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Chapitre 5 : Introduction aux différents règlements

5.1.Introduction

Un projet de construction nécessite des capacités techniques et une bonne connaissance des
normes et règlementations conduisant l’acte de bâtir, afin de respecter les exigences en matière
de :

- Sécurité,
- Durabilité,
- Et confort.

Les normes et les règlements techniques, contient les dispositions visant à assurer ces exigences
lesquelles doivent être respectées par les différents intervenants dans un projet de construction :

- Le maitre de l’ouvrage,
- Le maitre d’œuvre,
- Le contrôleur,
- L’entrepreneur,
- Les sous-traitants, fournisseur, fabricant de matériaux et composants…)

Les documents règlementaires et techniques de la construction couvrant toutes les phases du


processus d’élaboration d’un projet, depuis les études d’opportunité et de faisabilité, jusqu’à sa
maturation et enfin sa réalisation.

Ces règlements sont élaborés dans le but de décrire la structure réglementaire et technique
régissant le bâtiment en Algérie en y intégrant au mieux les règlements techniques et normes
en vigueur en Algérie ainsi que certaine normes internationales (Eurocode, BAEL, etc.) ou
autres normes et documents techniques à titre informatif.

Le système de documents réglementaires couvrant le domaine de la construction sur le plan


technique fournit des réponses aux deux questions principales suivantes :

- Quelles sont les exigences auxquelles le produit final doit satisfaire ?


- Comment satisfaire à ces exigences ?

5.2.Le système de documents réglementaires


5.2.1. Les textes réglementaires et législatifs (Niveau 1)

La première question trouve sa réponse dans les textes réglementaires et législatifs, dits « ordre
supérieur ». Ils sont décrètes par de hautes autorités d’état. Il s’agit des : lois, décrits arrêtés,
circulaires, instructions et etc.
5.2.2. Le référentiel technique réglementaire (Niveaux 02 et 03)

La réponse à la question «comment satisfaire à ces exigences », trouve sa réponse dans les
documents ayant un caractère technique réglementaire. Ils sont d’un ordre inferieur par rapport
aux documents précédents et ils sont élaborés par les instituts chargés de la réglementation
technique en coopération avec les organismes professionnels. Il s’agit des :

a) Documents techniques réglementaires de conception DTR C (niveau 2) comme :

- Règles Parasismique Algérienne RPA 99 version 2003 (DTR BC-2.48),


- Règle neige et vent RNV 1999 (DTR C-2.47), etc.

b) Documents techniques réglementaires d’exécution DTR E (niveau 03)

- Règles d’exécution des travaux de construction d’ouvrage en béton armé (BE-1.32),


- Travaux de fondation profonde (BE-1.32), etc.

5.2.3. Le référentiel technique normatif « autoritaire et normes » (niveau 04)

Ce sont les documents qui ont but de définir les performances ou décrire les qualités des
matériaux, produits et composants à utiliser pour l’exécution des ouvrages. Il s’agit des normes
algériennes d’exécution. Ils sont élaborés par les comités attachés directement à l’IANOR
(L'Institut Algérien de NORmalisation) comme :

- Bases de calcul des constructions – Actions sismiques sur les structures (NA 16202
2009),
- Béton – détermination de la résistance à la compression des éprouvettes (NA 427 1989)
- Granulats – détermination de l’épaisseur moyenne des gravillons (NA 446 1989)

5.2.4. Documents étrangers autorisés provisoirement

Lorsque la réglementation technique algérienne fait défaut, la circulaire du 15 aout 1989 permet
l’utilisation des normes de construction et les règlements techniques étrangers.

Ces documents étrangers pouvant être utilisés à la place de chaque DTR non encore élaborés et
édictés. Il s’agit des documents techniques informatifs :

- Des recommandations et guides techniques


- Avis techniques
- Règles professionnelles
- Autre normes de référence dans le domaine de construction (Eurocodes).

