Vous êtes sur la page 1sur 8

Chapitre I : Analyse thermique simple/directe (ATS)

L'analyse thermique simple consiste à mesurer, en fonction du temps, la température d'un


échantillon placé dans une enceinte, chauffée ou refroidie selon un programme de
températures déterminé. Les accidents de la courbe d'échauffement ou de refroidissement
mettent en évidence les transformations de l'échantillon donnant lieu à des phénomènes
thermiques.

Les applications principales concernent l'établissement des diagrammes de phase ainsi que
l'étude de réactions dans l'état solide.

I- Principe de la méthode

Cette méthode a pour but de tracer la courbe donnant au refroidissement (ou au


chauffage), la variation de la température d'un corps, en fonction du temps [ΔT=f (t)].
Elle est principalement, utilisée pour étudier les transformations liquide-solide, car sa
sensibilité n'est pas assez suffisante pour mettre en évidence des effets thermiques
accompagnant les transformations allotropiques qui se produisent à l'état solide.
On peut citer comme exemple la transformation au refroidissement des alliages Fer-
Nickel à faible teneur en Nickel :
Sol.solide γ (CFC) → Sol.solide α (CC)
Ti α (HCP) → Ti β (CC)
Elle est donc employée pour tracer les liquidus et solidus des diagrammes d'équilibre, et aussi,
connaissant le diagramme d'équilibre, pour déterminer la composition d'un alliage.
II- Appareillage et mesure

L'appareillage utilisé est représenté sur la figure ci-dessous. Dans un creuset, un métal
ou un alliage est mis, et placé au sein d'un four électrique, un thermocouple, entouré, d'une
protège couple est relié à un enregistreur permettant de tracer la courbe de refroidissement ou
de chauffage donnant la variation de température en fonction de temps.

1
Schéma du dispositif d'analyse thermique simple

Remarque
Dans un circuit fermé constitué de deux conducteurs de nature différente, il circule un
courant lorsqu’on maintient entre les deux jonctions une différence de température. Les
thermocouples sont des capteurs actifs car l’info est délivrée dans alimentation, il suffit de
chauffer. D’une autre façon, on appelle thermocouple un couple thermoélectrique de deux
conducteurs métalliques de natures différentes reliées à leurs extrémités par une soudure.
Expl : Le thermocouple le plus précis est constitué de platine et d’un alliage platine + 10% de
rhodium (couple Le Chatelier); la sensibilité est de l’ordre de 10 microvolts par degré.

La température du système (échantillon) Ti est donnée en tout point par la loi de


conduction en fonction de Te du milieu environnant (Four). Pour minimiser le gradient de
température au sein du système, on réduit le plus possible les dimensions de l'échantillon ;

2
ainsi on peut admettre que la température Ti est uniforme et la mesurer en n'importe quel
point du système.

III- Allure générale des enregistrements

La loi de variation de la température Ti, mesurée dans le système doit être la même
que celle de Te en l'absence de toute transformation physico-chimique (droite parallèle).

Si le corps étudié subit une transformation avec changement de phase, un dégagement


de chaleur se produit et modifie l'allure de la courbe de refroidissement.

Schéma de l’évolution général d’un corps pur lors des analyses thermiques simples

L'allure de la courbe de refroidissement d'un métal pur est différente de celui d'un
alliage. Cette différence est illustrée sur les figures suivantes.

Lors d’un refroidissement, le passage d’une phase à une autre provoque un fort
dégagement d’énergie (chaleur latente de solidification) qui ralentie la diminution de
température (changement de pente ou l’observation d’un palier). L'anomalie se traduit par un
palier ou un changement de pente, le phénomène correspond à une transformation isotherme,
la longueur de ce palier est proportionnelle à la quantité de métal solidifié.

3
A partir des courbes de refroidissement d'une série d'alliages à différentes
concentrations, on peut construire les diagrammes de phases.

4
Remarque :

Dans les alliages présentant des points eutectiques et péritectiques, la courbe d’analyse
thermique de ces points se comporte comme un corps pur et on assiste à un palier.

