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Métallurgie du nickel

par la Société Eramet

1. Propriétés du nickel ................................................................................ M 2 250 - 2


1.1 Propriétés physiques................................................................................... — 2
1.2 Propriétés chimiques................................................................................... — 2
2. Gisements de nickel ................................................................................ — 3
2.1 Le nickel dans la croûte terrestre ............................................................... — 3
2.2 Les différents types de gisements.............................................................. — 3
2.3 Principales réserves et ressources ............................................................. — 5
2.4 Principaux gisements en exploitation........................................................ — 5
3. Techniques d’exploitation des gisements ......................................... — 6
3.1 Extraction des minerais............................................................................... — 6
3.2 Préparation des minerais ............................................................................ — 6
4. Métallurgie du nickel .............................................................................. — 7
4.1 Adéquation des procédés d’élaboration avec les minerais traités.......... — 7
4.2 Procédés développés par la société INCO................................................. — 9
4.3 Procédés développés par la société Falconbridge.................................... — 10
4.4 Procédé développé par la société QNI....................................................... — 12
4.5 Procédés développés dans les usines de Cuba ........................................ — 13
4.6 Procédé développé par la société Outokumpu ......................................... — 14
4.7 Procédés développés par la société ERAMET/SLN................................... — 15
5. Domaines d’application du nickel....................................................... — 16
5.1 Élément d’addition dans les alliages ......................................................... — 16
5.2 Fabrication des pièces de monnaie............................................................ — 18
5.3 Traitements de surface ................................................................................ — 18
5.4 Utilisation en métallurgie des poudres...................................................... — 18
5.5 Catalyseurs................................................................................................... — 18
5.6 Autres applications...................................................................................... — 18
6. Commercialisation du nickel ................................................................ — 18
6.1 Nickel métal.................................................................................................. — 18
6.2 Ferronickels .................................................................................................. — 18
6.3 Oxydes métallurgiques et produits dérivés .............................................. — 18
6.4 Sels de nickel et oxydes chimiques ........................................................... — 19
6.5 Concentrés sulfurés de nickel et de cobalt et mattes ............................... — 19
6.6 Normes pour les produits de l’industrie du nickel.................................... — 19
7. Gestion des risques liés à la production
et à l’utilisation du nickel...................................................................... — 19
7.1 Protection de l’homme au travail ............................................................... — 19
7.2 Protection des consommateurs.................................................................. — 20
4 - 1996

7.3 Protection de l’environnement ................................................................... — 21


Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. M 2 250
M 2 250

e nickel est un métal tout à la fois très ancien et très jeune. Il est très ancien
L puisque dès la plus haute antiquité, l’homme a utilisé, pour fabriquer des
armes du fer météorique contenant de 3 à 25 % de nickel et que 235 ans avant
J.-C., les Bactriens se servaient pour leurs monnaies d’un alliage naturel, le
pack-fong à 20 % de nickel et 78 % de cuivre.

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MÉTALLURGIE DU NICKEL _______________________________________________________________________________________________________________

Le nickel est également très jeune puisqu’il n’est entré dans l’industrie qu’au
XIXe siècle, bien après sa découverte par le chimiste Axel Cronstedt dans des
minerais complexes de Suède vers 1750.
L’appellation de nickel a été donnée par des mineurs saxons qui exploitaient
du minerai de cuivre et qui parfois extrayaient du métal blanc au lieu du métal
jaune qu’ils attendaient. À ce métal blanc, ils donnèrent le nom de Kupfer Nickel
c’est-à-dire cuivre endiablé par le vieux Nick, un gnome des montagnes.
Le nickel a d’abord été produit sous forme de cupronickel et la première
usine fut installée en Saxe, à Suhl près d’Erfurt.
Vers 1870 commença en Norvège une petite production de nickel (elle était,
par exemple, de 360 t en 1876 ).
En 1863, Jules Garnier découvrait en Nouvelle-Calédonie près de Nouméa un
minerai oxydé de nickel, dénommé ensuite garniérite, dont l’exploitation
commença en 1877.
Vers 1886, la mise au point de techniques appropriées de traitement permit
d’exploiter les minerais sulfurés de l’Ontario au Canada et de commencer alors
à approvisionner le marché en quantités importantes de nickel.
La production de nickel s’est constamment développée depuis lors, pour
atteindre en 1994 plus de 800 000 t.

Les informations figurant dans ce document proviennent de sources dignes de foi, bien qu’il
ne soit pas possible de garantir qu’elles soient précises et sûres.
La Société Eramet décline toute responsabilité quant à l’usage qui pourrait être fait des infor-
mations qui figurent dans ce document et aux conséquences qui pourraient en résulter, ou pour
toute omission d’informations concernant les sujets abordés dans ce document.

1. Propriétés du nickel 1.2 Propriétés chimiques


Le nickel est un corps simple qui occupe le numéro 28 dans la
1.1 Propriétés physiques classification de Mendeleïev. Il se range avec le cobalt et le fer dans
le groupe VIII (métaux de transition) de cette classification.
Le nickel pur est un métal gris-blanc, brillant, dur, à cassure Sa masse atomique moyenne est de 58,69. Il possède plusieurs
fibreuse. Il est malléable (c’est-à-dire qu’il présente la propriété de isotopes stables, dont les masses atomiques se situent entre 57,96
pouvoir être facilement déformé par laminage), ductile (c’est-à-dire et 63,96. L’isotope le plus abondant est 58 Ni.
étirable en fils ou en barres, sans se rompre) et magnétique jusqu’à
Le nickel ne s’oxyde pas à froid ; son affinité pour l’oxygène n’est
353 oC environ.
pas très forte et apparaît inférieure à celles du fer et du cobalt.
Ses principales caractéristiques physiques sont résumées ci-après
[1] : Il absorbe facilement l’hydrogène qui le rend fragile. Cette pro-
priété est utilisée dans les réactions de catalyse d’hydrogénation en
— masse volumique : 8 900 kg/m3 (soit 8,9 kg/dm3) ; milieu liquide ou gazeux à température inférieure à 300 oC ou de
— dureté Brinell à l’état recuit : 85 environ, sous charge de déshydrogénation au-dessus de 300 oC.
3 000 kg ;
— module d’Young à la température ordinaire : 21 000 daN/mm2 Il fixe le soufre mieux que le fer et le cobalt, donnant un eutec-
(210 GPa) ; tique fusible, cause de fragilité au laminage et au forgeage.
— température de fusion : 1 454 oC ; Le nickel se volatilise dans un courant de monoxyde de carbone
— capacité thermique massique entre 0 et 100 oC : (CO), par exemple entre 40 oC et 60 oC à la pression atmosphérique
460 J · kg–1 · K–1 ; ou à plus haute température sous pression, en formant le nickel
— coefficient de dilatation linéique entre 0 et 300 oC : tétracarbonyle Ni(CO) 4 . Cette propriété est exploitée dans le pro-
cédé Mond de raffinage du nickel (§ 4.2.1.3).
α = (1 280 + 0,75 t + 0,003 5 t2) · 10–8 K–1
Le nickel, ainsi que nombre de ses alliages tels les aciers inoxy-
— conductivité thermique à la température ordinaire : dables, résiste à la corrosion par les halogènes, les acides et les
83,7 W · m–1 K–1 ; bases. Cette propriété est utilisée dans les différents usages des
— résistivité : alliages ainsi que dans les revêtements protecteurs par nickelage.
• à 0 oC = 7 · 10–8 Ω · m, Cependant, chauffé au rouge, le nickel se combine au chlore et
• à 20 oC = 9,2 · 10–8 Ω · m. se dissout dans les acides chlorhydrique, sulfurique et nitrique.
Enfin le nickel est divalent dans ses composés : c’est le cas par
exemple de l’oxyde NiO gris-vert, du sulfure NiS noir et de certains
sels dont les solutions aqueuses sont vertes.

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2. Gisements de nickel 2.2 Les différents types de gisements


On distingue schématiquement deux grandes catégories de gise-
2.1 Le nickel dans la croûte terrestre ments de nickel [4] [6] [7] :
— les gisements sulfurés ;
Quoique le nickel soit abondant dans l’univers (on parle de 11e — les gisements oxydés avec deux familles différentes :
ou 12e rang dans le cosmos et même de 6e rang dans les météorites • les gisements silicatés (les saprolites),
avec dans ce cas une teneur massique de 1,7 %), il n’est pas très • les gisements latéritiques (les limonites).
présent dans la croûte terrestre, occupant le 24e rang par ordre
décroissant d’importance avec une teneur massique moyenne qui Il existe, par ailleurs, des ressources sous-marines, sous la forme
selon les auteurs se situe entre 0,008 et 0,02 % [2] [3] [4]. de gisements de nodules nickelifères, situés sur le fond des mers
vers 4 000 à 6 000 m de profondeur [53].
Ceci étant, la teneur en nickel est au moins dix fois plus élevée
dans les roches ultrabasiques avec un niveau relativement constant
de 0,15 à 0,2 %.
2.2.1 Gisements sulfurés
Le tableau 1 dresse une liste des principaux minéraux riches en
nickel que l’on peut trouver dans les gisements nickelifères. Il Une grande partie des réserves mondiales de nickel sulfuré est
montre en particulier que Ni peut être de préférence associé aux située dans des terrains précambriens (ère primaire). Cependant, il
éléments suivants : existe certains gisements de nickel plus récents, tel le gisement russe
Fe, Mg, Co, S, As, Sb (0) de Norilsk, qui date du trias (ère secondaire).
Les gisements sulfurés (tableau 2) sont en association constante
avec des roches basiques et des roches ultrabasiques intrusives ou
effusives. À titre d’exemple, on trouvera ci-après les compositions
Tableau 1 – Principaux minéraux de nickel [2] [3] [4] chimiques massiques d’un gabbro (roche basique) et d’une péri-
dotite (roche ultrabasique) : (0)
Minéraux Formule théorique Teneur en nickel
(%)
Sulfures : Ni % (FexOy + MgO) % (SiO2 + Al2O3) %
– Pentlandite ..................... (Ni, Fe) 9S 8 34,22 Gabbro .................. 0,016 16,6 66,1
– Millerite .......................... NiS 64,67 Péridotite .............. 0,2 43,3 45,9
– Heazlewoodite ............... Ni3S2 73,30
– Linnaeites : (Fe, Co, Ni)3S4 variable
• Polydymite ................... Ni3S4 57,86 La minéralogie des minerais ne paraît pas différer selon les assem-
• Violarite ........................ Ni2FeS4 38,94 blages lithologiques.
• Siegenite ...................... (Co, Ni)3S4 28,89 ■ Dans les gisements sulfurés exploités (teneur massique en Ni
Arséniures : comprise entre 1 et 3 %), la minéralisation primaire comporte prin-
– Niccolite.......................... NiAs 43,92 cipalement pyrite, pyrrhotite, pentlandite, chalcopyrite et cubanite.
– Maucherite ..................... Ni11As8 51,85 Le nickel est porté par la pentlandite dont une partie, incluse dans la
– Rammelsbergite ............ NiAs2 28,15 pyrrhotite, peut être difficilement récupérable. Les concentrés titrent
– Gersdorffite .................... NiAsS 35,42 10 à 15 % en masse de nickel. (0)
Antimoniure : ■ Dans les gisements à basse teneur (teneur massique en nickel
– Breithauptite .................. NiSb 32,53 voisine de 0,6 %), la paragénie minérale disséminée est pauvre en
soufre et est constituée par l’awaruite (Ni2 – 3 Fe), l’heazlewoodite
Arséniate :
(Ni3 S2), la pentlandite, la millerite et la pyrrhotite, parfois associés
– Annabergite ................... Ni3As2O8 .8H2O 29,40
à des minéraux du cuivre. La rareté de la pyrrhotite et la richesse en
Silicates et oxydes : nickel des minéraux porteurs favorisent la fabrication de concentrés
– Garniérite ....................... assemblage de variable à haute teneur (18 à 20 % Ni), ce qui fait que certains gisements aus-
minéraux argileux jusqu’à 47 % traliens de forts tonnages sont aujourd’hui en exploitation.
nickelifères
– Limonite nickelifère ....... oxydes et faible et variable
hydroxydes de fer, 2.2.2 Gisements oxydés
plus ou moins
nickelifères La formation de ces gisements résulte de l’altération superficielle
Nodules : des roches ultrabasiques (péridotites essentiellement) par les agents
– Océan Atlantique ........... – 0,31 atmosphériques en climat tropical. Ce processus dit de latéritisation
– Océan Indien .................. – 0,53 se traduit par :
– Océan Pacifique ............. – 0,85 — la destruction chimique des minéraux des péridotites ;
— le déplacement de certains éléments (magnésium, silicium...) ;
— la cristallisation de nouveaux minéraux.
À la liste du tableau 1, on pourrait ajouter la pyrrhotite qui est un
Lors de ce mécanisme, le magnésium, très soluble, est pratique-
sulfure de fer déficitaire en fer Fe1 – x S mais avec des traces de nickel.
ment évacué en totalité. Le silicium, bien que moins soluble, est en
En effet, la pyrrhotite apparaît en abondance dans les minerais sul-
grande partie entraîné également. Le fer, élément peu soluble,
furés de nickel [5].
s’accumule et le nickel a un comportement intermédiaire.