5.3.Généralités sur la réglementation (Domaine d'application)


5.3.1. Règles de conception et de calcul des structures en béton armé CBA 93

Les présentes règles de calculs sont applicables à tous les ouvrages et constructions en béton
armé, soumis à des ambiances s'écartant peu des seules influences climatiques, et dont le béton
est constitué de granulats naturels normaux, avec un dosage en ciment au moins égal à 300 kg
par m3 de béton mis en œuvre.
Sont considérées en béton armé les pièces qui sont encore aptes à jouer leur rôle dans la structure
dont elles font partie, lorsque la résistance à la traction par flexion de leur béton constitutif est
supposée nulle.

Restent en dehors du domaine des présentes règles :

- les constructions en béton non armé,


- les constructions en béton constitué de granulats légers,
- les constructions en béton caverneux ou cellulaire mixtes acier- béton,
- les éléments soumis en service à des températures s'écartant sensiblement de celles qui
résultent des seules influences climatiques.

Dans le chapitre 7 on va voir les règles et les justificatifs applicables sur les constructions en
béton armé avec un exemple d’application.

5.3.2. Le règlement Neige et Vent RNV 99 (DTR C-2.47)

Le présent règlement a pour objet de définir les valeurs représentatives de la charge statique de
neige sur toute surface située au-dessus du sol et soumise à l’accumulation de la neige et
notamment sur les toitures. La neige peut se déposer sur la toiture de nombreuses manières
selon :

- la disposition géométrique du bâtiment et de la toiture, la nature des matériaux,


l’isolation thermique ;
- l’environnement climatique : duré de la saison de neige, ensoleillement, fonte et regel
de la neige, vent ;
- les actions particulières telles que l’enlèvement de la neige par les usagers.

Parmi tous ces facteurs, le plus important est la géométrie de la toiture et le vent. Les actions
du vent appliquées aux parois dépendent de :

- La direction.
- L’intensité.
- La région
- Le site d’implantation de la structure et leur environnement.
- La forme géométrique et les ouvertures qui sont constitués par la structure les
estimations de l’effet du vent se feront en appliquant le règlement Neige et Vent (RNV
99).

Le présent règlement s’applique à l’ensemble des constructions en Algérie situées à une altitude
inférieure à 2000 mètres. Il ne s’applique pas aux sites d’une altitude supérieure à 2000m, pour

Le document technique réglementaire (DTR) fournit les procédures et principes généraux pour
la détermination des actions du vent sur l’ensemble d’une construction et sur ses différentes
parties. Ce DTR couvre aussi le calcul des actions du vent sur les structures et ouvrages pendant
l’exécution, ainsi que le calcul des actions du vent sur les structures et ouvrages temporaires.

Le présent DTR s’applique aux constructions suivantes dont la hauteur est inférieure à 200m :
- à l’ensemble des bâtiments (à usage d’habitation, administratif, scolaire, industriel, de
santé, lieux de culte, etc.) ;
- aux cheminées et ouvrages similaires ;
- aux ouvrages de stockage (réservoirs, châteaux d’eau, silos, etc.) ;
- aux structures verticales en treillis (pylônes, grues, échafaudages, etc.).

Le présent DTR ne s’applique pas directement aux :

- ponts,
- ouvrages en mer (plates-formes offshore),
- ouvrages spéciaux nécessitant des conditions de sûreté inhabituelles (centrales
thermiques.

Exemple d’application du RNV 99

Cet exemple seulement la pression dynamique du vent ainsi que les coefficients de pression
nette.

Données relatives au site :


- Site plat
- Zone I
- Terrain de catégorie III

1. Détermination du coefficient dynamique Cd


2. Détermination de la pression dynamique
qdyn
3. Détermination des coefficients de pression
extérieure Cpe

Solution :

Données relatives au site :


• Site plat : Ct(z) = 1 (cf. chapitre 2, § 4.3) ;
• Zone I : qréf = 375 N/m² (cf. tableau 2.3) ;
• Terrain de catégorie III : KT = 0,22 ; Z0= 0,3m ; Zmin= 8 m (RNV 99 tableau 2.4).

a) Détermination du coefficient dynamique Cd

La structure du bâtiment étant en béton armé, on utilise la figure 3.1 donnée au chapitre 3 du
RNV99. La lecture pour h = 35 m et b = 20 m donne (après interpolation) Cd~ 0,95 (ou 0,94).

