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Epistemologie des sciences sociales

Plan de ce semestre:

Nous allons décrire dans un premier temps trois positions typiques (la première étant
elle-même divisée en deux sous-positions typiques):

⁃ Celle considérant que les sciences de la société sont dans la continuité des sciences de la
nature, ces sciences se lançant dans une démarche scientifique cherchant à mettre en évidence les
lois de fonctionnement de la société, analogues aux lois de la nature; cette position a été déployée
soit au niveau macrosocial (au niveau des ensembles sociaux, avec Auguste Comte et Emile
Durkheim, qui se refuseront à accorder à la psychologie une capacité à expliquer le social), soit au
niveau microsocial (au niveau des comportements individuels, avec John Stuart Mill, qui se fondera
sur la psychologie); (position encore défendue aujourd'hui par Harold Kincaid);

⁃ Une position critique vis-à-vis de la question de loi, affirmant qu'il n'y en a pas du tout
dans la vie sociale, que les sciences sociales n'ont absolument pas une telle vocation: c'est
la position dualiste, dont l'auteur de référence est Dilthey, dont Jean-Claude Passeron se fait
l'héritier; Dilthey introduit l'idée d'une approche compréhensive des phénomènes sociaux;

⁃ une approche intégrant les deux perspectives, avec Max Weber.

Nous nous intéresserons tout d'abord à la mise en évidence de Lois au niveau macro-social.

Les Sciences sociales se sont développés dans quatres directions:

analyse économique, sociologie (avec les disciplines de la démographie et de la science


politique qui lui sont associées), anthropologie, et histoire.

Une science distincte de ces quatre disciplines peut s'y apparenter:


La psychologie, qui peut être considérée comme une science de la nature, ou comme une
"pseudo-science", ainsi que la considère Comte.

Deux gdes positions antagonistes en sciences sociales: la position qui considère que ces
quatre disciplines reposent sur la psychologie, l'étude du comportement humain; celle qui
considère que les sciences sociales sont fondamentalement non-psychologiques (décrivent des
pratiques sociales qui ne sont pas naturelles).

Sciences sociales divisées entre deux projets possibles: l'un qui serait purement descriptif
et explicatif, qui ne prendrait pas position sur la manière d'organiser la vie sociale, et l'un
qui évaluerait celle-ci.
Praticiens des sciences sociales ont mené des réflexions épistémologiques sur les sciences
sociales, ainsi que les philosophes...

Six grandes questions épistémologiques à propos des sciences sociales:

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⁃ Le statut de la connaissance en général par rapport à la réalité empirique :
l'épistémologie est partagée avec l'épistémologie générale de la connaissance scientifique; partie
dont on ne traitera pas;

⁃ Les sciences sociales sont-elles des sciences du même type que les sciences de la nature
ou sont-elles d'un type different ? A une position continuiste (position adoptée par Comte, qui
avait pensé la connaissance de la vie sociale sur le modèle de la connaissance de la nature, les
deux types de connaissance conduisant à la mise en évidence de lois, à partir de régularités;
Durkheim s'inscrivait dans la continuité de cette position, considérant que la connaissance des
lois pouvait améliorer la réalité sociale), s'oppose une position discontinuiste (au contraire, en
particulier à partir de l'analyse faite par la tradition philosophique, a été mise en place une
séparation entre sciences de la nature et sciences sociales; le premier ayant théorisé ceci étant
Dilthey, qui considère que les types de savoir dvpés par les deux types de science sont différents;
trois raisons explicitées par Dilthey pour spécificité des sciences de l'esprit: - la vie sociale est
essentiellement historique, chaque situation sociale étant différente d'une autre; – les
phénomènes de la nature sont observés de l'extérieur, tandis que les ph sociaux font l'objet d'une
compréhension (verstehen), pour une interpretive sociology; - les ph de la nature sont
déterminés, alors que les hommes sont libres;

⁃ Rapport interne existant entre les différentes sciences sociales: les phénomènes sociaux
sont abordés par différentes disciplines, et pourtant ces disciplines traitent fondamentalement
des mêmes objets, sous différentes dimensions, ce qui pose le pb de la relation qui existe entre les
différentes disciplines, de leur complémentarité ou de leur opposition (quelqu'un comme
Vilfredo Pareto considérait qu'il y avait une sphère économique pertinente, qu'il s'agissait
d'intégrer ; au contraire, qq1 comme Durkheim considérait que science économique était
fondamentalement erronée, primauté étant à donner à la sociologie; autre position est de
considérer que science économique et tradition sociologique fondée sur le mainstream
économique, sont une seule et même méthode, voire science);

⁃ Différences internes à chacune des disciplines: s'il existe des lois du monde social (cf. Par
exemple Alain Testart, dans Avant l'histoire: aucune société de chasseurs-cueilleurs n'a d'habitat
en dur, tous les cas ayant été repérés, l'explication étant assez simple, que les chasseurs-cueilleurs
n'en ont pas besoin; il s'agit d'expliquer une régularité macro-sociologique par une rrégularité
micro-sociologique ("habitudes" de ces chasseurs-cueilleurs), par exemple; des auteurs comme
Emile Durkheim pensent qu'on peut mettre en évidence des lois à partir de régularités macro; au
contraire, des aauteurs comme John Stuart Mill vont considérer que les lois existent au niveau du
comportement individuel, et que ce serait à partir de ces comportements individuels qu'on peut
déterminer des régularités au niveau macro (p ex: existe-t-il qq chose comme une loi de l'O et de
la D? Des régularités st constatées (si tx d'i augmente, demande d'emprunt diminue), est-ce que
les choses sont à ramener au niveau individuel?) => débat sur la relation entre le niveau macro et
le niveau micro, avec trois positions typiques: 1/ des lois au niveau macro (Durkheim, Comte); 2/
des lois, mais au niveau micro seulement, dont on dérive des régularités au niveau macro; 3/ il n'y
a pas de lois (mais dès lors, comment expliquer en sciences sociales? Peut-on se référer à des
scénarios causaux ayant portée explicative?); exemple de la loi de Tocqueville sur les révolutions,

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amenant à considérer qu'il y a des ph révolutionnaires lorsque la situation des gens s'améliore,
en sorte qu'ils vont anticiper la possibilité d'une amélioration encore plus forte, suite à une
révolution;

⁃ Questions ontologiques, la question étant de savoir si dans le monde social existent des
réalités autres que les individus: les institutions existent-elles indépendamment des individus?
Existence spécifique ou non? Quel est le statut ontologique d'un type moyen? Il s'agit de savoir en
outre dans quelle mesure les institutions jouent un rôle et exercent une influence sur le
comportement des individus; exemple de la monnaie, de l'argent, sous la République de Weimar,
avec gens qui ne croient plus en la monnaie: représentations que l'on se fait de la monnaie joue
fondamentalement sur son rôle;

⁃ Articulation du positif et du normatif : Il y a dans les sciences sociales trois


(deux?! La troisième n'est pas vraiment une pratique...) grandes pratiques normatives:

1/ la pratique normative la plus ambitieuse consiste à dire ce qu'est la


bonne société, ou la bonne économie: prescrire des règles d'organisation de la vie
sociale; de ce point de vue, l'analyse économique est profondément ambivalente,
en ce qu'elle se veut essentiellement positive, alors que néanmoins, d'une part, il y
a une tradition d'économie normative, et d'autre part, il y a des concepts flous,
comme celui d'efficacité, recelant à la fois une dimension normative et une
dimension positive

2/ deuxième usage normatif, indirect: si, par exemple, on


explique les engagements normatifs de telle ou telle catégorie de la population par son
origine sociale, et non pas par ses croyances normatives propres, on prend position sur
les croyances normatives des gens; question de la catégorisation: est-il possible de
décrire les pratiques sociales sans jugement normatif?

Il y a fondamentalement quatre types de pratiques dans les sciences sociales:

-la première est l'analyse quantitative de données entre lesquelles on essaie d'établir des
corrélations plus ou moins fortes; c'est le mérite d'Emile Durkheim d'avoir théorisé cela
comme étant la spécificité de la connaissance sociale (mise en évidence de corrélations entre des
variables, "variations concomitantes");; la question des corrélations pose la question de la
causalité: on pourrait considérer qu'il n'y a pas de relation causale au niveau macro en tant que
tel, la causalité n'étant repérable qu'au niveau micro;

-la deuxième grande pratique dans les sciences sociales repose sur des données qu'on
pourrait qualifier comme étant qualitatives, posant elles aussi le problème de la description et
de l'explication: à partir de quel moment, sur la base de données quali, a-t-on une explication
satisfaisante?

-la troisième pratique qui se dvpe dernièrement est celle de l'expérimentation:


historiquement, elle a été dvpée par la psychologie, elle est désormais répandue dans les sciences

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sociales, en particulier en économie, où on fait varier les circonstances dans lesquelles sont
placés les individus pour essayer de connaître leurs réactions à différentes situations qui
s'ensuivent; mais on observe alors des tendances, ceci posant question de la causalité encore une
fois;

-le quatrième type de pratique est la construction de modèles hypothético-déductifs , qui


partent d certaines hypothèses pour en étudier toutes les conséquences prévisibles, qui sont
ensuite confrontées à la réalité empirique: c'est ainsi que l'analyse économique a essentiellement
procédé au XIXème, jusqu'à la fin du Xxème. S'agit de faire l'hypothèse d'un comportement
économique d'un certain type, d'en étudier les conséquences prévisibles en matière de vie
économique; raisonnement a priori, donc.

L'ensemble de ces démarches pose la question de l'interaction entre les individus et les
structures, avec deux résultats fondamentaux qu'il s'agit d'organiser et d'articuler l'un à l'autre:
les individus sont influencés (derrière ce terme, divers schèmes causaux possibles) par le
contexte dans lequel ils se trouvent. La dimension macro-sociale influe le comportement micro-
social. En retour, les acteurs tendent à modifier l'environnement dans lequel ils se trouvent par
leurs actions; ainsi, le niveau micro-individuel a une influence sur le niveau macro-social.

