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Fiche Prévention - F2 F 02 11

Atelier de fabrication
de menuiseries PVC

La réalisation d’ouvrages en PVC peut présenter des risques pour le personnel


chargé de leur exécution.
Cette fiche a pour objet de rappeler les principaux points à examiner lors de la
conception d’un nouvel atelier ou avant transformation d’un atelier existant.

Nature des risques


Certains risques sont particulièrement évidents comme ceux découlant de l’utilisation
de machines pouvant entraîner des blessures graves aux mains, aux avant-bras, etc.
Cependant, la fabrication de menuiseries PVC étant une activité relativement récente
dont le développement s’est accentué ces vingt dernières années, la plupart des ma-
chines adaptées à cette fabrication ont été conçues en respectant les principes de
sécurité et ne donnent lieu qu’à un nombre limité d’accidents.
Les accidents les plus fréquents sont liés aux risques consécutifs aux manutentions :
•• retombée de la charge suite à la défaillance d’un appareil de manutention ;
•• renversement intempestif de pièces instables ;
•• heurt, coincement, lombalgie lors de manutentions manuelles ;
•• chute de personnel lors de déplacements sur un sol encombré ou glissant.
Citons également les autres groupes de risques liés aux activités d’atelier :
•• usage de produits chimiques (colles, solvants, joints d’étanchéité, etc.) ;
•• bruit engendré par les machines pouvant entraîner des surdités professionnelles ;
•• utilisation de l’énergie électrique pour l’alimentation des machines (électrisation,
électrocution, etc.).

Généralités
Un atelier est un espace où certaines règles doivent être respectées pour assurer de
bonnes conditions de travail, d’hygiène et de sécurité du personnel.
Quelle que soit la taille de l’atelier, de bonnes conditions de travail seront favorables à
une productivité, et corrélativement, à une sécurité optimales. Dans le cas de modifica-
tions d’installations existantes, les solutions permettant d’améliorer la productivité et la
prévention des accidents sont plus difficiles à trouver. En effet, elles doivent être compa-
tibles avec les infrastructures en place, notamment en ce qui concerne les manutentions
et les circulations.

Fiche Prévention - G1 M 06 09 - © oppbtp 2009


Tableau 1
Résumé des points à examiner avant de créer une unité de fabrication de menuiseries PVC

Étapes de réalisation Données à définir Moyens à mettre en œuvre


Ouvrages à réaliser - Nature des ouvrages - Moyens de manutention
- Quantités - Installations de stockage
- Dimensions
- Poids unitaires
- Volumes de stockage
- Modes de stockage

Matériaux à utiliser - Modes d’approvisionnement - Moyens de manutention


- Volumes de stockage - Installation de stockage
- Modes de stockage
Moyens de fabrication - Opérations à réaliser - Machines (et leur alimentation en
- Postes de travail énergie)
- Besoins en énergie - Matériels
- Équipements divers (compresseurs d’air)
Circuits matières dans l’atelier - Volumes de stockage tampon - Matériels de manutention
- Distances entre machines - Installation pour l’aspiration, le stockage
- Surfaces de circulation des déchets
- Surfaces de montage assemblage
- Volumes de déchets à évacuer, stocker
Infrastructures
- Terrain et aménagements - Surface et implantations des aires de - Stabilisation du sol
stockage et circulation - Abris couverts
- Bâtiments - Dimensions et orientation - Équipements correspondant aux
- Éclairage différents impératifs
- Chauffage et ventilation
- Traitement acoustique
- Installation électrique
- Installations d’hygiène...

Ouvrages à réaliser Fig. 1a


Profils livrés par palettes
Les dimensions et les masses des ouvrages réalisés dans
les ateliers sont diverses.
Comme leur stockage se fait en général verticalement, il
faut en assurer la stabilité de façon à éviter leur renverse-
ment sur le personnel (chevalets, etc.).
Si leur reprise est envisagée par des engins de manuten-
tion, le personnel doit être formé à l’élingage et à la com-
mande des engins.
La vérification périodique des matériels de levage devra
être effective et consignée sur un registre spécial.
Lors de l’expédition vers les chantiers, des dispositifs doi-
vent être prévus afin de stabiliser et d’arrimer les ouvrages
sur les véhicules de transport de telle façon que, lors du
déchargement, il n’y ait pas de risque de renversement.
Fig. 1b
Système sur roulettes
Matériaux à utiliser
Les éléments servant à la fabrication des menuiseries sont
également de dimensions et de masses différentes. Ainsi,
les profils PVC sont relativement légers.
Livrés par colis cerclés en longueur de 6 m (Fig. 1a), ils
seront de préférence manutentionnés par des chariots à
fourches latérales permettant de circuler dans des allées
étroites et assurant une meilleure stabilité de la charge
pendant le déplacement. Certains systèmes sur roulettes
facilitent les manutentions (Fig. 1b).

