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Sciences de la Vie et de la Terre

(S.V.T)
Classe : Tle C
Coefficient : 2
volume horaire annuel : 100 heures
volume horaire hebdomadaire : 4 heures

Programme officiel annuel


Partie I : La vie cellulaire (5 semaines)

Chap I : La structure de la cellule

Chap II : Les échanges cellulaires

Chap III : Le métabolisme énergétique de la cellule

Partie II : L’unicité des êtres vivants et la transmission des caractères (8 semaines)

Chap IV : La reproduction conforme ou mitose

Chap V : Les mécanismes fondamentaux de la reproduction sexuée chez les Mammifères

Chap VI : Le brassage génétique au cours de la reproduction sexuée

Chap VII : Quelques aspects de la génétique humaine

Partie III : Quelques notions d’immunologie (3 semaines)

Chap VIII : Les mécanismes de l’immunité

Chap IX : Les dysfonctionnements du système immunitaire et les aides au système immunitaire

Partie IV : La communication nerveuse et la régulation de quelques paramètres du fonctionnement de

l’organisme (3 semaines)

Chap X : La communication nerveuse

Chap XI : La régulation de la glycémie

Chap XII : La régulation du taux d’hormones sexuelles chez l’Homme

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Partie I : La vie cellulaire

Chap I : La structure de la cellule


Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Identifier et nommer les différentes parties de la cellule


 Identifier, nommer et schématiser les différents organites de la cellule
 Citer les principales différences entre une cellule animale et une cellule végétale

INTRODUCTION

Excepté les virus qui sont des êtres sans cellule (êtres acellulaires), chaque organisme vivant
animal ou végétal est constitué de cellules. Certains organismes sont composés d’une seule cellule ; ce
sont les unicellulaires (Bactéries, Protozoaires, Levures) alors que d’autres sont constitués d’un
assemblage ordonnés de cellules ; on les appelle pluricellulaires (Donner quelques exemples).
Chez les unicellulaires, la seule cellule joue tous les rôles que peut jouer un être vivant, c’est-à-
dire la reproduction, la nutrition, la relation. On définit alors la cellule comme étant l’unité anatomique et
physiologique des êtres vivants.
Chez les pluricellulaires par contre, il y a eu spécialisation fonctionnelle lors de l’embryogenèse.
Ainsi les cellules s’organisent en tissus (tissu nerveux, musculaire, îlots de Langerhans…), les tissus se
groupent en organes (muscle, pancréas, foie…). Un ensemble d’organes qui concourent à l’exécution
d’une tâche commune forment un système ou appareil (système nerveux, appareil digestif, système
respiratoire, appareil excréteur…). L’organisme est formé de l’ensemble des appareils.
La cytologie est la science qui étudie la structure et le fonctionnement des cellules. L’histologie
est la science qui étudie la structure microscopique des tissus. Ces deux sciences utilisent la microscopie
(microscope ordinaire ou électronique) pour l’observation des cellules et des coupes tissulaires.

I - La cellule vue au microscope photonique (microscope optique ou ordinaire) : fig 1.1 et Tableau
1.1
La microscopie optique montre un plan d’organisation commun à la cellule animale et à la cellule
végétale. Toutes ces cellules apparaissent constituées de trois parties :
- La membrane cytoplasmique ou membrane plasmique ou plasmalemme
- Le cytoplasme avec de nombreuses inclusions et
- Le noyau.
Chez la cellule végétale, la membrane plasmique est doublée à l’extérieur d’une paroi appelée
paroi squelettique ou pectocellulosique.

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Les inclusions observées ici ne seront distinguables qu’après coloration.
II - La cellule vue au microscope électronique : fig 1.2

L’observation microscopique des cellules animale et végétale au microscope électronique montre


de nombreuses parties en commun, mais aussi quelques parties différentes.

A - Les parties communes à la cellule animale et à la cellule végétale

1 - La membrane plasmique (plasmalemme) : fig 1.3

Elle est constituée de deux couches de phospholipides entre lesquelles se trouvent des protéines.
Ces molécules sont mobiles les unes par rapport aux autres : on dit que la membrane plasmique est une
mosaïque fluide.
Rôles : - barrière physique entre le milieu intracellulaire et le milieu extracellulaire
- contrôle les échanges entre la cellule et son milieu (échanges d’eau, de nutriments, d’ions, de déchets…)
- réception des informations grâce aux protéines de signalisation
- reconnaissance du soi et du non soi

2 - Le hyaloplasme (cytoplasme ou cytosol)

C’est une masse gélatineuse de viscosité variable dans laquelle baignent les organites cellulaires.
Rôles : - c’est le lieu où se déroulent diverses réactions du métabolisme
- c’est le lieu où baignent les organites cellulaires et où circulent les nutriments après leur entrée dans la
cellule

3 - Les vacuoles

Le système vacuolaire (ou vacuome) est constitué des vacuoles. Ce sont des organites en forme de
cavité entourés par une membrane biologique. Ces vacuoles sont réduites et peu développées dans la
cellule animale alors que dans la cellule végétale, on trouve une ou plusieurs grosses vacuoles occupant la
quasi-totalité du cytoplasme.
Rôles : épuration de la cellule : destruction des particules. Ces particules peuvent appartenir à la cellule
(on parle d’autophagie) ou bien venir de l’extérieur (on parle d’hétérophagie).

4 - La mitochondrie (chondriosome) : fig 1.4

C’est un organite présent en grand nombre dans les cellules animales et végétales. Elle est
entourée d’une double couche membranaire avec la membrane interne invaginée sous forme de crêtes
appelées crêtes mitochondriales. L’ensemble des mitochondries d’une cellule constitue le chondriome.
Rôle : Centrale énergétique de la cellule (production d’ATP)

5 - L’appareil de Golgi

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Il est formé de plusieurs saccules aplatis appelées saccules golgiens (ou dictyosomes), localisés
près du noyau cellulaire.
Rôle : Il concentre, conditionne et exporte les substances fabriquées au niveau du réticulum
endoplasmique rugueux.

6 - Le réticulum endoplasmique

C’est un organite formé d’un réseau de sacs aplatis délimités par une membrane biologique. On en
distingue deux types :

a) Lorsqu’il est associé aux grains de ribosomes sur sa surface, on a le réticulum endoplasmique
rugueux (RER) ou réticulum endoplasmique granulaire (REG) ou ergastoplasme.
Rôle : lieu de synthèse des protéines destinées à l’exportation (libération hors de la cellule)

b) Lorsqu’il n’est pas associé aux ribosomes, on a le réticulum endoplasmique lisse (REL).
Rôle : lieu de synthèse des composés lipidiques

7 - Les ribosomes

Ce sont des granulations qui peuvent être soit libres dans le cytosol, soit associés à la membrane
du réticulum endoplasmique (pour former le RER).
Rôle : lieu de synthèse des protéines

8 - Le noyau : fig 1.5

Il est caractéristique de la cellule eucaryote. Il est délimité par une double membrane appelée
enveloppe nucléaire percée de pores (pores nucléaires). Ces pores assurent les échanges entre le cytosol
et le nucléoplasme. A l’intérieur du nucléoplasme se trouvent des amas de chromatine, formée de
filaments très long appelés chromosomes. On trouve aussi dans le nucléoplasme un ou plusieurs
nucléoles (noyau du noyau).
Rôle : abrite les chromosomes (support de l’information génétique chez le vivant).

B - Les parties spécifiques à la cellule végétale

1 - La paroi

Elle recouvre la cellule à l’extérieur de la membrane plasmique. On l’appelle paroi squelettique


(vue son rôle de protection) ou paroi pectocellulosique (vue sa composition en pectine et en cellulose).
Rôle : protection et soutien de la cellule

2 - Les plastes : fig 1.6

D’après la nature de la substance qu’ils renferment, on distingue :


- Le chloroplaste : il est riche en chlorophylle. Rôle : c’est le siège de la photosynthèse

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- Les amyloplastes : ils sont riches en amidon
- Les oléoplastes : ils sont riches en lipides
- Les protéoplastes : ils sont riches en protides

3 - Les plasmodesmes

Ce sont des canaux traversant la paroi pectocellulosique et reliant le cytoplasme des cellules
adjacentes

C - La partie spécifique à la cellule animale

1 - Le centriole : fig 1.7

Dans les cellules animales, on a deux centrioles disposés en position orthogonale près du noyau.
Le centrosome est la région du cytoplasme où se trouvent les centrioles.
Rôles : Participent à la formation du fuseau de division et à la formation des cils et des flagelles

2 - Le lysosome

Sorte de vacuole assurant la digestion dans la cellule animale. Il se forme à partir du dictyosome.

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Chap II : Les échanges cellulaires
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Distinguer, nommer et définir les différents états des cellules placées dans des solutions de
concentrations différentes
 Expliquer le rôle de la membrane cytoplasmique dans les échanges cellulaires (échanges d’eau et
d’ions)

INTRODUCTION

La cellule vit dans un milieu dont la composition est différente de celle du milieu intracellulaire et
sa survie dépend de sa capacité à pouvoir entretenir cette différence de composition. Ainsi tout
envahissement d’une cellule par le milieu extracellulaire provoque sa mort par cytotoxicité.
Pour gérer et conserver cette différence de composition, la cellule doit établir des échanges avec
son environnement. Il s’agit de la captation des nutriments, des échanges gazeux, des échanges de
minéraux et de nutriments, du rejet des déchets métaboliques, des échanges d’eau…

I - Les échanges d’eau

A - Quelques notions préliminaires

1 - Solution moléculaire et solution ionique

Si en milieux aqueux un soluté occupe tout le volume qui lui est offert, on dit que ce soluté
diffuse dans l’eau ou qu’il est soluble dans l’eau.
1er cas : Le soluté peut être une substance moléculaire (sucre). Ses molécules s’isolent parmi les
molécules du solvant qui forment autour d’elles des sortes de couronnes.

Morceau de sucre + Molécule d’eau Solution moléculaire de sucre hydraté

2ème cas : Le soluté peut être une substance ionique (NaCl). Chaque ion s’entoure d’un nombre variable
de molécules d’eau pour former des ions solvatés.

NaCl + H2O Na+(H2O)n + Cl-(H2O)n’

NB : n et n’ dépendent de la température

2 - Concentrations d’une solution

La concentration d’une substance dissoute dans un certain volume de solvant (eau) s’exprime de
deux manières : la concentration massique et la concentration molaire (molarité)

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a) Concentration massique (Cm)

C’est la masse de soluté dissout (m) divisée par le volume total de solution (V) : Cm =

Elle s’exprime en g.L-1.

b) Concentration molaire ou molarité

Elle désigne le nombre de moles de soluté par unité de volume de solution. Elle se calcule en
divisant la concentration massique (Cm) d’une solution par la masse molaire moléculaire du soluté (M) :

Molarité = . Elle s’exprime en mol.L-1.

Applications : On dissous 50 g de saccharose (C12H22O11) dans 0,5 L d’eau. Calculons sa concentration


massique et sa molarité.

- Cm = = = 100 g.L-1

- Molarité = or M saccharose = 12 x 12 + 22 + 11 x 16 = 342 g.mol-1

Molarité = = 0,29 mol.L-1

c) Concentration osmolaire ou osmolarité

En biologie, la concentration d’une solution est exprimée en terme d’osmolarité. Ce terme


exprime le nombre de particules libres (molécules ou ions) présentes dans une solution.
Une solution est dite osmolaire lorsqu’elle contient une mole de particule libre par litre de
solution.
- Dans le cas d’une solution moléculaire, l’osmolarité est égale à la molarité, puisque aucune dissociation
de la molécule n’est possible.
- Dans une solution ionique, on tiendra compte du nombre de particules issus de l’ionisation de la
substance dissoute. Exemple : une mole de NaCl produit par dissociation une mole de Na+ et une mole de
Cl- ; ainsi l’osmolarité est égale à deux fois la molarité
En définitive, Osmolarité = Molarité x Nombre de particules en solution

B - Notion d’osmose

1 - Mise en évidence de l’osmose

Expérience de Dutrochet : fig 2.1

Dans un tube à entonnoir dont la grande ouverture a été fermée à l’aide d’un fragment de vessie de
porc (ou d’une membrane de cellophane), introduisons une solution glucosé colorée. Immergeons
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l’appareil du côté de la vessie dans un cristallisoir contenant de l’eau distillée incolore de telle manière
que les deux liquides soient au même niveau (h).

Observations :

Quelques instants plus tard, la vessie de porc se bombe vers l’extérieur pendant que le liquide
coloré monte dans le tube (niveau a, puis niveau b). Le test à la liqueur de Fehling est négatif dans le
cristallisoir contenant l’eau distillée.

Interprétation :

L’eau du cristallisoir a traversé la membrane de la vessie pour se mélanger avec la solution


glucosée. Par contre le glucose n’a pas effectué le mouvement contraire : on dit que la vessie de porc est
une membrane hémiperméable (semi-perméable).
Ainsi une membrane hémiperméable est une membrane qui se laisse traverser par les molécules de
solvant, mais ne laisse pas traverser les molécules de solutés.
Le flux (passage) d’eau du cristallisoir vers le tube d’entonnoir est appelé osmose. Les solutés
(glucose) présents dans le tube à entonnoir exercent une force d’attraction F1 sur l’eau du cristallisoir à
travers la vessie de porc. Cette force d’attraction est appelée pression osmotique.

Remarques :

- Le phénomène décrit ci-haut s’observe aussi lorsque la membrane semi-perméable sépare deux solutions
de concentrations différentes. Dans tous les cas, l’eau se déplace de la solution la moins concentrée
(solution hypotonique) vers la solution la plus concentrée (solution hypertonique) jusqu’à équilibre des
concentrations (solutions isotoniques) : c’est la loi de l’osmose.
- Si l’expérience de Dutrochet ci-haut se poursuit pendant un temps assez long, l’ascension de l’eau
ralentit, s’arrête et le liquide redescend lentement jusqu’à se stabiliser. L’eau du cristallisoir se colore et le
test à la liqueur de Fehling devient positif à chaud. Le glucose a traversé la vessie de porc : cette
membrane est donc imparfaitement hémiperméable.
Le mouvement inverse de l’eau est dû à une force F2 que l’eau montée exerce sur la vessie. Cette
force est appelée pression hydrostatique. La descente d’eau après équilibre osmolaire se fait suivant le
principe des vases communicants.
Les insuffisances de l’osmomètre de Dutrochet ne permettent pas de mesurer la pression
osmotique. Pour remédier à cela, Pfeffer (fig 2.2) a mis au point une membrane artificielle parfaitement
semi-perméable constituée de ferrocyanure de cuivre. Avec cette membrane, la pression hydrostatique
sera suffisante pour équilibrer la pression osmotique lorsque la hauteur maximale sera atteinte dans
l’entonnoir. Cette hauteur pourra alors être déterminée avec précision : Ph = Po = ρ.g.h

2 - Considération actuelle

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Deux solutions de même osmolarité ont à la même température une même pression osmotique
(Po). On en déduit qu’à une température donnée, la Po d’une solution est proportionnelle à son osmolarité
selon la relation : Po = R.T.n
R = constance des gaz parfait (0,083)
avec : T = température absolue = température en °C + 273 (en Kelvin)
n = osmolarité

C - Applications des lois de l’osmose à la biologie et étude expérimentale des échanges cellulaires

Les échanges d’eau entre la cellule et son milieu se fait selon le principe de l’osmose. Ainsi la
perte ou l’absorption de l’eau par une cellule va dépendre de la concentration du milieu dans lequel elle
végète (vit).

1 - Cas des cellules végétales

Expériences et observations : fig 2.3

Prélevons les cellules de l’épiderme de la fleur d’hibiscus dont les vacuoles sont naturellement
colorées. Montons ces cellules entre lame et lamelle et observons la préparation au microscope dans
différentes solutions :
- En Plaçant ces cellules dans une goutte d’eau distillée (solution hypotonique), l’examen microscopique
montre de grandes vacuoles colorées occupant pratiquement tout le cytoplasme et ne laissant qu’un petit
espace cytoplasmique : une telle cellule est dite turgescente. C’est l’état normal de la cellule végétale.
- Si cette cellule est placée dans une solution osmolaire de glucose (solution hypertonique), on constate
quelques heures après un décollement de la membrane plasmique qui ne reste attachée à la paroi qu’en de
points précis : une telle cellule est dite plasmolysée.
- En ramenant les cellules plasmolysées dans une solution hypotonique (eau distillée), elles réabsorbent
l’eau et retrouve leur forme initiale : c’est la déplasmolyse.

Conclusion :

Turgescence et plasmolyse sont les conséquences de l’osmose. Dans un milieu hypotonique, l’eau
entre dans la cellule et provoque sa turgescence ; lorsque le milieu est plutôt hypertonique, l’eau sort de la
cellule et provoque sa plasmolyse.
vacuole vidée d’eau point d’attache
noyau
du plasmalemme

paroi
vacuole gorgée d’eau plasmalemme décollé
membrane de la vacuole
cytoplasme paroi

Cellule végétale turgescente Cellule végétale plasmolysée


2 - Cas des cellules animales

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Expériences et observations : Tableau 2.1

On dispose de six tubes à essai numérotés de 1 à 6 contenant des solutions de NaCl de


concentrations croissantes. On ajoute ensuite cinq gouttes de sang frais de mouton à chaque tube. Après
une légère agitation, les tubes sont laissés au repos pendant 12 heures.
On procède aux observations microscopiques et macroscopiques de chaque tube. Les résultats sont
consignés dans le tableau 2.1.

№ du tube 1 2 3 4 5 6
Concentration des solutions de
NaCl
2 g.L-1 4 g.L-1 6,5 g.L-1 9 g.L-1 12 g.L-1 15 g.L-1
Aspect surnageant rose pâle rose pâle légèrement rose incolore incolore incolore
macroscopique culot rien rien + ++ ++ ++
circulaires et circulaires à petites et à très petites et à
très dilatées aspect normal bords crénelés bords crénelés
Aspect microscopique des invisible invisible
hématies

Interprétations :

Dans les tubes 1 et 2, les hématies sont invisibles avec un surnageant rose pâle car les hématies
ont éclaté suite à une forte absorption d’eau. Elles ont ainsi libéré leur hémoglobine dans la solution de
NaCl : c’est le phénomène d’hémolyse.
Dans le tube 3, les hématies sont très dilatées avec un surnageant légèrement rose. preuve que
certaines hématies ont éclaté alors que d’autres bien qu’ayant absorbé l’eau n’ont pas éclaté : il y a donc
eu hémolyse partielle.
NB : Certaines hématies résistent plus à l’éclatement en fonction de leur âge. En effet les jeunes hématies
résistent plus à l’hémolyse que les hématies vielles.
Dans le tube 4, les hématies ont un aspect normal. Il n’y a donc eu aucun échange d’eau entre
l’hématie et son milieu : on dit que la solution 4 et le milieu intracellulaire sont isotoniques.
Dans les tubes 5 et 6, l’aspect crénelé des hématies montre qu’elles ont perdu de l’eau.