Comment repérer une causalité, ET considérer qu'en découle des conséquences pertinentes?
Sciences sociales ont fondamentalement trois tâches:

- elles sont descriptives, en recourant soit au langage ordinaire, soit au langage des
variables et de leurs corrélations;

- elles sont explicatives

- elles sont évaluatives, normatives: certains refusent vocation normative des sciences
sociales, type Pareto ou Weber, tandis que d'autres font un choix nrmatif très explicite.

Auguste comte :

LA MISE EN ÉVIDENCE DE LOIS AU NIVEAU MACRO-SOCIAL

"La science reconnaît désormais comme règle fondamentale


que" les seules propositions ayant du sens décrivent des faits,
particuliers, ou généraux. Ces faits ne sont connus que par
l'investigation empirique, et les lois, qui sont des faits d'ordre général,
sont définis par Auguste Comte comme" des relations constantes qui
existent entre les phénomènes observés".

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Discours sur l'esprit positif, 1844:

Auguste Comte (qui habitait rue Monsieur le Prince) a laissé plusieurs héritages, et plusieurs
idées qui restent prégnantes. Quatre idées de Comte hantant encore les esprits:

⁃ l'idée même de positivisme, notion fondamentale pour la démarche des sciences sociales;

⁃ la mise en évidence de lois des phénomènes sociaux, au niveau macro-social


(aujourd'hui, personne ne défend cette position telle qu'elle est énoncée par Comte);

⁃ la critique de l'individualisme méthodologique (même s'il n'existait pas encore à l'époque


de Comte), en ce que le niveau de référence pertinent pour l'analyse en sciences sociales serait
non pas le niveau micro, mais le niveau du "système", ceci ayant pour corollaire une critique de
l'analyse économique, étant considérée comme fondamentalement déficiente car ne prenant pas
en compte le cadre social de l'individu (Comte critiquant la psychologie pour cette même raison);
⁃ l'idée qu'à partir de la connaissance des lois de la dynamique sociale, on peut améliorer
la réalité sociale ("ordre et progrès" sur le drapeau du Brésil est une citation d'Auguste Comte:
une connaissance de l'ordre social apporte son progrès).

Comte crée le concept de positivisme. Weber considère dans un de ses articles que la
démarche histrique conduit à tout interpréter en termes de faits et de causes. Cette démarche est
bien celle de Comte, qui ne parle néanmoins pas de causes.
Le positivisme pour Comte consiste à considérer que la science ne repose que sur la
recension de faits, soit articuliers,s soit universels, les faits universels étant les faits sous lesquels
les faits particuliers peuvent être subsumés, rapportés (les faits universels sont les lois).

Il y a donc un refus:

1/ d'une réflexion ne s'appuyant pas sur la description de faits, ce qui exclut en


particulier à tout ce que Comte associe à "l'imagination", comme le travail des économistes;

2/ de la métaphysique, i.e tout ce qui relève de discours spéculatifs qui ne peuvent se


fonder sur une approche expérimentale des phénomènes.

En revanche, et contrairement à Pareto, Comte acceptait une réflexion normative sur


l'ordre social, puisque la connaissance factuelle du fonctionnement de la vie sociale permettait à
ses yeux d'intégrer une réflexion sur la bonne organisation de la vie sociale, partie intégrante du
projet scientifique.

A l'inverse, Pareto, en maintenant une grille de lecture positiviste, refuse toute évaluation
de l'organisation sociale (lui-même qui pourtant parlait de "maximum d'ophélimité").
Le positivisme sera par ailleurs, indépendamment de ses origines, la source d'une tradition
philosophique positiviste (celle de l'école de Vienne, par exemple).

S'agit pour Comte de découvrir des Lois de l'évolution sociale, dont la fameuse loi des trois états,

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mise à mal par les contre-exemples et par la posture anti-évolutionniste des sciences sociales
aujourd'hui. Nous ne développerons donc pas ce point.
Comte distinguait deux types de loi:

Les lois statiques (correspondant à la manière dont un système social a des éléments
solidaires les uns des autres, ce lien existant du fait de lois faisant que l'organisation sociale,
dans la prolongation des systèmes naturels (Comte ouvrait son cours sur l'organisation sociale
par un cours sur l'astronomie), permettant des régularités permettant aux éléments du social
d'adhérer les uns aux autres)

Et les Lois dynamiques (lois permettant de comprendre la trajectoire des systèmes


suivant des régularités empiriques observes permettant ensuite d'anticiper l'évolution future de
ces systèmes). Un terme est employé de manière récurrente par Comte, illustrant son
articulation entre positif et normatif, terme qui renvoie à la "solidarité" durkheimienne, et à
l'idée de valeurs communes résolvant les conflits entre les vélléités individuelles, chez Parsons
(Parsons dans son ouvrage de 1936 commence par Comte), > le terme de consensus.

Le consensus est matriciel chez Comte: il parle de consensus des éléments d'un système
astronomique, le consensus désignant le fait qu'un système naturel a des éléments qui tiennent
ensemble, par l'intermédiaire de lois. Ainsi, Comte, Durkheim et Parsons ne sont pas des
théoriciens du conflit, mais de l'unité.

C'est sur la base de cette idée de consensus que Comte critique la philosophie des droits
de l'homme, l'économie et la psychologie, car, se fondant sur l'individu, sont "métaphysiques",
écartent la complexité historique des phénomènes. Dès lors, Comte refuse le statut de science à la
psychologie et à l'analyse économique. D'un point de vue normatif, Auguste Comte va
favoriser l'émergence d'un ordre social où les individus n'ont pas seulement des droits
mais des devoirs, où ils ne sont pas seulement égoistes mais ont des obligations
d'altruisme. A partir donc d'un naturalisme, de l'idée que les systèmes sociaux sont des systèmes
intégrés, fondation d'une manière de concevoir le social.

Mais n'y a-t-il de connaissance que référée à des faits (doctrine de base
Comte/Durkheim/Pareto)?

La seule explication scientifique n'est-elle que de révéler l'organisation régulière existant entre
les faits (les lois)?

Comte dénonçait la notion de cause au bénéfice de celle de loi, car il considérait que les causes
d'un phénomène sont une conception métaphysique des choses, car les causes ne sont pas
observables, les lois renvoyant juste à la constation de régularités de successions.

Emile Durkheim :

"Notre principal objectif en effet est d'étendre à la conduite humaine le


rationalisme scientifique, en faisant voir que, considérée dans le passé, elle est

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réductible à des rapports de cause à effet, qu'une opération non moins rationnelle
peut transformer en règle d'action pour l'avenir".

1874, Des règles de la méthode sociologique, préface de


1901(préface de la deuxième édition),

Durkheim, contrairement à Comte, a théorisé une méthode qui est aujourd'hui encore en usage dans
les sciences sociales,

il a théorisé le courant mainstream des sciences sociales à partir de la mise en évidence d'une méthode
d'analyse.

Il va interpréter une démarche d'analyse en terme causaux, ce qui va poser le pb de la nature de


la causalité.

L'idée centrale de Durkheim est de dire qu'on a une approche statistique des phénomènes
sociaux, l'idée étant qu'une analyse des phénomènes sociaux doit prendre en considération la
corrélation entre les phénomènes, corrélation analysée à partir de construction d'indicateurs statistiques
et il va interpréter ces corrélations en termes de causalité.

L'exemple qui a été approfondi par Durkheim est celui du suicide et son apport a été de
montrer qu'on ne se suicide pas de manière aléatoire à l'intérieur d'une population mais que le fait
d'appartenir à telle ou telle classe sociale conduit à se suicider plus ou moins.

Il y a une causalité sociale qui est à l'oeuvre et qui fait que le fait d'appartenir à telle ou telle catégorie
de la population va amener à une tendance à se suicider.

Durkheim refuse la méthode compréhensive parce qu'il juge que celle-ci n'est pas satisfaisante
d'un point de vue expérimental.

1er argument de Durkheim : Les états de consciences individuelles ne sont pas accessibles à
l'observation et à l'analyse directe. Du point de vue d'une démarche expérimentale il faut contourner
cette difficulté.

2e argument : un observateur peut croire qu'un individus fait qqch pour telle raison ou un individu
peut croire faire qqch pour telle raison, alors qu'en réalité ce sont des causes qui régissent ces
comportements. Causes non perceptible par le spectateur. Comment on découvre les causes ? On
découvre les causes par l'analyse statistique.

Cette analyse scientifique conduit à refuser ce qu'il appelle une analyse idéologique. Une analyse
idéologique c'est une analyse qui au lieu d'analyser les phénomènes tels qu'ils se produisent
effectivement du point de vue d'une appréhension scientifique va les interpréter à l'aune de l'idée que
l'on se fait de ces phénomènes.

C'est pour ça que les économistes (selon Durkheim) sont idéologues.

Durkheim n'utilise pas le mot de -Holisme2, cependant il utilise de manière très explicite la
différence entre les notions de tout et de partie. Durkheim va insister sur l'idée que le tout est
hétérogène aux éléments qui le constituent.
Ce holisme correspond à trois idées différentes :

⁃ La première thèse consiste à indiquer que les phénomènes sociaux ne sont pas le résultat de décisions

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individuelles (c'est en cela que la totalité est hétérogène aux éléments). L'exemple canonique qu'il
donne c'est la langue, le langage qui n'a été inventé par personne. On pourrait d'ailleurs parler des
usages langagiers, ce sont des phénomènes qui dépassent la décisions individuelle.

⁃ La deuxième dimension du holisme c'est de dire qu'il y a des règles sociales qui s'imposent aux
individus indépendamment de leur choix individuel, c'est-à-dire qu'il y a des contraintes sociales et
dans la mesure où ces contraintes sociales existent sur l'individu elle témoignent de l'existence d'un
niveau supra individuel qui agit sur le niveau individuel.