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Tableau 2 – Teneurs moyennes en nickel des principaux gisements de nickel en exploitation (d’après [4])
Mines Pays Ni
(%)

Kambalda AUSTRALIE 3,3


Thompson CANADA 2,7
GISEMENTS DE MINERAIS SULFURÉS Sudbury CANADA 1,3
Jinchuan CHINE 1,2
Selebi-Pikwe BOTSWANA 0,8
Shangani ZIMBABWE 0,7
Bushveld AFRIQUE DU SUD 0,2
GISEMENTS DE MINERAIS OXYDÉS
 Cerro Matoso COLOMBIE 2,7 à 3
 Pomala et Gebe Island INDONÉSIE (Célèbes) 2,6
minerais silicatés  Le Nickel-SLN NOUVELLE-CALÉDONIE 2,5 à 3

(saprolites) ..............................................  Soroako INDONÉSIE 2,0
 Falcondo RÉPUBLIQUE DOMINI- 1,9
 CAINE
minerais latéritiques
(limonites) ...............................................
 Cuba
Grèce
MOA BAY
LARYMNA
1,4
1,2

Par exemple, dans le gisement de Kouaoua en Nouvelle-


Calédonie, le profil latéritique peut atteindre une centaine de
mètres [8]. On distingue (figure 1), de bas en haut :
— la péridotite saine ;
— la péridotite partiellement décomposée et appelée saprolite ;
— la latérite avec dans le cas présent, deux faciès (latérite jaune
et au-dessus, latérite rouge) ;
— la grenaille ferrugineuse ;
— la cuirasse.
Les gisements oxydés de nickel exploités sont, selon les cas, des
saprolites ou des latérites.

2.2.2.1 Saprolites
Dans les saprolites, le nickel libéré lors du processus d’altération
peut être piégé et concentré dans des minéraux résistant à la dégra-
dation chimique (serpentines) et dans des minéraux cristallisés in
situ (hydroxydes de fer, garniérites).
Les saprolites nickelifères constituent des gisements de nickel
silicatés, riches en magnésium et relativement riches en nickel (2
à 3 %), avec des teneurs modérées en fer.

2.2.2.2 Latérites
Quand l’altération des roches ultrabasiques se poursuit au-delà
du stade des saprolites, tous les silicates sont détruits et seul reste
le fer des minéraux sous forme de limonites pulvérulentes. Les laté-
rites constituent des gisements à teneurs basses en nickel (teneurs
massiques comprises généralement entre 1 et 1,5 %), pauvres en
magnésium et en silicium, avec des concentrations élevées en fer.

2.2.3 Gisements de nodules

Les nodules se présentent en une fine couche de concrétions


d’oxydes de manganèse et d’autres métaux qui recouvrirait environ Figure 1 – Profil d’un gisement de nickel oxydé
15 % des fonds marins. Leurs diamètres ne dépassent pas quelques en Nouvelle-Calédonie [8]
centimètres, sauf dans certaines zones où ils peuvent atteindre
30 cm [53].
La genèse des nodules, leur vitesse d’accrétion et leur âge sont La récupération et le traitement des nodules pour en extraire des
encore discutés d’autant que l’on observe des hétérogénéités métaux comme Ni, Cu, Co, Mn posent encore de sérieux problèmes
marquées avec par exemple des teneurs moyennes Ni + Cu plus et la rentabilité économique n’est pas assurée pour l’instant.
élevées dans l’océan Pacifique que dans l’océan Atlantique.

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2.3 Principales réserves et ressources — en Russie (société Norilsk Nickel) : gisement de Norilsk dans
la péninsule de Taimyr au nord-ouest de la Sibérie et gisement de
Pechenga, dans la péninsule de Kola ;
2.3.1 Minerais sulfurés et oxydés — en Australie (société Western Mining) ;
— en Chine (gisement de Jinchuan).
On estime actuellement les réserves et ressources de nickel dans
le monde à environ 200 millions de tonnes en nickel contenu, se D’autres pays producteurs peuvent être cités : Afrique du Sud,
répartissant entre 30 % en minerais sulfurés et 70 % en minerais Botswana, Zimbabwe, Finlande...
oxydés. Les estimations sont approximatives, et varient considéra-
blement selon les sources, elles dépendent, en particulier, des défi-
nitions retenues pour les réserves. 2.4.2 Gisements de minerais oxydés
Les réserves et ressources les plus importantes se trouvent dans
les régions suivantes : Bien que les minerais oxydés constituent les ressources mondiales
les plus importantes, ils sont, pour l’instant, moins exploités que les
nickel contenu (Mt) minerais sulfurés pour des raisons économiques.
— Nouvelle-Calédonie .................................................................50
— Indonésie ...........................................................supérieure à 25 En comparaison des minerais sulfurés, les minerais oxydés pré-
— Canada......................................................................................21 sentent en effet trois différences importantes du point de vue des
— Cuba..........................................................................................15 traitements métallurgiques [13] :
— Philippines................................................................................13 — ils ne peuvent être concentrés par voie physico-chimique ; la
— Russie .......................................................................................13 teneur massique en nickel des minerais soumis au traitement métal-
Citons aussi l’Australie et la Chine [10]. En outre au Canada, dans lurgique est alors voisine de celle issue de l’exploitation minière (1
le Labrador, un très important gisement de minerai sulfuré à haute à 3 % selon les minerais) et de ce fait sensiblement inférieure aux
teneur en nickel a été découvert en 1994 à Voisey Bay. teneurs des concentrés obtenus avec les minerais sulfurés (10
à 15 % Ni selon les concentrés) ;
— ils ne contiennent pas de soufre, élément qui apporte une
quantité significative d’énergie lors du traitement des minerais
2.3.2 Nodules sulfurés ;
— enfin, ils ne renferment pas de cuivre ou de métaux précieux,
Les nodules déposés dans le fond des océans constituent une
ni de platinoïdes ; en revanche ils contiennent du cobalt, à des
ressource potentielle de métaux comme le manganèse, le nickel et
teneurs très variables selon les types de minerais, ainsi que du fer.
le cobalt mais seulement pour un avenir lointain [53].
Pour les deux premières raisons, la consommation d’énergie par
tonne de nickel récupéré est donc plus élevée pour les minerais
2.3.3 Matières secondaires recyclables oxydés que pour les minerais sulfurés, et d’autant plus grande que
la teneur en nickel est plus faible. Le coût de traitement est ainsi
Le nickel est un des métaux les mieux recyclés [11] avec par très lié aux prix de l’énergie.
exemple un taux de récupération en France de 80 %, ce qui corres- En revanche, s’agissant de gisements exploités à ciel ouvert, les
pond à 35 % des besoins de la production du pays. coûts d’extraction des minerais oxydés sont sensiblement inférieurs
Le recyclage s’effectue directement chez les utilisateurs (cas de à ceux des gisements sulfurés exploités généralement en mine sou-
l’industrie sidérurgique pour ce qui concerne les chutes et les terraine.
meulures d’acier inoxydable) ou par l’intermédiaire des industriels Par ailleurs, les procédés de traitement métallurgique des minerais
de la récupération (cas des catalyseurs usagés). oxydés sont souvent plus simples que dans le cas des minerais
D’autres perspectives s’ouvrent actuellement avec la valorisation sulfurés, du fait de l’absence de sous-produits, ce qui conduit à des
de certains sous-produits, comme les poussières des aciéries élec- installations moins complexes. En conséquence, des dépenses de
triques élaborant des aciers inoxydables [12]. main-d’œuvre pour l’exploitation et le traitement des gisements de
minerais oxydés sont comparativement plus faibles que dans le cas
des minerais sulfurés.
Les principales mines en activité se situent dans les régions ou
2.4 Principaux gisements en exploitation pays suivants :
— Nouvelle-Calédonie (société Le Nickel-SLN, du groupe Eramet);
2.4.1 Gisements de minerais sulfurés — Indonésie (gisement de Soroako de la société P.T. INCO ; gise-
ments de Pomala et de Gebe Island de la société Aneka Tambang) ;
L’extraction des minerais sulfurés est particulièrement développée
— Colombie (société Cerro Matoso) ;
puisqu’elle représente 55 % de la production mondiale de nickel, bien
— République dominicaine (gisement de Bonao, société
que ces minerais ne constituent qu’environ 30 % des réserves et res-
Falcondo, filiale de Falconbridge) ;
sources mondiales de nickel.
— Philippines (gisement de Rio Tuba) ;
Comme le montre le tableau 2, les teneurs en nickel varient dans — Cuba (gisements de Nicaro, Moa Bay et Punta Gorda) ;
de larges limites mais il convient d’insister sur le fait que les minerais — Grèce (société Larco : gisement de l’île d’Eubée).
sulfurés renferment outre le nickel des métaux valorisables, par
exemple :
— le cuivre (cas du Canada, de la Russie et du Botswana) ; 2.4.3 Statistiques d’extraction
— des métaux précieux comme le platine et les platinoïdes, l’or,
l’argent (cas du Canada, de la Russie et de l’Afrique du Sud). Se reporter en [Doc. M 2 250].
Les principaux gisements exploités se trouvent (figure 2) :
— au Canada, dans la province de l’Ontario (sociétés INCO et
Falconbridge) ;

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Figure 2 – Cartographie de la production minière de nickel

3. Techniques d’exploitation Les roulages primaires et le chargement sont généralement


assurés par des chargeuses, les roulages principaux le sont par des
des gisements trains électriques ou des convoyeurs. Le minerai passe ensuite
dans des concasseurs à mâchoires installés au fond de la mine
avant de rejoindre la surface dans des bennes se déplaçant sur un
3.1 Extraction des minerais plan incliné (skips ).

Il existe une grande différence entre les gisements de minerais


sulfurés et ceux de minerais oxydés : 3.1.2 Minerais oxydés silicatés
— les minerais sulfurés sont généralement exploités en mines
L’exploitation des gisements de minerais oxydés silicatés
souterraines et peuvent se trouver à plus ou moins grande profon-
comprend, après prospection et définition d’un plan rationnel
deur (par exemple 1 000 à 2 000 m) ;
d’extraction, les étapes suivantes [8] [14] :
— les minerais oxydés du fait de leur genèse, sont toujours
situés en surface ; ils sont donc exploitables à ciel ouvert. — décapage des morts-terrains (cuirasse, grenaille ferrugineuse,
latérite) sur des épaisseurs très variables (entre 1 et 30 m par
exemple en Nouvelle-Calédonie) par des engins de type drag-line,
3.1.1 Minerais sulfurés pelle mécanique ou pelle hydraulique selon la configuration du
terrain ;
Les méthodes d’extraction les plus employées sont les suivantes : — abattage du tout-venant du minerai silicaté par gradins de hau-
teur comprise entre 3 à 8 m. L’extraction est souvent facilitée par
— le dépilage avec foudroyage par tranches (par exemple
des tirs d’ébranlement ; elle est généralement menée à l’aide de
de 35 m) avec tailles de 15 m de largeur, sur 2,1 m de hauteur et
pelles hydrauliques qui autorisent une bonne sélectivité et un tri sur
piliers de 7,5 m ;
le front entre les parties stériles et les zones minéralisées.
— le dépilage avec boisage qui procède par tailles et piliers
moins importants (par exemple tailles de 9 m et piliers de 5,7 m) ;
— le dépilage avec remblayage hydraulique dans des chantiers
de dimensions analogues aux deux méthodes précédentes ; 3.2 Préparation des minerais
— la méthode dite des chambres magasins avec des tirs massifs
pouvant produire 60 000 t par volée dans des chambres de 21 m de Les minerais sulfurés peuvent être enrichis par voie physico-
large et 91 m de haut, séparées par des piliers de même largeur. chimique avant leur traitement métallurgique ; ce n’est pas le cas
des minerais oxydés. La préparation des minerais est donc diffé-
rente dans les deux cas.

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3.2.1 Minerais sulfurés Cette diversité apparaît :


— dans le type de minerai (minerais sulfurés ou minerais oxydés) ;
Nous prendrons en exemple les gisements canadiens du district — dans les teneurs en nickel qui peuvent faire préférer la voie
de Sudbury (province d’Ontario) qui sont exploités par les sociétés pyrométallurgique (minerais relativement riches) ou la voie hydro-
Falconbridge (au nord) et INCO (au sud). métallurgique (minerais pauvres) ;
Les minerais de Sudbury associent différents constituants, telles : — dans la nature des éléments qui accompagnent le nickel (Cu,
— la pentlandite (Ni, Fe) 9S8 ; Co, Fe, métaux précieux...) et influencent l’économie des procédés ;
— la chalcopyrite CuFeS2 ; — dans la forme sous laquelle se présentent les produits élaborés
(concentrés de nickel, mattes, ferronickels, oxydes ou composés de
— la pyrrhotite Fe5S6 à Fe 16S17 ;
nickel, nickel métal...).
— la pyrite FeS2 .
Compte tenu du grand nombre de procédés, nous avons été
Une attention particulière est portée à la pyrrhotite, qui renferme
obligés de nous limiter à des exemples significatifs pris parmi les
entre 0,2 et 1,2 % en masse de Ni, dont une partie, se trouvant en
grands producteurs de nickel qui traitent selon les cas des minerais
solution solide, n’est pas récupérable. La pyrrhotite est le sulfure
sulfurés ou oxydés :
dominant et son élimination constitue un objectif prioritaire, compte
tenu des normes de rejet de SO 2 dans l’atmosphère au Canada. — INCO : usines de Copper Cliff, au Canada et de Soroako, en
Indonésie ;
La pyrrhotite est ferromagnétique. La pentlandite et la chalcopyrite
— Falconbridge : usine canadienne de Falconbridge, raffinerie
ne le sont pas. Un traitement magnétique à basse intensité peut donc
norvégienne de Kristiansand et usine de Bonao (société Falcondo)
permettre à l’échelle de la maille de libération de séparer pyrrhotite
en République dominicaine ;
d’une part, pentlandite et chalcopyrite d’autre part.
— Queensland Nickel : usine australienne de Yabulu ;
Par exemple‚ à l’atelier de Strathcona de la société Falconbridge, les — Union de Empresas de Niquel : usines de Nicaro, Punta Corda
minerais subissent après extraction et transport en surface les opéra- et Moa Bay Cuba ;
tions d’enrichissement suivantes : — Outokumpu : usine finlandaise de Harjavalta ;
— concassage à moins de 13 mm ; — Eramet/SLN : usine de Doniambo en Nouvelle-Calédonie et
— broyage autogène pour obtenir finalement 60 % de produits à raffinerie de Sandouville-Le Havre.
moins de 200 mesh (74 µm) ; Globalement, il y a trois grandes étapes dans les méthodes d’éla-
— séparation magnétique pour récupérer d’une part la pentlandite boration du nickel.
et la chalcopyrite non ferromagnétiques et d’autre part la pyrrhotite
destinée à être rebroyée ;
— flottation (réactifs à base d’isobutyl ou d’isopropylxanthate de 4.1.1 Préparation du minerai nickelifère
sodium) ;
— hydrocyclonage. ■ Broyage.
Selon les procédés et les teneurs respectives du minerai en ■ Séchage.
nickel et cuivre, les circuits de préparation et d’enrichissement sont
ou non différenciés entre les filières de ces deux métaux : ■ Briquettage.
— il y a différenciation pour Falconbridge avec un circuit réservé
à une fraction de minerai titrant jusqu’à 8 % de cuivre et un second
circuit dévolu à une autre fraction plus riche en nickel et relative- 4.1.2 Première transformation métallurgique
ment pauvre en cuivre ;
— INCO a modifié récemment son procédé de traitement. Il n’y Elle s’effectue par voie pyrométallurgique ou hydrométallurgique
a plus de différenciation entre nickel et cuivre : un seul concentré selon les minerais (figure 3) :
mixte nickel-cuivre est désormais produit. — grillage ;
— préréduction ;
— préréduction sélective ;
3.2.2 Minerais oxydés — réduction directe.
Cette étape de première transformation métallurgique permet
Dans les minerais silicatés, le tout-venant minéralisé est criblé ; d’élaborer :
l’opération de criblage, parfois combinée avec une opération d’attri- — soit des produits intermédiaires (concentrés de nickel, mattes)
tion à sec, permet de séparer les parties fines, le minerai, des frag- qui doivent ensuite être raffinés pour être transformés en produits
ments grossiers généralement stériles [15]. finis ;
— soit directement des produits finis (ferronickels dans le cas des
minerais oxydés, oxydes de nickel métallurgiques pour les deux caté-
gories de minerais).
4. Métallurgie du nickel
4.1.3 Seconde transformation métallurgique,
4.1 Adéquation des procédés dite de raffinage
d’élaboration avec les minerais traités
Les produits intermédiaires peuvent subir divers traitements
Contrairement à la sidérurgie où une seule filière (agglomération (figure 4):
sur grille, haut fourneau, convertisseur à l’oxygène) s’est mainte- — pyrométallurgie ;
nant imposée pour passer du minerai de fer à l’acier, la métallurgie — vapométallurgie ;
du nickel a recours, pour élaborer le nickel, à un grand nombre de — électroraffinage ;
procédés [16], qui s’adaptent à la diversité des minerais traités. — lixiviation suivie ou non d’une réduction à l’hydrogène ;
— hydrométallurgie ;
— électrolyse avec électrodes insolubles (electrowinning ).

