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Comportement du béton sous sollicitation

dynamique
Effet de la vitesse de déformation sur la résistance du béton
L'augmentation de la résistance du béton en dynamique est observée la
première fois par Abrams en 1917.
Les charges peuvent être classées en fonction de la durée de maintien de
l’effort (la vitesse de charge). Il faut noter que l’échelle des vitesses de
chargement se transposerait à celle des vitesses de déformation en multipliant
le module d’élasticité considéré constant lors des essais dynamiques sur le
matériau testé.

Régimes de vitesses de déformation d’après Riisgaard


Facteur d’amplification dynamique DIF

L’effet de la vitesse de la déformation en compression et en traction est


caractérisé par un facteur d’amplification dynamique DIF (dynamic increase
factor), qui est le rapport résistance dynamique / résistance statique. Pour le
béton, le facteur DIF peut atteindre 2 en compression et jusqu’à 6 en traction.
Donc la résistance du béton augmente sous les charges dynamiques.

Effet de la vitesse de déformation en traction

Dans toutes les expérimentations, une haute résistance du béton à la traction


dynamique a été observée, par rapport au cas quasi-statique.

1971, Birkimer a mesuré les ondes de pression sur des cylindres de béton.
Les échantillons ont subi une charge explosive, les ondes de compression ont
traversé les échantillons et se sont réfléchies à l’extrémité des échantillons en
une onde de traction. Les échantillons ont été brisés par l’onde de traction. La
vitesse de déformation varie de 2 à 23 s-1.

1988,Les résultats de McVay sont obtenus par une explosion en face d’un
mur de béton. Deux facteurs DIF égaux à 6,7 et 7,1 sont obtenus avec des
vitesses de déformation 38 et 157 s-1.
Effet de la vitesse de déformation en traction

Rosse ont testé des échantillons béton cylindrique avec Split-Hopkinson


Pressure Bar en traction et compression. En traction, la vitesse de déformation
varie de 10-7 à 20 s-1. Les facteurs DIF obtenus atteignent une valeur de 6.47 qui
correspond à une vitesse de déformation de 17.8 s-1.
1987, John ont testé des échantillons de béton en traction avec la barre de
Hopkinson. Les vitesses de déformation varient de 5×10-7 à 70 s-1 soit un
facteur DIF égal à 4.8.

1992, John et Antoun ont obtenu des résultats par des tests d’explosion sur
des plaques en béton en traction uniaxial. Les valeurs du facteur DIF ont été
supérieures à la valeur de 3.
Règlement CEB

CEB (Comité Euro-international du béton) est fondé en 1953. Elle regroupe


environ 1350 membres individuels et membres participants aux commissions et
groupes de travail, représentant de 60 pays. Elle est composée de groupes
nationaux (pour la France, l’AFGC), de membres sponsors, de membres associés
(pour la France : LCPC, CERIB, CSTB, EDF, SNCF, COYNE et BELLIER,
RECTOR LESAGE) et de membres individuels.
Règlement CEB
Dans les formules proposées par le CEB, le rapport de la résistance
dynamique en traction ft sur la résistance en quasi-statique fts (DIF) est défini par
la relation suivante :
Effet de la vitesse de déformation en traction
Essais dynamique en traction
Essai de traction directe
Récemment des essais de caractérisation sur le dispositif d’essais aux barres
de Hopkinson de l’Université Technique de Delft ont été menés [Vegt et al.,
2006]. Des éprouvettes de 74 mm de diamètre et de 100 mm de longueur sont
collées entre les deux barres. La chute d’une masse génère un pulse de traction
dans la barre inférieure qui se propage vers le haut et charge ainsi le corps
d’épreuve de béton entaillé.
Essai de traction directe
La rupture est localisée au niveau de l’entaille et l’instrumentation permet
de mesurer la contrainte maximale ainsi que le comportement post-pic du
béton. Vegt et al. [2006] ont mené des essais sur des éprouvettes humides,
sèches et des éprouvettes ayant subies une cure à 50% d’humidité et à 20°C.
Ces résultats ont confirmé les mêmes tendances que celles relevées par
Toutlemonde [1994]. En effet, un DIF d’environ 1,6 (en moyenne) est observé
pour les éprouvettes sèches alors que le béton humide atteint un DIF
d’environ 3,1 à une vitesse de chargement d’environ 60 GPa/s.
Essai de traction directe au LEM3
Les éprouvettes cylindriques de granite et de béton sont testées au LEM3. Les
dimensions des éprouvettes sont de 46 mm de diamètre et 14 cm de longueur.
L'essai de traction directe dynamique est réalisé sur une presse hydraulique
avec une vitesse de jack de 0.2 m/s. Les éprouvettes sont collées sur des
casques aux deux extrémités. Ensuite, elles sont fixées entre deux rotules. Dans
cet essai, quatre extensomètres lasers sont utilisés pour mesurer le déplacement.

