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LA POLITIQUE INDISTRIELLE

La politique industrielle est l'ensemble des mesures, prises par l'État, destinées à développer l'industrie et,
au-delà, l'ensemble de l'appareil productif
.
1- LES RESTRUCTURATIONS INDUSTRIELLES SONT NÉCESSAIRES
A- Adapter l'industrie et l'appareil productif
*Une adaptation face à la crise :
La crise économique est principalement une crise industrielle. La croissance de la demande adressée à
l'industrie se ralentit. Certaines branches industrielles sont même menacées de disparition (exemple de la
sidérurgie).
*Une adaptation aux mutations technologiques :
Les mutations technologiques rendent certaines branches obsolètes. Des produits de substitution se
diffusent (exemple de la sidérurgie face aux matériaux plastiques ou de synthèse).
*Une adaptation à la concurrence :
La concurrence sur le marché international est exacerbée, car la crise réduit les perspectives de croissance.
Les Nouveaux Pays Industrialisés (NPI) plus compétitifs deviennent des concurrents (textile et certains
biens d'équipement des ménages informatique ou automobile, par exemple).
B- La politique industrielle : de l'intervention au désengagement de l'État
*Une politique industrielle directe fondée sur une stratégie d'action :
-L'interventionnisme de l'Etat doit induire une réaction ou/et une adaptation de l'appareil productif. Les
mesures peuvent prendre les formes suivantes :
• Élaboration d'une législation et/ou d'une réglementation contraignante pour les entreprises (par exemple,
dans le domaine de la concurrence ou des investissements), pouvant aller jusqu'à la nationalisation ;
• Orientation de l'industrie à l'aide de marchés publics, par l'intermédiaire des entreprises publiques, par une
stratégie de grands projets ;
• Prise en charge d'une partie des dépenses de recherche et développement que les entreprises ne pourraient
assumer seules.
-Ces mesures présentent un caractère peu libéral et comportent certains risques ; indépendamment du
marché, elles peuvent ne pas être efficientes par exemple, en prolongeant artificiellement une activité qui
devrait disparaitre, elles peuvent empêcher une reconversion industrielle pourtant indispensable.
*Une politique industrielle indirecte fondée sur une stratégie d'environnement :
-Ces mesures se développent depuis les années 80, dans le contexte de résurgence du libéralisme.
Il s'agit d'offrir au marché un environnement favorable, pour induire les restructurations nécessaires, en
encourageant l'initiative privée et l'esprit d'entreprise. Ces mesures peuvent prendre les formes suivantes :
Privatisations ou ouverture du capital d'anciennes entreprises publiques aux investisseurs privés afin de
restituer les entreprises publiques au secteur privé ;
Déréglementation pour instaurer une émulation par la concurrence et éliminer les rigidités ;
Incitations à la création d'entreprises, à l'investissement à la concentration ou à l'implantation d'entreprises
dans certaines régions pour stimuler l'offre (exonérations ou réductions dans le domaine de la fiscalité ou
dans celui des charges sociales éventuellement). Ces mesures, à caractère libéral, peuvent être lentes à
induire leurs effets et leur efficacité demeure incertaine puisqu'elles ne sont qu'incitatives.

2-LES DIFFÉRENTES ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE INDUSTRIELLE


