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Dans un coin sombre de l’auberge, une silhouette timide et obscure se dessinait aux abords du

bar. Bouteille d’alcool de mauvaise qualité dans une main, cartes dans l’autre, l’ombre furtive
entretenait un match manquant cruellement de profondeur : chaman face contre un pauvre et
malheureux guerrier provocation. L’adversaire ne se contrôlait pas plus que l’être masqué, et
balançait ses cartes au casse-pipe, qu’importe leur sort aussi morbide soit-il. Le boucanier de
petite envergure d’un côté, le golem totémique de l’autre, sa griffe de jade en main, le pauvre
petit guerrier faisait peine à voir. La boisson rendait les tours lent et stupides, chacun étant
plus idiot au vus de mouvement qu’ils effectuaient, tous mordant les pupilles des malheureux
qui contemplait l’étendue du désastre qui se tramait devant eux, jusqu’au sang, envoyant
certains à l’infirmerie la plus proche. La bataille était donc molle et traumatisante pour ceux
qui avaient le malheur de poser le regard sur cette dernière. L’impatience vint à bout de la
silhouette, le faisant capituler. Il balança la bouteille qu’il tenait dans sa main gauche, contre
un mur en pierre, et beugla de toutes ses forces : « Voici ce qu’est devenu ce « jeu », si on peut
le considéré encore comme tel. L’amusement est donc mort ?! ». Du fond de la salle, un jeune
worgen lui répondit.

- Petit…bienvenu à Gadjetzan. Il n’y a pas de place pour les faibles et les buvards dans
ton genre.

L’ombre se leva d’un bon et laissa apparaître la musculature puissante d’un jeune orc aux
cheveux blancs. « Qui est tu pour me répondre de la sorte, vermisseaux ?! ». La provocation
brutale et inattendue fit vibrer les os du worgen.

- Tu oseras défier Starwolfen ?! l’un des bras droits de Kazakus ?! misérable larve !
rétorqua violement le worgen dévoilant un corps massif et imposant.
- Qu’on apporte une table pour ce cher effronté, qu’il voie de quoi je suis capable. Dis
l’orc plein de vigueur, comme si l’alcool qu’il avait engloutis n’avait jamais été plus que
de l’eau.

Le barman apporta un plateau de jeux, le déposa devant le worgen et donna deux tabourets
aux joueurs. Les deux s’assirent massivement dessus, chacun cherchant à perturber
l’adversaire grâce à son regard. Le worgen sorti un deck et laissa tomber une carte : un crache-
vase. « Du libre ?! » s’exclama l’orc, confus.

- Je ne matte que les vrai joueurs en libre. Le standard s’est pour les mauviettes qui ne
portent pas leurs couilles et qui préfèrent rester cloitrer derrière leurs decks immoraux
que sont le chaman-mid de jade, ou encore le guerrier agro.

L’orc fouilla dans sa sacoche et en sortit un coffre. Il en sortit un paquet poussiéreux. « Comme
on se retrouve, mon vieux. ». Il déposa le paquet sur le plateau de jeu, et l’affrontement
commença.

La tension était immense. L’atmosphère était devenue lourd et pesant, et la quantité d’air
diminuait à chaque inspiration des deux colosses. Le plateau de jeu n’était plus simplement un
ordinaire support de divertissement : c’était un champ de bataille, qui allait être le théâtre
d’un massacre jusqu’à la mort. La première carte fut piochée par l’orc, ce qui révéla la classe
qu’il allait jouer : Démoniste. « He, démoniste…tu penses avoir une chance avec cette
classe ? » rit le worgen très sûr de lui. « Je devrais avoir peur…prêtre ? » rétorqua l’orc un léger
sourire aux lèvres. Un silence de mort s’installa, rendant la pièce froide à l’atmosphère de
poudrière. Plus personne n’osait bouger : le temps s’était comme figer. Il n’y avait plus que les
deux monstres qui allaient se disputer un match de titan. Rien n’y personne n’auraient pu les
déconcentrer. L’un des deux allait perdre, et mourir. Ou du moins une partie de son âme allait
partir.

La pièce fut donnée au worgen. Son prêtre reposait sur la mécanique des râles d’agonie, et
N’zoth était sa pièce maitresse. Néanmoins, certaines surprises se cachaient au fond de son
deck…des surprises toutes aussi fourbes que géniales…des surprises qu’aucun adversaire
n’aurait pu prévenir…des surprises qui lui assureraient la victoire. L’orc, quant à lui, était
anxieux. Ses mains étaient moites, et il savait pertinemment que son adversaire n’était pas
comme les autres ; il était unique, monstrueux, terrifiant et hypnotisant. De son côté, il jouait
une démoniste démon, avec lequel il avait traversé tant de choses, tant d’épreuves
ingagnables qu’il avait gagné, tant de situation perdues dont il s’était échapper. Se deck
représentait une partie de son âme. Il savait que ses chances étaient minces, mais pas
inatteignables. La légion qui l’avait réduit en esclave l’accompagnait au quotidien, et l’ombre
malfaisante de Mal ’Ganis, et de son père se faisant tuer devant ses yeux, le hantaient et ne le
quittaient pas. Se deck, s’était son âme, son cœur, s’était tout !

