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UE1 : RAYONNEMENT THERMIQUE: PROCESSUS, PROPRIETES ET

ECHANGES DE CHALEUR ENTRE SURFACES

Introduction
Considérons un corps solide initialement à la température Ts, placé dans une enceinte où
règne le vide. Les parois de l’enceinte sont à la température ambiante Te ( > ).

Figure 1 : solide refroidi dans une enceinte

Le corps chaud se refroidit jusqu’à ce sa température soit égale à Te (équilibre thermique). Ce


transfert de chaleur s’effectue par rayonnement thermique. Cette émission d’énergie
s’effectue au détriment de l’énergie interne du solide.
La chaleur rayonnée est une onde électromagnétique au même titre que les ondes radio ou
rayons X. Son étude entre dans le cadre général du rayonnement électromagnétique.
Cependant en thermique on n’étudie que les propriétés énergétiques et les lois
phénoménologiques macroscopiques de la chaleur.
Toute matière émet un rayonnement thermique. Pour les gaz, solides semi-transparents tels
que le verre, les cristaux de sel, le rayonnement est un phénomène volumique tandis que pour
les autres solides et liquides non transparents, le rayonnement est un phénomène surfacique

Figure 2 : Rayonnement comme phénomène volumique(a), rayonnement comme phénomène


surfacique(b)

I. Longueur d’onde, fréquence et spectre électromagnétique

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Le rayonnement est défini de manière équivalente par sa longueur d’onde ou sa fréquence
liées par la relation

c
=

C est la célérité de l’onde


L’onde de chaleur appartient à la gamme des ondes électromagnétiques dont le spectre est
décrit à la figure suivante :

Figure 3 : Spectres des ondes électromagnétiques

II. Notion d’angle solide


L'angle plan étant défini, dans l'espace bidimensionnel, comme le rapport de la longueur de l'arc
sur le rayon d'un cercle, l'angle solide, dans l'espace tridimensionnel, est défini de façon
analogue comme le rapport de la surface d'une partie d'une sphère sur le rayon au carré.
L’angle solide est l’extension naturelle dans l’espace de la notion d’angle plan.

Figure 4 : Angle plan


Figure 5 : Angle solide

= =

l’angle s’exprime en radian (rad) et l’angle solide s’exprime en stéradian(sr).


Considérons le rayonnement émis par une surface dA1 dans une direction donnée (figure 6).
La direction peut être repérée par les angles et , colatitude et azimut d’un système de
coordonnées sphériques (figure 7).

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Figure 7 : Système de coordonnées
Figure 6 : Rayonnement émis par dA1 dans sphériques
une direction donnée

La surface dAn par laquelle le rayonnement passe, soutend un angle solide vu à partir d’un
point de dA1 (figure 8)

Figure 8 : Angle solide soutendu par dAn vu à partir d’un point de dA1

=
En conséquence

= =
III. Grandeurs énergétiques
III-1. Flux énergétique
C'est la puissance émise q par une source dans tout l'espace où elle peut rayonner. Il
s’exprime en Watt( W).

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III-2. Luminance
Considérons la quantité de rayonnement émis par dA1 qui passe à travers dAn (figure 6).
Cette quantité peut être exprimée à partir de sa luminance.
La luminance monochromatique émettrice , λ, θ, se définit comme la quantité de flux
rayonnée à la longueur d’onde λ dans la direction( , ), par unité de surface d’émission
normale à cette direction, par unité d’angle solide autour de cette direction et par unité
d’intervalle de longueur d’onde dλ autour de λ:

, λ, θ, =
! "# λ
Notons que la surface utilisée pour définir la luminance est la composante de dA1
perpendiculaire à la direction donnée.

Figure 9 : Projection de dA1 normal à la direction donnée

=
λ
s’exprime W/µm.
= , λ, θ, ! "#

On définit aussi
$$
= , λ, θ, "#
N.B : Loi de Lambert
Une source obéit à la loi de Lambert si sa luminance est la même dans toutes les directions de
l’espace : source isotrope ou diffuse ou lambertienne
, λ, θ, = , λ
II-3. Emittance
Le concept d’émittance énergétique est introduit pour quantifier le flux rayonné par unité de
surface d’émission %/' .
II-3-1. Emittance énergétique monochromatique

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L’emittance monochromatique d’une source de surface dS est définie comme la puissance
transportée par unité de surface dans le demi espace qui lui fait face sous forme de
rayonnement de longueur d’onde comprise entre et + :
*+ = +
$$