Conclusion :

Les solutions 1, 2 et 3 sont hypotoniques, la solution 4 est isotonique alors que les solutions 5 et 6
sont hypertoniques.

II - Les échanges des substances dissoutes

A - La diffusion passive

Expérience : fig 2.4

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Divisons un vase en deux compartiments séparés par une membrane perméable aux solutés
(certaines membranes de cellophane). Introduisons dans le milieu 1 de l’eau pure et dans le milieu 2 de
l’eau glucosé colorée.

Observations et interprétations :

Quelques minutes après, on constate une augmentation du volume d’eau dans le compartiment 2
suivie d’une coloration du milieu 1. Le glucose diffuse à travers la membrane du milieu 2 vers le milieu 1.
Les mouvements d’eau et de glucose à travers la membrane se poursuivent jusqu’à équilibre des
concentrations de part et d’autre de la membrane.
Le passage des petites molécules telles que le glucose à travers une membrane perméable est
appelé diffusion transmembranaire. Cette diffusion se fait du milieu le plus concentré (hypertonique)
vers le milieu le moins concentré (hypotonique) : on dit que cette diffusion se fait suivant un gradient de
concentration décroissant. L’eau effectue le mouvement contraire et va du milieu hypotonique vers le
milieu hypertonique.
NB : La diffusion transmembranaire ne nécessite aucune consommation d’énergie. On la qualifie de
diffusion passive. Il existe plusieurs variantes de diffusion passive :
- La diffusion libre (diffusion simple) : ici les molécules diffusent à travers les pores de la membrane
perméable.
- La diffusion facilitée (transport facilité) : ici le passage des molécules de solutés nécessite des
transporteurs spécifiques encrés dans la membrane perméable (fig 2.5).

Conclusion :

La diffusion passive est le passage des solutés à travers une membrane perméable suivant son
gradient de concentration décroissant. Elle ne nécessite pas la consommation d’énergie biochimique
(ATP)

B - La diffusion active (transport actif)

Observations :

Le tableau suivant donne les concentrations des ions Na+ et K+ dans le plasma et à l’intérieur des
hématies.
Concentration en mmol.L-1
Na+ K+
Hématies 12 155
Plasma 145 5
Si l’on s’en tient à la diffusion passive, phénomène qui suit un gradient de concentration
décroissant, le Na+ (en concentration élevée dans le plasma) doit pénétrer dans l’hématie alors que le K+

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(en concentration élevée dans l’hématie) doit en sortir. Cela n’est pas le cas : on note plutôt une
accumulation de Na+ dans le plasma et une accumulation de K+ dans les hématies.

Interprétation :

Certaines molécules peuvent transgresser les lois de la diffusion passive en allant du milieu où
elles sont en faible concentration vers le milieu où elles sont en concentration élevée : on dit qu’elle
diffuse contre un gradient de concentration décroissante ou bien qu’elles diffusent suivant un gradient de
concentration croissante.
Ce type de diffusion nécessite non seulement des protéines de transport (perméases), mais aussi un
apport d’énergie biochimique sous forme d’ATP : on parle alors de diffusion active, transport actif ou
perméabilité active.
NB : La protéine membranaire de l’hématie assurant le transport du Na+ et du K+ dans ce cas est appelée
la pompe à sodium (ou Na+/K+ ATPase). Elle pompe 3 Na+ dans la cellule contre 2 K+ à l’extérieur.

C - Les cytoses : échanges des particules non dissoutes (fig 2.6)

Certaines substances ont des caractéristiques qui ne permettent pas leur transport à travers la
membrane plasmique. Ces substances doivent pénétrer ou sortir de la cellule par un phénomène de cytose.
On distingue :

1 - L’endocytose

La membrane plasmique s’invagine et forme une vésicule d’endocytose dans laquelle les
particules sont piégées et absorbées. Ces particules venant du milieu extracellulaire n’entrent pas en
contact avec le cytoplasme, mais restent enfermées dans une membrane constituant un phagosome.
- Si le corps ingéré est solide, on parle de phagocytose : on dit aussi que « la cellule mange »
- Si l’élément ingéré est liquide, on parle de pinocytose : on dit que « la cellule boit »

2 - L’exocytose

C’est un phénomène grossièrement inverse à l’endocytose. Les substances enfermées à l’intérieur


des vésicules sont déversées hors de la cellule après fusion à la membrane plasmique

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Chap III : Le métabolisme énergétique de la cellule
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Relever les différents métabolites que la cellule utilise pour la production d’énergie
 Expliquer succinctement les mécanismes de production de l’ATP par la cellule
 Décrire les trois voies de régénération de l’Atp par le muscle
 Expliquer les mécanismes de la photosynthèse

INTRODUCTION

Chez certains êtres vivants, les nutriments source d’énergie doivent être fournis par d’autres êtres
vivants : ce sont les hétérotrophes. Exemple : les animaux, les bactéries et les champignons
Chez d’autres êtres vivants, les nutriments sont fabriqués par leur propre organisme : ce sont les
autotrophes. Exemple : les plantes vertes, les algues, les cyanobactéries
Chez tous les êtres vivants, la fabrication de la matière organique se déroule en plusieurs réactions
enzymatiques dont l’ensemble constitue les réactions d’anabolisme.

I - La production d’énergie à partir des nutriments : le catabolisme

A - Etude des substances organiques et minérales

1 - Les glucides ou carbohydrates : fig 3.1, 3.2 et 3.3

Ce sont des composés ternaires, c’est-à-dire formés de trois éléments chimiques (C, H et O). Ils
jouent un rôle énergétique dans l’organisme et leur formule générale est Cm(H2O)n.
On distingue :
- Les oses : ce sont des sucres simples. Exemple : glucose, fructose, galactose, ribose, désoxyribose
- Les dioses : ce sont des sucres formés de l’assemblage de deux oses. Exemple : lactose (glucose +
galactose), maltose (glucose + glucose), saccharose (glucose + fructose)
- Les polyholosides : ce sont des glucides complexes formés de l’assemblage d’un grand nombre d’oses.
Exemple : glycogène, amidon, cellulose, inuline
Rappel : La mise en évidence des sucres réducteurs tels que les oses et les dioses (excepté le
saccharose) se fait par le test à la liqueur de Fehling qui donne un précipité rouge brique à chaud. La
mise en évidence de l’amidon ou du glycogène se fait par le test à l’eau iodée.

2 - Les lipides

Ce sont des corps gras retrouvés dans les huiles, les beurres et les graisses. Ce sont des composés
ternaires, c’est-à-dire composés de trois éléments chimiques (C, H et O). Ils sont plus légers que l’eau,

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insolubles dans l’eau (solubles dans les solvants organiques) ; on dit que les lipides ne sont pas miscibles
à l’eau. Ils ne sont pas volatils et laissent une tache translucide sur du papier qui ne disparaît pas à la
chaleur.
Les oléagineux (arachides, noix de coco, noix de palme, grain de coton) contiennent beaucoup de
lipide. Le lipide du lait est la crème. Les lipides jouent un rôle énergétique dans l’organisme.
Leur mise en évidence se fait par des colorations au Soudan. On obtient une coloration noire
caractéristique des lipides.

3 - Les protides : fig 3.4

Ce sont des composés quaternaires, c’est-à-dire composés de quatre éléments chimiques (C, H, O
et N). On les retrouve dans le lait (lactalbumine, caséine), l’œuf (ovalbumine), le poisson, la viande, le
soja, le haricot... Ils jouent un rôle plastique (ou bâtisseur) dans l’organisme.
Selon la complexité de leurs structures chimiques, les protides sont classés en trois groupes :
- Les acides aminés : ce sont les protides simples contenant une fonction acide carboxylique et une
fonction amine. H2N CH COOH
R
- Les peptides : ce sont des protides formés de l’association de deux à 50 acides aminés. Ces acides
aminés sont reliés entre eux par des liaisons peptidiques.

- Les protéines : ce sont les protides formés de l’association de plus de 50 acides aminés reliés entre eux
par des liaisons peptidiques.
NB : La mise en évidence des protéines se fait par le test de biuret ou par le test xanthoprotéique.

4 - Les substances minérales

a) L’eau

C’est un aliment essentiel à la vie. Elle intervient dans tous les domaines de la physiologie
cellulaire et constitue le solvant de l’organisme.

b) Les sels minéraux : Tableau 3.1

Ils sont nécessaires à la composition des tissus et assurent le bon fonctionnement de l’organisme :
formation des globules rouges, transport de l’oxygène, activité métabolique, homéostasie. Ils sont soluble
dans l’eau et se présente sous forme de cristaux à l’état solide.

B - Les nutriments : source d’énergie

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1 - définitions

Les nutriments sont des molécules organiques ou minérales issues de la digestion des aliments et
utilisées par les cellules.
Les métabolites sont les molécules transformées par les réactions enzymatiques afin de produire
de l’énergie ou d’autres composés chimiques.
Le métabolisme est l’ensemble des réactions chimiques qui se déroulent dans toutes les cellules
vivantes. Le métabolisme regroupe deux types de réactions :
- Les réactions de dégradation de la matière (catabolisme) qui produisent de l’énergie : réactions
exergoniques ou exothermiques
- Les réactions de synthèse de la matière (anabolisme) qui consomment de l’énergie : réactions
endothermiques ou endergoniques.

2 - Les métabolites utilisés par les cellules

Expérience : Mise en évidence de l’amidon dans un tissu végétal (tubercule)

L’eau iodée colore un tubercule en bleu et un tissu hépatique en brun acajou preuve que ces tissus
contiennent respectivement de l’amidon et du glycogène.
L’amidon et le glycogène sont des formes de mise en réserve du glucose dans les cellules vivantes
végétales et animales respectivement.

Glucose glycogène / amidon

D’une manière générale, les principaux métabolites utilisés par la cellule sont : le glucose, les
acides gras, les triglycérides (lipides) et les acides aminés.
Certaines cellules : neurones ou cellules nerveuses, les hématies ou globules rouges, les cellules de
la médullosurrénale ne peuvent utiliser que le glucose : ce sont des cellules glucodépendantes.
NB : les métabolites n’ont pas la même valeur énergétique : l’oxydation d’un gramme de glucose libère
17 KJ (4 kcal) ; celle d’un gramme d’acides gras libère 38 KJ (9 kcal) et celle d’un gramme d’acides
aminés 17 KJ (4 kcal).

3 - Les formes de réserves des métabolites énergétiques par l’organisme

La mise en réserve des métabolites est indispensable pour l’organisme, car l’apport en nutriment
est irrégulier alors que la dépense énergétique est permanente. Cette mise en réserve se fait au niveau des
organes spécialisés qui vont restituer ces métabolites au fur et à mesure que l’organisme en aura besoin.
Après un repas,

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- le glucose est stocké dans le foie et dans le muscle sous forme de glycogène.
- les protéines musculaires constituent une forme de réserve qui sera utilisée lors d’un jeûne court.
- l’excédent de glucose ainsi que les lipides alimentaires sont stockés dans le tissu adipeux (graisses du
corps) sous forme de triglycérides.

C - Mécanismes de la production d’ATP par les cellules

Les cellules vivantes produisent de l’énergie grâce à deux phénomènes : la respiration et la


fermentation. Au cours de ces phénomènes, les métabolites énergétiques sont dégradées par des
réactions chimiques du catabolisme et il y a production d’énergie : on parle de réactions exergoniques ou
exothermiques.

1 - La respiration

La respiration est une oxydation complète des métabolites réalisée en présence du dioxygène
(aérobiose) avec production des déchets minéraux.

a) Mise en évidence de la respiration cellulaire : fig 3.5

On place dans deux dispositifs une masse identique de graines de la même espèce, les unes sèches,
les autres en cours de germination. L’expérience se déroule à température constante.
Un tissu isolé absorbe le dioxygène et rejette le gaz carbonique : on dit que le tissu respire. Le
tissu étant un assemblage ordonné de cellules, la respiration d’un tissu est donc la somme des respirations
des cellules qui le constituent.

b) Les étapes de la respiration : fig 3.6

- La glycolyse se déroule dans le cytosol

La dégradation du glucose débute toujours dans le hyaloplasme de la cellule par la glycolyse.


C’est un couloir commun entre la respiration et la fermentation. Elle ne nécessite pas la présence du
dioxygène et correspond à la déshydrogénation du glucose, catalysée par des déshydrogénases.
Pendant ces réactions, le glucose oxydé transfère des électrons et protons à des accepteurs (NAD+)
qui vont se réduire. On assiste aussi à une synthèse de deux molécules d’ATP par phosphorylation de
l’ADP.
L’équation de la glycolyse est la suivante :

Page 16
Bilan de la glycolyse : pour une molécule de glucose, on a :
* Production de deux ATP
* Production de deux accepteurs d’hydrogène réduits (NADH2)
* Production de deux acides pyruviques
NB : Le devenir de l’acide pyruvique dépendra de la présence ou de l’absence du dioxygène dans la
cellule. Si la cellule est en anaérobiose, on assiste à la fermentation ; si la cellule est en aérobiose, il se
déroule la respiration.

- Le cycle de Krebs se déroule dans la matrice mitochondriale

Dans la matrice mitochondriale, l’acide pyruvique subit une série de décarboxylations et de


déshydrogénation catalysées par des décarboxylases et des déshydrogénases : c’est le cycle de Krebs
(cycle de l’acide citrique ou cycle de l’acide tricarboxylique).
L’équation globale du cycle de Krebs est :

2 (CH3 CO COOH) + 10 T+ + 6 H2O + 2 ADP + 2 Pi 10 TH2 + 2 ATP + 6 CO2

Bilan du cycle de Krebs : Pour chaque molécule d’acide pyruvique, on a :


- Production de cinq accepteurs d’hydrogène réduits (NADH2 et FADH2) x 2
- Production d’un ATP x 2
- Libération de trois molécules de CO2 x 2

- La chaîne respiratoire se déroule dans la membrane interne mitochondriale

Les accepteurs d’hydrogènes réduits au cours de la glycolyse et du cycle de Krebs vont être
oxydés au niveau de la membrane interne de la mitochondrie : c’est la chaîne respiratoire.
Le long cette chaîne, les accepteurs cèdent leur hydrogènes à des transporteurs intégrés à la
membrane interne de la mitochondrie, jusqu’à l’oxygène moléculaire (dernier accepteur d’hydrogène ou
accepteur final).

Ce mécanisme de transfert d’hydrogène à travers la chaîne libère de l’énergie qui sera convertie en
ATP par phosphorylation de l’ADP: c’est la phosphorylation oxydative de l’ADP, catalysée par l’ATP
synthétase.
L’accepteur final (O2) se combine au dihydrogène pour former les molécules d’eau (H2O) :
O2 + 4 H+ + e- 2 H2O

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Bilan de la chaîne respiratoire : Il y a production de 32 (34) molécules d’ATP et libération des
molécules d’eau.

c) Bilan en ATP de la respiration

A la fin de la dégradation en aérobie du glucose, on a la production de 36 (38) ATP :


- 2 ATP produits lors de la glycolyse
- 2 ATP produits lors du cycle de Krebs
- 32 (34) ATP produits lors de la chaîne respiratoire
L’équation de dégradation complète du glucose peut donc s’écrire :

C6H12O6 + 6 O2 6 CO2 + 6 H2O + 2860 kJ

2 - Les fermentations

C’est la dégradation partielle des métabolites en absence d’oxygène (anaérobiose).


En absence de dioxygène dans la cellule, l’acide pyruvique (pyruvate) reste dans le cytosol et
utilise l’hydrogène des NADH2 (accepteurs).

- Fermentation lactique

Elle se déroule dans les cellules musculaires et les hématies selon l’équation :

CH3 CO COOH + NADH2 CH3 CHOH COOH + NAD+


(pyruvate) (lactate)

- Fermentation alcoolique : fig 3.7

Elle se déroule chez la levure de bière.

décarboxylation
CH3 CO COOH CH3 CHO + NADH2 CH3 CH2OH + NAD+
(pyruvate) (éthanal) (éthanol)

Bilan en ATP des fermentations :

On a la production de deux molécules d’ATP (ceux produits lors de la glycolyse).

NB : Une levure de bière se développant dans un milieu oxygéné possède des mitochondries à crêtes bien
développées alors qu’une levure de bière se développant dans un milieu sans oxygène possède des
mitochondries avec des crêtes peu développés.

D - L’énergétique musculaire : les trois voies de régénération de l’ATP dans le muscle

L’ATP étant la source d’énergie directement utilisable par les cellules, il doit être en permanence
régénéré dans les cellules. Au niveau de la cellule musculaire, on note trois principales voies de
régénération de l’ATP, en fonction de l’amplitude de l’exercice musculaire.
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1 - La voie anaérobie alactique

Elle est mise en place lors des exercices physiques brefs et puissants de l’ordre de quelques
secondes : lancé de poids, saut.
Elle assure une restauration immédiate de l’ATP sans intervention de l’oxygène et sans formation
de l’acide lactique. Ici l’ATP est produit par des réactions de transphosphorylation, ie le transfert d’un
groupement phosphate d’une molécule à l’ADP.
Créatine kinase
- phosphocréatine + ADP créatine + ATP.
ATP synthétase

b) La voie anaérobie lactique

Elle est mise en place lors des exercices physiques violents de durée moyenne (jusqu’à 10
secondes) : course de 100 ou 200 m, nage de 100 ou 200 m.
Dans ces conditions de travail, la demande en ATP du muscle dépasse les possibilités de la voie
anaérobie alactique ; il se met alors en place la glycolyse. Les étapes de cette voie sont les suivants :
- hydrolyse du glycogène musculaire pour produire du glucose
- glycolyse avec production d’acide pyruvique et de NADH2
- production d’acide lactique à partir du pyruvate (fermentation lactique).
NB : Cette voie se déroule dans le muscle en absence d’oxygène et correspond à la fermentation lactique.
C’est le dépôt d’une importante quantité d’acide lactique dans le muscle qui est responsable de la fatigue
musculaire observée lors de l’effort physique.

c) La voie aérobie

Elle intervient lors des exercices musculaire soutenus et durables : course de fond, marathon
match (football, tennis, basket).
Dans ces conditions, le débit sanguin augmente et accroit l’alimentation des cellules musculaire en
oxygène. Ainsi l’acide pyruvique issu de la glycolyse sera capable de pénétrer la mitochondrie où il va
subir le cycle de Krebs puis la chaine respiratoire. Il y a donc une production importante d’ATP sur une
plus grande durée

II - L’autotrophie et la fabrication de la matière organique : l’anabolisme

Les végétaux chlorophylliens synthétisent la matière organique en utilisant la matière minérale et


l’énergie solaire : c’est la photosynthèse. La source du carbone indispensable pour cette synthèse est le
CO2 atmosphérique et la matière minérale (H2O et ions) est puisée dans le sol. Ces synthèses
s’accompagnent d’un dégagement d’oxygène.

