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Electricité Générale Cours et Exercices

Université IBN KHALDOUN Tiaret


Faculté des mathématiques et informatique
Département de l'Informatique
1er LMD, 2018-2019

Champ et Potentiel
Electrique

6 Dr B.Mebarek
Electricité Générale Cours et Exercices

1. Introduction
La notion de champ a été introduite par les physiciens pour tenter d'expliquer comment
deux objets peuvent interagir à distance, sans que rien ne les relie. A la fois la loi de la gravitation
universelle de Newton et la loi de Coulomb en électrostatique, impliquent une telle interaction à
distance. Il n'y a pas de fil qui relie la terre au soleil; celui-ci exerce son attraction à distance.
De même, deux charges électriques s'attirent ou se repoussent dans le vide sans que rien ne les
relie, sans aucun support matériel. Pour tenter d'expliquer cela, Michael Faraday a introduit la
notion de champ électrique. Si une charge Q1 a un effet à distance sur une charge Q2 qui se trouve
éloignée, c'est parce que la charge Q1 met tout l'espace qui l'entoure dans un état particulier : la
charge Q1, de par sa présence, produit en tout point de l'espace qui l'entoure, un champ électrique
et c'est l'interaction de ce champ électrique avec la charge Q2 qui produit la force que cette
dernière ressent. Cette notion de champ s'est révélée très utile et très pratique. Elle a pu être
utilisée pour décrire d'autres forces fondamentales que la force électrique et elle permet de décrire
les phénomènes de manière élégante.

2. Champ et potentiel créés par des charges électriques


Au chapitre précédent, nous avons utilisé le concept de force d’interaction. Dans le cas de
deux charges électriques par exemple, chacune des charges exerce sur l’autre une force dont
l’expression mathématique est donnée par la loi de Coulomb. En vertu du principe de l’action et
de la réaction de Newton, la seconde charge exerce sur la première une force égale et opposée.
Ainsi les deux charges jouent le même rôle.
Avec le concept de champ, le problème est posé d’une façon différente. Une charge électrique Q,
appelée ‘charge source ‘, crée, dans l’espace environnant, appelé ‘champ’, un ‘état’ qui est mis
en évidence par son action sur toute autre charge q placée en un point M de cet espace, cet ‘état’
existe même en l’absence de la charge q. Les charges Q et q ne jouent plus ici le même rôle : Q
est la charge source du champ qu’elle crée et q la charge dont le comportement, dans ce champ,
sera étudié.

2.1. Charge ponctuelle unique


Considérons une charge ponctuelle Q immobile, dans son voisinage, toute charge q subit une
force :

⃗= ⃗ (Loi de Coulomb)

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Les charges peuvent être positives ou négatives. Deux charges positives (ou négatives) se
repoussent, deux masses s’attirent, ce qui explique la différence de signe par rapport a la loi de
Newton.
Comme dans le cas du phénomène de gravitation, nous pouvons par similitude définir les
grandeurs suivantes :

a- Force électrique
1
⃗ = ⃗= . ⃗
4

b- Champ électrique, Potentiel électrique


On appelle champ électrique une région de l’espace où, en tout point, une charge q,
maintenue immobile, est soumise à l’action d’une force électrique.
On peut noter l’analogie entre le champ électrique ⃗ et le champ de gravitation ⃗ créé par la terre.
Seulement ⃗ est toujours dirigé vers le centre de la terre alors que le sens du champ électrique
dépend du signe des charges qui le créent.
Dans le cas d’une seule charge source Q. Les figures montrent que le champ est orienté vers la
charge lorsqu‘elle est négative et en sens inverse lorsqu’elle est positive.

⃗= ⃗

⃗= ⃗

= +

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Remarque
 Le vecteur champ électrique ⃗ est défini comme la force agissant sur la charge unité placée
en un point.
 Une charge électrique produit un champ électrique en chaque point de l'espace.
On peut remarquer que l'intensité du champ électrique décroit très vite lorsqu'on s'éloigne de la
charge. Et qu'inversement, elle croît indéfiniment lorsqu'on s'en approche.

 Unité de champ électrique : Par définition: F = E.q , E peut donc se mesurer en Newton par
Coulomb (N/C)
 Le potentiel électrique V est défini comme l’énergie d’une charge unité placée en un point.

2.2. Cas de deux charges ponctuelles (Principe de superposition)


Considérons le cas de deux charges ponctuelles fixes q1 et q2 agissant sur une troisième
charge q. L’action conjuguée de q1 et q2 agissant séparément.

