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Communications

Corps et langages des sens


Marie-Luce Gélard, Mr Olivier Sirost

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Gélard Marie-Luce, Sirost Olivier. Corps et langages des sens. In: Communications, 86, 2010. Langages des sens. pp. 7-
14;

doi : https://doi.org/10.3406/comm.2010.2531

https://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_2010_num_86_1_2531

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Marie-Luce Gélard
Olivier Sirost

Corps et langages des sens

C’est à travers l’œuvre La Chanson de Roland, en 1080, que le mot


« sens », issu du latin sensus, entre dans la langue française. D’une manière
générale, la terminologie désigne alors l’« action de sentir ou de perce-
voir 1 », qui la rend polysémique. Sensation, sentiment, intellect y sont
d’emblée mêlés dans un processus de connaissance faisant intervenir
autrui : le sens ou direction. Voir et penser sont alors confondus en une
même expression, le latin videre ne renvoyant pas explicitement au sens
visuel mais à l’acte de connaissance.
Lucien Febvre (1942) revient sur cette polysémie du sentir caractéristique
des « plein-vent 2 » du XVIe siècle, en particulier l’ouïe, le goût et le toucher 3.
La remise en cause d’une hiérarchie des sens traverse l’œuvre de l’historien,
notamment dans la remise en perspective d’un sensorium aux qualités bien
distinctes et de la noblesse de la vue dans une perspective historique de civili-
sation. La primauté de l’ouïe ou du toucher, largement soulignée par la Nou-
velle Histoire, a tendance toutefois à enfermer la réflexion dans une
psychologie historique étayée sur une traque des hiérarchies sensorielles 4.
L’unité des sens est avant tout pensée autour d’un sentiment fédérateur de la
société ou d’une époque. Autour de la revue Annales, les perspectives nou-
velles ouvertes par la psychologie, la linguistique, l’anthropologie, la sociolo-
gie et l’économie renouvellent les manières de faire de l’histoire. Décrire la vie
quotidienne d’une époque passe désormais nécessairement par la reconstitu-
tion minutieuse des gestes, des habitudes physiques, des sentiments, des ima-
ginaires et des sens. L’histoire du goût alimentaire, celle des mœurs et de leurs
civilités, ou encore celle de la maladie 5, mettent l’accent sur un langage des
sens, mais ces derniers demeurent hiérarchisés et marginaux dans l’analyse.
Or l’étude des hiérarchies sensorielles comme outil et angle d’analyse
possible des sociétés illustre l’importance de l’anthropologie et de l’histoire
pour l’examen de ces systèmes d’appréciation. L’investigation des cinq sens
doit permettre de mieux comprendre comment l’analyse « sensualiste » peut

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dépasser l’horizon hiérarchique de toute l’anthropologie du sensible en pro-


posant l’étude des messages sensoriels comme outil de communication et
d’information. Admettre d’emblée que nos sens communiquent entre eux,
avec les autres et avec le monde extérieur en toute réciprocité, ne focalise
plus la réflexion uniquement en termes de dispositifs de contrôle des corps
(Foucault, 1966) ou de décorporalisation des sens (Camporesi, 1994).

Le masque des qualités : la hiérarchie des sens.

