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Hydrologie

Chapitre I : Le cycle hydrologique

1. Définitions :
Hydrologie : hydro : l'eau, et Logos : Science
l'hydrologie se définie par la science qui étudie l'eau, sa distribution, sa circulation, ses
propriétés, physiques, et chimiques, son interaction avec l'environnement. A la surface de la
terre, dans le sous sol et dans l’atmosphère.
Cette définition couvre un très grand nombre de disciplines qui se sont développées et qui
sont des branches de l’hydrologie telles que : la météorologie, l’hydrométéorologie,
l’océanographie, l’hydrographie, l’hydrogéologie, etc.
L’hydrologie de surface est une science appliquée qui fait appel à des connaissances dans
des domaines très divers tels que la climatologie, la géologie, l’hydraulique, les statistiques, le
calcul numérique, l’informatique…
L’hydrologie de l’ingénieur, appelée aussi hydrologie opérationnelle traite des aspects
pratiques (qualitatifs et quantitatifs) de l’utilisation et de la gestion de l’eau. Son objectif
principal est :
- la quantification de certains phénomènes hydrologiques tels que la précipitation, le
ruissellement, l’évaporation. Une activité principale de cette science est donc la
mesure des composantes hydrologiques. L’évaluation de ce potentiel est la première
étape pour la gestion rationnelle.
- l’analyse de leur évolution spatio-temporelle (prédéterminations ou prévisions).
Les domaines d’application de l’hydrologie sont très variés. Parmi les plus importants, le
calcul ou la conception de certains ouvrages liés à l’aménagement des ressources en eau,
l’irrigation, le contrôle et la régularisation des crues. Le dimensionnement, la sécurité et la
bonne exploitation des ouvrages hydrauliques sont liés à la bonne évaluation non seulement
des débits moyens mais surtout des débits extrêmes.

2. Importance de l’eau :

– L'homme adulte absorbe 1 à 2 l/j (fonctionnement).


– Besoins supplémentaires : 50 litres/jour (Maroc), 1.4 m³/j (Europe) et 3.6 m³/j
(U.S.A.).
– Une forêt peut transpirer 200 à 1000 kg d'eau/an/m² et produire (matière sèche)
1 à 2 kg/an/m².
– L’eau permet le transport des gazs et des nutriments, l’évacuation des
impuretés, et la distribution des produits du métabolisme.
– Régulateur thermique absorption, stockage et libération de l'eau par les
organismes régulation thermique de la température du corps

L’eau est un moyen de production


– Maroc : 8 milliards de m³
• Agriculture : 7.5m³ ( 94%)
• Industrie (0.3 m³ , 4%)
• Eau potable (0.2 m³ , 2% )
– En agriculture il faut 1 m³ d'eau pour produire
• 3.5 kg de matière sèche

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• 4.2 kg de maïs ensilage
• 2.9 Kg de banane
• 1.9 kg d’orge
• 1.7 kg de pomme de terre
• 1.7 kg de blé
– En industrie une tonne d'eau produit:
• 1.7 à 3.3 kg d’acier
• 2.5 à 3.3 kg de sucre
• 2.5 à 16.7 kg de carton
• 28.8 Kg de ciment
• 1 à 28.6 kg de savon
• 100 kg de pétrole
• 1 à 2 kg de matière plastique

3. Répartition et distribution de l'eau à l'échelle du globe

Les eaux sur terre sont évaluées à 1500 millions de km3 dont 97% d’eau salée, 2% sous forme
solide.

Tableau 1 : Stocks d’eau à l’échelle du globe (Salées et douces)


Catégorie Volume (106 Km³) % du total
Eaux salées 1348 97.4
Eaux douces
Eaux souterraines 8.2 0.59
Eaux superficielles 0.207 0.015
Humidité du sol 0.07 0.005
Humidité de l’air 0.013 0.0009
Eau, cellules vivantes 0.0011 0.00008
Solide 27.5 1.99
Total de l'eau douce 36 2.6
Total de l'eau 1384 100

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Tableau 2 : Stocks d’eau douce à l’échelle du globe
Catégories Volume (10 6 Km 3) pourcentage
Solide 27.5 76.4
Liquide 8.5 23.6
Eaux souterraines 8.2 96.6
Humidité du sol 0.07 0.82
Eaux superficielles 0.207 2.44
Humidité de l’air 0.013 0.15
Eau des cellules vivantes 0.0011 0.013
Total 36 100

4. Cycle hydrologique
4.1. Le cycle de l’eau

Les eaux, sous leurs différentes formes, sont en constante circulation sur la terre et
subissent des changements d’état. L’ensemble des processus de transformation de l’eau forme
le cycle hydrologique. Ce dernier constitue le point de départ de toute étude hydrologique
L'eau naturelle est impliquée dans un mouvement cyclique entre la terre et l'atmosphère.
Trois opérations essentielles sont à la base de ce mouvement :
- Le changement d'état de l'eau (évaporation et condensation)
- Le transport de l'eau sous forme de vapeur (atmosphère) ou liquide (écoulement )
- Le stockage (lacs, océans et biomasse)

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Figure 1: Le cycle hydrologique