⁃ La troisième position est de dire qu'il y a un niveau social qu'il qualifie de sui generis (=de son genre
propre) ce qui pose un problème ontologique, c'est-à-dire que si on désigne la spécificité d'un niveau
social spécifique, hétérogène au niveau des éléments qui le constitue, en quoi consiste d'un point de vue
objectif ce niveau social ? Quel est sont mode d'existence ? (cf « les règles de la méthode
sociologique », p.103, édition puf)

Il faut distinguer les consciences individuelles de la notion de conscience collective.


Il loge ce phénomène de société dans les représentations collectives.
On peut dire que Durkheim a une théorie de l'émergence sociale, de l'émergence du tout par
rapport aux parties.

Quand on parle de l'émergence d'un phénomène sociale on parle de deux choses différentes :

on décrit d'abord l'apparition d'un phénomène qui n'existait pas au préalable, c'est par exemple
l'émergence de nouveaux prénoms. L'émergence désigne donc l'apparition d'un phénomène sans qu'il
soit voulu directement. Le deuxième sens est différent : c'est l'idée d'une relation hiérarchique entre les
parties et le tout, avec par exemple la question traditionnelle de la conscience qui émerge à partir de la
configuration physico-chimique de notre cerveau.

Durkheim : il y a des phénomènes émergents qui s'imposent aux individus, ces phénomènes exercent
une contrainte sur ces individus.
Il refuse l'idée d'une psychologie, c'est-à-dire que les représentations des individus ne sont pas
individuelles mais collectives. Pour Durkheim la société est une représentation collective.

Durkheim distingue une explication par les causes d'une explication par les fonctions. Ce sera un
élément central de la tradition des sciences sociales de savoir s'il peut y avoir ou non une explication de
type fonctionnaliste. Généralement on considère qu'une explication fonctionnaliste n'est pas suffisante
car ne décrit pas le mécanismes qui à partir d'une fonction permet l'apparition d'un phénomène. Si un
phénomène social sert à qqch le fait qu'il serve à qqch n'est pas une cause suffisante pour expliquer
l'apparition du phénomène. C'est ce que dit Durkheim, il considère qu'il faut trouver les causes des
phénomènes sociaux et que ces causes doivent être cherchés parmi les phénomènes sociaux
antécédents. On a une causalité macro-macro qui correspond au fait que les comportements
caractéristiques d'un phénomène sont déterminées par une situation sociales donnée. Il y a donc un
refus de passer par un niveau micro pour rendre compte de cette causalité au niveau macro. C'est la
raison pour laquelle Durkheim refuse la psychologie puisqu'elle ne se suffit pas au niveau de la
causalité pertinente pour l'analyse des phénomènes sociaux puisqu'elle se réfère aux comportements
des individus.

Cela conduit à une critique de l'analyse économique pour les raisons fondamentales suivantes :

⁃ La causalité se situe au niveau macro et n'a pas à passer par ce niveau micro qui est le point de vue à
partir duquel se situe l'analyse économique.

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⁃ L'analyse économique est trop abstraite das sa détermination des phénomènes sociaux car elle raisonne
en terme de modélisation, d'abstraction, de supposition de comportements typiques alors que Durkheim
insiste sur le fait qu'il faut avoir des données agrégées pour avoir une analyse pertinente de la vie
économique. Insistance sur des données empiriques.

⁃ La psychologie de l'homo oeconomicus ne correspond au comportement de l'homme réel qui est un


homme de devoirs et de contraintes.

⁃ Durkheim : L'utilité n'existe pas, elle dépend toujours des normes sociales. Ex : boire de l'alcool est-il
avantageux ? Cela dépend des représentations collectives, des normes collectives. Les utilités
individuelles dépendent de représentations sociales de ce qu'est l'utilité.

⁃ Il n'y a pas d'utilité en soit, la notion même d'utilité est une notion normative qui implique des
représentations sociales collectives, qui est distincte des trois autres raisons.

Néanmoins l'analyse fonctionnaliste n'est pas rejeté par Durkheim. En fait il dit deux choses
opposées mais non contradictoires:

Durkheim indique qu'une fonction n'est pas suffisamment explicative car la fonction ne permet pas de
décrire, d'expliquer la cause du phénomène. Ce qui est lié chez Durkheim à une critique de
l'individualisme au sens où les individus mettraient en place intentionnellement des institutions dans un
but précis qui est que la fonction expliquerait causalement le phénomène.

Cependant Durkheim est connu pour son analyse fonctionnaliste. En effet pour lui le crime a une
fonction : assurer la solidarité sociale. L'intérêt de cette explication ne correspond à une analyse causale
où parce que le crime a pour fonction de favoriser la solidarité sociale cela engendrerait l'apparition de
crime. La fonction n'explique pas l'apparition de crime. Les crimes n'apparaissent pas pour favoriser la
solidarité sociale !

L'explication causale n'est pas l'explication fonctionnelle. La relation causale : les crimes
engendrent les phénomènes de solidarité sociale.

Durkheim suggère qu'il y a des mécanismes qui à partir de fonctions sociales, rétro-agissent pour
favoriser l'émergence des phénomènes ayant cette fonction. S'il y a des fonctions sociales qui sont
remplis par certain ph il va y avoir un ph de rétro-action. Si le crime a une fonction sociale de renforcer
la solidarité sociale cette fonction va aussi avoir tendance à favoriser l'apparition du crime.

La fonction n'est pas la cause, la cause est l'explication du phénomène, pour que le phénomène persiste
il faut que le phénomène ait une utilité sociale.

Les variations concomitantes c'est l'idée que deux phénomènes peuvent varier dans une même
direction. ou dans des directions opposées. Phénomènes qui varient dans une direction ou dans une
autre.
Aujourd'hui on parle de corrélation statistique. Durkheim a une perspective déterministe.
Pour Durkheim on a des lois quand on a de fortes corrélation statistiques. Il est possible que cette co-
variation n'indique pas la direction de la causalité et il va introduire cette idée que quand on a une
variation concomitantes entre A et B on a une loi, cette loi désigne une causalité sociale, cette causalité
sociale concerne des niveaux macro (société sui generis). Il ajoute deux choses intéressantes: il indique
que la relation de causalité peut impliquer un troisième facteur qui serait soit l'effet de A et la cause de
B soit la cause de A et l'effet de B. Indique qu'il est également possible l'existence d'un troisième
facteur qui serait à la fois la cause de A et la cause de B.

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(Passage p.132-133)

Ce qu'on peut dire aussi c'est que le raisonnement fondamentale de Durkheim sur le suicide est de dire
qu'on tend à se suicider d'avantage lorsqu'on est moins intégré socialement (mais on se suicide aussi
lorsqu'on est trop intégré socialement). D'un certain point de vue c'est une considération psychologique
c'est-à-dire qu'en réalité le fait de se sentir intégré plus ou moins est aussi un sentiment d'intégration,
c'est psychologique !
On peut considérer que la théorie du suicide de Durkheim repose sur des considération de type
psychologique.
Le grand débat est de savoir si quand on a une corrélation statistique forte entre deux phénomènes

On peut avoir deux lectures de Durkheim :

une lecture dure de Durkheim : le suicide, les phénomènes sociaux sont le résultats de catégories
sociales. Ce n'est pas la décision individuelle qui est la cause d'un phénomène.

JS MILL :

JS Mill est le fils de James Mill, qui avait décidé de donner une éducation parfaite à son fils, très
contraignante. JS Mill a narré ceci dans son autobiographie.
Il était administrateur de la Compagnie des Indes. Mill est un des gds théoriciens de l'utilitarisme,
pensée des radicals à l'époque, théoricien par ailleurs du libéralisme (il était à l'époque identifié à
gauche de l'échiquier politique).

Mill commences par indiquer qu'il s'agit pour les sciences sociales d'appliquer à l'action humaine
l'idée de loi, telle qu'on la découvre dans la nature. La loi étant le fait qu'il y a une Constance des
reations de causalité. Arrière-plan métaphysique de ceci est une représentation déterministe du
comportement humain, en tant qu'il est soumis à des lois. Comportement individuel serait soumis
à des déterminations, la révélation de ces déterminations étant la mise en évidence des lois
régissant le cmpt individuel. Mill indiquera que ce déterminisme n'est pas incompatible avec le
sentiment de la liberté individuelle: détermination à être ce que l'on est n'empêche pas d'être
libre. JS Mill va s'intéresser à une psychologie, à des lois de l'esprit, autant de lois du
comportement. Il y a des lois qui concernent la formation de quatre domaines du comportement:

⁃ Les pensées (représentations, croyances, en termes contemporains);


⁃ Les émotions;
⁃ Les volitions (désirs, décisions);
⁃ Et les sensations (perceptions).

Il y a des lois déterminant manières dont se forment ces quatres domaines, ceci ermettant de
dégager à la fois des lois simples et des lois complexes (qui st composées de lois simples). Une
idée importante, peu dvpée par Mill, est alors qu'il faut dvper une psychologie, ainsi qu'une
ethologie (bien humaine). Contrairement aux grands singes, nous avons une variation culturelle
extrêmement large (ethologie contemporaine néanmoins met en évidence chez les chimpanzés

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des traits culturels particuliers: certains chimpanzés, et pas d'autres, ont une connaissance
transmise des plantes médicinales). Mill désigne par ethologie le fait que la psychologie tend à
varier en fonction des situations sociales, et que donc, à un niveau fondamental, iil y a des lois de
la psychologie générale, et à un niveau secondaire, il y a des comportements caractéristiques,
dérivés de ces lois de la psychologie, mais qui correspondent à l'adaptation à certaines situations
sociales particulières. Mill pensait, au milieu du XIXème, que l'humanité avait atteint un état de
satisfaction de tous ses besoins, avidité pour le gain allant alors disparaitre: ainsi, avidité pour le
gain serait caractéristique d'une situation de pénurie, ne serait plus valable au fur et à mesure
que viendrait l'abondance.
Habitudes s'organisent, caractérisant des comportements d'un certain type, dans certaines
situations. La notion d'habitude, évoquée à propos de l'ethologie, fait partie des lois
psychologiques.

La société chez Durkheim ne désigne pas une entité sui generis, mais un ensemble de
représentations collectives.

