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N° d’ordre 09-ISAL-0075 Année 2009

Présentée devant

L’INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE LYON

ECOLE DOCTORALE : MECANIQUE – ENERGETIQUE – GENIE CIVIL –


ACOUSTIQUE (MEGA)

Doctorat

Génie Civil

Par
ECLAIRCY-CAUDRON Stéphanie

MISE AU POINT D’UNE METHODOLOGIE PERMETTANT L’ADAPTATION DU


CREUSEMENT ET DU SOUTENEMENT EN TRAVAUX SOUTERRAINS FONDEE SUR
L’AUSCULTATION ET L’ANALYSE NUMERIQUE EN TEMPS REEL

Thèse dirigée par Richard Kastner et Daniel Dias

Soutenue le 20 octobre 2009 devant la commission d’examen

Jury

Président
SHAHROUR Isam Professeur des Universités (Polytech’Lille) Rapporteur
GOMES CORREIA Antonio Professeur des Universités (Minho University Port ugal) Rapporteur
SUBRIN Didier Ingénieur au CETU (Centre d’Etudes des tunnels) Examinateur
KASTNER Richard Professeur émérite (INSA LYON) Directeur de thèse
DIAS Daniel Maître de Conférences (INSA LYON) Co-directeur de thèse

Cette thèse a été préparée au LGCIE-Géotechnique de l’INSA de Lyon

Cette thèse est accessible à l'adresse : http://theses.insa-lyon.fr/publication/2009ISAL0075/these.pdf


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2009
SIGLE ECOLE DOCTORALE NOM ET COORDONNEES DU RESPONSABLE

CHIMIE DE LYON M. Jean Marc LANCELIN


CHIMIE http://sakura.cpe.fr/ED206 Université Claude Bernard Lyon 1
Bât CPE
43 bd du 11 novembre 1918
M. Jean Marc LANCELIN
69622 VILLEURBANNE Cedex
Tél : 04.72.43 13 95 Fax :
Insa : R. GOURDON lancelin@hikari.cpe.fr
ELECTRONIQUE, M. Alain NICOLAS
E.E.A. ELECTROTECHNIQUE, AUTOMATIQUE Ecole Centrale de Lyon
http://www.insa-lyon.fr/eea Bâtiment H9
M. Alain NICOLAS 36 avenue Guy de Collongue
Insa : D. BARBIER 69134 ECULLY
ede2a@insa-lyon.fr Tél : 04.72.18 60 97 Fax : 04 78 43 37 17
Secrétariat : M. LABOUNE eea@ec-lyon.fr
AM. 64.43 – Fax : 64.54 Secrétariat : M.C. HAVGOUDOUKIAN
EVOLUTION, ECOSYSTEME, M. Jean-Pierre FLANDROIS
E2M2 MICROBIOLOGIE, MODELISATION CNRS UMR 5558
http://biomserv.univ-lyon1.fr/E2M2 Université Claude Bernard Lyon 1
Bât G. Mendel
M. Jean-Pierre FLANDROIS 43 bd du 11 novembre 1918
Insa : H. CHARLES 69622 VILLEURBANNE Cédex
Tél : 04.26 23 59 50 Fax 04 26 23 59 49
06 07 53 89 13
e2m2@biomserv.univ-lyon1.fr
INFORMATIQUE ET INFORMATION M. Alain MILLE
EDIIS POUR LA SOCIETE Université Claude Bernard Lyon 1
http://ediis.univ-lyon1.fr LIRIS - EDIIS
Bâtiment Nautibus
M. Alain MILLE 43 bd du 11 novembre 1918
69622 VILLEURBANNE Cedex
Secrétariat : I. BUISSON Tél : 04.72. 44 82 94 Fax 04 72 44 80 53
ediis@liris.cnrs.fr - alain.mille@liris.cnrs.fr
INTERDISCIPLINAIRE SCIENCES- M. Didier REVEL
EDISS SANTE Hôpital Cardiologique de Lyon
Bâtiment Central
Sec : Safia Boudjema 28 Avenue Doyen Lépine
M. Didier REVEL 69500 BRON
Insa : M. LAGARDE Tél : 04.72.68 49 09 Fax :04 72 35 49 16
Didier.revel@creatis.uni-lyon1.fr
MATERIAUX DE LYON M. Jean Marc PELLETIER
INSA de Lyon
Matériaux
MATEIS
M. Jean Marc PELLETIER Bâtiment Blaise Pascal
7 avenue Jean Capelle
Secrétariat : C. BERNAVON 69621 VILLEURBANNE Cédex
83.85 Tél : 04.72.43 83 18 Fax 04 72 43 85 28
Jean-marc.Pelletier@insa-lyon.fr
MATHEMATIQUES ET M.Pascal KOIRAN
Math IF INFORMATIQUE FONDAMENTALE Ecole Normale Supérieure de Lyon
46 allée d’Italie
69364 LYON Cédex 07
M. Pascal KOIRAN Tél : 04.72.72 84 81 Fax : 04 72 72 89 69
Pascal.koiran@ens-lyon.fr
Insa : G. BAYADA Secrétariat : Fatine Latif - latif@math.univ-lyon1.fr
MECANIQUE, ENERGETIQUE, M. Jean Louis GUYADER
MEGA GENIE CIVIL, ACOUSTIQUE INSA de Lyon
Laboratoire de Vibrations et Acoustique
M. Jean Louis GUYADER Bâtiment Antoine de Saint Exupéry
25 bis avenue Jean Capelle
Secrétariat : M. LABOUNE 69621 VILLEURBANNE Cedex
PM : 71.70 –Fax : 87.12 Tél :04.72.18.71.70 Fax : 04 72 18 87 12
mega@lva.insa-lyon.fr
ScSo* M. BRAVARD Jean Paul
ScSo Université Lyon 2
M. BRAVARD Jean Paul 86 rue Pasteur
69365 LYON Cedex 07
Insa : J.Y. TOUSSAINT Tél : 04.78.69.72.76 Fax : 04.37.28.04.48
Jean-paul.bravard@univ-lyon2.fr
*ScSo : Histoire, Geographie, Aménagement, Urbanisme, Archéologie, Science politique, Sociologie, Anthropologie

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Remerciements

REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail, je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont a c-
compagnées dans ce projet, et plus particulièrement mon directeur de thèse M.
Richard Kastner pour ses judicieux conseils et sa disponibilité et M. Daniel
Dias, mon co-directeur de thèse, qui s’est impliqué au quotidien dans mes tra-
vaux de recherche et qui m’a aidé à mener ce travail jusqu’au bout. Je tiens
également à remercier M. Didier Subrin, M. Laurent Chantron et M. Adrien
Saïtta, qui ont été successivement mes encadrants au sein du Centre d’Etudes
des Tunnels (CETu), et M. Michel Deffayet et M. Philippe Sardin successive-
ment directeur du CETu et sans qui ce travail n’aurait pu aboutir. Je les remer-
cie pour leur aide et leurs conseils et pour avoir mis à ma disposition un chan-
tier support.
Je voudrais également exprimer ma reconnaissance à M. Philippe Pilvin et M.
Lino A Costa qui ont mis à ma disposition les deux logiciels d’optimisation uti-
lisés dans le cadre de cette thèse.
Je remercie également les autres membres du comité de suivi de thèse mis en
place, à savoir Mme Odile Vannière, M. Pascal Dubois et M. Jean-François
Serratrice pour leur participation à ce travail.
Un grand merci également à toutes les personnes qui ont contribué à un m o-
ment ou à un autre au bon déroulement de cette thèse. Je pense particulièrement
aux membres (techniques et administratifs) du Laboratoire de Génie Civil et
d’Ingénierie Environnementale, au personnel du CETu, et plus précisément du
pôle Géologie Géotechnique et Dimensionnement, et au personnel de la DDE
du Doubs et surtout aux contrôleurs des travaux.
Je voudrais également exprimer ma reconnaissance vers mes collègues, doct o-
rants et enseignants, pour leurs conseils, encouragements, bonne humeur et
pour leur savoir vivre. Je n’oublierais pas la grande sympathie et la bonne en-
tente qui ont régné au sein du laboratoire durant ces trois années passées.

Ma plus grande reconnaissance s’adresse également à ma famille qui a toujours


été à mes côtés pour me soutenir et m’encourager. Je présente tous mes remer-
ciements à mon mari et à mes parents qui ont toujours trouvé les mots pour me
réconforter et m’encourager même dans les moments les plus difficiles.

Merci encore à tous.

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Résumé en français

RESUME
Ce travail traite de la problématique de l’application de la méthode observa-
tionnelle durant le creusement d’un tunnel. L’objectif de cette méthode en tr a-
vaux souterrains est l’optimisation du creusement, du soutènement mis en place
et du coût de l’ouvrage tout en maîtrisant la sécurité. Pour cela deux outils sont
couplés, les moyens de mesures et les simulations numériques. Après un rappel
des principes de la méthode observationnelle et des auscultations communé-
ment réalisées en travaux souterrains, un autre outil, utile à l’optimisation du
dimensionnement est présenté. Il s’agit des techniques d’analyse inverse et plus
particulièrement des méthodes d’optimisation.
Le but du travail est d’utiliser un chantier support, le tunnel routier de Bois de
Peu (Besançon, France) pour tester différentes méthodes. Après une description
du chantier support, les mesures réalisées durant le creusement de ce dernier
sont analysées. Les sections de mesures les plus intéressantes sont utilisées
pour essayer de retrouver les conditions réelles de creusement, c'est -à-dire la
qualité des terrains rencontrés et de voir par rapport aux prévisions initiales
quelles auraient pu être les actions à mettre en œuvre pour optimiser. Des mo-
délisations numériques sont utilisées pour prédire les déplacements. Une ré-
flexion est menée pour proposer une démarche d’application de la méthode ob-
servationnelle sur ce chantier test. La réflexion montre le besoin de coupler des
modélisations numériques à des logiciels d’optimisation pour évaluer, à partir
des mesures réalisées, les paramètres du terrain réellement rencontrés. Des re-
présentations graphiques tracées à partir d’études paramétriques permettent de
déterminer le scénario dans lequel l’ouvrage se situe et de décider d’une éve n-
tuelle adaptation.
Finalement, cette étude permet de montrer les difficultés rencontrées pour
mettre en place une démarche de méthode observationnelle pendant le creuse-
ment d’un tunnel. Les limites de la démarche d’application proposée sont mises
en évidence.
Il ressort également de ce travail que l’utilisation des techniques d’analyses in-
verses nécessite d’être extrêmement prudent et que la redondance et la variété
des mesures sont obligatoires dans un tel contexte. En effet, il est mis en
exergue qu’avec seulement les mesures traditionnellement réalisées en travaux
souterrains, les techniques d’optimisation testées ne permettent l’identification
que de quelques paramètres.
Ce travail montre quelles sont les mesures nécessaires en fonction des moyens
disponibles (type de techniques d’optimisation, types de modélisation s : 2D ou
3D et type de traitement : temps réel ou non) et laisse apparaître les perspec-
tives d’utilisation de la méthode observationnelle en travaux souterrains.

Mots clés : Tunnels, méthode observationnelle, analyse inverse, méthode


d’optimisation, modélisation numérique, auscultations

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Résumé en anglais

ABSTRACT
Development of a methodology allowing the adaptation of the digging and
the support in underground works based on measurements and numerical
analysis in real time

This work deals with the problem of applying the observational method during
the construction of a tunnel. The objective is the optimization of the excava-
tion, the support and the cost while controlling security. For that two tools are
combined, measurements and numerical simulations. After reminding the prin-
ciples of the observational method and measurements commonly carried out in
tunnel, another tool, useful to optimize the design is presented. These are in-
verse analysis technics and more particularly optimization methods.
The purpose of this work is to use a support site, the tunnel of Bois de Peu
(Besançon, France) to test different methods. After a summary of the site sup-
port, the measurements made during the excavation are analyzed. The most in-
teresting sections of measures are used in order to find the parameters of the
actual digging, ie the quality of ground encountered and to compare these re-
sults to the initial estimates and what kind of actions could be done for optimi-
zation. Numerical modeling is used to predict displacements on the tunnel lin-
ing and the surrounding ground. A study is conducted to propose an approach
for applying the observational method on this test site. It shows the need to
couple numerical modeling to optimization software in order to assess, from
the measurements, the parameters of the ground actually encountered. Graphic
representations drawn from parametric studies are used to determine the sc e-
nario in which the actual tunnel face is located and decide whether to adapt the
boring.
Finally, this study helps to show the difficulties encountered in establishing an
observational method for digging a tunnel. The limits of the proposed approach
are highlighted.
It is also clear from this work that the use of inverse techniques needs to be ex-
tremely cautious and that the redundancy and variety of measures are required
in this context. Indeed, it is emphasized that with only the measures traditional-
ly carried out in tunneling, the optimization techniques tested only allow the
identification of some parameters.
This work shows what measures are necessary according to the available re-
sources (type of optimization techniques, types of models: 2D or 3D and type
of use: real-time or not) and shed some light on the usability of the observa-
tional method in underground work.

Keywords: tunnels, observational method, inverse analysis, optimization meth-


od, numerical modeling, measurements

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Table des matières

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS ............................................................................... 5

RESUME ................................................................................................. 7

ABSTRACT ............................................................................................. 8

NOTATIONS ......................................................................................... 15

INTRODUCTION GENERALE ............................................................ 19

PARTIE I : BIBLIOGRAPHIE

Chapitre 1 : La méthode observationnelle

1. Introduction ................................................................................................ 27
2. Historique ................................................................................................... 27
3. Présentation des concepts ............................................................................ 28
3.1 La conception ........................................................................................................ 31
3.2 Les risques ............................................................................................................ 32
3.3 Les incertitudes ..................................................................................................... 32
3.4 Le choix des valeurs de conception ......................................................................... 34
3.5 Les seuils d’alerte et de vigilance ........................................................................... 35
3.6 Vitesse d’évolution des conditions .......................................................................... 38
3.7 Mise en place des actions de modifications et des procédures d’urgence ................... 40
4. Procédure d’application .............................................................................. 41
4.1 La phase préparatoire ............................................................................................. 41
4.1.1 L’étude préliminaire ....................................................................................... 41
4.1.2 Les reconnaissances de site ............................................................................. 42
4.1.3 L’interprétation des données ............................................................................ 43
4.1.4 La conception initiale...................................................................................... 43
4.1.5 La conception finale ....................................................................................... 44
4.2 Le suivi ................................................................................................................. 44
4.3 L’analyse des mesures et la mise en place des procédures d’actions ou d’urgence ...... 45
5. Exemples d’application ............................................................................... 45
5.1 La station « Southwark » de la « Jubilee Line» à Londres ......................................... 45
5.2 Réalisation du tunnel de Aono au Japon .................................................................. 46
5.3 Le bâtiment « Mansion House » à Londres .............................................................. 47
6. Conclusion .................................................................................................. 47

Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

1. Introduction ................................................................................................ 51
2. Présentation des auscultations réalisées en travaux souterrains .................... 53
2.1 Les sondages de reconnaissance à l’avancement et les levés de front ......................... 53
2.2 Les mesures de déplacements en surface ................................................................. 53
2.3 Les mesures de déplacements à la paroi ................................................................... 53

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Table des matières

2.4 Les mesures de déplacements dans le massif............................................................ 55


2.5 Mesures indirectes des variations volumiques dans le massif .................................... 57
2.6 Les mesures indirectes de contraintes dans les éléments de structure ......................... 57
2.7 Le suivi hydrogéologique ....................................................................................... 58
3. Bilan de l’étude des cinq tunnels .................................................................. 58
4. Conclusion ...................................................................................................... 62

Chapitre 3 : L’analyse inverse


1. Introduction ................................................................................................ 65
2. Cadre général ............................................................................................. 65
3. Les différentes méthodes de résolution d’un problème inverse ....................... 67
3.1 Les méthodes analytiques ....................................................................................... 67
3.2 Les corrélations ..................................................................................................... 67
3.3 Les méthodes d’optimisations ................................................................................. 67
4. Présentation des algorithmes utilisés dans le cadre de la thèse ..................... 70
4.1 Présentation générale ............................................................................................. 70
4.1.1 Le programme interface .................................................................................. 70
4.1.2 Les fonctions coût........................................................................................... 71
4.1.3 Les critères d’arrêt .......................................................................................... 72
4.2 Le logiciel SiDoLo : méthode déterministe basé sur la méthode du gradient .............. 73
4.3 Algorithme basé sur les stratégies d’évolution: méthode probabiliste ........................ 74
4.3.1 Le principe ..................................................................................................... 74
4.2.2 Comparaison avec les algorithmes génétiques ................................................... 76
5. Conclusion .................................................................................................. 77

PARTIE II : LE PROJET SUPPORT : LE TUNNEL DE BOIS DE PEU


(Besançon)

Chapitre 4 : Présentation du projet support

1. Introduction ................................................................................................ 83
2. Présentation générale du projet support ....................................................... 84
2.1 Le contexte et la localisation .................................................................................. 84
2.2 La géologie et la géotechnique ................................................................................ 85
2.2.1 La géologie générale ....................................................................................... 85
2.2.2 Les essais réalisés ........................................................................................... 85
2.2.3 Caractéristiques des matériaux rencontrés ........................................................ 87
2.3 Les profils types .................................................................................................... 88
2.3.1 Les techniques de creusement .......................................................................... 88
2.3.2 Les profils de soutènement .............................................................................. 89
3. Les mesures effectuées au sein du tunnel ...................................................... 94
3.1 Objectifs de l’auscultation ...................................................................................... 94
3.2 Synthèse des mesures réalisées ............................................................................... 95
3.2.1 Mesures de convergence et de nivellement ....................................................... 95
3.2.2 Mesures de déplacements radiaux dans le massif .............................................. 96
3.2.3 Mesures de déformations des cintres ................................................................ 97
3.2.4 Mesures de contraintes à l’interface sol/soutènement ........................................ 98
3.2.5 Mesures de déplacements dans le massif en avant du front de taille ................... 99
3.2.6 Bilan de l’instrumentation ............................................................................. 100
3.2.7 Tableaux synthétiques des mesures disponibles par PM .................................. 100
4. Conclusion ................................................................................................ 100

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

1. Introduction .............................................................................................. 103


2. Les sections retenues pour analyse ............................................................. 103
2.1 Les critères de choix ............................................................................................ 103
2.2 Les sections retenues............................................................................................ 103
3. Exploitation des mesures ........................................................................... 105
3.1 Tube montant ...................................................................................................... 105
3.1.1 Terrain marno-calcaire : Section M1 .............................................................. 105
3.1.2 Terrain à dominante marneuse : sections M3 .................................................. 107
3.1.3 Terrain à dominante calcaire : section M5 ...................................................... 108
3.1.4 Terrains à dominante marnes tendres ............................................................. 109
3.2 Tube descendant .................................................................................................. 115
3.2.1 Terrain à dominante marno-calcaire : section D1 ............................................ 115
3.2.2 Terrain à dominante marneuse ....................................................................... 116
3.2.3 Terrain à dominante de marnes tendres .......................................................... 119
4. Bilan global .............................................................................................. 116
5. Conclusions .............................................................................................. 117

PARTIE III : OUTILS NUMERIQUES ET ANALYSE DE LA


CAPACITE THEORIQUE DE L’ANALYSE INVERSE

Chapitre 6 : Outils numériques et modèles de simulation adoptés

1. Introduction .............................................................................................. 123


2. Contexte et objectifs .................................................................................. 123
3. Présentation des codes de calculs utilisés ................................................... 123
3.1 Lois de comportement .......................................................................................... 124
3.1.1 CESAR-LCPC .............................................................................................. 124
3.1.2 FLAC ........................................................................................................... 125
3.2 Eléments de structure ........................................................................................... 126
3.3 Comparaison CESAR-LCPC / FLAC..................................................................... 126
4. Conclusion ................................................................................................ 127

Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les


paramètres mécaniques des sols

1. Démarche ................................................................................................. 131


2. Résultats obtenus sur les essais triaxiaux et pressiométriques ......................... 132
2.1 Essais triaxiaux .................................................................................................... 133
2.1.1 Présentation de l’essai ................................................................................... 133
2.1.2 Résultats de la validation .............................................................................. 134
2.1.3 Application à des essais de laboratoire réels ................................................... 137
2.2 Essais pressiométriques ........................................................................................ 138
2.2.1 Présentation de l’essai ................................................................................... 138
2.2.2 Résultats de la validation .............................................................................. 139
2.2.3 Applications à des essais in situ ..................................................................... 142
2.3 Bilan ................................................................................................................... 143
3. Modélisation du creusement d’un tunnel .................................................... 144
3.1 Prédictions des résultats obtenus par analyse inverse à partir des principes de la méthode
convergence confinement ........................................................................................... 145
3.1.1 En élasticité linéaire ..................................................................................... 146
3.1.2 En élastoplasticité ......................................................................................... 148

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3.2 Paramètres ........................................................................................................... 149


3.3 Creusement en conditions axisymétriques.............................................................. 150
3.3.1 Présentation du modèle axisymétrique ........................................................... 150
3.3.2 Résultats de l’étude de sensibilité .................................................................. 152
3.3.3 Résultats de la validation .............................................................................. 152
3.3.4 Prise en compte d’erreurs de mesure .............................................................. 158
3. 4 Creusement d’un tunnel en déformations planes.................................................... 159
3.4.1 Présentation du modèle en déformations planes .............................................. 159
3.4.2 Résultats de l’étude de sensibilité .................................................................. 161
3.4.3 Résultats de l’analyse inverse ........................................................................ 162
3.4.4 Prise en compte d’erreurs de mesures ............................................................. 167
3.5 Utilisation conjointe des modèles en déformations planes et en axisymétrie ............ 168
3.6 Bilan ................................................................................................................... 169
3.6.1 En élasticité.................................................................................................. 170
3.6.2 En élastoplasticité ......................................................................................... 171
5. Conclusion ................................................................................................ 172

PARTIE IV : METHODOLOGIE PROPOSEE POUR


L’APPLICATION DE LA METHODE OBSERVATIONNELLE A LA
CONSTRUCTION D’UN TUNNEL

Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse


inverse

1. Introduction .............................................................................................. 180


2. Les étapes nécessaires à la construction de l’outil de pilotage .................... 180
2.1 Les quantités à observer pendant les travaux ......................................................... 181
2.2 La détermination des seuils d’alerte et de vigilance ................................................ 181
2.3 L’identification des situations possibles et des états correspondants ........................ 182
2.4 La représentation graphique du domaine d’utilisation de chaque profil et des scénarios 183
3. Utilisation de l’outil de pilotage sur le terrain ................................................ 186
3.1 Le processus de suivi ........................................................................................... 186
3.2 Le processus d’adaptation du soutènement ............................................................ 188
3.2.1 Les données nécessaires ................................................................................ 188
3.2.2 Principe de fonctionnement du processus d’adaptation proposé ....................... 190
3.2.3 Apport de l’analyse inverse dans la démarche globale d’application proposée .. 191
3. Synthèse de la méthodologie et conclusion ................................................. 194

Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

1. Introduction .............................................................................................. 198


2. Construction de l’outil de pilotage ............................................................. 198
2.1 Définition du programme d’auscultations .............................................................. 198
2.2 Détermination des seuils d’alerte et de vigilance .................................................... 199
2.3 L’identification de l’ensemble des situations possibles et des scénarios correspondants200
2.4 Synthèse des prévisions initiales par type de terrain ............................................... 200
2.4 Les représentations graphiques du domaine d’utilisation de chaque profil et des scénarios
correspondants .......................................................................................................... 201
3. Utilisation de l’outil de pilotage ................................................................ 203
3.1 Rappel des caractéristiques des sections ................................................................ 203
3.2 Application de la démarche à la section M4 ........................................................... 204
3.2.1 Identification du scénario .............................................................................. 204
3.2.2 Analyse inverse ............................................................................................ 204
3.3 Application à la section M1 .................................................................................. 207

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3.4 Application à la section M6 .................................................................................. 208


3.4.1 Identification du scénario .............................................................................. 208
3.4.2 Analyse inverse ............................................................................................ 208
3.5 Application à la section D4 .................................................................................. 214
3.5.1 Identification du scénario .............................................................................. 214
3.5.2 Analyse inverse ............................................................................................ 215
4. Bilan ............................................................................................................. 220
5. Conclusion .................................................................................................... 221

CONCLUSION GENERALE ............................................................... 223


REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ............................................. 227
ANNEXES ............................................................................................ 236
ANNEXE 1 : SYNTHESE DE L’ETUDE MENEE SUR LES CINQ CHANTIERS SUPPORTS ........ 237
ANNEXE 2 : PRESENTATION DE SIDOLO ............................................................................. 257
ANNEXE 3 : MODELISATION 3D DE L’EXCAVATION DU COMPLEXE HYDROELECTRIQUE VENDA NOVA
II ........................................................................................................................................... 261
ANNEXE 4 : EXEMPLE DE COUPLAGE AVEC FLAC 3D .......................................................... 271
ANNEXE 5 : VUE EN PLAN DE LA GEOLOGIE DETAILLEE .................................................. 283
ANNEXE 6 : MESURES DISPONIBLES PAR PM ..................................................................... 287
ANNEXE 7 : JUSTIFICATIONS RELATIVES AU CHOIX DES SECTIONS DE MESURES DE CONVERGENCES
ET DE NIVELLEMENTS ......................................................................................................... 293
ANNEXE 8 : ANALYSE DETAILLEE DES SECTIONS ............................................................... 299
ANNEXE 9 : PLANS SYNOPTIQUES ....................................................................................... 335
ANNEXE 10 : OUTILS NUMERIQUES .................................................................................... 339
ANNEXE 11 : EVOLUTION DES FONCTIONS ERREURS ........................................................ 347
ANNEXE 12 : RESULTATS DE LA VALIDATION EN AXISYMETRIE ........................................ 353
ANNEXE 13 : RESULTATS DE LA VALIDATION EN DEFORMATIONS PLANES ...................... 357
ANNEXE 14 : MODELES BIDIMENSIONNELS POUR LES PROFILS COURANTS (P1, P2 ET P3)361
ANNEXE 15 : SYNTHESES DES CALCULS REALISES EN DEFORMATIONS PLANES .............. 371
ANNEXE 16 : MODELES NUMERIQUES POUR LE PROFIL P4 .............................................. 377

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Notations

NOTATIONS
A Sollicitations imposées
S Système mécanique
R Réponse du système mécanique S sous les sollicitations A
M Loi de comportement du système mécanique S
Cl Conditions aux limites du système mécanique S
Ci Conditions initiales du système mécanique S
P Paramètres de la loi de comportement M du système méca-
nique S
K0 Coefficient des terres au repos
N Nombre de mesures
L(A) Fonction coût originelle du programme Sidolo, correspondant
au jeu de paramètres A
Zs (A,ti) Résultats numériques évalués sous les sollicitations A à
l’instant t i
Zs *(ti) Mesures expérimentales évaluées à l’instant t i
Dn Matrice de pondération
ti Temps d’observations du système
Mn Nombre d’instants d’observations de la réponse du système
mécanique S
LE(A) Fonction coût normée utilisée par Levasseur et al. (2005)

 Seuil d’arrêt pour Sidolo portant sur la différence relative


entre la fonction coût à l’itération n et celle à l’itération pr é-
cédente
 Erreur absolue sur la mesure

 Erreur relative sur la mesure

 Seuil d’arrêt pour l’algorithme évolutionnaire portant sur la


différence entre les deux valeurs extrêmes de la fonction coût
calculée pour les individus de la génération courante
 Seuil d’arrêt pour l’algorithme évolutionnaire portant sur le
seuil  divisé par la valeur moyenne de la fonction coût des
individus de la génération courante
xi Valeur d’un paramètre à l’itération i

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Notations

xi+1 Valeur d’un paramètre à l’itération i+1


λ' Coefficient de perturbation dans Sidolo

 Nombre de parents dans l’algorithme évolutionnaire


ρ’ Nombre de parents utilisés pour la création d’un individu en-
fant dans l’algorithme évolutionnaire
λ’’ Nombre d’individus enfants générés dans l’algorithme évolu-
tionnaire
i Ecart-type de la loi gaussienne utilisée pour générer les muta-
tions au sein d’un individu dans l’algorithme évolutionnaire
PM Point Métrique définissant la position d’une section au sein
d’un tunnel
R Rayon d’excavation d’un tunnel
CD Essai triaxial consolidé drainé
CU+u Essai triaxial consolidé non drainé avec mesure de la pression
interstitielle
UU Essai triaxial non consolidé et non drainé
RTb Résistance à la traction lors d’un essai brésilien

 Masse volumique d’un sol


Ematrice Module d’Young de la matrice

 Coefficient de Poisson
Rc Résistance à la compression d’un sol
Rt Résistance à la traction d’un sol
Emassif Module d’Young du massif rocheux
C Cohésion d’un sol

 Angle de frottement interne

 Angle de dilatance
Pi Dénomination d’un profil de soutènement utilisé
Dfront Distance entre la section de mesure considérée et le front du
tunnel
H Hauteur de couverture au niveau de la section considérée
Mi Moment fléchissant selon l’axe i
N Effort normal dans le soutènement

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Notations

f(σij ,λec,Ai), fonction de charge délimitant le domaine élastique et le do-


maine plastique
ij tenseur de contraintes
λec paramètre d’écrouissage isotrope
Ai paramètre d’écrouissage cinématique

1 2 3 Contraintes principales

g(ij) potentiel plastique


Ft Effort limite de traction d’un élément barre dans FLAC
Fc Effort limite de compression d’un élément barre dans FLAC
ui Déplacement du nœud i dans FLAC selon l’axe x
vi Déplacement du nœud i dans FLAC selon l’axe y
wi Déplacement du nœud i dans FLAC selon l’axe z

xi Rotation au nœud i dans FLAC selon l’axe x

 yi Rotation au nœud i dans FLAC selon l’axe y

 zi Rotation au nœud i dans FLAC selon l’axe z


εij Tenseur de déformations
ε 1 ε2 ε3 Déformations principales
εv Déformation volumique
εy Déformation axiale dans un essai triaxial
q Déviateur de contrainte dans un essai triaxial
P0 Pression appliquée lors d’un essai pressiométrique
λ Taux de déconfinement dans la méthode convergence-
confinement
λe Taux de déconfinement élastique
G Shear modulus
K Bulk modulus
S Section excavée du tunnel

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Notations

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Introduction générale

INTRODUCTION GENERALE
Le creusement d’un tunnel met en œuvre des interactions sol-structure com-
plexes qui impliquent le recours systématique à des modélisations numériques
bidimensionnelles ou tridimensionnelles pour la conception d’un tel ouvrage.
Cela nécessite au préalable de choisir un modèle de comportement adapté par-
mi les nombreux modèles existant dans la littérature pour simuler le comporte-
ment du terrain dans lequel est situé l’ouvrage. Plus le modèle est sophistiqué
et plus celui-ci demande de paramètres mécaniques. La calibration des para-
mètres de ces modèles pose souvent des challenges difficiles à relever. Malgré
d’importantes campagnes de reconnaissance généralement menées en phase
projet, il est difficile d’avoir une idée précise sur les paramètres mécaniques du
sol rencontré. Des incertitudes résident sur les matériaux que l’on va être ame-
né à rencontrer durant la construction. Il est alors difficile d’apprécier la qualité
du matériau dans lequel le tunnel va être creusé et de définir un soutènement
adéquat.
Dans le cas courant, en phase projet, des hypothèses sont prises permettant
d’adopter un jeu de paramètres donné pour dimensionner l’ouvrage et prédire,
avec la conception retenue, les mouvements auxquels on peut s’attendre lors de
la construction. Durant celle-ci, on vérifie que les valeurs prédites ne sont pas
dépassées. Dans bien des cas, le soutènement est surdimensionné au détriment
du coût de l’ouvrage pour limiter les risques liés aux incertitudes. Les données
recueillies aux moyens d’auscultations sont utilisées uniquement pour contrôler
le procédé de construction et évaluer la performance de l’ouvrage conçu.
Dans le cadre d’application de la méthode observationnelle, deux conceptions
sont étudiés en phase d’avant projet : une basée sur les conditions les plus pro-
bables et l’autre sur les plus défavorables. Toute une étude est nécessaire avant
le début des travaux. Le dimensionnement n’est pas figé. Le soutènement et le
creusement sont adaptés aux conditions réellement rencontrées pendant le
chantier. Cette méthode permet ainsi d’optimiser le coût et les délais tout en
maîtrisant la sécurité. Les conditions réellement rencontrées durant le creuse-
ment sont évaluées aux moyens d’auscultations.
La méthode observationnelle requiert la définition d’un programme
d’auscultations en phase projet. Ce dernier peut être modifié pendant les tra-
vaux, si besoin. Dans le cadre d’application de la méthode observationnelle, les
données sont utilisées pour évaluer les conditions réelles et décider d’une adap-
tation éventuelle du procédé. Le choix d’adaptation du creusement et du sout è-
nement pendant la construction repose sur les résultats des auscultations qui
sont directement comparés à des seuils définis au préalable.
En couplant des modélisations numériques et des techniques d’analyses in-
verses, les résultats des mesures durant le creusement permettent en plus,
d’évaluer les paramètres mécaniques des terrains rencontrés de manière effi-
cace et ainsi de mettre à jour les prédictions au fur et à mesure de
l’avancement. C’est-à-dire de recalculer les mouvements attendus pour les
phases suivantes de construction avec les nouvelles valeurs de paramètres o b-
tenues. Cette dernière possibilité est d’autant plus intéressante dans les travaux

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Introduction générale

souterrains où la construction est réalisée par phases successives et où certains


mouvements doivent être très limités, par exemple les tassements en surface
dans une zone urbanisée. L’efficacité du couplage entre un modèle numérique
et un procédé d’analyse inverse réside dans le fait que la détermination des pa-
ramètres qui donnent le meilleur calage entre les mesures et les valeurs calc u-
lées est automatisée. Une fonction erreur, que l’on cherche à minimiser, doit
être adoptée.
Les techniques d’analyse inverse sont aussi utiles dés la phase projet. Elles sont
alors couplées à des modélisations numériques pour simuler les essais in situ
ou de laboratoires réalisés. Elles permettent de déterminer les paramètres de sol
de manière plus objective en calant les résultats des modèles numériques sur
les résultats des essais.

La problématique de la thèse est de définir une méthodologie détaillée


d’application de la méthode observationnelle en travaux souterrains. Bien sou-
vent la méthode observationnelle est appliquée à des projets sans que les seuils
ne soient clairement explicités, les mesures analysées et les procédures de m o-
dification définies à l’avance.
L’objectif de ce travail de recherche est de mettre au point et de tester sur un
ouvrage réel, une méthodologie visant à coupler les moyens d’observations et
les moyens de simulation avancés en vue, d’une part de définir des critères vis
à vis de la sécurité du chantier ou vis à vis des avoisinants, et d’autre part
d’adapter en temps réel le creusement et le soutènement aux conditions rencon-
trées sur le terrain.
Ce travail, réalisé en collaboration avec le Centre d’Etude des TUnnels (CETU)
prend comme support expérimental le chantier du tunnel du Bois de Peu dont le
creusement a débuté en juillet 2005 et s’est achevé en septembre 2006. Une
auscultation importante a été mise en place sur cet ouvrage, qui a permis de
suivre les déplacements du massif, les convergences et l’extrusion du front de
taille mais également l’évolution des contraintes dans les soutènements et plus
généralement l’évolution du comportement de l’ouvrage au fur et à mesure du
creusement.
Ce travail s’appuyant sur les principes généraux de la méthode observationnelle
telle qu’elle a été proposée par Peck (1969), comporte une double approche :
 l’une concernant la méthodologie à mettre en œuvre pour réaliser et
analyser en temps réel des observations pertinentes vis-à-vis des pro-
blèmes de critères d’alerte et d’adaptation des travaux
 l’autre concernant la méthodologie d’utilisation de simulations num é-
riques à divers niveaux de complexité, tant du point de vue du modèle
numérique que du modèle de sol et d’interaction sol-structure.
Pour évaluer les conditions réelles rencontrées et mettre à jour les prédictions
durant le creusement, des techniques d’analyse inverses sont utilisées. Elles vi-
sent à identifier les paramètres des modèles utilisés dans la simulation du co m-
portement de l’ouvrage à partir des mesures effectuées sur l’ouvrage souterrain
et des essais in situ. Le problème inverse est résolu en utilisant des algorithmes
qui permettent de minimiser la différence entre les résultats calculés (co n-
traintes et déplacements) et ceux qui sont mesurés.

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Introduction générale

Dans cette optique, le chantier du tunnel de Bois de Peu, bénéficiant d’une aus-
cultation assez complète, doit constituer un support intéressant pour tester et
analyser de manière critique les approches qui sont élaborées, tant du point de
vue de l’observation que de la modélisation.
Ce mémoire est composé de quatre parties.

La première partie présente une étude bibliographique et comporte trois cha-


pitres.
Le chapitre 1 contient des éléments bibliographiques sur la méthode observ a-
tionnelle et présente des exemples d’applications de cette méthode.
Le chapitre 2 présente les principales auscultations réalisées en travaux soute r-
rains et l’analyse qui est en faite. Pour cela, il prend appui sur cinq cas de tun-
nels : la traversée nord de Toulon, le tunnel de Lambesc, le tunnel de Schir-
meck, le tunnel de Foix et celui de Tartaiguille.
Le chapitre 3 contient des éléments bibliographiques sur les techniques
d’analyse inverse. Il présente également les deux méthodes utilisées dans le
cadre de la thèse.

La deuxième partie concerne le chantier support, le tunnel de Bois de Peu à Be-


sançon (France). Elle est constituée de deux chapitres.
Le chapitre 4 présente le projet de manière globale. Les profils type de soutè-
nement ainsi que l’instrumentation réalisée sont présentés.
Le chapitre 5 dresse une analyse des mesures effectuées sur le site de Bois de
Peu de manière détaillée puis synthétique.

La troisième partie concerne les modèles numériques réalisés et rassemble deux


chapitres.
Le chapitre 6 présente de manière succincte les codes de calculs utilisés dans la
thèse et les modes de simulation adoptés pour chaque profil type de soutèn e-
ment mis en place à Bois de Peu.
Le chapitre 7 présente les résultats de l’étude de la validation de l’analyse i n-
verse sur des essais puis sur des mesures réalisées lors de la construction d’un
tunnel par la méthode traditionnelle. A la fin de ce chapitre un outil d’aide à la
décision pour la définition des auscultations à envisager durant le creusement
d’un tunnel est proposé sous forme de tableau.

La quatrième partie expose une démarche d’application de la méthode observa-


tionnelle à la construction d’un tunnel et applique cette démarche au cas
d’étude. Elle renferme deux chapitres.
Le chapitre 8 présente la démarche retenue pour l’application de la méthode
observationnelle et montre l’apport des techniques d’analyse inverse dans la
démarche. La démarche adoptée conduit à l’obtention d’un outil de pilotage de
la réalisation. Les différentes étapes de la démarche sont indiquées et
l’application concrète de la démarche sur le terrain est exposée.
Le chapitre 9 présente l’application de la démarche au cas d’étude. Les moyens
mis en œuvre et les résultats obtenus sur les sections de mesures retenues pour

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Introduction générale

une analyse plus détaillée à l’issue du chapitre 5 sont présentés. Les limites de
l’outil de pilotage sont mises en évidence.

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Partie I : Bibliographie

PARTIE I : BIBLIOGRAPHIE

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Partie I : Bibliographie

Cette première partie est consacrée à la bibliographie des trois thématiques


fondamentales de ce travail. Le premier chapitre présente la méthode observa-
tionnelle ainsi que des exemples d’application.
Le chapitre 2 aborde les principales auscultations réalisées en travaux souter-
rains et analyse leurs intérêts et leur utilisation. Pour cela, cinq tunnels servent
de support : la traversée nord de Toulon, les tunnels de Tartaiguille, de Foix, de
Lambesc et de Schirmeck. Ces cinq tunnels ont été choisis en concertation avec
le CETU qui disposait des éléments nécessaires pour notre étude.
Le troisième chapitre est dédié aux techniques d’analyse inverse. Les deux mé-
thodes, utilisées dans le cadre de la thèse, sont présentées.
A l’issue de cette première partie, la problématique et les objectifs principaux
de la thèse sont énoncés.

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

Chapitre 1 :
La méthode observationnelle

Partie 1 : Bibliographie - 25 -

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

SOMMAIRE
1. Introduction .................................................................................................... 27
2. Historique ....................................................................................................... 27
3. Présentation des concepts ............................................................................... 28
3.1 La conception ............................................................................................................. 31
3.2 Les risques ................................................................................................................. 32
3.3 Les incertitudes .......................................................................................................... 32
3.4 Le choix des valeurs de conception ............................................................................. 34
3.5 Les seuils d’alerte et de vigilance ............................................................................... 35
3.6 Vitesse d’évolution des conditions .............................................................................. 38
3.7 Mise en place des actions de modifications et des procédures d’urgence ...................... 40
4. Procédure d’application .................................................................................. 41
4.1 La phase préparatoire ................................................................................................. 41
4.1.1 L’étude préliminaire ............................................................................................ 41
4.1.2 Les reconnaissances de site ................................................................................. 42
4.1.3 L’interprétation des données ............................................................................... 43
4.1.4 La conception initiale .......................................................................................... 43
4.1.5 La conception finale ............................................................................................ 44
4.2 Le suivi ...................................................................................................................... 44
4.3 L’analyse des mesures et la mise en place des procédures d’actions ou d’urgence ........ 45
5. Exemples d’application ................................................................................... 45
5.1 La station « Southwark » de la « Jubilee Line» à Londres ............................................ 45
5.2 Réalisation du tunnel de Aono au Japon ...................................................................... 46
5.3 Le bâtiment « Mansion House » à Londres .................................................................. 47
6. Conclusion ...................................................................................................... 47

Partie 1 : Bibliographie - 26 -

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

1. Introduction
Dans un projet, les géotechniciens ont bien souvent du mal à estimer d’une ma-
nière fiable les caractéristiques mécaniques des sols en présence. Deux possibi-
lités s’offrent à eux d’après Terzaghi (1948a et 1948b). Soit ils prennent des
caractéristiques très pessimistes. L’ouvrage est alors surdimensionné. La sécu-
rité est assurée mais elle a un coût élevé. Soit, ils se basent sur leur expérience
et leurs connaissances acquises sur d’autres projets situés dans un sol similaire.
Des significations différentes sont données aujourd’hui à l’expression « mé-
thode observationnelle ». Le concept de méthode observationnelle tel que l’ont
initié Terzaghi et Peck (1948a et 1948b) est étudié.
Le recours à la méthode observationnelle a pour objectif d’optimiser au mieux
la conception, et notamment le coût, au fur et à mesure de l’avancement des
travaux en fonction des caractéristiques du sol rencontré, tout en maîtrisant la
sécurité. L’objectif principal est de suivre pendant les travaux, à l’aide d’une
instrumentation adaptée, quelques valeurs clefs afin d’être en mesure de détec-
ter des anomalies et de pouvoir adapter la construction aux conditions réelles
rencontrées.
Dans une première partie, un bref historique de la méthode est rappelé. Puis,
les principaux éléments nécessaires à son application sont présentés. Enfin,
différents exemples d’application sont illustrés.

2. Historique
De tout temps, les bâtisseurs ont recouru aux moyens d’observation lors de la
construction d’ouvrages car aucune règle de conception n’était définie. Ils les
ont utilisé pour une meilleure compréhension du comportement de l’ouvrage
afin d’améliorer la conception d’ouvrages futurs. Un bon exemple, datant du
Moyen-âge, est celui des voûtes en maçonnerie (Muir Wood, 1990).
Au milieu du vingtième siècle, la technique de conception qui consiste à pré-
dire, contrôler, analyser et adapter évolue avec le développement de la théorie
de la mécanique des sols. Terzaghi et Peck (1948a et 1948b) proposent une mé-
thode intitulée la « méthode expérimentale » ou « learn as you go ». En 1967,
ils jouent un rôle important en formalisant l’utilisation de cette technique. Ils
introduisent la notion de « Procédure Observationnelle » (Terzaghi et Peck
1967). Ils mettent en avant le fait qu’il est beaucoup plus économique de con-
cevoir sur la base des caractéristiques les plus probables avec la possibilité de
modifier la conception au fur et à mesure de la réalisation que de concevoir
avec les caractéristiques les plus défavorables. La notion de « méthode obser-
vationnelle » en géotechnique est introduite deux ans plus tard par Peck (1969).
Entre 1970 et 1990, cette méthode est appliquée dans des domaines variés. Par
exemple, en 1977, elle est recommandée par De Mello (1977) comme l’un des
principes de conception pour les barrages. En 1987, Muir Wood (1987) ap-
plique les principes de la méthode observationnelle à la réalisation d’un tunnel.
Depuis 1990, l’application de la méthode observationnelle connaît un essor
considérable. Muir Wood (1990) redéfinit les huit conditions d’application de
la méthode citées par Peck en 1969 pour l’adapter aux tunnels. En 1994, Pow-

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

derham introduit le concept de « progressive modification». Il définit aussi le


terme «more probable conditions» (Powderham, 1994).
Elle est aujourd’hui intégrée dans plusieurs codes ou règles de dimensionne-
ment, dont l’Eurocode 7 (1997), qui énonce ses conditions d’application et la
reconnaît en tant que méthode de conception.
Des travaux de recherche sur la méthode observationnelle sont en cours depuis
ces dix dernières années, surtout au Royaume Uni. Un programme de recherche
a été développé par l’université de Bristol intitulé « Geotechnical innovation
through observation » et réalisé en partenariat avec des industriels. L’ICE (Ins-
titution of Civil Engineers) a publié un guide sur l’application de la méthode
NATM (New Austrian Tunnelling Method) aux tunnels en terrain tendre (ICE,
1996). Mais, selon Kovari et Lunardi (2000), la méthode autrichienne n’a rien à
voir avec la méthode observationnelle telle que l’a définit Peck (1969). Le
principe de la méthode autrichienne selon ces protagonistes, Rabcewicz, Müller
et Pacher, est de minimiser la pression du terrain agissant sur le soutènement au
moyen de la courbe caractéristique de la réponse du terrain et de mesures. Pa-
cher (1964) a proposé une courbe caractéristique de la réponse du terrain. Cette
courbe, avec les mesures réalisées, permet de choisir un soutènement adapté
mais elle n’a jamais pu être expliquée par les théories ou vérifiée par des me-
sures ou des simulations numériques (Kovari, 1994).
L’utilisation de la méthode observationnelle est décrite par Nicholson et al.
(1999) dans un guide publié par le CIRIA (Construction Industry Research and
Information Association). Des applications pratiques sont données dans le do-
maine des tunnels, des traitements de sols, des barrages… En France, dans le
cadre du pôle de compétence (sols) de l’Irex, un groupe de travail a été formé
pour promouvoir la méthode observationnelle. En effet, cette méthode est e n-
core peu appliquée en France. Dans cette optique, un guide sur la méthode a été
publié (Allagnat, 2005).

3. Présentation des concepts


Peck (1969) considère que l’application de la méthode observationnelle néces-
site les huit conditions suivantes :
 Une reconnaissance suffisante des terrains pour connaître leur nature
générale, leur modèle de comportement et leurs propriétés.
 L’évaluation des conditions dites « les plus probables » et « les plus
défavorables ».
 L’élaboration d’une conception basée sur les conditions dites « les plus
probables ».
 Le choix des paramètres devant être observés pendant l’exécution et le
calcul de leur valeur anticipée sur la base des conditions les plus pro-
bables.
 Le calcul de la valeur des mêmes paramètres mais sur la base des condi-
tions les plus défavorables.

Partie 1 : Bibliographie - 28 -

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

 La définition de procédures de modifications de la conception pour


chaque dérive significative prévisible des résultats de l'observation par
rapport aux prévisions basées sur les hypothèses de dimensionnement.
 Le suivi des quantités devant être observées et l’évaluation des condi-
tions réelles.
 La mise en place d’une action, si nécessaire, pour satisfaire aux condi-
tions réelles.
La définition donnée dans l’Eurocode 7 est légèrement différente. Quatre exi-
gences sont à remplir avant le début des travaux pour appliquer cette méthode :
 Etablir les limites admissibles du comportement.
 Estimer le domaine des variations possibles du comportement et démon-
trer qu’il existe une probabilité acceptable que le comportement réel
soit dans les limites admissibles.
 Etablir un programme de suivi qui rende compte du comportement réel
et qui permette de voir assez tôt dans le déroulement des travaux si ce-
lui-ci se trouve dans les limites acceptables établies. Ce programme doit
spécifier la fréquence des mesures. Celle-ci doit être suffisamment im-
portante pour que des dispositions d’urgence puissent être prises. Enfin,
le recueil et l’analyse des données doivent être suffisamment rapides
par rapport à une évolution éventuelle du système. Il faut agir d’autant
plus rapidement que la vitesse de variation des conditions est impor-
tante pour éviter la rupture.
 Un programme de mesures d’urgence doit être défini au cas où le suivi
révèlerait un comportement qui sorte des limites admissibles.

Durant les travaux, selon l’Eurocode 7, les auscultations doivent être effectué es
telles qu’elles sont définies dans le programme de suivi. Des auscultations su p-
plémentaires peuvent être réalisées, si nécessaire. Le résultat des auscultations
doit être analysé à des temps appropriés et les mesures d’urgence doivent être
entreprises si nécessaires.
La définition donnée dans l’Eurocode 7 ne mentionne pas la nécessité de réali-
ser des calculs ni le besoin de procéder à partir des conditions les plus pr o-
bables et les plus défavorables comme le mentionne Peck (1969).
L’objectif principal de la méthode est de suivre pendant les travaux, à l’aide
d’instruments de mesure adaptés, quelques valeurs clefs afin de détecter des
anomalies et de connaître en temps réel la charge qui transite dans les éléments
structurels. Cela permet d’anticiper sur ce qui va se passer à la phase suivante
de construction et d’adapter en temps réel la conception. Pour savoir quand il
est nécessaire de modifier la conception prévue, on définit à l’avance des seuils
d’alerte et de vigilance et les modifications à apporter lors de leur dépassement.
Le principe de fonctionnement de la méthode est synthétisé en Figure 1.
Le suivi de quelques valeurs de déplacement ou d’effort pendant les travaux
permet aussi de comparer ces valeurs aux résultats prédits en phase de concep-
tion à partir de modélisations numériques ou de calculs analytiques.

Partie 1 : Bibliographie - 29 -

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

Figure 1 – Principe de fonctionnement de la méthode (Nicholson et al. 1999)

La méthode observationnelle doit être appliquée dans les cas où une modifica-
tion du procédé de construction en cours des travaux est possible et où des me-
sures de qualité peuvent être obtenues sans créer de gêne importante au chan-
tier. Il faut aussi être certain de disposer du temps nécessaire pour mettre en
place les modifications ou les actions d’urgence. Elle nécessite également un e
entente et une coordination entre les différents intervenants : maître d’œuvre,
maître d’ouvrage, entrepreneur…
Chacun des concepts de la méthode est détaillé ci-après. Ce sont : la concep-
tion, les risques, les incertitudes, le choix des valeurs de conception, les seuils,
la vitesse d’évolution des conditions et la mise en place des actions de modif i-
cations et des procédures d’urgence.