A- Le choix de la politique des créneaux...
*Les principes :
- La politique de créneaux par exemple, se traduit par une volonté de spécialisation dans des produits ou
groupes de produits porteurs. Elle est fondée sur la théorie des avantages comparatifs de D. Ricardo.
La Politique des créneaux vise à instaurer une position dominante sur un ou plusieurs créneaux. A cette fin,
il faut atteindre une masse critique sur un créneau, c'est-à-dire une part dominante du marché mondial.
*Les effets pervers :
-Certaines branches sont absentes de l'appareil productif, ce qui nécessite d'importer et peut finalement
accroître la contrainte extérieure.
-Une économie duale peut se développer. Une activité compétitive et ouverte peut coexister avec une
activité plus archaïque et fermée. De ce fait, des inégalités sociales peuvent se créer entre les actifs de ces
deux types d'activités.
-Le chômage se développe lorsque des branches grandes utilisatrices de main-d’œuvre sont abandonnées,
au profit de branches plus capitalistiques.
-Toute spécialisation dans un créneau n'est pas profitable ou durable : les ressources en facteurs de
production peuvent être limitées ou inadaptées, la demande peut devenir inélastique, l'économie nationale
peut souffrir d'un manque de compétitivité. Il faut alors abandonner ce créneau, et se reconvertir en fonction
des potentialités et de la demande.
B ... n'est pas exclusif du choix de la politique de filière
*Les principes :
-La filière, choisie par l'Allemagne, par exemple, est une chaîne d'activités complémentaires et
interdépendantes en amont et en aval d'une activité principale (exemple, la filière agroalimentaire).
-La politique de filière a pour objectif de maîtriser une filière en procédant à une intégration verticale. Une
filière intégrée, grâce à sa compétitivité se libère en partie de la contrainte extérieure.
*La politique des créneaux et celle de filière ne sont pas incompatibles :
Une politique de créneaux développe des activités qui sont les pôles de compétitivité de l'appareil productif
(taux de couverture supérieur à 120 %). A partir de ces pôles, un effet d'entraînement, en amont ou/et en
aval le long de la filière, peut se produire (cas de l'Allemagne et du Japon).
La restructuration industrielle s'accompagne d'une restructuration des emplois.
L'inadéquation des qualifications des actifs à celles des nouveaux emplois nécessite la mise en place d'une
politique de l'emploi.
A POLITIQUE SOCIALE
La politique sociale est l'ensemble des mesures prises par l'Etat et les administrations publiques pour mettre
en place la protection sociale, la législation sociale et organiser les services publics.
1-LA POLITIQUE SOCIALE A UNE FONCTION ÉCONOMIQUE
A- La politique sociale s'est créée sur le principe de solidarité nationale
*Le concept de solidarité nationale :
- Il faut soustraire certaines priorités sociales à la logique de marche. Parfois, la maximisation de l'utilité
économique minimise l'utilité sociale.
Au Maroc, le principe retenu lors de la création de la Sécurité sociale en 1959 est celui d'une "couverture
sociale des risques individuels".
*Une prise en charge sociale des individus :
- Les risque que couvre la Sécurité sociale sont ceux liés à la suppression des revenus en cas de maladie,
de maternité, d’invalidité et de vieillesse. A cela s’ajoute des allocations familiales et des allocations
attribuées aux ayants-droit, une allocation de décès et une pension de survivants ainsi que des indemnités
pour perte d’emploi.
-Au-delà, il s’agit, pur l’Etat, de garantir la satisfaction des besoins fondamentaux de la population, pour
atteindre un état sanitaire et social correct (politique du logement, politique de l’éducation, services
collectifs gratuits).
*Un double héritage :
A la fin du XIX siècle, le chancelier allemand Bismarck à crée les assurances sociales au profit des
travailleurs, et ce dans le but de combattre la doctrine et l'idéologie socialiste. Il s'agissait de prendre des
risques sociaux qui peuvent être causés par l'industrie naissante. En 1942, en Grande-Bretagne, sir W.
Beveridge a adressé au gouvernement un rapport dit « rapport Beveridge » qui, fondé sur la théorie
keynésienne, préconise la mise en place d’un système universel bénéficiant à l’ensemble de la population.
B- La politique sociale est un régulateur économique et social
*Un soutien de la conjoncture :
-La politique sociale décharge les ménages de certains risques et de certaines dépenses, ce qui desserre leur
contrainte budgétaire et permet d'éviter qu'ils ne constituent des encaisses de précaution exorbitantes.
-En période de récession, le versement de prestations, d'une indemnisation chômage, par exemple, soutient
la demande, ce qui évite une aggravation de la crise par insuffisance de la consommation.
*Les dépenses sociales ne nuisent pas à la croissance :
Les pays dont la politique sociale est d'un haut niveau enregistrent des performances économiques
appréciables. Cela tendrait à montrer qu'il existe une corrélation entre politique sociale et performances
économiques, ou au moins que la politique sociale n'est en rien un handicap.

2- LA POLITIQUE SOCIALE EST FRÉQUEMMENT REMISE EN CAUSE


A- La politique sociale semble aujourd'hui moins efficace...
*Une remise en cause par les faits :
- En raison de la récession et de l'augmentation du chômage, l'assiette des revenus, sur laquelle sont
appliqués les taux de cotisations sociales, augmente plus faiblement : cela ralentit la croissance des recettes
sociales. En revanche, la crise engendre une augmentation importante des dépenses à caractère social.
Cet effet de tenaille compromet l'équilibre financier des organismes sociaux dont la gestion s'avère de plus
en plus difficile.
- Le vieillissement de la population va faire baisser à terme le rapport démographique (nombre
d'actifs/nombre d'inactifs). Cela ajouté à l'allongement de la durée de vie compromet la gestion des retraites
fondée sur le système de répartition, dans lequel les cotisations des actifs occupés sont immédiatement
reversées aux retraités sous forme de pensions. Si le rapport démographique est trop faible, il peut être
envisagé la mise en place du système par capitalisation qui prévoit le versement de pensions de retraite
financées préalablement par la constitution d'un capital tout au long de la vie active.
*Une remise en cause due à l'existence d'effets pervers :
- La politique sociale définit des priorités sociales, telle celle du logement par exemple. Cela peut conduire
l'Etat à faire bénéficier les locataires d'une protection et d'une certaine garantie de loyer, ce qui comporte le
risque d'un ralentissement d'activité dans le secteur de la construction.
Le comportement de "passager clandestin" est toujours à redouter dans la mesure où la rationalité
individuelle peut conduire à profiter et à abuser de ce qui est proposé gratuitement à la collectivité.
B- ... D'autres systèmes doivent éventuellement s'y substituer
Une alternative par l'existence d'autres solidarités :
L'État pourrait se décharger d'une partie de la politique sociale si d'autres réseaux de solidarité prenaient le
relais. Ainsi, les solidarités privées (famille, voisinage, communauté), qu'elles soient formelles, dans le
cadre du mouvement associatif par exemple, ou informelles, peuvent assumer pour une part la protection
sociale.
Une autre alternative par le recours au marché :
Il est possible de revenir à la conception libérale selon laquelle les ménages doivent se prendre en charge
rationnellement.
Le débat idéologique autour de la politique sociale s'est durci en même temps que s'aggravaient les
difficultés financières de la protection sociale. Le retour à la croissance en atténuerait la portée.