Vous êtes sur la page 1sur 13

BTS SE2 Prof : I.

Elyamani

Physique Appliquée

La transmission en bande de base


I) Introduction
Un signal électrique, ou optique est caractérisé par sa densité spectrale de puissance
(encombrement spectral). On peut le transporter dans la bande d'origine avec un éventuel
transcodage (bande de base) ou effectuer une transposition dans une autre bande de fréquence
(modulation).

La transmission est dite en bande de base lorsque le signal ne subit pas de transposition en
fréquence. Dans ce cas le signal présente souvent un aspect rectangulaire, car la fonction de
modulation simple utilisée est rectangulaire.

La transmission en bande de base consiste à transmettre directement les signaux numériques


(suites de bits) sur le support, sur des distances limitées (de l'ordre de 30Km). Le signal en
bande de base ne subit pas de transposition de fréquence (modulation) et se réduit à un signal
codé. La figure ci-dessous résume le principe de la transmission des données en bande de
base.

Le codeur dans la bande de base transforme la suite de bit en une suite de symbole prise dans
un alphabet fini de N symboles.
𝑠" ∈ {𝑠% , 𝑠' , … , 𝑠) }

Tout canal réel comporte les imperfections qui se traduisent dans le domaine temporel, pour
les réponses indicielles et dans le domaine fréquentiel par l'affaiblissement ou fonction de
transfert. Les signaux en bande de base subissent une atténuation non-négligeable et doivent
donc être régénérés périodiquement.

Lycée Alkhawarizmi de Safi 1


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

Pourquoi utiliser la transmission en bande de base :


• Une meilleure adaptation aux caractéristiques physiques du canal de transmission
• Une meilleure synchronisation entre l’émetteur et le récepteur
• Une réduction de la bande passante exigée
• Une réduction de la puissance électrique nécessaire à la transmission

Critères de choix d’un code canal :


• Largeur de sa plage de fréquences
o La plus étroite possible
• Répartition fréquentielle de la puissance
o Peu de puissance aux faibles fréquences, aucune à la fréquence nulle
• Codage de l'horloge
o Fréquence suffisante des transitions
o Synchronisation de l'horloge du récepteur sur le signal reçu
• Résistance au bruit
o Espacement des niveaux/symboles
• Complexité du codage
o Minimiser le coût et vitesse de codage
• Indépendance à la polarité
o Facilité d'installation

II) Débit binaire et rapidité de modulation :


Le débit maximum que l'on peut obtenir dépend de la longueur du câble et de sa section. La
transmission en bande de base est désormais très largement utilisée, puis qu'elle est utilisée
dans les réseaux locaux.

Le débit binaire B d'une voie de données est le nombre maximum de bits di transmis par
seconde sur cette voie.
𝟏 𝟏
𝑫 = 4
= 𝒃𝒊𝒕𝒔/𝒔
𝑫𝒖𝒓é𝒆 𝒅 𝒖𝒏 𝒃𝒊𝒕 𝑻𝑩

La rapidité de modulation R (exprimée en bauds) mesure le nombre maximum de symboles


(éléments de modulation) transmis par seconde

𝟏 𝟏
𝑹 = =
𝑫𝒖𝒓é𝒆 𝒅4 𝒖𝒏 𝒔𝒚𝒎𝒃𝒐𝒍𝒆 ∆

Soit N le nombre d’états signal codé, alors la relation entre le débit et la rapidité est donnée
par :

𝟏 𝐥𝐨𝐠 𝟐 (𝑵𝒐𝒎𝒃𝒓𝒆 𝒅′é𝒕𝒂𝒕𝒔) 𝐥𝐨𝐠 𝟐 (𝑵)


𝑫 = = = = 𝑹. 𝐥𝐨𝐠 𝟐 (𝑵)
𝑻𝑩 𝑫𝒖𝒓é𝒆 𝒅4 𝒖𝒏 𝒔𝒚𝒎𝒃𝒐𝒍𝒆 ∆

Lycée Alkhawarizmi de Safi 2


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

III) Supports utilisés :


✅ Câbles métalliques :
Possible car il n'y a pas de coupure de la bande passante. La portée sera limitée par
l'atténuation (proportionnelle à racine de f), la vitesse et le type de codage.
✅ Fibre optique :
Possible.
❌ Voie téléphonique :
Impossible car la bande passante est limitée, et il ne serait pas possible de réaliser
le multiplexage en fréquence.