Coupures sur l'éprouvette après


l'essai de traction directe dynamique
Essai de traction directe au LEM3

L'objectif de cet essai est de tracer la courbe de contrainte axiale en fonction


de temps, afin de déterminer la vitesse de déformation et la vitesse axiale.

contrainte axiale en fonction de temps des


essais de traction directe dynamique

Vitesse
Contrainte Vitesse de
Éprouvette axiale Instrumentation
Ultime (MPa) déformation (/s)
(mm/s)
S6 6.2 0.051 7.1436 Jauge+Laser
S11 5.9 0.044 6.1947 Jauge+Laser
S12 2.4 0.025 3.5195 Jauge+Laser
S18 5.7 0.047 6.6503 Jauge+Laser
L’essai aux barres de Hopkinson
Un impact crée des ondes mécaniques et des ondes sonores. Cela peut
produire des ondes réfléchies et transmises qui peuvent apporter beaucoup
de bruit à la mesure si elles ne sont pas correctement maîtrisées. Les essais
aux barres de Hopkinson apportent une solution à ces problèmes grâce à la
géométrie particulière des barres utilisées : ce sont des cylindres de révolution
de très grande longueur (plusieurs mètres) qui constituent des moyens de
mesure adaptés à un domaine de vitesse de déformation très ciblé. Toutefois,
la mesure pour les gammes de vitesses de déformation considérées est de
très bonne qualité par rapport aux autres systèmes.
High-speed silhouette photographs recorded at various stages during a Taylor
test on a 76.2 mm rod at 187 m s-1.
Principe d’un essai aux barres de Hopkinson
Historiquement, cette technique de mesure est issue des travaux de la famille
Hopkinson [Hopkinson, 1914], qui en a fait une analyse complète et l’a
améliorée.
Le principe d’un essai aux barres de Hopkinson est de se servir de barres
cylindriques de révolution d’un matériau élastique donné et connu comme d’un
instrument de mesure pour connaître en tout point sa contrainte et sa vitesse au
cours du temps. On peut alors connaître pendant toute la durée d’un essai
comment les ondes se propagent dans les barres et en déduire quelles sont les
interactions aux interfaces entre l’´eprouvette et les barres pendant l’essai.
Principe d’un essai aux barres de Hopkinson
Le dispositif développé par [Kolsky, 1949] détermine les propriétés de
matériaux soumis à de grandes vitesses de déformation. Ce dispositif est connu
dans la bibliographie internationale sous le terme de Split-Hopkinson Pressure
Bars (SHPB) mais aussi Kolsky Bars.

Dispositif d’essai de compression dynamique aux barres de Hopkinson

On dispose donc de deux barres : une barre d’entrée et une barre de sortie,
entre lesquelles est placée l’éprouvette. Une onde de contrainte en
compression est appliquée sur la barre d’entrée via un projectile lancé à une
vitesse donnée pour transférer une énergie cinétique prédéterminée suivant
l’essai et écraser l’échantillon contre la barre de sortie. Des jauges de
déformations placées sur les barres permettent d’obtenir les signaux de mesure
de l’essai.
Hypothèses et conditions

Propagation unidirectionnelle : Plusieurs types de propagation des ondes


peuvent coexister dans les barres. La méthode utilisée pour obtenir les ondes
en compression (ou traction) au cours de ces essais fait que l’on considère
qu’il n’y a principalement que des ondes planes unidimensionnelles dont l’axe
de propagation est l’axe principal des barres.

Equilibre des efforts : S’assurer qu’il y a équilibre des efforts d’un côté et de
l’autre de l’´eprouvette permet d’identifier le comportement de façon simple
dans l’´eprouvette pour un essai aux barres de Hopkinson. Cet équilibre
donne accès à la contrainte dans l’éprouvette de manière directe. Avoir des
efforts aux interfaces non équilibrés nécessiterait de procéder à un
d’écouillement inverse, ce qui amènerait plus de complications parce qu’il
faudrait faire des hypothèses supplémentaires.

Interfaces barres – éprouvette : Les interfaces entre les barres et


l’éprouvette ont une influence sur le bon déroulement et sur le dépouillement
de l’essai. On fait l’hypothèse d’interfaces parfaites lors du dépouillement.
Faire cette hypothèse nécessite alors de prendre quelques précautions,
suivant qu’on fait de la compression ou de la traction.
Théorie de la propagation des ondes

Ondes élastiques dans un barreau élastique


La propagation d’une onde élastique peut s’écrire dans le cas d’une onde
de traction comme dans le cas d’une onde de compression (seul le signe
change). On fait alors l’hypothèse d’une barre cylindrique de révolution
constituée d’un matériau homogène et élastique, de module d’Young E. On
considère ici la propagation d’une contrainte unidirectionnelle. Les effets de
cette propagation dans le sens transverse sont négligés. Un projectile avec
une vitesse V, lancé contre la barre qui, avant contact, se trouve dans un état
tel que sa vitesse et sa contrainte sont nuls en tous points.