1 - Usine photosynthétique : le chloroplaste (fig 1.6)

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Le chloroplaste est un organite vert qu’on retrouve uniquement dans la cellule végétale. Sa
couleur verte est due à la présence d’un pigment appelé chlorophylle, dont le rôle est de capter l’énergie
nécessaire à la photosynthèse. Ainsi, le chloroplaste est l’usine photosynthétique.
Le chloroplaste est un organite contenant deux couches de membranes biologique qui délimitent
un stroma : la membrane interne et la membrane externe. Dans le stroma, on trouve un empilement de
réseaux membranaire qui forme les thylakoïdes (thylakoïdes granaires et thylakoïdes inter-granaires).

2 - Les deux phases de la photosynthèse

On en distingue deux :

- La phase claire (phase photochimique ou phase lumineuse)


- La phase sombre (phase d’assimilation)

a) La phase claire se déroule dans les thylakoïdes

On enregistre les évènements suivants pendant la phase claire :

 Le captage de l’énergie lumineuse par les pigments chlorophylliens


Les pigments chlorophylliens contenus dans la membrane des thylakoïdes captent l’énergie
lumineuse et la transmettent à la chlorophylle a. Cette dernière est une molécule excitable, capable de
s’oxyder et de cesser des électrons à un accepteur.
Chl a + photon Chl a* + e-

 La photolyse de l’eau

Pour revenir à son état initial, la chlorophylle a excitée va provoquer la rupture d’une molécule
d’eau : c’est la photolyse de l’eau. H2O 2 H+ + 2 e- + 1/2 O2
Les électrons libérés au cours de cette photolyse de l’eau vont être capturé par la chlorophylle a
excitée, ce qui va donc leur permettre de redevenir stable : Chl a* + e- Chl a
Le bilan de cette étape est : 4 Chl a* + 2 H2O 4 Chl a + 4 H+ + O2

 Le dégagement de l’oxygène

Lors de la photolyse de l’eau, l’oxygène produit est dégagé sous forme de dioxygène (O2). Les
protons sont pris en charge par des transporteurs d’électrons (NADP+), qui vont passer de leur état oxydé
à leur état réduit : NADP+ + 2 H+ NADPH2.

 La phosphorylation (synthèse) de l’ATP

Le long de la chaine photosynthétique, le transfert des électrons se fait du corps le plus réducteur
vers le corps le plus oxydant. C’est un transfert exergonique (ie qui libère de l’énergie) couplé à des
réactions de phosphorylation de l’ADP en ATP.

Page 20
Bilan de la phase claire :
- Production d’ATP
Utilisés pendant la phase sombre
- Production de NADPH2
- Production et libération de dioxygène

b) La phase sombre se déroule dans le stroma

Les réactions de la phase sombre ne dépendent pas directement de la lumière. Au cours de cette
phase, l’ATP et le NADPH2 formés durant la phase photochimique sont utilisés pour synthétiser les
matières organiques, par incorporation du CO2.
CO2 + NADPH2 + ATP molécules organiques + NADP+ + ADP + Pi

La phase sombre est nécessaire au déroulement de la phase photochimique, car les précurseurs de
la phase clair sont régénérés pendant la phase sombre : on dit que les deux phases de la photosynthèse
sont couplées.

Page 21
Partie II : L’unicité des êtres vivants et la transmission
des caractères

Chap IV : La reproduction conforme ou mitose


Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Expliquer l’importance du noyau dans une cellule


 Identifier et décrire dans l’ordre chronologique les différentes phases de la mitose
 Expliquer que la mitose assure la croissance des êtres vivants
 Schématiser un chromosome
 Décrire la structure de l’ADN
 Définir et expliquer les mécanismes de réplication, transcription et traduction
 Enoncer la théorie cellulaire

INTRODUCTION

Un individu appartenant à une espèce donné possède un ensemble de caractères communs à tous
ses congénères (caractères spécifiques) et un ensemble de caractères qui lui sont propres (caractères
individuels). Tous ces caractères sont déterminés par l’information génétique contenue dans le noyau de
ses cellules.
L’intégrité d’un organisme multicellulaire nécessite que la cellule-œuf se soit multipliée d’une
manière conforme, donnant des cellules filles identiques entre elles et à la cellule de départ. Le
mécanisme de cette reproduction conforme est appelé mitose.

I - La nécessité du noyau dans la cellule

1 - Expérience et résultats

- Expérience 1 : la mérotomie

A l’aide d’un micromanipulateur et d’un microscapel, on sectionne une amibe en deux parties :
l’une possédant le noyau et l’autre n’en possédant pas.
- Pas de régénérescence

Section - Pas de mouvement

Partie anucléée - Mort au bout de 20 jours

- Régénérescence (cicatrisation)
Cellule mère
- Mouvement

Partie nucléée - Division

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- Expérience 2 : la greffe nucléaire intraspécifique

Disposons de deux amibes A et A’ de la même espèce. A l’aide des microappareils, enlevons le


noyau de l’amibe A’ et remplaçons le par celui de l’amibe A.

Transfert de noyau de
A vers A’

Amibe A
- Mort au bout de 20 jours de l’amibe A

- Survit de l’amibe A’

Amibe A’ Amibe A’ Amibe A’ - Division de l’amibe A’


énucléée ayant reçu
le noyau
de A
Amibe A’

énucléation

- Expérience 3 : la greffe nucléaire interspécifique

Disposons de deux amibes A et B d’espèces différentes et réalisons le montage ci-haut, l’amibe B


préalablement énucléée recevant le noyau de l’amibe A.
Comme résultat, les amibe B ne survit pas et dégénère rapidement.

2 - Interprétation

La régénérescence de la partie nucléée est due à la présence du noyau. Pour être fonctionnel, le
noyau doit être transféré d’un donneur à un receveur de la même espèce

3 - Conclusion

Le noyau cellulaire est une structure indispensable à la survie d’une cellule. Non seulement il
dirige le fonctionnement cellulaire, il contient les informations qui caractérisent l’espèce et la distingue
des autres espèces.
En définitive, le noyau contient l’information génétique de la cellule.

II - La division cellulaire

A - définition et importance de la mitose

La mitose est une division cellulaire conforme qui permet l’obtention de deux cellules filles
identiques à partir d’une cellule mère.
La mitose assure :
- la formation des différents tissus chez les embryons d’animaux
- l’allongement des tiges et des racines chez les végétaux
- le renouvellement cellulaire chez les êtres vivants adultes : cicatrisation des plaies, renouvellement de
l’épiderme…

Page 23
- la reproduction conforme de l’information génétique
C’est donc grâce à la mitose que les individus survivent

B - Les étapes de la division cellulaire : fig 4.1

La division cellulaire est constituée d’une phase de préparation de la cellule appelée interphase et
d’une phase de division proprement dite appelée mitose. L’interphase et la mitose constituent ensemble le
cycle cellulaire.

1 - L’interphase

Cette phase prépare la mitose. Au cours de l’interphase, la quantité d’ADN double dans la cellule ;
ceci est l’œuvre de la réplication de l’ADN. On passe alors de Q à 2 Q quantité d’ADN.
Cette phase est composée :
- D’une sous phase G1 (growth = croissance) : c’est la première phase de croissance cellulaire
- D’une sous phase S : c’est la phase de synthèse de l’ADN. Le mécanisme de dédoublement de l’ADN
est appelé réplication ou duplication.
- D’une sous phase G2 : c’est la deuxième phase de croissance cellulaire

2 - La mitose

Elle est constituée de quatre étapes ou phases.

a) La prophase (30 à 50 min)

- il y a condensation de la chromatine et formation des chromosomes à deux chromatides


- on note la disparition de l’enveloppe nucléaire et du nucléole
- les centrioles se dédoublent, s’entourent de fibres et deviennent des asters qui migrent vers les pôles
opposés de la cellule
- on note la formation du fuseau achromatique entre les deux asters
- les chromosomes se fixent par leurs centromères sur le fuseau achromatique

b) La métaphase (10 à 20 min)

Les chromosomes se disposent à égale distance des deux pôles, dans le plan équatorial du fuseau.
Ils forment la plaque équatoriale.

c) L’anaphase (5 min)

Les centromères se divisent, les deux chromatides sœurs de chaque chromosomes se séparent et
deviennent des chromosomes fils qui migrent chacun vers un pôle de la cellule : c’est l’ascension
polaire.

d) La télophase (10 à 20 min)

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Lorsque les chromosomes fils arrivent aux pôles de la cellule, une nouvelle enveloppe nucléaire
apparaît. Les chromosomes se décondensent, se déspiralisent. Le nucléole réapparait.
La fin de la télophase est marquée par la division du cytoplasme par étranglement (cytodiérèse).
On obtient donc deux cellules filles identiques à la cellule mère : on dit que la mitose est une division
cellulaire conforme.
NB : Dans le cas de la cellule végétale, la mitose se déroule de la même manière, on note néanmoins
quelques différences :
- l’absence du centriole entraîne l’absence des asters : à la place des asters, on a une zone appelée calotte
polaire où se regroupent les microtubules.
- la présence de la paroi pectocellulosique rend impossible la cytodiérèse par étranglement : on observe la
formation du phragmoplaste à l’équateur de la cellule, qui va provoquer la séparation des cellules filles.

C - Variations de la quantité d’ADN au cours d’un cycle cellulaire : fig 4.2

Pendant la sous phase S de l’interphase, la quantité d’ADN double dans le noyau. Ceci est
l’œuvre de la réplication (duplication ou dédoublement) de l’ADN ; on passe des chromosomes à une
seule chromatide aux chromosomes à deux chromatides.
Pendant l’anaphase de la mitose, la quantité d’ADN revient à sa valeur normale. Ceci est l’œuvre
de la séparation des chromatides sœurs et de la migration de chaque chromatides vers un pôle de la cellule
(ascension polaire). On passe des chromosomes à deux chromatides aux chromosomes à une seule
chromatides.

III - Structure et composition chimique du chromosome

A - Notion de caryotype et de formule chromosomique : fig 4.3 et 4.4

Le caryotype est l’ensemble des chromosomes d’une cellule arrangés par ordre décroissant et par
paire de chromosomes homologues. Toutes les cellules (exceptés les gamètes) d’un individu ont le même
caryotype.
La garniture chromosomique (formule chromosomique) est le nombre de chromosomes que
l’on rencontre dans les cellules somatiques des individus d’une espèce donnée. Chez les espèces
diploïdes, elle est notée 2n (avec n étant le nombre de paires de chromosomes).
Ex : chez le chat, 2n = 38 ; chez l’Homme, 2n = 46 ; chez la vache, 2n = 60 ; chez le gorille, 2n = 48 ;
chez la drosophile, 2n = 8 ; chez le maïs, 2n = 20.
NB : Chaque individu possède une seule paire de chromosomes sexuels (XX chez la femme et XY chez
l’homme)

B - Structure du chromosome : fig 4.5

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Les chromosomes sont des éléments permanents du noyau cellulaire qui servent de support au
programme génétique. Ils sont chimiquement constitués de l’ADN et des protéines de type histones.

Ils sont visibles seulement au cours de la mitose et mieux individualisés à la métaphase. C’est
donc à ce stade de la vie cellulaire que la structure du chromosome peut être aisément étudiée.

C - Structure de l’ADN

L’Acide Désoxyribonucléique (ADN) est une molécule formée de deux chaînes de nucléotides
complémentaires et inverses (chaînes antiparallèles).

1 - Composition chimique de l’ADN

L’hydrolyse enzymatique permet d’isoler les différents constituants de la macromolécule d’ADN


- de l’acide phosphorique H3PO4 : c’est un triacide ;
- un sucre en C5 (pentose) : le désoxyribose, de formule chimique brute C5H10O4
- quatre bases azotées différentes :
* Deux bases puriques : l’adénine et la guanine
* Deux bases pyrimidiques : la thymine et la cytosine
L’unité de base de l’ADN est le nucléotide. Chaque nucléotide correspond à l’association d’un
sucre, d’un acide phosphorique et d’une base azotée. Puisqu’il existe quatre bases azotées différentes,
il existe aussi quatre types de nucléotides.
Exemple : l’adénosine monophosphate (A+D+P), le guanosine monophosphate (G+D+P), la thymidine
monophosphate (T+D+P), la cytidine monophosphate (C+D+P).

NB : Un nucléoside est l’association d’un sucre et d’une base azotée. Il existe plusieurs nucléosides
distincts : l’adénosine, la thymidine, la cytidine la guanosine et l’uridine (cas de l’ARN).

2 - Représentation spatiale de l’ADN : fig 4.6

En 1951, Chargaaf démontre que dans une molécule d’ADN, il existe autant d’adénine que de

thymine et autant de cytosine que de guanine. On peut donc écrire :

En 1953, Watson et Crick ont énoncé que l’ADN est formé de deux brins parallèles et enroulés sur
eux-mêmes : on parle d’une double hélice d’ADN.

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Distordue et mise à plat, la molécule aurait l’aspect d’une très longue échelle dont les montants
sont formés par les désoxyriboses et les acides phosphoriques alors que les barreaux sont constitués de
paires de bases azotées complémentaires associées par des liaisons de faible énergie (liaison
hydrogène) :
- l’adénine toujours associée à la thymine par deux liaisons hydrogènes (A = T et T = A)
- la cytosine toujours associée à la guanine par trois liaisons hydrogènes (C ≡ G et G ≡ C)
Les deux brins de la double hélice d’ADN sont orientés en sens contraire : ils sont antiparallèles.

Figure : Représentation schématique d’une petite portion de la macromolécule d’ADN


NB : Bien que le rapport , le rapport et dépend de l’espèce.

IV - L’ADN : support universel de l’information génétique

A - La réplication de l’ADN

Avant d’entrer en mitose, une cellule doit dédoubler son matériel génétique ; ceci afin que chaque
cellule fille ait une copie conforme du matériel génétique de la cellule mère.

1 - Un dédoublement de la quantité d’ADN en interphase

Chaque chromosome à une chromatide se « fabrique » une deuxième chromatide en interphase :


on parle d’un dédoublement du matériel chromosomique. D’un point de vue génétique, ce phénomène
entraîne le dédoublement de la quantité d’ADN.
Cette synthèse se déroule dans le noyau à un moment de l’interphase nommé phase S (S =
synthèse).

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2 - Une réplication semi conservative de l’ADN : fig 4.7

Meselson et Stahl, grâce à leurs travaux sur la bactérie Escherichia coli, ont démontré que la
réplication de l’ADN se fait selon un modèle semi conservatif.
Les deux chaînes de la molécule d’ADN s’écartent par rupture des faibles liaisons reliant les
bases. Face à chacun des deux brins ainsi séparés, un brin nouveau est synthétisé par incorporation des
nucléotides dispersés dans la cellule.
Par le jeu de la complémentarité des bases, la chaîne de nucléotides néoformée est identique à la
chaîne perdue et chaque molécule fille d’ADN est ainsi une réplique parfaite de la molécule mère : elle
est constituée pour moitié d’un brin ancien conservé et pour moitié d’un brin nouveau, complémentaire
du précédent (C’est pourquoi on parle d’une semi conservation).
Au terme de cette synthèse, les deux chromatides possèdent exactement le même message
génétique.

Figure : Réplication semi conservative de l’ADN

TRAVAIL DEMANDE : Pourquoi dit-on que la réplication de l’ADN est semi conservative ?

NB : La réplication de l’ADN est catalysée par un complexe enzymatique appelé ADN polymérase.

B - Les acides ribonucléiques (ARN)

1 - Localisation

La localisation des ARN dans la cellule se fait par le test de Brachet. On utilise le mélange vert
de méthyle-pyronine :
- Le vert de méthyle colore l’ADN en vert dans le noyau
- La pyronine colore l’ARN en rose dans le cytoplasme

Page 28
On a pu ainsi démontré que dans le cytoplasme des cellules, il existe des acides nucléiques
différents de l’ADN : ce sont les ARN (Acides Ribonucléiques).
NB : Le qualificatif « nucléique » ne signifie pas ces molécules sont spécifiques au noyau. Il vient du fait
que les premières mises en évidence ont été faites dans le noyau.

2 - Comparaison entre ADN et ARN

Critère de comparaison ADN ARN


Acide Acide phosphorique Acide phosphorique
Désoxyribose (pentose de formule Ribose (pentose de formule
chimique brute C5H10O4) chimique brute C5H10O5).

Sucre

Puriques : A et G
Puriques (A et G) ;
Bases azotées Pyrimidiques : U et C
Pyrimidiques (T et C)
(U = Uracile)
Structure Bicaténaire (double brin) Monocaténaire (un seul brin)
Localisation Noyau Cytoplasme

3 - Les différents types d’ARN et leur rôle

Il existe trois types d’ARN à rôles différents :

a) L’ARNm ou ARN messager

C’est la copie d’un brin de l’ADN (appelé brin transcrit ou brin non codant). Il transporte le
message contenu dans l’ADN du noyau jusqu’au cytoplasme où ce message va permettre l’assemblage
des acides aminés en chaîne polypeptidique.

b) Les ARNt ou ARN de transfert

Ce sont de petites molécules formées de 70 à 80 nucléotides qui forment un monofilament torsadé.


Ils ont chacun une affinité avec un acide aminé précis qu’il est chargé de capter et de transférer au lieu de
synthèse de la protéine (cytoplasme).

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TRAVAIL DEMANDE : Combien de types différents d’ARNt peut-on avoir (au minimum) dans une
cellule ? Justifier.

c) Les ARNr ou ARN ribosomaux

Ce sont des regroupements de près de 4500 nucléotides qui s’associent aux protéines non
histones pour former les ribosomes, lesquels vont « traduire » le message de l’ARNm en assemblant les
acides aminés pour former la protéine indiquée.

C - La biosynthèse des protéines

Une protéine est une macromolécule constituée d’un enchaînement d’acides aminés. Comme il
existe 20 acides aminés différents, la diversité des protéines pouvant être synthétisées serait indéfinie si
l’agencement de ces acides aminés était hasardeux. Mais dans les systèmes biologiques, l’agencement des
acides aminés lors de la biosynthèse des protéines se fait selon un « code » imposé par l’information
génétique contenue dans l’ADN.
La biosynthèse d’une chaîne polypeptidique fait intervenir systématiquement deux mécanismes
successifs :
- La transcription de segments d’ADN en molécules d’ARNm
- La traduction de l’ARNm en polypeptide

1 - La transcription : fig 4.8

La transcription est la synthèse des ARN à partir de l’ADN. Elle se déroule dans le noyau chez les
cellules eucaryotes (NB : dans le cytoplasme chez les Procaryotes).
La transcription débute en une région de l’ADN appelée Promoteur. On assiste à une ouverture
des deux brins de l’ADN sous l’action d’un complexe enzymatique spécifique appelé ARN polymérase.
La polymérase progresse sur l’ADN en écartant les deux brins, ceci permet de copier sous forme
d’ARNm la séquence nucléotidique à transcrire (gène).
Après sa synthèse, l’ARN (molécule relativement courte) va traverser les pores nucléaires pour
se retrouver dans le cytoplasme où va se dérouler la traduction (translation).