⃗ = ⃗ + ⃗ = ⃗ + ⃗

= ⃗ + ⃗ = ⃗

Composition des forces

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Le champ ⃗ crée en un point M par deux charges ponctuelles est la somme des deux champs ⃗
et ⃗ crées par chacune des charges q1 et q2.

Composition des champs.


Le potentiel en M se calcule en additionnant les potentiels crées en ce point par chacune des
charges q1 et q2 : V=V1+V2
Une charge q placée en M posséde une énergie potentielle Ep = qV = q.(V1+V2)

2.3 Champ et potentiel créé par un ensemble de charges ponctuelles


On considère maintenant n charges ponctuelles q1, q2, q3, ……. qn , situées en des points
M . On se propose de déterminer le champ électrostatique créé par cet ensemble de charges en un
point M distant de ri des points M.
Ce champ est obtenu par la superposition des champs créés par chaque charge qi . Chacun de ces
champs est calculé comme si la charge source était seule.
Dans le cas de n charges sources qi , le champ électrique résultant est :

⃗ = ∑ ⃗

Comme pour le champ électrique, on applique le principe de superposition en raison de


l’additivité algébrique des potentiels. Ainsi,le potentiel créé par n charges fixes q1, q2, q3, ……. qn
est :

V= ∑ +

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2.4 Champ et potentiel créé par une distribution continue de charges


 Distribution linéique de charges
Pour une distrubution continue de charge lineique de densite λ (en C.m-1), l’element
de longueur dl a une charge repartie uniformement sur toute la longueur du
conducteur. Cette element de charge est donné par : dq=λ.dl
chaque élément dl porte une charge dq = λ.dl, et crée un champ élémentaire:

⃗= ⃗

 Distribution surfacique de charges


On parle de densité de charge surfacique  (en C.m-2) si la distribution continue des
charges electrostatiques se fait sur une surface (s) données. Cette distribution est
répartie d’une manière uniforme sur toute la surface du conducteur.

si  = (densité superficielle de charge), alors:

⃗=  ⃗

=  +

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 Distribution volumique de charges


Dans le cas ou la charge electrostatique est repartie dans tout le volume (v) d’un
materiaux d’une manière homogene et isotrope, on dit que la charge a une
distribution volumique continue de densité  (en C.m-3).

si  = (densité volumique de charge), alors:



⃗=  ⃗

=  +

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2.5. Champ uniforme


Un champ uniforme est une région de l’espace où le vecteur champ reste constant en tous
points de cette région.
2.6. Topographie du champ electrique.
La présence de charges sources dans une région de l’espace modifie les propriétés
électriques de celle-ci en créant, en chaque point M, un champ électrique. On introduit alors le
concept de lignes de champ. Le tracé de ces lignes donne une représentation spatiale du champ.
Les figures représentent les lignes de champ dues à une seule charge source Q. Si celle-ci est
positive (+) le champ est dirigé de la charge vers l’extérieur. Si la charge est négative (-),
le champ est dirigé de l’extérieur vers la charge.

Chaque charge source crée des lignes de champ telles qu’elles sont représentées sur les figures La
mise en présence de deux charges, d’égale valeur, entraîne une déformation des lignes de champ

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et on obtient une nouvelle topographie (figures ). En chaque point, la ligne de champ est tangente
au champ résultant.
2.7. Passage du champ au potentiel et du potentiel au champ
A chaque point de l’espace M (x,y,z) sont associés deux fonctions, l’une vectorielle et
l’autre scalaire, qui permettent de décrire l’espace électrique :
Le champ ⃗ = ⃗ (x,y,z) ; le potentiel V=V(x,y,z)
On admet que :
− = ⃗ ⃗ = + +

Cela permet de calculer V à partir du champ ⃗

= + +

Par identification:

= − ; = − ; = −

On écrit séparément:
⃗ = − ⃗
Le champ electrostatique créée par la charge ponctuelle q étant radial, derive d’une fonction
potentielle notée V .
2.8. Exemple de calcul de champ et de potentiel électrique
 Champ et potentiel créé par un circonférence uniformément électrisé
Soit une charge q uniformement repartie, avec une
densité lineique λ, sur une circonfernce de centre
O et de rayon a.
Un élément dl de circonférence crée un champ
dE :

= =
+
en raison de la symétrie sur oy le champ total créé
par la circonférence est :

= = = cos

cos = /
( + )

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2
= /
= /
( + ) ( + )