Impact d’un projectile sur un


barreau cylindrique semi-infini
Etude du rapport d’impédance R

Ce cas n’est pas à considérer ici puisque cela signifie que la barre d’entrée a
une impédance très faible par rapport à l’éprouvette, ce qui n’est pas pertinent
(il paraît évident qu’on ne peut pas faire un essai aux barres de Hopkinson avec
des barres dont l’impédance mécanique est beaucoup plus faible que celle de
l’éprouvette testée).

c’est-à-dire que si l’impédance mécanique de l’éprouvette est négligeable par


rapport à celle de la barre d’entrée, on peut presque considérer l’interface
comme un bord libre de la barre d’entrée : toute la contrainte incidente est
réfléchie, rien n’est transmis. Ces deux cas ne sont donc pas du tout favorables
à un essai aux barres de Hopkinson.

la transmission de la contrainte incidente est intégrale. Tout se passe alors


comme s’il n’y avait pas d’interface. Ce cas n’est pas non plus recommandé car
il signifie qu’il faut que le niveau de contrainte soit le même dans les barres et
dans l’éprouvette. Comme les barres doivent rester dans leur domaine élastique,
si la limite élastique de l’éprouvette est du même ordre que celle des barres, on
déformera de façon permanente les barres pour pouvoir plastifier l’éprouvette.
Ceci est bien sûr à éviter.
Etude du rapport d’impédance R

Ceci va permettre de marquer de façon nette l’interface entre les barres et


l’éprouvette. On va avoir ainsi une contrainte transmise et une contrainte
réfléchie qui vont apparaître à l’interface SI. De nouvelles contraintes
réfléchies et transmises vont être crées à l’interface SO, entre l’éprouvette et
la barre de sortie. L’éprouvette va alors être chargée en contrainte après
plus aller-retour d’ondes entre SI et SO.

Choix du bon rapport d’impédance


Ainsi, un rapport d’impédance pour un essai aux barres de Hopkinson est
satisfaisant si :

– le niveau de la contrainte incidente arrivant par la barre d’entrée est


suffisamment grand pour avoir un rapport signal/bruit des jauges satisfaisant,
– le niveau de la contrainte incidente est suffisamment bas pour être sûr de
ne pas détériorer les barres,
– le niveau de la contrainte obtenue est satisfaisant pour réaliser l’essai (par
exemple si on désire plastifier l’éprouvette ou l’amener à la rupture).
Essai de traction grâce aux barres de Hopkinson
Vers 2001, Cadoni a étudié l’évolution de la résistance en traction dynamique
grâce au montage basé sur le principe des barres de Hopkinson installé au Joint
Research Center d’Ispra. Cet immense montage (plus de 100 m) utilise des
câbles tendus qui sont quasi-instantanément relâchés pour générer et faire
propager un pulse de traction à travers plusieurs barres de Hopkinson
instrumentée jusqu’à l’éprouvette cubique de 200 mm de côté

Les résultats mettent en relief l’influence de l’eau libre sur la résistance du


béton. La contrainte maximale de traction passe de 3,3 MPa en QS à 5,5 MPa
pour le béton sec alors que le béton humide voit sa résistance de 3 MPa en QS
augmenter jusqu’à 9,3 MPa à 10/s.
Essai de traction grâce aux barres de Hopkinson (ENS Cachan)
Il s’agit ici de déformer élastiquement une partie de la barre d’entrée en y
appliquant un effort statique à une extrémité et une condition limite en
déplacement nulle (frein) en un point de la barre. L’énergie élastique est
alors stockée entre ce point et l’extrémité de la barre. La condition limite en
déplacement est alors supprimée de la façon la plus rapide possible et
l’énergie élastique se propage dans tous le système sous forme d’une onde
de contrainte en traction vers l’éprouvette et d’une onde de décharge vers le
point d’application de l’effort statique.
Essai de traction grâce aux barres de Hopkinson (ENS Cachan)
L’essai se déroule en trois étapes :
1. La barre d’entrée est serrée en un point afin de pouvoir stocker de l’énergie
élastique d’un seul côté de la barre,
2. On applique un effort quasi-statique initial dans la barre d’entrée dans la partie
opposée à celle de l’éprouvette. Une énergie élastique est alors stockée dans
cette partie,
3. On augmente l’effort au
point de serrage afin
d’amener le fusible du
dispositif de serrage à
rupture. Cette rupture
entraîne une libération de
l’énergie élastique
préalablement
emmagasinée et la
propagation d’une onde de
contrainte en traction vers
l’éprouvette.
Essai de traction grâce aux barres de Hopkinson (ENS Cachan)
Chaîne de mesure