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À l’inverse des profils PVC, les vitrages sont lourds et de
dimensions réduites. Un chariot à fourches frontales est Fig. 3
recommandé pour les manutentionner. Les vitrages sont Encoffrement des parties en mouvement
stockés sur chant dans des chevalets robustes afin d’évi-
ter tout renversement (Fig. 2).

Fig. 2
Vitrages stockés sur chant

Par ailleurs, il faut s’assurer que le personnel possède


une parfaite connaissance des machines qu’il devra
utiliser, sinon une formation devra être délivrée par
l’encadrement.

„„ L’assemblage par soudure à chaud


Effectué sur des machines à cycle automatique, l’as-
semblage des profils PVC doit se faire en veillant à ce
que personne n’intervienne pendant le cycle de travail.
Si la machine n’est pas convenablement protégée, on
Les pistes de circulation des engins doivent être nivelées pourra, si nécessaire, délimiter la zone de travail par
et bien délimitées par des bandes de peinture de couleur des grilles en métal déployé d’une hauteur minimale de
pour permettre les manœuvres sans danger pour le per- 1,40 m (Fig. 4).
sonnel.
La reprise des vitrages se fait de préférence à l’aide d’un Fig. 4
palonnier à ventouses de façon à réduire la fatigue du per- Protection de la zone de travail
sonnel. Veiller à ce que personne ne circule dans la zone
d’évolution du palonnier pour éviter tout danger de retom-
bée de la charge.

Moyens de fabrication
Les différentes étapes de la fabrication sont :
•• le tronçonnage des profils ;
•• l’assemblage par soudure à chaud ;
•• la pose des vitrages et joints ;
•• l’emballage et le cerclage.

„„ Le tronçonnage des profils


Il peut être réalisé sur des scies circulaires à bois de Ceci peut être une solution de protection, notamment
type scie radiale, équipées de lame avec denture dans le cas d’une cadreuse/colleuse automatique ef-
adaptée. Il est toutefois préférable d’utiliser des ma- fectuant simultanément l’assemblage des montants et
chines spécialement conçues pour cette activité. des traverses de fenêtres.

À cette fin, les organes de commande des machines Dans le cas d’assemblage avec déplacement de plu-
devront être facilement accessibles, conçus et dispo- sieurs blocs de soudage, il est nécessaire de délimiter
sés de façon à : la zone d’évolution de la machine (par exemple par des
•• interdire une mise en route intempestive lors de barrières) de sorte que seul l’opérateur y ait accès.
l’entretien des machines ou lors des changements
d’outils ; „„ La pose des vitrages et joints
•• interdire une remise en route automatique des ma- Effectuée à plat, la pose des vitrages est suivie de la
chines lors du rétablissement du courant électrique pose d’éléments de quincaillerie.
après une coupure accidentelle ; Il faut donc veiller à ce qu’un système de manutention
•• arrêter rapidement le fonctionnement de la machine adapté, notamment à l’utilisation de machines porta-
(arrêt d’urgence). tives, soit mis en place.
Toutes les parties en mouvement et notamment les dis- Les menuiseries peuvent être déplacées manuellement
positifs d’entraînement, tels les courroies, doivent être de poste en poste sur des tables comportant des rou-
encoffrées (Fig. 3). leaux, billes ou barres en matières plastiques non ad-
hérentes au PVC (Fig. 5).

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Fig. 5 •• l’excès de place incite à utiliser l’espace disponible
Chemins de roulement horizontaux pour des stockages intermédiaires importants et sou-
vent improvisés ; finalement, l’opérateur se trouve gêné
pour s’approvisionner convenablement ;
•• le manque de place conduit à l’entassement, aux em-
pilages hasardeux, à l’encombrement ; les manuten-
tions sont plus fréquentes et plus difficiles.
Ces facteurs sont générateurs d’accidents.

