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Tous les ans, dans les entreprises, l’incendie fait

des victimes, cause plusieurs millions d’euros


de dégâts matériels et a souvent pour conséquence
de priver le personnel de son travail.
Aussi, la lutte contre l’incendie devrait tenir une place
importante dans l’ensemble des mesures propres
à améliorer les conditions de sécurité des locaux
de travail.
Cette brochure, après avoir rappelé les connaissances
de base sur l’incendie, donne des informations
sur les moyens de lutte, l’organisation des secours,
la formation du personnel et les mesures de prévention.

Démarche de prévention | Risque


Elle est principalement destinée aux acteurs
de la prévention et de la lutte contre l’incendie
sur les lieux de travail.

Incendie
et lieu de travail
Prévention
et organisation
Institut national de recherche et de sécurité
pour la prévention des accidents du travail dans l’entreprise
et des maladies professionnelles
65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris
Tél. 01 40 44 30 00 • info@inrs.fr

Édition INRS ED 990


2e édition | septembre 2020 | 5000 ex. | ISBN 978-2-7389-2551-0

L’INRS est financé par la Sécurité sociale


Assurance maladie / Risques professionnels
ED 990
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pour la prévention des accidents du travail et des maladies www.inrs.fr
professionnelles est une association loi 1901, créée en
1947 sous l’égide de la Caisse nationale d’assurance Pour commander les publications de l’INRS au format papier
maladie, administrée par un Conseil paritaire (employeurs Les entreprises du régime général de la Sécurité sociale
et salariés). peuvent se procurer les publications de l’INRS à titre gratuit
De l’acquisition de connaissances jusqu’à leur diffusion, auprès des services prévention des Carsat/Cramif/CGSS.
en passant par leur transformation en solutions pratiques, Retrouvez leurs coordonnées sur www.inrs.fr/reseau-am
l’Institut met à profit ses ressources pluridisciplinaires pour
diffuser une culture de prévention dans les entreprises L’INRS propose un service de commande en ligne
et proposer des outils adaptés à la diversité des risques pour les publications et affiches, payant au-delà
professionnels à tous ceux qui, en entreprise, sont chargés de deux documents par commande.
de la prévention : chef d’entreprise, services de santé au
travail, instances représentatives du personnel, salariés… Les entreprises hors régime général de la Sécurité sociale
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par mail à service.diffusion@inrs.fr

Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail


(Carsat), la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-
de-France (Cramif) et les caisses générales de sécurité
sociale (CGSS) de l’Assurance maladie - Risques profes-
sionnels, disposent, pour participer à la diminution des
risques professionnels dans leur région, d’un service
Prévention composé notamment d’ingénieurs-conseils
et de contrôleurs de sécurité. Spécifiquement formés aux
disciplines de la prévention des risques professionnels et
s’appuyant sur l’expérience quotidienne de l’entreprise,
ces professionnels sont en mesure de conseiller et, sous
certaines conditions, de soutenir les acteurs de l’entreprise
(direction, médecin du travail, instances représentatives du
personnel, etc.) dans la mise en œuvre des démarches et
outils de prévention les mieux adaptés à chaque situation.
Les caisses assurent aussi la diffusion des publications
édités par l’INRS auprès des entreprises.

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le consentement de l’INRS, de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants
cause, est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation
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punie d’un emprisonnement de trois ans et d’une amende de 300 000 euros
(article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).

© INRS, 2020.
Coordination : Florian Marc, Aline Mardirossian
et Benoît Sallé (INRS)
Édition : Katia Bourdelet (INRS)
Conception graphique : Julie&Gilles
Mise en pages : Valérie Latchague-Causse Achever d’imprimer par XXX imprimeur – XXXXXXX lieu d’impression
N° d’imprimeur : XXXXXXX – Dépôt légal : juillet 2018 – Imprimé en France
Incendie et lieu de travail
Prévention et organisation dans l’entreprise

ED 990
septembre 2020
>

Sommaire

Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

1. Réglementation.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

1.1. Code de la construction et de l’habitation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10


Bâtiments d’habitation
Établissements recevant du public
Immeubles de grande hauteur

1.2. Code du travail.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

1.3. Code de l’environnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

1.4. Règles locales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

1.5. Normes et bonnes pratiques.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12


Normes
Référentiels Apsad
Guides des fédérations professionnelles

2. Connaissances de base sur l’incendie.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

2.1. Définitions.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

2.2. Paramètres de l’incendie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15


Les combustibles
Les comburants
Les sources d’inflammation

2.3. Propagation de l’incendie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26


Modes de propagation
Facteurs de propagation

2.4. Conséquences de l’incendie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27


Conséquences sur l’homme
Conséquences sur les bâtiments
Conséquences sur l’environnement
3. Prévention et protection. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

3.1. Mesures liées aux produits. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32


Produits combustibles
Produits comburants

3.2. Mesures liées aux sources d’inflammation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33


Matériel électrique
Sources d’inflammation d’origine mécanique
Étincelles d’origine électrostatique
Appareils de chauffage
Travaux par points chauds
Foudre
Cigarette

3.3. Dispositions constructives.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35


Implantation des bâtiments
Matériaux et éléments de construction
Distribution intérieure
Issues, dégagements et mise en sécurité
Désenfumage
Détection et système de sécurité incendie

3.4. Moyens de lutte contre l’incendie.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48


Classes de feu
Agents extincteurs
Matériels d’extinction

3.5. Maintenance des équipements liés à la sécurité incendie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

3.6. Organisation de la sécurité incendie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58


Consignes de sécurité incendie
Signalisation
Alarme et alerte
Évacuation
Intervention
Gestion de l’entreprise et des travaux
Formation et information du personnel
Assurance
Plan de sauvegarde

Conclusion .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69

Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
Adéquation des moyens d’intervention à l’importance d’un incendie

3
L’INRS remercie les personnes suivantes pour leur participation active à l’élaboration
et à la mise à jour du document :
Agnès Janès, Cramif,
Philippe Lesné, Carsat Normandie
Gilles Mauguen, Carsat Bretagne

4
>

Introduction

La prise en compte du risque incendie s’inscrit dans la démarche globale d’évaluation et


de prévention des risques de l’entreprise.

L’incendie dans l’entreprise est un sujet préoccupant et d’actualité permanente. Il est sou-
vent question de sinistres graves causant d’importants dégâts matériels et faisant parfois
des victimes. Toutes les parties prenantes doivent être conscientes de la gravité potentielle
du phénomène.

L’incendie est une combustion qui se développe sans contrôle dans le temps et dans l’es-
pace. La plupart des établissements présentent des risques d’incendie. Ils sont liés aux carac-
téristiques de construction des bâtiments, à la nature et à la quantité des matières, stockées
et mises en œuvre, aux opérations spécifiques de fabrication…

Pour éviter les incendies et minimiser les dommages aux personnes et aux biens, la législa-
tion fixe les obligations auxquelles doivent satisfaire les maîtres d’ouvrage et les employeurs
en définissant trois grands objectifs :
empêcher qu’un feu ne se déclare ;
évacuer l’ensemble des personnes présentes ;
limiter la propagation d’un incendie, notamment en mettant en place des moyens d’ex-
tinction et faciliter l’intervention des secours.
L’atteinte de ces objectifs s’accompagne de dispositions organisationnelles, notamment
la formation du personnel.

Cette brochure est destinée à tous les acteurs de la prévention et de la lutte contre le feu
dans les entreprises. Elle comporte les éléments d’information réglementaire, technique et
normative nécessaires à la mise en œuvre d’une politique de prévention et de lutte contre
le feu.

Pour ce qui a trait aux risques liés aux atmosphères explosives (Atex), le lecteur se
reportera aux brochures INRS suivantes :
• Les mélanges explosifs. Partie 1. Gaz et vapeurs. ED 911
• Les mélanges explosifs. Partie 2. Poussières combustibles. ED 944
• Atex. Mise en œuvre de la réglementation relative aux atmosphères explosives.
Guide méthodologique. ED 945

5
© Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.
>

1 Réglementation
Pour lutter efficacement contre l’incendie, le législateur a élaboré
des réglementations complémentaires dont l’objectif essentiel est la
sauvegarde des personnes. En parallèle, on retiendra que les assureurs
préconisent essentiellement des mesures propres à protéger les biens.
Toutes ces dispositions visent à constituer un ensemble cohérent.

La protection des personnes contre le risque incendie passe par :


leur évacuation à l’extérieur des bâtiments ;
leur regroupement dans des espaces d’attente sécurisés.

Les textes réglementaires vont notamment imposer des mesures


de protection en vue de diminuer, réduire ou contenir les effets de
l’incendie.

La réglementation est complexe et dense. En effet, les locaux rele-


vant du Code du travail, les installations classées pour la protection
de l’environnement (ICPE), les établissements recevant du public (ERP),
les immeubles de grande hauteur (IGH), les locaux d’habitation, sont
autant de bâtiments régis par des textes réglementaires différents.

L’employeur est dans l’obligation de vérifier que l’établissement


dont il a la charge est conforme aux prescriptions réglementaires qui
lui sont applicables.

Il est à noter que si pour un même objectif, plusieurs prescriptions


existent, alors la règle la plus contraignante doit être appliquée. Les
IGH sont toutefois une exception pour lesquels seule leur réglementa-
tion spécifique s’applique en matière d’incendie.

Pour une vision détaillée de l’ensemble des prescriptions du Code


du travail en matière de prévention incendie, voir le guide INRS
Prévention des incendies sur les lieux de travail. Aide-­mémoire
juridique. TJ 20

7
Réglementations relatives à la protection des personnes

Code de la construction Code


et de l’habitation du travail
Ministère chargé Ministère Ministère chargé
du Logement de l’Intérieur du Travail

Règlements de Règlement de sécurité Règlement de sécurité Code du travail


sécurité des bâtiments des établissements des immeubles de grande (Obligations des
d’habitation recevant du public (ERP) hauteur (IGH) employeurs et maîtres
Arrêté du 31 janvier 1986 Arrêté du 25 juin 1980 modifié d’ouvrage)
modifié Articles R. 4216-1 à -30,
R. 4216-32 à -34, R. 4227-1 à -41
et R. 4227-55 à -57

Arrêtés des dispositions Arrêté du 30 décembre 2011


particulières modifié

Instructions techniques
Dispositions pour la
IT 246 Désenfumage prévention des incendies
IT 263 Atrium et le désenfumage
Arrêté du 5 août 1992 modifié

Signalisation de sécurité
et de santé
Arrêté du 4 novembre 1993
modifié

Type : Installation d’éclairage


Type :
GHA Habitation de sécurité
a) Établissements installés dans un bâtiment :
GHO Hôtel
J Structure d’accueil pour personnes âgées Arrêté du 14 décembre 2011
GHR Enseignement modifié
et personnes handicapées
GHS Archives
L Salles d’auditions, de conférences, de réunions,
GHTC Tour de contrôle
de spectacles ou à usage multiple
GHU Sanitaire
M Magasins de vente, centres commerciaux
GHW Bureaux Commentaires techniques
N Restaurants et débits de boissons
GHZ Mixte relatifs aux articles
O Hôtels et pensions de famille
ITGH Très grande hauteur du Code du travail
P Salles de danse et salles de jeux
R Établissements d’enseignement, colonies de vacances cités plus haut
S Bibliothèques, centre de documentation Circulaire DRT 95-07
T Salles d’exposition du 14 avril 1995
U Établissements sanitaires
V Établissements de culte
W Administrations, banques, bureaux
X Établissements sportifs couverts
Y Musées

b) Établissements spéciaux :
PA Établissements de plein air
CTS Chapiteaux, tentes et structures
SG Structures gonflables
PS Parcs de stationnement couverts
GA Gare
OA Hôtels-restaurants d’altitude
EF Établissements flottants
REF Refuges de montagne

8
Règles et réglementations relatives à la protection des biens et de l’environnement

Réglementation relative aux installations Référentiels Apsad


classées pour la protection de l’environnement

Ministère chargé
de l’Environnement

Nomenclature R1
des installations classées Extincteur automatique
Articles L. 511-1 et suivants à eau de type Sprinkleurs
du Code de l’environnement

D2
Brouillard d’eau
Installations soumises Installations soumises
Installations

1. Réglementation
à autorisation à déclaration sans
soumises R4
sans ou avec servitude ou avec contrôle
à enregistrement Extincteurs portatifs
d’utilité publique périodique
(E) et mobiles
(A ou AS) (D ou DC)

R5
Robinets d’incendie armés

2. Connaissances de base sur l’incendie


Installations Arrêté Arrêtés
Arrêtés
à risques selon de prescriptions
de prescriptions
majeurs l’installation générales par type R6
générales par type
d’installation Maîtrise du risque incendie
d’installation
et selon l’installation et du risque industriel

Directives
Seveso R7
Détection automatique
d’incendie

R 12
Extinction automatique

3. Prévention et protection
à mousse

R 13
Extinction automatique à gaz

R 14-A
Panneaux sandwichs
Annexe

R 15
Ouvrages séparatifs coupe-feu

R 16
Fermetures coupe-feu

R 17
Désenfumage naturel

D 19
Thermographie
infrarouge

9
1.1Code de la Dans le cas d’un lieu de travail électriques, les installations aux
situé dans un bâtiment d’habita- gaz combustibles et aux hydro-
construction et
tion, il appartient à l’employeur carbures liquéfiés, l’éclairage, le
de l’habitation de s’assurer que les dispositions chauffage et la climatisation, les
L’employeur doit se conformer du Code du travail sont bien moyens de secours contre l’incen-
aux prescriptions du Code de la appliquées. die, les moyens de surveillance et
construction et de l’habitation d’avertissement.
dans les cas suivants :
1.1.2 Établissements recevant
• il utilise des locaux qui sont à
du public (ERP) 1.1.3 Immeubles de grande
usage mixte, professionnel et
privé ; hauteur (IGH)
L’arrêté du 25 juin 1980 modifié
• l’établissement dont il a la
porte approbation des disposi- L’arrêté du 30 décembre 2011
responsabilité est un établisse-
tions générales du règlement de modifié fixe le règlement de
ment recevant du public (ERP) ou
sécurité contre les risques d’in- sécurité pour la construction
occupe une partie d’un tel éta-
cendie et de panique dans les ERP. des IGH et leur protection contre
blissement ;
les risques d’incendie et de
• son établissement est un
Des prescriptions différentes panique. Y figurent des mesures
immeuble de grande hauteur
sont données en fonction de l’ac- générales communes à toutes les
(IGH) ou occupe une partie d’un
tivité de l’ERP (magasin, hôtel, classes d’IGH et des dispositions
tel établissement.
salle de spectacle…) et de l’effectif particulières aux diverses activités
des personnes potentiellement s’y déroulant.
Pour chaque type de bâtiment,
présentes.
figurent dans ce Code et les textes
y afférents des prescriptions spé- 1.2 Code du travail [1]
Le règlement de sécurité
cifiques à la prévention du risque
contre les risques d’incendie et À tous les stades de la mise
incendie.
de panique dans les ERP com- en œuvre de la sécurité incen-
prend des dispositions relatives die, l’employeur doit s’assurer
1.1.1 Bâtiments d’habitation au classement, au contrôle et que l’établissement dont il a la
aux mesures générales ou parti- responsabilité est conforme aux
Les dispositions réglemen- culières applicables à l’ensemble dispositions du Code du travail.
taires relatives à la protection ou à certains ERP. Ces mesures Pour cela, il se réfère aux textes
contre l’incendie des bâtiments concernent la construction, les de base suivants.
d’habitation figurent dans l’ar- aménagements intérieurs, le
rêté du 31 janvier 1986 modifié. désenfumage, les installations Les articles R. 4216-1 à R. 4216-30
et R. 4216-32 à R. 4216-34 sont
relatifs aux dispositions concer-
nant la prévention des incendies
que doivent observer les maîtres
d’ouvrage lors de la construction
des lieux de travail ou lors de
leurs modifications, extensions
ou transformations.
Les articles R. 4227-1 à R. 4227-41
et R. 4227-55 à R. 4227-57 sont rela-
tifs aux dispositions concernant
la prévention des incendies que
doivent observer les employeurs
pour l’utilisation des lieux de
© service communication - SDIS 78. travail.

10
1.3Code de
l’environnement
Lorsqu’une installation remplit
les conditions fixées pour être
classée au titre de la protection
de l’environnement, l’employeur
doit s’assurer, en complément
de l’application du Code du tra-
vail, qu’elle est conforme aux
prescriptions des articles L. 511-1
et suivants du Code de l’environ-

1. Réglementation
nement relatifs aux installations
classées pour la protection de
l’environnement (ICPE).

La réglementation ICPE éta-


blit une nomenclature qui déter-

2. Connaissances de base sur l’incendie


mine les obligations auxquelles
l’établissement est soumis, en
fonction du niveau de risque. Il
y a trois régimes réglementaires
définis : la déclaration, l’enregis-
trement et l’autorisation.

La nomenclature est divisée


en rubriques correspondant soit
aux substances (stockage et uti-

3. Prévention et protection
lisation, par exemple de produits
combustibles), soit aux activi-
tés (installation de combustion,
stockage de déchets ou métha-
nisation, par exemple). Chaque
rubrique fixe les seuils correspon-
dant aux différents régimes (pour Exemple de plan d’évacuation représentant un niveau entier
en savoir plus, consulter le site
Annexe

Internet : https://aida.ineris.fr).
Des prescriptions en matière Le POI définit les mesures d’or-
Pour les établissements ICPE de sécurité incendie figurent dans ganisation, les méthodes d’inter-
présentant les risques les plus les dispositions réglementaires vention et les moyens nécessaires
importants, l’élaboration d’un qui sont, pour certains établisse- que l’exploitant doit mettre en
plan d’opération interne (POI) ments, complétées par une étude œuvre pour protéger le personnel,
vient s’ajouter aux dispositions de danger (destinée à mesurer les la population et l’environnement
données dans les arrêtés de pres- dangers que peut présenter l’ins- en cas de sinistre à l’intérieur de
criptions générales pour chaque tallation en cas d’accident) et un l’établissement. Il est mis en œuvre
rubrique. POI. par l’exploitant.

11
1.4 Règles locales • les installations fixes de lutte R 12 Règle d’installation
contre l’incendie. de systèmes d’extinction
Au niveau local, certains textes
automatique à mousse
contiennent des dispositions rela- 1.5.2 Référentiels Apsad
tives à la prévention incendie. On R 13 Règle d’installation
peut notamment citer le Code des Des règles d’installation et de systèmes d’extinction
communes, le Code de l’urbanisme, d’organisation, appelées référen-
automatique à gaz
le Code forestier et les règlements tiels Apsad, peuvent également
sanitaires départementaux. être utilisées de manière volon- 14-A Panneaux sandwichs
R
taire. Ce sont des documents et comportement au feu
techniques pour lutter contre
1.5Normes et bonnes l’incendie ou le prévenir, édités R 15 Règles de construction
pratiques par le CNPP (pour en savoir plus, d’ouvrages séparatifs coupe-feu
consulter le site Internet : www. 16 Règle d’installation
R
De plus, d’autres textes cnpp.com).
peuvent également être suivis ; concernant les fermetures
en voici quelques-uns. Voici une liste de ces référen- coupe-feu

1.5.1 Normes tiels relatifs à l’incendie : R 17 Règle d’installation


R 1 Règle d’installation des concernant le désenfumage
De nombreuses normes, dis- extincteurs automatiques à eau
19 Thermographie infrarouge
D
ponibles sur le site Internet de de type sprinkleur
l’Afnor (www.boutique.afnor.org), - Document technique pour
D 2 Brouillard d’eau - Guide pour le contrôle d’installations
traitent de l’incendie. Elles portent
l’installation électriques
notamment sur :
• les classes de feux ; R 4 Règle d’installation des
• le vocabulaire ; extincteurs portatifs et mobiles 1.5.3 Guides des fédérations
• les signaux, symboles, plans et R 5 Règle d’installation des professionnelles
consignes ; robinets d’incendie armés (RIA)
• les couvertures antifeu ;
R 6 Règle d’organisation, Ces guides forment le recueil
• les agents extincteurs ;
• les extincteurs ; maîtrise du risque incendie des bonnes pratiques spécifiques
• les systèmes de sécurité incen- et du risque industriel à un secteur d’activité et consti-
die (SSI), de détection d’incen- R 7 Règle d’installation de tuent une source d’information
die et d’alarme ; détection automatique d’incendie intéressante.

© service communication - SDIS 78.

12
>

2 Connaissances de
base sur l’incendie
2.1 Définitions
L’incendie est une combustion qui se développe d’une manière incontrôlée, en
raison de très nombreux paramètres, dans le temps et dans l’espace, alors que le
feu est une combustion maîtrisée (exemples : fours, chaudières…). Elle engendre
de grandes quantités de chaleur, des fumées et des gaz polluants, voire toxiques.
L’énergie émise par la réaction de combustion favorise le développement de
l’incendie.
Le processus de combustion est une réaction chimique exothermique
d’oxydation d’un combustible par un comburant. Une source d’inflammation
(énergie) est nécessaire pour amorcer la réaction.

La présence simultanée de ces trois éléments forme le triangle du feu.


L’absence d’un des trois éléments empêche le déclenchement de la combustion.
Cela constituera les premiers axes d’actions de prévention.

Triangle du feu
Combustible :
matière capable de brûler.
Exemples :
• solide : bois, charbon, papier…
• liquide : essence, acétone…
• gazeux : méthane, butane, hydrogène…

Comburant :
matière qui, en se combinant avec un
combustible, permet la combustion.
Exemples : oxygène, air, chlorates,
peroxydes…

Source d’inflammation :
élément apportant l’énergie nécessaire
au démarrage de la réaction chimique
de combustion, aussi appelée énergie
d’activation.
Exemples : surface chaude, flamme,
étincelle, particule incandescente…

13
La combustion s’arrête s’il n’y Tétraèdre du feu
a plus assez de comburant, si
le combustible manque ou si le Radicaux libres
foyer est suffisamment refroidi.

Ce mode de représentation du
feu peut toutefois être complété
pour prendre en compte la
Co
le

cinétique de la réaction en
b

Source
mb
sti

chaîne due aux radicaux libres Combustible


d’inflammation
ur
u
mb

FEU
(corps intermédiaires instables
a
nt

générés par l’action de l’oxygène


Co

sur les combustibles). En effet,


le phénomène de combustion
se poursuit tant que la réaction
Source d’inflammation
en chaîne n’est pas ralentie Comburant
ou interrompue. Il est donc
parfois préférable de retenir la
représentation du tétraèdre du
feu qui constitue une extension L’initiation amorcée, la crois- L’embrasementgénéralisééclair
du classique triangle du feu, en sance permet à l’incendie (flash-over) est l’étape de tran-
de prendre de l’ampleur. Les sition entre le développement
Co
le

particulier pour comprendre


tib

échanges thermiques avec l’envi- rapide et l’embrasement des com-


mb

l’action extinctrice de certaines


ronnement s’accélèrent. La tem- bustibles du volume. Durant cette
us

ur

substances (voir schéma ci-contre).


mb

FEU
pérature de l’air ambiant et de phase, tous les objets et maté-
an
Co

La combustion est favorisée par tous les objets exposés au rayon- riaux présents dans le volume
certains facteurs, notamment : nement thermique augmente. fermé concerné par le sinistre
• l’arrivée d’air importante qui Si la ventilation est suffisante, s’enflamment brutalement. Le
le développement rapide peut flash-over intervient lorsque la
Sourcevient l’aviver (apport de combu-
d’inflammation conduire à l’embrasement géné- température dans le volume s’éta-
rant) ;
• l’augmentation de la tempé- ralisé du volume où le sinistre a blit entre 300 et 600 °C (gamme
rature du foyer (car il se produit pris naissance. de températures correspondant
alors des phénomènes de distil-
lation et de décomposition, une
libération de produits très com- Phases successives du développement de l’incendie
bustibles, souvent volatils, qui
participent à la propagation du
feu) ;
• la nature et la quantité des
matériaux combustibles.