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4.2. Bilan hydrologique

La notion de cycle hydrologique est associée à un espace physique bien défini. Pour
l’hydrologue cet espace est le bassin versant défini à un moment donné par sa structure
physique (surface, relief, forme, pentes, géologie, couvert végétal, occupation des sols) et par
sa capacité à stocker et conduire l’eau, ainsi que par les quantités d’eau qui s’y écoulent. La
notion de cycle hydrologique conduit à y établir un bilan hydrologique qui s’exprime par un
équilibre entre les apports et les sorties du système et qui s’étale sur une période de temps
donnée (principe de conservation de masse). Généralement, le bilan de l’eau pour un système
donné sur une période donnée, s'écrit :
Apports = Sorties + var iations des réserves

∆S
I _O =
∆t
O et I respectivement les sorties et les apports pour l'intervalle de temps ∆t.
Les réserves en eau sont les stocks d’eau présents dans le bassin versant à une date donnée en
surface, dans le sol (humidité du sol) et dans le sous sol. Les variables apports et sorties sont
exprimées habituellement en unités linéaires par unité de surface (L/L²). la difficulté
principale de ce bilan est la quantification des variables. La mesure de chacune de ces
composantes est nécessaire sur une période de temps assez large de plusieurs années pour
pouvoir dresser un bilan significatif représentant le potentiel hydrique du bassin donné.

Figure 2 : Bilan du cycle hydrologique à l’échelle d’un système (bassin versant)

Pour un système hydrologique aussi complexe que le bassin versant, le bilan de l'eau peut
s'écrire :
P + S = R + E + (S ± ∆S)
P : Précipitations (liquide et solide) [mm],
S : Ressources (accumulation) de la période précédente (eaux souterraines, humidité du sol,
neige, glace) [mm],
R : Ruissellement de surface et écoulements souterrains [mm],
E : Évaporation (y compris évapotranspiration) [mm],
(S ± ∆S) : Ressources accumulées à la fin de la période [mm].

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Tableau 3 : Précipitations et évaporation à l'échelle du globe et à l'échelle du Maroc

Surface Pluie Evaporation Ruissellement


(x106 Km3) (mm/an) (mm/an) (mm/an) (P-E)

Tout le globe
Continent 136 750 545 205
Océan 374 870 940 -70
Maroc
Continent 260 230 30
Océan 500 1500 -1000

Tableau 4 : Bilan de l'eau des océans

Océan Surface Pluie Evaporation Apport à partir Echange avec


(x106 Km2) (mm/an) (mm/an) des continents d'autres
(mm/an) océans)
(mm/an)
Atlantique 107 780 1040 200 -60

Arctique 12 240 120 230 350


Indien 75 1010 1380 70 -300
Pacifique 167 1210 1140 60 130

Tableau 5 : Bilan d'eau au niveau des continents

Continents Surface Pluie Evaporation Ruissellement total


(x106 Km2) (mm/an) (mm/an) (mm/an) % des
précipitations
Afrique 30.3 686 547 139 20
Asie 45.0 726 433 293 40
Australie 8.7 736 510 226 30
Europe 9.8 734 415 319 43
Amérique
Nord 20.7 670 383 287 43
Sud 17.8 1648 1065 583 35
Antarctique 30 Environ 0 30 100
Terres émergées 720 410 310 43

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5. Ressources en eau du Maroc

Le Maroc a un climat essentiellement semi-aride dans la majeure partie de son territoire.


Les ressources en eau sont étroitement liées aux précipitations et aux conditions
d'évaporations. Les précipitations sont caractérisées par une forte disparité de leur
répartition spatiale (géographique) et temporelle. Les régimes hydrologiques sont très
irréguliers à l'échelle saisonnière, annuelle ou interannuelle

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Tableau 6 : Répartition géographique des ressources en eau de surface mobilisables
(Secrétariat d'Etat à l'Environnement, 2001)

Bassin versant Superficie P moyenne Apport Total


(Km2) (mm) moyen mobilisable
(106m3) (106m3)
Bassins rifains nord 206 000 680 4319 2492
- Loukkos-sud larache 5600 900 1864 1237
- Tangérois 2400 800 643 218
- Bassins Méditerranéens 12600 560 1812 1037
côtiers
Bassins Atlantiques du nord 132 500 520 11260 10307
et du centre :
- Sebou 40000 750 5600 4464
- Bouregrag, bassins côtiers de 20000 415 830 860
casa
- Oum-Er-Rbia 35000 520 3680 3996
- Tensift, Bassins côtiers de 37500 332 1110 987
Safi-Essaouira

Bassins Sud-Atlasiques ouest 35 400 230 696 594


(Sous massa et bassins côtiers
d'Agadir-Tiznit)
Bassins de l'Oriental 57 500 245 1650 1544
(Moulouya-Isly)
Bassins Présahariens sud 1 641 900 123 1346 848
Atlasiques
-Guir-Bouanane-Talmelt 29900 138 256 127
- Ziz-Rhéris-Maidar 39290 120 390 284
- Drâa 95000 120 700 437
Autres Bassins sahariens 300 600 50 30
Total 710 850 19300 15755

Plus de 50 % des ressources mobilisables sont réparties dans les régions centre et nord du
pays. A l’échelle interannuelle, il existe une grande variabilité qui s'accentue du Nord au Sud.
Pendant les années de sécheresse sévère, les baisses de potentialités peuvent aller de 50 à 90
%. L’oriental, Tensift, Souss Massa et les zones sud-atlasiques généralement sont les zones
les plus touchées.

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Figure 2: Pluviométrie moyenne annuelle (Source: Secrétariat d’état chargé de
l’eau)