On sait que q = λ 2πa alors ,

= /
( + )
⃗ = − ⃗ = −( ⃗ + ⃗+ ⃗)

Ou ⃗ = ⃗ , une seule composante

 = = −  = ∫ = − ∫

= − /
= − /
( + ) ( + )

 = /
+
( + )

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 Champ et potentiel créé par un disque circulaire uniformément électrisé

 Champ
Un élément de surface dS, centré en P, porte charge: =  .
Cet élément de surface créé au point M, situé sur l'axe, un champ ⃗ donné par:
1 
=
4
Ce champ est porté par PM, mais le champ total,par raison de symétrie, est porté par Oy.
En conséquence:

= = cos 

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Soit une couronne circulaire comprise entre les cercles de rayon x et x+dx et portant
la charge: = 
Cette charge constitue un champ:

2
= cos

1 2
=
4

=
2 ( )
+

On obtient E, en sommant dEy pour toutes les valeurs de x comprises entre O et R .

/
= = /
= [ − ( + ) ] = − /

 ( + )  ( + )

 Cas particulier
 Si le point M est au centre du cercle:

 Si R → ∞, le disque devient un plan de dimension infinie et quelque soit la positio


n de M, le champ et constant :

 Potentiel
La couronne crée en M un potentiel :

C’est - à - dire :

/
= /
= [( + ) ] = [( + ) − | |]
( + )
Il est possible d'en déduire le champ par:

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= = 1 − /
2 ( + )

V
E

y y

Tracés des graphes de E(y) et V(y)

3. Dipôle électrique
Dans la nature, certains systèmes ont une charge globale parfaitement neutre alors que le
centre de gravité des charges négatives n’est pas confondu avec celui des charges positives.Un tel
système est alors dit polarisé et peut etre décrit , en premiere approximation, par deux charges
électriques ponctuelles qA = -q et qB = q situées à une distance d = 2a l’une de l’autre. On appelle
un tel système de charges un dipole electrostatique.
3.1. Définition
Le dipôle électrique est constitué de deux charges égales et de signes contraires, +q et -q,
séparées d’une distance a . Celle-ci est très petite par rapport aux distances d’observation r .
a << r
Un dipôle est caractérisé par son ‘moment dipolaire électrique’ ou ‘moment électrique’.
Le moment électrique dipolaire est défini par:

⃗ = ⃗

Le moment électrique est orienté de la charge négative vers la charge positive.

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3.2. Potentiel et champ créés par un dipôle à grande distance


Calculons le potentiel V produit, par ce dipôle, en un point M situé à une distance r du milieu O
du dipôle, le potentiel au point M dû au dipôle s'écrit:


= − =

Si la distance r est grande par rapport à a, on peut écrire:


− ≈ cos ≈

et l'on aura:
cos cos cos
= = = ( = )

Le champ est donné par:


= − ⃗ ⃗
On fera les calculs en coordonnées polaires.
A prendre en considération que le gradient d'une fonction f s'exprime par:
En coordonnées cartésiennes:

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⃗ = ⃗ + ⃗+ ⃗

En coordonnées polaires:

⃗ = ⃗+ ⃗+ ⃗

Il vient

⃗ ⃗ =
=

= −( + )
dV = − ⃗ ⃗ 
= +

Par identification, on aura :


= − = − =
= 
= − = − =

Positions particulières :

2 ⃗
⃗ = ⃗ = =
2
2 ⃗
⃗ = ⃗ = ( = 0)

3.3. Dipôle placé dans un champ électrique uniforme.


3.3.1 Couple
Si on place un dipôle, de moment électrique ⃗ , dans un champ extérieur ⃗ uniforme, les charges
qui le constituent sont soumises à des forces égales et opposées : ⃗= - ⃗

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Le dipôle subit alors l’action d’un couple de module :


 = ⃗ = F.AH or F = q.E et AH = d sin 
Donc :  = q.E.d.sin  sachant que p = q.d on a :  = p.E.sin 
Le moment du couple de force qui agit sur le dipôle s’écrit : ⃗ = ⃗  ⃗
Ce couple fait pivoter le dipôle pour l’aligner parallèlement au champ extérieur.
Étude de l’équilibre Il y a deux méthodes pour étudier l’équilibre :
 Utilisation du moment des forces : Le moment des forces est ⃗ = ⃗  ⃗ = − sin ⃗, A
⃗ ⃗
l’équilibre ⃗ = 0 Il y a deux positions d’équilibre : =0 et = , c.-à-d. ⃗ colinéaires.
 Utilisation de l’énergie potentielle.