Partie 1 : Bibliographie - 30 -

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

3.1 La conception
Ce n’est pas seulement un ensemble de calculs. C’est aussi la planification des
tâches de construction, la constructibilité, le phasage de réalisation, l’utilisation
du matériel et la sécurité.
La méthode nécessite au moins deux conceptions pleinement développées pour
l’étendue des conditions prévues sur site. La méthode de construction doit être
suffisamment établie pour permettre une adaptation de la construction dans le
cas où des seuils sont dépassés.
Dans la méthode observationnelle, la flexibilité est autorisée par le processus
d’adaptation en temps réel de la conception en fonction des observations.
Une particularité de la méthode est que la conception, la construction et les
adaptations doivent toutes être « robustes » (ISE, 1990 ; HSE, 1996).
Avec une méthode de conception traditionnelle, on peut avoir recours à des
mesures en cours de chantier mais uniquement pour confirmer que les prédic-
tions ne sont pas dépassées et sans intention de modifier la conception initiale.
Aucune procédure à appliquer en cas de dépassement des seuils d’alerte n’est
prévue. Une seule technique de conception « robuste » est développée en phase
projet. Elle se base sur des caractéristiques de sol suffisamment conservatives.
Dans ce cas là, normalement, les seuils ne sont pas atteints. Les auscultations
permettent uniquement de mieux comprendre le comportement de la structure
et les interactions sol/structure en vue d’améliorer la conception de projets f u-
turs.
1
Lors du recours à la méthode observationnelle, l’ensemble des situations qui
peuvent être rencontrées doit être envisagé. Le recensement de l’ensemble des
situations possibles pour chaque profil de soutènement permet de déterminer
2
l’ensemble des états dans lequel il peut se trouver. Les différents états sont en-
suite regroupés dans des scénarios. D’importantes reconnaissances géologiques
et géotechniques sont donc nécessaires en phase projet afin d’être en mesure de
définir l’ensemble des situations et d’évaluer tous les états. Généralement, une
conception pour les caractéristiques dites plus probables et une pour celles
dites plus défavorables sont définies, comme le mentionne Peck (1969).
Une approche empirique peut être utilisée pour la conception. Cela implique
alors une expérience préliminaire dans des conditions de sol similaires et sur
des structures comparables, un suivi de l’ouvrage pendant les travaux à l’aide
d’une instrumentation adaptée et la définition de procédures de modifications à
mettre en place en fonction des mesures.

1
Une situation correspond à la combinaison d’un ensemble de paramètres (paramètres mécaniques du sol, par a-
mètres de creusement et type de soutènement, paramètres géométriques : hauteur de couverture,…).
2
L’état fait référence au niveau de déformation et de con trainte atteint par une section pour une situation do n-
née. Il est déterminé à partir de modèles numériques ou d’auscultations. A chaque situation correspond un état.
Un scénario regroupe plusieurs états.

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3.2 Les risques


Une définition du terme « risque » est donnée ci-après :
3
risque  aléa  enjeu

Pour gérer le risque, cinq conditions sont nécessaires :


 Identifier les aléas, c'est-à-dire leur probabilité d’apparition et leur in-
tensité. Ils peuvent être identifiés à partir de l’expérience acquise sur
d’autres projets.
 Identifier les enjeux, c'est-à-dire définir les types d’enjeux et leur im-
portance.
 Evaluer les risques. La probabilité d’apparition d’un aléa et son intensi-
té sont évaluées et combinées aux types d’enjeux et à leur importance
pour déterminer le niveau de risque.
 Réduire les risques. Pour cela, il faut agir sur les aléas ou sur les enjeux.
Les aléas doivent être éliminés, si possible, afin de réduire les risques.
Cela peut être fait grâce à des changements de conception et à des aus-
cultations supplémentaires par exemple.
 Gérer les risques. Le niveau de risque doit être surveillé lors de la réali-
sation de l’ouvrage. Normalement, il diminue au fur et à mesure que la
construction progresse.
Il existe trois principaux types de risques : financier, humain et technique. Le
niveau de tolérance de ces risques est plus ou moins subjectif. Pour le risque
technique, la tolérance est guidée entre autre par les codes de construction (Eu-
rocode 7).

3.3 Les incertitudes


S’il y a peu d’incertitudes sur les terrains rencontrés, l’application de la mé-
thode observationnelle n’est pas appropriée. Par contre, si des incertitudes su b-
sistent, une conception traditionnelle risque de mener à une solution où la séc u-
rité n’est pas assurée ou à un surdimensionnement donc à une solution non
économique. Dans ce cas, la méthode observationnelle doit être appliquée.
Mais, bien souvent, il est difficile pour un géotechnicien ou pour un maître
d’œuvre d’avouer qu’il n’est pas en mesure d’identifier tous les paramètres
avec une précision suffisante et dans ce cas, la méthode n’est pas prévue en
phase projet. Peck (1969) distingue deux cas d’application de la méthode : « ab
initio » et « best way out ». Dans le premier cas, l’application de la méthode est
prévue avant le début des travaux, en phase d’avant projet. Dans le deuxième
cas, la méthode est appliquée suite à l’apparition de phénomènes non prévus en
cours de chantier.

2
Source : www.prim.net portail du gouvernement pour la prévention des risques majeurs.

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

Trois types d’incertitudes sont distingués:


 Sur la géologie : le type de sol peut varier de façon extrêmement impor-
tante entre les différents sondages. Des événements inattendus, naturels
ou anthropiques, peuvent être rencontrés, comme des cavités souter-
raines, par exemple. Durant les travaux, les conditions géologiques
réelles peuvent être déterminées par des reconnaissances à
l’avancement. Une conception appropriée peut alors être mise en place
pour satisfaire aux conditions rencontrées.
 Sur les paramètres de sol : les essais de laboratoire et les essais in situ
ne permettent pas de connaître avec certitude les propriétés mécaniques
des terrains rencontrés. Dans le premier cas, les incertitudes sont liées
notamment au remaniement de l’éprouvette lors du prélèvement et sur-
tout, au très faible volume de terrain étudié dont on étend les propriétés
au massif concerné par l’ouvrage. Dans le deuxième cas, on retrouve
également le caractère très local des essais auquel s’ajoutent les diffi-
cultés d’interprétation liées au caractère non homogène des champs de
contraintes et de déformations appliqués au terrain. Ainsi, les essais
donnent une plage de variation pour les paramètres. Pour déterminer les
paramètres de sol, on peut aussi avoir recours à des corrélations.
 Sur les traitements de sol éventuels : des techniques d’améliorations de
sol peuvent être mises en place. Dans ce cas, il y a deux incertitudes.
L’une porte sur l’adéquation de la méthode de traitement avec le renfor-
cement souhaité. L’autre porte sur la quantité de traitement nécessaire à
l’obtention des paramètres voulus. Il est intéressant de contrôler
l’efficacité du traitement pendant les travaux à l’aide de mesures afin
d’apporter des modifications si nécessaire. Quand c’est possible, les
auscultations mises en place doivent fournir des mesures directement
reliées à la performance de la technique. Hamelin et al. (1999) ont déve-
loppé une technique qui permet de suivre en temps réel l’efficacité
d’une méthode de renforcement par injection et de l’adapter si néces-
saire. Cette méthode de renforcement par injection est utilisée lors de la
construction d’un tunnel en site urbain pour limiter les tassements. La
technique développée s’inscrit dans le projet de recherche COSMUS
initié par Solétanche-Bachy. Elle repose sur une analyse à deux niveaux
(cf. Figure 2). Tout d’abord, une analyse journalière est menée. Elle re-
lie les prédictions de tassements et les instructions du renforcement as-
socié avec une analyse détaillée des résultats de l’auscultation et
l’ajustement des prédictions. Dans un second temps, une analyse en
temps réel est réalisée pour contrôler de façon permanente les mouve-
ments et ajuster les paramètres du renforcement afin de les maintenir
dans les limites acceptables. Un modèle numérique 3D a été créé pour
simuler le creusement du tunnel et le renforcement et pour prédire les
tassements quotidiennement. Ce modèle est compatible avec une mise à
jour périodique des prédictions à partir des observations in situ. Des l o-
giciels ont également été développés pour contrôler les paramètres du
renforcement et les mouvements. Une interface entre ces logiciels et le

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

modèle 3D a été créée. Cette technique a été validée lors de la construc-


tion du métro de San Juan à Porto Rico.

Figure 2 – Principe de fonctionnement de l’analyse (Hamelin et al. 1999)

3.4 Le choix des valeurs de conception


Peck fait référence en 1969 aux conditions dites les plus probables et les plus
défavorables. L’Eurocode 7 demande que l’état limite considéré ne soit pas d é-
passé pour chaque type de conception définie.

Figure 3 – Application des coefficients de sécurité aux différentes valeurs de par a-


mètres de conception (Nicholson et al. 1999)

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

Il est recommandé lors de l’application de la méthode observationnelle que les


conditions dites modérément conservatives et plus probables soient employées
pour la prédiction des déformations et des charges critiques à l’ELS (Etat limite
de service). A L’ELU (Etat limite ultime), il est recommandé d’utiliser les con-
ditions dites plus défavorables et de vérifier la robustesse de la structure durant
l’évaluation du risque. La valeur des paramètres de conception est choisie de
telle façon que la probabilité de rupture soit extrêmement réduite. Elle doit t e-
nir compte des incertitudes inhérentes à la conception. La courbe de distribu-
tion normale présentée en Figure 3 identifie les valeurs des paramètres de con-
ception qui peuvent être retenues. La définition de la valeur des paramètres de
conception diffère entre l’approche du CIRIA et celle de l’Eurocode 7.
L’approche du CIRIA introduit des coefficients de sécurité alors que
l’Eurocode 7 parle de coefficients partiels. La courbe présentée en Figure 3
identifie les différents coefficients de sécurité de manière à obtenir les mêmes
valeurs de conception entre l’approche de l’Eurocode 7 et celle du CIRIA.
Ainsi, la valeur modérément conservative d’un paramètre est représentée par
une zone comprise entre les fractiles 5% et 50%.

3.5 Les seuils d’alerte et de vigilance


Les seuils d’alerte sont des valeurs limites, relatives à des grandeurs mesurées,
au-delà desquelles les actions de modification ou les procédures d’urgence pré-
vues sont mises en place. Ces seuils peuvent correspondre à des valeurs
d’effort ou de déplacement. Ils sont déterminés par le calcul, à partir de procé-
dés empiriques ou par expérience. Les seuils peuvent aussi se baser sur les
conditions de sol, de mise en œuvre ou encore sur la qualité du terrain sur l e-
quel de grandes incertitudes résident.
Il peut également y avoir des critères de vigilance. Les critères de vigilance
sont des valeurs intermédiaires, relatives à des grandeurs mesurées, au-delà
desquelles des actions mineures sont mises en place. Cela peut être une aug-
mentation de la fréquence des mesures. Les critères d’alerte et de vigilance
sont développés en connaissance du temps nécessaire pour la réalisation du
processus complet d’adaptation (ou cycle de rétablissement) qui comprend la
récolte des données, l’analyse des mesures, la prise de décision et la mise en
place d’une action ou d’une procédure d’urgence si nécessaire. Le temps dont
on dispose dépend de la vitesse à laquelle les conditions se détériorent et du
moment où l’anomalie est découverte.
Le Health and Safety Executive (HSE 1996) a proposé un modèle de rétablis-
sement pour les projets de tunnel. Ce modèle est présenté en Figure 4. Il
montre le niveau de risque qui est pris en fonction du moment où l’anomalie est
découverte.
La probabilité d’apparition de la rupture est fortement liée au taux d’évolution
du risque. Si le risque augmente extrêmement rapidement ou s’il n’y a pas de
précurseurs aisément identifiables de rupture alors il y a peu de chance
d’empêcher la rupture. Plus le projet se situe à un niveau de risque initial élevé

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et plus le temps disponible pour agir est réduit. La découverte rapide d’une
anomalie permet de limiter le risque.

Figure 4 – Modèle du HSE pour les projets de tunnel (HSE 1996)

Durant la réalisation, des auscultations dites primaires et secondaires sont réa-


lisées lors de l’application de la méthode. Les auscultations primaires sont con-
trôlées et analysées sur le chantier par une équipe désignée à l’avance. Elles
concernent des mesures traditionnelles. Les données récoltées sont directement
comparées aux seuils d’alerte et de vigilance définis au préalable. Elles sont
simples, facilement vérifiables, rapides à lire et à interpréter et directement r e-
liées aux critères. Les auscultations secondaires concernent des mesures moins
traditionnelles. Elles fournissent des données complémentaires aux concep-
teurs. Elles permettent d’évaluer le comportement du sol et ne sont pas toujours
directement reliées aux critères. Elles constituent un système de secours. Elles
sont utilisées pour vérifier les performances des premières. L’auscultation peut
être amenée à évoluer pendant les travaux (rajout de profils de mesures ou
augmentation de la fréquence des mesures).
Un système, similaire à celui des feux tricolores utilisés pour réglementer le
trafic routier, est souvent utilisé lors d’une conception interactive pour repr é-
senter l’ensemble des scénarios possibles. Ce système comporte trois zones ou
trois scénarios qui regroupent les différents états : les zones verte, orange et
rouge. Ces zones sont délimitées par trois seuils : les seuils orange, rouge et
d’urgence. La nature des seuils retenus avec le système de feux tricolores lors
d’une conception interactive dépend du type de projet et de la nature du site
d’implantation. En effet, deux types de site sont distingués : les sites urbanisés

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et les sites ruraux. Pour le premier type, l’existence d’un bâti dense à proximité
impose souvent des critères en déplacement très réduits. Pour le deuxième, le
non dépassement de l’Etat Limite de Service de la structure proposée est le
principal souci.
La Figure 5 présente une application de ce système de feux tricolores à la nou-
velle méthode autrichienne en travaux souterrains (NATM).

Figure 5 – Système de feu tricolore dans le cas de la réalisation d’un tunnel avec la
méthode NATM (Nicholson et al. 1999)
 Le scénario vert
Cette zone correspond au cas où les valeurs mesurées sont inférieures au critère
orange (ou critère de vigilance). Le chantier est en sécurité.

 Le scénario orange
Ce scénario est atteint lorsque les auscultations font apparaître des valeurs s u-
périeures au critère orange (ou de vigilance) ou lorsqu’une accélération rapide
des valeurs mesurées est détectée et que celle-ci est supérieure à la variation
admissible fixée au préalable. Le critère orange (ou de vigilance) est déterminé
à partir des prédictions obtenues avec les conditions les plus probables. Le
temps nécessaire et disponible pour une prise de décision est également pris en
compte pour le déterminer.
Durant la période de prise de décision, la fréquence de mesure des ausculta-
tions primaires est augmentée afin d’obtenir des données supplémentaires pour
vérifier les tendances. Les résultats des auscultions secondaires sont revus dans
les détails et des lectures supplémentaires sont prises. Quand le critère de vig i-
lance est atteint, quelques modifications mineures peuvent être mises en place
selon la stratégie spécifique adoptée sur le site.

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 Le scénario rouge
Ce scénario se produit lorsque les mesures dépassent le critère rouge (ou critère
d’alerte). Dans ce cas là, les actions de modifications prévues sont entreprises
afin de ne pas dépasser l’Etat Limite de conception.
Le critère rouge est déterminé à partir des prédictions obtenues avec les condi-
tions modérément conservatives.

 Le scénario d’urgence
Le système présenté peut être complété par des procédures d’urgence qui sont
mises en place lorsque des dommages inacceptables sont en train de prendre
place ou de se laisser pressentir.

3.6 Vitesse d’évolution des conditions


La méthode observationnelle trouve son application la plus efficace quand les
conditions se détériorent progressivement jusqu’à la conception aux états l i-
mites. Une détérioration progressive permet d’analyser les mesures et donne le
temps de mettre en place des procédures d’urgence si nécessaire.
La vitesse de détérioration des conditions dépend non seulement de la qualité
du matériel et de la mise en œuvre mais aussi des conditions de sol, de
l’hydrologie en présence, des surcharges temporaires et du phasage des tra-
vaux.
Pour une meilleure compréhension du comportement de l’ouvrage et des struc-
tures avoisinantes, l’équipe de projet a besoin de connaître l’évolution des v a-
leurs mesurées avec le temps. Cela est plus particulièrement important dans les
projets réalisés par phases comme les tunnels. Une évolution anormale peut
être le résultat de plusieurs facteurs comme par exemple une mauvaise mise en
œuvre, un soutènement insuffisant, des conditions de sol imprévues…
Un bon exemple est celui du suivi de la convergence des parois d’un tunnel.
L’instrumentation de plusieurs sections au début des travaux permet d’obtenir
une courbe de convergence moyenne en fonction du temps. Une fois que cette
courbe est établie, l’évolution des convergences dans les sections suivantes en
fonction du temps est reportée sur cette courbe. Si le phasage des tr avaux reste
le même alors toute évolution anormale peut être identifiée immédiatement
après comparaison des courbes. Ce principe est similaire à celui utilisé pour le
suivi des mesures du tube nord de Toulon qui consiste à tracer des fuseaux
(Grammosenis 1996, CETU 1999).
La Figure 6 présente deux courbes de convergence, l’une est celle de référence
(courbe a) et l’autre (courbe b) est celle d’une section où des convergences i m-
portantes se sont développées à cause de la rencontre d’un terrain de mauvaise
qualité. La pente de cette dernière, vers l’origine, est nettement plus élevée que
la pente de la courbe de référence. Une extrapolation de la courbe obtenue peu
après le commencement de la mesure montre, que sans modification de la con-
ception, l’Etat Limite de Service est dépassé. Si l’anomalie est détectée rapi-
dement et qu’une action de modification est mise en place immédiatement alors
le dépassement de l’ELS peut être évité. Dans le cas de la figure présentée,

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l’action qui a été entreprise est la fermeture plus tôt que prévue de la se ction.
Si la construction se déroule en plusieurs étapes alors la prédiction des valeurs
mesurées est faite pour chaque étape et elle se base toujours sur les conditions
les plus probables pour la détermination du critère orange (critère de vigilance)
et sur celles modérément conservatives pour le critère rouge (critère d’alerte).

Figure 6 - Appréciation de l’évolution du taux de convergence en fonction du temps et


détection d’une anomalie éventuelle (a : courbe de référence et b : courbe d’une sec-
tion où des fortes convergences se sont développées) (Nicholson et al. 1999)

La Figure 7 illustre le principe. Elle présente deux séries de mesures. Elles cor-
respondent à deux scénarios. L’un est dans la zone rouge donc il mènera à un
dépassement de l’ELS. La mise en place d’une procédure d’urgence est néces-
saire. L’autre est dans la zone verte donc l’opportunité de réaliser des écono-
mies existe. Pour ce faire, il faut mettre en place une action de modification
pour se rapprocher du critère orange (ou seuil de vigilance) afin d’optimiser la
construction.

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Figure 7 - Valeurs des critères dans le cas d’une construction en plusieurs étapes (Ni-
cholson et al. 1999)

3.7 Mise en place des actions de modifications et des procédures


d’urgence
Deux approches existent : celle de Peck (1969) et celle de Powderham (1994).
Cette dernière est désignée par le terme de modification progressive.
L’approche de Peck recommande que la conception initiale soit dimensionnée
sur la base des conditions les plus probables avec l’élaboration d’actions de
modification pour chaque dérive significative prévisible. Une dérive significa-
tive correspond à l’apparition d’un phénomène qui laisse présager des valeurs
mesurées en dehors des limites acceptables. Les actions de modification sont
définies sur la base des conditions les plus défavorables. Les valeurs mesurées
sont analysées et comparées aux valeurs des critères basés sur les conditions les
plus probables et les plus conservatives. Si les mesures montrent que le niveau
de risque s’approche des limites du niveau acceptable alors des actions de mo-
difications sont mises en place. Après leur mise en place, le niveau de risque
redevient plus faible que le niveau initial.
Compte tenu des problèmes que l’on peut rencontrer pour mettre en œuvre dés
le début des travaux l’approche de Peck, il peut être préférable que la concep-
tion initiale soit basée sur des paramètres prédéfinis.
Dans ce cas, au fur et à mesure de l’avancement, la performance du système
mis en place peut être analysée et les paramètres peuvent être adaptés. C’est

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l’approche de Powderham intitulée « modification progressive ». Il considère


qu’il vaut mieux commencer la conception dans des conditions dites « plus
probables » que dans les conditions dites « les plus probables ». Celles-ci se si-
tuent entre les conditions dites les plus probables et celles dites modérément
conservatives.
La construction débute en considérant des conditions dites « modérément con-
servatives ». Les mesures des phases initiales sont analysées et comparées aux
prédictions élaborées avec les conditions les plus probables. Si beaucoup de
mesures sont inférieures aux prédictions, alors les paramètres retenus pour la
conception initiale sont modifiés. Ce procédé de modification peut être répété
plusieurs fois. Les changements de conception induits sont analysés et mis en
place en plusieurs étapes. Par opposition, si le niveau de risque est proche des
limites du niveau de risque acceptable, une approche similaire à celle de Peck
est adoptée. L’approche de Powderham est préférée dans le cas où les équipes
de conception et de réalisation ont une expérience limitée de la méthode obser-
vationnelle ou dans le cas où une construction par phase est envisagée comme
c’est le cas en tunnel.

4. Procédure d’application
L’application de la méthode observationnelle selon Nicholson et al. (1999) re-
quiert les étapes suivantes :
 Une phase préparatoire,
 Le suivi de la construction,
 L’analyse des mesures,
 La mise en place des procédures d’actions et d’urgence.

4.1 La phase préparatoire


Avant la construction, il faut rassembler les données, identifier les aléas, éva-
luer le risque et élaborer un produit fini « robuste » qui permette de réaliser des
gains économiques. La phase préparatoire comprend les études préliminaires,
les reconnaissances de site, l’interprétation des données recueillies à l’issue des
reconnaissances, l’élaboration d’une conception initiale et finale.

4.1.1 L’étude préliminaire


A ce stade, le maximum d’informations concernant la géologie, la stratig raphie,
les types de sols rencontrés, le régime hydraulique, la sismicité, l’existence de
structures avoisinantes et les types de ruptures possibles doit être rassemblé.
Il est nécessaire également de faire une enquête, pendant l’étude préliminaire,
afin de savoir si le site et les terrains avoisinants ont déjà fait l’objet d’études.
Si c’est le cas, il faut recueillir les informations concernant notamment la v a-
riabilité des terrains et leurs propriétés.

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Une étude préliminaire réalisée dans le cadre d’applications de la méthode


comporte huit objectifs qui sont :
 Recueillir les informations disponibles sur le site et identifier le besoin
de réaliser des reconnaissances supplémentaires.
 Identifier les problèmes pouvant être rencontrés pendant l’exécution des
différentes conceptions envisagées.
 Etablir les limites acceptables du comportement de l’ouvrage et des
structures avoisinantes si elles existent.
 Identifier les aléas dus à la géologie et définir les conditions de concep-
tion suivantes : plus probables, plus défavorables et modérément con-
servatives. Une fois ces conditions définies, il faut évaluer le risqu e qui
leur est associé et définir le niveau de risque acceptable.
 Evaluer la faisabilité d’application de la méthode dans les conditions de
sol rencontré.
 Vérifier que le degré d’incertitude est suffisamment important pour
qu’une conception interactive soit justifiée.
 Evaluer la faisabilité des différentes méthodes possibles, c'est-à-dire la
méthode de conception traditionnelle et la méthode observationnelle, en
même temps que l’étude de la valeur technique du projet.
 Estimer le coût et les bénéfices réalisés dans le cas de l’application de
la méthode observationnelle. La méthode est d’autant plus rentable que
les incertitudes qui règnent sur le projet sont importantes.
Durant l’étude préliminaire, le maître d’ouvrage doit être informé des cons é-
quences que la méthode observationnelle implique. En effet, l’application de
cette méthode nécessite par exemple des reconnaissances de site plus impor-
tantes, un programme d’auscultations riche, ce qui entraîne un surcoût des
études de conception. Mais, si les conditions d’application de la méthode déf i-
nies par Peck (1969) sont vérifiées, le surcoût est rentabilisé par une optimis a-
tion du dimensionnement de l’ouvrage. Le maître d’ouvrage doit aussi être
conscient du fait que cette méthode nécessite une forte coordination entre les
équipes qui participent au projet.

4.1.2 Les reconnaissances de site


Les différentes reconnaissances de site réalisées dans le cas de l’application
d’une conception interactive doivent fournir les éléments nécessaires pour
aboutir à la définition des conditions les plus probables, modérément conserv a-
tives et les plus défavorables. Ces reconnaissances sont extrêmement impor-
tantes si l’on veut réduire les risques financiers et humains. Beaucoup de publi-
cations ont mis en évidence l’importance des reconnaissances de site (ICE
1992, Site Investigation Steering Group 1993…).
Pour la plupart des projets, les investigations de site permettent d’identifier
l’ensemble des conditions de sol que l’on peut rencontrer et la nature du com-
portement des sols. Mais, elles ne permettent pas de connaître précisément la
localisation des différents terrains et leurs propriétés mécaniques respectives.
Donc bien souvent, en plus des reconnaissances effectuées avant les travaux,
des reconnaissances complémentaires sont réalisées au cours du chantier. Dans

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

ce cas, un temps suffisant est requis pour que les informations des reconnais-
sances supplémentaires effectuées soient intégrées au processus de conception.
En travaux souterrains, notamment, il est difficile de réaliser suffisamment de
reconnaissances depuis la surface et il y a donc une probabilité forte de re ncon-
trer des aléas géologiques dont la localisation est difficile à prévoir. Dans ce
cas, des reconnaissances supplémentaires sont réalisées pendant les travaux.

4.1.3 L’interprétation des données


A cette étape, les données issues des reconnaissances sont analysées et inter-
prétées. Les objectifs sont les suivants :
 Evaluer les différents types de conditions (les plus probables, les plus
défavorables et modérément conservatives) à partir des données issues
des reconnaissances concernant la stratigraphie, la perméabilité, la pres-
sion interstitielle, l’eau souterraine, la compressibilité du sol, les para-
mètres mécaniques de sol... Un recours à des procédés d’analyse inverse
sur des structures similaires et dans des conditions de sol comparables
peut s’avérer nécessaire pour obtenir et confirmer les paramètres les
plus probables.
 Identifier les incertitudes géologiques et les autres. Cela implique une
connaissance parfaite du phasage de la construction et des mécanismes
potentiels de rupture.
 Décider si l’application de la méthode observationnelle est réalisable
techniquement et économiquement.
Les données doivent être conservées et réinterprétées si besoin lorsque des
données supplémentaires seront acquises. Les prédictions doivent être mises à
jour.

4.1.4 La conception initiale


La conception initiale comprend les calculs mais aussi la méthode de réalisa-
tion choisie, le programme de suivi, les moyens, les procédures d’action de
modification et les plans d’urgence. Les objectifs sont nombreux. Il faut entre
autre :
 Réaliser une conception complète pour au moins deux ensembles de pa-
ramètres (les plus probables et les plus défavorables ou les modérément
conservatifs et les plus défavorables).
 Décider de la procédure et des moyens à employer pour mettre en place
les actions de modification définies au préalable (approche de Peck ou
de Powderham).
 Identifier les quantités qui doivent être mesurées et considérer la fré-
quence des mesures ou la répartition des profils de mesure.
 Evaluer le coût des conceptions envisagées avec les modifications et les
auscultations correspondantes à chacune.
 Evaluer la constructibilité de la conception.
 Choisir entre une conception traditionnelle basée sur des hypothèses
modérément conservatives et la méthode observationnelle.
 Evaluer le risque.

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

4.1.5 La conception finale


Les objectifs de cette phase sont :
 Définir les seuils d’alerte et de vigilance pour l’ouvrage et les structures
avoisinantes.
 Produire les calculs finaux pour les trois types de conditions.
 Confirmer l’approche adoptée pour la mise en place des actions de mo-
dification et la stratégie suivie pour mobiliser les ressources.
 Confirmer que tous les aléas ont été identifiés et que des mesures de ré-
duction du risque ont été prévues.
La conception doit être avant tout robuste. L’ouvrage doit être conçu pour ré-
sister à la charge attendue.
A ce stade, pour une conception donnée, il faut connaître l’approche choisie
pour la mise en place des actions de modification, la valeur de seuils, les plans
d’urgence… Une appréciation de la vitesse d’évolution des valeurs mesurées
est aussi nécessaire. Un système de feux tricolores (cf. § 3.5) peut être adopté
pour situer le scénario dans lequel se trouve la construction à un instant do nné.

4.2 Le suivi
L’objectif des auscultations est de recueillir suffisamment d’informations pour
établir la validité de la conception de départ et pour mettre en place, si néces-
saire, des actions de modification ou des plans d’urgence. Les données néce s-
saires à une comparaison avec les seuils retenus sont requises.
Les objectifs du plan d’auscultation sont :
 D’identifier les observations qui sont nécessaires.
 De définir le système d’instrumentation.
 De définir les procédures de contrôle de la construction, les méthodes
utilisées et la fréquence des mesures.
 D’établir les fonctions et les responsabilités dans l’équipe de projet
 De produire des guides ou des instructions concernant le contrôle de la
construction.
 De fournir l’évolution des données mesurées pour des comparaisons ul-
térieures et pour une amélioration de la conception.
Le plan d’auscultation doit être développé tout en s’assurant qu’il est appli-
cable. Les mesures réalisées doivent être présentées dans des formats adéquats.
Par exemple, pour des mesures de convergence en tunnel, une représentation
graphique peut être adoptée pour la présentation des résultats.
Afin de pouvoir vérifier la validité des mesures, différents systèmes de mesure
peuvent être utilisés. Le matériel utilisé pour le suivi doit être récent et en
nombre suffisant pour assurer la redondance des données en cas de panne d’un
appareil. Le système de mesure comporte généralement deux niveaux
d’auscultations : celles dites primaires et les autres dites secondaires (cf. § 3.5).

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4.3 L’analyse des mesures et la mise en place des procédures


d’actions ou d’urgence
Les objectifs de cette phase sont de rassembler toutes les informations, de
comparer les résultats de l’auscultation avec les critères et de mettre en place,
si nécessaire, les procédures d’actions ou d’urgence. L’action peut porter sur la
modification du phasage de la construction ou de la méthode de réalisation, etc.
La fréquence des mesures doit être déterminée à partir de l’analyse du potentiel
de rupture et pour que les évolutions rapides et les événements inattendus puis-
sent être identifiés à temps.
Toutes les informations extraites de l’auscultation doivent être vérifiées par
une équipe expérimentée qui est capable de détecter les anomalies et qui est
consciente de la valeur des seuils adoptés. Les procédures d’interprétation des
mesures doivent être définies au préalable afin de permettre une interprétation
en temps réel. Des réunions doivent être régulièrement organisées entre tous les
intervenants pour la prise de décisions.

5. Exemples d’application
Dans la littérature, de nombreux exemples d’application de la méthode sont
disponibles. Le bâtiment et le génie civil (tunnels, viaducs, murs de soutène-
ment,…) sont deux des domaines d’application. Trois exemples d’applications
de la méthode dans des domaines différents sont présentés. Il s’agit du renfor-
cement d’un sol lors de la réalisation d’une station de métro, du creusement
d’un tunnel en zone montagneuse et de la construction d’un bâtiment.

5.1 La station « Southwark » de la « Jubilee Line» à Londres


La station se compose de plusieurs ouvrages (Geotechnet 2005): deux plate-
formes, dénommées Est et Ouest, reliées par quatre tubes et une zone de transit
(Figure 8).

Figure 8 – Illustration de la station (Geotechnet 2005)


La plateforme Est se trouve seulement à 6 mètres en dessous de l’ancrage d’une
paroi moulée supportant un bâtiment de douze étages. Des analyses, basées sur
la perte de volume déduites des étapes antérieures de construction et estimée à

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1.5 %, ont montré que des dommages structurels inacceptables seraint engen-
drés sur la paroi moulée et le bâtiment en absence de dispositifs particuliers. Le
sol a donc été renforcé par injection entre la plateforme Est et la paroi moulée à
l’aide de tubes à manchettes. Lors de l’excavation de la station, la méthode ob-
servationnelle a été appliquée afin de vérifier l’efficacité du renforcement et de
lever les incertitudes résidant sur le traitement de sol adopté et sur les para-
mètres. Les déplacements qui ont été contrôlés et comparés aux seuils définis
au préalable sont ceux induits au niveau des tubes à manchettes lors de la phase
de pré-conditionnement des tubes, et ceux induits au niveau de la paroi moulée,
lors de cette même phase et lors de l’injection des tubes et du creusement.
Deux types de seuils ont été retenus : un pour les tassements et un pour la dé-
formation angulaire de la paroi. Un modèle, développé par l’entrepreneur, a
permis de relier les tassements au volume de coulis injecté. Le dépassement du
critère retenu pour les tassements s’est traduit par une adaptation du volume de
coulis injecté. Pour cet exemple, les actions de modifications portaient sur
l’adaptation du renforcement. La mise en place de ce renforcement en deux
phases offrait des possibilités variées. La phase de conditionnement offrait un
premier niveau de sécurité. Elle donnait une indication claire sur la réponse de
la structure au renforcement. La seconde phase a permis un contrôle en temps
réel des mouvements de sol qui apparaissaient durant l’excavation. Le renfor-
cement a été continuellement ajusté pour s’adapter à la réponse du sol. La pro-
gression de l’excavation a été suivie au moyen d’une auscultation précise en
temps réel.

5.2 Réalisation du tunnel de Aono au Japon


Le tunnel de Aono a été excavé à proximité d’un tunnel existant et déjà en se r-
vice. Les deux tunnels sont séparés uniquement de 20 m. Le contexte géolo-
gique est difficile avec l’existence d’une zone fracturée au milieu du nouveau
tunnel. Compte tenu des difficultés, la méthode observationnelle a été appli-
quée durant la construction (Asano et al. 2003). Une relation a été établie entre
l’incrément de contraintes apparaissant dans le revêtement en béton du tunnel
existant et le déplacement des parois du nouveau tunnel. Afin d’éviter tout
dommage dans le tunnel existant (fissures…) lors de l’excavation du nouveau
tube, le déplacement des parois de celui-ci a été contrôlé. Pour limiter ce dé-
placement, un soutènement et un renforcement adéquats ont du être adoptés.
Les seuils ont porté sur les incréments de contraintes induits dans le revêtement
du tunnel existant et sur le tassement de la clé de voûte mesuré dans le nouveau
tunnel. Les valeurs des seuils relatifs au tassement en clé de voûte ont été défi-
nies à partir de calculs aux éléments finis avec les paramètres déduits des re-
connaissances géologiques et géotechniques. Celles des seuils relatifs aux in-
créments de contraintes correspondaient à des valeurs réglementaires (Japan
Highway Public Corporation, 1998). Des actions de modifications ont été défi-
nies en cas de dépassement des seuils. Finalement, aucune de ces actions n’a
due être mise en œuvre durant la réalisation.

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5.3 Le bâtiment « Mansion House » à Londres


Lors de la première phase de réalisation de l’extension de la voie ferrée « Doc-
klands Light » à Londres, des tassements importants ont été relevés, qui lais-
saient présager des dommages sur le prestigieux bâtiment « Mansion House »
durant les phases suivantes de construction. Des niveaux de tassement très
faibles ayant été imposés, l’excavation a donc été arrêtée jusqu’à ce qu’un pro-
gramme de surveillance et de protection de ce bâtiment durant l’excavation soit
mis en place. Une méthodologie basée sur la méthode observationnelle a été
appliquée (Powderham et Tamaro 1995). Si on se réfère aux deux types
d’application de la méthode proposée par Peck (1969), dans le cas étudié il
s’agit d’une solution « best way out ». Cette méthode nécessite une instrumen-
tation de précision (Forbes et al. 1994). Deux seuils ont été définis délimitant
trois zones de niveaux de risque. Les seuils ont porté sur la déformation angu-
laire du bâtiment. Ils ont été développés à partir de critères définis par Boscar-
din et Cording (1989). L’instrumentation mise en place a permis de mesurer les
tassements et les déformations angulaires subis par le bâtiment. Les ausculta-
tions primaires comprennaient des dispositifs capables de mesurer les change-
ments de pente, des mesures de nivellement et des inclinomètres. Des ausculta-
tions secondaires ont également été mises en place pour comparaison. Des
rapports de mesures étaient fournis toutes les semaines avant et pendant toutes
les phases de construction localisées dans la zone d’influence. Si les mesures
démontraient que les seuils n’étaient pas atteints, l’excavation se poursuit. Si le
premier seuil était dépassé alors la fréquence des rapports de mesures était
augmentée et des reconnaissances plus poussées étaient effectuées. Si le deu-
xième seuil n’était pas dépassé, une approbation, basée sur une analyse détail-
lée des mesures réalisées à la phase courante mais sans envisager de dispositifs
supplémentaires pour continuer le chantier, était nécessaire. Dans le cas de dé-
passement du second seuil, des dispositifs de renforcement, définis avant la
construction dans la zone d’influence, devaient être mis en place tels que le
renforcement du sol par injection. Durant la construction, les déformations me-
surées sont restées en dessous du premier seuil. Un faible risque de dommage a
donc été indiqué et aucun dégât n’a été enregistré.

6. Conclusion
La méthode observationnelle, initiée par Peck sous le nom de « Procédure Ob-
servationnelle », a pour objectif principal de faire réaliser des économies tout
en maîtrisant la sécurité du projet. Elle consiste à adapter en temps réel la con-
ception en fonction du comportement observé. Cette méthode se montre parti-
culièrement adaptée lorsque de grandes incertitudes résident en phase projet.
Quand c’est le cas, elle se présente comme un outil pour gérer les risques liés à
ces incertitudes. Pour qu’elle soit appliquée, une importante campagne de re-
connaissance de sol doit être réalisée en phase projet afin de juger de l’étendue
des situations possibles et de prévoir une conception pour l’ensemble des scé-

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Chapitre 1 : La méthode observationnelle

narios identifiés. A partir des résultats des essais, il faut déterminer les para-
mètres sur lesquels la conception initiale sera basée.
Avant les travaux, des modélisations doivent être réalisées pour déterminer
l’ensemble des états correspondants à chacune des situations recensées. Les
différents états sont regroupés dans des scénarios. Les différents scénarios sont
identifiés à partir des valeurs de seuils d’alertes et de vigilance retenues. Les
paramètres utilisés pour définir la conception initiale et les seuils diffèrent s e-
lon la méthode observationnelle décrite par Peck ou dans l’Eurocode 7.
Pendant les travaux, il faut disposer d’une instrumentation de qualité et en
quantité suffisante afin d’identifier l’état et donc le scénario dans lequel se
trouve l’ouvrage. Pour cela, il faut concevoir un système d’observation qui
permettent d’analyser et d’interpréter l’évolution des paramètres observés
(baisse ou augmentation, anomalie…), d’évaluer les conditions réelles, de véri-
fier si les seuils fixés sont dépassés, de décider d’une adaptation du dimension-
nement, si nécessaire et de mettre à jour les prédictions. Les mesures doivent
donc être rapidement disponibles et analysées en temps réel afin de disposer du
temps nécessaire à la mise en place d’une modification. Si la modification est
mise en place rapidement, la probabilité de disposer du temps nécessaire pour
revenir à un équilibre sans jamais atteindre le seuil d’alerte et donc sans nuire à
la sécurité du projet est plus grande. Cette possibilité est offerte dans le cas
d’un projet réalisé par phases successives tels que les tunnels. Dans les cas où
le seuil d’alerte est atteint, il convient de mettre en place une procédure
d’urgence, définie au préalable. Les mesures peuvent aussi être utilisées pour
mettre à jour les prédictions des phases suivantes grâce à l’emploi de tech-
niques d’analyse inverse.

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

Chapitre 2 : Les auscultations en


travaux souterrains

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

SOMMAIRE
1. Introduction .................................................................................................... 51
2. Présentation des auscultations réalisées en travaux souterrains ...................... 53
2.1 Les sondages de reconnaissance à l’avancement et les levés de front ........................... 53
2.2 Les mesures de déplacements en surface ..................................................................... 53
2.3 Les mesures de déplacements à la paroi ...................................................................... 53
2.4 Les mesures de déplacements dans le massif ............................................................... 55
2.5 Mesures indirectes des variations volumiques dans le massif ....................................... 57
2.6 Les mesures indirectes de contraintes dans les éléments de structure ........................... 57
2.7 Le suivi hydrogéologique ........................................................................................... 58
3. Bilan de l’étude des cinq tunnels ..................................................................... 58
4. Conclusion .......................................................................................................... 62

Partie 1 : Bibliographie - 50 -

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

1. Introduction
La construction d’un tunnel induit une modification du champ de contrainte
initial existant dans le massif. Cela se traduit par un déséquilibre au sein de ce
dernier qui engendre des mouvements de sol comme la convergence des parois
de l’excavation, l’extrusion du front ou encore des tassements en surface
(Figure 1). Pour plus de détails sur le comportement d’un tunnel, le lecteur est
invité à se reporter aux nombreux ouvrages disponibles dans la littérature qui
traite de ce sujet (Panet 1995, Dias 1999, Charmetton 2001, Subrin 2002, Va-
noudheusden 2007).

Figure 1 – Localisation des déformations lors du creusement d’un tunnel

Pendant le creusement, quand le champ de contrainte initial existant dans le


massif et que les caractéristiques de résistance et de déformabilité du sol
l’autorisent, les contraintes dans le massif se reportent sur le contour de la ca-
vité et créent ainsi un effet voûte qui rend possible la tenue de celle-ci. Il se
peut que cet effet voûte ne suffise pas à assurer la stabilité. Dans ce cas, il est
nécessaire de mettre en place un dispositif de soutènement des parois qui pe r-
met de limiter les mouvements engendrés par le creusement et d’éviter la rup-
ture. Le soutènement des parois peut être constitué d’une couche de béton pro-
jeté, éventuellement avec des cintres métalliques disposés régulièrement ou
encore de boulons radiaux ancrés dans le massif. Dans certains cas, quand le
massif présente des caractéristiques mécaniques médiocres, un procédé de ren-
forcement ou d’amélioration de sol peut être utilisé à différents stades de con s-
truction. On peut être amené aussi à soutenir le massif en avant du front de
taille. Lunardi (Lunardi 2000) classe les dispositifs de soutènements en trois
groupes selon leur action : le préconfinement, le confinement et le pré-
soutènement. Chacun engendre des effets différents sur la cavité et des interac-
tions sol-structure tridimensionnelles complexes. Par conséquent, il apparaît
difficile de représenter ces phénomènes analytiquement. Quand le creusement
est effectué au moyen de la méthode traditionnelle, le problème majeur est le
suivi des déformations. Aujourd’hui, de nombreux dispositifs existent pour me-
surer les déplacements et les contraintes qui apparaissent au niveau de
l’ouvrage suite à sa construction.

Partie 1 : Bibliographie - 51 -

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

Durant les travaux, dans le cadre de l’application de la méthode observation-


nelle, la reconnaissance géologique, hydrogéologique et géotechnique doit se
poursuivre afin de comparer le comportement réel du terrain avec le compo r-
tement prévu et de rectifier éventuellement en temps utile la conception prévue.
Les auscultations permettent aussi d’obtenir des retours d’expérience, très
utiles en travaux souterrains. Le suivi peut prendre plusieurs formes.
Le suivi géologique à l’avancement consiste en un examen visuel de
l’«affleurement» créé et qui est renouvelé à chaque pas d’avancement. Des re-
connaissances au front de taille peuvent également être réalisées en effectuant
des forages carottés. De plus, des mesures in situ doivent être associées au su i-
vi géologique comme des mesures de convergences, de déformations ou encore
de pression. Un suivi piézomètrique peut également être mis en place afin de
juger des effets du creusement sur les conditions hydrogéologiques. Toutes les
observations effectuées doivent être notifiées dans des comptes-rendus détail-
lés. Elles seront ainsi utilisables lors de travaux d’entretien ou de confortement
ultérieurs de l’ouvrage ou encore lors de la réalisation d’un ouvrage similaire.
Ce chapitre a pour objet de synthétiser les auscultations qui sont généralement
réalisées en travaux souterrains ainsi que l’analyse qui est faite de ces ausculta-
tions. Pour cela, il prend appui sur cinq tunnels qui sont : la traversée nord de
Toulon, les tunnels de Tartaiguille, de Foix, de Lambesc et de Schirmeck. Pour
chacun de ces tunnels la méthode observationnelle telle qu’elle est présentée au
chapitre 1 n’a pas été appliquée. Mais, de nombreuses auscultations ont été réa-
lisées et une véritable analyse en a été faite puisque des seuils ont été définis.
Ces seuils n’ont pas servi à adapter l’ouvrage mais seulement à vérifier que son
comportement était admissible.
Les dates de réalisation de ces différents tunnels sont précisées ci-dessous.
 tube nord de Toulon : de septembre 1994 à juillet 2002
 tunnel de Tartaiguille : de 1995 à 1998
 tunnel de Foix : de mars 1996 à 2001
 tunnel de Lambesc : de 1996 à 1998
 tunnel de Schirmeck : de novembre 2003 à février 2005 (percement du
tunnel)
Pour chaque tunnel étudié, les caractéristiques géotechniques ainsi que les don-
nées principales de l’ouvrage sont rappelées. Les différentes auscultations qui
ont été prévues ainsi que la procédure d’analyse des mesures sont également
précisées. Dans le cas où des seuils sont définis, la méthodologie de définition
de ces seuils est décrite et leur valeur est énoncée. La synthèse concernant cha-
cun des tunnels est reportée sen annexe 1.
Cette analyse permet de mettre en évidence les différents procédés mis en
œuvre pour assurer le suivi d’ouvrages souterrains et servira de base pour la
définition d’une démarche d’application de la méthode observationnelle.

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

2. Présentation des auscultations réalisées en travaux


souterrains

2.1 Les sondages de reconnaissance à l’avancement et les levés de


front
Ce ne sont pas des auscultations qui fournissent des données quantitatives,
mais plutôt qualitatives. Ils permettent d’apprécier la qualité des matériaux
rencontrés. Selon l’AFTES (2005), il est préférable que les levés de front soient
effectués toujours par la même personne car cette personne peut alors détecter
la présence d’anomalies. Les sondages de reconnaissances et les levés de front
permettent d’acquérir toutes les données géologiques : nature de terrain, fractu-
ration, eau… Ils permettent d’accéder à des informations qui sont inaccessibles
avec des instruments de mesure. Ils sont généralement effectués avant la mise
en place du soutènement, à chaque pas d’avancement, au niveau du front, des
parois et du radier.

2.2 Les mesures de déplacements en surface


Les mesures de mouvements provoqués en surface par la réalisation d’un o u-
vrage souterrain peuvent être classées en trois catégories selon l’AFTES
(2005) :
 Les mesures topographiques (ou optiques). Il s’agit de relever la posi-
tion de repères fixés sur les structures ou au sol. Ces mesures peuvent
être réalisées à l’aide de niveaux automatiques. Le développement des
tachéomètres de précision (stations totales et automatiques) a révolu-
tionné les mesures topographiques de surface. Ces appareils permettent
la mesure des distances et des angles donc le calcul des coordonnées ab-
solues des repères visés en visant lors de chaque relevé des points répu-
tés fixes. La précision est de l’ordre de 1 mm pour une distance de 100
m entre la cible et l’appareil.
 Les mesures de mouvements ponctuels par des capteurs fixés sur les
structures et reliés à une centrale d’acquisition. Ces mesures offrent une
meilleure précision que les mesures topographiques. Elles permettent
par exemple de suivre en continu des variations de niveau (par téléni-
veaux hydraulique) ou des rotations (par électronivelles, nivelles à vis
micrométriques…).
 Les mesures par satellite qui permettent un suivi de quelques points iso-
lés munis de capteurs GPS ou un suivi de grandes surfaces par interfé-
rométrie radar (incertitude inférieure au mm, Gueguen 2007).

2.3 Les mesures de déplacements à la paroi


Trois types de mesures sont utilisés selon l’AFTES (2005):
 Les mesures topographiques. Elles consistent à relever de repères fixés
sur la paroi à l’aide d’appareils topographiques (niveaux ou tachéo-

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

mètres). La précision est de l’ordre de 0.5 mm pour une distance entre


l’appareil et la cible de 5 à 30 m. Au-delà les mesures sont moins pré-
cises. La méthode optique permet également le nivellement des cibles
par rapport à une référence extérieure à l’ouvrage. De plus, des mesures
de nivellement en des points particuliers (appuis de cintres, appuis de
prévoûtes…) peuvent êtres réalisées.
 Les mesures classiques de convergence au fil invar. Elles sont plus pré-
cises que les précédentes mais difficile à exécuter dans des ouvrages en
construction. Leur précision est de l’ordre de 0.2 mm pour des bases
décamétriques. Au-delà de 20 m la précision diminue.
 La mesure de l’évolution des fissures réalisée soit avec des capteurs
fixes reliés à une centrale d’acquisition soit avec un fissuromètre por-
table.
Comme il est difficile de disposer de repères non influencés par les travaux lors
de la mesure des mouvements en souterrains, on se contente très souvent de
mesures relatives.
La mesure de convergence relative consiste en la mesure, entre deux plots fixés
à l’intrados de l’excavation, de la variation de longueur de la corde ainsi défi-
nie. La mesure de la convergence relative donne ainsi la somme des déplace-
ments dans l’axe de la corde de chacun des points. Généralement, un profil de
mesures à quatre ou six cordes est utilisé. Un exemple de profil à quatre cordes
est présenté en Figure 2. Si on connaît la géométrie de référence du polygone
définie par les cordes, il est alors possible d’accéder aux composantes du d é-
placement des sommets dans ce repère à une translation horizontale près
(Grammosenis 1996).

Figure 2 – Exemple de profil de mesure à quatre cordes (CETU 1998)

Les recommandations de l’AFTES (2005) préconisent d’installer régulièrement


des sections de mesures courantes (« profil de convergences »). Par exemple,
tous les 20 à 30 m selon les hétérogénéités des terrains. Le guide de l’IREX
(Allagnat 2005) sur la méthode observationnelle, recommande de disposer des
profils tous les 20 à 50 m selon l’hétérogénéité du terrain. Kavvadas (2003)
préconise des sections de mesure tous les 15 à 20 m. Dans le cadre
d’application de la méthode observationnelle, un espacement réduit entre les
profils permet de détecter les anomalies plus rapidement et d’agir en cons é-

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

quence afin d’éviter la rupture. Plus les profils sont éloignés et plus les anoma-
lies éventuelles risquent d’être découvertes trop tard pour disposer d’un temps
suffisant à la mise en place de confortations afin d’éviter la rupture. La nécess i-
té d’avoir des profils rapprochés est justifiée pour le bon fonctionnement de la
méthodologie d’adaptation du soutènement et du creusement au fur et à mesure
de l’avancement. Les recommandations de l’AFTES (2005) préconisent aussi
de disposer de mesures dans chacun des principaux sous-ensembles géotech-
niques de l’ouvrage. Si l’on souhaite se baser sur des seuils en convergence
pour le passage d’un profil de soutènement à un autre, il convient d’avoir des
mesures dans tous les terrains et en présence de tous les profils types de sout è-
nement.