Le premier tour commença. L’orc retint son souffle. S’était à lui de commencer. Le diablotin de
flammes se cachait dans sa main, bien planqué et au chaud. Il constituait un excellent monstre
pour la prise de terrain, et il n’avait que faire de ses points de vie. Derrière, venait le marcheur
du vide, mais il était plus convaincu que le diablotin allait faire la différence. Lequel choisir ?
« Joue la carte de l’agressivité, tu le prendras de vitesse » se dit-il, pour se rassurer, voyant
l’ombre de la défaite se rapprocher tel une vague titanesque déferlant sur lui, emportant tout
sur son passage. Il avait décidé d’affronter un dragon avec un cure-dent, et il le savait, mais il
ne pouvait se résoudre à perdre avec ce paquet de cartes à qui il devait tant. Le diablotin était
posé, et le tour du worgen commença : s’était le début du cauchemar, une lente descente aux
enfers, traversée de multiples tortures.

Le worgen contempla sa main, l’air ravi. Il ne fit rien et termina son tour, tout sourire comme si
il venait d’accomplir une prouesse. L’orc savait que Starwolfen allait jouer avec lui, et qu’il ne
devait en aucun cas se laisser intimider. Sa main comptait maintenant quatre cartes. Une
bombe de matière noire, un marcheur du vide, un trait d’ombre, Jarraxus, ainsi qu’une
explosion de diablotin qui venait d’être piocher. Il joua le marcheur du vide sans hésiter. La
réflexion était dorénavant inutile : les trois prochains tours allaient être décisifs. Le marcheur
constituait une bonne défense pour le diablotin, et se mêlait parfaitement à la façon de jouer
agressive que l’orc avait décidé d’adopter. Le deuxième tour fut bref, mais précis pour le
worgen : il allait devoir être prudent malgré son avantage. Il posa son conservateur du musée,
et admira la découverte. Une ombre mouvante, un crache vase, ou la bête. Le choix paraissait
évident pour les spectateurs, mais Star en décida autrement ; il avait déjà deux des trois cartes
proposées dans sa main, et savait que pour terminer son adversaire, il fallait quelque chose de
gros, qu’il soit débordé : il lui fallait une véritable menace. La bête fut donc, à la surprise
générale, choisie. Le visage des spectateurs palissait : qu’avait-il derrière la tête ?
Le troisième tour se mêla aux autres. Une maîtresse de douleur fut piochée. La présence de
cette carte était très importante pour l’orc : elle constituait son seul moyen de se soigner. De
nouveau, la réflexion le quitta, et il joua le démon, tout en mettant de petits dégâts à
l’adversaire. Le troisième tour du worgen était imprécis : lancer sa pièce et se payer le luxe de
poser une ombre mouvante, attendre patiemment et simplement se soigner grâce à son
pouvoir héroïque ? Une pièce clé de son jeu se joignit à sa main : N’zoth le corrupteur. Dans
exactement sept tours, l’orc en face de lui ne serait plus rien…il ne lui fallait plus que tenir. Il
joua un vol d’esprit : stupéfaction dans la salle ! Mal ’Ganis venait d’être récupéré, ainsi que le
tisse-Crystal. Un large sourire se grava sur le visage du worgen, malicieux et déterminé à
humilier…que dis-je, souiller, son adversaire.

Le quatrième tour était la dernière ligne droite pour l’orc : piocher un tisse-Crystal. Ce fut
chose faite. Toute réflexion avait disparue : il ne restait que le talent et la rage de vaincre ! La
créature posée, elle fit passer sa petite horde de démons du stade de « semis
impressionnante », à « armée enragée ». Le sourire du worgen s’effaça brusquement. Un de
ses sourcils se fronça : il venait de perdre une bataille…mais pas la guerre. Le début de partie
se passait plutôt mal, malgré la confiance du worgen. Il lui fallait réagir et vite. Le cœur des
spectateurs fit mine de lâcher quand il récupéra Sylvanas ; la partie allait prendre une toute
autre tournure, et probablement se solder par une victoire du joueur de la Kabale. Il dépensa
sa pièce, posa son crache-vase et termina son tour. Des deux côtés, ils étaient enragés.

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