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OSTEOMYELITE AIGUE : DIAGNOSTIC ET PEC

Dr Omar DAHMANI, Dr Amal BELCAID, Dr Ouafa EL AZZOUZI, Dr Hayat EL HAMI

PLAN :

INTRODUCTION

CLINIQUE
I- L’interrogatoire
II- L’inspection
III- L’examen
IV- Compléter l’examen clinique

EXAMENS COMPLEMENTAIRES
I- Biologie
II- Radiologie

DIAGNOSTIC POSITIF

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

FORMES CLINIQUES

TRAITEMENT
I- Médical
II- Orthopédique
III- Chirurgical

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OSTEOMYELITE AIGUE : DIAGNOSTIC ET PEC

Dr Omar DAHMANI, Dr Amal BELCAID, Dr Ouafa EL AZZOUZI, Dr Hayat EL HAMI

INTRODUCTION :
- L’OMA se définit comme l’infection hématogène de l’os par un germe pathogène qui est
habituellement le staph doré.

- Il s’agit d’une véritable urgence médico-chirurgicale, elle doit être évoquée précocement, le 1er jour
voire les premières heures, et traitée efficacement.

CLINIQUE :
- Type de description = l’ostéomyélite aigue, au stade de début, de la métaphyse inférieur du fémur.
- La symptomatologie est d’apparition brutale chez un enfant en bonne santé, associant deux principaux
symptômes :

* La douleur spontanée : classiquement elle est intense, continue, exacerbée par le moindre
mouvement, siège au voisinage du genou et responsable d’une impotence fonctionnelle absolue. Véritable
douleur de fracture. Dans un certain nombre de cas, cette douleur est atténuée n’entraînant qu’une boiterie
du membre atteint.

* Le syndrome infectieux : La température est de 39°-40°, s’accompagnant de frisson, sueurs,


tachycardie, prostration et délire.

Mais des formes atténuées avec température 38°-38°5 ne sont pas rares. Dans certains cas le syndrome
infectieux peut passer inaperçu. D’où la règle générale « prendre la température de tout enfant qui
consulte pour une douleur osseuse ».

I- L’interrogatoire :
- L’interrogatoire de cet enfant ou de ses parents va préciser :

* Le début de la symptomatologie, son aspect brutal ou progressif.

* Les signes accompagnateurs.

* Les médicaments prescrits et administrés.

* La notion de traumatisme : En cas de traumatisme déclanchant, il existe toujours un intervalle libre


de 1à5 jours, pendant lequel l’enfant ne souffre pas. Cette notion d’intervalle libre permet de
différencier entre une pathologie traumatique et une pathologie infectieuse.

* La notion de diabète chez l’enfant ou sa famille.

* Rechercher une hémoglobinopathie en particulier une drépanocytose.

* Les antécédents de maladies infectieuses.

II- L’inspection :
Trouve en générale un genou d’apparence normale, sans rougeur, sans tuméfaction, ni lymphangite.

III- L’examen :
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L’examen de cet enfant souffrant doit être doux, sans manœuvres brutales et douloureuses, il va :

- Permettre d’éliminer une atteinte articulaire : la palpation de l’interligne articulaire n’est pas
douloureuse, il n’y a pas d’épanchement articulaire, et la mobilisation passive de l’articulation est
possible = l’articulation du genou est normale.

- Mettre en évidence une douleur provoquée caractéristique par :


* Son siége métaphysaire.
* De type circonférentielle = provoquée par la moindre pression sur tout le pourtour de la métaphyse.
* Segmentaire = intéressant toute la région métaphysaire.
La découverte de cette douleur métaphysaire, s’accompagnant de fièvre et d’apparition brute doit
faire poser le diagnostic d’ostéomyélite aigue au stade de début et faire démarrer le traitement
antibiotique.
Attendre l’apparition d’autres signes pour confirmer le diagnostic et traiter c’est agir trop tard.
« Agir à coup sur c’est agir trop tard » LAURENCE- 1963-

IV- Compléter l’examen clinique :


- Rechercher d’autres localisations :
* Osseuses : par l’examen systématique des métaphyses des os longs et des articulations.
* Viscérales : en particulier pulmonaire et péricardique.

- Rechercher une porte d’entrée qui peut être apparente, cutanée (furoncle, pyodermite) ou inapparente
(rhino pharyngé…)

EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
Ils permettent d’identifier le germe et de suivre l’évolution de la maladie.

I- Biologie :
- Formule numération sanguine : montre une hyper leucocytose à polynucléaires neutrophiles.
- La vitesse de sédimentation est accélérée.
- L’hémoculture, faite en urgence va permettre d’isoler le germe pathogène dans 33%des cas.
- Prélèvements périphériques (des éventuelles portes d’entrée).

