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I.

Introduction

Plus de quatre milliards de mètres cubes de béton sont coulés chaque année dans le monde. Ce
matériau permet de construire des ouvrages de toute nature et, notamment, des bâtiments, des
immeubles d'habitation, des ponts, des routes, des tunnels, des barrages, des centrales thermiques et
nucléaires ainsi que des plates-formes d'exploitation pétrolière offshore.

II. Les composants d’un béton

Le béton est probablement le plus ancien matériau composite. Il est fabriqué à partir d'un mélange
de ciment, de granulats, de fines et d'ultrafines, d'adjuvants et d'eau. Ces constituants sont dosés, en
fonction de leurs propriétés propres, de manière à obtenir, après réaction physico-chimique entre
eux, un produit solide dont les caractéristiques physiques et mécaniques peuvent être très
supérieures à celles des roches les plus résistantes. Dans la mesure où le ciment est un liant
hydraulique lui-même fabriqué avec des minéraux naturels, le béton peut être considéré comme une
roche artificielle.

1. Le ciment 

Le ciment se présente sous la forme d'une poudre fine de couleur grise ou blanche. il obtenu par
cuisson à 1450°C d'un mélange homogène de calcaire et d'argile, dans la proportion 80 % / 20 %,
Ce sont principalement les silicates tricalcique et bicalcique qui confèrent au ciment sa résistance ;
selon leur nature, les ciments contiennent entre 40 et 70 % de silicate tricalcique et entre 10 et 30 %
de silicate bicalcique. Mélangé à l'eau, le ciment forme une pâte qui fait prise et durcit
progressivement dans l'air ou dans l'eau. C'est le composant fondamental du béton, puisqu'il permet
la transformation d'un mélange sans cohésion en un corps solide.

2. Les granulats 

Les granulats rocheux sont constitués par les sables, les gravillons et les cailloux. Ils forment le
squelette du béton. Ils sont d'origine détritique, sédimentaire, métamorphique ou éruptive.
On distingue :
a. les granulats roulés, extraits de ballastières naturelles ou dragués en rivière ou en mer
b. les granulats concassés, obtenus à partir de roches exploitées en carrière.
Ils sont classés en fonction des dimensions de leurs grains. La courbe granulométrique représente la
distribution en pourcentage des poids des matériaux passant dans des tamis et passoires de
dimensions normalisées. Par convention, on appelle :

 Sables les grains de dimensions comprises entre 0,08 mm et 5 mm,


 Gravillons ceux dont les dimensions sont comprises entre 5 et 25 mm
 Cailloux ceux dont les dimensions sont supérieures à 25 mm.

Pour les ouvrages courants, les granulats n'incluent que des sables et des gravillons. Les granulats
doivent être propres et chimiquement inertes vis- à-vis du ciment, de l'eau et de l'air. Ils doivent
répondre à certaines exigences de forme, de texture de surface, de résistance à la compression, de
résistance à l'abrasion, de porosité et de tenue au gel.

3. Les ultrafines 

Les ultrafines sont des particules de très faibles dimensions. Leur dimension caractéristique est de
l'ordre de 50 à 100 nm, soit 1000 à 500 fois moins que celle des grains de ciment. Additionnées en
quantités de l'ordre de 5 à 10 % du poids de ciment, elles améliorent considérablement les
caractéristiques physiques et mécaniques des bétons. Elles sont utilisées pour la fabrication des
bétons à hautes et à très hautes performances.

Les fumées de silice, sous-produits de l'industrie électrométallurgique, sont les ultrafines les plus
couramment employées à ce jour.

4. L'eau
Eau dite eau de gâchage, doit présenter les propriétés d'une eau potable.

5. Les adjuvants
Les adjuvants sont des produits chimiques incorporés en faibles quantités au béton frais afin d'en
améliorer certaines propriétés. Ils représentent entre 1 et 3 % du poids du ciment. Leur rôle et leur
efficacité dépendent de la nature du produit chimique et de l'homogénéité de leur répartition dans la
masse du béton frais.

Les principaux adjuvants sont :

 les plastifiants et fluidifiants réducteurs d'eau.


 Les super plastifiants
 Les accélérateurs de prise
 les entraîneurs d'air, qui confèrent au béton durci la capacité de résister aux effets de
gels et de dégels successifs

L'influence des adjuvants peut varier sensiblement en fonction de la nature et de la composition du


ciment, des problèmes de compatibilité peuvent apparaître entre adjuvants et ciments.

Le terme « béton » recèle une ambiguïté. Le matériau doit en effet être considéré sous deux formes :
- le béton frais, mélange homogène de matières premières solides en suspension dans l'eau : c'est
l'état dans lequel il se trouve lors de sa fabrication

- le béton durci, solide dont les propriétés physiques et mécaniques s'acquièrent au cours des
réactions physico-chimiques qui se déroulent entre ses composants à vitesse relativement rapide au
début, puis à vitesse fortement décroissante avec le temps.