2.4 Les mesures de déplacements dans le massif


Ces mesures nécessitent de disposer de forages. Ils sont équipés de bagues ou
de tubes spéciaux scellés au terrain dont ils suivent les mouvements. Il est ainsi
possible de déterminer les déplacements radiaux dans le massif autour de la pa-
roi ou les déplacements qui se développent dans le massif en avant du front
(extrusion). Le déplacement des bagues est mesuré de trois manières :
 A l’aide de tiges rigides, comme dans les extensomètres classiques. On
distingue les extensomètres à tiges manuels et avec capteurs. La préci-
sion est de l’ordre de 0.01 à 0.02 mm.
 A l’aide de capteurs fixes, implantés en divers points du forage (exten-
somètres à capteurs inductifs, chaîne inclinométrique en place…). Les
mouvements sont mesurés directement en profondeur. La précision est
de l’ordre de 0.1 mm ou 0.1 mm/m pour les chaînes inclinométriques.
 Avec une sonde mobile qui parcourt le forage en mesurant les distances
et/ou des inclinaisons dans les intervalles déterminés. La sonde incli-
nomètrique à servo-accéléromètre est l’inclinomètre de forage le plus
largement utilisé. Pour un forage de 80 m, la précision est de l’ordre de
2 mm. On distingue aussi les tassomètres magnétiques. Pour une pro-
fondeur de 30 m, la précision est de 5 mm.
Autour du tunnel, la mesure de déplacements dans le massif consiste à évaluer
le déplacement radial d’un point situé à la paroi de l’excavation ou dans le te r-
rain, par référence à un point supposé fixe plus en profondeur dans le massif.
Cette mesure est facilement réalisée en section courante au moyen
d’extensomètres mis en place dans un forage d’une profondeur n’excédant pas
20 m généralement. Les extensomètres de forage sont généralement multipoints
pour permettre la mesure de plusieurs couples de point. Ces mesures permettent
de connaître les profondeurs de décompression du terrain au droit des sections
de mesures (Figure 3). Ce type de mesures ne permet d’obtenir les déplace-
ments réels des points dans le massif que si le point d’ancrage est suffisamment
éloigné de la paroi pour que celui-ci puisse être considéré comme fixe. Sinon,
les mesures obtenues correspondent à des déplacements relatifs entre les points
observés et le point d’ancrage. Des extensomètres peuvent aussi être disposés
dans des sondages subverticaux en radier, sous la cavité.

Partie 1 : Bibliographie - 55 -

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

Figure 3 – Illustration du dispositif de mesures par extensomètres de forage (CETU


1998)

Les déplacements dans la massif peuvent également être mesurés à l’ide d’une
instrumentation mise en place depuis la surface (Figure 4). Dans ces cas là, les
forages sont généralement verticaux et de longueur inférieure à 100 m. Le ni-
vellement de la tête des extensomètres ou des inclinomètres en surface permet
de calculer les déplacements absolus se produisant dans le massif.

Figure 4 – Exemple d’instrumentation depuis la surface (CETU 1998)


Cette instrumentation est disposée au voisinage des têtes ou à l’approche de
zones sensibles ou délicates (monuments, ouvrages d’art,…) comme dans le cas
de la ligne D du métro de Lyon (Collier et al. 1996), de la ligne B du métro de
Toulouse (Vanoudheusden 2007) ou de la « Jubilee Line » du métro de Londres
(Standing et al. 1996).

Partie 1 : Bibliographie - 56 -

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

Au front, on fait appel à des techniques permettant de suivre la déformation du


terrain en avant du front de taille en dépit de la progression du creusement. On
utilise principalement des extensomètres à tiges coulissantes, maintenues en
service au fur et à mesure de l’avancement. L’utilisation d’extensomètres à
fibre optique fait aujourd’hui l’objet de recherches (Cumunel et al. 2006, Gn e-
wuch et al. 2005). Le principe de la mesure est la correspondance établie entre
l’intensité du flux lumineux infrarouge qui traverse la fibre optique et la varia-
tion de longueur qu’elle subit. Des progrès sont à faire pour pouvoir généraliser
ce type de mesure sans gêne importante pour le chantier. Si un boulonnage de
front est prévu, les mesures peuvent être réalisées à l’aide de jauges extens o-
métriques disposées sur les boulons. L’intérêt de ces mesures est la possibilité
de déterminer la zone d’influence du creusement en avant du front.
Les déformations à proximité du tunnel peuvent également être mesurées en
fonction de la progression du front de taille à partir d’inclinomètres ou de tas-
somètres. Cette instrumentation est installée en avant du front, soit dans l’axe,
soit de manière déportée par rapport à l’axe.

2.5 Mesures indirectes des variations volumiques dans le massif


Ces mesures permettent de déterminer la déformation volumique interne du
massif par étalonnage d’une grandeur physique dépendante de celle-ci. Il s’agit
d’abord des méthodes géophysiques, telles que les mesures de « résistivité » ou
les mesures de propagation des ondes ultrasonores. Il s’agit aussi des mesures
« in situ » de la perméabilité hydraulique qui varie avec la porosité du milieu
(Atwa 1996).

2.6 Les mesures indirectes de contraintes dans les éléments de


structure
La détermination des contraintes dans le soutènement ou le revêtement se fait
le plus souvent au moyen de mesures extensomètriques de type cordes vi-
brantes ou jauges électriques. A partir de la déformation mesurée, la contrainte
est déduite si on connaît le module du matériau dont l’extensomètre est soli-
daire. Dans le béton, l’interprétation des mesures est plus difficile. Ce disposi-
tif est très utilisé pour mesurer les contraintes dans un cintre ou au sein d’une
voûte en béton coffré. La déformation de l’extensomètre est mesurée par
l’intermédiaire de la variation de fréquence de résonance d’une corde vibrante.
L’incertitude de mesure est de l’ordre de  3.10-6. Ces mesures sont donc assez
précises.
En revanche, les mesures de contraintes dans le massif ou de pressions radiales
à l’interface entre le massif et le soutènement sont difficiles et assez approxi-
matives. L’état de contraintes dans le massif est perturbé lors de l’introduction
de l’appareil de mesures. De plus, dans les massifs fracturés, des incertitudes
résident sur la représentativité de l’état de contraintes mesuré, qui donne une
information ponctuelle.
L’état de contrainte dans le massif peut être déterminé au vérin plat ou au B o-
rehole Slotter.

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

Les pressions radiales exercées par le terrain sur le soutènement ou le revête-


ment sont mesurées au moyen de cellules de pression totale mises en place à
l’interface terrain/soutènement ou terrain/revêtement. Les incertitudes étant
souvent importantes, il est important d’implanter un nombre suffisant de cel-
lules pour juger de la dispersion des résultats et pour s’affranchir des effets lo-
caux (fluage du béton, effets de la température dans les cintres métalliques…).

2.7 Le suivi hydrogéologique


Il consiste à la surveillance de l’évolution des débits d’eau à l’intérieur du tu n-
nel, à la surveillance de venues d’eau ponctuelles,… D’autre part, il porte aussi
sur la surveillance des effets du creusement du tunnel sur l’environnement hy-
drogéologique réalisé au travers d’un suivi piézométrique en surface à partir de
piézomètres ou de puits.

3. Bilan de l’étude des cinq tunnels


L’étude détaillée de chacun des cinq tunnels support est reportée en annexe 1.
Pour chaque tunnel étudié, les caractéristiques géotechniques ainsi que les do n-
nées principales de l’ouvrage sont rappelées. Les différentes auscultations qui
ont été effectuées ainsi que la procédure d’analyse des mesures sont également
précisées. Dans le cas où des seuils ont été définis, la méthodologie de défini-
tion de ces seuils est décrite et leur valeur est énoncée.
Le bilan global de l’étude est présenté ci-après. Les types d’auscultations réali-
sées, les seuils adoptés, la méthode de détermination de ces seuils ainsi que
leur valeur sont répertoriés par tunnel dans les tableaux ci-après.
Le Tableau 1 récapitule les auscultations réalisées pour chacun des chantiers
analysés dans ce rapport.

Tableau 1 – Auscultations réalisées au cours des différents chantiers analysés


Type de Toulon Tartaiguille Foix Lambesc Schirmeck
mesures
Convergence × × × × ×
Nivellement × × × ×
Extrusion du × ×
front
Extensomètre × × ×
Inclinomètre ×
Pression × ×
Gonflement ×
Permittivité ×

Les mesures de convergences et de nivellement sont les plus couramment util i-


sées. Les mesures de pressions ou de déformations aux moyens
d’extensomètres à cordes vibrantes sont rares, bien que les dernières soient très

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

utiles pour déterminer les sollicitations dans le soutènement. Cela vient prob a-
blement du fait que la mise en place de cellules de pression totale ou
d’extensomètres à cordes vibrantes nécessite un arrêt de chantier.
Le Tableau 2 présente la méthode qui a été utilisée pour la définition des seuils.
Pour tous les tunnels, les seuils sont définis à partir de calculs aux éléments fi-
nis.
Tableau 2 – Méthodes utilisées pour la détermination des seuils
Méthodes de détermination des seuils
Toulon Calculs aux EF (éléments finis) avec des caractéristiques
de terrains minimales
Tartaiguille Calculs aux EF
Foix Pas de seuil quantitatif
Lambesc Calculs aux EF
Schirmeck Résultats du calcul aux EF.
Prise en compte de l’expérience sur le site.
Modifications apportées en fonction des résultats constatés
sur les premiers profils de mesures

Les Tableau 3 à Tableau 5 résument les types de seuils adoptés ainsi que leur
valeur. Il s’agit pour tous les tunnels de seuils en déplacement à des points stra-
tégiques.

Tableau 3 – Nature des seuils de vigilance retenus


Seuils de Toulon Tartaiguille Foix Lambesc Schirmeck
vigilance
Convergence × × × ×
cordes
horizontales
Tassement × ×
en clé de
voûte
Tassement × ×
en piédroit
Tassement ×
en radier
Extrusion du ×
front
Observations × × × × ×
au front et en
paroi

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Ils concernent soit le déplacement total soit un incrément de déplacement entre


deux mesures. Aucun seuil en contrainte n’est adopté. Cela peut s’expliquer par
le fait que ces mesures sont rares et par les difficultés rencontrées pour mesurer
les pressions à l’aide de cellules de pressions totales qui sont souvent peu s i-
gnificatives.
Tableau 4 – Nature des seuils d’alerte retenus
Seuils Toulon Tartaiguille Foix Lambesc Schirmeck
d’alerte
Convergence × × × × × (valeur
cordes hori- qualitatif cumulée)
zontales
Tassement × ×
en clé de
voûte
Tassement × ×
en piédroit
Tassement ×
en radier
Extrusion du ×
front
Observations × × × × ×
au front et
en paroi

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Tableau 5 – Valeurs des seuils adoptés


Observations Seuil de Seuil d’alerte
vigilance
Convergence corde 4 - >35 mm
Ou <25 mm (aucune
> 35 mm) et conver-
gence 4-7 <15 mm
(aucune >20 mm)
Convergence 4-7 - >20 mm
Ou <15 mm (aucune
>20 mm) et conver-
gence corde 4 <25
mm (aucune > 35
mm)
Tassement en piédroit - >15 mm
Tartaiguille Toulon

Extrusion du front - >10 mm par mètre


d’avancement
Convergence des deux - -
cordes horizontales
Tassement en clé de - -
voûte

Observations au front et Qualitatif Qualitatif


en paroi
Evolution des conver- Qualitatif Qualitatif
Foix

gences
Convergence corde 3 100 mm 120 mm
Convergence corde 4 50 mm 60 mm
Nivellement repères en 60 mm 80 mm
voûte
Nivellement repères en 30 mm 40 mm
Lambesc

pied de voûte
Nivellement repères en 40 mm 50 mm
radier
Convergence totale, quel 20 mm 40 mm
que soit le repère
Convergence en 4 jours, 5 mm -
quel que soit le repère
Convergence en 1 se- 2 mm -
Schirmeck

maine au-delà de 15
jours après l’excavation,
quel que soit le repère

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Chapitre 2 : Les auscultations en travaux souterrains

4. Conclusion
Les auscultations les plus souvent effectuées sont les mesures de convergence.
Les mesures de déplacements radiaux dans le massif à l’aide d’extensomètres
de forage sont aussi assez répandues. Ce dispositif n’est pas trop contraignant
contrairement aux mesures de déplacement en avant du front de taille par e x-
trusomètre qui nécessitent des arrêts ponctuels du chantier.
Les mesures de pressions directes à partir de cellules de pression totale permet-
tent d’évaluer la sollicitation du soutènement mais ce type de mesures est enta-
ché d’importantes incertitudes. La température jouant notamment un rôle im-
portant. Il est donc préférable, pour des soutènements simples du type cintre et
béton projeté, de placer judicieusement des extensomètres à cordes vibrantes
sur le cintre qui permettent de déterminer les sollicitations.
Ce bilan met en évidence l’existence de seuils quantitatifs sur certains cha n-
tiers. Souvent, les seuils sont définis à partir de calculs aux éléments finis. Le
type de caractéristiques mécaniques retenues dans les calculs réalisés pour dé-
terminer la valeur des seuils n’est pas indiqué. Il peut s’agir des caractéris-
tiques les plus défavorables ou au contraire des plus probables.
Avant d’établir un programme d’auscultations, il est important de se demander
quelles sont les données que l’on souhaite observer pendant le chantier afin de
pouvoir définir un programme adapté. Pour appréhender le comportement de
l’ouvrage, il est nécessaire de définir un programme d’auscultations réfléchi et
d’une instrumentation riche et pertinente. Les auscultations permettent égale-
ment d’évaluer les paramètres mécaniques des terrains rencontrés grâce au r e-
cours à des techniques d’analyse inverse et d’augmenter ainsi la fiabilité du
dimensionnement.

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

Chapitre 3 :
L’analyse inverse

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

SOMMAIRE
1. Introduction .................................................................................................... 65
2. Cadre général ................................................................................................. 65
3. Les différentes méthodes de résolution d’un problème inverse ......................... 67
3.1 Les méthodes analytiques ........................................................................................... 67
3.2 Les corrélations .......................................................................................................... 67
3.3 Les méthodes d’optimisations ..................................................................................... 67
4. Présentation des algorithmes utilisés dans le cadre de la thèse ........................ 70
4.1 Présentation générale .................................................................................................. 70
4.1.1 Le programme interface ...................................................................................... 70
4.1.2 Les fonctions coût ............................................................................................... 71
4.1.3 Les critères d’arrêt .............................................................................................. 72
4.2 Le logiciel SiDoLo : méthode déterministe basé sur la méthode du gradient ................. 73
4.3 Algorithme basé sur les stratégies d’évolution: méthode probabiliste ........................... 74
4.3.1 Le principe ......................................................................................................... 74
4.2.2 Comparaison avec les algorithmes génétiques ...................................................... 76
5. Conclusion ...................................................................................................... 77

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

1. Introduction
L’analyse inverse est une technique permettant de déterminer les paramètres

d’entrées X conduisant à une réponse observée/mesurée R connaissant la rela-

tion f telle que R=f( X ). En géotechnique, le recours à l’analyse inverse sur les
mesures suivies pendant le creusement d’un tunnel par exemple peut permettre
d’évaluer la valeur des propriétés mécaniques des horizons rencontrés. Pour les
projets de grande envergure, un programme d’auscultations pendant les travaux
est souvent défini afin d’enregistrer les mouvements du sol qui se produisent
réellement. Souvent, les données recueillies sont utilisées principalement pour
contrôler le procédé de construction. Mais, les mesures peuvent aussi être utili-
sées pour mettre à jour les prédictions, c’est à dire pour évaluer plus précisé-
ment les valeurs aux phases suivantes de construction. Pour cela, des simula-
tions sont réalisées avec la valeur des propriétés mécaniques identifiées par
analyse inverse. Dans le cas où les nouvelles prédictions conduisent à des va-
leurs inadmissibles pour la conception retenue, un changement de conception
est à envisager. Cette dernière utilisation s’inscrit dans l’application de la mé-
thode observationnelle (Peck 1969, Allagnat 2005). Plusieurs techniques
d’analyse inverse existent. Dans un premier temps, le cadre général des mé-
thodes d’analyse inverse est présenté puis les trois principales méthodes de ré-
solution d’un problème inverse sont exposées. Ensuite, les deux méthodes
d’optimisation utilisées dans le cadre de cette thèse sont présentées et compa-
rées. Les limitations de chacune sont mises en évidence et l’algorithme basé sur
les stratégies d’évolution est comparé au fonctionnement des algorithmes géné-
tiques beaucoup plus utilisés pour la résolution de problème d’optimisation en
géotechnique (Malécot et al. 2004, Levasseur et al. 2005a, Levasseur et al.
2005b, Samarajiva et al. 2005, Levasseur et al. 2007).

2. Cadre général
Avant de présenter l’analyse inverse, il est nécessaire de définir la méthode di-
recte. L’approche directe est la résolution classique d’un problème physique
qui consiste à calculer la réponse R d’un système mécanique S soumis à des
sollicitations A. La Figure 1 résume graphiquement cette approche. Les don-
nées du problème X formées des paramètres du système S et des sollicitations
imposées sont connues. Les paramètres sont la géométrie, l’état de contrainte
initial (Ci), les conditions aux limites (Cl), la loi de comportement (M) et les
paramètres de cette loi (P). La réponse R est recherchée sous la forme R=F(X).
La réalisation d’un calcul, analytique ou numérique, intégrant tout les para-
mètres du système et les sollicitations, permet alors de trouver la réponse R.

SYSTEME
- conditions initiales
SOLLICITATIONS - conditions aux limites REPONSE???
- modèle de simulation
- modèle de sol
- paramètres ( sol & simulation)
Méthode directe
Figure 1 - Schématisation de la méthode directe (Kastner et al. 2007)

SYSTEME
- conditions initiales
SOLLICITATIONS - conditions aux limites
- modèle de simulation REPONSE
- modèle de sol
Partie 1 : Bibliographie PARAMETRES ??? - 65 -
(SOL & SIMULATION)

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OPTIMISATION OBSERVATIONS
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Méthode inverse
Chapitre 3 : L’analyse inverse

Dans une approche inverse, une partie des données X à l’origine de la réponse
R sont recherchées sous la forme X=g(R) où g=f -1. Les inconnues peuvent être
certains paramètres P de la loi de comportement ou encore des paramètres liés
à l’état de contrainte initiale Ci tel que le coefficient des terres au repos K 0. Le
principe est schématisé en Figure 2. Les paramètres recherchés peuvent être
déterminés analytiquement si la fonction f est réversible. Dans le cas contraire,
ils peuvent nécessiter l’utilisation d’un code de calcul numérique. Dans ce cas,
les paramètres recherchés X’ sont déterminés par itération pour obtenir f(X’)
proche de R.

Figure 2 – Illustration de la méthode inverse (Kastner et al. 2007)

Pour que les paramètres déterminés par analyse inverse aient une signification,
ceux du système S, notamment la loi de comportement régissant le modèle et
les conditions aux limites, doivent être adaptées au problème traité. En géo-
technique, la réponse R peut correspondre à des résultats d’essais expérimen-
taux, de laboratoire ou in situ, ou encore à des résultats d’auscultations réal i-
sées pendant la construction d’un ouvrage. Une réponse fiable permet d’obtenir
des paramètres identifiés proche de la réalité. Lorsque la réponse est constituée
de mesures in situ, il est nécessaire de s’interroger sur la précision de celles-ci
avant de recourir à l’analyse inverse. En effet, elles peuvent être entachées
d’incertitudes importantes.
Avant d’utiliser l’analyse inverse, il paraît nécessaire de mener une première
analyse du problème afin de déterminer :
 les paramètres qui n’ont pas d’influence sur les variables observés
 les paramètres qui ont peu d’influence sur les variables observées
 les paramètres qui sont couplés.
Seuls les paramètres qui influencent la réponse calculée pourront être détermi-
nés par analyse inverse. Les méthodes classiquement utilisées pour étudier la
sensibilité d’une réponse aux paramètres d’un modèle consiste à construire
d’abord une réponse calculée à partir d’un jeu de paramètres de référence. E n-
suite, l’influence sur la réponse d’une variation successive et indépendante de
chacun des paramètres est observée. Cette méthode a été employée par de nom-
breux auteurs (Shao et al. 1991, Zentar 1999, Dano et al. 2002, …). Toutefois,
comme le rappellent Hicher et Rangeard (2004), il faut faire varier chacun des
paramètres dans sa plage de valeur admissible. Une approche statistique peut
être utilisée pour l’étude de sensibilité comme l’ont fait Calvello (2002) et Cal-
vello et Finno (2004). L’interdépendance des paramètres peut également être

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

évaluée statistiquement. Par exemple, Cavello (2002) calcule des coefficients


de corrélation entre chaque paramètre.

3. Les différentes méthodes de résolution d’un problème


inverse
Hicher et Shao (2002) distinguent trois grandes familles de méthodes : les mé-
thodes analytiques, les méthodes à base de corrélations et les méthodes
d’optimisations.

3.1 Les méthodes analytiques


Ces méthodes consistent à utiliser la formulation mathématique de la loi de
comportement choisie afin d’obtenir un ensemble d’expressions analytiques,
c'est-à-dire un système d’équations linéaires. Les inconnues sont les paramètres
recherchés. C’est une méthode simple, qui donne de bons résultats dans le cas
d’essais de laboratoire n’ayant pas d’incohérences marquées. Elle est donc cou-
ramment utilisée. Mestat et Arafati (2000) l’ont utilisé sur la loi de Nova.

3.2 Les corrélations


Il s’agit de relations entre les propriétés physiques (nature des constituants,
granulométrie, …) et les propriétés mécaniques des sols. Les corrélations n’ont
pas pour but de se présenter comme une méthode de détermination des proprié-
tés mécaniques des sols en tant que telle. Elles permettent plutôt une première
estimation des paramètres. Cette première estimation peut constituer un point
de départ objectif d’un processus d’optimisation. Il s’agit aussi d’un moyen
palliatif lorsqu’il n’est pas possible d’obtenir tous les paramètres inconnus du
modèle par les deux autres méthodes. Les corrélations ont fait l’objet de pl u-
sieurs développements (Hicher et Rahma 1994).

3.3 Les méthodes d’optimisations


Les techniques d’optimisation sont employées quand les paramètres du modèle
ne peuvent pas être déterminés dans une approche directe par construction gr a-
phique ou par formulation analytique. C’est la théorie des problèmes inverses
(Tarantola 1987). Dans cette méthode, le problème est résolu en utilisant un al-
gorithme qui minimise une fonctionnelle. Cette fonctionnelle est généralement
appelée fonction « coût » ou fonction « erreur ». Elle mesure, pour un jeu de
paramètres donnés, la différence entre la réponse calculée et la réalité physique
représentée par des observations expérimentales (mesures).
Différentes fonctions coût existent. Salomonsson (1999) montre que le choix de
la fonction coût a une influence sur la valeur des paramètres optimisés. Par
conséquent, il est important de choisir une fonction adaptée. Cette fonction
peut tenir compte de l’erreur des mesures au moyen de coefficients. Elle peut
donner plus d’importance à certains paramètres qu’à d’autres. Le procédé

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

d’optimisation s’arrête quand les critères d’arrêt, définis au préalable, sont a t-


teints.
Deux grandes familles de méthodes existent :
 Déterministes : méthodes du gradient, de Newton, de Gauss-Newton, de
Levenberg-Marquardt (Marquardt 1963). Pour une présentation détaillée
de ces méthodes, le lecteur pourra se reporter à l’ouvrage de Walter et
Pronzato (1994) ;
 Probabilistes : algorithmes évolutionnaires comme les stratégies
d’évolution, les algorithmes génétiques et les algorithmes à estimation
de distribution (Rechenberg 1971, Holland 1975), recuit simulé (Kirk-
patrick et al. 1983), réseaux de neurones (Rosenblatt 1962).
Dans le domaine de la géotechnique, plusieurs travaux de recherche portant sur
l’identification des paramètres à partir de techniques déterministes ont vu le
jour ces dix dernières années. Zentar (1999) a identifié les paramètres méca-
niques de l’argile de Saint-Herblain en utilisant les résultats d’essais pressio-
métriques et le logiciel d’optimisation SiDoLo (Pilvin 1983), basé sur la mé-
thode du gradient. Il a utilisé un modèle élastique linéaire parfaitement
plastique avec ou sans durcissement.
Malgré le développement des méthodes d’identification, peu d’entre elles sont
appliquées à des ouvrages tels que des tunnels ou des excavations profondes
(Jeon et Yang 2004, Finno et Calvello 2005). Jeon et Yang (2004) ont pro-
grammé trois algorithmes d’optimisations dans le code de calcul aux diffé-
rences finies FLAC (Itasca 2005). L’un est basé sur la méthode univariée
(« univariate method »), l’autre sur une alternative de celle-ci et le dernier sur
la méthode des motifs (« pattern method »). Ils les ont utilisés pour identifier
deux paramètres (le module d’Young et le coefficient des terres au repos K 0)
durant les phases d’excavation d’un tunnel. Ils ont obtenu des résultats diff é-
rents selon l’algorithme considéré. Pour celui basé sur la méthode des motifs,
la valeur initiale des paramètres influence le résultat de l’optimisation.
Finno et Calvello (2005) ont appliqué l’analyse inverse aux mesures effectuées
pendant la réalisation d’une excavation profonde de 12 m dans les argiles gla-
ciaires de Chicago. Ils ont couplé le logiciel d’optimisation UCODE (Poeter et
al. 1998) au code de calcul aux éléments finis PLAXIS (Bringreve et al. 1998)
pour identifier certains paramètres des couches de terrain rencontré. Ils ont
montré qu’un calcul réalisé avec les paramètres évalués par analyse inverse à
partir des mesures issues de la première phase de construction fournissait une
bonne prédiction des déplacements pour les phases de construction suivantes.
Les méthodes probabilistes comprennent les algorithmes évolutionnaires, basés
sur la théorie de Darwin (1859), tels que les algorithmes génétiques et ceux ba-
sés sur les stratégies d’évolution. Les algorithmes évolutionnaires reproduisent
l’évolution de l’espèce dans les systèmes biologiques et ils peuvent être utilisés
comme des outils d’optimisation robustes et globaux. Les principaux fonde-
ments des algorithmes génétiques ont été inventés à l’université de Michigan
par Holland dans les années 60 (Holland 1962). Ensuite, ils ont été développés
par Holland (1975), Goldberg (1989, 1991) et Renders (1995). Les principes de
base des stratégies d’évolution ont été initiés par des étudiants à l’Université

Partie 1 : Bibliographie - 68 -

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

Technique de Berlin (TUB) (Rechenberg 1965, Rechenberg 1971, Schwefel


1965, Schwefel 1981, Schwefel 1995, Beyer 2001).
Des recherches récentes employant les algorithmes génétiques pour
l’identification des paramètres de modèles de comportement ont été entreprises
en mécaniques des sols (Levasseur et al. 2007, Samarajiva et al. 2005). Levas-
seur et al. ont développé un algorithme génétique pour identifier les paramètres
d’un modèle de comportement. Ils ont entre autres tenté d’identifier certains
paramètres du modèle linéaire élastique parfaitement plastique avec un critère
de rupture de Mohr-Coulomb. Ils ont utilisés pour cela deux types de mesures,
d’abord des résultats d’essais pressiométriques puis des mesures de déplace-
ments horizontaux d’une palplanche effectuées lors des différentes phases
d’excavation. Les résultats obtenus ont été comparés avec ceux fournis par une
méthode du type gradient. L’algorithme génétique apparaît d’autant plus per-
formant que le nombre de paramètres à identifier est grand mais il requiert des
temps de calcul beaucoup plus long.
Samarajiva et al. (2005) ont utilisé un algorithme génétique pour calibrer un
modèle de comportement complexe développé par Samarajiva (2000). Tout
d’abord, ils ont testé la capacité de l’algorithme à identifier les paramètres du
modèle de comportement choisi en simulant une réponse calculée à partir d’un
jeu de paramètres de référence. Cette réponse a été considérée comme la courbe
expérimentale contrainte-déformation. Ils ont ensuite essayé de retrouver les
paramètres de référence par optimisation. Puis, ils ont étudié l’influence des
paramètres intrinsèques de l’algorithme comme par exemple la taille de la po-
pulation. Pour calibrer le modèle, ils utilisent trois essais de compression
triaxiale dont deux réalisés sur un sable lâche et un sur un sable dense (Lee
1965).
Les stratégies d’évolution ont aussi été récemment appliquées dans des do-
maines variés. Leão et al. (2006) les ont utilisées pour estimer les paramètres
intervenant dans le procédé de fermentation de la levure de boulanger. Au total,
16 paramètres sont déterminés. Le jeu de paramètres obtenus par optimisation
permet une meilleure approximation des réponses expérimentales que les va-
leurs fournies dans la littérature.
Les méthodes déterministes présentent quelques avantages. Le nombre de cal-
cul nécessaire pour résoudre le problème est réduit comparativement à une mé-
thode probabiliste. Mais, si la fonction coût présente plusieurs minima locaux,
l’algorithme déterministe converge vers le premier minimum qu’il trouve. Avec
cette technique tout l’espace des solutions possibles n’est pas envisagé. En ef-
fet, dès qu’un minimum est identifié, l’algorithme converge vers celui-ci sans
explorer le reste de l’espace des solutions. Cet inconvénient majeur explique
pourquoi ces techniques de résolution sont peu utilisées pour les problèmes
complexes. Toutefois, l’expérience du géotechnicien permet d’augmenter
l’efficacité des méthodes déterministes. Les méthodes probabilistes sont sou-
vent préférées pour les problèmes complexes. Mais ceux-ci peuvent conduire à
des temps de calcul importants. L’utilisation de l’une ou l’autre de ces tech-
niques dépend du problème à résoudre. Dans cette thèse, les deux méthodes
sont comparées.

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

4. Présentation des algorithmes utilisés dans le cadre de la


thèse
Deux techniques d’analyse inverse sont utilisées dans la thèse. L’une est basée
sur la méthode des gradients et est disponible dans le logiciel SiDolo (Pilvin
1983, cf. annexe 2). L’autre est basée sur les stratégies évolutives et est pro-
grammée dans un algorithme développé par Costa (Costa et Oliveira 2001). Les
concepts communs de ces deux techniques sont énoncés puis chacune est pré-
sentée plus en détails.
Pour le problème d’optimisation à résoudre dans le cadre de la thèse, il est n é-
cessaire de coupler l’algorithme d’optimisation à un code de calcul. En effet, le
problème n’a pas de solution analytique. Il faut donc disposer d’un logiciel de
calcul numérique en géomécanique pour déterminer la réponse calculée. Cha-
cun des algorithmes utilisés est donc couplé à un code de calcul. Le couplage
nécessite l’écriture d’un programme interface qui fait le lien entre les deux lo-
giciels. Cette démarche peut être adaptée à des problèmes de toute autre nature.
L’application aux auscultations réalisées en tunnel est un exemple. D’ailleurs,
dans le cadre de la thèse, une autre application, sur les mesures réalisées durant
le creusement d’une caverne hydroélectrique, est étudiée (annexe 3). Le fonc-
tionnement du couplage est présenté en Figure 3.
Fichier de données

Résultats numériques
Code de calcul
Jeu de
paramètres
initial
INTERFACE

Algorithme
d’optimisation
Observations
expérimentales

Jeu de paramètres
optimisé

Figure 3 – Fonctionnement du couplage code de calcul – algorithme d’optimisation

4.1 Présentation générale

4.1.1 Le programme interface


Le programme permet une gestion des fichiers d’entrée et de sortie des deux
logiciels. Le fonctionnement général de l’interface peut se résumer de la façon
suivante :
 Lancer l’exécution de l’algorithme d’optimisation.

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

 Lancer l’exécution du code de calcul avec un jeu de paramètres donné


 Lire et mettre en forme les résultats de la simulation numérique. Il faut
que ces résultats correspondent à la réponse expérimentale et qu’ils
soient dans un format lisible par le logiciel d’optimisation.
 Mettre à jour le fichier de données du code de calcul en intégrant la
nouvelle valeur des paramètres, si le processus d’optimisation n’est pas
terminé.
Ces étapes sont répétées tant que le problème n’est pas optimisé, c'est-à-dire
tant que les critères d’arrêt ne sont pas atteints.
Un exemple de couplage réalisé avec les deux méthodes est fourni en annexe 4.

4.1.2 Les fonctions coût


Comme dit précédemment, la fonction coût utilisée peut avoir différentes ex-
pressions selon la nature du problème à résoudre. Celle, implémentée dans le
logiciel d’optimisation basé sur la méthode du gradient, SiDoLo, est présentée
en Équation 1. Elle a été utilisée par plusieurs auteurs (Zentar 1999). Elle per-
met de tenir compte des erreurs des mesures. Elle a également été introduite
dans l’algorithme basé sur les stratégies évolutives afin de pouvoir comparer
les résultats obtenus.

N 1 Mn
L( A)    T [Z s ( A, t i )  Z s* (t i )]. Dn .[Z s ( A, t i )  Z s* (t i )] Équation 1
n 1 Mn i 1

Avec
 A : paramètres du modèle ;
 N : nombre de mesures ;
 Zs(A,ti)- Zs*(ti) : différence entre les résultats numériques et expérimen-
taux évalués aux Mn instants d’observations ti ;
 Dn : matrice de pondération du nième essai. Cette matrice est diagonale
et chacun des coefficients est égal à l’inverse du carré de l’erreur de la
mesure considérée. Cela permet de tenir compte des différents niveaux
de précision de chacune. Pour chaque mesure, l’erreur est une somme de
deux termes qui correspondent à une erreur absolue et relative.

Dans le second algorithme testé, basé sur les stratégies évolutives, une autre
fonction coût, présentée en Équation 2, a été implémentée. Elle correspond à
celle utilisée par Levasseur et al. (2005a, 2005b). Cette dernière est normée.
Les variables ε et α représentent respectivement l’erreur absolue et relative es-
timée pour chaque mesure.

1 N [ Z s ( A, t i )  Z s* (t i )]2
LE ( A)   Équation 2
N i  1 [   .Z s* (t i )]2

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

4.1.3 Les critères d’arrêt


Les critères sont différents dans les deux méthodes utilisées. Dans SiDoLo,
l’optimisation s’arrête quand :
 Le nombre maximum d’itérations permises est atteint ;
 La différence relative entre la valeur de la fonction coût obtenue à
l’itération courante et la meilleure valeur obtenue durant le procédé
d’optimisation est inférieure à une valeur définie au préalable par
l’utilisateur δ.
Le critère ne permet pas forcément de s’assurer que l’on a atteint un minimum,
même local. Avec celui-ci, l’optimisation peut s’arrêter si la fonction coût évo-
lue peu dans une zone localisée, comme dans le cas présenté en Figure 4.

Fonction coût F

Arrêt à l’itération 3
x2 F(x3)-F(x1)<
x0 Minimum : x1

x1 x3

Paramètre xi

Figure 4 – Fonction coût pour laquelle le critère d’arrêt peut être vérifié sans qu’on
soit sur un minimum local

Une valeur de 10 -15 a été adoptée pour δ dans le cadre de la thèse. Elle corres-
pond à la valeur généralement utilisée (SiDoLo version 2.4495, 2003).
L’algorithme évolutionnaire s’arrête quand l’une des trois conditions suivantes
est vérifiée :
 Le nombre maximum de générations autorisées est atteint ;
 La différence entre les deux valeurs extrêmes de la fonction coût calcu-
lée pour les individus de la génération courante est inférieure à la va-
riable β définie par l’utilisateur ;
 Cette différence divisée par la moyenne des valeurs de la fonction coût
calculée pour les individus de la génération courante est inférieure à la
variable ξ définie par l’utilisateur.
Dans notre étude, une valeur de 10 -5 a été adoptée pour les variables β et ξ.
Elles correspondent aux valeurs utilisées par plusieurs auteurs (Costa et Olivei-
ra, 2001). Dans les simulations réalisées, la fonction coût restant inférieure à
l’unité, ce sera toujours le premier critère qui sera vérifié si les deux variables
β et ξ sont identiques. Le deuxième critère n’aura aucune utilité.

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

4.2 Le logiciel SiDoLo : méthode déterministe basé sur la méthode


du gradient
SiDoLo (annexe 2) a été initialement créé par P. Pilvin (1983) au laboratoire de
Mécaniques et Technologie de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, à partir
de 1980, dans le cadre d’une thèse de doctorat. Depuis 1989, il est développé
au centre des Matériaux de l’Ecole des Mines de Paris et distribué par la soci é-
té Zetra System.
C’est un outil développé pour l’analyse de modèles de comportement de sys-
tèmes physiques. C’est un outil de simulation et d’optimisation. En effet, il
permet, pour certaines catégories de modèles, de programmer très simplement
les équations du modèle et d’obtenir les réponses de celui-ci à des sollicitations
diverses. Deux types de formulation existent dans SiDoLo pour expliciter les
relations de comportement du modèle :
 Modèle explicite : le calcul de la réponse se fait par des relations expli-
cites
 Modèle différentiel : l’évaluation de la réponse nécessite la résolution
d’un système d’équations différentielles du premier ordre.
Pour les modèles nécessitant la résolution d’autres types d’équations, il est
possible d’utiliser le module d’optimisation seul. L’évaluation de la réponse
nécessite alors l’appel d’un programme extérieur. C’est le concept du modèle
extérieur défini dans SiDoLo. Cette dernière configuration est celle adoptée
dans le travail de recherche présenté où SiDoLo est couplé à un code de calcul
extérieur permettant l’évaluation de la réponse.
La méthode d’optimisation programmée dans SiDoLo est un algorithme hy-
bride qui combine deux techniques répandues de minimisation : la méthode du
gradient et une variante de la méthode Levenberg-Marquardt (Marquardt 1963)
pour accélérer la convergence quand la solution est proche.
SiDoLo permet une estimation de tous les paramètres du modèle qui influen-
cent sensiblement la réponse. En effet, le nombre de paramètres pouvant être
identifiés n’est pas limité. Il est aussi possible de limiter l’espace de recherche
des paramètres en définissant des bornes pour chacun des paramètres. Des con-
traintes d’optimisation peuvent également être introduites. Ces contraintes sont
définies par des inégalités et sont fonctions des paramètres. Dans ce cas, un
problème d’optimisation avec des pénalités est à résoudre. Le nombre
d’itérations autorisées est défini par l’utilisateur. Pour rappel, lorsque seule la
méthode du gradient est utilisée, la valeur d’un paramètre x i+1 à l’étape i+1 est
calculée à partir de la valeur de ce paramètre x i à l’étape i, selon la formule
suivante.

L( A)
x i 1  x i   ' Équation 3
x i

λ’ est un coefficient de perturbation défini dans SiDoLo et L(A) correspond à


la fonction coût. Il est possible de caler la réponse numérique sur plusieurs es-

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

sais expérimentaux. Par exemple, si plusieurs essais pressiométrique sont dis-


ponibles, SiDoLo peut tenir compte de toutes les courbes obtenues. Plusieurs
essais sont simulés. SiDoLo va rechercher le jeu de paramètres qui permet de
caler aux mieux l’ensemble des courbes numériques sur les courbes expérimen-
tales.

4.3 Algorithme basé sur les stratégies d’évolution: méthode


probabiliste

4.3.1 Le principe
L’algorithme utilisé a été adapté aux problèmes étudiés. Cet algorithme re-
quiert la création d’un programme interface pour le couplage avec un code de
calcul extérieur, comme pour SiDoLo. Il est basé sur les stratégies d’évolution.
Des études récentes, comme les travaux de Moles et al. (2003) ou ceux de Cos-
ta et Oliveira (2001), ont montré que les algorithmes évolutionnaires et plus
particulièrement ceux basés sur les stratégies d’évolution, étaient des outils
d’optimisation très performants. En 2001, Costa et Oliveira ont utilisé trois
types d’algorithmes d’optimisation pour minimiser sept fonctions avec des con-
traintes. Ils ont comparé les résultats obtenus et il ressort que l’algorithme basé
sur les stratégies d’évolution apparaît comme la meilleure technique
d’optimisation pour les problèmes non convexes. Il converge plus rapidement
et plus souvent vers le minimum global que celui basé sur les algorithmes g é-
nétiques. Il nécessite donc moins d’évaluation de fonctions objectives. Les
deux autres techniques testées étaient un algorithme génétique et un algorithme
M-SIMPSA (Cardoso et al. 1996 et 1997), qui combine la méthode du simplexe
non linéaire et la méthode du recuit simulé.
Les stratégies d’évolution raisonnent avec une représentation réelle du jeu de
paramètres (un jeu de paramètres constitue un individu) et commencent la re-
cherche de nouveaux individus à partir d’une population initiale (un ensemble
d’individus parents). Cette technique nécessite uniquement des données basées
sur la fonction coût et les contraintes d’optimisation. Les règles de transitions
sont déterministes et les contraintes sont imbriquées en utilisant un mécanisme
d’élimination (les individus impossibles sont éliminés). La recherche de nou-
veaux individus est basée sur un opérateur, l’opérateur mutation.
Deux types d’algorithmes sont distingués : (μ/ρ’+λ’’) et (μ/ρ’,λ’’) où μ repré-
sente le nombre de parents, ρ’ le nombre de parents utilisés pour la génération
d’un individu enfant et λ’’ le nombre d’enfants. Ils diffèrent par le processus de
sélection des meilleurs individus d’une population pour devenir les parents de
la population suivante.
L’algorithme utilisé (Figure 5) est du type (μ/ ρ’ +λ’’). Une population initiale
de μ individus parents est générée. ρ’ individus parents sont sélectionnés aléa-
toirement parmi les μ parents et recombinés pour générer chaque individu en-
fant. Au total, λ’’ individus enfants sont créés par des opérateurs de recombi-
naison et de mutation. Les λ’’+μ membres sont triés selon la valeur de leur

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

fonction coût et les μ meilleurs individus sont sélectionnés pour devenir les pa-
rents de la génération suivante.

Figure 5 – Principe de fonctionnement de l’algorithme basé sur les stratégies


d’évolution du type (μ/ ρ’ +λ’’) avec λ= λ’’ et ρ= ρ’
Dans un algorithme du type (μ,λ’’), les meilleurs individus sont sélectionnés
parmi les λ enfants. Dans un algorithme du type (μ/ ρ’ +λ’’), la survie des meil-
leurs individus est garantie. En effet, pour l’autre type d’algorithme, même si
certains parents sont meilleurs que des individus enfants, ils ne peuvent pas
être sélectionnés pour devenir les parents de la prochaine génération. Ils sont
éliminés. Ce dernier est plutôt utilisé lorsque l’espace de recherche des indivi-
dus n’est pas borné. Les deux autres opérateurs, mutation et recombinaison,
sont détaillés ci-après. La mutation correspond à l’addition d’un nombre aléa-
toire à chaque composante de l’individu (Figure 6). Les nombres aléatoires sont
générés selon une loi Gaussienne de moyenne nulle et de variance σi². La va-
riable σi est actualisée à chaque génération de population.

Vecteur individu
(8, 12, 31, …, 5)

MUTATION

(8.2, 11.9, 31.3, …, 5.7)

Figure 6 – Illustration de l’opérateur mutation

L’application de l’opérateur recombinaison à un ensemble de ρ individus pa-


rents produit seulement 1 individu enfant. Il y a deux types de recombinaison :
recombinaison discrète ou dominante et recombinaison intermédiaire. Le pri n-
cipe de fonctionnement des deux est illustré en Figure 7.
Pour plus de détails sur le fonctionnement des stratégies d’évolution le lecteur
pourra se reporter à Beyer et Schwefel (2002).

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

Figure 7 – Illustration de l’opérateur recombinaison : recombinaison intermédiaire à


droite et recombinaison discrète en bas (Beyer et Schwefel 2002) avec ρ= ρ’

4.2.2 Comparaison avec les algorithmes génétiques


Les algorithmes génétiques sont aussi des algorithmes évolutionnaires et ont
été récemment appliqués à la résolution de problème d’optimisation en géo-
techniques. Ils sont sans doute plus utilisés dans ce domaine que les stratégies
d’évolution. Il apparaît nécessaire de comparer l’algorithme utilisé aux algo-
rithmes génétiques.
Initialement, les algorithmes génétiques n’ont pas été développés pour résoudre
des problèmes d’optimisation de paramètres. Ces dernières génèrent une popu-
lation initiale (un ensemble de points) et les règles de transition entre les diff é-
rentes générations sont déterministes, ce qui n’est pas le cas pour les algo-
rithmes génétiques.
La probabilité de reproduction pour un individu est proportionnelle à sa fonc-
tion coût dans le cas des algorithmes génétiques, ce qui n’est pas le cas pour les
stratégies d’évolution où les ρ’ individus parents qui vont être recombinés pour
fournir un individu enfant sont sélectionnés aléatoirement.
Une autre différence importante concerne la représentation des individus. Dans
les algorithmes génétiques, les composantes des individus sont codées en bi-
naire pour les manipuler. Avec les stratégies d’évolution, la valeur réelle de
chaque composante peut être conservée. Dans les algorithmes génétiques, une
composante, c'est-à-dire un paramètre, constitue un gène et un individu. Un en-
semble de gênes est appelé chromosome. Un gène est une succession de
chiffres binaires.
Les procédés de sélection sont différents entre les deux techniques. Avec
l’algorithme utilisé, basé sur les stratégies d’évolution, les parents et les en-
fants d’une génération sont en compétition pour devenir les parents de la gén é-
ration suivante, ce qui n’est pas possible dans les algorithmes génétiques.
De plus, dans les algorithmes génétiques, deux individus parents fournissent
deux enfants par mutation et croisement alors qu’avec les stratégies

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Chapitre 3 : L’analyse inverse

d’évolution, ρ’ individus parents fournissent, après mutation et recombinaison,


uniquement un seul individu enfant.
Finalement, bien que ces deux algorithmes présentent des différences, ils sont
basés tout les deux sur la théorie de l’évolution. Aucun des deux ne semblent
être plus performant que l’autre. Leur performance dépend du problème à r é-
soudre. Les stratégies évolutives semblent plus adaptées aux problèmes de
complexité modérée.

5. Conclusion
Diverses techniques d’analyse inverse existent. Dans le cadre de cette thèse,
deux méthodes d’optimisation sont testées sur des problèmes d’optimisation du
dimensionnement d’ouvrages souterrains. Avec la méthode des gradients, il est
possible de converger rapidement vers des minimums locaux ou vers le mini-
mum global alors qu’avec l’autre technique, comme tout l’espace de recherche
est exploré, la convergence est plus lente et nécessite des temps de calculs plus
long. La performance de chacune est donc liée au problème à traiter. Avant
d’utiliser l’analyse inverse, il est nécessaire de réaliser une étude de sensibilité
des paramètres. Il est préférable aussi de mener une étude de validation avec
une réponse expérimentale simulée donc sans erreur. Cela permet de vérifier
que sur une réponse théorique, l’analyse inverse est bien capable de retrouver
la valeur des paramètres considérés comme non connus. Lors de l’utilisation de
mesures réelles, il convient d’être conscient que :
 l’incertitude attachée à ces mesures peut dégrader la qualité de la dé-
termination des paramètres non connus,
 l’analyse inverse suppose que le modèle de calcul et le modèle de com-
portement du sol permettent de simuler correctement le comportement
réel de l’ouvrage.

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Partie 1 : Bibliographie

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Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu

PARTIE II : LE PROJET SUPPORT :


LE TUNNEL DE BOIS DE PEU
(Besançon)

- 79 -

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

Chapitre 4 : Présentation du projet


support

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 81 -

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

1. Introduction .................................................................................................... 83
2. Présentation générale du projet support .......................................................... 84
2.1 Le contexte et la localisation ...................................................................................... 84
2.2 La géologie et la géotechnique .................................................................................... 85
2.2.1 La géologie générale ........................................................................................... 85
2.2.2 Les essais réalisés ............................................................................................... 85
2.2.3 Caractéristiques des matériaux rencontrés ............................................................ 87
2.3 Les profils types ......................................................................................................... 88
2.3.1 Les techniques de creusement .............................................................................. 88
2.3.2 Les profils de soutènement .................................................................................. 89
3. Les mesures effectuées au sein du tunnel ......................................................... 94
3.1 Objectifs de l’auscultation .......................................................................................... 94
3.2 Synthèse des mesures réalisées ................................................................................... 95
3.2.1 Mesures de convergence et de nivellement ........................................................... 95
3.2.2 Mesures de déplacements radiaux dans le massif.................................................. 96
3.2.3 Mesures de déformations des cintres .................................................................... 97
3.2.4 Mesures de contraintes à l’interface sol/soutènement ........................................... 98
3.2.5 Mesures de déplacements dans le massif en avant du front de taille ...................... 99
3.2.6 Bilan de l’instrumentation ................................................................................. 100
3.2.7 Tableaux synthétiques des mesures disponibles par PM ..................................... 100
4. Conclusion ..................................................................................................... 100

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 82 -

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

1. Introduction
La réalisation du tunnel de Bois de Peu, tunnel routier qui comporte deux tubes,
a débuté en juillet 2005 et le creusement s’est achevé en septembre 2006. Ce
tunnel s’inscrit dans le projet de contournement Sud-est de Besançon (Figure 1),
nommé « la voie des Mercureaux ». Une collaboration avec le CETU a été en-
treprise afin de pouvoir disposer des mesures disponibles au cours du chantier
puisqu’une auscultation a été mise en œuvre. Ce chantier présentait les condi-
tions nécessaires à l’application de la méthode observationnelle (incertitudes sur
les paramètres mécaniques des terrains, incertitudes sur la localisation des diff é-
rentes unités lithologiques, auscultations variées prévues …). Il a donc été rete-
nu comme tunnel support pour notre étude.
Des mesures de déplacements et de contraintes étaient prévues ainsi qu’une ins-
trumentation des boulons mis en place en avant du front de taille. Les résultats
des auscultations devaient être utilisés à la fois pour vérifier le bon comport e-
ment de l’ouvrage et pour adapter, si nécessaire, le dimensionnement aux cond i-
tions réelles. Toutes les conditions requises pour pouvoir appliquer la méthode
observationnelle pendant la construction étaient réunies pour ce tunnel.

