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Plan

I. Introduction----------------------------------------------------------------------------------------2

II. Qu’est-ce que le développement ?--------------------------------------------------------------2

a.Le développement comme croissance économique--------------------------------------2

b.Le développement comme progrès humain-----------------------------------------------3

c.Le développement durable--------------------------------------------------------------------3

III. Quel type de développement pour l’Afrique ?---------------------------------------------3

a.Le développement quantitatif----------------------------------------------------------------4

b.Le développement qualitatif------------------------------------------------------------------4

IV Conclusion-----------------------------------------------------------------------------------------5

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I. Introduction

Le continent africain et aujourd’hui à la traine dans le concert des nations à


cause de son sous-développement. En effet, les pays africains, du moins la plupart sont
soit sous-développés soit en voie de développement. Cet état de chose fragilise
l’Afrique lorsqu’il s’agit de prendre une décision engageant la communauté
internationale. Dans la mesure où elle n’a ni la puissance économique ni la puissance
militaire et encore moins la puissance culturelle.
Sur le plan économique, l’Afrique se caractérise par :Le chô mage, la pauvreté, La
faiblesse de la balance commerciale, le manque d’infrastructures, La faiblesse et
l’instabilité de la monnaie, Les famines, une espérance de vie courte, La faiblesse du
revenu par habitant et la morbidité élevée.
Sur le plan spirituel, les africains sont aliénés par divers maux, parmi ceux-ci on peut
citer : la superstition, l’ancestralisme, le traditionalisme, la causalité irrationnelle,
l’analphabétisme, le complexe d’infériorité, l’occultisme, le mysticisme.
Face à ce sous-développement qui est à la fois matériel, spirituel et moral, l’africain est
solennellement interpellé pour définir la voie à suivre pour se développer : faut-il
privilégier l’avoir auquel cas le développement quantitatif semble être la voie
indiquée ? Faut-il par contre opter pour l’amélioration de l’être ? Dans cette seconde
question le développement spirituel serait la solution. Il s’agira dans la présente leçon
d’établir que le développement en Afrique doit tenir compte à la fois des facteurs
culturels et spirituels de l’Afrique traditionnelle et des facteurs liés à la civilisation
industrielle.
II. Qu’est-ce que le développement ?

Le concept développement s’est enrichit d’une signification plurielle au fil du


temps. C’est ainsi qu’on est passé du développement comme accumulation matérielle
dans les années 1950 au développement comme ensemble d’objectifs à atteindre en
vue d’un mieux-être humain en 2000.
a. Le développement comme croissance économique

En 1949, le président américain H. Truman a tenu un discours dans lequel il


invitait les nations développées à accompagner le développement des nations pauvres.
Pour lui le développement est un processus de transformation et d’avancé scientifique,
technique, technologique et industrielle. Ainsi, Truman donnait au développement une
connotation quantitative et synonyme d’accumulation matérielle et de croissance
économique. Dans ce sens, un pays développé se reconnait à travers les indicateurs
mesurables ci-après : le PIB et PNB élevé  ; le taux de croissance positif, progressif et au
meilleur des cas à deux chiffres ; la balance commerciale équilibré ou excédentaire ; le
RH (revenu par habitant) élevé  ; le taux de chô mage négligeable (opportunité plurielle
d’emploi) ; la disponibilité d’infrastructures éducatives, sanitaire et autres ; valeur et
stabilité de la monnaie.
A partir de ces indicateurs, il est possible de savoir quel pays peut être dit développé.
Selon cette version du développement, le développement consacre le passage d’une
point A que Durkheim qualifie de ʺsociété traditionnelleʺ marquée par la solidarité
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mécanique, à un point B appelé ʺsociété moderneʺ dont le fonctionnement est
organique.
Toutefois, la conception quantitative et économiste du développement présente des
limites dans la mesure où elle ne prend pas en compte l’humain. Autrement dit, dès
lors qu’il y a accumulation matérielle, on parle déjà développement même s’il y a
stagnation ou régression au niveau de l’humain.
b. Le développement comme progrès humain

A partir des années 1980, et sous l’impulsion de l’économiste Amartya Sen, le


PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) va adopter un nouvel
indice pour mesurer le développement, il s’agit de l’IDH (Indice de Développement
Humain). Il s’agit d’associer aux indicateurs cités plus haut, un indicateur qui mesure
l’impact du progrès sur l’homme grâ ce au niveau d’éducation atteint et à l’espérance
de vie. Sur la base de ces nouveaux éléments, le développement suppose : la croissance
économique ; la santé mesurable par l’espérance de vie ; un niveau élevé d’éducation ;
une meilleure répartition des richesses entre les citoyens, ce qu’on a appelé justice
sociale ou justice intra générationnelle. Cependant, bien que cette nouvelle approche
du développement soit enrichie par les instruments de mesure du bien-être individuel,
elle pose toujours des problèmes dans la mesure où les effets dévastateurs de la
productivité économique sur l’environnement commencent à prendre de l’ampleur.
c. Le développement durable
Ayant pris conscience de la pollution et des autres atteintes à l’environnement
orchestrée par la croissance économique, la communauté internationale s’est réuni à
RIO au Brésil en 1992 dans le but de penser une nouvelle approche du développement
qui tienne compte de l’environnement : c’est ce qu’on a appelé développement durable
c’est-à -dire un développement qui recherche la croissance économique tout en
préservant l’environnement vital pour l’homme. Le développement durable se mesure
à travers les facteurs ci-après : une croissance économique raisonnable et limitée ; la
protection de l’environnement (protocole de Kyoto) ; la justice intra générationnelle
(les générations présentes doivent exploiter les ressources naturelles tout en tenant
compte des besoins des générations futures).
Depuis Septembre 2000, les Nations Unies ont adoptées 8 objectifs appelés OMD c’est-
à -dire Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ceux-ci constituent une
synthèse de diverses connotations du développement depuis Truman. Parmi ces
objectifs il y a entre autres : la lutte contre l’extrême pauvreté  ; l’éradication ou la
maîtrise de certaines pandémies ; l’insertion socioprofessionnelle de la femme ; la
protection de l’environnement ; l’éducation pour tous ; le respect des droits de
l’homme ; la promotion de la bonne gouvernance et de la démocratie.
A l’issu de cette revue critique des différentes significations du développement, il s’agit
désormais de s’interroger sur le type de développement que doit choisir l’Afrique pour
le plein épanouissement de son peuple.