„„ Implantation des machines et appareils


Du point de vue de la sécurité, il convient de tenir
compte de l’accessibilité au poste de travail :
•• le personnel doit accéder aisément aux machines
sans être gêné par les autres machines, par les ins-
tallations générales, ni par les encours de fabrica-
tion ;
Dans ce cas, les •• les matières premières doivent atteindre facilement
Fig. 6
machines portatives Chariot à roulettes pour le le poste de travail ; les produits fabriqués et les dé-
peuvent être sus- transport entre tables chets doivent pouvoir être évacués sans difficultés
pendues au-dessus et avec le minimum d’intervention humaine.
des menuiseries et
ainsi être à portée de Les passages entre les machines et mécanismes au-
main de l’utilisateur. ront une longueur minimale de 0,80 m à laquelle s’ajou-
Une autre solution tera la distance d’évolution de l’opérateur qui sera au
consiste à utiliser minimum de 1 m. Il est nécessaire d’orienter les ma-
des chariots à rou- chines qui peuvent être à l’origine de rejets de pièces,
lettes pour réaliser dans une direction qui ne présente pas de danger pour
ces déplacements le personnel des autres postes de travail.
(Fig. 6).
„„ Implantation des allées de circulation
„„ L’emballage et le L’utilisation de chariots à fourches est souvent néces-
cerclage saire pour l’approvisionnement des profils ou des vi-
trages. Les circuits de circulation des engins entre les
Protégées par des
diverses constructions doivent être très nettement sé-
films plastiques, les
parés des aires de travail et des cheminements pour
menuiseries sont empilées et cerclées sur des cheva-
piétons (Fig. 7 et 8).
lets robustes afin d’éviter tout renversement.
Dans la mesure du possible les engins ne traverseront
pas les ateliers mais y pénétreront simplement pour
Circuits de matières dans les déposer les charges ou les reprendre.
ateliers
Fig. 7
Toutes les opérations réalisées dans un atelier, indé- Stockage
pendamment du travail sur machines, comportent des des
dangers. Ce sont, par exemple, les opérations de manu- menuiseries
tention ou de circulation intérieure dont le déroulement sur des
correct dépend d’une implantation cohérente. chevalets
Quelle que soit l’importance de l’installation, certaines
règles fondamentales doivent guider le responsable de
l’implantation :
•• séparer au maximum les circuits des produits des cir-
cuits des personnes ;
•• réduire au minimum la longueur des circuits ;
•• éviter les rebroussements dans les circuits des grosses
pièces ; Fig. 8
•• prévoir la substitution de la manutention manuelle par Circuits de
la manutention mécanique. circulation
séparés
Compte tenu de la diversité des activités dans les ateliers, des aires
il n’est pas possible de donner des « recettes » valables de travail
dans tous les cas, mais seulement quelques idées direc-
trices.
Il convient de choisir un juste milieu entre deux tendances
opposées : trop ou trop peu de place libre au niveau du
poste de travail ou du groupe de postes de travail :

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Les hauteurs de gerbage des pièces sur les palettes Si les machines et l’aspiration fonctionnent par inter-
devront être compatibles avec la stabilité de la pile lors mittence, il est souhaitable d’asservir le fonctionne-
des déplacements entre postes de travail. Par ailleurs, ment de la machine au fonctionnement du ventilateur
cette hauteur devra permettre une reprise manuelle de façon à être sûr que l’aspiration sera effective du-
aisée des pièces par les opérateurs à leur poste de rant l’usinage.
travail.
Pour concentrer la pleine efficacité de l’aspiration sur
la ou les machines en fonctionnement, on peut éga-
„„ Manutention des déchets lement commander automatiquement l’ouverture des
L’évacuation et le stockage des déchets constituent tiroirs placés sur les canalisations par l’intermédiaire de
des problèmes importants que l’on se doit d’étudier vérins pneumatiques commandés par électrovannes.
avec soin lors de la conception d’un atelier de menui-
Les chutes de profils de PVC seront stockées dans des
serie PVC (Fig. 9).
caisses-palettes ou des conteneurs pouvant être repris
Fig. 9 par des lève-palettes ou des chariots à fourches. Ces
Récupération automatique des copeaux dans des conteneurs conteneurs seront stockés dans un endroit spéciale-
ment aménagé en attente de réexpédition.

