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côté télé C ’ E S T PA S S O R C I E R

É D U C AT I O N A U X M É D I A S C O L L È G E - LY C É E

C’est pas sorcier 13


Les coulisses d’un journal télévisé
Vive la presse !
Voyage dans le cyberespace
Au sommaire de cette cassette, trois émissions regroupées autour du
thème des médias et de la communication et animées par Fred et Jamy.
La première, Les coulisses d’un journal télévisé, nous montre la
préparation et la réalisation du 19-20 de France 3. Un JT, c’est l’intervention
convergente d’un nombre considérable d’acteurs, de journalistes et de
techniciens. La matière brute est filmée sur le terrain ou achetée à des
agences spécialisées. L’information est ensuite mise en forme et traitée.
La sophistication des techniques, liées au montage et à l’infographie,
souligne la nécessité d’une déontologie claire. Quant au direct, il s’avère
un exercice périlleux : le JT reste une performance quotidienne.
Dans la seconde émission, Vive la presse!, Fred et Jamy, aidés de Plantu,
dessinateur de la une du Monde, nous montrent les principales étapes,
journalistiques et techniques, de la réalisation d’un quotidien, avec
un passage dans les locaux de l’AFP. Ils nous entraînent ensuite
à l’imprimerie dont nous découvrons les circuits en situation et
sur maquette. Un regard sur le prix de revient et le financement
d’un journal : finalement, quel est le degré de liberté de la presse ?
Internet, mode d’emploi, tel est le thème de la troisième émission,
Voyage dans le cyberespace. Dans ce domaine encore mystérieux,
le jargon technique règne toujours en maître. C’est donc une séance de
décryptage que nous proposent Fred et Jamy. Ils nous initient à l’univers
des fournisseurs d’accès, des pages hypertextes, du courrier électronique,
de la création de pages en ligne, des cybercafés ou des communautés
virtuelles, des hackers ou pirates de la toile, traqués par la police.

Conception : Frédéric Courant, Jamy Gourmaud, Bruno Bucher,


Elsa Margout, Jean-Marc Sigot
Réalisation : Franck Chaudemanche, Mouche Emmanuel Journel
Production : coproduction RIFF International Production / France 3
Durée totale : 1 h 19 min
DISCIPLINES
– Éducation aux médias.
– Technologie.
– Éducation civique. Éducation civique, juridique et sociale.
– Physique.
– Français.
CLASSES ET PROGRAMMES
– Collège, Français, 4e, 3e. Types de discours ; éducation à l’image.
– Collège, Éducation civique, 4e, 3e. Approche des médias.
– Collège, Physique, 4e, 3e (cycle central). La lumière, le courant électrique.
– Lycée, ECJS. Approche des médias d’information.
La réalisation d’un journal quotidien sur papier ou télévisé sur ordinateur
ou cassette vidéo, la création d’un site web et, pourquoi pas, d’un journal
en ligne peuvent être envisagées en collège (travaux croisés) ou en lycée
(TPE). Le travail associe plusieurs disciplines : lettres (types de discours),
éducation à l’image, technologie, éducation civique ou ECJS, physique,
informatique (lycée).
L’activité est à envisager avec la participation du CLEMI.
OBJECTIFS DE LA SÉRIE
– Expliquer le monde qui nous entoure, mais aussi les technologies
au service de notre vie quotidienne. C’est ainsi qu’à bord de leur
gigantesque camion-laboratoire, Frédéric Courant et Jamy Gourmaud,
les deux dynamiques animateurs de l’émission, nous emmènent
vers des sites insolites et parfois spectaculaires.
– Faire découvrir des lieux auxquels l’on a pas toujours accès et nous
guider ainsi au cœur du sujet. C’est Fred, curieux et aventurier, qui mène
les observations « grandeur nature ».
– Mettre en évidence des observations, grâce à des expériences simples,
réalisées dans le camion-laboratoire. C’est le rôle de Jamy, érudit
et pédagogue.
– Illustrer de façon claire et ludique des théories scientifiques et divers
phénomènes de la nature, grâce à des expériences et des maquettes
animées, colorées et astucieuses.
– Comprendre « comment ça marche » à chacune des étapes de ce
voyage au cœur de la science et de la découverte. La porte s’ouvre et le
téléspectateur passe du laboratoire à la réalité, de la théorie à la pratique.
– Rencontrer des hommes de terrain : spécialistes, chercheurs, aventuriers,
ingénieurs, sportifs. Leurs interventions viennent compléter les reportages
et les images insolites et inédites, que nous fait découvrir le sympathique
duo des jeunes animateurs.
– Amener le public à constater que l’on peut aussi apprendre en passant vingt-
six minutes divertissantes, et que la science, finalement, « c’est pas sorcier » !
OBJECTIFS DES ÉMISSIONS
– Aborder les médias sous trois formes : le journal télévisé, la presse
quotidienne et la cyberpresse, d’un point de vue journalistique et
surtout technique.