J.S. Mill a été secrétaire d'Auguste Comte pendant un temps, il fut un disciple qui construisit ses
positions contre celles d'Auguste Comte par la suite.
Mill a une démarche également "scientifique", essaie de prolonger savoirs sur la nature, tout
comme Comte. Le déterminisme de John Stuart Mill est alors un déterminisme rendant compte
des déterminants des sentiments individuels (compte-rendu qui ne s'inscrit pas à l'encontre de
l'idée d'une liberté du sujet, les deux idées n'étant pas incompatibles selon Mill).
Psychologie déterministe au coeur de ceci. Mill développe les principes d'une éthologie, i.e dans
son vocabulaire l'idée que les lois psychologiques du comportement individuel se transforment
en fonction des configurations sociales: habitudes sociales se forment sur la base des lois
psychologiques générales. J.S. Mill, théoricien des comportements économiques, est également un
théoricien des habitudes sociales en prenant en compte la flexibilité des lois psychologiques.

Part du constat qu'il n'y a pas d'expérimentation possible au sein des "sciences morales", ceci
l'amenant à développer une méthode que Mill n'appelait pas ainsi, la méthode hypothético-
déductive. Idée dvpée par Mill est la suivante: la vie sociale est faite d'éléments interdépendants,
et il est à peu près impossible qu'il y ait des éléments qui ne soient pas sous influence de tous les
autres. Une méthode expérimentale satisfaisante voudrait que l'on ait un contrôle précis des
variables à l'oeuvre dans la détermination des phénomènes, et qu'on puisse faire des expériences
en modifiant des variables; or, c'est impossible dans la vie sociale. Exple donné par Mill,
imaginons que nous puissios repérer deux sociétés parfaitement similaires dans tous leurs
aspects, qui ne différeraient qu'en un seul point: libre-échangisme ou protectionniste. S'il
apparaissait que l'un de ces sociétés serait riche ou pauvre, nous aurions des bases pour avoir
une imputation causale du système de libre-échange ou du protectionnisme. Mais nous n'avons
pas de sociétés parfaitement similaires, on ne peut pas "mettre en place" des équivalences. On ne
peut à partir d'une observation concrète des sociétés mettre en évidence l'effet d'une variable,
car un ensemble de facteurs nous échappe à chaque fois.

Mill va indiquer que la connaissance a un caractère incomplet, et un caractère abstrait; il en est de


même dans les sciences de la nature que dans les sciences de la société. Idée générale que Mill va

11
développer est qu'il convient de mettre en évidence causes majeures de l'explication d'un
phénomène, en se concentrant sur ces causes majeures, écartant le reste. Mill donne l'exemple de
la science des marées: les marées dépendent fondamentalement des mouvements du soleil et de
la lune, prédictibles avec certitudes; mais il y a également des circonstances locales, ou
accidentelles, comme la forme des côtes, la profondeur des océans, ..., qui ont une influence très
grande sur le comportement des marées, tout en ne faisant pas partie de la théorie générale des
marées. Théorie générale va se concentrer sur facteurs généraux à l'oeuvre, et écarte facteurs
secondaires, pourtant très importants dans la détermination des phénomènes concrets. Une
progression dans la connaissance est de connaitre à la fois la régulation des phénomènes, mais
également les perturbations qui peuvent intervenir.

La science sociale va être constituée dans le prolongement de la connaissance des ph de la nature


sous les angles suivants:

1/ la science de la nature humaine est fondamentalement inexacte, mais elle est une science ;

2/ le principe général de toute science est qu'il n'y a pas de connaissance et de prévisibilité de
tous les éléments particuliers: ce qui est important, c'est de déterminer les causes générales à
l'oeuvre, donnant les éléments fondamentaux des phénomènes ;

3/ la science met en évidence des tendances, et non des faits: il suffit de savoir que certaines
causes ont une tendance à produire un effet donné.
Mill bâtit en réalité l'ensemble de son raisonnement économique sur cette dernière idée. Idée de
Mill est que l'analyse économique va raisonner par analyse de tendances générales, avec cette
évidence empirique de base, assimilée par l'auteur à une loi empirique, psychologique, qui est
que les individus tendent en général à préférer avoir un gain plus élevé à un gain moindre.
Dimension tendancielle du comportement pour lui: pour une situation concrète particulière...

Mill assimile cette tendance économique à un désir de richesse, qui tend à prévaloir dans le
domaine de l'économie. Tendanciellement, en vertu d'une loi psychologique, individus préfèrent
un gain plus élevé à un gain moindre.

Tendanciellement, convergence vers un prix d'équilibre si offreurs proposent prix très


hétérogènes. Si c'est une donnée tendancielle, ce n'est pas toujours le cas (théorie ne permet pas
de prédire des choix particuliers). Dans le domaine de l'économie, cela permet d'obtenir un
certain nombre de résultats économiques, comme la formation des prix. Mais Mill considère que
cela concerne uniquement le domaine de l'économie, i.e la production et l'échange de biens rares.

Théorie de John Stuart Mill dépend d'une spécifique des coûts et des avantages, traductibles en
termes de richesse. Dans un échange marchand, gens préfèreraient vendre plus cher, acheter
moins cher, toutes choses étant égales par ailleurs. Mais il faut que ce soit de l'ordre du
quantifiable. Mais il n'y a pas de notions de coûts et d'avantages en soi, tout dépend de ce que l'on
valorise. En soi, y auraient-ils des coûts et des avantages "naturels”?

Certes, des situations apparaissent plus coûteuses. Choix des individus dépendent avant tout des

12
normes sociales. Problématique coût-avantage échappe à l'idée de richesse, car richesse suppose
dimension monétaire, quantifiable, chose donc que Mill n'a pas prévu.

Par ailleurs, trois sens possibles de la notion d'économie, que Mill ne prend pas en compte:

⁃ sens de Marx: économie comme production et distribution de biens matériels ;


⁃ considérer l'économie comme la production et l'échange de tous les biens (économie de la
religion, par exple) ;
⁃ comportement économique cherchant à maximiser un avantage, et minimiser un coût: or c'est
qq chose qui peut être dissocié des deux sphères précédentes; exple tiré de la recherche: en
général, on préfère les théories qui sont les plus économes en hypothèses, tout en permettant de
prédire bcp; aucun rapport de ceci avec la richesse, idée est juste de prédire, ceci est indépendant
d'un échange économique marchand.

La théorie économique de type Mill va consister à dire que tendanciellement, dans le


domaine de l'économie, i.e de la production et de l'échange des biens matériels, les
individus tendent à maximiser leur richesse.
En outre, Mill ne fait pas de distinction entre une recherche active de l'enrichissement, type esprit
du capitalisme wébérien, et la tendance à préférer un plus grand gain à un moindre.

Néanmoins, il interprète ceci en termes éthologiques: cette disposition à préférer


un gain plus élevé à un gain moindre relève d'une loi psychologique, mais ne relève pas
d'une dimension naturelle, invariable, du comportement humain; cela correspond à
l'adaptation du comportement à une situation de rareté. Mill considérait à l'époque que
l'Europe était arrivée à une situation d'opulence, d'abondance, que l'époque de la rareté était
terminée, que donc désormais on se consacrerait à des préoccupations éthiques, esthétiques.
L'analyse économique sur la base d'isoler un motif typique particulier, va analyser les
conséquences prévisibles de ce comportement.

C'est là qu'on peut faire intervenir la critique de Mill vis-à-vis d'Auguste Comte. John
Stuart Mill va engager une critique de la "sociologie" d'Auguste Comte: théorie de celui-ci
consisterait à dégager des lois générales de l'évolution de la société, mais en fait il n'a aucune
base empirique pour assurer la réalité de ces lois d'évolution. Ce qu'il est possible en revanche de
faire, c'est de considérer que s'il y a des comportements stables d'un certain type, notamment
économiques, on peut en déduire la formation de régularités sociales.

Lois psychologiques sont à mettre en évidence par induction, à partir des régularités de
comportement. On part d'hypothèses de comportement par la suite, pour considérer les
conséqquences prévisibles de ce comportement. Si par hypothèse les individus préfèrent un gain
plus élevé à un gain moindre, un prix dans un marché va se stabiliser à l'équilibre. En intégrant
autres hypothèses, on obtient un résultat différent. Critique est donc la suivante: on n'a pas de
preuves tangibles de ce qu'affirme Comte, on n'a affaire qu'à des comportements, éventuellement
agrégés. On détermine une loi, sous forme d'hypothèse validée, à partir des comportements
individuels.

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Mill ajoute une deuxième idée, conceptuellement, analytiquement différente. Un système
ne pourrait être expliqué qu'à partir des éléments qui le constituent (tandis que Comte disait que
les éléments d'un système ne permettaient pas d'expliquer celui-ci, car il leur est irréductible).
Pour Mill, régularités observées au niveau macro dépendent de régularités au niveau micro. Max
Weber mettra en évidence par la suite que l'intérêt pour le comportement individuel est lié au fait
que ce sont les actions sociales qui mettent en place des régularités sociales. Dans une population
donnée, une certaine gamme de comportements possibles, liés à une situation où ils se
manifestent.

Si l'on prend une période assez longue, l'ensemble des comportements possibles,
situations sociales typiques vont tendance à s'agglomérer, se constituer. Exemple de la cyclicité
des prénoms. Dans une sté individualiste, tendance à différencier les prénoms. Une explication
consiste en révéler les causes de la formation d'un phénomène. Le raisonnement hypothético-
déductif est un raisonnement non pas normatif, mais explicatif, qui permet d'anticiper sous
certaines conditions l'apparition de phénomènes sociaux. Néanmoins, Mill avait lui-même un
engagement normatif, en tant que philosophe utilitariste: il a insisté sur la notion de sacrifice
possible d'un individu (notion qui n'apparaît pas chez Bentham; Bentham ). Mill va intégrer dans
son utilitarisme la capacité des individus à se sacrifier pour le bonheur public, s'il leur
apparaissait que leur sacrifice était favorable à l'augmentation du bonheur du plus grand nombre.

Aujd, la question de l'existence de lois de la société reste ouverte.

