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Cours de Performance des Bétons - Chapitre II : Formulations des bétons courants – Démarches de durabilité

CHAPITRE II
FORMULATION DES BETONS
COURANTS
&
DEMARCHES DE DURABILITE

L’incontournable norme NF EN 206-1

Chargé de cours :

Mr Ibrahima DIATTA

Ibrahima DIATTA Ingénieur CTC Apave, Chargé de Cours à Université de THIES – UFR_SI Page 1
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II-1 Principes généraux de formulation.


La formulation d’un béton est l’étude de sa composition (squelette granulaire) qui
consiste à définir le mélange optimal des différents granulats dont on dispose, ainsi que le dosage
en ciment et en eau (+adjuvant éventuellement), afin de réaliser un béton dont les exigences
généralement contradictoires (ouvrabilité, résistance mécanique et durabilité) soient celles
recherchées pour la construction de l’ouvrage ou de partie d’ouvrage en cause.

Ces exigences conduisent à des paramètres souvent nombreux et qui dépendent également :
 des données du projet : caractéristiques mécaniques, dimensions de l’ouvrage, ferraillage etc.
 des données liées aux propriétés du béton : maniabilité, compacité, durabilité, aspect…

En général, il n’existe pas de méthode de composition du béton qui soit universellement


reconnue comme étant la meilleure.
Cependant, on distingue deux méthodes de composition principalement:
 Les méthodes à « granularité continue », si la courbe sur le graphique granulométrique
s’élève de façon continue ; autrement dit du plus petit grain de ciment de dimension d au
plus gros grain D des graviers. Toutes les grosseurs intermédiaires sont représentées.
Ex : béton constitué d’un sable 0/5 mm et deux graviers 5/20 mm et 20/50 mm.

 Les méthodes à « granularité discontinue », lorsque la courbe granulométrique
correspondante présente un palier qui équivaut à un manque d’élément intermédiaire
Ex : béton constitué d’un sable 0/5 mm et d’un gravier 20/50.

NB : Une connaissance préalable de la granulométrie et au procécédé de fabrication du


ciment est nécessaire pour une bonne compréhension de ce cours (chapitre I).

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II-2 Etude de La formulation du béton


La connaissance des caractéristiques requises pour le béton passe impérativement par la
mise au point de compositions qui sont aussi nombreuses que le sont les cas d’emploi du béton.
Cette multiplicité constitue toute la difficulté de la détermination de la composition optimale.
C’est la raison pour laquelle la démarche retenue comporte le plus souvent 02 phases :

 La première phase consiste en l’approche d’une composition, soit de façon graphique à


partir de méthodes telles que celle de Bolomey, FAURY, Abrams ou de DREUX, soit de
façon expérimentale (par la méthode LCPC de BARON et LESAGE et plus récemment
de Larrard).
Il faut préciser que ces différentes méthodes sont basées sur la recherche d’une compacité
maximale conformément aux théorie de CAQUOT sur la composition granulaire des mélanges,
que les connaissances actuelles sur le béton ont confirmées pour l’essentiel.

 La deuxième phase consiste à ajuster expérimentalement cette composition en fonction


des résultats obtenus par des essais effectués en laboratoire (essai d’etude) ou dans les
conditions de chantier (épreuves de convenance).

La règle fondamentale pour composer correctement un béton reste la minimisation de la


porosité. Cette règle peut être utilisée par la formule de Feret établie à la fin du XIXième siècle.

 c 2 k : coefficient caractéristique des granulats et du ciment utilisé ;


f c  k  
cev
c : volume du ciment
e : volume d’eau,
v : volume des vides

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II.2-1 DETERMINATION DE LA COMPOSITION DES BETONS

II.2-1a Données de base

A) Nature de l’ouvrage

La connaissance de la nature de l’ouvrage est nécessaire : ouvrage massif ou au contraire


élancé et de faible épaisseur, faiblement ou très ferraillé. Il sera nécessaire de connaître
l’épaisseur minimale et les dispositions des armatures dans les zones les plus ferraillées :
distance minimale entre elles et couvertures par rapport au coffrage.

B) Résistance souhaitée

Le béton doit être formulé pour qu'à 28 jours d’âge sa résistance moyenne en
compression atteigne la valeur caractéristique ’28. Cette valeur doit, compte tenu des
dispersions et de l’écart quadratique, être supérieure de 15 % à la résistance minimale en
compression nécessaire à la stabilité de l'ouvrage fc28 (par mesure de sécurité).
 c' 28 1,15 f c 28
C) Ouvrabilité désirée
On peut la définir comme la qualité offerte à la mise en œuvre du béton pour le
remplissage parfait du coffrage ou du ferraillage.
De l’ouvrabilité dépendent, en effet, la plupart des qualités de l’ouvrage : compacité et
résistance réelle du béton dans l’ouvrage lui-même, enrobage et adhérence des armatures,
cohésion du béton entrainant un moindre risque de ségrégation, parement de belle apparence,
étanchéité.
L’ouvrabilité ou maniabilité peut s’apprécier de différentes manières et en particulier par
des mesures de plasticité. Cependant, l’affaissement au cône d’Abrams (Slump test) est
incontestablement la plus simple et la plus fréquemment utilisée.