Les phases principales d’un


incendie (voir schéma ci-contre),
en l’absence de procédé d’extinc-
tion, sont :
• l’initiation,
• la croissance,
• le développement rapide,
• l’embrasement généralisé,
• la décroissance.

14
à la majeure partie de tempéra- Courbe conventionnelle température/temps
tures d’auto-inflammation des
matières, voir p. 18). Pour qu’il se
produise, il faut que les combus-
tibles et le comburant soient en
quantité suffisante par rapport
au volume du local.

L’explosion des fumées


chaudes (backdraft) se produit
donc dans des volumes fermés
où l’apport d’air en provenance
de l’extérieur est fortement

1. Réglementation
limité. Dans sa première phase, le
feu se développe normalement.
Puis, l’air se raréfiant, la combus-
tion devient incomplète, produit
beaucoup de monoxyde de car-
bone (lui-même inflammable),

2. Connaissances de base sur l’incendie


des particules de carbone (suies)
et des produits inflammables. La
température du milieu se sta-
bilise à une valeur inférieure à
celle nécessaire à la survenance
du flash-over et des fumées très
inflammables envahissent peu à
38 % des incendies durent 29 % des incendies durent de
peu tout le volume fermé. Lors-
moins de 1/4 d’heure et le foyer 1/2 heure à 1 heure et le foyer
qu’il se crée une ouverture (écla- peut atteindre 720 °C. atteint 930 °C.
tement d’une fenêtre, ouverture
d’une porte…), l’arrivée brutale 27 % des incendies durent de 6 % des incendies durent plus
1/4 d’heure à 1/2 heure et le d’une heure et le foyer peut

3. Prévention et protection
d’air extérieur augmente la
foyer atteint 830 °C. atteindre 1 130 °C.
concentration en oxygène et il
y a création d’un mélange qui,
au contact d’un des nombreux lors d’un incendie en fonction du comburant et d’une source d’in-
points chauds, produit une temps (données issues de la série flammation (triangle du feu).
explosion. des normes ISO 834), reproduite
2.2.1 Les combustibles
ci-dessus. En annexe, une repré-
La diversité des combustibles sentation temps/puissance, pré-
Les combustibles sont très
Annexe

et de l’environnement dans lequel férable pour aider au choix et au


peut se produire un incendie nombreux et divers sur les lieux
dimensionnement des moyens de de travail. Certains sont utili-
implique qu’il est difficile d’en pré-
secours, est présentée. sés directement dans le proces-
voir le développement et l’inten-
sité. Afin de qualifier les matériaux sus de production, d’autres sont
vis-à-vis de leur comportement au 2.2Paramètres des constituants de produits,
feu et de dimensionner au mieux d’éléments de construction, des
de l’incendie matières premières, des inter-
les moyens de secours, il a été
nécessaire d’établir une courbe Le déclenchement d’un incen- médiaires réactionnels, des pro-
conventionnelle donnant les dif- die est lié à la présence simul- duits finis ou encore des déchets,
férentes températures atteintes tanée d’un combustible, d’un copeaux et poussières.

15
Ils sont notamment caractéri- Tableau 1
sés par les paramètres suivants. Pouvoir calorifique de quelques matières combustibles

1) L’énergie d’activation ou Matières Pouvoir calorifique en kJ/kg


(1 kcal = 4,18 kJ)
d’inflammation : c’est l’énergie
minimale à fournir pour initier bois feuillus 16 700
la combustion en présence d’un
conifères 18 800 à 20 900
comburant donné. Elle dépend en
particulier du combustible et de paille 14 600 à 15 500
son état physique. papier 15 500 à 18 400
coke 29 200
2) Le pouvoir calorifique  : c’est la
charbon de bois 30 000
quantité de chaleur dégagée par
la combustion complète de l’unité houille 32 600 à 35 500
de masse ou de volume d’un com- soufre 10 500
bustible donné. Il s’exprime en sucre 16 700
joules par unité de masse ou de
paraffine 46 000
volume (voir tableau 1).
chlorure de polyvinyle (PVC) 20 900
3) Le potentiel calorifique : polyuréthanes 23 000
c’est la quantité totale de cha- polyéthylènes 40 300
leur, ramenée à l’unité de surface,
alcool éthylique 27 200
susceptible d’être dégagée par la
combustion complète de tous les gazole 41 800
éléments combustibles se trou- essence 42 600
vant dans le local. Il s’exprime oxyde de diéthyle (éther éthylique) 51 000
usuellement en kg bois/m2 (voir
tableau 2). butane 47 200 (127 000 kJ/m3)
acétylène 48 000 (56 800 kJ/m3)
4) La vitesse de combustion : méthane 49 700 (34 500 kJ/m3)
pour les solides, c’est la vitesse propane 50 100 (99 700 kJ/m3)
linéaire correspondant à la lon-
gueur de matériau brûlé par hydrogène 120 400 (10 900 kJ/m3)
unité de temps dans des condi-
tions d’essai spécifiées. Elle
dépend notamment de leur état
de division. Pour les combustibles
Tableau 2
liquides et les gaz, la vitesse de
Exemples de potentiels calorifiques
combustion dépend notamment
de la concentration.
Bureaux En kg bois/m2*
5) Le point d’éclair : pour les
liquides uniquement, c’est la Bureau et petits classeurs 36
température minimale à laquelle, Classement de documents 203
dans des conditions d’essai
Cabinet juridique 83
spécifiées, un liquide émet suf-
fisamment de vapeurs inflam- * environ 17 000 kJ/m2
mables capables de s’enflammer
momentanément en présence
d’une source d’inflammation.

16
Tableau 3
% poids éthanol dans eau 100 95 80 70 60 50 40 30 20 10 5

Point d’éclair en °C 12 17,2 20,0 21,1 22,2 23,9 26,1 29,4 36,1 48,9 62,2

Le point d’éclair sert donc à % poids maximum du produit


inflammable dans l’eau
déterminer la température à Tableau 3 bis
partir de laquelle le liquide est à
Point d’éclair minimum de la solution
l’origine d’une atmosphère explo-
sive pouvant s’enflammer. Produit inflammable 23°C 38°C 60°C 93°C
Les mélanges de liquides
inflammables avec l’eau sont Méthanol 58 32 13,5 4,1

1. Réglementation
également caractérisés par un Isopropanol 70 42 17,7 4,9
point d’éclair (voir l’exemple du Acétone 27 15,8 7,4 2,7
mélange eau/éthanol dans le
Diéthylamine 23 13,4 6,5 2,5
tableau 3).
De plus, le tableau 3 bis
donne des exemples d’évolu-

2. Connaissances de base sur l’incendie


7) La température d’auto- infla­mmation relativement basses
tion des points d’éclair en fonc-
inflammation : pour les liquides (de l’ordre de celles pouvant être
tion de la dilution de produits
et les gaz, c’est la température rencontrées dans un procédé
inflammables. minimale à laquelle un mélange, industriel ou lors d’une opéra-
en proportion convenable, s’en- tion utilisant un point chaud, par
6) Le domaine d’explosivité 1 : flamme spontanément sans exemple 220 °C pour un white-­
c’est le domaine de concentra- autre source d’inflammation que spirit). La nécessité de les réchauf-
tions d’un combustible dans l’air la chaleur ambiante. Pour les fer pour optimiser leur transport ou
compris entre la limite inférieure solides divisés, on parle de tempé- leur utilisation conduit à les porter
d’explosivité et la limite supé- rature minimale d’inflammation. à des températures très proches
rieure d’explosivité, à l’intérieur En général, les produits peu de leur température d’auto-
duquel son inflammation est

3. Prévention et protection
volatils (huile, fioul, colles…) inflammation, d’où un risque d’in-
possible. ont des températures d’auto-­­ cendie accru.
La limite inférieure d’explosi-
vité (LIE) dans l’air est la concen-
tration minimale du combustible
en volume dans le mélange
au-dessus de laquelle la réaction
de combustion se propage.
La limite supérieure d’explo-
Annexe

sivité (LSE) est la concentration


maximale du combustible en
volume dans le mélange en des-
sous de laquelle la réaction de
combustion se propage.

1. On trouve parfois les appellations


« limites inférieures et supérieures
d’inflammabilité » et « domaine
d’inflammabilité » qui correspondent aux
© service communication - SDIS 78.
mêmes grandeurs.

17
Tableau 4
Table des points d’éclair, des températures d’auto-inflammation et des limites d’explosivité dans l’air de liquides usuels

Température Limites d’explosivité


Point dans l’air à 20°C
d’auto-
Substance d’éclair (% en volume)
inflammation
(°C)
(°C) inf. sup.
acétate d’éthyle –4 425 2 11,5
acétone – 20 465 2,6 13
2-butanone (méthyléthylcétone) – 10 404 1,4 11,4
2-butoxyéthanol (butylglycol) 60 230 1,1 10,6
essence < – 40 > 250 1,4 7,6
éthanol (alcool éthylique) 12 363 3,3 19
éthylène-glycol 111 398 3,2 28
gazole 70-120 250-280 0,6 –
n-heptane –5 204 1,05 6,7
n-hexane – 22 223 1,2 7,4
méthanol (alcool méthylique) 11 385 6,7 36
oxyde de diéthyle (éther éthylique) – 45 160 1,9 36
2-propanol (alcool isopropylique) 11 395 2 12
toluène 4 480 1,2 7,1

Tableau 5
Table des températures d’auto-inflammation et des limites d’explosivité dans l’air de gaz usuels

Température Limites d’explosivité


d’auto- dans l’air à 20°C
Substance (% en volume)
inflammation
(°C) inf. sup.
acétylène 300 2,5 81
ammoniac 650 15 28
butane 287 1,8 8,4
éthylène 450 2,7 36
hydrogène 500 4 75
méthane 535 5 15
monoxyde de carbone 605 12,5 74
propane 450 2,1 10

18
Les risques liés aux produits des poussières fines brûlent plus connues grâce à leur fiche de don-
combustibles sont relatifs à diffé- facilement que des copeaux qui, nées de sécurité ;
rents paramètres : eux-mêmes, s’enflamment plus • les quantités de produits stockés
• l’état des produits employés : facilement qu’un bloc de matière ; ou manipulés et leurs conditions
solide (état de division), liquide ou • la nature des produits employés, de stockage, d’utilisation et de
gazeux. En général, il est plus facile l’identification et les caractéris- mise en œuvre (chauffage du pro-
d’enflammer un gaz qu’un liquide, tiques physico-chimiques (point duit…) ;
et un liquide qu’un solide. Par ail- d’éclair, température d’auto-­ • la nature des produits de dégra-
leurs, plus un solide est divisé, inflammation…) des produits dation et de décomposition ther-
plus il s’enflamme facilement : utilisés seront principalement mique.

Tableau 6

1. Réglementation
Éléments de repérage des produits inflammables et de ceux pouvant provoquer un incendie
(Pour plus d’informations sur ces éléments et sur les critères de classification, consulter les fiches des classes de danger physique
de l’annexe 10 du document ED 6207 [2])

Pictogramme(s) Mention d’avertissement


Catégorie de danger
de danger et mention(s) de danger (mention H)

2. Connaissances de base sur l’incendie


Gaz inflammables

Danger Catégorie 1A
H220 Gaz extrêmement inflammable
Danger Gaz pyrophorique
H220 Gaz extrêmement inflammable
H232 Peut s’enflammer spontanément au contact de l’air
Danger Gaz chimiquement
H220 Gaz extrêmement inflammable instable A*
H230 Peut exploser même en l’absence d’air
Danger Gaz chimiquement

3. Prévention et protection
H220 Gaz extrêmement inflammable instable B*
H231 Peut exploser même en l’absence d’air à une
pression ou à une température élevée
Danger Catégorie 1B
H221 Gaz inflammable
Pas de picto- Attention Catégorie 2
gramme de H221 Gaz inflammable
danger
Annexe

* Un gaz chimiquement instable (A ou B) peut aussi être un gaz pyrophorique.

Aérosols inflammables et ininflammables

Danger Catégorie 1
H222 Aérosol extrêmement inflammable
H229 Récipient sous pression : peut éclater sous l’effet
de la chaleur
Attention Catégorie 2
H223 Aérosol inflammable
H229 Récipient sous pression : peut éclater sous l’effet
de la chaleur
Pas de picto- Attention Catégorie 3
gramme de H229 Récipient sous pression : peut éclater sous l’effet
danger de la chaleur
19
Pictogramme(s) Mention d’avertissement
Catégorie de danger
de danger et mention(s) de danger (mention H)

Liquides inflammables

Danger Catégorie 1
H224 Liquide et vapeurs extrêmement inflammables
Danger Catégorie 2
H225 Liquide et vapeurs très inflammables
Attention Catégorie 3
H226 Liquide et vapeurs inflammables

Matières solides inflammables

Danger Catégorie 1
H228 Matière solide inflammable
Attention Catégorie 2
H228 Matière solide inflammable

Liquides pyrophoriques

Danger Catégorie 1
H250 S’enflamme spontanément au contact de l’air

Matières solides pyrophoriques

Danger Catégorie 1
H250 S’enflamme spontanément au contact de l’air

Substances et mélanges qui, au contact avec l’eau, dégagent des gaz inflammables

Danger Catégorie 1
H260 Dégage, au contact de l’eau, des gaz inflammables
qui peuvent s’enflammer spontanément
Danger Catégorie 2
H261 Dégage, au contact de l’eau, des gaz inflammables
Attention Catégorie 3
H261 Dégage, au contact de l’eau, des gaz inflammables

20
Pictogramme(s) Mention d’avertissement
Catégorie de danger
de danger et mention(s) de danger (mention H)

Substances et mélanges auto-échauffants

Danger Catégorie 1
H251 Matière auto-échauffante ; peut s’enflammer
Attention Catégorie 2
H252 Matière auto-échauffante en grandes quantités ;
peut s’enflammer

Substances et mélanges autoréactifs

Danger Type A
H240 Peut exploser en cas d’échauffement

1. Réglementation
Danger Type B
H241 Peut s’enflammer ou exploser en cas d’échauffement

2. Connaissances de base sur l’incendie


Danger Types C et D
H242 Peut s’enflammer en cas d’échauffement

3. Prévention et protection
Attention Types E et F
H242 Peut s’enflammer en cas d’échauffement

Aucun élément d’étiquetage Type G

Explosibles désensibilisés
Annexe

Danger Catégorie 1
H206 Danger d’incendie, d’effet de souffle ou
de projection ; risque accru d’explosion si la quantité
d’agent désensibilisateur est réduite
Danger Catégorie 2
H207 Danger d’incendie ou de projection ;
risque accru d’explosion si la quantité d’agent
désensibilisateur est réduite
Attention Catégorie 3
H207 Danger d’incendie ou de projection ;
risque accru d’explosion si la quantité d’agent
désensibilisateur est réduite
Attention Catégorie 4
H208 Danger d’incendie ; risque accru d’explosion
si la quantité d’agent désensibilisateur est réduite
21
2.2.2 Les comburants L’oxygène de l’air laboratoire pour diverses réac-
tions chimiques.
L’oxygène est le comburant le
Les comburants sont des pro- Ils se caractérisent par leurs
plus couramment rencontré (l’air
duits très réactifs. Ils sont compo- propriétés oxydantes et combu-
est composé à 21 % d’oxygène).
sés soit de corps chimiques très rantes ainsi que par une grande
En atmosphère suroxygénée,
électronégatifs (oxygène, fluor…), instabilité chimique.
le comportement des matériaux
soit de composés où ces éléments diffère de celui qu’ils présentent
électronégatifs sont très faible- Les peroxydes peuvent avoir,
dans l’air. Une telle atmosphère
ment liés (peroxydes, chlorates, à l’état pur, des propriétés explo-
est la conséquence, par exemple,
acide nitrique…). Ils sont notam- sives. Pour cette raison, ils sont
d’une fuite sur un réseau d’oxy-
ment caractérisés par : commercialisés sous forme
gène (milieu hospitalier, poste de
• leur famille chimique qui condi- de mélanges avec d’autres
soudage…). L’augmentation de la
tionne l’énergie produite par la substances :
concentration de l’oxygène dans • mélange avec un solvant ou un
réaction ; l’air modifie les conditions de la
• leur concentration. produit liquide à point d’ébulli-
combustion : tion élevé (flegmatisant) ;
• la quantité d’énergie nécessaire • dilution du produit avec une cer-
Certaines activités indus- à l’initiation de l’inflammation taine quantité d’eau ;
trielles peuvent engendrer des diminue ; • certains peroxydes organiques
atmosphères sur- ou sous-oxy- • la vitesse et la température de solides sont additionnés d’une
génées dans lesquelles la vitesse combustion s’élèvent. substance visqueuse (phtalate…)
de propagation de l’incendie est
pour former une pâte qui, en cas
très différente (l’oxycoupage en En particulier, les vêtements d’incendie, brûle moins vite.
espace confiné, par exemple). de travail, surtout lorsqu’ils sont
souillés par des huiles ou des
corps gras, brûlent beaucoup Les sels oxygénés
plus facilement lorsque l’atmos- Tous ces composés sont des
phère est suroxygénée. Des phé- comburants puissants qui réa-
nomènes d’auto-inflammation gissent violemment avec les
peuvent se produire lorsque de réducteurs et les matières com-
l’oxygène pur sous pression entre bustibles. Ils sont plus spéciale-
en contact avec ces corps gras. ment dangereux lorsqu’ils sont
en poudre fine.
Les peroxydes [3] [4] Parmi les plus courants, on
trouve :
Les peroxydes organiques sont • les chlorates : le chlorate de
utilisés principalement comme potassium est utilisé dans la
catalyseurs de polymérisation, fabrication des allumettes, l’in-
dans l’industrie du caoutchouc dustrie textile, la pyrotechnie ;
ou encore des matières plas- le chlorate de sodium est utilisé
tiques (par exemple : peroxydes pour le blanchiment des pâtes à
de cumyle, de lauroyle, de papier, dans l’industrie textile… ;
benzoyle). • les nitrates : les nitrates de
sodium et de potassium sont sur-
Des peroxydes inorganiques tout utilisés, en mélanges fondus,
(par exemple : peroxyde d’hydro- comme bain de trempe de pièces
gène aussi appelé eau oxygé- métalliques ; le nitrate d’ammo-
née) sont utilisés comme agents nium est, lui, utilisé soit comme
de blanchiment pour les tex- engrais, soit comme constituant
© service communication - SDIS 78. tiles ou les pâtes à papier et en d’explosifs nitratés.

22
Tableau 7
Éléments de repérage des produits comburants et des peroxydes organiques
(Pour plus d’informations sur ces éléments et sur les critères de classification, consulter les fiches des classes de danger physique de
l’annexe 10 du document ED 6207 [2])

Pictogramme(s) Mention d’avertissement


Catégorie de danger
de danger et mention(s) de danger (mention H)

Gaz comburants

Danger Catégorie 1
H270 Peut provoquer ou aggraver un incendie ; comburant

Liquides comburants

Danger Catégorie 1
H271 Peut provoquer un incendie ou une explosion ;
comburant puissant
Danger Catégorie 2

1. Réglementation
H272 Peut aggraver un incendie ; comburant
Attention Catégorie 3
H272 Peut aggraver un incendie ; comburant

Matières solides comburantes

Danger Catégorie 1

2. Connaissances de base sur l’incendie


H271 Peut provoquer un incendie ou une explosion ;
comburant puissant
Danger Catégorie 2
H272 Peut aggraver un incendie ; comburant
Attention Catégorie 3
H272 Peut aggraver un incendie ; comburant

Peroxydes organiques

Danger Type A
H240 Peut exploser sous l’effet de la chaleur

3. Prévention et protection

Danger Type B
H241 Peut s’enflammer ou exploser sous l’effet
de la chaleur
Annexe

Danger Types C et D
H242 Peut s’enflammer sous l’effet de la chaleur
Attention Types E et F
H242 Peut s’enflammer sous l’effet de la chaleur

Aucun élément d’étiquetage Type G


23
2.2.3 Les sources de flammes nues et travaux par dénombre en particulier plu-
d’inflammation [5] points chauds –, cigarettes, mal- sieurs dizaines d’accidents liés à
veillance…). une intervention par point chaud
La source d’inflammation sur ou à proximité de réservoirs
apporte l’énergie d’activation qui contenant ou ayant contenu des
Appareils de chauffage
amorce la réaction de combustion. liquides combustibles.
On distingue différents types Les installations de chauffage et En outre, les travaux occasion-
de sources d’inflammation : de combustion (fours, générateurs nels de maintenance et d’entre-
• celles qui font partie du proces- de vapeur, séchoirs…) présentent tien, dont on ne se préoccupe pas
sus de production (flammes et des risques d’incendie importants assez, sont une source majeure
surfaces chaudes de chaudières, aggravés par la présence du com- d’incendie.
fours, appareils de chauffage…) ; bustible de chauffage. Certaines
• celles qui sont des consé- de ces installations font l’objet
Échauffements mécaniques
quences de procédés (produits et d’une réglementation spécifique,
pièces portés à des températures de recommandations ou de spéci- Les équipements peuvent être
élevées, réactions chimiques dan- fications précises et détaillées sur le siège d’échauffements locaux.
gereuses, électricité statique…) ; l’emploi des combustibles liquides Ce dégagement d’énergie voit
• celles qui sont le résultat de et gazeux. son origine dans le frottement en
dysfonctionnements ou de pro- continu entre différents éléments
ductions de déchets (échauffe- matériels, souvent lié à des condi-
Travaux par points chauds tions anormales (par exemple,
ments de pièces mécaniques,
(soudage au chalumeau ou arrêt du circuit de refroidisse-
lent processus de décomposition
à l’arc électrique, oxycoupage, ment). Les températures atteintes
de déchets organiques, échauf- tronçonnage…)
fements et étincelles d’éléments peuvent être très élevées.
d’installations électriques) ; Les incendies imputables à
• celles qui sont d’origine exté- des opérations de cette nature Étincelles d’origine mécanique
rieure (soleil, foudre, interven- représentent environ un tiers
tions et maintenance – utilisation des sinistres. Chaque année, on La formation de ce type d’étin-
celles se rencontre dans toute une
gamme d’activités industrielles :
• coupage, meulage, discage,
sciage ou découpage à froid des
métaux, perçage dans un maté-
riau ;
• abrasion, frottement de deux
surfaces l’une contre l’autre ;
• impact, utilisation d’outils à
main, chute d’objets…

Électricité
Si les incendies provoqués par
l’électricité sont fréquents (envi-
ron un tiers des incendies en
milieu industriel), ils surviennent
le plus souvent en raison de la
vétusté et du caractère improvisé
des installations, de l’isolement
défectueux des conducteurs, de
© service communication - SDIS 78. leur surcharge, de résistance de

24
contacts mal établis, qui pro- spontanément. Les huiles et de matière ou une inflammation
voquent des échauffements dan- graisses sont facilement soumises immédiate.
gereux et des étincelles, ou par à une oxydation exothermique et,
des installations non appropriées par la suite, à un échauffement Explosions d’atmosphères
aux atmosphères des locaux spontané. gazeuses ou poussiéreuses
(ambiance explosive ou humide). Lorsque les produits combus-
tibles sont en couche de pous- Il est très fréquent qu’une
sières ou en tas, l’oxydation explosion soit à l’origine d’un
Électricité statique [6] incendie (et vice versa).
spontanée de la matière produit
L’électricité statique est une de la chaleur. Cette chaleur, s’éva-
cause souvent indirecte d’in- cuant difficilement, a tendance Soleil
cendie : elle constitue générale- à s’accumuler jusqu’à provoquer
L’exposition directe au rayon-
ment la source d’inflammation une auto-inflammation locale au
nement solaire provoque une

1. Réglementation
d’une atmosphère explosive qui sein de la couche ou du tas (feu
augmentation de température.
provoque ensuite un incendie. couvant). Si cette situation per-
L’action du soleil peut être
Un corps est capable de se char- dure, l’inflammation se générali-
accrue par l’effet de lentille de
ger électriquement par contact/ sera à l’ensemble du combustible.
certaines vitres, ce qui provoque
séparation ou par influence et de Le caractère aggravant de
un échauffement dangereux.
restituer ensuite ces charges sous cette réaction tient au fait que
L’exemple le plus caractéristique
la forme d’une étincelle. De nom- ses effets sont à retardement,

2. Connaissances de base sur l’incendie


breuses opérations sont généra- est l’inflammation d’un généra-
ce qui entraîne fréquemment le
trices d’électricité statique : déclenchement du sinistre aux teur d’aérosol dans une voiture.
• mouvement sur des rouleaux périodes où la surveillance est
de courroies de transmission, de plus faible (nuit, week-end, fer- Foudre
bandes transporteuses… ; meture estivale…). La foudre est un phénomène
• transport de liquides dans des Par ailleurs, la simple condensa- atmosphérique majeur à l’origine
canalisations ; tion de l’humidité de l’air dans la de nombreux incendies. Certains
• remplissage et vidange de réser- matière peut être à l’origine de fer- d’entre eux sont provoqués de
voirs contenant des liquides ; mentation et élever suffisamment manière indirecte par le dysfonc-
• utilisation de pistolets électros- la température pour accélérer tionnement d’équipements à la
tatiques (peinture) ; les réactions d’oxydation jusqu’à

3. Prévention et protection
suite du coup de foudre.
• fabrication et transport de atteindre l’auto-inflammation des
matières pulvérulentes ; produits stockés. C’est notam-
• détente de gaz comprimés ou Cigarette
ment ce qui peut se produire
liquéfiés et de jets de vapeur ; lors du stockage par accumula- La température d’une cigarette
• accumulation de charges sur tion (silos…) de certains produits allumée est de plus de 500 °C et
des matériaux résistifs ; (céréales, oléagineux, sucre…). elle peut atteindre 1 000 °C lors de
• défaut d’équipotentialité ou l’aspiration.
de mise à la terre de matériaux
Réactions chimiques
Annexe

conducteurs ; Autres sources


dangereuses [7]
• …
Une réaction exothermique Les autres sources possibles,
non maîtrisée peut engendrer quoique moins fréquentes, sont
Échauffements spontanés, les ondes électromagnétiques,
un échauffement pouvant aller
fermentation, oxydation lente les rayonnements ionisants,
jusqu’à l’inflammation des pro-
Les matières organiques (chif- duits réactionnels. De plus, cer- les ultrasons, les compressions
fons, liège, sciures…) imprégnées taines réactions entre produits adiabatiques, les ondes de choc.
d’huiles, de matières grasses, incompatibles sont extrêmement Les incendies liés à la malveil-
d’essence de térébenthine… violentes et peuvent se traduire lance ne doivent pas, non plus,
ont tendance à s’enflammer par une explosion avec projection être omis.