Dans l’Antiquité grecque, les sens restent avant tout associés à des quali-
tés. Dans une perspective anthropologique, les philosophes et les médecins
cherchent une similitude, une correspondance entre les quatre éléments et
les sens. Aussi, le débat sur le nombre de sens et de qualités est loin d’être
figé. Les sens sont-ils bien au nombre de cinq ? Faut-il les considérer
isolément les uns des autres ou bien les réunir par binômes ou groupes de
qualités ? Comment s’ordonnent-ils les uns les autres dans un processus de
connaissance ? Ces questions ne trouvent-elles pas un dépassement dans
un sentir en commun, ou aisthèsis koinè ?
Comme le rappelle Robert Jütte 6, les sens sont d’abord pensés à partir
de systèmes classificatoires alliant les organes sensoriels, une topographie
corporelle, des qualités communicationnelles et les éléments. Ce jeu de
correspondance systémique est particulièrement vivace dans les philo-
sophies indiennes et chinoises, dont on peut mesurer toute l’actualité en
termes d’usages du corps. Référés à une philosophie de la nature, les sens
restent clivés les uns des autres et placés sous une puissance transcendan-
tale. Ce sont les qualités sensibles de la nature qui leur donnent forme.
L’héritage de la phusis grecque va alors peser sur une diabolisation des
sens. Démocrite démontrera que la nature contient des forces impercep-
tibles par les sens. Platon, dans son allégorie de la caverne, ouvrira la voie
à la maxime selon laquelle nos sens sont trompeurs, et Aristote en viendra
à distinguer la sensation commune d’autres formes de connaissance
propres à la vie de l’esprit. Les principales tentatives d’ordonnancement
des corps comme les péchés capitaux, le catholicisme, l’enseignement des
humanités et les pédagogies corporelles, l’anthropologie physique ou
encore l’hygiénisme s’appuieront sur cette doxa des sens. La chrétienté
élèvera au rang d’exemplarité certaines odeurs tout en condamnant avec
ferveur le débordement des jouissances imputées aux sens 7.
Les messages sensoriels sont ainsi élevés au rang de morale à une époque
où l’accès à la lecture reste un privilège. Traquer le sensible dans le sacré
ou le fait religieux reste néanmoins une intuition forte des fondateurs de la
Nouvelle Histoire, qui déplace l’analyse des sens sur le terrain du langage

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et des processus de communication. Dans le contexte des sociétés impé-


riales, l’appréciation des sens devient un enjeu majeur des sociétés colo-
niales au XIXe siècle. À une époque où le darwinisme social et les modes de
vie industrialo-urbains se font plus pressants, le comparatisme sensoriel
est à la mode. L’ordonnancement des sens devient une manière de contrô-
ler les populations via les instances sanitaires. L’enjeu politique d’identifi-
cation des individus et de santé des masses contribue alors à imposer la
hiérarchie des sens conçue par Paul Broca entre 1860 et 1890, faisant de
la vision le plus noble des sens 8. Derrière cet exemple s’impose encore à la
réflexion scientifique le masque des classifications sensorielles et des quali-
tés. Or les archives laissées par les peintres impressionnistes, les écrivains
sensualistes tels que Marcel Proust, ou les travaux sociologiques de Georg
Simmel et Walter Benjamin 9 laissent augurer d’autres voies, notamment
celle où les sens sont langage et se suffisent souvent à eux-mêmes.
Au Moyen Âge, l’iconographie diffuse l’hypothèse d’un sixième sens – le
cœur 10 – qui viendrait subsumer les cinq autres. Là aussi, seule la piste
d’intellectualisation du sensoriel ou d’élévation du sensuel au sentiment
amoureux a été retenue. C’est oublier les travaux des philosophes médié-
vistes tels que John Duns Scot ou Thomas d’Aquin sur le processus d’indi-
viduation, qui posent plus largement l’adaptation sensorielle d’un être
vivant dans un nouveau milieu. Aussi, les hypothèses relatives à un sixième
sens poussent au questionnement de reconfiguration du sensorium selon les
milieux et les époques. Il en va ainsi des signaux sonores des cloches de
village comme des impressions cénesthésiques des voyageurs romantiques
ou des premiers curistes en bord de mer 11. De même, le prolongement des
conceptions aristotéliciennes distingue les sens internes – en particulier
l’imagination – des cinq sens externes. Le legs contemporain constitué par
le développement des neurosciences fait toujours de la topographie noble
du cerveau le siège de nos facultés sensibles. Le refus d’externalisation du
sensible semble chaque fois être un mur infranchissable. C’est oublier
nombre de travaux existant sur le jeu ou l’esthétique 12 et démontrant que
la sensation n’obéit pas toujours à un projet et se satisfait d’elle-même.
Penser les sens comme un langage des corps reste une entreprise rare et
délicate à laquelle ce numéro tente d’apporter un éclairage particulier.

Messages des sens, communication sensuelle


et attente affectuelle.