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RN

Beure

Figure 1 – Localisation du projet support

En raison de la faible longueur du tunnel à percer et de l’hétérogénéité des te r-


rains rencontrés, le creusement à l’aide d’un tunnelier n’a pas été envisagé. La
méthode traditionnelle à l’explosif a été retenue, complétée dans les terrains les

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 83 -

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

plus tendres d’un creusement à la machine à attaque ponctuelle. Le creusement


s’est déroulé pour l’essentiel en pleine section. Des techniques de présoutène-
ments par voûte parapluie et boulonnage de front ont été utilisées dans les ter-
rains de mauvaise qualité (marnes tendres).
Après une présentation générale du projet, les types de creusement et de sout è-
nement utilisés seront présentés. Enfin, les mesures effectuées dans les diffé-
rents types de terrains seront décrites.

2. Présentation générale du projet support

2.1 Le contexte et la localisation


Le projet s’inscrit dans le contournement Sud-est de Besançon, sur un itinéraire
de transit entre Nancy (RN 83) et la Suisse (RN 57). Il est intégré dans un itiné-
raire européen, classé Grandes Liaisons d’Aménagement du Territoire. Il ren-
ferme une chaussée à doubles voies de circulation desservie par de nombreux
échangeurs. Cette déviation, qui se développe sur 23.25 Km, va simultanément
permettre de contourner l’agglomération de Besançon et d’y assurer une meil-
leure desserte interne. Son financement est assuré, à parts égales, par l’état, la
région, le département et la communauté d’agglomérations. Le schéma présenté
en Figure 1 permet de mieux visualiser le site d’implantation du projet.
On constate sur le plan présenté en Figure 1 qu’il existe quatre tronçons. La
branche Sud-ouest prend son origine au niveau du pont sur le Doubs de la RN
83, sur la commune de Beurre, et trouve son extrémité à l’échangeur de la RN
57, sur la commune de Fontain. Cette branche est dite Voie des Mercureaux. Sur
celle-ci, le relief y est prononcé. Il existe des pentes de 5.5 %. Par conséquent,
les marges de manœuvre sont faibles et la réalisation de nombreux ouvrages
s’avère nécessaire. Cette branche devait être ouverte en 2007. Elle comprend
entre autres deux tunnels : le tunnel de Bois du Peu et le tunnel de Fontain dont
la construction s’est terminée en 1999.

Galerie de Galerie de Tube descendant


communication communication
GC-1 GC-2

PM 136 PM 316 Côté


13647 Trou au Loup
PM 521
Côté Point 2026
Plaine du
Doubs
PM 0

PM 511
PM 158 PM 333
N
Galerie de Tube montant
PM 0 reconnaissance
Point 1961
Point 0

Figure 2 – Vue en plan de l’ouvrage


Voie des
Mercureaux

Le tunnel de Bois du Peu permet de passer du flanc sud de la plaine du Doubs


qui coule en contrebas, au vallon du ruisseau des Mercureaux, en traversant le

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

massif de Bois du Peu. Il comporte deux tubes. Le tube allant de la tête Doubs
(tête avale) à la tête Vallon (tête amont) est dénommé tube montant. Le tube a l-
lant de la tête Vallon à la tête Doubs est dénommé tube descendant. Une vue en
plan de l’ouvrage est illustrée en Figure 2. La position métrique dans chaque
tube est dénommée PM. Les caractéristiques géométriques du tunnel sont réper-
toriées dans le Tableau 1.

Tableau 1 – Caractéristiques géométriques du tunnel de Bois de Peu


Tube montant Tube descendant
Longueur creusée (m) 511 521
Longueur couverte (m) 576 565
Rayon d’excavation (m) 6.17 6.17
Hauteur libre minimale (m) 4.50 4.50
Dévers (sens croissant des PM) -5.30 % à +4.00 % -2.50 % à +3.90 %
Niche de sécurité 2 + 1 à chaque tête 2 + 1 à chaque tête
Inter-tubes Deux inter-tubes
implantés au tiers
du linéaire
Rayon tête Vallon (m) 500 345.45
Rayon tête Doubs (m) 395.45 504.55

2.2 La géologie et la géotechnique


2.2.1 La géologie générale
L’ouvrage se situe entièrement dans des formations sédimentaires du Jurassique.
Il traverse d’abord, sur une centaine de mètres depuis la tête Doubs, le flanc Est
de l’anticlinal de la Citadelle puis le flanc Ouest de l’anticlinal de La Chapelle
des Buis. Ces structures se chevauchent les unes sur les autres par le biais de
quatre failles majeures et d’une multitude de discontinuités dans les calcaires.
Le tunnel se situe donc dans une zone mouvementée. Le style tectonique est es-
sentiellement compressif. C’est dans le but de déterminer avec une meilleure
précision les caractéristiques géologiques et géotechniques des terrains rencon-
trés qu’une galerie de reconnaissance a été creusée en 1995. Sa largeur est de 3
m, sa longueur de 527 m et sa hauteur sous clé de 3,5 mètres. Sa position par
rapport aux deux tubes est localisée sur la vue en plan présentée en Figure 2.
Elle est située entre les deux tubes.

2.2.2 Les essais réalisés


41 sondages ont été prélevés radialement dans la galerie, au cours de deux cam-
pagnes : la campagne de 1995-1996 aux PM 44, 173, 258, 310, 332, 341, 358,
371, 431 et 485 (LRPC de Lyon 1996) et celle complémentaire de 1999 aux PM
40, 64, 195, 355, 373, 472 et 510 (LRPC de Lyon 1999) Des essais de labora-
toire ont été réalisés :
 Caractéristiques physiques : masses volumiques et teneurs en eau.

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 40 essais de compressions simples avec la détermination de la résistance


à la compression simple, du module réversible en effectuant un cycle de
décharge-recharge au cours du chargement, du coefficient de Poisson.
 10 essais triaxiaux (chaque essai correspondant à l’écrasement de 3 ou 4
échantillons) avec la détermination des caractéristiques de rupture C et φ
et du module réversible en effectuant un cycle de décharge-recharge au
cours du chargement.
 10 essais de traction Brésilien (RTb)
 Essais de gonflement
Lors de ces deux campagnes, des essais in situ ont également été réalisé :
 19 essais dilatométriques en 1995 et 14 essais supplémentaires effectués
dans les sondages carottés au niveau de la prise d’échantillons pour les
essais triaxiaux.
 4 mesures de contraintes initiales, aux PM 258 et 332. Ces mesures ont
été réalisées par surcarottage.
 3 essais à la plaque aux PM 352 et 471 (2 horizontaux et un vertical).
Lors de la réalisation de la galerie, 13 profils de mesures de convergences rela-
tives à 7 cordes ont été implantés aux PM 11, 30, 41, 51, 65, 73, 87, 93, 111,
192, 343, 364 et 500 (LRPC d’Autun 1996). Des mesures de déplacements ra-
diaux dans le massif ont également été réalisées à l’aide d’extensomètres de fo-
rages.

Des échantillons ont également été prélevés dans un sondage horizontal (SCH-
2000) réalisé au droit du tube descendant (CETE méditerranée 2001). Les essais
suivants ont été effectués :
 Essais de teneur en eau et de teneur en CACO 3
 2 essais œdométriques à haute pression
 9 essais triaxiaux dans les marnes des unités 16 et 18 : 1 du type CU+u, 5
du type CD et 3 du type UU.

Au niveau des têtes du tunnel, des sondages pressiométriques et des sondages


carottés avec essais triaxiaux et essais d’identification ont été effectués (LRPC
d’Autun 1999).
Lors du creusement de la galerie de reconnaissance, les venues d’eau ont été peu
nombreuses. L’hydrologie est à dominante karstique. En effet, il est possible de
rencontrer des karsts lors de l’excavation dans les calcaires. L’eau risque de
s’infiltrer dans les fissures des calcaires et de cheminer dans le réseau de fra c-
tures (failles, stratification…).
L’exploitation des essais a mis en évidence la présence de 18 unités litholo-
giques. Parmi les unités identifiées, quatre grands types de matériaux sont dis-
tingués :
 des calcaires, sains ou fracturés
 des marnes
 des marnes tendres, plus ou moins argileuses
 des alternances de bancs marneux et calcaires

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La présence de 18 unités géologiques indique une variété importante de maté-


riaux sur 500 mètres, caractéristique d’une géologie très complexe. Une coupe
géologique est illustrée en Figure 3. Les positions et longueurs de chacune des
unités ont été estimées pour les deux tubes du tunnel. Une vue en plan détaillée
de la géologie recalée après la construction de l’ouvrage est illustrée en annexe
5. Des incertitudes résidaient sur la localisation des différentes unités géolo-
giques dans les deux tubes à l’issu de la phase de reconnaissance. Donc des in-
certitudes existaient également sur les profils de soutènements à prévoir selon
les PM. En effet, la localisation des différentes unités dans chaque tube est issue
d’une extrapolation faite à partir de la localisation de ces unités dans la galerie.
Il paraît donc intéressant à l’issu de la phase de reconnaissance de tenter
d’appliquer la méthode observationnelle durant le creusement afin d’adapter le
creusement et le profil de soutènement aux conditions réellement rencontrées.
Dans ce contexte, un important programme d’auscultation a été défini en phase
projet. Ces auscultations sont présentées dans de ce chapitre (cf. § 3). Elles sont
localisées sur la vue géologique détaillée présentée en annexe 5.

Figure 3 – Coupe géologique

2.2.3 Caractéristiques des matériaux rencontrés


Les caractéristiques mécaniques des matériaux attendus, définies en phase projet
à l’issu de la campagne de reconnaissances, sont répertoriées dans les Tableau 2
à Tableau 4. Pour les marnes, compte tenu des dispersions des résultats des es-
sais obtenus, il a été distingué deux types de marnes : une plus résistante et
l’autre moins résistante. Les caractéristiques probables correspondent à une pr é-
sence prédominante de marnes résistantes et les caractéristiques exceptionnelles
correspondent à une prédominance de marnes peu résistantes. En l’absence
d’essai de fluages spécifiques, le coefficient α (rapport du module différé et du
module initial) est pris égal à 0.75.

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Tableau 2 – Propriétés mécaniques des calcaires


Masse volumique ρ (kg/m 3) 2630
Note RMR 52 (rocher moyen)
Note Q 2.75 à 4.13
(qualité moyenne)
Module d’Young de la matrice E matrice (MPa) 10000
Coefficient de Poisson ν 0.3
Résistance à la compression de la matrice R c (MPa) 34
Résistance à la traction de la matrice R t (MPa) 3.3
Module d’Young du massif rocheux E massif (MPa) 3290
Coefficient des terres au repos k 0 0.7

Tableau 3 – Propriétés mécaniques des marnes


Caractéristiques Caractéristiques
probables exceptionnelles
Masse volumique ρ (kg/m3) 2480 2400
Coefficient de Poisson ν 0.3 0.3
Module d’Young E (MPa) 1600 750
Cohésion C (MPa) 0.70 0.21
Angle de frottement interne φ (°) 40 36
Angle de dilatance ψ (°) 0 0
Coefficient des terres au repos k 0 0.7 0.7

Tableau 4 – Propriétés mécaniques des marnes tendres


Masse volumique ρ (kg/m3) 2300
Module d’Young E (MPa) 80
Coefficient de Poisson ν 0.3
Cohésion C (MPa) 0.025-0.04
Angle de frottement φ (°) 13-17
Angle de dilatance ψ (°) 0
Coefficient des terres au repos k 0 0.7

2.3 Les profils types

2.3.1 Les techniques de creusement


La majorité des deux tubes a été creusée à l’explosif sauf dans les unités 11 et
18 où le creusement a eut lieu à la machine à attaque ponctuelle, ce qui repré-
sente environ 10 % du tunnel. En effet, dans ces deux unités, l’utilisation de
l’explosif n’était pas possible compte tenu de la faible résistance du terrain ;
cette méthode ayant pour conséquence la génération de hors profils importants.
La machine à attaque ponctuelle a pour principaux avantages par rapport à
l’explosif, de limiter les ébranlements dans le massif encaissant, de diminuer le

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soutènement et le volume de béton de remplissage et enfin de permettre un cycle


continu d’excavation autorisant ainsi de meilleurs rendements. En revanche, les
limites économiques de ce type de creusement concernent entre autres le carac-
tère abrasif des terrains ainsi que leur état de fracturation. Ces deux techniques
de creusement sont présentées plus en détail dans la littérature (Eclaircy 2004).
L’excavation a été réalisée en pleine section sauf dans l’unité 18 du tube des-
cendant où après quelques désordres, une excavation en section divisée a eu lieu
sur une dizaine de mètres. En effet, le creusement en sections divisées est adapté
dans le cas où les caractéristiques du terrain sont insuffisantes pour assurer une
stabilité du front de taille dans une ouverture en pleine ou demi section. Elle
consiste en l’ouverture préalable d’une ou de plusieurs galeries de petite section
dont une partie du soutènement participe au soutènement de l’excavation totale.
La section peut être divisée de différentes façons. La description du creusement
en section divisée est présentée en même temps que le profil P4bis. Le creuse-
ment en sections divisées fait appel à des opérations de terrassement manuel
dans des conditions de travail difficile. La vitesse d’avancement est donc limi-
tée.

2.3.2 Les profils de soutènement


Quatre profils de soutènements ont été prévus en phase projet en section cou-
rante dans le tunnel en fonction des différents terrains traversés (P1 à P4). Deux
profils supplémentaires ont été définis au cours du creusement (P2bis et P4bis).
Finalement, quatre profils classiques ont été adaptés au terrain rencontré lors du
creusement en fonction des données recueillies par les auscultations, au fur et à
mesure de l’avancement été mis en œuvre pendant le creusement : P1, P2, P2bis
et P3. L’adaptation a surtout porté sur la longueur du pas d’avancement. Les
profils P4 et P4bis sont spécifiques dans la mesure où ils comprennent un pré-
soutènement par voûte parapluie et boulonnage de front. Les différents profils
réalisés en section courante sont présentés ci-après.

2.3.2.1 Profil P1
Il comprend un soutènement par béton projeté fibré d’épaisseur 0.1 à 0.2 m et un
boulonnage radial en voûte et piédroits (Figure 4).
Le creusement s’effectue en pleine section avec un pas d’avancement de réfé-
rence de 4 m  0.5 m. Ce profil était prévu dans les unités calcaires où la pré-
sence de bancs marneux était inexistante. La longueur prévisible d’application
du profil P1 était de 542 m. Finalement, ce profil a été employé sur une longueur
de 576 m (276 m dans le tube montant et 300 m dans le tube descendant).

2.3.2.2 Profil P2
Il se compose d’un soutènement par cintres métalliques de type HEB 200 avec
un remplissage en béton projeté entre les cintres. Le front est soutenu par une
peau en béton projeté (Figure 5). Le creusement s’effectue en pleine section
avec un pas d’avancement de référence de 1.75 m  0.75 m. Ce profil était prévu

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dans le cas de la rencontre de bancs marneux. La longueur prévisible


d’application du profil P2 était de 320 m. Finalement, ce profil n’a été utilisé
que sur 101 m (61 m dans le tube montant et 40 m dans le tube descendant).

Boulonnage en voute et piedroits

G
ab
ar
it
d'e

m
Ga

17
xc
b ar

6.
av
it u 7m

)=
at
tile 5.5

io

(A
n
= =
(I)

R
Lig

lig
ne R

ne
( I)

(A
)
Béton projeté

Béton de revêtement B30

Dévers négatif
-5.30% (M)

Béton de fondation B30


Ligne A

Béton d'égalisation B20

Figure 4 – Profil P1
G
ab
ar
it
d'e

Ga
17
xc

ba
6.
a

rit
va

Souténement par cintres 7m


)=

uti
tio

le 5.5
(A

métalliques HEB 200


n

= =
=

Lig (I)
R
lig

Béton projeté ne R
ne

(I)
(A
)

Boulonnage en piedroits
(pour Profil P3 seulement)
Béton de revêtement B30

Dévers Positif
+4.00% et 3.91%

Béton de fondation B30

Béton d'égalisation B20

Figure 5 – Profil P2 et P3 (différence au niveau du boulonnage de front et des pi é-


droits)

2.3.2.3 Profil P2bis


Le profil P2bis est l’intermédiaire entre le profil P1 et P2. Il a été défini en
phase travaux pour compléter les profils disponibles et notamment pour combler
le trou dans les longueurs de pas d’avancement entre P2 (maximum 2.5 m) et P1

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(minimum 3.5 m). Ce profil comporte un soutènement des parois par béton pro-
jeté fibré et un boulonnage radial au niveau de la voûte (Figure 6). Les boulons
sont disposés en deux auréoles. Le creusement s’effectue en pleine section avec
un pas d’avancement de référence de 2.75 m  0.75 m. Ce profil a été appliqué
sur 285 m (146.5 m dans le tube montant et 138.5 m dans le tube descendant).

Boulonnage en voute

G
ab
ar
it
d'e

m
Ga

17
ca
ba

6.
rit

va
m

=
ut 57

tio
ile 5.

)
(A
n
= =

=
Lig (I)

R
lig
ne R

ne
(I)

(A
)
Béton projeté
Béton de revêtement B30

Dévers négatif
-5.30% (M)

Béton de fondation B30

Béton d'égalisation B20

Figure 6 – Profil P2bis

2.3.2.4 Profil P3
Il comporte, en plus du profil type P2, un boulonnage radial en piédroits à an-
crage réparti non scellés (Figure 5). Un boulonnage du front soutenu par une
peau en béton projeté est également envisagé. Les boulons au front sont en fibre
de verre. Le creusement s’effectue en pleine section avec un pas d’avancement
de référence de 1.25 m  0.5 m. Ce profil était prévu dans le cas de la rencontre
de marnes avec de faibles caractéristiques. La longueur prévisible d’application
du profil P3 était de 100 m. Finalement, il n’a été mis en oeuvre que sur une
longueur de 2.5 m dans le tube montant. Les boulons ont été forés à partir de
l’attaque côté Doubs, juste avant la rencontre de l’unité 18.

2.3.2.5 Profil P4
Le profil P4 comprend un soutènement mixte des parois par béton projeté et
cintres métalliques de type HEB 200. Le creusement s’effectue en pleine section
avec un pas de 1.5 mètres. La Figure 7 illustre le dispositif de soutènement. Un
radier contre voûté, constitué de béton projeté et de cintres métalliques de type
HEB 200, est mis en place à l’avancement du tunnel tous les 1.5 mètres. En plus
du soutènement des parois et du radier, un dispositif de pré-soutènement par

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

voûte parapluie et boulonnage de front est aussi installé. Les boulons mis en
place au front de taille sont en fibre de verre. Leur densité dépend de la hauteur
de couverture rencontrée. Le front est également soutenu par une peau en béton
projeté. La voûte parapluie est constituée de tubes pétroliers forés dans le mas-
sif. Les tubes de la voûte parapluie sont disjoints donc l’effet transversal du ren-
forcement créé par la présence de la voûte est réduit.

Voute "Parapluie"
Tubes Ø89/70 espacés de
50cm

m
.27
à7
Souténement par cintres

,32
m
métalliques HEB 200 .57

=6
=5
(I)

.
Béton projeté e=0,2 m

ax
R

)M
(A
Béton de revêtement B30
e=0,5 à 1,5 m R

Béton de fondation B30

Béton de radier B30 e=0,8 m

Figure 7 – Profil P4

Dans le tube descendant, trois voûtes parapluie ont été mises en place. Dans ce
tube, les tubes des voûtes parapluie sont inclinés d’un angle de 4°. L’excavation
se faisant à l’intrados et au contact de la voûte parapluie, la section excavée et
les cintres ont une dimension variable sur la longueur de la voûte parapluie cor-
respondant à une phase d’avancement. Trois forages de boulons ont été réalisés
au front de taille. Les boulons ont été forés en même temps que la pose des
voûtes parapluies. Une deuxième voûte parapluie et des boulons ont été forés
après l’apparition des désordres. Donc, après leur réalisation, le creusement a eu
lieu en sections divisées sur une dizaine de mètres et le profil type de soutène-
ment mis en place correspond au profil P4bis détaillé ci-après. Un schéma pré-
senté en Figure 8 permet de visualiser le phasage d’excavation dans l’unité 18
du tube descendant.
Dans le tube montant, une seule voûte a été réalisée et les tubes ont été forés
sans inclinaison. La section d’excavation est variable. En fonction de la résis-
tance du terrain, l’excavation a pu se poursuivre jusqu’aux tubes de la voûte pa-
rapluie. Les boulons ont été forés en deux fois. Ils ont été forés à partir de la
contre attaque et l’autre à partir de l’attaque coté Doubs lors de l’application du
profil P3, juste 2.5 m avant de rencontrer l’unité 18.

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

La longueur d’application du profil P4 prévue était de 70 m. Ce profil devait être


employé lors de la traversée des marnes tendres, dans l’unité 18. Cette longueur
était a priori figée car il n’était pas prévu d’adapter ce profil en cours des tra-
vaux. Mais, suite à l’apparition de désordres dans le tube descendant, un nou-
veau profil a été défini, le profil P4bis. Finalement, le profil P4 n’a été utilisé
que sur 50 m.

Figure 8 – Présentation du phasage de construction dans l’unité 18 du tube descendant

2.3.2.6 Profil P4bis


Le creusement s’effectue en section divisée avec un pas d’avancement de 1
mètre. Le profil de soutènement est composé d’une voûte parapluie, de boulons
de front et d’un soutènement mixte par béton projeté et cintre (Figure 9).
La géométrie de la section est la même que pour le profil P4. Après excavation
de la demi-section supérieure (phase 1), un cintre est posé en paroi et un buton
provisoire est mis en place en radier afin de fermer la section. Après le creuse-
ment de la demi-section supérieure sur une dizaine de mètres, la partie inférieure
est excavée (phase 2, 3 et 4). Tout d’abord, le stross situé au niveau des pié-
droits est enlevé (phases 2 et 3), puis la zone centrale est excavée en arrière sur
3 mètres (phase 4). Cela permet de maintenir le noyau central plus longtemps.
Les butons provisoires sont alors détruit tous les 3 mètres et le radier constitué
de béton projeté et de cintres est alors réalisé pour fermer la section excavée. Ce
profil a été appliqué sur 12 m dans l’unité 18 du tube descendant.

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Voute "Parapluie"
Tubes espacés de 50cm

Phase 1
Souténement par cintres
métalliques HEB 200
Béton projeté
Button provisoire

Béton de
revêtement B30
Phase 3 Phase 4 Phase 2
Béton de
fondation B30

Béton de radier
B30

Figure 9 – Profil P4bis

3. Les mesures effectuées au sein du tunnel

3.1 Objectifs de l’auscultation


Les auscultations effectuées ont pour objectif, dans les profils types P1 à P3, de
vérifier et d’adapter en temps réel le creusement et le soutènement. Dans tous
les profils types, elles servent à vérifier la sécurité de l’ouvrage à court terme en
suivant l’évolution des valeurs mesurées et en les comparants à des seuils prédé-
finis. Elles permettent également d’observer et d’analyser le comportement réel
du massif encaissant.
Pour le profil P4, elles ont pour objectif supplémentaire de tester l’efficacité de
méthodes constructives spécifiques (boulonnage de front, présoutènement par
voûte parapluie, radier à l’avancement).
Sur le chantier, l’entreprise s’est surtout basée sur les mesures de convergences
pour l’adaptation des profils types. Elle a vérifiée que les mesures de c onver-
gences restaient inférieures à des seuils préalablement définis. Ces seuils ont été
définis par expérience. Les mesures ont été utilisées comme un moyen de con-
trôle et de sécurité.
Dans le cadre de la thèse, les auscultations ont des objectifs supplémentaires.
Elles servent de support au développement d’une méthodologie basée sur la mé-
thode observationnelle. Cette méthodologie se base sur les résultats des auscul-
tations et sur l’exploitation en temps réel des données nécessaires à l’adaptation
des profils types. Pour cela, elle doit permettre de coupler au mieux les auscult a-

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 94 -

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Chapitre 4 : Présentation du projet support

tions et les simulations numériques. La démarche à adopter est définie dans la


partie IV du mémoire de thèse.

3.2 Synthèse des mesures réalisées


Après avoir rappelé les principaux objectifs de l’instrumentation, chaque type de
mesure réalisé à Bois de Peu est présenté. Le principe des mesures a déjà été dé-
crit dans le chapitre 1 de la partie bibliographie de ce mémoire.

3.2.1 Mesures de convergence et de nivellement


Ces mesures ont été réalisées par visées optiques. Les repères sont des cibles ré-
tro réfléchissantes. La précision souhaitée était au moins d’1 mm pour les me-
sures de convergence et de 0.5 mm pour les mesures de nivellement. Cinq points
de mesures ont été prévus par profil de mesure de nivellement. Les mesures de
nivellement n’étaient pas prévues dans le marché. Elles ont été faites par
l’entreprise afin de disposer de mesures supplémentaires. Six cordes ont été pré-
vues par profil de mesures de convergence. Les sections types de mesure de
convergence et de nivellement sont présentées en Figure 10 et Figure 11.

Figure 11 – Profil de mesure de con-


Figure 10 – Profil de mesure de nivel- vergence
lement

La fréquence des mesures était la suivante :


 1 mesure par jour pendant 1 mois
 1 mesure par semaine pendant le 2ième mois
 1 mesure par mois jusqu’à la pose du revêtement
Cette fréquence a été adaptée à l’évolution des mouvements (amplitude et vi-
tesse des convergences observées).
Vingt deux profils de mesures de convergence et de nivellement ont été posés
dans le tube montant dont trois dans l’unité 18, creusée depuis la tête Vallon en
contre attaque. Dans le tube descendant, vingt profils ont été mis en place dont
huit dans l’unité 18. Dans cette unité, cinq des huit sections sont localisées dans
une partie où le creusement s’est effectué en section divisée suite à quelques d é-
sordres. La demi-section supérieure a d’abord été instrumentée par 5 plots puis
deux plots ont été rajoutés au niveau de la base des piédroits lors de l’excavation
du stross. La Figure 12 illustre le principe. Les vues en plan de l’ouvrage pré-
sentées en annexe 5 permettent de situer ces profils le long du tunnel. Elles ré-

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pertorient également la localisation des unités géologiques rencontrées dans les


deux tubes.

3 3
2 4

1 5 2 4
Les plots 1 et 5 deviennent
les plots 2 et 4 1 5
2 nouveaux plots : 1et 5

Instrumentation ½ section supérieure Instrumentation après excavation


de la section inférieure

Figure 12 – Localisation des repères dans la section excavée en sections div isées

3.2.2 Mesures de déplacements radiaux dans le massif


Les mesures de déplacements radiaux ont été effectuées à l’aide d’extensomètres
de forage équipés d’un dispositif permettant une mesure en continu et raccordés
à une centrale d’acquisition située en dehors de la zone d’avancement. La préci-
sion attendue des capteurs est de 0.02 mm. La gamme de mesures des capteurs
est de l’ordre de 100 mm.
Trois sections ont été instrumentées : une dans le tube montant au PM 495
(Figure 13) et deux dans le tube descendant aux PM 325 (Figure 14) et 493
(Figure 15).

EXT 2
EXT 6

EXT 4 EXT 5 EXT 1 EXT 3


Sens
Sens DESCENTE
MONTEE

Figure 13 – Implantation dans le tube Figure 14 – Implantation dans le tube


montant au PM495 descendant au PM325

Les vues en plan de l’ouvrage présentées en annexe 5 permettent de situer ces


profils le long du tunnel. Chaque extensomètre a une longueur de 12 m et
compte 6 points de mesure à 1, 2, 4, 6, 8 et 10 mètres de la paroi. Dans le tube
montant, la mesure origine a été effectuée à 1 m du front. Pour la première se c-
tion du tube descendant, la mesure origine a été faite à 4 m du front. Pour la
deuxième section, la mesure origine a été réalisée lorsque le front de taille était
à 10 mètres. Dans cette dernière, un quatrième extensomètre a été posé en radier.

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La distance du front lors de la mesure origine étant élevée, les mesures de cette
section ne seront pas utilisables dans le cadre de l’analyse inverse mais elles
serviront plutôt à suivre l’évolution du comportement de l’ouvrage dans le
temps.

EXT 8

EXT 9
EXT 7 Sens
DESCENTE

EXT 10

Figure 15 - Implantation dans le tube descendant au PM493

3.2.3 Mesures de déformations des cintres


Chaque tube est équipé d’un profil instrumenté de capteurs de déformation. Ces
capteurs permettent d’obtenir la déformation du cintre. Quatorze extensomètres
à cordes vibrantes sont soudés à l’extrados et à l’intrados du cintre comme
l’indique les Figure 16 et Figure 17.

Cellule de
pression totale

Extensomètre visible
(devant)

Extensomètre masquée
(derrière)

Figure 16 – Implantation de l’instrumentation dans le tube montant au PM495

Les capteurs sont raccordés à une centrale d’acquisition qui permet une mesure
en continu. Les centrales d’acquisition sont installées dans des niches. Les me-
sures sont initiées dès la pose des 1 ers capteurs. La fréquence des mesures est
adaptée à l’évolution des mouvements. La précision attendue est d’un micro-
mètre par mètre. La gamme de mesures des capteurs est de l’ordre de 3000 mi-
cromètres par mètre. Des mesures de température sont intégrées.

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Les extensomètres localisés en piédroits sont situés au milieu de celui-ci. Au ni-


veau de la voûte, ils sont situés à équidistance de l’entretoise et de l’extrémité (2
positions) et à la clé. En radier, ils sont placés au milieu de chaque élément de
cintre. La position des extensomètres sur la section droite est donnée à la Figure
18.

Cellule de
pression totale

Extensomètre visible
(devant)
Extensomètre masqué
(derrière)

Figure 17 – Implantation de l’instrumentation dans le tube descendant au PM493

Distance c = 40 mm

Figure 18 – Implantation des extensomètres dans la section droite

Deux sections ont été instrumentées. Dans le tube montant, la même section que
celle où les extensomètres de forage ont été mis en place a été instrumentée (PM
495). La position du front lors des premières mesures est la même que celle re n-
contrée pour les mesures de déplacements radiaux.
Dans le tube descendant, il s’agit aussi de la même section que celle disposant
d’extensomètres de forage dans l’unité 18. Par contre, lors de la mesure origine,
le front se situait à moins d’un mètre. Ces mesures pourront donc être exploitées
dans le cadre de l’analyse inverse.

3.2.4 Mesures de contraintes à l’interface sol/soutènement


Huit cellules de pressions totales (150×250 mm) ont été mises en place par sec-
tion instrumentée. La localisation de ces cellules est reportée en Figure 16 et Fi-
gure 17 selon le tube. Deux sections ont été instrumentées. La précision des cel-
lules de pression totale est de 2 kPa.

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Les cellules de pressions totales ont été implantées aux mêmes PM que les ex-
tensomètres à corde vibrantes et les mesures origines ont été réalisées au même
instant donc à une même distance du front de taille. Ces mesures pourront donc
également être utilisées pour l’analyse inverse.

3.2.5 Mesures de déplacements dans le massif en avant du front de


taille
Des extrusomètres de forage d’une longueur de 20 mètres ont été mis en place
dans le massif en avant du front de taille. L’extrusomètre utilisé à Bois de Peu
consiste en un système de mesures en ligne. Des plots coniques reliés par un t u-
bage en PVC sont placés tous les mètres le long d’un forage. L’ensemble du sy s-
tème est cimenté à la paroi. Les connections entre le tube PVC et les plots de
mesure sont coulissantes, ce qui permet aux plots de suivre exactement les dé-
placements du sol. Une sonde est ensuite introduite dans le forage puis fixée
entre deux plots grâce à deux têtes sphériques. Le déplacement relatif des deux
plots est mesuré par une jauge axiale. La sonde est déplacée d’intervalle en i n-
tervalle, régulièrement, tout le long du forage. Le dispositif de mesure est illu s-
tré en Figure 19. La mesure du déplacement relatif de deux plots successifs per-
met d’obtenir les déplacements dans le massif sur toute la longueur du forage en
supposant que le point d’ancrage de l’extrusomètre est fixe. Ce dernier doit donc
se situer loin du front de taille afin qu’il soit en dehors de la zone perturbée par
le creusement. La précision des mesures est de l’ordre de 0.03 mm/m.

Tube PVC

Têtes
sphériques
de la sonde

Figure 19 – Illustration du dispositif de mesure d’extrusion

Trois extrusomètres de 20 m ont été posés : un dans le tube montant au PM 511


et deux dans le tube descendant aux PM 521 et 501.

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3.2.6 Bilan de l’instrumentation


Les repères de nivellement devaient être mis en place dés la fin de la pose du
soutènement de la section instrumentée. Les mesures initiales devaient être ef-
fectuées au front de taille avant l’excavation de la section suivante, dés la pose
des repères. Pour certaines sections, les contraintes de chantier n’ont pas permis
d’effectuer les mesures à proximité du front.
L’extrusomètre mis en place dans le tube descendant au PM 501 a été excentré à
droite, en bas, dans la demi-section supérieure. Il aurait été préférable de les
centrer horizontalement dans la section pour observer une extrusion plus impor-
tante. Aucune mesure d’extrusion n’a été faite avant l’incident survenu dans le
tube descendant dans l’unité 18 au PM 511. Si une mesure du même ordre de
grandeur que celle faite après le blocage du front avait été observée, des actions
particulières permettant d’éviter l’incident auraient pu être mises en place.

3.2.7 Tableaux synthétiques des mesures disponibles par PM


Les tableaux présentés en annexe 6 rappellent les mesures disponibles par PM
dans chaque tube. Le nombre total de profil de mesures, le profil type mis en
place et l’unité géologique sont reportés. Les pas d’avancement correspondants
sont également répertoriés.
Dans le tube montant, sept sections sont instrumentées avec un profil de soutè-
nement de type P4, une avec un soutènement de type P3, huit avec un soutène-
ment de type P2 à l’entrée du tunnel côté Doubs et avant la rencontre de l’unité
18, huit avec un profil de soutènement de type P2bis et trois avec un profil de
soutènement de type P1.
Dans le tube descendant, six sections sont instrumentées avec un profil de sou-
tènement de type P4bis, trois avec un profil P4, trois avec un profil P2 à l’entrée
du tunnel côté Doubs et à la jonction avec l’unité 18, neuf avec un profil P2bis
et deux avec un profil P1.

4. Conclusion
Le tunnel de Bois de Peu se trouve dans un contexte géologique difficile avec la
présence de failles et de zones plus ou moins fracturées. La galerie de reconnai s-
sance creusée en 1995 entre les deux futurs tubes a permis de réaliser des cam-
pagnes de reconnaissance et donc de caractériser les matériaux rencontrés. Au
total 18 unités géologiques ont été identifiées et parmi elles 4 grands types de
matériaux ont été distingués. Une extrapolation a été faite afin de localiser ces
différentes unités dans les deux tubes. Malgré les campagnes de reconnaissances
des incertitudes ont persisté, notamment sur la localisation des unités géol o-
giques dans les deux tubes et sur les paramètres des terrains rencontrés. Il a donc
été décider d’adapter le soutènement en fonction des conditions rencontrées.
Pour répondre à cet objectif un programme d’auscultations a été prévu. Ces au s-
cultations alimentent une base de données permettant de décider d’une adapta-
tion du profil de soutènement et de creusement au cours des travaux.

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

Chapitre 5 : Analyse des mesures


effectuées

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

1. Introduction ................................................................................................... 103


2. Les sections retenues pour analyse ................................................................. 103
2.1 Les critères de choix ................................................................................................. 103
2.2 Les sections retenues ................................................................................................ 103
3. Exploitation des mesures ................................................................................ 105
3.1 Tube montant ........................................................................................................... 105
3.1.1 Terrain marno-calcaire : Section M1 .................................................................. 105
3.1.2 Terrain à dominante marneuse : sections M3 ...................................................... 107
3.1.3 Terrain à dominante calcaire : section M5 .......................................................... 108
3.1.4 Terrains à dominante marnes tendres ................................................................. 109
3.2 Tube descendant ....................................................................................................... 115
3.2.1 Terrain à dominante marno-calcaire : section D1 ............................................... 115
3.2.2 Terrain à dominante marneuse ........................................................................... 116
3.2.3 Terrain à dominante de marnes tendres .............................................................. 119
4. Bilan global ................................................................................................... 116
5. Conclusions ................................................................................................... 117

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

1. Introduction
Ce chapitre présente le choix et l’analyse des sections de mesures qui peuvent
être retenues pour une exploitation plus détaillée. Tout d’abord, le choix de ces
sections est justifié. Ce choix s’appuie sur plusieurs critères. Puis, les sections
retenues sont présentées et les mesures de chacune sont analysées. Pour ces sec-
tions, six types de mesures sont disponibles : mesures de convergences, de nivel-
lement, de déplacements radiaux dans le massif, de déplacements en avant du
front de taille, de contraintes dans les cintres et de pressions totales. Enfin, un
bilan global des mesures est réalisé.

2. Les sections retenues pour analyse

2.1 Les critères de choix


De nombreuses sections ont été instrumentées par des repères de convergence et
de nivellement. Plus d’importance a été donnée aux mesures de convergence
(précision égale à  1 mm) qu’aux mesures de nivellement moins précises (pré-
cision égale à (5 mm). Cette différence de précision est due au fait qu’au cours
des mesures de nivellement, des références différentes ont été utilisées pour le
rattachement des sections de mesures.
Seule une partie des sections de convergence et de nivellement a été retenue
pour une exploitation détaillée. Le choix des sections de convergence et de ni-
vellement à retenir s’est fait en fonction des critères suivants :
 Mesures cohérentes : pas de saut inexpliqué à un instant donné sur les
mesures de convergence principalement.
 Valeurs de convergence non négligeables (supérieure à l’ordre de gran-
deur de l’erreur de mesure). La distance au front lors de la mesure ori-
gine doit être suffisamment faible pour ne pas perdre trop d’informations
ou bien les valeurs mesurées doivent rester significatives malgré une dis-
tance importante. Les justifications relatives au choix des sections de
convergence et de nivellement sont reportées en annexe 7.

2.2 Les sections retenues


Finalement, compte tenu des critères de choix, 6 sections de mesure sont rete-
nues dans le tube montant et 4 dans le tube descendant. Elles sont numérotées
M1 à M6 dans le tube montant et D1 à D4 dans l’autre tube. Lorsque plusieurs
sections présentant le même profil de soutènement pouvaient être retenues au
sein d’une même unité, seule la plus pertinente a été choisie afin de limiter le
nombre de sections à étudier. Les caractéristiques des sections retenues sont pré-
sentées dans le Tableau 1. Le PM, l’unité géologique (U), le profil type, la dis-

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

tance au front lors de la mesure origine (D front), la hauteur de couverture (H), le


type de terrain et les mesures disponibles et exploitables sont reportés.
Dans le tube montant, deux sections étudiées sont dans les terrains marno-
calcaire. Deux autres se trouvent dans des unités marneuses. Une est localisée
dans une unité calcaire et la dernière se situe dans les marnes tendres, à proximi-
té de la tête Vallon, donc dans les terrains les plus médiocres. Au moins une sec-
tion de mesure a été retenue dans chaque type de terrain. Pour la description du
profil de soutènement associé à chaque section le lecteur est invité à se reporter
au chapitre 4.

Tableau 1 – Caractéristiques des sections retenues

PM N° U Profil Dfront H Terrain Mesures


(m) (m)
23.4 M1 U1 P2 1.3 25 Marno- Convergence
pas 1.75 m calcaire nivellement
194.5 M2 U5 P2bis 3.5 108 Marno- Convergence
Tube montant

pas 3 m calcaire
373 M3 U11 P2bis 10 99 Marne Convergence
pas 3.5 m
480 M4 U16 P2 pas 2 m 3 29 Marne Convergence
483 M5 U17 P2 pas 2 m 4 29 Calcaire Convergence
506.5 M6 U18 P4 3.5 17 Marne Convergence
pas 1.5 m tendre nivellement
9.75 D1 U1 P2 3.05 22 Marno- Convergence
Tube descendant

pas 1.5 m calcaire nivellement


457 D2 U15 P2bis 13 40 Marne Convergence
pas 4 m nivellement
510.3 D3 U18 P4bis 1.3 15 Marne Convergence
pas 1 m tendre nivellement
493.8 D4 U18 P4 3.84 22 Marne Convergence
pas 1.25 m tendre nivellement

Dans le tube descendant, une section est retenue dans les terrains marno-calcaire
et dans les marnes et deux dans les marnes tendres. Aucune section n’est retenue
dans les calcaires. Au niveau de la section D3, le creusement et le soutènement
étant complexe, l’exploitation des mesures s’avère plus difficile. La hauteur de
couverture rencontrée est de 15 m. Au niveau des sections M6 et D4, le phasage
de réalisation est moins complexe.
Les mesures de nivellement ne sont exploitables que pour les sections M1, M6,
D1, D2, D3 et D4.

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3. Exploitation des mesures


Après avoir présenté l’ensemble des sections de mesures de convergences et de
nivellement qui pouvait être retenu pour une exploitation détaillée, les mesures
effectivement réalisées au niveau de ces sections sont analysées ci-après. Seule
une section est analysée par type de terrain dans chaque tube. L’analyse des
autres sections et une analyse plus détaillée des sections sont présentées en an-
nexe 8. Les sections instrumentées avec d’autres types de dispositifs (extruso-
mètre, extensomètre …) et pour lesquelles des mesures significatives ont été ob-
tenues sont également analysée. Les hypothèses prises pour tracer la déformée
de chaque section et la déformée de chacune sont présentées en annexe 8.

3.1 Tube montant

3.1.1 Terrain marno-calcaire : Section M1


La convergence maximale est observée pour les cordes 4 et 5 (Figure 1). Elle at-
teint 30 mm. Cette convergence est plus élevée que celle prédite par les calculs
dans ce type de terrain qui était de 1 mm.

Distance au front (m)


0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
5

-5
Convergence (mm)

-10 Corde 1
Corde 2
-15 Corde 3
Corde 4
Corde 5
-20 Corde 6

-25

-30

-35

Figure 1 – Courbe de convergence et déformée à l’équilibre section M1

Les autres cordes subissent peu de déformation. La section se déforme de ma-


nière dissymétrique (Figure 1 et annexe 8). La dissymétrie observée est confir-
mée par les mesures de nivellement (Figure 2). En effet, les mouvements verti-
caux sont plus importants pour les plots 3, 4 et 5 que pour les autres. Ils
atteignent 14 mm. Cette valeur est aussi nettement supérieure à celle prédite par
les calculs. Le piédroit situé du côté de l’autre tube subit plus de déformation
horizontale que l’autre qui montre des déplacements verticaux plus grands. Une
dissymétrie est également visible au niveau de la section M2 (cf. annexe 8).
Les dissymétries observées peuvent être expliquées par une géologie hétérogène,
par le pendage des bancs qui est plus important du côté le plus proche de l’autre
tube ou encore par la présence de la galerie de reconnaissance.

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Distance au front (m)


0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
2

-2
Nivellement (mm)

-4

-6

-8

-10

-12 1 2
3 4
5
-14

Figure 2 – Courbe de nivellement section M1

L’équilibre est atteint tardivement, à une distance du front de taille de plus de


150 m environ soit environ 23R. Or, à une distance de 4R en arrière du front, le
creusement n’a normalement plus d’influence sur les mesures de convergence.
Donc la stabilisation tardive des mesures peut sans doute être expliquée par le
fluage du matériau. D’ailleurs, le fluage est visible lorsque le front est a rrêté.
Bien que les sections M1 et M2 soient situées dans le même type de matériau,
l’amplitude de leur déformation est différente. Cela peut être expliqué par la di s-
tance au front plus importante lors de la mesure origine dans la section M2 et
par le levé de front de cette section qui présente moins de fractures que celui de
la section M1 (Figure 3 et annexe 8).
L’analyse des deux sections M1 et M2 est détaillée en annexe 8.

Figure 3 – Levé de front au niveau de la section M1

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3.1.2 Terrain à dominante marneuse : sections M3


Les convergences maximales obtenues avant l’arrêt du front sont de l’ordre de 5
mm. Elles sont enregistrées par les cordes 2 et 3 (Figure 4). Une déformation
dissymétrique est aussi enregistrée dans la section M4 (annexe 8). Cette dissy-
métrie ne peut pas être confirmée par les mesures de nivellement car celles -ci
sont inexploitables. La géologie parfaitement homogène (Figure 5) ne peut pas
expliquer la dissymétrie constatée dans la section M3.
Les convergences maximales relativement faibles peuvent s’expliquer par des
distances au front élevées lors de la mesure origine.

Distance au front (m)


0 20 40 60 80 100 120
1

-1
convergence (mm)

-2

-3

Corde 1
-4 Corde 2
Corde 3
-5 Corde 4
Corde 5
Corde 6
-6

Figure 4 – Courbe de convergence et déformée à l’équilibre section M3

Les mesures sont stabilisées à 50 m du front soit à 7.5R, sauf pour les cordes 4
et 6. Quand le front se situe à une distance de 8R, les mesures varient légère-
ment autour d’une valeur moyenne sauf pour les cordes 4 et 6 où elles conti-
nuent d’augmenter. Il en est de même après l’arrêt de l’attaque depuis la tête
Doubs (à une distance de 115 m). Ces variations sont de l’ordre de l’erreur de
mesure, égale à 1 mm.

Figure 5 – Levé de front au niveau de la section M3

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3.1.3 Terrain à dominante calcaire : section M5


Cette section se situe dans une unité calcaire, U17. Le levé de front présenté en
Figure 6 montre tout de même la présence de marnes compactes en partie basse.

Figure 6 – Levé de front au niveau de la section M5

L’unité 17, de longueur 6 m, se trouve enchâssée entre deux unités marneuses.


Les marnes commencent donc à apparaître au niveau du radier. Aucune mesure
n’ayant été faite avant l’arrêt du creusement depuis l’attaque du coté de la tête
Doubs, les mesures sont présentées en fonction de la date et il est impo ssible de
caractériser l’influence de la distance du front sur les convergences de cette se c-
tion. La convergence est maximale pour la corde 5 (Figure 7). Elle atteint 4.5
mm.

Date
01/04/06 21/04/06 11/05/06 31/05/06 20/06/06 10/07/06 30/07/06 19/08/06 08/09/06
4

2
convergence (mm)

-1

-2
Corde 1
-3 Corde 2
Début de
l' attaque tête Corde 3
-4 Vallon
Corde 4
Percement Corde 5
14/04/06
10/05/06 Corde 6
-5

Figure 7 – Courbe de convergence section M5 en fonction de la date et déformée le


13/06/06

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

Les autres cordes semblent se déformer beaucoup moins, mais des erreurs de
mesures apparaissent pour les cordes 4 et 6. Il est donc impossible de conclure
sur la déformation de la section. De plus, les mesures de tassement étant inex-
ploitables, aucune information supplémentaire n’est disponible.
Avant le début de l'attaque côté Vallon, une convergence de 1 mm est relevée
pour les cordes 4 et 6. Après le creusement depuis l’autre attaque et après le pe r-
cement, les mesures continuent d'évoluer. Donc, bien que les calcaires soient
plus résistants que les marnes, cette section est influencée par le creusement d e-
puis l’autre attaque et par les phases de construction (forage des boulons de
front et de la voûte parapluie, percement du tube), comme pour la section M4 s i-
tuée dans les marnes. Cela peut s’expliquer par la faible longueur de cette unité.

3.1.4 Terrains à dominante marnes tendres

3.1.4.1 Mesures de convergence et de nivellement : section M6


Cette section est située dans les terrains les plus critiques. Les mesures de con-
vergence (Figure 8) et de nivellement (Figure 9) sont stabilisées à 10 m du front
soit à 1.5 R.

Distance au front (m)


0 -2 -4 -6 -8 -10 -12 -14 -16 -18 -20
2

0
convergence (mm)

-2

-4

-6

-8 Corde 1
Corde 2
Corde 3
-10 Corde 4
Corde 5
Corde 6
-12

Figure 8 – Courbe de convergence section M6 en fonction de la distance au front et dé-


formée à d=15 m

La convergence est maximale pour les cordes 4 et 5 et atteint 8 mm avant le pe r-


cement et 9 mm après (Figure 10). La section semble donc se déformer de ma-
nière dissymétrique. Le nivellement maximum est enregistré au niveau du plot 3
et vaut 6 mm avant le percement et 8 mm après. Un plan synoptique résumant la
géologie rencontrée entre les PM 500 et 511 est présenté en annexe 9. Le
03/08/06, les valeurs mesurées paraissent erronées pour toutes les cordes. En ef-
fet, d'après les mesures, une augmentation de convergence semble se réamorcer,

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

or le percement a eu lieu depuis deux mois et demi. Cette augmentation se r e-


trouve aussi au niveau de l’évolution des tassements (annexe 8).

Distance au front (m)


0 -2 -4 -6 -8 -10 -12 -14 -16 -18
1

-1
Nivellement (mm)

-2

-3

-4

-5 1 2

3 4
-6
5
-7

Figure 9 – Courbe de nivellement section M6 en fonction de la distance au front

Date
25/04/06 15/05/06 04/06/06 24/06/06 14/07/06 03/08/06 23/08/06
2

0
convergence (mm)

-2

-4

-6 Corde 1
Corde 2
Corde 3
-8 Corde 4
Corde 5
Corde 6
-10
Percement
10/05/06
-12

Figure 10 – Courbe de convergence section M6 en fonction de la date

Bien que cette section soit située dans les terrains les plus tendres, les mesures
sont plus faibles que celles obtenues dans l’unité 1 marno-calcaire. De plus,
celles-ci sont stabilisées à une distance du front bien inférieure. Il semble donc
que le dispositif de soutènement et de présoutènement complexe installé dans
ces matériaux contribue à limiter les déplacements et à assurer la stabilisation
des mesures plus rapidement, notamment par la fermeture de la section avec un
radier. Par contre, comme le dispositif mis en place est plus rigide, les con-
traintes dans la structure doivent être plus importantes. Les extensomètres à

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

cordes vibrantes disposés à l’intrados et à l’extrados d’un cintre permettront de


vérifier que les sollicitations du cintre restent inférieures à la valeur admissible.

3.1.4.2 Mesures de déplacements dans le massif (PM495)


Seule les mesures issues de l’extensomètre 4, placé en piédroit gauche, du côté
de l’autre tube dans l’unité 18 (PM 495), unité marneuse, sont exploitables. En
effet, les mesures issues de l’extensomètre 5 placé en clé de voûte présentent des
évolutions non cohérentes et celles issues de l’extensomètre 6 sont très faibles.
En effet, ce dernier se trouve dans les calcaires. Un plan synoptique résumant la
géologie rencontrée entre les PM 475 et 500 est présenté en annexe 9. Il montre
que la géologie rencontrée est composé en majorité de marnes avec une partie
calcaire en piédroit droit.
Le dernier plot, situé à 12 mètres de profondeur dans le massif, est supposé en
dehors de la zone d’influence du creusement. Cette hypothèse peut être faite
puisque la zone de décompression dans le massif s’étend très rarement à une di s-
tance supérieure à un diamètre autour de la paroi du tunnel. Les déplacements de
chaque plot sont calculés en supposant que le dernier est fixe.
L’évolution des déplacements enregistrés à 0, 1, 2, 6 et 8 m de profondeur dans
le massif par rapport à la tête de l’extensomètre est présentée en Figure 11. Les
principales phases de construction sont reportées. La valeur maximale est obte-
nue à la paroi. Elle est très faible avant le percement (2 mm) et continue
d’augmenter après jusqu’à 6 mm.

