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Créer des religions

imaginaires en s’inspirant de
l’histoire de manière
originale
Sam Metzener
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Apr 27, 2020 · 16 min read

La question de la religion a été traitée à de nombreuses reprises


dans le milieu du jeu de rôle, à travers des focales resserrées (“Les
religions dans l’espace”) ou plus larges (“La religion dans les
mondes imaginaires”).

À titre personnel, ce sujet me passionne ayant la double casquette


de rôliste et d’historien ayant suivi un cursus en “sciences des
religions” (groupement de branches académiques visant à étudier
de manière dépassionnée et sans posture idéologique marquée les
religions organisées comme une des parties constitutives d’une
société et qui fait souvent appel au comparatisme comme outil
méthodologique).

L’article qui suit ne prétend pas penser le rapport du jeu de rôle à


la religion, ou vice versa. En revanche, il propose un outil
pour créer à la volée des formes originales d’expression
religieuse dans des settings variés (med fan, post apo,
science-fiction, etc.).
Tome of Salvation, Ralph Horsley

Petite parenthèse définitoire


Avant de commencer, il convient quand même de poser une
définition minimale de la religion (en tout cas de ce que moi
j’entends par religion). Parce que si c’est clair pour vous, ce n’est
pas forcément le cas des chercheurs qui s’étripent dans des
querelles de clocher depuis le XIXe siècle. Ayant abandonné, un
siècle plus tard, la chimère tendant à définir une forme
essencialisée de la religion, ils se sont divisés en plusieurs courants
qui étudient des religions données selon un prisme particulier :

 Les phénoménologues des religions s’intéressent


avant tout à la conscience des croyants, c’est-à-dire en
grande partie à leur conception du monde et aux
perceptions qu’ils ont eux-mêmes des faits religieux. Ils
articulent leur réflexion à travers une analyse des textes
sacrés.

 Les anthropologues des religions étudient le fait


religieux. Cette notion regroupe les rites, les pratiques,
les traditions mais aussi les corpus théologiques qu’ils
soient savants ou non (mythes, textes sacrés, normes)
d’une tradition religieuse donnée.
 Les sociologues des religions analysent le fait
religieux en rapport avec son contexte social. Très
éclatée, la discipline a amorcé une réflexion sur elle-
même et ses fondateurs (Weber, Durkheim, Marx) afin
d’actualiser sa pratique. La focale est mise sur les formes
contemporaines de religiosité, qu’elles soient
individuelles ou collectives.

 Les psychologues des religions s’intéressent au


fonctionnement psychique — conscient et inconscient —
des comportements religieux normaux ou
pathologiques, et ce à un échelon individuel ou collectif.
Cette discipline offre un intérêt marqué pour l’analyse
des états altérés de conscience.

Ce minuscule tour d’horizon a pour but de vous montrer à quel


point c’est le foutoir chez les spécialistes. Il faut rester modeste
quand on cherche à définir la religion, et plus encore quand on
tente de l’analyser.

Dans le cadre de cet article, nous nous limiterons aux formes


organisées de religion en écartant de notre petit outil les
formes d’expression les plus spontanées. Cela ne nous empêchera
pas d’être extrêmement audacieux par rapport au monde
académique en supposant que la religion telle que nous
l’envisageons ici implique :
1. Un ensemble de croyances et de doctrines.

2. Une forme de culte rendue au monde divin.

3. Un ensemble de pratiques/rites à effectuer au quotidien.

4. Des comportements à suivre ou à proscrire pour être en


conformité avec ses croyances et le reste de la
communauté.

Créer ses religions


Dans la grande majorité des jeux de rôle à tendance fantastique
(med fan, post apo, science fiction), la religion s’exprime souvent
de la même manière : il s’agit d’une transposition naïve voire
caricaturale du polythéisme gréco-romain, du druidisme celte ou
du catholicisme romain. C’est dommage car extrêmement limité
au regard de la diversité et de l’originalité de certaines formes de
religion.

Je vous propose ci-dessous une liste de tables qui vous


permettront de créer sur le pouce des religions moins
stéréotypées et de les intégrer à vos cadres de jeux NON
HISTORIQUES (par historique, j’entends dans le passé de
l’histoire humaine ou de nos jours en suivant un déroulement
chronologique analogue à notre histoire), mais en leur conférant
des éléments de vraisemblance issus de traditions avérées.
En fonction de vos envies, vous pouvez y piocher ce que vous
voulez ou vous servir au hasard en lançant un dé 6. Le choix du
hasard a le mérite de proposer des combinaisons originales qui
stimulent l’imaginaire.

