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La culture 

culture et philosophie

PB : Apprendre la philosophie ?


Mais ce mot désigne, parmi toutes les matières que rencontre l’étudiant, celle dont la nature
apparaît la plus confuse.
Il s’agit donc d’essayer de mieux cerner la philosophie en la situant dans l’ensemble de la
culture.
Encore faut-il clarifier ce qu’on entend par culture.

Définition générale

On oppose la culture à la nature.


Est naturel tout ce qui est imposé à l'homme, par sa constitution innée, par les lois de
fonctionnement du monde physique et du monde vivant, en un mot par la nature ; est culturel
tout ce qui est créé par l'homme parce qu'il est libre. Par nature, il faut manger périodiquement
; par culture on mange des pâtes ou du mil.

Existe-t-il une vie naturelle ?


Dès lors la nature n’est pas où l’on croit car constamment l’homme la recouvre de sa culture.
Vie naturelle de l’agriculteur trad ?
la culture du blé – le mot culture dérive du verbe latin colere qui signifie, dans son sens premier,
«cultiver la terre». Il y a aussi culture dans les savoir-faire mis en œuvre (faucher les épis au bon
moment, les mettre en gerbe), et dans les outils (faucille). Et il y a déjà culture dans la pudeur du
cultivateur (personnage de gauche) qui cache ses parties génitales par un vêtement, comme il y a
culture dans la gestuelle et les attitudes des personnages (par exemple celui qui lie une gerbe).
Il n’y a pas d’homme à l’état de nature
de l'enfant sauvage. Il s'agit d'enfants que les circonstances de leur histoire – séparation prématurée
des parents et isolement – ont écarté de l'accès à la culture.
Tous les éléments de la représentation de Victor de l'Aveyron (recueilli au XVIII° siècle), sur cet
image, expriment l'animalité : l'absence de station debout et de soins du corps, l'attitude instinctive de
survie, à la fois défensive et menaçante, l'expression par le cri.
Ainsi l'homme ne deviendrait véritablement humain que par sa culture.
Ne serait-ce que parce l’homme n’est véritablement humain que par la maîtrise du langage

Le langage comme élément de la culture


La culture présuppose le langage
L'homme peut communiquer toute souffrance, en particulier la faim, par des expressions naturelles
très efficaces, présentes d'ailleurs chez d'autres mammifères : ce sont le cri, l'attitude d'imploration,
etc. Pourquoi alors employer l'expression verbale ? Parce que celle-ci métamorphose ce qui ne relève
que de mon expérience – ma détresse physique et morale – en un universel, c'est-à-dire ce qui relève
de l'expérience de tous. En disant « j'ai faim » je ne suis plus enfermé dans ma souffrance.
Tout ce qui affecte un être vivant appelle un comportement-réponse. L'homme est l'être vivant qui
a le moins de réponses naturellement pré-définies (instincts). Seul, il ne saurait que faire, il serait dans
la plus grande détresse. Ce serait comme s'il avait été jeté dans un espace hostile où il ne pourrait
trouver sa place.
C'est pour cela que « la vie humaine comme telle requiert un monde dans l'exacte mesure où elle a
besoin d'une maison sur la terre pour la durée de son séjour ici.» (Hanna. Arendt). Et c'est ce bien
inestimable qu'apporte d'abord le langage : en nommant les réalités, il compose un monde commun
habitable.
Ce monde mis en forme par les mots – le monde humain – fait partie de la culture. Mieux, il est la
première construction culturelle, celle qui nous soustrait à l'isolement dans notre sensibilité, celle dont
dépendent toutes les autres productions culturelles, même quand elles ne mettent pas en œuvre le
langage.
Comment goûter la valeur de la musique s'il n'y avait pas déjà par le mot « musique » la
reconnaissance commune de ce mode d'expression, et, par tant d'autres mots, celle de tous les styles
dans lesquels il a pu être décliné ?
D'ailleurs le mot « culture » contient en lui-même cette idée puisque le mot latin « colere » dont il
est issu signifie aussi « habiter » (sens que l’on retrouve dans les mots français colonisation, colonie).
Ne faut-il pas dire que la culture est la maison de l'homme, et que le langage en constitue les
fondations ?
La culture est constituée de tout ce qui, créé par les hommes grâce à leur liberté, a été jugé digne de
prendre place dans leur monde commun. N'y a-t-il pas alors un devoir de transmission de ces valeurs
aux générations nouvelles ?
Ainsi parce que l'homme est un être de culture, il est destiné à être éduqué.

La philosophie comme accomplissement de la culture


L'espèce humaine n'est pas, comme les autres, naturellement définie. On peut la considérer comme
une espèce inachevée. Et c'est à la liberté des hommes, appuyée sur leur raison, qu'il revient d'achever
le profil humain, de définir ce que doit être sa place dans l'univers.
Mais tous les hommes cependant sont confrontés aux mêmes conditions fondamentales à partir
desquelles ils doivent inventer leur vie : il leur faut tirer subsistance par le travail, choisir les bons
partenaires, accueillir une descendance et l'éduquer, s'organiser en société, se préparer à mourir, etc.
Là est l'humanité, dans cette universalité de problèmes fondamentaux à résoudre. Savoir cela, c'est
être intéressé par les autres solutions trouvées à des problèmes dont notre culture ne possède certes pas
la solution définitive puisque la liberté humaine laisse toujours la possibilité qu'on en trouve une
meilleure.
Être véritablement civilisé ne serait-ce pas alors être capable de combiner des cultures différentes
pour trouver les meilleures solutions aux problèmes éternels de l'homme ?
Mais cela requiert l'approfondissement de la réflexion sur l'homme dans son universalité, ce que
fait la philosophie.