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Classe de consistance des bétons


NF P18-305
(NF EN 206-1)
Affaissement A
Consistance Affaissement (en mm) Consistance Vibration
(en cm) au cône Usages fréquents
des béton au cône d’Abrams des béton conseillée
d’Abrams
Bétons extrudés
Bétons de VRD,
S1 10-40 Ferme (F) ≤4 Escalier,accès avec fortes Puissante
pentes (garage, Sous sol),
glissière en coffrage
coulissant
Génie civil, Ouvrages
S2 50-90 Plastique (P) 5-9 d’art, Bétons de masse, Normale
Dalle pleine vibrée
Ouvrages courants
Très Plastique
S3 100-150 10-15 Fondations, dalles, Faible
(TP)
voiles courants
Fondations profondes
Fondations, dalles, voiles Léger
S4 160-210 Fluide (FL) 16 avec forte densité de piquage
ferraillage
Voiles complexes, dalles,
S5 220  fondations

Tableau II.2 : Evaluation de l’ouvrabilité par référence à l’affaissement au cône d’Abrams

II.2-1b Effet de Paroi - Dimension maximale des granulats


On appelle « effet de parois » la plus ou moins grande difficulté qu’il y a à bien remplir un moule
dans lequel les surfaces en contact avec le béton (coffrage, armatures, gaines, etc.) sont plus ou moins
importantes par rapport au volume.
La dimension Dmax du granulat se trouve limitée par différentes considérations concernant
l’ouvrage à bétonner : épaisseur de la pièce, espacement des armatures, densité du ferraillage, complexité
du coffrage, possibilité et efficacité du serrage à la mise en œuvre, risques de ségrégation, etc.
Si Dmax est la dimension maximale des graviers, l’entrave opposée à la pénétration du béton varie dans le
D
même sens que r .

Le tableau suivant montre les règles à suivre, en général ces valeurs sont valables pour une granularité
continue, tandis qu’une granularité discontinue, ces valeurs devront être diminuées de 20% environ.

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Caractéristiques de la pièce à bétonner Dmax


eh Espacement horizontal entre armatures horizontales  eh / 1,5
ev Espacement vertical entre lits d’armatures verticales  ev

Enrobages des armatures (BAEL 91/99) :


<c
c Ambiance très agressive  5 cm
Ambiance moyennement agressive  3 cm
Ambiance peu agressive  3 cm
Ambiance moyennement agressive mais fc28
supérieur à 40MPa cm
Ambiance non agressive  1 cm
Rayon moyen du ferraillage pour une maille
 1,4 r
(granulats roulés)

r  1,2 r

Rayon moyen entre deux barres (ou entre une barre et une paroi du (granulats
concassés)
coffrage) laissant entre elles un intervalle e : on a r  e
2
hm hauteur ou épaisseur minimale (Pour le bétonnage des dalles)  hm / 5

Tableau II.3 : Détermination de Dmax en fonction du ferraillage et de l’enrobage.

NB : L’effet de paroi nous permet de fixer à l’avance la dimension maximale de granulats


(Dmax) entrant dans la composion du béton.

II.2-1c Rapport C/E


Le rapport C/E est calculé grâce à la formule de Bolomey :

C  C '
 c' 28  G C E   V  0.5   1,15 f c 28 Ou bien  c 28  0,5
E  E G CE
Avec :
 ’c28: Résistance à la compression du béton (à 28 jours) en MPa,
 G: Coefficient granulaire qui dépend de la taille et de la qualité des granulats (voir tableau ci-
dessous).
 fc28 : résistance à la compression du béton formulé à 28jours d’âge (cahier des charges).
 CE: Classe vraie du ciment (à 28 jours) en MPa,
 C: Dosage en ciment (en kg/m3),
 E: Dosage en eau totale sur matériau secs (en kg/m3) : eau efficace,
 V : volume d’aire en l/m3.
NB : Cette formule n’est applicable que dans la gamme de résistance allant de 10 à 50 MPa.

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Dimension Dmax des granulats


Qualité des granulats Fins Moyens Gros
Dmax < 12,5 mm 20 < Dmax < 31,5 Dmax > 50 mm
Excellente 0,55 0,60 0,65
Bonne, courante 0,45 0,50 0,55
Passable 0,35 0,40 0,45

Tableau II.5 : Valeurs approximatives du coefficient granulaire (G) selon DREUX.

NB : Ces valeurs supposent que le serrage du béton sera effectué dans de bonnes conditions (par vibration
en principe)

Classe vraie du ciment CE:


Le choix du type de ciment est fonction de la valeur de sa classe vraie ’c et des critères
de mise en œuvre (vitesse de prise et de durcissement, chaleur d’hydratation, etc…). La classe
vraie du ciment est la résistance moyenne en compression obtenue à 28 jours sur des éprouvettes
de mortier normalisé.
Le cimentier garantie une valeur minimale atteinte par au moins 95 % des échantillons
(dénomination normalisée spécifiée sur le sac de ciment). La correspondance entre classe vraie
du liant et valeur minimale garantie par le fabriquant est donnée dans le tableau suivant :

Dénomination normalisée 32,5 MPa 42,5 MPa 52,5 MPa

Classe vraie CE 45 MPa 55 MPa > 60 MPa

Tableau II.4 : Correspondance entre classe vraie et dénomination normalisée des ciments.