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Figure 3 – Principales méthodes d’extraction


métallurgique des minerais [17]

Figure 4 – Principales méthodes de raffinage des produits nickelifères intermédiaires [17]

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4.2 Procédés développés 4.2.1.1 Préparation du minerai


par la société INCO Il s’agit essentiellement d’éliminer la pyrrhotite qui contient la
plus grande partie du soufre du minerai (§ 2.1).
4.2.1 Usine canadienne de Copper Cliff
4.2.1.2 Première transformation métallurgique :
Les méthodes opératoires ont été totalement remaniées au cours pyrométallurgie
des dernières années. Après la fusion dans des fours flash, la matte liquide obtenue est
Auparavant le traitement du minerai sulfuré local de nickel et de enrichie en nickel, avec élimination correspondante du soufre
cuivre conduisait à deux concentrés distincts, l’un de nickel et l’autre jusqu’à une teneur massique de 4 %.
de cuivre [19] [20]. Maintenant, la laverie (concentrateur) produit un L’opération s’effectue dans des convertisseurs rotatifs selon trois
seul concentré mixte de cuivre et nickel, dont le traitement a, de sur- phases opératoires :
croît, été simplifié. Il n’y a plus de grillage partiel avant fusion : le — chargement et fusion, avec chauffage par une lance oxy-gaz ;
concentré est directement fondu par fusion flash (flash smelting ), la flamme est neutre ou oxydante selon la teneur en soufre ; la tem-
ce qui a entraîné la suppression des anciens fours-reverbères. pérature visée en fin de phase est de 1 500 oC ;
La figure 5 schématise les trois étapes d’élaboration (préparation — désulfuration par injection d’oxygène à haute pression,
du minerai, pyrométallurgie, raffinage). l’objectif étant d’atteindre dans la matte un rapport massique Cu/S
de l’ordre de 4 ;
— réduction de la teneur en oxygène de la matte par addition de
carbone avec combustion dans le convertisseur du monoxyde de
carbone formé ; la température finale visée est de 1 600 oC.

Figure 5 – Procédés de production à l’usine INCO de Copper Cliff [18]

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4.2.1.3 Seconde étape métallurgique : raffinage Un traitement complémentaire en convertisseur permet d’obtenir
finalement une matte d’analyse moyenne (teneur en masse) :
Le procédé mis en œuvre est le procédé Mond de raffinage par
voie carbonyle : la matte granulée est mise en contact avec du — Ni ...........52 %
monoxyde de carbone CO sous une pression de 6,9 MPa et à 180 oC — Cu ..........20 %
dans des réacteurs rotatifs qui fonctionnent en discontinu (marche — Co ...........1,8 %
par campagne). Dans la matte, seuls Fe et Ni forment des carbonyles Cette matte est expédiée du Canada vers la Norvège pour y être
volatiles Fe(CO)5 et Ni(CO)4 , alors que Co, Cu, S et les métaux pré- raffinée (raffinerie de Kristiansand).
cieux du groupe du platine restent sous forme solide (on parle de Les minerais étant du type sulfurés, leur traitement métallurgique
résidu) [21] [22]. Les différentes phases du traitement des composés s’accompagne de la production de quantités très importantes de SO 2
carbonyles sont les suivantes :
(8 t de SO 2 pour 1 t de Ni).
— condensation ;
— distillation fractionnée, en profitant de ce que le point d’ébul- Compte tenu des risques pour l’environnement, les autorités
lition de Ni(CO) 4 est de 43 oC et que celui de Fe(CO) 5 est de 103 oC ; canadiennes ont limité les émissions autorisées de SO 2 à moins de
— décomposition du nickel tétracarbonyle à 200-300 oC et pro- 100 000 t/an (à partir de 1994) alors que sans précaution elles
duction de nickel de haute pureté en poudre ou pellets (billes) ; seraient de l’ordre de 330 000 t/an. Cet objectif a été atteint grâce
aux actions suivantes :
— production parallèle d’une poudre fer-nickel par décomposition
du résidu de la distillation fractionnée ; — des techniques plus performantes d’enrichissement par flot-
— retraitement par lixiviation du résidu de l’atelier carbonyle tation, pour éliminer le plus possible de pyrrhotite (la teneur en
(composition massique 55 % Cu, 9 % Ni, 10 % Co, 7 % Fe, 16 % S soufre dans les concentrés passe ainsi de 50-60 % à moins de 40 %) ;
et 3 % d’impuretés) dans une raffinerie de cuivre. — une meilleure efficacité au niveau des réacteurs de grillage en
lit fluidisé pour concentrer à ce niveau les rejets de SO 2 qui peuvent
être captés dans de bonnes conditions ;
4.2.2 Usine indonésienne de P.T. INCO — la mise en œuvre de production d’acide sulfurique concentré
à partir du SO2 capté.
P.T. INCO constitue un complexe intégré avec mine et fonderie, Le bilan publié en 1991 par la société Falconbridge fait état des
situé à Soroako dans l’île indonésienne de Sulawesi [23]. Le minerai résultats suivants pour l’année 1990 :
traité est un minerai oxydé titrant environ 2 % de nickel, il sert à la — concentré de minerai ............................................ 600 000 t/an ;
production de matte selon les étapes suivantes. — matte nickelifère (52 % Ni – 20 % Cu – 1,8 % Co) 72 000 t/an ;
— acide sulfurique (à 93 % H2SO4) .......................... 430 000 t/an ;
4.2.2.1 Préparation du minerai — rejets atmosphériques de SO2 ............................... 70 000 t/an.
■ Séchage en four rotatif Le taux d’abattement de SO2 est donc de l’ordre de 80 %.
■ Criblage
■ Calcination à 750 oC, avec préréduction en four tournant, puis 4.3.2 Usine norvégienne de Kristiansand
transfert avec addition de soufre. pour traitement des mattes

4.2.2.2 Première étape métallurgique : pyrométallurgie Outre les mattes de Falconbridge, l’usine de Kristiansand traite la
matte nickel-cuivre de l’usine de Selebi Pikwe, du Botswana.
■ Fusion en four électrique à électrodes immergées (45 MW)
Les analyses de ces mattes sont approximativement les suivantes
■ Coulée de la scorie vers 1 550 oC, granulation et stockage (% en masse) : (0)
■ Coulée à 1 350 oC d’une matte riche en fer (Ni = 25 % ; S = 10 % ;
Fe = 65 %) Ni Cu Co
■ Déferrage en convertisseur pour produire une matte à 80 % Ni Canada ................................. 52 20 1,8
■ Granulation et séchage de la matte qui, expédiée au Japon, sert, Botswana ............................. 36 41 non publié
par exemple, à la production d’oxyde de nickel par grillage en lit
Moyenne à Kristiansand..... 39 34 1
fluidisé.

4.3 Procédés développés À Kristiansand, le traitement opératoire de seconde métallurgie


(raffinage) associe 5 réactions hydrométallurgiques après prépara-
par la société Falconbridge tion des mattes par concassage, broyage et grillage (figure 6):
— double lixiviation chlorhydrique par une solution de nickel-
4.3.1 Usine canadienne de Falconbridge cuivre recyclée pour précipiter le cuivre ;
— addition de carbonate de nickel pour précipiter les arséniates
Le concentré (Ni = 6,5 %, Cu = 2,7 %, Co = 0,2 %) issu de minerais et hydroxydes de fer ferreux ;
sulfurés se présente sous la forme d’une pulpe qui est épaissie dans — extraction par solvant du cobalt [28] ;
des filtres à tambour pour atteindre un taux de matières solides — grillage des précipités de cuivre après lixiviation, complété par
de 68 %. une attaque sulfurique pour séparer des métaux précieux du groupe
Le traitement métallurgique comprend deux lignes parallèles de du platine, qui sont ensuite réduits par l’hydrogène ;
1 000 t/j, chacune correspondant aux deux étapes du condition- — purifications des trois principaux métaux Cu, Ni, Co suivies
nement du minerai et de la pyrométallurgie [24] [25] [26] [27] : par des opérations d’électrolyse (electrowinning ) pour production
— grillage en lit fluidisé à 690 oC (réacteur de 6 m de diamètre) finale de cathodes.
où 60 % du minerai est calciné ;
— fusion en four électrique (longueur 30 m, largeur 9 m, hauteur
2,7 m) à 6 électrodes Söderberg immergées (diamètre 1,4 m –
hauteur 18 m), avec addition de coke.

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Figure 6 – Diagramme du procédé de raffinage de la matte à l’usine Falconbridge de Kristiansand

4.3.3 Usine de Falconbridge Dominicana ■ Briquettage du minerai concentré, qui représente 70 à 80 % en


(Falcondo) en République dominicaine masse du minerai entrant (de l’ordre de 1,2 million de tonnes).

Les minerais oxydés de Bonao sont exploités sur place pour pro- 4.3.3.2 Première transformation métallurgique :
duire du ferronickel à environ 40 % de nickel [29] [30]. pyrométallurgie
L’ensemble du processus de production comprend les opérations ■ Calcination-réduction en fours à cuve avec des gaz réducteurs
suivantes. générés par la combustion en sous-stœchiométrie de naphta ; ce
dernier est produit dans une colonne de distillation pour le séparer
4.3.3.1 Préparation du minerai du fuel avec lequel il est livré.

■ Broyage – criblage à 50 mm. ■ Fusion dans des fours électriques rectangulaires à six électrodes
en ligne de 55,5 MVA (un ou deux fours en fonctionnement selon la
■ Séchage en fours rotatifs à partir de 26 à 30 % d’humidité libre et conjoncture).
jusqu’à environ 18 %.
■ Coulée de ferronickel brut à 1 500 oC et de scorie à 1 600 oC.
■ Second broyage-criblage à 6 mm : le teneur du minerai est à ce
stade de l’ordre de 2 %.

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■ Production de ferronickel commercial par une suite d’opérations 4.4 Procédé développé par la société QNI
métallurgiques d’affinage dans un four-poche (type ASEA/SKF) à
arc triphasé de 40 t et 7,2 MW : En Australie, dans le nord de l’État du Queensland, la société QNI
— homogénéisations chimique et thermique par brassage électro- (Queensland Nickel Joint Venture, anciennement appelée Greenvale
magnétique ; Joint Venture) a développé dans son usine de Yabulu le procédé ASX
— déphosphoration éventuelle par un laitier à base de chaux et (Ammoniacal Solvent Extraction ) [13] [31]. Ce procédé appliqué à
d’oxydes de fer pour respecter la spécification de 200 ppm masse un minerai oxydé latéritique permet de séparer nickel et cobalt, après
en phosphore ; lixiviation ammoniacale en utilisant un solvant approprié.
— désoxydation ;
— désulfuration par laitier basique avec addition de silicocalcium. La figure 7 illustre l’ensemble des opérations développées entre
l’arrivée des minerais (essentiellement minerais importés de
■ Coulée principalement en très petits lingots (cones ) de ferro- Nouvelle-Calédonie et d’Indonésie) et l’obtention des produits
nickel affiné (31 400 t de nickel contenu en 1994). finaux : oxyde de nickel et sulfure de cobalt.
■ Récupération des déchets de ferronickel et refusion dans un four
à arc de 10 t. 4.4.1 Préparation du minerai
■ Séchage en fours rotatifs chauffés au charbon [13].
■ Passage dans des broyeurs à boulets.