II-3-2. Emittance énergétique totale


Elle est définie en intégrant ,+ sur toutes les longueurs d’onde du rayonnement
.
* = - *+
/
Emittance totale hémisphérique

Figure 10 : Emittance totale


1
1
*+ =- - λ,e λ, θ, "#
/ /
1
. . 1
* = - *+ =- - - λ,e λ, θ, "#
/ / / /

Si la source est diffuse :


+,2 , = +,2
On a
.
* = 3 4/ +,2 (14)
* = 3 2
II-3. Eclairement énergétique ou Irradiation
Considérons le rayonnement incident sur une surface dA1

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Figure 11 : Nature directionnelle du rayonnement
incident
Un tel rayonnement incident peut provenir d’émission ou de réflexion d’autres surfaces et a
une distribution directionnelle et spectrale déterminées par la luminance monochromatique
incidente.
La luminance monochromatique incidente ,5 λ, θ, se définit comme la quantité de flux
incidente à la longueur d’onde λ dans la direction( , ), par unité de surface d’interception
normale à cette direction, par unité d’angle solide autour de cette direction et par unité
d’intervalle de longueur d’onde dλ autour de λ:
La luminance monochromatique peut être définie à partir de l’irradiation monochromatique
qui prend en compte le rayonnement issu de toutes les directions.
L’irradiation monochromatique 6+ (W/m2.µm) est la quantité de flux incident, à la longueur
d’onde λ, par unité de surface d’interception et par unité d’intervalle de longueur d’onde dλ
autour de λ.
En conséquence
1
1
6+ =- - λ,i λ, θ, "#
/ /
L’irradiation totale est
.
6 = - 6+
/
Si le rayonnement incident est diffus : +,2 , = +,8
6+ = 3 +,8
et
6=3 8

III. Rayonnement du corps noir


III-1. Corps noir
Un corps noir est un corps idéal qui a les propriétés suivantes :
- il absorbe tout rayonnement incident indépendamment de la longueur d’onde et de la
direction.
- pour une température et une longueur d’onde données, aucune surface ne peut émettre
plus d'énergie qu'un corps noir

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- le rayonnement émis par un corps noir bien que fonction de la température et de la
longueur d’onde ne dépend pas de la direction: le corps noir est une source diffuse.
Une cavité fermée à température uniforme, percée d'une très petite ouverture, constitue une
réalisation pratique d'un corps noir.

Figure 12 : Caractéristiques d’une cavité isotherme


III-2. Distribution de Planck
Max Planck établit en 1900 une loi qui relie l’émitttance monochromatique *+,9 du corps noir
à la longueur d’onde , et à sa température absolue T.
23ℎ" <=
*+,9 , =
ℎ"
>?@ A C−1
B
Constante de Planck: ℎ = 6,6256 10<IJ K.
Constante de Boltzman: B = 1,3805 10< I K/N
Vitesse de la lumière dans le vide : " = 2,998 10P '/

III-3. Lois de Wien


III-3-1. Première loi de Wien
Elle montre que l’abscisse Q R .de l’emittance monochromatique maximale *+,9 se déplace
vers les courtes longueurs d’onde lorsque la température augmente :
Q R = 2897,8 T'. N
III-3-2. Deuxième loi de Wien
Elle fournit la valeur du maximum de l’emittance monochromatique *+UVW ,9 en fonction de
la température
*+UVW ,9 = X =

avec X = 1,287 10<= %/ ' . T'. N =


III-4. Loi de Stefan-Boltzmann
En intégrant l’émittance monochromatique du corps noir *+,9 sur toutes les longueurs d’onde,
on obtient l’émittance totale du rayonnement du corps noir en fonction de sa température
absolue
. .
23ℎ" <=
*9 = - *+,9 =-
/ >?@ A
ℎ"
/ C−1
B

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Figure 13 : Répartition spectrale de l’émittance monochromatique d’un corps noir

*9 = Y J

*9 = 3 9
Constante de Stefan Boltzman:
Y = 5,670 10<P %/ ' . N J
III-5. Bande d’émission
Pour tenir compte des effets du spectre, il est souvent nécessaire de connaître la fraction de
l'emittance d'un corps noir dans un intervalle de longueur d'onde ou bande d’émission
Grâce à la loi de Planck, on peut déterminer la fraction de l'emittance contenue dans un
intervalle spectral donnée. Elle s’exprime sous la forme
+
4+ *+,9
^
1 +^ +[
Z+[→]^ = [
= _- * − - *+,9 `
Y J Y J / +,9 /

Z+[→]^ = Z/→]^ − Z/→][


Remarque
Z+[→]^ peut se mettre sous la forme Z+[→] = Z −Z ! avec
^

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+a
*+,9
Z =-
/ Y =
Il suffit donc de disposer de tables de la grandeur Z pour calculer la fraction d’énergie
rayonnée dans un intervalle spectral donné.