Date
06/05/06 16/05/06 26/05/06 05/06/06 15/06/06 25/06/06 05/07/06

0
-0.5
-1 Pt 5
-1.5
Déplacement (mm)

-2 Pt 4

-2.5
-3
-3.5
Pt 2
-4
-4.5
-5
-5.5 6
Pt 1
5 4
-6 3 2
1
Tête Tête
-6.5
-7

Figure 11 - Déplacements déterminés à partir des mesures brutes issues de


l’extensomètre 4 (PM 495)

Deux mois après le percement, les mesures ne semblent toujours pas stabilisées.
Entre le 9 mai et le 12 mai 2006, des incréments rapides sont visibles. Ils pe u-
vent être reliés aux phasages des travaux puisque le creusement s’est achevé
pendant cette période. En effet, le 9 mai a eu lieu le creusement pour le cintre 14

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de 5 h à 10 h. La nuit du 9 au 10 mai de 23 h à 2 h du matin a eu lieu le perc e-


ment sur une petite partie au milieu de la section. Puis a eu lieu le creusement
pour les cintres 15 et 16 et le 12 mai tôt le matin a eu lieu le forage des boulons
Swellex en piédroit. L’effet du percement sur les mesures dans ces terrains est
donc visible.
L’évolution du déplacement en profondeur dans le massif est reportée en Figure
12 à plusieurs dates. Entre le 9 et le 12 mai les déplacements augmentent suite
aux phasages des travaux puisque le percement a eu lieu. Ensuite entre le 12 mai
et le 7 juillet les déplacements continuent d’augmenter. Cette augmentation est
liée au fluage du matériau.

Distance par rapport à la tête de l'extensomètre (m)


0
0 2 4 6 8 10 12
-1

-2
Déplacement (mm)

-3

-4

-5 Le 09/05/06
Le 12/05/06
-6 Le 07/07/06

-7

Figure 12 - Evolution du déplacement dans le massif suivant l’extensomètre 4 à diffé-


rentes dates

3.1.4.3 Déformations dans le cintre au PM 495 et calcul des


sollicitations correspondantes
Les valeurs maximales sont enregistrées dans les extensomètres S2-CV3 et S2-
CV6 et atteignent 450 μm/m. Le coté du cintre situé dans les marnes se déforme
plus que l’autre coté qui est situé en grande partie dans des terrains calcaires. A
partir des déformations mesurées par une paire d’extensomètres il est possible
de calculer la contrainte maximale induite dans la section droite au niveau des
extensomètres. Par exemple, la contrainte S 5-6 est déterminée à partir de la dé-
formation des extensomètres S2-CV5 et S2-CV6. Les contraintes sont assez éle-
vées (Figure 13).
La valeur maximale est obtenue au niveau des extensomètres S2-CV5 et S2-
CV6, au niveau du rein gauche et atteint 120 MPa. Celle-ci reste tout de même
inférieure à la valeur admissible (180 MPa). Le cintre est tout de même chargé
au 2/3 de sa sollicitation admissible. On observe la même évolution que pour les
déplacements radiaux dans le massif, à savoir une évolution des mesures qui
persistent deux mois après le percement. A partir des contraintes, il est possible

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de déterminer l’effort normal (N) et le moment de flexion (M) transitant dans le


cintre (annexe 8).

Date
06/05/06 16/05/06 26/05/06 05/06/06 15/06/06 25/06/06 05/07/06 15/07/06
0

-20
Contrainte max. (Mpa)

-40
S7-8
-60

-80 S3-4

-100
S5-6
-120

-140

Figure 13 - Contraintes maximales dans le cintre calculées à partir des déformations


issues des extensomètres à corde vibrantes (PM 495)

Les mesures issues d’une paire d’extensomètres à cordes vibrantes permettent


également de tracer l’évolution de la contrainte le long de la section droite au
niveau de ces deux extensomètres à une date donnée. La Figure 14 représente
l’évolution de la contrainte maximale S 5-6 au niveau des extensomètres S2-CV5
et S2-CV6. Seule une faible partie de la section située à l’extrados du cintre est
tendue (sur 10 cm environ).

85
75
65
55
45
35 Contraintes dues à M
25 Contraintes dues à N
Contrainte 15 Contraintes résultantes
(MPa) 5
-5
-180 -150 -120 -90 -60 -30 0 30 60 90 120 150 180
-15
-25
-35
-45
-55
-65
-75
-85
position (mm)

Figure 14 –Evolution dans la section droite de la contrainte maximale relevée au ni-


veau des extensomètres S2-CV5 et S2-CV6 (PM 495)

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3.1.4.4 Mesures de contraintes à l'interface sol/soutènement (PM495)


Des résultats significatifs sont obtenus seulement pour les deux cellules S2-CP3
et S2-CP8, placées en clé de voûte et en radier. La valeur mesurée en clé de
voûte atteint près de 0.3 MPa (Figure 15). Cette valeur est proche de la con-
trainte induite par le poids des terres au niveau de la section qui est de 0.35
MPa. Cela signifie que l’effet voûte est limité. En radier, la valeur mesurée a
dépassé les 0.3 MPa mais les mesures ont tendance à fluctuer beaucoup à cause
de perturbations liées aux travaux (passage de véhicules…). Les dernières pres-
sions relevées ont tendance à diminuer.

Date
03/05/06 13/05/06 23/05/06 02/06/06 12/06/06 22/06/06 02/07/06 12/07/06
0.40

0.35
S2-CP8
0.30
Pression (MPa)

0.25
S2-CP3
0.20

0.15

0.10
S2-CP6
0.05

0.00 S2-CP2
-0.05

-0.10

Figure 15 - Evolution des pressions totales mesurées (PM 495)

3.1.4.5 Mesures de déplacements dans le massif en avant du front de


taille
La Figure 16 présente l’évolution de l’extrusion en fonction de la profondeur
dans le massif pour différentes positions du front de taille. La longueur restante
de l’extrusomètre est indiquée pour chaque mesure. L’extrusion mesurée atteint
2.5 cm soit une déformation u/R de l’ordre de 0.4 % avec un rayon égal à 6.8 m.
80% de cette extrusion est obtenue dans les 5 premiers mètres soit à une distance
inférieure à un rayon. La Figure 17 présente l’évolution de l’extrusion en fonc-
tion du PM pour différentes positions du front de taille.
Lorsque le front est situé au PM 499 ou 502, celui-ci est proche du point
d’ancrage de l’extrusomètre, situé au PM 493, et dans ce cas celui-ci ne peut
plus être considéré comme fixe. Il manque une partie de l’extrusion qui ne peut
être mesurée compte tenu de la longueur limitée restante de l’extrusomètre. Pour
connaître la réponse du terrain avec l’avancement du front, des mesures
d’extrusion devraient être effectuées à chaque pas de creusement, ce qui n’a pas
été le cas dans le tube montant. L’exploitation de ces mesures est donc réduite.
Le rayon d’influence du front ne peut pas être déterminé.

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Distance au front (m) Front de taille PM (m)


14 12 10 8 6 4 2 0 -2 511 509 507 505 503 501 499 497 495 493 491
5 0

0
-5

Extrusion Uy (mm)

Extrusion Uy (mm)
-5
Uy
Uy -10
-10

-15
Avancement
-15
Longueur extruso. Longueur extruso.
508 at PM 50815 m -20
Face 508 at PM 508
Face 15 m
Face at PM 50613 m
506
506 13 m -20
-25 Face at PM 506
502 at PM 502 9 m
Face
502 at PM 5029 m
Face
499 at PM 499 6 m
Face
-30 499 at PM 4996 m
Face
-25

Figure 16 – Evolution de l’extrusion en Figure 17 - Evolution de l’extrusion en


fonction de la profondeur dans le mas- fonction du PM pour différentes posi-
sif pour différentes positions du front tions du front de taille
de taille

3.2 Tube descendant

3.2.1 Terrain à dominante marno-calcaire : section D1


La convergence maximale obtenue est de l’ordre de 9 mm (Figure 18).

Distance au front (m)


0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
6

2
convergence (mm)

-2

-4

-6
Corde 1
Corde 2
-8 Corde 3
Corde 4
Corde 5
-10 Corde 6

Figure 18 – Courbe de convergence section D1 et déformée à l’équilibre

Ce sont les cordes 3 et 4 qui se déforment le plus. Les piédroits semblent donc
soumis à d’importants déplacements. La corde 1 se raccourcit alors que la corde
2 s’allonge faiblement. De même, la corde 5 se raccourcit alors que la corde 6
s’allonge faiblement.
Une dissymétrie est donc présente au niveau des piédroits. Elle est confirmée
par les mesures de nivellement (Figure 19). En effet, les plots 4 et 5 tassent
beaucoup plus que les plots 1 et 2. La clé de voûte ne tasse pas. Les valeurs me-
surées sont très faibles par comparaison à celles obtenues dans le tube montant

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dans le même type de terrain. Celui-ci semble donc de meilleure qualité. Il est
moins fracturé (Figure 20).

Distance au front (m)


0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
3

1
Nivellement (mm)

-1

-2

-3
1 2
-4 3 4
5
-5

Figure 19 – Courbe de nivellement section D1

Figure 20 – Levé de front section D1

3.2.2 Terrain à dominante marneuse

3.2.2.1 Mesures de convergences et de nivellement : section D2


La convergence maximale est de l’ordre de 12 mm avant l’arrêt de l’excavation
le 17/03/06 (Figure 21). Elle est aussi obtenue pour la corde 4 comme au niveau
de la section D1 et comme dans la section marneuse M4 du tube montant. Les
mesures de nivellement (Figure 22) montrent une déformation dissymétrique de
la section comme dans les marnes du tube montant.

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Distance au front (m)


0 5 10 15 20 25 30 35
2

-2
convergence (mm)

-4

-6

-8

-10
Corde 1
-12 Corde 2
Corde 3
-14 Corde 4
Corde 5
Corde 6
-16

Figure 21 – Courbe de convergence section D2 en fonction de la distance au front et


déformée avant l’arrêt du creusement

Distance au front (m)


0 5 10 15 20 25 30 35
5

0
Nivellement (mm)

-5

-10

-15
1 2
3 4
5
-20

Figure 22 – Courbe de nivellement section D2 en fonction de la distance au front

Le tassement maximal est enregistré au niveau des plots 3 et 2. Il atteint 15 mm


avant l’arrêt de l’excavation depuis la tête Doubs et presque 20 mm après. Le
plot 1 tasse plus que le plot 5 donc le piédroit gauche se déforme plus que le
piédroit droit contrairement à la section D1. Ici, la dissymétrie constatée ne peut
pas être expliquée par la géologie car celle-ci est parfaitement symétrique par
rapport à l’axe vertical de la section (Figure 23).
Les mesures de convergence sont stabilisées à partir d’une distance au front de
25 m soit 3.5R. Elles sont donc stabilisées avant l’arrêt de l’excavation depuis
l’attaque Doubs.
Après l’arrêt de l’excavation, les convergences augmentent à nouveau pour at-
teindre 15 mm. Cette augmentation peut être due à des perturbations induites par

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des phases de construction (forage des boulons au front et de la première voûte


parapluie…). Peu de mesures ont été effectuées pour les cordes 2 et 3. Le plot 4
n’a en effet plus été visé après quelques mètres d’excavation. Après le début de
l’excavation depuis l’attaque Vallon qui a débutée début mai 2006, les conver-
gences n’augmentent plus. Donc, le creusement depuis l’autre tête n’a pas
d’influence sur les mesures de convergence de cette section, contrairement à ce
qui a été observé dans l’autre tube dans ce type de terrain. Au niveau des tasse-
ments, il n’est pas possible de dire si le creusement en contre attaque a une in-
fluence sur ceux-ci. En effet, après le début du creusement depuis l’attaque Val-
lon, les mesures de nivellement présentent des sauts importants.

Figure 23 – Levé de front section D2

3.2.2.2 Mesures de déplacements dans le massif : PM 325


Des mesures de déplacements radiaux ont été réalisées dans l’unité marneuse
(Figure 24).

Distance par rapport à la tête de l'extensomètre (m)


0 2 4 6 8 10 12
0

-0.2

-0.4
Déplacement (mm)

-0.6

-0.8

-1

-1.2 extenso 1 (5/5/06)


-1.4 extenso 2 (5/5/06)

-1.6 extenso 3 (5/5/06)


extenso 1 (15/4/06)
-1.8

-2

Figure 24 - Evolution du déplacement dans le massif suivant les trois extensomètres de


forage

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Les valeurs enregistrées ne peuvent pas être directement comparées aux mesures
de convergences car les deux sections instrumentées aux PM 317 et 330 présen-
tent des mesures incohérentes. Elles peuvent toutefois être comparées aux me-
sures réalisées dans les marnes. Les déplacements mesurés sont faibles par rap-
port aux convergences. Ils restent inférieurs à 2 mm. La mesure origine a eut
lieu à une distance au front élevée, égale à 4 m. Une partie des déplacements en-
gendrés par le creusement n’a donc pas été mesurée. L’évolution du déplace-
ment mesuré en profondeur dans le massif au niveau des trois extensomètres et à
une date donnée est reportée en Figure 24. L’évolution est similaire au niveau
des deux piédroits. Par contre, au niveau de la clé de voûte, elle est légèrement
différente. Pour l’extensomètre 1, l’évolution en profondeur des déplacements
est reportée à deux dates différentes afin de rendre compte de l’évolution dans le
temps des déplacements. Les déplacements augmentent peu entre ces deux dates
où seuls les effets différés interviennent puisque le front est très éloigné.

3.2.3 Terrain à dominante de marnes tendres

3.2.3.1 Mesures de convergence et de nivellement : sections D3 et D4


La section D3 est localisée dans les marnes tendres où le creusement a eu lieu en
section divisée. Après le creusement de la demi-section supérieure, 5 plots de
mesures ont été mis en place. Puis, après l’excavation du stross, 2 plots com-
plémentaires ont été placés au niveau des piédroits. Les arrêts de chantier sont
visibles (Figure 25 à Figure 27).

1 2
3
5 4 6
4

2
convergence (mm)

0
0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 -40 -45

-2

-4

Creusement ½ section sup. Pleine section


-6 Corde 1
Creusement ½ inf. Corde 2
Arrêt du chantier Corde 3
-8 du 31/07 au 30/08 Corde 4
Corde 5
Distance au front (m) Corde 6

Figure 25 – Courbe de convergence ½ section supérieure et déformée avant le creuse-


ment de ½ section inférieure - section D3

Dans la demi-section supérieure (Figure 25 et Figure 27), les convergences res-


tent inférieures à 7 mm et les vitesses de convergence sont faibles. La conver-
gence maximale est enregistrée pour la corde 4. Les tassements mesurés au ni-

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veau des demi-sections supérieures localisées dans les marnes tendres sont les
plus importants durant le creusement. Ils atteignent presque 25 mm bien que la
section soit fermée à la base par un button provisoire. Les plots 1, 2 et 3 tassent
plus que les autres. Une dissymétrie est donc observée. Le côté gauche situé du
côté de l’autre tube semble donc subir des déformations plus importantes.
Dans la demi-section inférieure (Figure 26), les convergences sont plus impor-
tantes. La corde 4 atteint 12 mm et sa vitesse de convergence est élevée. Les
autres cordes ne dépassent pas 7 mm. Les piédroits semblent aussi se déplacer
d’avantage que les autres plots. Les tassements enregistrés après l’excavation
complète de la section sont beaucoup plus faibles. Ils ne dépassent pas 6 mm.
Tous les plots présentent des tassements similaires. Il n’y a donc pas de défor-
mation dissymétrique au niveau de cette section.

1 2
3
5 2 6
4
Distance au front (m)
0
0 -2 -4 -6 -8 -10 -12 -14 -16 -18 -20 -22 -24 -26 -28 -30
convergence (mm)

-2

-4

-6

-8 Pleine section
Creusement ½ inf.
-10 Arrêt du chantier du
Corde 1 31/07 au 30/08
Corde 2
-12 Corde 3
Corde 4
-14 Corde 5
Corde 6

Figure 26 – Courbe de convergence ½ section inférieure et déformée à l’équilibre - sec-


tion D3
La stabilisation des mesures de convergences et de nivellement de la section D3
est obtenue lors du retour vers une excavation en pleine section. Les levés de
front réalisés au niveau de cette section sont présentés en Figure 28 et Figure 29.
La section D4 est localisée dans les marnes tendres où le creusement a eu lieu en
pleine section. Un plan synoptique résumant la géologie rencontrée entre les PM
475 et 500 est présenté en annexe 9. Elle est située intégralement dans les
marnes.
La convergence maximale est enregistrée aussi pour la corde 4 (Figure 30)
comme dans la section D3. Elle atteint 25 mm et la vitesse de convergence est
élevée malgré la distance du front lors de la mesure origine qui est de 4 m. Les
piédroits semblent donc se déplacer d’avantage que dans les autres plots puisque
les mesures concernant la corde 4 sont plus importantes.

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 120 -

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

3
Distance au front (m)
2 4

0 1 5
0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 -40 -45

-5
Nivellement (mm)

-10

-15

-20

-25 Creusement ½ section sup.


13/07/06 1 2
Creusement ½ inf. Pleine section
Arrêt du chantier du 3 4
-30 5
31/07 au 30/08

Figure 27 – Courbe de nivellement ½ section supérieure - section D3

Figure 28 – Levé de front ½ section su- Figure 29 – Levé de front ½ section in-
périeure - section D3 férieure - section D3

Les tassements pour cette section sont aussi assez élevés (Figure 31) mais ils
restent plus faibles que ceux rencontrés lors du creusement en section divisée.
Ils atteignent 14 mm. Les plots tassent de manières similaires. La section est
fermée par un radier mis en place en arrière du front de taille. La section n’est
donc pas immédiatement fermée, ce qui peut expliquer les tassements assez im-
portants.
Les mesures ne sont pas stabilisées avant le percement du tube.
Les déplacements mesurés dans les marnes tendres du tube descendant, en sec-
tion divisée et en pleine section, sont nettement plus élevés que ceux enregi strés
dans l’autre tube. Les terrains semblent donc être de qualité plus médiocre que
dans le tube montant. Ce constat est vérifié aussi au niveau des mesures de d é-
placement dans le massif en avant du front de taille (extrusion).

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 121 -

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

Distance au front (m)


0 -2 -4 -6 -8 -10 -12
5

0
convergence (mm)

-5

-10

-15

-20
Corde 1
Corde 2
Corde 3
-25 Corde 4
Corde 5
Corde 6
-30

Figure 30 – Courbe de convergence et déformée avant le percement section D4

Distance au front (m)


0.00 -2.00 -4.00 -6.00 -8.00 -10.00 -12.00
2

-2
Nivellement (mm)

-4

-6

-8

-10

-12
1 2
-14 3 4
5
-16

Figure 31 – Courbe de nivellement section D4

3.2.3.2 Mesures de déformations dans le cintre et calcul des


sollicitations correspondantes
Les extensomètres à cordes vibrantes pour lesquels la contrainte maximale est
déterminée sont les extensomètres S1-CV1 et S1-CV2. Le coté gauche du cintre
se déforme plus que l’autre coté. Cependant, la géologie est identique des deux
côtés (annexe 9). Les déformations mesurées semblent se stabiliser.
La contrainte maximale S1-2 est obtenue au niveau des extensomètres S1-CV1 et
S1-CV2 et dépasse 100 MPa (Figure 32). Le comportement est identique à celui
obtenu dans l’autre tube, cependant, la contrainte maximale est localisée au ni-
veau du piédroit gauche alors que l’autre est localisée au niveau du rein gauche.

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

Au regard de l’évolution de cette dernière dans la section droite, seule une faible
partie de la section située à l’extrados du cintre est tendue (sur 12 cm environ),
comme dans le tube montant. Dans le tube descendant, les éléments de structure
semblent moins sollicités que dans l’autre tube mais les déplacements sont plus
importants.

Date
01/09/06 06/09/06 11/09/06 16/09/06 21/09/06
0

-20
Contraintes max. (MPa)

S3-4
-40

-60
S7-8

-80
S1-2
-100

-120

Figure 32 – Contraintes dans le cintre

3.2.3.3 Mesures de déplacements dans le massif en avant du front de


taille
 Extrusomètre 1

Les Figure 33 et Figure 34 présentent les mesures d’extrusion, qui ont été réali-
sées à l’aide du premier extrusomètre, en fonction de la distance au front de
taille et du PM. Après l’apparition de désordres au mois de mai 2006 au PM
510.3, le front est resté bloqué plusieurs semaines. Quatre mesures de conver-
gences ont été réalisées pendant ce temps. Par contre, après la reprise du creu-
sement en section divisée, une seule mesure a été faite (au PM 505.3). Cette
dernière est difficilement exploitable compte tenu de la longueur restante réduite
de l’extrusomètre. La valeur maximale atteint 10 cm soit une déformation u/R de
l’ordre de 1.5 % avec un rayon égal à 6.8 m, soit 4 fois plus que pour le tube
montant (Figure 16 et Figure 17). 80 % de cette extrusion est obtenue dans les 4
premiers mètres, soit pour une profondeur inférieure à un rayon. Compte tenu du
faible nombre de mesures, la distance d’influence du front de taille ne pourra
pas non plus être déterminée.

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Distance au front (m) Front de taille


10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2

-20

Extrusion Uy(mm)
Avancement

Uy
-40

Longueur extruso. -60


PM 510.3 le 19/05/06 15 m
PM 510.3 le 22/05/06 13 m
-80
PM 510.3 le 05/06/06 9m
PM 510.3 le 21/06/06 6m
PM 505.3 le 30/06/06 5m -100

Figure 33 – Evolution de l’extrusion en fonction de la profondeur dans le massif pour


deux positions du front de taille

PM (m)
510.5 508.5 506.5 504.5 502.5 500.5
0

-20

Extrusion Uy (mm)
Uy
-40

-60
Longueur extruso.
PM 510.3 le 19/05/06 15 m
PM 510.3 le 22/05/06 13 m -80
PM 510.3 le 05/06/06 9m
PM 510.3 le 21/06/06 6m
PM 505.3 le 30/06/06 5m -100

Figure 34 – Evolution de l’extrusion en fonction du PM pour deux positions du front


de taille

 Extrusomètre 2

Les Figure 35 et Figure 36 présentent les mesures d’extrusion, qui ont été réali-
sées à l’aide du deuxième extrusomètre mis en place. Quatorze mesures
d’extrusion ont été réalisées.

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

Profondeur (m) Front de taille

0
18 17 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0
-5
Sens
Uy d'avancement
-10

Extrusion (mm)
-15

-20

-25

-30

-35
Front 1/2 sup. au PM 499.8 le 10/07/06 - L(extruso)=18 m
Front 1/2 sup. au PM 496.8 le 13/07/06 - L(extruso)=15 m -40
Front au PM 496.8 le 02/08/06 - L(extruso)=15 m
Front au PM 494.3 le 30/08/06 - L(extruso)=12.3 m -45

Figure 35 – Evolution de l’extrusion en fonction de la profondeur dans le massif pour


différentes positions du front de taille

PM (m)
500 498 496 494 492 490 488 486 484 482
0

-5

-10

Uy
-15
Extrusion (mm)
-20

-25

-30

-35
Front 1/2 sup. au PM 499.8 le 10/07/06 - L(extruso)=18 m
Front 1/2 sup. au PM 499.8 le 13/07/06 - L(extruso)=18
-40 m
Front au PM 496.8 le 02/08/06 - L(extruso)=15 m
Front au PM 494.3 le 30/08/06 - L(extruso)=12.3 m-45

Figure 36 – Evolution de l’extrusion en fonction du PM pour différentes positions du


front de taille

La première mesure a été faite lors du creusement de la ½ section supérieure.


Les quatre suivantes ont été réalisées lorsque le front de la demi-section supé-
rieure était arrêté au PM 496.8. Les quatre suivantes ont été faites après le début

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

du creusement de la demi-section inférieure puis 3 mesures ont été effectuées


après l’excavation complète de la portion creusée en section divisée (front arrêté
au PM 496.8). Finalement, seules deux mesures ont été réalisées après la reprise
du creusement en pleine section. L’extrusion mesurée atteint au maximum 4 cm,
soit une déformation u/R de l’ordre de 0.7 % avec un rayon égal à 6.8 m. Cette
valeur est similaire à celle obtenue dans l’autre tube (Figure 16 et Figure 17).
L’évolution des courbes suivant la profondeur est différente. Cela peut être e x-
pliqué par une différence de comportement du terrain ou des boulons.

4. Bilan global
A l’aide des mesures de convergences et de nivellement réalisées dans les diff é-
rentes sections retenues et des mesures plus spécifiques, le comportement global
des matériaux rencontrés a été déterminé. Pour cela, les mesures maximales de
convergence et de nivellement réalisées dans chaque type de terrain identifié ont
été calées avec la loi de Corbetta (1990) pour ramener l’ensemble des sections à
une même distance du front lors de la mesure origine. Dans les marnes tendres,
les résultats présentés sont issus des mesures où le creusement a été réalisé en
pleine section. Les valeurs maximales obtenues après recalage dans chaque type
de matériau sont répertoriées dans le Tableau 2 et le Tableau 3. Pour certaines
sections, le calage n’a pas été possible. Par exemple, c’est le cas dans les cal-
caires du tube montant où la section retenue présente des mesures à distance du
front égale.

Tableau 2 – Comparaison des convergences obtenues dans les quatre types de mat é-
riaux
Marno-calcaire Marnes Marnes tendres
C3 C4 C3 C4 C3 C4
TM 8 36 8 6.5 11 25
TD 8 11 21 24 13 55

Tableau 3 – Comparaison des tassements obtenus dans les quatre types de matériaux
Marno-calcaire Marnes Marnes tendres
Plot n° 1/5 2/4 3 1/5 2/4 3 1/5 2/4 3
TM 9 10 13 - - - 5 7 12
TD 6 4 0 24 27 29 17 16 13

Pour chaque section, la distance au front pour laquelle les mesures sont stabil i-
sées est résumée dans le Tableau 4.
Les valeurs maximales des mesures spécifiques obtenues dans les marnes
tendres sont reportées dans le Tableau 5.
Les résultats obtenus confirment que les terrains marno-calcaires dans le tube
montant sont de plus mauvaises qualités que dans l’autre tube. Ils se déforment
plus. Par contre, les marnes et les marnes tendres sont de qualité plus médiocres

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 116 -

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

dans le tube descendant. Les convergences et les tassements mesurés sont nette-
ment plus importants dans le tube descendant même si les mesures sont stabili-
sées plus près du front. La vitesse de convergence et de déplacement est donc
plus importante dans ces deux terrains dans le tube descendant. Les marnes
tendres sont très déformables (extrusion mesurée de 100 mm). Au sein de cette
unité dans le tube descendant, deux qualités de marnes tendres peuvent être clai-
rement identifiées (extrusion de 100 mm proche de la tête Vallon puis extrusion
de 40 mm plus loin dans le tube).
Les marnes tendres du tube descendant montrent plus de déformations mais le
soutènement est moins chargé que dans le tube montant (contrainte maximale de
100 MPa enregistrée dans le cintre contre 120 MPa dans l’autre tube).

Tableau 4 – Distance au front lors de la stabilisation des mesures (en mètres)


Marno- Marnes Marnes tendres
calcaire
TM 150 (23R) 50 (7.5R) 10 (1.5R)
TD 60 (9R) 25 (3.5R) > 11.5

Tableau 5 – Valeurs maximales des mesures complémentaires obtenues dans les


marnes tendres
Déplacement Contrainte Pression interface Extrusion
radial (mm) (MPa) sol/sout. (MPa) (mm)
TM 6.5 mm 120 0.3 25
TD - 100 - 100 mm ou
40 mm

5. Conclusions
Une première analyse des sections de mesure est réalisée afin de déterminer
quelles sont celles pour lesquelles des mesures valides sont disponibles. Pour ce-
la, des critères de choix ont été définis. Finalement, à l’issu de ce travail six sec-
tions de mesures de convergences et de nivellement sont retenues dans le tube
montant et quatre dans le tube descendant. Les sections retenues seront utilisées
pour tester la démarche d’application de la méthode observationnelle proposée
dans le chapitre 8.
Les sections choisies sont regroupées par types de terrain. Six de ces sections
sont localisées aux deux extrémités des tubes donc proches des têtes de tunnel.
La couverture est donc assez faible au niveau de celles-ci. Celles qui sont du cô-
té de la tête Vallon sont situées dans l’unité géologique la plus critique où un
soutènement complexe est mis en place. Ces sections nécessiteront l’emploi de
modèles numériques sophistiqués pour simuler au plus prêt le phasage. Pour les
sections situées dans les marnes tendres, des mesures plus spécifiques sont dis-
ponibles comme des mesures de contraintes dans les cintres par exemple. Par

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 117 -

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Chapitre 5 : Analyse des mesures effectuées

conséquent, dans ces matériaux, les approches d’analyse inverse devraient per-
mettre d’identifier d’avantage de paramètres mécaniques du terrain.

Partie 2 : Le projet support : le tunnel de Bois de Peu - 118 -

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Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de
l’analyse inverse

PARTIE III : OUTILS NUMERIQUES


ET ANALYSE DE LA CAPACITE
THEORIQUE DE L’ANALYSE
INVERSE

- 119 -

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Chapitre 6 : Outils numériques et modèles de simulation adoptés

Chapitre 6 : Outils numériques et


modèles de simulation adoptés

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 121 -


l’analyse inverse

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Chapitre 6 : Outils numériques et modèles de simulation adoptés

1. Introduction ................................................................................................... 123


2. Contexte et objectifs ....................................................................................... 123
3. Présentation des codes de calculs utilisés ....................................................... 123
3.1 Lois de comportement .............................................................................................. 124
3.1.1 CESAR-LCPC .................................................................................................. 124
3.1.2 FLAC ............................................................................................................... 125
3.2 Eléments de structure ............................................................................................... 126
3.3 Comparaison CESAR-LCPC / FLAC ........................................................................ 126
4. Conclusion ..................................................................................................... 127

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 122 -


l’analyse inverse

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Chapitre 6 : Outils numériques et modèles de simulation adoptés

1. Introduction
Dans ce chapitre, les outils numériques utilisés pour la modélisation géoméca-
nique du tunnel de Bois de Peu sont présentés. Après avoir précisé la probléma-
tique de l'utilisation d'un modèle numérique couplé avec un logiciel d'optimis a-
tion, les critères qui ont été retenus pour le choix de ces outils sont définis. Les
codes de calcul utilisés seront ensuite sommairement présentés avant d'aborder
les modes de simulations adoptés pour les différents profils type.

2. Contexte et objectifs
La modélisation numérique du creusement d'un tunnel est un problème com-
plexe qui nécessite de prendre en compte de nombreux aspects:
 La géométrie du massif encaissant,
 Le comportement pouvant être fortement non-linéaire des maté-
riaux rencontrés,
 Le phasage du creusement et la méthode utilisée,
 La pose d'un soutènement,
 L'utilisation d'un pré-soutènement,
 L'utilisation d'un renforcement par boulonnage.
Dans le cadre de la thèse, FLAC et CESAR-LCPC ont été utilisés. La compa-
raison de ces deux codes permettra d’expliquer pourquoi l’un a été privilégié
pour les modélisations 3D et l’autre pour la 2D.

3. Présentation des codes de calculs utilisés


CESAR-LCPC (Itech 2002) est développé par le Laboratoire Central des Ponts
et Chaussées. C'est un logiciel de modélisations numériques capable de traiter
les problèmes du génie civil en général: calcul de structure, calcul de méca-
nique des sols et des roches. Ses deux pré- et post-processeur CLEO2D et
CLEO3D permettent de réaliser des simulations bi et tri-dimensionnelles.
FLAC (Fast Lagrangian Analysis of Continua) est un logiciel développé par la
société HCItasca. C'est un outil de modélisation très utilisé dans les domaines
de la géotechnique, du génie civil et du génie minier. Deux versions distinctes
cohabitent, dédiées respectivement à la 2D (Itasca 2005) et à la 3D (Itasca
2002).
CESAR-LCPC et FLAC traitent tous les deux de problèmes de la mécanique
des milieux continus. Cependant la formulation mathématique qui est employée
pour décrire le problème puis pour le résoudre diffère, conférant à chacun ses
forces et ses faiblesses. Les deux formulations sont présentées en annexe 10.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 123 -


l’analyse inverse

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3.1 Lois de comportement

3.1.1 CESAR-LCPC
Dans les modèles réalisés avec CESAR-LCPC, trois lois de comportement dif-
férentes sont utilisées :
 une loi élastique linéaire,
 une loi élastique linéaire isotrope parfaitement plastique avec cri-
tère de rupture de Mohr-Coulomb,
 une loi élastique linéaire orthotrope parfaitement plastique avec cri-
tère de rupture de Mohr-Coulomb.
L'utilisation de ces lois est fortement liée aux matériaux simulés. Ainsi, le sou-
tènement est simulé en utilisant une loi élastique linéaire car il est supposé qu'il
ne sera pas soumis à de la plasticité. La loi de Hooke stipule que la déformation
d'un matériau est directement liée à son état de contrainte par une relation li-
néaire.
Les différentes zones de sol sont représentées par une loi de comportement
élastique linéaire isotrope parfaitement plastique avec un critère de rupture de
type Mohr-Coulomb pour que de la plasticité se développe dans le massif de
sol durant l'excavation du tunnel. Il y a sans doute une anisotropie à modéliser
mais elle ne sera pas représentée dans cette étude car les données disponibles
sont insuffisantes pour l’apprécier. Dans le cadre de l’analyse inverse, cela
ajouterait des paramètres supplémentaires à identifier (direction de
l’anisotropie,…).
Par rapport, à la loi de comportement élastique linéaire, un critère de plasticité
est donc ajouté. L'état de déformation du matériau sera donc la somme de la dé-
formation élastique, déterminée à partir de la loi de comportement précédente,
et de la déformation plastique, conditionnée par le critère de plasticité. Pour c e-
la, l'espace des contraintes est divisé en deux parties par une surface de charge.
L'intérieur de la surface de charge définit un état correspondant à des déforma-
tions élastiques (donc réversibles). Tandis que la surface de charge en elle-
même correspond à l'apparition de déformations irréversibles, donc plastiques.
La surface de charge est définie par la fonction de charge f(σij,λec,Ai ), avec σ ij le
tenseur des contraintes, λec un paramètre d'écrouissage isotrope et A i un para-
mètre d'écrouissage cinématique.
Trois cas de figures sont alors possibles :
 f<0 : domaine élastique,
 f=0 : on atteint le domaine plastique, les déformations élastiques
peuvent alors être éventuellement accompagnées de déformations
plastiques,
 f>0 : impossible en élastoplasticité.
L'incrément de déformations plastiques qui apparaît lorsque le critère de plast i-
cité est atteint dépend d'une fonction dénommée potentiel plastique g(σij ). De
manière générale, on a g = f + constante. On a une loi associée lorsque f et g
sont confondues.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 124 -


l’analyse inverse

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Le critère de rupture adopté est celui de Mohr-Coulomb. Il est présenté en an-


nexe 10.
La loi élastique linéaire parfaitement plastique à critère de rupture de Mohr-
Coulomb présente certaines limites et ne permet pas de représenter tous les
comportements :
 pas d'anisotropie initiale du matériau dû à l'histoire des sollicita-
tions,
 pas d'écrouissage avant rupture,
 pas de variation du module élastique en fonction de l'état de con-
traintes,
 mauvaise restitution des sollicitations qui occasionne une rotation
des directions principales, notamment dans le cas du creusement de
tunnels.
Ce modèle, qui représente une simplification importante de la réalité du com-
portement des sols, a été choisi car seuls deux paramètres, l'angle de frottement
φ et la cohésion c sont nécessaires pour déterminer le critère de plasticité. De-
vant la complexité rencontrée pour simuler numériquement le creusement d’un
tunnel, il faut essayer de ne pas augmenter cette complexité en adoptant un
modèle de comportement assez simple et classiquement utilisé en pratique. De
plus, les paramètres de ce critère peuvent être déduits directement des essais
couramment réalisés mécaniques des sols, à savoir les essais de cisaillement.
Le critère de rupture de Mohr-Coulomb, permettant de représenter de façon très
simplifiée le comportement d’un sol, est apparu suffisant dans le cadre de
l’analyse inverse où beaucoup de paramètres sont déjà à identifier et où le
temps de calcul augmente avec la complexité des modèles de comportement
adopté.
L’adoption d’un modèle de comportement relativement simple permet de ne
pas entrer dans un degré de complexité trop élevé dans un premier temps afin
de tester déjà l’analyse inverse dans un cas simple. L’étude d’un modèle plus
complexe pourra être envisagé après avoir validé et appliqué à un cas réel la
procédure d’analyse inverse avec un modèle simple.
La loi élastique linéaire orthotrope parfaitement plastique avec critère de rup-
ture de Mohr-Coulomb est utilisée pour représenter le comportement des zones
de sol qui seront renforcées par la voûte parapluie, celle-ci introduisant une
raideur bien plus importante dans le sens longitudinal que dans le sens tran s-
versal du fait de l'absence de liaisonnements entre les éléments dans cette di-
rection.
Cette loi est très proche de la précédente, si ce n'est l'abandon de l'hypothèse
contraignante d'isotropie au profit de l'orthotropie qui correspond mieux au
comportement réel du matériau modélisé.

3.1.2 FLAC
La loi de comportement élastique linéaire parfaitement plastique avec critère de
rupture de Mohr-Coulomb est utilisée, à l'instar de CESAR-LCPC. Le besoin
d'un autre modèle rhéologique n'est pas apparu grâce au bon fonctionnement de

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 125 -


l’analyse inverse

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la prise en compte des éléments de structure dans FLAC pour représenter les
différentes parties du pré-soutènement et du soutènement.

3.2 Eléments de structure


L'utilisation d'éléments de structure au sein de CESAR-LCPC s'est heurtée à un
certain nombre de problèmes. L'utilisation d'éléments barres en 3D pour repré-
senter le boulonnage au front s'est révélée infructueuse. En 2D, les boulons et
la voûte parapluie sont simulés par des zones de sol renforcées. De même, le
soutènement des parois et le radier sont modélisés par des zones de sol renfor-
cées.
Au sein de FLAC, en 3D, trois types d'éléments de structure différents sont uti-
lisés (Itasca 2002). Il s'agit des :
 éléments « cable » (barre), pour la modélisation des boulons en
prenant en compte une loi de frottement entre le sol et le boulon;
 éléments « beam » (poutre), pour la modélisation de la voûte para-
pluie;
 éléments « shell » (coque), pour simuler la mise en place du soutè-
nement en paroi et en radier.
Flac n’a pas été utilisé pour réaliser des modèles 2D.
D'autres éléments de structure sont proposés dans ces deux codes de calcul. Le
fonctionnement théorique des éléments utilisés est présenté en annexe 10.

3.3 Comparaison CESAR-LCPC / FLAC


Ces deux logiciels proposent des approches assez différentes. Les outils de dis-
crétisation et de résolution du problème algébrique sont différents, introduisant
ainsi des avantages et des inconvénients à utiliser l'un ou l'autre.
FLAC se distingue par un temps de calcul, à modèle "équivalent" (modèle
équivalent signifie un modèle qui conduit à des résultats semblables) plus
faible que CESAR-LCPC (Lambert 2001) présentant ainsi un intérêt important
dans le cas d'un processus d'analyse inverse nécessitant de réaliser quelques d i-
zaines de simulations et surtout dans le cas de modèles 3D. Il s'est révélé par
ailleurs plus aisé à interfacer avec les codes d'optimisation grâce à son macro-
language FISH intégré qui permet de réaliser très aisément des modèles para-
métrés. De plus, lors de la nécessité d’utilisation d’éléments d’interface ou
d’éléments structurels, comme c'est le cas pour le tunnel de Bois de Peu, le lo-
giciel de calcul FLAC s’est avéré plus efficace.
Mais, il est vrai que CESAR-LCPC présente une ergonomie supérieure par
l'emploi des outils CLEO2D et CLEO3D qui réalisent le pré et post-traitement
du problème. Toutefois, leur utilisation pour élaborer le modèle ou pour regar-
der les résultats demande beaucoup de puissance.
Finalement, compte tenu des inconvénients présentés par CESAR-LCPC pour
les modélisations tridimensionnelles (temps de calcul supérieur, mémoire né-
cessaire importante, problèmes avec les éléments de structure, pas de macro-

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 126 -


l’analyse inverse

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Chapitre 6 : Outils numériques et modèles de simulation adoptés

langage pour programmer des modèles paramétrés…), FLAC a été retenu pour
celles-ci. Sans modèles paramétrés il est nécessaire de refaire à chaque fois le
modèle avec le pré-processeur de CESAR-LCPC ou de modifier beaucoup
d’éléments dans le fichier de données créé pour étudier plusieurs géométries de
tunnels. Alors que dans FLAC, il suffit de réaliser un modèle paramétré et de
modifier la valeur numérique des paramètres.
Pour les modélisations bidimensionnelles du creusement d’un tunnel, CESAR-
LCPC est choisi car les éléments de structure sont modélisés en 2D par des
zones renforcées. Aucun élément de structure n’est utilisé. De plus, les modèles
étant bidimensionnels, les temps de calcul étant plus réduits qu’en 3D, la mé-
moire nécessaire étant moins importante et un certain nombre de modèles étant
déjà disponibles, il est apparut pertinent d’utiliser CESAR-LCPC pour toutes
les modélisations bidimensionnelles du tunnel.

4. Conclusion
La modélisation numérique d’un ouvrage, réalisée à l’aide d’un code de calcul
aux différences finies ou aux éléments finis, est nécessairement une approche
plus ou moins simplifiée de la réalité.
Dans le cadre de l’analyse inverse, le degré de complexité du modèle de com-
portement a été réduit au maximum afin de limiter le nombre de paramètres à
identifier. Ainsi, un modèle de comportement simplifié a été adopté pour simu-
ler le sol, modèle élastique linéaire avec un critère de rupture de Mohr-
Coulomb, tout en étant conscient que ce choix est critiquable. Mais, dans un
premier temps, pour tester l’analyse inverse, ce niveau de complexité est appa-
ru suffisant compte tenu du fait que l’ouvrage souterrain est considéré dans son
intégralité. L’adoption d’un modèle plus complexe ne pouvant se faire qu’après
avoir validé et appliqué la procédure d’analyse inverse avec un modèle plus
simple.

Deux codes de calculs : CESAR-LCPC et FLAC ont été retenus. Ils présentent
tous deux des avantages et des inconvénients. Pour les modèles tridimension-
nels, l’utilisation de FLAC est apparue plus pertinente alors que pour les modé-
lisations bidimensionnelles, le code CESAR-LCPC qui a été testé par ailleurs
sur de tels modèles, a été retenu.

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l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

Chapitre 7 : Capacité théorique de


l’analyse inverse à identifier les
paramètres mécaniques des sols

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l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

1. Démarche 131
2. Résultats obtenus sur les essais triaxiaux et pressiométriques 132
2.1 Essais triaxiaux 133
2.1.1 Présentation de l’essai 133
2.1.2 Résultats de la validation 134
2.1.3 Application à des essais de laboratoire réels 137
2.2 Essais pressiométriques 138
2.2.1 Présentation de l’essai 138
2.2.2 Résultats de la validation 139
2.2.3 Applications à des essais in situ 142
2.3 Bilan 143
3. Modélisation du creusement d’un tunnel 144
3.1 Prédictions des résultats obtenus par analyse inverse à partir des principes de la
méthode convergence confinement 145
3.1.1 En élasticité linéaire 146
3.1.2 En élastoplasticité 148
3.2 Paramètres 149
3.3 Creusement en conditions axisymétriques 150
3.3.1 Présentation du modèle axisymétrique 150
3.3.2 Résultats de l’étude de sensibilité 152
3.3.3 Résultats de la validation 152
3.3.4 Prise en compte d’erreurs de mesure 158
3. 4 Creusement d’un tunnel en déformations planes 159
3.4.1 Présentation du modèle en déformations planes 159
3.4.2 Résultats de l’étude de sensibilité 161
3.4.3 Résultats de l’analyse inverse 162
3.4.4 Prise en compte d’erreurs de mesures 167
3.5 Utilisation conjointe des modèles en déformations planes et en axisymétrie 168
3.6 Bilan 169
3.6.1 En élasticité 170
3.6.2 En élastoplasticité 171
5. Conclusion 172

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des sols

1. Démarche
Dans un premier temps, la capacité de la méthode du gradient (SiDoLo) à iden-
tifier les paramètres d’un modèle de comportement est testée en présence de la
réponse d’essais comme l’essai triaxial et l’essai pressiométrique. Le contrôle
sur l’essai triaxial a pour but la vérification du bon fonctionnement du couplage
réalisé car il est possible de déterminer analytiquement tous les paramètres du
modèle à partir des courbes issues de cet essai.
Dans un second temps, la méthode du gradient ainsi que la méthode des strat é-
gies évolutives sont utilisées en présence de mesures réalisées lors du creuse-
ment d’un tunnel. Les principes de la méthode convergence-confinement sont
analysés pour prédire les paramètres qui pourront être identifiés en fonction des
mesures considérées.
Pour tester l’efficacité des méthodes d’optimisations, aucune mesure réelle
n’est utilisée. La réponse calculée numériquement par le code de calcul avec un
jeu de paramètres de référence est prise comme réponse expérimentale. C’est la
réponse numérique de référence. L’étude présentée est donc théorique. Les ré-
sultats de l’étude sont ceux qui peuvent être obtenus lorsque le modèle simule
parfaitement les conditions réelles. Avant toute tentative d’identification, une
étude de sensibilité des paramètres est réalisée afin de déterminer ceux qui in-
fluencent la réponse et qui pourront donc être identifiés. Puis, la valeur de ces
paramètres est recherchée par optimisation et à partir de plusieurs jeux de va-
leurs initiales.
Cette approche permet de s’affranchir de la capacité du modèle de comport e-
ment adopté à décrire correctement le comportement du massif de sol. Deux
modèles de comportement sont adoptés pour le sol: élastique linéaire et élas-
tique linéaire parfaitement plastique avec un critère de rupture de type Mohr-
Coulomb. Les modèles adoptés sont simples pour ne pas entrer dans un degré
de complexité trop élevé (chapitre 6 § 3.2.1).
En élastoplasticité, les paramètres de référence sont définis pour que le niveau
de déformations plastiques atteint soit suffisant. Dans le cas contraire, il serait
impossible de déterminer les deux paramètres C et φ. Ils sont choisis aussi pour
que les déformations n’atteignent pas la rupture avec les différents jeux de v a-
leurs initiales qui correspondent à une variation de 25 à 75% des paramètres de
référence. L’étude des résultats obtenus pour différentes valeurs initiales de pa-
ramètres permet de montrer l’influence de celles-ci sur les résultats de
l’optimisation.
Pour chacun des paramètres à identifier, un intervalle de variation est défini.
Celui-ci correspond aux valeurs qui sont généralement rencontrées pour chaque
paramètre pris individuellement. Pour le coefficient de Poisson, l’intervalle re-
tenu s’étend au-delà des valeurs couramment rencontrées pour les sols.
Des relations de dépendance entre les paramètres du type ψ=f(φ) auraient pu
être introduites pour limiter le nombre de paramètres à identifier. Mais, la pos-
sibilité d’identifier tous les paramètres a été préférée dans cette étude théo-

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

rique. Lors de l’utilisation l’analyse inverse sur les mesures réelles faites à
Bois de Peu, la relation ψ=f(φ) sera vérifiée.
La capacité des deux méthodes d’optimisation est testée par niveaux de com-
plexité. Tout d’abord, un paramètre est recherché avec le minimum de mesures.
Puis, le nombre de mesures augmente avec le nombre de paramètres à détermi-
ner. L’influence du nombre de mesures sur les résultats de l’optimisation est
ainsi mise en évidence.
A l’issue de l’expérience acquise suite aux différents tests réalisés sur les me-
sures disponibles lors de l’excavation d’un tunnel, des tableaux de synthèse
sont proposés. Ils permettent de classifier les mesures en fonction des attentes.
Ils constituent une aide précieuse pour la définition d’un programme
d’auscultation en phase projet. Les auscultations les mieux adaptées pour
l’identification de chaque ensemble de paramètres mécaniques sont ainsi indi-
quées.

2. Résultats obtenus sur les essais triaxiaux et pressiométriques


La méthode du gradient est couplée avec le code de calcul aux différences fi-
nies FLAC. Tout d’abord, un seul paramètre est identifié avec la simulation
d’un essai et puis, plusieurs paramètres sont identifiés simultanément avec la
simulation d’un, puis de plusieurs essais.
Le nombre maximum d’itérations est limité à 45 quand un seul essai est simulé
et qu’un seul paramètre est inconnu et à 80 en présence de deux essais ou plus.
Le modèle de comportement élastique linéaire parfaitement plastique avec un
critère de rupture de type Mohr-Coulomb est adopté pour représenter le com-
portement du sol. Si la méthode fonctionne avec le modèle élastique linéaire
parfaitement plastique, il fonctionnera aussi en élasticité linéaire.
Les paramètres de référence ainsi que les domaines de variation pour chacun
d’eux sont présentés dans le Tableau 1.
Tableau 1 – Valeurs de référence des paramètres
Référence Domaine de Unités
variation
Module d’Young E 0 80 1-1000 MPa
Coefficient de Poisson ν 0 0.3 0.15-0.45 -
Cohésion C0 0.025 0.001-1.0 MPa
Angle de frottement φ0 17 5-45 Degrés
Angle de dilatance ψ 0 0 0-45 Degrés

Les paramètres de référence correspondent aux valeurs à retrouver. Ils ont servi
à la création de la réponse numérique de référence utilisée comme réponse e x-
périmentale. Les différents jeux de valeurs initiales pour les paramètres sont
répertoriés dans le Tableau 2.

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des sols

Tableau 2 – Valeurs initiales des paramètres


Jeux E ν C φ (°) ψ (°)
(MPa) (kPa)
N°1 100 0.4 31.25 21.25 1.25
N°2 60 0.2 18.75 12.75 1.25
N°3 120 0.45 37.5 25.5 5.5
N°4 40 0.15 12.5 8.5 5.5
N°5 140 0.1 43.75 29.75 9.75
N°6 20 0.1 6.25 4.25 9.75

2.1 Essais triaxiaux

2.1.1 Présentation de l’essai


Les courbes issues d’un essai triaxial (cf. Figure 1) représentent l’évolution du
déviateur de contrainte q et de la déformation volumique εv en fonction de la
déformation axiale ε1. Le déviateur de contraintes q est égal à σ1 - σ3 où σ1 et σ3
correspondent aux contraintes principales majeures et mineures.