25
2.3Propagation du risque incendie. En effet, plus ᏷᏷ à la teneur en eau : plus un pro-
de l’incendie elle est divisée, plus le risque est duit est sec, plus il est sensible à
important ; l’inflammation ;
2.3.1 Modes de propagation ᏷᏷ aux produits de décomposi- ᏷᏷ à la ventilation et à la circu-
tion : beaucoup de matériaux
L’extension du feu s’effectue lation des gaz et des fumées : la
lorsqu’ils brûlent engendrent des
par transport d’énergie dû : ventilation mécanique peut pro-
gaz inflammables (vapeurs de
pager un incendie en véhiculant
᏷᏷ au rayonnement : apport de liquides inflammables, produits
chaleur aux matériaux voisins de distillation du bois ou d’autres les gaz chauds ; leur évacuation
du foyer par rayonnement infra- matériaux comme les plastiques) doit être privilégiée via des ouver-
rouge (IR) ; qui vont propager l’incendie à dis- tures en partie haute (désenfu-
᏷᏷ à la convection : transfert de tance du foyer initial ; mage [8], voir § 3.3.5  ;
chaleur par mouvement ascen-
dant d’air réchauffé (fumées, gaz Modes de propagation
chauds) ;
Plafonds
᏷᏷ à la conduction : transfert de cha-
leur au sein d’un même matériau ;
᏷᏷ au déplacement de substances Fumées et gaz chauds
déjà en combustion (exemple :
transmission du feu dans les sys-
tèmes de ventilation, écoulement
Convection
de liquides enflammés, projection
de braise ou de bradons).

2.3.2 Facteurs de propagation Rayonnement

En l’absence d’une action


rapide visant à éteindre un incen-
die naissant, ce dernier peut se
transformer en un incendie de
grande envergure en fonction des
différents facteurs de propaga-
tion, dont les principaux para-
mètres sont liés :
᏷᏷ à la quantité de combustibles
présents et à leurs conditions de
stockage : elles vont déterminer Déplacement
la quantité d’énergie disponible ; de substances

᏷᏷ au pouvoir calorifique du com-


bustible (quantité de chaleur
dégagée, voir p. 16) ;
᏷᏷ à la forme physique du (des)
matériau(x) : l’état de division de Conduction
la matière présente une grande
Sol
importance dans l’appréciation

26
᏷᏷ à la nature du local en feu : un produisant une asphyxie (la les accompagnent provoquent
grand volume sans obstacle (non concentration en oxygène dans une surcharge pulmonaire limi-
compartimenté) ainsi que la nature l’air est de 21 % ; lors d’un incen- tant la respiration ;
des parois qui conditionne son iso- die, elle diminue rapidement) ;
᏷᏷ les effets toxiques : le
lement thermique favorisent la • toxicité des produits de com-
monoxyde de carbone (CO) agit
propagation d’un incendie ; bustion ;
à la fois par une action sur la
• irritation des yeux et des voies
᏷᏷ à la complexité des procédés fixation de l’oxygène dans le
respiratoires par les produits
et à la méconnaissance des diffé- sang, mais surtout par un effet
dégagés provoquant un effet
rentes étapes qui les constituent : toxique membranaire, notam-
incapacitant.
les procédés pouvant être à l’ori- ment au niveau cérébral, ce qui
gine d’un incendie, il est néces- conduit, même après inhalation
On peut retenir trois grands
saire de procéder à leur analyse, de concentrations assez faibles, à
types d’effets liés aux produits de
la mort ou à de graves séquelles

1. Réglementation
en décrivant d’abord le fonction- combustion :
nement normal des installations neurologiques si les secours ne
par un recueil de l’ensemble des ᏷᏷ l’anoxie et l’asphyxie : l’émis- sont pas apportés rapidement.
données les concernant ; puis, à sion de produits de combustion Le dioxyde de carbone, produit
partir de la description des équi- (notamment de dioxyde de car- de combustion majoritaire, pré-
pements utilisés, il importe de bone, CO2), lorsqu’ils ne sont pas sente des effets sur la santé à des
tenir compte des produits utili- évacués, diminue la quantité concentrations plus importantes

2. Connaissances de base sur l’incendie


sés, des conditions de tempéra- d’oxygène présent ; les suies qui que le monoxyde de carbone. Le
ture, de pression, des réactions Tableau 8
exothermiques, des produits de Symptômes provoqués par le manque d’oxygène
décomposition, des conditions de
refroidissement, des dysfonction- Teneur de l’atmosphère
nements potentiels raisonnable- en oxygène (%) à pression Effets
ment envisageables… atmosphérique normale

17 Accélération du rythme cardiaque


2.4Conséquences Accroissement de la quantité d’air inspiré
de l’incendie Baisse de la vision nocturne

3. Prévention et protection
16 Vertiges
2.4.1 Conséquences 15 Troubles de l’attention, du jugement
sur l’homme et de la coordination
Perte du contrôle de la motricité
Conséquences liées aux fumées Fatigabilité
et aux gaz Épisodes d’apnée
La première cause de décès lors 12 Fortes perturbations du jugement et
Annexe

des incendies est due aux fumées de la coordination musculaire


et aux gaz. Perte de conscience
Ils présentent les dangers Lésions cérébrales irréversibles
suivants : 10 Incapacité à se mouvoir
• température élevée (brûlure Nausées
interne par inhalation des gaz Vomissements
chauds) ;
6 Respiration spasmodique
• opacité (gêne pour l’évacuation
Mouvements convulsifs
et pour l’intervention) ;
• baisse de la teneur en oxygène Mort en 5 à 8 minutes

27
cyanure d’hydrogène, produit Évolution caractéristique des taux de CO, CO2
de combustion de nombreuses dans un local soumis à un incendie (d’après étude du CSTB)
matières plastiques, l’hydrogène
sulfuré… sont également une
cause fréquente de mortalité
dans les incendies ;
᏷᏷ les effets corrosifs : les gaz qui
ont un effet corrosif sur les voies
respiratoires sont essentielle-
ment les vapeurs nitreuses, l’am-
moniac, l’acide fluorhydrique, le
chlore, le phosgène…, et induisent
de graves lésions pulmonaires.

Les tableaux 8 et 9 présentent


les effets physiologiques des
variations des taux d’oxygène
et de dioxyde de carbone. Sont
présentés également dans le
tableau  10 pour les principaux
produits dégagés lors d’un
incendie :
• les VLCT (valeurs limites court
terme) françaises [9] décrivant
une situation de travail standard
et non pas une situation acciden-
telle de type incendie ;
• les valeurs IDLH (immediately
dangerous to life or health) repré-
sentant les concentrations maxi-
males de ces gaz dans l’air d’un Tableau 9
milieu où un individu, sans pro- Réactions physiologiques provoquées par le dioxyde de carbone
tection respiratoire, peut s’échap- et le monoxyde de carbone
per sans effets irréversibles en
moins de trente minutes ; Dioxyde de carbone
• les valeurs de la littérature cor-
Pourcentage de CO2 dans l’air Conséquences
respondant aux concentrations
produisant un effet rapidement 10 % Céphalées et vertiges
mortel ; 20 % Narcose
• le numéro de la fiche toxicolo-
gique correspondante. Monoxyde de carbone
Pourcentage de CO dans l’air Conséquences
Conséquences liées aux flammes
et à la chaleur 0,01 % Maux de tête
Les flammes ont une tempéra- 0,05 % Vertiges
ture variant de 600 à 1 200 °C et, 0,1 % Syncope
à leur contact, les brûlures sont 0,2 % Coma, mort rapide
immédiates. Une brûlure peut
0,5 % Mort immédiate
également survenir en cas de
(1 ppm = 0,0001 %)

28
contact avec une surface chaude. de l’épiderme et du derme. se développent en cas d’incen-
L’importance de la brûlure (éten- die atteignent des températures
due, intensité, profondeur) À proximité immédiate d’un moyennes de 50 °C en moins de
dépendra de la température, du foyer d’incendie (en l’absence de 2 minutes et 300 °C en moins
temps de contact et de la nature contact avec la flamme ou une de 4 minutes après le début de
du matériau. On peut noter que surface chaude), les brûlures des l’incendie.
les protéines de l’organisme com- deuxième et troisième degrés L’effet lumineux des flammes
mencent à se dénaturer à partir apparaissent respectivement en constitue également un danger
de 60°C. moins de 3 et 10 minutes. pour les yeux.

On distingue généralement Au contact avec une flamme,


trois catégories de brûlures : les brûlures sont immédiates
• le premier degré : atteinte et au contact avec une surface
portée à plus de 60 °C, elles

1. Réglementation
superficielle ;
• le deuxième degré : destruction apparaissent en une dizaine de
de l’épiderme ; secondes.
• le troisième degré : destruction Les ambiances chaudes qui

Transmission de chaleur et effets

2. Connaissances de base sur l’incendie


Le transfert de chaleur est un transport d’énergie et le flux thermique
définit cette quantité d’énergie qui traverse une surface donnée
par unité de temps. Le transfert de chaleur quantifie ainsi un feu et
va conditionner les interactions comme l’inflammation d’éléments
proches. Il s’exprime en watts (W).
Le flux thermique, dont l’utilisation est plus pratique, est le flux par
unité de surface. Il s’exprime en W.m-2. Un arrêté fixe les seuils à
retenir pour les effets de la chaleur sur l’homme et les structures
(voir page suivante). © service communication - SDIS 78.

3. Prévention et protection
Tableau 10
Exemples de données toxicologiques de certains produits dégagés lors d’un incendie

Concentrations produisant N° fiche


VLCT* Valeurs IDLH
un effet rapidement mortel toxicologique**

Monoxyde de carbone - CO - 1 200 ppm - 47


Chlore - Cl2 0,5 ppm 10 ppm 1 000 ppm 51
Annexe

Chlorure d’hydrogène - HCl 5 ppm 50 ppm 1 300-2 000 ppm 13


Phosgène - COCl2 0,1 ppm 2 ppm 50 ppm 72
Fluorure d’hydrogène - HF 3 ppm 30 ppm - 6
Cyanure d’hydrogène - HCN 10 ppm 50 ppm 350 ppm 4
Ammoniac - NH3 20 ppm 300 ppm 5 000-10 000 ppm 16
Hydrogène sulfuré - H2S 10 ppm 100 ppm 1 000 ppm 32
Dioxyde d’azote - NO2 3 ppm 13 ppm 200-700 ppm 133
(1 ppm = 0,0001 %)
* Voir brochure Valeurs limites d’exposition professionnelle aux agents chimiques en France [9] et la liste des VLEP françaises (outil 65
sur www.inrs.fr)
** Disponible sur www.inrs.fr

29
aux issues et dégagements, mais
Seuils à retenir dans l’étude de danger
pour les équipes de lutte contre
Arrêté du 29 septembre 2005 modifié relatif à l’évaluation et à la prise le feu lorsqu’elles pénètrent dans
en compte de la probabilité d’occurrence, de la cinétique, de l’intensité les locaux.
des effets et de la gravité des conséquences des accidents potentiels La protection contre le feu
dans les études de dangers des installations classées ICPE soumises nécessite de connaître, en plus
à autorisation. du potentiel calorifique, le com-
᏷᏷ Effets sur l’homme : portement au feu des matériaux
• 3 kW.m-2 : seuil des effets irréversibles correspondant à la zone des et des éléments de construction
dangers significatifs pour la vie humaine (voir § 3.3).
• 5 kW.m-2 : seuil des premiers effets létaux correspondant à la zone
des dangers graves pour la vie humaine
• 8 kW.m-2 : seuil des effets létaux significatifs correspondant à la
2.4.3 Conséquences
zone des dangers très graves pour la vie humaine sur l’environnement
᏷᏷ Effets sur les structures : L’incendie est destructeur à
• 5 kW.m-2 : seuil des destructions significatives de vitres deux niveaux : aux conséquences
• 8 kW.m-2 : seuil des effets domino et correspondant au seuil des directes du feu s’ajoutent les
dégâts graves sur les structures
dégâts dus aux produits utilisés
• 16 kW.m-2 : seuil d’exposition prolongée des structures et correspon-
pour l’éteindre.
dant au seuil des dégâts très graves sur les structures, hors structures
L’employeur doit être conscient
béton
de la menace pour l’environne-
• 20 kW.m-2 : seuil de tenue du béton pendant plusieurs heures et
­correspondant au seuil des dégâts très graves sur les structures béton ment que représente un incendie,
• 200 kW.m-2 : seuil de ruine du béton en quelques dizaines de minutes ainsi que l’étendue des dégâts
produits par un tel sinistre et par
En tant qu’ordre de grandeur, un flux thermique de 1 kW.m-2 correspond les opérations de lutte contre
au rayonnement solaire en zone tropicale. l’incendie.
L’environnement (population,
faune, flore…) est en effet touché
Conséquences liées à définitive avec des conséquences par l’incendie et par les diverses
l’effondrement des structures pour le personnel (interruption pollutions engendrées qui
d’activité, chômage…). peuvent affecter l’air, le sol et les
Quelques minutes après le
déclenchement d’un incendie, la eaux. Ce sont :
chaleur dégagée entame la résis- 2.4.2 Conséquences • celles dues à l’utilisation des
tance mécanique des structures sur les bâtiments produits extincteurs, mousses
avec risque de ruine de tout ou notamment ;
partie des bâtiments. Un effon- La destruction des bâtiments • celles entraînées jusqu’à la
drement peut concerner des et des biens représente un tribut nappe phréatique par les eaux de
personnes n’ayant pas encore important payé à l’incendie. Si ruissellement ;
évacuées ou les équipes de l’on se réfère à la courbe normali- • celles de l’air par les gaz de com-
secours lors de leur intervention. sée des températures d’incendie, bustion toxiques ou corrosifs.
on atteint des températures de
500 °C en moins de 10 minutes. Outre les pertes économiques,
Conséquences économiques
Les effets sur les bâtiments les établissements sinistrés
et sociales
posent donc un problème, non voient leur réputation entachée
Il ne faut pas oublier que la pour l’évacuation du personnel par les pollutions créées. Il est
destruction par le feu d’un éta- qui devrait être assurée bien donc essentiel d’évaluer l’impact
blissement entraîne très sou- avant le risque de ruine grâce à sur l’environnement d’un éven-
vent sa fermeture temporaire ou l’application des règles relatives tuel incendie.

30
>

3 Prévention
et protection
La prise en compte du risque incendie locaux…), organiser et faire fonctionner
s’inscrit dans la démarche globale de la le groupe de travail et de réflexion ;
prévention des risques en cohérence avec • d’associer les instances représentatives
les neuf principes généraux de préven- du personnel ;
tion. Pour organiser celle-ci, il faut en • de planifier les différentes étapes de la
avoir la volonté, ce qui implique un enga- démarche retenue ;
gement de la direction de l’entreprise, • de communiquer sur l’action qui va être
ainsi qu’un investissement en temps et entreprise.
en moyens. Pour ce faire, il convient [10] :
• de définir et recenser les compétences L’évaluation du risque incendie
en interne ; consiste à identifier les origines poten-
• de désigner, pour les entreprises impor- tielles d’un incendie d’une part, et les
tantes, le responsable du projet qui va sources d’inflammation possible d’autre
s’entourer des compétences internes part. Il est nécessaire ensuite d’estimer
(responsable de maintenance, médecin les conséquences prévisibles d’un incen-
du travail…) et externes (services préven- die. Cette évaluation, dont on veillera à
tion de la Carsat, SDIS, sapeurs-pompiers limiter la part de subjectivité, sera fondée

Représentation parallèle des éléments constituant un incendie


et de la temporalité des actions à mener

Détection et évacuation

Prévention Protection et intervention

Combustion

Combustible + Comburant Fumées et gaz chauds + Énergie

Triangle 90 %
du feu 10 %
Énergie de propagation
Énergie
évacuée par
d’entretien
- rayonnement
Source - conduction
d’inflammation - convection
- déplacement de substances

31
sur des critères propres à l’entre- ᏷᏷ le stockage des produits [11] : en nettoyant très fréquemment
prise (probabilité d’occurrence, • ils doivent être stockés de pré- par aspiration (l’usage de la souf-
gravité redoutée, fréquence d’ex- férence dans un local situé à plus flette ou du balai est à proscrire) ;
position du personnel, nombre de 10 mètres des installations ou
᏷᏷ la gestion stricte des déchets
de personnes potentiellement séparé par un mur coupe-feu et
et de leur élimination dans des
concernées…) permettant de non situé en sous-sol,
zones dédiées et à l’écart des
débattre des priorités et d’aider • le lieu de stockage doit être
activités.
à la planification des mesures de ventilé en permanence, à une
prévention et de protection. température compatible avec les
produits stockés, 3.1.2 Produits comburants
Ces mesures seront d’ordre • il doit disposer de rétention(s)
constructif, technique et organi- en tenant compte de l’incompati-
Air – oxygène
bilité des produits,
sationnel et auront pour objectif
• il doit être construit, dans la Le plus commun des combu-
de :
mesure du possible, en matériaux rants est l’oxygène (21 % environ de
• supprimer les causes de déclen-
non combustibles et non fragiles, l’air). Dans certaines installations
chement d’un sinistre (triangle
• les installations électriques où des produits combustibles (sur-
du feu) ;
doivent être limitées à l’indispen- tout des liquides inflammables)
• assurer la sécurité des per- sable, notamment par des lampes sont stockés, transférés ou mani-
sonnes en favorisant l’évacua- placées soit à l’extérieur sous verre pulés, on introduit un gaz inerte
tion ; dormant, soit adaptées aux éven- pour diminuer la teneur en oxy-
• faciliter l’intervention des tuelles zones à risque d’explosion, gène (valeur cible généralement
secours ; • toute source d’inflammation est voisine de 5 %) et rendre l’atmos-
• limiter l’importance des consé- interdite ; phère ininflammable (principe de
quences humaines et matérielles. l’inertage). Mais cette méthode
᏷᏷ les quantités de produits com-
bustibles au poste de travail limi- doit s’accompagner de mesures
Il est aussi essentiel de tenir visant à vérifier le maintien de la
tées aux besoins d’une journée ;
compte de la mémoire de l’entre- concentration. De plus, il est néces-
prise et de sa branche d’activité ᏷᏷ la mise en œuvre des produits saire de prévenir le risque d’anoxie
en matière de sinistre (du feu en évitant l’émission de combus- lorsqu’un gaz inerte est utilisé sur
naissant à l’incendie). tible (capotage, utilisation de un lieu de travail.
liquides à une température infé-
rieure de 15°C par rapport à leur L’emploi de gaz inertes pour
point d’éclair…) ou en mettant en rendre ininflammable une atmos-
Mesures liées
3.1 place un captage au plus près de phère ou un liquide trouve son
aux produits la source ; application dans les cas suivants :
᏷᏷ la gestion des réactions exo- • stockage de liquides inflam-
3.1.1 Produits combustibles thermiques en maîtrisant ou en mables dans tous types de réser-
contrôlant la température (agi- voirs ou de citernes ;
En présence de produits com- tation, refroidissement…), l’humi- • transferts, dépotages et souti-
bustibles, les mesures à adopter dité, la teneur en monoxyde de rages de liquides inflammables
portent principalement sur : carbone… ; par mise sous pression de gaz
inerte des réservoirs, fûts…, aux-
᏷᏷ l’utilisation, si possible, de pro- ᏷᏷ la mise en place d’un contrôle
quels sont raccordées des canali-
duits incombustibles ou moins de l’atmosphère en instal-
sations ;
combustibles ; lant des détecteurs ou des
• traitements et opérations sur
᏷᏷ l’état de division de la matière explosimètres… ;
des liquides inflammables ou en
(privilégier l’utilisation des granu- ᏷᏷ la suppression de tout dépôt présence de tels liquides, dans des
lés à la poudre) ; et accumulation de poussières réacteurs, des fours, des colonnes

32
de distillation, des citernes ou 3.2Mesures liées aux électriques dans les locaux à
d’autres enceintes (par exemple, atmosphère agressive (humide,
sources d’inflammation
le lavage à chaud des citernes corrosive, explosive…) ;
contenant des résidus d’hydro- Pour éliminer ou réduire les
᏷᏷ veiller à l’entretien et au bon
carbures à bord des pétroliers) ; effets dus aux sources d’inflam-
état des appareils amovibles, des
• essorage et séchage de produits mation, différentes mesures
câbles, prises de courant, mises
pour l’élimination de liquides peuvent être mises en œuvre,
à la terre, appareillages divers ;
inflammables (solvants) ; telles que celles décrites ci-après
en particulier, ne tolérer aucune
• purge d’installations de traite- [5].
anomalie provoquant un échauf-
ment (réacteurs, fours…) après
fement : détérioration d’iso-
fonctionnement et en attente
d’un prochain démarrage… 3.2.1 Matériel électrique lant entre conducteurs ou entre
conducteurs et masses, résis-
Les mesures de prévention tances de contact et de liaisons

1. Réglementation
Les différents gaz inertes uti-
relatives aux risques d’incendie anormalement élevées, en effec-
lisés sont, le plus fréquemment,
dus à ces installations peuvent tuant, par exemple, un contrôle
l’azote, le dioxyde de carbone,
être résumées ainsi : thermographique périodique ;
l’hélium, l’argon…
᏷᏷ choisir du matériel de bonne ᏷᏷ assurer la vérification pério-
Dans certains locaux de stoc- qualité industrielle, de sûreté et dique réglementaire (comprenant
kage, la concentration en oxygène un contrôle thermographique

2. Connaissances de base sur l’incendie


adapté (notamment, la tempé-
est volontairement abaissée aux rature maximale de surface du à infrarouge, afin de déceler un
alentours de 15 % afin de limiter matériel doit être fonction de la éventuel échauffement) des ins-
les départs d’incendie et leur pro- température d’auto-inflamma- tallations et procéder aux répa-
pagation. Dans ce cas, des dispo- tion des combustibles). Si, de plus, rations nécessaires dans les plus
sitions particulières doivent être cet appareil doit être installé dans brefs délais ;
prises [12]. une zone à risque d’explosion, il ᏷᏷ disposer sous les transforma-
est obligatoire qu’il soit en adé- teurs un dispositif de rétention
Autres comburants quation avec le type de zone et le (dont le volume est égal à celui de
produit pouvant générer l’explo- l’huile contenue dans le matériel)
Rappelons que les comburants, sion (appareil certifié Atex) [13] ;
contenant en eux-mêmes l’oxy- pour la récupération de l’huile des

3. Prévention et protection
gène nécessaire à la combustion, ᏷᏷ assurer la conformité des ins- appareils en cas de détérioration
accélèrent l’incendie en augmen- tallations à la réglementation et de l’enveloppe ;
tant la violence de la réaction et aux normes (notamment pour ᏷᏷ ventiler les locaux de charge
en favorisant ainsi une propaga- les locaux à risque particulier des accumulateurs [15].
tion très rapide du feu. Ils peuvent d’incendie, installation électrique
réagir avec des produits combus- répondant à la condition d’in-
tibles, voire provoquer des incen- fluence externe BE2 [14]), pros- 3.2.2 Sources d’inflammation
dies spontanés. crire les installations volantes et d’origine mécanique
Annexe

Aussi doivent-ils être stockés branchements provisoires, véri-


dans des locaux ou des armoires fier le bon fonctionnement des La formation d’étincelles
spécifiques et tenus à l’écart des dispositifs différentiels ; d’origine mécanique peut être
matières combustibles. réduite par la mise en œuvre de
᏷᏷ ne pas modifier sans analyse
Lors de leur mise en œuvre, les certains matériaux et matériels.
préalable le calibre des fusibles
quantités de produits au poste Parmi ceux-ci figurent les outils
ou disjoncteurs, ne pas surchar-
de travail doivent être limitées « anti-étincelants ». Ces outils
ger les conducteurs, s’assurer de
aux besoins d’une journée et les sont le plus souvent réalisés en
leur bon état ;
préconisations du fabricant (voir alliage à base de cuivre, en tout
la fiche de données de sécurité) ᏷᏷ attacher une attention particu- cas en alliages inoxydables et
doivent être respectées. lière à la qualité des installations plus doux que l’acier à outils.