Coeur de la stratégie des sciences sociales, dans prolongement de stratégie des sciences de la
nature, est d'opérer un processus d'abstraction. Ceci est au coeur de la démarche hypothético-
déductive: supposer un comportement de base, pour en déterminer les conséquences, hypothèse
de comportement jamais démentie par les faits, car il s'agit simplement d'en déterminer les
conséquences prévisibles. A noter que le terme d'homo oeconomicus a sans doute été créé par
Vilfredo Pareto, ou du moins il lui est contemporain.
Pareto affirme qu'individu se comporte tantôt comme un homo oeconomicus, tantôt comme un
homo ethicus, tantôt comme un homo religiosus, tantôt comme un homo aestheticus. Ce n'est donc
pas un impérialisme économique à la Gary Becker: au contraire, Pareto insiste sur caractère
d'abstraction de son travail d'économiste, les comportements sociaux saisis immédiatement étant
irrationels.

CARL MENGER :

Menger indique qu'il y a deux manières d'aborder les phénomènes empiriques : la 1ere est de
les aborder sous leur aspect particulier et la 2e est de les aborder sous leur aspect général.

Lorsque les phénomènes se répètent souvent on peut dégager leurs aspects générals et c'est
cela qu'on appelle un « type ». il va s'agir de découvrir les formes typique des phénomènes sociaux et
les relations typiques qui existent entre les phénomènes sociaux. Ces relation typiques entre les
phénomènes sont ce qu'on appelle des lois.

Il va y avoir à partir de là trois styles d’approches:

(1) un savoir individuel qui correspond à l'histoire économique et à la statistique économique.

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(2) Par contraste avec ce savoir individuel il y a un savoir général qui met en évidence des
relations typiques et ce savoir général est l'objet de l'économie théorique qui met au jour les
relation typiques et lois.

(3) La troisième dimension de l'analyse économique consiste en des sciences pratiques =


possibilité de mettre en place des (?) permettant de (?)

Il s'agit de considérer qu'ils ne sont pas inter-changeables.


Le but de la théorie économique est de mettre en évidence des régularités c'est-à-dire des lois de
phénomènes et la compréhension du phénomène consiste à montrer qu'il est un cas particulier d'une loi
générale.

Pour comprendre un phénomène empirique on a besoin de se référer à des considérations théoriques.

Il considère qu'il y a deux types de lois :

⁃ lois sans exception, lois de la nature.


⁃ lois avec exception, lois empiriques

L'idée de base est la suivante : il n'y a pas, dans la réalité empirique, deux phénomènes
concrets qui déploient exactement les mêmes caractéristiques. Et donc le réel est toujours le lieu de
singularités variables et pas de généralités. Il en va de même dans la vie sociale et dans la nature, dans
la nature on a toujours affaire à des objets singuliers qui sont variables les uns par rapport aux autres.

Il y a néanmoins, à partir de cela, la possibilité d'une « orientation exacte » qui consistes à


construire des « types pures », c'est-à-dire la mise en évidence des éléments les plus simples de ce qui
est réel, éléments qui doivent être considérés comme typiques parce qu'ils sont les plus simples. Ces
« types pures » sont établis à partir de la réalité empirique mais ils ne sont pas présents dans la réalité
empirique, ils correspondent à une construction théorique et donc les types pures ne peuvent pas être
invalider par la réalité empirique car il s'agit d'un orientation exacte qui n'est pas présente dans la
réalité empirique. Menger va considérer qu'à partir de ces éléments simples on peut reconstruire les
ensembles complexes d'un point de vue théorique.

Difficulté de faire des expériences pour expliquer les phénomènes sociaux.

La construction théorique pour Menger consiste donc à dégager les éléments simples, à
étudier les relations qui existent entre ces éléments et à étudier les conséquences qu'il y a pour ces
interactions.
Dans la vie économique on isole les éléments simples ou comportements, on construit une théorie qui
nous permet de décrire les relations fondamentales qui existent entre ces éléments et c'est à partir de
cette théorie que l'on pourra commencer à comprendre et expliquer les comportements (ou éléments
simples).
Quels sont ces éléments simples pour l'analyse économique ?

4 hypothèses de Menger :

⁃ Tous les acteurs économiques cherchent à satisfaire leurs intérêts de la manière la plus complète.
Hypothèse de poursuite d'intérêts égoïstes.

⁃ Dans la guerre des prix ils ne se trompent pas sur les buts à poursuivre ni sur la manière dont il faut les

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atteindre. Hypothèse de rationalité.

⁃ La situation économique ne leur est pas inconnue. Hypothèse d'information parfaite.

⁃ Il n'y a pas de forces extérieures qui les empêchent de poursuivre leurs intérêts économiques.
Hypothèse de libre concurrence.

Ces quatre éléments n'existent pas dans le réel empirique en tant que tel, ils correspondent à une
version idéale, ou pure, ou typique et qui correspond à des éléments simples.

La théorie que Menger met en avant qui est la même que JSM est une théorie où l'abstraction
est nécessaire à l'analyse scientifique et l'abstraction consiste à isoler la dimension essentielle du
phénomène par rapport aux aspects secondaires.
Menger considère comme typique et simple ce qui précisément n'est pas typique et n'est pas simple.

Il va également théoriser comme JSM, le fait que les éléments sociaux composés doivent être
expliqués à partir de leurs éléments.
Précédemment on dit qu'il faut aborder la réalité théorique à partir des spécificités théorique. Là c'est
différend.

1ere critique du fait que les entités sociales ne sont pas des acteurs, que l'état a besoin d'individus pour
être mis en action.

Il y a chez Menger deux idées qui sont dissociables l'une de l'autre. Toutes les deux appartiennent au
patrimoine d'une analyse individualiste des phénomènes :

1) Atomisme de Carl Menger. Il décrit l'émergence de certains phénomènes sociaux sans concertation
préalable entre les acteurs et il a ainsi l'indication du fait qu'on peut expliquer certain phénomènes
sociaux sans faire l'hypothèse d'une coordination explicite. Ex : modèle théorique pour concevoir
l'émergence de la monnaie comme instrument d'échange. (cf cours L3 S2 sur le troc)
Menger donne l'exemple de l'émergence de ce phénomène social qui s'appuie sur les effets non-voulus
issus de l'interaction entre les individus. Il se trouve par ailleurs que en théorie économique l'attribution
d'un prix d'équilibre est un effet non-voulu, sur la base d'actions individuelles non coordonnées. Mais
donc de deux idées fondamentales que développe Menger il ne faut pas en déduire une troisième :
analyser la réalité sociale à partir d'individus qui seraient des atomes car en réalité les acteurs sont
toujours pris dans des relations sociales.

En résumé :

Ce qui fait bouger la vie sociale ce sont les actions individuelles.


Quelque fois il y a des phénomènes sociaux qui apparaissent et qui sont le résultats

GUSTAV VON SCHMOLLER :

Les tâches de l'analyse économique :

⁃ Tâche descriptive qui consiste à dresser un tableau complet d'une économie concrète dans une période

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historique. C'est une observation correspondant au déroulement d'une activité économique.

⁃ Ce tableau est individualisé, il ne correspond pas à la construction de la théorie générale mais il s'agit
de décrire les circonstances particulières d'une société donnée particulière.

⁃ L'analyse économique est une analyse culturelle qui décrit les normes sociales particulières qui
organisent la vie économique.

⁃ C'est donc aussi une étude de la répartition effective des richesses dans le cadre d'institutions données,
ce n'est pas une théorie abstraite de l'échange sur un marché pure mais c'est l'analyse de la manière dont
les richesses sont concrètement produites et réparties à l'intérieure d'une société.

⁃ Puisque c'est une théorie de la culture il s'agit de se détacher de l'utilitarisme qui est un préjugé
simpliste sur le comportement des acteurs en société qu'il convient de remplacer par l'analyse complexe
de la pluralité des situations intervenants dans le cadre de la vie économique.

⁃ Schmoller développe une critique de l'approche mathématique avec ce même argument que l'on
rencontre chez Durkheim qui est l'idée que la mathématisation de l'éco ne se fait que par la construction
de fictions comme par exemple les fonctions de l'utilité des individus ou leur courbes de préférences. Il
va considérer que la dimension descriptive de l'analyse économique conduit à une impossibilité de cette
formalisation à partir d'une théorie de la décision individuelle.

⁃ L'analyse économique doit mettre l'accent sur les institutions et cette insistance sur les institutions
correspond au fait qu'il y a plusieurs manière possible d'organiser la vie économique et cette pluralité
culturelle est l'indice du caractère non naturel des arrangements économique. Cela correspond toujours
à des arrangements sociaux et ces arrangements sociaux correspondent à des jugements de valeurs
c'est-à-dire à des appréciations de la manière dont il convient d'organiser l'économie

⁃ Ex: l'Allemagne a décidé d'arrêter la production nucléaire de l'électricité alors que la France est l'un des
pays qui utilise le plus l'électricité nucléaire.

⁃ L'Etat joue un rôle central dans la vie économique en tant que c'est lui qui produit les normes à partir
desquelles est organisée la vie économique. C'est-à-dire que c'est la dimension institutionnelle qui
oriente l'activité économique dans certaines directions plutôt que d'autres. (ex de la production
nucléaire : c'est la puissance publique qui a orienté la décision dans une direction plutôt que l'autre)

Menger distingue trois types de savoirs économique (savoir théorique, empirique et pratique)

Il faut avoir recours à un savoir pratique qui va établir une relation typique entre les éléments. Les
relations de causalité ne relèvent d'une description empirique et pour parvenir à une analyse pertinente
de ces relations de causalité il faut avoir des relations théoriques générales.

Ex : la Grèce a failli faire faillite. Pays qui a des dettes très importantes, à un certain moment les
prêteur on considéré que la Grèce ne pouvait plus rembourser ce qui a crée une défiance, défiance qui a
crée une augmentation du taux d'intérêt auquel les grecs empruntaient, cette augmentation a provoqué
une situation de quasi faillite.
On interprète une situation concrète à la lumière d'un enchainement causal : c'est le modèle
hypothético-déductif.