Dosage en ciment C

II.2-2a Détermination graphique


Le dosage en ciment est en fonction du rapport C/E, mais également du dosage en eau E
nécessaire pour une ouvrabilité satisfaisante.

L’abaque de la figure II.1 permet d’évaluer approximativement C en fonction de C/E et de


l’ouvrabilité désirée (Aff.) qui doit être considérée comme une donnée au problème.

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Figure (II.1) : Abaque permettant d’évaluer approximativement le dosage en ciment Copt à prévoir en fonction du rapport
C/E et de l’ouvrabilité désirée (affaissement au cône d’ABRAMS).

Le dosage effectif de ciment C à retenir doit être supérieur ou égal à Copt., et aux valeurs
minimales Cmin données par les formules 1 à 3.

Milieu non exposé Avec : ’28 250  10  ' 28


en MPa et Dmax en mm. 
C min kg / m 3   5 1,25 Dmax
Milieu A2 : Environnement à faible E
agressivité chimique.    0,55 ou C/E = 1,81
 C  max
Milieu exposé sans agressivité  250  10  '28 
particulière  
Cmin kg / m3  Max  ;
550

 1,25 Dmax max 
5 1,25 D

5

Milieu A3 : Environnement
E
d’agressivité chimique modérée    0,5 ou C/E = 2
 C max

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Milieu agressif  250  10  '28 


 
Cmin kg / m3  Max  ;
700

Milieu A4 : Environnement à forte  5 1,25 Dmax 5 1,25 D
max 
agressivité chimique (eau de mer)
E
   0,45 ou C/E = 2,2
 C  max

A plasticité équivalente le dosage en ciment doit être d’autant plus élévé que le rapport C/E est grand.

II.2-2b Dosage en ciment selon la NF EN 206-1.


En fin nous rappelons que le tableau des dosages minimaux est donné en fonction de
l’environnement, tel qu’il résulte de la norme NF EN 206-1.

Le dosage en ciment et en eau est alors fixé en tenant compte des règles en vigueur (NF
EN 206-1) et en fonction de la plasticité recherchée (intervention de l’adjuvant). Pour un béton
de structure le dosage minimal varie entre 260 et 385kg/m3.

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Tableau II.5 : Dosage en ciment en fonction de l’environnement (NF EN 206-1).

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II.2-3 Dosage en eau :


La quantité d’eau E nécessaire à la confection du béton se calcule grâce aux valeurs de
C/E Bolomey et de la quantité C obtenu (voir méthodes ci-dessus).

II.2-3a Correction du dosage en eau en fonction de Dmax


Les données précédentes sont plus particulièrement applicables aux bétons dont la dimension
maximale des granulats est d’environ D = 20 mm (dimension la plus courante). Si l’on a D < 25
mm, la surface spécifique des granulats augmente et à plasticité équivalente, il faudra légèrement
majorer le dosage en eau, et vice-versa. La correction sur le dosage en eau correspond à D = 25
mm, peut être approximativement évaluée d’après les valeurs du tableau II.6 en fonction de D.
Dimension maximale des
5 8 à 10 12.5 à 16 20 à 25 30 à 40 50 à 63.5 80 à 100
granulats Dmax en mm
Correction sur le dosage en
+15 +9 +4 0 -4 -8 -12
eau (%)

Tableau II.6 : Correction en % sur le dosage en eau et en ciment en fonction de la dimension maximale D des
granulats (le rapport E/C reste inchangée).

II.2-4 Détermination du squelette granulaire à minimum de vides

Il s'agit de déterminer les pourcentages de sable, de gravillons et de cailloux qui vont


permettre la réalisation d'un squelette granulaire à minimum de vides. Les quantités des
matériaux de chaque classe granulaire doivent être judicieuses pour que les plus petits éléments
viennent combler les vides laissés par les plus gros. La courbe granulométrique théorique d'un
matériau à minimum de vides peut être schématisée par une droite brisée. La démarche proposée
par Dreux pour déterminer le mélange optimum à minimum de vides est la suivante :

o Tracé de la droite brisée de référence


o Détermination des pourcentages en volumes absolus de matériaux.

II.2-4a Tracé de la droite de référence de DREUX


La droite de référence de Dreux représente la courbe idéale d’un matériau à minimum de
vides. C’est une droite brisée OAB dont le point de brisure (point A) est défini par son abscisse
X et son ordonnée Y.

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Point B extrémité du graphe à pour coordonnées :


 En abscisse : XB correspond à la dimension D du plus gros granulat.
 En ordonnée : YB = 100% (tamisât)
Point de brisure A à pour coordonnées :

 En abscisse : XA
 Si D ≤ 25 mm alors X = D/2.
 Si D > 25 mm X est située au milieu du segment limité par le
Module 38 (5mm) et le module correspond à D ;

 En ordonnée : YA = 50 – (1,25Dmax)1/2 + K’.

avec K '  K  Ks  Kp
K : est un terme correcteur qui dépend du dosage en ciment, de l'efficacité de serrage, de la forme des
granulats (roulés ou concassés) et également de module de finesse du sable donné par le tableau 6.