33
Dans la pratique, après une cer- électrostatiques sont suscep- • les dispositifs de sécurité sur les
taine durée d’utilisation de l’outil, tibles de se libérer sous forme brûleurs à fioul ou à gaz,
des fragments de matériau plus d’étincelle : • l’évacuation des cendres et des
dur s’incrustent dans l’alliage ; • humidification de l’atmosphère ; mâchefers en cas de combus-
le frottement entre l’outil et la • pour les liquides, remplissage, tibles solides,
pièce travaillée s’apparente alors de préférence, par le bas (en • l’emplacement des conduits de
au frottement entre métaux durs source) plutôt que par le haut (en fumée ; l’emploi d’appareils de
et devient davantage susceptible pluie) ; chauffage indépendants peut
de donner lieu à la formation • utilisation de matériaux conduc- présenter des risques d’incendie
d’étincelles. L’utilisation d’ou- teurs ou dissipateurs (résistivité et même d’explosion,
tils anti-étincelants peut donc inférieure à 106 Ω.m-1) ; • l’entretien des conduits d’éva-
réduire le risque d’inflammation • interconnexion des masses cuation des gaz chauds et suies.
par étincelles de frottement, mais métalliques (équipotentialité) ;
non l’éliminer. • mise à la terre des équipements ;
• neutralisation des charges accu- 3.2.5 Travaux par points
Une analyse des points de mulées sur les corps non conduc- chauds
friction potentiels aboutissant à teurs ;
un échauffement permettra de • réduction des frottements Ces travaux, s’ils ne sont pas
déclencher la mise en place de (conception des installations, effectués à un poste de travail
mesures techniques (sonde de modes opératoires…) ; habituel, doivent être stricte-
température, détecteur de déport • dissipation des charges véhi- ment encadrés par la démarche
de bande…) et d’un programme culées par l’opérateur via des du permis de feu [17], que l’opé-
de maintenance préventive EPI antistatiques (vêtements et ration soit réalisée en interne ou
adapté (définition du niveau de chaussures) et un sol conducteur/ sous-traitée.
graissage…). dissipateur [16].
3.2.6 Foudre
3.2.3 Étincelles d’origine 3.2.4 Appareils de chauffage
électrostatique Un des éléments fondamen-
Afin d’éliminer les sources d’in- taux d’une bonne protection
Pour prévenir la formation flammation dues aux appareils contre les effets de la foudre est
ou l’accumulation de charges de chauffage, il convient : le réseau de terre. Son rôle est
électrostatiques [6], certaines d’écouler les courants dans le
᏷᏷ d’interdire le chauffage direct sol, sans créer de différences de
mesures de prévention seront
adoptées partout où des charges de type brasero ou appareils à feu potentiel dangereuses. Ce réseau
nu ; doit être conçu pour offrir au cou-
᏷᏷ d’arrêter l’alimentation en com- rant de foudre le trajet le plus
bustible en cas de dysfonctionne- direct jusqu’à la prise de terre.
ment et, notamment, de disposer Des dispositifs spécifiques sup-
d’une vanne de fermeture à l’ex- plémentaires peuvent être mis
térieur facilement accessible par en place : maillage métallique,
les services de secours ; paratonnerre…
᏷᏷ d’avoir des installations de
chauffage et de combustion 3.2.7 Cigarette
conformes et vérifiées régulière-
ment. L’attention sera particuliè- Il est impératif de faire res-
rement portée sur : pecter l’interdiction de fumer, en
• la ventilation de la chaufferie privilégiant la mise en place de
ou des ateliers où sont situés des zones « fumeurs » aménagées à
© service communication - SDIS 78.
fours, l’écart des zones à risque.

34
3.3Dispositions 3.3.1 Implantation et libres sur une hauteur d’au
constructives des bâtiments moins 3,50 mètres. De plus,
lorsque le risque d’incendie
En complément des mesures est élevé, les quatre façades du
L’implantation des bâtiments
prises pour empêcher l’apparition bâtiment concerné doivent être
et aires diverses est liée au plan
d’un incendie, il est nécessaire
de circulation. Les points suivants accessibles.
d’en limiter les effets pour pré-
doivent être examinés avec une
server la santé et la sécurité des
attention particulière : Des aménagements et dispo-
travailleurs et pour sauvegarder
sitions spécifiques doivent être
les biens. ᏷᏷ Les surfaces des bâtiments et
prises pour assurer la mainte-
aires annexes prévues pour les
nance des installations, notam-
Les mesures de prévention les zones de stockage (matières pre-
ment celles concourant à la
plus efficaces sont celles qui sont mières, déchets…) et les parkings.
sécurité incendie (postes de sur-
prévues dès la conception et la

1. Réglementation
᏷᏷ La distance entre un bâtiment veillance, éclairage de sécurité,
construction des locaux. Elles per-
de stockage (à risque d’incendie galeries techniques, systèmes
mettent de garantir de bonnes
ou d’explosion) et les autres bâti- d’extinction automatiques…).
conditions d’évacuation, de mieux
ments : elle doit être égale à la
prendre en compte l’isolement,
hauteur du bâtiment le plus haut Les postes de travail sont éta-
la séparation et les distances de
avec un minimum de 10 mètres, blis et aménagés de telle façon
sécurité pour empêcher ou limi-

2. Connaissances de base sur l’incendie


ou, à défaut, être séparé par un que les opérateurs puissent
ter la propagation de l’incendie,
ouvrage coupe-feu adapté (voir les quitter en cas de danger et
ainsi que le choix des matériaux
§ 3.3.3). être rapidement secourus, si
pour assurer la stabilité de la
nécessaire.
structure et réduire l’émission de ᏷᏷ La déclivité du terrain doit
gaz et de fumées dangereux en être prise en compte, notam-
De plus, pour implanter judi-
cas de sinistre. ment l’écoulement des fuites de
cieusement les locaux, on pren-
liquides et des eaux d’extinction.
dra en compte des paramètres
Étant donné les causes d’exten-
᏷᏷ L’accessibilité : tous les espaces comme les vents dominants et la
sion d’un foyer précédemment
de travail doivent être accessibles pente du terrain – et on évaluera
décrites, l’incendie se propagera
aux travailleurs en situation de les trajets probables des gaz et
facilement si :

3. Prévention et protection
handicap et ainsi permettre leur fumées que générerait un incen-
• les matériaux constituant les
évacuation rapide ou leur mise en die –, de façon à ne pas favoriser
parois (planchers, murs, plafonds)
sécurité. la propagation d’un incendie
sont combustibles ;
• les gaz et fumées s’évacuent dif- ᏷᏷ Extensions prévisibles à moyen éventuel à d’autres installations.
ficilement et envahissent le local ; et long terme : elles doivent être
• les moyens de détection sont prises en compte le plus en amont 3.3.2 Matériaux et éléments
inexistants ou ne fonctionnent possible du projet.
de construction
pas ;
Annexe

• le local où le feu a pris nais- Pour faciliter l’intervention


Le comportement au feu est
sance contient des canalisations des sapeurs-pompiers, les voies
apprécié d’après deux para-
de fluides combustibles ou des destinées aux véhicules doivent
mètres  : la réaction et la résis-
conduits de ventilation. être larges d’au moins 4 mètres
tance au feu.
Les essais associés, définis nor-
Pour intégrer la sécurité lors de la conception des lieux et des mativement, sont réalisés par
situations de travail, on peut se référer aux documents Conception un laboratoire agréé délivrant
des lieux et des situations de travail. Santé et sécurité : démarche, un procès-verbal spécifiant les
méthodes et connaissances techniques [18] et Conception des lieux classements. Ces PV sont four-
de travail. Obligation des maîtres d’ouvrage. Réglementation [19] nis à l’achat ou disponibles sur
demande.

35
La réaction au feu de construction et d’aménage- leur classement s’effectue selon
ment, fixe les méthodes d’essais l’ancien système français, le clas-
Elle concerne essentiellement
pour son évaluation et les caté- sement M.
le niveau de combustibilité d’un
matériau et sa plus ou moins gories de classification euro-
péennes, dites euroclasses, des Pour les produits de construction
grande inflammabilité. L’arrêté du
produits de construction. Quant Les euroclasses sont au nombre
21 novembre 2002 modifié, relatif
de sept : A1, A2, B, C, D, E et F.
à la réaction au feu des produits aux produits d’aménagement,
Il existe deux classements spé-
cifiques :
Tableau 11
• un dédié aux sols, l’euroclasse
Exigences de combustibilité et euroclasses pour les produits de construction
autres que les sols
porte l’indice « fl » (ex : Bfl) ;
• un dédié aux produits linéaires
Euroclasses Exigence d’isolation de tuyauterie, l’euro-
A1 – – Incombustible classe porte l’indice « L » (ex : CL).
A2 s1 d0 M0
A2 s1 d1(1) M1 Tableau 12
Exigences de combustibilité et
A2 s2 d0
euroclasses pour les sols
s3 d1(1)
Euroclasses Exigence
B s1 d0
s2 d1(1) A1fl – Incombustible
s3 A2fl s1 M0
C(3) s1(2)(3) d0 M2 A2fl s2 M3
s2(3) d1(1) Bfl s1
s3(2) Cfl s2
D s1(2) d0 M3 Dfl s1(2) M4
s2 d1(1) s2
M4 (non gouttant)
s3
Toutes classes(2) autres que E-d2 et F M4 (1) Le niveau de performance d1 est
accepté uniquement pour les pro-
duits qui ne sont pas thermofusibles
dans les conditions de l’essai.
Tableau 13 (2) Le niveau de performance s1
Exigences de combustibilité et euroclasses pour les produits linéaires dispense de fournir les informations
d’isolation de tuyauterie prévues par l’arrêté du 4 novembre
1975 modifié portant réglemen-
Euroclasses Exigence tation de l’utilisation de certains
A1L – – Incombustible matériaux et produits dans les
établissements recevant du public
A2L s1(2) d0 M0(4) et l’instruction du 1er décembre 1976
s’y rapportant.
s2 d0 M1(4) ou M2(4) (3) Admissible pour M1 si le com-
s3 d0 posant étudié est non substantiel,
s1(2) d0 c’est-à-dire qu’il ne constitue pas
une partie significative d’un produit
A2L ou BL s2 d0 non homogène (voir l’annexe 1 de
ou CL ou DL s3 d0 l’arrêté du 21 novembre 2002 modi-
fié précité).
s1(2) d0 M3(4)
(4) Cette classification ne peut plus
s2 d0 être utilisée pour les produits manu-
s3 d0 facturés entrant dans le champ
d’application du règlement UE
Toutes classes autres que EL-d2 et FL M4(4) n°305/2011.

36
En plus de la caractérisation de correspondances avec l’ancienne Quelques exemples de clas-
la combustibilité et de l’inflam- réglementation française (classe- sement donnés à titre indicatif
mabilité, les produits de construc- ment M0, M1, M2, M3 et M4). figurent dans le tableau 15.
tion peuvent être classés selon
deux autres critères : Pour les produits Une attention particulière doit
• la production de fumées (s1, s2 d’aménagement être portée aux matériaux multi-
ou s3) ; composants en couches. En effet,
Ceux-ci ne relèvent pas de la
• la formation de gouttelettes ou leur réaction au feu ne doit pas
réglementation européenne sur
particules enflammées (d0, d1 ou être dégradée par le percement
les produits de construction. Leur
d2). du matériau dans le but de faire
Les tableaux 11, 12 et 13, extraits classement du point de vue de
la réaction au feu s’effectue sui- traverser un câble ou une cana-
de l’arrêté du 21 novembre 2002 lisation. Par exemple, un feu se
modifié relatif à la réaction au feu vant les prescriptions de l’arrêté
déclarant entre les deux plaques

1. Réglementation
des produits de construction et du 21 novembre 2002 modifié qui
métalliques d’un panneau sand-
d’aménagement, regroupent l’en- conserve le classement M fran-
wich avec une âme polyuréthane
semble des critères ainsi que les çais (voir tableau 14).
se propagera très rapidement
tout en étant hors d’atteinte des
Tableau 14 moyens d’extinction. Il en est de
Classement de combustibilité des produits d’aménagement même pour les feux de joints de

2. Connaissances de base sur l’incendie


Ce qui correspond approximativement dilatation dans les parois.
Classement
à la notion de matériau…

M0 incombustible (ou pratiquement incombustible) La résistance au feu


M1 combustible « non inflammable » La résistance au feu est définie
M2 combustible « difficilement inflammable » par le temps pendant lequel les
éléments de construction jouent
M3 combustible « moyennement inflammable »
le rôle qui leur est dévolu malgré
M4 combustible « facilement inflammable » l’action d’un incendie.

Tableau 15

3. Prévention et protection
Exemples de classement de réaction au feu de matériaux courants

Matériaux de construction Euroclasses Classement M

Laine de roche, panneaux nus ou voiles de verre revêtus A1 M0


d’aluminium
Dalle de plafond en laine de roche A1 M0
Plaque de plâtre cartonnée A2 M1
Annexe

Laine de roche sur plaque de plâtre A2 M1


Polystyrène sur plaque de plâtre B M1
Polyuréthane sur plaque de plâtre B M1
Panneau de particules ignifugé B M1
Papier peint vinylique sur plaque de plâtre C M1 ou M2
Panneau de mousse phénolique C M2
Lambris sapin non verni D M3
Contreplaqué ordinaire D M3
Polyuréthane non ignifugé E ou F M4 à non classé

37
Un arrêté du 22 mars 2004 Quatre critères sont utilisés se déforme et plie sous son propre
modifié fixe les méthodes et les pour évaluer la résistance au feu poids, ce qui a pour conséquence
conditions d’évaluation des per- d’un élément de construction : potentielle un risque imminent
formances de la résistance au • la résistance mécanique sous de ruine d’ouvrage. Les peintures
feu des produits, éléments de charge (cas des éléments por- utilisées afin d’augmenter la
construction et d’ouvrages aux- teurs), qui définit le code « R » ; résistance au feu de ces structures
quels se réfèrent les réglementa- • l’étanchéité aux flammes et aux (dites « intumescentes ») sont
tions incendie. Les performances gaz chauds ou inflammables, qui peu recommandées en raison
renvoient aux durées pendant définit en partie le code « E » ; des difficultés de mise en œuvre
lesquelles les produits, éléments • l’absence d’émission de gaz (uniformisation de la couche de
de construction et ouvrages satis- inflammables sur la face non peinture au niveau de jonctions
font aux critères de performance exposée, qui définit en partie le peu accessibles), d’entretien et de
retenus. code « E » ; maintien dans le temps de leurs
Désormais, les eurocodes, • l’isolation thermique (l’échauf- performances.
normes européennes de concep- fement de la face non exposée
tion et de calcul, sont devenus les au feu ne dépasse pas 140 °C en Le béton armé est un matériau
documents de référence. La nou- moyenne ou 180 °C en un point), ayant un bon comportement au
velle sémantique introduit, entre qui définit le code « I ». feu et est actuellement le plus
autres, les symboles de classifica- employé. Il peut être détérioré,
tion R pour « capacité portante », E Soulignons que pour chacun plus ou moins détruit, et s’affais-
pour « étanchéité au feu » et I pour de ces critères, le classement ser si l’enrobage des fers n’est pas
« isolation thermique ». Aussi, les est toujours associé à une durée suffisant sur la face exposée au
désignations R, RE et E, REI et EI exprimée en minutes. feu.
remplacent respectivement les La tenue au feu des structures Contrairement aux idées
termes « stable au feu », « pare- doit permettre à celles-ci de reçues, les structures en bois
flammes » et « coupe-feu ». rester stables au moins pendant offrent, en cas d’incendie, une
l’évacuation des personnes. bonne résistance ; la vitesse de
décomposition au feu du bois
Une construction métallique, étant faible (environ 0,7 mm par
quoiqu’incombustible, subit des minute). La distillation de gaz
déformations à haute tempé- inflammables du bois commence
rature. L’acier perd sa résistance à 180 °C.
à des températures élevées : à
550 °C, sa résistance se trouve Les bois lamellés-collés font
réduite de moitié ; à 800 °C, l’acier également partie des matériaux

Tableau 16
Influence de la présence et de la nature de la colle dans des éléments de bois
lamellés-collés sur leur tenue au feu

Fraction de la section
Échantillon
détruite par le feu

Bois massif (témoin) 52 %


Bois lamellé (10 mm) collé avec une colle :
- résorcine-formol 49 %
- caséine 63 %
- urée-formol 63 %
© service communication - SDIS 78. (Résultats d’essais du CTBA)

38
en bois utilisés. Le tableau 16 De plus, les bâtiments doivent Il faut également encloisonner
donne, à titre indicatif, l’influence être isolés des locaux occupés les escaliers et les mettre à l’abri
de certaines colles sur la tenue au par des tiers dans les conditions des fumées.
feu (durée de l’essai : 15 minutes) fixées par la réglementation,
de poutres en bois lamellé-collé. et isolés des locaux à risque Les règles relatives à l’isole-
Les voliges en bois de cloisons (dépôts, magasins, ateliers conte- ment, à la séparation et aux dis-
ou de toitures sont, en revanche, nant des matières dangereuses, tances de sécurité permettent
des éléments dangereux par leur chaufferie…). d’empêcher ou de limiter la pro-
facilité à propager rapidement pagation des incendies, tout en
l’incendie. tenant compte des conditions
On s’efforcera donc de limiter
la propagation horizontale et ver- d’utilisation des locaux et de leur
Le plâtre est un excellent maté- évacuation.
riau de construction et de revête- ticale d’un début d’incendie en
compartimentant ou en cloison-

1. Réglementation
ment ; sous une épaisseur de 5 cm,
nant chaque bâtiment : Le référentiel Apsad R 15
le produit plâtré résiste 3 heures
• par des planchers et plafonds de concerne les règles de construc-
à une température de 1 000 °C, la
résistance au feu appropriée, tion des ouvrages séparatifs
face protégée ne dépassant pas
• avec des cages d’escalier ou de coupe-feu :
100 °C.
monte-charges closes par des ᏷᏷ Mur séparatif coupe-feu (MSCF,

2. Connaissances de base sur l’incendie


On choisira les matériaux en parois et portes résistant au feu, REI 240) : il doit diviser un même
fonction de leur comportement • par des auvents extérieurs en bâtiment en deux parties en
au feu. Rappelons les deux cri- saillie, constituant entre elles un obs-
tères à prendre en considération : • par des murs, des cloisons ou tacle empêchant un incendie
la réaction au feu qui définit la des portes résistant au feu. se déclarant dans l’une de se
combustibilité du matériau, et
la résistance au feu qui définit le
temps pendant lequel le maté-
riau assemblé en élément de
Exemples de murs séparatifs
construction résiste aux flammes
et aux températures élevées sans
se déformer.

3. Prévention et protection
Ceci permettra de s’assurer
que la stabilité des structures au
feu permet l’évacuation et l’accès
des secours.

3.3.3 Distribution intérieure


Annexe

Les bâtiments sont conçus et


réalisés de manière à permettre,
en cas de sinistre, la limitation
de la propagation de l’incendie
tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Pour ce faire, on va créer des
obstacles qui vont s’opposer à la
propagation de l’incendie et frac-
tionner les bâtiments en unités
distinctes avec des murs sépara-
tifs (compartimentage).