Les difficultés de la Grèce et Italie sont en parties dépendantes des prophéties auto-réalisatrice.

II- discontinuité

WILHELM DILTEY

C'est avec cela que va ambitionner de rompre Wilhelm Dilthey.

C'est le premier qui théorise une hétérogénéité entre sciences de la nature et science de l'esprit.
Dilthey dans une série d'ouvrage (« Introduction aux sciences de l'esprit »1883) va introduire en série

17
l'idée que les sciences sociales sont hétérogènes aux sciences de la nature, une critique du positivisme
et l'introduction de la notion de compréhension, c'est-à-dire l'idée d'une méthode compréhensive
spécifique aux sciences sociales et qui fait précisément le caractère particulier des sciences sociales par
rapport aux sciences de la nature.

Et lorsque Simmel puis weber introduiront en socio la démarche compréhensive cela sera dans la
continuité de Dilthey.

Il s'agit de critiquer le positivisme, c'est-à-dire le fait que la réalité sociale soit réductible à des
lois de la nature, que ce soit au niveau de la totalité sociale ou au niveau du fonctionnement de l'esprit.
Dilthey est un « neo-kantien » (comme Weber) avec cette affirmation de la liberté humaine contre les
déterminismes de la nature. La liberté est associée à la variabilité et à la singularité et cette variabilité et
singularité correspondent à l’irréductibilité à des lois.
En fait Dilthey va opposer la nature et l'histoire. La nature c'est le lieu d'un déterminisme et de
mécanisme (lois, répétabilités) tandis que le l'histoire c'est le lieu de la liberté et de la variation
singulière.

Dilthey introduit les notions d'expérience interne et externe.


L'expérience externe c'est la manière dont on aborde de l'extérieur les phénomènes de la
nature lorsqu'on établit des relations de causalité entre leurs éléments. Par contraste, on a une
expérience interne des phénomènes sociaux, c'est-à-dire qu'on comprend de l'intérieur des phénomènes
sociaux et ainsi si je vois le vent remuer les feuilles d'un arbre je suis dans une capacité de relation
externe et donc je pense à la pression du vent tandis que si je vois des mains se remuer j'ai une
compréhension interne car je me réfère à l'intériorité.

C'est la manière dont nous saisissons de l'intérieur les comportements observables de


l'extérieur. C'est ainsi que se déploie la notion de compréhension : c'est ce qui permet de faire le lien
entre l'observateur et l'observé et ce lien se déploie autour de la question du sens et Dilthey indiquera
que la nature en tant que telle n'est pas comprise, elle ne fait pas sens, elle n'a pas de sens pour
l'observateur humain elle est une succession de relation de causalité.
Le sens lié à la compréhension consiste à mettre en évidence des intentions, c'est-à-dire à repérer les
motifs qui sont responsables des actions individuelles et à travers des actions individuelles, des
phénomènes sociaux.
Comprendre c'est interpréter les actions d'autrui par analogie avec ce que l'on ferait soi-même. Il y a
donc dans cette idée de compréhension, une indication de similitude possible entre l'observateur et
l'observé. Similitude qui est à la base de l'analogie, qui permet de définir la compréhension.
Dans la mesure où l'expérience de la compréhension (en anglais on dit « interpretive sociology »)

La compréhension du sens est irréductible à une description d'événements naturels ou physique.

Qu'est-ce que la culture et pourquoi on la comprend? La culture c'est la matérialisation des intentions,
c'est le fait que sont enracinées dans un monde de symboles des intentions humaines. Et donc ce n'est
pas la régularité de lois naturelles qui est découverte par la compréhension c'est la richesse de mondes
culturels qui sont de l'esprit objectivée.

Comment comprendre des réalités culturelles essentiellement variables d'un point de vue historique à
partir du Principe d'une analogie qui orienterait plutôt vers la similitude plutôt que vers la variation
culturelle?

Dilthey dit que en fait nous avons la capacité de comprendre la pluralité des dimensions de l'expérience
humaine au-delà même du registre culturel dans lequel nous vivons, c'est-à-dire que la capacité de
compréhension va au-delà de l'expérience culturelle immédiate et Dilthey va avoir ensuite un rapport

18
esthétique à la pluralité culturelle en indiquant que cela correspond à une multiplicité de possibilité
d'expérience de la vie sociale.
Néanmoins Dilthey introduit l'idée que la compréhension est liée à une dimension de rationalité et que
la raison est ce qu'il y a d'éminemment compréhensible dans cette relation d'analogie qui existe entre
l'observateur et l'observé.

Une autre position serait de dire que les sciences de la nature elles-mêmes ne sont pas scientifiques
mais sont une construction sociale.

Un auteur va essayer d'établir une synthèse entre ces deux perspectives, synthèse qui va donner
lieu à la conceptualisation de deux types différents des sciences. Il sera influent dans le
développement des sciences sociales en général.

Il s'agit de Windelband.

III- mélange des deux

WINDELBAND :

Il va chercher à sortir de la querelle des méthodes, de l'alternative sciences de la nature/de l'esprit telle
que conceptualisée par Dilthey.

Il va introduire une idée nouvelle: le réel dans sa complexité peut être abordé soit du point de vue des
particularités soit du point de vue de sa généralité. C'est-à-dire que la réalité empirique qu'elle soit
naturelle ou social a des aspects particulier et a des aspects qui permet de définir cette réalité sous des
rapports de causalité.
Il va conceptualiser deux termes pour qualifier ces deux approches différentes, l'une qui va s'orienter
vers la connaissance du particulier et l'autre qui va s'orienter vers la connaissance du général :
connaissance idiographique et connaissance nomothétique.

Connaissance idiographique:

(Idiot de idios → singularité) qui renvoie à la description d'évènements singuliers de type


particularisant

Connaissance nomothétique:

Distinction non-d’objet mais d'approche méthodologique. L'idée n'est pas de dire qu'il y a des secteurs
de la réalité soumis à des lois et d'autres non, il s'agit de dire que toute la réalité est par certains aspects
régulière et soumise à des lois et par d'autres aspects est irréductible à des lois et relevant simplement
de dimensions particulières.
Ex : les langues d'un certain point de vue obéissent à des régularités de formations, de l'autre côté
chaque langue est particulière, chaque langue est irréductible à toutes les autres et a une dimension de
particularité qui ne peut pas être déduite des lois générales. Et donc sur l'objet langue il y a à la fois une
possibilité de perspective nomothétique et idiographique.

Windelband considère donc que parce qu'il s'agit d'une différence d'approche et non d'objet, la réalité
n'est pas en tant que telle irréductible ou réductible à des lois, c'est simplement une question de degré.

Pour lui la distinction proposée par Dilthey n'est pas pertinente sur un point particulier: la psychologie.
La psychologie montre l'impossibilité de la mettre soit du côté des sciences de la nature, soit des

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sciences sociales car elle est à la fois naturelle et sociale.

Néanmoins, Dilthey va spécifier le fait qu'il y a des objets qui sont plus ou moins régis par des lois
générales. Les objets appréhendés par la physique tendent à dégager des lois générales correspondant à
des objets qui sont relativement stables. Tandis que l'histoire va insister plutôt sur la dimension de
particularité des évènements. Dans les objets tout objet peut être abordé d'une manière ou d'une autre.
L'idée de Windelband c'est que l'opposition diltheyienne entre deux types de savoirs n'est pas tenable et
ne peut être défendue que d'un point de vue méthodologique.

Le mouvement fondamental de la psychologie à la fin du 19e siècle est d'essayer de devenir une
psychologie scientifique. Il y a le désir de mettre en évidence des lois, notamment cette première
grande loi qui est la loi de Weber-Fechner, loi générale de la sensation S qui varie en fonction de
l'intensité de l'excitation avec une variable k à déterminer (S= k log E). ces lois sont appuyées par le
développement d'une méthode expérimentale, l'idée est que cette méthode expérimentale qui était en
vigueur c'est ce qu'on appelle l'introspection.
Introspection expérimentale : mettre des sujets dans des situations standards répétables et on leur
demande de donner des réponses quantifiables aux différentes situations dans lesquelles ils se trouvent.
Cette démarche qui consiste à demander aux individus de répondre à des questions sur leurs ressenti
mais des réponses quantifiables, est en réalité encore pratiquée aujourd'hui, par ex : est-ce que vous
êtes heureux ? Échelle de 1 à 10.

la critique de l'introspection va s'appuyer sur un certains nombres d'arguments :

⁃ Il est impossible d'être à la fois observateur et observé (idée que l'on retrouve chez Conte). Nécessité
d'une certaine distance.
⁃ Problème de l'inconscient. Par définition on observe pas son inconscient s'il n'est pas conscient.
⁃ Il y a des psychologies qui ne relèvent pas de l'observation du moi et qui ne peuvent pas faire
l'introspection par le moyen d'un moi réfléchissant.
⁃ Des dimensions du comportement ne sont pas accessibles à la conscience.

C'est pourquoi une tentation behavioriste consiste à essayer de mettre de côté complètement l'intériorité
subjective des individus pour se référer à la manière dont typiquement les individus sont amenés à
réagir d'une certaine façon lorsqu'ils sont placés dans certaines situations.
Retour en grâce de l'attention portée aux mécanismes cognitifs.

Parallèlement à cela on va avoir le développement d'une sociologie compréhensive qui se réfère à


l'idée d'introspection et qui pose le problème du rapport entre la notion de compréhension dans les
sciences sociales et l'existence ou non de lois de régularités qui permettraient une telle démarche
compréhensive, puisque d'une parte Dilthey introduit la notion de démarche compréhensive contre la
référence à des lois
et pour affirmer la spécificité d'une approche irréductible aux mécanismes de la nature.

Néanmoins Dilthey va ajouter que la démarche compréhensive est rendue possible par l'analogie entre
l'observateur et l'observé (comprendre quelqu'un c'est établir une analogie entre ce qui est fait et ce
qu'on aurait pu faire).