2 - La traduction

La traduction est le décodage du message contenu dans l’ARNm en une chaîne protéique. C’est
la synthèse des protéines à partir de l’ARNm.

a) Le code génétique

Le code génétique est un système de correspondance existant entre la séquence des nucléotides de
l’ARNm et la séquence des acides aminés dans la protéine.

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Etant donné qu’il existe 20 acides aminés différents pour quatre bases azotées, il se pose un
problème : comment peut-on former 20 mots distincts (20 acides aminés) à partir d’un alphabet à 4 lettres
(4 nucléotides) ?
- 1ère hypothèse : En prenant les 4 nucléotides isolément (sous forme de monoplets), on ne peut désigner
que 4 acides aminés sur les vingt.
- 2ème hypothèse : En combinant les nucléotides deux à deux (sous forme de doublets), on peut désigner
42 = 16 acides aminés ; ce qui reste insuffisant.
- 3ème hypothèse : Si on combine les nucléotides trois à trois (sous forme de triplets), on peut former 43 =
64 combinaisons ; ce qui peut bien permettre de désigner les 20 acides aminés. Chacun de ces triplets de
nucléotide est appelé codon : c’est l’unité du code génétique.
Ces 64 codons devant servir à désigner 20 acides aminés différents, deux cas sont possibles :
er
1 cas : plusieurs codons vont désigner un même acide aminé : ce sont des codons synonymes.
2ème cas : 3 codons ne désignent aucun acide aminé : ce sont des codons non-sens ou codons stop ou
codons de ponctuation.

b) Les caractéristiques du code génétique

- Le code génétique est redondant ou dégénéré c'est-à-dire que plusieurs codons peuvent désigner le
même acide aminé.
- Le code génétique est non chevauchant c'est-à-dire que le message est lu sur l’ARNm triplet après
triplet d’un bout à l’autre de la chaîne d’ARNm.
- Le code génétique est univoque ou non ambigu c'est-à-dire qu’un codon désigne un seul et toujours le
même acide aminé
- Le code génétique est universel c’est-à-dire qu’il est identique chez tous les êtres vivants, à quelques
exceptions près.

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c) Les étapes de la traduction : fig 4.9

Elle se fait en trois étapes :

- L’initiation (étapes 1 et 2)

Elle débute toujours au niveau d’un codon AUG de l’ARNm. Ce codon initiateur (ou codon
début) détermine la mise en place :
* D’un ribosome qui s’assemble à partir de ses deux sous-unités
* De l’ARNt ayant lié la Méthionine

Figure 9 : Initiation de la synthèse

- L’élongation de la chaîne (étapes 3 et 4)

Un nouvel ARNt ayant lié un acide aminé quelconque viendra se positionner au niveau du
ribosome, selon leur anticodon. Ce positionnement est suivi :
* De la libération de l’ARNt fixé à l’autre site de l’ARN qui se décroche de son acide aminé
* De la création d’une liaison peptidique entre les deux acides aminés présents dans le ribosome
* Du déplacement relatif du ribosome par rapport à l’ARNm

Figure 10 : Elongation de la chaîne

- La terminaison de la synthèse (étapes 5 et 6)

La fin de la synthèse protéique se fait au niveau d’un codon stop :


* Les deux sous-unités du ribosome se séparent

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* La chaîne polypeptidique est libérée et la méthionine, premier acide aminé incorporé, est détaché de
cette chaîne.
NB : Chaque molécule d’ARNm sert de guide pour la fabrication de 10 à 20 molécules polypeptidiques
puis est détruite ; c’est donc une copie très éphémère du gène.

Figure 11 : Terminaison de la synthèse

D - Conclusion : le devenir des protéines synthétisées : fig 4.10

Les protéines synthétisées ont une double destination :


- Elles peuvent être utilisées par la cellule qui les a fabriqué : protéines du cytosol (enzymes,
transporteurs…). C’est le cas des protéines fabriqués au niveau des ribosomes libres dans le hyaloplasme.
- Elles peuvent être exportées hors de cette cellule et être utilisées ailleurs ou être enchâssées dans la
bicouche membranaire (cas des hormones, des enzymes digestives). Ces protéines sont fabriquées par les
ribosomes du REG.

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Chap V : Les mécanismes fondamentaux de la reproduction sexuée chez les
Mammifères
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Décrire l’organisation des appareils génitaux des Mammifères


 Décrire et expliquer les conséquences de la méiose
 Etablir la différence entre méiose et mitose
 Décrire les différentes phases de la gamétogenèse
 Etablir la différence entre spermatogenèse et ovogenèse
 Identifier, nommer et décrire les différentes étapes de la fécondation

INTRODUCTION

La reproduction est une fonction biologique très noble car elle assure la pérennité de l’espèce.
Chez les Mammifères, la fécondation est interne à l’organisme femelle. Après accouchement, on obtient
un individu qui ressemble morphologiquement à ses congénères, mais incapable de se prendre
directement en charge ; c’est pourquoi il doit être nourri de lait maternel.

I - Les appareils reproducteurs chez les Mammifères : cas de l’Homme

Les appareils reproducteurs mâle et femelle sont bâtis sur le même plan :
- Une paire de glandes génitales ou gonades
- Une paire de conduits génitaux ou gonoductes
- Un organe d’accouplement
- Les glandes génitales annexes

1 - Chez l’homme : fig 5.1 et 5.2

- Les gonades de l’homme sont deux testicules de forme ovoïde logés dans une poche extra-abdominale
appelée scrotum ou bourse. Ils élaborent des gamètes mâles appelés spermatozoïdes.
- Les conduits génitaux de l’homme sont : l’épididyme, le canal déférent ou spermiducte, l’urètre qui
traverse le pénis et débouche à l’extérieur par le méat urétral ou méat urogénital.
- Les glandes annexes de l’appareil reproducteur mâle sont : la prostate, les vésicules séminales et les
glandes de Cowper. Ces glandes élaborent le liquide séminal dans lequel baignent les spermatozoïdes.
- L’organe d’accouplement de l’homme est le pénis ou verge. Il sert à déposer le sperme dans le vagin de
la femme.

a) Le sperme et ses caractéristiques

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Le sperme est un liquide blanchâtre constitué du liquide séminal et des spermatozoïdes. L’étude
de sa composition est appelé spermocytogramme.
Un spermocytogramme normal possède les caractéristiques suivantes : le volume de l’éjaculat est
de 2 à 6 mL ; le sperme est visqueux ; le pH est compris entre 7,2 et 8 ; on compte en moyenne 40 million
de spermatozoïdes/mL (20 à 250 M/mL) ; une heure après éjaculation plus de 50% de spermatozoïdes
doivent avoir une mobilité normale et un déplacement progressif, 75% doivent être vivants, 50% doivent
avoir une bonne forme.

b) Les anomalies du sperme

La stérilité est l’inaptitude à se reproduire causée par une déficience du sperme (elle est différente
de la dysfonction érectile ou impuissance qui est lié à un problème d’érection pénienne). Parmi les causes
de la stérilité, on peut citer :
- L’aspermie est l’absence d’éjaculat : elle est due soit à une éjaculation rétrograde ou à une
anéjaculation.
- L’azoospermie est l’absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat
- L’oligospermie est l’insuffisance de spermatozoïdes dans l’éjaculat. On dénombre moins de 20 M/mL
de sperme
- On note aussi des spermatozoïdes immobiles (asthénozoospermie) ; des spermatozoïdes malformés
(tératozoospermie) ; des spermatozoïdes morts (nécrozoospermie).

2 - Chez la femme : fig 5.3 et 5.4

- Les gonades de femme sont deux ovaires logés dans la région inférieure de l’abdomen. Ils produisent les
gamètes femelles appelés ovocytes II.
- Les gonoductes de la femme sont : un vagin ; un utérus et deux oviductes (trompes de Fallope) qui
partent de l’utérus et se terminent près des ovaires par un pavillon.
- Les glandes annexes de la femme sont : la glande de Bartholin et la glande de Skene.
- L’organe d’accouplement de la femme est le vagin. Il sert de réceptacle au sperme.
- Les structures externes de l’appareil génital femelle constituent la vulve. Ce sont : les grandes et petites
lèvres, le clitoris, les orifices génital et urinaire.

a) Les anomalies de l’appareil reproducteur femelle

Elles sont nombreuses et complexes.


- Les malformations utérines et vaginales : obturation de l’utérus, utérus et /ou vagin double, utérus
bicorné…
- Les anomalies de la menstruation :
* Les aménorrhées : c’est l’absence anormale des règles. Rappelons que les règles sont normalement
absentes au cours d’une grossesse.

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* L’oligoménorrhée ou ménorragie ou syndrome hypomenstruel : menstruation insuffisante et non
fréquentes
* Le syndrome hypermenstruel : augmentation de la quantité et de la durée du flux (écoulement)
menstruel.
* La saignée utérine dysfonctionnelle : règles sans ovulation. Il est noté que les règles sont sans
ovulation les premiers mois qui suivent la puberté ou pendant la lactation et la ménopause.
* L’algoménorrhée ou dysménorrhée : menstruations douloureuses. Elle peut être due à un
développement du tissu utérin endométrial hors de la muqueuse utérine (endométriose) ou à une
malformation et malposition de l’utérus.

II - La gamétogenèse

Les gamètes sont formés dans les gonades (testicules et ovaires) au cours d’un processus appelé
gamétogenèse. Les gamètes chez l’homme sont les spermatozoïdes et chez la femme on a les ovocytes II.
La gamétogenèse se déroule en quatre étapes : la multiplication, l’accroissement, la maturation et
la différenciation cytologique.

1 - La méiose et le passage de la diploïdie à l’haploïdie

Le passage à l’haploïdie est un phénomène essentiel à la gamétogenèse. Tout organisme issu de la


reproduction sexuée provient du développement d’une cellule œuf diploïde. L’œuf provient de la fusion
de deux cellules sexuelles ou gamètes (lors de la fécondation) qui, par conséquent ne peuvent pas
posséder l’état diploïde (sinon on aurait un œuf à 2n + 2n = 4n chromosomes).
Au cours de la gamétogenèse, un phénomène complexe appelé méiose entraîne le passage à l’état
haploïde afin que l’œuf qui va se former après fécondation soit diploïde.
La méiose est une suite de deux divisions cellulaires successives, la première division est
réductionnelle et sépare les chromosomes homologues alors que la deuxième est équationnelle et sépare
les chromatides sœurs de chaque chromosome.

a) La première division de méiose ou division réductionnelle

Elle comporte quatre phases : la prophase I, la métaphase I, l’anaphase I et la télophase I


- La prophase I se déroule de la même manière que la prophase de mitose (disparition du nucléolemme et
des nucléoles, formation des asters…), mais ici il se produit un phénomène : les chromosomes
homologues de chaque paire se rapprochent et s’apparient pour former des bivalents (car formés de
l’association de deux chromosomes homologues) ou tétrades (car constitués de quatre chromatides). Il
peut se produire des échanges de fragments de chromosomes homologues pendant cette période : c’est le
phénomène de crossing-over ou enjambement.
- La métaphase I est caractérisé par la formation de la plaque équatoriale : les bivalents se disposent à
égale distance des pôles de la cellule (équateur).

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- L’anaphase I se caractérise par l’ascension polaire : les bivalents se disjoignent de façon à ce que
chaque chromosome homologue d’un même bivalent migre l’un à un pôle et l’autre à l’autre pôle.
- La télophase I est caractérisée par la séparation des cellules filles ayant chacune la moitié du stock
chromosomique de la cellule mère. Les mécanismes de cytodiérèse sont identiques que dans le cas d’une
mitose : étranglement chez la cellule animale ou formation du phragmoplaste chez les végétaux.
NB : Après cette première division de méiose, on obtient deux cellules filles possédant n chromosomes à
deux chromatides.

b) La deuxième division de méiose ou division équationnelle

Son déroulement est identique à celui d’une mitose normale.


- La prophase II est presque inexistante et confondue avec la télophase I. On assiste simplement à un
rétablissement des fuseaux de division.
- La métaphase II est caractérisée par la disposition des chromosomes à deux chromatides sur la plaque
équatoriale
- L’anaphase II est caractérisée par la séparation des chromatides sœurs et leur migrations aux pôles
opposés de la cellule.
- La télophase II se caractérise par la séparation des cellules filles haploïdes (n chromosomes) et à une
seule chromatide.

2 - La spermatogenèse : fig 5.5 et 5.6

La spermatogenèse est le processus de formation des spermatozoïdes. Elle se déroule dans les
testicules, dans un tissu particulier en forme de tube appelé tubes séminifères. C’est un processus
continu qui débute chez le jeune pubère et s’arrête à la mort. Il est à noter que la fabrication des
spermatozoïdes diminue chez la personne âgée : c’est l’andropause. Il faut environ 74 jours pour qu’un
spermatozoïde soit fabriqué dans le testicule.
Les quatre étapes de la spermatogenèse sont :
- La multiplication : les cellules souches des spermatozoïdes appelées spermatogonies à 2n
chromosomes subissent des mitoses successives pour donner d’autres spermatogonies identiques.
- L’accroissement : certaines spermatogonies arrêtent de se multiplier ; dupliquent leur ADN, grossissent
et prennent le nom de spermatocytes I (à 2n chromosomes).
- La maturation : cette étape correspond à la méiose. La première division de méiose transforme le
spermatocyte I en spermatocyte II (à n chromosomes possédant 2 chromatides), puis la deuxième division
de méiose transforme le spermatocyte II en spermatides (à n chromosomes possédant une seule
chromatide).

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- La différenciation cytologique ou spermiogénèse : c’est l’ensemble des transformations cytologiques
que subit la spermatide pour devenir spermatozoïde. Il apparaît le flagelle et l’acrosome. On note aussi
une réduction du cytoplasme et un effilement de la tête du spermatozoïde.
NB : La croissance et la nutrition des spermatozoïdes en formation sont assurées par un groupe cellulaires
des tubes séminifères appelé cellules de Sertoli. On définit spermiation comme étant la libération d’un
spermatozoïde par sa cellule de Sertoli.
Chez les Mammifères en générale (Homme inclut), les spermatozoïdes ne sont pas capables de
féconder un ovocyte II dès leur éjaculation. Ils vont acquérir cette aptitude fécondant dans les voies
génitales femelles, au cours de leur transit vers l’ampoule : c’est la capacitation.

3 - L’ovogenèse : fig 5.7 et 5.8

L’ovogenèse est le processus de formation de l’ovocyte II. Elle se déroule dans les ovaires. A
l’opposé de la spermatogenèse, c’est un phénomène discontinu qui débute chez un individu au stade
embryonnaire et se termine à la ménopause.
Les étapes de l’ovogenèse sont :
- La multiplication : dans l’ovaire embryonnaire, les ovogonies (cellules souches des ovocytes II)
subissent de nombreuses mitoses pour donner d’autres ovogonies identiques.
- L’accroissement : toujours dans l’ovaire embryonnaire, toutes les ovogonies stoppent leurs
multiplications mitotiques, dupliquent leur ADN, grossissent et prennent le nom d’ovocyte I.
NB : A la naissance, la jeune fille possède un stock limité d’ovocyte I (sensiblement égale à un million) ;
lorsque ce stock sera épuisé vers 45 à 55 ans, on parlera de ménopause.
- La maturation : cette étape correspond à la méiose. Chez la femme, cette méiose est discontinue, car le
fonctionnement de l’appareil reproducteur femelle est cyclique.
* Dans l’ovaire embryonnaire, les ovocytes I entament la première division de méiose qui reste bloquée
en prophase I. Ils s’entourent de quelques cellules folliculaires pour former les follicules primordiaux.
* A partir de la puberté, un certain nombre de follicules primordiaux continuent leur maturation ; ils
évoluent en follicules primaires, secondaires puis tertiaires (follicule cavitaire). Pendant ce même temps,
l’ovocyte I continu la méiose, on obtient un ovocyte II et un premier globule polaire (qui va dégénérer).
L’ovocyte II entame la deuxième division de méiose, mais reste bloqué en métaphase II. Cet ovocyte II
est contenu dans le follicule mûr ou follicule de Degraaf.
NB : La différenciation n’existe pas chez la femme. A l’ovulation, c’est l’ovocyte II qui est pondu. Le
follicule de Degraaf ayant libéré l’ovocyte II se transforme en corps jaune. L’ovogenèse se déroule de
manière cyclique et à chaque cycle, on a une réduction du stock d’ovocyte I.

III - Les étapes de la fécondation chez les Mammifères : fig 5.9

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Chez les Mammifères, les gamètes se rencontrent dans les voies génitales femelles. Chez la
femme, la fécondation a lieu au niveau du tiers supérieur des trompes de Fallope (région appelée
ampoule). Ce mode de fécondation interne nécessite l’introduction des gamètes mâles dans les voies
génitales de la femme, introduction qui peut se faire de deux manières : soit par un rapport sexuel (coït),
soit de manière artificielle (insémination artificielle).

1 - Le rapprochement des gamètes

A l’éjaculation, quelques 20 à 40 millions de spermatozoïdes sont projetés au fond du vagin ; ils


pénètrent dans l’utérus, remontent les trompes de Fallope jusqu’à l’ampoule où ils rencontrent l’ovocyte
II.

2 - La pénétration d’un spermatozoïde dans l’ovocyte II

Parmi le grand nombre de spermatozoïdes qui arrive au niveau de l’ampoule, un seul pénètre dans
l’ovocyte II. Cette pénétration est rendu possible par les enzymes (hyaluronidase et acroronidase)
contenues dans l’acrosome du spermatozoïde, qui vont digérer la zone pellucide de l’ovocyte II. Le
spermatozoïde prend ainsi contact avec le cytoplasme ovocytaire où il va libérer son noyau.
La pénétration du spermatozoïde provoque le réveil physiologique de l’ovocyte II : on note la
reprise de l’activité biochimique qui achève la deuxième division de méiose avec la libération du
deuxième globule polaire (qui va dégénérer).
NB : Chez les Mammifères en général, un seul spermatozoïde pénètre dans l’ovocyte II ; la polyspermie
(pénétration de plus d’un spermatozoïde) est rare et létale. Pour bloquer la polyspermie, plusieurs
mécanismes sont mis en jeu dont les plus importants sont la rétraction des cellules folliculaires de la
corona radiata et l’exocytose des granules corticaux.

3 - L’amphimixie ou caryogamie (fusion des noyaux)

Dans le cytoplasme de l’ovocyte II se trouvent deux noyaux haploïdes. Chacun de ces noyaux
augmente de volume et devient un pronoyau (pronucléus) : le pronucléus mâle et le pronucléus femelle.
Les deux pronucléi se rapprochent et fusionnent pour former un noyau unique : c’est la
caryogamie ou amphimixie. On obtient un œuf diploïde (appelé zygote) qui sera à l’origine d’un
organisme entier.
NB : Au cours de la gamétogenèse, la méiose assure le passage de la diploïdie à l’haploïdie ; on
obtient alors des gamètes haploïdes. Au cours de la fécondation, l’amphimixie assure la fusion de deux
gamètes haploïdes ; on revient alors à la diploïdie : On peut dire que la méiose et la fécondation sont deux
phénomènes compensatoires.