Figure 7 – Diagramme du procédé de production à l’usine QNI de Yabulu

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4.4.2 Première transformation métallurgique : 4.5.1.2 Première transformation métallurgique :


pyrométallurgie hydrométallurgie
■ Réduction sélective des composés de nickel vers 730 oC dans une
■ Mélange du minerai broyé avec un réducteur. atmosphère H2 /CO : le nickel passe à l’état métallique ou sous
forme de fer-nickel tandis que le fer résiduel reste combiné sous
■ Réduction dans des fours Herreshoff à soles multiples. forme de wüstite (FeO).
■ Dissolution du nickel par addition d’une solution ammoniacale de
4.4.3 Seconde transformation métallurgique : carbonate d’ammonium et avec aération pour apporter l’oxygène
raffinage nécessaire à la réaction : le nickel passe sous la forme d’une amine
complexe Ni 9 (NH3)6++.
■ Lixiviation par une solution d’ammoniaque et de carbonate ■ Séparation liquide-solide.
d’ammonium.
■ Séparation à la vapeur (stripping ) de NH 3 et CO2 .
■ Filtration, pour séparer d’une part des déchets solides et d’autre
part un lixiviat riche en nickel et cobalt. ■ Filtration du condensat avec récupération d’une solution ammo-
niacale qui est recyclée.
■ Séparation nickel-cobalt dans une unité d’extraction par solvant.
■ Récupération dans le gâteau de filtration du carbonate de nickel
■ Production de sulfure de cobalt après apport d’hydrogène sulfuré. que l’on grille pour produire NiO.
■ Production d’oxyde de nickel après récupération par filtration
d’un carbonate de nickel et calcination de celui-ci, avec possibilité
de réduction complémentaire à l’hydrogène et de production de
4.5.2 Minerai de Moa Bay
poudre agglomérée.
4.5.2.1 Préparation du minerai
■ Élimination de la fraction pauvre à moins de 1 % de nickel et de la
fraction de type serpentine qui exigerait trop d’acide pour être
4.5 Procédés développés attaquée.
dans les usines de Cuba
■ Délittement du minerai dans l’eau.
■ Criblage à 20 mesh pour élimination de la fraction grossière.
L’île de Cuba dispose d’importantes réserves de nickel mais sous
forme de minerais oxydés à basse teneur [32] (tableau 3) : ■ Préchauffage de la pulpe jusqu’à 80 oC par de la vapeur récupérée
— des serpentines (silicates hydratés de magnésium avec pré- sur les échangeurs de chaleur de la seconde partie de l’installation.
sence de nickel) à 1,4 % en moyenne de nickel ;
— des minerais limonitiques à 1,3 % de nickel, très riches en 4.5.2.2 Première transformation métallurgique :
oxydes de fer (Fe2O3 = 64 %) et pauvres en silicates de magnésium. hydrométallurgie
Ces deux catégories de minerai relèvent de deux procédés ■ Lixiviation sulfurique à 250 oC et sous pression (4 000 kPa), avec
différents : agitation par de la vapeur sous haute pression : 95 % du nickel et du
— procédé Caron, pour les serpentines de Nicaro [33] ; cobalt sont ainsi extraits dans le lixiviat.
— lixiviation sulfurique pour les minerais limonitiques de Moa
Bay [34]. ■ Production parallèle d’acide sulfurique, récupération de chaleur
sous forme de vapeur recyclée pour le préchauffage de la boue
Dans les deux cas, il n’y a pas d’opération de raffinage et les pro- avant lixiviation et détente à la pression atmosphérique.
duits commercialisés sont soit des oxydes métallurgiques (NiO),
soit des concentrés chimiques (sulfure mixte de nickel et cobalt). ■ Filtration pour éliminer les matières en suspension riches en fer
et récupérer une liqueur concentrant le nickel et le cobalt (avec une
moindre proportion de Cr, Al et Mg).
4.5.1 Minerai de Nicaro
■ Réglage du pH de la liqueur à 2,5-2,8 par addition de carbonate de
calcium produit à partir de corail.
Le procédé industrialisé à l’usine de Nicaro est issu des travaux
du professeur néerlandais Caron, lequel a montré que NH 3 et ses ■ Filtration et réchauffage vers 120 oC.
sels réagissent avec le nickel réduit en présence d’oxygène pour
former un composé ammoniacal soluble que l’on peut ensuite isoler. ■ Précipitation du nickel et du cobalt sous forme de sulfures, par
injection de H2 S produit sur place.
Son application au minerai de Nicaro s’insère dans l’ensemble
des procédés suivants. ■ Nouvelle filtration pour obtenir un concentré de sulfure mixte de
nickel et de cobalt à 65 % de matières sèches qui est vendu à
4.5.1.1 Préparation du minerai l’exportation. (0)

■ Séchage.
■ Broyage fin (90 % passant au tamis de 100 mesh).

Tableau 3 – Analyses comparées (% en masse) des minerais cubains de Nicaro et Moa Bay
Minerai Ni Co Fe2O 3 Cr2O3 SiO 2 MgO CaO Al 2O3 MnO

Nicaro ........................................... 1,4 0,1 30 1 40 8 1 2 0,5


Moa Bay ....................................... 1,3 0,1 64 3 3,7 1,7 1 8,5 1

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4.6 Procédé développé


par la société Outokumpu

La société finlandaise Outokumpu dispose, d’une part d’une res-


source minière locale avec la mine d’Enonkoski, qui a été ouverte
en 1986 et d’autre part de mattes de nickel produites en Australie.
Le traitement dans les installations d’Outokumpu comprend les
trois étapes principales classiques [35].

4.6.1 Préparation du minerai

Enrichissement par flottation : cette opération fournit des


concentrés contenant 9 à 12 % de Ni et 1 à 1,5 % de Cu avec une
récupération de 80 à 90 % de nickel, ainsi qu’un concentré en cuivre
atteignant 25 % Cu pour une récupération de 50 % du cuivre.
Il est aussi possible, selon les conditions économiques, de pro-
duire un seul concentré à 10 % Ni et 3 % Cu.
Les concentrés sont épaissis et filtrés sous pression. Figure 8 – Vue éclatée d’un four de fusion flash
(technologie Outokumpu) [16]

4.6.2 Première transformation métallurgique :


fusion flash pour production de matte 4.6.2.3 Convertisseurs
Ce type d’appareil assure l’enrichissement de la matte par oxy-
Une telle étape met en œuvre : dation d’une partie du soufre résiduel. Sa scorie est traitée en même
— des fours de fusion flash (flash smelting ) ; temps que la scorie du four flash.
— des fours de décantation de scorie ;
— des convertisseurs.
4.6.3 Seconde transformation métallurgique :
4.6.2.1 Fours de fusion flash raffinage
C’est à partir de 1949 qu’Outokumpu a développé un procédé de Cette étape comporte deux types d’opérations :
fusion flash (fusion quasi instantanée du concentré lors de son injec-
tion) pour la production industrielle de matte nickelifère à partir de — d’abord un raffinage hydrométallurgique de la matte ;
concentrés de minerais sulfurés. — ensuite une purification par electrowinning.
Le four flash comporte deux parties :
4.6.3.1 Raffinage hydrométallurgique
— un four à cuve pour l’oxydation des sulfures présents dans les
minerais concentrés ; Le traitement appliqué à la matte permet de séparer le cuivre, le
— un four électrique de fusion à électrodes immergées pour la plomb et le soufre avec deux installations distinctes de lixiviation
décantation et le chauffage de deux produits, la matte nickelifère et sulfurique :
la scorie. — la matte est lixiviée par une solution acide de sulfate en pré-
La réaction métallurgique principale est l’oxydation du sulfure de sence d’air dans un circuit en contre-courant à 3 étages ; le nickel
fer en oxyde de fer, celui-ci étant ensuite scorifié sous forme de qui est largement présent sous forme métallique se dissout dès le
silicate de fer. premier étage et le cuivre se cémente alors par réaction avec ce
nickel métallique ; le cuivre est ensuite lixivié dans les deuxième et
La figure 8 montre une vue d’une installation de fusion flash troisième étages avant d’être traité par électrolyse ;
avec : — le lixiviat du premier étage est traité à l’hydroxyde de baryum
— l’approvisionnement en matières premières et fluides ; pour éliminer le plomb par coprécipitation des sulfates de plomb
— le four à cuve (partie amont du four flash), au sommet duquel et de baryum ;
sont chargés les minerais concentrés contenant Ni, Cu, Co et Fe, en — le résidu de lixiviation, qui rassemble tout le soufre de la matte
même temps que des éléments scorifiants (sable) et les poussières et présente des teneurs significatives de nickel et cobalt, subit une
récupérées dans le processus. Quoique la réaction d’oxydation du seconde lixiviation sous pression et à un étage pour permettre de
sulfure de fer soit exothermique, un complément d’énergie doit récupérer encore du nickel et de recycler ensuite le produit dans
être apporté sous forme d’air préchauffé, d’oxygène de suroxygé- l’usine à cuivre.
nation et d’injection de fuel ou de charbon broyé.
On notera que ce procédé de raffinage est appliqué en dehors de
l’usine finlandaise de Harjavalta, dans les raffineries de nickel de
4.6.2.2 Fours de décantation de scorie Bindura et d’Empress au Zimbabwe qui traitent la matte de la
Une partie de la matte est entraînée sous forme de gouttelettes société BCL produite au Botswana.
avec la scorie. On cherche à récupérer cette matte perdue par
décantation complémentaire dans des fours électriques à scorie dis- 4.6.3.2 Electrowinning
tincts de l’unité de fusion flash. La scorie y est réduite par addition
Cette dernière opération permet de produire du nickel pur et
de carbone et de résidus riches en sulfures.
débarrassé du cobalt, à partir du lixiviat du raffinage.
Nota : Western Mining en Australie a mis au point une variante de la technologie d’Outo-
kumpu en intégrant les fours de traitement des scories (slag cleaning ) au four de fusion L’électrolyse s’effectue avec des anodes insolubles de plomb anti-
flash [36]. Il en résulterait des économies sur les postes de dépenses en personnel, énergie monié dont la durée de vie en milieu sulfate est particulièrement
et investissements ainsi que de meilleures conditions d’exploitation et d’automatisation.
élevée. La seule fonction de ces anodes est de transférer des élec-
trons à la cathode.

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L’électrolyte est constitué par le lixiviat auquel on a ajouté du sul- — un ferronickel brut représentant un dixième du minerai et qui
fate de sodium et de l’acide borique. La réaction d’ensemble est : est ensuite dirigé vers l’atelier d’affinage du ferronickel brut ou
l’atelier de fabrication de la matte.
NiSO 4 + H 2 O Ni + H 2 SO 4 + 1 ⁄ 2 O 2

Il y a libération à l’anode d’acide sulfurique qui est recyclé pour 4.7.1.2.2 Affinage du ferronickel brut
servir à lixivier la matte. La composition du ferronickel est ajustée par des opérations de
Le nickel est récupéré à la cathode sous forme de plaques qui métallurgie secondaire en poche à secousses :
sont ensuite découpées en carrés de 25 à 100 mm de côté. — désulfuration au carbonate de sodium ;
— oxydation du silicium et du carbone par injection d’oxygène
au moyen d’une lance.
4.7 Procédés développés Le ferronickel affiné est, pour la plus grande part, grenaillé et
séché, le solde étant coulé sur une machine à lingoter.
par la société ERAMET/SLN
4.7.1.2.3 Fabrication de la matte
La société Le Nickel-SLN, filiale du groupe français Eramet,
exploite les minerais oxydés riches de la Nouvelle-Calédonie (cen- La matte constitue l’étape intermédiaire à Doniambo pour produire
tres miniers de Thio et Kouaoua, sur la côte Est et de Népoui sur à Sandouville du nickel à haute pureté. Pour produire la matte, on
la côte Ouest ainsi que d’autres mines dans la région de Koumac). opère avec deux convertisseurs Pierce Smith :
Il s’agit de minerais oxydés silicatés résultant du lessivage de — le premier sert à l’introduction du soufre qui se fixe sur le nickel
péridotites avec formation d’une zone de minerai saprolitique et à la combustion d’une partie du fer contenu dans le ferronickel
exploitable, partiellement composé de silicates de magnésium et de brut ;
fer [15]. — le second parachève l’élimination du fer, pour arriver finale-
Les minerais sont traités à l’usine de Doniambo en ment à une matte de composition massique 76 % de Ni, 18 % de S
Nouvelle-Calédonie ; elle élabore, d’une part du ferronickel, produit et 3,5 % de Fe, contenant également un peu de cobalt.
directement commercialisé en sidérurgie et, d’autre part, de la matte La matte est coulée sur une machine à lingoter. Quant à la scorie
de nickel. Celle-ci est traitée par lixiviation au chlore suivie d’une dont la fluidité est contrôlée par addition de silice, elle est valorisée
électrolyse à la raffinerie d’Eramet de Sandouville-Le Havre. comme remblai.