39
propager dans l’autre ; un tel d’incendie, les éléments suivants Exemple de porte coupe-feu
mur comportera, en particulier, sont à prendre en considération :
des dépassements, latéralement • les distances maximales à par-
et en hauteur, répondant à des courir (voir tableau 17) ;
caractéristiques précises. • le nombre et la largeur des
᏷᏷ Mur séparatif ordinaire (MSO, dégagements (voir tableau 18) ;
REI 120) : il limite fortement la • la répartition de ces derniers ;
propagation du feu et permet de • la localisation des espaces d’at-
constituer une ligne de défense tente sécurisés ou équivalents  ;
sur laquelle les secours vont s’ap- • le sens de l’ouverture des portes
puyer pour préparer une inter- vers la sortie ;
vention et limiter la propagation • la conception permettant, en cas
de l’incendie. de sinistre, l’évacuation rapide de
la totalité des occupants dans des
᏷᏷ Compartiment à l’épreuve du conditions de sécurité maximale
feu (CEF, REI 90) : il s’agit d’un (dégagements encloisonnés, ven-
volume, implanté en rez-de- tilés ou à l’air libre) ou leur mise
chaussée, permettant d’isoler, à
en sécurité ;
l’intérieur d’un bâtiment, une acti-
• l’aménagement des lieux de
vité ou un stockage aggravant.
travail pour prendre en compte
la présence de travailleurs en
Une attention particulière doit
situation de handicap… © Yves Cousson/INRS
être portée aux éléments traver-
sant ces ouvrages résistant au
feu (réseau de ventilation, gaines
techniques, réseau électrique…). Tableau 17
En effet, ils constituent un point Distances maximales particulières à parcourir pour évacuer
faible et doivent faire l’objet de Pour gagner un escalier en étage ou en sous-sol 40 m
mesures spécifiques afin de ne
Pour rejoindre une sortie donnant sur l’extérieur 20 m
pas dégrader les caractéristiques
de l’ouvrage. depuis le débouché au niveau du rez-de-chaussée
d’un escalier
Par ailleurs, le référentiel Les itinéraires de dégagement ne doivent pas 10 m
Apsad R 16 traite des portes comporter de parcours encloisonnés en cul-de-sac
coupe-feu et de leurs règles
supérieur à…
d’installation.
Pour rejoindre une issue débouchant sur l’extérieur 10 m
ou sur un local donnant lui-même sur l’extérieur,
3.3.4 Issues, dégagements depuis un poste de travail d’un local à risque
et mise en sécurité [1] d’incendie contenant des matières susceptibles
de prendre feu instantanément au contact
L’accessibilité des bâtiments
est à prendre en considération d’une flamme ou d’une étincelle et de propager
sous deux aspects : l’évacuation rapidement l’incendie
de l’ensemble des personnes pré- Pour gagner, depuis le rez-de-chaussée, une issue
sentes et l’accès des équipes de donnant sur l’extérieur ou sur un dégagement
secours en cas d’incendie. protégé menant à l’extérieur
– si le choix existe entre plusieurs sorties 50 m
Étant donné la résistance
limitée des ouvrages en cas – dans le cas contraire 30 m

40
Tableau 18 l’évaluation des risques met en
Règles de calcul du nombre de dégagements et de leurs largeurs cumulées en lumière la production importante
fonction du nombre de personnes présentes de fumées toxiques ou corrosives,
il est souhaitable que l’éclairage
Nombre de Nombre total de sécurité soit situé à un niveau
Effectif dégagements d’unités de
réglementaires passage compatible avec la stratification
des fumées.
Moins de 20 personnes 1 1
De 20 à 50 personnes 1 + 1 dégagement 1 + 1 accessoire Les dégagements doivent être
accessoire(a) disposés de manière à éviter les
ou 1(b) 2 culs-de-sac. Une signalisation
doit indiquer le chemin le plus sûr
De 51 à 100 personnes 2 2
vers la sortie la plus proche. Les

1. Réglementation
ou 1 + 1 dégagement 2 + 1 accessoire dégagements qui ne servent pas
accessoire(a) habituellement de passage pen-
De 101 à 200 personnes 2 3 dant la période de travail doivent
être signalés par la mention
De 201 à 300 personnes 2 4
« sortie de secours ».
De 301 à 400 personnes 2 5

2. Connaissances de base sur l’incendie


De 401 à 500 personnes 2 6 La réglementation impose
Au-dessus des 500 premières personnes : le nombre et la dimension des
– le nombre des dégagements est augmenté d’une unité par 500 dégagements (voir tableau 18).
Chaque dégagement doit avoir
ou fraction de 500 personnes ;
une largeur minimale de passage
– la largeur cumulée des dégagements est calculée à raison d’une proportionnée au nombre total
unité de passage pour 100 ou fraction de 100 personnes. de personnes susceptibles de
Dans le cas de rénovation ou d’aménagement d’un établissement l’emprunter. Cette largeur est cal-
dans un immeuble existant, la largeur de 0,90 m peut être ramenée culée en fonction d’une largeur
à 0,80 m. type appelée « unité de passage »
(a) Un dégagement accessoire peut être constitué par une sortie, un escalier, une de 0,60 m. Toutefois, quand un

3. Prévention et protection
coursive, une passerelle, un passage souterrain ou un chemin de circulation, rapide et dégagement ne comporte qu’une
sûr, d’une largeur minimale de 0,60 m, ou encore par un balcon filant, une terrasse, une ou deux unités de passage, la lar-
échelle fixe. geur est respectivement portée
(b) Cette solution est acceptée si le parcours pour gagner l’extérieur n’est pas supérieur de 0,60 m à 0,90 m et de 1,20 m à
à 25 m et si les locaux desservis ne sont pas en sous-sol. 1,40 m. Aucune saillie ou dépôt ne
doit réduire la largeur réglemen-
Pour rester opérationnels, les dans les nouveaux bâtiments, taire des dégagements ; toutefois,
dégagements doivent être en à chaque niveau et offrent une les aménagements fixes sont
permanence maintenus acces- protection contre les fumées, les
Annexe

admis jusqu’à une hauteur maxi-


sibles, dégagés et bien indiqués. flammes, le rayonnement ther- male de 1,10 m, à condition qu’ils
mique et la ruine du bâtiment ne fassent pas saillie de plus de
En parallèle, pour compléter pendant au moins une heure. 0,10 m (rampe, main courante…).
l’évacuation traditionnelle des
personnes présentes, la régle- L’éclairage de sécurité permet
mentation impose la mise en de maintenir un niveau d’éclai- 3.3.5 Désenfumage [8]
place d’espaces d’attente sécu- rage suffisant dans les dégage-
risés (EAS) ou équivalent per- ments, même en cas de coupure Les fumées et gaz chauds,
mettant la mise en sécurité des d’électricité. L’autonomie des générés par un incendie, pré-
personnes en situation de han- blocs d’éclairage de sécurité doit sentent pour les personnes des
dicap. Ces espaces sont prévus, être supérieure à 1 heure. Lorsque risques liés à leur température,

41
leur opacité, leur toxicité, ainsi Dispositif de déclenchement à effectuer les fonctions néces-
qu’un risque d’asphyxie provo- du désenfumage saires à la mise en sécurité d’un
quée par le manque d’oxygène. bâtiment ou d’un établissement
Ces différents paramètres vont, en cas d’incendie. Les normes
par ailleurs, gêner, voire empê- décrivent cinq configurations de
cher, l’évacuation des occupants SSI permettant de s’adapter aux
et l’intervention des équipes de différents types de risque. Dans
secours (voir § 2.4). sa version la plus complexe, le SSI
est constitué de deux sous-sys-
Pour limiter la propagation de tèmes principaux : le système de
l’incendie via les fumées et gaz détection incendie (SDI) et le sys-
chauds et favoriser leur extrac- tème de mise en sécurité incen-
tion, il est nécessaire de mettre die (SMSI).
en place un système de désen- L’ensemble de ces éléments
fumage. Différentes méthodes © Yves Cousson/INRS doit faire l’objet d’une main-
de désenfumage sont pos- tenance régulière (a minima
sibles, combinant des amenés être en rapport avec la surface du annuelle) afin de garantir le fonc-
d’air naturelles ou mécaniques tionnement de tous les équipe-
local à protéger.
et une extraction naturelle ou ments associés (voir le schéma
mécanique. page suivante).
Ces ouvertures peuvent être
complétées par des cloisonne-
Pour ce faire, des ouvertures ments verticaux incombustibles Le SDI (système de détection
dans les toitures ou en partie descendant aussi bas que pos- incendie)
haute dans les parois extérieures sible (écrans de cantonnement)
des bâtiments doivent être pré- Les systèmes de détection
afin de servir d’obstacle à la pro- incendie ont pour objectif prin-
vues. Ces dispositifs d’évacuation pagation horizontale des fumées cipal de détecter et, éventuelle-
naturelle de fumée et de chaleur et des gaz dans les parties hautes ment, localiser de façon précoce
(DENFC) sont appelés « ouvrants » des locaux. et sûre un incendie naissant dans
lorsqu’ils sont situés en façade et
le but de déclencher les actions
« exutoires » lorsqu’ils sont instal- Une autre méthode permet nécessaires (évacuation, mise en
lés en toiture. Ces DENFC peuvent de mettre à l’abri des fumées un sécurité…).
être utilisés pour l’aération quo- volume donné (par exemple, une La détection concerne essen-
tidienne des bâtiments lorsqu’ils cage d’escalier) : sa mise en sur- tiellement des locaux inoccupés
sont conçus à cet effet. Leur ouver- pression empêche les fumées de (par exemple, la nuit), des points
ture peut être manuelle ou auto- s’introduire dans le volume. névralgiques de l’entreprise, des
matique, provoquée par l’élévation installations ou des stockages
de température. Leur surface doit dangereux, des combles…
3.3.6 Détection et système Le SDI regroupe les détecteurs
Détecteur linéaire optique de fumée
de sécurité incendie automatiques, les déclencheurs
manuels et un équipement de
Le SSI (système de sécurité signalisation (appelé parfois ECS).
incendie)
L’équipement de signalisation
Le système de sécurité incen- est implanté hors de la zone sur-
die (SSI) est constitué de l’en- veillée afin de rester accessible
semble des matériels servant à aux secours ; il permet un renvoi
© Siemens

collecter toutes les informations des alarmes sonores et visuelles,


ou tous les ordres liés à la seule de localiser le début d’incendie,
sécurité incendie, à les traiter et de provoquer la mise en œuvre

42
Principe du système de sécurité incendie

SDI
Système de détection incendie
DÉTECTER et SIGNALER ECS
l’incendie Équipement de contrôle
et de signalisation

UAE
Unité d’aide à l’exploitation

1. Réglementation
POUR CMSI
COMMANDER Centralisateur de mise
les organes de sécurité en sécurité incendie

2. Connaissances de base sur l’incendie


ET UGA
Unité de gestion
ÉVACUER le public d’alarme
Alarme
Gestion des issues de secours UGCIS
Unité de gestion
centralisée des
issues de secours

DAS

3. Prévention et protection
ET Dispositifs
EMPÊCHER la propagation actionnés
Compartimentage de sécurité
Désenfumage Annexe

Le SSI le plus complet (catégorie A) comporte : - d’une UCMC (unité de commandes manuelles
un SDI (système de détection incendie) avec les centralisées),
détecteurs automatiques, les déclencheurs manuels, - d’une UGA (unité de gestion d’alarme) associée
l’ECS (l’équipement de contrôle et de signalisation) ; au SDI ou au CMSI et aux diffuseurs d’alarmes
sonores répartis dans l’établissement ;
un SMSI (système de mise en sécurité incendie),
- d’une éventuelle UGCIS (unité de gestion
avec :
centralisée des issues de secours) ;
• un CMSI (centralisateur de mise en sécurité incen-
• les DAS (dispositifs actionnés de sécurité), volets,
die), constitué
clapet coupe-feu, porte coupe-feu… ;
- d’une US (unité de signalisation) assurant la
supervision des organes commandés et de leurs une éventuelle UAE (unité d’aide à l’exploitation) ;
liaisons au CMSI, les AES (alimentations électriques de sécurité).

43
Détecteur de chaleur thermovélocimétrique rapidement et sûrement le foyer voisinage d’un certain nombre de
d’incendie. Les détecteurs seront points déterminés) ;
répartis en « boucles de détec- • les détecteurs volumétriques
tion ». Si l’installation est reliée à (observant les phénomènes dans
des asservissements, on préférera un volume).
un système à double détection
afin d’éviter toute mise en service Enfin, de nouvelles technolo-
intempestive. gies permettent désormais de
réaliser de la détection de fumées
© Siemens

Compte tenu de l’ensemble à l’aide de vidéosurveillance.


des contraintes et obligations,
l’implantation des moyens de Les détecteurs doivent être
détection d’incendie requiert la vérifiés et entretenus (net-
qualification de spécialistes qui toyage…) régulièrement selon les
des commandes et de déclencher
choisiront les détecteurs selon le prescriptions du fabricant et en
les asservissements.
phénomène qui est susceptible fonction de l’atmosphère dans
d’apparaître (fumées, flammes…) laquelle ils sont situés (milieu cor-
L’évaluation du risque incendie
et les interférences éventuelles rosif, empoussiéré…). Cette main-
et les scénarios de développe-
(présence de poussières, de gaz…). tenance assure la fiabilité de la
ment les plus probables per-
mettent de choisir les détecteurs détection et l’absence de fausse
Les principaux types de détec- détection.
les plus appropriés à la sauve-
teur sont :
garde des personnes et des biens.
᏷᏷ les détecteurs de fumée du Le SMSI (système de mise
L’implantation des détecteurs type optique (détection des aéro- en sécurité incendie)
incendie conditionnera les pos- sols de combustion) ;
sibilités et l’efficacité de l’extinc-
᏷᏷ les détecteurs de chaleur du Il regroupe un organe de
tion. Elle doit être réalisée par ou
type thermostatique (détection signalisation et un organe de
sous le contrôle d’un installateur
d’une température anormale- commande. La présence et la
compétent.
ment élevée) ou de type thermo- complexité des fonctions assu-
vélocimétrique (détection d’une rées dépendent de la catégorie du
Le positionnement des détec-
vitesse d’élévation de tempéra- SSI et des DAS (dispositifs action-
teurs dépend (voir page suivante) :
ture) ; nés de sécurité) commandant
• de la hauteur du local (les gaz
de combustion et les fumées ᏷᏷ les détecteurs de flammes directement les organes de mise
doivent atteindre rapidement les (détection de flammes dans le en sécurité : portes coupe-feu, cla-
détecteurs) ; domaine de l’infrarouge ou de pets, ventilateurs…
• de la localisation et de la confi- l’ultraviolet). Le SMSI comporte l’ensemble
guration du plafond et du local ; des équipements qui assurent les
• du sens des courants d’air ; On classe également les détec- fonctions nécessaires à la mise en
• de l’emplacement des entrées teurs selon leur géométrie de sécurité d’un bâtiment ou d’un
d’air et des gaines de ventilation ; détection, à savoir : établissement en cas d’incendie :
• de l’accessibilité pour permettre • les détecteurs ponctuels (obser- • le compartimentage ;
les opérations de maintenance vant les phénomènes locale- • l’évacuation des personnes (dif-
(nettoyage et essais)… ment) ; fusion du signal d’évacuation,
• les détecteurs linéaires (obser- gestion des issues) ;
La surface surveillée par l’ins- vant les phénomènes le long • le désenfumage ;
tallation doit être divisée en d’une ligne continue) ; • l’extinction automatique ;
zones, délimitées de telle sorte • les détecteurs multiponctuels • la mise à l’arrêt de certaines ins-
qu’il soit possible de localiser (observant les phénomènes au tallations techniques…

44
Principales règles d’implantation des détecteurs incendie

Montage Poutres et meubles


Au plafond, les embases de Sauf spécification contraire, Les détecteurs ne doivent pas être
détecteurs ne doivent jamais être le détecteur doit être installé montés à proximité des poutres.
montées sur des protubérances, horizontalement Aucun meuble ne doit se trouver
aspérités du béton, etc. sur une surface plane. en-dessous à moins de 0,50 m.

0,50m

0,50m

1. Réglementation
Installer les détecteurs sur une surface Respecter la distance minimale
plane. Les appareils, soumis à de 0,50 m autour de chaque
des effets de pression, de traction détecteur.
et de rotation, doivent faire
nécessairement l’objet d’une fixation
stable et durable.

2. Connaissances de base sur l’incendie


Chaleur Ventilation
Ne jamais placer les détecteurs Éloigner les détecteurs des arrivées Placer les détecteurs
à proximité d’une lampe (minimum d’air (distance minimum : 1,50 m). de préférence à proximité
à respecter : 0,50 m) ou d’un four des bouches d’extraction.
(jusqu’à plusieurs mètres).

0,50m
0,40m

3. Prévention et protection
1,50m
Xm

Flux d’air Coussins d’air Condensation


Ne jamais placer de détecteur Sur les plafonds alvéolés, Sur les plafonds bac acier, dans les
Annexe

dans des zones de courants d’air. il est recommandé d’utiliser pièces froides, il est recommandé
une rallonge d’embase. d’utiliser une rallonge d’embase pour
isoler les détecteurs du plafond.

La rallonge d’embase isole La rallonge d’embase protège


les détecteurs de tous risques les détecteurs de tous risques liés
liés aux coussins d’air chaud. à la condensation et aux coussins
d’air chaud.
45
Systèmes de sécurité incendie et équipements d’alarme

Les systèmes de sécurité incendie (SSI) sont classés en cinq catégories


par ordre de sévérité décroissante, appelées A, B, C, D et E.
Une représentation schématique de chaque système, inspirée de la
norme NF S61-931 (Systèmes de sécurité incendie - Dispositions géné-
rales), est présentée ci-contre.
Systèmes de sécurité incendie

Catégorie A*
Abréviations  DS
BAAS Bloc autonome d’alarme sonore
CMSI DAC
CMSI Centralisateur de mise en sécurité ECS UGA1
incendie
UCMC
DAC Dispositif adaptateur de commande US
DAS
DAD Détecteur autonome déclencheur UGCIS
DAS Dispositif actionné de sécurité
DCMR Dispositif de commandes Catégorie B
manuelles regroupées
DCM Dispositif de commande manuelle DS

DCS Dispositif de commande avec CMSI DAC DAD


signalisation
UGA2
DS Diffuseur sonore UCMC
EA Équipement d’alarme US DAS
ECS Équipement de contrôle UGCIS
et de signalisation
TS Tableau de signalisation Catégorie C
UCMC Unité de commande manuelle
centralisée DCS DAC DAD
UGA Unité de gestion d’alarme DCMR
UGCIS Unité de gestion centralisée US DAS
des issues de secours
EA
US Unité de signalisation

Catégorie D
DCMR
Légende 
DAC DAS
Obligatoire
Optionnel
DAD
Commande

Contrôle de position EA

Unités
Catégorie E
Déclencheur manuel DCM
DAC DAS
Détecteur automatique

Diffuseur sonore DAD

EA

* Pour les immeubles de grande hauteur (IGH), le SSI de catégorie A est appelé « Catégorie A avec option IGH » et se présente
dans la même configuration à deux exceptions près : l’absence de déclencheur manuel et la présence d’un équipement d’alarme
spécifique IGH.

46
Les liaisons entre les deux Zone de diffusion d’alarme :
pages indiquent quels
équipements d’alarme utiliser
UNE ou plusieurs
(page droite) selon les types si UGA (EA1 et EA2a)
de SSI (page gauche).
UNE SEULE
Le signal d’alarme
si EA2b, EA3 et EA4
doit être audible
en tous points du Les BAAS du type Ma (Manuel) sont
Équipements d’alarme bâtiment. prévus pour être installés dans des
Type 1 (EA1) établissements où aucun personnel
CMSI qualifié n’est disponible pour gérer
Sirènes non l’alarme restreinte ; dans ces établis-
autonomes
sements, l’ouverture d’une boucle
ou TS UGA1 de commande entraîne immédia-
tement la diffusion de l’alarme
BAAS de
type Sa
générale.

Les BAAS du type Pr (Principal) sont

1. Réglementation
Type 2a (EA2a) prévus pour être utilisés comme
équipement de contrôle et de signa-
Sirènes non
autonomes
CMSI lisation dans des établissements où
du personnel qualifié est disponible
ou TS UGA2 pour gérer l’alarme restreinte. Ils
BAAS de sont munis de commandes permet-

2. Connaissances de base sur l’incendie


type Sa tant d’adapter aux circonstances
l’automatisme du déroulement du
processus d’alarme ; ils sont associés
Type 2b (EA2b) à des BAAS de type Sa pour la diffu-
sion de l’alarme générale.

Les BAAS du type Sa (Satellite) sont


TS
des diffuseurs autonomes d’alarme
sonore ; ils sont destinés à être pilo-
BAAS de type Sa BAAS de type Pr tés soit par des UGA conformes aux
normes en vigueur dans les éta-

3. Prévention et protection
blissements équipés de détection
Type 3 (EA3) automatique d’incendie, soit par
des blocs de type Pr dans les établis-
Commande sements non équipés de détection
de mise en arrêt automatique d’incendie.

La réglementation française ne
Un ou plusieurs permet pas d’utiliser les BAAS de type
BAAS de type Ma Ma ou Pr dans les établissements où
Annexe

l’alarme doit être commandée par


Type 4 (EA4) des systèmes de détection automa-
Un équipement d’alarme du type 4 tique d’incendie.
peut être constitué de tout dispositif
sonore à condition qu’il soit autonome Les UGA1 concernent les systèmes
(cloche, sifflet, trompe, bloc autonome comportant des détecteurs auto-
d’alarme sonore du type Sa associé matiques d’incendie. Les UGA2
à un interrupteur…). concernent les systèmes ne compor-
tant que des déclencheurs manuels.

47
3.4Moyens de lutte Tableau 19
Exemples de produits combustibles selon la classe de feu
contre l’incendie
Classes de feu Exemples de combustibles
3.4.1 Classes de feu
A Bois, charbon, végétaux, papier, carton, textiles
Les normes NF EN 2 et NF EN 2/A1 naturels…
distinguent cinq classes de feu : B Éthers, cétones, alcools, pétrole, white-spirit, fioul,
᏷᏷ Classe A huiles…
Feux de matériaux solides, Matières plastiques, caoutchouc…
généralement de nature orga- C Gaz de ville, méthane, butane, propane, acétylène…
nique, dont la combustion se fait
D Aluminium, magnésium, sodium, potassium,
avec formation de braises.
uranium…
᏷᏷ Classe B
F Huiles et graisses végétales ou animales…
Feux de liquides ou de solides
liquéfiables.
᏷᏷ Classe C 3.4.2 Agents extincteurs L’eau ne doit pas être utilisée
sur les feux de classe D (métaux)
Feux de gaz.
Pour attaquer efficacement un car cela induit un risque d’explo-
᏷᏷ Classe D début d’incendie, il faut disposer sion lié à l’hydrogène produit et
Feux de métaux. de l’agent extincteur le mieux à la vaporisation brutale de l’eau,
᏷᏷ Classe F approprié à la nature du feu, qui ce qui entraîne la projection de
Feux liés aux auxiliaires de agira selon des modes d’action métal en fusion. De même, sur les
cuisson sur les appareils de cuis- spécifiques. feux de classe F (huiles), l’utilisa-
son (huiles…). tion d’eau est à éviter à cause du
L’extinction peut être obtenue risque de projections de produit
Le tableau 19 présente des suivant les différents modes d’ac- enflammé.
exemples de produits combus- tion des agents extincteurs, par
tibles pour chaque classe de feu. refroidissement, étouffement, Chaleur spécifique :
isolement et inhibition (action quantité de chaleur
sur les radicaux libres). nécessaire pour élever
d’un degré Celsius un
gramme de substance.
L’eau
Chaleur latente de
L’eau est l’agent extincteur le vaporisation : quantité de
plus utilisé ; il est toujours, sauf chaleur nécessaire pour
cas exceptionnels, disponible en faire passer un gramme de
quantité suffisante. Il agit à la substance de l’état liquide à
fois en étouffant le foyer (à l’aide l’état gazeux, à température
constante.
de l’eau et de la vapeur formée),
en refroidissant les matériaux
en combustion et en limitant les L’eau pulvérisée ou en brouillard
effets thermiques de l’incendie. La pulvérisation augmente
considérablement l’effet de
Son efficacité est importante refroidissement de l’eau par
du fait de la valeur élevée de sa une vaporisation plus intense et
chaleur spécifique et de sa cha- diminue l’effet du rayonnement.
© service communication - SDIS 78. leur latente de vaporisation. L’eau pulvérisée est efficace sur

48
formant un film flottant) qui,
grâce à des propriétés tensioac-
tives particulières, complètent
leur propre action par celle d’un
film isolant qui flotte en surface
du combustible et le sépare ainsi
de l’oxygène contenu dans l’air.