L’élargissement et/ou le renversement de la perspective hiérarchique des


sens vers celle d’un véritable outil de communication impliquant leur
manifestation pleinement corporelle visent à éviter ces formes de jugement

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a priori et réducteur. Car, au-delà des hiérarchies, les sens sont avant tout
porteurs de messages. La représentation iconographique des organes sen-
soriels a une longue histoire inscrite dans nos mythologies. Il suffit d’évo-
quer les images de Narcisse, d’Aphrodite, du péché originel, jusqu’à
l’imagerie d’Épinal illustrant les contes pour enfants. Ces évocations
portent avant tout un message moral souvent négatif face aux égarements
des plaisirs de la chair. Au Moyen Âge, les bestiaires font souvent office
d’illustration des facultés sensorielles démontrant la fragile frontière qui
sépare l’homme de l’animal : l’œil du lynx, l’oreille du cerf, le nez du chien,
le bec du faucon ou encore la peau de la tortue 13. Certains sens sont figurés
par la culture dite « de salon » : ainsi, l’ouïe (figurée par des instruments de
musique) ou la vue (représentée par un miroir ou un tableau). D’autres,
comme l’odorat (figuré par des fleurs) ou le goût (représenté par de la
nourriture), font appel à une iconographie plus naturelle. Néanmoins, les
sens servent la mise en scène de situations et se font langage, résumant
l’envie, la courtoisie, la béatitude… Par-delà les messages moralisateurs
visant à dénoncer la folie des hommes – comme La Nef des fous de Jérôme
Bosch –, l’histoire de l’art nous livre également des séries où chaque sens
est présenté séparément. Les tentures de La Dame à la licorne (1484
à 1500), les huiles sur panneaux de Jan Breughel l’Ancien (vers 1617),
les huiles sur bois d’Anthonie Palamadesz, dit Stevaerts (vers 1630-1640),
ou les gravures d’Abraham Bosse (1640-1670) puisent leur inspiration
dans les scènes idéalisées de la vie de salon ou de l’Éden. Cette anatomie
sensorielle précède les langages amoureux peints plus tard par Johannes
Vermeer ou François Boucher et Honoré Fragonard. Loin désormais de la
logique classificatoire, les sens communiquent directement par leur sugges-
tion en se passant de toute autre forme langagière.
Pendant la période romantique, fleurissent les témoignages sur la sensi-
bilité intérieure comme ceux des voyageurs sur les sens en prise avec les
aspérités des chemins et les spectacles des paysages. Les cures hygiénistes
de nature du XIXe siècle développeront à leur tour la culture sensorielle du
littoral et du souci de soi, dans la médication par les sens comme dans la
montée de l’industrie du loisir. Plus proche de nous, des formes dansées
comme le krump 14 ou les campagnes publicitaires freestyle de Nike mettent
l’accent sur des langages sensuels du corps se passant aisément de toute
expression écrite ou orale. Le geste instinctif et le rythme inné du danseur
de rue comme la musicalité du ballon et celle des appuis du sportif
génèrent ce bruit de fond nécessaire à l’expression de la vie. Ce sont alors
nos sens qui font la vibration du monde, loin du déterminisme de l’envi-
ronnement naturel ou social. Ces expériences fondamentales des sens ont
déjà été soulignées en leur temps par les protagonistes des pédagogies
somatiques (Isadora Duncan ou Claude Pujade-Renaud). Elles fondent en

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nous les racines langagières que certains observateurs sociaux ont nommé
une « éthique de l’esthétique ». De la géométrie au numérique, les média-
tions techniques ne font que donner toujours plus d’importance à nos sens
et complexifient leurs adaptations langagières.
Le pragmatisme comme la phénoménologie ou l’anthropologie histo-
rique ont au final bien du mal à analyser la communication et les messages
de nos sens. Pour William James et ses comparses 15, le langage, qui reste le
processus fondamental des sociétés humaines, peut se limiter à l’expérience
sensorielle ou aller jusqu’au partage émotionnel sans avoir besoin d’être
intellectualisé. Maurice Merleau-Ponty 16 a lui aussi démontré l’importance
de l’affect dans la relation que construit l’homme dans sa présence au
monde. À partir des années 1990, l’anthropologie historique développée
par Alain Corbin et la culture sensuelle travaillée par David Howes ont
repris ces pistes de recherche examinant les sens dans l’interaction. Dans
un texte devenu programmatique, Corbin 17 énonce, entre autres pistes, la
fugacité de la « trace sensorielle » et sa contextualisation communication-
nelle, comme l’expression de la polysensorialité. Les messages de nos sens
développent des formes culturelles langagières telles que le journal intime,
la cure psychanalytique ou l’autobiographie. Ils amènent à la construction
des rôles sociaux dans des domaines aussi éclectiques que l’art, l’apprentis-
sage ou la sexualité. Nos sens produisent signes et symboles à travers les
gestes, les postures et les expressions qu’ils provoquent. Dans cette produc-
tion du social, la balance des sens reste à interroger, tout autant que la
force éphémère et l’empreinte des sensations. Pour David Howes 18, l’an-
thropologie des années 1980-1990 resitue le corps comme médiateur de
communication, dépassant ainsi le clivage corps/esprit. Ce positionnement
permet de se questionner sur les limites langagières et les communications
non verbales, et sur l’émergence de socio-styles originaux. Les enquêtes
anthropologiques ont ainsi pu démontrer l’impact du sensoriel sur la
mémoire des groupes sociaux, le primat d’une expression des sens, l’in-
teraction des sens entre eux et non leur isolement.

