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Chapitre 

: mondialisation et Notions du référentiel : compétitivité: prix/produit,


spécialisation
internationalisation des échanges

Fiche 4 – L’insertion dans les échanges internationaux

Partie 1 – Définition de la compétitivité

Définition : « la compétitivité est la capacité à maintenir et à accroître ses parts de marché »

I. La compétitivité-prix

Pendant très longtemps on a considéré que la seule source de compétitivité pour une
entreprise ou un pays était la compétitivité-prix qui vise à produire à moindre coût afin de
réduire les prix pour dépasser la concurrence et s’attirer les faveurs des consommateurs.

Les limites : Mais cette forme de compétitivité ne semble pas aujourd’hui être la forme
dominante par laquelle luttent les entreprises les plus innovantes.

II. la compétitivité-qualité ou compétitivité hors-prix ou structurelle :

Il nous faut alors définir la compétitivité hors-prix ou structurelle qui est la capacité à imposer
ses produits sur le marché indépendamment de leur prix .L’entreprise grâce à l’innovation , à
l’amélioration de la qualité de ses produits , à son adaptation à la demande , à la qualité de ses
services , ... peut gagner des parts de marché tout en maintenant des prix plus élevés que
ceux de ses concurrents .Les entreprises bénéficient ainsi d’une meilleure rentabilité qui peut
être à l’origine d’un cercle vertueux .

III. Conclusion :
Néanmoins, compétitivité-prix et hors-prix ne s’opposent pas nécessairement pour 2 raisons :
 le consommateur opère son choix en se basant sur plusieurs critères : la qualité, l’innovation certes mais aussi le prix. Dans
un contexte de concurrence très forte (marché offreur), les entreprises se doivent non seulement d’offrir des produits de
qualité, mais aux prix les plus compétitifs possibles.
 l’entreprise qui désire rentabiliser son innovation peut diminuer le prix de vente afin d’accroître la demande donc la
production. Elle bénéficiera ainsi d’économies d’échelle qui lui permettront de diminuer son coût, d’améliorer sa
rentabilité , donc de financer des efforts de recherche lui permettant de réaliser des innovations incrémentales
( différenciation des produits , ... ) ou majeures .

Une vidéo d’écodico de BNP Paribas présentant la notion de compétitivité  : ici

Pour des informations supplémentaires sur le pôle de compétitivité  : ici

Une présentation du Rexecode de Décembre 2009 sur la compétitivité française  : Compétitivité française 2009

Partie 2 – Comment gagner en compétitivité  ? La spécialisation, une stratégie


dynamique
L’approche des analyses traditionnelles néglige les deux dynamiques essentielles de l’échange :
- celle des entreprises à l’échelle multinationale,
- comme celle des nations ans l’espace économique mondial

Pour les limites des analyses traditionnelles de la spécialisation  : ici

I. Les limites de la compétitivité salariale

Comme l’indiquent D.Taddei et B.Coriat , les tenants de la théorie de la compétitivité salariale qui considéraient que les pays
devaient se spécialiser en fonction de leurs coûts de main-d’œuvre résultant des dotations factorielles se sont trompés :   « il n’y a
pas de corrélation significative entre les coûts salariaux et les parts de marché » .
Ceci résulte en particulier du fait que les consommateurs ne s’intéressent pas seulement au prix mais aussi à la qualité du produit ,
que le coût du produit n’est pas seulement déterminé par le coût salarial , mais connaît d’amples variations en fonction du coût du
capital et des consommations intermédiaires .