Ks (correction supplémentaire fonction de la granularité du sable) : Ks = (6 Mfs– 15) avec Mfs le module
de finesse du sable.
Kp (correction supplémentaire si le béton est pompable) : Kp = +5 à +10 selon le degré de plasticité désiré.
La droite de Dreux a pour origine le point 0 origine du graphe.

Tableau II.7: K, fonction de la forme des granulats, du mode de vibration et du dosage en ciment.

Nota : Si la quantité du béton est précisée « pompable », il conviendra de conférer au


béton le maximum de plasticité et de l’enrichir en sable par rapport à un béton de qualité «
courante ». On pourra pour cela majorer le terme correcteur K de la valeur Kp = +5 à +10
environ, selon le degré de plasticité désiré.

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II.2-4b Détermination des pourcentages en volumes absolus de


matériaux :
Pour déterminer les pourcentages en volumes absolus de granulats permettant la
confection d’un mélange à minimum de vide il est nécessaire de tracer comme indiqué sur la
figure II.4 des droites reliant deux à deux les courbes granulométriques des matériaux du
mélange.
Ces droites sont définies par 5 % de refus pour le matériau à faible granularité et par 5 %
de passant pour le matériau à forte granularité.
L’intersection des droites ainsi tracées avec la droite brisée de Dreux permet, par
prolongement sur l’axe des ordonnées, de déterminer les pourcentages en volumes absolus de
chaque matériau.
Ces pourcentage doivent permettre l’obtention d’un mélange dont la courbe
granulométrique est proche de la droite brisée de Dreux. Si la courbe du mélange obtenue est
trop éloignée de la courbe de Dreux, un ajustement de ces pourcentages peut s’avérer nécessaire.

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Figure II.4 :Exemple de Détermination des pourcentages en volumes absolus de matériaux.

II.2-4c Détermination du Coefficient de compacité (c0) :


Pour déterminer les masses de granulats entrant dans la composition de béton, il est
nécessaire de déterminer la compacité du béton qui correspond au volume absolu en m3 de solide
contenu dans un mètre cube de béton (volumes absolus de ciment et de granulats). Sa valeur de
base c0 est fonction de la taille des granulats, de la consistance du mélange et des moyens de
vibration mis en œuvre. On choisira une valeur approximative de co dans le tableau (I.7) :

compacité (c0)
Consistance Serrage
Dmax= 5 Dmax= 8 Dmax=12,5 Dmax = 20 Dmax=31,5 Dmax = 50 Dmax = 80

Molle Piquage 0,750 0,780 0,795 0,805 0,810 0,815 0,820

(TP-Fl) Vibration 0,755 0,785 0,800 0,810 0,815 0,820 0,825


faible
S3 : 100-150mm
Vibration 0,760 0,790 0,805 0,815 0,820 0,825 0,830
S4 : 160-210mm normale
Piquage 0,760 0,790 0,805 0,815 0,820 0,825 0,830
Plastique
Vibration 0,765 0,795 0,810 0,820 0,825 0,830 0,835
faible

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(P) Vibration 0,770 0,800 0,815 0,830 0,835 0,840


0,825
normale
S2 : 50-90mm
Vibration 0,775 0,805 0,820 0,830 0,835 0,840 0,845
puissante
Vibration 0,775 0,805 0,820 0,830 0,835 0,840 0,845
Ferme faible
Vibration 0,780 0,810 0,825 0,835 0,840 0,845 0,850
(F) normale
S1 : 10-40mm Vibration 0,785 0,815 0,830 0,840 0,845 0,850 0,855
puissante

Tableau II.8 : Compacité des granulats (roulés) en fonction de l’ouvrabilité et la vibration interne

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Nota : Ces valeurs sont convenables pour des granulats roulés sinon il conviendra d’apporter les
corrections (c = c0+ c1 + c2 + c3) qui sont fonctions de la forme des granulats, de la masse
volumique des granulats et du dosage en ciment.

 Sable roulé et gravier concassé (c1 = - 0,01), Sable et gravier concassés (c1 = - 0,03)
 Pour les granulats légers on pourra diminuer de 0,03 les valeurs de c : (c2 = -0.03)
 Pour un dosage en ciment C  350 kg/m3 on apportera le terme correctif suivant :
c3 
C  350 .
5000

La valeur de la compacité c du béton permet de déterminer le volume total absolu Vc de


granulats intervenant dans la formulation du béton :

C
Vc  1000 c  (En litre)
 s c 

où s(c) est la masse volumique absolue du ciment utilisé (s(c) = 3,1T/m3).