L’eau sous forme de mousse


Certains de ces tensioactifs,
dits « émulseurs », utilisés à des
concentrations comprises entre

1. Réglementation
3 et 6 %, permettent d’obtenir des
mousses après injection d’air au
moyen de générateurs appropriés
(mettant en œuvre, par exemple,
le principe Venturi). Les mousses
utilisées pour la lutte contre le feu

2. Connaissances de base sur l’incendie


© service communication - SDIS 78.
sont produites par brassage d’un
émulseur avec l’eau, puis intro-
duction d’air ; cette double action
les feux de classe A et sur les favorise la pénétration au cœur s’effectue dans des équipements
feux de classe B pour les liquides, du foyer mais aussi la dispersion spéciaux. Les mousses agissent
lorsque le refroidissement permet des matériaux, ce qui nécessite par refroidissement et isolement.
d’abaisser la température en des- d’être spécifiquement formé Le foisonnement est le rapport
sous du point d’éclair. Même si son (équipes de seconde intervention du volume de mousse à celui de
utilisation est envisageable sur ou de secours). L’utilisation du l’eau additionnée d’émulseur :
des feux d’origine électrique de « jet plein » est à proscrire sur les • Bas foisonnement : inférieur à

3. Prévention et protection
tension inférieure à 1  000 V, il est installations électriques et sur les
20 (généralement de l’ordre de
souhaitable de privilégier d’autres matériaux divisés (risque d’explo-
10). Il est réservé aux interven-
produits d’extinction, les eaux de sion suite à la remise en suspen-
ruissellement étant susceptibles sion des particules). tions extérieures nécessitant une
de conduire le courant électrique. portée supérieure à 10 mètres.
L’eau avec additifs • Moyen foisonnement : de 20 à
Le procédé fixe par brumisa- Pour accroître le pouvoir 200 (généralement de l’ordre de
tion de l’eau va créer un brouillard extincteur de l’eau, on peut lui 100). Pour des interventions inté-
de fines gouttelettes (de l’ordre adjoindre des tensioactifs (ou rieures et extérieures, il nécessite
Annexe

du micromètre). Les brouillards mouillants). Ces produits, ajou- du matériel, soit déjà installé
d’eau agissent par combinaison tés dans des proportions conve- en poste fixe, soit facilement
des deux effets de refroidisse- nables (1 à 6  %), ont pour rôle maniable pour s’approcher du
ment et d’étouffement. d’abaisser la tension superficielle
foyer à moins de 10 mètres.
de l’eau pour faciliter sa pénétra-
• Haut foisonnement : supérieur à
L’eau en « jet plein » tion au cœur du combustible.
ou « jet bâton » L’eau et ces additifs agissent 200 (généralement de l’ordre de
Projetée au moyen d’une lance, sur les feux des classes A et B par 500). Il est destiné surtout à l’in-
en « jet plein », l’eau convient refroidissement et isolement. tervention dans des locaux clos
bien aux feux de classe A. Elle Parmi ces additifs, il faut signaler avec des appareils appropriés,
produit un effet mécanique qui la famille des AFFF (agents déjà installés ou mobiles.

49
Les poudres orientera le choix vers le produit l’Argo 55® (mélange 50/50 argon/
approprié au métal. azote), l’Inergen® (mélange
Les poudres ABC, dites poly-
valentes, agissent sur les feux argon/azote/CO2)…
de classes A, B et C par inhibi- Les gaz inertes présentent,
Les gaz inertes [20] généralement, des avantages par
tion, en interrompant la réaction
en chaîne de combustion. De L’extinction par l’utilisation de rapport à d’autres agents extinc-
plus, pour les feux de classe A, la gaz inertes (dioxyde de carbone, teurs :
décomposition de ces poudres azote, argon, un mélange de ces • matériel protégé non détérioré ;
forme une couche imperméable gaz…) est obtenue par diminu- • absence de brouillard au
vitreuse qui isole le foyer du tion de la teneur en oxygène dans moment de l’émission, ce qui
comburant. l’atmosphère (principe de l’étouf- permet une bonne visibilité du
Les poudres BC n’agissent que fement). Il faut cependant noter local ;
sur les feux de classes B et C par que leur présence dans l’atmos- • absence d’effet corrosif ;
inhibition. Bien qu’elles puissent phère de travail va diminuer la • absence de produit de décom-
être utilisées en présence de cou- quantité d’oxygène disponible et position…
rant électrique, il est déconseillé créer un risque d’anoxie/hypoxie
de les mettre en œuvre directe- (défaut d’apport d’oxygène au
niveau de tissus vivants). Les hydrocarbures
ment sur le matériel électrique et
halogénés [20]
électronique (détérioration).
La majorité des poudres ne Le dioxyde de carbone Ces hydrocarbures, obtenus
présente qu’un faible risque toxi- Le dioxyde de carbone ou gaz par la substitution des atomes
cologique pour l’homme ; toute- carbonique (CO2) est, parmi les d’hydrogène par des atomes
fois, elles sont en général gaz inertes, celui qui présente d’halogène (chlore, brome, fluor),
irritantes pour les voies respira- une toxicité propre pour l’homme agissent par inhibition contre un
toires et les muqueuses. Par ail- (voir p. 27 et 28). Un kilogramme début d’incendie.
leurs, la projection de la poudre de CO2 liquéfié produit, à 30 °C et
dans un local diminue fortement à pression atmosphérique, 560  l
la visibilité. de gaz détendu dont un tiers
environ se transforme en neige
carbonique qui agit sur un foyer
Principaux sels, constituants
par étouffement, le reste du gaz
de base des poudres :
est projeté violemment et donne
Bicarbonate de sodium : un effet de souffle puissant. En
NaHCO3 outre, le dioxyde de carbone agit
Bicarbonate de potassium : aussi par refroidissement (la tem-
KHCO3 pérature du CO2 à la sortie d’un
Chlorure de potassium : KCl diffuseur est de - 52 °C à l’état de
Sulfate de potassium : K2SO4 gaz et de - 78 °C à l’état de neige
Phosphate carbonique). Les principales appli-
monoammonique : cations du dioxyde de carbone
H2NH4PO4 concernent la lutte contre les
Phosphate diammonique : feux de classe B. C’est un très bon
H(NH4)2PO4 agent contre les feux d’origine
Sulfate d’ammonium : électrique ; il ne peut cependant
(NH4)2SO4 être projeté qu’à une distance
assez faible.
Enfin, les appareils extincteurs
destinés à des feux de métaux Autres gaz inertes
doivent utiliser des poudres spé- D’autres gaz inertes sont utili-
cialement conçues. Un expert sés : l’argon, l’azote, l’Argonite® et © service communication - SDIS 78.

50
Si, à froid, ils ne présentent que Novec 1230® (FK 5-1-12 ou dodéca- Le sable
peu de risques, ils donnent nais- fluoro-2-méthylpentan-3-one).
C’est un agent extincteur
sance, à de hautes températures Ils sont utilisés à des concen-
utile pour attaquer des feux de
et sur des feux étendus et prolon- trations en volume d’environ
flaques de liquide par exemple.
gés, à des produits de pyrolyse qui 8 % pour le FM 200® et le Novec
peuvent être toxiques et corrosifs, 1230®, et de 15 % pour le FE 13®. Le sable agit par isolement. Lors-
en particulier des hydracides (HF, Par ailleurs, du fait de leur qu’il est totalement sec, il peut
HCl, HBr). impact environnemental, les être déposé sur un métal en
agents extincteurs gazeux conte- combustion.
Les principaux hydrocarbures nant des gaz à effet de serre
halogénés sont le FM 200® (HFC fluorés ou ayant un impact sur Remarque : en cas d’incendie où
227  ea ou 1,1,1,2,3,3,3-hepta- la couche d’ozone sont soumis à sont impliqués des comburants,
fluoropropane), le FE 13® (HFC un contrôle spécifique, conformé- l’agent d’extinction préconisé

1. Réglementation
23 ou trifluorométhane) et le ment au Code de l’environnement. sera adapté à la nature de ceux-ci

Tableau 20
Adaptation agent extincteur/classe de feu

2. Connaissances de base sur l’incendie


Classe de feu Emploi sur installation électrique
Agent extincteur
sous tension jusqu’à 1 000 V (3)
A (1) B C (2) D F
Eau en jet plein + Ø - Ø Ø Dangereux
Eau en jet pulvérisé + +/- (4) - Ø Ø Possible (5)
Eau et additif en jet pulvérisé + + (6) - Ø Ø (7) Possible (5)
Mousse +/- + (6) - Ø +/- Dangereux
Poudre BC - + + - Ø Possible (8)
Poudre polyvalente (ABC) + + + - Ø Possible (8)
Poudre D - - - + Ø Possible (8)

3. Prévention et protection
Gaz inerte +/- (9) - - Ø Ø Possible
Hydrocarbure halogéné gazeux - + + Ø - Possible
Sable +/- - (10) - + (11) - Possible

Légende Notes
+ : bonne efficacité (1) Les équipements qui, en libérant l’agent extincteur, (6) Les feux d’alcool, d’éthers, de cétones etde solvants
+/- : efficacité limitée peuvent remettre en suspension le combustible polaires doivent être attaqués au moyen d’eau
Annexe

- : inadapté présent sous une forme divisée (par impact de l’eau en additionnée d’émulseurs spéciaux.
Ø : dangereux jet plein, par le souffle créé lors de la projection d’une (7) L’agent extincteur est efficace sur feu de classe F si

poudre ou la libération d’un gaz) ne doivent pas être l’information est spécifiée par le fabricant ; sans cette
utilisés sur les feux de pulvérulents. précision, l’utilisation de cet agent extincteur peut
(2) Ne jamais tenter d’éteindre un feu de gaz sans être dangereuse.
pouvoir en couper l’alimentation. (8) Attention cependant à l’action corrosive des
(3) Ne concerne que les extincteurs portant une poudres provoquant la dégradation du matériel
mention du type « utilisable sur installation électrique.
électrique sous tension jusqu’à 1000 V ». (9) Le gaz abattra les flammes mais les braises peuvent
(4) Efficace sur les feux de fuels lourds. entraîner la reprise du feu, un arrosage à l’eau
(5) Attention cependant à l’eau de ruissellement qui complétera son action.
est conductrice. (10) Sauf sur feux de flaque.
(11) Uniquement si le sable est parfaitement sec

(stockage en bac hermétique).

51
(consulter la fiche de données de être dotés d’extincteurs dont le Extincteurs [21]
sécurité) ; en règle générale, l’eau nombre et le type sont appropriés Le premier secours est assuré
qui agit par refroidissement peut aux risques. Les établissements par des extincteurs en nombre
être employée (après vérification sont équipés, suivant les conclu- suffisant et maintenus en bon
de l’absence d’incompatibilité sions de l’évaluation des risques, état de fonctionnement.
chimique). de robinets d’incendie armés (RIA), Les extincteurs portatifs sont
de colonnes sèches, de colonnes d’un emploi facile. Les plus uti-
humides, d’installations fixes lisés sont les appareils de 6 kg
3.4.3 Matériels d’extinction d’extinction automatique d’in- (bon compromis entre efficacité
cendie ou encore d’installations et facilité de mise en œuvre) ou
Il faut choisir judicieusement de détection automatique d’in- de 9 kg.
les moyens de lutte contre l’in- cendie (éventuellement reliées Les extincteurs doivent être
cendie pour qu’ils soient adap- à un système d’extinction). Tous placés au niveau des piliers ou des
tés et suffisants. Il sera tout les dispositifs non automatiques murs à des endroits bien dégagés,
aussi primordial de les contrôler doivent être d’accès et de manipu- de préférence à l’entrée des ate-
régulièrement. lation faciles. D’autres réglemen- liers ou des locaux et signalés si
tations (ERP, IGH, ICPE…) peuvent non visibles. Dans certains locaux,
Les dispositions du Code du compléter ces dispositions [21]. on utilise souvent d’autres extinc-
travail concernant le matériel teurs mobiles de capacité plus
d’extinction imposent la mise grande (50, 100, 200  litres) qui
en place d’au moins un extinc- Matériel de première
sont montés sur roues et qui
teur portatif à eau pulvérisée de intervention
doivent être placés à proximité
6 litres pour 200 m2 de plancher, Dans l’entreprise, les moyens directe d’un passage.
avec un minimum d’un appareil de lutte mis en œuvre contre un Rappelons que les extincteurs
par niveau. Lorsque les locaux incendie naissant sont principa- à poudre sont conçus pour éviter
présentent des risques d’incen- lement des extincteurs mobiles toute hydratation accidentelle du
die particuliers, notamment des (portatifs et sur roues) et des robi- produit pulvérulent. En effet, l’hy-
risques électriques, ils doivent nets d’incendie armés (RIA). dratation transforme la poudre
en un bloc compact empêchant
la pulvérisation du produit, ce
Exemple d’extincteurs mobiles et portatifs qui peut provoquer l’éclatement
d’un appareillage usagé ou cor-
rodé. Un traitement spécial des
poudres élimine ce danger.
Les extincteurs mobiles
actuellement vendus doivent
être conçus selon les normes en
vigueur. La preuve de la confor-
mité à ces normes est délivrée par
un organisme certificateur accré-
dité. Ils doivent être fabriqués,
éprouvés, ré-éprouvés et chargés
selon les prescriptions réglemen-
taires et les bonnes pratiques.

Robinets d’incendie armés (RIA)


Un RIA est un tuyau semi-­
rigide, de 30 mètres maximum
et de diamètre normalisé, ins-
© Rot © Sicli tallé sur un dévidoir raccordé à

52
Robinet d’incendie armé (RIA) ou le plus défavorisé. Pour les PIA, établissements à protéger, sont
cette pression d’eau doit être de hors gel).
2,5.105 Pa (2,5 bars).
Les RIA permettent, lorsque Bouches et poteaux d’incendie
l’emploi de l’eau n’est pas interdit, Généralement installés à l’ex-
une action souvent puissante et térieur des locaux, les bouches
efficace, à plus grande distance et poteaux d’incendie peuvent
qu’un extincteur. Ce sont des être utilisés non seulement par
moyens de première interven- le personnel de l’entreprise, mais
tion fixes. De plus, ils peuvent surtout par les sapeurs-pompiers
servir à établir un écran de pro- qui y raccordent leur matériel. À
tection contre le flux thermique noter que lorsqu’ils sont installés
ou à refroidir des équipements ou sur la propriété des industriels,

1. Réglementation
réservoirs exposés au feu. l’entretien de ces matériels leur
incombe.
Autres moyens
Les autres moyens utilisables Les caractéristiques hydrau-
pour une intervention immédiate liques (pression et débit) justifiant
peuvent être : du bon état de fonctionnement

2. Connaissances de base sur l’incendie


© Yves Cousson/INRS • des seaux d’eau ; des bouches et poteaux d’incen-
• des bacs de sable ; die peuvent utilement être adres-
une alimentation en eau et muni • des couvertures antifeu, notam- sées aux sapeurs-pompiers.
d’une lance pouvant générer un ment dans des locaux où l’in-
jet diffus. L’utilisation d’un cône flammation de vêtements portés Les bouches et poteaux d’in-
de diffusion en jet plein doit être par des personnes est à craindre cendie doivent être protégés
réservée à des personnes bien (des douches de sécurité peuvent du gel, visibles et accessibles en
formées du fait des risques pré- aussi être utilisées). toutes circonstances. La bouche
sentés (projection de matières d’incendie est disposée au ras du
enflammées, remise en suspen- sol. Le poteau d’incendie est une
Matériel de deuxième installation semblable dont les
sion d’un feu couvant dans un tas
intervention prises sont au-dessus du sol.
de poussières…).

3. Prévention et protection
Dans certains cas, pour renfor- Le matériel de deuxième inter- L’emplacement des bouches et
cer leur efficacité (notamment vention, plus puissant et plus poteaux d’incendie doit être indi-
sur les feux de classe B), un dispo- lourd, comprend généralement qué par des panneaux de signali-
sitif permettant l’ajout d’additif des installations fixes d’alimen- sation « prises et points d’eau ».
est installé. On parle alors d’un tation en eau (colonnes sèches,
poste d’incendie additivé (PIA). colonnes humides…), des tuyaux Exemple de panneau de « prises
  à brancher sur les bouches d’in- et points d’eau »
Les RIA doivent être implantés cendie ou sur le refoulement
Annexe

de telle sorte que chaque point d’une motopompe complétée


de la surface à protéger puisse par des lances d’incendie per-
être atteint par au moins un jet. mettant d’obtenir un jet plein ou
Ils doivent être implantés à des un jet diffus. Des générateurs de
emplacements abrités du gel et mousse peuvent aussi être uti-
à proximité des accès. Ils sont lisés. Les ressources en eau sont
signalés de façon claire. évidemment essentielles, la créa-
Les RIA nécessitent une ali- tion de bassins ou réserves peut
mentation en eau avec une être nécessaire (s’assurer que
pression minimale de 2.105 Pa les canalisations, disposées de
(2  bars) au robinet le plus élevé préférence en boucle autour des

53
Tuyaux disposées à l’abri du gel, dans portatifs d’éclairage… De même,
D’après leur constitution, les des zones protégées (dispositif un poste d’incendie peut être
tuyaux d’incendie sont divisés en d’accès à l’escalier, escalier, gaine implanté à proximité des bouches
deux catégories : aménagée…). Les prises et robi- et poteaux d’incendie pour abri-
• les tuyaux semi-rigides, utili- nets d’isolement sont idéalement ter les tuyaux, lances et autres
sés pour l’aspiration avec une situés à 1,35 m du sol. matériels d’incendie. Même si de
motopompe (ils doivent résister à tels postes sont créés, les instal-
l’aplatissement) et pour le refou- Postes d’incendie lations d’extincteurs isolés ou en
lement (RIA) ; batterie doivent être respectées,
À l’intérieur d’un établisse-
• les tuyaux de refoulement conformément aux dispositions
ment, l’installation de postes d’in-
souples, raccordés sur les bouches décrites précédemment.
cendie rassemblant les moyens de
ou poteaux d’incendie, qui
servent essentiellement à l’ali- lutte et de protection individuelle
peut être recommandée. Par Installations fixes d’extinction
mentation en eau des lances d’in-
cendie des secours extérieurs. Ils exemple, à proximité d’un robi- Diverses installations fixes
sont dits «  souples » car ils sont net d’incendie armé, il peut être d’extinction, généralement auto-
plats et ne deviennent cylin- pertinent de retrouver des extinc- matiques, peuvent être mises
driques que lors de leur mise en teurs de différents types, des en place lorsque les risques sont
pression d’eau. appareils respiratoires isolants, importants ou ponctuels (opéra-
des gants isolants, des appareils tions dangereuses de laboratoires
Lances d’incendie
Les lances d’incendie, fixées à
l’extrémité des tuyaux, servent
à former et à diriger un jet d’eau
sous pression. Elles projettent
l’eau soit en jet plein, soit en jet
diffus, selon la position du levier
du robinet.

Colonnes sèches
La colonne sèche est une
tuyauterie d’incendie, fixe, rigide,
essentiellement installée dans
les escaliers des bâtiments pos-
sédant de nombreux étages ou
sur des installations industrielles
(silos…) et munie, à chaque
niveau, d’une ou plusieurs prise(s)
précédée(s) d’un robinet d’isole-
ment (idéalement à 1,35 m du sol).
Elle est normalement vide d’eau
et destinée à être raccordée aux
tuyaux des sapeurs-pompiers et
doit être signalée.

Colonnes humides (ou en charge)


La colonne humide est une
tuyauterie d’incendie, fixe, rigide
et alimentée par une réserve
d’eau. Ces colonnes doivent être © Yves Cousson/INRS

54
ou d’ateliers, brûleurs de chau- • les diffuseurs ; tuyauteries, elles sont munies
dières, stockage de produits • le dispositif de mise en œuvre ; d’un dispositif d’obturation (élé-
inflammables…) ou lorsque la • le dispositif d’alarme. ment fusible ou ampoule calibrée
valeur des biens à protéger est qui se rompt sous l’action de la
grande (matériel informatique, Systèmes d’aspersion d’eau, chaleur, à une température déter-
centraux téléphoniques, produits type sprinkleur minée allant de 57 °C à 343 °C).
pharmaceutiques…). Le rôle d’un système sprinkleur La conception de la tête, dont
Ces procédés permettent est de déceler un foyer d’incen- il existe de nombreux modèles,
d’éteindre un foyer d’incen- die, de donner une alarme et conditionne le mode de projec-
die par une intervention pré- d’éteindre le feu à ses débuts ou, tion de l’eau ;
coce et rapide, en l’absence des au moins, de le contenir de façon ᏷᏷ le réseau de distribution de
occupants. à ce que l’extinction puisse être l’eau, qui est dit :
Une installation fixe com- menée à bien par des équipes de • « sous eau » lorsqu’il est en per-

1. Réglementation
prend généralement cinq parties secours internes ou externes. manence rempli d’eau,
principales : • « sous air comprimé », ce der-
• la source ou réserve d’agent Les éléments d’une installation nier s’évacuant sous la pression
extincteur ; de sprinkleur sont les suivants : de l’eau lors de l’ouverture du sys-
• le réseau de distribution de tème,
᏷᏷ les têtes d’arrosage ou têtes
• « à préaction » quand les cana-

2. Connaissances de base sur l’incendie


l’agent extincteur ; de sprinkleur : fixées sur des
lisations se remplissent d’eau sur
signal et avant diffusion par les
Schéma d’une installation têtes d’arrosage ;
de sprinkleurs Grinnell®
᏷᏷ une ou deux source(s) d’ali-
mentation : leurs caractéris-
tiques hydrauliques (débit et
pression) ainsi que l’autonomie
de fonctionnement dépendent
du type d’activité et des risques
associés ;

3. Prévention et protection
᏷᏷ un poste de contrôle : il com-
porte un système d’alarme se
déclenchant dès qu’une tête de
sprinkleur entre en action.

Lorsque le réseau est sous eau,


la nécessité de maintenir en per-
manence les installations hors
Annexe

gel est impérative.


Les éléments du système
doivent être conçus et installés
selon les règles en vigueur et
modifiés en cas de changement
de la configuration des locaux
ou de l’activité (modification de
la nature du combustible, des
quantités présentes). Une instal-
lation type sprinkleur nécessite
une surveillance et un entretien

55
rigoureux ; il est indispensable fonctionner sous différentes Systèmes d’extinction à poudre
de procéder aux contrôles pério- pressions : Ils sont généralement installés
diques préconisés par l’installa- • la basse pression : < 12,5.105 Pa dans des locaux de surface limi-
teur et de respecter les règles de (12,5 bars), tée et dans des cas particuliers :
bonnes pratiques. Ces contrôles • la moyenne pression : entre • dépôts d’hydrocarbures ;
et vérifications porteront sur : 12,5.105 et 35.105 Pa (entre 12,5 et • chaufferies ;
• les sources d’eau (en particu- 35 bars), • dépôts de peinture ;
lier, vérification quotidienne de la • la haute pression : > 35.105 Pa • laboratoires…
pression de distribution de l’eau (35 bars) ;
de ville, du niveau des réservoirs La poudre est propulsée par un
᏷᏷ les systèmes à double fluide où
et du fonctionnement des élé- gaz comprimé (dioxyde de car-
l’adjonction d’un réseau gazeux
ments de distribution, vérifica- bone ou azote).
est nécessaire pour permettre la
tion tous les trois ans des bacs) ;
pulvérisation ; le gaz utilisé est
• les canalisations (en particulier, Systèmes fixes d’extinction
très souvent de l’azote. La pres-
contrôle annuel de la teneur en à gaz inerte [20]
sion est généralement de 8.105 Pa
antigel dans les zones concer- Le principe de l’extinction
(8 bars).
nées) ; consiste à remplacer l’air par
• les têtes d’arrosage (en particu- le gaz inerte (réduction de la
Systèmes d’extinction à mousse
lier, vérification semestrielle de concentration en oxygène).
L’équipement ou le local à
l’état et de l’environnement des Les installations comprennent :
protéger est muni d’une instal-
têtes) ; • un système de détection auto-
lation fixe destinée à produire et
• les postes de contrôle… matique d’incendie ;
à déverser la mousse (à moyen
• une réserve de gaz inerte ;
ou haut foisonnement). De telles
Systèmes d’aspersion d’eau, type • un réseau de distribution ;
installations protègent plus par-
« rideau d’eau » ou « drencher » • un système de déclenchement ;
ticulièrement les stockages des
Ces systèmes sont destinés à • des diffuseurs ;
produits pétroliers.
créer un rideau d’eau, soit pour • un dispositif d’alarme sonore et
Les installations de ce type
former un écran protecteur, soit visuel ;
comprennent essentiellement :
pour arroser des surfaces expo-
• une source d’eau ;
sées au rayonnement d’un incen- Système d’extinction automatique
• un réservoir de produit émul-
die voisin. par CO2
seur ;
Les installations comprennent :
• un proportionneur assurant le
• un réseau de distribution d’eau,
mélange émulseur/eau ;
la source d’eau devant toujours
• des vannes de distribution ;
être disponible, indépendante et
• un ou des générateur(s) de
suffisante ;
mousse émulsionnant le prémé-
• les diffuseurs, qui assurent la
lange avec l’air.
formation du rideau.
Il est nécessaire de prévenir
Systèmes d’extinction
le personnel car le déversement
à brouillard d’eau
de grandes quantités de mousse
Ces systèmes mettent en
risque de submerger les occu-
œuvre de l’eau sous forme de
pants, obstruant la vision et créant
gouttelettes de diamètre infé-
des difficultés respiratoires.
rieur à 90 µm. On rencontre deux
Par ailleurs, par grand froid, il
technologies de pulvérisation :
conviendra de surveiller l’émul-
᏷᏷ les systèmes à simple fluide, seur afin de s’assurer qu’il n’y a
où seule l’eau parvient aux pas de perte importante des per-
têtes d’atomisation ; ils peuvent formances du produit. © Chubb Sécurité

56
• un retardateur d’émission de gaz Système d’extinction automatique par gaz inerte Argo 55®
(pouvant atteindre 30  secondes)
qui permettra l’évacuation des
personnes présentes.