Les jauges de déformation sont


montées sur un pont complet de
Wheatstone et le signal mesuré
correspond alors à la variation de
la tension d’équilibre du pont qui
est amplifié par la carte
d’acquisition.
L'essai de traction dynamique par écaillage
Le principe de l’essai d’écaillage consiste à charger l’une des faces
extrêmes d’une éprouvette cylindrique par un pulse de compression, ce pulse
se propageant alors dans l’échantillon. L’onde de compression arrive au bord
libre de l’échantillon où elle est réfléchie en pulse de traction. Lorsque
l’amplitude du pulse réfléchi de traction dépasse celle du pulse incident de
compression, une impulsion de traction très rapide au sein de l’échantillon se
développe conduisant à l’endommagement voire la rupture par écaillage
lorsque la résistance à la traction du béton est atteinte. La technique remonte à
la fin de la première guerre mondiale.

1923, Landon et Quinney utilisèrent une charge explosive collée à l’extrémité


d’une barre en béton de 914 mm de longueur et 76 mm de diamètre. Cet
essai réduit en poussière 130 mm de béton du côté de l’explosif, le reste fut
fragmenté en cinq morceaux. La vitesse d’éjection des fragments fut déduite
des distances horizontales et verticales de
projection permettant ainsi d’évaluer le profil
approximatif de pression initiale le long de la
barre. Le temps de chargement et la forme du
pulse n’étaient alors pas mesurés.
L'essai de traction dynamique par écaillage

1966, Goldsmith recourant à des impacteurs sphériques en acier projetés


par des canons à air comprimé sur des barres de Hopkinson en béton
suspendues. Cette méthode d’impact direct sur l’échantillon a permis à
Birkimer et Lindermann [1971] d’atteindre des vitesses de déformation de 3 à
25 s-1. La déformation au cours de l’essai est mesurée à partir des jauges
collées sur l’échantillon.
L'essai de traction dynamique par écaillage au LEM3, 2001
2001, le montage de Klepaczko et Brara, dérivé de l’essai classique aux
barres de Hopkinson, n’utilise que le projectile et la barre d’entrée. L’impacteur
vient frapper la barre provoquant la propagation d’une onde incidente de
compression dans la barre. À l’arrivée du chargement incident au niveau de
l’interface barre-échantillon, une partie de l’onde est réfléchie dans la barre et
l’autre partie est transmise à l’éprouvette. Ce pulse ayant une longueur d’onde
supérieure à la longueur de l’éprouvette se propage jusqu’à arriver au niveau de
la face libre où elle est réfléchie en onde de traction qui se développe pouvant
mener à l’écaillage du cylindre de béton.
L'essai de traction dynamique par écaillage au LEM3, 2001

L’instrumentation utilisée par Klepaczko et Brara était composée d’une part


de jauges de déformation placées sur la barre d’entrée destinées à mesurer les
chargements incident et réfléchi dans la barre. D’autre part, un dispositif
permettant de réaliser un film de la séparation des fragments de l’éprouvette à
partir de plusieurs photos a été utilisé pour évaluer la vitesse des fragments.
L'essai de traction dynamique par écaillage au LEM3, 2001
La résistance dynamique de l’éprouvette est identifiée en utilisant deux
approches. La première consiste à utiliser les signaux de jauges pour
déterminer l’onde transmise à l’éprouvette en procédant à un transport d’onde.
Le chargement étant connu, il est alors possible de reconstruire l’historique de
la contrainte axiale dans le cylindre de béton. Afin de déterminer la résistance
dynamique, Klepaczko et Brara ont supposé le matériau comme parfaitement
élastique jusqu’à la rupture. Ils ont donc relevé la position du plan d’écaillage
supposé s’être formé
le premier et ils ont
ensuite déterminé
l’instant où la
contrainte de traction
est maximale dans
l’échantillon au
niveau du plan
d’écaillage
L'essai de traction dynamique par écaillage au LEM3, 2001
La seconde méthode de dépouillement, consiste à observer les images de la
fragmentation afin de déterminer la vitesse de séparation des fragments après
la rupture. Cette vitesse est alors utilisée pour déterminer la résistance en
traction dynamique σdyn correspondante :