Figure 1 – Les courbes déduites d’un essai triaxial

En présence d’un champ de contraintes et de déformations homogènes, les pa-


ramètres du sol peuvent être directement obtenus à partir des résultats de
l’essai. Ils sont calculés à partir des équations présentées en Figure 1.

2.1.1.1 Le modèle numérique


Le problème est axisymétrique. Le champ de contraintes est homogène. Un
échantillon est simulé numériquement. Le modèle numérique réalisé est prése n-
té en Figure 2.
Le maillage comporte une seule zone. Une pression de confinement σ 3 est ap-
pliquée à l’échantillon. Elle est égale à 0.1 MPa dans le cas du premier essai et
à 0.05 MPa pour le second essai. Sur le bord supérieur du maillage, une vitesse
de déplacement V 1 est appliquée. Le bord inférieur du modèle est fixé dans la
direction verticale.

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V1

σ3

Figure 2 – Le modèle numérique de l’essai triaxial

2.1.1.2 Les variables observables


Les variables observables sont les déformations axiale ε 1 et volumique ε v de
l’échantillon ainsi que le déviateur de contrainte q. Avant de lancer le proces-
sus d’analyse inverse, compte tenu des équations présentées en Figure 1, il est
facile de déterminer les paramètres qui peuvent être identifiés en fonction de la
(ou des) courbe disponible.
Ainsi, avec la courbe q=f(ε 1), il est possible de trouver tous les paramètres in-
dividuellement sauf ν et ψ. Ces deux derniers n’influençant que l’autre courbe.
Avec la courbe εv=f(ε1), tous les paramètres peuvent être déterminés même E,
C et φ car ils interviennent dans la détermination du point d’intersection des
deux pentes. Certains couples de paramètres, comme C et φ, ne peuvent pas
être identifiés avec une seule courbe car ils sont couplés.

2.1.2 Résultats de la validation

2.1.2.1 Un essai triaxial


Le Tableau 3 présente l’ensemble des tentatives d’identification réalisées avec
la simulation d’un essai triaxial et les résultats obtenus. Pour chaque tentative,
les variables observables utilisées sont précisées. Les résultats sont conformes
aux attentes hormis pour quelques tests.
Le tableau montre que chaque paramètre peut être identifié individuellement si
la courbe choisie est la bonne. Il en est de même pour l’identification des
couples de paramètres, à l’exception du couple C et φ. Pour ce couple, la mé-
thode du gradient fourni des résultats qui dépendent de la valeur initiale des p a-
ramètres introduite. Les deux paramètres étant couplés, il existe une infinité de
couple (C ;φ) qui conduit à une réponse calculée identique à la réponse expéri-
mentale. La Figure 3 présente l’évolution de la cohésion durant le processus
d’optimisation du couple (C ;φ). Plusieurs solutions sont atteintes. Il n’y a pas
unicité de la solution.
Globalement, pour l’identification des paramètres seuls et des couples, le
nombre nécessaire d’itérations est différent selon la valeur initiale du par a-
mètre introduite et selon le paramètre recherché. Plus la valeur initiale du pa-

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ramètre introduite est éloignée de la valeur de référence et plus le nombre


d’itérations nécessaire devient important.

Tableau 3 – Tentatives d’identification réalisées avec un essai triaxial


Test Paramètres q=f(ε y) εv=f(ε y) Succès
1 E * Oui
2 C * Oui
3 φ * Oui
4 ν * Oui
5 ψ * Oui
6 E, C * Oui
7 φ, C * Non, couplés
8 E, φ * Oui
9 E, ν * Oui
10 E, ψ * Oui
11 ψ, C * Oui
12 ψ, φ * Oui
13 ψ, ν * Oui
14 φ, ν * Oui
15 E, C, ν * * Non
16 E, C, ψ * * Non
17 E, ν, ψ * * Oui
18 E, ν, φ * * Non
19 E, φ, ψ * * Non
20 C, ν, ψ * Oui
21 φ, ν, ψ * * Oui
22 E, φ * Non, couplés
23 E, C * Non, couplés

Des résultats surprenants sont obtenus lors de l’identification de quelques e n-


sembles de trois paramètres (tests 15, 16, 18 et 19). Si deux des trois para-
mètres inconnus sont E et C ou E et φ alors le processus d’optimisation fourni
une solution qui n’est pas la solution recherchée. Cette constatation est non-
conforme aux attentes. En effet, en théorie, avec les deux courbes issues d’un
essai triaxial et lorsque seulement un des deux paramètres c et φ est inconnu, il
est possible d’identifier tous les autres.
Pour identifier ces ensembles de paramètres, il convient de considérer uniq ue-
ment la partie de la courbe ou des courbes les plus intéressantes pour chaque
paramètre. Le module d’Young doit être identifié à partir de la pente de la
courbe q=f(ε1), la cohésion ou l’angle de frottement à partir du pallier présen-
tée par cette courbe et ν et ψ à partir de la première et deuxième pentes de la
courbe ε v =f(ε1).

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des sols

45
f ini=29.75°
40

35 f ini=21.25°

30

Cohésion (kPa)
Valeur de référence
25
f ini=12.75° Variations de C par rapport
20
à la valeur de référence C0 :
15 0.25C0 1.75C0
10 0.75C0 1.25C0
f ini=4.25°

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Nombre d'itérations

Figure 3 - Evolution de la cohésion durant l’optimisation du couple (C ;φ) réalisée à


partir des courbes issus d’un seul essai triaxial

2.1.2.2 Deux essais triaxiaux


Toutes les tentatives d’identification réalisées avec la simulation simultanée de
deux essais triaxiaux sont répertoriées dans le Tableau 4. Pour chacune, le ré-
sultat obtenu et les variables observables utilisées sont indiqués. Avec deux
courbes, le procédé d’identification parvient à identifier le couple (C;φ) et éga-
lement les trois paramètres E, C, φ simultanément. Le nombre maximum
d’itérations nécessaire pour l’optimisation de ces trois paramètres est égal à 42
et est atteint pour une valeur initiale des paramètres égale à -75 % de la valeur
de référence.

Tableau 4 – Tentatives d’identification réalisées avec deux essais triaxiaux


Test Paramètres q=f(ε y) εv=f(ε y) Succès
1 φ, C * Oui
2 ν, ψ * Non
3 E, C, φ * Oui
4 C, φ, ν, ψ * Oui
5 C, E, ν, ψ * Oui
6 E, φ, ν, ψ * Oui
7 E, φ, C, ν * * Non
8 E, φ, C, ψ * * Non
9 E, C, φ, ν, ψ * * Non
10 E, C, ψ * Oui
11 E, C, ν * Oui
12 E, φ, ν * Oui
13 E, φ, ψ * Oui
14 φ, C, ν * Oui
15 φ, C, ψ * Oui

Comme avec un essai, des résultats surprenants sont obtenus lors de


l’identification de quelques ensembles de plus de trois paramètres (tests 7 à 9).

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des sols

Si trois des paramètres inconnus sont E, C et φ alors le processus


d’identification échoue. Pour identifier les deux jeux (C,E,φ,ψ) et (C,E,φ,ν) ou
les cinq paramètres, deux optimisations successives doivent être lancées : l’une
avec le déviateur et la déformation axiale comme variables observables et
l’autre avec les déformations axiales et volumiques. La première permet
d’identifier E, C et φ et la seconde permet de déterminer les deux autres para-
mètres.

Pour conclure, le test du logiciel d’optimisation sur l’essai triaxial a permis de


mettre en évidence le fait que l’identification des paramètres nécessite de cibler
les parties de courbes intéressantes. Ainsi, pour identifier les cinq paramètres
du modèle de comportement avec deux essais, il est nécessaire de réaliser
l’optimisation en deux temps. Il en est de même à partir d’un essai pour
l’identification de trois paramètres dont c et φ.

2.1.3 Application à des essais de laboratoire réels


Le couplage FLAC-SiDolo testé a ensuite été appliqué à des essais réels. Les
courbes obtenues lors de la réalisation de trois essais triaxiaux sur le matériau
granulaire de Criqueboeuf-sur-Seine (Valle, 2001) à différentes pressions de
confinement (50, 100 et 150 kPa) sont utilisées. Le modèle de comportement
élastique linéaire parfaitement plastique avec un critère de rupture de Mohr
Coulomb est adopté dans la simulation. L’identification des cinq paramètres est
réalisée en deux étapes en utilisant soit uniquement deux essais (pressions de
confinement de 50 et 100 kPa) soit les trois. Dans un premier temps, les para-
mètres E, C et φ sont identifiés à partir de la courbe q=f(ε y). Dans un second
temps, les deux autres paramètres sont déterminés à partir de l’autre courbe,
εv=f(ε y) ; les trois autres paramètres étant égaux à la valeur fournie par la mé-
thode du gradient à l’issue de leurs identification à partir de la courbe q=f(ε y).
La Figure 4 présente les courbes expérimentales et numériques obtenues après
optimisation des paramètres quand les trois essais sont utilisés.
1
800 150 kPa-expérimentale
100 kPa-expérimentale
50 kPa-expérimentale 0.5
700
150 kPa-numérique
100 kPa-numérique 0
600 50 kPa-numérique
500 -0.5
q (kPa)

ev (%)

400
-1
300 150 kPa-expérimentael
-1.5 100 kPa-expérimentale
200 50 kPa-expérimentale
150 kPa-numérique
100 -2
100 kPa-numérique
0 50 kPa-numérique
-2.5
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6
ey (%)
ey (%)

Figure 4 – Comparaison entre les résultats expérimentaux et numériques calculés


avec les valeurs optimisées des paramètres lorsque les trois essais sont utilisés

La prise en compte des trois essais dans l’optimisation permet d’améliorer le


calage, la fonction erreur étant inférieure. Le Tableau 5 répertorie les valeurs
optimisées pour chaque paramètre dans les deux cas. La valeur obtenue pour la

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cohésion est de 63.2 ou 18.5 kPa selon le nombre d’essais considéré. Cette di f-
férence peut s’expliquer par l’existence d’un mauvais essais sur les trois ou par
un effet lié à la dilatance du matériau testé : effet de courbure de la droite in-
trinsèque. En effet, il s’agit d’un matériau grossier et les pressions de confin e-
ment utilisées sont relativement faibles.

Tableau 5 – Les valeurs optimisées par La méthode du gradient


Paramètres Valeurs optimisées
2 essais triaxiaux 3 essais triaxiaux
E (MPa) 71.4 70.5
C (kPa) 63.2 18.5
φ (°) 35.6 42.1
ν 0.08 0.09
ψ (°) 25.5 25.4

2.2 Essais pressiométriques


Lors d’un essai pressiométrique, le champ de contraintes et de déformations
n’est pas homogène. A partir de la courbe présentant l’évolution de la déforma-
tion de la sonde en fonction de la pression appliquée, il n’est pas possible de
déterminer directement la valeur des paramètres du modèle. Pour ce type de ré-
sultats, une technique d’optimisation présente donc beaucoup d’intérêt.

2.2.1 Présentation de l’essai

2.2.1.1 Le modèle numérique


La sonde est supposée de longueur infinie. Dans ce cas, le problème est le
même que celui de l’expansion d’une cavité dans un milieu infini. C’est un
problème axisymétrique qui peut être traité en 1D. Une tranche de sol est simu-
lée. Le modèle numérique réalisé est présenté en Figure 5.
Un incrément de pression ΔP est appliqué sur les parois de la sonde. Il induit
un déplacement radial au niveau de la sonde et dans le massif. Une paroi fictive
est située à une distance suffisamment éloignée de la sonde pour que le dépla-
cement radial de celle-ci soit négligeable. Sur cette paroi, la pression des terres
au repos P 0 est appliquée. Les dimensions géométriques choisies pour la sonde
et la tranche de sol n’ont pas d’influence sur les résultats.
Le maillage est composé de 27 zones. Les bords horizontaux du modèle sont
bloqués dans la direction verticale. La pression des terres P 0 est obtenue en
considérant un coefficient de poussée des terres au repos k 0 égal à 0.7 et une
contrainte verticale égale à 0.1 MPa pour le premier essai et à 0.15 MPa pour le
deuxième essai. Ces contraintes verticales correspondent à un premier essai
réalisé à 4.3 m de profondeur et à un deuxième essai réalisé à 6.5 m avec une
densité de 2.3.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 138 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

P0+P
P0

x
Figure 5 - Le modèle numérique de l’essai pressiométrique

2.2.1.2 Les variables observables


Les variables observables sont la déformation radiale de la sonde ε x et
l’incrément de pression appliquée ΔP. Pour calculer la valeur de ces variables
observables, FLAC 2D doit fournir le déplacement radial de la sonde et la pres-
sion radiale qui s’y applique. La courbe à caler présente l’évolution de la pre s-
sion en fonction de la déformation radiale de la sonde correspondante. Les pa-
ramètres qui influençent la courbe pressiométrique ΔP=f(ε x) ont été déterminés.
Après quelques tests, il est ressorti que les paramètres ψ et υ avaient peu
d’influence. Donc, ces deux paramètres seront difficiles à identifier.

2.2.2 Résultats de la validation

2.2.2.1 Un essai pressiométrique


La méthode du gradient parvient à identifier chaque paramètre individuelle-
ment, même ν et ψ. Elle fournit une valeur proche de la valeur de référence in-
dépendamment de la valeur initiale introduite dans le processus. Le nombre n é-
cessaire d’itérations diffère selon la valeur initiale introduite et selon le
paramètre recherché, comme pour l’essai triaxial. Le nombre maximum
d’itérations nécessaire au processus d’optimisation est aussi obtenu pour
l’identification du paramètre ψ (19 itérations). Les résultats obtenus dans le cas
de l’identification de l’angle de frottement φ sont résumés dans le Tableau 6.
Le Tableau 6 montre que pour une valeur initiale proche de la valeur de réfé-
rence peu d’itérations sont nécessaires au processus d’optimisation alors que
pour une valeur initiale plus éloignée le nombre d’itérations augmente. Ce ph é-
nomène est observé aussi avec les autres paramètres.
Après avoir réussi à identifier chaque paramètre individuellement, la capacité
de la méthode du gradient à identifier plusieurs paramètres simultanément est
testée. Le Tableau 7 résume l’ensemble des tentatives d’identification réalisées
avec la simulation d’un essai pressiométrique et les résultats obtenus.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 139 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

Tableau 6 – Résultats obtenus pour l’identification de φ avec un essai pressiomé-


trique
Valeur initiale φ Itérations Erreur relative
° - %
1.25 φ0 16.997 6
< 0.02
0.75 φ0 16.998 6
1.5 φ0 16.995 7 < 0.03
0.5 φ0 16.999 8
1.75 φ0 16.999 10 < 0.001
0.25 φ0 16.999 11

Tableau 7 – Tentatives d’identification réalisées avec un essai pressiométrique


Test Paramètres Succès
1 φ, C Non
2 E, C Oui
3 E, φ Oui
4 E, ν Non
5 E, ψ Non
6 C, ν Non
7 C, ψ Non
8 φ, ψ Non
9 φ, ν Non

Le processus d’optimisation n’est pas parvenu à identifier le couple (C;φ). Le


résultat fourni par la méthode du gradient pour ce couple dépend de la valeur
initiale des paramètres introduite. L’évolution du paramètre C durant le proce s-
sus d’optimisation du couple (C;φ) est présentée en Figure 6 pour deux des va-
leurs initiales étudiées. Pour la valeur initiale de +75% par rapport à la valeur
de référence, le processus d’optimisation converge vers une solution qui n’est
pas celle recherchée bien que la réponse calculée coïncide avec la réponse ex-
périmentale obtenue avec la valeur de référence des paramètres. La solution au
problème d’optimisation n’est pas unique dans ce cas. Comme pour l’essai
triaxial, ces deux paramètres permettent de déterminer la résistance au cisail-
lement du sol. Par conséquent, le processus d’optimisation ne parvient pas à
identifier ce couple à partir d’un seul essai.
Si le paramètre ψ ou ν est inconnu avec un autre paramètre alors le logiciel ne
parvient pas non plus à identifier le couple. Les difficultés rencontrées lors de
l’optimisation de ψ ou ν peuvent être dues au fait que ces deux paramètres
n’influencent que faiblement les variables observables.
Pour les autres couples (E;φ) et (E ;C), les valeurs optimisées sont proches des
valeurs de référence.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 140 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

45
φini=29.75°

40

35
Cohésion C (kPa)
30
Valeur de référence
25

20

15 Variations de C par rapport


à la valeur de référence C0:
10
0.25C0 1.75C0
5 φini=4.25°

0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Nombre d'itérations

Figure 6 - Evolution de la cohésion durant l’optimisation du couple (C ;φ) réalisée à


partir de la courbe issue d’un seul essai pressiométrique

Pour conclure, la méthode du gradient a la capacité d’identifier individuelle-


ment chaque paramètre du modèle de comportement adopté à partir des résul-
tats d’un essai pressiométrique. Par contre, si deux paramètres doivent être
identifiés simultanément, l’algorithme d’optimisation converge, plus ou moins
rapidement, mais vers une solution qui n’est pas toujours unique selon
l’influence des paramètres inconnus sur la courbe pressiométrique.

2.2.2.2 Deux essais pressiométriques


Tout d’abord, les couples de paramètres pour lesquels le processus
d’optimisation avait échoué à partir des résultats d’un seul essai pressiomé-
trique sont recherchés. Le Tableau 8 résume toutes les tentatives
d’identification réalisées et les résultats obtenus.

Tableau 8 – Tentatives d’identification réalisées avec deux essais pressiom étriques


Test Paramètres Succès
1 φ, C Oui
2 E, C, φ Oui
3 E, ν Non
4 E, ψ Non
5 C, ν Non
6 C, ψ Non
7 φ, ψ Non
8 φ, ν Non

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L’identification du couple (C;φ) est possible à partir des résultats issus de deux
essais pressiométriques. Pour les autres couples, les mêmes résultats que ceux
obtenus à partir d’un seul essai sont observés.
La méthode du gradient parvient aussi à identifier les trois paramètres E, C et φ
simultanément et indépendamment de leur valeur initiale introduite. Le Tableau
9 présente les résultats obtenus lors de l’optimisation de ces trois paramètres
pour les différentes valeurs initiales testées.
Même si le processus d’optimisation n’est pas toujours achevé au bout des 80
itérations permises, le jeu de paramètres fourni par La méthode du gradient est
proche du jeu de référence.

Tableau 9 - Résultats obtenus lors de l’identification des paramètres E, C et φ à pa r-


tir de deux courbes pressiométriques
Valeur initiale Valeurs optimisées Itérations
des paramètres P C (kPa) φ (°) E (MPa)
1.25P0 24.7 17.06 80.39 60
0.75P0 24.5 17.15 80.65 22
1.5P0 24.9 17.05 79.92 47
0.5P0 24.7 17.13 80.11 37
1.75P0 24.6 17.17 80.18 33
0.25P0 24.7 17.16 79.99 80

Pour conclure, les résultats fournis par deux essais pressiométriques sont pro-
metteurs car les trois paramètres E, C et φ du modèle de comportement adopté
sont identifiés. Par contre, l’angle de dilatance et le coefficient de Poisson pa-
raissent difficiles à identifier si plusieurs paramètres sont inconnus car ils in-
fluencent peu les variables observées. Dans la pratique, on fixe ces deux para-
mètres. Le coefficient de Poisson est souvent pris égal à 0.3 pour les sols et
l’angle de dilatance est estimé à partir de l’angle de frottement.
Pour améliorer les résultats obtenus à partir des essais pressiométriques, un
cycle de charge et décharge peut être simulé.

2.2.2.3 Utilisation conjointe des deux essais : triaxiaux et


pressiométriques
Les résultats issus d’un essai triaxial et d’un essai pressiométrique ne perme t-
tent pas d’identifier plus de paramètres qu’à partir des résultats issus de deux
essais triaxiaux. Les résultats fournis par le processus d’optimisation ne sont
pas améliorés en présence de deux essais différents : triaxial et pressiomé-
trique.

2.2.3 Applications à des essais in situ


Le couplage FLAC-SiDoLo testé a ensuite été appliqué au calage de paramètres
à partir d’essais pressiométriques réels. Trois essais pressiométriques réalisés
sur le matériau argileux de Saint-Herblain (Zentar, 1999) à trois niveaux de
profondeur (5, 6 et 7 m) sont utilisés. Le même modèle de comportement est

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adopté. Les résultats issus de la validation sont vérifiés. Pour cela, seuls trois
paramètres sont identifiés. Les autres sont supposés connus. La Figure 7 com-
pare les réponses expérimentales et numériques calculées avec les valeurs op-
timisées des paramètres quand deux essais sont utilisés. Le Tableau 10 résume
les valeurs optimisées fournies par La méthode du gradient lorsque deux ou
trois essais sont utilisés et montre que les valeurs trouvées sont très proches
dans les deux cas.

Tableau 10 – Les valeurs optimisées fournies par La méthode du gradient


Paramètres Valeurs optimisées
2 essais pressiométriques 3 essais pressiométriques
G (MPa) 0.77 0.73
C (kPa) 31.3 25.5
φ (°) 0 3.6

-200000

-175000

-150000
Po (Pa)

-125000

-100000
Test 1-expérimental
-75000 Test 1-numérique
Test 2-expérimental
Test 2-numérique
-50000
0 -0.1 -0.2 -0.3 -0.4 -0.5 -0.6
er

Figure 7 – Comparaison des réponses expérimentale et numérique calculée avec les


paramètres optimisés quand les trois essais sont utilisés

2.3 Bilan
En conclusion, le test de la méthode du gradient sur les essais triaxiaux et pres-
siométriques a permis de mettre en évidence la capacité de celle-ci pour
l’identification de paramètres. Cette étude a permis de déterminer les para-
mètres qui sont identifiables à partir des deux essais simulés : essais triaxiaux
et essais pressiométriques.
A partir de deux essais triaxiaux, il est possible d’identifier les cinq paramètres
du modèle de comportement. A partir de deux essais pressiométriques, il est
possible d’identifier trois de ces paramètres au maximum (E, C et φ).
Enfin l’impact d’une erreur de mesures sur les résultats de l’identification a été
regardé pour les deux essais. Les réponses expérimentales numériques ont été

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obtenues à partir des réponses précédentes mais en ajoutant une erreur de me-
sure égale à 20 % et qui suit une loi normale Gaussienne. Il ressort que le fait
d’introduire des erreurs n’a aucun impact sur les résultats fournis par la m é-
thode du gradient car les mêmes valeurs de paramètres sont identifiées.
Le couplage et la méthode du gradient ayant été validée, cette dernière ainsi
que la méthode des stratégies évolutives vont être utilisées en présence de me-
sures réalisées lors du creusement d’un tunnel. L’objectif est de déterminer les
mesures qu’il faut réaliser en travaux souterrains pour identifier les paramètres
du modèle de comportement adopté sur lesquels des incertitudes persistent.

3. Modélisation du creusement d’un tunnel


Le creusement d’un tunnel fait intervenir des phénomènes complexes. Les p a-
ramètres à identifier sont nombreux. Avant de tester les deux méthodes
d’optimisation sur la modélisation du creusement d’un tunnel, une approche
simple, la méthode convergence confinement, est utilisée pour évaluer les ré-
sultats qui seront obtenus par analyse inverse.
Il existe deux types de modélisations bidimensionnelles pour simuler le creu-
sement d’un tunnel : modélisation en conditions axisymétriques ou en déforma-
tions planes. Ces deux modélisations reposent chacune sur des hypothèses dif-
férentes et sont complémentaires. Les deux modèles sont d’abord considérés
individuellement puis ils sont utilisés conjointement.
Les deux méthodes d’optimisation sont couplées au code de calcul CESAR-
LCPC qui fourni la réponse calculée. Avant de recourir à l’analyse inverse, une
étude de sensibilité est réalisée pour mettre en évidence les paramètres qui in-
fluencent les variables observées.
L’objectif de cette étude est d’identifier les mesures nécessaires à la détermin a-
tion de chaque ensemble de paramètres parmi les mesures envisagées. Les me-
sures considérées sont celles traditionnellement réalisées en travaux souter-
rains. L’apport de mesures plus spécifiques est aussi étudié.
Tout d’abord, les résultats qui peuvent être obtenus sont prédits à partir de
l’analyse des principes de la méthode convergence confinement. Puis, les pa-
ramètres intervenant dans la modélisation du creusement d’un tunnel sont pré-
sentés. Les résultats des études de sensibilité et de l’analyse inverse réalisées
avec les deux modèles de comportement et avec les deux modèles numériques
sont ensuite indiqués. L’analyse inverse est d’abord testée successivement sur
le modèle en conditions axisymétrique et en dséformations planes. Et enfin, les
deux modèles numériques sont utilisés ensemble. Pour conclure, un bilan est
présenté et l’ensemble des résultats est récapitulé dans des tableaux de synthèse
qui constituent une aide précieuse pour la définition du programme
d’auscultation.

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3.1 Prédictions des résultats obtenus par analyse inverse à partir des
principes de la méthode convergence confinement
L’état de contrainte initial est supposé connu. Il est considéré homogène et iso-
trope dans le massif et la rigidité du soutènement est connue. Pour plus de dé-
tails concernant la méthode convergence-confinement, le lecteur est invité à se
reporter à l’ouvrage de Panet (1995).
La Figure 8 présente graphiquement le principe de la méthode.

Comportement élastique
Comportement plastique
UR(d) : Déplacement à la pose du soutènement
UR équilibre : Déplacement à l’équilibre
σr Point A
σ0R/2G : contrainte atteinte sans soutènement
(en élasticité)
λ=0 σ0 σr équilibre: contrainte à l’équilibre
λe : Taux de déconfinement élastique (à la
limite entre élasticité et plasticité)
Courbe caractéristique du terrain
Point C (équilibre)
λe
σ0 équilibre
Point B

λ=1
UR(d) UR équilibre σ0R/2G UR

Courbe caractéristique du soutènement

Figure 8 – Illustration du principe de la méthode convergence confinement

Si l’état de contrainte initiale est connu, le point A (cf. Figure 8) peut être pla-
cé. Par contre, si le paramètre G ou le couple (E,ν) font partis des paramètres à
identifier par analyse inverse, alors le point B est indéterminé. Le déplacement
à la pose du soutènement U R(d) est aussi inconnu. L’état d’équilibre soutène-
ment/sol représenté par l’intersection de la droite du soutènement et de la
courbe représentant le comportement du massif est aussi indéterminé (point C
en Figure 8).
L’impact d’informations supplémentaires apportées par des mesures de conver-
gences ou de pressions sur la détermination des paramètres de sol inconnus est
étudié : G ou le couple (E, ν) en élasticité et les cinq paramètres E, C, φ, ν et ψ
en élastoplasticité.

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3.1.1 En élasticité linéaire


En élasticité, la courbe caractéristique du terrain est une droite. Son équation
est de la forme :
 r  a1U R  b1 Équation 1

Avec :
σr : Contrainte radiale en paroi
UR : déplacement radial au niveau de la paroi
a1 : coefficient directeur de la droite, fonction de G. Ce coefficient est donc i n-
connu.
b1 : ordonnée à l’origine, b 1=σ0

D’où, l’équation :
 r  a1U R   0 Équation 2

L’équation de la droite caractéristique du soutènement est de la forme :


PS  a2U R  b2 Équation 3

Avec :
PS : Pression radiale dans le soutènement
a2 : coefficient directeur de la droite, fonction de la rigidité du soutènement
ksn : a2=ksn/R
b2 : ordonnée à l’origine, inconnu. Ce coefficient dépend entre autre du dépla-
cement à la pose U R(d).
D’où, l’équation :
k sn Équation 4
PS  U b
R R 2

Finalement, pour connaître le module de cisaillement G, il suffit de déterminer


le coefficient directeur de la droite caractéristique du terrain. Le coefficient d i-
recteur a 1 se détermine à partir d’une équation de la forme :
y Équation 5
a1 
x

Par conséquent, pour déterminer G, il faut obligatoirement connaître un ac-


croissement de contrainte et de déplacement. Des mesures de convergences
seules ne suffisent donc pas. Il faut aussi des mesures de pressions.
Au minimum, pour déterminer G, il est donc nécessaire d’avoir en deux points
une mesure de pression dans le terrain et de déplacement : point 1 (σr1,ΔUR1) et
point 2 (σr2,ΔUR2) sur la Figure 9.

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Les déplacements mesurés ΔURi ne correspondent pas à des déplacements abso-


lus U Ri mais à un déplacement relatif par rapport à l’origine de la mesure. Si la
mesure origine est effectuée à la pose du soutènement, alors le déplacement
mesuré s’exprime par :
U Ri  U Ri  U R (d ) Équation 6

Avec :
URi : déplacement absolu à la distance i
UR(d) : déplacement à la pose du soutènement mis en place à une distance d du
front.

Il faut toujours deux points de mesure pour déterminer G même si l’un corres-
pond au point C, point à l’équilibre. En effet, le déplacement mesuré n’étant
qu’un déplacement relatif par rapport au déplacement à la pose, il n’est pas
possible de placer le point C même en connaissant la contrainte correspon-
dante.
Une fois que le module de cisaillement G est connu, la droite caractéristique du
sol peut être tracée. Les points 1 et 2 peuvent être placés (Figure 9). Les dépla-
cements absolus correspondants sont alors déterminés. A partir des déplace-
ments mesurés et des déplacements absolus déterminés, le déplacement à la
pose U R(d) peut être calculé et ainsi la droite caractéristique du soutènement
peut être tracée. Le point d’intersection (Point C en Figure 9) qui correspond à
l’équilibre est alors connu.

σR Point A

λ=0 σ0

Point 1
σR1 Point 2
σR2
σR ιquilibre
Point C
Point B

Ur
λ=1
UR(d) UR équilibre σ0R/2G
ΔUR1
ΔUR2

Figure 9 – Tracé de la courbe de convergence du terrain et de la courbe du soutèn e-


ment avec une mesure de convergence et de contrainte en deux points

Si la mesure origine n’est pas faite à la pose du soutènement mais après, il


n’est pas possible de placer le point C avec des mesures en deux points quel-
conque. Il est nécessaire dans ce cas de connaître le déplacement relatif à
l’équilibre ΔURC ou la contrainte à l’équilibre.

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Selon les principes de la méthode convergence confinement une mesure de


convergence et de pression effectuées en deux points suffisent à déterminer le
paramètre inconnu G. Il n’est pas possible de déterminer ce paramètre unique-
ment à partir de mesures de déplacements radiaux.
Après avoir raisonné à partir des mesures de convergences et de pression effec-
tuées au niveau de la paroi, le même raisonnement va être mené à partir des
mesures de déplacement dans le massif comme les mesures effectuées le long
d’un extensomètre radial. Le déplacement existant à une profondeur ρ dans le
massif se calcule à partir de l’expression suivante :
.R². 0
U ( )  Équation 7
2..G

Donc, selon l’Équation 7, le déplacement dans le massif dépend de deux incon-


nues λ et G. Il faut une autre équation pour se ramener à un système linéaire de
deux équations à deux inconnues. Si le déplacement radial à la tête de
l’extensomètre est connu, l’équation de la droite caractéristique du terrain
(Équation 2) peut être utilisée. Celle-ci relie le déplacement radial U R en paroi
à la contrainte radiale σR qui s’applique. La contrainte radiale σR est reliée aux
deux inconnues λ et G par la relation :
 R  (1  ) 0
Équation 8

Normalement, selon les principes de la méthode convergence confinement, le


module G peut être déterminé à partir d’une mesure de déplacement radial dans
le massif et d’une mesure de convergence à la paroi obtenue dans une même
section de mesure, c'est-à-dire à une même distance du front. En effet, si l’une
des mesures est réalisée dans une section plus ou moins éloignée du front le
taux de déconfinement n’est pas le même. Il y a alors trois inconnues : λ1, λ2 et
G.
Le module G peut être obtenu également à partir d’une mesure de pression ra-
diale à la paroi du tunnel et d’une mesure de déplacement radial dans le massif
obtenue dans une même section. La pression radiale donne la valeur du taux de
déconfinement.

3.1.2 En élastoplasticité
Si l’état de contrainte initiale est connu, le point A (cf. Figure 10) peut être
placé. Il paraît primordial de savoir avant toute chose si la section étudiée est
en plasticité ou non. Pour cela, il faut connaître le taux de déconfinement λ à
l’équilibre et le comparer au taux de déconfinement élastique λe qui dépend des
deux paramètres C et φ.

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σr Point A

λ=0 σ0

Point C
λe
σ0 équilibre
Point B

λ=1
UR(d) UR équilibre σ0R/2G
Figure 10– Illustration des courbes de convergence et de confinement en élastoplast i-
cité

Si le paramètre G ou le couple (E,ν) font partis des paramètres à identifier par


analyse inverse alors le point B de la Figure 10 est indéterminé. Le déplace-
ment à la pose du soutènement U R(d) est aussi inconnu. L’état d’équilibre sou-
tènement/sol représenté par l’intersection de la droite du soutènement et de la
courbe caractéristique du massif est aussi indéterminé (point C en Figure 10).
Comme en élasticité linéaire, l’apport de mesures de convergences ou de pres-
sions supplémentaires pour la détermination des paramètres de sol inconnus est
étudié : G ou le couple (E, ν) et les autres paramètres C, φ et ψ.
Si on est en plasticité, le déplacement radial est fonction de G, du rayon pla s-
tique R p et des fonctions de forme Fi. Le rayon plastique et les fonctions de
formes dépendent de λ, φ, ψ et ν. Donc le déplacement radial dépend des cinq
paramètres suivants : G, λ, φ, ψ et ν. Pour identifier ces paramètres, il faut donc
d’autres équations qui les relient. Il apparaît donc nécessaire de disposer de
beaucoup de mesures variées pour aboutir au calage des paramètres en élasto-
plasticité.

3.2 Paramètres
Les paramètres qui interviennent dans la modélisation du creusement d’un tun-
nel sont liés à:
 la géométrie : diamètre D ou rayon R, hauteur de couverture H et
section excavée S.
 La contrainte initiale σ0 qui dépend du poids volumique du sol γ, de
la hauteur de couverture H et du coefficient de poussée des terres
au repos K 0.
 aux caractéristiques du soutènement : module d’Young E s, coeffi-
cient de Poisson νs et épaisseur e s.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 149 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

aux caractéristiques du sol : module E, coefficient de Poisson ν, co-


hésion C, angle de frottement φ et angle de dilatance ψ.
 au niveau de déconfinement de la section étudiée : taux de déconfi-
nement λ à l’équilibre qui dépend de l’ensemble des caractéris-
tiques définies ci-dessus.
Parmi l’ensemble des paramètres référencés ci-dessus, seuls ceux liés aux ca-
ractéristiques du terrain sont considérés inconnus dans l’étude. Les paramètres
à déterminer par analyse inverse se limitent donc à E, ν, C, φ, ψ et λ. Même si
dans la pratique, le coefficient de Poisson est souvent fixé à 0.3 et l’angle de
dilatance est déterminé à partir d’une relation le liant à l’angle de frottement
interne, l’étude de sensibilité en élastoplasticité a porté sur les 6 paramètres.
Les résultats de cette étude, obtenus pour chacune des modélisations considé-
rées, permettent de déterminer les paramètres que l’on peut rechercher selon les
mesures disponibles.
Les paramètres de référence et les valeurs initiales testées sont présentés dans
le Tableau 11. Le domaine de variation défini pour chaque paramètre dans le
fichier de données de la méthode du gradient y est également reporté.

Tableau 11 – Paramètres de référence et valeurs initiales


Paramètres Réf. Bornes inf.- Valeurs initiales
sup. Jeu 1 Jeu 2 Jeu 3 Jeu 4
E (MPa) 200 40-1000 100 300 150 250
C (MPa) 0.1 0.001-1. 0.075 0.150 0.075 0.125
φ (°) 35 5-45 17.5 44 26.25 43.75
ψ (°) 0 0-45 9. 75 9.75 5.5 5.5
υ 0.3 0.15-0.45 0.16 0.4 0.225 0.375
λ 0.784 0.1-0.95 0.4 0.9 0.6 0.8

3.3 Creusement en conditions axisymétriques

3.3.1 Présentation du modèle axisymétrique

3.3.1.1 Le modèle numérique


Le tunnel est considéré circulaire avec un rayon équivalent égal à 6.37 m. Le
maillage réalisé s’étend sur 154 m (=12D) dans la direction longitudinale et sur
77 m (=6D) dans la direction transversale afin de limiter l’influence des cond i-
tions aux limites. Il comporte environ 4886 nœuds et 2121 éléments. Le champ
de contraintes initiales est isotrope. La contrainte verticale est égale à 0.73
MPa, ce qui correspond à une hauteur de couverture de 25 m au dessus de la clé
de voûte avec une densité de 2.3. Sur tous les bords du maillage, les déplace-
ments sont bloqués dans la direction perpendiculaire au bord considéré.
Dix sept tranches de 1.5 m sont excavées, soit une longueur de 25.5 m. Lors de
l’excavation d’une tranche, le soutènement de la tranche précédente est activé.

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

Celui-ci est donc mis en place à 1.5 m en arrière du front. Un comportement


élastique linéaire est adopté pour le soutènement avec un module d’Young égal
à 10000 MPa et un coefficient de Poisson égal à 0.2.
La géométrie et les propriétés des matériaux prises en compte sont représenta-
tives d’une des sections du tunnel de Bois de Peu.

3.3.1.2 Les variables observées


Les variables observées correspondent à des mesures très courantes (conver-
gences…) et à des mesures plus difficiles à réaliser (contraintes radiales et or-
thoradiales…) mais qui peuvent être envisagées. Les variables observées sont
localisées en Figure 11.

20 Pre-convergence Up
points 28 à 34 σθ
19 33 40 40
18 32 39 39
17 31 38 Déplacement axial Ul, σr 38
16 30 37 28 et 35 à 40 37 Contraintes axiales et
35 & 36 36 tangentes sl , sθ
15 29 points 28 et 35 à 40
28 8 9 10 11 12 13 28 35
14 1 21
Extrusion Uef,
points 14 à 20 Déplacement radial Uer,
2 points 1 et 8 à 13 22

3 23
Pression Pr
4 Convergence Ur, 24 points 21 à 27
points 1 à 7
5 25

6 26

7 27

Y Y
X X

Figure 11 – Localisation des mesures de déplacements considérées

Elles comprennent les mesures traditionnelles suivantes :


 des mesures de convergence tous les 1.5 m à la paroi du tunnel (dé-
placement radial en paroi U r) : points 1 à 7,
 des mesures de déplacement le long d’un extensomètre radial à une
profondeur de 1, 2, 4, 6, 8 et 10 m (déplacement U er) : points 8 à
13,
 des mesures d’extrusion tous les 1.5 m (déplacement U ef) : points
14 à 20,
 des mesures de pression tous les 1.5 m à l’interface sol / soutène-
ment (contrainte P r) : points 21 à 27.

L’apport des mesures hypothétiques suivantes est également étudié :


 des mesures de pré-convergence en avant du front tous les 1.5 m
(déplacement U p) : points 28 à 34,

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 des mesures de déplacement axial (U l) et de contrainte axiale (S l) et


tangente (S θ) le long d’un extensomètre incliné à 45° à une profon-
deur de 1, 2, 4, 6, 8 et 10 m: points 28 et 35 à 40.

Les valeurs considérées pour le calage par analyse inverse correspondent à des
valeurs absolues. Elles ne sont pas rattachées à une mesure origine.

3.3.2 Résultats de l’étude de sensibilité

3.3.2.1. Elasticité linéaire


En présence d’un modèle de comportement élastique linéaire, le coefficient de
Poisson υ a moins d’influence sur la valeur des variables observées que le mo-
dule. Par conséquent, il sera difficile de déterminer les deux paramètres sauf en
présence de mesures de contraintes ou de pressions.

3.3.2.2 Le modèle élastoplastique


En présence d’un modèle élastique linéaire parfaitement plastique, l’angle de
dilatance est le paramètre qui influence le moins la valeur des variables obse r-
vées. Le coefficient de Poisson a également moins d’influence sur les variables
observées que les autres paramètres. Il parait donc pertinent d’évaluer les deux
paramètres υ et ψ par le biais de relations les liant aux autres paramètres ou par
expérience.

3.3.3 Résultats de la validation

3.3.3.1 Le modèle élastique


 Résultats obtenus lors de l’identification d’un paramètre
Pour déterminer l’un des deux paramètres élastiques, une seule mesure de con-
vergence est nécessaire. Celle la plus proche du front suffit. Une bonne pr éci-
sion est obtenue. En effet, la différence entre la valeur optimisée et la valeur de
référence est inférieure à 4 % pour E et à 2 % pour υ. Le résultat de
l’optimisation est indépendant de la valeur initiale des paramètres introduite.
Le nombre d’itérations nécessaires à l’optimisation est faible et similaire
quelque soit la valeur initiale considérée. Le nombre maximum est obtenu pou r
E (8 itérations).
La Figure 12 présente l’évolution du paramètre E durant son optimisation. A la
cinquième itération, les valeurs atteintes par ce paramètre sont très proches les
unes des autres et déjà très proches de la valeur recherchée.

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des sols

350

300

250
E (MPa)
Valeur de référence
200

150 Valeur initiale de E introduite en


fonction de la valeur de référence Eo:
0,5Eo 0,65Eo
100
0,85Eo 1,5Eo

50
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Nombre d'itérations

Figure 12 - Evolution du paramètre E durant son identification


Topologie de la fonction erreur à minimiser selon les mesures con-
sidérées lors de l’identification de deux paramètres
L’évolution de la fonction erreur à minimiser dans le cas où les deux para-
mètres élastiques E et ν sont recherchés a été étudiée dans un intervalle de va-
riation réduit pour les deux paramètres (E entre 150 et 250 MPa et ν entre 0.25
et 0.35). Compte tenu des résultats de l’étude de sensibilité, l’allure de la fonc-
tion tracée avec les mesures de contraintes doit être différente des autres
puisque le coefficient de Poisson n’influence que ces dernières.
Le tracé d’une fonction coût a nécessité un temps de calcul supérieur à une
journée (26 heures). Le tracé de ces fonctions est envisageable en élasticité
parce qu’il n’y a qu’un seul couple de paramètre à étudier.
Les Figure 13 et Figure 14 présentent les deux allures de courbes obtenues.
Erreur

E (MPa)

Figure 13 – Mesures de convergences


Lorsque seules les mesures de convergences (Figure 13) sont considérées, la
fonction présente une vallée : courbure très faible suivant l’un des axes. Les
deux paramètres E et ν ne peuvent pas être déterminés avec ces mesures. En re-
vanche, le module de cisaillement G peut l’être. Il est constant dans le fond de
la vallée. La non détermination du coefficient de Poisson par analyse inverse

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n’est pas grave puisque ce paramètre a peu d’influence sur les mesures obser-
vées. Ce paramètre intervient au niveau de la compressibilité élastique, peu im-
portante pour le problème étudié. En revanche, le paramètre E qui a beaucoup
d’influence doit être déterminé.

Erreur

ν
E (MPa)

Figure 14 – Mesures de contraintes radiales ou orthoradiales le long de


l’extensomètre incliné à 45°

Si les mesures de contraintes le long de l’extensomètre incliné à 45° sont util i-


sées (Figure 14), la fonction erreur présente une cuvette : courbure de même
signe et prononcée suivant les deux axes. Les courbes d’isovaleurs sont circu-
laires. Par conséquent, le couple E et ν peut être déterminé à partir de mesures
de contraintes. Les autres fonctions erreurs sont présentées en annexe 11.
L’allure de la fonction erreur obtenue en fonction des mesures est répertoriée
pour chaque cas dans le Tableau 12 avec les résultats obtenus par analyse in-
verse.
Dans le cas où seules les mesures de pressions sont considérées, la fonction
coût présente une vallée avec des minimums locaux. Il est normal dans ce cas
que la méthode du gradient ne parvienne pas à identifier les deux paramètres
élastiques en présence uniquement de ces mesures.
En considérant à la fois les pressions et les convergences, la fonction erreur à
une allure similaire à celle obtenue avec les mesures de contraintes.
L’intérêt des mesures de pressions et de contraintes est donc bien visible au
travers de l’évolution des fonctions coûts tracées.
Les mesures de déplacements le long de l’extensomètre incliné ou les mesures
de préconvergence n’apportent rien de plus par rapport aux mesures traditio n-
nelles telles que celles d’extrusion, de convergence et de déplacements le long
d’un extensomètre radial. Avec ces mesures, la fonction coût présente une val-
lée. Ces mesures ne sont pas utilisées par la suite en élasticité.
Dans le cas où des mesures de convergences et de contraintes sont considérées,
la fonction présente un minimum moins marqué qu’en présence des mesures de
contraintes seules. Ceci est du au fait que les mesures de convergences ont une
part beaucoup plus importantes dans la fonction erreur étudiée que les mesures
de contraintes bien que cette fonction soit normée. Il faut donc considér er avec
attention la fonction coût qui va être utilisée avant de recourir à l’analyse i n-
verse afin de prendre une fonction adaptée au problème à traiter.

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Le fait de pouvoir observer l’évolution de la fonction coût à minimiser est une


aide très importante à la compréhension du problème et des résultats obtenus.
Le tracé peut aussi dans certains cas aider à définir la valeur initiale la plus a p-
propriée à prendre dans le cas de l’utilisation d’une méthode déterministe du
type gradient par exemple.
Tableau 12 – Allure de la fonction erreur en fonction des mesures utilisées et résu l-
tats des identifications réalisées en élasticité pour déterminer les deux paramètres E
et ν
Mesures Vallée Cuvette Gradient Stratégies
évolutives
1 : Convergences × Non Oui
2 : Déplacements le long × Non Oui
de l’extensomètre radial
3 : Extrusions × Non Oui
4 : Pressions × non Oui
5 : Pré-convergences × - -
6 : Déplacement axial le × - -
long de l’extensomètre
incliné
7 : Contraintes axiales ou × Oui -
tangentes le long de
l’extensomètre incliné
8 : Convergences + dépla- × Oui non
cements le long de
l’extensomètre radial
9 : Convergences + extru- × Oui -
sions
10 : Convergences + pres- × Oui -
sions
11 : Extrusions + Dépla- × Oui -
cement axial le long de
l’extensomètre radial
12 : Convergences + con- × - -
traintes axiales ou tan-
gentes le long de
l’extensomètre incliné

 Résultats obtenus lors l’identification des deux paramètres


Le Tableau 12 présente l’ensemble des tentatives d’identification réalisées en
élasticité linéaire et les résultats obtenus avec les deux méthodes
d’optimisation. Pour chaque tentative, les variables observées utilisées sont in-
diquées. Dans le cas où les deux paramètres élastiques sont à déterminer, le ré-
sultat dépend des mesures considérées. Parfois, la valeur optimisée des par a-
mètres E et υ dépend de la valeur initiale introduite dans le processus
d’optimisation. Les solutions sont localisées dans la vallée.

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

Au regard des résultats obtenus (Tableau 12), la détermination des deux para-
mètres élastiques avec une méthode du type gradient n’est pas possible quand
un seul type de mesures est considéré (tests 1 à 4) sauf lorsque celles-ci sont
des mesures de contraintes radiales (test 7). Cela confirme ce qui est présagé au
regard de la topologie des fonctions erreurs étudiées.
Pour identifier les deux paramètres avec la méthode du type gradient et en pr é-
sence de mesures plus courantes, il faut combiner au moins deux types de me-
sures. En effet, pour les cas 8 à 11, la méthode du gradient fournit les valeurs
attendues. Cela confirme les prédictions faites à partir de l’analyse des prin-
cipes de la méthode convergence confinement.
Il est possible d’identifier les deux paramètres à partir d’un seul type de me-
sures, autre que celles de convergences radiales ou orthoradiales, en utilisant
une méthode d’optimisation du type probabiliste (ici basée sur les stratégies
évolutives). Cela est contraire aux prédictions réalisées suite à l’analyse des
principes de la méthode convergence confinement. Cette différence s’explique
car contrairement à la méthode du gradient, la méthode basée sur les stratégies
évolutives explore tout l’espace de recherche (cf. chapitre 3). Elle converge
systématiquement vers le minimum global. Cette méthode apparaît donc plus
puissante. Toutefois, le temps de calcul nécessaire est plus important. Elle né-
cessite entre 5 et 7 heures selon les cas contre 10 à 60 minutes requises par
l’autre méthode pour une optimisation (c'est-à-dire pour un jeu initial testé).

3.3.3.2 Le modèle élastoplastique


En élastoplasticité, le tracé des fonctions coûts demande un temps de calcul
très important. Plusieurs couples de paramètres doivent être considérés. Elles
n’ont donc pas été tracées.

 Recherche d’un paramètre

Une mesure de convergence ou des déplacements mesurés le long d’un exten-


somètre radial ou encore des mesures d’extrusion suffisent à identifier indiv i-
duellement les paramètres E, C et φ avec la méthode du gradient. La valeur
fournie est plus ou moins proche de la valeur de référence. La différence
maximale observée dans le cas où seule la première mesure de convergence est
considérée est obtenue pour le module d’Young (6 % d’écart contre 2.6 % pour
l’angle de frottement). Cet écart plus important vient du fait que ce paramètre a
moins d’influence sur la première mesure de convergence que les autres par a-
mètres.
Le nombre nécessaire d’itérations ne dépend pas de la valeur initiale introdui te
pour le paramètre E alors que pour les autres paramètres il en dépend. Génér a-
lement, plus la valeur initiale est éloignée de la valeur de référence et plus le
nombre d’itérations nécessaires est important. Il dépend aussi du paramètre
considéré. Le nombre maximum est obtenu pour l’identification de l’angle de
frottement. L’évolution de l’angle de frottement durant son identification à pa r-
tir de la première mesure de convergence est illustrée en Figure 15. Cette figure

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montre l’évolution de ce paramètre en fonction de l’itération et de la valeur in i-


tiale considérée.