La structure sera donc considérée comme peu sensible aux excitations dynamiques. Le
coefficient d’exposition sera donc calculé à l’aide de la formule 2.13 du chapitre 2 du RNV 99.

b) Détermination de la pression dynamique qdyn

La structure est de hauteur totale > 10 m. Il y a donc lieu de subdiviser le maître-couple (RNV
99 chapitre 2, § 3.1.1). On calculera donc la pression dynamique :
- à mi-hauteur de chaque étage pour ce qui concerne les parois verticales,
- à la hauteur totale h = 30 m pour ce qui concerne la toiture.
Le coefficient de rugosité est calculé conformément à la formule 2.15 du chapitre 2 (RNV 99).
Le coefficient d’exposition est calculé conformément à la formule 2.13 du chapitre 2 (RNV 99).
La pression dynamique est calculée conformément à la formule 2.12 du chapitre 2 (RNV 99).
L'ensemble des résultats est synthétisé dans le tableau suivant :

Z(m) Cr Ce qdyn (N/m²)


1.75 0.72 1.627 610,125
5.25 0.72 1.627 610,125
8.75 0.74 1.687 632,625
12.25 0.816 1.90 712,5
15.75 0.87 2.096 786
19.25 0.915 2.23 836,25
22.75 0.95 2.365 886,875
26.25 0.98 2.47 926,25
29.75 1.01 2.57 963,75
33.25 1.035 2.647 992,625
35 1.047 2.708 1015,5

c) Détermination des coefficients de pression extérieure Cpe


- Parois verticales

On se réfère au paragraphe 1.1.2 du chapitre 5 (RNV99) :

• à la figure 5.1 (RNV99) pour déterminer les différentes zones de pression,


• au tableau 5.1 (RNV99) pour tirer les valeurs des coefficients Cpe.

Dans notre cas, b = 20 m, d = 20 m, h = 35 m, e = Min. [20 ; 2x35] = 20 m. Les zones de


pression et les valeurs respectives des coefficients correspondant à ces zones sont portées sur
la figure 5.1.
Figure 5.1 : Cpe sur les parois verticales.

- Toiture

On se réfère au paragraphe 1.1.3 du chapitre 5 (RNV99) en considérant une toiture à arêtes


vives :

• à la figure 5.2 (RNV99) pour déterminer les différentes zones de pression,


• au tableau 5.2 (RNV99) pour tirer les valeurs des coefficients Cpe.

Dans notre cas, b = 20 m, h = 35 m, e = Min. [20 ; 2 · 35] = 20 m. Les zones de pression et les
valeurs respectives des coefficients correspondant à ces zones sont portées sur la figure 5.2.

Figure 5.2 : Cpe sur la toiture.

5.3.3. Règles Parasismique Algérienne RPA 99 version 2003 (DTR BC-2.48)

Le présent document technique réglementaire fixe les règles de conception et de calcul des
constructions en zones sismiques. Les présentes règles visent à assurer une protection
acceptable des vies humaines et des constructions vis à vis des effets des actions sismiques par
une conception et un dimensionnement appropriés.

Pour des ouvrages courants, les objectifs ainsi visés consistent à doter la structure :
- d’une rigidité et d’une résistance suffisante pour limiter les dommages non structuraux
et éviter les dommages structuraux par un comportement essentiellement élastique de la
structure face à un séisme modéré, relativement fréquent.
- d’une ductilité et d’une capacité de dissipation d’énergie adéquates pour permettre à la
structure de subir des déplacements inélastiques avec des dommages limités et sans
effondrement, ni perte de stabilité, face à un séisme majeur, plus rare.