II.2-4d Détermination des masses de granulats

Si g1, g2, g3 sont les pourcentages en volume absolu des granulats. Les volumes absolus
de chacun des granulats sont par suite :
Vsable = g1 Vc ; Vgravillon = g2 Vc ; Vgravier = g3 Vc

Connaissant les masses volumiques absolues, il est alors possible de déterminer les
masses respectives (S, g et G) :

% en Volume absolu
Granulats Volume Masse
(droite OAB)
SABLE g1 Vs able V x g1 M s able   s g1  x Vs able
GRAVILLON g2 Vgravillon  V x g 2 M gravillon   s g 2  x Vgravillon
GRAVIER g3 Vgravier  V x g3 M graver   s g3  x Vgravier
M T  M sable  M gravillon  M gravier
Masse Totale du Granulat MT

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A défaut de renseignements précis concernant les masses volumiques absolues des matériaux, on
peut en première approximation utiliser les valeurs suivantes :

 s(c) = 3,1 t/m3, pour le ciment,


 s(g1) = 2,4 t/m3 ou 2,40 g/m3 pour le sable (0/4),
 s(g2) = 2,5 t/m3 ou 2,50 g/m3 pour le gravier (3/8),
 s(g3) = 2,64 t/m3 ou 2,64 g/m3 pour le gravier (8/16)

La formulation théorique de béton recherchée est définie par les quantités de ciment C, d'eau E,
de sable S, de gravillon g et de gravier G. Cependant, la masse totale d’un mètre cube de béton
M Béton  M T  M eau  M ciment et pour un béton normale Mbéton est comprise entre 2,0t/m3 et
2,6t/m3.

Quelques définitions :

Granulat courant : granulat ayant après séchage à l'étuve, une masse volumique > 2 000 kg/m³ et < 3 000 kg/m³
déterminée selon l'EN 1097-6
Granulat léger : granulat d'origine minérale ayant après séchage à l'étuve, une masse volumique ≤ 2 000 kg/m³
déterminée selon l'EN 1097-6, ou une masse volumique en vrac ≤ 1 200 kg/m³, déterminée selon l’EN 1097-3
Granulat lourd : granulat ayant après séchage à l'étuve, une masse volumique ≥ 3 000 kg/m³ déterminée selon l'EN
1097-6.

Béton de masse volumique normale : Béton dont la masse volumique après séchage à l'étuve est
supérieure à 2 000 kg/m³ mais inférieure ou égale à 2 600 kg/m³.
Béton léger : Béton dont la masse volumique après séchage à l'étuve est supérieure ou égale à 800
kg/m³ mais inférieure ou égale à 2 000 kg/m³. Il est produit entièrement ou partiellement à partir de
granulats légers.
Béton lourd : Béton dont la masse volumique après séchage à l'étuve est supérieure à 2 600 kg/m³.

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II.2-4d Obtention de courbe granulométrique du mélange


La courbe granulométrique d'un mélange de granulats constitué de X % de matériau M1, de Y % de matériau M2 et
de Z % de matériau M3 s'obtient en appliquant la loi des mélanges qui stipule que :

Refus mélange = X % Refus M1 + Y % Refus M2 + Z % Refus M3

II.3 Corrections de la formulation théorique de béton

La formulation de béton obtenue précédemment est théorique et il convient de la tester et


de la corriger par des essais de laboratoire avant d’être utilisée. Des corrections seront
apportées avant fabrication pour prendre en considération la teneur en eau éventuelle des
granulats et après une série de tests effectués en laboratoire pour ajuster les dosages en eau,
granulats et ciment.

II.3-1 Corrections à apporter avant fabrication

La composition théorique de béton est établie pour des matériaux secs. Il est impératif
avant confection du béton de prendre en considération l’eau contenue dans les granulats. Une
mesure de teneur en eau doit être par conséquent effectuée (w=Masse d’eau/Masse sèche). A

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défaut de toutes mesures précises on peut apprécier l’humidité des granulats grâce aux valeurs
données dans le tableau ci-dessous.

Tableau II. 9 : Correction de la quantité d’eau en fonction de l’humidité des granulats

En conclusion, les dosages en eau indiqués sur les abaques ne sont que des indications
approximatives à vérifier ou à modifier préalablement par quelques essais au cône.

II.3-2 Corrections à apporter après essais en laboratoire

Les corrections seront effectuées sur chaque matériau utilisé. La quantité d’eau sera
ajustée grâce à la valeur obtenue lors de la mesure de l’affaissement au cône, les quantités de
granulats grâce à la mesure de la masse volumique réelle du béton, et la quantité de ciment
après essais sur béton durci. Les trois corrections se feront indépendamment les unes des autres.

II.3-3 Correction sur l’eau pour après essai de Slump test

Si la valeur de l’affaissement au cône d’Abrams obtenu (Aff.obtenu) diffère de la valeur de


l’affaissement au cône souhaitée (Aff.souhaité) il est nécessaire de modifier la quantité d’eau de la
composition de béton. La correction sur la quantité d’eau s’effectue grâce à l’abaque ci-dessous.

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Figure II.5 : Variation de la quantité d'eau en fonction de Figure II.6 : Exemple de détermination de E corrigée.
l'affaissement au cône pour un béton courant

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II.3-2-2 Correction sur la quantité de granulats

L’objectif de cette correction est de vérifier que la quantité de matériau utilisé aboutit
bien à la formulation d’un mètre cube de béton et que par conséquent il n’y a ni sur dosage ou
sous dosage de ciment. Lorsque la masse volumique apparente réelle du béton () est différente
de la masse volumique apparente théorique (o) de la formulation, il convient d’effectuer une
correction sur les quantités de granulats :  m = ( - o).