avec

Les résistances dynamiques en


traction ont été obtenus sur des
éprouvettes de béton MB50 sèches et
humides. Des DIF de traction de plus de
10 sont obtenus pour les bétons humides
à un peu plus de 100/s (soient des
résistances dynamique de traction
atteignant plus de 50 MPa) et d’environ 8
au maximum pour les éprouvettes
sèches à 100/s, cette différence peut
s’expliquer par la présence d’eau libre
dans le béton.
L'essai de traction dynamique par écaillage
2007, Weerheijm et Van Doormaal ont procédé à des essais d’écaillage sur
un béton ayant une taille maximale de granulats de 8 mm. Une charge
explosive sert à générer le pulse incident de compression.
Cette technique est suffisamment
reproductible mais ne permet pas de faire
beaucoup varier la forme et la durée de
l’onde de chargement. Durant ces essais,
une forte instrumentation du corps d’épreuve
par des jauges de déformation a été utilisée.
Un DIF moyen de 5,3 pour une vitesse de
déformation moyenne de 22,5/s a été relevé.
L'essai de traction dynamique par écaillage
2006, Schuler a utilisé un montage d’écaillage aux barres de Hopkinson
utilisant un projectile cylindrique pour générer le pulse incident. Un
accéléromètre est placé sur la face arrière de l’éprouvette afin de mesurer la
vitesse particulaire à cet endroit. La résistance dynamique et l’énergie de rupture
ont été particulièrement étudiées.

L’intégration du signal délivré par l’accéléromètre donne l’allure de la vitesse


en face arrière dont la forme est caractéristique de cet essai : un rebond de
vitesse intervient ce qui témoigne de l’endommagement dynamique créé par
écaillage. La fin du chargement est réfléchie sur le plan écaillé et revient donc
vers la face arrière où elle provoque cette remontée de la vitesse. Schuler
utilisèrent une formule introduite par Novikov et al. [1966] pour dépouiller des
essais d’impact de plaques menés sur des matériaux métalliques. Cette relation
est une approximation acoustique linéaire. La résistance dynamique est
L'essai de traction dynamique par écaillage

Des éprouvettes de Ø 75 mm et de 250 mm de longueur entaillées ou non-


entaillées ont été sollicitées à des vitesses de chargement allant de 20/s à 94/s.
Des DIF allant de 4 à 5,5 ont été obtenus dans cette gamme. De plus, Schuler
relèvent une augmentation de l’énergie de rupture déterminée à partir de la
reconstitution de l’historique du chargement dans l’éprouvette et d’images de la
fragmentation obtenues par caméra rapide.
L'essai de traction dynamique par écaillage au LEM3, 2007

Ce dispositif est composé d'un projectile, d'une barre de Hopkinson et d'une


éprouvette cylindrique principalement. L'éprouvette est positionnée au bout de la
barre de Hopkinson. Le projectile impacte la barre de Hopkinson et un pulse de
compression est généré. En suite, ce pulse de compression se propage dans la
barre. Jusqu'à l'interface barre-éprouvette, une partie de pulse de compression
transmis dans l'éprouvette et l'autre partie de pulse est réfléchi dans la barre de
Hopkinson. Le pulse transmis se propage dans l'éprouvette jusqu'à se réfléchir
en pulse de traction sur la surface libre dans la direction opposée. Ce pulse de
traction amène la rupture de l'éprouvette. [Erzar & Forquin]
L'essai de traction dynamique par écaillage au LEM3, 2007
Le dispositif expérimental d'essai d'écaillage est composé d'un réservoir, d'une
vanne rapide, d'un tube lanceur et d'une barre de Hopkinson qui a 1.5 m de
longueur et 46 mm de diamètre.

Avant faire l'essai, le projectile en alliage d'aluminium est inséré dans le tube
lanceur. La surface de contact de l'éprouvette est collée à l'extrémité de barre
de Hopkinson. La caméra ultra-rapide et l'éclairage sont utilisés pour filmer le
comportement dynamique de l'éprouvette. Deux extensomètres sont utilisés
lasers pour déterminer la vitesse matérielle.
L'essai de traction dynamique par écaillage au LEM3, 2007

Éprouvettes granite et béton après l'essai d'écaillage

Fissures sur l'éprouvette après l'essai d'écaillage


Essais d’écaillage plan au LEM3
Une nouvelle configuration a été mise au point pour réaliser des essais
d’écaillage. Un adaptateur fabriqué dans le même alliage d’aluminium que la
barre a été dimensionné à l’aide de simulations numériques afin de passer de
la partie cylindrique du bout de la barre à une section rectangulaire sans
entraîner de fortes réflexions d’ondes qui pourraient perturber le chargement
de l’éprouvette et les mesures. Les éprouvettes de MB50 testées sont
parallélépipédiques de dimensions : 20 x 60 x 120 mm3.
Effet de la vitesse de la déformation en compression

L’effet de la vitesse en compression du comportement du béton est


couramment caractérisé par les essais aux barres de Hopkinson (essai SHPB,
Split Hopkinson Pressur Bars) et le modèle CEB.