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– Montrer en situation les principaux acteurs, en expliquant le fonction-
nement des différents matériels utilisés et les notions scientifiques
qui permettent de comprendre ce fonctionnement.
VOCABULAIRE À EXPLIQUER
– Journalistique (TV et presse écrite)
Conducteur, prompteur, duplex, plateau, présentateur, direct.
Imprimerie : maquette, bon à tirer, imposition, quadrichromie.
Conférence de rédaction, présentation, direct, montage, agence de
presse, déontologie, conducteur, plateau, régie, sommaire,conférence
de rédaction, traitement de l’information, correspondant, graphiste,
dépêche.
– Technique et scientifique
Pixel, définition, tête d’enregistrement, champ magnétique, networks,
satellite à orbite géostationnaire, oreillette, incrustations, ondes
hertziennes.
– Image
Cadre, raccord, doublage son, piste image et son, commentaire, mixage,
habillage, montage cut, insert, plan de coupe, régie, trucage.
– Internet
Réseau, protocole, site, courrier électronique, fournisseur d’accès, serveur,
modem, bande passante, logiciel, lien hypertexte, routeur, forum,
cryptage, webcam, chat, web.

DÉCOUPAGE ET STRUCTURE
Les coulisses d’un journal télévisé
00 min 00 s Générique et début de l’émission.
01 min 07 s Le 19-20 de France 3.
Reportage sur le terrain. La conférence de rédaction du
matin. Les choix rédactionnels et les contraintes de
l’actualité.
02 min 19 s Technique : la caméra et l’enregistrement vidéo.
Une caméra professionnelle, la bétacam et les principes
de son fonctionnement : lumière, cellules photoélec-
triques, pixels. La définition de l’image.
L’enregistrement sur cassette vidéo : la tête d’enregis-
trement, le champ et la bande magnétique.
Le son : onde sonore et transformation en signal électrique.
05 min 30 s Histoire du JT et progrès des technologies.
Le passage de la pellicule à la bande magnétique et ses
conséquences : allègement des équipes de reportage.
La constitution d’une équipe : reporter, son, éclairage
(images en situation).
06 min 01 s Le montage : aspects techniques et déontologie.
Le choix des images, l’écriture du commentaire. Le lecteur

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et l’enregistreur. La sélection des plans et leur mise en
ordre. Le montage son et le montage des images :
la dissociation des pistes.
L’analyse d’un reportage à partir de l’émission. L’arrêt
sur image.
09 min 36 s Les sources de l’information.
Les EVN, ou bourses d’échanges des images d’actualité,
et les agences de presse : leurs dépêches fournissent
des informations complètes, recueillies par des
correspondants locaux, et servent à la rédaction des
commentaires.
11 min 11 s Le sens et la nature des images.
L’utilisation des images d’archives dans les reportages
d’actualité peut dénaturer le sens des images (exemple :
un char d’assaut qui sert à tout faire). Commentaires
d’Henri Sannier, directeur de l’information de France 3 sur
«la télé-remplissage».
Images d’information et propagande : exemple de la
Bosnie et de la guerre du Golfe. La manipulation et la
contextualisation de l’information.
12 min 31 s La couverture de l’actualité nationale et régionale.
La structure de France 3. Les correspondants locaux et les
stations régionales.
Comment circule l’image d’information : images en situation.
13 min 14 s La palette graphique : incrustation et déontologie.
Le principe de l’incrustation des images. Démonstration :
le présentateur et la carte météo. Le travail de la
présentatrice.
La fabrication des cartes et l’incrustation d’images
d’animation.
Le travail du graphiste. Un exemple : les raids sur l’Irak.
Illustration à partir d’Arrêt sur images : la modification
d’images d’actualité dans un reportage. Les choix
rédactionnels de France 3 : ne pas travestir la réalité
(Henri Sannier).
Les possibilités d’une palette graphique : comment
incruster un animateur de C’est pas sorcier sur les
images de remise des médailles olympiques.
18 min 36 s Derniers préparatifs avant la diffusion du JT national.
Le mixage des reportages. Le responsable d’édition vérifie
l’état de préparation, modifie éventuellement le conducteur.
En « cabine » : la présentatrice lit son commentaire en
direct sur les images.
La régie et le dispositif du plateau : les caméras, les
écrans de contrôle et leur rôle, les dépêches de l’AFP,
l’horloge, le prompteur (défilement du texte du présen-
tateur sur écran).