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IV. Rayonnement des corps réels
IV-1. Emissivité
Les propriétés émissives des corps réels sont appréhendées à partir de la notion d’émissivité
qui peut être défini comme le rapport de puissance rayonnée par un corps réel sur la puissance
rayonnée par un corps noir à la même température.
L’émissivité des corps réels dépend de :
-la nature physique de la surface (diélectrique ou conducteur)

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-l'état de surface (défaut de planéité, rugosité,..)
-l'état chimique de cette surface (oxydation, graisse, peinture...)

Figure 14 : Comparaison des corps noir et la surface réelle d'émission.


(a) distribution spectrale.
(b) la distribution directionnelle.
IV-2. Emissivité directionnelle monochromatique et émissivité directionnelle totale
IV-2-1. Emissivité directionnelle monochromatique
On définit l’émissivité directionnelle monochromatique d’une surface à la température T
comme étant le rapport de la luminance +,2 , d’un rayonnement de longueur d’onde
dans la direction , ) à la luminance +,9 émise par un corps noir à la même température T et
à la même longueur d’onde .
+,2 , , ,
b+,c , , , =
+,9 ,
IV-2-2. Emissivité directionnelle totale
De même, on définit l’émissivité totale directionnelle par
2 , ,
bc , , =
9
L’émissivité d’un corps diffus est constante, indépendante de la direction. Cependant, bien
que cette approximation soit raisonnable, toutes les surfaces présentent un écart de
comportement par rapport aux corps diffus. La figure suivante donne la variation de
l’émissivité directionnelle pour les matériaux conducteurs et non conducteurs

Figure 15: Emissivité directionnelle totale des


conducteurs et des non conducteurs

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IV-3. Emissivité hémisphérique monochromatique et émissivité hémisphérique totale
IV-3-1. Emissivité hémisphérique monochromatique
Pour les calculs techniques, il est préférable de travailler avec les propriétés surfaciques qui
représentent des moyennes directionnelles. Ainsi nous définissons l’émissivité hémisphérique
monochromatique par
*+ ,
b+ , =
*+,9 ,
1
1
4/ 4/ λ,e λ, θ, , "#
b+ , = 1
1
4/ 4/ +,9 λ, T "#
Sachant que
+,2 , , ,
b+,c , , , =
+,9 ,
On a
1
1
4/ 4/ bλ,θ λ, θ, , "#
b+ , = 1
1
4/ 4/ "#

b ,e est indépendant de , hypothèse valable pour beaucoup de surfaces


1

b+ , = 2 - bλ,θ λ, θ, "#
/
IV-3-1. Emissivité hémisphérique totale
l’émissivité hémisphérique totale est la moyenne dans toutes les directions et pour toutes les
longueurs d’onde :
.
* 4/ b+ , *+,9 ,
b = =
*9 Y J
Caractéristiques
-L'émissivité des surfaces métalliques est généralement faible, atteint des valeurs aussi basses
que 0,02 pour l'or et l'argent poli.
- La présence de couches d'oxyde peut augmenter de manière significative l'émissivité des
surfaces métalliques (figure ).
- L'émissivité des non-conducteurs est relativement importante, généralement supérieure à 0,6.
-L'émissivité de conducteurs augmente avec la température; toutefois, selon le matériau
spécifique, l'émissivité du non-conducteurs peut augmenter ou diminuer avec l'augmentation
de la température.

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Figure 16: Evolution de l’émissivité normale en fonction de la longueur d’onde

Figure 17: Evolution de l’émissivité normale en fonction de la température

IV-4. Absorption, réflexion et transmission du rayonnement thermique


De manière générale, l’irradiation interagit avec un milieu semi-transparent (flaque d’eau,
plaque de verre,…). Une irradiation monochromatique subit une réflexion, une absorption et
une transmission (figure 18) de sorte que :
6+ 6+,f2g ) 6+, 9 ) 6+,hf

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Figure 18: Absorption, réflexion et transmission d’une
irradiation monochromatique associée à un milieu semi
transparent

Figure 7 : Absorption, réflexion et transmission du rayonnement thermique incident