Nota Bene 1 : chaque tableau énonce une opinion — celle du


croyant qui la professe. Cela représente une forme de subjectivité
bienvenue en la matière.

Note Bene 2 : l’absence de religion n’est pas abordée dans cet
article, bien que cela constitue une forme légitime et intéressante
ludiquement de développement culturel (cf. une grande partie des
pays de l’Europe occidentale au XXIe siècle, l’univers de Star
Trek). Cela pourrait être le sujet d’un futur article (tout comme
une réflexion plus poussée sur la vision assez conservatrice de la
religion dans le jeu de rôle).

Nota Bene 3 : le mot libéral est souvent employé dans les lignes
suivantes. En politique, il désigne un système centré sur l’individu
et la liberté et, en économie, une école de pensée pour qui le libre-
échange, la liberté d’entreprendre, de consommer et de travailler
sont nécessaires au bon fonctionnement de la société où
l’intervention de l’état doit être limitée. En théologie, il couvre un
autre spectre : une vision optimiste de l’homme et de la
civilisation, la volonté de replacer les écrits d’une religion dans
leur contexte de rédaction et d’avoir une pratique en phase avec
l’époque et la société dans lesquelles vivent les croyants.
Deux panthéons pour le prix d’un (vikings et grecs)

1. CADRE

Ma religion prend place à une échelle…

1. … immense qui implique éclatement et diversité ainsi


qu’un contrôle moins aisé des périphéries (exemples :
une galaxie, une entité politique de la taille de l’empire
romain).

2. … importante qui implique une ère culturelle


commune et les moyens de s’en rendre compte
permettant à une autorité supérieure d’avoir une vue
d’ensemble (exemples : la chrétienté médiévale dès le
XIIe siècle, la Chine de la dynastie Qin, le Japon du
XVIIe siècle, l’empire aztèque, le Saint Empire romain
germanique ottonien, une planète, une cité cyberpunk).

3. … spécifique qui permet une forme de diversification


locale mais avec des contrôles potentiels dépendant du
bon vouloir des dirigeants (exemples : le royaume de
France au Moyen Âge central, la république de Berne au
XVIIe siècle, l’empire almohade vers 1200, l’Utah en
1853, le royaume de New Burgundy en 2067 — 3 ans
après l’Apocalypse, une station spatiale).
4. … restreinte qui renforce l’identité commune, la
circulation des informations et le contrôle exercé sur les
habitants (exemples : un diocèse, une commune, une
entité régionale, la subdivision administrative d’une
ville).

5. … minuscule qui crée un fort sentiment


d’appartenance mais renforce le contrôle mutuel voire
les suspicions en cas de perturbation de l’ordre naturel
— catastrophes naturelles, épidémies (exemples : une
petite communauté, un village, un quartier dans une
ville cyberpunk, un avant-poste post-apo, un vaisseau
spatial).

6. … chaotique en raison de l’instabilité politique qui


empêche tout contrôle lointain et livre les populations à
l’arbitraire, à la violence et aux changements fréquents
et brutaux (exemples : le Saint Empire romain
germanique pendant la guerre de Trente Ans, le Japon
au XVIe siècle, la France des guerres de religion,
l’Espagne médiévale des taïfas, les terres disputées des
Pyrénées entre les néo Wisigoths et l’über-comté de
Toulouse, l’Alliance de la série Firefly affrontant les
séparatistes des planètes extérieures).

2. CROYANCE FONDAMENTALE
Ma religion professe l’existence…

1. … d’une divinité unique exclusive qui entre en


concurrence avec les autres formes de religion
(exemples : le christianisme, l’islam, le judaïsme, la
religion des Fremen dans Dune).

2. … d’une divinité supérieure aux autres dont


l’influence prépondérante est avérée (exemples : la
religion des Hébreux avant l’exil à Babylone, l’Un des
néo-platoniciens, le yézidisme).

3. … d’un panthéon structuré de


divinités différentes voire opposées (exemples : les
polythéisme gréco-romain ou viking).

4. … d’un panthéon de divinités qui prennent les


formes les plus diverses au plan local (exemples : la
religion des celtes, des phéniciens ou des hittites,
l’hindouisme).