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20 min 39 s Le rôle du présentateur.
Un vrai journaliste qui intervient dans le traitement de
l’information et qui sait faire face aux situations
d’urgence et « meubler », en cas de problème.
21 min 48 s La diffusion en direct d’images de terrain.
Le fonctionnement d’une régie mobile et explication sur
maquette : la circulation des ondes hertziennes ; charger
une image sur des ondes ; modulation/démodulation.
L’antenne télescopique et le trajet de l’image.
En direct du Tour de France : moto, hélicoptère, car-régie
(le rôle du réalisateur).
Les satellites sur maquette : orbite géostationnaire et
circulation des ondes. Le développement des networks.
25 min 39 s Le clin d’œil de Fred et Jamy, et générique.

Vive la presse !
26 min 54 s Générique et début de l’émission.
27 min 05 s La presse quotidienne.
Son déclin en France. Un personnage à suivre : Plantu,
dessinateur au Monde.
29 min 15 s Un peu d’histoire.
De la Résistance à nos jours. L’état de la presse quotidienne
en France.
Au journal Libération : visite et présentation des services.
31 min 07 s Les étapes de la réalisation d’un quotidien.
Sur maquette, puis en situation : la conférence de
rédaction, les reportages, la mise en pages.
Le bouclage et la correction. L’impression et la distribution.
Entretien avec Laurent Joffrin et Christian de Villeneuve,
directeurs de rédaction. Le choix de la une et ses priorités.
Commentaires de Plantu.
34 min 22 s La couverture de l’actualité et la circulation de l’information.
Les envoyés spéciaux, les pigistes.
Les agences de presse et leur fonctionnement, expliqué
sur maquette (exemple avec l’AFP). Les directions
régionales, la traduction, la diffusion par satellite.
Dans les locaux de l’AFP : le desk, carrefour de l’information.
Le traitement de l’information et la vérification des
sources. Le matériel des agences sert de matière
première aux journaux.
39 min 57 s La photo de presse numérique.
Prises de vue et retouche des images. Leur circuit ;
les banques d’images.
41 min 28 s Le bouclage et l’impression.
Du côté des journalistes, les techniques au travail : la mise

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en pages et le titrage de Libération sur ordinateur.
Le choix de la une.
L’imprimerie de Libération : films, passage en offset
et rotatives. Explication sur maquette de l’encrage et de
la quadrichromie.
48 min 08 s La distribution.
La spécificité du syndicat CGT du livre : le monopole
de l’embauche. Les NMPP (Nouvelles messageries de
la presse parisienne).
49 min 46 s Le coût d’un journal : financement et ligne éditoriale.
Un prix de vente inférieur au prix de revient.
Les recettes publicitaires et les groupes de presse.
Ce qu’en pensent les rédacteurs en chef : leur marge de
manœuvre. La liberté de la presse.

Voyage dans le cyberespace


53 min 05 s Générique et début de l’émission.
54 min 03 s Description et présentation du réseau.
Rendez-vous dans un cybercafé. Le web : explication sur
maquette. Les sites ; les courriers électroniques,
les messages envoyés à travers le monde.
56 min 58 s Historique.
De la protection militaire des données à la généralisation
d’Internet. L’invention du protocole TCP-IP.
57 min 55 s Les fournisseurs d’accès : rôle et fonctionnement.
Connexion, mode d’emploi. Le réseau téléphonique.
La circulation de l’information et le coût des connexions.
Dans la salle des machines : les modems (modulateurs/
démodulateurs).
Les bits ou le poids des mots, des images et des sons.
La bande passante. La vitesse de chargement et le
débit d’accès. Le hotline (dépannage en ligne, assistance
technique par téléphone).
1 h 05 min 25 s La circulation de l’information.
Les logiciels de navigation. Les sites et les adresses
électroniques. Le routage et la compression des données.
Le haut débit : l’utilisation de fibres optiques.
Le fonctionnement des autoroutes de l’information.
1h 09 min 04 s La recherche de l’information.
L’utilisation des annuaires électroniques.
Présentation en situation des liens hypertextes et
de l’interactivité. Explication par une maquette.
1 h 11 min 03 s Création de pages et courrier électronique.
Présentation d’un journal en ligne. La création de pages
et les logiciels de création. Comment l’école entre dans
l’ère Internet.
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1 h 09 min 29 s Dialogue sur Internet.
Dialogue en ligne avec les États-Unis.
La découverte du courrier électronique, des forums
et des chats (en anglais dans le commentaire). Rencontre
par webcam et portable interposés. Dans un cybercafé,
la découverte des communautés virtuelles.
1 h 15 min 45 s La sécurité sur le web.
Le paiement électronique est une aubaine pour les
pirates, malgré les progrès du cryptage.
La police du web entre en action.