L’absorption, la transmission et la réflexion dépendent de l’état de surface du matériau, de la


température de la surface, de la longueur d’onde et de l’angle d’incidence.
IV-4-1. Coefficient d’absorption ou absorptivité
L’absorptivité est une propriété de la matière qui détermine la fraction de l’irradiation
absorbée par la matière.
Comme l’emission, cette propriété dépend de la direction et du spectre.
-Absorptivité directionnelle monochromatique
+,8, 9 , ,
, , =
+,c
+,8 , ,
-Absorptivité hémisphérique monochromatique
Pour les calculs d’ingénierie, il est préférable de travailler avec des propriétés de surface qui
représentent des moyennes directionnelles
6+, 9
+ =
6+
1
1
4/ 4/ λ,θ λ, θ, +,8 , , "#
+ = 1
1
4/ 4/ +,8 , , "#
Si le rayonnement incident est distribuée de manière diffuse et +,c est indépendant
de . On a alors
1

+ = 2- λ,θ λ, θ "#
/
-Absorptivité hémisphérique totale
C’est la fraction de l’irradiation totale absorbée par la surface
6 9
=
6
.
4/ + 6+
= .
4/ 6+

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IV-4-3. Coefficient de réflexion ou réflectivité
La reflectivité est une propriété de la matière qui détermine la fraction de rayonnement
incident réfléchi par une surface.
-Reflectivité directionnelle monochromatique
+,8,f2g , ,
i+,c , ,
+,8 , ,
Absorptivité hémisphérique monochromatique
6+,f2g
i+
6+
1
1
4/ 4/ iλ,θ λ, θ, +,8 , , "#
i+ 1
1
4/ 4/ +,8 , , "#
-Absorptivité hémisphérique totale
6f2g
i
6
.
4/ i+ 6+
i .
4/ 6+
Les surfaces peuvent être idéalisés comme diffuse ou spéculaire, selon la manière dont ils
réfléchissent le rayonnement (Figure 19). La réflexion diffuse se produit si, quelle que soit la
direction du rayonnement incident, l'intensité du rayonnement réfléchi est indépendante de
l'angle de réflexion. En revanche, si la réflexion est telle que ! la réflexion est dite
spéculaire.

Figure 19 : Réflexions diffuse et spéculaire

IV-4-2. Coefficient de transmission ou transmittivité


La transmission d’un rayonnement par un matériau semi transparent est assez compliquée, des
résultats acceptables peuvent être obtenus avec la transmittivité hémisphérique
6+,hf
j+
6+
et
6hf
j
6

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.
4/ j+ 6+
j .
4/ 6+
IV-4-3. Coefficient d’absorption ou absorptivité
Pour un milieu semi transparent
+ ) i+ ) j+ 1
IV-5. Lois de Kirchoff
IV-5-1. Enoncés
Considérons un corps réel placé dans une enceinte fermée et parfaitement isolée de l'extérieur,
les parois de l'enceinte se comportent alors, comme celles d'un corps noir.

Figure 8 : Corps réel dans une enceinte


L’ensemble étant à l’équilibre thermique à une température T.
Flux émis
L’élément de surface dS émet dans un angle solide k entourant une direction l? un flux
monochromatique :
éQ8 +,2 , l? "# k n = b+,oR +,9 "# k n
Si k intercepte à la distance l’élément de surface n’ dont la normale fait un angle ′ avec
Ox :
rs t uv e$
k=
f^

Figure 8 : Loi de Kirchoff


Ce qui donne
n $ n"# "# θ′
éQ8 = +,2 , l? "# k n = b+,oR +,9
En introduisant l’étendue du faisceau
n $ n"# "# θ′
Y=
On a alors
éQ8 = b+,oR +,9 Y

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Flux reçu
Considérons maintenant le flux reçu par dS dans la direction Ox provenant de dS’
9 vf9é +,oR +,9 "# ′ k′ n′
avec
rs uv e
k′ = f ^
ce qui donne
n n $ "# "# $
9 vf9é = +,oR +,9 "#
$
k n′ = +,oR +,9
$

9 vf9é = +,oR +,9 Y

Le corps étant en équilibre thermique, le flux total absorbé est égal au flux total émis soit
- éQ8 =- 9 vf9é

ce qui entraine
+,oR = b+,oR
Remarque
Pour le système de coordonnées sphériques
+,c = b+,c

Si le flux est parfaitement réparti sur l’ensemble des directions hémisphériques entourant dS,
la loi de Kirchoff s’écrit
+ = b+