Si  m est négatif la formulation réalisée aboutit à la confection de plus d’un m3 de béton


(des granulats doivent être enlevés). Si  m est positif la formulation réalisée aboutit à moins
d’un m3 de béton (des granulats doivent être rajoutés).

Cette correction s’effectue sur tous les granulats au prorata des pourcentages en volume
absolu des granulats :

Scorrigé = S +  m * S %

gcorrigé = g +  m * g %

Gcorrigé = G +  m * G %

II.3-2-3 Correction sur la quantité de ciment

Lorsque la résistance obtenue à 28 jours (’28 réelle) diffère de la résistance souhaitée


(’28) il convient d’apporter une correction sur le dosage de ciment (Ccorrigé). Si Créel et Eréelle sont
les dosages initiaux en ciment et en eau effectivement utilisés pour la confection du béton, il est
possible d’écrire en fonction des résultats obtenus ou des résultats souhaités deux équations
résultant de la formulation de Bolomey :

Résultats obtenus :  ’28 réelle = G  ’c (Créel/Eréelle – 0.5)

Résultats souhaités :  ’28 = G  ’c (Ccorrigé /Eréelle – 0.5)

En combinant les équations précédentes on obtient :

 ’28 /  ’28 réelle = (Ccorrigé /Eréelle – 0.5) / (Créel/Eréelle – 0.5) d’où la détermination de Ccorrigé.

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L’augmentation ou la diminution de la quantité de ciment C conduit à une augmentation ou à


une diminution de la quantité de fines. Il convient pour conserver la maniabilité du béton de
compenser l’augmentation ou la diminution de volume absolu du ciment Vc par une diminution
ou une augmentation du volume absolu de sableVs (considéré comme des éléments fins).
D’ou une ultime correction sur le dosage en sable Scorrigé = S + S avec :
C= (Ccorrigé – Créel) ;
Vc= (Ccorrigé – Créel) / s(c) ;
Vs= – Vc = – (Ccorrigé – Créel) / s(c) ;
S = – (Ccorrigé – Créel) s(s) / s(c) = – C s(s) / s(c) .

II.4 Une méthode pratique de composition : les abaques de G. Dreux


Les abaques de G. Dreux, présentés dans l’ouvrage de l’auteur : Nouveau guide du
Béton, permettent une approche à la fois pédagogique et pratique d’une composition de béton
répondant à des objectifs déterminés, moyennant quelques hypothèses facilitant la démarche. Il
est bien évident qu’une fois déterminée cette composition, elle devra, ainsi qu’il a été souligné,
être soumise à l’expérimentation afin d’affiner les dosages indiqués.

II.4-1 Les données retenues


En général, les données suivantes sont déterminées par le cahier des charges du projet, les
conditions du chantier ou la disponibilité des matériaux.

II.4-2 La résistance à la compression du béton


Le domaine d’application des abaques est celui des bétons courants présentant une
résistance à 28 jours, comprise entre 15 MPa et 40 MPa.

II.4-3 La maniabilité du béton


En fonction des caractéristiques de l’ouvrage et des moyens du chantier, on fixe pour le
béton une maniabilité caractérisée par sa consistance et mesurée par l’essai au cône d’Abrams.

II.4-4 Granulats choisis


Pour l’établissement des abaques, trois classes granulaires ont été retenues :
 un sable 0/4 ;
 deux gravillons 5,6/12,5 et 5,6/20.
 Le ciment choisi est de classe 32,5 MPa selon les hypothèses de la théorie de G. Dreux.

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II.4-5 Considérations pratiques sur les abaques


Compte tenu des conditions de chantier les plus courantes, certaines hypothèses pratiques ont été
retenues. Les quantités de granulats sont exprimées en volume, ce qui est suffisant pour la plupart des
bétons courants.
Les abaques donnent une indication sur la réduction d’eau procurée par l’emploi d’un adjuvant de
type plastifiant réducteur d’eau, mais il est évident que la valeur réelle de réduction d’eau sera à
déterminer selon l’adjuvant utilisé et son dosage.

Les exemples suivants résultent de l’application des abaques de Dreux, pour des bétons de chantier armés
ou non destinés à divers ouvrages courants sans exigences particulières. La plage de résistances en
compression à 28 jours va de 15 à 40 MPa.

II.4-6 Exemples pratiques de composition


Les exemples suivants résultent de l’application des abaques de Dreux, pour des bétons de
chantier armés ou non destinés à divers ouvrages courants sans exigences particulières. La plage de
résistances en compression à 28 jours va de 15 à 40 MPa. La consistance recherchée a été prise dans tous
les cas de type plastique (affaissement au cône 7 cm). Les granulats sont considérés comme secs ou très
faiblement humides. Le ciment est de classe 32,5. Il faut remarquer que, du fait des hypothèses retenues
pour l’établissement des abaques, le dosage en eau (pour un abaque donné) est seulement dépendant de la
plasticité. Cette approche, qui risque d’être insuffisante dans bien des cas, nécessitera le plus souvent une
confirmation par des essais dont l’importance a déjà été soulignée. Il faut enfin noter que la plage de
résistances couverte par les abaques n’excède pas 30 à 45 MPa, domaine des bétons les plus courants.
L’extrapolation au-delà de ces limites conduit notamment à des dosages en ciment qui semblent peu
conformes à la pratique. Les valeurs de dosages de ciment obtenues à partir des abaques doivent être
comparées aux dosages minima spécifiés par la norme NF EN 206-1.

