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Chapitre 4 

: la fonction de production

La gestion de la production = science des décisions relatives à la conception, la préparation, la mise


en œuvre et le contrôle des processus matériels d'élaboration des biens et services de l'entreprise. Il
ne s'agit pas d'une approche d'ingénieur mais d'actions de :

- choix du type de production : avec ou stock, à la cde en série ou en continu ;

- d'organisation de la production : division et coordination des tâches, des activités : qui fait quoi,
quelle formation, quelle polyvalence, quel emplacement géographique ;

- des caractéristiques du produit à mettre sur le marché : caractéristiques techniques, délais de


livraison client.

I)- Les processus de production :

A) Les processus de production en fonction des caractéristiques techniques des produits :


1) La production en continu ("process shop") :

- Les quantités produites sont importantes, les approvisionnements réguliers ;

- Les produits sont peu différentiés ;  Le processus de production suit une ligne continue formée de
tâches successives sans interruption ni stock de matières 1er ou intermédiaires.

- Le processus de production se déroule sur un seul lieu ;

- La maintenance des machines doit être préventive car toute interruption entraîne l'arrêt total de la
chaîne de production et des risques de détérioration du produit et des moyens de production ;

- L'automatisation du processus de production est forte, les opérationnels sont donc peu nombreux
et ont un rôle de mise en marche, surveillance et arrêt des machines. Ex : minoteries, raffineries,
verreries, conserveries, cafétérias, les lignes d'assemblage

2) La production en discontinu ("job shop") :

- La production s'effectue par lots plus ou moins importants de produits identiques

- Différenciation faible entre produits d'un même lot, mais peut être plus élevée entre les produits
de lots différents

- Les stockages permettent d'éventuelles interruptions de maintenance sans provoquer l'arrêt total
de la chaîne (stock de sécurité)

- Le processus de production peut être éclaté sur plusieurs sites (et même partagé par plusieurs
entreprises via la sous-traitante) afin de minimiser les coûts de production pour chaque tâche
- Les stocks de matières 1er et intermédiaires sont importants

- L'automatisation du processus est importante mais nécessite l'intervention d'un plus grand nombre
d'opérationnels y compris pour les tâches de production.

Ex : industries de transformation de biens manufacturiers (ordinateurs, électroménager, matériels Hi-


fi et vidéo, …), vêtements, meubles, …

3) La production par projet :

- La production s'effectue par unité

- Chaque produit est sur mesure (grande différenciation possible)

- Les stockages dépendent de la nature du projet

- Les interruptions dépendent de l'ordonnancement des tâches, des délais de livraison

- La production en amont peut être géographiquement éclatée, en aval le projet oblige à une unité
géographique

- L'automatisation est soit très coûteuse, soit limitée.

Ex : immeubles, bateaux, films, portrait, …

B) Les processus de production en fonction de la demande :


1) La production sur stock :

La production anticipe la demande, l'entreprise fabrique pour un marché et non pour un client
nettement identifié.

Un stock de produits finis se justifie donc pour les produits dont le délai de fabrication > au délai de
livraison exigé par le client (cas des produits industriels de conso courante) et pour les produits dont
la fabrication de masse permet des économies d'échelle (dont l'écoulement est assuré.).

Cette production est adaptée à un processus en discontinu, et à des produits standards à prix faible.

Inconvénient : les risques de mévente restent importants.

2) La production à la commande ou à l'unité :

La demande du client déclenche la production.

Elle se justifie pour Les produits fortement différentiés (personnalisation), pour les produits pour
lesquels la demande est limitée (travaux artisanaux) et le prix élevé.

Cette production est adaptée à un processus en discontinu ou par projet.

Inconvénient : il y a risque de perdre des opportunités de vente.


I)- L’évolution des moyens de production :

1)- Face à une demande abondante et uniforme :

Production de masse par la mécanisation (dés le XIXe ) = les machines complètent le travail humain
ou pas l'automatisation : suppression partielle ou totale de l'intervention humaine sur la tâche.

L'objectif est d'augmenter la productivité en produisant plus, par automatisation des tâches simples,
répétitives et pénibles

Un changement du produit entrainait le changement des machines.

2)- Face à une demande plus diversifiée de produits et plus instable :

Les moyens de production sont plus flexibles (adaptables à plusieurs produits).

On peut penser à :

- La robotique = science de la conception et construction des robots

- La productique = automatisation par les techniques informatiques

Plusieurs applications : Conception Fabrication Assistées par Ordinateur ; Dessin Assisté par
Ordinateur ; Maintenance Assistée par Ordinateur MOCN …

- Les Ateliers flexibles = atelier de production automatisé, contrôlé par ordinateur capable de réaliser
des produits différents dans des volumes différents, modulable en fonction des besoins.

- L'intelligence artificielle (IA) = ensemble de théories et de techniques mises en œuvre pour réaliser
des machines dont le fonctionnement s'apparente à celui du cerveau humain.