Pistes nouvelles.

Les langages du corps ont été souvent analysés à travers les théma-
tiques de l’apparence (ornementique corporelle), de l’orientation des
modes de vie ou encore des techniques 19. Dans ce numéro, nous nous
proposons de caractériser les sens comme médias de l’information, objets
communicationnels, loin d’un simple examen d’une sensibilité particulière
ou de l’exercice d’un sens. En d’autres termes, c’est aux sens dans l’in-
teraction que nous nous consacrons et non aux discours sur les sens : nous

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Marie-Luce Gélard et Olivier Sirost

voyons comment le corps et les sens produisent un message particulier et


sont, dans des circonstances et des espaces spécifiques, déterminants. De
l’essor de l’urbain aux nouvelles technologies de communication, la ques-
tion des langages des sens se fait plus pressante. Les objets culturellement
construits ne seraient-ils pas sensoriellement prédisposés afin d’offrir une
prise à nos organes de communication ? On peut effectivement s’interro-
ger au-delà des stratégies de mise en scène 20 du quotidien sur le sentir et
les caractères symbiotiques des milieux dans lesquels nous vivons. La
sensation, par sa localisation et son affect, joue bien là un rôle central de
médiation. La perception s’analyse alors davantage en termes de senso-
rium et d’interaction entre les sens, comme le démontrent aujourd’hui les
différents observatoires du goût ou de la couleur. Face à l’éphémérité des
traces sensorielles et à la labilité de l’expression des sens, les langages des
sens ne trouveraient-ils pas leur résolution, leur fixation dans le façonne-
ment et l’adhésion à un style de vie ? Les loisirs, les errances, les soins
corporels restent les signes exacerbés d’un « vivre pour vivre 21 » où l’ex-
pression sensuelle et sensorielle entend se suffire à elle-même.
Au-delà du rapport au temps, le langage des sens pose le problème de
notre relation à l’espace. Un paysage est avant tout sensuel pour celui
qui l’habite ou le traverse. Comme l’a montré Georg Simmel 22, l’expé-
rience de la grande ville a produit une surexcitation de nos affects et
brouillé les certitudes de sensations millénaires dans le rapport à la
nature. Pour le sociologue allemand, il convient d’analyser les sens non
pas à partir des organes, mais comme une alchimie reliant le microsco-
pique au macroscopique, générant des « associations concrètes et vivantes
parmi les hommes 23 ». Les ambiances, les styles, les caricatures viennent
incarner ces douces alchimies sensorielles. À l’heure des espaces virtuels,
des modifications corporelles, assistons-nous à de nouvelles alchimies des
sens, découvrons-nous certains sens cachés, ou tout simplement ne
fabriquons-nous pas de nouveaux langages sensoriels avec les matériaux
de notre temps ? L’industrie des saveurs, l’engouement pour les parfums
et le toucher (massages, emprunts multiples à l’ailleurs par cette orienta-
lisation sensorielle de l’Occident 24) n’ouvrent-ils pas des voies nouvelles
de dialogues entre intériorité et extériorité, où, plus que de hiérarchie, il
est question de diapason des sens ?

