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UNC L Info 2020

Mathématiques pour l’Informatique 2 A. Giannakos

Ensembles
1 Introduction
La notion d’ensemble est peut-être la plus générale des notions de base en mathématiques ; en effet, il est
difficile de lui donner une définition n’utilisant pas de termes qui lui sont des synonymes : totalité, groupement,
collection ou famille d’éléments etc.
Malgré ce caractère fondamental, et le fait que l’on rencontre depuis l’Antiquité des raisonnements mathé-
matiques utilisant implicitement la notion d’ensemble, les premières tentatives de fonder une Théorie des
ensembles de manière rigoureuse n’ont pas eu lieu avant le 19e siècle : Cantor (travaillant sur la notion
d’infini), Dedekind et Peano (cherchant à construire une axiomatique des entiers naturels) et Frege (avec ses
recherches en Logique) sont quelques mathématiciens influents qui y ont contribué.
Pendant les premières décennies du 20e siècle, la Théorie des ensembles prend peu à peu sa forme moderne, se
développant en étroit lien aux grands progrès en Logique. Aujourd’hui, il y a plusieurs systèmes d’axiomes la
définissant ; le plus «populaire» en est le système des Zermelo et Fraenkel (ZF) où l’on rajoute souvent l’axiome
du choix (ZFC).
Pour les buts de cet exposé, il suffit de retenir que
1 pour définir un ensemble, il faut pouvoir le distinguer et il faut pouvoir distinguer ses éléments
2 si on définit un ensemble à l’aide d’une propriété vérifiée par ses éléments, il faut que cette propriété
ne contient pas des références à l’appartenance d’un élément à ce même ensemble : ainsi, on n’a pas le
droit de définir p.ex. l’ensemble Ω de tous les ensembles qui ne sont pas des éléments d’eux-mêmes (ça
nous évitera des paradoxes, comme celui posé par la question «Ω est-il un élément de Ω ?»).
La théorie des ensembles est un sujet passionnant et toujours actif en mathématiques. Le lecteur intéressé
pourrait se référer, parmi d’autres sources, à l’ouvrage classique de J.L. Krivine, Théorie des ensembles, ou au
«best seller» de P. Halmos Naïve Set Theory 1 .

2 Opérations sur les ensembles - définitions et notations


2.1 Notations de base
On désigne souvent un ensemble avec une lettre majuscule, et aussi par la description de ses éléments entre ’{’
et ’}’. Il existe un ensemble qui n’a pas du tout d’éléments : c’est l’ensemble vide, désigné par ∅.
On écrit a ∈ A pour noter le fait que a est un élément de (on dit encore : appartient à) l’ensemble A. De manière
similaire, on note a < A le fait que a n’est pas un élément de A. On rencontre aussi la notation A 3 a (A = a) qui
signifie l’ensemble A contenant (ne contenant pas) l’élément a. Attention : rien n’empêche qu’un a élément de
A, ne soit pas à son tour un ensemble.
Soit deux ensembles A et B. On écrit A = B si tout élément de A est aussi élément de B et vice-versa. On écrit
A ⊆ B si tout élément de A appartient aussi à B (on dit que A est sous-ensemble (on dit encore : partie) de B) ;
ce même fait est aussi désigné par B ⊇ A (dans ce cas on lit : B est un super-ensemble de A). Evidemment, il est
toujours A ⊆ A et ∅ ⊆ A.
1. Trad. française accessible sur la page moodle du cours/rubrique «ressources complémentaires»

1
Il est direct de voir que, A ⊆ B et B ⊆ A si et seulement si A = B. A * B désigne, naturellement, que A n’est pas
sous-ensemble de B.

2.2 Opérations entre ensembles


2.2.1 Réunion (ou union) ou, plus rarement, addition
Soient A et B deux ensembles. Alors, A ∪ B est un ensemble dit l’union de A et B, dont tout élément appartient
à A ou à B (dans le sens logique de «ou», c’est-à-dire, soit à A, soit à B, soit aux deux).
On définit de manière analogue l’union d’un nombre arbitraire (fini ou infini) d’ensembles [ : si Aα sont les
ensembles données (α étant une «etiquette» caractéristique pour chacun d’eux), leur union Aα est l’ensemble
α
des éléments dont chacun appartient au moins à l’un des ensembles Aα .

2.2.2 Intersection ou, pour certains auteurs, produit


Soient A et B deux ensembles. Alors, A ∩ B est un ensemble dit l’intersection de A et B, dont tout élément
appartient à la fois à A et à B \
Comme pour l’union, l’intersection d’un nombre arbitraire (fini ou infini) d’ensembles donnés Aα , notée Aα
α
est l’ensemble des éléments dont chacun appartient à tous les ensembles Aα .
Quelques propriétés de l’union et l’intersection
Par leur définition même,
A ∪ B = B ∪ A, A ∩ B = B ∩ A (commutativité)
A ∪ (B ∪ C) = (A ∪ B) ∪ C, A ∩ (B ∩ C) = (A ∩ B) ∩ C (associativité)
En outre, chacune d’elles est distributive par rapport à l’autre :
(A ∪ B) ∩ C = (A ∩ C) ∪ (B ∩ C), (A ∩ B) ∪ C = (A ∪ C) ∩ (B ∪ C)

2.2.3 Différence (ou soustraction)


Soient A et B deux ensembles. Alors, A r B est un ensemble dit la soustraction de B par A, dont tout élément
appartient à A mais non à B.

2.2.4 Différence symétrique (ou, pour certains auteurs, addition modulo 2)


Soient A et B deux ensembles. Alors, A+̇B (notée aussi A 4 B) est un ensemble dit la différence symétrique
entre A et B, dont tout élément appartiennent soit à A soit à B (mais pas aux deux). Donc par définition il est
A 4 B = (A r B) ∪ (B r A).

2.2.5 Complémentaire
On est amené souvent à considérer des ensembles qui sont tous sous-ensembles d’un même ensemble   «de
référence» S. Dans ce contexte, si A est un sous-ensemble de S, on note S r A par {A. Bien sûr, { {A = A
Principe de dualité
Si Aα sont des parties d’un ensemble S, alors
[  \  
{  Aα  = {Aα et
 α  α
\  [  
{  Aα  = {Aα
α α
Ces propriétés définissent un «principe de dualité» qui consiste en ceci : de toute égalité portant sur des
parties d’un ensemble de référence S on peut obtenir tout à fait automatiquement une autre égalité, dite duale

2
de la première, en remplaçant tous les ensembles considérés par leurs complémentaires, les unions par des
intersections et les intersections par des unions.

3 Exercices
1. Montrer que A r (A r B) = B r (B r A) = A ∩ B.
2. Montrer la distributivité de l’union par rapport à l’intersection
3. Montrer que A 4 B = (A ∪ B) r (A ∩ B)
4. Montrer que A ∪ B = (A 4 B) 4 (A ∩ B)
5. Montrer que A r B = A 4 (A ∩ B)
NB : Les démostrations demandées découlent directement des définitions et ne demandent aucune vraie
réflexion ; il s’agit pourtant des relations utiles qu’on utilise couramment lorsqu’on a affaire à des problèmes
se référant à des ensembles.

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