IV) Les codes usuels utilisés en bande de base


4-1) NRZ unipolaire :

La méthode NRZ (Non Return to Zero) représente la technique la plus simple de codage.
Dans cette technique à 2 niveaux, le signal numérique est codé suivant les règles :

• Bit de données à 0 → tension nulle


• Bit de données à 1 → tension positive +V

4-2) NRZ bipolaire :

• Bit de données à 0 → tension négative -V


• Bit de données à 1 → tension positive +V

La figure suivante donne l’allure d’un signal NRZ bipolaire :

Lycée Alkhawarizmi de Safi 3


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

Les principales caractéristiques du codage NRZ sont :


• Une bonne résistance au bruit
• Une mauvaise adaptation au support (spectre centré sur la fréquence nulle)
• Peu de transitions, donc difficulté de synchronisation d'horloge

Exemples d’utilisation : (RS232, RS485)


Spectre : La densité spectrale d’un signal NRZ est donnée par la relation :
𝟐
𝑻
𝐬𝐢𝐧(𝝅. 𝒇. U 𝟐𝑩 V)
𝚪(𝒇) = 𝑽𝟐 . 𝑻𝑩 . P W
𝑻𝑩
𝝅. 𝒇. ( )
𝟐

B B B
4-3) NRZI

C’est une variante du NRZ (NRZ Inverted) dans lequel le signal reste identique à la valeur
précédente si "1" et devient son contraire si "0". On évite ainsi la nécessité du repérage des
fils et le spectre est 2 fois plus étroit. La bande est étroite mais il y a risque de perte de
l'horloge.

Ici, le signal est codé suivant les règles suivantes :


• Bit de donnée à 0 → la tension s'inverse à chaque période
• Bit de donnée à 1 → la tension reste constante à chaque période
L'allure de ce signal est représentée ci-dessous :

Lycée Alkhawarizmi de Safi 4


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

L'avantage essentiel de NRZI par rapport au NRZ bipolaire se manifeste dans les
transmissions où le signal reste de longues périodes à 0. Dans ce cas, il y a injection de
transitions qui facilitent la synchronisation de l'horloge du récepteur

Exemples d’utilisation : Fast Ethernet (100BaseFX), FDDI

4-4) Codage RZ (Return-to-Zero) unipolaire :


Le signal est codé suivant les règles suivantes :
• Bit de donnée à 0 → tension nulle
Z[ Z[
• Bit de donnée à 1 → +V pendant [0, ], 0] pendant [ , 𝑇_ ]
' '

Inconvénient : Valeur moyenne non nulle

4-5) Codage RZ bipolaire:

Le signal est codé suivant les règles suivantes :


Z[ Z
• Bit de donnée à 0 → -V pendant [0, '
], 0] pendant [ '[ , 𝑇_ ]
Z[ Z
• Bit de donnée à 1 → +V pendant [0, '
], 0] pendant [ '[ , 𝑇_ ]

Lycée Alkhawarizmi de Safi 5


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

4-6) Codage Manchester (Biphasé)


Une solution permettant de décaler le spectre du signal vers les fréquences plus élevées
consiste à coder les états de base par des transitions et non par des niveaux. C'est la solution
adoptée par le codage Manchester, encore appelé codage biphasé.
Cela se traduit par les règles suivantes :
• Bit de donnée à 0 → un front montant
• Bit de donnée à 1 → un front descendant
L'allure de ce signal est représentée ci-dessous :

Spectre du code Manchester :


La densité spectrale du code Manchester est donnée par la relation suivante :

𝑻
(𝐬𝐢𝐧(𝝅. 𝒇. ( 𝟐𝑩 )))𝟒
𝟐
𝚪(𝒇) = 𝑽 . 𝑻𝑩 .
𝑻
(𝝅. 𝒇. ( 𝑩 ))𝟐
𝟐

B B B B

Remarques : spectre étalé et double de la fréquence binaire, le repérage des fils est
obligatoire.
Exemples d’utilisation : Ethernet 10Base5, 10Base2, 10BaseT, 10BaseFL

Lycée Alkhawarizmi de Safi 6


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

4-7) Codage Manchester Différentiel


Cette variante du codage de Manchester correspond aux règles suivantes :