II- Radiologie :
- La radiographie du genou de face et de profil est normale à ce stade.
- Echographie permet d’objectiver les collections au stade d’abcès sous périoste.
- Scintigraphie : de réalisation exceptionnelle.

DIGNOSTIC POSITIF :
- On doit savoir se contenter des données de l’examen clinique pour poser un diagnostic précoce.
- Tout enfant présentant une douleur osseuse associée à une fièvre doit être considérée comme une
ostéomyélite aigue et traitée comme tel jusqu’à preuve du contraire.

DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL :
- Rhumatisme articulaire aigu : le diagnostic d’ostéomyélite aigue peut se discuter avec celui de
RAA dans sa forme mono articulaire. Mais dans ce dernier cas l’articulation est atteinte et sa mobilité est
douloureuse.

- Contusion - Entorse : la notion de traumatisme peut faire penser au diagnostic de contusion ou


d’entorse, mais la présence de température, la notion d’intervalle libre doit faire penser au diagnostic
d’ostéomyélite aigue.

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- Les leucoses aigues.

- Les tumeurs malignes des os surtout le sarcome d’EWING.

FORMES CLINIQUES :
I- L’ostéomyélite aigue au stade d’abcès sous périosté :
- En plus des signes cliniques déjà décrits au stade de début (douleur, fièvre, impotence fonctionnelle)
ils apparaissent des signes inflammatoires locaux = tuméfaction, rougeur, chaleur de siège
métaphysaire.
- L’examen radiologique montre un œdème important des parties molles et dans certains cas des signes
ostéo-périostés = réaction périostée, lyse métaphysaire et ostéoporose.
- Le diagnostic est confirmé par l’échographie qui montre l’épanchement.

II- L’ostéomyélite chronique :


- Clinique : la symptomatologie est variable, douleur, fièvre, abcès fistulisé pendant des phases de
rémissions. Des déformations orthopédiques peuvent enrichir ce tableau = raccourcissement d’un
membre, déviation articulaire etc.…
- Radiologie : l’examen radiologique va monter la présence de séquestre osseux et un aspect+/
condensé du tissu osseux.

III- Forme du nouveau né et du nourrisson :


Chez le nouveau né et le nourrisson les cartilages de conjugaisons ne sont pas bien individualisés, il
existe des anastomoses vasculaires entre la métaphyse et l’épiphyse.
* En cas d’ostéomyélite, l’évolution se fait d’emblée sous forme d’ostéo-arthrite.
* Le maître symptôme est l’impotence fonctionnelle du membre atteint.
* Les signes radiologiques sont précoces = signes d’épanchement inter articulaire.
* Lésions osseuses.
* En cas de doute la ponction articulaire confirme le diagnostic.

IV- Formes cliniques selon la localisation :


L’ostéomyélite aigue peut toucher n’importe quel os mais elle est surtout fréquente au niveau des
métaphyses fertiles des os longs « près du genou, loin du coude »
En faite de nombreuses présentations peuvent se rencontrer, l’essentiel est de savoir palper les
métaphyses osseuses et les articulations chez tout enfant fébrile au même titre que l’examen de la
gorge, de la nuque…..

TRAITEMENT :
C’est une urgence orthopédique qui suppose l’antibiothérapie dans le quart d’heure et le plâtre dans les
deux heures LAURENCE (1963)

I- Médical :
Choix de l’antibiotique : le traitement médical est basé sur l’antibiothérapie qui doit respecter les règles
suivantes :
- Antibiotique anti staphylococcique (sauf quand l’examen bactériologique trouve un autre germe et chez
le nouveau né).

- Antibiotique bactéricide à bonne diffusion dans les tissus osseux et le liquide articulaire.

- Associer deux antibiotiques synergiques par exemple = une pénicilline du groupe M, une
céphalosporine de première génération ou l’acide fucidique à un Aminoside.

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- Durée du traitement :
* Pendant la phase d’attaque (7 à 10 jours) les antibiotiques sont administrés par voie parentérale
(l’aminoside est arrêté le 10éme jour).
* Pendant la phase d’entretien : En cas d’évolution favorable, on garde un seul antibiotique qu’on
administre par voie orale (en moyen 3 à 5 semaines).

- Arrêt du traitement : le traitement antibiotique ne doit être arrêté qu’après régression complète des
signes cliniques, stabilisation des signes radiologiques et surtout après retours à la normale de la vitesse
de sédimentation.

II- Orthopédique :
La traction du membre atteint ou son immobilisation plâtrée est impérative permettant une surveillance
quotidienne.

III- Chirurgical :
Une collection suppurée doit être recherchée tout au long de l’évolution. Toute collection diagnostiquée
doit être drainée en urgence. Il consiste à une évacuation complète de l’abcès suivi d’un drainage par
drain de Redon aspiratif.