45

40
Valeur de référence
35

30

25
φ (°)

20
Valeur initiale de φ introduite en fonction
15
de la valeur de référence φo:
10
φo
1,25Phio φo
0,5Phio φo
0,75Phio
5

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
Nombre d'itérations

Figure 15 – Evolution de l’angle de frottement durant son identification à partir de la


première mesure de convergence

 Recherche de plusieurs paramètres

Les résultats obtenus lors des différentes identifications réalisées avec la mé-
thode du gradient sont présentés en annexe 12. Les résultats obtenus dépendent
des mesures considérées. Parfois, la solution n’est pas unique. Les mesures de
pression et de contraintes orthoradiales ont été considérées comme des mesures
supplémentaires. Ainsi aucune identification n’a été réalisée avec ces mesures
seules.
Le couple (E,φ) peut être identifié à partir d’une mesure de convergence ou à
partir des déplacements mesurés le long d’un extensomètre radial. Pour ident i-
fier les autres couples, il faut utiliser plusieurs types de mesures.
Ainsi, le couple (E,C) est identifié à partir des convergences et des déplace-
ments le long de l’extensomètre radial.
A partir des mesures de convergences et d’extrusion, tous les autres couples
sauf le couple (C, φ) sont identifiés par la méthode du gradient. Par contre, il
n’est pas possible d’identifier les 3 paramètres à partir de celles-ci.
Le couple (C,φ) est identifié à partir des mesures de convergences, des dépla-
cements le long de l’extensomètre et des mesures d’extrusion.
Dans certains cas où la méthode du gradient n’apparaît pas suffisante, l’apport
de l’utilisation d’une méthode probabiliste utilisant les stratégies évolutives a
été regardé. Le Tableau 13 présente les résultats obtenus. A partir des mesures
de convergences seules il est possible d’identifier le couple (C,φ). Les valeurs
optimisées diffèrent de moins de 8% des valeurs de référence. Le nombre de
générations nécessaires à l’optimisation est assez limité (11 générations) ; ce
qui conduit à un temps de calcul réduit mais tout de même de près de 20 heures
contre 1h30 à 3h nécessaire par valeur initiale, selon le cas, avec l’autre mé-
thode. En revanche, les mesures de convergences seules ne suffisent pas à

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 157 -


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l’identification des trois paramètres E, C et φ. Mais, la valeur optimisée pour E


est proche de la valeur de référence (4 % d’écart). A partir de mesures com-
plémentaires, telles les mesures issues de l’extensomètre radial ou de
l’extrusomètre, aucune amélioration n’est apportée.

Tableau 13 – Résultats obtenus avec la méthode d’optimisation probabiliste basée sur


les stratégies de l’évolution
Paramètres Conv. Conv. + Conv. + extenso.
extenso. + extruso.
C,φ Oui - -
E,C,φ Non Non Non

Finalement, à partir des mesures les plus courantes réalisées en travaux soute r-
rains il est possible d’identifier tous les couples de paramètres même le couple
(C,φ). Ce couple est difficile à identifier car ces deux paramètres sont liés. Il
n’est pas nécessaire de réaliser des mesures spécifiques telles que des mesures
de pressions ou de contraintes si des mesures traditionnelles sont disponibles. Il
n’est pas utile non plus de recourir à une méthode probabiliste. Toutefois ,
comme la méthode des stratégies évolutives parvient à identifier le couple C et
φ à partir des mesures de convergences seules, elle apparaît beaucoup plus pe r-
formante que l’autre technique. Cependant, elle nécessite des temps de calculs
plus importants. De plus, elle ne permet pas d’identifier les 3 paramètres.
L’intérêt de recourir à cette méthode reste donc limité.

3.3.4 Prise en compte d’erreurs de mesure


Deux tentatives d’identification ont été lancées : une avec la méthode du gra-
dient et l’autre avec la méthode basée sur les stratégies évolutives. Les r é-
ponses de référence « numériques » ont été obtenues à partir des réponses pré-
cédentes en ajoutant une erreur de mesure égale à 20 % et qui suit une loi
normale Gaussienne.
Avec la méthode du gradient, l’identification concerne les deux paramètres E et
C et les mesures de convergences et de déplacements radiaux dans le massif
sont utilisées. Avec l’autre méthode, l’identification porte sur les deux par a-
mètres C et φ et seules les mesures de convergences sont utilisées. Les Tableau
14 et Tableau 15 indiquent les valeurs obtenues pour les deux tentatives sans
prendre en compte d’erreurs de mesure et les valeurs obtenues après
l’introduction d’une erreur.
Tableau 14 – Résultats obtenus lors de l’identification de E et C avec la méthode du
gradient dans les deux cas (sans erreur et avec erreur de mesure)
Jeu initial Sans erreur Avec erreur
E (MPa) C (kPa) E (MPa) C (kPa)
a 198.68 99.86 193.030 90.54
b 199.98 99.91 200.80 90.94
c 197.46 99.1 193.62 90.47
d 200.00 100.02 196.70 92.53

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Dans le cas où des erreurs de mesures sont introduites, les valeurs optimisées
par la méthode du gradient diffèrent d’avantage des valeurs de référence : 3.1
% pour E et 10 % pour C contre 1.2 % pour E et 1.1 % pour C. En termes de vi-
tesse de convergence, le fait d’introduire des erreurs de mesure n’augmente pas
forcément le nombre d’itérations nécessaire au processus d’optimisation pour
résoudre le problème.

Tableau 15– Résultats obtenus lors de l’identification de C et φ avec les stratégies


évolutives dans les deux cas (sans erreur et avec erreur de mesure)
Sans erreur Avec erreur
φ (°) C (kPa) φ (°) C (kPa)
32.4 107.6 9.4 232.7

Avec l’autre méthode, l’introduction d’erreurs de mesures conduit à un résultat


différent. Le jeu de paramètres optimisé est totalement différent du jeu de p a-
ramètre recherché. Cela vient des mesures de convergences, utilisées seules
dans l’algorithme évolutionnaire, qui sont plus sensibles aux erreurs. Cela peut
aussi être du à la méthode qui est peut être plus sensible aux faibles variations
introduites sur les mesures que la méthode du gradient.

3. 4 Creusement d’un tunnel en déformations planes


La capacité des deux techniques d’optimisation a aussi été évaluée sur la modé-
lisation du creusement d’un tunnel en déformations planes. Les paramètres de
référence, les valeurs initiales testées et le domaine de variation défini pour
chaque paramètre sont les mêmes qu’en conditions axisymétriques (cf. Tableau
11). Un paramètre supplémentaire doit être identifié en déformations planes. Il
s’agit du taux de déconfinement λ appliqué à la paroi de l’excavation à la pose
du soutènement. La valeur de référence, les valeurs initiales testées et le do-
maine de variation permis pour ce paramètre sont reportés dans le Tableau
11.La valeur de référence pour ce paramètre est issue d’un calcul préalable
avec la méthode de Corbetta (1990).

3.4.1 Présentation du modèle en déformations planes

3.4.1.1 Le modèle numérique


Le tunnel est modélisé en déformations planes. Le modèle réalisé et ses dimen-
sions sont présentés en Figure 16.
La hauteur correspond à 7D soit 100 m et le maillage s’étend sur 5D soit 77 m
dans le sens transversal afin d’éviter l’influence des conditions aux limites. Il
comporte 3300 nœuds et 1600 éléments. Sur tous les bords du maillage, les dé-
placements sont bloqués dans la direction perpendiculaire au bord considéré
sauf pour le bord supérieur où les déplacements sont libres compte tenu de la
faible hauteur de couverture. Le champ de contrainte initial est anisotrope. Le

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des sols

coefficient de pression des terres au repos est pris égal à 0.7. Ce paramètre est
supposé connu dans notre étude mais il aurait aussi pu être étudié dans la vali-
dation de l’analyse inverse. En effet, il pourrait être un paramètre suppléme n-
taire à identifier. Une hauteur de couverture de 25 m est simulée comme dans
le modèle axisymétrique. Trois phases sont modélisées. Tout d’abord, les con-
traintes initiales sont mises en place. Puis, le tunnel est excavé. Le taux de d é-
confinement à la pose du soutènement λd est appliqué à la paroi du tunnel. En-
fin, le soutènement est activé et le complément à 1 du taux de déconfinement
précédemment défini est appliqué sur les parois. Le soutènement mis en place a
une épaisseur de 0.2 m et un module d’Young de 10000 MPa. Un comporte-
ment linéaire élastique est adopté pour celui-ci.

R=7 m

7D

5D

Figure 16 – Modèle numérique en déformations planes

3.4.1.2 Les variables observées


La Figure 17 localise les différents points de mesure utilisés dans le processus
d’optimisation.
Pour trois d’entres eux (point 1 à 3 en Figure 17) des mesures de convergence,
de nivellement et de pression radiale sont utilisées. Les mesures de conve r-
gence utilisées sont celles des cordes horizontales couramment relevées en tra-
vaux souterrains. Donc, seul le déplacement horizontal U r des points 2 et 3 est
observé. Par contre, le déplacement vertical V et la pression radiale P r calculés
au niveau des trois points sont utilisés dans l’analyse inverse.
Les 12 autres points (point 4 à 15 en Figure 17) correspondent à des mesures de
déplacement axial U l le long d’un extensomètre dans le massif à une profon-
deur de 1 m, 2 m, 4 m, 6 m, 8 m et 10 m à partir de la paroi du tunnel, à la clé
de voûte (extensomètre 1 en Figure 17) ou dans la partie circulaire de
l’excavation (extensomètre 2 en Figure 17). Pour chaque extensomètre, six dé-
placements axiaux sont observés. Au niveau de ces 12 points les contraintes
axiales s l et orthogonales s θ sont aussi observées.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 160 -


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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

9
Extensomètre 1
8
7
6
5 Extensomètre 2
4 15
14
1 13
12 sθ
11
10
2
3,7 m sr
3
Y
2,5 m
X

Figure 17 – Position des points de mesure


Les valeurs utilisées des variables observées correspondent à la différence entre
les valeurs calculées à l’équilibre et celles calculées à la pose du soutènemen t.
Elles sont directement comparables aux valeurs mesurées dans le cas où
l’origine des mesures est prise à la pose du soutènement.

3.4.2 Résultats de l’étude de sensibilité

3.4.2.1 Elasticité linéaire


L’influence de chaque paramètre sur les variables observées avec le modèle
élastique linéaire est reportée dans le Tableau 16. Le coefficient de Poisson in-
fluence moins les variables observées que les deux autres paramètres. Par con-
séquent, ce paramètre est fixé à 0.3 dans cette étude. Le taux de déconfinement
a une influence très importante sur les variables observées.

Tableau 16 – Influence des paramètres sur les variables observées en élasticité


Para. Cv. Dép. Dép. Pres. Cont. Cont. Cont. Cont.
niv. ext. 1 ext. 2 rad. axiales orth. axiales orth.
ext. 1 ext. 1 ext. 2 ext. 2
E + + + + + + - +
ν -- -- - -- -- -- + -
λ ++ ++ ++ ++ ++ ++ ++ ++

3.4.2.2 Modèle élastoplastique


L’influence de chaque paramètre sur les variables observées avec le modèle
élastoplastique est reportée dans le Tableau 17. Comme en élasticité, le coeffi-
cient de Poisson influence moins les variables observées que les autres par a-
mètres. Il est donc fixé à 0.3. L’angle de dilatance n’influence pas les mesures

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des sols

de convergences, de nivellements, de déplacements le long de l’extensomètre 2


et de contraintes orthogonales mesurés le long de l’extensomètre 1. Par consé-
quent, ce paramètre ne pourra être déterminé qu’en présence des autres me-
sures. De plus, compte tenu des résultats du Tableau 17, il sera difficile
d’identifier la cohésion avec uniquement les mesures de contraintes effectuées
le long de l’extensomètre 1 ou les mesures de pressions radiales en paroi car ce
paramètre a peu d’influence sur ces mesures. Le module d’Young ne pourra pas
être déterminé avec uniquement les mesures de contraintes axiales le long de
l’extensomètre 2. Les deux autres paramètres φ et λ d pourront être évalués
quelles que soient les variables observées considérées dans le processus
d’optimisation. Ces deux paramètres seront sans doute plus faciles à identifier
car ils influencent plus les variables observées.

Tableau 17 – Influence des paramètres sur les variables observées en élastoplast icité
Para. Cv. Dép. Dép. Pres. Cont. Cont. Cont. Cont.
niv. ext. 1 ext. 2 rad. axiales orth. axiales orth.
ext. 1 ext. 1 ext. 2 ext. 2
λd ++ ++ ++ ++ ++ ++ ++ ++
φ ++ ++ ++ + + + ++ ++
E ++ ++ ++ ++ + + - +
C + + + - -- -- ++ ++
ψ - + - + + - + ++
ν -- - - -- -- -- -- --

3.4.3 Résultats de l’analyse inverse

3.4.3.1 Modèle élastique

 Résultats obtenus lors de l’identification d’un paramètre


Pour déterminer l’un des deux paramètres E et λ en élasticité, les mesures de
convergence et de nivellement suffisent. Une bonne précision est obtenue. En
effet, la différence entre la valeur optimisée et la valeur de référence est inf é-
rieure à 0.05 % quel que soit le paramètre. Le nombre d’itérations nécessaires à
l’optimisation est faible (10 itérations au maximum). Il varie légèrement en
fonction de la valeur initiale considérée. Plus la valeur initiale est éloignée de
la valeur de référence et plus le nombre d’itérations est important.

 Topologie de la fonction erreur à minimiser selon les mesures con-


sidérées lors de l’identification de deux paramètres

Comme pour le modèle en axisymétrie, l’évolution de la fonction erreur à mi-


nimiser a été étudié dans un intervalle de variation réduit pour les paramètres
(E entre 100 et 300 MPa et λ entre 0.68 et 0.88) en fonction des différentes me-

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sures considérées. Comme en axisymétrie, deux types d’évolution sont obtenus.


Les figures présentant l’allure des fonctions erreurs en fonction des mesures
considérées sont jointes en annexe 11. Les types de fonctions obtenues sont ré-
pertoriés dans le Tableau 18 pour quelques cas.
L’identification du couple (E,λ) n’est possible qu’à partir des mesures de co n-
vergences et de nivellement, de pressions radiales ou/et de contraintes axiales
et orthogonales dans le massif au niveau de l’extensomètre 2. En effet, avec ces
mesures, la fonction erreur obtenue présente une cuvette. En revanche, avec les
autres mesures, l’identification n’est pas possible.

Tableau 18 – Allure de la fonction erreur en fonction des mesures utilisées dans le


processus d’analyse inverse
Mesures E, λ
vallée cuvette
Convergences + nivellements ×
des points 1, 2 et 3 en paroi
Déplacements le long de ×
l’extensomètre 1
Déplacements le long de ×
l’extensomètre 2
Pressions radiales en paroi ×
Contraintes axiales le long de ×
l’extensomètre 1
Contraintes orthogonales le ×
long de l’extensomètre 1
Contraintes axiales le long de ×
l’extensomètre 2
Contraintes orthogonales le ×
long de l’extensomètre 2

 Résultats obtenus lors de l’identification des deux paramètres

Le Tableau 19 présente l’ensemble des tentatives d’identification réalisées avec


le modèle élastique linéaire et les résultats obtenus. Pour chaque tentative, les
variables utilisées pour l’optimisation sont indiquées.
L’identification du couple (E,λ) n’est possible qu’à partir des mesures de con-
vergences et de nivellement, de pressions radiales ou/et de contraintes axiales
et orthogonales dans le massif au niveau de l’extensomètre 2. En effet, avec ces
mesures, la fonction erreur obtenue présente une cuvette. En revanche, avec les
autres mesures, l’identification n’est pas possible.
Compte tenu de l’allure de la fonction erreur tracée avec les mesures de co n-
vergence et de nivellement seules, l’identification des deux paramètres devrait
être possible avec ces mesures seules. Mais, avec ces mesures, la méthode du
gradient converge vers une solution qui n’est pas toujours celle attendue. Le
processus converge alors vers des minimums locaux. En effet, la fonction e r-

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reur correspondante présente des minimums locaux. Avec l’autre méthode


d’identification, qui parvient toujours à trouver le minimum global,
l’identification du couple à partir de ces mesures seules est possible.

Tableau 19 – Tentatives d’identification réalisées en élasticité


Paramètres Mesures considérées Gradient Stratégies évolutives
E,λ Convergences + Non Oui
nivellements des points
1, 2 et 3 en paroi
E,λ Convergences + Oui -
nivellements des points
1, 2 et 3 en paroi +
déplacements le long de
l’extensomètre 1
E,λ Convergences + Non -
nivellements des points
1, 2 et 3 en paroi +
déplacements le long de
l’extensomètre 2
E,λ Convergences + Oui -
nivellements + pressions
radiales des points 1, 2
et 3 en paroi

Avec la méthode du gradient, il faut ajouter soit les déplacements mesurés le


long de l’extensomètre 1 soit les mesures de pressions radiales en paroi. Le ré-
sultat obtenu en ajoutant les déplacements mesurés le long de l’extensomètre 1
est assez surprenant compte tenu de la topologie de la fonction erreur obtenue
avec ces mesures. En revanche, le résultat obtenu en ajoutant les mesures de
pressions radiales correspond à celui attendu à l’issue de l’étude de la topologie
des fonctions erreurs.
Finalement, il est possible d’identifier les deux paramètres en élasticité à partir
de mesures assez courantes quelle que soit la méthode d’identification choisie.
Le test de l’apport de mesures moins traditionnelles telles celles de contraintes
orthogonales le long d’un extensomètre n’est donc pas nécessaire.

3.4.3.2 Modèle élastoplastique


Plusieurs tentatives d’identifications ont été menées en élastoplasticité.

 Recherche d’un paramètre


Les mesures de convergence et de nivellement ou les déplacements mesurés le
long d’un extensomètre sont suffisants pour identifier chaque paramètre indiv i-
duellement avec la méthode du gradient. Chacun des paramètres est identifié
avec une bonne précision.

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 Recherche de plusieurs paramètres


Les résultats obtenus en fonction des mesures considérées et des paramètres re-
cherchés sont présentés en annexe 13.
Les mesures de convergence et de nivellement ne sont pas suffisantes pour
identifier tous les couples de paramètres. Seul le couple λ,φ est déterminé avec
ces mesures. Pour certains couples, quand l’un des deux paramètres a plus
d’influence que l’autre sur les mesures alors le processus d’optimisation par-
vient à identifier celui-ci.
Si seuls les déplacements relevés le long d’un extensomètre sont utilisés alors
aucun couple ne peut être identifié par analyse inverse. Mais, comme avec les
mesures de convergence et de nivellement, la méthode du gradient parvient à
identifier aussi au sein d’un couple l’un des deux paramètres si parmi eux l’un
a plus d’influence que l’autre sur les mesures considérées. La Figure 18 com-
pare les déplacements calculés avec les paramètres de référence à ceux calculés
avec les paramètres optimisés par la méthode du gradient pour le couple E,φ.
Bien que les valeurs optimisées soient différentes des valeurs de référence, les
déplacements calculés sont similaires. La solution au problème n’est pas
unique et il paraît nécessaire de se caler sur plus de mesures pour pouvoir iden-
tifier le couple de paramètres recherché.

-4

-3.8
Déplacement (mm)

-3.6

-3.4

-3.2

-3 Réponse de référence
Réponse numérique après optimisation
-2.8
pt 4 pt 5 pt 6 pt 7 pt 8 pt 9

Figure 18 – Comparaison entre les déplacements calculés le long de l’extensomètre 1


avec les valeurs de référence et avec les valeurs des paramètres E, φ optimisés par la
méthode du gradient pour les valeurs initiales du jeu 3 dans le Tableau 11

A partir des mesures issues des deux extensomètres, il est possible d’identifier
plusieurs couples. Quand les couples C, λ ou ψ, λ sont inconnus, λ est toujours
déterminé car il a plus d’influence sur les observations que C ou ψ. Par contre,
quand le couple φ, λ est inconnu, λ n’est pas toujours identifié car les deux pa-
ramètres ont autant d’influence sur les variables observées.
A partir des mesures de déplacements le long de deux extensomètres, il est pos-
sible d’identifier les trois paramètres suivants : E, C et ψ. Les résultats obtenus
durant l’identification de ces trois paramètres sont résumés dans le Tableau 20.

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La méthode du gradient fournit de bons résultats même si le processus


d’optimisation n’est pas terminé à la dernière itération.

Tableau 20 – Résultats obtenus lors de l’identification des paramètres E, C et ψ


Paramètres Valeurs optimisées
Jeu 1 Jeu 2 Jeu 3 Jeu 4
E (MPa) 204 176 206 214
C (kPa) 96 108 93 88
ψ (°) 0.6 1.3 0.9 1.4

A partir des mesures de convergence et de nivellement et des mesures de d é-


placements issues des deux extensomètres, tous les couples de paramètres et
quelques ensembles de trois paramètres sont déterminés. Compte tenu des ré-
sultats obtenus, l’angle de dilatance ne semble pas avoir assez d’influence sur
les variables observées par comparaison à l’angle de frottement ou au taux de
déconfinement pour être identifiés avec ces derniers.
Dans un deuxième temps, les mesures de pressions radiales au niveau des
points 1, 2 et 3 ont été considérées. Le fait de considérer ces autres mesures en
plus des mesures de convergences nivellement permet d’identifier 2 couples
supplémentaires : E,φ et E,C. Si les mesures de pression sont considérées avec
les déplacements mesurés le long des deux extensomètres alors un seul couple
supplémentaire peut être déterminé : λ,φ. Par contre, l’ajout des mesures de
pression dans le processus en plus des mesures de convergence et de nivelle-
ment et des déplacements issus des deux extensomètres n’apporte aucune amé-
lioration. Aucun couple supplémentaire n’est identifié.
Dans un troisième temps, l’apport de mesures de contraintes radiales ou ortho-
radiales a été caractérisé comme tous les paramètres n’ont pas pu être identifiés
à partir des premières mesures considérées. Ces nouvelles mesures permettent
de déterminer les trois paramètres E,C,φ. Pour les autres ensembles de para-
mètres, parfois seule l’identification d’un ou de deux parmi les trois paramètres
recherchés est possible.
Une identification en plusieurs étapes peut être menée dans le cas où plus de
trois paramètres sont inconnus. Par exemple, dans le cas où les quatre para-
mètres E, C, φ et λ sont inconnus, alors avec une modélisation numérique en
déformations planes et à partir de toutes les mesures envisagées, les deux pa-
ramètres E et λ sont déterminés. Les valeurs de E et λ fournies par la méthode
du gradient ne dépendent pas de la valeur initiale introduite dans ce cas là. Une
fois ces deux paramètres évalués, ils sont fixés à la valeur fournie par la mé-
thode du gradient dans le cas de l’identification des quatre paramètres et
l’identification du couple C et φ est lancée à partir des mesures de déplace-
ments issues des deux extensomètres et des mesures de convergences.
L’identification des quatre paramètres E, C, φ et λ avec la méthode déterm i-
niste et la modélisation en déformations planes est possible mais en deux
temps.
Comme pour le modèle en axisymétrie, l’apport de l’utilisation d’une méthode
probabiliste utilisant les stratégies évolutives a été étudié pour les cas où la mé-

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thode du gradient paraissait insuffisante. Le Tableau 21 présente les résultats


obtenus pour les différentes identifications réalisées avec cette méthode.
A partir des mesures de convergence et de nivellement seules, il est possible
d’identifier les deux couples E,φ et C,λ. Les valeurs optimisées diffèrent de
moins de 0.6% des valeurs de référence. Le nombre de générations nécessaires
à l’optimisation est assez limité (24 générations pour le couple E,φ et 19 pour
l’autre) ce qui conduit à un temps de calcul réduit mais tout de même de près
de 8 ou 6 heures selon le cas contre 15 à 40 mn nécessaire par valeur initiale
selon le cas avec l’autre méthode.
A partir des mesures de déplacements issues des deux extensomètres, il est
possible d’identifier le couple φ,λ mais pas l’autre couple testé. Ce résultat est
surprenant compte tenu de l’étude de sensibilité qui a montré les deux para-
mètres C et λ avaient autant d’influence sur ces mesures que sur les mesures de
convergence et de nivellement.
Que ce soient à partir des déplacements mesurés issus des deux extensomètres
ou des autres mesures, la méthode basée sur les stratégies évolutives ne permet
pas d’identifier les trois paramètres E, C et φ. A la cinquantième itération et en
présence d’une optimisation réalisée sur les déplacements mesurés le long des
deux extensomètres, la valeur optimisée pour C diffère de 41 % de la valeur de
référence, pour E elle diffère de 10 % et pour φ une différence de 17% est ob-
servée. Seule la valeur optimisée pour E paraît satisfaisante car elle est assez
proche de la valeur de référence (10 % d’écart). Lorsque les autres mesures
sont aussi considérées, les écarts observés sont encore plus importants (jusqu’à
50 % pour E et φ et 200 % pour C).
En revanche, cette méthode permet d’identifier les quatre paramètres E, C, φ et
λ à partir de l’ensemble des mesures envisagées à moins de 2.5 %.
L’identification de ces quatre paramètres n’est possible qu’avec toutes les me-
sures.

Tableau 21 – Résultats obtenus avec la méthode d’optimisation probabiliste basée sur


les stratégies évolutives
Paramètres Conv. Dép. Conv. niv. Conv. niv. + dep. ext.
niv. ext. 1 + dep. ext. 1 et 2 + pressions +
et 2 1 et 2 contraintes axiales et
orth. ext. 1 et 2
E,φ Oui - - -
C,λ Oui Non - -
φ,λ - Oui - -
E,C,φ - Non Non -
E,C,φ,λ - - - Oui

3.4.4 Prise en compte d’erreurs de mesures


Deux tentatives d’identification ont été lancées : une avec la méthode du gra-
dient et l’autre avec la méthode basée sur les stratégies évolutives. Les ré-
ponses numériques de référence ont été obtenues à partir des réponses précé-

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dentes en ajoutant une erreur de mesure égale à 20 % et qui suit une loi nor-
male Gaussienne, comme en axisymétrie.
Avec la méthode du gradient, l’identification concerne trois paramètres E, C et
φ et toutes les mesures sont utilisées. Deux jeux de valeurs initiales ont été tes-
tés.
Avec la méthode basée sur les stratégies évolutives, l’identification porte sur
les quatre paramètres E, C, φ et λ et toutes les mesures sont utilisées aussi. Les
Tableau 22 et Tableau 23 indiquent les valeurs obtenues pour les deux tenta-
tives sans prendre en compte d’erreurs de mesure et après l’introduction d’une
erreur.

Tableau 22 – Résultats obtenus lors de l’identification de E, C et ν avec La méthode


du gradient dans les deux cas (sans erreur et avec erreur de mesure)
Jeu initial Sans erreur Avec erreur
E (MPa) C (kPa) φ (°) E (MPa) C (kPa) φ (°)
b 202.78 100.47 34.96 218.09 101.67 35.06
c 199.99 99.96 35.00 194.41 99.85 34.87

Tableau 23 – Résultats obtenus lors de l’identification de C et φ avec l’algorithme


évolutionnaire dans les deux cas (sans erreur et avec erreur de mesure)
Sans erreur Avec erreur
E (MPa) C (kPa) φ (°) λ E (MPa) C (kPa) φ (°) λ
205.61 100.00 34.93 0.78 213.52 100.82 35.10 0.78

Dans le cas où des erreurs de mesures sont introduites, les valeurs optimisées
par les deux méthodes diffèrent plus des valeurs de référence qu’en absence
d’erreur : 1.7 % pour C, 9 % pour E et 0.4 % pour φ contre 0.5 % pour C, 1.4
% pour E et 0.1 % pour φ avec la méthode du gradient. En termes de vitesse de
convergence, le fait d’introduire des erreurs de mesure augmente légèrement le
nombre d’itérations nécessaire au processus d’optimisation pour résoudre le
problème dans le cas de la méthode du gradient. Avec la méthode basée sur les
stratégies évolutives, l’algorithme s’arrête, dans les deux cas quand il atteint le
nombre maximum de générations permises.

3.5 Utilisation conjointe des modèles en déformations planes et en


axisymétrie
L’identification des quatre paramètres E, C, φ et λ est réalisée en utilisant con-
jointement le modèle en conditions axisymétriques et le modèle en déforma-
tions planes. Compte tenu des résultats obtenus précédemment, l’identification
de E, C et λ paraît possible par la méthode du gradient à partir d’une section de
mesure modélisée en déformations planes et comportant des mesures de con-
vergences, de tassements et de déplacements relevés le long de deux extenso-
mètres radiaux. Simultanément, le paramètre φ peut être évalué à l’aide des

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mesures d’extrusion avec la modélisation en conditions axisymétriques. Le Ta-


bleau 24 présente les résultats obtenus lors de cette identification.
Deux jeux de valeurs initiales ont été testés. Pour le jeu de valeurs initiales
numéro 2, les résultats obtenus ne sont pas très précis. Une nouvelle identifica-
tion est lancée en utilisant les mesures d’extrusion et de convergence en axisy-
métrie. La prise en compte de mesures supplémentaires telles les mesures de
convergence avec le modèle axisymétrique permet d’améliorer le calage. En ef-
fet, pour le jeu de valeur initiale numéro 2, l’écart entre la valeur fournie et la
valeur de référence est plus réduit pour tous les paramètres (cf. Tableau 25).

Tableau 24 – Résultats obtenus lors de l’identification de E, c, φ, ν et λ en couplant


les deux types de modélisations 2D du creusement d’un tunnel
Paramètres Valeurs initiales Valeurs optimisées Ecart maxi. par rap-
Jeu 1 Jeu 2 Jeu 1 Jeu 2 port à la référence
E (MPa) 150 250 199.85 228.55 14 %
C (kPa) 75 125 96.66 116.37 16.4 %
φ (°) 26.25 43.75 35.53 38.13 8.9 %
λ 0.6 0.8 0.787 0.716 8.6 %

Tableau 25 - Résultats obtenus lors de l’identification de E, c, φ, ν et λ en couplant


les deux types de modélisations 2D du creusement d’un tunnel et avec en plus les m e-
sures de convergences
Paramètres Valeurs initiales Valeurs optimisées Ecart maxi. par rap-
Jeu 1 Jeu 2 Jeu 1 Jeu 2 port à la référence
E (MPa) 150 250 199.75 215.36 7.7 %
C (kPa) 75 125 94.32 103.86 3.9 %
φ (°) 26.25 43.75 36.45 36.95 5.6 %
λ 0.6 0.8 0.780 0.755 3.7 %

Cette nouvelle identification permet de déterminer précisément les quatre pa-


ramètres E, C, φ et λ en utilisant uniquement des mesures courantes en travaux
souterrains et dans un temps assez réduit (4h30 par valeur initiale testée).

3.6 Bilan
A partir de l’expérience acquise en conditions axisymétriques et en déforma-
tions planes, une synthèse des résultats obtenus est présentée en donnant, pour
chaque ensemble de paramètres, les mesures qu’il est nécessaire de réaliser
pour les identifier. Le but est de fournir des tableaux récapitulatifs pour aider à
la définition d’un programme d’auscultations en phase projet. Ces tableaux ré-
capitulatifs permettront de choisir les auscultations à réaliser durant la cons-
truction en fonction des paramètres sur lesquels des incertitudes résident mal-
gré les essais qui ont pu être effectués.

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3.6.1 En élasticité
En axisymétrie, les deux paramètres ont une influence sur les variables obser-
vables. En déformations planes, seuls le module d’Young et le taux de déconfi-
nement influençent les variables observables. Les auscultations nécessaires à
l’identification des paramètres E, ν et λ sont répertoriées dans le Tableau 26 en
fonction des paramètres recherchés et de la méthode d’optimisation envis agée.

Tableau 26 –Mesures requises pour l’identification des paramètres élastiques


Paramètres Gradient Stratégies
évolutives
1 para. E, ν ou λ Convergences Pas nécessaire
2 para. E et ν Convergences + autres mesures Convergences
(extrusion, déplacements le
long des 2 extensomètres ra-
diaux, pressions radiales en pa-
roi ou contraintes dans le ter-
rain)
E et λ Convergences + déplacements Convergences
le long de l’extensomètre en clé
de voûte ou pressions radiales
en paroi
λ et ν Convergences + déplacements Convergences
le long de l’extensomètre en
piédroit ou pressions radiales
en paroi
3 para. E, λ et ν Convergences + déplacements Convergences
le long des 2 extensomètres ra-
diaux + pressions radiales en
paroi

Les mesures de convergence suffisent pour identifier E, ν ou λ.


Lorsque deux paramètres sont inconnus, les mesures nécessaires varient selon
la méthode utilisée. Le choix de la méthode dépend du temps disponible. Si
l’identification est faite en temps réel, alors une méthode déterministe comme
celle du gradient pourra être privilégiée. Mais, avec cette dernière, il est néces-
saire de disposer de mesures complémentaires à celles de convergences pour
identifier deux paramètres. En revanche, avec l’autre technique, ces mesures
seules suffisent. Pour l’identification de trois paramètres, seules les mesures de
convergences suffisent avec les stratégies évolutives alors qu’avec l’autre mé-
thode, des mesures de déplacements dans le massif et de pressions radiales sont
nécessaires. Finalement, les pressions radiales apparaissent nécessaires uni-
quement quand une méthode d’optimisation déterministe est envisagée et que
les trois paramètres sont inconnus. Or, ces mesures étant peu fiables en pra-
tique, il est difficile de déterminer ces trois paramètres avec une méthode d é-
terministe. Si les trois paramètres sont inconnus, il est préférable de recourir à

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 170 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

une méthode probabiliste telle que celle basée sur les stratégies évolutives et
utilisée dans cette étude.

3.6.2 En élastoplasticité
En axisymétrie, les trois paramètres E, C et φ ont une influence sur les va-
riables observables. Seuls ces trois paramètres peuvent être déterminés. En re-
vanche, en déformations planes, l’angle de dilatance ψ influence les déplace-
ments calculés au niveau de l’extensomètre situé en clé de voûte, les mesures
de pressions et les mesures de contraintes mais pas les mesures de conver-
gences et de tassements des plots. Seuls les cinq paramètres E, C, φ, ψ et λ
peuvent être identifiés. Les mesures nécessaires à l’identification des diffé-
rents paramètres sont répertoriées dans le Tableau 27.
Les mesures de convergences sont suffisantes pour identifier un paramètre avec
la méthode déterministe quel que soit le modèle considéré et le paramètre i n-
connu.
Si deux paramètres doivent êtres identifiés, il ne paraît pas nécessaire de réal i-
ser des mesures moins courantes comme des mesures de pressions radiales ou
de contraintes axiales et orthogonales dans le massif. En effet, ces mesures
n’apportent aucune information supplémentaire que ce soit avec la modélisa-
tion en conditions axisymétriques ou en déformations planes. Par contre, les
mesures d’extrusions apportent beaucoup d’informations. En effet, à partir des
mesures de convergences et d’extrusions tous les couples sont identifiés en axi-
symétrie avec la méthode déterministe sauf le couple (C,φ).
Si trois paramètres ou plus sont inconnus, les trois paramètres E, C et φ ne sont
pas identifiés en axisymétrie quelles que soient les mesures utilisées. La réali-
sation de mesures de contraintes n’est pas utile car ces mesures n’apportent au-
cune information complémentaire.
En déformations planes, dans le cas où plus de deux paramètres sont inconnus,
il peut s’avérer nécessaire de réaliser des mesures de pressions radiales en pa-
roi et de contraintes au sein du massif. En effet, avec la méthode probabiliste, il
est possible d’identifier les quatre paramètres E, C, φ et λ à partir de
l’ensemble des mesures envisagées (convergence, nivellement, déplacements
axiaux le long des deux extensomètres, pressions radiales en paroi et co n-
traintes axiales et orthogonales dans le massif).
L’identification des quatre paramètres E, C, φ et λ avec la méthode détermi-
niste et la modélisation en déformations planes est possible en deux temps et
avec l’ensemble des mesures testées soient des mesures traditionnelles et des
mesures plus spécifiques. Cette identification est donc peu réalisable en pra-
tique.
L’utilisation conjointe d’une modélisation d’une section en déformations
planes et en conditions axisymétriques permet de déterminer les quatre par a-
mètres E, C, φ et λ en utilisant uniquement des mesures courantes en travaux
souterrains (convergences, nivellement, extrusions et déplacements le long de
deux extensomètres radiaux).

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 171 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

Tableau 27 – Mesures requises pour l’identification des paramètres en élastoplasticité


Paramètres Gradient Stratégies évolutives
1 para. E, C, - Convergences ou Pas nécessaire
φ, λ déplacements le long d’un
et ψ extensomètre radial
2 para. Axi. - Convergences + extru- - Convergences =
sions tous couples de
= tous couples de para- paramètres
mètres sauf (C,φ)
- Convergences + extru-
sion + déplacements le
long de l’extensomètre ra-
dial = (C,φ)
DP - Convergences + dépla- - Convergences =
cements le long des deux (E,φ) ; (C,λ)
extensomètres radiaux = -Déplacements le
tous couples long des deux
extensomètres
radiaux = (φ,λ)
3 para. ou Axi. - rien - Aucune
plus amélioration
DP - Déplacements le long des -Convergences +
deux déplacements le long
extensomètres radiaux = des deux
(E,C,ψ) extensomètres
- Convergences + dépla- radiaux +
cements le long des deux contraintes axiales et
extensomètres radiaux orthogonales + pres-
=(E,C,λ) ; (E,φ,λ) ; sions radiales =
(C,φ,λ) (E,C,φ,λ)
- Convergences +
déplacements le long des
deux extensomètres
radiaux + contraintes
axiales et orthogonales =
(E,C,φ)
Axi. - Convergences + extru- Pas nécessaire
+ DP sion + déplacements le
long de deux extenso-
mètres radiaux = (E,C,φ,λ)

5. Conclusion
Dans cette étude où le modèle de comportement simule parfaitement le com-
portement de l’ouvrage et où les mesures ne sont pas entachées d’erreurs (me-

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 172 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

sures simulées numériquement à partir du jeu de paramètres de référence re-


cherché), l’analyse inverse a montré une aptitude. Même en introduisant des er-
reurs sur les mesures, les résultats obtenus sont identiques.
Ce chapitre sur la validation de l’analyse inverse a permis tout d’abord de mon-
trer le bon fonctionnement du couplage entre le logiciel d’optimisation et le
code de calcul grâce à l’étude réalisé sur les essais triaxiaux. A partir de deux
essais triaxiaux il est possible d’identifier les cinq paramètres du modèle de
comportement élastoplastique avec un critère de rupture de Mohr-Coulomb. A
partir de deux essais pressiomètriques, seuls les trois paramètres E, C et φ peu-
vent être identifiés. En pratique, les deux autres, ν et ψ, ayant peu d’influence
sur les résultats, sont généralement fixés.
Ensuite, l’étude sur le creusement d’un tunnel en déformations planes et en
condition axisymétrique, a permis de déterminer quelles étaient les mesures né-
cessaires pour l’identification de paramètres. Les résultats obtenus constituent
une aide précieuse pour la définition d’un programme d’auscultations en phase
projet. Ainsi, les auscultations à envisager sont déterminées à partir des para-
mètres sur lesquels des incertitudes importantes existent. L’angle de dilatence
et le coefficient de Poisson peuvent donc être fixés.
Il faut retenir qu’à partir des deux modélisations bidimensionnelles et unique-
ment avec des mesures traditionnelles réalisées en travaux souterrains, il est
possible de déterminer la valeur des quatre paramètres E, C, φ et λ avec une
bonne précision. L’intérêt des mesures d’extrusion est souligné. Les cas pour
lesquels un recours à une méthode basée sur les stratégies évolutives est préfé-
rable ont également été mis en évidence.
L’apport de mesures plus spécifiques telles que des mesures de contraintes
dans le massif ou des mesures de pressions radiales en paroi est limité. De plus,
les mesures de contraintes dans le massif ne sont pas réalisées aujourd’hui et
les mesures de pressions radiales sont très difficiles à réaliser.
Cette étude permet de définir les paramètres identifiables par analyse inverse
en fonction des auscultations disponibles. Les résultats obtenus seront utilisés
pour identifier les paramètres rencontrés au niveau de quelques sections du
tunnel de Bois de Peu retenues à l’issue du chapitre 5.

Partie 3 : Outils numériques et analyse de la capacité théorique de - 173 -


l’analyse inverse

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Chapitre 7 : Capacité théorique de l’analyse inverse à identifier les paramètres mécan iques
des sols

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l’analyse inverse

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Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode ob-
servationnelle à la construction d’un tunnel

PARTIE IV : Méthodologie proposée


pour l’application de la méthode
observationnelle à la construction d’un
tunnel

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Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode ob-
servationnelle à la construction d’un tunnel

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Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode ob-
servationnelle à la construction d’un tunnel

Une démarche d’application de la méthode observationnelle pendant la réalis a-


tion d’un tunnel est proposée. Celle-ci s’appuie sur les approches de Peck
(1969), de Powderham (1994) et de l’Eurocode 7 (1997) présentées dans le cha-
pitre 1. La démarche proposée est applicable pour les ouvrages où la méthode
observationnelle est instaurée dés la phase projet. Il s’agit d’un cas d’application
« ab initio » (cf. chapitre 1). Cette démarche peut être appliquée dés lors que les
conditions d’application de la méthode observationnelles définies par Peck
(1969) sont vérifiées (incertitudes sur la géologie, incertitudes sur les paramètres
de sol, gain économique perceptible sans remettre en cause la sécurité de
l’ouvrage, …). Une étude de faisabilité technique et économique doit être menée
au moment de l’étude préliminaire. Cette étude doit comparer les avantages et
les inconvénients de recourir à la méthode observationnelle par rapport à la mé-
thode traditionnelle.
Une démarche similaire à celle mise en place lors de la construction du tunnel de
Toulon (annexe 1) reposant sur le tracé de fuseaux aurait pu être adopté. Mais,
celle-ci nécessitant de disposer de suffisamment de sections de mesures proches
les unes des autres dans un même type de terrain et avec le même profil de so u-
tènement n’a pas été retenue.
La démarche proposée définie un outil de pilotage pour la réalisation. Cet outil
consiste à partir des valeurs mesurées, à situer graphiquement le scénario dans
lequel se trouve l’ouvrage. Il nécessite de tracer des graphiques où figure pour
chaque profil l’étendue possible de son domaine d’application. L’utilisation de
cet outil combiné au recours à des techniques d’analyses inverses permet de gui-
der la réalisation.
Le chapitre 8 présente l’outil de pilotage défini et l’apport de l’analyse inverse
dans le choix d’une adaptation et dans la démarche globale d’application de la
méthode observationnelle. Les différentes étapes nécessaires à la construction de
l’outil de pilotage sont détaillées avant de présenter la démarche à suivre pour
appliquer l’outil sur le terrain.
Le chapitre 9 présente l’application de l’outil de pilotage au projet support et
expose les résultats obtenus par analyse inverse sur les sections de mesures les
plus représentatives.

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse in-
verse

Chapitre 8 : Proposition d’un outil de


pilotage et apport de l’analyse
inverse
1. Introduction ................................................................................................... 180
2. Les étapes nécessaires à la construction de l’outil de pilotage ........................ 180
2.1 Les quantités à observer pendant les travaux ............................................................. 181
2.2 La détermination des seuils d’alerte et de vigilance ................................................... 181
2.3 L’identification des situations possibles et des états correspondants .......................... 182
2.4 La représentation graphique du domaine d’utilisation de chaque profil et des scénarios 183
3. Utilisation de l’outil de pilotage sur le terrain .................................................... 186
3.1 Le processus de suivi ................................................................................................ 186
3.2 Le processus d’adaptation du soutènement ................................................................ 188
3.2.1 Les données nécessaires .................................................................................... 189
3.2.2 Principe de fonctionnement du processus d’adaptation proposé .......................... 190
3.2.3 Apport de l’analyse inverse dans la démarche globale d’application proposée .... 192
3. Synthèse de la méthodologie et conclusion ..................................................... 195

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 179 -


vationnelle à la construction d’un tunnel

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

1. Introduction
La méthodologie proposée a pour objectif la définition d’un outil de pilotage de
la réalisation à utiliser durant la construction d’un tunnel. Dans la démarche
proposée, l’utilisation des mesures est double. Elles servent aussi à vérifier que
le comportement de l’ouvrage se situe dans les limites admissibles.
L’utilisation de l’outil de pilotage proposé doit permettre de décider d’une ada p-
tation de la conception à l’avancement (entre autres, le profil de soutènement et
la méthode de creusement). Pour faciliter le choix d’une adaptation, le d omaine
d’utilisation possible de chaque type de soutènement envisagé est représenté
graphiquement. Les valeurs mesurées sont reportées sur les représentations gra-
phiques. Elles permettent de visualiser directement le scénario dans lequel se
trouve l’ouvrage à un instant donné de la construction.
Le tracé du domaine d’utilisation possible de chaque soutènement demande
d’identifier l’ensemble des situations possibles. Pour chaque situation identifiée,
un calcul numérique est réalisé afin de déterminer le niveau de déformation et de
contrainte atteint par l’ouvrage. De nombreux modèles numériques bidimen-
sionnels doivent donc être réalisés et une réflexion doit être menée afin de r e-
chercher l’ensemble des situations qui peuvent être rencontrées pendant la cons-
truction de l’ouvrage.
L’analyse inverse permet d’identifier le scénario dans lequel se situe l’ouvrage.
L’utilisation de ce moyen, en complément des représentations graphiques, pe r-
met d’évaluer plus précisément les paramètres des terrains rencontrés et donc de
mieux connaître les conditions réelles de déformations et de chargement de
l’ouvrage avant de décider d’une adaptation de la conception.

2. Les étapes nécessaires à la construction de l’outil de pilotage


Les étapes préalables à l’élaboration de l’outil de pilotage, définies pour cer-
taines par Nicholson et al. (1999) dans les phases préparatoires et de suivi sont :
 La réalisation de reconnaissances géotechniques suffisantes avant le début de
la construction qui permettent de définir les types de terrains attendus et de les
localiser le long du linéaire du tunnel. La localisation sera précisée à
l’avancement par des sondages de reconnaissances effectués à l’avancement
du front de taille. A l’issue des reconnaissances géotechniques, les caractéris-
tiques les plus probables et les plus défavorables doivent être définies pour
chaque type de terrain identifié. A ce stade, les incertitudes sont identifiées et
le choix d’appliquer la méthode observationnelle est entériné.
 La définition de profils types de soutènement et de creusement adaptés à cha-
cun des jeux de caractéristiques définis pour chaque type de terrain attendu.
Un profil de soutènement et de creusement est déterminé pour chaque type de
terrain identifié et pour chacun des deux jeux de caractéristiques. A ce stade,
l’apport de la méthode observationnelle est réévalué.
 L’identification des limites admissibles du comportement de l’ouvrage.

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode - 180 -


observationnelle à la construction d’un tunnel

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

 Le choix des quantités à observer pendant les travaux et la définition d’un


programme d’auscultations adapté (dispositif de mesure, fréquence de me-
sure, répartition des profils de mesures,…).
 La détermination de la nature et de la valeur des seuils de vigilance et d’alerte
pour l’ouvrage.
 L’identification des situations pouvant être rencontrés par chaque profil type
de soutènement et de creusement pendant la construction de l’ouvrage.
L’ensemble des états correspondant à chacune des situations est déterminé à
partir de calculs numériques réalisés avec les deux jeux de caractéristiques dé-
finies et les autres combinaisons possibles de paramètres (étendue des para-
mètres géométriques par profil : hauteur de couverture, pas d’avancement,…).
 La représentation graphique de l’ensemble des scénarios par profil de soutè-
nement et par jeu de caractéristiques mécaniques.
Les étapes 4 à 7 sont détaillées ci-dessous.

2.1 Les quantités à observer pendant les travaux


Les quantités à observer dépendent du type de terrain traversé et du contexte. Le
programme d’auscultation doit répondre à deux objectifs qui sont :
 De disposer de mesures directement comparables aux seuils de déformations
ou de contraintes retenus.
 De disposer de mesures adaptées pour remonter aux valeurs des propriétés
mécaniques inconnues des terrains rencontrés au moyen de techniques
d’analyses inverses. Pour cela, l’outil d’aide à la définition du programme
d’auscultation présenté au chapitre 7 doit être utilisé.
Le programme d’auscultation est défini en fonction des quantités à observer par
type de terrain et doit prévoir des dispositifs d’auscultations permettant de me-
surer les quantités choisies en quantités suffisantes et avec le niveau de préci-
sion exigé. La précision des appareils, la fréquence des mesures et la répartition
des profils de mesure doivent répondre au besoin.

2.2 La détermination des seuils d’alerte et de vigilance


Des seuils de déformations et de contraintes sont retenus.
Les quatre niveaux de déformations proposés sont les suivants, où U représente
la convergence de la paroi et r le rayon équivalent du tunnel :
 U/r < 0,25 %
 0,25 % < U/r < 0,5 %
 0,5 % < U/r < 1 %
 U/r > 1 %

Les valeurs proposées sont déduites des valeurs moyennes de convergence rela-
tive U/r constatées dans les cas habituels où la convergence des parois est conte-
nue par un mode de soutènement approprié et mis en place en temps voulu. Les
valeurs moyennes constatées pour U/r sont comprises entre 0,1 et 1 % en fonc-
tion de la rigidité du soutènement (Allagnat, 2005).

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode - 181 -


observationnelle à la construction d’un tunnel

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

Pour un ouvrage dans un type de terrain donné, la valeur des niveaux de défor-
mations peut être affinée si des résultats d’essais permettant de mieux com-
prendre le comportement du terrain sont disponibles et après la réalisation de
modèles numériques.
Les valeurs de 0,25, 0,5 et 1% pour U/r correspondent à trois types de seuils : un
seuil bas, un seuil de vigilance et un seuil d’alerte.
Le seuil bas correspond à une valeur en dessous de laquelle il convient de mod i-
fier le procédé de creusement (diminution du pas) ou si nécessaire d’alléger le
profil de soutènement voire de changer de profil (profil plus souple) afin
d’optimiser au maximum le dimensionnement et ainsi diminuer le coût de
l’ouvrage.
Le seuil de vigilance correspond à une valeur au-delà de laquelle une analyse
plus fine des mesures et de leur évolution doit être faite. Il porte donc sur la va-
leur cumulée de déformations mais aussi sur la vitesse de déformations. En cas
de dépassement, une vigilance renforcée s’impose. Des modifications peuvent
être mises en place.
En cas de dépassement du seuil d’alerte, la construction est arrêtée. L’ouvrage
est renforcé avant de continuer la construction. Le procédé de construction est
adapté pour les phases suivantes (modification de la longueur du pas
d’excavation, changement de profil : profil plus rigide pour limiter les déforma-
tions, …).
Le niveau de contrainte retenu est le suivant, où σ correspond à la contrainte
existante dans l’élément de structure considéré et σadm à la contrainte admissible
dans cet élément :
 σ / σadm = 100 %
La contrainte admissible dans les éléments de structure dépend du taux de travail
maximal admis pour l’élément. Dans le cas d’un soutènement mixte des parois
composé de béton projeté et de cintres en acier, les contraintes existantes dans
les cintres et dans le béton sont comparées respectivement aux contraintes ad-
missibles de l’acier et du béton si les deux contraintes sont mesurées. A titre
d’exemple, un taux de travail de 75 % pourra être considéré dans l’acier et le b é-
ton.
Cette valeur correspond à un seuil d’alerte. Elle délimite une zone au-delà de la-
quelle la contrainte admissible dans l’élément de structure est dépassée. Dans le
cas du dépassement de ce seuil, la construction est arrêtée et l’ouvrage est ren-
forcé. Le procédé de construction est adapté pour les phases suivantes (modifi-
cation de la longueur du pas d’excavation, changement de profil : profil plus
souple pour réduire le chargement des éléments de structure, …).