3.3.2. Energie potentielle

L’énergie potentielle d’un dipôle, placé dans un champE⃗, est calculée en faisant la somme
des énergies potentielles de chaque charge : Ep = q (VA-VB) avec VA-VB = - E⃗. d⃗,
L’expression précédente devient : Ep = -q. E⃗. d⃗ Sachant que : p⃗ = q. d⃗,
L’énergie potentielle de ce dipôle, placé dans un champE⃗, est alors donnée par: Ep = - ⃗ ⃗

L’équilibre est stable si en écartant le système de sa position d’équilibre, les actions mécaniques
ont tendance à le ramener vers sa position d’équilibre.
4. Flux du champ électrique: Théorème de Gauss
4.1. Représentation d'une surface
Une surface S réelle ou fictive peut être considérée comme constituée d’un grand nombre
de surfaces élémentaires dS très petits,

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Chaque élément dS est représenté par un vecteur ⃗, On considère un vecteur unitaire ⃗, porté
par la normale à dS et on représente cet élément de surface par un vecteur :
⃗ = dS. ⃗
 Appliqué sur dS
 de grandeur dS
 dirigé selon la normale au plan dS
 sur une direction arbitraire qui sera conservée pour tous les éléments de S.
Ainsi :

= | |

4.2. Angle solide


 Angle dans le plan

: Longueur de l’arc,
′ ′
 = = ′
est indépendant de r,
2
∶  = =2

[] : radian : rad


 Angle solide
Par analogie avec ce qui précède, on définit l'angle solide Ω comme ayant pour mesure la
surface S interprétée sur la sphère de rayon unité.

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[] = stéradian : st
⃗ ⃗ cos 
 = =

Par une surface d’orientation normale :

 = ( = 0)

Cette définition conduit au résultat suivant :


 Pour tout l'espace :
4
 = = = 4

 Une calotte sphérique de centre O de rayon r a une surface telle que :


= 
 Si l’angle solide est petit :
= 
 Soit d∑ une surface s’appuyant, autour de M, sur le même angle solide dΩ, et
dont le plan fait un angle θ avec celui de dS, on a

= cos θ

  = 2

∑ cos θ
= 2

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4. 3. Flux du vecteur champ électrostatique

- On appelle flux de ⃗ à travers dS, élément de S, la quantité scalaire positive ou négative :

 = ⃗ . ⃗
Le flux total de ⃗ à travers S est l’intégrale sur toute la surface :

 = ⃗ = ⃗ . ⃗

Remarque
Dans le cas général, ⃗ varie d’une surface élémentaire à l’autre.

4. 4. Théorème de Gauss
Le théorème de Gauss s’énonce comme suit:
Le flux du champ électrique à travers une surface fermée entourant des charges qi est :


 = ⃗ . ⃗ =
0

∑qi : représente la somme algébrique des charges intérieures.

4. 4. 1. Applications du théorème de Gauss


Du point de vue physique, le théorème de Gauss fournit le lien entre le flux du champ
électrostatique et sa source, à savoir les charges électriques.
Le théorème de Gauss fournit une méthode très utile pour calculer le champ E lorsque celui-ci
possède des propriétés de symétrie particulières. Celles-ci doivent en effet permettre de calculer
facilement le flux. Comme le théorème de Gauss est valable pour une surface quelconque, il
nous suffit de trouver une surface S de Gauss adaptée, c'est-à-dire respectant les propriétés de

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symétrie du champ. Le théorème de Gauss permet, dans certains cas, de calculer, à partir des
charges sources, le champ électrique. La méthode est alors plus simple que celle du calcul direct.
4.4.2 Exemple d’application a quelques distributions
a- Champ électrique produit par un barreau rectiligne infini uniformément chargé
Soit λ la densité linéique de charge du barreau, mesurée en C/m. Pour de raisons de
symétrie le champ électrique doit être purement radial, c'est-à-dire être perpendiculaire en tout
point de l’espace à l’axe du barreau. Son module ne dépend que de la distance r à l’axe du
barreau. Considérons un cylindre de rayon r et de longueur l dont l’axe de symétrie coïncide
avec l’axe du barreau.

Cylindre entourant une section du barreau de longueur l.


Appliquons le théorème de Gauss à ce cylindre. La somme des charges entourées est simplement
le produit de la densité linéique par la longueur du barreau, soit λl .


