Vous êtes sur la page 1sur 8

Chapitre 5 

: la fonction financière :

Gestion financière = science des décisions permettant d’évaluer et de sélectionner les ressources
financières qui doivent équilibrer les besoins des différents cycles de l'entreprise, offrir des
opportunités de placement des excédents de trésorerie et permettre une couverture des risques.

Pour ce faire, la gestion financière utilise les informations de la comptabilité financière pour établir
un diagnostic de la situation financière :

- Les ressources couvrent-elles les emplois ?

- L'entreprise est-elle solvable (problème de la liquidité mesurée par le niveau de trésorerie) ?

-L'entreprise est-elle rentable (problème de la création de valeur mesurée par le rapport entre la
richesse créée et les capitaux mobilisés pour créer cette richesse) ?

Taux de rentabilité ou Return On Assets = évalue le rendement des actifs investis par l’entreprise :

ROA = Résultat net / Actif total

Résultat net = CA et autres ressources – charges totales - impôts

Ce ratio doit être supérieur à 1-2.

On peut augmenter la rentabilité via l’accroissement des marges (hausse des prix et ou baisse des
coûts), augmenter le volume de vente, ou les deux à la fois.

Taux de rentabilité financière ou Return On Equity = évalue le rendement des capitaux investis dans
l’entreprise par les actionnaires :

ROE = Résultat net / Capitaux propres

À partir de ce diagnostic, les dirigeants prennent des décisions stratégiques visant à assurer la
pérennité de l'entreprise (quels investissements, comment les financer…).
I)- Besoins et modes de financements :

A) - Le financement externe des investissements :


- Les emprunts bancaires classiques à moyen et long terme constituent le mode de financement
externe le plus courant notamment pour les PME-PMI (rôle du Crédit d'Équipement des PME).

- Emprunts obligataires = emprunts à long terme d'un montant important, divisé en parts égales,
matérialisées par des titres appelés obligations, cotées en bourse (pour ne pas demander une grosse
somme à la banque, en demandant des plus petites banques à une multitudes d’acteurs sur les
marchés).

- Le crédit-bail (ou leasing) = contrat de location d’un bien mobilier (ex : machine) ou immobilier à
durée déterminée entre un crédit-bailleur et un locataire. À l’échéance du contrat, le locataire peut
s’il le souhaite, devenir propriétaire du bien loué, renouveler le bail, ou restituer le bien en crédit-
bail.

Ce mode de financement est utilisé pour des investissements coûteux et ou rapidement obsolètes.
B) - Le financement interne des investissements, par fonds propres :
- Les apports des associés :

 À la création de l'entreprise (les associés apportent un capital social en nature ou


numéraire). Obligatoire pour les sociétés de capitaux (S.A. ; SARL ; SAS ; utile en cas de prêts
aux banques).
 Pendant le développement de l'entreprise : augmentation de capital par d’anciens ou de
nouveaux associés afin de satisfaire des besoins d'investissement ou d’assainir les finances
(absorbée des dettes ou des pertes antérieures = recapitalisation).

- La capacité d'autofinancement (ou CAF = produits encaissables – charges décaissables, ce qui


exclue les amortissements, dépréciations et provisions).

CAF = trésorerie potentielle (si toutes les créances et toutes les dettes sont réglées) générée par
l'activité normale de l'entreprise.

- L'autofinancement (= CAF – dividendes distribués).

L'autofinancement = trésorerie potentielle générée par l'activité normale de l'entreprise après avoir
rémunéré les associés.

Répartition de l’autofinancement :
- Les nouveaux modes de financement :

Les PME/ETI ont largement recours à l’autofinancement et aux crédits bancaires pour leur
financement. Le durcissement des conditions d’octroi des prêts, conduit les entrepreneurs à
s’orienter vers de nouvelles formes de financement :

(1) - Le recours aux financements internes :

- Les free cash-flows (ressources propres issues du cycle d'exploitation)

- Les techniques de refinancement (cession d'actifs = désinvestissement= « lease-back »)

- L’augmentation de capital par les actionnaires.

(2) - Le recours aux financements externes :

- Via l’ouverture du capital à de nouveaux actionnaires. Au début, l’entreprise a généralement


recours au capital de proximité, provenant des proches (famille, amis) soit en prêt sans intérêt soit
en capital et aux aides gouvernementales prenant la forme de réductions fiscales, crédits d’impôts,
subventions,

- Via le capital investissement (private Equity) = prises de participations majoritaires ou minoritaires


dans le capital de PME généralement non cotées.