Marie-Luce GÉLARD
et Olivier SIROST

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NOTES

1. Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Dictionnaires


Le Robert, 1998, t. 3, p. 3458-3459.
2. Lucien Febvre, Le Problème de l’incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais, Paris,
Albin Michel, 2003 (1942), p. 394.
3. Ibid., p. 404.
4. Voir de ce point de vue : Marc Bloch, Les Rois thaumaturges. Étude sur le caractère surna-
turel attribué à la puissance royale particulièrement en France et en Angleterre, Paris, Gallimard,
1983 (1924) ; Robert Mandrou, Introduction à la France moderne, 1500-1640. Essai de psycho-
logie historique, Paris, Albin Michel, 1998 (1961).
5. François Dosse, L’Histoire en miettes. Des « Annales » à la « nouvelle histoire », Paris,
La Découverte, 1987.
6. Robert Jütte, A History of the Senses. From Antiquity to Cyberspace, Cambridge, Polity Press,
2005.
7. Voir notamment : Jean-Pierre Albert, Odeurs de sainteté. La mythologie chrétienne des aro-
mates, Paris, Éditions de l’EHESS, 1996 ; Carla Casagrande et Silvana Vecchio, Histoire des péchés
capitaux au Moyen Âge, Paris, Aubier, 2003.
8. Nélia Dias, La Mesure des sens. Les anthropologues et le corps humain au XIXe siècle, Paris,
Aubier, 2004.
9. Georg Simmel, Sociologie. Études sur les formes de socialisation, Paris, PUF, 1999 (1908) ;
Walter Benjamin, Paris capitale du XIXe siècle. Le Livre des Passages, Paris, Cerf, 1989.
10. Voir par exemple Tracy Chevalier, La Dame à la Licorne, Paris, La Table Ronde, 2003.
11. Sur ces différents exemples, nous renvoyons le lecteur à l’œuvre d’Alain Corbin, notamment :
Le Territoire du vide. L’Occident et le désir du rivage, 1750-1840, Paris, Aubier, 1988 ; Les Cloches
de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle, Paris, Albin Michel,
1994.
12. On pourra se reporter à cet effet aux travaux de Georges Bataille, Jean Duvignaud, Jean-
Marie Guyau ou Pierre Francastel – la liste est loin d’être exhaustive.
13. À partir de la Renaissance, les œuvres consacrées à l’allégorie des sens se multiplient :
Theodoor Rombouts, Allégorie des cinq sens (vers 1620) ; Lubin Baugin, Nature morte avec jeu
d’échecs (Les cinq sens) [1630] ; Sébastien Stoskopff, L’Été ou les Cinq Sens (1633) ; Jacques
Linard, Les Cinq Sens (1638) ; Simon de Vos, Allégorie des cinq sens (1640) ; Frans Francken le
Jeune (1581-1642), Les Cinq Sens ; Gérard de Lairesse, Allégorie des cinq sens (1668)…
14. Voir notamment le film de David La Chapelle, Rize (2005).
15. Stéphane Madelrieux, William James. L’attitude empiriste, Paris, PUF, 2008.
16. Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945.
17. Alain Corbin, « Histoire et anthropologie sensorielle », in Le Temps, le Désir et l’Horreur,
Paris, Aubier, 1991. Voir également, du même auteur, « Histoire de sensibilités », in Sylvie Mesure
et Patrick Savidan (dir.), Le Dictionnaire des sciences humaines, Paris, PUF, 2006.
18. David Howes (ed.), Empire of the Senses. The Sensual Culture Reader, New York, Berg,
2005 ; David Howes, Sensual Relations. Engaging the Senses in Culture & Social Theory, Ann
Arbor, The University of Michigan Press, 2006.
19. Voir respectivement : Communications, no 46, Parure, pudeur, étiquette, 1987 ; Communi-
cations, no 56, Le Gouvernement du corps, 1993 ; Communications, no 81, Corps et techniques,
2007.
20. Erving Goffman, La Mise en scène de la vie quotidienne, Paris, Minuit, 1973 ; Erwin
Straus, Du sens des sens, Grenoble, Jérôme Millon, 1989.
21. Joffre Dumazedier, Révolution culturelle du temps libre, 1968-1988, Paris, Méridiens
Klincksieck, 1988.
22. Georg Simmel, Philosophie de la modernité, Paris, Payot, 1989.

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Marie-Luce Gélard et Olivier Sirost


23. Georg Simmel, « Essai sur la sociologie des sens », in Sociologie et épistémologie, Paris, PUF,
1981, p. 238.
24. Marie-Luce Gélard (dir.), Les Usages du henné. Pratiques, rites et représentations symbo-
liques, Nancy, PUN, 2008.

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