Page 39
Chap VI : Le brassage génétique au cours de la reproduction sexuée
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :
 Relever les notions de gène et allèles
 Expliquer les notions de dominance, codominance, récessivité
 Utiliser un échiquier de Punnet pour expliquer la transmission des caractères d’une génération à
l’autre
 Relever que les mutations géniques sont à l’origine de nouveaux allèles

INTRODUCTION

La reproduction nous permet de nous prolonger dans nos fils et nos filles. En effet par le biais de
la sexualité, nous transmettons grâce à une minuscule cellule haploïde (gamète) notre patrimoine
génétique à notre descendance. C’est pourquoi les enfants d’un couple ressemblent plus ou moins à leurs
parents (proches ou lointains).
L’hérédité est transmission des caractères d’un être vivant à sa descendance par le biais de la
sexualité. La génétique est la science de l’hérédité.
C’est un moine autrichien nommé Gregor Mendel qui a étudié de manière statistique et très
scientifique la transmission des caractères héréditaires de génération en génération. Ses travaux lui ont
permis d’énoncer trois lois considérées aujourd’hui comme des lois universelles d’hérédité : ce sont les
lois de Mendel.

I - Vocabulaire génétique

- un gène est une portion d’ADN qui code pour un caractère donné. Il est à noter que chez un individu
diploïde (2n chromosomes), un gène est représenté en deux exemplaires sur les deux chromosomes
homologues.
- les allèles sont les différentes versions d’un même gène. Par exemple si on considère le gène qui code
pour le caractère « couleur de la peau », on peut avoir l’allèle qui traduit la couleur noire, l’autre qui
traduit la couleur blanche…
- soit deux allèles « a » et « b » d’un gène :
* si un individu possède les deux allèles sur ses chromosomes (a//b), on dit qu’il est hétérozygote.
* si par contre il ne possède qu’un seul allèle sur ses deux chromosomes homologues (a//a ou
b//b), on dit qu’il est homozygote.
- l’hybridation est le croisement entre deux parents de race pure (homozygotes) et d’allèles différents.
a//a x b//b. Le résultat de ce croisement est un individu hétérozygote (a//b) appelé hybride.

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- le phénotype est l’ensemble des caractères exprimables d’un individu. Il peut être visible (couleur de la
peau, forme du nez…), il peut être non visible (groupes sanguins, complexe majeur
d’histocompatibilité…). On note le phénotype entre les crochets. Exemple [A].
- le génotype est l’ensemble des gènes d’un individu. C’est le patrimoine héréditaire.
- un allèle dominant est un allèle qui s’exprime toujours dans le phénotype. Il est noté en majuscule en
utilisant la première lettre du mot. Exemple, si l’allèle qui code pour le rouge est dominant, il est noté R.
- un allèle récessif est un allèle qui ne s’exprime dans le phénotype qu’à l’état homozygote. Il est noté en
minuscule en utilisant la première lettre du mot. Par exemple si l’allèle qui code pour le bleu est récessif,
on le note b. Ainsi, si un individu a pour phénotype [R], son génotype sera R//R ou R//b ; s’il a pour
phénotype [b], son génotype ne peut qu’être b//b.
- chez l’Homme, il existe 23 paires de chromosomes, soit 22 paires d’autosomes (chromosomes
somatiques) et une paire de gonosomes (chromosomes sexuels : XX chez la femme et XY chez
l’homme). De même chez toutes les espèces diploïdes, il existe une paire de gonosomes, le reste étant des
chromosomes somatiques.

II - Lois statistiques de la transmission des caractères héréditaires : lois de Mendel

A - Hérédité autosomale

1 - Le monohybridisme

Le monohybridisme est l’étude de la transmission d’un seul caractère héréditaire.

a) Le monohybridisme avec dominance

Expérience : on croise deux lignées pures de souris, l’une à pelage gris et l’autre à pelage blanc. Toutes
les souris obtenues sont à pelage gris. Si l’on croise les hybride de la première génération entre eux, on
obtient les résultats suivants à la deuxième génération : 75% (ou ¾) de souris à pelage gris et 25% (ou ¼)
de souris à pelage blanc.
Analyse et interprétation :
- les individus croisés diffèrent par un seul caractère (couleur du pelage) : il s’agit d’un
monohybridisme.
- à la F1 (première génération), toutes les souris obtenues ont un pelage gris : il y a donc dominance de
l’allèle gris sur l’allèle blanc.

Phénotype des parents : souris grise [G] x souris blanche [b]


Génotype des parents : G//G b//b

Gamètes formés : 100% G/ 100% b/

Génération 1 (F1) : 100% G//b 100% [G]

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- à la deuxième génération (F2), on a une réapparition de la couleur blanche du pelage.

F1 x F1 : souris grise [G] x souris grise [G]


Génotype : G//b G//b

Gamètes formés : 50% (ou ½) G/ et 50% (ou ½) b/ 50% (ou ½) G/ et 50% (ou ½) b/
Echiquier de croisement :
♂ Résultats génotypiques Résultats phénotypiques
50% (ou ½) G/ 50%(ou ½) b/
♀ 25% G//G
50% G//b 75%(ou ¾) [G]
50% (ou ½) G/ 25%(ou ¼) G//G 25%(ou ¼) G//b
50%(ou ½) b/ 25%(ou ¼) G//b 25%(ou ¼) b//b 25% b//b 25%(ou ¼) [b]

Remarque : à la suite du croisement des individus de la F2, le généticien se trouve confronté à un


problème. En effet les souris grise de la F2 peuvent avoir deux génotypes possibles (homozygote G//G ou
hétérozygote G//b). Pour distinguer les individus homozygotes de ceux hétérozygotes (ie vérifier la pureté
des individus), il va réaliser un croisement test (test-cross ou back-cross). Pour cela les individus gris de
la F2 seront croisés avec un parent récessif (souris à pelage blanc).

1er cas : [G] x [b] 2ème cas : [G] x [b]

100% [G] 50% [G] et 50% [b]

On conclut que dans le premier cas l’individu de la F2 était un homozygote alors que dans le
deuxième cas l’individu était un hétérozygote.

Exercice d’application 1 : Mendel dispose de deux races pures de pois différentes par un seul caractère.
L’une à graines lisses et l’autre à graines ridées. Le croisement entre deux individus de ces lignées (graine
lisse x graine ridée) donne à la première génération tous les pois à graines lisses. L’autofécondation de
ces pois de la première génération (F1 x F1) donne à la deuxième génération 200 graines dont 149 lisses et
51 lisses. Pour le troisième croisement, il récupère une graine lisse de la F2 qu’il croise avec un parent à
graines ridées ; il obtient autant de graines lisses que de graines ridées.
1 - de quel type d’hybridation s’agit-il ? Justifier la réponse.
2 - identifier en justifiant l’allèle dominant et l’allèle récessif
3 - nommer le troisième croisement
4 - à l’aide d’un échiquier de croisement, interpréter les résultats obtenus à la F2 et F3.

b) Le monohybridisme avec interdominance ou codominance (sans dominance)

Expérience : on croise une poule au plumage blanc avec un coq noir tous deux de race pure. On obtient
en F1 uniquement des oiseaux au plumage bigarré (blanc-noir). En croisant entre eux un coq et une poule
de la F1, on obtient une génération F2 dont la composition est la suivante : 50% d’oiseaux au plumage
bigarré, 25% d’oiseaux au plumage blanc et 25% d’oiseaux au plumage noir.

Analyse et interprétation :

Page 42
- les individus croisés diffèrent par un seul caractère (couleur du plumage) : il s’agit d’un
monohybridisme.
- à la F1, tous les oiseaux obtenus ont un même plumage, mais ce plumage n’est ni celui du père ni celui
de la mère : il y a donc interdominance ; les deux allèles sont notés en majuscule B et N.

Phénotype des parents : Poule blanche [B] x Coq noir [N]

Génotype des parents : B//B N//N

Gamètes formés : 100% B/ 100% N/

Génération 1 (F1) : 100% B//N 100% [bigarré]

- à la deuxième génération, on a une réapparition des couleurs des parents.

F1 x F1 : Poule bigarrée x Coq bigarré


Génotype : B//N B//N

Gamètes formés : 50% (ou ½) B/ et 50%(ou ½) N/ 50% (ou ½) B/ et 50%(ou ½) N/

Echiquier de croisement :
Résultats génotypiques Résultats phénotypiques

25% B//B 25% [B]
♀ 50% (ou ½) B/ 50%(ou ½) N/
50% (ou ½) B/ 25%(ou ¼) B//B 25%(ou ¼) B//N 50% B//N 50% [Bigarré]
50%(ou ½) N/ 25%(ou ¼) B//N 25%(ou ¼) N//N 25% N//N 25% [N]

Exercice d’application 2 : On croise une gueules-de-loup (muflier) à fleurs rouges avec une gueules-de-
loup à fleurs blanches, toutes de race pure. On obtient en F1 uniquement des gueules-de-loup à fleurs
roses. En croisant des gueules-de-loup à fleurs roses entre elles, on obtient une génération F2 dont la
composition est la suivante : 25% de gueules- de-loup à fleurs rouges, 50% de gueules-de-loup à fleurs
roses et 25 % de gueules-de-loup à fleurs blanches.
1 - Quel (s) est (sont) le (s) caractère (s) étudié (s) ici ?
2 - De quel type d’hybridation s’agit-il ?
3 - Interpréter les résultats obtenus en F1 et en F2

c) Conclusion sur l’étude du monohybridisme

Dans les deux cas étudiés ci-dessus, on constate que :


- tous les individus de la première génération sont identiques. Soit ils ressemblent à l’un des parents (cas
de dominance), soit ils ne ressemblent à aucun parent (cas de codominance). Cette uniformité des
hybrides de la F1 est la première loi de Mendel.

Page 43
- les pourcentages des différents phénotypes obtenus en F2 s’expliquent parfaitement si l’on admet qu’un
gamète ne porte qu’un seul allèle du gène : c’est la deuxième loi de Mendel intitulée loi de disjonction
ou ségrégation des caractères allélomorphes ou loi de pureté des gamètes.

2 - Le dihybridisme

Le dihybridisme est l’étude de la transmission simultanée de deux caractères héréditaires. On a


deux cas possibles :
- les deux gènes peuvent être indépendants, ie portés par deux paires de chromosomes homologues
différents. Dans ce cas on note le génotype a//a’ b//b’.
- les deux gènes peuvent plutôt être portés par la même paire de chromosomes homologues. On dit que
les gènes sont liés et on note le génotype ab//a’b’.

a) Le dihybridisme avec gènes indépendants

Expérience : Mendel dispose de deux races pures de pois différentes par deux caractères : l’une à graines
lisses et jaunes, l’autre à graines ridées et vertes. Lorsqu’il croise ces deux variétés, il obtient une
première génération (F1) constituée de pois à graines lisses et jaunes. Le croisement des graines de la F1
entre elles donne à la deuxième génération : 9/16 de graines lisses et jaunes ; 3/16 de graines lisses et
vertes, 3/16 de graines ridées et jaunes et 1/16 de graines ridées et vertes.
Analyse et interprétation :
- les individus croisés diffèrent par deux caractères (forme et couleur des graines) : il s’agit d’un
dihybridisme.
- à la F1, toutes les graines obtenues sont lisses et jaunes (la 1ère loi de Mendel est vérifiée) : les allèles
dominants sont lisse (L) et jaune (J) et les allèles récessifs sont ridé (r) et vert (v).
- la deuxième génération (issue du croisement F1 x F1) est constituée de quatre phénotypes de proportions
caractéristiques des gènes indépendants : 9/16 ; 3/16, 3/16 et 1/16. Ce polymorphisme s’explique par une
ségrégation des deux couples d’allèles lors de la formation des gamètes (brassage inter
chromosomique) : c’est la troisième loi de Mendel intitulée loi de disjonction indépendante des
caractères allélomorphes.

Phénotype des parents : [LJ] x [rv]


Génotype des parents : L//L J//J r//r v//v

Gamètes formés : 100% L/ J/ 100% r/ v/

Génération 1 (F1) : 100% L//r J//v 100% [LJ]

F1 x F1 : L//r J//v x L//r J//v

Gamètes formés : ¼ L/ J/ ; ¼ r/ v/ ; ¼ r/ J/ ; ¼ L/ v/ ¼ L/ J/ ; ¼ r/ v/ ; ¼ r/ J/ ; ¼ L/ v/

Page 44
Echiquier de croisement :

♂ Résultats F2
¼ L/ J/ ¼ r/ v/ ¼ r/ J/ ¼ L/ v/
♀ 9/16 [LJ]
¼ L/ J/ L//L J//J L//r J//v L//r J//J L//L J//v 3/16 [Lv]
¼ r/ v/ L//r J//v r//r v//v r//r J//v L//r v//v
3/16 [rJ]
¼ r/ J/ L//r J//J r//r J//v r//r J//J L//r J//v
¼ L/ v/ L//L J//v L//r v//v L//r J//v L//L v//v 1/16 [rv]

b) Les exceptions aux lois de Mendel : le dihybridisme avec gènes liés

La liaison génétique peut être totale (il n’y a pas d’échange de fragments de chromosomes
homologues), on parle de linkage absolu. La liaison génétique peut être partielle (il y a échange des
fragments de chromosomes homologues), on parle de linkage partiel.

Expérience : Morgan dispose de deux lignées pures de drosophile (mouche domestique) : l’une à corps
gris et ailes longues, l’autre à corps noir et ailes vestigiales. Le croisement entre deux individus de ces
lignées donne à la F1 100% de drosophiles à corps gris et ailes longues. Le croisement des hybrides de la
F1 entre eux donne 3/4 de drosophiles à corps gris et ailes longues et 1/4 de drosophiles à corps noir et
ailes vestigiales.
Ces résultats sont surprenants, car traduisent plutôt un monohybridisme avec dominance (3/4 et
1/4).
Phénotype des parents : [GL] x [nv]
Génotype des parents : GL//GL nv//nv

Gamètes formés : 100% GL/ 100% nv/

Génération 1 (F1) : 100% GL//nv 100% [GL]

F1 x F1 : GL//nv x GL//nv

Gamètes formés : ½ GL/ ; ½ nv/ ½ GL/ ; ½ nv/

Echiquier de croisement :
Résultats génotypiques Résultats phénotypiques

½ GL/ ½ nv/ 25% GL//GL
♀ ¾ [GL]
50% GL//nv
½ GL/ ¼ GL//GL ¼ GL//nv
½ nv/ ¼ GL//nv ¼ nv//nv 25% nv//nv ¼ [nv]

Morgan procède donc à deux tests cross pour vérifier ses résultats.

Page 45
 Test cross № 1 : première exception aux lois de Mendel

Expérience : Morgan croise un hybride mâle de la F1 avec une drosophile femelle double récessive
(corps noir et ailes vestigiales). Il obtient ½ de drosophiles à corps gris et ailes longues et ½ de
drosophiles à corps noir et ailes vestigiales.
Analyse et interprétation :
- on a affaire ici à un dihybridisme avec dominance
- le résultat obtenu s’explique par le fait que pendant la gamétogenèse, il n’y a pas séparation des
caractères allélomorphes : on dit que le linkage est absolu.

♂ GL//nv x ♀ nv//nv

Gamètes formés : ½ GL/ ; ½ nv/ 100% nv/

Echiquier de croisement :
Résultats génotypiques Résultats phénotypiques
♂ 50% GL//nv 50% [GL]
½ GL/ ½ nv/

50% nv//nv
100% nv/ ½ GL//nv ½ nv//nv 50% [nv]

 Test cross № 2 : deuxième exception aux lois de Mendel

Expérience : Morgan croise un hybride femelle de la F1 avec un mâle double récessif (corps noir et ailes
vestigiales). Il obtient 46,5 % de drosophiles à corps gris et ailes longues ; 3,5 % de drosophiles à corps
gris et ailes vestigiales ; 3,5 % de drosophiles à corps noirs et ailes longues et 46,5 % de drosophiles à
corps noir et ailes vestigiales.
Analyse et interprétation :
Ces résultats sont différents de ceux obtenus ci-haut lors du premier test cross ; on constate
l’apparition de quatre phénotypes. La disjonction des caractères allélomorphes ici n’est pas indépendante
(si c’était le cas on aurait 9/16, 3/16, 3/16, 1/16).
Un tel résultat pour Morgan ne peut s’expliquer que par un phénomène de crossing over ou
enjambement. Le crossing over se déroule pendant la prophase I de méiose, lorsque les chromosomes
homologues ont formés les bivalents : il se produit des échanges de segments porteurs d’allèles différents
du même gène (brassage intrachromosomique).
La liaison génétique n’est donc pas absolue chez la femelle de drosophile (comme chez le mâle) ;
elle est partielle.

♀ GL//nv x ♂ nv//nv

Gamètes formés : GL/ ; nv/ ; Gv/ ; nL/ 100% nv/

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Echiquier de croisement :

♀ 100% nv/ Résultats
46,5% GL/ 46,5% GL//nv - parentaux : 46,5% [GL] ; 46,5% [nv]
46,5% nv/ 46,5% nv//nv
- recombinés : 3,5% [Gv] ; 3,5% [nL]
3,5% Gv/ 3,5% Gv//nv
3,5% nL/ 3,5% nL//nv

Le pourcentage des individus recombinés est de 3,5 + 3,5 = 7%.


Remarque : à partir de la somme des proportions des individus à phénotypes recombinés, on peut établir
la carte factorielle ou carte génotypique. C’est la représentation schématique de la distance qui sépare
deux gènes liés avec pour unité le centimorgan (CM). Par convention, un centimorgan est la distance qui
sépare deux gènes liés pour que le taux de recombinaison soit égal à 1%.
Dans le cadre de notre expérience, le pourcentage des recombinés est de 7%, cela signifie que la
distance entre le gène qui code pour le caractère « couleur du corps » et celui qui code pour le caractère
« taille des ailes » est de 7 CM.

G 7 CM L

Exercice d’application 3 : On dispose de deux variétés de Maïs, l'une à graines noires et lisses (notée
V1) et l’autre à graines jaunes et ridées (notée V2), Ces deux variétés V1 et V2 sont croisées entre elles et
donnent une descendance F1 toute homogène. Le croisement F1 x V2 donne : 802 graines noires lisses,
798 graines jaunes ridées, 196 graines noires ridées, 204 graines jaunes lisses.
1 - proposez en la justifiant une hypothèse génétique expliquant ces résultats (nombre de gènes,
dominance, localisation sur le(s) chromosome(s)). Calculez s'il y a lieu, la distance génétique
2 - précisez le phénotype et le génotype des graines de la F1
3 - expliquez à l'aide de représentations chromosomiques les résultats du croisement F1 x V2.