III. Quel type de développement pour l’Afrique ?

L’Afrique souffre à la fois d’un sous-développement matériel et d’un sous-


développement mental. Pour l’affranchir de cette double aliénation, il faudra opter
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pour un développement intégratif c’est-à -dire celui qui va garantir simultanément
l’avoir et l’être. C’est ce type de développement qui correspond à cette définition de
François Perroux : « Le développement est un ensemble de transformation structurelles
(économiques, politiques et sociales) infrastructurelles (éducative, sanitaire et
industrielle) super structurelles (production des idées, des valeurs et créativité) qui
rendent possible et accompagne la croissance économique et l’amélioration de l’être. »
cette définition prend en compte aussi bien le souci d’accumulation matériel que celui
de la transformation qualitative de l’être.
a. Le développement quantitatif

Wikipédia C’est lui qui permettra à l’Afrique de se libérer de l’emprise de la précarité


matérielle et des incertitudes existentielles. Le développement quantitatif permettra à
chaque africain de satisfaire ses besoins les plus vitaux en rendant disponible les
produits de première nécessité (l’eau, l’électricité, le gaz domestique, les moyens de
communications etc.). C’est également la croissance économique issue du
développement matériel qui permettra aux africain d’accéder à l’emploi de leur choix,
de se soigner et de s’éduquer à leur convenance. C’est pourquoi Marcien Towa invite
les africains à se lancer à la conquête du secret de la puissance occidentale qui se
trouve être la science et la technique : « En réalité, aucun développement d’envergure
ne sera possible en Afrique avant qu’elle n’édifie une puissance matérielle capable de
garantir sa souveraineté et son pouvoir de décision » Towa, Essai…p 51.
Pour se faire respecter et avoir une place respectable dans le monde actuel, l’Afrique
doit s’industrialiser car les leaders actuels du monde sont les pays les plus
industrialisés. (cf G7+1 et G20). La civilisation industrielle est incontournable pour
toute nation soucieuse de devenir une puissance matérielle. A la suite de Towa,
Etounga Manguelle, Samir Amin, Axelle Kabou estiment que le développement
matériel doit être la priorité de l’Afrique. Seulement, cette forme de développement
n’est pas une fin en soi, elle doit constituer un moyen pour une fin. Comme l’explique
Njoh-Mouèllè in De la médiocrité à l’excellence : « Tout enrichissement pris comme fin
en soi est au bout du compte un appauvrissement ; appauvrissement de l’être au profit
de l’avoir, dilution de l’être dans l’avoir ».
b. Le développement qualitatif

Si le développement matériel libère l’Afrique de tous les problèmes liés à leur


existence matérielle, il est cependant inopérant pour les problèmes d’ordre spirituel et
mental. En effet, la richesse matérielle ne soigne ni la superstition ni le fétichisme,
encore moins l’ignorance, apanage des africains. Pour se guérir de ces maux, l’Afrique
doit faire recours aux solutions spirituelles en cultivant son esprit à travers : la
rationalité, la créativité, la moralité, l’humanisme, la spiritualité. C’est en développant
ces valeurs que les africains pourront véritablement se libérer des obstacles
épistémologiques qui les accablent. C’est ce type de développement que prô ne Njoh-
Mouèllè dans son Essai sur la signification humaine du développement. Pour ce
philosophe camerounais, « Le développement est un processus complet, total qui
déborde l’économique pour recouvrir l’éducationnel et le culturel ». Pour lui, ce qui
importe dans tout développement c’est la réalisation de soi et l’auto accomplissement
de l’homme.

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Conclusion

A la lumière de tout ce qui précède force est de reconnaitre que la contribution de la


philosophie au développement en Afrique consiste à définir premièrement le type de
développement qu’il faut pour l’Afrique et deuxièmement le type d’homme qu’un tel
développement permet de réaliser. Concernant le type de développement, il faut
retenir que le seul développement crédible en Afrique est celui qui a pour finalité
l’enrichissement spirituel et l’amélioration de l’être. Dans ce type de développement,
les biens matériels ne sont que des moyens au service de l’être. Etre développé c’est se
servir de l’avoir pour réaliser et accomplir son être. Comme le présage Njoh-Mouèllè,
le type d’homme qui sortira de ce développement sera qualifié d’excellent et l’excellent
chez cet auteur renvoie à la créativité, la rationalité et la libération perpétuelle.