5. … d’un monde peuplé par des esprits qui peuvent


interagir avec le nôtre et dont le respect influence notre
quotidien (exemples : l’animisme ou le shintoïsme).

6. … d’une philosophie de l’existence davantage que


le culte d’une divinité créatrice (exemples : certaines
formes de bouddhisme, le confucianisme).
3. NATURE DIVINE

Ma religion vénère une/des divinité.s réputée.s…

1. … agitée.s par les mêmes passions que les êtres


vivants, ce qui n’est pas sans conséquences (exemples :
les polythéismes gréco-romains, vikings ou hindous).

2. … indifférente.s au sort des êtres vivants et dont


les desseins nous échappent (exemples : le néo-
platonisme, le Crom des Cimmériens).

3. … supposément active.s dans le monde des


hommes avec des plans spécifiques (exemples :
l’hindouisme, le judaïsme antique originel, les dieux
égyptiens).

4. … œuvrant soi disant en faveur d’une


communauté donnée ou d’un lieu précis et de ses
intérêts (exemples : les divinités “nationales” des états
antiques proche-orientaux comme Moab ou Israël, le
culte impérial dans la Rome antique).

5. … imprévisible.s, aussi faut-il effectuer de nombreux


sacrifices sanglants d’animaux pour obtenir sa/leur
bonne grâce (exemples : les religions gréco-romaine ou
phénicienne, le judaïsme pré-rabbinique, l’hindouisme).
6. … secrète.s et mystérieuse.s, on ne peut accéder à
son/leur message qu’en devenant l’élu de son/leur culte
à mystères (exemples : les mystères d’Eleusis, la
mithriacisme, les cultes isiaques, l’orphisme, les gnoses).

4. FONCTIONNEMENT

Ma religion fonctionne de manière…

1. … strictement verticale et unifiée. Cela assure la


transmission des consignes, la conformité aux ordres et
le contrôle exercé sur la population (exemples : le
catholicisme du bas Moyen Âge, le chiisme iranien).

2. … autocéphale, c’est-à-dire verticale mais de manière


plus souple et avec moins d’échelons hiérarchiques et
des autorités suprêmes moins lointaines (exemple : le
christianisme oriental).

3. … démocratique. Des représentants élus issus des


fidèles et du bas clergé siègent dans une assemblée
édictant les règlements du culte et qu’un conseil
regroupant les plus hautes autorités est chargée
d’exécuter, tout en gérant les affaires courantes
(exemple : les églises calvinistes).
4. … complètement éclatée. Hormis une figure à l’aura
symbolique, chaque secte ou mouvement peut prospérer
librement (exemple : l’hindouisme).

5. … conciliaire. Des représentants du clergé se


réunissent en assemblée et prennent les décisions. Les
figures d’autorité n’ont qu’un rôle symbolique ou
consultatif (exemple : le paléochristianisme, le parti
communiste chinois — oups non désolé).

6. … népotique. Les charges suprêmes sont achetables et


distribuées ensuite comme récompenses, servant parfois
à asseoir des dynasties au pouvoir (exemple : la
pornocratie pontificale du Xe siècle).

5. PARTICULARITÉ

Ma religion possède une véritable spécificité…

1. … elle prône la non violence de manière absolue.


Toute vie est sacrée (exemples : le jaïnisme ou le
mennonisme).

2. … elle proscrit le mensonge qui est tabou. La vérité


ne doit jamais être cachée (exemples : le zoroastrisme, le
Qowat Milat dans Star Trek).
3. … elle affirme que tout être est sentient. Sa vie
doit être respectée (exemples : le jaïnisme, l’animisme).

4. … elle affirme que l’eau a un pouvoir


salvateur et régénérant. Tous les sanctuaires sont
construits le long des rivières et des fleuves (exemple : le
mandéisme).

5. … elle prohibe un régime carné. Le végétarisme est


de rigueur (exemples : le catharisme, le bouddhisme, le
jaïnisme).

6. ... elle affirme la sacralité de certains


animaux qui sont vus comme étant la représentations
de divinités. On ne peut pas les tuer et on leur manifeste
une sincère déférence (exemples : le yézidisme,
l’hindouisme, la religion égyptienne antique).

6. RAPPORT AU CORPS

Ma religion considère que le corps est…

1. … profondément sale et corrompu. Il s’agit de le


purifier en le soumettant à une forte ascèse. La mort est
une libération (exemples : le catharisme, le
manichéisme).
2. … le réceptacle d’ une parcelle divine. Il est
précieux et doit être entretenu par des rites de
purification et de l’exercice (exemples : l’hygiénisme
protestant du XIXe siècle, la secte pythagoricienne).