B - Hérédité gonosomale

Un gène est lié au sexe s’il est situé sur le chromosome X ou sur le chromosome Z.
Expérience : Morgan croise une drosophile à œil rouge avec une drosophile à œil blanc

Premier croisement : ♀ à yeux rouges XrXr x XbY ♂ yeux blancs

Xr Xb ; Y Résultats
50% ♀ [yeux rouges]
XrXb XrY 50% ♂ [yeux rouges]

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Deuxième croisement : ♂ à yeux rouges XrY x XbXb ♀ yeux blancs

Xr ; Y Xb Résultats
50% ♀ [yeux rouges]
XrXb XbY 50% ♂ [yeux blancs]

On comprend donc que l’unique chromosome X du mâle provient de la mère, c’est pourquoi les
fils ressemblent à leur mère. Chez ces fils, les gènes portés par X se manifestent toujours, même s’ils sont
récessifs puis qu’aucun allèle correspondant n’existe sur Y. de même si le chromosome X du père porte
une anomalie, toutes les filles seront porteuses de cette anomalie (porteuses saines ou porteuses malades).

II - Origine des nouveaux allèles : les mutations

Au sein d’une population, de nombreux gènes existent sous plusieurs formes appelées allèles.
L’origine de ces allèles est la modification accidentelle du patrimoine génétique appelée mutation.
On distingue deux types de mutations : les mutations ponctuelles et les mutations
chromosomiques.

1 - Les mutations ponctuelles ou mutations géniques

La modification ici n’affecte qu’un seul gène, le plus souvent au niveau d’un seul nucléotide. On
en distingue quatre types :
- la délétion des nucléotides : elle se traduit par la perte d’un nucléotide dans la séquence de l’ADN.
- l’insertion des nucléotides : elle se traduit par l’ajout d’un nucléotide dans la séquence de l’ADN.
- l’inversion des nucléotides : elle se traduit par le retournement d’un triplet de nucléotides dans la
séquence de l’ADN.
- la substitution des nucléotides : elle se traduit par le remplacement d’un nucléotide par un autre

2 - les mutations chromosomiques

La modification porte sur le nombre de chromosome ou sur la structure d’un chromosome. On


distingue :
- la polyploïdie : ici la garniture chromosomique est 3n, 4n, 5n… la polyploïdie chez les animaux est rare
et létale (ie que l’individu polyploïde est non viable). Elle est fréquente chez les végétaux.
- les polysomies : ici note une ou plusieurs chromosomes surnuméraires au niveau d’une seule paire de
chromosomes. Exemple : le syndrome de Down (trisomie 21) ; le syndrome de Klinefelter (trisomie
XXY)
- les monosomies : ici on a un chromosome en moins au niveau d’une paire de chromosomes. Exemple :
la monosomie X ou syndrome de Turner.
- la translocation : c’est l’échange de fragments chromosomiques entre chromosomes non homologues.

Page 48
Chap VII : Quelques aspects de la génétique humaine
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Relever quelques cas de maladies héréditaires chez l’Homme et expliquer leur déterminisme
 Relever qu’il est nécessaire de faire des examens prénuptiaux et prénataux

INTRODUCTION

L’hérédité chez l’Homme obéit aux mêmes lois de Mendel étudiés antérieurement. Mais à cause
de certaines difficultés, les méthodes expérimentales de Mendel ne peuvent être appliquées ici avec
succès. Ainsi la plupart des études portent sur des cas pathologiques.

I - Quelques problèmes posés par l’hérédité humaine

La génétique humaine cherche à évaluer le risque (ou la probabilité) d’apparition de certaines


maladies héréditaires au sein d’une population. Le généticien rencontre plusieurs difficultés lors de ses
investigations.
- la fécondité est faible : l’espèce humaine est très peu féconde en comparaison à d’autres espèces.
Exemple : un enfant par portée chez la femme contre 13 chez la ratte.
- une génération humaine a une longue durée (25 ans) : il est donc difficile, voire impossible de suivre la
transmission d’un caractère sur plusieurs générations.
- les croisements dirigés sont impossibles : on ne peut imposer les mariages pour des besoins
scientifiques (même le suivie d’une maladie se fait par accord du patient).
- l’Homme a un nombre très élevé de chromosomes. 2n = 46 223 types de gamètes
possibles.
- l’Homme n’est pas un matériel expérimental : problème éthique.
- les interruptions volontaires de grossesse et les grossesses adultérines

II - Méthodes utilisées en génétique humaine

On distingue : les diagnostics prénuptiaux, l’analyse du caryotype, de l’ADN, l’étude de l’arbre


généalogique (pedigree).

1 - Les diagnostics prénuptiaux

Le but ici est de détecter la présence d’un allèle morbide chez deux individus avant le mariage.
Ex : la technique d’électrophorèse permet de mettre en évidence l’allèle HbS de l’hémoglobine
responsable de la drépanocytose.

2 - L’analyse du caryotype et de l’ADN

Page 49
On utilise ici des techniques de biologie moléculaire pour analyser le caryotype, afin de détecter
les anomalies génétiques.
3 - L’arbre généalogique ou Pedigree

Le Pedigree est la représentation conventionnelle des liens qui unissent les différents membres
d’une famille. Son établissement nécessite l’interrogatoire d’un membre de la famille concerné.
Il existe plusieurs signes dans un Pedigree : = homme sain ; = femme saine ; = homme
ou femme malade ; = grossesse en cours (individu de sexe inconnu)…

I
1 2

II
1 2 3 4 5
Exemple : hérédité autosomale
récessive (devoir : expliquer pourquoi)
III 2
1 3

IV
1 2 3
Plusieurs informations sur la maladie nous sont données par le pedigree :
- le type d’hérédité : lorsque l’hérédité est autosomale, les deux sexes sont atteints d’une manière
aléatoire par la maladie au fils des générations. Lorsque l’hérédité est gonosomale, les individus atteints
par la maladie sont de même sexe.
- la dominance de l’allèle morbide (allèle responsable de la maladie ≠ allèle létale qui tue l’individu au
sens strict du terme) : lorsque l’allèle morbide est dominant, la maladie se présente à toutes les
générations ; un enfant malade a toujours au moins un de ses parents malades. Lorsque l’allèle morbide
est récessif, la maladie ne se présente pas forcément à toutes les générations ; deux parents
phénotypiquement sains peuvent avoir un enfant taré.

III - Etude de quelques cas d’hérédité chez l’Homme

A - Hérédité autosomale (non lié au sexe)

Dans le cas d’une hérédité lié aux chromosomes somatiques, la maladie atteint aussi bien les
hommes que les femmes avec la même fréquence.

1 - La drépanocytose (sicklémie ou anémie falciforme)

Maladie autosomique récessive qui atteint surtout la race noire caractérisée par des hématies en
forme de faucille (déformées) qui ne peuvent plus bien jouer leur rôle de transporteur d’oxygène.
Les individus porteurs des deux formes de l’allèle morbide (noté S) ont l’hémoglobine anormale
(notée HbS). L’hémoglobine normale (noté HbA) est codé par l’allèle A.

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Il existe trois génotypes possibles dans la population : A//A = sujet sain ; S//S = sujet
drépanocytaire ; A//S = porteur sain.

 Quelques unions possibles

AA x AA AA x AS AS x AS AS x SS SS x SS

AA AA ou AS ¼ SS… ½ SS 100% SS
(mariage conseillé) (mariage conseillé) (mariage risqué) (mariage déconseillé) (mariage inutile)

2 - L’albinisme

C’est une maladie caractérisée par l’absence de pigmentation de la peau chez un individu (absence
de la mélanine). Le caractère albinos est récessif par rapport au caractère normal (pigmenté). Ainsi un
individu normal aura pour génotype N//N ou N//a alors qu’un individu malade aura pour génotype a//a.

Devoir : On observe dans la population des couples albinos obtenir des enfants pigmentés. Comment
expliquer cela ?

3 - Les groupes sanguins du système ABO

Ce système a été découvert par Landsteiner à la suite des incompatibilités observées lors des
transfusions sanguines. Dans le système ABO, les groupes sanguins sont déterminés à partir de trois
allèles (A, B et O) qui codent pour la fabrication des agglutinogènes retrouvés sur la membrane des
hématies. On observe aussi des agglutinines dans le plasma. Les allèles A et B dominent l’allèle O.

Groupes Agglutinogènes Agglutinine Génotypes


sanguins sur les hématies plasmatique possibles Si on ne tient en compte que le
A//A système ABO, les possibilités de
A Anti-B ou transfusion sanguine sont les suivantes :
A//O
B//B
B Anti-A A
ou
B//O
O AB
AB Aucun A//B
B
Anti-A
O et O//O
Anti-B
O est le donneur universel alors que
AB est le receveur universel

b) Le facteur rhésus

C’est un système de groupes sanguins qui se superpose aux groupes sanguins du système ABO. Le
rhésus est une molécule protéique découvert pour la première fois sur les hématies d’un singe d’espèce
Rhesus macacus (macaque). Cette molécule a été découverte plus tard sur les hématies humaines.

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Les individus porteurs de cet antigène sur leurs hématies sont rhésus positif (Rh+) et ceux qui
n’en possèdent pas sont rhésus négatif (Rh-).
L’allèle Rh- est récessif ; alors un individu [Rh+] peut avoir pour génotype Rh+//Rh+ ou Rh+//Rh-
alors qu’un individu [Rh-] ne peut qu’être Rh-//Rh-.

B - Hérédité gonosomale (lié au sexe)

1 - L’hémophilie

Maladie gonosomale (porté par le chromosome X) récessive. Elle se manifeste par un défaut de
coagulation du sang ; la moindre blessure entraîne une hémorragie prolongée pouvant conduire à la mort.
L’allèle de la maladie est létal à l’état homozygote (ie que les individus XhXh meurent) ; ce qui fait que les
femmes XhXN sont vectrices (porteuses saines) alors que les hommes XhY sont hémophiles (malades).
On distingue les génotypes suivants :
XhXh = génotype létal (individu non viable) XhXN = femme vectrice XNXN = femme
normale XhO = femme hémophile atteint du syndrome de Turner (cas vraiment rares) XhY = homme
hémophile (hémizygote) XNY = homme normal.
« La célèbre famille de la reine Victoria d’Angleterre comptait parmi ses représentants mâles des
hémophiles »

2 - Le daltonisme

Maladie gonosomale récessive caractérisé par une mauvaise appréciation des couleurs. Le
dicromate est un daltonien qui confond le vert au rouge alors que l’acromate vie essentiellement dans le
noir et le blanc. Les femmes et les hommes en sont atteints. On distingue les génotypes suivants :
XNY = homme normal XdY = homme daltonien XNXN = femme normal XdXN = femme
vectrice XdXd = femme daltonienne.

C - Les aberrations (anomalies) chromosomiques et leurs conséquences

On appelle anomalie chromosomique toute modification du nombre ou de la structure des


chromosomes. Cette modification a pour conséquence l’apparition des syndromes variés.

1 - La trisomie 21 (syndrome de Down ou mongolisme)

C’est une maladie congénitale due à l’existence d’un chromosome en plus à la 21ème paire. Les
individus atteints sont des deux sexes (hommes et femmes) et présentent les caractères suivants : yeux
bridés, mains courtes, retard mental, croissance anormale, face aplatie et ronde. La formule
chromosomique du malade est 2n + 1 = 47.
2 - Le syndrome de Turner ou monosomie X

C’est une maladie génétique due à l’existence d’un chromosome X en moins à la 23 ème paire. Les
individus atteints sont de sexe féminin et présentent les caractères suivants : petite taille, impubérisme

Page 52
(non apparition des caractères sexuels secondaire à la puberté), retard mental, stérilité. Le malade possède
2n - 1 = 45 chromosomes avec un caryotype XO.

3 - Le syndrome de Klinefelter ou trisomie XXY

C’est une maladie génétique due à l’existence d’un chromosome X en plus à la 23ème paire. Les
individus atteints sont de sexe masculin et présentent les caractères suivants : stérilité, caractères sexuels
masculins et féminins, testicules peu développés, virilisation incomplète. Le malade possède 2n + 1 = 47
chromosomes avec un caryotype XXY.

IV - Importances des examens prénuptiaux et prénataux

Les progrès réalisés en sciences biologiques ont permis de prévoir l’apparition de nombreuses
maladies héréditaires. Le conseil génétique est un acte médical qui consiste à évaluer le risque pour un
couple de faire un enfant porteur d’une quelconque maladie génétique.

1 - Les examens prénuptiaux

Ce sont des examens qui se font avant le mariage. On a l’exemple : du test de fertilité, groupages
sanguins, test du VIH/SIDA, électrophorèse du gène de l’hémoglobine (détecter les AS)…
Ces examens permettent de réduire la chance pour un couple de faire un enfant atteint d’une
quelconque anomalie génétique.

2 - Les examens prénataux

Ce sont des examens qui se font avant l’accouchement. Ces examens permettent de surveiller la
santé de l’enfant et de détecter d’éventuelles maladies. On a l’exemple :
- l’amniocentèse : on prélève le liquide amniotique dans lequel se trouvent les cellules du fœtus.
- le prélèvement du sang fœtal dans le cordon ombilical pour détecter les anomalies génétiques
- l’échographie
- l’électrophorèse…

Page 53
Partie III : Quelques notions d’immunologie

Chap VIII : Les mécanismes de l’immunité


Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Définir les notions de soi et de non-soi


 Identifier les déterminants du « soi »
 Identifier et donner le rôle des acteurs de la défense de l’organisme
 Expliquer les mécanismes de l’immunité

INTRODUCTION

L’immunologie est la science qui étudie le système de défense de l’organisme contre tout corps
étranger. L’ensemble des cellules et des organes qui assurent la défense de l’organisme constitue le
système immunitaire. Tout corps étranger à un organisme et capable d’être reconnu comme tel est appelé
antigène. Il peut s’agir : des microorganismes (pathogène ou non), des grains de pollen ou de poussière
(allergènes), d’un tissu ou d’un organe provenant d’un autre organisme.

I - La notion de « soi » et de « non-soi »

Le soi est tout ce qui est propre à un organisme et le non-soi est tout ce qui est étranger à un
organisme

1 - Les marqueurs du soi

Chaque individu est unique. Il possède sur ses cellules des protéines capables de reconnaître ce qui
appartient à son organisme (soi) de ce qui ne lui appartient pas (non-soi). L’ensemble de ces protéines
constitue les marqueurs du soi. On distingue deux catégories de marqueurs du soi :

a) Les marqueurs majeurs d’histocompatibilité

C’est un ensemble de protéines qui se trouvent sur la membrane plasmique de toutes les cellules
nucléées du corps. On les appelle le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) ou human leucocyte
antigen (HLA) chez l’Homme.
Ces protéines du CMH sont propres à chaque individu et représentent une véritable carte d’identité
moléculaire de chaque individu. Ainsi l’organisme reconnaît tout ce qui lui est étranger grâce à son CMH.
* Cas des greffes

La greffe est la transplantation d’un greffon, d’un donneur à un receveur. Le greffon peut être un
tissu (peau…) ou un organe (cœur, rein…)

Page 54
Cette opération peut réussir si le CMH du donneur est semblable à celui du receveur ; sinon il y
aura rejet du greffon. Le tableau ci-dessous indique les différents types de greffe et leurs résultats
attendus.
Donneur du greffon Type de greffe Résultat
Receveur lui-même Autogreffe accepté
Individu de la même espèce que le receveur Allogreffe ou Homogreffe Rejeté
Vrai jumeau du receveur Isogreffe Accepté
Individu d’espèce différente du receveur Xénogreffe ou Hétérogreffe Rejeté

b) les marqueurs mineurs d’histocompatibilité

C’est un ensemble de protéines qui se trouvent sur la membrane plasmique des hématies et qui
déterminent les groupes sanguins. On distingue deux principaux systèmes de groupes sanguins : le
système ABO et le facteur rhésus.
La transfusion sanguine est une opération qui consiste à donner du sang à une personne qui en a
besoin. Pour réaliser une transfusion sanguine, on doit s’assurer que le donner et le receveur soient de
mêmes groupes sanguins ; sinon il y aura rejet du tissu, caractérisé par des réactions d’agglutination.
Les groupes sanguins du système ABO sont : le groupe A, le groupe B, le groupe AB et le groupe
O. Les possibilités de transfusion sanguine si l’on tient en compte uniquement le système ABO sont :

A
Le groupe sanguin O est le donneur universel
O AB
Le groupe sanguin AB est le receveur universel

Les groupes sanguins du facteur rhésus sont : rhésus positif (Rh+) et rhésus négatif (Rh-). Les
possibilités de transfusion sanguine si l’on tient en compte uniquement le facteur rhésus sont :

Rh- Rh+

2 - Les éléments du non-soi

Tout élément qui n’appartient pas à un organisme vivant fait partie de son non-soi. On dit qu’il est
un antigène à cet organisme. Ex : les microorganismes, les greffons rejetés, les hématies du groupe
sanguin différent…

II - Les cellules du système immunitaire

Les cellules qui assurent la défense de l’organisme contre les agents étrangers sont appelées
leucocytes ou globules blancs.

Page 55
1 - Les différents types de globules blancs

En fonction du rôle joué dans l’organisme et de leur aspect microscopique, on distingue :

a) Les granulocytes ou polynucléaires

noyau polylobé
Ils possèdent un noyau polylobé et un cytoplasme
granulations abondant et riche en granulation. On en distingue trois
types : les éosinophiles, les basophiles et les neutrophiles.

b) Les lymphocytes

cytoplasme Ce sont des cellules possédant un noyau volumineux, arrondi et un


cytoplasme réduit. On distingue les lymphocytes T (lymphocytes T4 et
noyau lymphocytes T8) et les lymphocytes B (qui se transforme en plasmocytes).

c) Les monocytes

cytoplasme
Ils ont un noyau arrondie (ou réniforme) et un cytoplasme
abondant sans granulation. Ils prennent le nom de macrophage dans

noyau les tissus.

2 - L’origine des cellules immunitaires : l’hématopoïèse

Toutes les cellules du sang y compris les cellules immunitaires naissent dans la moelle rouge des
os chez l’adulte (ou dans le foie chez le fœtus), à partir d’une cellule souche hématopoïétique.
Les lymphocytes T vont subir leur maturation dans le thymus alors que les autres cellules
sanguines subissent leur maturation dans la moelle osseuse.

III - Les différents types d’immunité

L’immunité est la capacité que possède un organisme à se défendre contre les antigènes. Science
qui étudie l’immunité est l’immunologie.
Selon le mécanisme mis en jeu pour détruire l’antigène, on va distinguer deux types d’immunité :
l’immunité naturelle (immunité innée ou immunité non spécifique) et l’immunité acquise (immunité
spécifique ou immunité adaptative).