Règlement CEB

Pour le modèle CEB, le rapport de la résistance dynamique en compression


fc sur la résistance en quasi-statique fcs (DIF) est défini par la relation suivante :
Effet de la vitesse de la déformation en compression
La synthèse des essais réalisés par Bischoff et Perry exprime bien
l’augmentation de résistance des bétons en fonction du facteur d’amplification
des contraintes DIF (fcs / fc ). L’échelle des vitesses de sollicitation est sous
forme logarithmique.
Dans le modèle CEB, la résistance du béton est plus faible, le facteur
d’amplification DIF est plus supérieur. La courbe DIF-ε rate est bilinéaire avec
un changement de pente proche de 30 s-1.
Essai de compression grâce aux barres de Hopkinson

La technique des barres de Hopkinson a utilisé un projectile, une barre dite


« d’entrée » et une barre « de sortie », toutes deux instrumentées de jauges de
déformation. Le projectile frappe la barre d’entrée générant ainsi un pulse de
compression. Cette onde se propage et atteint l’interface barre/échantillon.
Une partie est transmise et l’autre est réfléchie. Le pulse transmis génère un
chargement de compression dynamique dans l’éprouvette. L’observation des
signaux obtenus par les jauges situées sur la barre d’entrée et sur la barre de
sortie permet de reconstituer l’historique du chargement subi par l’éprouvette.
Essais quasi-oedométriques au LEM3
Durant l’essai quasi-oedométrique, une éprouvette cylindrique de béton est
chargée axialement alors que l’on empêche son gonflement grâce à une
cellule très rigide. Cette cellule sont instrumenté par des jauges de
déformation afin d’identifier l’historique du chargement et déterminer la
pression de confinement qui intervient sur la surface de l’éprouvette. Grâce à
une résine, ces auteurs ont pu limiter au maximum les jeux entre le cylindre de
microbéton MB50 testé et la cellule d’acier.
Essais quasi-oedométriques au LEM3
Forquin et al. ont montré que cette technique est applicable en dynamique en
plaçant le montage sur un dispositif classique de barres de Hopkinson. Les
travaux de Forquin ont notamment permis de mettre en exergue que la réponse
à un essai quasi-oedométriques est faiblement dépendante à la vitesse de
déformation pour les bétons secs. Pour les bétons saturés, ces auteurs ont
relevé un effet important de l’eau libre.
Essai d'impact
2008, Beppu et al. ont réalisé des essais d’impact sur des plaques de béton
de section 500 x 500 mm2 en faisant varier l’épaisseur de 30 à 130 mm. Le
lanceur à gaz utilisé a propulsé un projectile en forme de champignon à des
vitesses d’impact allant de 200 à 500 m/s.

(a) Lanceur à air comprimé utilisé pour propulser

(b) le projectile à des vitesses de 200 à 500 m/s


Essai d'impact

Trois mécanismes ont été particulièrement étudiés pour ces différentes


conditions d’essais : la cratérisation sur la face avant (cratering ou scabbing), la
perforation et la formation d’un cratère en face arrière (spalling). Avec cette
forme de projectile, le processus de perforation est clairement lié à la formation
des cratères.

Niveaux d’endommagement des plaques de béton impactées :


(a) cratérisation, (b) écaillage et (c) perforation
Essai d'impact

En effet, Beppu et al. ont reporté trois niveaux d’endommagement obtenus au


cours de leurs essais. La formation des cratères en face avant et d’écaillage qui
résulte de la réflexion du chargement sur la surface libre générant un
endommagement en traction, semble ici prépondérant pour la perforation de la
plaque de béton par le projectile.
Essai d'impact

Forquin et al. [2005,2008] ont réalisé des essais d’impact balistique dans
des cibles de mortier renforcées ou non par des particules d’alumine.
Propulsés par un lanceur à gaz, des projectiles cylindriques (Ø = 5,3 mm et
Lproj = 8 mm) en acier ont impacté à des vitesses comprises entre 750 et 770
m/s deux types de mortier encapsulés dans un boitier de confinement
permettant de conserver les fragments.
Essais d’impact sur mortier
En infiltrant les blocs impactés par une résine hyperfluide colorée, la
fissuration induite par la pénétration du projectile a été révélée.