3. … utilitaire. Il a été voulu par la/les divinité.s et


permet d’harmoniser les besoins physiques aux
exigences spirituelles (exemple : l’islam, certains
courants du judaïsme et du christianisme).

4. … un vecteur entre inconscient et conscient,


mondes invisibles et visibles. Il forme un entre-deux par
son esprit et sa chair. La conscience doit être élargie à
travers lui(exemple : diverses formes d’animisme).

5. … une punition ou une rétribution pour nos vies


antérieures. Nous sommes le résultat de nos actions
(exemples : l’hindouisme, le bouddhisme, le
manichéisme, l’origianisme, l’orphéisme).

6. … en chemin vers immortalité. Elle ne sera atteinte


qu’en mangeant une nourriture le privant des
substances de mort et en devenant maître de ses réflexes
— musculaires et moraux (exemple : le taoïsme).

7. SEXUALITÉ

Ma religion considère que la sexualité…


1. … est à vocation reproductive. La contraception et
des pratiques homosexuelles sont perçues comme allant
contre les lois de la nature (exemples : le catholicisme,
certains courants de l’évangélisme protestant).

2. … permet d’atteindre la libération en mélangeant


le désir à la quête spirituelle (exemple : les pratiques
tantriques).

3. … est prohibée hors du cadre du mariage. Le


croyant qui s’y soustrait est dans l’illégalité (exemple : la
plupart des religions).

4. … s’épanouit dans un cadre


monogame hétérosexuel qui est perçu comme une
métaphore du lien entre les êtres vivants et la/les
divinité.s (exemples : le christianisme non libéral, le
judaïsme non libéral, l’islam non libéral, les formes
conservatrices des autres religions structurées).

5. … est libre tant qu’elle est féconde et sert les intérêts


du groupe. Peu importe le genre, le sexe, le nombre de
partenaires ou d’époux (exemple : l’animisme tribal).

6. … n’appartient pas à l’individu. L’humain fait


partie d’une communauté et rien ne lui appartient en
propre, pas même son/ses conjoint.s, pas même son
propre corps (exemple : certains courants anabaptistes
radicaux du XVIe siècle, les carpocratiens radicaux).
8. POLITIQUE

Ma religion a des buts civilisationnels. Elle considère que l’espace


public…

1. … lui importe peu. Seule compte la quête individuelle


de l’élévation de l’âme (exemples : les cabalistes, le
soufisme, les mystiques chrétiens).

2. … est un terrain à conquérir afin d’imposer à terme


ses lois (exemples : le salafisme, les mormons, le
judaïsme ultra orthodoxe, le pentecôtisme).

3. … est soumis à l’autorité de l’État qui est par


conséquent le chef de la religion (exemples : le
christianisme byzantin, le protestantisme zwinglien).

4. … doit se soumettre à l’autorité divine qui prime


sur les lois civiles (exemples : le chiisme iranien, le
wahabisme saoudien, le judaïsme ultra orthodoxe, le
pentecôtisme, l’hindouisme nationaliste).

5. … est un lieu de débat où exprimer les idées qu’elle


professe (exemples : les formes contemporaines
modérées de religion, le théâtre grec antique).

6. … ne lui appartient pas et est dangereux. Le plus


grand nombre n’a pas vocation à recevoir la révélation
(exemples : les gnoses, les cultes à mystères, les espaces
sélectifs de sociabilité comme la franc-maçonnerie).

9. SOCIÉTÉ

Ma religion a une vision pour la vie sociale. Elle prône…

1. … un système de castes. En fonction de ses mérites


et de sa lignée, chacun a une place précise dans l’ordre
naturel du monde (exemple : l’hindouisme, les castes
japonaises).

2. … une verticalité nécessaire. Tout comme le monde


divin règne sur le monde des vivants, il faut une
hiérarchie sociale marquée afin d’éviter le désordre
(exemple : la féodalité médiévale européenne ou
japonaise).

3. … une unité sociale et spirituelle de la nation car le


monde divin englobe et unit tout (exemple : le
shintoïsme d’état de l’ère Meiji).