IV-5-2. Corps noir et corps gris


Par définition, l’émissivité du corps noir est égal à un (1); donc son facteur d’absorption vaut
également un. le corps noir absorbe donc tout le rayonnement qu’il reçoit.
Dans la pratique aucune surface ne peut être considérée comme noire pour toutes les
longueurs d’onde.
Un corps dont l’émissivité ne dépend pas de la longueur d’onde est dit gris : un tel corps
réfléchit une fraction constante du rayonnement incident.
Corps diffus
Un corps diffus est un corps dont l’émissivité est indépendante de la direction

V Echange de chaleur par rayonnement entre des surfaces


V-1. Facteurs de forme
Pour calculer l’échange de chaleur par rayonnement entre deux surfaces, nous introduisons le
concept de facteur de forme.
V-1-1. Définition
Soient deux corps de surface n! et n séparées par un milieu non absorbant et non
réfléchissant.

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Figure 9 : Facteurs de forme associés à l’échange par rayonnement entre deux surfaces
élémentaires
! le flux émis par la surface n! dont une partie ! atteint la surface n . On suppose que le
flux est isotrope.
On appelle facteur de forme Z! tel que
!
Z!
!
Ce facteur sans dimension dépend uniquement de la géométrie
En effet le flux élémentaire échangé suivant la direction (Ox) est :
! n! n "# ! "#
!
d’où
n! n "# ! "#
! ! --
s^
s[
D’autre part
! 3 ! n!
Donc
1 n! n "# ! "#
Z! --
n! s^ 3
s[
De même
1 n! n "# ! "#
Z! --
n s^ 3
s[
V-1-2. Propriétés
• Entre deux surfaces
Z! n! Z ! n
• Dans une enceinte

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∑xy! Z8x 1 avec 1, … . . ,
V-1-3 facteurs de forme pour quelques configurations

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V-2. Echange de chaleur par rayonnement entre des surfaces noires
V-2-1 Echange de chaleur par rayonnement entre deux surfaces noires
Soit ! le flux émis par la surface n!:
! *9,! n! = Y ! J n!
! : le flux émis par n! et intercepté par n :
! = Z! ! = Z! *9,! n! = Z! Y ! n!
J

le flux émis par la surface n :


! = *9, n = Y n
J

! : le flux émis par n et intercepté par n!


! =Z ! = Z ! *9, n = Z ! Y J n
Le flux net échangé de la surface n! vers la surface n est
! 2h = ! − ! = Z! n! {*9,! − *9, | = Z! n! Y ! −
J J

V-2-1 Echange de chaleur par rayonnement dans une enceinte noire

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Figure 10 : Echanges radiatifs entre plusieurs surfaces noires
Les surfaces ne sont pas réfléchissantes, les échanges entre deux surfaces sont indépendantes
de la présence des autres surfaces.
Le flux net perdu par la surface n8 s’écrit

∅8x 2h ~ Z8x n8 {*9,8 − *9,x | = ~ Z8x n8 Y 8


J
− x
J

xy!
xy!

V-3. Echange de chaleur par rayonnement entre les surfaces grises


Dans beaucoup de situations réelles, on peut poser les hypothèses suivantes :
-les surfaces sont isothermes
-les surfaces sont grises
-le flux incident sur une surface est uniformément réparti.
V-3-1. Radiosité
La présence des réflexions multiple rend l’établissement des bilans difficile. Pour cela, on
définit une nouvelle grandeur : la radiosité.

Figure 11 : Radiosité
Soit 68 la densité de flux de rayonnement tombant sur la surface n8 , on définit la radiosité K8
tel que
K8 = i68 + E5 = i68 + ε5 E•,5
La radiosité est une émittance apparente qui tient compte de la réflexion
V-3-2. Flux net échangé par une surface
Le flux net de rayonnement perdu par la surface Si peut s’écrire
∅8 2h = K8 − 68 n8
Pour une surface n8 grise, opaque et diffuse, la radiosité devient
K8 = 1 − b8 68 + ε5 E•,5
le flux net échangé s’écrit alors
Eb,i − K8
∅8 =
2h 1 − b8
n8 b8

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L’équation (59) est intéressante pour utiliser l’analogie thermique électricité

Figure 12 : Analogie thermique électrique


V-3-2. Echanges de chaleur par rayonnement dans une enceinte grise
L’échange de chaleur par rayonnement entre une surface grise n8 et les n surfaces l’entourant
s’écrit
∅8 2h ~ Z ƒ n {K − Kƒ |
ƒ 1

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