4.7.1 Usine de Doniambo 4.7.2 Usine de Sandouville


La figure 9 résume l’ensemble du processus de traitement du La matte de Doniambo est expédiée à l’usine de Sandouville qui
minerai qui aboutit à la fabrication : réalise deux opérations principales de raffinage :
— soit de ferronickel commercial ; — traitement hydrométallurgique par lixiviation chlorhydrique ;
— soit de matte expédiée à Sandouville-Le Havre pour y être raf- — électrolyse pour produire du nickel métal de haute pureté sous
finée (production de nickel de haute pureté). forme de cathodes.
L’usine produit également du chlorure de nickel, du chlorure de
4.7.1.1 Préparation du minerai cobalt et du chlorure ferrique.
Il s’agit des opérations classiques de manutention, stockage sur
parc, homogénéisation, préséchage, broyage et criblage, qui sont 4.7.2.1 Lixiviation chlorhydrique
suivies d’une opération de calcination en fours tournants. La matte est d’abord finement broyée puis elle est lixiviée par une
Ces fours rotatifs assurent : solution de chlorure ferrique en présence de chlore. Ni, Co et Fe sont
— l’achèvement du séchage du minerai ; dissous sous forme de chlorures, tandis que le soufre n’est pas
— l’élimination de l’eau de constitution (12 %) ; attaqué.
— le chauffage à 950 oC ; Après décantation, la solution de chlorures qui contient de l’ordre
— un début de réduction des oxydes par un réducteur (anthra- de 200 g/L Ni, 5 g/L Co et 10 g/L Fe est soumise à quatre opérations
cite) ajouté au préalable à la charge. successives d’extraction et de purification :
— extraction du fer par un solvant organique spécifique, le tri-
4.7.1.2 Première transformation métallurgique : butyl phosphate ;
pyrométallurgie — extraction du cobalt par un autre solvant, la tri-isooctylamine ;
Après préparation le minerai subit un traitement de fusion- — extraction du plomb par électrolyse spécifique ;
réduction, qui conduit à l’élaboration de ferronickel brut. — purification de la solution de chlorure de nickel par charbon
actif.
Ce ferronickel brut rejoint alors l’une des deux voies suivantes :
— fabrication de ferronickel affiné (80 % de la production de 4.7.2.2 Électrolyse
l’usine) ;
— fabrication de matte (20 % de la production de l’usine). Il s’agit d’un procédé d’électrolyse du chlorure de nickel avec
anodes insolubles.
4.7.1.2.1 Fusion-Réduction Le nickel électrolytique déposé à la cathode est à très basse teneur
La fusion-réduction des minerais préchauffés à 950 oC et pré- en impuretés et en gaz. Le chlore, qui se dégage à l’anode est récu-
réduits s’effectue dans des fours électriques à six électrodes en péré et recyclé.
ligne (puissance nominale de chaque four 35 MW ; intensité 20 000 Un traitement thermique des cathodes de nickel permet d’abaisser
à 25 000 A ; tension entre les électrodes 400 à 800 V). encore la teneur en hydrogène.
Elle permet de séparer :
— une scorie liquide qui, correspondant aux 3/4 du minerai
introduit, est granulée à l’eau de mer et stockée (la scorie est utili-
sée également dans les travaux publics pour la construction de
routes) ;

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Figure 9 – Diagramme du procédé ERAMET/SLN à l’usine de Doniambo (Nouvelle-Calédonie) [15]

5. Domaines d’application 5.1 Élément d’addition dans les alliages


du nickel Le nickel améliore les propriétés de nombreux alliages ferreux
ou non ferreux, pour ce qui concerne :
Présent partout dans la vie courante et indispensable pour les — la tenue à la corrosion dans une large gamme de température ;
équipements industriels, le nickel est l’un des principaux métaux — les caractéristiques mécaniques ;
de base de l’époque actuelle. C’est, en particulier, un métal d’addi- — la facilité de traitement thermique.
tion utilisé dans de très nombreux alliages, les aciers inoxydables En outre, il permet d’élaborer certains alliages particuliers, tels
étant les plus connus. que :
Ses usages sont très variés [Doc. M 2 250]. — alliages magnétiques ;
— alliages à très faible dilatation ;
— alliages à mémoire de forme.

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5.1.1 Métallurgie ferreuse (aciers inoxydables, 5.1.2.1 Superalliages base nickel


aciers alliés, fonderies) Il s’agit d’alliages contenant des teneurs très élevées en nickel,
par exemple plus de 50 à 60 % Ni. Ces superalliages sont utilisés
5.1.1.1 Aciers inoxydables pour la fabrication des aubes de turbines à gaz (réacteurs dans
l’aéronautique, turbines à gaz terrestres pour la production d’éner-
Les aciers inoxydables au nickel (aciers inoxydables austéniti-
gie), dans l’industrie spatiale (moteurs de fusée) et pour l’industrie
ques) dont la fabrication absorbe plus de 60 % de la consommation
nucléaire (générateurs de vapeur) [39].
du nickel sont largement utilisés dans l’industrie chimique et la
pétrochimie (cuves, réacteurs, tuyauteries, vannes...), dans la pro-
duction de la pâte à papier, dans les industries agro-alimentaires 5.1.2.2 Alliages fer-nickel
(lait, vin, bière, jus de fruit...) ainsi que dans les transports routiers Selon la teneur en nickel, on peut conférer des propriétés et des
ou ferroviaires (citernes, wagons de voyageurs). structures différentes :
Ils sont également très présents dans les biens d’équipements des — faible dilatation dans une large gamme de températures et
collectivités et des ménages (lave-vaisselle, lave-linge, évier), pour jusqu’à la température de l’hydrogène liquide (exemple des alliages
les arts de la table (couverts, platerie...) ainsi que dans l’industrie Invar à 36 % Ni), propriété utilisée pour le transport des gaz liquéfiés
du bâtiment (revêtements de façade, ascenseurs, escaliers méca- et en horlogerie ;
niques) et la décoration. — coefficients de dilatation adaptés pour réaliser des scellements
hétérogènes avec, par exemple, le verre ou le platine ;
5.1.1.2 Aciers laminés ou forgés — absence de propriétés magnétiques pour les pièces méca-
niques soumises à des variations rapides et importantes du champ
Le nickel contribue à conférer aux aciers de meilleures propriétés magnétique (dragueurs de mines, boîtiers de compas de marine) ;
d’usage : — à l’opposé, renforcement des propriétés magnétiques dans
— amélioration de la ténacité à résistance égale et de la péné- les aciers à aimants (par exemple, le Ticonal au Co-Ni-Al) à champ
tration de trempe pour les aciers de construction (teneur en nickel coercitif très élevé pour les aimants permanents ;
comprise entre 0,8 et 3,5 % avec addition de chrome et/ou de — haute perméabilité magnétique (alliages à 50 et 78 % Ni) pour
molybdène) et les aciers à outils pour travail à chaud (aciers au les relais et les noyaux de bobines magnétiques ;
Ni-Cr-Mo contenant 1,5 à 5 % Ni) ; — alliages fer-nickel (à 42 % de nickel) pour les circuits imprimés
— amélioration de la résistance à la corrosion chimique à froid et les circuits intégrés en électronique.
ou à chaud, par exemple pour le stockage et le transport de produits
alimentaires et chimiques ainsi que pour des installations des indus- 5.1.2.3 Alliages nickel-chrome
tries chimiques et papetières (aciers inoxydables et aciers réfrac-
taires contenant 10 à 25 % Ni) ; Ces alliages pouvant renfermer de 20 à 80 % de nickel servent en
— amélioration de la ténacité sans fragilité jusqu’à – 180 oC pour électricité (rhéostats, résistances chauffantes pour fours industriels
le transport ou le stockage de liquides cryogéniques (cas des gaz et fers à repasser ménagers, radiateurs) et dans l’industrie pour la
liquéfiés) ; protection contre la corrosion chimique.
— développement d’aciers à durcissement structural et à hautes
caractéristiques mécaniques, pour l’aéronautique et l’industrie spa- 5.1.2.4 Alliages nickel-aluminium
tiale (aciers Maraging non inoxydables à 18 % Ni et aciers Maraging
inoxydables à 9 % Ni) [39]. Comme les alliages précédents, ils résistent à la corrosion (cas
des culasses de moteurs).
5.1.1.3 Aciers moulés au nickel-chrome
5.1.2.5 Cupronickels
Leurs caractéristiques mécaniques sont meilleures que celles des
aciers au carbone, après des traitements thermiques appropriés Les cupronickels résistent à la corrosion chimique (exemple des
suivis, le cas échéant, d’opérations de nitruration ou de cémentation paniers de décapage des métaux en cupronickel à 30 % Ni) et en
(cas des croisements de voies ferrées ou des engrenages de grand particulier à la corrosion par l’eau de mer (tubes de condenseurs
diamètre). et d’échangeurs pour la construction navale et les installations de
dessalement d’eau de mer).
5.1.1.4 Fontes alliées au nickel
5.1.2.6 Maillechorts (alliages de cuivre, nickel et zinc)
Comme élément d’addition, le nickel permet de produire des
fontes perlitiques à grain fin présentant une bonne ténacité, qui Ces produits contiennent entre 13 et 18 % de nickel et sont utili-
résistent bien à l’usure par frottement (cas des cylindres de lami- sés en lunetterie, robinetterie, téléphonie, orfèvrerie et décoration.
noirs à chaud ou des chemises de blocs moteurs).
En ajoutant à la fois du nickel et du chrome, il est possible d’éla- 5.1.2.7 Bronzes et laitons au nickel
borer des fontes martensitiques résistantes aux chocs (exemples des L’addition de nickel permet une amélioration des caractéristiques
mâchoires de concasseurs et de broyeurs, ou des grilles de foyer). mécaniques et de la résistance à la corrosion (application pour les
Enfin, les fontes à graphite sphéroïdal (fontes GS) sont obtenues hélices de navires).
en inoculant du magnésium sous forme d’un alliage 85 % Ni –
15 % Mg. 5.1.2.8 Alliages à mémoire de forme
Ces alliages ont la propriété de retrouver leur forme initiale, après
5.1.2 Alliages au nickel et demi-produits en nickel avoir subi une déformation, lorsqu’ils sont soumis à un changement
de température.
La métallurgie non ferreuse constitue un autre secteur important C’est le cas de certains alliages titane-nickel après un traitement
d’application du nickel. de préconditionnement.
Ils sont utilisés par exemple pour réaliser des joints d’étanchéité
(aéronautique, nucléaire) et pour la connectique.

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5.2 Fabrication des pièces de monnaie 6. Commercialisation


Le nickel est souvent utilisé pour les pièces de monnaie et les du nickel
médailles, sous forme de nickel pur (cas de la France par exemple
pour certaines pièces) ou d’alliages nickel-cuivre. La métallurgie du nickel conduit selon les minerais traités et les
procédés utilisés à la commercialisation de quatre grandes familles
de produits finis, directement utilisables par les consommateurs
5.3 Traitements de surface sans raffinage supplémentaire. Il s’agit :
— du nickel métal ;
5.3.1 Nickelage par galvanoplastie — des ferronickels ;
— des oxydes métallurgiques et de leurs produits dérivés ;
Le nickel déposé par électrolyse sur un métal plus altérable — des sels de nickel et des oxydes chimiques.
(alliages ferreux ou cuivreux, par exemple) contribue à le protéger Outre les ventes de minerais bruts, deux produits intermédiaires
contre la corrosion. donnent lieu à des transactions commerciales :
Il peut également participer à la décoration (pièces nickelées) ou — les concentrés de sulfures de nickel et cobalt ;
conférer une conductivité électrique (moulages en matière — les mattes.
plastique). Nota : le Japon qui ne dispose pas de ressources minières achète du minerai de nickel
brut à la Nouvelle-Calédonie, à l’Indonésie et aux Philippines. Par ailleurs, au Queensland
Pour ces traitements de surface, il est nécessaire d’employer du (Australie), la société QNI (Queensland Nickel) achète des latérites à la Nouvelle-Calédonie
nickel électrolytique (cathodes de nickel et produits spéciaux) ou et à l’Indonésie pour alimenter sa raffinerie de Yabulu. Aux États-Unis, la société Glenbrook
des billes de nickel [Doc. M 2 250] [56]. Nickel (Oregon) achète également du minerai brut à la Nouvelle-Calédonie.

5.3.2 Nickelage chimique 6.1 Nickel métal


Le procédé de nickelage chimique sans électrolyse (en bain
Le nickel métal est vendu sous forme :
d’hypophosphite de sodium par exemple) permet d’obtenir des revê-
tements de nickel uniformes, d’épaisseur importante et de grande — de nickel électrolytique (cathodes de nickel entières ou
dureté, pour la protection contre la corrosion des cavités (tubes, découpées en carrés de 25 × 25 mm, 50 × 50 mm, 100 × 100 mm) ;
vannes), cas dans lesquels les dépôts électrolytiques conviennent — de poudres de nickel qui peuvent être compactées en briquettes
mal [57] [58]. de nickel ;
— de billes (également dénommées pellets ) de nickel carbonyle.
Par ailleurs, certains produits spéciaux sont utilisés pour des usa-
ges particuliers : poudres de nickel de différentes granulométries et
5.4 Utilisation en métallurgie des poudres formes de grains ; nickel métal de forme spécialement adaptée à la
galvanoplastie, dopé éventuellement au soufre.
Les poudres de nickel, seules ou en mélange avec d’autres poudres
métalliques, permettent d’obtenir par frittage à chaud ou par lami- Les principaux producteurs de nickel métal sont cités dans la
nage à froid, des pièces mécaniques frittées et des produits laminés [Doc. M 2 250].
(électrodes poreuses pour piles à combustibles, filtres à grosseur
de pores calibrée).
Les poudres de nickel sont utilisées en particulier pour la fabri- 6.2 Ferronickels
cation des électrodes des batteries rechargeables nickel-cadmium.
Comme il a été indiqué à la figure 3, les ferronickels sont obtenus
par traitement pyrométallurgique de minerais oxydés. Leurs teneurs
en nickel peuvent varier selon les cas entre 18 et 50 %. Ils sont
5.5 Catalyseurs commercialisés sous forme de lingots ou de grenailles (§ 4.7.1.2.2).
Le nickel, obtenu à l’état divisé après réduction à basse tempé- Les principaux producteurs de ferronickel sont cités dans la
rature de son oxyde NiO, est doté de propriétés catalytiques, qui [Doc. M 2 250].
sont mises à profit par exemple dans les réactions d’hydrogénation
et d’hydrodésulfuration des produits pétroliers (catalyseurs Ni-Mo,
ou Co-Ni-Mo, supportés sur alumine ou silico-aluminate), et dans 6.3 Oxydes métallurgiques
l’industrie agro-alimentaire (production des huiles végétales).
et produits dérivés
Ces produits sont obtenus soit par traitement hydrométallurgique
5.6 Autres applications de minerais oxydés, soit par grillage de mattes. Leurs teneurs en
nickel varient entre 75 % et plus de 95 % pour certains oxydes métal-
Les batteries rechargeables nickel-cadmium (utilisation de l’hydro- lurgiques très réduits. Ils se présentent sous la forme de poudre
xyde de nickel) et nickel-hydrures métalliques. agglomérée (oxide sinter ), de petits lingots ou de grenailles.
Les opérations de coloration du verre et d’émaillage, par utilisa- Les principaux producteurs d’oxydes métallurgiques sont cités
tion d’oxydes chimiques [Doc. M 2 250]. dans la [Doc. M 2 250].