Courbe d’analyse thermique d’un eutectique et d’un péritectique

IV- Calorimétrie des invariants

Les diagrammes binaires des alliages contiennent souvent des points particuliers
appelés les invariants (points eutectiques et péritectiques). D’après la règle des phases,

V = C + 2 – φ (avec V : variance ; C = nbre des constituants indépendants (où dans le cas des

diagrammes binaires C = 2) ; φ : nbre des phases ; 2 : c’est le nombre des paramètres plus
précisément la T et la P dans le cas des diagrammes isothermes ou isobares la valeur est
égale à 1), la variance en ces points est nulle (V = 0), ce sont des points où il y a existence de
trois phases en même temps.
L’analyse thermique simple ou directe peut nous renseigner quantitativement sur la
composition (détermination de la composition de ses points) de ses points particuliers : C’est
la méthode de TAMMAN.

5
Soit un mélange binaire A-B à P = Cte. Le point eutectique (point invariant) met en jeu
trois phases (SA , SB et L) ; il est représenté sur le diagramme par une ligne horizontale joignant les 3
points figuratifs de ces phases.
Au point E : Liquide  Solide A + Solide B H < 0 au refroidissement.
La règle des phases nous donne: V=C+2-
V variance, C nombre de constituants indépendants,  nombre de phases
C=2 ; =3 ; P=cte  V=0

Diagramme des phases Liq-sol d’un mélange A-B

La courbe d’analyse thermique au point E est représentée dans la figure suivante :

Courbe d’analyse thermique traversant un invariant

6
AB : variation de la température du four

CD : variation de la température de l’échantillon avant fusion. L’écart de température T est


constant. Le flux de chaleur qui pénètre l’échantillon est constant. Le flux instantané reçu par
l’échantillon est donné par la relation :

dQ/dt = K. T

K coefficient de transfert de chaleur

Au cours du palier invariant le flux de chaleur croît, T échantillon est fixée (V=0).

Pour déterminer Q, mise en jeu, il faut mesurer l’aire hachurée comprise entre la courbe
expérimentale et la droite CF.

Afin de déterminer de la composition d’un invariant (eutectique par exemple), on utilise la


relation suivante :

Q = m.c.t.dT/dt

Avec: dT/dt la vitesse de chauffage (pente de la courbe de chauffage/refroidissement)

t la durée du palier isotherme

c la chaleur spécifique de l’échantillon et m sa masse

Quantité de chaleur absorbée par le système lors de la fusion eutectique :

La chaleur « Q » est proportionnelle à la masse du liquide de composition eutectique.

 La longueur du palier sur la courbe d’analyse thermique est d’autant plus grande que
l’on est proche de l’eutectique.

 Il suffit donc de porter sur un graphe les longueurs de palier en fonction de la


composition pondérale.

 Toutes les valeurs étant rapportées à une même masse totale.

7
V- Avantages et inconvénients de l’ATS

1) Les avantages

Cette méthode permet de :


- Tracer les liquidus et solidus des diagrammes d'équilibres.
- Déterminer la composition d'un alliage.
2) Les inconvénients

L'utilisation de l'analyse thermique simple est limitée essentiellement dans l'étude des
transformations liquide-solide, car sa sensibilité n'est pas toujours suffisante pour mettre en
évidence les effets thermiques accompagnant les transformations de la structure qui se produit
dans l'état solide.
- Il faut signaler que l'exploitation des courbes d'analyse thermique pour tracer des
diagrammes d'équilibres est délicate pour deux raisons liées à la solidification réelle.
1- Le début de solidification s'opère avec un certain retard.

Ce phénomène de surfusion est suivi lorsque la solidification s'amorce enfin, d'une


remontée de la température jusqu'à la température du palier de solidification dans le cas d'un
métal pur (figure ci-dessous(a)).
Pour une solution solide, ceci oblige à déterminer la température de début de solidification par
extrapolation comme il est indiqué sur la figure ci-dessous (b).
2- La température de fin de solidification est généralement très mal définie, à cause de
l’inhomogénéité du solide.
- Elle a une faible sensibilité au phénomène parasite lié aux particularités du montage, ou de
la morphologie des substances étudiées.

Vous aimerez peut-être aussi