4. … une vision égalitariste. Il n’est pas juste que les


gouvernants s’approprient les ressources au détriment
des plus démunis. Il faut partager chaque chose
équitablement (exemples : l’anarchie chrétienne, le
moïsme chinois).
5. … la vie en communauté. Vivre seul ne fait pas sens,
on s’entraide mieux quand on est nombreux (exemples :
le monachisme chrétien ou bouddhiste, l’anabaptisme
radical).

6. … l’obéissance civique et le respect de rites


commun. Pour que l’état prospère, les citoyens doivent
effectuer les prescriptions adéquates (exemples : les
religions gréco-romaine liée à l’état et à la cité).

10. ÉCONOMIE

Ma religion pense que l’économie doit s’inscrire dans un


système…

1. … libéral sans contrainte. Le monde divin a créé


l’humain libre. Celui-ci ne doit pas dépendre d’un état
qui le détourne de cette liberté fondamentale et de la
responsabilité qui en découle (exemples : le baptisme, le
pentecôtisme).

2. … libéral redistributif. L’humain est responsable du


fonctionnement de la société devant le monde divin,
mais l’état et la religion sont eux aussi soumis à des
devoirs, comme aider les plus démunis (exemple : les
réformes luthériennes et calvinistes, le judaïsme libéral).
3. … protectionniste et corporatiste. Le monde
économique se répartit dans des corps de métiers. Ceux-
ci bénéficient de monopoles mais sont tributaires de
traditions religieuses d’entraide (exemple : l’Europe
médiévale catholique, la Japon médiéval).

4. … isolationniste. Le monde est mauvais. Il faut s’en


extraire et vivre de sa propre production. Une partie des
bénéfices est reversée à la religion (exemples : les amish,
certains mouvements sectaires anglo-saxons).

5. … socialiste. La religion favorise l’entraide entre les


peuples, la redistribution des richesses à travers un
réseau d’organismes dédiés et encourage les
investissements dans le cadre d’un système libéral pour
mettre en place une forme de justice sociale (exemples :
les socialismes chrétiens, les Frères musulmans).

6. … anarchiste. L’état est une construction abstraite


aliénante de l’individu. La religion est là pour penser et
mettre en place des structures de gouvernance
différentes, centrée sur l’individu, tout en veillant au
bien-être des plus démunis (exemple : les courants
anarchistes dans toutes les religions structurées).

11. ALTÉRITÉ
Ma religion porte sur les personnes ne partageant pas ses idées
un regard…

1. … hostile. Le monde environnant est un ennemi


cherchant à abattre la religion. Cela appelle une riposte
qui peut être idéologique et/ou armée (exemple : à peu
près toutes les formes de religion dans leur versant le
plus réactionnaire).

2. … méfiant. Le monde environnant est peuplé de


personne ne partageant pas ses valeurs qui sont pensées
comme un bastion à protéger (exemple : à peu près
toutes les formes conservatrices de religion).

3. … indifférent. Les autres n’intéressent pas


particulièrement les tenants de la religion qui sont
tournés vers leur élévation personnelle (exemples : les
cultes à mystères, les gnoses, le taoïsme).

4. … tolérant. La religion accepte l’altérité que ce soit par


nécessité ou conviction. Elle est engagée dans un
dialogue avec les autres formes de cultes et les autorités
civiles(exemples : les expressions libérales des
monothéismes, certains courants bouddhistes).

5. … intéressé. Les profanes représentent une masse de


fidèles potentiels. La religion cherche à les convaincre de
rallier ses rangs par des outils performants de
communication et de propagande (exemples : le
salafisme, le pentecôtisme américain).

6. … coopératif. La religion travaille régulièrement avec


les autorités civiles ou d’autres cultes pour œuvrer
contre des fléaux telles que la pauvreté, la violence ou
l’analphabétisme (exemples : les ONG confessionnelles,
les religions reconnues d’utilité publique dans le canton
de Vaud en Suisse).

12. STATUT DES FEMMES

Dans ma religion, les femmes sont…

1. … traitées de manière égale aux hommes. Elles


occupent des fonctions analogues et sont moins
discriminées (exemple : le protestantisme libéral ou le
judaïsme libéral).

2. … traitées avec paternalisme. Elles sont jugées à


risque et les instances dirigeantes ont mis en place un
discours et des structures pour les surveiller (exemples :
euh une quasi totalité de toutes les religions organisées
dans l’histoire humaine).

3. … victimes de discriminations. Jugées non égales


aux hommes, elles n’ont pas accès aux mêmes fonctions
(exemples : euh une quasi totalité de toutes les religions
organisées dans l’histoire humaine).