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Bétonnage en fontion des conditions atmosphériques

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Tableau : Principaux éléments à prendre en compte pour le choix des ciments.

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Tableau : Utilisation des ciments

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Classification des bétons courants


Il existe plusieurs types de classification du béton. On distingue la classification selon :

1. La masse volumique (après séchage à l'étuve):


 Béton lourd: > 2600 kg/m3
 Béton normal (béton courant): 2000 - 2600 kg/m3,
 Béton léger: 500 - 1800 kg/m3.
 Béton très léger: < 500 kg/m3.

2. Classes de consistance (NF EN 206-1) - Béton frais -

Tableau 3 : Classes d'affaissement

NB : SLUMP TEST : S1: béton ferme, S2 : béton plastique, S3 : béton très plastique, S4 :
fluide, S5 : béton très fluide.

3. Classe de resistance à la compression (béton durci)


Lorsque le béton est classé selon sa résistance à la compression, le Tableau 7 est applicable
s'il s'agit de bétons de masse volumique normale et de bétons lourds, ou le Tableau 8, s'il s'agit
de bétons légers.
La résistance caractéristique valeur de résistance en dessous de laquelle peuvent se situer 5
% de la population de tous les résultats des mesures de résistance possibles effectués pour le
volume de béton considéré.

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Tableau 7 : Classes de résistance à la compression pour les bétons de masse volumique normale et les bétons lourds

La teneur en chlorures

La teneur en chlorures d'un béton, exprimée en pourcentage en masse d'ions chlorures


rapportée à la masse de ciment, ne doit pas dépasser la valeur mentionnée pour la classe
sélectionnée.
Sauf prescription particulière, les classes de chlorures pour des bétons en France sont :
 Cl 0,20 pour les bétons contenant des armatures de précontrainte en acier ;
 Cl 0,40 pour les bétons contenant des armatures en acier ou des pièces métalliques noyées ;
 Cl 0,65 pour les bétons contenant des armatures en acier ou des pièces métalliques noyées et
formulés avec des ciments de type CEM III ;
 Cl 1,0 pour les bétons ne contenant ni armature en acier, ni pièces métalliques noyées.

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I.1-7 Démarches et Exigences de durabilité

La résistance mécanique à la compression a été longtemps considéré comme la qualité


essentielle à rechercher pour un béton durci. Il est désormé admis (implicitement au niveau des
normes en vigueur par la notion de classe d’exposition) que le facteur important est plutôt la
durabilité des bétons.
Dans de nombreuses applications, et notamment dans des conditions environnementales
particulièrement sévères, le choix du ciment a une influence sur la durabilité du béton, du
mortier et des coulis, par exemple vis-à-vis de la résistance au gel, de la résistance à l'action de
substances chimiques, et vis-à-vis de la protection des armatures.
Le choix du ciment à partir de l'EN 197-1, en particulier le choix du type et de la classe
de résistance, en fonction de l'utilisation et de la classe d'exposition, doit se faire en appliquant
les normes et/ou règlements relatifs au béton ou au mortier, en vigueur sur le lieu d'utilisation.
Le béton est un matériau « vivant » et sensible aux effets de vieillissement. Plusieurs
mécanismes peuvent être impliqués dans l’altération de la durabilité du béton durci. La norme
NF EN 206-1 propose des spécifications pour formuler des bétons avec une durée de vie égale à
50 ans (NF EN 1990 de mars 2003) :

Tableau 2.1 : Durée indicative d'utilisation de projet NF EN 1990 (mars 2003)

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Une démarche de « durabilité complète » peut se résumer succinctement de la manière suivante :

1. Analyse des principaux mécanismes pouvant affecter la durabilité des ouvrages :

a. D’origine interne au béton (alcali-réaction, formation d’éttringite différée),

b. D’origine extérieure affectant directement le matériau béton : cycles gel/dégel des


bétons, Attaques sulfatiques externes,

c. D’origine extérieure affectant le béton armé ou précontraint : corrosion des


armatures (carbonatation du béton d’enrobage / pénétration de chlorures).
2. Choix de constituants et définition de formules théoriques de béton permettant de
répondre aux agressions potentielles.

Quelques définitions :
Béton à haute résistance
béton appartenant à une classe de résistance à la compression supérieure à C50/60, s'agissant de béton
de masse volumique normale ou de béton lourd, et supérieure à LC 50/55, s'agissant de béton léger
béton à propriétés spécifiées : béton pour lequel les propriétés requises et les caractéristiques
supplémentaires sont spécifiées au producteur qui est responsable de fournir un béton qui satisfait à ces
propriétés requises et à ces caractéristiques supplémentaires.
Béton à composition prescrite : béton pour lequel la composition du béton et les constituants à utiliser
sont spécifiés au producteur qui est responsable de fournir un béton respectant cette composition
prescrite.
Béton à composition prescrite dans une norme: béton à composition prescrite dont la composition est
définie dans une norme applicable là où le béton est utilisé.