SIMMEL :

Simmel a théorisé cette notion de compréhension avant que ça ne soit repris et théorisé par Max Weber.
Simmel était professeur à l'université de Strasbourg. L'idée est la suivante: la vie sociale telle que nous

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l'observons n'a de sens que parce que nous projetons dans l'analyse du comportement des autres l'idée
qu'ils agissent en fonction d'intentions qui sont les causes des comportements observés.
« du point de vue de l'expérience perceptible et immédiate autrui est pour nous un automate et nous n'y
subsumons une subjectivité qu'en y projetant notre propre moi » « nous sommes convaincu qu'il n'est
pas nécessaire d'être César pour comprendre César »
Il est possible de comprendre des comportements très éloignés de soi-même ce qui introduit une marge
de manœuvre par rapport à l'analogie.

Points essentiels de l'analyse de Weber et Simmel:

⁃ La compréhension est une reconstruction de quelque chose qui est observé et on projette des raisons
pour rendre compte de ce comportement.

⁃ Les raisons peuvent être d'ordre strictement opposées. Ex: quand Robespierre est devenu puissant cela
a crée du ressentiment parmi les autres dirigeants français. Simmel dit qu'on aurait pu assister au
scénario opposé qui est que parce qu'il aurait atteint un niveau de puissance très élevé les autres
auraient renoncé à s'opposer à lui. Dans les deux cas on a un mécanisme psychologique qui permet
d'expliquer le comportement des acteurs concernés.
⁃ Autre ex de Simmel : quand on est amoureux d'une personne et que cette personne nous quittes on en
conçoit un chagrin inconsolable soit on oublie la personne. Les deux sont possible et répondent à un
mécanisme psychologique qui permet de comprendre la situation.

⁃ Lorsque les paysans russes ont été libérés du servage cela a donné lieu à une désorganisation de la
production économique parce que les anciens maitres et les nouveaux paysans libres ne savaient pas
trop sur quelle base ils devaient interagir et comment la production devait être organisée et cela a eu
pour effet que les paysans se sont détournés du travail et ont eu un refus de s'engager dans des activités
salariales. Si au contraire on avait assisté à une croissance économique on aurait pu également
expliquer cela par le sevrage.

On arrive à trouver les raisons d'un comportement dans des sens apparemment opposés.

Ce que ne dit pas Simmel c'est que c'est aussi une analyse rétrospective c'est-à-dire que c'est
après coup que l'on sait qu'elles ont été les raisons qui ont animées les acteurs observés.

Néanmoins, une forme éminente de compréhensibilité des actions d'autrui est la rationalité.

L'idée de rationalité correspond à une degré élevé de compréhensibilité. Si la compréhension


correspond à une reconstruction après coup des raison pour lesquelles les gens ont agit dans une
direction plutôt qu'une autre, on peut néanmoins faire appel à ce que Simmel appelle une « psychologie
de conventions », c'est le fait que pour rendre compte du comportement des acteurs observés on entre
pas dans le détail des motivations complexes de tous les acteurs impliqués mais on se réfère à une
psychologie simplifiée qui rend compte des motivations typiques de certaines d'acteurs dans certaines
catégories de situations.

Ainsi, les gens qui appartiennent à une parti politique cherche à acquérir le pouvoir et à le conserver (=
psychologie de convention).

La compréhension fonctionne par analogie entre l'observateur et l'observé à partir de cette idée qu'il y a
une possibilité de compréhension de ce que l'on ne fait pas par comparaison avec ce que l'on aurait pu
faire dans des circonstances similaires.

Il raisonne en terme de simplification, il ne prend pas en considération la variété des circonstances

21
particulières de chaque individu et de chaque situation sociale mais présente les choses à partir
d'hypothèses simplifiées de ces évènements et comportements.

Idée que la connaissance du réel social n'est jamais exhaustive, elle n'est jamais en ce sens réaliste.

La connaissance du réel dépend toujours d'un point de vue préalable, Simmel s'est opposé à cela.
Ranke (historien allemand) indiquait dans son ouvrage de 1824 que l'historien entend seulement
montrer ce qu'il s'est réellement passé.

Simmel dit que c'est impossible. Toute description présuppose une reconstruction de son objet.
Ainsi, parler d'une identité individuelle ou collective correspond à une effort de mise en ordre à partir
d'une idée d'unité d'une variété empirique de phénomènes. Ce que Simmel va établir une analogie entre
la démarche scientifique et l'oeuvre d'art dans le sens où il s'agit d'une mise en ordre d'une matériau
divers un petit peu comme un roman consiste à mettre en ordre un certain nombre d'élément et leur
donner un sens. C'est une construction théorique qui va mettre en ordre un certain nombre d'éléments et
leur donner un sens. La connaissance consiste à présenter un tableau cohérent d'une réalité qui peut être
elle-même incohérente (cf Weber).

Idée que l'on ne trouve pas chez Weber, qui est spécifique à Simmel :

la vie sociale produit des formes typiques de l'interaction par exemple les règles de politesses, les
règles esthétiques, cette production de règles correspond à la mise en place de formes sociales et ces
formes sociales sont la base à partir de laquelle une démarche compréhensive des objets sociaux est
possible, c'est-à-dire qu'on comprend la réalité sociale à partir des formes produites par la réalité
sociale ainsi on comprend un comportement individuel par référence à des normes de politesses qui
sont l'élément produit socialement qui permet de rendre intelligible un comportement individuel.

Autrement dit les règles de la vie sociale sont des productions sociales, ces normes sont ce qui
expliquent causalement ce qu'on est en train de faire et c'est l'existence de ces normes qui permet
la compréhension de l'activité.

C'est une idée fondamentale qui est d'insister ur le fait que les formes produites socialement sont aussi
ce qui permet de comprendre les comportements de la vie sociale. La vie sociale produit des formes et
que c'est formes sont un élément qui permet la compréhension de la vie sociale, ce qui veut dire qu'il y
a des comportements qui ne sont intelligibles que parce qu'il y a des règles sociales qui organisent ces
comportements. Et donc pour résumer la démarche épistémologique de

Simmel, elle consiste à adopter une démarche compréhensive qui fait une analogie entre observant et
observée, analogie qui permet une reconstruction théorique qui consiste à mettre en relation les
éléments entre eux.

Pour résumer la démarche de Simmel:


Celle- ci consiste à adopter une démarche compréhensive, qui procède par analogie entre
l'observateur et l'observé. Face à cela, on peut opérer une reconstruction théorique qui
unifie un divers empirique.
On retombe sur la question de l'identité personnelle, évoquée par David Hume; Simmel
affirme que la notion même de personne est une construction théorique. Dès lors,
plusieurs mise en ordre possibles du réel, plusieurs ensembles possibles de description
pertinente.

Par ailleurs, Simmel a une démarche qu'il qualifie lui-même de relativiste, qui ne correspond pas

22
au relativisme actuel, idée reprise par Boudon : on n'a pas de fondement ultime de la
connaissance, toute connaissance reposant sur d'autres principes, etc. En réalité, pas de socle
définitif sur lequel on pourrait construire la connaissance. Toujours des présupposés, fondés sur
d'autres présupposés, sur lesquels on va construire des présupposés; ceci repose sur la notion de
forme.

WEBER :

Weber a théorisé les sciences sociales.

Il est mis du côté de la sociologie compréhensive. Max Weber n'est pas Diltheyien. Il introduit
l'idée d'un savoir nomologique, c'est-à-dire par référence à des lois mais il va indiquer que ce
n'est pas le but de la sociologie de mettre en évidence ces lois, qu'en revanche les sciences sociales
recourent nécessairement à des lois pour rendre compte de la réalité sociale.

Par contre ≠ en revanche (« par contre » introduit une contre-partie négative « en revanche » en
introduit une positive).

La connaissance dépend nécessairement d'une point de vue sur le réel du fait de son caractère infini.

Le caractère infini du réel va conduire au fait que pour appréhender un objet il faut toujours
l'appréhender à partir d'un certain questionnement. Ce questionnement correspond à ce que Weber
appelle « un rapport aux valeurs », ce qui est à différencier d'un jugement de valeur.

Ex : si on s'intéresse à la prostitution c'est parce que nous accordons de la valeur à l'objet prostitution,
l'objet prostitution va avoir un sens, va nous concerner. On ne s'intéresse à une objet que si on va lui
donner de la valeur. Ce rapport aux valeurs n'est pas un jugement de valeur, le rapport aux valeurs c'est
qu'est-ce qui fait que l'objet nous intéresse.

L'approche d'un objet sociale dépend d'un questionnement qui dépend de valeurs.

Weber insiste sur le fait qu'à partir du moment où l'analyse des sciences sociales fait référence
à des connections causales, ces connections causales pré-supposent un savoir nomologique. Pour
pouvoir parler de causalité il faut avoir l'idée de rapports de causalité qui présupposent un savoir
nomologique.
Weber dit qu'on se réfère à ce qu'il appelle « des règles de l'expérience » c'est-à-dire que du point de
vue de l'expérience commune certaines actions ont certaines conséquences.

le réel est toujours abordé à partir du type de questions qui permet de l'aborder. L'intérêt est
toujours un intérêt culturel et cet intérêt culturel présuppose des valeurs culturelles. Lien avec Simmel :
la compréhension se fait à partir de règles sociales, de normes sociales.
Weber : le but des sciences sociales est de s'intéresser aux connections empiriques particulières mais ce
faisant on a besoin d'un savoir nomologique qui permet de décrire les connections causales qui sont à
l'oeuvre dans le réel.

Notion d'idéal-type de Weber :

Notion déjà utilisée par un juriste allemand qui s'appelle Georg Jellinete. Cette notion de relations
typiques idéales abstraites de la complexité dur réel et permettant un savoir pure se trouve chez
Menger.

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Qu'est-ce qu'une idéal-type ?

⁃ L'idéal-type est une abstraction, en cela fidèle à la lignée de Menger et Paretto. Weber est le successeur
de Menger et Mill. Il conteste la position des économistes car ne fonctionne pas par abstractions mais
par type de comportement. L'idée c'est d'isoler abstraitement une dimension du réel et d'en tirer un
tableau cohérent.