L’IA se structure autour de 4 domaines  :

 Machine Learning = algorithmes qui permettent aux machines de progresser de manière


autonome dans les tâches qu’elles ont à effectuer (sans intervention humaine), grâce aux en
données (big data) qui alimentent le programme et des résultats déjà produits par les
traitements passés. La Machine Learning améliore le traitement des données et constitue une
aide à la prise de décision.
 Deep Learning = similaire au Machine Learning, c’est un système algorithmique d’apprentissage
autonome qui progresse au fur et à mesure des nouvelles données analysées. Mais tandis que
la Machine Learning parvient à reconnaitre un objet ou une forme à partir des caractéristiques
qui ont été préalablement définies par les experts, le Deep Learning développe lui-même les
déterminants à partir desquels il va caractériser l’objet ou la forme, sans aide de l’expert. Les
réseaux de Deep Learning peuvent se transformer en modèle génératif : capable, à partir des
caractéristiques qu’il a généré lui-même, de proposer des formes originales d’objet.
 Data Science = discipline scientifique apparue au début des années 2000 qui, à partir des
théories et modèles issus de plusieurs disciplines (math, stat, programmation…). À pour objectif
de produire des méthodes, aussi automatisées que possible, de tri et d'analyse de données de
masse (big data) afin d'en extraire des informations utiles ou potentiellement utiles.
 Nourrit automatiquement par le Machine Learning et le Deep Learning qui eux-mêmes
s’alimentent par le big data, l’Intelligence Artificielle est un système autonome de prise de
décision qui agit en fonction d’objectifs définis au préalable.
- L’impression 3D = méthode de production numérique basée sur le principe de la fabrication
additive : les pièces sont fabriquées par ajout de matière première et non par soustraction
(usinage) de matière. Ce procédé est intéressant pour sa précision, sa rapidité d’exécution et
est notamment utilisé dans des domaines tels que la santé, le bâtiment…

La digitalisation = ensemble de techniques de conversion des informations d'un support (texte,


image, audio, vidéo) ou d'un signal électrique en données numériques que des dispositifs
informatiques ou d'électronique numérique pourront traiter (à l’origine).

Données numériques = suite de caractères et de nombres qui représentent des informations.

Aujourd’hui, la digitalisation tend à prendre un sens plus large et intègre l’ensemble des décisions
qui, dans une organisation, vise à améliorer les processus de production via la numérisation et qui :

- permet la dématérialisation des données utiles pour la prise de décision

- facilite le traitement et la transmission des données via des supports interconnectés et interactifs
(tablettes, smartphones …) et la collaboration entre acteurs économiques (avec les clients, les
fournisseurs, …) avec des échanges de documents dématérialisés modifiables à distance en temps
réel, réduisant ainsi la gestion des productions par projet.

- accélère l’automatisation de tâches répétitives de service : conseils, saisies, transmissions de


documents, …

- sécurise les transactions en détectant les anomalies et les corrigeant.

Ex : remplacement du courrier par les emails, des salons par des forums web, des magasins par des
sites e-commerce….
III)- L’organisation de la production :
A) - L’organisation traditionnelle :
Les différentes étapes de la gestion de la production peuvent se résumer ainsi :

Les étapes s'enchaînent selon une logique de flux poussés : les quantités produites sont fonction
d'une estimation de la demande. On produit puis on cherche à vendre ce que l'on produit (gestion
par l'amont).

B) Les nouvelles méthodes de gestion de la production :


1) La production à flux tendus (ou juste à temps = JAT) :

(Industries japonaises des années 60 (Toyota, Matsushita, …) qui adoptent les idées novatrices de
manageurs japonais : Taïchi Ohno, Shigéo Shingo)

Production à flux tendus = ensemble de techniques et de méthodes de gestion de production dont le


principe est d'acheter et produire seulement ce dont on a besoin, quand on en a besoin. Il s'agit donc
d'une logique à flux tirés : on ne fabrique qu'en fonction de ce qui est demandé.

Cela implique une remise en question profonde de l'organisation traditionnelle de la production (les
flux poussés) dont les points faibles sont des délais de production trop longs, des stocks excessifs, un
manque de flexibilité pour s'adapter à la demande, une fiabilité déficiente des matériels et une
formation insuffisante des personnels.
Les réponses techniques du JAT :

- Le Kanban = outil de gestion des approvisionnements qui consiste à ne démarrer une tâche N
qu'avec l'accord de la tâche aval (N+1). Adoptée à l'ensemble de la chaîne d'exploitation, le 1er
Kanban part du client et remonte jusqu'au fournisseurs de matières 1 er (meilleure synchronisation
des tâches, diminution des stocks, car ce qui est produit est vendu).

Système très efficace au Japon du fait des participations financières croisées liant l'ensemble des
entreprises intervenant dans le processus d'exploitation, d'investissement et de financement

-Le système Poka Yoké : zéro défaut = zéro contrôle. Il faut supprimer les défauts à la source tant
pour les machines que pour les matières 1ères et produits intermédiaires.

- Le Single Minute Exchange of Die = changement d'outils en moins de 10 mn.