PRÉSENTATION NOTIONNELLE
POUR UNE EXPLOITATION PÉDAGOGIQUE
La conférence de rédaction : journal télévisé ou quotidien
Elle réunit, tous les jours, matin ou soir, les journalistes autour
du rédacteur en chef du journal. Le parcours des différents éléments
de l’actualité, fournis par la presse écrite, les agences, le web, aboutit
à la construction d’un conducteur, sous forme de tableau informatisé
pour le JT ou de chemin de fer pour la presse écrite.
Pour la télévision, on y trouve l’ordre, le titre, la durée de traitement des
sujets. Le conducteur précise également qui parle, d’où l’intervenant
s’exprime, quelles images seront à l’antenne et d’où elles seront
envoyées.
Ce conducteur peut être modifié à tout moment, y compris en cours de
diffusion. Pour la presse écrite, la rédaction intervient à nouveau pour
travailler sur la une, juste avant le bouclage. On choisit l’illustration
(photo ou dessin et le gros titre).

Sources et circulation de l’information : agences de presse


et networks
La couverture planétaire de l’information fait appel à différents circuits.
Peu de télévisions ou de journaux ont actuellement les moyens de
couvrir l’ensemble des pays par une structure spécifique : correspon-
dants permanents ou envoyés spéciaux. L’information tend actuellement
à se concentrer dans les mains de quelques grandes agences ou de
networks, essentiellement anglo-américains. Il existe ainsi une bourse
d’échange d’images, sorte de pot commun entre les chaînes et les
networks, qui permet de s’approvisionner en images. Celles-ci sont
échangées, puis sont montées et commentées pour être diffusées.
Ce système tend à une standardisation des images (prises de vues en
bétacam, typologie des plans), qui doivent pouvoir être utilisables pour
être montées dans des délais souvent très courts.
Les grandes agences, Reuter, AFP, en France, proposent, en échange
d’abonnements, des informations en provenance de toute la planète,
qui arrivent par téléscripteur ou par Internet. Ces agences constituent
aujourd’hui la principale source d’informations des journaux.
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Leur fonctionnement est un modèle de rationalisation de la circulation et
du traitement de l’information. Leur rôle consiste, en effet, à s’assurer
d’une couverture géographique et linguistique de l’information, en
raccourcissant au maximum les délais de transmission. Un système de
relais, à partir de satellites, permet de transmettre l’ensemble des infor-
mations traduites dans des directions régionales au desk de l’agence.
Celui-ci, carrefour stratégique, sorte de rédaction ininterrompue, peut
livrer en l’espace de trois minutes une information relue et corrigée.
Avant d’expédier sa dépêche au client abonné (l’ensemble des médias),
l’agence se doit de vérifier ses sources qui, lorsqu’elles sont citées, sont
responsables du contenu. Un journaliste de l’AFP définit ainsi les maîtres
mots de l’agence : rapidité pour faire face à la concurrence ; rigueur dans
le compte rendu de l’actualité (donner du sens, contextualiser l’informa-
tion) et la pédagogie (chaque papier doit se suffire à lui-même pour être
compris). Dans un article, le premier paragraphe répond à la règle des cinq
« w » (who ? where ? why ? what ? whom ?). Les paragraphes suivants,
qui développent le premier, peuvent être coupés par le bas, en fonction
des besoins du client. Un article ne doit pas dépasser six cents mots.
Pour les médias, l’information des agences constitue, en effet, une matière
première déjà traitée, qu’il s’agit ensuite de transformer en produit fini :
article ou commentaire de reportage.
Avec le développement de la photo numérique, les agences peuvent
constituer des banques d’images considérables, images qui seront
ensuite transmises aux clients. Il est également possible de proposer
quasiment instantanément des images fixes d’événements, comme les
compétitions sportives. On assiste donc à une course de vitesse dans
le traitement de l’information qui, si elle est la preuve d’un développement
considérable des technologies, ne garantit en aucun cas la qualité
du contenu du produit fini.