• Bit de donnée à 0 → Transition au début du bit


• Bit de donnée à 1 → Pas de transition au début du bit
• Pour 0 et 1 → Transition au milieu du bit

L’allure d’un signal codé en Manchester différentiel est donnée par le chronogramme
suivant :

Remarques : Le repérage des fils n’est pas nécessaire


Spectre : Identique à celui du biphasé

4-8) Code de Miller


Le code de Miller s'obtient à partir du codage Manchester dans lequel on supprime une
transition sur deux. En d'autres termes, les règles d'encodages prennent la forme suivante :
• Si le bit de donnée vaut 1, alors on insère une transition au milieu de l'intervalle
significatif
• Si le bit de donnée vaut 0, alors pas de transition au milieu de l'intervalle significatif,
mais si le bit suivant vaut 0, alors on place une transition à la fin de l'intervalle
significatif

Lycée Alkhawarizmi de Safi 7


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

L'exemple suivant illustre le codage de Miller :

Remarque : Spectre très étroit permettant des débits plus élevés mais pouvant
éventuellement perturber les paires voisines (diaphonie).

4-9) Code MLT-3 (Multi-Level-Transmit 3)

C’est un codage en ligne qui utilise 3 niveaux de tension électrique.


Dans ce codage, seuls les 1 font changer l’état du signal. Les 0 sont codés en conservant la
valeur précédemment transmise.

Les 1 sont codés successivement sur trois états : +V, 0, et -V

Lycée Alkhawarizmi de Safi 8


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

4-10) Codage bipolaire ou AMI (Alternate Mark Inversion)

Les 0 sont représentés par des potentiels nuls, les 1 par +V et -V en alternance.

Spectre :
𝟐 𝟐
𝐬𝐢𝐧(𝝅. 𝒇. 𝑻𝑩 ) 𝟐
𝚪(𝒇) = 𝑽 . 𝑻𝑩 . (𝐬𝐢𝐧(𝝅. 𝒇. 𝑻𝑩 )) . a b
𝝅. 𝒇. 𝑻𝑩

4-11) Code bipolaire d'ordre 2


On code séparément les bits d'ordre pair et les bits d'ordre impair en bipolaire puis on
additionne.

Remarque : spectre deux fois plus étroit que bipolaire (AMI).

Lycée Alkhawarizmi de Safi 9


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

4-11) HDBn (High Density Bipolar : Bipolaire à Haute Densité d’ordre n)


Pour éviter la perte de la synchronisation (horloge) lors d'une suite de "0" possible sur un
code bipolaire, on remplace ces suites de "0" par des suites spéciales avec viol de cycle. Si la
suite est de n+1 bits on dit que le code est d'ordre n.

Le 'n' de HDBn indique le nombre de 0 que l'on peut envoyer. On le choisit en fonction de la
fiabilité du support et du matériel. La valeur pour le premier 1 à envoyer est fixée par
convention entre l'émetteur et le récepteur. L’introduction des violation de l’aternance par le
bit V permet à une PLL numérique de récupérer l’horloge.

Exemple : HDB3

Chaque fois qu’il y a 4 zéros consécutifs, ils seront codés et remplacés par soit :
• 000-
• 000+
• +00+
• -00-

Pour déterminer le mot qui remplace la suite (00002), on utilise le tableau suivant :

Nombre
d’impulsions Polarité de la Code
Modèle
positives (+) ou (-) dernière impulsion correspondant
depuis le dernier V
+ −00−
Pair B00V
− +00+
+ 000+
Impair 000V
− 000−

Remarques :
• Le bit B agit comme un bit 1 normal dans le code AMI, et prend ainsi une polarité
opposée à celle de la dernière impulsion non nulle
• Le bit de V introduit une violation de l’alternance entre une tension positive et
négative dans le codage AMI. Il prend la même polarité que la dernière impulsion.