Donc : ∯ ⃗ ⃗ = ∑ =

La surface S se décompose en 3 surfaces S1 , S2 et S3 .



∯ ⃗ ⃗ = 0 car la normale à la base du cylindre S , est perpendiculaire à ⃗ .

Sur la surface latérale S2 ⃗ ( ) est constant et parallèle a ⃗. On peut décrire :


⃗ ( ) ⃗ = ( ) = ( ) = ( )2

Finalement, en égalant les résultats (a) et (b) : ( )2 =

Champ électrique à une distance r d’un barreau rectiligne infini uniformément chargé :

( )= [V/m]

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b- Champ électrique produit par une plaque infinie uniformément chargée


Soit σ (σ > 0) la densité surfacique de charge de la plaque, mesurée en C/m2. Pour de
raisons de symétrie, le champ électrique doit être perpendiculaire à la plaque. Son module ne peut
dépendre que de la distance z à la plaque. Considérons un cylindre de rayon r et de hauteur 2z
dont l’axe de symétrie est perpendiculaire à la plaque, comme schématisé ci-dessous.

Cylindre perpendiculaire à la plaque


Appliquons le théorème de Gauss à ce cylindre. La somme des charges entourées est simplement
le produit de la densité surfacique par la section du cylindre, soit σπr2.


Donc : ∯ ⃗ ⃗ = ∑ =

La surface S se décompose en 3 surface S1,S2,S3.



∯ ⃗ ⃗ = ( ) Car la normale à S1 est parallèle à ⃗ ;

∯ ⃗ ⃗ = (− ) ( ) Car la normale à S3 est aussi parallèle à ⃗ ;

∯ ⃗ ⃗ = 0 car la normale à la surface latérale du cylindre est perpendiculaire à ⃗ ;
Finalement on égalant les résultats précédents :

( )( + )=

Champ électrique produit par une plaque infinie uniformément chargé



=
2

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4. 4. 3. Loi locale et loi intégrale


Soit une surface (S) fermée, contenant une charge Q répartie uniformément dans le
volume v qu’elle entoure, la densité volumique étant ρ.
On a alors :

1
 = ⃗ ⃗ =  =
( )

Cette écriture constitue la forme intégrale du théorème de Gauss.


Le théorème de la divergence permet d’écrire par ailleurs :


1
 = ⃗ ⃗ =  = ⃗
( )

De ces relations, on déduit la forme locale suivante pour le théorème de Gauss :

⃗=

Cette deuxième loi locale de l’électrostatique (comme la ⃗ = − ⃗ ⃗ ⃗ = 0⃗) présente


un caractère général, elle ne fait intervenir que le point considéré indépendamment de toute
symétrie globale.
4. 4. 4. Equations de Poisson et de Laplace
En présence d’une densité volumique de charge, on peut écrire les deux lois locales :

⃗ = − ⃗
 − ⃗ =
⃗=

Or :
( ) = ∇. ∇ = ∆ On en déduit :

∆ + = 0 (Équation de Poisson)

Et dans le vide :
∆ =0 (Équation de Laplace)

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4.5. Energie potentielle électrostatique


4.5.1. Travail d’une force électrostatique
Le déplacement d’une charge électrostatique q dans une région de l’espace ou règne un champ E⃗
dériévant d’un potentiel V, conduit à :

dw = ⃗ . ⃗ = . ⃗. ⃗ = −

Si cette charge parcourt une distance AB, alors le travail nécessaire pour la déplacer est :
= ( − )
Ce travail est indépendant du chemin suivi, il ne dépend que de la position initiale et de la
position finale. La force est conservative.
4.5.2. Energie potentielle
En l’absence de charges à l’infini, l’énergie potentielle d’une charge q au point M, ou règne un
potentiel V crée par une charge Q est définie par :
1
= =
4
r : étant la distance qui sépare les deux charges.
Comme = 0 (le potentiel est nul à l’infini car il n’y a pas de charges),
= = ( − )= →

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Exercices corrigés
Exercice 01
On considère un fil infini uniformément chargé. En déduisant le théorème de Gauss, calculer le
champ électrostatique crée en point M de l’espace distant de r du fil.
Solution
Le fil étant infini, il y a une invariance par translation le long du fil, ceci permet de dire que le
champ électrique lui est perpendiculaire et que son intensité en un point M ne dépend que de la
distance de ce point au fil.
On choisit ensuite une surface de Gauss cylindrique de hauteur h, de rayon r et d’axe confondu
avec le fil chargé. Puis on calcule le flux du champ électrique à travers la surface de Gauss
choisie.
D’après le théorème de Gauss, le flux est égal à la somme des charges contenues dans le cylindre
divisée par :