Afin d’assurer une bonne


étanchéité du local à protéger,
les ouvertures doivent être auto-
matiquement fermées dès que
l’installation entre en action.
De même, les installations de
ventilation, de climatisation, de
chauffage par ventilation doivent

1. Réglementation
s’arrêter automatiquement.
L’installation doit prévoir une
alarme sonore et visuelle avertis- © Chubb Sécurité

sant le personnel qu’il doit quitter


le local immédiatement et une isolant, et le retour du person- l’inhibition de la combustion. Le
temporisation du déclenchement nel dans le local protégé après noyage d’un volume restreint s’ef-

2. Connaissances de base sur l’incendie


du système garantissant une éva- émission ne peut être autorisé fectue de la même façon qu’avec
cuation sûre du local protégé. De qu’après contrôle de la teneur en un gaz inerte. Toutefois, le volume
plus, un déclenchement manuel oxygène (assainissement de l’air). d’hydrocarbure halogéné néces-
seul sera autorisé pendant la saire est plus faible. Les réservoirs
période d’occupation des locaux. Systèmes fixes d’extinction peuvent être installés dans le
L’accès aux locaux, après à hydrocarbure halogéné [20] local à protéger.
émission du gaz, ne doit se faire Le principe de l’extinction
qu’avec un appareil respiratoire repose essentiellement sur L’ensemble des dispositions
des installations utilisant du gaz
inerte qui concourt à la sécurité
Mise en œuvre d’une installation Inergen® des personnes doit être repris

3. Prévention et protection
pour les installations à hydrocar-
bure halogéné.

3.5Maintenance
des équipements liés
à la sécurité incendie
Annexe

L’ensemble des équipe-


ments liés à la sécurité incen-
die (désenfumage, extinction,
compartimentage, détection…)
doit faire l’objet d’un maintien
permanent en état de fonction-
ner. Pour cela, il est nécessaire
d’organiser la vérification et la
maintenance périodiques de ces
équipements, réalisées par des

57
personnes compétentes internes doivent aboutir à créer des auto- notamment que les panneaux
ou externes à l’entreprise. Les matismes de comportement que conformes à la norme NF EN ISO
principales vérifications pério- seul des exercices pratiques et 7010 (version d’avril 2013) sont
diques figurent dans le document des contrôles de connaissance réputés satisfaire aux prescrip-
ED 828 [22]. réguliers permettent encore et tions de son annexe II relative aux
Il est rappelé que, dans le cadre toujours d’améliorer. Les détails panneaux de signalisation.
de la formation à la sécurité, des différents types de consignes, Les panneaux à utiliser pour
chaque membre du personnel doit de plans et de leurs contenus indiquer les issues d’évacuation,
être incité à signaler les anoma- figurent dans le document les équipements de premiers
lies qu’il constate (absence d’un ED 6230 [23]. secours (trousse de secours, défi-
extincteur, porte coupe-feu blo- brillateur…) ainsi que les équipe-
quée, dégagement encombré…). ments de lutte contre l’incendie
3.6.2 Signalisation sont repris ci-dessous.
La signalisation de sécurité
3.6Organisation des lieux de travail vient com- 3.6.3 Alarme et alerte
de la sécurité incendie pléter et renforcer l’objectif des
consignes de sécurité. L’arrêté du L’alarme doit toucher immédia-
3.6.1 Consignes de sécurité 4 novembre 1993 modifié rela- tement les personnes présentes
tif à la signalisation de sécurité dans l’entreprise et déclencher
incendie [23]
et de santé au travail, précise l’intervention des équipes internes
Pour enrayer un feu dès sa
naissance, il est essentiel que Pictogrammes utilisés pour la signalisation de sécurité sur les lieux de travail
chacun dans l’entreprise sache
exactement ce qu’il doit faire
pour participer à la lutte contre
l’incendie. Chacun doit, en outre,
savoir comment donner l’alarme
et évacuer les locaux.
Les consignes de sécurité
concernant l’incendie dans un
établissement font partie inté-
grante des mesures de prévention Indication des issues d’évacuation
techniques et organisationnelles
à mettre en place. Elles doivent
être établies sous la responsabi-
lité de l’employeur.
Une synthèse des consignes
peut être réalisée sous forme de
plan d’évacuation. En complé- Premiers secours Défibrillateur Point d’alarme Téléphone à
ment, un plan d’intervention doit automatique incendie utiliser en cas
être établi afin de faciliter l’inter- d‘incendie
vention des secours.
Aussi précises et réactualisées
qu’elles soient, les consignes ne
peuvent être totalement effi-
caces que si elles sont largement
expliquées, commentées, voire Extincteur Robinet d’incendie Ensemble Échelle d’incendie
d’incendie armé d’équipements
répétées, et ainsi bien assimilées de lutte contre
par l’ensemble des salariés. Elles l’incendie

58
d’intervention. L’ensemble du per- 3.6.4 Évacuation Pour rendre efficace l’évacua-
sonnel doit connaître le signal tion, deux rôles peuvent être
d’alarme incendie (sans pouvoir le Le processus d’évacuation identifiés :
confondre avec un éventuel signal permet à toute personne pré- • le coordinateur d’évacuation
de confinement). L’alarme peut sente de rejoindre un point de qui centralise les informations
être donnée par toute personne rassemblement par un itinéraire des différents points de rassem-
découvrant un début d’incendie préétabli et sécurisé. Un point blement afin de les transmettre
de rassemblement est une zone au chef d’établissement qui les
(salarié, personnel de ronde, de
sécurisée où va se regrouper tout communiquera aux services de
surveillance ou de gardiennage,
ou partie des personnes pré- secours ;
notamment en dehors des heures
sentes (suivant la taille et la confi- • les équipiers d’évacuation qui
de travail) ou par un réseau de
guration de l’entreprise, plusieurs aident au bon déroulement de
détection incendie. Elle comprend points peuvent être nécessaires) l’évacuation en guidant les per-

1. Réglementation
des moyens sonores et visuels pour qu’un recensement puisse sonnes vers le point de rassemble-
adaptés aux différents types de être effectué sans gêner l’inter- ment le plus proche (guide-file)
handicaps. vention des secours. Les princi- ou qui vérifient que la zone a bien
L’alerte a pour objet de préve- pales caractéristiques d’un point été évacuée et, le cas échéant,
nir, dans les plus brefs délais, les de rassemblement sont données recensent les personnes encore
secours extérieurs. dans le document ED 6230 [23]. présentes (serre-file).

2. Connaissances de base sur l’incendie


Exemple de plan d’évacuation représentant une partie d’un niveau

3. Prévention et protection
Annexe

59
Principe de l’organisation de l’évacuation

L’effectif des équipiers d’éva-


cuation doit être établi en fonc-
tion de la configuration des
locaux et des spécificités de
l’entreprise (notamment en
fonction des séquences de tra-
vail afin d’assurer une présence
permanente d’une partie de ces
équipiers) avec, comme point de
repère, 2  équipiers pour 25 per-
sonnes. Le rôle de serre-file est
incontournable, celui de guide-
Exemple de plan d’évacuation représentant un niveau entier file prend tout son sens dans les
structures où les personnes pré-
sentes ne connaissent pas bien
les locaux (entreprise présentant
un fort turn-over, contrats courts
nombreux…).

Les dégagements doivent tou-


jours être libres. Aucun objet,
marchandise ou matériel ne doit
faire obstacle à la circulation des
personnes ou réduire la largeur
des dégagements au-­dessous
des minima imposés par la
réglementation.

Lorsque l’ordre en est donné


par un signal ou sur l’injonction
d’une personne habilitée, l’en-
semble des personnes présentes
(salariés, visiteurs, entreprises
extérieures…) doit évacuer les
locaux par les dégagements et
escaliers.

Pour les personnes ne pouvant


pas évacuer (personne à mobi-
lité réduite ou en situation de
handicap), une mise en sécurité
est nécessaire avant la prise en
charge par les secours extérieurs.
Cette évacuation différée s’effec-
tue via un espace d’attente sécu-
risé (EAS), local protégeant du
feu et de ses effets (température,
fumées…) pendant une heure.
Des espaces dits « équivalents »,
présentant des caractéristiques

60
similaires, sont admis (espace
d’attente d’un ascenseur, palier
d’escalier…).
L’organisation de l’évacuation
différée doit être intégrée dans
les consignes de sécurité et les
EAS doivent être indiqués sur les
différents plans.

Les moyens d’évacuation sont


intégrés à la conception des
locaux. On utilisera les moyens
structurels existants tout en

1. Réglementation
aménageant les issues et les che-
minements nécessaires.

Dans certains cas spécifiques,


on pourra faire appel à des
© service communication - SDIS 78.
moyens complémentaires tels

2. Connaissances de base sur l’incendie


que :
• échelles à crinoline ;
• échelles rigides repliables ;
• manches d’évacuation ; zone de travail avec les moyens distribution de produits, stockage
• toboggans… disponibles à proximité. de gaz…), par exemple par la cou-
pure des énergies et fluides, des
᏷᏷ Les équipiers de seconde inter-
équipiers d’intervention tech-
3.6.5 Intervention vention, dits « ESI » : leur rôle
nique, dits EIT, sont désignés. Ils
consiste, en attendant l’arrivée
rendent comptent de leur action
L’employeur doit prendre les des secours extérieurs, à complé-
directement au chef d’établisse-
mesures nécessaires pour que ter l’action des équipiers de pre-
ment ou son représentant.
tout début d’incendie puisse être mière intervention en apportant

3. Prévention et protection
rapidement et efficacement com- et en utilisant des moyens addi-
battu dans l’intérêt du sauvetage tionnels. La seconde intervention 3.6.6 Gestion de l’entreprise
du personnel. met en œuvre des moyens plus et des travaux
puissants (lances, générateurs
Pour ce faire, il convient de dis- de mousse…) et est équipée pour Afin de pérenniser les disposi-
tinguer trois groupes d’acteurs : intervenir en sécurité (tenue tions techniques et mesures de
contre le feu, appareil respiratoire prévention et de protection en
᏷᏷ L’ensemble du personnel : toute
isolant…). Le nombre des équi- place, des démarches et procé-
Annexe

personne apercevant un début


piers de seconde intervention dures organisationnelles doivent
d’incendie doit donner l’alarme
dépend : venir compléter l’ensemble du
et mettre en œuvre les moyens
• de l’importance de l’établisse- dispositif de sécurité incendie.
de première intervention situés
ment, Elles portent notamment sur :
à proximité immédiate, sans
• du délai d’intervention prévisible • un plan de maintenance du
attendre l’arrivée du personnel
des sapeurs-pompiers locaux, matériel et des installations (voir
spécialement désigné.
• de la nature du risque… notamment § 3.5) ;
᏷᏷ Les équipiers de première inter- • le respect des zones de stoc-
vention, dits « EPI » : leur rôle est En parallèle, afin de mettre kage identifiées garantissant le
d’intervenir de manière coordon- en sécurité certaines installa- non-encombrement des dégage-
née immédiatement dans leur tions (chaufferies, réseau de ments ;

61
• le maintien de la propreté, de • le coordinateur et les équipiers En fonction des risques incen-
l’ordre et du rangement, notam- d’évacuation ; die de l’entreprise, d’autres exer-
ment au poste de travail ; • les opérateurs de travaux par cices peuvent être prévus :
• la surveillance du site (lutte points chauds ; • attaque à plusieurs équipiers
contre la malveillance) ; • les opérateurs chargés de la avec des produits extincteurs dif-
• la formation de l’ensemble maintenance des équipements et férents et combinés ;
des personnes aux consignes de installations ; • rapidité d’intervention et
sécurité incendie, sans oublier les • les opérateurs d’entreprises manœuvre d’équipe ;
nouveaux embauchés et contrats extérieures… • exercices combinés avec les
temporaires (voir § 3.6.7) ;
sapeurs-pompiers.
• la démarche de permis de feu La formation et l’informa-
devant être appliquée pour tout tion doivent apporter à tous la
Ces différentes prescriptions
travail par point chaud (soudage, connaissance sur le mécanisme
sont complémentaires et néces-
meulage, disquage, tronçon- du feu, la prévention, les agents
saires pour garantir l’efficacité
nage…). Ces travaux appellent extincteurs et la maîtrise des
des mesures préventives et des différents feux. Elles doivent per- des actions menées.
mesures de surveillance pendant mettre en particulier au person-
et après les opérations. Cette nel d’agir avec calme, précision et Le personnel non entraîné
démarche s’applique pour des rapidité. s’affole et panique, utilise mal le
travaux réalisés en interne ou matériel de lutte contre le feu,
sous-traités (pour plus d’informa- Elles apportent des connais- voire ne l’utilise pas du tout. Les
tions, voir ED 6030 [17]) ; sances en cohérence avec les équipiers de première et seconde
• la gestion des interventions consignes de sécurité incendie interventions sont gênés dans
d’entreprises extérieures (plan (voir § 3.6.1) sur : leur action par l’évacuation désor-
de prévention, permis de feu, • les mesures de prévention et de donnée du reste du personnel.
permis de pénétrer, bon d’inter- protection en place dans l’entre- Cette situation présente de nom-
vention…) avec information sur prise ; breux risques de sur-accidents
les consignes de sécurité incendie • la conduite à tenir en cas de (heurt, chute, renversement de
de l’entreprise utilisatrice. sinistre ; produit…).
• les moyens de surveillance, de
détection, d’alarme, d’alerte, de L’essentiel du contenu de la
3.6.7 Formation et lutte… ; formation des différents acteurs
information du personnel  • les lieux (circulations, issues, en matière d’évacuation et d’in-
sorties de secours…) ; tervention (inspiré du référen-
La formation et l’information • la détermination de l’attitude à tiel Apsad R6) figure dans le
du personnel constituent un observer tant en cas d’alarme ou
tableau  21. Y figurent également
maillon essentiel de la chaîne de d’intervention que dans le com-
les compétences minimales du
prévention du risque incendie. portement quotidien.
Elles sont destinées à tous les formateur à la première inter-
salariés mais doivent intéresser vention et à l’évacuation. L’em-
L’information et la formation
tout particulièrement : doivent être complétées par des ployeur a la responsabilité du
• le personnel du service de sécu- exercices pratiques : choix de l’intervenant qui peut
rité ; • participation semestrielle aux appartenir au personnel de l’en-
• les représentants du personnel ; exercices d’évacuation ; treprise  ; cette solution étant à
• les secouristes ; • mise en œuvre périodique des privilégier si possible. En effet, il
• le personnel d’encadrement ; extincteurs sur les différentes est plus facile d’adapter le mes-
• le personnel travaillant sur des classes de feu ; sage à faire passer aux salariés en
postes à risque ; • utilisation des autres moyens de formation si le formateur connaît
• les équipiers de première et lutte sur feux réels et spéciaux, le lui-même l’établissement et son
seconde intervention ; cas échéant. fonctionnement.

62
Tableau 21
Périodicité et essentiel du contenu de la formation des différents acteurs en matière d’évacuation, d’intervention
et de formation à la prévention incendie

Connaissances Savoir-faire Périodicité

Tout le personnel
• Les dangers de l’incendie • Participer aux exercices d’évacuation Tous les 6 mois
• Principes de prévention du risque ou de mise en sécurité
incendie • Manipuler des extincteurs et RIA, le cas Pour la
• Connaissance des lieux, des chemins échéant, sur un début d’incendie manipulation,
d’évacuation et des points de suivant les risques

1. Réglementation
rassemblement de l’entreprise et
• Application des consignes de sécurité le poste de travail
incendie : des salariés, de
- Transmission et diffusion de l’alarme tous les 6 mois à
- Utilisation des moyens de première tous les 3 ans
intervention situés à proximité

2. Connaissances de base sur l’incendie


- Mise en sécurité de son poste de
travail
- Évacuation ou mise en sécurité
Membres des équipes de première intervention (EPI)

n plus des éléments pour l’ensemble


E En plus des éléments pour l’ensemble Tous les ans
du personnel : du personnel :
• Notions sur la combustion, l’explosion • Adapter l’agent extincteur et
• Modes de propagation de l’incendie l’équipement au type de feu rencontré
• Adéquation des agents extincteurs • Attaquer de manière coordonnée un
avec les classes de feu début d’incendie à plusieurs EPI

3. Prévention et protection
• Organisation de la première • Transmettre les informations essentielles
intervention (coordination entre les aux ESI ou aux secours extérieurs
équipiers)
Membres des équipes de seconde intervention (ESI)

En plus des éléments pour les EPI : En plus des éléments pour les EPI : Tous les ans
• Connaissance précise de • Attaquer de manière coordonnée entre
Annexe

l’établissement et particulièrement ESI et secours extérieurs un incendie en


des zones à risque croissance
• Les différents scénarios d’incendie • Mettre en œuvre les moyens de seconde
possibles dans l’entreprise intervention et les équipements de
• Moyens de seconde intervention et protection individuelle associés
équipements de protection individuelle
associés
• Organisation de la seconde
intervention (coordination entre les
équipiers)
nnn

63
Connaissances Savoir-faire Périodicité

Équipiers d’intervention technique (EIT)

En plus des éléments pour l’ensemble En plus des éléments pour l’ensemble Tous les ans
du personnel : du personnel :
• Équipements et installations • Mise en sécurité des différents
techniques (réseaux de fluides, équipements et installations techniques
énergies…) pour lesquels une action • Transmettre les informations
est nécessaire en cas de sinistre essentielles au responsable et aux équipes
• Consignes de mise en sécurité d’intervention
de ces équipements et installations
• Le cas échéant, installations
d’extinction automatique et leur
fonctionnement
Équipiers d’évacuation

En plus des éléments pour l’ensemble En plus des éléments pour l’ensemble Tous les 3 ans
du personnel : du personnel :
• Identification au quotidien des • Transmettre les anomalies au
anomalies pouvant ralentir ou responsable en charge de la sécurité
empêcher l’évacuation incendie
• Connaissance approfondie des locaux • Se coordonner avec d’autres équipiers
et des différents itinéraires d’évacuation d’évacuation
• Rôles lors de l’évacuation (guide-file, • Guider les personnes vers la sortie par
serre-file et coordinateur) un cheminement sécurisé pour rejoindre
le point de rassemblement
• S’assurer de l’évacuation effective
des personnes ou identifier la localisation
de celles n’ayant pas évacué (notamment
dans les espaces d’attente sécurisés)
• Réaliser le dénombrement au point
de rassemblement
• Transmettre les informations
au coordinateur
nnn

64
Connaissances Savoir-faire Périodicité

Coordinateur d’évacuation

En plus des éléments pour l’ensemble En plus des éléments pour l’ensemble du Tous les 3 ans
du personnel : personnel :
• Organisation de l’évacuation de • Disposer des listes du personnel présent
l’établissement et du matériel associé et de celui des entreprises extérieures
(moyens de communication, listing des • Collecter les informations provenant des
personnes, support de compte rendu équipiers d’évacuation
d’évacuation…) • Transmettre des informations stabilisées
• Rôle lors de l’évacuation (guide-file, aux services de secours (notamment le

1. Réglementation
serre-file et coordinateur) nombre de personnes non dénombrées
aux points de rassemblement et la
localisation des personnes mises en
sécurité)
Formateurs réalisant la formation de l’ensemble du personnel et des équipiers d’évacuation

2. Connaissances de base sur l’incendie


• Phénoménologie de l’incendie, de son • Animer une formation Tous les 3 ans
développement et de l’explosion • Organiser un exercice d’évacuation et
• Équipements de lutte contre le feu faire son analyse critique
• Adéquation des agents extincteurs • Pour les formateurs à l’utilisation des
aux types de feu moyens d’extinction, encadrer en sécurité
• Différentes étapes de la prévention du la manipulation des équipements de
risque incendie première intervention sur feux réels
• Réglementation incendie (Code du
travail, ICPE, ERP, IGH, habitation…)
• Consignes de sécurité et spécificités

3. Prévention et protection
de l’établissement considéré

3.6.8 Assurance • les pertes consécutives (pertes (pressions, températures), les pro-
d’exploitation, frais…). duits stockés et utilisés… ;
La définition du contenu des • la qualité des bâtiments et leur
contrats d’assurance est l’occa- Les dommages garantis en conception, c’est-à-dire la nature
sion de forger un véritable par- assurance incendie sont les des matériaux employés, le com-
Annexe

tenariat avec l’assureur, gage de dommages aux biens, les pertes partimentage, le chauffage, l’ins-
pérennité de l’activité. pécuniaires, les dettes de respon- tallation électrique… ;
L’assurance va permettre sabilité civile. Les dommages cor- • les moyens spécifiques de lutte
de transférer à l’assureur les porels sont toujours exclus. contre l’incendie présents ;
« risques accidentels » que l’en- • la répartition des biens garantis
treprise ne pourra pas supporter Pour les assureurs, il y a quatre exposés à un même sinistre.
financièrement. ensembles de facteurs qui déter-
Seuls les risques visibles et minent le risque incendie et la Il est recommandé de procéder
évaluables sont assurables : prime associée : périodiquement à une réactuali-
• les pertes directes (bâtiments, • la nature précise des activités sation du contrat d’assurance en
machines…) ; exercées, le procédé mis en œuvre partenariat avec l’assureur.

65
3.6.9 Plan de sauvegarde analyse des vulnérabilités, orga- commande numérique indispen-
nisations et mesures à mettre en sable à la production, destruc-
La survenue d’un sinistre va place. tion des fichiers informatiques
immédiatement fragiliser l’entre- (liste des clients et des fournis-
prise et la rendre vulnérable. Les Il est nécessaire de limiter les seurs, fichiers de recouvrement,
statistiques sont implacables  : conséquences de l’évènement secrets industriels…), pollution des
3 entreprises sur 4, victimes d’un redouté et ainsi permettre la eaux de surface ou souterraines
sinistre majeur, ne vont pas réus- reprise ou la poursuite des acti- suite au ruissellement des eaux
sir à s’en relever. Elles vont dis- vités dans des conditions accep- d’extinction…
paraître du marché. En effet, la tables et un délai compatible avec Ensuite, il est nécessaire de
destruction partielle, voire totale, le maintien de la satisfaction des hiérarchiser les situations envi-
de l’outil de travail va entraî- clients, des fournisseurs, des par- sagées en y intégrant une dimen-
ner une perte de production, tenaires et des salariés. sion temporelle : comparer les
une impossibilité de fournir les stocks épargnés par le sinistre
clients, une fuite de ceux-ci vers la Cette anticipation est basée prévu avec le temps de réappro-
concurrence, une diminution du sur une « étude de vulnérabilité » visionnement, les temps de fabri-
chiffre d’affaires et des recettes consistant à rechercher les évène- cation, de remplacement ou de
ainsi qu’une fragilisation finan- ments redoutés. Tout d’abord, il réparation d’un outil de produc-
cière pouvant très vite condam- faut identifier les sinistres poten- tion endommagé afin de prioriser
ner l’entreprise. tiels : perte du stock de matières les actions à mener.
premières suite à un incendie, À la lumière de ces éléments,
Sa sauvegarde va dépendre perte du réseau de vapeur suite le plan de sauvegarde de l’entre-
de sa capacité à anticiper : iden- à l’explosion de la chaudière, prise est établi. Il est composé de
tification des scénarios possibles, destruction de la machine à quatre entités complémentaires :
le plan de secours, le plan de com-
munication, le plan marketing bis
et le plan de continuité d’activité
(PCA).