1 - L’immunité non spécifique

Elle se fait à plusieurs niveaux :

Page 56
a) Les barrières naturelles : fig 8.1

L’organisme utilise plusieurs moyens pour empêcher une infection microbienne :


- La peau : c’est la première ligne de défense de l’organisme contre les envahisseurs. Elle est
imperméable à toute sorte de microbe à condition qu’elle soit intacte.
- Les sécrétions de voies ouvertes de l’organisme empêchent le développement des microbes. Ex :
l’estomac sécrète l’acide chlorhydrique, le mucus et les cils des voies respiratoires, l’acidité vaginale...

b) La phagocytose : fig 8.2

C’est la consommation des antigènes par certaines cellules immunitaires appelées phagocytes. Les
principaux phagocytes sont : les polynucléaires neutrophiles, les monocytes sanguins et les macrophages
tissulaires. Les étapes de la phagocytose sont : l’adhésion, l’endocytose, la lyse et le rejet des déchets.

c) L’inflammation : fig 8.3

C’est la réaction d’un tissu à sa propre lésion. Quatre signes cliniques locaux caractérisent
l’inflammation : la douleur, la chaleur, le gonflement (ou œdème), la rougeur.

2 - L’immunité spécifique

C’est la réaction d’un organisme contre un antigène spécifique. Cette spécificité nécessite la
reconnaissance de l’antigène avant le combat. On distingue deux modalités au cours de la défense
spécifique :

a) L’immunité spécifique à médiation cellulaire : fig 8.4

Ce type d’immunité aboutit à l’élimination de l’antigène par des lymphocytes T8.


Après présentation du déterminant antigénique (épitope) par la cellule présentatrice de l’antigène (CPA),
le LThelper (LT4) s’active, se multiplie activement et sécrète les interleukines (molécules messagères).
Ces interleukines vont stimuler les LT8 qui vont se multiplier et se transformer en LTc (lymphocytes T
cytotoxiques ou cellules tueuses).
Les Lymphocytes Tc agissent en détruisant les cellules du soi modifié (cellules cancéreuses, cellules
infectées par des virus, cellules des greffons…).
Le mécanisme de cette destruction est le suivant : au contact d’une cellule à détruire, le LTc libère
une protéine (la perforine) qui va se fixer sur la membrane de la cellule à détruire, se polymériser
(polyperforine) et former un canal lytique par laquelle l’eau va entrer dans la cellule à détruire et la faire
éclater.

b) L’immunité spécifique à médiation humorale : fig 8.5

Ce type d’immunité aboutit à l’élimination de l’antigène par des lymphocytes B.

Page 57
Après présentation du déterminant antigénique (épitope) par la CPA, le LThelper (LT4) s’active, se
multiplie activement et sécrète les interleukines. Ces interleukines vont stimuler les LB ayant au préalable
rencontré l’antigène qui vont se multiplier et se transformer en plasmocytes (cellules sécrétrices
d’anticorps).
Les anticorps se fixent aux antigènes libres pour former un complexe antigène-anticorps appelé
complexe immun. L’antigène ainsi neutralisé dans le complexe immun sera facilement phagocyté par
les macrophages et les polynucléaires neutrophiles.

NB : La destruction de l’antigène du complexe immun est facilitée par le complément (ensemble de 20


protéines sériques fabriquées par le foie)
Le lymphocyte T4 est le chef d’orchestre de la réponse immunitaire ; il est l’activateur des
Lymphocyte T8 lors de la réponse spécifique à médiation cellulaire et des Lymphocyte B lors de la
réponse spécifique à médiation humorale.
Après la destruction de l’antigène, certains lymphocytes B et T (lymphocytes B ou T mémoires) vont
rester dans le sang et seront aptes à agir très rapidement lors d’une infection ultérieure par le même
antigène : c’est la mémoire immunitaire. Cette mémoire immunitaire est appliquée en clinique pour
fabriquer les vaccins.

Page 58
Chap IX : Les dysfonctionnements du système immunitaire et les aides au
système immunitaire
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Expliquer quelques cas de dérèglement du système immunitaire


 Enumérer quelques aides au système immunitaire

INTRODUCTION

Des dérèglements du système immunitaire s’observent de plusieurs manières : soit le système


immunitaire fonctionne d’une manière excessive (on parle de dysfonctionnement par excès), soit le
système immunitaire fonctionne de manière insuffisante (on parle de dysfonctionnement par défaut).

I - Les dysfonctionnements du système immunitaire

1 - Les dysfonctionnements par excès

a) Les allergies ou hypersensibilités

Une allergie est une réaction exagérée de l’organisme vis-à-vis d’un élément du non-soi, le plus
souvent non pathogène. Cet élément pouvant provoquer une réaction allergique est appelé allergène ; on
a l’exemple de : grains de pollen, poussière, essence d’oignon, sciure de bois, poils de chat, plumes…
Les manifestations d’une réaction allergique sont variées : écoulement nasale, écoulement des
larmes, toux, rougeurs, démangeaisons, œdèmes, irritations des muqueuses, diarrhées, boutons sur la
peau…

b) Les maladies auto-immunes

Une maladie auto-immune se caractérise par l’agressivité du système immunitaire vis-à-vis de son
propre soi. L’analyse du sang révèle la présence des anticorps dirigés contre les éléments du soi : ce sont
les auto-anticorps. Comme exemple de maladies auto-immunes, on a :

- le diabète juvénile : ici l’organisme produit des auto-anticorps dirigés contre ses cellules pancréatiques.
- le maladie de Basedow : ici les auto-anticorps se fixent sur des récepteurs situés sur la glande thyroïde.

2 - Les dysfonctionnements par défaut ou immunodéficience

Plusieurs maladies peuvent causer une déficience du système immunitaire : le kwashiorkor, le


SIDA, l’absence de thymus à la naissance, un mauvais développement de la moelle osseuse.

a) Les déficits congénitaux

Ils existent chez un individu dès la naissance. On peut citer :

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- La maladie de Burton (agammaglobulinémie) : cette maladie se caractérise par un manque de
lymphocytes B chez le nouveau-né, ce qui conduit à un manque d’anticorps. C’est une maladie héréditaire
récessive liée au chromosome X.
- Les syndromes de Di George : les enfants atteints naissent sans thymus, donc sans lymphocytes T.

b) Les déficits immunitaires acquis

Ils résultent : soit des carences alimentaires (kwashiorkor), des infections virales (SIDA), de
divers traitements médicaux (radiothérapie, chimiothérapie).

3 - Etude de cas : le SIDA

SIDA signifie Syndrome de l’Immunodéficience Acquise.

a) Le germe de la maladie

C’est un virus appelé VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine). C’est un petit objet
biologique de 1.10-4 à 1,2.10-4 µm limité par une bicouche phospholipidique. Son matériel génétique est
constitué d’ARN monocaténaire.

b) Cellules cibles du VIH

Le VIH infecte essentiellement les LT4, cellules possédant une protéine membranaire appelée
CD4, qui est reconnue par la gp120 (glycoprotéine 120) située sur la membrane du VIH.

c) Modes de contamination et de prévention

La contamination par le VIH se fait de plusieurs manières : par voie sexuelle (par des micro-
blessures formées lors du coït sur les organes copulateurs), de la mère à l’enfant lors de l’accouchement
ou pendant l’allaitement, par transfusion sanguine.
Il n’existe aucun traitement contre le SIDA ! Le seul moyen de le vaincre reste la prévention
(utilisation des préservatifs, abstinence sexuelle, fidélité à un partenaire sexuel).

II - L’aide au système immunitaire

1 - La vaccinothérapie

C’est l’utilisation thérapeutique des vaccins pour prévenir les maladies. Un vaccin est un antigène
tué ou atténué injecté à l’organisme dans le but de lui faire acquérir une immunité. Les vaccins sont
fabriqués à partir :
- des microbes morts : c’est le cas du vaccin contre la tuberculose (BCG), contre la rage, la
poliomyélite…
- des microbes atténués : c’est le cas du vaccin contre la fièvre typhoïde, la poliomyélite, la rougeole…

Page 60
- des toxines atténués ou anatoxines : c’est le cas du vaccin contre le tétanos, la diphtérie, la coqueluche
(causée par le coque Bordetella pertusis).
Le vaccin est basé sur la mémoire immunitaire ; c’est-à-dire qu’après un premier contact avec un
antigène, l’organisme produit les lymphocytes à longue durée de vie (lymphocytes mémoires) qui vont
détruire rapidement ce même antigène lors d’un contact ultérieur.

2 - La sérothérapie

C’est l’utilisation thérapeutique des sérums pour traiter les maladies.


Préparation du sérum : on injecte l’anatoxine (toxine atténuée) dans le sang d’un cheval sain, ce qui
stimule la fabrication des anticorps. Quelques semaines après, on prélève le sang de l’animal et on laisse
coaguler pour obtenir le sérum.

Comparaison vaccin-sérum

Moyen Nature Durée Immunité


Anticorps fabriqués par un
Sérum Curatif Quelques semaines Immédiate (passive)
autre organisme
Vaccin Préventif Antigènes tués ou atténués Quelques années Retardée (active)

3 - La sérovaccinothérapie ou vaccinosérothérapie

C’est l’association d’un sérum et d’un vaccin pour lutter efficacement contre une maladie
infectieuse. Cette méthode est utilisée en cas d’épidémie.

4 - L’antibiothérapie

C’est l’utilisation d’un antibiotique pour traiter une maladie bactérienne. Un antibiotique est une
substance produite par un microorganisme et ayant une action antibactérienne

Page 61
Partie IV : La communication nerveuse et la régulation de
quelques paramètres du fonctionnement de l’organisme

Chap X : La communication nerveuse


Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Identifier les principales parties du système nerveux


 Schématiser une cellule nerveuse (neurone)
 Expliquer les potentiels électriques du neurone
 Définir synapse et expliquer son fonctionnement
 Expliquer l’effet du système nerveux autonome sur l’activité cardiaque

INTRODUCTION

Le système nerveux et le système endocrinien sont les deux principaux systèmes régulateurs de
l’organisme. Ils assurent de nombreuses fonctions dont le but est de maintenir l’homéostasie, c’est-à-dire
maintenir la stabilité du milieu intérieur.
La communication nerveuse est assurée par des cellules hautement spécialisées appelées neurones
(cellules nerveuses).

I - Organisation générale du système nerveux : fig 10.1

On divise le système nerveux en trois parties :

1 - Le système nerveux central (névraxe)

Il est constitué des centres nerveux (encéphale et moelle épinière). L’encéphale est logé dans la
boite crânienne alors que la moelle épinière est logée dans le canal rachidien. Ils sont protégés par les
méninges (dure mère, arachnoïde et pie mère).
NB : Des coupes du système nerveux central montre que la substance blanche est centrale et entourée
d’une écorce grise dans l’encéphale alors qu’elle est périphérique et entoure la substance grise dans la
moelle épinière.

2 - Le système nerveux périphérique

C’est l’ensemble formé des nerfs et de leurs ganglions. On compte 12 paires de nerfs crâniens
(qui émergent de l’encéphale) et 31 paires de nerfs rachidiens (qui émergent de la moelle épinière).
Les nerfs ont pour rôle essentiel de relier les différentes parties du corps au système nerveux
central. Ils sont constitués d’un assemblage de neurones.

Page 62
On distingue :
- Les nerfs sensitifs (afférents) dont le rôle est de conduire le message nerveux des récepteurs sensoriels
vers les centres nerveux
- Les nerfs moteurs (efférents) dont le rôle est de conduire le message nerveux du centre nerveux vers
l’organe effecteur

3 - Le système nerveux autonome

C’est un ensemble des nerfs qui conduisent le message nerveux aux viscères (cœur, tube digestif,
vaisseau sanguins…). On l’appelle aussi système nerveux involontaire ou système nerveux neuro-
végétatif.
Le système nerveux autonome comprend deux subdivisions à activités antagonistes : le système
nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique.

II - Le fonctionnement du neurone

A - Notion de neurone : fig 10.2

Le neurone est l’unité structurelle et fonctionnelle du système nerveux. C’est une cellule très
spécialisée, capable de recevoir une stimulation, de la transformer en influx (ou message) nerveux et de
transporter ce message nerveux jusqu’aux centres nerveux.
Le neurone comprend trois parties essentielles :
- Le corps cellulaire ou péricaryon : il contient un gros noyau sphérique.
- Les dendrites : ce sont des courts prolongements et effilés, aux ramifications diffuses
- L’axone ou cylindraxe : chaque neurone possède un seul axone.
NB : Certains neurones sont entouré d’une couche de cellules appelées gaine de myéline : ce sont des
neurones myélinisés. D’autres par ne possèdent pas de gaine de myéline et son qualifiés de neurones
amyélinisés.

B - Phénomènes électriques du neurone

1 - Le potentiel de repos d’un neurone

- deux électrodes d’enregistrement sont placées en dérivation à la surface de la membrane axonique et


reliées à un oscilloscope. L’aiguille de l’oscilloscope reste à zéro.
Au repos, tous les points de la surface de l’axone ont le même potentiel.

Page 63
- introduisons l’une des électrodes dans l’axone. L’aiguille de l’oscilloscope dévie, indiquant le passage
du courant électrique. Ce courant électrique est créé par une ddp entre l’intérieur et l’extérieur de l’axone.
Sa valeur varie selon la cellule ; pour l’axone géant de Calmar, elle est de -70 mVolt.

-70

Au repos, la fibre nerveuse est chargée positivement à l’extérieur et négativement à


l’intérieur : c’est le potentiel de membrane ou potentiel de repos

2 - Le potentiel d’action d’une cellule excitable

Le potentiel d’action est une perturbation brusque, spontanée et de courte durée du potentiel de
repos d’une cellule excitable.

Expériences :
Sur un axone géant de Calmar, réalisons le montage suivant :

Excitation

S
-70

- avant l’excitation, l’aiguille est maintenu à - 70 mVolt : c’est le potentiel de repos de l’axone géant de
Calmar.
- lorsqu’on porte une excitation liminaire en S, l’aiguille dévie de la gauche vers la droite avant de
revenir à sa position initiale à - 70 mVolt. L’écran de l’oscilloscope enregistre alors une courbe qui
représente le potentiel d’action.

ddp AB = dépolarisation
BCD = inversion du potentiel de membrane
C
+ 30 DE = repolarisation
EF = hyperpolarisation
0 B D

F
- 70 A E
- 80
Temps (ms)

Artéfact de stimulation

Page 64
NB : Si une deuxième stimulation suit de trop près la première (excitations rapprochées), elle ne peut
provoquer l’apparition d’un nouveau potentiel d’action. On dit que la cellule excitable est en période
réfractaire. On distingue :
- la période réfractaire absolue au cours de laquelle une excitation ne peut induire la naissance d’un PA,
quelle que soit son intensité. Elle va de la dépolarisation jusqu’à une repolarisation d’environ 1/3).
- la période réfractaire relative au cours de laquelle un stimulus peut induire un PA à condition que son
intensité soit très grande. Elle va du 1/3 de la repolarisation jusqu’au retour au potentiel de repos.
Pour des stimulations de faibles intensités, on n’observe aucun potentiel d’action. Ce dernier
n’apparait que lorsque l’intensité de stimulation a atteint une valeur seuil (rhéobase) : on dit alors que le
potentiel d’action obéit à la « loi du tout ou rien ».

C - Propagation du potentiel d’action : l’influx nerveux (fig 10.3)

1 - Cas des neurones non myélinisés

Elle se fait de proche en proche, par des courants électriques qui naissent de part et d’autre de la
membrane, entre les zones actives et les zones voisines encore en repos : on parle de propagation de
proche en proche par des courants locaux.

2 - Cas des neurones myélinisés

Elle se fait de manière discontinue, par saut d’un nœud de Ranvier à un nœud voisin : on parle de
conduction saltatoire.
NB : Plusieurs facteurs influencent la vitesse de propagation du message nerveux :
- le diamètre de la fibre : plus le diamètre de la fibre est grande, plus la vitesse de l’influx nerveux
augmente.
- la température interne de l’animal : plus la température est grande, plus la vitesse de propagation est
importante.
- la présence ou non de myéline : la vitesse est plus grande dans les fibres myélinisées
- la distance entre deux étranglements de Ranvier : plus cette distance est grande, plus l’influx
nerveux a une grande vitesse.

D - Transmission du message nerveux : fonctionnement des synapses

Dans les conditions naturelles, la propagation du message nerveux se fait des dendrites vers les
arborisations terminales.

1 - Notion de synapse : fig 10.4

La synapse est une structure anatomique et fonctionnelle s’établissant entre un neurone et une
autre cellule (neurone, muscle, glande, viscère…).

Page 65
Une synapse chimique comporte :
- un élément présynaptique : qui est toujours un bouton terminal.
- un élément postsynaptique : sa nature est variable (dendrite, axone, péricaryon, glande, muscle…)
- une fente synaptique : c’est l’espace qui sépare le neurone présynaptique et l’élément postsynaptique.
Elle mesure environ 2 nm.

2 - Mécanisme de la transmission synaptique

La séquence des évènements suivants permet le passage du message nerveux d’un neurone à un
élément postsynaptique :
- arrivé d’un train de potentiels d’action au niveau du bouton présynaptique
- ceci provoque l’entrée du Ca2+ dans le neurone présynaptique et la migration des vésicules contenant les
neurotransmetteurs vers le bouton synaptique
- ces vésicules fusionnent avec la membrane présynaptique et libèrent leur contenu dans la fente
synaptique par exocytose.
- le neurotransmetteur diffuse dans la fente synaptique et se fixe sur ses récepteurs postsynaptiques
- la liaison du neurotransmetteur au récepteur postsynaptique entraine l’apparition d’un potentiel
postsynaptique (PPS) au niveau de la membrane de l’élément postsynaptique.
- dégradation ou recapture des neurotransmetteurs.
NB : La fente synaptique est la zone de contact entre le neurone présynaptique et l’élément
postsynaptique.

3 - L’intégration des différents messages reçus par le neurone

La fixation du neurotransmetteur sur son récepteur postsynaptique crée un signal électrique appelé
potentiel postsynaptique (PPS). Selon la nature du neurotransmetteur, ce potentiel peut être :
- Une dépolarisation : on parle alors de PPSE (potentiel postsynaptique excitateur) et le
neurotransmetteur est dit excitateur (Exemple : acétylcholine, adrénaline, glutamate, dopamine…).
- Une hyperpolarisation : on parle dans ce cas de PPSI (potentiel postsynaptique inhibiteur) et le
neurotransmetteur est qualifié d’inhibiteur (Exemple : GABA = acide gamma Aminobutyrique).
La création d’un potentiel d’action sur le neurone postsynaptique nécessite une sommation des
différents PPS, en faisant la somme des PPSE moins la somme des PPSI : c’est le principe de la
sommation spatio-temporelle.