- Phase 1 : « scabbing » : fissuration en assiette en face avant


- Phase 2 : « tunneling » : pénétration du projectile
- Phase 3 : si perforation de la cible => « spalling » : écaillage en face arrière
Impact sur la tranche au LEM3
Lorsqu’une dalle de béton est soumise à l’impact d’un projectile rigide, une
fissuration intense est généralement observée au cœur de la cible. Afin d’étudier
cette fragmentation provoquée par impact, une configuration dite « d’impact sur la
tranche » a été imaginée à l’Ernst Mach Institute en Allemagne et au Centre
Technique d’Arcueil (DGA). Cet essai a pour but initial de reproduire en deux
dimensions la sollicitation produite par un impact balistique afin de pouvoir
visualiser la fragmentation de matériaux fragiles. Ce type d’essais a été mené sur
le verre, les céramiques, les roches ainsi que les bétons à ultra-hautes
performances.
Impact sur la tranche au LEM3
L’impact d’un projectile cylindrique génère dans la cible la propagation d’une
onde. La zone d’impact est endommagée en compression, on remarque qu’un
nombre important de fissures radiales sont formées plus loin dans la cible. En
effet, le chargement entraîne le déplacement radial de la matière menant à
l’apparition de contraintes de traction dans la direction orthoradiale qui sont à
l’origine de la fragmentation observée.
Deux configurations ont été utilisées : une première configuration dite ouverte
qui permet de visualiser le processus d’endommagement dynamique en utilisant
une caméra rapide,
Impact sur la tranche au LEM3
une seconde configuration appelée sarcophage qui consiste à encapsuler la
plaque du matériau testé dans un boitier afin de conserver les fragments
proches de leur position initiale. Forquin [2003] a appliqué cette technique au
béton en utilisant un système de confinement dynamique dans la zone d’impact
pour limiter l’endommagement de compression et améliorer la propagation de
l’onde de chargement, favorisant de la même façon la fragmentation du carreau
de béton. Ce système de confinement est constitué d’un demi-cylindre de
tungstène et d’une demi-couronne d’acier qui par leur seule inertie augmentent
la pression dans la zone de contact projectile-éprouvette.
Impact sur la tranche au LEM3
L’infiltration post mortem des éprouvettes impactées permet alors de révéler
la fissuration induite et ainsi évaluer les densités de fissures dans la zone de
contact projectile-éprouvette, mais aussi loin du point d’impact.
Impact sur la tranche au LEM3

Faciès post mortem de carreaux de MB50 (a) sec et (b) humide après un essai
d’impact sur la tranche en configuration sarcophage
Essais de cisaillement confiné dynamique au LEM3

The Punch-Through Shear (PTS) test [Montenegro, Sfer, Carol, 2007]

L’essai PTS développé au LEM3 [Forquin et al, 2011; 2012]


Essais de cisaillement confiné dynamique au LEM3

Analyse post-mortem :
béton R30A7 humide

Presse hydraulique rapide Zwick


(vitesse maximale : 4 m/s)
Essais de cisaillement confiné dynamique au LEM3

The SHPB Split Hopkinson Pressure Bar device


Essais de cisaillement confiné dynamique au LEM3
Approche mésoscopique
A cause de très forte hétérogénéité, il existe la complexité du comportement du
béton. La représentation du matériau à l'échelle mésoscopique peut modéliser
naturellement le contraste des propriétés entre matrice et granulats du béton.

Problème Béton : Matériau Composite

Matrice (Généralement ciment)


Agrégats (Différents types, Différentes tailles)
Pores

3 entités réparties 3 caractéristiques mécaniques différentes


aléatoirement

Deux principes pour construire la microstructure :


- Les techniques de tomographie :
- Techniques numérique : Approche classique: génération aléatoire
Approche directe
L'image peut être découpée en trois phases en utilisant les techniques de
traitement d'image: pâte (matrice), granulats et la zone de transition entre pâte et
granulats (ITZ). Par contre, il existe les désavantages: cette méthode est très
limitée et coûteuse qui nécessite une approche expérimentale avec analyse des
échantillons de béton.
Segmentation
Images des images
X-Ray CT scan +
Maillage

Simulation sur Model Eléments


Résultats
logiciel E.F. Finis

L'approche directe peut être réalisée par trois façons:


① Obtenir une représentation en 2D par scanner un échantillon de béton poli;

② Utiliser le microscope électronique à balayage d'une éprouvette de béton;

③ Obtenir une représentation en 3D par les techniques de tomographie.


Approche directe

Scans (University of Manchester ) Cone de Rayons-X

Source de Rayons-X

Filtre de Cuivre
Ne pas bouger l’éprouvette Epaisseur: 2.5mm
entre chaque scan

Eprouvette
Détecteur
CCD
Ne pas utiliser de matériau
plus dense que le béton Mousse
basse densité
Approche directe
Approche directe

Images Scannées
3143 images par scan (images
latérales)

1 image par seconde (50 min


d’acquisition par scan)
Rotation d’environ 0.12° par
image

Stack d’images: 23 GB

Image latérale issue du Scan


Pores
Reconstruction des images

Orthoslice (Image reconstruite)