 = ⃗ = ⃗ . ⃗ =

La surface du cylindre se compose de la surface latérale et de deux bases. Comme le champ est
radial, il est parallèle aux bases et le flux correspondant est nul.
Le flux à travers la surface latérale est égal à :


⃗ . ⃗ = 2 ℎ =

On trouve donc :

=
2

Exercice 02
Un fil de longueur 2a porte une charge électrostatique de densité linéique uniforme λ.
1- Déterminer le champ électrostatique ⃗ (M) en un point M de l’axe de symétrie du fil.
2- En déduire les expressions de ⃗ (M) et de V (M) dans le cas d’un fil infini.
3- Retrouver l’expression du champ ⃗ (M) en utilisant le théorème de Gauss.

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Solution
1- On calcule le champ électrostatique par la méthode direct en un point M de cote z>0 :
L’axe (Oz) est un axe de symétrie de la distribution de charge, donc pour tout point M de
(Oz), ⃗ ( ) est suivant ⃗ tel que
⃗ ( ) = ( ) ⃗=∫ ⃗ = ∫ cos ⃗ = 2 ∫ ⃗

On exprime tout en fonction de  et z.


Comme :

= et y = z.tg  =

⃗( ) = 2 .

4

En posant l’angle  ( ⃗ , ⃗ ) , apres integration, on a :

⃗( ) = sin ⃗
2
Aussi, sin =√

Finalement, l’expression du champ électrostatique crée au point M est :

⃗( ) = ⃗
2 √ +

2- Si le fil est infini, l’angle  = et le champ devient :


⃗( ) = sin 2 ⃗= ⃗
2 0 2

Remarque :
Le champ électrostatique n’est pas défini au point z=0 (point des sources) et change de ses à la
traversée du segment chargé.
Le potentiel électrostatique au point M est :

( )=− ⃗ ⃗ = −
2

=− + = ln + cte

3- En utilisant le théorème de Gauss , la symétrie cylindrique de la distribution de charge ,


conduit d’une part au un champ électrostatique radial ⃗ ( ) = ⃗ et d’autre part, impose de
prendre comme surface de Gauss , un cylindre de rayon  et d’axe confondu avec le fil .

 = ⃗ . ⃗ = ⃗ . ⃗ + ⃗ . ⃗ + ⃗ . ⃗

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Comme ⃗ ( ) = ⃗ est perpendiculaire aux vecteurs surfaces des deux bases, seul le flux à
travers la surface latérale est non nul. Ainsi, on à :


 = ⃗ . ⃗ = . = .2 ℎ= =

D’où :

⃗( ) = ⃗
2 
Cette expression est identique a celle trouvée en (exercice 01) con considérant ⃗= ⃗
Exercice 03
Une sphère de rayon R et de centre O, contient une distribution volumique de charges. La densité
volumique n’étant fonction que de la distance r est définie par :
= / Avec : 0 < r < R et b = cte
Calculer en utilisant le théorème de Gauss, le champ électrique crée par la distribution dans tout
l’espace (0< r < ).
Solution
Le champ crée par une sphère étant radial, nous choisirons une surface de Gauss sphérique de
centre O.

Le théorème de Gauss s’écrit :



 = ⃗ = ⃗ . ⃗ =

D’où

4 =

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Nous désignerons deux cas :

a- 0 < r < R : nous avons = = 4 = 4

= = 4 = 2

D’où = =

=
2
b- r >R :

= = 4 = 2

D’où = =

=
2
Exercice 04
Soient deux charges q=+e et q’=-e placées à une distance d=30 A° l’une de l’autre.
1- quelle est l’énergie interne du système ainsi composé ?
2- quel est le moment électrique dipolaire de ces deux charges ?
3- quelle est l’énergie potentielle du dipôle placé dans une région de l’espace ou le champ
électrique ⃗ est constant ?
Solution
1- l’énergie interne Ei du système est le travail qu’il faut fournir pour l’assembler les deux
charges.

= = −
A.N = −7,68 . 10
2- si d est la distance de la charge –e à la charge +e, le moment dipolaire est défini par :
⃗ = . ⃗ ; = .
A.N = 4,8. 10 .
3- si V et V’ sont les potentiels aux points M et M’ ou sont localisées les charges q et q’ ,
l’énergie potentielle du dipôle s’écrit :
= + = ( − )

− =  = − ⃗.