Le plan de secours
Il permet de gérer l’urgence
pendant le sinistre et immédia-
tement après. Il précise à nou-
veau des éléments concernant
l’évacuation du site et l’interven-
tion des secours extérieurs avec
la mise en place d’une cellule de
gestion de crise. Il liste les biens,
matériels, matières à sauver en
priorité par les services de secours
afin d’orienter si possible leur
intervention.
Le plan de secours prévoit
ensuite la surveillance et la pro-
tection des installations à l’arrêt
et des bâtiments inoccupés, mais
aussi le nettoyage et la déconta-
© service communication - SDIS 78.
mination des zones sinistrées.

66
Le plan de communication Le plan de continuité d’activité réussite financière du projet de
(PCA) sauvegarde va dépendre de la
La communication en cas de
crise est essentielle. Elle doit En fonction des priorités défi- qualité des contrats d’assurance
intervenir très rapidement pour nies dans le cadre du nouveau souscrits (notamment biens
plan marketing, il est néces- assurés déclarés, garantie perte
garder la maîtrise des informa-
d’exploitation et durée) et de
tions à diffuser, notamment à saire d’adapter les activités de
leurs mises à jour pour être en
l’heure où les médias et réseaux l’entreprise afin d’honorer les
adéquation avec l’évolution de
sociaux sont prompts à réagir et commandes clients. Différentes
l’entreprise (voir § 3.6.8).
à transformer l’information. dimensions structurantes de l’en-
Il s’agit de structurer la treprise sont concernées.
Dimension technique/logistique
démarche pour garder la
Cette dimension traite notam-
confiance et la crédibilité de Dimension production
ment de la remise en état des uti-
l’entreprise et permettre ainsi En fonction des activités ou

1. Réglementation
lités et la définition des besoins
le déroulement des éléments services à maintenir, il faudra :
provisoires (fourniture d’énergie…).
suivants dans les meilleures • cerner les temps d’arrêt maxi-
Concernant les équipements tech-
conditions. Il est nécessaire d’in- mals permettant d’être toujours
niques stratégiques, il faut s’inté-
former les autorités, d’alerter présent sur la partie de marché
resser aux points suivants :
l’assureur, de rassurer les clients, concernée (en fonction notam-
• faisabilité de remise en état
d’informer les organisations pro- ment des stocks de produit) ;

2. Connaissances de base sur l’incendie


d’un équipement sinistré (durée
fessionnelles, mais également de • identifier la capacité de pro- et société compétente) ;
rassurer les salariés en interne. duction restante (en fonction de • location éventuellement pos-
La ou les personnes chargées l’état de l’outil de production) ; sible ;
de cette mission doivent être • comparer les deux critères • pour les équipements neufs,
formées à la gestion de crise ci-dessus pour savoir si des solu- élaboration préalable des cahiers
et identifiées par les différents tions alternatives doivent être des charges, liste des fournisseurs
interlocuteurs. trouvées. potentiels et délais d’approvision-
nement.
Exemple : j’ai 10 jours de stock
Le plan marketing bis
d’un produit. La remise en fonc- Dans le cas du choix de la
Tout ou partie de l’outil de tionnement de la machine me

3. Prévention et protection
sous-traitance, il est essentiel de
production étant rendu inuti- permettant de le produire va durer prévoir le maintien des procé-
lisable suite au sinistre, il peut 2 mois. Il faut donc envisager dures qualité et celui de la confi-
être difficile, voire impossible, d’autres solutions, comme l’aug- dentialité (charte clients, brevets,
d’assurer l’ensemble des engage- mentation du stock de produit savoir-faire).
ments pris vis-à-vis des clients. pour pallier la durée de réparation
Des priorités doivent être déter- ou de réapprovisionnement de la Dimension humaine et
minées en fonction de critères machine. organisationnelle
spécifiques, tels que poursuivre Pour que la continuité ou la
Annexe

certaines gammes de produits à L’exploration de pistes nou- reprise des activités soit effective,
forte valeur ajoutée, privilégier le velles est essentielle pour la il faut :
produit phare, satisfaire en pre- démarche : la sous-traitance, la • éviter le départ des salariés
mier lieu les clients réguliers ou délocalisation momentanée dans (notamment lié à la perte de
ceux représentant les volumes une autre entité du groupe, un confiance, la perte de revenu ou
les plus intéressants. Il est éga- partenariat avec un concurrent… l’offensive des concurrents) ;
lement possible que cela puisse • envisager une réorganisation
constituer une opportunité pour Dimension financière temporaire de l’activité en tenant
innover et lancer de nouveaux Outre la capacité d’autofi- compte des conséquences pour
produits plus vite qu’initialement nancement et l’appui éventuel les salariés (transferts sur d’autres
pressenti. des établissements bancaires, la sites, horaires décalés…) ;

67
• recenser au préalable les com- Voici quelques éléments fon- • un dialogue ouvert avec les sala-
pétences spécifiques au sein de damentaux qui conditionnent la riés ;
l’entreprise et les besoins de for- réussite du plan de sauvegarde : • des rapports réguliers avec les
mation complémentaire. • une démarche anticipée, struc- autorités ;
turée et évolutive ; • de bons rapports avec les
L’après sinistre est une période concurrents ;
• de bonnes relations avec les
de travail en conditions dégra- • des échanges réguliers et le sou-
clients ;
dées. Des risques inhabituels sont tien d’une organisation profes-
• un vrai partenariat avec l’assu-
présents et doivent être identifiés sionnelle ;
reur (contrat d’assurance revu
et prévenus (parc machine nou- • des tests et une actualisation
veau et non maîtrisé, perte de périodiquement, incluant la
régulière du plan de sauvegarde,
repères concernant l’environne- garantie perte d’exploitation sur au même titre que le document
ment ou les nouveaux horaires, une durée suffisante, au moins 12 unique.
état de stress post-traumatique à mois) ;
accompagner…).

Enfin, la réussite du plan de


sauvegarde passe par son appro-
priation par l’ensemble des
salariés.

Des difficultés potentielles


Les difficultés à surmonter sont
principalement d’ordre :
• administratif (délais liés à l’ob-
tention d’un permis de construire,
à l’autorisation d’exploiter une
ICPE, à l’obtention de l’accord de
l’Inspection du travail pour des
périodes décalées de travail, à la
perte du fichier client ou factura-
tion…) ;
• technique (délais de répara-
tion, de remplacement ou d’ap-
provisionnement de machines,
matières ou locaux, bâtiments
provisoires non conçus pour l’acti-
vité, gabarits/moules spécifiques
à l’entreprise, données informa-
tiques et comptables…) ;
• social (délocalisation éventuelle,
chômage technique, relation avec
les partenaires sociaux…) ;
• juridique (atteinte aux per-
sonnes, à l’environnement, aux
biens, enquêtes judiciaires, péna-
lités liées à des contrats…) ;
• financier (déblocage des fonds
d’assurance, encaissement des
factures en cours…). © service communication - SDIS 78.

68
>

Conclusion
Tous les ans, dans les établissements relevant du Code du travail,
les incendies font de nombreuses victimes (directes ou indirectes),
causent plusieurs milliards d’euros de dégâts matériels et ont souvent
pour conséquence de priver le personnel de son activité.

Les moyens de défense contre l’incendie ne s’improvisent pas. Pour


vaincre le feu en engendrant un minimum de dégâts, il importe sur-
tout d’agir vite, ce qui implique :
• un personnel parfaitement formé aux différentes mesures de protec-
tion à prendre et à l’emploi des divers moyens d’extinction ;
• des moyens de détection, de mise en sécurité, d’alarme et d’alerte ;
• un matériel d’extinction approprié et toujours disponible.

Par ailleurs, la construction, la conception et les aménagements


des bâtiments sont les éléments de base de la prévention contre l’in-
cendie. Les exigences en matière de sécurité en cas d’incendie sont au
cœur de la réglementation.

Aussi la prévention du risque incendie devrait-elle tenir une place


prépondérante dans l’ensemble des mesures propres à améliorer les
conditions de sécurité des locaux de travail et s’intégrer dans l’élabo-
ration du document unique. Le but de cette brochure, destinée à tous
les acteurs de la prévention et de la lutte contre l’incendie sur les lieux
de travail, est d’y contribuer.

69
© Brigade de sapeurs-pompiers de Paris.
>

Annexe

Adéquation des moyens d’intervention


à l’importance d’un incendie
Les mesures de prévention et réponse opérationnelle des moyens de
de prévision incendie permettent de secours qui seront amenés à les combattre.
limiter la fréquence et la gravité de Si l’on représente l’importance d’un foyer
certains incendies mais pas d’en interdire initial ou d’un incendie développé par une
complètement la survenance. Il est donc courbe temps/puissance,
indispensable de mesurer le niveau de on obtient le diagramme 1.

P
Puissance
(mégawatt)

t0 t1 t2 t3 t4 t5 t6 temps

Initiation Croissance Développement rapide Embrasement Décroissance


généralisé

Diagramme 1. Courbe temps/puissance du feu (t/P)

71
Les moyens d’intervention
regroupent tous les éléments I
qui permettent de combattre un Importance des moyens
d’intervention
incendie : moyens d’extinction fixes
Équipes
d’intervention
ou mobiles, équipes d’intervention,
services d’incendie et de secours.
Les installations fixes d’extinction
asservies à la détection sont
dimensionnées et installées
de façon à combattre de façon Moyens fixes

immédiate et efficace l’incendie.


Les équipes d’intervention, internes
ou externes à l’établissement, ont
t0 ta/tb tc td te tf tg th temps
pour but de parfaire l’efficacité ou
de suppléer l’absence d’installations
t0 = Déclenchement de la réaction de combustion
fixes. Le délai d’intervention de ces
ta = découverte ou détection du feu
équipes doit être pris en compte
tb = déclenchement des moyens fixes d’extinction
dans l’analyse de la réponse tc = appel des équipes de secours
opérationnelle en cas de sinistre td = départ des équipes de secours
dans l’établissement. te = fin d’activité des moyens fixes d’extinction
tf = arrivée des secours sur les lieux d’intervention
De façon schématique, il est possible tg = première action des équipes de secours
d’établir pour les installations th = mise en place progressive des moyens sur place et des renforts successifs
fixes d’extinction comme pour (Ce diagramme n’a qu’une valeur indicative, il ne faut en aucun cas tenir compte
les équipes d’intervention un des échelles.)
diagramme temps/importance des
moyens mis en œuvre (t/I).
Diagramme 2. Courbe temps/importance des moyens d’intervention (t/I)

Une défense par installation fixe soit acceptable tant sur le plan Il faut donc éviter une situation
d’extinction asservie à la détection économique que sur le plan de la qui se présenterait comme sur
permet, de par son efficacité, le protection de l’environnement. le diagramme 3.
plus souvent de s’affranchir d’une
intervention d’équipes spécialisées.

Dans la suite du texte, il va être pris


en compte le cas défavorable où PI
l’établissement n’est pas équipé de
moyen d’extinction fixe asservi à la
détection (le diagramme illustrant
la puissance d’intervention des
installations fixes d’extinction ne
sera plus représenté, courbe verte
sur le diagramme 2).

La bonne gestion du risque


incendie doit rechercher un
équilibre entre les courbes
temps/puissance de l’incendie
(t/P) et temps/importance des t0 ta tc td tf tg th temps

moyens d’intervention (t/I) qui


Diagramme 3. Superposition des diagrammes 1 et 2 : situation non satisfaisante

72
Il faut tendre vers une situation
où l’importance des moyens PI
d’intervention est en permanence
supérieure à la puissance de
l’incendie (diagramme 4).

t0 ta tc td tf tg th temps

1. Réglementation
Diagramme 4. Superposition des diagrammes 1 et 2 : situation satisfaisante

L’objectif de toute intervention, un incendie et de réduire au des moyens de secours (tf – td


dans le cadre de la lutte contre minimum le délai de mise en action minimum) ;

2. Connaissances de base sur l’incendie


l’incendie, consiste donc à disposer des secours en optimisant leur • une mise en place rapide
de moyens d’intervention adaptés efficacité. des premiers moyens d’extinction
à la puissance de l’incendie. Cet S’il y a lieu de distinguer les moyens (tg – tf minimum) ;
objectif peut être atteint par deux de secours internes et les moyens
• une montée en puissance
actions : de secours externes à l’entreprise,
rapide des moyens d’extinction
les facteurs sur lesquels il faut agir
(th – tg minimum).
pour améliorer l’efficacité de
a) Limitation de la courbe t/P ces équipes sont similaires dans
à une puissance maximale qui Ces réductions de délais sont
la mesure où ils sont objectivement
ne dépasse pas les moyens directement liées à :
définis. Il faut savoir que les délais
d’intervention disponibles (I) et d’intervention sont mesurés depuis • une surveillance ou un système
dont l’évolution est compatible la réception de l’alerte par de détection efficace ;

3. Prévention et protection
avec les délais d’intervention les équipes d’intervention jusqu’à la • une organisation interne en cas
des secours (tf) mise en place des premiers moyens d’incendie définie préalablement ;
d’attaque (tg – tc). Il faut donc • une organisation efficace
Ces mesures concernent la ajouter à ces derniers délais des équipes d’intervention ;
prévention incendie qui regroupe les délais d’alarme (tc – ta) qui
• un emplacement judicieux
l’ensemble des mesures techniques courent depuis la détection
des équipiers ;
et organisationnelles de nature de l’incendie jusqu’à la transmission
de l’alarme. • une connaissance parfaite
à faire échec aux incendies ou
des matériels et des risques
à en diminuer la fréquence et
L’efficacité des moyens de secours de l’établissement ;
Annexe

l’importance en s’attaquant à leurs


causes et éventuellement aux passe donc par : • un dimensionnement approprié
circonstances aggravantes. • une découverte ou une détection des équipes d’intervention.
précoce de l’incendie (ta – t0
minimum) ; La réduction des délais doit
b) Augmentation de l’efficacité permettre de s’affranchir
• une alarme immédiate dès
des moyens d’intervention des risques de flash-over avant
la découverte ou la détection
l’arrivée des équipes d’intervention
de l’incendie (tc – ta minimum) ;
Ces mesures concernent la (phénomène probable 15 à
prévision incendie qui est • un engagement rapide des 20 minutes après le début
constituée par l’ensemble des moyens d’intervention (td – tc de la croissance de l’incendie)
mesures et des moyens qui doivent minimum) ; et de backdraft au moment
permettre de déceler, de combattre • un temps réduit d’acheminement de la première reconnaissance.

73
Des méthodes de calcul peuvent Ces échanges nécessaires entre
permettre, en modélisant ces les établissements et les services
phénomènes, de mieux appréhender d’incendie et de secours
les délais d’intervention nécessaires territorialement compétents
pour préserver l’essentiel des devront également rassembler
structures touchées par l’incendie. les prestataires chargés de
l’entretien des moyens de
L’employeur peut, par des moyens détection et d’alarme, les assureurs
techniques ou organisationnels, directement concernés par
réduire le délai d’intervention les dégâts liés aux incendies et
de ses propres équipes les autorités locales.
d’intervention. En ce qui concerne
les équipes d’intervention Remarque : les diagrammes de
externes à l’établissement, des cette annexe sont inspirés de la
contacts fréquents au cours de publication belge Protection de
visites ou de manœuvres avec l’environnement lors des opérations
les services d’incendie et de d’extinction d’incendies d’entrepôts
secours pourront conduire, par éditée en juin 1998 par l’ANPI
une meilleure connaissance du (Association belge pour la prévention
site, à une réduction de ce délai et la protection contre l’incendie et
d’intervention et à une réponse l’intrusion).
opérationnelle adaptée aux risques
de l’établissement.

74
>

Organismes intervenant
en prévention/sécurité incendie

Afnor
Association française de normalisation

CNPP
Centre national de prévention et de protection

CSTB
Centre scientifique et technique du bâtiment

FCBA
Institut technologique Forêt Cellulose
Bois – construction Ameublement

FFA
Fédération française de l’assurance

FFMI
Fédération française des métiers de l’incendie

Ineris
Institut national de l’environnement industriel
et des risques

Service prévention de la Carsat


de sa région

Son assureur

75
>
Bibliographie

Publications INRS [18] Conception des lieux et des situations


de travail. Santé et sécurité : démarche,
[1] Prévention des incendies sur les lieux de méthodes et connaissances techniques.
travail. Aide-mémoire juridique . TJ 20 ED 950
[2] Mémento du règlement CLP. [19] Conception des lieux de travail.
Classification et étiquetage et emballage des Obligations des maîtres d’ouvrage.
produits chimiques. ED 6207 Réglementation. ED 773
[3] Les peroxydes et leur utilisation. [20] Les agents extincteurs gazeux utilisés
ND 2162 dans les installations fixes d’extinction.
[4] Peroxydes. Fiche pratique de sécurité. Aide-mémoire technique. ED 6063
ED 41 [21] Les extincteurs d’incendie portatifs,
[5] Élimination des sources d’inflammation mobiles et fixes. ED 6054
dans les zones à risque d’explosion. ED 6183 [22] Principales vérifications périodiques.
[6] Phénomènes électrostatiques. Risques ED 828
associés et prévention. ED 6354 [23] Consignes de sécurité incendie.
[7] Réactions chimiques dangereuses. ED 697 Conception et plans associés. ED 6230
[8] Désenfumage. Sécurité incendie sur les
lieux de travail. ED 6061
Incendie sur le lieu de travail. Dossier web
[9] Valeurs limites d’exposition sur www.inrs.fr
professionnelle aux agents chimiques en
Les mélanges explosifs. 1. Gaz et vapeurs.
France. Aide-mémoire technique. ED 984
ED 911
Liste des VLEP françaises. Outil 65 sur
www.inrs.fr Les mélanges explosifs. 2. Poussières
combustibles. ED 944
[10] Évaluation du risque incendie dans
l’entreprise. Guide méthodologique. ED 970 Interventions d’entreprises extérieures.
[11] Le stockage des produits chimiques Aide-mémoire pour la prévention des risques.
au laboratoire. Aide-mémoire technique. ED 941
ED 6015 La circulation dans l’entreprise. ED 975
[12] Travaux dans une atmosphère Signalisation de santé et sécurité.
appauvrie en oxygène. Préconisations pour Réglementation. ED 6293
la protection des travailleurs et prévention. Identification et manipulation des composés
ED 6126 peroxydables. ND 2163
[13] Mise en œuvre de la réglementation Plastiques, risques et analyse thermique.
relative aux atmosphères explosives (Atex). Base de données sur le site www.inrs.fr
Guide méthodologique. ED 945
[14] La prévention du risque électrique. Retrouvez l’essentiel de notre offre
Textes réglementaires relevant du Code du d’information sur le risque Incendie/
travail. ED 6187 Explosion dans le catalogue « Incendie et
[15] Charge des batteries d’accumulateurs explosion sur le lieu de travail. S’informer
au plomb. Prévention du risque explosion. pour prévenir » ED 4702
ED 6120
[16] EPI et vêtements de travail : mieux
comprendre leurs caractéristiques Autres publications
antistatiques pour prévenir les risques
d’explosion. NT 33 Référentiel Apsad R6. CNPP, 2013
[17] Le permis de feu. Démarche et Traité pratique de sécurité incendie,
document support. ED 6030 14e édition. CNPP, 2016

76
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) Toutes les publications de l’INRS sont téléchargeables sur
pour la prévention des accidents du travail et des maladies www.inrs.fr
professionnelles est une association loi 1901, créée en
1947 sous l’égide de la Caisse nationale d’assurance Pour commander les publications de l’INRS au format papier
maladie, administrée par un Conseil paritaire (employeurs Les entreprises du régime général de la Sécurité sociale
et salariés). peuvent se procurer les publications de l’INRS à titre gratuit
De l’acquisition de connaissances jusqu’à leur diffusion, auprès des services prévention des Carsat/Cramif/CGSS.
en passant par leur transformation en solutions pratiques, Retrouvez leurs coordonnées sur www.inrs.fr/reseau-am
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diffuser une culture de prévention dans les entreprises L’INRS propose un service de commande en ligne
et proposer des outils adaptés à la diversité des risques pour les publications et affiches, payant au-delà
professionnels à tous ceux qui, en entreprise, sont chargés de deux documents par commande.
de la prévention : chef d’entreprise, services de santé au
travail, instances représentatives du personnel, salariés… Les entreprises hors régime général de la Sécurité sociale
Toutes les publications de l’INRS sont disponibles en peuvent acheter directement les publications auprès
téléchargement sur le site de l’INRS : www.inrs.fr de l’INRS en s’adressant au service diffusion
par mail à service.diffusion@inrs.fr

Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail


(Carsat), la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-
de-France (Cramif) et les caisses générales de sécurité
sociale (CGSS) de l’Assurance maladie - Risques profes-
sionnels, disposent, pour participer à la diminution des
risques professionnels dans leur région, d’un service
Prévention composé notamment d’ingénieurs-conseils
et de contrôleurs de sécurité. Spécifiquement formés aux
disciplines de la prévention des risques professionnels et
s’appuyant sur l’expérience quotidienne de l’entreprise,
ces professionnels sont en mesure de conseiller et, sous
certaines conditions, de soutenir les acteurs de l’entreprise
(direction, médecin du travail, instances représentatives du
personnel, etc.) dans la mise en œuvre des démarches et
outils de prévention les mieux adaptés à chaque situation.
Les caisses assurent aussi la diffusion des publications
édités par l’INRS auprès des entreprises.

Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans


le consentement de l’INRS, de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants
cause, est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation
ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction, par un art
ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété
intellectuelle). La violation des droits d’auteur constitue une contrefaçon
punie d’un emprisonnement de trois ans et d’une amende de 300 000 euros
(article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).

© INRS, 2020.
Coordination : Florian Marc, Aline Mardirossian
et Benoît Sallé (INRS)
Édition : Katia Bourdelet (INRS)
Conception graphique : Julie&Gilles
Mise en pages : Valérie Latchague-Causse
Tous les ans, dans les entreprises, l’incendie fait
des victimes, cause plusieurs millions d’euros
de dégâts matériels et a souvent pour conséquence
de priver le personnel de son travail.
Aussi, la lutte contre l’incendie devrait tenir une place
importante dans l’ensemble des mesures propres
à améliorer les conditions de sécurité des locaux
de travail.
Cette brochure, après avoir rappelé les connaissances
de base sur l’incendie, donne des informations
sur les moyens de lutte, l’organisation des secours,
la formation du personnel et les mesures de prévention.

Démarche de prévention | Risque


Elle est principalement destinée aux acteurs
de la prévention et de la lutte contre l’incendie
sur les lieux de travail.

Incendie
et lieu de travail
Prévention
et organisation
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pour la prévention des accidents du travail dans l’entreprise
et des maladies professionnelles
65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris
Tél. 01 40 44 30 00 • info@inrs.fr

Édition INRS ED 990


2e édition | septembre 2020 | 5000 ex. | ISBN 978-2-7389-2551-0

L’INRS est financé par la Sécurité sociale


Assurance maladie / Risques professionnels
ED 990

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