La mise en pages ou le dispositif d’un journal télévisé


Contrairement aux échanges interpersonnels présentiels (conversation),
la communication médiatisée est « formatée ». Chaque chaîne met
en place sa stratégie de discours, qui va aboutir à des productions
différenciées. Les journaux de France 3, TF1 ou France 2 font alterner
présentation en studio et reportages.
À l’opposé, le journal de M6, tout en images, s’adresse davantage à un
public jeune. Le dispositif mis en place s’organise autour d’une double
stratégie : la brièveté (six minutes) et la véracité. Cette dernière notion
s’articule autour de l’idée, fausse par ailleurs, mais extrêmement répan-
due, que l’image d’information montre la réalité. En minimisant le
dispositif, en le réduisant à une simple juxtaposition de reportages, on
accroît l’effet de réel. L’absence apparente de médiatisation augmente
auprès d’un public jeune la crédibilité du discours.
Le dispositif de Canal +, structuré autour de Nulle part ailleurs, intègre
l’information dans le cadre élargi du talk show. La stratégie de Canal + est
claire : se distinguer de la télévision, créer un espace différent, renvoyer
l’ensemble de la représentation télévisuelle à une préhistoire de l’image.
C’est là où la notion de dispositif prend tout son sens, puisque,
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fondamentalement, les reportages informatifs de type JT ne se distinguent,
ni dans leur forme ni dans leur contenu, des reportages diffusés sur les
autres chaînes.