Infrastructure
L’infrastructure, composée du terrain, de son aménage-
ment et des bâtiments, peut signifier, pour les éventuels
investisseurs, des dépenses jugées superflues qu’il est
nécessaire de réduire au minimum.
Une analyse hâtive peut toutefois avoir des conséquences
futures néfastes. Car, pour remédier à des insuffisances,
il est souvent nécessaire d’engager ultérieurement des
dépenses d’exploitation bien supérieures aux économies
censées être réalisées lors de la conception du projet ou,
dans bien des cas, lors du choix du local.
De plus, les insuffisances ainsi engendrées ont sou-
En effet, l’accumulation des déchets à proximité des vent des répercussions sur la productivité et la sécurité.
machines constitue un handicap sérieux aux déplace- La qualité de l’infrastructure est donc un élément fonda-
ments et peut même constituer un danger de chute du mental de développement cohérent et positif de l’entre-
personnel par glissade. prise, en particulier lors de la réalisation des tranches d’in-
Les opérations d’usinage (tronçonnage, défonçage...) vestissements complémentaires.
ne donnent pas lieu à une concentration de poussières
dans l’atmosphère de travail comme c’est le cas pour „„ Conception d’un hall d’atelier
le travail du bois. En revanche, la récupération des co- Il n’est pas possible de définir les dimensions idéales
peaux d’un poids relativement lourd est difficile et né- d’un atelier tant les activités sont diverses et les quan-
cessite une aspiration efficace. tités d’ouvrages produits variables.
De façon générale, on fera réaliser des capots d’as- Le calcul de la longueur et de la largeur de l’atelier doit
piration qui enferment l’outil de façon optimale et qui tenir compte non seulement de l’espace de fonction-
permettent l’écoulement des déchets dans le sens de nement des machines par rapport aux dimensions des
la trajectoire des copeaux d’usinage. pièces qui seront usinées, mais également des es-
Il y a toujours lieu de prévoir une surcapacité des ven- paces nécessaires aux stockages intermédiaires des
tilateurs. Ceux-ci seront de préférence placés à l’ex- produits entre les différents postes de travail.
térieur de l’atelier de façon à éliminer ces sources En principe, pour chaque poste de travail, la distance
supplémentaires de bruit, sans pour autant gêner le à retenir sera égale au double de la longueur des plus
voisinage (Fig. 10). longs produits à usiner, à laquelle on ajoutera l’encom-
Le nettoyage se fera par aspiration. Des petits aspi- brement de la machine.
rateurs qui utilisent l’air comprimé sont parfaitement Il faut tenir compte :
adaptés à ce genre d’utilisation.
•• des possibilités d’extension ;
Fig. 10 •• de la fréquence d’utilisation des machines ;
Ventilateurs •• de la séparation entre les ateliers d’usinage et les
extérieurs ateliers de montage et de finition, de façon à ne
pas exposer tous les opérateurs à un niveau sonore
important et à un éventuel empoussièrement.
De plus, un certain nombre de critères sont à prendre
en considération pour une exploitation convenable des
ateliers : l’état du sol, l’éclairage, l’isolation phonique et
thermique, le chauffage, l’installation électrique et les
installations sanitaires.