III. la formulation et confection d‘un béton courant

Le béton courant = ciment +granulats+ ultrafines + eau + adjuvant

la composition pondérale d'un béton courant, c'est-à-dire le poids des différents composants
permettant de fabriquer 1 m 3 de béton durci, est la suivante : granulats, 1 800 kg ; ciment, 350 kg ;
eau, 180 kg ; à quoi s'ajoutent éventuellement quelques 10 à 20 kg d'adjuvants.

IV. Les critères principaux qui font du béton le matériau de construction par
excellence

Le développement de l'emploi d'un matériau de construction repose sur des critères techniques et
économiques. La résistance mécanique et la durabilité du matériau fondent les principaux critères
de choix techniques. La disponibilité et le faible coût des matières premières, la facilité d'emploi et
le prix de revient du matériau valident les conditions économiques.

Le béton répond parfaitement à ces conditions de choix :


1. il est fabriqué à partir de matières premières naturelles largement répandues à la surface de la
terre;
2. sa mise en œuvre est aisée et ne nécessite que l'emploi d'une main-d'œuvre rapidement formée ;
3. il autorise les plus grandes audaces architecturales et techniques, puisque, mis en place à l'état
fluide, il épouse les formes de moules ou de coffrages les plus complexes ;
4. a résistance mécanique dépasse aujourd'hui largement celle des meilleures roches naturelles ;
5. sa durabilité est plus que séculaire dès lors qu'il est correctement formulé et mis en œuvre ;
6. il s'accommode des environnements corrosifs et résiste bien, en particulier, aux actions
agressives de l'eau de mer;
7. il offre une bonne tenue au feu, garantie de sécurité vis-à-vis des incendies ;
8. et enfin son prix de revient, fait du béton le matériau de construction par excellence.

V. Les types de bétons et leurs utilisations


Le béton seul n'est pratiquement utilisé que pour la construction de chaussées routières et
autoroutières, ou de barrages poids. En règle générale, les ouvrages, quelle que soit leur nature, sont
réalisés en béton armé ou en béton précontraint.

1. Le béton armé 

Le béton armé est le matériau composite constitué par du béton et par des armatures en acier
judicieusement disposées. Un élément de structure est généralement l'objet de sollicitations de
flexion, d'effort normal et d'effort tranchant quand il est soumis à l'action de charges , le béton à une
faible résistance à la traction et à l’effort tranchant ; les aciers du béton armé lui confèrent de
meilleurs caractéristiques mécaniques .

Il est à noter que le composite béton-acier ne présente un comportement satisfaisant que parce que
le béton et l'acier ont à peu près le même coefficient de dilatation thermique. Le béton armé est
utilisé pour la construction de bâtiments, d'usines, de couvertures en coques minces, de réservoirs et
de silos de petite capacité, de ponts de petite portée, de routes, d'ouvrages de fondation, d'ouvrages
portuaires.
2. Le béton précontraint 

Bien que constitué aussi par du béton et des armatures, le béton précontraint se différencie
fondamentalement du béton armé. « Pré-contraindre une construction, c'est la soumettre, avant
application des charges, à des forces additionnelles.

Pré-contraindre une section en béton consiste donc à la soumettre, avant sa mise en charge, à des
contraintes de compression permanentes distribuées de manière à s'opposer aux contraintes de
traction provoquées par les charges.

Ce procédé est employé essentiellement pour la construction industrielle en grandes séries


d'éléments pré- fabriqués standardisés tels que les poutrelles, les prédalles de bâtiment ou les
traverses de chemin de fer.

3. Les autres bétons

Le béton est à la base d'autres modes d'utilisation.

Le béton léger, par l'emploi de granulats artificiels de faible masse volumique, autorise la
construction de structures de poids réduit ou d'éléments à fort pouvoir d'isolation.

Le béton de fibres constitue un matériau composite obtenu par l'adjonction au béton, durant le
malaxage, de fibres d'acier ou de fonte ductile, de fibres de verre, de fibres de matières plastiques ou
de carbone. Selon les fibres, ces bétons acquièrent des propriétés différentes toujours associées à
une grande ductilité. Cette qualité leur confère une bonne résistance aux effets des chocs durs.
Actuellement, le domaine principal d'emploi des bétons de fibres métalliques réside dans la
réalisation de dallages industriels. Les bétons de fibres de verre et plastiques sont utilisés pour la
fabrication d'éléments de mobilier urbain de faible épaisseur tels que les revêtements de bâtiments
ou les corniches de ponts.

Le béton compacté au rouleau (BCR) constitue un nouveau champ d'utilisation du béton en cours
de développement. Mis en place selon des procédés qui s'apparentent à ceux employés dans les
techniques de grands terrassements, il permet la construction économique de barrages se substituant
aux barrages en terre ou en enrochements.

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