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6.4 Sels de nickel et oxydes chimiques 7.1 Protection de l’homme au travail

Certaines raffineries traitant des mattes de nickel produisent des Ce n’est pas l’objet de ce document de reprendre ici tous les élé-
sels ou de l’oxyde de nickel pour usages chimiques. C’est le cas ments classiques concernant la sécurité au travail, qui sont prati-
par exemple des sociétés suivantes : quement communs à toutes les industries et qui, dans le cas
— INCO à Clydach (Pays de Galles, Royaume-Uni) : production particulier du nickel, représentent de fait la préoccupation principale.
de différents sels de nickel (sulfate, chlorure, oxyde pour usages En effet les risques propres au métal lui-même ou à ses composés,
chimiques). sont relativement limités à certains cas très précis (toxicité poten-
— Eramet à Sandouville-Le Havre : production de chlorure de tielle par ingestion, contact cutané et inhalation).
nickel (§ 4.7.2).
— OMG (Outokumpu Mooney Group) : production à Harjavalta
(Finlande) de sulfate de nickel et de carbonate de nickel. 7.1.1 Toxicité par ingestion orale
— Western Platinum (Afrique du Sud) : production de sulfate de
nickel. L’ingestion de nickel ou de ses composés en quantité importante
— Sumitomo Metal Mining (Niihama, Japon) : production de ne peut être qu’exceptionnelle et n’a fait l’objet que de quelques
sulfate, chlorure, carbonate et oxyde chimique de nickel. cas recensés dans l’industrie. Elle n’a jamais eu de conséquences
graves.
La toxicité orale du nickel et de ses composés a été étudiée sur
6.5 Concentrés sulfurés de nickel des groupes d’animaux qui ont été alimentés par des doses variables
de différents composés.
et de cobalt et mattes Les quantités nécessaires pour atteindre la dose létale sont si
importantes que le nickel et ses composés ne sont pas considérés
Les raffineries qui ne disposent pas de ressources de nickel comme très toxiques.
intégrées ou qui désirent compléter leurs approvisionnements de Les composés solubles dans l’eau (les sels de nickel : sulfates,
produits nickelifères à traiter achètent des concentrés sulfurés chlorures, nitrates, sulfamates) sont bien entendu les formes les plus
mixtes de nickel et de cobalt et des mattes de nickel. actives ; les composés insolubles (carbonates, hydroxydes, oxydes,
sulfures) peuvent être considérés comme sans danger, de ce point
de vue.
6.5.1 Concentrés sulfurés de nickel et cobalt On a cependant observé que l’ingestion de sels de nickel peut pro-
voquer des attaques gastro-intestinales accompagnées de nausées
En Australie, la société QNI produit, à Yabulu, un concentré et de diarrhées. L’ingestion de nickel métallique sous forme divisée
cobaltifère qui est vendu à Outokumpu : le raffinage est réalisé en n’a pas d’effet particulier.
Finlande à Harjavalta. On s’est également préoccupé de savoir si l’ingestion de nickel
À Cuba, l’usine de Moa Bay produit des concentrés Nickel/Cobalt (métal ou composés) pouvait avoir des effets à long terme. L’US
qui sont vendus à Sherritt Inc. au Canada (production de poudres National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) a
et de briquettes) et, qui l’étaient voici quelques années, à la Russie conclu que le nickel et ses composés inorganiques ne sont pas
(usine d’Orsk, dans l’Oural). cancérogènes par ingestion.
Par ailleurs, l’US Environmental Protection Agency (EPA) a conclu
dans ses études sur l’eau potable que le nickel n’apparaissait pas
6.5.2 Mattes cancérogène par ingestion orale dans l’expérimentation animale.

Les pays produisant de la matte pour vente à des raffineurs sont


cités dans la [Doc M 2 250]. 7.1.2 Toxicité par contact cutané –
Allergies de contact et respiratoire

6.6 Normes pour les produits L’élément nickel est un sensibilisant reconnu au regard de l’allergie
de contact. Le risque d’allergie de contact (eczéma des mains...) peut
de l’industrie du nickel être observé dans des ateliers où sont manipulés sans précaution
des sels solubles de nickel.
Plusieurs pays (Allemagne, Japon, Royaume-Uni, Russie, USA...) Quelques cas d’allergie respiratoire résultant d’exposition par
ont publié des normes sur l’analyse des produits finis commer- inhalation à des sels solubles de nickel ont été rapportés. Ce risque
cialisés par l’industrie du nickel [Doc. M 2 250]. est considéré comme très faible.

7.1.3 Toxicité par inhalation


7. Gestion des risques 7.1.3.1 Toxicité aiguë
liés à la production Il existe un seul composé du nickel, le nickel carbonyle, connu pour
et à l’utilisation du nickel sa toxicité aiguë. C’est un gaz pour lequel la dose létale est relati-
vement faible, mais dont la stabilité dans les conditions ambiantes
est également extrêmement faible, ce qui limite considérablement
le risque.
Comme toutes les industries, celle du nickel (production et trans-
formation du métal et de ses alliages ou composés) se préoccupe Le nickel carbonyle est formé à basse température en conditions
de la sécurité de ses employés et de ses clients ainsi que de la pro- réductrices ; il est industriellement utilisé dans trois usines dans le
tection de la qualité de l’environnement. monde comme produit intermédiaire de la purification du nickel
(2 usines de la société INCO, 1 usine en Russie).

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MÉTALLURGIE DU NICKEL _______________________________________________________________________________________________________________

Le nickel carbonyle n’a jamais été mis en évidence de façon 7.1.4 Réglementation
significative lors d’autres opérations traditionnelles de production
ou d’utilisation du nickel (fusion des minerais ou des métaux, trai- 7.1.4.1 Réglementation générale
tement thermique, soudage, frittage...).
Celle-ci relève en France du code du travail. Les principales dis-
7.1.3.2 Toxicité à long terme positions réglementaires générales pour les agents chimiques sont
les suivantes :
Il a été mis en évidence vers les années 20 un excès des cancers
du nez et du poumon dans les raffineries de Clydach (Pays de Galles), — sensibilisation des personnes susceptibles d’être exposées au
puis à Copper Cliff et Port Colborne (Canada), et à Kristiansand moyen d’étiquettes, de fiches de données de sécurité et d’une infor-
—(Norvège). Les études épidémiologiques qui ont été faites et répé- mation spécifique au poste de travail ;
tées plusieurs fois, ont montré que cet excès de cancers a décru pour — limitation des émissions polluantes à un niveau aussi faible
quasiment disparaître 25 ans après l’abandon du procédé qui était que techniquement et économiquement possible ;
utilisé dans ces raffineries. — respect des Valeurs Limites d’Expositions Professionnelles
(VLEP) ; le nickel fait l’objet dans la plupart des pays industrialisés
Toutes ces usines avaient en commun le traitement des mattes de deux VLEP qui s’expriment comme suit, comptées en Ni :
de nickel du Canada qui contenaient aussi du cobalt, du cuivre, de
• nickel métallique et composés insolubles.................1 mg/m3
l’arsenic et du soufre. À cette époque, le procédé de grillage des • composés solubles......................................................0,1 mg/m3
mattes était très polluant avec d’importantes émissions de pous- — reconnaissance de maladies professionnelles.
sières et de SO 2 .
Il s’agit en l’occurrence d’une responsabilité de l’employeur et/ou
D’autres études épidémiologiques, faites sur d’autres procédés, de la branche industrielle concernée, au regard des dommages
et en particulier ceux traitant des minerais oxydés [7], ainsi que chez résultant d’une pathologie dite professionnelle. Pour le nickel, il
des utilisateurs, n’ont jamais montré de surincidence significative s’agit des pathologies évoquées ci-avant. Elles sont reprises dans
d’apparitions de cancers du nez ou du poumon. les « Tableaux des Maladies Professionnelles » n o 37, 37 bis et
L’ensemble des études correspondantes a fait l’objet de travaux 37 ter [42]. Dans cette procédure, l’employeur et/ou la branche indus-
de synthèse confiés au « Comité International sur la Cancérogénèse trielle concernée peuvent se trouver impliqués par un mécanisme
du Nickel chez l’Homme », présidé par Sir R. Doll. de cotisations indexées sur la fréquence et la nature des maladies
On retient du rapport final publié en 1990 [40] : professionnelles, tandis que le travailleur concerné peut se voir attri-
— que les excès de cancers ne sont rencontrés que dans le cadre buer une indemnité compensatrice.
de certaines séquences de procédés de raffinage du nickel, procédés
aujourd’hui obsolètes ; ce point a été, depuis, traduit par une direc- 7.1.4.2 Classification
tive européenne [41] ; Celle-ci est réglementairement définie par une directive euro-
— que les excès de cancers sont associés à l’exposition aux péenne qui a classé une dizaine de substances nickelifères, dont le
formes sulfurées et oxydées et que ces excès sont accrus en présence nickel métal, au regard de leur toxicité aiguë par ingestion orale
additionnelle de formes solubles ; (pour les sels solubles dans l’eau) et par inhalation (pour le seul
— que l’on ne constate pas d’excès de cancers en association nickel carbonyle) et de leur effet sur la formation de cancers sur les
avec l’exposition aux formes métalliques ; voies respiratoires.
— que les excès de cancers ne sont observés que pour des expo-
Cette classification résulte essentiellement de l’expérimentation
sitions à des concentrations supérieures à 10 mg/m3 de nickel sous
animale plus ou moins représentative, du fait de la difficulté de
forme peu soluble et à 1 mg/m3 de nickel sous forme soluble (chlo-
reproduire en laboratoire une véritable inhalation comme il en
rure et sulfate) ;
existe en milieu professionnel.
— que l’on peut estimer qu’au-dessous de 1µg/m3 de nickel, le
risque de cancer, s’il existe, est totalement négligeable (à comparer Ainsi, certains oxydes et certains sulfures de nickel ont été classés
aux niveaux de présence du nickel dans l’environnement général comme cancérogènes « prouvés » pour l’homme par inhalation
qui sont de l’ordre de 10 ng/m3). (catégorie 1 de la directive), cependant que le nickel métal ainsi que
le sulfate, l’hydroxyde, le carbonate et le carbonyle, ont été retenus
On peut regretter que l’étude Doll [40] n’ait pas permis d’identifier
par précaution comme cancérogènes « possibles » (catégorie 3).
plus précisément, si elle(s) existe(nt), la (ou les) forme(s) de nickel
qui, à l’intérieur des trois groupes de formes impliquées (sulfurées,
oxydées, solubles), aurait(ent) été responsable(s) de ces excès de
cancers. La complexité des ambiances étudiées ne l’a pas rendu 7.2 Protection des consommateurs
possible.
On notera que les études épidémiologiques effectuées à ce jour, Les articles contenant du nickel (métal pur ou alliages) mis à la
dans les industries utilisatrices du nickel n’ont jamais révélé d’excès disposition des consommateurs sont exclusivement sous forme
de cancers attribuables à l’exposition au nickel. Parmi les industries massive et, sauf situations exceptionnelles résultant d’opérations
étudiées, on peut citer : n’ayant rien à voir avec l’utilisation normale de ces articles, il est
impossible de se trouver dans les conditions d’exposition à risque
— métallurgie des poudres ;
qui ont été rapportées précédemment.
— production et utilisation des alliages riches en nickel ;
— production des aciers inoxydables ;
— soudage sur aciers inoxydables ;
— traitements de surface (nickelage) ;
— fabrication de batteries nickel-cadmium.

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7.2.1 Allergie de contact 7.3.1 Environnement au voisinage