II. Se spécialiser , une stratégie dynamique


Selon Lafay :
 « la spécialisation d’une nation n’est pas le fruit d’une adaptation passive à des tendances spontanées, elle doit découler
d’un effort permanent pour utiliser au mieux ses atouts dans un environnement en perpétuel mouvement.
 Seule l’innovation peut permettre à l’industrie française de créer des avantages comparatifs et de les renouveler
continuellement , soit par le lancement de nouveaux produits , soit par l’adoption de processus de production plus efficaces .
 Et pour innover efficacement, il ne suffit pas de faire des efforts de R-D, il faut que les entreprises choisissent leurs cibles,
en fonction de l’étude prospective du marché mondial, tant sur la demande que sur l’offre concurrente.
 Au lieu d’effectuer des efforts uniformes dans tous les domaines, les entrepreneurs ont pour mission de prendre des risques,
de dépasser la concurrence sur certains créneaux et sur certaines filières plutôt que sur d’autres, bref de mettre au premier
rang l’impératif de la spécialisation.
 Cela implique évidemment que l’on renonce à être présent dans certaines activités et donc que l’on abandonne les visions
mythiques telle que la reconquête du marché intérieur :celles-ci n’ont de sens que dans une économie vouée à l’autarcie .
Dans tous les pays qui ont choisi de s’ouvrir à la concurrence internationale , plus personne ne se pose la question de savoir
s’il faut se spécialiser ; à partir du moment où l’on a préféré l’économie ouverte à l’autarcie , l’impératif de spécialisation
l’emporte inéluctablement . »

Pour en savoir plus ici

Un diaporama de l’IEP Toulouse sur la compétitivité et la stratégie de spécialisation ici

Partie 3 – Pourquoi gagner en compétitivité ? Le rôle de la contrainte extérieure

I. Définition de la contrainte extérieure

La notion de contrainte extérieure traduit la dépendance d’une économie à l’égard des autres
économies et peut se définir par l’impossibilité pour certains pays de concilier une croissance
forte et l’équilibre des échanges extérieurs ». Ainsi le pays ne pourrait pas connaître de
décalage conjoncturel par rapport à ses concurrents (c’est-à-dire un rythme de croissance plus
fort que celui des autres pays avec lesquels il commerce), sous peine de voir ses importations
progresser plus vite que ses exportations et voir son déficit commercial se creuser.

L’exemple typique est celui de la relance keynésienne menée en 1981 par la France qui , à propension à importer constante ( m =
M / PIB ) s’est traduite mécaniquement par une poussée des importations alors que dans le même temps nos partenaires
appliquaient des politiques de rigueur qui diminuaient leur propension à importer et donc nos exportations .
II. Une contrainte extérieure forte si le pays dispose d’une compétitivité-prix

 la contrainte extérieure n’est pas seulement déterminée par le rythme de croissance du PIB ; elle est aussi fonction des coûts
de production d’un pays . Celui-ci ne peut se permettre sous peine de voir sa compétitivité-prix diminuer et donc sa balance
commerciale devenir déficitaire de voir son coût salarial (et plus largement ses coûts de production) progresser plus vite que
celui de ses partenaires . Cela semble condamner une politique keynésienne par augmentation des salaires

 A plus long terme , l’accumulation des déficits par un pays qui rend sa balance commerciale structurellement déficitaire
nécessitera des importations de capitaux croissantes qui aggraveront le déficit de la balance des capitaux et qui , à terme ,
entraîneront une méfiance des prêteurs qui exigeront du pays des taux d’intérêt plus élevés ou qui même refuseront tout
nouveau emprunt , dès lors que le pays a buté sur sa contrainte de solvabilité .

III. La compétitivité-qualité permet de desserrer la contrainte extérieure

 l’effet de structuration par la constitution de filières cohérentes rend le contenu en importation de la croissance moins élevé ,
permet de tirer les exportations , donc réduit le déficit commercial malgré l’existence d’un décalage conjoncturel . Durant
les années 80 , un pays comme le Japon ou l’Allemagne pouvait se permettre de connaître une croissance économique plus
forte qu’un pays comme la France .
 le pôle de compétitivité proposant des produits innovants , de qualité recherche une compétitivité hors-prix qui lui permet
d’offrir à ses employés des revenus plus élevés que ceux de ses concurrents sans subir de perte de compétitivité remettant en
cause sa viabilité . Ceci peut permettre d’engager un cercle vertueux : les salaires étant plus élevés , les individus sont plus
motivés , plus qualifiés donc plus incités à innover ( théorie du salaire d’efficience ) , ce qui accroît encore la compétitivité
hors-prix .

Pour voir les exemples français , allemand , américain , japonais  : ici

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