Pour certains ouvrages importants, la protection visée est encore plus sévère puisqu’il faudra
que l’ouvrage puisse demeurer opérationnel immédiatement après un séisme majeur.

Dans le chapitre 6, nous allons décrire la mise d’application de ce règlement, afin de montrer
les différentes techniques d’application.

5.3.4. Règles BAEL 91 révisées 99 (DTU P 18-702)

Les présentes règles de calcul, dites Règles BAEL 91, sont applicables à tous les ouvrages et
constructions en béton armé, soumis à des ambiances s'écartant peu des seules influences
climatiques, et dont le béton est constitué de granulats naturels normaux, avec un dosage en
ciment au moins égal à 300 kg par m³ de béton mis en œuvre.

Restent en dehors du domaine des présentes règles :

- les constructions en béton non armé ;


- les constructions en béton constitué de granulats légers ;
- les constructions en béton caverneux ou cellulaire armé ;
- les constructions en béton de résistance caractéristique supérieure à 60 MPa ;
- les éléments armés de profilés laminés et les structures mixtes acier-béton ;
- les éléments soumis en service à des températures s'écartant sensiblement de celles qui
résultent des seules influences climatiques.

Les calculs justificatifs sont conduits suivant la théorie des états limites. Un « état limite » est
celui pour lequel une condition requise d'une construction (ou d'un de ses éléments) est
strictement satisfaite et cesserait de l'être en cas de modification défavorable d'une action. On
distingue les « états limites ultimes » qui correspondent à la limite :

- soit de l'équilibre statique ;


- soit de la résistance de l'un des matériaux ;
- soit de la stabilité de forme.

Et les états limites de service qui sont définis compte tenu des conditions d'exploitation ou de
durabilité.

Dans le chapitre 7, nous allons décrire la mise d’application de ce règlement, afin de montrer
les différentes techniques d’application.

5.3.5. Eurocodes (normes européenne)

Les Eurocodes constituent un ensemble de normes européennes, d’application volontaire,


harmonisant les méthodes de calcul utilisables pour vérifier la stabilité et le dimensionnement
des différents éléments constituant des bâtiments ou ouvrages de génie civil, quels que soient
les types d’ouvrages ou de matériaux (structures en béton, en métal, structures mixtes
acier/béton, maçonnerie, bois, aluminium, règles de calcul pour les ouvrages de géotechnique
et règles parasismiques).

Les Eurocodes sont au nombre de neuf, chacun subdivisé en parties et sous-parties. Chacun vise
un aspect spécifique de la conception, ou un type particulier de construction :

- Eurocode 0 : Bases de calcul,


- Eurocode 1 : actions sur les structures,
- Eurocode 2 : Calcul des structures en béton,
- Eurocode 3 : Calcul des structures en acier,
- Eurocode 4 : Calcul des structures mixtes acier-béton,
- Eurocode 5 : Calcul des structures en bois,
- Eurocode 6 : Calcul des ouvrages en maçonnerie,
- Eurocode 7 : Calcul géotechnique,
- Eurocode 8 : Conception et dimensionnement des structures pour leur résistance aux
séismes,
- Eurocode 9 : Calcul des structures en alliages d'aluminium,

L’Eurocode forme un ensemble homogène de règles techniques harmonisées pour la conception


et le calcul des structures de génie civil et des bâtiments. Elles s’appliquent à différents types
de matériaux (béton, acier, bois…) et différents types de construction.

Elles font appel à une approche semi-probabiliste de sécurité des constructions (méthode des
coefficients partiels) avec des méthodes de dimensionnement fondées sur le concept des états
limites (états limites de service et états limites ultimes) et permettent de dimensionner des
ouvrages durables. Elles fournissent une série de méthodes et de règles techniques pour calculer
la stabilité, la résistance mécanique et la sécurité incendie des éléments ayant une fonction
structurelle dans un ouvrage de construction.

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