des exploitations
Le seul risque que peut présenter le nickel pour les consom-
mateurs est l’apparition d’allergies résultant d’une exposition L’industrie de transformation du nickel n’a pas d’émission externe
cutanée directe et prolongée [43]. Ces conditions peuvent se ren- particulière nécessitant une description spécifique. On se limitera au
contrer dans la vie courante lors de l’usage de bijoux fantaisie (essen- cas de l’industrie de production et on distinguera dans ce qui suit
tiellement des boucles d’oreilles), de certains boîtiers de montres le cas des minerais sulfurés de celui des minerais oxydés.
ou de rivets de jeans.
Ce mécanisme de réaction allergique résulte d’une sensibilisation 7.3.1.1 Minerais sulfurés
intermédiaire déclenchée elle-même par des expositions longues et
répétées. Le mécanisme impliqué inclut la mise en solution du nickel ■ Les mines
sous l’action corrosive de la sueur [44], puis sa migration à travers L’exploitation minière est en général souterraine, et le minerai
la peau, et enfin la réaction de l’élément nickel avec le système de extrait est traité par flottation dans des laveries. 75 % des rejets de
défense immunitaire, ce dernier variant considérablement d’un indi- flottation qui représentent 70 à 80 % du produit extrait doivent être
vidu à l’autre. stockés de façon contrôlée sur des sites de décharge.
L’Union européenne avec le soutien des producteurs de nickel, est Pour stabiliser les produits et éviter la dissolution des sulfures
sur le point d’adopter un projet de directive visant à limiter l’usage qu’ils contiennent, le produit est neutralisé à la chaux et les eaux
du nickel dans les quelques articles concernés. Ce projet comporte de percolation sont récupérées et traitées. Le sol est ensuite recou-
une valeur limite de migration au contact de la sueur synthétique. vert de terre végétale puis reforesté. Le meilleur exemple de ce genre
On notera en particulier que les aciers inoxydables contenant 8 d’opération peut être vu au Canada sur les terrains des sociétés INCO
à 10 % de nickel sont totalement stabilisés par la présence de chrome et Falconbridge.
lorsque la teneur en cet élément dépasse 13 %.
■ Les usines de production de nickel primaire
Le principal problème rencontré est le contrôle des volumes
7.2.2 Propriétés remarquables des alliages importants de gaz SO 2 émis lors du traitement des concentrés
de nickel sulfurés.
La situation de cette matière est encore assez contrastée selon les
Dans la plupart de ses applications, la présence de nickel prolonge pays, entre, par exemple, le Canada, et la Russie. Ainsi, à titre
la vie des équipements de production et des articles dans lesquels d’exemple, la société Falconbridge au Canada [45] [46], après un pro-
il entre, en apportant les propriétés de résistance à la corrosion et gramme d’investissements développé depuis 10 ans, ne rejette plus
à la chaleur. C’est pourquoi les aciers inoxydables, en particulier, sont dans l’atmosphère que 11 % du soufre apporté par les concentrés.
très recherchés comme matériaux appelés à être au contact des pro- À l’inverse, les usines russes rejettent encore 85 % du soufre dans
duits agroalimentaires soit à l’échelle industrielle, soit à l’usage l’atmosphère.
domestique. La réduction de telles émissions est obtenue par deux types de
Il a été démontré, par comparaison à d’autres matériaux, que les mesures :
aciers inoxydables sont particulièrement faciles à nettoyer (éli- — enrichissement du minerai avec élimination poussée de la pyr-
mination de la prolifération bactérienne). Pour la même raison, les rhotite au niveau de la laverie (mise en décharge) ;
alliages de nickel, et en particulier les aciers inoxydables, sont lar- — captation des gaz chargés de SO 2 et production d’acide
gement utilisés dans les établissements hospitaliers. sulfurique.
Il faut enfin faire remarquer que les propriétés magnétiques Ceci est facilité lorsque la concentration de SO2 augmente dans
particulières conférées aux alliages par le nickel facilitent leur tri lors les gaz de combustion. Pour cela, par exemple, INCO a transformé
de la récupération d’anciens équipements. Cela en fait un produit son procédé de fusion flash décrit par ailleurs [47] [48].
particulièrement facile à recycler. Actuellement, la production d’acier
inoxydable est assurée pour 50 % à partir de produits recyclés. La
limitation ne vient que de la disponibilité des produits à recycler, 7.3.1.2 Minerais oxydés
conséquence naturelle de la très longue durée de vie des objets ■ Les mines
correspondants. L’exploitation a lieu à ciel ouvert en carrière.
Il n’y a pas d’autre traitement du minerai à ce stade qu’une sépa-
7.2.3 Présence de nickel à l’état naturel ration physique par tri, pour éliminer les terres et les produits
stériles qui peuvent représenter trois ou quatre fois les quantités
de minerais utiles extraits.
Le nickel est un élément largement répandu. L’homme en ingère
en moyenne journellement 200 µg dans les aliments qu’il Ces produits naturels sont stockés en décharges, stabilisés et
consomme. drainés derrière des barrages pour éviter tout entraînement des
matières en suspension dans les eaux de ruissellement.
L’ingestion de faibles quantités de nickel est nécessaire pour
favoriser certains processus biologiques chez les animaux et les On peut trouver un exemple de ce genre de technique en
plantes. Nouvelle-Calédonie où elle est mise en œuvre depuis de nombreuses
années [49].
L’ingestion naturelle est, sauf incident, très supérieure à ce qui peut
provenir des articles contenant du nickel mis à la consommation. La principale difficulté est ensuite de reforester ces terrains qui
sont à l’origine extrêmement pauvres et sur lesquels la végétation
met beaucoup de temps à réapparaître. Des programmes de sélec-
tion de plantes et d’ensemencements industriels sont en cours.
7.3 Protection de l’environnement
■ Les usines
Le traitement des minerais oxydés pose peu de problèmes. Les
Nota : les lecteurs qui le souhaiteraient, peuvent trouver des compléments d’information scories de la fusion des minerais sont totalement stables et leur bon
dans les références [55] [56].
comportement au test normalisé de lixiviation montre qu’on peut

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MÉTALLURGIE DU NICKEL _______________________________________________________________________________________________________________

les utiliser comme matériaux de construction ou de remblayage. Ni (mg/kg)


L’excédent peut être stocké en décharge pour déchets inertes.
Comme dans toute usine métallurgique, les gaz doivent être captés Déchets stabilisés 50
et filtrés pour récupérer les poussières. Il n’y a pas de difficulté tech- Déchets à stabiliser 100 (cas des poussières et scories)
nologique particulière à le faire, et la teneur en nickel qui est celle
du minerai est donc relativement faible. Les poussières sont recy- En outre l’arrêté du 1er mars 1993 [50] impose aux boues de trai-
clées ensuite dans le procédé. tement des eaux usées la norme de 200 mg Ni par kg de matières
sèches pour autoriser l’épandage.
7.3.2 Réglementation
7.3.3 Environnement général
La réglementation s’est développée de façon plus ou moins
cohérente dans les différents pays industrialisés. Le nickel étant un élément très répandu à la surface du globe, on
Actuellement, en France, les normes d’émission ont été redéfinies en trouve dans les divers milieux naturels.
dans l’arrêté du 1er mars 1993 qui régit les installations classées sou- On trouvera ci-contre quelques valeurs caractéristiques :
mises à autorisation [50].
— air en zone urbaine.............. quelques ng/m3
Les normes les plus caractéristiques pour les rejets atmosphé- — eau de mer ........................... 0,1 à 0,5 µg/L
riques sont citées en [Doc. M 2 250]. — eau potable........................... quelques µg/L
Pour les rejets dans l’eau, la norme d’émission pour le nickel est (normes européennes 50 µg/ L)
dans le cas général 0,5 mg/L si le débit est supérieur à 5 g Ni/jour. — sang humain......................... 1 µg/L environ (sachant que
Une valeur limite moins contraignante est consentie pour les l’homme ingère environ 200 µg de
industries de fabrication et de transformation du nickel : 2 mg/L. nickel/jour par son alimentation).
Le secteur des traitements de surface relève de l’arrêté du Ces valeurs sont peu influencées par l’activité industrielle en géné-
26 septembre 1985 [51]. La norme de rejet dans l’eau pour le nickel ral et on constate que l’on est évidemment très loin des concen-
y est de 5,0 mg/L. trations observées dans le passé dans certains ateliers de production.
Par ailleurs, les règles de mise en décharge des déchets ont été
précisées dans les arrêtés du 18 décembre 1992 [52]. Elles se rap-
portent aux résultats obtenus lors d’un test normalisé de lixiviation
au laboratoire et le nickel y est cité comme élément à contrôler :

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P
O
U
Métallurgie du nickel R

par la Société ERAMET E


N
Données économiques
Production de nickel chlorure de nickel (nickel contenu) à Sandouville-Le Havre, et 39 500 t de nickel
Production minière
contenu dans le ferronickel en Nouvelle-Calédonie). (0) S
Le tableau A donne la répartition mondiale en 1994. (0)
Tableau B – Production métallurgique mondiale
de nickel sous forme de produits finis, en 1994
A
Tableau A – Production minière mondiale
de nickel en 1994 (en tonnes de nickel contenu)
AFRIQUE
(en tonnes de nickel contenu)
V
AFRIQUE
Afrique du Sud............................................................................. 30 100
Afrique du Sud.............................................................................
Zimbabwe ....................................................................................
27 000
19 600
O
Botswana......................................................................................
Zimbabwe ....................................................................................
Total Afrique ................................................................................
20 600
13 800
64 500
Total Afrique ................................................................................

AMÉRIQUE
46 600
I
AMÉRIQUE Brésil.............................................................................................
Canada..........................................................................................
16 500
102 600
R
Brésil............................................................................................. 24 600 Colombie ...................................................................................... 20 800
Canada ......................................................................................... 150 100 Cuba.............................................................................................. 14 100
Colombie ...................................................................................... 26 100 République Dominicaine............................................................. 30 800
Cuba .............................................................................................
République Dominicaine.............................................................
USA ..............................................................................................
26 900
30 900
0
États-Unis .....................................................................................
Total Amérique............................................................................
0
184 800 P
Total Amérique............................................................................

ASIE (sans la Sibérie)


258 600 ASIE ET OCÉANIE
Australie ....................................................................................... 58 900
L
Chine ............................................................................................
Indonésie......................................................................................
36 900
81 200
Chine.............................................................................................
Corée du Sud ...............................................................................
Indonésie......................................................................................
31 200
8 700
5 700
U
Philippines....................................................................................
Total Asie .....................................................................................
9 800
127 900
Japon............................................................................................
Nouvelle-Calédonie .....................................................................
Taïwan ..........................................................................................
110 300
39 500
2 500
S
EUROPE
Total Asie et Océanie .................................................................. 256 800
Finlande........................................................................................ 7 200
Grèce ............................................................................................ 18 900
EUROPE
Norvège........................................................................................ 3 300 France ........................................................................................... 10 000
Russie (avec Sibérie) ................................................................... 212 000 Grèce ............................................................................................ 16 200
ex-Yougoslavie ............................................................................ 4 600 Royaume-Uni ............................................................................... 28 400
Total Europe ................................................................................ 246 600 Autriche ........................................................................................ 2 100
Finlande........................................................................................ 20 100
OCÉANIE
Norvège........................................................................................ 68 000
10 - 1996

Australie ....................................................................................... 79 600 ex-Yougoslavie ............................................................................ 4 100


Nouvelle-Calédonie ..................................................................... 96 000 CEI................................................................................................. 188 000
Total Océanie............................................................................... 175 000 Total Europe ................................................................................ 336 900

TOTAL GÉNÉRAL 872 000 TOTAL GÉNÉRAL ......................................................................... 825 100

Source : Eramet – Annuaire statistique – édition 1995. Source : Eramet – Annuaire Statistique – Édition 1995.
Doc. M 2 250

Production métallurgique Consommation de nickel


Le tableau B indique la répartition de cette production, sous forme de pro- Principales utilisations
duits finis, pour l’année 1994. Le total mondial est d’environ 825 000 t en nickel La figure A donne une répartition par nature et par secteur d’activité.
contenu. La production française a été de 49 500 t (10 000 t de nickel métal et
Répartition par pays
Le tableau C précise la consommation de nickel des principaux pays en
1994. Au total, elle s’est élevée à 858 000 t dans le monde. (0)
Parmi les pays de l’OCDE, le Japon est le plus important consommateur de
nickel, suivi des États-Unis, de l’Allemagne puis de la France et de l’Italie.
La Russie était, dans le passé, le premier pays consommateur de nickel
mais la consommation a considérablement baissé depuis le début des années
90 du fait de la réduction des besoins dans les industries d’armement.

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P MÉTALLURGIE DU NICKEL _______________________________________________________________________________________________________________
O
U
Tableau C – Consommation de nickel en 1994
R (en tonnes de nickel contenu)
AFRIQUE
Afrique du Sud ................................................... 11 300
Autres pays......................................................... 600
E Total Afrique ...................................................... 11 900

N AMÉRIQUE
Brésil ................................................................... 14 200
Canada ................................................................ 14 500
USA ..................................................................... 130 300
Autres pays......................................................... 5 200

S Total Amérique ..................................................

ASIE ET OCÉANIE
164 200

A Australie..............................................................
Chine ...................................................................
1 400
42 000

V Corée du Sud......................................................
Inde .....................................................................
Japon ..................................................................
40 600
17 900
176 700

O Taïwan ................................................................
Autres pays.........................................................
25 300
8 400
Total Asie et Océanie ........................................
I EUROPE
312 300

R Allemagne ..........................................................
Belgique..............................................................
88 700
21 900
CEI ....................................................................... 41 000
Espagne .............................................................. 25 800
Finlande .............................................................. 29 400

P France .................................................................
Italie.....................................................................
Royaume-Uni .....................................................
44 100
45 000
36 600

L Suède ..................................................................
Autres pays.........................................................
Total Europe .......................................................
27 100
10 200
Figure A – Principales utilisations du nickel

369 800
U TOTAL .................................................................... 858 200 Tableau D – Répartition (1) de la consommation
mondiale de nickel par produits (%)
Source : Eramet – Annulaire Statistique – Édition 1995.
S (Statistiques sans la CEI, la Chine et les PECO)
(en %)
En Chine, la consommation est en croissance rapide depuis le début de la
décennie actuelle. Nickel métal (électrolytique, briquettes, billes) ................... 52
Ferronickel .............................................................................. 27
Répartition par produits Oxyde métallurgique et produits dérivés............................. 16
Les estimations dont on dispose pour 1994 ne concernent que les pays à Produits spéciaux (poudres, sels, produits pour
économie de marché. On notera la prépondérance de la consommation de la galvanoplastie) ................................................................... 5
nickel métal, avec au second rang, les ferronickels (tableau D). (0)
TOTAL .................................................................................... 100
Évolution du marché
(1) Estimation.
La croissance moyenne à long terme de la consommation de nickel dans le
monde, hors CEI, Chine et PECO (Pays d’Europe centrale et orientale), est
supérieure à 2 % par an. La croissance dans le principal secteur consom- conf. Washington DC 28-29 avr. 1992 doc. NiDi, 13 p.]. Le graphique de la
mateur – celui des aciers inoxydables au nickel – est en moyenne sur le long figure B indique l’évolution de la consommation de nickel depuis 1960. (0)
terme de plus de 4 % ; dans les autres secteurs, le marché est stable ou en
croissance faible. [J.P. SCHADE. – The importance of nickel in modern techno-
logy. Profile on the international nickel industry. Nickel, users environmental

Tableau E – Prix du nickel (dollars US par livre de nickel)


1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995

London Metal Exchange :


– cotation au fixage (Settlement ) .......................................................... 2,21 6,27 6,05 4,03 3,70 3,18 2,40 2,88 3,73
– cotation à terme de 3 mois .................................................................. 2,19 5,58 5,81 3,94 3,71 3,21 2,43 2,92 3,79
Prix moyen de vente réalisé par INCO Ltd (1)....................................... 2,18 4,81 5,61 4,10 3,84 3,38 2,72 3,00 3,86
(1) D’après les rapports annuels de la société INCO.

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_______________________________________________________________________________________________________________ MÉTALLURGIE DU NICKEL
P
O
U
R

E
N

S
A
V
O
Figure C – Prix du nickel au London Metal Exchange
I
Seules certaines qualités de nickel métal, approuvées par le LME, peuvent
faire l’objet de transactions (cathodes, billes ou briquettes avec un minimum
de 99,8 % de nickel et conformes à la norme ASTM B 39-79).
R
Figure B – Consommation apparente de nickel dans le monde
occidental Les ferronickels et les oxydes métallurgiques, les produits spéciaux (poudres,
sels,...) ne sont pas cotés au LME.