Changements effectués pendant le fonctionnement de la machine (s'oppose aux opérations internes


qui nécessitent l'arrêt de la machine.)

- Passer de la maintenance curative à la maintenance préventive (planifiée dans le temps) voire


prédictive (auscultation permanente de la machine : des vibrations, de la température, des débits de
production, …).

- Production par lots : meilleure adaptation des produits aux besoins du marché tant au niveau des
quantités que de la qualité.

- Disposition des ateliers selon une logique de processus (création de cellules de production dans
l’usine, rapprochement d’activités…).

- Implication du personnel par des contrats de travail stables.

2) La différenciation retardée :

Différenciation retardée = organisation de la production qui consiste à retarder le plus possible le


moment où les produits fabriqués se différentient.

Intérêts : économies d'échelle sur les phases amonts de non différenciation, plus réactif par rapport
aux demandes clients (à leur variétés et leurs évolutions dans le temps)

Ex : teindre les textiles après fabrication et non au stade du


IV- Les politiques de production :

A) - Intégration ou externalisation :

 Faire = intégrer les étapes amonts et avals du processus de production.

Ex : les entreprises de raffinages assurent également l'exploitation des puits et la distribution des

 Faire faire = la sous-traitante qui permet à l'entreprise de se recentrer sur le cœur de son
métier et faire appel à d'autres entreprises spécialisées (qui feront mieux et pour moins
cher).

B) - Délocalisation ou relocalisation :

- Délocalisation pour se rapprocher géographiquement des marchés, réaliser des économies de


coûts au niveau des ressources (matières 1er et humaines notamment)

- Relocalisation pour assumer un rôle sociétal sur le marché d'origine (=image d'entreprise patriote),
pour protéger les activités à forte valeur ajoutée (la conception n'est pas forcément protégée dans
tous les pays.)

Ex : Le groupe textile « Le Coq sportif.

V)- La recherche de la qualité totale :

A) - Définition du concept de qualité :


Qualité = aptitude d'un bien ou service à satisfaire les besoins de leurs acheteurs ou utilisateurs.

Le degré de satisfaction des clients repose sur :

- les performances intrinsèques du produit (puissance, productivité, fiabilité, esthétique, facilité


d’emploi,) = importance d'une démarche d'analyse de la valeur dès la conception du produit ce qui
permettrait de réduire les coûts de la non-qualité.

- les performances des services d'accompagnement (mise en service, formation des utilisateurs,
conseils d'utilisation et d'entretien, SAV.).

- Le respect des délais

- L’image (réputation, crédibilité, notoriété…).

B) - Origine et principes de la qualité totale :


Qualité total = concept Japonais (1950 ; ingénieurs Juran et Deming) = mode de gestion centré sur la
qualité des produits et des processus, impliquant la participation de tous les membres de
l'entreprise et visant la satisfaction client.
L'exigence qualité concerne :

- Le produit tout au long de son cycle de vie (conception, commercialisation, après-vente et même sa
destruction.

- L'ensemble des fonctions de l'entreprise

- L'ensemble des relations internes et externes de l'entreprise,

- Les marchés actuels et potentiels,

En finalité, l’exigence qualité concerne tous les éléments de l'environnement global de l'entreprise.
La qualité = démarche d'amélioration continue (Kaisen) symbolisée par les "5 zéros" :

- 0 défaut (fabrication sans faille)

- 0 panne (maintenance préventive)

- 0 délai (flux continu de produits)

- 0 stock (flux tendus)

- 0 papier (réduction des opérations administratives).

C- Les cercles de qualité :


(Japon dès 1957 puis USA & Europe dans les années 70).

Cercles de qualité = petit groupe de collaborateurs volontaires (de 3 à 10 personnes) appartenant à


un même service, atelier, bureau ou issus de services différents mais ayant des fonctions
équivalentes, qui se réunissent régulièrement pour examiner des problèmes de qualité et proposer
des solutions techniques, humaines, culturelles. Vise l'amélioration continue dans l'entreprise
(Kaisen).

Cette démarche s'inscrit dans la recherche de la qualité totale et prend aujourd'hui la forme de
"groupes de projets" ou "groupes de progrès".
VI) – La production des services (servuction) :

A)- Définition d'une Prestation de Service :


Prestation de service = mise à disposition de produits ou d'activités dans les meilleures conditions de
délais, de coûts, d'accès.
D- La révolution actuelle du secteur des services : les contrats intelligents ou smart
contracts :
Smart contract = programme informatique qui intègre dans ses codes un ensemble de
caractéristiques lui permettant d’auto-exécuter les clauses d’un contrat négocié au préalable entre
des parties-prenantes.

Ex : contractualisation d’une assurance voyage qui, en cas de retard du vol, rembourse tout ou partie
du prix du voyage. Avec Smart contract, remboursement automatique, pas besoin de démarches
administratives (plus d’efficacité, d’efficience, moins de coûts de gestions pour le firme, meilleur
SAV…).

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