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Spécification du béton
Le prescripteur du béton doit s'assurer que toutes les exigences pertinentes pour obtenir
les propriétés nécessaires du béton, sont incluses dans la spécification donnée au producteur. Le
prescripteur doit également prescrire toutes les exigences sur les propriétés du béton qui sont
nécessaires au transport après livraison, à la mise en place, au compactage, à la cure ou à tout
autre traitement ultérieur.
Le béton doit être spécifié soit comme béton à propriétés spécifiées (BPS), soit comme
béton à composition prescrite (BCP) en spécifiant la composition.
Pour le béton à composition prescrite c'est la responsabilité du prescripteur de s'assurer
que les prescriptions sont conformes aux exigences générales de l'EN 206-1 et que la
composition prescrite est capable d'atteindre les performances attendues pour le béton aussi bien
à l'état frais que durci.

Dans le cas des bétons à composition prescrite dans une norme, cette tâche est de la
responsabilité de l'organisme national de normalisation.

Désignation des bétons


Il existe trois types de produits dans la norme NF EN 206-1 :
- les Bétons à propriétés spécifiées : BPS
- les Bétons à composition prescrite : BCP
- les Bétons à composition prescrite dans une norme : BCPN
Bétons à propriétés spécifiées « BPS »
Il s’agit de béton pour lequel les propriétés requises et les caractéristiques supplémentaires sont
spécifiées au producteur qui est responsable de fournir un béton satisfaisant à ces exigences.
Les spécifications de base sont les suivantes :
- la conformité à la norme NF EN 206-1 ;
- la classe de résistance à la compression ;
- la classe d’exposition ;
- la classe de consistance ;
- la classe de teneur en chlorures ;
- la dimension nominale maximale des granulats.
Des caractéristiques complémentaires (type de ciment, …) peuvent, le cas échéant, être demandées en
plus des spécifications de base, avec des niveaux de performances contrôlées suivant des méthodes
d’essais définies.
Les BPS sont les bétons traditionnellement fabriqués et commercialisés par les centrales de BPE
(garantie de la résistance/producteur).

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Les BCP « BCP »

Les BCP (Bétons à composition prescrite)

Il s’agit de béton pour lequel la composition et les constituants à utiliser sont spécifiés au
producteur par le prescripteur. Le prescripteur a la responsabilité de s’assurer que les prescriptions sont
conformes aux exigences de la norme NF EN 206-1 et que la composition prescrite est capable d’atteindre
les performances attendues pour le béton. Le producteur est responsable de fournir un béton respectant
cette composition prescrite.
Les contrôles sur les performances atteintes ne sont pas de la responsabilité du producteur : ils incombent
au prescripteur ou à l’utilisateur.

Les BCP dans une Norme (Bétons à composition prescrite dans une norme)
Ce type de béton est réservé à certains ouvrages simples de bâtiment : ce sont généralement les
bétons fabriqués à la bétonnière sur le chantier.
En France, la norme NF P 18-201 (DTU 21) définit des bétons à composition prescrite destinés à des
ouvrages simples (catégorie A du DTU 21 : R+2 comportant au plus un seul niveau de sous-sol).
Ces bétons sont, au maximum, de la classe de résistance C16/20, pouvant être portée à C20/25 en cas de
contrôle de la production.

Un BCP ne doit être spécifié que par un prescripteur expérimenté disposant d’une réelle
compétence dans la formulation du béton (Introduction Annexe Nationale).

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LES BCP
CAS DES BCP SUR ÉTUDE
Les spécifications de base d’un BCP selon la norme NF EN 206-1 sont les suivantes :
 conformité à la norme NF EN 206-1 (Spécifications minimales selon les classes
d’exposition) ;
 dosage en ciment,
 type de ciment et classe de résistance,
 rapport E/C ou consistance (classe, valeur cible),
 D max granulats + limitation des fuseaux granulaires,
 type, catégorie et teneur maximale en chlorures des granulats,
 type, quantité et origine des adjuvants ou additions ,
CAS DES BCP DÉFINIS PAR LE SEUL DOSAGE EN CIMENT
NF EN 206-1 : Les BCPN sont fabriqués sur le chantier par l’utilisateur pour son propre usage
(NF P 18-201 - DTU 21) :
Utilisation limitée aux cas suivants :
• ouvrages de catégorie A ( R + 2 ),
• classes d’exposition X0, XC1 et XF1 et assimilées
• pas d’entraîneur d’air,
• Surdosage en ciment + minoration des résistances mécaniques = pas de contrôles
Dosages minimaux majorés en ciment pour les ouvrages de catégorie A pour les BCPN (DTU
21).
• 350 kg/m³ pour du BA (fcyl,k = 20MPa)
• 300 kg/m³ pour du Béton non armé (fcyl,k = 16MPa)
• 250 kg/m³ pour du Béton non armé de semelle filante (fcyl,k = 12MPa)
• Les additions ne sont pas prises en compte et les entraîneurs d’air sont interdits.

Partie responsable des essais initiaux


Les essais initiaux relèvent :
 de la responsabilité du producteur, pour les bétons à propriétés spécifiées.
 de la responsabilité du prescripteur, pour les bétons de composition prescrite, et
 de celle de l'organisme de normalisation pour les bétons à composition prescrite dans une
norme.

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