On observe que la consommation annuelle connaît de fortes fluctuations.


Prix du nickel
Les cours de la Bourse des métaux connaissent des fluctuations parfois bru-
tales et de grandes amplitudes en quelques semaines, du fait des phénomènes
de spéculation et d’amplification propres aux bourses de marchandises.
P
Le prix du nickel est généralement exprimé en dollars US par livre
(453 grammes) de nickel contenu dans les produits commercialisés. Les prix
Le graphique de la figure C montre l’évolution de la moyenne annuelle des
cours du LME au fixage (settlement ). L
des transactions des producteurs ne sont pas publiés. Certains producteurs
indiquent leurs prix moyens réalisés, par trimestre ou annuellement, pour
l’ensemble des produits qu’ils commercialisent. Ces prix moyens s’entendent
Par ailleurs, certaines revues spécialisées publient un prix indicatif du
nickel, exprimé en dollars US par livre de nickel contenu, après consultation
de négociants internationaux et de grands consommateurs. C’est par exemple
U
« produit rendu usine des clients » ou « CAF », selon les destinations.
Depuis juillet 1979, le nickel fait l’objet de cotations journalières à la Bourse
des métaux de Londres (LME : London Metal Exchange ). Les cotations sont
le cas des revues Metal Bulletin (Royaume-Uni) et Platt’s Metals Week (USA).
En France, la revue l’Usine nouvelle publie également les prix internationaux
du nickel.
S
publiées en dollars US par tonne, pour vente au comptant, et pour vente à Le tableau E indique le prix moyen réalisé par le principal producteur INCO
terme jusqu’à 27 mois ; le fixage du jour (settlement ) qui est très voisin de la Ltd depuis 1987, ainsi que la moyenne des cours au fixage et à terme de 3 mois
cotation au comptant, est également publié. Ces cotations s’entendent au London Metal Exchange : ils sont exprimés en dollars US par livre.
« départ entrepôts agréés par le LME » (par exemple Rotterdam, Londres,...).

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Normalisation
Nickel métal
Allemagne : la norme DIN 1701 de 1980 comporte 6 catégories : 99,0 %
Tableau F – Norme ASTM B 39-79 (1)
Ni + Co minimum, 99,5 % Ni + Co min., 99,90 % Ni + Co min., 99,92 % Ni + Co
min., 99,95 % Ni + Co min., 99,96 % Ni + Co min., avec différentes teneurs en Teneur massique Teneur massique Teneur massique
minimale maximale inférieure à
impuretés. (%) (%) (%)
Royaume-Uni : la norme BS 375 de 1993 comporte 4 catégories :
99,5 % Ni min. (le cobalt pouvant être compté comme du nickel pour cette caté- Ni ........................ 99,80 C ..........................0,03 As ....................... 0,005
gorie), 99,80 % Ni min., 99,90 % Ni min., 99,95 % Ni min. avec différentes Co ........................0,15 Bi ........................ 0,005
teneurs en impuretés. Cu ........................0,02 Mn ...................... 0,005
USA : la norme ASTM B 39-79 (tableau F) ne comporte qu’une catégorie : Fe ........................0,02 P ......................... 0,005
99,80 % Ni minimum. C’est la norme retenue par le London Metal Exchange.
(0) S ..........................0,01 Pb ....................... 0,005
Sb ....................... 0,005
ISO : la norme ISO 6283 de 1995 (tableau G) comporte 3 catégories. Si ........................ 0,005
France : la norme NF A 54-100 de septembre 1995 comporte 3 catégories : Sn ....................... 0,005
99,80 % min ; 99,90 % min et 99,97 % min avec différentes teneurs en impuretés. Zn ....................... 0,005
(0) (1) Norme retenue par le London Metal Exchange.

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_______________________________________________________________________________________________________________ MÉTALLURGIE DU NICKEL
P
O
U
Tableau G – Norme ISO 6283 – 1995 (F) Tableau H – Analyse garantie du nickel électrolytique
Composition chimique du nickel raffiné, % (m/m)
Désignation
de haute pureté (nickel HP) d’Eramet R
Teneur massique
Élément minimale Teneur massique maximale
Nr 9980 Nr 9990 Nr 9995
(%) (%)
Ni min. 99,80 99,90 99,95
Ag
Al
max.
max.


0,001
0,001
0,000 1
0,000 5
Ni ......................99,97 C....................... 0,005 0
Co .................... 0,000 3
P ....................... 0,000 2
Pb..................... 0,000 1
E
As max. 0,004 0,004 0,000 1
Bi
C
max.
max.
0,004
0,03
0,000 2
0,015
0,000 05
0,015
Cu .................... 0,001 0
Fe ..................... 0,003 0
S....................... 0,000 5
Zn..................... 0,000 5
N
Cd max. – 0,001 0,000 1
Cette analyse garantie est conforme aux normes ASTM B 39-79,
Co max. 0,15 0,05 0,000 5 DIN 1 701, ISO 6 283 – 1995 et NF A 54-100.
Cu max. 0,02 0,01 0,001
Fe
Mn
P
max.
max.
max.
0,02
0,004
0,004
0,015
0,004
0,002
0,015
0,000 5
0,000 2
À titre indicatif, le tableau H fournit la composition chimique garantie du
nickel électrolytique de haute pureté (qualité HP), produite par Eramet. Pour
S
Pb
S
Sb
max.
max.
max.
0,004
0,01
0,004
0,001
0,002
0,000 5
0,000 1
0,001
0,000 1
les usages destinés à la fabrication des superalliages pour l’aéronautique et le
nucléaire, les teneurs en impuretés sont inférieures. A
Ferronickels
Se
Si
Sn
max.
max.
max.

0,004
0,004
0,001
0,002
0,000 1
0,000 1
0,001
0,000 1
Il existe trois grandes catégories de ferronickel :
— ferronickel dont la teneur en nickel est comprise entre 18 et 32 % : le
V
Te
Tl
max.
max.


0,000 1
0,000 1
0,000 05
0,000 05
Nickel-SLN (Nouvelle-Calédonie), Aneka-Tambang (Indonésie), Larco (Grèce),
Pacific Metal (Japon), Sumitomo Metal Mining (Japon), Nippon Yakin (Japon),
producteurs brésiliens,...
O
Zn max. 0,004 0,001 5 0,000 5

(0)
— ferronickel dont la teneur en nickel est comprise entre 35 et 45 % : Cerro-
Matoso (Colombie), Falcondo (République Dominicaine) ;
— ferronickel dont la teneur en nickel est voisine de 50 % : Glenbrook
I
Nickel (USA). (0)
R
Tableau I – Norme pour les ferronickels
(Norme ISO 6 501 – 1988 (F) composition chimique) (1)
Composition chimique (% en masse) P
Ni C Si P S Co Cu Cr
Désignation
De
(inclus)
Jusqu’à
(exclus) Plus de
Jusqu’à
(inclus) max. max. max. max. max. L
Fe Ni 20 LC
Fe Ni 30 LC
15
25
25
35 U
Fe Ni 40 LC 35 45 – 0,030 0,20 0,030 0,030 (2) 0,20 0,10
Fe Ni 50 LC
Fe Ni 70 LC
45
60
60
80
S
Fe Ni 20 LC LP 15 25
Fe Ni 30 LC LP 25 35
Fe Ni 40 LC LP 35 45 – 0,030 0,20 0,020 0,030 (2) 0,20 0,10
Fe Ni 50 LC LP 45 60
Fe Ni 70 LC LP 60 80
Fe Ni 20 MC 15 25
Fe Ni 30 MC 25 35
Fe Ni 40 MC 35 45 0,030 1,0 1,0 0,030 0,10 (2) 0,20 0,50
Fe Ni 50 MC 45 60
Fe Ni 70 MC 60 80
Fe Ni 20 MC LP 15 25
Fe Ni 30 MC LP 25 35
Fe Ni 40 MC LP 35 45 0,030 1,0 1,0 0,020 0,10 (2) 0,20 0,50
Fe Ni 50 MC LP 45 60
Fe Ni 70 MC LP 60 80
Fe Ni 20 HC 15 25
Fe Ni 30 HC 25 35
Fe Ni 40 HC 35 45 1,0 2,5 4,0 0,030 0,40 (2) 0,20 2,0
Fe Ni 50 HC 45 60
Fe Ni 70 HC 60 80
(1) Ce tableau indique les principaux éléments et les impuretés usuelles. Des spécifications plus étroites ou plus complètes peuvent être décidées d’un commun
accord entre acheteur et fournisseur.
Co 1 1
(2) ------- = ------ à ------ , à titre indicatif seulement.
Ni 20 40

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P MÉTALLURGIE DU NICKEL _______________________________________________________________________________________________________________
O
U La norme ISO 6 501 de 1988 (F) : « ferronickel – spécifications et conditions
Tableau J – Spécifications des ferronickels
R de livraison » indique les compositions chimiques de différents ferronickels
(tableau I).
Les ferronickels sont commercialisés sous forme de lingots (norme ISO :
de la société Eramet (% en masse)

masse maximale 100 kg, épaisseur comprise entre 30 et 150 mm, longueur % SLN 25 FNC
maximale 1 100 mm), de morceaux (petits lingots – norme ISO : la plus grande Élément (grenailles) (lingots)
dimension doit être comprise entre 25 et 100 mm) et de grenailles obtenues
E par grenaillage du métal liquide (norme ISO : grains de dimensions comprises
entre 2 et 50 mm). Ni
G T
26 à 32
G T
26 à 32

N À titre indicatif, le tableau J précise la composition chimique des princi-


pales qualités de ferronickel produites par la société Eramet.
Environnement
C
Si
1,10 à 1,70
1,10 à 1,90
1,00 à 1,80
0,50 à 2,00
S 0,080 max. 0,060 0,100 max. 0,060
L’arrêté du 01.03.93 précise les normes de rejets (tableau K). (0)
P 0,020 max. 0,012 0,020 max. 0,012

S Cr
Co (1)
0,75
1/40 Ni
0,75
1/40 Ni

A G analyse garantie T analyse indicative


(1) 1/40 e de la valeur en nickel.

V
O Tableau K – Normes d’émissions atmosphériques (1)
(arrêté du 01.03.1993)

I Ni SO 2 Poussières totales

100 mg/Nm3 (2)

R Cas général
5 mg/Nm3 (2)
si débit > 25 g/h
300 mg/Nm3 (2)
si débit > 25 g/h
si débit < 1 kg/h
50 mg/Nm3 (2)
si débit > 1 kg/h
5 mg/Nm3 (2) 300 mg/Nm3 (2)

P Sidérurgie secondaire
si débit > 25 g/h si débit > 25 g/h
20 mg/Nm3

(1) 1 normomètre cube de gaz Nm3 correspond à 1 m3 de gaz mesuré dans les conditions normales de pression (1,013 × 105 Pa) et de température (0 oC).
L (2) Cette valeur est comptée pour l’ensemble des 10 métaux : Sb + Cr + Co + Cu + Sn + Mn + Ni + Pb + V + Zn

U
S

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P
O
Producteurs
U
Principaux producteurs de nickel métal Nouvelle-Calédonie Le Nickel-SLN (Eramet)
R
■ Nickel électrolytique : (0) Serbie (Kosovo) Ferro-Nickel Pristina
USA Glenbrook Nickel (minerais importés)
Afrique du Sud Rustenburg Platinum Mines
Brésil
Canada
Niquel Tocantins
INCO Principaux producteurs d’oxydes métallurgiques
E
Chine
Finlande
France
Jinchuan Non Ferrous Metals CO
Outokumpu
Eramet
■ Traitement hydrométallurgique de minerais oxydés : (0) N
Japon Sumitomo Metal Mining Australie QNI (Usine de Yabulu) : traitement de latérites
Norvège Falconbridge importées de Nouvelle-Calédonie et d’Indonésie
Russie Norilsk Nickel

Zimbabwe
Bindura Nickel

 Empress Nickel Refinery
Cuba Cubaniquel (usine de Nicaro et de Punta Gorda)
S
■ Grillage de mattes ou autres procédés : (0) A
■ Poudres et briquettes de nickel : (0) Canada
Japon
INCO (Usine de Copper Cliff, Ontario)
Tokyo Nickel (filiale d’INCO à 51 %) V
Taïwan Taïwan Nickel (filiale d’INCO à 49,9 %)
Afrique du Sud
Australie
Canada
Impala Platinum
Western Mining
Sherritt International
Corée du Sud Korean Nickel (filiale d’INCO à 25 %)
O
Principaux producteurs de mattes (0)
I
■ Billes de nickel (pellets ) : (0)
Australie Western Mining
(usine de
Vente de matte à Sumitomo Metal Mining
(Japon) qui produit du nickel électrolytique
R
Kalgoorlie dans sa raffinerie de Niihama
Canada 
 INCO Botswana BCL Vente de matte à Bindura Nickel et Empress
Grande-Bretagne 
(usine de Nickel (Zimbabwe), ainsi qu’à Falconbridge
Selebi-Phikwe) (usine norvégienne de Kristiansand) : ces
trois raffineries produisent du nickel électro-
lytique
P
Principaux producteurs de ferronickels (0) Indonésie PT INCO
Indonésie
(filiale d’INCO)
Vente de matte à Sumitomo Metal Mining
(Japon) et Tokyo Nickel (filiale INCO)
(Japon)
L
Brésil
 Codemin

 Morro do Niquel
(usine de
Soroako)
Sumitomo Metal Mining produit du nickel
électrolytique
Tokyo Nickel produit des oxydes métallur-
U
Colombie
République Dominicaine
Cerro Matoso
Falcondo
giques de nickel
S
Grèce Larco
Indonésie Aneka Tambang

 Nippon Yakin 
  (à partir de
Japon  Pacific Metals  minerais
  importés)
 Sumitomo Metal Mining 

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