Exemples de codage : On suppose que la 1ère impulsion est positive

1) On suppose que le nombre d’impulsions positives (+) ou (-) depuis le dernier V est pair
Binaire 10000110
AMI +0000−+0
HDB3 +B00V−+0
+−00−+−0

2) On suppose que le nombre d’impulsions positives (+) ou (-) depuis le dernier V est impair
Binaire 101000001100001100000001
AMI +0−00000+−0000+−0000000+
HDB3 +0−000V0+−B00V−+B00V000+
+0−000−0+−+00+−+−00−000+

Lycée Alkhawarizmi de Safi 10


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

3) On suppose que le nombre d’impulsions positives (+) ou (-) depuis le dernier V est impair
Binaire 1010000100001100001110000111100001010000
AMI +0−0000+0000−+0000−+−0000+−+−0000+0−0000
HDB3 +0-000V+000V-+B00V-+-000V+-+-B00V+0-B00V
+0-000-+000+-+-00-+-+000+-+-+-00-+0-+00+
4) On suppose que le nombre d’impulsions positives (+) ou (-) depuis le dernier V est pair
Binaire 10000000000
AMI +0000000000
HDB3 +B00VB00V00
+-00-+00+00

4-12) Codage 2B1Q


Ce code fait correspondre 2 bits (2B) du message binaire à 1 symbole quaternaire (système de
numération de base 4) d’où l’appellation 1Q).

Afin de minimiser la propagation d’erreur, les pairs de bits sont associés à des niveaux de
tension selon l’ordre du code de Gray, comme indiqué par le tableau suivant :

Groupe de 2 bits Tension


00 -3a
01 -1a
11 1a
10 3a

Avec a un niveau de tension. Par exemple : a = 1v ; 0.83v ; 0.15v

Si un niveau tension est lu par erreur entant qu’un autre niveau de tension adjacent, alors il
n’y aura un bit erroné dans le message binaire décodé. Par exemple si à la réception du
niveau de tension correspondant à (01)2 : (-1V), on reçoit 1V, alors le groupe de 2 bits décodé
est (11)2 au lieu de (10)2. (11)2 ne diffère de (01)2 que par un bit au lieu de 2 bits si on avait
utilisé l’ordre du binaire naturel (10)2.

La figure suivante donne un exemple de message binaire codé en utilisant 2B1Q :

Exemples d’utilisation : RNIS/ISDN, HDSL (prédécesseur de l’ADSL)

Lycée Alkhawarizmi de Safi 11


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

4-12) Codage nB/mB


Principe : Il s’agit d’un codage par bloc. On utilise une table de transcodage pour coder un
groupe de n bits en m bits, avec m > n. Ce codage ne définit pas la mise en ligne des bits.
On utilise généralement pour cela un codage de type NRZI ou MLT3.

Par exemple, la suite binaire 1000 0101 1111 va être découpée en groupes de 4 bits dans le
code 4B/5B. La table de transcodage de 4B/5B est donnée ci-dessous, elle permet de
transformer chaque groupe de 4 bits en groupe de 5 bits.

Ainsi, la rapidité de modulation est 5/(4TB).


La suite à transmettre ne comporte pas plus de deux 0 consécutifs, ce qui la rend plus facile à
transmettre un fois codée en NRZI ou MLT3.

Exemple : Le message 1110 0001 1011 codé en 4b/5b associé à NRZI est donné par la figure
suivante en supposant que le niveau précédent était +V et que pour NRZI le rôle et « 1 » et
des « 0 » est l’inverse de ce qui est vu en 4-3) :

Ce type de codage apporte la garantie de ne pas avoir à transmettre plus de deux 0 successifs.
Les caractères spéciaux, hors données utiles, peuvent trouver leur place dans la table de
transcodage sans nécessiter un état spécial du signal comme dans les codages Manchester.

Le codage 4B/5B augmente la fréquence du signal. Par exemple 125Mhz pour 100Mbps.
Associé à un codage de type NRZI, on obtient dans le cas du Fast Ethernet (100BaseFX) une
fréquence de 62.5Mhz. Avec un codage MLT3, la fréquence du signal tombe à 31.25Mhz
pour le Fast Ethernet 100BaseTX.

Pour ce type le reste des mots binaires non-utilisés (00000, 11111, 11000, 10001, 01101,
00111, 11001, 00100) pouvent être utilisés pour le contrôle de la transmission ou d’autres
fonctions comme début ou fin de paquet par exemple.

Utilisation : 4B/5B : Fast Ethernet ; 8B/10B : Gigabit Ethernet

Lycée Alkhawarizmi de Safi 12


BTS SE2 Prof : I. Elyamani

V) Spectres des codages en bande de base :

Lycée Alkhawarizmi de Safi 13