Matrice Agrégats

Eprouvette complète
reconstruite
Reconstruction des images

Résolution: 0.3mm Résolution: 0.4mm Résolution: 0.5mm

Résolution: 0.4mm Résolution: 0.5mm


Réduction du bruit Réduction du bruit
Maillage

Choix de l’élément

Basique Complexe

4 nœuds 10 nœuds
1 point d’intégration 4 points d’intégration

• Pour le même résultat, moins d’éléments complexes nécessaires

• Temps de Simulation Complexes = 10 x Temps Simulation Basiques


Maillages E.F. créés
4 Phases

Pores Agrégats

Matrice

Interface Transition Zone


(ITZ)
Simulation avec Modèle EF

Maillage

Fissuration après le
calcul EF
Amélioration du maillage
Les coordonnées des limites (pour définir les frontières) et de l'intérieur du
domaine (points intérieurs) sont obtenues en choisissant directement certains
points numérisés sur l'image [Wang, 1994]. Une méthode de triangulation de
Delaunay est utilisée pour lier les points intérieurs et les frontières an de créer
des éléments. Le programme OOF du National Institut of Standards and
Technologie, qui avait été utilisé dans La Borderie [La Borderie et al., 2007] pour
créer le maillage à partir d'une image scannée, fait partie de cette famille de
méthode.

Géométrie des granulats Détail du maillage du modèle de Pedersen


[La Borderie et al., 2007] [Pedersen et al., 2007]
Approche numérique

Les modèles développés dans Bazant, Schlangen et Van Mier, ou Mounajed


dans le code Symphonie du CSTB - Centre Scientifique et Technique du
bâtiment ([Bazant et al., 1990], [Schlangen and Van Mier, 1992], [Mounajed,
2002]) sont les premières générations aléatoires de béton numérique: les
granulats sont parfaitement sphériques. Les granulats de différentes tailles
sont placés de façon aléatoire dans l'échantillon comme dans le béton réel.

Modélisation de bétons numériques bi-phasique en 2D (a) et 3D (b) et


modélisation d'un squelette granulaire dans un cube (c)
Approche numérique
Il existe les modèles [Leite et al., 2003, Hafner et al., 2006] qui ont été
développés pour des granulats sphériques ou ellipsoïdaux. Par contre, ce sont
des formes idéalisées de granulats, non réalistes.

Wang [Wang et al., 1999] a également développé une procédure pour


générer une structure aléatoire pour les granulats sphériques et angulaires.
Approche numérique
Plusieurs méthodes sont utilisées pour modéliser le béton à l'échelle
mésoscopique:

- Méthode des éléments discrets


- Méthode de treillis
- Méthode par éléments finis

Méthode des éléments discrets


La méthode des éléments discrets (DEM) a été utilisée pour étudier la
propagation des fissures dans les géomatériaux en utilisant des modèles de
particules formulés préalablement pour simuler l'interaction de particules
rigides en contact, comme dans les sables. Dans ce type de modèle, la loi
d'interaction de contact est très simple et le comportement global n'est pas
contrôlé par la relation force déformation au contact, mais plutôt par des
restrictions cinématiques (verrouillage des grains).
Méthode des éléments discrets

La forme des particules est alors un paramètre très important. Les différentes
formes envisagées, en 2D : particules circulaires, polygonales, elliptiques ou
clusters (amas des particules).
Modèles de treillis

Le modèle « réseau de poutres » est l'un des plus populaires pour expliquer
la rupture dans le béton à l'échelle mésoscopique. Ces réseaux peuvent être
carrés, triangulaires ou aléatoires. La rigidité des poutres et leur résistance sont
choisies pour représenter les différentes phases de matériau réel, la matrice, les
granulats et l'interface. La contrainte de traction est calculée dans chaque
poutre. Lorsqu'elle est supérieure à la résistance en traction, l'élément de poutre
est supposé cassé et est éliminé du treillis.
Méthodes par éléments finis
Méthode de Caballero

La méthode de Caballero et al. [2006] repose sur la décomposition de


l'échantillon en, répartis entre les deux phases puis maillés classiquement par
des tétraèdres. Elle ne permet pas une représentation de la granulométrie réelle
puisque la décomposition est réalisée en une seule fois à partir d'une grille
homogène.
Méthodes par éléments finis
Méthode de Wriggers et Moftah, 2006

La méthode choisie par Wriggers et Moftah part d'une distribution préalable


de granulats sphériques et maille séparément les 2 phases avec des
tétraèdres. La difficulté technique réside dans le respect des nœuds à
l'interface des maillages.
Méthodes par éléments finis
Modèle de Jerier, 2008

Cette méthode consiste à partir d'un maillage de cubes réguliers et à reporter


dessus une distribution de granulats, dont les formes seront donc approximées
par des cubes.
Modélisation mésoscopique des essais
d’écaillage au LEM3 Maillage

Modélisation de l’essai 23w (120/s, σspall = 13,4 MPa)

[Erzar et Forquin, 2010]

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