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L’état du sol L’isolation phonique et thermique
Le sol doit être lisse et exempt de trous ou de bosses Il est inutile, désormais, de justifier l’intérêt écono-
pouvant être la cause de chutes de personnes ou d’une mique de l’isolation thermique des locaux de travail
accumulation de poussières et de copeaux. Le sol doit compte tenu de la nécessité de chauffer les locaux en
être revêtu d’une peinture antidérapante afin de faciliter période hivernale.
le nettoyage de l’atelier.
En revanche, il est toujours souhaitable d’associer pro-
L’éclairage tection thermique et traitement phonique des parois du
plafond.
L’éclairage général doit être étudié en fonction de l’im-
plantation des ateliers : il est toujours facile de ren- En effet, si l’on utilise comme isolant des matériaux
forcer l’éclairage individuel au poste de travail, mais fibreux, il est conseillé d’utiliser en bardage intérieur
beaucoup plus difficile de modifier l’éclairage général par exemple des tôles perforées qui permettront d’ab-
après construction. Un mauvais éclairage est cause sorber une partie de l’énergie sonore provenant des
de bien des accidents de manutention, de circulation machines.
intérieure et parfois d’accidents mécaniques lors de Une très fine pellicule plastique est interposée entre le
l’emploi des machines. bardage intérieur perforé et l’isolant fibreux, de façon
Pour l’éclairement naturel, une des solutions les plus à empêcher le dépôt des poussières entre les fibres
satisfaisantes des points de vue économie et confort, de l’isolant. Des traitements complémentaires peuvent
consiste à prévoir uniquement des surfaces vitrées sur être nécessaires telle l’utilisation de baffles suspendus
les parois verticales exposées au sud et au nord, de (Fig. 11), et ce après une étude sérieuse (carte de bruit).
manière à minimiser les excès de chaleur en été et à
Fig. 11
capter le rayonnement incident en hiver. Plafond avec baffles verticaux et éclairage
L’éclairage intérieur ou extérieur doit être :
•• suffisant pour distinguer les véhicules et les piétons
à une certaine distance, travailler sans difficultés
particulières au niveau des machines, distinguer
tous les organes ou mécanismes en mouvement et
les pièces en cours de transfert. Si un éclairage se
situe à proximité d’un opérateur, il doit être alimenté
en très basse tension (24 volts) ;
•• non éblouissant : les sources étant disposées de
manière à ne pas diriger les rayons lumineux direc-
tement dans les yeux du personnel à son poste de
travail ; Le chauffage
•• compatible avec les engins de manutention tels que Un local industriel étant avant tout un abri pour le per-
ponts roulants, poutres roulantes, etc. ; sonnel et les outils de production contre les intempé-
•• sans effet stroboscopique au niveau des outils en ries, il y a lieu de veiller à la déperdition thermique des
rotation. parois, notamment celle de la toiture, afin d’obtenir une
température suffisante et homogène.
Le niveau d’éclairement ne devrait pas être inférieur à :
Parmi les différentes solutions qui existent pour la cou-
•• 40 lux dans les allées de circulation des engins et
verture, celle qui fait appel aux bacs acier avec étan-
surface de stockage à l’extérieur ;
chéité sur isolant semble être une des plus rentables.
•• 40 lux pour les voies intérieures de circulation du
personnel ; Pour les parois verticales, le choix se porte très fré-
•• 120 lux dans les allées, les surfaces de circulation quemment sur les bardages double peau avec interpo-
des engins et de stockage à l’intérieur des locaux ; sition de laine de roche. De telles parois sont écono-
miques et éventuellement démontables.
•• 200 lux pour les travaux à l’établi ;
•• 400 lux pour les travaux sur machines. Les portes de l’atelier représentent une surface relati-
vement faible, mais du point de vue déperdition, leur
Rappel : la couleur des locaux de travail, indépendam- surface équivalente est multipliée par six si elles ne
ment de son action sur le psychisme, a une incidence sont pas thermiquement isolées.
importante sur la luminosité et donc sur la vigilance
durant le travail (éviter le gris qui est dépressif). Par Les pertes occasionnées par la périphérie des dal-
ailleurs, des couleurs claires favorisent le rangement et lages sont assez faibles dans les ateliers de grandes
le dégagement autour des machines. dimensions. Il est cependant préférable de limiter ces
déperditions par une isolation périphérique verticale
L’éclairage des lieux de travail fait désormais l’ob- de 60 cm de hauteur, placée contre les longrines péri-
jet d’une réglementation précise à laquelle il convient métriques, ne serait-ce que pour éviter la désagréable
de se reporter lors de l’établissement de projets de perception de froid aux pieds ressentie par les opé-
constructions de locaux affectés au travail et d’aména- rateurs à poste fixe travaillant à proximité des parois
gements des espaces extérieurs à ceux-ci ou de modi- extérieures.
fications de locaux existants.
L’isolation thermique constitue non seulement une pro-
tection efficace contre l’ensoleillement d’été, mais elle
contribue aussi à améliorer l’ambiance acoustique de
l’atelier.