= − ⃗. ⃗

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Exercice 05 - Condensateur plan


Deux conducteurs métalliques plans et parallèles d’aire
commune À distants de d forment un condensateur
plan (voir figure). On négligera les effets de bord.
La plaque supérieure est portée au potentiel V0 et la
plaque inférieure est reliée au sol (V=0).
1- Déterminer :

a- la distribution de potentiel entre les deux conducteurs,


b- le champ électrique ⃗ entre les deux conducteurs,
c- la densité de charge sur chaque plaque,
d- la capacité de ce condensateur plan,
e- Calculer Q0 et la force qui s’exerce entre les armatures lorsque : V0= 400V, d = 30µm et
A=15cm2.
2- On déplace l’armature supérieure de z (z<<d) et on augmente la charge Q0 de q, comment sont
modifiées la capacité, la ddp et la force qui s’exerce entre les armatures ?
3- Un condensateur plan est à présent de capacité C0 = 2µF et il est chargée sous une ddp V0=
1kV.
a- On l’isole électriquement. Calculer le travail minimal qu’un opérateur doit fournir à ce
condensateur pour écarter ses armatures de d0 = 1mm à d0 = 2mm. Commenter physiquement
ce résultat.
b- On maintient la ddp constante. Calculer la variation d’énergie du condensateur et le travail
minimal qu’un opérateur doit fournir à ce condensateur pour écarter ses armatures de d0 =
1mm à d0 = 2mm. Commenter physiquement ce résultat.
Solution
1-
z

a- Négliger les effets de bords revient à supposer


les plaques infinies et le système est donc invariant y

par translation suivant x et y.


x
Le potentiel s’écrit V (z) et l’équation de Laplace
donne
 2V V
V  0  2
0   k  V  kz  k '
z z

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à z  0 , V  0  k ' 0 et V (d )  V0  kd 

V0
k et ( )=
d

b-
z
 V 
E  ez  ⃗ = − ⃗
z 
E
c- Sur la plaque supérieure (z=d)
 V   
E   0 ez   ez
d à

Soit = Sur la plaque inférieure ( z  0 )


 V   
le même raisonnement donne E   0 e z  e z et
d à
 0V 0
 
d

 0V0 0 A
d- La charge Q sur la plaque est Q  A  A et la capacité s’écrit : C
d d

e- Application numérique : C0  0,44nF ; Q0  176nC

Calcul de la force qui s’exerce sur les armatures :

1ere méthode :
L’énergie électrique du condensateur s’écrit :

1 1  A 
U  CV 02   0 V 02 
2 2 z  z d

L’action électrostatique s’écrit :

U  1  0 A 2  1 A 2
Fz    2
V0   Fz   0 2 V0
z  2 z  zd 2 d

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2ere méthode :

2 ( 0V 0 ) 2
La pression électrostatique P sur l’une des plaques s’écrit P  soit P  et
2 0 2d 2
dF F ( 0V 0 ) 2 
avec P    F  A cette force est dirigé suivant  ez soit
dS A 2d 2
( 0V 0 ) 2 
F   2
A ez
2d

Application numérique : F=-1,2 N


3- Après un déplacement z<<d de l’armature supérieure la capacité s’écrit :
0 A 0A C0
C  C  C  C  C 0 (1  z )
dz z z d
d (1  ) (1  )
d d

Q (Q 0  q ) z Q q z
La d.d.p. entre les armatures s’écrit : V   (1  )  V  0 (1  )(1  )
C C0 d C0 Q0 d

q z q z
V  V0 (1  )(1  ) et en développant à l’ordre 1 on trouve V  V0 (1   )
Q0 d Q0 d

1 Q2
On peut exprimer la force à partir de l’énergie électrostatique U  (d  z ) à charge étant
2 0A
U
constante Fz   ,
z

Q2 Q02 q 2 Q02 2q
Fz    Fz   (1  )  Fz   (1  )
2 0 A 2 0 A Q0 2 0 A Q0

3-

a- Pour écarter les plaques l’opérateur doit fournir une énergie au moins égale à la variation de
l’énergie électrostatique associé à l’écartement des armatures soit :

Q02 1 1 Q2 C Q2 d C V2 d
U  (  )  0 ( 0  1)  0 (  1)  U  0 0 (  1)
2 C C0 2C0 C 2C0 d 0 2 d0