La déontologie
Les moyens modernes de traitement technique de l’image et du son
par ordinateur, le montage et le doublage des plans permettent de
surajouter dans l’image des éléments qui n’y figurent pas initialement,
de faire dialoguer d’un plan à l’autre des personnes qui ne se sont pas
rencontrées, de faire dire par le commentaire à des images une chose et
son contraire. Les exemples sont nombreux. L’émission Arrêt sur images
revient régulièrement sur les « accrocs » les plus révélateurs : falsifica-
tions conscientes ou modifications réalisées avec les meilleures intentions
du monde. L’émission Galilée, série « Maîtriser les discours », Dis-moi tout!
(Français : Informer. Information), montre un journaliste de France 2,
commentant le réenregistrement du commentaire de son reportage,
après l’annulation de la venue du pape à Sarajevo, à quelques minutes
de la diffusion. Face aux possibilités techniques, la presse s’est
imposée des codes de conduite. La sémiologie, l’analyse technique fine
des images sur ordinateur, l’éducation aux médias constituent autant
d’outils pour aborder l’information avec un regard critique.
Concernant la presse écrite, une des principales préoccupations, aussi
bien des agences comme l’AFP que des quotidiens, consiste à vérifier
les sources d’informations, à les recouper avant de les rédiger. Les images
numériques, fournies par les agences et regroupées dans des banques
d’images, se trouvent dans la même situation que les images diffusées
par les télévisions. Il est déjà arrivé que la même photo serve à illustrer
la une de deux journaux avec des légendes contradictoires (L’ Aurore et
L’Humanité pendant la guerre du Viêtnam).
Le problème se pose aussi de la marge de liberté qui existe pour les
rédactions des journaux face aux annonceurs (c’est le même problème
à la télévision) ou aux groupes de presse qui possèdent plusieurs titres.
Il faut aussi remarquer que la place de plus en plus grande, prise par les
agences de presse et les grands networks, tend à fournir à l’ensemble des
médias (presse écrite, radios, télévisions) une information
quantitativement très importante qui, si elle est vérifiée, n’en tend pas
moins à être uniformisée et banalisée. On arrive ainsi à énoncer que la
surabondance d’informations peut être également considérée comme
une forme de désinformation.
Dans le domaine du web, la question déontologique n’en est encore qu’à
ses balbutiements. L’idéologie libertaire et communautaire, qui
a présidé à son lancement, excluait toute idée de restriction de la liberté
de circulation d’une information, qui se devait d’être accessible à tous.
L’évolution d’Internet, le développement de sa dimension commerciale,
la diffusion d’idéologies pour le moins douteuses, la concentration
des fournisseurs d’accès et la constitution de groupes de médias
surpuissants conduisent, par réaction, à des tentatives de régulation
que la structure même de la toile, qui échappe aux frontières classiques
de la diffusion, rend actuellement difficile à mettre en place.
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Internet et la circulation de l’information sur le web
Née du désir de protéger des données contre une attaque nucléaire,
l’invention du protocole TCP-IP, permettant la mise en place d’un réseau
informatique à distance, a donné naissance à Internet. Progressivement,
une toile s’est constituée, reliant des ordinateurs de plus en plus
nombreux sur toute l’étendue de la planète.
Si l’accès à l’ensemble des données et à l’ensemble des ordinateurs
connectés fonde l’idéologie de la toile, la circulation de l’information est
régie par un système complexe, et butte régulièrement sur des limites,
liées à son développement foudroyant.
Pour comprendre le fonctionnement d’Internet, il faut connaître le sens
de quelques mots-clés. Il existe quatre types de protocoles sur Internet.
Tout d’abord, le courrier électronique. On peut identifier la source,
répondre, contrôler l’échange. Les newsgroupes et les chats permettent
de discuter en ligne. Le web proprement dit est l’application multimé-
dia d’Internet. Contrairement à une idée répandue, il n’y a pas de réelle
interactivité sur le web. On y trouve les informations que le webmaster
d’un site a décidé de mettre en ligne. C’est un outil de recherche
d’informations. Enfin, le protocole FTP permet de mettre en ligne des
documents ou de récupérer fichiers et logiciels.
Les fournisseurs d’accès constituent un relais entre les internautes qui
communiquent par leur intermédiaire. Ce sont des sortes de centraux
qui relient les abonnés par le biais de modulateurs/démodulateurs et de
serveurs. Ces fournisseurs d’accès fournissent aux internautes adresse
électronique et code d’accès. Certains sont gratuits, d’autres payants et
qui intégrent un certain nombre de communications dans le prix de
l’abonnement. Les navigateurs (logiciels) permettent d’accéder à la toile.
En tapant une adresse ou en passant par un annuaire ou un moteur
de recherche, on peut accéder à des sites ou échanger du courrier
électronique, des sons, des images, avec d’autres abonnés. Le système
des liens hypertextes permet, en cliquant sur une zone dite active, de
passer directement d’une page à une autre ou d’un site à l’autre, même
si les deux sites sont situés aux antipodes.
Sur la toile, le poids d’informations se calcule en bits. Selon qu’il s’agit
de texte, d’image fixe ou animée, de sons ou d’animations, le nombre de
bits est plus ou moins important et le poids total des informations
envoyées varie. Il peut être considérable dans le cas de l’envoi d’un film
en vidéo, ce dont l’abonné se rend compte lorsque son ordinateur
lui indique, parfois en heures, la durée de chargement du fichier ou
du logiciel qu’il télécharge. Ces informations transitent au départ par
les lignes téléphoniques et sont transformées par les modems. Le débit
de ces canaux détermine la vitesse de transmission de l’information.
Comme c’est le cas pour l’automobile, l’augmentation du débit nécessite
la construction d’« autoroutes de l’information ». Câbles en fibres
optiques, circulation par le biais des lignes électriques ouvrent la voie
à un trafic accéléré et densifié.
Et pour terminer, Internet, c’est branché. Si l’utilisation professionnelle du
courrier électronique tend à se banaliser, d’autres tendances se
développent : webcam pour échanger en images (encore que, bien souvent,
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la caméra fonctionne à sens unique et se rapproche de la télévision la plus
basique) ; communautés virtuelles (sortes de villages électroniques
où circulent et se rencontrent des avatars) ; commerce sur Internet.
Dans ce cas, le paiement doit être crypté, ce qui ne manque pas de susciter
l’intérêt des pirates de la toile, les hackers, dont l’activité défraie
régulièrement la chronique : virus, attaques contre des sites protégés.
Sur Internet, gendarmes et voleurs, ce n’est pas seulement un jeu en ligne.