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L’installation électrique •• un lavabo pour 10 personnes ;
Risques •• un urinoir et un cabinet d’aisance pour 20 hommes ;
L’utilisation de l’énergie électrique crée les risques •• deux cabinets d’aisance pour 20 femmes.
principaux suivants :
•• l’électrisation ou l’électrocution dues : Formation à la sécurité
-- au contact direct des travailleurs avec les
conducteurs ou pièces conductrices habi- La sécurité dans les ateliers est trop souvent perçue
tuellement sous tension, comme une contrainte par les salariés et un frein à la pro-
duction par les employeurs. Cela traduit une méconnais-
-- au contact indirect avec des masses mises
sance des véritables problèmes.
accidentellement sous tension à la suite d’un
défaut d’isolement ; Toutes les analyses effectuées à ce sujet montrent que les
facteurs productivité, sécurité et formation du personnel
•• des brûlures ou lésions oculaires dues à des
sont étroitement liés. Le plan de formation du personnel
courts-circuits ;
et de l’encadrement doit prendre en compte la sécurité en
•• des traumatismes dus à un fonctionnement in- fonction des nouveaux besoins, notamment ceux liés à la
tempestif des mécanismes ou des machines ; conduite et à la maintenance de machines ou matériels de
•• des brûlures et traumatismes divers dus à l’in- conception récente ou mal connus par le personnel.
cendie et aux explosions à la suite de surinten-
sités (surcharges ou courts-circuits). L’organisation d’un atelier et la formation du personnel
constituent des éléments fondamentaux pour une action
Ces risques sont aggravés par le mauvais état des durable et efficace. Les insuffisances dans ces domaines
matériaux, et particulièrement le vieillissement des se traduisent presque toujours par un accroissement de
conducteurs qui n’est pas toujours apparent. De la fréquence et de la gravité des accidents et par des dif-
même, les modifications d’implantation et les ex- ficultés à atteindre les objectifs économiques initialement
tensions entraînent des changements d’installation envisagés.
qui peuvent, s’ils ne sont pas bien étudiés et réali-
sés, aggraver les risques précités.
RÉGLEMENTATION
Prévention
L’utilisation des machines ou équipements de tra-
•• Contacts directs : les installations seront vail doit satisfaire aux règles générales de santé et
conçues avec les équipements normalisés d’in- de sécurité des travailleurs fixées notamment par
dices de protection adaptés aux conditions de les articles L.4321-1 à L.4321-3 du Code du travail.
service.
•• Contacts indirects : l’installation sera telle que À cette fin, le chef d’établissement est soumis à cer-
le potentiel entre une masse et la terre, ou entre taines obligations, en particulier :
deux masses simultanément accessibles, n’at- -- règles générales d’utilisation des équipements
teigne pas de valeur considérée comme dange- de travail (art. R.4321-1 à R.4321-3) ;
reuse. -- mesures d’organisation et conditions d’utilisa-
•• Incendie d’origine électrique tion des équipements de travail (art. R.4323-1 à
-- La conception de l’installation (section R.4323-90 et R.4324-1 à R.4324-45).
des conducteurs, protections électriques Depuis le 1er janvier 1995, les machines mises sur
contre les surcharges et les courts-circuits) le marché sont soumises aux règles techniques de
sera conforme aux indications de la norme l’art. R.4312-1 du Code du travail qui sont les exi-
NF C 15-100. gences essentielles de santé et de sécurité de la di-
-- La qualité du matériel sera adaptée au ser- rective « machines » n° 2006/42/CE. Les machines
vice demandé. sont définies à l’art. R.4311-4.
•• Brûlures dues aux courts-circuits Avant de mettre en service une machine neuve ou
-- Informer les travailleurs (consignes, ordres à l’état neuf dans l’entreprise, l’employeur s’assure
de service). notamment de l’existence :
-- Prévoir l’habilitation du personnel chargé de -- du marquage CE sur la machine (art. R.4313-61) ;
l’entretien de l’installation électrique.
-- de la déclaration CE de conformité de la ma-
Vérifications réglementaires - surveillance chine (art. R.4313-60) ;
Une vérification initiale doit être prévue lors de la -- de la notice d’instruction (Annexe I - paragraphe
mise en service de l’installation. Elle sera suivie de 1.7.4 - art. R.4312-1).
vérifications périodiques annuelles.
Les équipements de travail d’occasion sont soumis
Les installations sanitaires aux règles de l’art. R.4312-19. Le vendeur de l’équi-
pement établit et délivre un certificat de conformité
Il est utile de rappeler que chaque salarié doit disposer (art. R.4313-66). L’acheteur s’assure de la fourniture
d’une armoire et que les installations sanitaires doivent de ce document.
comprendre au minimum :

OPPBTP
25, avenue du Général Leclerc - 92660 Boulogne-Billancourt Cedex - 01 46 09 27 00 - www.preventionbtp.fr
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