4. … aux commandes. Elles ont instauré un


fonctionnement original et un système de croyances qui
leur permet de diriger de manière légitime la religion
(exemples : le Bene Gesserit dans l’univers de Dune,
attention pas les vestales qui étaient contraintes par des
hommes).

5. … vénérées avec dévotion. Que ce soit en raison de


particularités supposément féminines comme la fertilité,
l’imagination, la douceur, les soins, ou d’un événement
lié à la religion impliquant une femme, elles sont
considérées avec respect (exemples : hum, oui alors
plein de religions ont vénéré des aspects féminins mais
les femmes ont vécu dans un monde pensé et gouverné
par les hommes).

6. … les épouses de la/des divinité.s. Afin d’honorer le


monde divin, lutter contre la stérilité ou rapporter de
l’argent au temple, elles ont des rapports sexuels
ritualisés avec d’autres fidèles (exemples : culte de
Cybèle et Attis ou d’Ishtâr, certains cultes
mésopotamiens antiques, les devadâsî indiennes).

Edit : dans l’histoire humaine, il n’y a jamais eu de religion


matriarcale. L’imaginaire rôliste étant un lieu permettant
d’imaginer d’autres possibles, il suffit de mettre “homme” dans
l’intitulé et obtenir ainsi une religion dirigée par des femmes.

13. RAPPORT AU PROGRÈS / À LA TECHNOLOGIE

Ma religion considère le progrès…

1. … avec défiance. Souvent, il péjore l’univers tel que l’a


voulu originellement le monde divin et il asservit
l’homme. Il faut se montre prudent (exemples : les
religieux conservateurs à des époques de repli ou au
contraire d’apogée).

2. … comme ni bon ni mauvais, car c’est une somme


de savoirs et d’outils. Il faut en examiner les causes, le
fonctionnement et les buts ainsi que leur rapport à
l’homme et au divin avant de statuer à leur sujet
(exemples : les philosophes aristotéliciens médiévaux
dans les trois monothéismes).

3. … avec hostilité. C’est une abomination qui pervertit


l’humain en altérant son corps ou son mode de vie. Il a
provoqué des catastrophes par le passé et il faut s’en
garder coûte que coûte (exemples : les penseurs
réactionnaires au cours d’époques chaotiques).

4. … avec indifférence. La quête du sacré implique un


retrait du monde et des questions qui s’y rapportent
(exemples : certains courants monastiques
contemplatifs chrétiens ou bouddhistes, les cultes à
mystères).

5. … plutôt positivement. Il s’agit après tout d’un moyen


d’amélioration du quotidien (exemples : l’hygiénisme
chrétien du XIXe siècle, le bouddhisme médiéval en
Chine et en Inde).

6. … avec ferveur. En soi, il représente un don divin ou


un miracle et doit être révéré comme il se doit
(exemple : le rapport des Byzantins au feu grégeois, le
rapport aux des premiers musulmans aux techniques et
aux savoirs, les penseurs chrétiens de la Renaissance
européenne, les croyants positivistes du XIXe siècle).

14. CONVERSION

Pour intégrer ma religion, il faut…

1. … appartenir à une communauté ethnique ou


territoriale à qui le message est spécifiquement
destiné (exemples : certains courants du judaïsme ou de
l’hindouisme, le sikhisme).

2. … se livrer à une confession publique, en présence


de témoins, qui révélera la sincérité des impétrants
(exemple : l’islam).
3. … passer une série de tests qui détermineront du
degré de motivation et de sérieux de l’impétrant
(exemple : le judaïsme).

4. … subir des mises à l’épreuve symboliques,


parfois heurtantes, qui représentent le passage du statut
de profane à celui d’initié (exemples : le mithriacisme,
les cultes isiaques, la franc-maçonnerie, les rites de
chasse dans certaines tribus).

5. … subir des rites de passage liés à un élément qui


représenteront le voyage intérieur de l’impétrant et son
accueil dans la communauté (exemples : l’eau dans le
christianisme ou le feu dans le zoroastrisme pour le
baptême, la prise contrôlée de drogues dans certains
animismes).

6. … subir une mise à l’écart du monde durant un


laps de temps déterminé afin de refléter le passage d’un
monde à un autre et l’entrée dans la communauté
(exemples : certains cultes à mystères, certains ordres
religieux chrétien, bouddhistes ou hindous).

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