
un titre de perception tendant au remboursement des sommes qu'il estimait avoir
indûment versées au requérant. Par un jugement du 17 avril 2018, le tribunal
administratif de Strasbourg a rejeté la demande de M. C... tendant à l'annulation du
titre de perception du 27 août 2015. Par un arrêt du 7 mai 2019 la présente cour a
rejeté l'appel formé par M. C... contre le jugement. Par une décision n° 432336,
432341, 432342, 432343, 432344, 432345 du 10 juillet 2020, le Conseil d'Etat,
statuant au contentieux, a annulé l'arrêt de la cour comme entaché d'une erreur de
droit et a renvoyé l'affaire à celle-ci.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

2. Il résulte de l'instruction qu'en vertu des stipulations de l'article 6 de la convention


d'utilisation du scanographe du 30 avril 2007, les radiologues signataires assurent les
urgences qui surviennent lorsque les équipements sont mis à leur disposition, cet
article précisant que : " les besoins du service public hospitalier doivent être satisfaits
en priorité et en toutes circonstances. Ces examens d'urgence seront effectués par le
médecin radiologue privé signataire. Ces actes seront effectués à titre gratuit ". Selon
l'article 13 de la convention, le centre hospitalier fournit aux radiologues signataires
les locaux et matériaux suivants : " un scanographe, les équipements nécessaires à
son fonctionnement (y compris le matériel de développement), un accueil avec
secrétariat médical, salle d'attente et photocopieur, les films et consommables
radiologiques, à l'exception des produits de contraste, les petites fournitures
pharmaceutiques courantes (seringues, alcool, compresses, etc.), l'électricité, l'eau,
le chauffage et le téléphone pour les besoins du service, l'entretien des locaux, la
maintenance du matériel ". Aux termes de l'article 14 des conventions, le centre
hospitalier met à la disposition des radiologues le personnel suivant : " deux
manipulateurs d'électroradiologie, placés sous la responsabilité du médecin
radiologue utilisateur, qui assure la préparation, la mise en place du patient et le
brancardage à l'intérieur du service, l'approvisionnement et toutes les tâches
afférentes à la mise en oeuvre du scanographe ". Selon l'article 15 des conventions,
la secrétaire médicale des radiologues est " mise à disposition " et elle " centralise et
coordonne les rendez-vous pris au niveau du cabinet libéral. Elle assure l'accueil et
planifie les examens. Elle tient à jour le cahier d'activité prévu à l'article 11 en liaison
avec le cadre de santé du service d'imagerie médicale ". Aux termes de l'article 10 de
la convention : " Conformément à la lettre ministérielle du 16 juillet 1992, il peut être
reversé à l'ensemble des radiologues exerçant à titre libéral, une partie du forfait
technique correspondant à leur participation à la prestation ". L'article 9 des
conventions, relatif à la tarification des examens et au reversement aux médecins
radiologues signataires, prévoit que : " Le reversement sera progressif sur la base
suivante : nombre de scanners privés réalisés multiplié par la valeur du forfait
technique plein soit, 16 % de reversement de ce montant pour l'année 2007. Lorsque
le seuil des 6 000 scanners est atteint (tous scanners confondus publics privés) :
nombre de scanners privés réalisés multiplié par la valeur du forfait technique réduit,
soit 16 % de reversement de ce montant pour l'année 2007. Le reversement pour
l'année 2008 sera de 17 %. Le reversement pour l'année 2009 sera de 18 %. Le
reversement pour l'année 2010 sera de 19 %. Le reversement pour l'année 2011
sera de 20 %, ainsi que pour les années suivantes ".