Le financement porte sur quatre segments : le capital-innovation, le capital-développement, le


capital-transmission et le capital-retournement.

Il peut être présent tout au long de son cycle de vie de l’entreprise :


- Via le recours aux Business Angels = investisseurs privés qui engagent une part de leur propre
patrimoine dans des entreprises en phase de création sur des secteurs très innovants (bio Tech, NTIC,
…) à fort potentiel. = investissements risqués.

Leurs responsables sont souvent d’anciens entrepreneurs ou cadres dirigeants, et apportent en


complément de fonds en capital, leur expérience, un soutien opérationnel et un réseau relationnel
au profit de la société.

(3) - Les financements alternatifs et innovants :

- Les fonds d’investissement étrangers

- Les offres obligataires dédiées aux PME : Initial Bound Offering (IBO)

- Le financement participatif ou Crowfunding = plateformes de financement accessibles par Internet


et sollicitant les particuliers pour des placements de valeurs parfois assez modestes (quelques
dizaines d’euros) destinés à des PME éprouvant des difficultés à se financer par les systèmes
bancaires classiques dans un contexte de crise économique et financière.

- L’introduction en bourse (IPO) 

- Les prêts d'honneur

- Les plans d’épargne en actions PME.

II) – Besoin et modes de financement de l’exploitation :


Le besoin de financement du cycle d’exploitation = différences entre les besoins nés des temps de
stockage et de production (valeur non encore vendue par l’entreprise), des délais de paiement
accordés aux clients et les ressources procurées par les crédits obtenus des fournisseurs.

= Besoin en Fonds de Roulement d’Exploitation = stocks + créances – dettes d’exploitation


(fournisseurs).

Pour les entreprises industrielles ce B.F.R.E. est positif (> 0) ; Pour les entreprises commerciales (pas
de créances) le B.F.R.E. est en général négatif (< 0).

Comment financer le B.F.R.E ?

- Le recours au F.R.N.G. et à la trésorerie passive : les investissements (actifs stables) doivent être
financés par des ressources stables appelées capitaux permanents.

Capitaux permanents = capitaux propres (apports des associés et réserves) + dettes financières (long
terme).

Le Fonds de Roulement Net Global = ressources stables restantes après financement des actifs
stables :

Fonds de Roulement Net Global = Capitaux permanents – actif immobilisé


Trésorerie (disponibilités) = F.R.N.G. – B.F.R.E.

 Si F.R.N.G. > B.F.R.E = trésorerie positive


 Si F.R.N.G. < B.F.R.E = trésorerie négative
 Si F.R.N.G. = B.F.R.E = trésorerie nulle

Le B.F.R.E. est donc financé principalement par le F.R.N.G. Dans le cas où le F.R.N.G. est insuffisant
pour financer le B.F.R.E., il faut avoir recours à des financements de court terme.- Les outils de
mobilisation de créances :

 Concours bancaires courants = emprunts destinés à couvrir des décalages très courts
(quelques jours) de règlement (découverts négociés avec la banque, des facilités de caisse,…)

 Le crédit interentreprises : c’est-à-dire obtenir des délais de paiement de la part des


fournisseurs, émettre des billets de trésorerie (permet d'emprunter à court terme sans
l'intermédiaire des banques.
 Les lettres de change ou traite = écrit par lequel une personne (le tireur) donne l’ordre à une
autre personne (le tiré) de payer une somme déterminée, à une date convenue à un
bénéficiaire qui peut être un tiers ou le tireur lui-même. Il s’agit d’un instrument de paiement
à crédit entre les entreprises (crédit inter-entreprise).

 Les créances remises à l’escompte = technique de mobilisation des créances avant échéance.
 L’affacturage = l’entreprise cède ses créances à une société d’affacturage qui en assure
l’encaissement même en cas de défaillance d’un ou de plusieurs clients. Assez coûteux,
surtout pour les P.M.E. et hormis les CBC et l'affacturage, elles posent le problème du risque
des faillites en cascade dès qu’un des débiteurs ne peut plus rembourser ses dettes.

Les techniques les plus rigoureuses pour financer le B.F.R.E. consiste à réduire les délais de paiement
des clients, réduire les temps de stockage (technique du Juste A Temps) et à augmenter le F.R.N.G.
(augmentation de capital ou emprunt long terme auprès des banques ou du marché financier).

Vous aimerez peut-être aussi