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LA SEMIOLOGIE ET LE LANGUAGE CARTOGRAPHIQUE

La sémiologie graphique (étude des signes et de leur signification) a pour but de


transmettre une information correcte et d'aboutir à une image cartographique facilement
accessible au lecteur.

1-Les variables visuelles

Comment faire une carte : les deux étapes fondamentales

- Identifier la variable à représenter ;


- Déterminer le mode de représentation de la variable ;

Les variables visuelles sont des moyens graphiques qui permettent de transcrire
visuellement une information, c'est-à-dire de représenter des données qualitatives (ordonnée,
nominale) et quantitatives (Relative-variable de taux. Ex. rapport entre deux valeurs. Absolue-
variable de stock. Ex. Nombre d’enfants), et d’exprimer les relations (différencier les données
représentées dans le plan de la carte) existant entre ces données.

On retient en actuellement 7 variables visuelles :

-la forme, traduit des relations différentielles ou d’équivalences ou ordonnées (triangle,


rectangle, cercle, parallèle, etc.) ;

-taille, traduit des relations ordonnées ou quantitatives (carré, petite, moyenne, grande
etc.) ;
-valeur, traduit des relations ordonnées (carré, rectangle, noir, gris, blanc etc.) ;
-couleur, traduit des relations différentielles, d’équivalences ou ordonnées (un rectangle
peut être noir ou blanc, rouge etc.) ;
-orientation, traduit des relations différentielles, d’équivalences (un carré peut être
oblique, ou vertical etc.).
-grain,
-la trame,
Chaque variable visuelle possède ce que l’on nomme la longueur de variable visuelle.
Cette longueur correspond au nombre de possibilités différentes que permet la variable visuelle
pour exprimer une variation et une différentiation perceptible efficacement.

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1.1. La variable Forme : définition, propriétés et utilisation

La variable forme est la variation des contours d’un figuré. C’est donc l’ensemble des
signes de formes différentes utilisées pour la représentation des objets. Pour représenter
efficacement les objets on dispose d’une infinité de formes, mais il est souvent nécessaire que
le nombre de formes employées soit limité (une dizaine de formes au maximum sur une même
carte) afin de conserver une forte capacité de séparation. Il existe :

-les formes géométriques (triangle, rectangle, cercle, parallèle, etc.)

-les formes symboliques (symbole évocateurs) Ex. : arbre pour une forêt, un avion pour
l’aéroport ou (figuratifs) Ex. : un cercle avec une croix pour une église.

-les signes conventionnels

Propriétés et usages : La variable forme est qualitative et ne permet donc pas de


représenter les données quantitatives ni d’ordonner des objets. Une information est qualitative
lorsque les données ne s’ordonnent pas. La relation qui existe entre les données est la
ressemblance (associativité) ou la différence (sélectivité). Ex. catégories socio professionnelles,
nature des sols, ressources minières, activités économiques, etc.
-Elle permet de représenter de manière ponctuelle des objets (ex. établissements
industriels, sites touristiques, services administratives).

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-Implantation linéaire ; distinguer des réseaux de nature différente (Ex. routier,
ferroviaire, hydrographique, etc.)

-Implantation zonale, le terme de forme est remplacé par celui de texture ou de poncif.

La forme est le plus souvent utilisée pour élaborer les cartes d’inventaires, de typologie,
scolaires, de presse, dépliants touristiques. La forme permet de différentier les objets
représentés. Cependant, lorsqu’il y a beaucoup de signes de formes différentes la carte devient
illisible. Pour renforcer son efficacité, le nombre de formes employées ne doit pas être supérieur
à 5 pour une relation différentielle et 10 si on cherche à établir également des regroupements
de type. L’association de cercle, de croix, ou d’étoile, de bâton est la manière la plus efficace
de différentier les objets.

NB : Ne pas multiplier les formes, les réservez pour représenter des informations
qualitatives en implantation ponctuelle ou linéaire.

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Exemple de différents jeux de valeurs

Exemple de variable taille Exemple de variation de grain

Exemple d’orientation Exemple de couleur

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Des exemples de variables

2.2. La variable Taille : définition, propriétés, utilisation

La taille se traduit par une variation de surface, de longueur, de hauteur, ou de volume


des figurés géométriques ou symboliques. Elle se construit toujours sur la mesure d’une
longueur (rayon, côté d’un carré, hauteur d’une colonne, longueur d’un segment…). Elle
s’applique aux objets cartographiques ponctuels ou linéaires

Variation de hauteur Variation de surface

100 500 1000 1000 2000 3000

Propriétés et usages

La taille permet de représenter de façon efficace des données quantitatives. La variation


de taille est efficace dans les 3 implantations, mais trouve toute son efficacité en implantation
ponctuelle. Permet d’établir des rapports de proportionnalité liés aux poids respectifs des
figurés. La quantité est exprimée par variation de longueur, de surface ou volume du figuré.

Permet de différencier et d’ordonner (du plus petit au plus grand) des représentations.
Elle est sélective, surtout lorsque les paliers sont peu nombreux.
En implantation ponctuelle, on utilise un figuré ponctuel. Le figuré cercle est le plus
courant.
En implantation linéaire, on utilise un figuré linéaire comme le trait, le pointillé
d’épaisseur proportionnelle à des quantités ou un ordre préétabli. Cette implantation est très
utilisée pour la représentation des flux, des mouvements de biens de personnes, d’objets.
En implantation zone, le figuré utilisé est ponctuel et on fait varier ce figuré à l’intérieur
de la surface.
C’est la seule variable visuelle employée pour une donnée quantitative absolue,
car elle est la seule à traduire directement des quantités.

2.3. La variable Couleur : définition, propriétés, utilisation

La couleur ou les sensations colorées reposent sur l'existence de la lumière et plus


particulièrement sur les radiations que celle-ci émet.

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La couleur traduit des relations différentielles, d’équivalence ou ordonnées (un rectangle
peut être noir, blanc ou rouge etc.). La couleur est une variable visuelle très utilisée en
cartographie thématique car elle augmente la valeur expressive et esthétique de la carte et elle
permet de représenter plusieurs phénomènes à la fois. La couleur est utilisée pour accentuer et
faire ressortir les contrastes, simplifier les effets et améliorer la lisibilité de la carte, en clarifier
le contenu et obtenir un meilleur rendu esthétique global. La couleur est différentielle et
sélective. Elle trouve sa meilleure efficacité en implantation zonale.

Trois types de variations permettent de classer les couleurs :

-le ton est défini par une longueur d’onde dominante (plus fréquemment utilisée pour
une variable qualitative.)

-l’intensité permet de classer les couleurs des plus claires au plus foncées.

-la saturation une couleur est saturée est une couleur sans blanc, (elle illustre des
évolutions de données quantitatives.)

Quand on rajoute du blanc à une couleur saturée, on peut établir des dégradés de couleur.
La variation plus ou moins importante de l’une ou l’autre de ces nuances impliquera la
perception d’une variation de qualité ou d’intensité.

En représentation linéaire il faut utiliser des couleurs très différentié.

La couleur seule ne suffit pas pour traduire un ordre, il faut lui ajouter la valeur.
Très appréciées par l’œil, les représentations basées sur des évolutions de couleurs
peuvent toutefois être techniquement désastreuses si les règles d’utilisation ne sont pas
respectées.
-Les couleurs ne peuvent pas être employées superposées. On obtiendrait d’autres
couleurs. Il faut donc les juxtaposer.
-son emploi est limité car elle est réduite en noire et blanc à la photocopie.
-son utilisation coûte chère en cartographie.

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