⁃ Ce ne sont pas des hypothèses sur le réel, c'est la construction d'un point de référence. Il ne s'agit pas de
la construction d'hypothèses, c'est-à-dire de construire une théorie qui va être une approximation du
réel, il s'agit de la construction d'un point de vue cohérent par rapport auquel on confronte le réel.

⁃ Ex de Weber : pur marché concurrentiel où les individus ne sont mus que par des objectifs
économiques et où ils agissent rationnellement par rapport à ces objectifs économiques. Weber dit
qu'on peut construire un tableau de pensée cohérent qui nous permet d'avoir une idée de ce que serait le
réel si on était dans ces conditions. Il ne s'agit pas d'une hypothèse parce que Weber n'indique pas que
c'est une hypothèse sur le réel économique qui va se développer de telle manière. Il dit que c'est un
tableau cohérent qui permet de mesurer l'écart du réel par rapport à cet idéal. L'utilité est de repérer les
facteurs qui dans la réalité empiriques font qu'on est pas dans la situation idéale. C'est un point de
référence par rapport auquel on mesure l'écart des comportements. Ainsi dans la sphère économique on
pourra voir que (1) dans la réalité on est pas nécessairement dans une situation de pure concurrence et
que (2) les gens ne poursuivent pas que des objectifs économiques et que (3) lorsqu'ils poursuivent des
objectifs économiques ils ne le font pas de manière rationnelle.

⁃ L'idéal-type ce n'est pas une approximation, une simplification du réel, c'est une construction idéale qui
permet de repérer les facteurs qui font qu'on est pas dans cette situation idéale.

⁃ Une hypothèse est une conjecture que l'on fait sur le réel que l'on va ensuite confronter à l'empirique
pour vérifier si elle est vraie ou pas. Pour Weber l'idéal-type ce n'est pas ça, ce n'est pas une conjecture
sur le réel, c'est la description d'un tableau idéal de penser, c'est la construction d'un point de référence.

Weber poursuit avec une idée fondamentale qui fait sa grande différence avec Durkheim.

Durkheim établit des corrélations entre variables et les interprète de manière causale par référence à
une causalité de type macro-macro. En fait Durkheim introduit quand même un niveau micro (il fait
appel à la psycho quand il dit que les juifs se suicident plus que les protestants).

Weber va dire que les associations statistiques ne sont pas significatives en tant que telles tant que on a
pas éclaircit les raisons pour lesquelles il y a une telle association statistique.
Des associations statistiques révélées au niveau macro ne sont compréhensibles que si on découvre les
raisons pour lesquelles au niveau micro existent de telles associations statistiques.

Au niveau des comportements Weber indique que les comportements sont plus ou moins
compréhensibles.

Il va indiquer fondamentalement 2 choses :

⁃ il y a une norme de rationalité qui rend les actions éminemment compréhensible mais
⁃ nous pouvons comprendre les actions sur une base non rationnelle. Weber décrit la rationalité par un
type de comportement éminemment compréhensibles.

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⁃ comparaison des fins
⁃ prise en compte des conséquences
⁃ choix des moyens adéquats

Un comportement rationnel est un comportement qui s'impose normativement aux individus comme
souhaitable ainsi l'exemple que donne Weber est celui de la rationalité logique qui est de penser que 2
et 2 font 4.
(Les gens vont croire à l'astrologie parce qu'ils ont le désir de croire à l'astrologie.)

Connaissance à partir d'un point de vue, intérêt par rapport à des questions, valeurs.
Construction d'un idéal-type, mise en évidence d'un point de vue unifié cohérent sur le réel à partir
duquel on mesure l'écart sur le réel.

Dilthey considère que les sciences de la nature sont le lieu d'un déterminisme naturelle tandis qua dans
le domaine de la culture il n'existe pas de déterminisme donc pas de lois donc pas de connaissances.
Dilthey et Windelband, différence méthodologique d'approche et non pas une différence d'objet.

ÉTUDE DE TERRAIN:

C'est l'anthropologie qui introduit l'étude de terrain, apparaît à la fin du 19e siècle dans le contexte du
colonialisme européen. L'Europe a envahit le monde entier, imposé sa loi. Il n'y a que 3 pays qui n'ont
pas subit le joug colonial européen: le Japon, la Thaïlande et la Turquie.

Pourquoi cette volonté de puissance européenne?

C’EST dans le contexte du colonialisme européen qu'ont été rencontrées les sociétés qui ont été
qualifiées de primitives.
La notion de société primitive est une notion qui renvoie à la notion d'évolutionnisme. L'anthropologie
d'aujourd'hui est anti-évolutionniste. Le mot évolutionnisme n'est pas nécessairement lié à un terme
normatif.

Il existe des dimensions de simplifications lorsqu'on passe des sociétés primitives, traditionnelles aux
sociétés contemporaines: c'est le CAS des relations de parentés par exemple.

Dans la perspective de ce colonialisme sont rencontrées des cultures très différentes: sociétés sans
écriture et sociétés sans agriculture.

Malinowski est connu essentiellement pour 2 choses:

il s'est retrouvé aux îles Trobriand (du côté de la nouvelle Guinée) où il a décrit le phénomène célèbre
de la Kula.

Introduction aux « argonautes du pacifique occidentale ».

L'apport de Malinowski à cette approche anthropologique est d'indiquer la différence entre les
professionnels et les amateurs, idée qu'on ne peut parler d'un objet social que si on en a une
connaissance directe par précisément l'intermédiaire d'une étude de terrain. Critique de ce qu'on
appellera un anthropologue en chaire (=celui qui raisonne sur une société sans en avoir une
connaissance directe).

Pour Malinowski le questionnaire est insuffisant, il faut vivre de manière immergée dans une
population. Alain Deliège considère qu'il y a une révolution épistémologique faite par Malinowski car
plus de domination de l'homme blanc sur le sauvage avec idée que le sauvage ne sait pas et homme

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blanc sait, avec l'étude de terrain c'est le sauvage qui sait et l'homme blanc qui ne sait pas.

Il s'agit d'opérer une vie sur le terrain. Ce qui implique d'apprendre les langues des indigènes.
C'est Malinowski qui a introduit la pratique de l'étude de terrain très longue. Il introduit l'idée que le
travail de l'anthropologue consiste à essayer de « saisir le point de vue de l'indigène, ses rapports avec
la vie et comprendre sa vision de son monde. » et il introduit donc cette idée de culture qui va
représenter l'objet de la connaissance anthropologique. La culture c'est l'ensemble de normes sociales
qui règlent la vie des membres de ces sociétés. Malinowski va indiquer l'enjeu fondamental de
l'interprétation de cette culture, est-il possible de traduire la réalité culturelle d'une société dans le
langage d'une autre société ? Passer d'une culture à une intelligibilité de cette culture. Il ne s'agit pas
d'enregistrer des faits passivement.

« Les faits n'existent pas d'avantage dans la réalité sociologique que dans la réalité historique »

= Il ne s'agit pas de décrire des faits qui seraient donnés de manière isolés dans une réalité pré-établis,
c'est en fait l'anthropologue qui reconstitue ces faites, qui les construit à partir de son expérience de
cette rencontre avec ces cultures. Il s'agit de transformer une réalité sociale chaotique en un tableau
ordonné par des règles générales.

C'est à ce moment-là que se déploie l'idée que ces sociétés de chasseurs-cueilleurs (primitives)
ne sont pas des sociétés sans cultures mais au contraire des société complexes régies par des règles très
précises.essayer de cartographier les règles de l'interaction qui ne sont pas formalisés comme sont
formalisées les règles de la société contemporaine. (Ex: de la langue)
Dans une société sans écriture les règles sont vécues mais ne sont pas inscrites dans des archives ou
documents, c'est à l'anthropologue de trouver ces règles et de les classer.

Malinowski va indiquer qu'il y a 3 types d'objets révélés par la connaissance anthropologique:

⁃ l'ensemble des normes constituant l'organisation de la tribu et l'anatomie de sa culture


⁃ les impondérable de la vie authentique = manière dont les gens se comportent réellement y compris de
manière non conforme aux règles qu'ils disent accepter. Décrire les pratiques réelles
⁃ collectionner tous les documents produits par ces sociétés qui permettent de caractériser la manière
dont fonctionnent ces sociétés.

La Kula est le paradigme d'une situation sociale contraire à la théorisation du marché classique. La
Kula fonctionne par un échange cérémoniel de cadeaux qui ont pour caractéristiques fondamentales :
ils sont sources de statu social pour ceux qui les donnent et pour ceux qui les reçoivent et ce sont des
bien qui ne font pas l'objet d'une transformation utilitaire.
La Kula c'est l'échange de biens de manière obligatoire sans qu'il y ait de dimension utilitaire.

Malinowski a menti et n'a jamais assisté à une expédition de Kula parce que les gens ne l'ont pas laissé
monter.

L'introduction des études de terrain pose le pb de l'interprétation de cultures différentes et le pb de la


commensurabilité des cultures et de la possibilité de traduire les données d'une culture dans la langue
de la connaissance d'une autre culture.
2 possibilités:

⁃ la diversité radicale des cultures qui a donné lieu au culturalisme = thèse suivant laquelle il n'existe pas
d'unité culturelle sous-jacente, chaque culture a ses normes propres ce qui peut avoir pour conséquence
d'un point de vue épistémologique de dire qu'il n'y a pas de culture commune qui permette d'interpréter

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les autres cultures, il n'y a que des discours d'une culture sur une autre culture.

⁃ Considérer qu'il y aune unité du phénomène humain qui permet à la fois l'analyse d'une société par une
autre société et d'autre part la validité épistémologique des discours qui est appuyée sur cette structure
commune. Structure commune renvoie à Levy Strauss, Levy Strauss = structuralisme. Unité
structurelle des cultures qui permet l'intelligibilité.

La possibilité de la compréhension repose sur des régularités de comportements. On comprend ce que


font les autres parce qu'il y a des modes de régularités de comportement.

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