Application numérique : U  1 j

CV02 V02 C0V02 C C0V02 d 0


b- A potentiel constant U  ( ) (C  C 0 )  (  1)  (  1)
2 2 2 C0 2 d

Application numérique : U  1 j

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Exercice 06
Deux conducteurs rectangulaires planes d’aire commune
A=h (R2-R1) forment un condensateur diédrique d’axe
Oz et d’angle θ0 . L’un des conducteurs est relié au sol et
l’autre est porté au potentiel positif V0. On négligera les
effets de bord.
1- Quelle est la forme des équipotentielles entres les
armatures ?
2- Déterminer les densités surfaciques de la répartition
des charges sur les deux conducteurs.
3- Déterminer la capacité du condensateur et retrouver
sa capacité
Solution
1- Les deux armatures sont des plans équipotentiels
l’une à V=0 et l’autre à V=V0 et on passe de l’une à V=0
à l’autre (V=V0) par une rotation d’angle 0 . Ainsi tout
plan qui se déduit de l’armature V=V0 par une rotation
d’angle  forme une surface équipotentielle.
2- En coordonné cylindrique le condensateur présente
un symétrie de translation suivant z (Oz est l’axe du
dièdre) ainsi le potentiel V ne dépend pas de z.
Vu la forme des équipotentielles, pour  donné le potentiel est constant quelque soit  , ceci
montre que le potentiel V ne dépend pas de 

Il vient que V(M)=V()


1  2V V
Dans l’espace entre les plaques on a V  0  2 2
0   k  V  k  k1
  
Avec V(=0) =0 k1=0 et avec V(=0)=V0 on obtient V ( )  V0  et le champ électrique
0
1 V  1 V0 
s’écrit : E   gradV  e , E   e
   0
Par application du théorème de Coulomb on écrit l’expression du cham électrique au voisinage de
chaque armature on trouve
 ( 0)  1 V0  1  0V0  (  0 )  1 V0  1  0V 0
e   e   (  0 )   e  e   (  ) 
0  0  0 0  0 0
 0

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R2
1  0V0  V R
3- La charge du condensateur est : Q  hd soit Q  0 0 h ln 2 et la capacité est
R1
0 0 R1
donné par :

Q  R
C soit C  0 h ln 2
V 0 R1

4- L’énergie dans le condensateur s’écrit :


R2  h
1 2  0 V02  0 V02 d 0
U   0 E d soit U   dddz U    0 d 0 dz 
espace entre
2 espace entre
2 2  02 2  02 R1
lesarmatures lesarmatures
2
0 V 0 R 1 2  R
U h ln 2 comme U  CV0 il vient que C  0 h ln 2
2 0 R1 2 0 R1

Exercice 07
Soient deux plans 1 et 2 uniformément
chargés en surface. Ils portent respectivement
les densités de charge 2 et  (<0).
a- Quelle est la valeur du champ dans les
trois zones A, B et C.
b- Trouver l’expression de l’énergie
potentielle d’un dipôle ⃗ Placé
respectivement dans les trois zones A, B
et C.
c- Déduire, dans chaque zone la valeur de  pour que le dipôle
Soit en équilibre stable.
Solution
a- En appliquant le théorème de Gauss, on montre que le champ créé par un plan infini de
charge surfacique  est donné par :


=
2

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Et le champ créé par le plan de charge est donné par :

2
=
2

En appliquant le principe de superposition, nous aurons doc pour les trois régions :

2  3
⃗ = ⃗+ ⃗= ⃗
2 2
2  
⃗ =− ⃗+ ⃗=− ⃗
2 2 2
2  3
⃗ =− ⃗− ⃗=− ⃗
2 2 2

b- L’énergie potentielle est donnée par :


= − ⃗ . ⃗ = − ⃗ . ⃗ . cos ( ⃗ , ⃗)

Dans la région A :
3| |
( ) =− . . cos ( + /2)
2
3| |
( ) =− . . sin ( )
2

Dans la région A :
| |
( ) =− . . cos ( − )
2 2
| |
( ) =− . . sin ( )
2

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Dans la région A :
3| |
( ) =− . . cos ( − )
2 2
3| |
( ) =− . . sin ( )
2

c- Par définition, nous avons l’équilibre stable pour minimum et l’équilibre instable pour
maximum ; nous avons donc les différentes régions :
Région Sin   Equilibre
A minimum -1 -/2 stable
maximum +1 +/2 instable
B Minimum -1 -/2 stable
Maximum +1 +/2 instable

C Minimum -1 -/2 stable


Maximum +1 +/2 instable

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