DOCUMENTATION
À lire
– BARBIER Frédéric, Histoire des médias. De Diderot à Internet, Paris,
Armand Colin, coll. « U histoire »,1996.
– B EAUDOUIN Jean-Claude, Le journal vidéo au collège et au lycée,
CLEMI/CFPJ, coll. « Les guides du CFPJ », réf. 00K 00747, 1992.
– BESSE Brigitte, DESORMEAUX Didier, Construire le reportage télévisé,
CFPJ, coll. « Les guides du CFPJ », 1997.
– J UNQUA Daniel, La presse écrite et audiovisuelle, CFPJ, coll.
« Connaissance des médias », 1995.
– L’actualité et les médias à l’école primaire, au collège et au lycée,
MEN/CLEMI, réf. 758 Z1129, 1997.
– « Le français aujourd’hui », Étudier le JT, n°91, AFEF, p.32 à 39,
septembre 1990.
– L’information dans les médias : 75 séquences d’activités pour
comprendre comment se traite l’actualité, CNDP/CLEMI, coll.
« Autrement dit », réf. 002 60006, 84 F, 1991.
– Les mises en scène visuelles de l’information : étude comparée : France,
Espagne, États-Unis, Nathan/INA, coll. « Média-recherches », 1999.
– LOCHARD Guy, Apprendre avec l’information télévisée, Paris, Retz, 1989.
– MERCIER Arnaud, Le Journal TV : politique de l’information et information
politique, Paris, Presses de Sciences Po, 1995.
– Mieux connaître l’information audiovisuelle au collège et au lycée,
CLEMI/CFPJ, coll. « Les guides du CFPJ », 1994.
– S PIRLET Jean-Pierre, Association régions presse enseignement
jeunesse, Utiliser la presse au collège et au lycée, CFPJ, coll.
« Les guides du CFPJ », 1994.

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À consulter
– http://www.clemi.org
Centre de liaison et des moyens d’information, service associé
au CNDP ; chargé de concevoir et de développer des programmes
d’éducation aux médias, exemples d’activités, formation, contacts,
publications.
– http:/www.france3. fr/
Site en ligne de France 3. Les sites des chaînes télévisées, comme ceux
de la presse quotidienne ou de l’AFP, constituent des sources
d’information importantes pour travailler sur l’information nationale
ou régionale.
– http://www.Liberation.fr/
Site officiel du journal.
– http://www.Liberation.fr/cartes/
Permet de consulter les unes historiques depuis la création du journal.
– http://www.afp.com
Site de l’AFP.

À voir
– Cassette VHS, Le JT du 10 juin 1991, (30 min) avec dossier, CNDP/CLEMI,
coll. « Presse écrite », réf. 002 R6436, 1991.
– Émission Galilée, série « Maîtriser les discours », Dis-moi tout ! (Français,
Informer. Information), CNDP, 1997.
– Émission Galilée, série « Éducation aux médias », Libération,
Les dessous des médias, CNDP, 1999.
– Émission Galilée, série « Des objets et des hommes », Les machines
changent le monde, (Opération sur le net), réf. 002K1025, CNDP, 1997.
– Cassette VHS, Le journal télévisé à l’école, CLEMI/CRDP Créteil,
(13 min), 1993.
– Cassette VHS, Le journal vidéo au collège et au lycée, CLEMI,
(15 min), 1995.

Livret rédigé par Olivier Dumont © CNDP, 2001

Programmes audiovisuels libérés de droits pour une utilisation en classe


Depuis janvier 1995, la politique de soutien du ministère de l’Éducation nationale en matière
d’achat de droits a permis d’acquérir près de 400 heures de programmes. Cette action s’inscrit
dans le cadre de la politique ministérielle qui favorise l’utilisation, dans les écoles et les éta-
blissements scolaires, par les enseignants, de programmes audiovisuels en conformité avec le
code de la propriété littéraire et artistique. Elle en permet l’usage licite (droit d’enregistre-
ment au moment de la télédiffusion, droit d’utilisation de vidéocassettes dans les établisse-
ments d’enseignement en France et à l’étranger dépendant du ministère). Cette sélection
marque l’intérêt du ministère pour des œuvres qui, de par leur thème et leur qualité, sont sus-
ceptibles d’être exploitées en classe. C’est l’outil télévisuel en tant que tel, pouvant être utilisé
comme support de cours ou comme objet d’une étude critique, qui est mis à votre disposition.
Pour une information plus complète sur les actions du ministère en matière d’audiovisuel,
un forum et une rubrique « Les ressources audiovisuelles » sont ouverts sur le serveur Intérêt
du ministère : éducnet.éducation.fr (rubrique « Ressources multimédias »).

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