III - Influence du système nerveux autonome sur l’activité cardiaque

Comme les autres viscères, le cœur et les vaisseaux sanguins sont innervés par le système nerveux
neurovégétatif : le système parasympathique baisse la fréquence cardiaque, diminuant par le fait même
la pression artérielle : on parle de système cardiomodérateur. Le système sympathique

Page 66
(orthosympathique) accélère la fréquence cardiaque et stimule la vasoconstriction artériolaire, augmente
la pression artérielle : on parle de système cardioaccélérateur-vasoconstricteur.
Le mécanisme de la régulation de la pression artérielle est le suivant :
- toute augmentation de la pression artérielle est détectée par des capteurs (barorécepteurs) qui se
trouvent au niveau du sinus carotidien et de la crosse aortique.
- les capteurs envoient le message nerveux afférent vers le centre nerveux régulateur (bulbe rachidien et
moelle épinière) via les nerfs de Héring (qui part du sinus carotidien) et les nerfs de Cyon (qui part de
la crosse aortique).
- au niveau du bulbe rachidien, il existe deux centres cardiorégulateurs : le centre cardiomodérateur
(parasympathique) et le centre cardioaccélérateur (sympathique). Les nerfs de Héring et de Cyon vont
stimuler le centre bulbaire cardiomodérateur, qui va inhiber le centre cardioaccélérateur.
- le centre cardiomodérateur va envoyer un message nerveux via le nerf vague (nerf X ou nerf
pneumogastrique) pour commander la réduction de la fréquence et la force de contraction du cœur. Cette
réduction de l’activité cardiaque va entrainer une baisse (régulation de la pression artérielle).
- la pression artérielle étant revenu à sa valeur normale, les capteurs ne sont plus excités, ce qui annule
l’action du parasympathique en faveur des actions sympathiques.
NB : Les systèmes orthosympathiques et parasympathiques sont des systèmes antagonistes qui
innervent presque toujours les mêmes organes. L’un stimule l’effet que l’autre s’efforce d’inhiber.

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Chap XI : La régulation de la glycémie
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Définir la notion de glycémie


 Expliquer le rôle du foie et du pancréas dans la régulation de la glycémie
 Expliquer le rôle du système nerveux autonome dans la régulation de la glycémie

INTRODUCTION

L’organisme possède la capacité de maintenir une stabilité relative du milieu intérieur, malgré les
variations constantes de l’environnement : c’est l’homéostasie. Ainsi les paramètres du milieu intérieur
tels que la pression artérielle, la température corporelle, la concentration hormonale doivent être
maintenus à des valeurs critiques

I - Notion de glycémie

La glycémie est la concentration de glucose dans le sang. Sa valeur normale est de 0,8 à 1,2 g.L-1
de sang. Lorsque le taux de glucose sanguin est inférieur à 0,8 g.L-1de sang, on parle d’hypoglycémie.
L’hyperglycémie est l’élévation du taux de glucose plasmatique au-dessus de 1,2 g.L-1 de sang.
Le maintien d’une glycémie entre 0,8 à 1,2 g.L-1 de sang est une nécessité pour l’organisme, car :
- l’hypoglycémie sévère entraine : convulsion, coma, lésions cérébrales, mort
- l’hyperglycémie entraine : troubles vasculaires, rénaux, sexuels, oculaires… qui sont des signes
cliniques du diabète sucré.

II - Le déterminisme de la régulation de la glycémie

1 - Les rôles du foie dans la régulation de la glycémie

a) Expériences : fig 11.1 et 11.2

- l’ablation du foie chez un animal s’accompagne d’une baisse progressive de la glycémie pouvant
conduire au coma (coma hypoglycémique), puis à la mort. Si on perfuse une solution glucosée à un
animal dans le coma hypoglycémique, il se rétablit rapidement (quelques minutes). Ce rétablissement
n’est que temporaire et la survie de l’animal ne peut dépasser 24 heures.
- le dosage de la glycémie dans les veines porte et sus hépatique montre que le taux de glucose reste
assez constant à la sortie du foie (ie dans la veine sus hépatique) alors qu’il augmente jusqu’à 2,85 g.L-1
dans les 30 minutes qui suivent un repas, puis baisse jusqu’à 0,1 g.L-1 à jeun.

b) Interprétations

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Le coma est dû à la baisse de la glycémie. Le foie est donc nécessaire au maintien de la glycémie à
une valeur normale et donc à la survie de l’animal.
Le foie est capable de stocker du glucose en situation nourri ; c’est pourquoi 30 minutes après un
repas, la glycémie est élevée dans la veine porte hépatique (à l’entrée du foie) et faible à sa sortie (dans la
veine sus hépatique). Ce stockage du glucose sous forme de glycogène est appelé glycogénogenèse.
Le foie est capable de libérer du glucose dans le sang en situation de jeûne ; c’est pourquoi la
glycémie chute dans la veine porte hépatique lors du jeûne alors qu’elle demeure à une valeur normale
dans la veine sus hépatique. Cette libération se fait par hydrolyse du glycogène hépatique : c’est la
glycogénolyse.
NB : Lors du jeûne prolongé, le stock de glycogène est épuisé dans le foie. Dans cette situation, le
foie synthétise du glucose à partir des composés non glucidique (acide lactique, glycérol) : c’est la
néoglucogenèse.

c) Conclusion

Le foie assure la constance de la glycémie grâce à trois fonctions :


- la glycogénogenèse : c’est la synthèse du glycogène à partir du glucose. Elle se déroule en période
nourri et assure le stockage du surplus de glucose consommé.
- la glycogénolyse : c’est la dégradation du glycogène pour produire du glucose. Elle se déroule en
période de jeûne et assure la libération du glucose dans le sang, pour éviter l’hypoglycémie.
- la néoglucogenèse : c’est la fabrication du glucose à partir des composés non glucidiques. Elle se
déroule en période de jeûne prolongé.

2 - Rôle du pancréas endocrine

a) Expériences

- la pancréatectomie (ablation du pancréas) chez un chien entraine outre les troubles digestifs, la hausse
de la glycémie (hyperglycémie) accompagné de glycosurie. On note une soif intensive (polydipsie)
caractéristique du diabète.
- la greffe du tissu pancréatique ou l’injection des extraits pancréatiques (insuline) chez un chien
pancréatectomisé corrige les symptômes du diabète, mais laisse intacts les troubles digestifs.

b) Interprétations

L’apparition du diabète sucré à la suite de la pancréatectomie est due au fait que le pancréas
sécrète une substance qui induit la baisse de la glycémie, appelée insuline.

c) Conclusion

Le pancréas possède des populations cellulaires (îlots de Langerhans) qui sécrètent des hormones
agissant sur la glycémie :

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- les cellules α (endocrinocytes α) : elles synthétisent le glucagon dont le rôle est de stimuler la
glycogénolyse et la néoglucogenèse hépatique : c’est donc une hormone hyperglycémiante.
* les cellules β (endocrinocytes β) : elles synthétisent l’insuline dont le rôle est de baisser la glycémie en
favorisant l’entrée du glucose dans les cellules et son métabolisme pour la production d’énergie : c’est
donc une hormone hypoglycémiante.
NB : L’adrénaline et la noradrénaline sont un groupe d’hormones sécrétées en situation de stress et dont
le rôle est d’augmenter la glycémie.

3 - Le rôle du système nerveux autonome sur la régulation de la glycémie

Le foie est innervé par les fibres nerveuses du système parasympathique et du système
orthosympathique.
- l’excitation expérimentale des nerfs splanchniques (système sympathique) provoque la glycogénolyse
hépatique.
- l’excitation expérimentale des nerfs X (système parasympathique ou nerfs pneumogastriques) provoque
la glycogénogenèse.
- l’excitation du nerf vague provoque la libération de l’insuline par les cellules B des îlots de Langerhans
alors que l’excitation des nerfs splanchniques provoque plutôt la sécrétion du glucagon par les
endocrinocytes A.
- l’excitation des nerfs splanchniques innervant la médulla surrénale stimule la libération des
catécholamines.

C - Conclusion

La régulation de la glycémie se fait par les voies hormonales et nerveuses : on parle de régulations
neuro-hormonale. Cette régulation met en jeu deux systèmes antagonistes :
- un système hyperglycémiant : visant à augmenter le taux de glucose sanguin
- un système hypoglycémiant : visant à abaisser la glycémie.

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Chap XII : La régulation du taux d’hormones sexuelles chez l’Homme
Objectifs pédagogiques.
A la fin de cette leçon, l’apprenant doit être capable de :

 Relever le rôle de la testostérone et expliquer sa régulation


 expliquer les cycles sexuels féminins
 Expliquer quelques méthodes de limitation des naissances
 Expliquer quelques méthodes de procréation médicalement assistée (P.M.A)

INTRODUCTION

L’apparition des caractères sexuels secondaires à la puberté est le fruit du réveil du système
génital, qui sécrète des substances dans le sang appelées hormones. Le fonctionnement du système
génital est sous le contrôle des structures supérieures (hypothalamus et hypophyse), afin d’éviter toute
production exagérée et inutile des hormones sexuelles.

I - La régulation du taux d’hormones sexuelles chez l’homme

A - Sécrétion et rôles de l’hormone mâle

En plus de son rôle de fabrication des gamètes (spermatozoïdes), le testicule synthétise et libère
dans le sang l’hormone sexuelle mâle appelée testostérone. Cette synthèse se déroule dans les cellules de
Leydig dont l’ensemble constitue les îlots du tissu interstitiel.
La testostérone joue plusieurs rôles :
- Stimule la spermatogenèse à la puberté
- Provoque l’apparition des caractères sexuels secondaires à la puberté (Devoir : Citer ces caractères)
- Accélère le métabolisme basal et la influence le comportement sexuel (stimulation de la libido = pulsion
sexuelle)

B - Système de régulation de la sécrétion de la testostérone : fig 12.1

Diverses expériences et observations ont prouvé que la sécrétion de la testostérone est sous le
contrôle du complexe hypothalamo-hypophysaire.

1 - Rôle de l’hypophyse

Les hormones hypophysaires stimulent le fonctionnement des gonades mâles : ce sont des
gonadostimulines (gonadotrophines). On en distingue deux :
- la LH (hormone lutéinique) : elle stimule les cellules de Leydig à produire la testostérone, laquelle
stimule directement la spermatogenèse.
- la FSH (folliculostimuline) : elle stimule indirectement la spermatogenèse en agissant sur les cellules de
Sertoli (cellules du tube séminifère)

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2 - Rôle de l’hypothalamus

L’hypothalamus commande la libération des gonadostimulines par l’antéhypophyse. La substance


fabriquée par l’hypothalamus et qui stimule l’hypophyse est appelée gonadolibérine (GnRH).

3 - Rétrocontrôle exercé par la testostérone sur le complexe hypothalamo-hypophysaire

La testostérone exerce en permanence une action frénatrice sur l’activité du CHH : c’est le
rétrocontrôle négatif. Ainsi toute augmentation de la testostéronémie à un niveau supérieur à la normale
entraine une inhibition de la sécrétion des hormones qui contrôle sa synthèse (GnRH, FSH et LH).

II - La régulation du taux d’hormones sexuelles femelles

A - Le fonctionnement de l’appareil génital féminin : fig 12.2

Le système génital femelle fonctionne de manière cyclique chez les Mammifères. On parle de
cycles menstruels chez la femme, car il apparait périodiquement des menstrues (règles).
Le cycle sexuel est l’ensemble des modifications qui affectent l’appareil génital femelle pendant la
période comprise entre deux menstruations. Ces modifications affectent principalement les ovaires,
l’utérus et dans une moindre mesure le vagin.

1 - Le cycle ovarien

Il se divise en deux phases séparées par l’ovulation :


- La phase folliculaire ou phase pré-ovulatoire : sa durée est variable, mais chez une femme dont le
cycle sexuel dure 28 jours, cette phase dure 14 jours. Au cours de cette phase, un follicule tertiaire
parvient au stade de follicule mûr qui fait saillie à la surface de l’ovaire. Le 14ème jour du cycle, le
follicule de Degraaf éclate et libère l’ovocyte II qui sera recueilli par le pavillon de la trompe : c’est
l’ovulation. L’ovulation se caractérise par une légère augmentation de la température corporelle.
- La phase progestative ou phase lutéinique ou phase post-ovulatoire : sa durée est fixe, elle est de 14
jours chez toutes les femmes. Cette phase est marquée par la transformation du follicule ayant ovulé en
corps jaune.
NB : En absence de fécondation, l’ovocyte II et le corps jaune dégénèrent et un nouveau cycle
commence ; s’il y a fécondation, le corps jaune persiste et les cycles sexuels sont bloqués pendant toute la
grossesse (neuf mois).

2 - Le cycle utérin

Les modifications cycliques de la muqueuse utérine sont synchrones avec le cycle ovarien. On
note trois phases au cours d’un cycle utérin :

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- La phase menstruelle (du 1er au 5ème jour du cycle) : elle est caractérisée par la chute de la couche
fonctionnelle de la muqueuse utérine. Le sang et les tissus qui se détachent s’écoulent hors du vagin et
constituent le flux menstruel (menstruation).
- La phase de croissance ou phase proliférative (du 6ème au 14ème jour du cycle) : elle est caractérisée
par la reconstruction de la couche fonctionnelle de l’endomètre à partir d’une couche basale laissée
intacte au cours des menstrues ; une nouvelle muqueuse se met en place et les vaisseaux sanguins s’y
développent.
- La phase sécrétoire (du 14ème au 28ème jour du cycle) : du 14ème au 21ème jour du cycle, la muqueuse
utérine se développe et l’hypertrophie (formation de la dentelle utérine). L’endomètre ainsi reconstitué se
prépare à recevoir l’embryon ; on observe la sécrétion du lait utérin. En absence de fécondation, la
régression du corps jaune se déroule au même moment que la nécrose de l’endomètre ; des lésions
apparaissent, annonçant une nouvelle menstruation. En cas de fécondation, les cycles ovarien et utérin
restent bloqués pendant toute la gestation.

3 - Le cycle des hormones ovariennes

Les modifications cycliques de l’utérus et du vagin sont synchrones à celles de l’ovaire, car celles-
ci sont sous le contrôle des hormones ovariennes (œstradiol, progestérone).
- Pendant la phase folliculaire, les follicules ovariens en croissance sécrètent les œstrogènes. On
observe un pic de sécrétion des œstrogènes vers le 12ème jour du cycle (qui correspond à la maturation du
follicule).
NB : Le pic d’œstrogènes observé le 12ème jour du cycle de 28 jours va entraîner par rétrocontrôle
positif le pic de LH le 13ème jour, qui sera lui-même à l’origine de l’ovulation le 14ème jour. Ainsi
l’ovulation survient dans un cycle de 28 jours le 14ème jour du cycle, sous l’action d’une forte
concentration (pic) de la LH.
L’effet contraceptif de certaines pilules est l’inhibition du pic de LH le 13ème jour (entrainant une
inhibition de l’ovulation).
- Pendant la phase lutéinique, le corps jaune sécrète les œstrogènes et la progestérone. On observe un
pic de sécrétion de ces deux hormones vers le 21ème jour du cycle (maturation du corps jaune).

B - Régulation de la sécrétion des hormones ovariennes : fig 12.3

1 - Rôle de l’hypophyse

Le fonctionnement des ovaires est contrôlé par l’hypophyse. L’antéhypophyse sécrète deux
hormones :
- la FSH qui est indispensable au recrutement du follicule dominant et donc à la sécrétion d’œstradiol.
- la LH qui a plusieurs fonctions : stimule la reprise et l’achèvement de la méiose I, déclenche l’ovulation,
stimule la croissance du corps jaune et la production des œstrogènes et de la progestérone.

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2 - Rôle de l’hypothalamus

L’hypothalamus commande la libération des gonadostimulines via une neurohormone appelée


gonadolibérine (GnRH).

3 - Rétroaction des hormones ovariennes sur le complexe hypothalamo-hypophysaire (CHH)

a) Rétrocontrôle de l’œstradiol

L’œstradiol a deux types de feedback sur le complexe hypothalamo-hypophysaire :


- lorsque la concentration d’œstradiol est faible (inférieure à 200 pg.mL-1), toute augmentation de cette
concentration entraine une diminution de la sécrétion des gonadostimulines : c’est la rétroaction
négative.
- lorsque la concentration d’œstradiol est grande (supérieure à 200 pg.mL-1), toute augmentation de cette
concentration entraine l’augmentation de la sécrétion des FSH et LH : c’est le rétrocontrôle positif.
NB : Le phénomène de feedback positif est essentiel, car explique l’ovulation. En effet le taux
d’œstradiol dépasse les 200 pg.mL-1 vers le 10ème jour du cycle et le pic d’œstradiol est atteint vers le
12ème jour. Ce pic déclenche par rétrocontrôle positif le pic de LH le 13ème jour du cycle, qui est lui-même
à l’origine de l’ovulation le 14ème jour du cycle.

b) Rétroaction de la progestérone

La progestérone exerce un feedback négatif sur l’hypothalamus et l’hypophyse.

III - Notion de contrôle de naissance : la maîtrise de la procréation

1 - La période de fécondité

La période de fécondité correspond à la période du cycle pendant laquelle un rapport sexuel non
protégé peut aboutir à une grossesse.
Les spermatozoïdes sont viables pendant 3 jours au plus après éjaculation dans les voies génitales
femelles ; l’ovocyte est viable pendant un jour après ovulation. La période de fécondité a donc une durée
de quatre jours dans un cycle sexuel.

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2 - La limitation des naissances

Il existe deux types de méthodes permettant de limiter les naissances :


- Les méthodes contraceptives dont le but est d’empêcher la conception, c’est-à-dire la fécondation
- Les méthodes contragestives dont le but est d’empêcher la grossesse

a) La contraception

C’est l’ensemble des méthodes visant à empêcher la procréation tout en maintenant le rapport
sexuel. On a :
- L’abstinence périodique : elle consiste à éviter les rapports sexuels pendant la période de fécondité de
la femme. Pour cela la période de date d’ovulation doit être contrôlée avec précision (ce qui n’est pas
facile bien sûr…).
- Les méthodes de contraception mécaniques : elles consistent à utiliser les préservatifs masculin ou
féminin (diaphragme).
- Les méthodes de contraception chimiques : elles consistent en l’utilisation des crèmes spermicides
(placées dans le vagin et capables de détruire les spermatozoïdes) ou des pilules (hormones de synthèses
dont la majorité empêche l’ovulation).

b) La contragestion

C’est l’ensemble des méthodes visant à empêcher le déroulement d’une grossesse. On a :


- L’utilisation du stérilet ou dispositif intra-utérin (DIU) : c’est un petit appareil placé dans l’utérus
pour empêcher la nidation. Son mode d’action reste encore inconnu.
- L’utilisation du RU486 ou pilule abortive : cette pilule a des effets antagonistes (contraires) à ceux de
la progestérone. Le RU486 est un antagoniste compétitif de la progestérone et provoque ainsi un
avortement.

3 - La favorisation des naissances : procréation médicalement assistée

Selon la cause de l’infertilité, on peut faire recours à plusieurs techniques médicales


- L’insémination artificielle : elle vise à favoriser la rencontre des gamètes en introduisant les
spermatozoïdes peu mobiles ou peu nombreux dans les voies génitales femelles.
- La Fécondation In Vitro et Transfert d’Embryon (FIVETE) : dans le cas des trompes bouchées par
exemple, on prélève l’ovocyte II et on le met en présence du spermatozoïde dans un milieu artificiel In
Vitro. Après la fécondation, l’embryon est transféré dans l’utérus maternel préparé à la nidation.

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