2.3 L’identification des situations possibles et des états


correspondants
Avant le début des travaux, l’ensemble des états dans lesquels l’ouvrage peut se
trouver doit être identifié. Les anomalies qui peuvent se produire doivent éga-
lement être recensées. Pour rappel, un état correspond au niveau de déformations
et de contraintes atteints par l’ouvrage en fonction de plusieurs paramètres (type

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode - 182 -


observationnelle à la construction d’un tunnel

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

de soutènement, type de terrain, pas d’avancement, hauteur de couverture). Les


paramètres définissent une situation. Les états sont regroupés dans différents
scénarios. L’ensemble des situations possibles doit donc être défini pour chaque
profil de soutènement et de creusement retenus. Pour cela, pour chaque profil et
chaque jeu de caractéristiques, les plages de variations possibles pour les autres
paramètres sont étudiées. Une analyse et une réflexion sur l’étendue des varia-
tions géométriques possibles pour chaque profil (pas de creusement, ha uteur de
couverture,…) est donc nécessaire.
Afin de déterminer l’ensemble des états, une étude paramétrique est réalisée à
l’aide de calculs numériques bidimensionnels en déformation plane pour chaque
profil et pour les deux jeux de caractéristiques mécaniques. Les paramètres qui
varient sont entre autres la hauteur de couverture rencontrée où il est prévu de
mettre en place le type de soutènement étudié et le pas d’excavation possible
pour ce profil de soutènement. L’exploitation des résultats des calculs numé-
riques permet de déterminer l’état atteint par l’ouvrage dans chacune des situa-
tions étudiées. Le déplacement total en clé de voûte et en piédroit est obtenu. Le
rapport entre le double du déplacement et le rayon équivalent du tunnel doit être
calculé et comparé aux valeurs de seuils de déformations. De même, la con-
trainte maximale dans le soutènement est obtenue et directement comparée à la
contrainte admissible du béton dans le cas d’un soutènement en béton projeté.
Dans le cas d’un soutènement mixte des parois composé de béton projeté et de
cintres, le modèle numérique considère un soutènement homogène avec des pro-
priétés équivalentes. Il faut alors calculer, à partir de la contrainte maximale
équivalente obtenue, la contrainte dans les cintres et la contrainte dans le béton
et les comparer aux contraintes admissibles de l’acier et du béton. Chaque sc é-
nario est alors défini par rapport au seuil de contrainte retenu.

2.4 La représentation graphique du domaine d’utilisation de chaque


profil et des scénarios
Les représentations graphiques sont tracées par profil et par jeu de caractéris-
tiques une fois l’ensemble des situations, des états et des scénarios correspon-
dants identifiés. Un exemple de graphique est illustré en Figure 1.
Chaque graphique comporte :
 En abscisse : le pas de creusement.
 En ordonnée : la valeur mesurable du déplacement étudié (déplacement en clé
de voûte ou en piédroit) et non le déplacement total afin que chaque état me-
suré puisse être immédiatement situé sur les graphiques durant les travaux. Ce
n’est donc pas le rapport entre la convergence totale ou le déplacement total
maximum des parois et le rayon équivalent qui est reporté en ordonnée mais
la différence entre la valeur du déplacement calculée à une distance x du front
et la valeur du déplacement calculée à la pose du soutènement (u(x) – u(d)).
Cette différence est illustrée en Figure 2 pour la convergence radiale des pa-
rois UR. La première mesure est supposée faite à la pose du soutènement. Le
déplacement mesuré pendant la construction u étant soit le déplacement verti-
cal à la clé de voûte soit le déplacement horizontal au niveau des piédroits,
deux graphes doivent être tracés : l’un avec le déplacement vertical en clé de

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode - 183 -


observationnelle à la construction d’un tunnel

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

voûte reporté en ordonnée et le deuxième avec le déplacement horizontal au


niveau des piédroits.
 Des courbes représentant les seuils de déformations et de contraintes définies
au § 2.2. Pour tracer les courbes, des calculs numériques sont réalisés. On fait
varier, pour chaque pas d’avancement et pour un jeu de caractéristiques fixé,
la hauteur de couverture jusqu’à obtenir la valeur de déplacement égale aux
différents seuils de déformations et de contrainte retenus pour l’ouvrage. Il est
aussi possible également de situer sur le graphique des isovaleurs de hau-
teurs de couvertures (Figure 3). La valeur du taux de déconfinement intro-
duite dans les calculs est déterminée à partir de la formule de Corbettta. On
cherche les hauteurs de couverture qui conduisent pour chaque pas à un rap-
port entre le déplacement maximal des parois à l’équilibre et le rayon équiva-
lent égal à 0,125, 0,25 et 0,5 %. Ce déplacement est lu dans les résultats des
calculs numériques réalisés. La valeur mesurable des déplacements corres-
pondant (u équilibre - u(d)) est alors reportée sur le graphique. On obtient ainsi
plusieurs points en faisant varier le pas d’avancement qui permettent de tracer
les courbes. Une courbe est obtenue pour chaque seuil. Au total, quatre
courbes qui délimitent quatre zones (ou quatre scénarios) sont obtenues. déli-
mitant les zones 1 à 4. La plage de variation du pas d’avancement correspond
à celle identifiée pour le profil considéré.

Valeur mesurable du déplacement u(x)-u(d)


Domaine d’utilisation possible
du profil : zone 1 à 3

Zone 4 : seuil d’alerte dépassé


Zone 4

/admissible=r

U/r=1 %
Zone 3

U/r=0,5 %
Zone 2

U/r=0,25 %
Zone 1

Pas d’avancement (m)


minimum maximum

Figure 1 – Représentation graphique du domaine d’utilisation d’un profil de soutèn e-


ment

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode - 184 -


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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

Quatre représentations graphiques sont réalisées par profil : une par type de ca-
ractéristiques (les plus probables ou les plus défavorables) et une par type de
déplacement (déplacement mesurable en piédroit ou en clé de voûte).
Après le dépouillement des mesures et le report des valeurs mesurées sur le gr a-
phique correspondant, la situation de l’ouvrage à un instant donné de la con s-
truction est perceptible. Une zone et une hauteur de couverture sont identifiées.
L’utilisation pratique de l’outil de pilotage sur le terrain durant la construction
d’un tunnel est détaillée ci-après.
Les zones sont les suivantes :
 La zone 1: le scénario est tel que le seuil bas n’est pas dépassé. La section se
déforme peu. Le soutènement doit être adapté (changement de profil ou allè-
gement du profil). Les zones 1 et 2 sont délimités par la courbe correspondant
aux seuils bas en déformations (U/r=0.25 % ou u/r=0.125 %).
 La zone 2 : le scénario est tel que le seuil bas est dépassé mais que le seuil de
vigilance en déformations (U/r=0.5 % ou u/r=0.25 %) n’est pas atteint. La
section se déforme légèrement. Le profil doit être adapté (diminution du pas
d’avancement, diminution de la rigidité du soutènement : diminution de la
densité de boulonnage par exemple…) afin de se rapprocher de la zone 3 pour
et ainsi optimiser d’avantage la conception.
 La zone 3 : le scénario est tel que les seuils bas et de vigilance sont dépassés.
La déformation de la section est importante (déformation u/r supérieure à 0,25
%). Il faut être vigilant et vérifier, avec les mesures précédentes et suivantes,
que le scénario ne chemine pas vers la zone 4. Si l’évolution des mesures
laisse présager le dépassement du niveau d’alerte pour les phases suivantes, le
soutènement est adapté (changement de profil ou augmentation du pas de
creusement, augmentation de la rigidité du soutènement : augmentation de la
densité de boulonnage, …) pour l’éviter. Les zones 3 et 4 sont délimités par
les deux courbes correspondant aux seuils d’alerte en déformations (U/r=1 %
ou u/r=0.5 %) et en contraintes (σ / σadm = r).
 Zone 4 : le niveau d’alerte en déformation ou en contrainte est dépassé. La ré-
sistance de la structure est menacée. Le chantier est arrêté et des dispositions
permettant de renforcer l’ouvrage sont prises afin de sécuriser le chantier
avant de poursuivre l’excavation. Un autre dispositif de soutènement est adop-
té pour les pas suivants d’excavation.

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

σR

σ0
Courbe caractéristique du terrain

Courbe caractéristique du soutènement

σr équilibre

UR
UR(d) UR équilibre σ0R/2G
ΔUR
ΔUR= UR(x)-UR(d)
UR équilibre – UR(d)

Figure 2 – Illustration de la différence u R (x) – u R(d) et u R équilibre -u R (d) à partir de la


courbe de convergence-confinement en élasticité

3. Utilisation de l’outil de pilotage sur le terrain


Deux processus doivent être distingués dans l’outil de pilotage sur le terrain :
 Le processus de suivi,
 Le processus d’adaptation de la conception.

3.1 Le processus de suivi


Le processus de suivi comporte plusieurs étapes. L’objectif est de déterminer le
scénario dans lequel se trouve l’ouvrage à un instant donné de la construction
grâce au report des valeurs mesurées sur les représentations graphiques. Le prin-
cipe de fonctionnement des représentations graphiques est simple.
Tout d’abord, il faut savoir quels graphiques utiliser. Pour cela, il faut identifier
le soutènement mis en place et évaluer les propriétés mécaniques du terrain ren-
contré (à savoir s’il s’agit plutôt des caractéristiques les plus probables ou les
plus défavorables). Les graphes correspondants sont alors choisis.
Puis, à partir de la valeur mesurée sur le terrain en clé de voûte et en piédroit et
en connaissance du pas d’avancement adopté, le scénario correspondant est
identifié sur chacun des deux graphiques.
Par exemple, pour une valeur mesurée de 4,5 mm avec un pas d’avancement de
2 mètres (point A en Figure 3), le scénario se situ dans la zone 3. Cela signifie
que le seuil de vigilance est dépassé. Dans ce cas, il est nécessaire d’augmenter
la fréquence des mesures et de suivre avec attention leur évolution pour que les
scénarios suivants ne soient pas dans la zone 4. Si l’évolution pressentie des me-

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

sures est telle qu’elle laisse présager que les scénarios suivants seront dans la
zone 4 alors la conception doit être adaptée.
Les informations fournies donnent aussi des indications sur la qualité du terrain
rencontré. Pour cela, il faut regarder la hauteur de couverture correspondante i n-
diquée sur le graphe. Le graphe utilisé a été tracé avec l’un des deux jeux de c a-
ractéristiques. Donc, si la hauteur de couverture présente au niveau de la section
est supérieure à la hauteur lue sur le graphe alors les caractéristiques du terrain
rencontré sont de meilleure qualité que le jeu retenu pour tracer le graphe. Il se
peut également que cet écart soit lié au fait que la section de mesure n’est pas
suffisamment éloignée du front pour que l’équilibre terrain/soutènement soit a t-
teint. Pour cela, il est nécessaire de regarder, en parallèle, l’évolution des me-
sures de la section.
En revanche, si la hauteur de couverture présente est inférieure à la hauteur lue
sur le graphe, le terrain rencontré a des caractéristiques mécaniques plus faibles
que celui considéré pour les calculs.

Valeur mesurable du déplacement u(x)-u(d)

8
Zone 4

/admissible=r
6

4,5 U/r=1 %
Zone 3 A
4 H=100 m

U/r=0,5 %
Zone 2

2 H=50 m

U/r=0,25 %
Zone 1

Pas d’avancement (m)


0
1 2,5
2
Figure 3 – Principe d’utilisation des graphes

Si le graphe révèle que les caractéristiques réelles du terrain rencontré sont meil-
leures que celles utilisées pour le tracé, il faut s’assurer que la charge réelle du
soutènement ne dépasse pas la charge admissible. En effet, avec de meilleures

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

caractéristiques, le seuil d’alerte en contrainte reporté sur le graphique n’est plus


valable. Il est atteint pour des déplacements mesurés plus faibles. La vérification
peut se faire soit en utilisant un autre graphe tracé à partir de meilleures caracté-
ristiques, soit à partir d’un recours à l’analyse inverse pour remonter aux para-
mètres réels du terrain rencontrés et ainsi recalculer le chargement réel du so u-
tènement. La première solution est beaucoup plus rapide que la deuxième. Elle
est donc à privilégier, d’autant plus que dans le cadre de l’application de la mé-
thode observationnelle, deux jeux de paramètres sont définis.
Les graphes présentés sont très utiles pendant le creusement d’un tunnel car ils
sont simples d’utilisation et ils permettent de situer rapidement le scénario pr é-
sent. Mais, il faut rester conscient des hypothèses qui ont été prises pour les tr a-
cer.
Un seul seuil concernant le chargement du soutènement est retenu dans la dé-
marche proposée afin d’aboutir à une représentation graphique relativement
simple d’utilisation. La définition de plusieurs seuils de contraintes en plus des
différents seuils de déformations complexifierait la démarche. En revanche, en
fonction des spécificités du projet, il peut être plus adapté d’adopter plusieurs
seuils de contraintes et un seul seuil de déformations. Cela serait adapté par
exemple aux terrains rocheux où des efforts importants sont repris dans les élé-
ments de structure et où les déformations sont faibles.
Les informations fournies par les graphes sur la qualité du terrain rencontré ne
sont que qualitatives. Pour avoir des informations quantitatives, le recours à des
procédés d’analyse inverse reste indispensable. Cela s’inscrit dans la démarche
globale du processus d’adaptation du soutènement.

3.2 Le processus d’adaptation du soutènement


Pour décider d’une adaptation du soutènement, les données d’entrées nécessaires
sont :
 Le type de profil
 Le pas d’avancement
 La hauteur de couverture
 Le type de terrain attendu
 Les reconnaissances à l’avancement et les levés de front
 Les mesures traditionnelles (courbes de convergence et de nivellement) et les
mesures spécifiques (déformations en avant du front de taille, …).
Les quatre premières données, relatives à la géométrie de l’ouvrage et du site et
au type de terrain attendu sont connues. Le type de terrain attendu est déterminé
à l’issue des reconnaissances géotechniques. Les autres données sont recueillies
au fur et à mesure de l’avancement de la construction. Ces données sont détail-
lées ci-après.
Les moyens disponibles pour guider le choix d’une adaptation sont les graphes
présentés auparavant et des logiciels de calculs numériques couplés à des algo-
rithmes d’optimisation.

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

3.2.1 Les données nécessaires

3.2.1.1 Les reconnaissances à l’avancement et levés de front


Les reconnaissances à l’avancement et les levés de front donnent des informa-
tions qualitatives sur le terrain que l’on est amené à rencontrer lors du creus e-
ment des passes suivantes ainsi que des informations sur la géologie (présence
de failles, orientation des plis, …). Le résultat des reconnaissances permet de se
prononcer sur la conformité du terrain avec le terrain attendu pour les pas su i-
vants de construction et donc d’utiliser le graphique adéquat. L’expérience du
géologue qui réalise le levé de front est aussi un élément clé pour l’évaluation de
la qualité du terrain.
Les informations recueillies, complémentaires aux autres mesures, peuvent pe r-
mettre de mieux comprendre l’évolution des valeurs mesurées. Elles peuvent
également fournir la cause des anomalies constatées dans le cas d’une évolution
anormale des mesures.

3.2.1.2 Les mesures traditionnelles et spécifiques


L’observation des mesures traditionnelles et l’utilisation des représentations
graphiques permettent de situer le scénario dans lequel se trouve l’ouvrage à
l’instant t.
L’observation des mesures spécifiques peut permettre de détecter des anomalies
ou d’expliquer la cause des anomalies survenues. Les mesures spécifiques sont
complémentaires aux mesures traditionnelles. Des mesures de déformations en
avant du front de taille permettent d’obtenir des informations sur la qualité du
terrain en avant du front de taille et de mettre en évidence le besoin d’augmenter
le soutènement du front de taille (augmentation de la densité de boutonnage de
front, augmentation de l’épaisseur de béton projeté au niveau du front, passage à
un creusement en demi sections, …).
Les mesures d’une section à l’instant t doivent être reliées aux mesures réalisées
aux instants précédents afin de détecter la présence d’une évolution anormal e
des mesures d’une section. A minima, il faut reporter sur un graphique les me-
sures d’une section en fonction de la distance au front de taille pour visualiser
facilement l’évolution des mesures. Une augmentation brutale de la pente peut-
être mise en évidence. Celle-ci peut avoir lieu dans la zone proche du front ou
au contraire loin du front traduisant dans ce cas un réamorçage de la conver-
gence ou du tassement. La détection d’une telle anomalie doit amener à la re-
cherche de sa cause et à la mise en place d’une action de modification ou
d’urgence si nécessaire qui peut être la pose de sections de mesure suppléme n-
taires, l’augmentation de la fréquence des mesures ou la modification du profil.
L’action à envisager dépend de l’anomalie détectée (réduction ou augmentation
du pas d’avancement, boulonnage des piédroits si valeur anormale en piédroit,
pose du soutènement plus près du front …).
Le scénario identifié à l’instant t doit également être relié aux scénarios précé-
dents pour voir dans quelle direction l’ouvrage évolue (si les scénarios se rap-
prochent de la zone 3 ou de la zone 4 ou au contraire s’ils s’en éloignent). Le

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

chemin suivi doit être reporté sur les représentations graphiques comme présenté
en Figure 4.
Pour l’exemple présenté, l’évolution du scénario est tracée entre les instants t -3
et t. A l’instant t-3, le scénario est dans la zone 2. Les profils de creusement et
de soutènement sont conservés pour le pas suivant d’excavation. A l’instant t-2,
le scénario est situé dans la zone 3. L’évolution des mesures entre les instants t -
3 et t-2 est faible et ne laisse pas présager un dépassement du seuil d’alerte pour
le prochain scénario donc aucune modification n’est apportée à la conception.
En revanche, à l’instant t-1, le scénario est encore dans la zone 3 mais cette fois
l’évolution des mesures entre l’instant t-1 et l’instant t-2 laisse présager un dé-
passement du seuil d’alerte pour le scénario suivant. La section est renforcée.
Un autre profil de soutènement est adopté pour le pas d’excavation suivant.
L’utilisation du graphe correspondant à ce nouveau profil de soutènement pe r-
met de situer le scénario à l’instant t.
Valeur mesurable du déplacement u(x)-u(d)

Zone 4

/admissible = r

t-1 U/r=1 %
Zone 3
Changement de profil
t-2 (autre graphe)
t-3 U/r=0,5 %
Zone 2

U/r=0,25 %
Zone 1

Pas d’avancement (m)


minimum maximum

Figure 4 – Exemple de chemin suivi

3.2.2 Principe de fonctionnement du processus d’adaptation proposé


Le processus d’adaptation proposé est résumé graphiquement en Figure 5. Il uti-
lise les deux moyens disponibles, à savoir les représentations graphiques et
l’analyse inverse.
Le processus d’adaptation comporte les quatre étapes suivantes :
 Etape 1 : Le recueil des données nécessaires
 Etape 2 : La détermination du scénario à partir de l’utilisation des graphiques
et l’évaluation des paramètres mécaniques obtenue par comparaison entre la
hauteur de couverture réelle au niveau de la section et la hauteur de couver-
ture lue sur les graphiques. Si les paramètres de sol réels sont de meilleure

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Chapitre 8 : Proposition d’un outil de pilotage et apport de l’analyse
inverse

qualité que ceux utilisés pour tracer les graphiques alors deux possibilités sont
offertes. Si d’autres graphiques tracés avec de meilleurs paramètres de sol
sont disponibles, l’étape 2 est répétée avec les nouveaux graphiques. Dans le
cas contraire, il est nécessaire de recourir à l’analyse inverse (étape 4) pour
évaluer avec précision les paramètres de sol réel afin de déterminer le scéna-
rio réel et de valider le soutènement mis en place.
 Etape 3 : Le choix d’une adaptation de la construction pour les phases sui-
vantes ou d’un renforcement selon le scénario identifié à l’étape 2 à partir des
graphiques.
 Etape 4 : Le recours à des techniques d’analyse inverse. Cette dernière
étape n’est pas systématique. L’évaluation précise des paramètres de sol
est indispensable dans deux cas. Le premier cas se rencontre lorsque les
paramètres de sol réels sont de meilleures qualités que ceux utilisés pour
tracer les graphiques employés et qu’aucun autre graphique n’est dispo-
nible. Le deuxième cas se rencontre lorsqu’à l’issue de l’étape 3, une adap-
tation est nécessaire et que l’utilisateur souhaite optimiser le profil de sou-
tènement et de creusement pour la phase suivante d’excavation. La
recherche d’un soutènement optimal pour les phases suivantes
d’excavation est d’autant plus importante lorsque le scénario identifié à
l’étape 2 est dans la zone 4 c'est-à-dire lorsqu’un renforcement de
l’ouvrage est nécessaire avant de poursuivre l’excavation.

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inverse

Etape 1 Données d’entrées

Etape 2 Graphiques Données

Moyens

Résultats
Type de scénario
Paramètres de sol sous évalués ?
OUI NON

Autres graphes disponibles ?


OUI NON

Etape 2 Adaptation du soutènement ?


Etape 3
NON OUI

Analyse inverse FIN Analyse inverse


Etape 4

Paramètres mécaniques Paramètres mécaniques

Scénario réel Etudes


chargement et déformations
paramétriques

VALIDATION DU OPTIMISATION DU
SOUTENEMENT SOUTENEMENT

Figure 5 – Processus de choix d’adaptation du soutènement

3.2.3 Apport de l’analyse inverse dans la démarche globale


d’application proposée
Le recours à des techniques d’analyse inverse présente un intérêt dans le proces-
sus d’adaptation de la construction exposé (cf. § 3.2.2) mais aussi dans la dé-
marche globale d’application de la méthode observationnelle proposée.

3.2.3.1 Apport de l’analyse inverse dans le processus d’adaptation


Dans le processus d’adaptation proposé, l’analyse inverse est utilisée en com-
plément de l’utilisation des représentations graphiques dés lors que cela paraît
nécessaire. Elle ne porte que sur les mesures des sections disposées dans un ter-
rain de même nature que le terrain attendu pour les phases suivantes.
L’utilisation de l’outil d’aide à la définition du programme d’auscultation pré-

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inverse

senté au chapitre 7 en phase d’avant projet permet à l’utilisateur de disposer du-


rant le creusement des mesures nécessaires à l’évaluation par analyse inverse de
la valeur des propriétés mécaniques inconnues des terrains rencontrés. Les m o-
dèles numériques requis sont préparés au préalable. De même que l’interface
permettant de coupler les modèles avec le ou les logiciels d’optimisations em-
ployés. Seules de légères modifications sont réalisées pour adapter les modèles
au profil de la section étudiée. La nature des modèles numériques à réaliser et le
type de méthode d’optimisation à utiliser pour évaluer les paramètres dépendent
du nombre et du type de paramètres inconnus à déterminer ainsi que des mesures
disponibles. L’outil présenté au chapitre 7 permet de guider l’utilisateur.
L’utilisateur doit garder à l’esprit que des modélisations numériques en défor-
mations planes et une méthode d’optimisation déterministe sont plus favorables
à une utilisation de l’analyse inverse en temps réel.
Dans le processus de suivi et d’adaptation de la conception, le recours à
l’analyse inverse intervient à l’étape 4 dans deux cas :
 Pour valider le type de soutènement et de creusement si le scénario identifié
sur le graphique montre que le soutènement n’a pas besoin d’être adapté pour
les pas suivants d’excavation,
 Pour la recherche du soutènement optimal quand le scénario identifié sur le
graphique montre qu’une adaptation est nécessaire pour les pas suivants
d’excavation.
Le recours à l’analyse inverse dans le premier cas est indispensable si les graphiques
montrent que les caractéristiques mécaniques du terrain sont meilleures que celles uti-
lisées pour les tracer et qu’aucun graphique tracé avec de meilleures caractéristiques
est disponible. Une fois les paramètres mécaniques du sol rencontré déterminé par
l’algorithme d’optimisation, l’exploitation des résultats d’un calcul réalisé en défor-
mations planes avec ces paramètres fournit le chargement et les déformations réels du
soutènement. Selon le chargement réel, le soutènement est validé ou adapté.
Dans le deuxième cas, le recours à l’analyse inverse permet, une fois les para-
mètres mécaniques déterminés, de connaître le chargement réel du soutènement
et la déformation réelle de la section pour valider le scénario déduit des repr é-
sentations graphiques. Si le scénario est validé, des études paramétriques réali-
sées en déformations planes avec les paramètres déterminés par analyse inverse
permettent de trouver le profil de soutènement et de creusement optimal. Ces
études paramétriques vont guider le choix du profil de soutènement et de cre u-
sement pour les pas suivants d’excavation. L’incidence d’une variation d’un pa-
ramètre, mécanique ou géométrique, sur le chargement du soutènement et sur les
déplacements suivis est étudiée. Il s’agit :
 d’une variation de hauteur prévisible pour la tranche d’excavation sui-
vante,
 d’une variation du pas d’avancement,
 d’une variation du soutènement (épaisseur de béton projeté, densité des bou-
lons, espacement des cintres…),
 d’une variation des propriétés mécaniques (en fonction des résultats des re-
connaissances à l’avancement…).
Le recours à l’analyse inverse, le calcul des conditions réelles de chargement et
de déformation du soutènement, la réalisation de calculs complémentaires ainsi

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inverse

que leur exploitation peuvent être automatisés par type de terrain via un pro-
gramme qui aurait pour fonction de :
 Lancer le processus d’analyse inverse,
 Récupérer le jeu de paramètres optimisés,
 Lancer un calcul en déformations planes avec les paramètres optimisés,
 Donner le taux de chargement effectif du soutènement, le niveau de déforma-
tion de la section et les déplacements en voûte et en piédroit,
 Lancer des calculs complémentaires en faisant varier des paramètres prédéfi-
nis. Les paramètres à faire varier sont demandés à l’utilisateur,
 Sortir dans un tableau, pour chaque variation étudiée, le taux de chargement
du soutènement et les déplacements mesurés au niveau de la clé de voûte et
des piédroits. L’impact de la variation des paramètres demandés sur le char-
gement et les déplacements est ainsi mis en évidence.

L’automatisation permettrait un traitement et une décision rapide pour le choix


du soutènement à condition que l’ensemble du processus ne dure que quelques
heures. Pour cela, l’utilisation de modélisations numériques en 2D est préfé-
rable. Le temps de décision doit être optimisé en fonction de l’avancement de
l’ouvrage. Il faut être conscient que si l’automatisation du processus est envis a-
geable, l’intervention d’un expert reste indispensable, notamment pour la vérif i-
cation des calculs et surtout pour valider la valeur des paramètres optimisés (réa-
listes ou non).

3.2.3.2 Apport de l’analyse inverse dans la démarche globale


Les techniques d’analyse inverse peuvent également être utilisées à différentes
étapes de la démarche globale d’application de la méthode observationnelle. Le
recours à ces techniques présente plusieurs intérêts.
Avant la construction de l’ouvrage, l’analyse inverse peut être utiliser pour caler
les résultats des essais de laboratoire et in situ réalisés lors de la campagne de
reconnaissances et ainsi pour évaluer les paramètres mécaniques des différents
terrains attendus.
Au cours des travaux, elle peut être employée pour évaluer les paramètres du
terrain rencontré au niveau d’une section de mesure et ainsi pour prédire
l’évolution des mesures de la section. La prévision des prochaines mesures de la
section peut permettre de détecter une anomalie au niveau de cette section et
ainsi de mettre en place rapidement un dispositif de renforcement adapté pour
éviter le dépassement des seuils d’alerte et donc la fragilisation de l’ouvrage au
niveau de cette section.
En cours de creusement, l’évaluation des paramètres mécaniques du terrain re n-
contré au niveau d’une section de mesure permet de mettre à jour les prédictions
attendues en terme de déplacement et d’effort dans les autres sections où le ter-
rain attendu est de même nature.
Après les travaux, le recours à l’analyse inverse sur l’ensemble des mesures dis-
ponibles au niveau d’une section (mesures traditionnelles et spécifiques) permet
d’évaluer précisément les paramètres mécaniques du terrain traversé au niveau
de la section et de mieux comprendre le comportement de l’ouvrage et du te r-

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inverse

rain. Ces informations sont cruciales pour l’obtention d’un retour d’expérience.
L’idéal est de pouvoir comparer, pour chaque type de terrain, les paramètres dé-
duits des mesures par analyse inverse avec les valeurs définies à l’issue de la
phase projet. Cela suppose de disposer d’une section de mesures complètes (me-
sures traditionnelles et mesures spécifiques dans chaque type de terrain atten-
due).

3. Synthèse de la méthodologie et conclusion


La démarche proposée requiert des pré-requis importants avant le début des tra-
vaux. Les étapes fondamentales de la méthodologie de pilotage proposée sont
résumées ci-après :
 Identification des caractéristiques probables et défavorables pour chaque type
de terrain identifié à l’issue des reconnaissances géotechniques,
 Définition de deux conceptions pour chaque type de terrain : l’une définie
pour les conditions les plus probables et l’autre pour les conditions les plus
défavorables,
 Identification des limites admissibles du comportement de l’ouvrage,
 Définition d’un programme d’auscultation en fonction du choix des quantités
à observer pendant la construction,
 Choix de la nature des seuils de vigilance et d’alerte et détermination de la va-
leur de ces seuils. Définition des scénarios,
 Recensement des situations pouvant être rencontrées pour chaque profil
 Identification de l’ensemble des états correspondant à l’ensemble des situa-
tions recensée par profil,
 Représentation graphique du domaine d’utilisation possible de chaque profil
pour les deux jeux de caractéristiques retenues,
 Suivi des mesures réalisées pendant le creusement,
 Report des valeurs mesurées sur les graphiques pour identifier le scénario cor-
respondant et adapter si nécessaire le profil de creusement et de soutènement
pour le pas suivant d’excavation,
 Changement de graphiques ou recours à l’analyse inverse si les paramètres de
sol sont sous-évalués pour obtenir le scénario réel et valider ou adapter le sou-
tènement retenu pour la phase suivante,
 Recours à l’analyse inverse dans la démarche globale pour améliorer les pré-
dictions des déplacements pour les phases suivantes d’excavation ou pour dé-
tecter une anomalie.
Une réflexion importante est nécessaire en amont. De nombreuses simulations
numériques doivent être réalisées. D’autre part, des reconnaissances géotech-
niques importantes et de qualité sont nécessaires afin d’adopter un modèle de
comportement adapté dans les simulations numériques effectuées.
Le processus d’adaptation du creusement et du soutènement d’un tunnel en
temps réel proposé comporte plusieurs étapes. Il s’appuie sur les observations in
situ en temps réel et utilise les représentations graphiques proposées et l’analyse
inverse.

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inverse

Pour que la démarche d’application de la méthode observationnelle proposée


soit simple à utiliser, le domaine d’utilisation de chaque profil de soutènement
est représenté graphiquement. Ces graphiques permettent de visualiser rapid e-
ment le scénario réel dans lequel se trouve l’ouvrage et ainsi de décider d’une
adaptation du procédé. L’idée de tracer de tels graphiques semble prometteuse à
condition de rester conscient des hypothèses qui ont été prises pour les tracer.
Mais, si on sort de la validité du schéma, il devient nécessaire de recourir à
l’analyse inverse. Un système permettant l’évaluation des paramètres réels par
analyse inverse, le calcul automatique du chargement et des déformations réels
du soutènement ainsi que l’étude de l’impact d’une variation de certains para-
mètres sur les résultats paraît intéressant mais à condition que tous ce processus
permette une utilisation quasi temps réel.

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode - 196 -


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Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

Chapitre 9 : Application de la
méthodologie au projet support
1. Introduction ................................................................................................ 198
2. Construction de l’outil de pilotage ............................................................... 198
2.1 Définition du programme d’auscultations ................................................................ 198
2.2 Détermination des seuils d’alerte et de vigilance ...................................................... 199
2.3 L’identification de l’ensemble des situations possibles et des scénarios correspondants200
2.4 Synthèse des prévisions initiales par type de terrain ................................................. 200
2.4 Les représentations graphiques du domaine d’utilisation de chaque profil et des
scénarios correspondants .............................................................................................. 201
3. Utilisation de l’outil de pilotage ................................................................... 203
3.1 Rappel des caractéristiques des sections .................................................................. 203
3.2 Application de la démarche à la section M4 ............................................................. 204
3.2.1 Identification du scénario ................................................................................ 204
3.2.2 Analyse inverse ............................................................................................... 204
3.3 Application à la section M1 .................................................................................... 207
3.4 Application à la section M6 .................................................................................... 208
3.4.1 Identification du scénario ................................................................................ 208
3.4.2 Analyse inverse ............................................................................................... 208
3.5 Application à la section D4 ..................................................................................... 214
3.5.1 Identification du scénario ................................................................................ 214
3.5.2 Analyse inverse ............................................................................................... 215
4. Bilan ............................................................................................................... 220
5. Conclusion ...................................................................................................... 221

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 197 -


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Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

1. Introduction
La démarche globale d’application de la méthode observationnelle proposée est
testée sur le projet support. Les intérêts d’appliquer une telle démarche pendant
la construction d’un tunnel sont ainsi mis en évidence. Cette démarche n’a pas
pu être appliquée en temps réel lors de l’excavation du tunnel car elle n’était
pas encore totalement mise au point. Le retour d’expérience du tunnel de Bois
de Peu a contribué à son évolution.
L’outil de pilotage proposé est utilisé sur les sections de mesures les plus re-
présentatives de chaque terrain, retenues à l’issue du chapitre 5. Au total,
quatre sections sont utilisées. Elles diffèrent par leur faciès géologique et par
les mesures réalisées. Deux sections disposent uniquement de mesures tradi-
tionnelles (mesures de convergences et de nivellement). Les deux autres com-
prennent des mesures plus spécifiques (mesures d’extrusion et de déformation
des cintres). Dans un premier temps, les étapes nécessaires à la construction de
l’outil de pilotage sont déroulées et les hypothèses nécessaires sont énumérées.
Un exemple de représentations graphiques est donné. Les scénarios sont identi-
fiés à partir des mesures de convergence et de nivellement. Dans un second
temps, les techniques d’analyse inverse sont utilisées pour déterminer les con-
ditions réelles rencontrées. Les caractéristiques mécaniques recherchées
s’appuient sur les résultats de l’étude de la capacité théorique de l’analyse in-
verse (chapitre 7). Elles dépendent des mesures disponibles au niveau de la sec-
tion et du degré d’incertitude qui réside sur chacune des caractéristiques.
L’évaluation de la pertinence de l’approche proposée est ensuite mise en évi-
dence.

2. Construction de l’outil de pilotage

2.1 Définition du programme d’auscultations


Les auscultations réalisées lors du creusement du tunnel de Bois de Peu ainsi
que les auscultations qui auraient été utiles dans le cadre d’application de la
démarche sont résumées dans le Tableau 1.
Pour tous les profils, les auscultations réalisées permettent d’évaluer la nature
des terrains rencontrés lors du creusement.
Dans les unités calcaires, seules des informations qualitatives, issues des levés
géologiques et des reconnaissances à l’avancement, ont été prévues. Ces infor-
mations permettent de détecter la présence de zones marneuses ou la présence
de discontinuités et de modifier le soutènement en conséquence mais elles ne
permettent pas de définir le scénario réel dans lequel se trouve l’ouvrage. Au-
cune mesure de convergence ou de contrainte n’a été prévue dans ce type de
terrain. A minima, les déformations attendues étant faibles, il aurait fallu pré-

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 198 -


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voir des mesures de contraintes dans le béton projeté ou d’efforts dans les bou-
lons radiaux.

Tableau 1 – Comparaison entre les auscultations prévues et les auscultations néces-


saires
Auscultations réalisées Auscultations com-
plémentaires
Dans tous Sondages de reconnaissances, -
les terrains levés de front
Calcaires - Mesures de déforma-
tion dans les éléments
de structure
Marnes Mesures de convergence relative Plusieurs sections ins-
et une section instrumentée par trumentées par des ex-
des extensométres radiaux tensomètres radiaux et
des extensomètres à
cordes vibrantes
Marnes Mesures de convergence relative, Les mêmes mais en
tendres sections instrumentées par des plus grand nombre
extensomètres radiaux, des ex-
tensomètres à cordes vibrantes et
des extrusomètres

Dans les unités marneuses, des mesures de convergence relative et plusieurs sections
instrumentées par des extensomètres radiaux en clé de voûte et en piédroit auraient
été nécessaires pour l’identification des paramètres E et C. Dans quelques sections, la
mise en place d’extensomètres à cordes vibrantes placés sur les cintres aurait permis
de vérifier le niveau de chargement de l’ouvrage. Un nombre plus important de pro-
fils de convergences relatives aurait été préférable (un tous les 20 mètres). Dans les
marnes tendres, un nombre plus important de sections de mesures aurait également
été préférable même si les observations devaient juste permettre de juger de la capaci-
té du soutènement spécifique mis en place (P4, pas fixé à 1.5 m) à réduire les défor-
mations et non à l’adapter. Les mesures de déformations en avant du front réalisées
au moyen d’extrusomètres sont indispensables pour l’identification des trois para-
mètres E, C et φ.

2.2 Détermination des seuils d’alerte et de vigilance


Les valeurs génériques proposées dans le chapitre 8 pour les seuils de déforma-
tion ont été retenues dans les trois types de terrains. Les essais disponibles par
type de terrain, peu nombreux, n’ont pas permis d’affiner ces valeurs dans les
trois types de terrains traversés.
Pour le seuil d’alerte en contrainte, les valeurs des contraintes admissibles re-
tenues sont :
• Pour les cintres en acier : 180 Mpa, ce qui correspond à 75 % de la limite
élastique des cintres utilisés.

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 199 -


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• Pour le béton projeté : 22,5 Mpa, ce qui correspond à 75 % de la résistance à


28 jours du béton utilisé.
• Dans les boulons, la charge de rupture des boulons de type Swellex MN16 a
été adoptée soit 140 kN.

2.3 L’identification de l’ensemble des situations possibles et des


scénarios correspondants
La hauteur de couverture varie sur tout le linéaire du tunnel entre 25 et 135 m
et le pas entre 0.75 et 4.5 m selon le profil de soutènement. Une étude paramé-
trique est réalisée pour cerner le domaine d’utilisation de chaque profil.
L’ensemble des situations possibles est balayé pour chaque profil. A une situa-
tion correspondent un profil de soutènement, un type de terrain, une hauteur de
couverture et un pas de creusement. La variation de ces paramètres est étudiée
pour chaque profil.
L’étude paramétrique porte sur les profils P1 à P3. Les modèles numériques
réalisés sont des modèles bidimensionnels, de deux types : axisymétrique et dé-
formations planes. Les calculs axisymétriques permettent entre autres d’étudier
l’impact du taux de déconfinement sur le soutènement alors que les calculs en
déformations planes sont directement utilisés pour tracer les graphiques. En ef-
fet, ils permettent de prédire les déplacements attendus par type de profil. Ils
permettent également de déterminer l’ensemble des états rencontrés pour
chaque profil et pour les propriétés mécaniques correspondant au type de ter-
rain dans lequel le soutènement étudié est susceptible d’être réalisé. Les états
calculés sont ensuite regroupés dans les quatre scénarios identifiés à partir des
seuils définis.
Les modèles numériques réalisés, les hypothèses de calcul et les résultats obte-
nus sont présentés en annexe 14. Des tableaux de synthèses regroupant
l’ensemble des résultats obtenus en déformations planes sont fournis en annexe
15.

2.4 Synthèse des prévisions initiales par type de terrain


Les prédictions réalisées à partir des résultats des calculs numériques sont syn-
thétisées par terrain dans le Tableau 2 et le Tableau 3.

Tableau 2 – Prédictions des déplacements mesurables par type de terrain


Déplacement vert. Déplacement horiz.
mesuré en voûte (mm) mesuré en piédroit
(mm)
Calcaire 0.3-1.0 0.2-0.5
Marne probable 1.9-6.2 1.2-5.6
Marne exception- 1.9-6.6 2.4-23.4
nelle
Marne tendre 28.0 31.0

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Les valeurs reportées correspondent aux déplacements qui peuvent être mesu-
rés en piédroit, en clé de voûte ou au front, en considérant que la mesure ori-
gine est faite juste après la pose du soutènement. Au sein d’un même type de
terrain, la valeur mesurée varie selon le pas d’excavation, la hauteur de couver-
ture et le profil de soutènement envisagé. Dans les calcaires, seul le profil P1
est à envisager alors que dans les marnes probables, les deux profils (P1 et P2)
sont à envisager. Dans les marnes exceptionnelles, les trois profils (P1, P2 et
P3) sont pris en compte.
Dans les marnes tendres, les prévisions sont obtenues à partir de calcul en con-
ditions axisymétriques et en 3D avec le profil de soutènement de type P4. Les
modèles sont présentés en annexe 16. Les propriétés du sol sont celles définies
à l’issue des investigations in situ. Les valeurs introduites dans le calcul pour la
cohésion et l’angle de frottement correspondent à la valeur moyenne de la
plage définie à l’issue des investigations.

Tableau 3 – Prédictions de l’extrusion mesurable dans les marnes tendres


Extrusion (mm)
Marne tendre 140.0

2.4 Les représentations graphiques du domaine d’utilisation de


chaque profil et des scénarios correspondants
Un exemple de représentation graphique est donné en Figure 1 et Figure 2. Il
s’agit des graphes obtenus pour le profil P2 avec les caractéristiques excep-
tionnelles des marnes (caractéristiques les plus défavorables). Les différents
niveaux de déformations u/R sont reportés (0.125, 0.25 et 0.5 %). Ils délimitent
les zones 1, 2, 3 et 4. La zone 4 est également délimitée par le seuil en con-
trainte (σ/σadm = 100 % avec un taux de travail de 75 % pour le béton et
l’acier).
Pour le profil P1 dans les calcaires, le choix d’une adaptation repose sur
l’analyse des reconnaissances à l’avancement et des levés de front et porte sur
la détection de zones marneuses ou très fracturées et sur la distribution des dis-
continuités. Ce choix repose sur des données qualitatives.
Pour les profils P2 et P3 (dans les marnes), les mesures de convergences en
piédroit et les mesures de tassement au niveau de la clé de voûte sont utilisées
dans le processus d’adaptation. L’analyse des reconnaissances à l’avancement
et des levés de front apportent des informations complémentaires qui sont
prises en compte dans le processus d’adaptation.

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 201 -


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Figure 1 – Convergence mesurable pour le profil P2 avec les caractéristiques excep-


tionnelles des marnes

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Figure 2 – Tassement mesurable pour le profil P2 avec les caractéristiques exception-


nelles des marnes

3. Utilisation de l’outil de pilotage

3.1 Rappel des caractéristiques des sections


Les quatre sections retenues pour analyse sont les suivantes : M1, M4, M6 et
D4. Elles diffèrent par leur faciès géologique et les mesures disponibles. Pour
rappel, les trois premières sont situées dans le tube montant. La dernière est si-
tuée dans le tube descendant. Les principales caractéristiques de ces sections
sont rappelées dans le Tableau 4. Le paramètre Dfront indique la distance entre
le front de taille et la section de mesure lors de la mesure origine. La conver-
gence mesurée en piédroit, le tassement mesuré au niveau de la clé de voûte et
l’extrusion maximale mesurée au niveau du front (cf. chapitre 5) sont rappelés
dans le Tableau 4.
L’application de l’outil de pilotage à la section M4 est d’abord présentée car
les différentes étapes de la démarche peuvent être appliquée à celle-ci, ce qui
n’est pas le cas des autres sections. Pour les autres sections, seuls les princi-
paux résultats obtenus sont indiqués.

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Tableau 4 – Caractéristiques principales des sections


M1 M4 M6 D4
Terrain Marno- Marnes Marnes Marnes
calcaire tendres tendres
Profil P2 P2 P4 P4
Pas d’excavation 1.75 2 1.5 1.25
(m)
Dfront (m) 1.3 3 3.5 3.84
Couverture (m) 25 29 17 22
Type de mesures Conv. Conv. Conv. + niv. Conv. + niv.
+ Niv. + dép. rad.+ + extrusion
extrusions
Convergence 30 5 8 25
max. en piédroit
(mm)
Déplacement 13 - 6 14
max. en voûte
(mm)
Extrusion max. - - 25 40
(mm)

3.2 Application de la démarche à la section M4

3.2.1 Identification du scénario


Pour situer le scénario correspondant à l’état de la section (pas de 2 m, conver-
gence mesurée de 5 mm), la représentation graphique utilisée est celle tracée
pour le soutènement de type P2 à partir des caractéristiques exceptionnelles des
marnes (cf. Figure 1). Les valeurs mesurées (5 mm) sont légèrement supé-
rieures aux valeurs prédites avec les caractéristiques exceptionnelles des
marnes.
La mesure de convergence permet de situer le scénario en zone 2. Le scénario
correspond à une couverture de 35 m environ ce qui correspond presque au cas
de la section M4 (H=29 m). Les propriétés mécaniques du terrain rencontré au
niveau de la section M4 sont donc légèrement plus faibles que les caractéris-
tiques exceptionnelles des marnes. Elles sont légèrement surévaluées. Le choix
d’adaptation du soutènement peut se limiter à l’utilisation du graphique. Le
scénario étant en zone 2, le profil de soutènement n’est pas optimisé. Un profil
plus léger peut être adopté pour optimiser le soutènement (profil P1 ou P2bis).
Un recours à l’analyse inverse est envisageable pour déterminer plus précisé-
ment les propriétés mécaniques du terrain rencontré et ainsi pour définir un
profil type de soutènement optimal pour les pas suivants d’excavation.

3.2.2 Analyse inverse


Les modèles numériques utilisés sont une adaptation de celui présenté en an-
nexe 14. La géométrie et les paramètres sont adaptés à la section de mesures

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 204 -


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considérée. Compte tenu de la faible couverture présente au niveau de cette


section, seules des modélisations en déformations planes sont réalisées.

• Variables observées
Les variables observées sont basées uniquement sur les mesures de conver-
gences des cordes horizontales (déplacements horizontaux au niveau du pié-
droit et du rein).

• Paramètres inconnus
Six paramètres doivent être définis dans le modèle numérique : E, ν, C, φ, ψ et
λ. Le coefficient de Poisson et l’angle de dilatance sont supposés connus et
égaux respectivement à 0.3 et 0°. En revanche, des incertitudes plus ou moins
importantes résident sur les quatre paramètres E, C, φ et λ. Ils doivent donc être
identifiés. Or, l’étude de la capacité théorique de l’analyse inverse montre que
les mesures de convergences ne permettent d’identifier simultanément, dans le
meilleur des cas, que deux paramètres avec la méthode des gradients (chapitre
7). Mais, l’étude montre aussi que la méthode du gradient fournie toujours la
bonne valeur pour les deux paramètres φ et λ quel que soit le nombre de para-
mètres à identifier. Les résultats obtenus permettront de vérifier les résultats du
chapitre 7. Les tentatives d’identification réalisées sont présentées dans le Ta-
bleau 5.

Tableau 5 – Tentatives d’identification réalisées pour la section M4 avec la méthode


du gradient
Test Paramètres domaine de Valeurs initiales
inconnus variation a b c
1 E (MPa) 750<E<1600 E=1200 E=1500 E=800
C (kPa) 210<C<750 C=500 C=700 C=220
λ 0.8<λ<0.9 λ=0.86 λ=0.89 λ=0.81
2 E (MPa) 200<E<1600 Idem cas 1
C (kPa) 100<C<750
λ 0.7<λ<0.9
3 E (MPa) 100<E<1600 Idem cas 1
C (kPa) 75<C<750
λ 0.6<λ<0.9
4 E (MPa) 100<E<1600 E=1200 E=1500 E=800
C (kPa) 75<C<750 C=500 C=700 C=220
λ 0.6<λ<0.9 λ=0.86 λ=0.89 λ=0.81
φ (°) 25<φ<43 φ =38 φ =38 φ =38

Dans un premier temps (tests 1 à 3), l’angle de frottement est supposé connu et
égal à 38°. Cette valeur correspond à la moyenne de la valeur de projet (36°-
40°). Dans un deuxième temps (tests 4), l’angle de frottement est considéré
comme un paramètre supplémentaire à identifier. La comparaison entre les ré-
sultats du dernier test et des trois premiers permettra de juger de la pertinence
de la valeur de 38° retenue pour l’angle de frottement.

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Pour les tests 1, les bornes du domaine de variation autorisé pour chaque para-
mètre correspondent aux caractéristiques probables et exceptionnelles des
marnes définies en phase projet. Compte tenu des résultats obtenus (Tableau 6)
pour ces premiers tests, les bornes ont été modifiées dans les autres tests.

• Résultats
Les résultats obtenus avec la méthode du gradient sont présentés dans le Ta-
bleau 6. Quand l’angle de frottement est supposé connu (tests 1 à 3), certaines
valeurs de paramètres coïncident avec la borne inférieure bien que le domaine
de variation soit modifié d’un test à l’autre.
Les résultats obtenus pour les deux premières valeurs initiales du troisième test
(tests 3a et 3b) montrent que les paramètres identifiés sont identiques sauf pour
la cohésion qui est différente. Cette différence s’explique par le fait que le
massif reste en élasticité et donc que seul le module peut être déterminé. Pour
la dernière valeur initiale testée (test 3c), la cohésion obtenue est plus faible.
Le massif plastifie. Une autre valeur de module est trouvée.

Tableau 6 – Résultats des identifications obtenus avec la méthode du gradient pour la


section M4
Test Paramètres Valeurs optimisées
inconnus a b c
1 E (MPa) E=750 E=750 E=750
C (kPa) C=210 C=713.4 C=210
λ λ=0.8 λ=0.8 λ=0.8
Erreur=1.43 Err.=1.47 Err.=1.43
2 E (MPa) E=200 E=200 E=200
C (kPa) C=100 C=722.2 C=100
λ λ=0.7 λ=0.7 λ=0.7
Erreur=0.15 Err.=0.53 Err.=0.15
3 E (MPa) E=101.9 E=101.9 E=152.7
C (kPa) C=518.1 C=720.1 C=135
λ λ=0.6 λ=0.6 λ=0.6
Erreur=7.59×10 -5 Err.= 8.10×10 -5 Err.= 9.30×10 -3
4 E (MPa) E=101.9 E=101.9 E=344.1
C (kPa) C=490.1 C=712.6 C=129.2
λ λ=0.6 λ=0.6 λ=0.6
φ (°) φ =38.6 φ =38.1 φ =26.5
Erreur=7.43×10 -5 Err.=8.10×10 -5 Err.=9.21×10 -2

Lorsque l’angle de frottement est considéré comme paramètre supplémentaire à


identifier (tests 4), les valeurs obtenues pour certains paramètres coïncident en-
core avec les bornes inférieures. Il n’y a pas de solutions uniques.
Les identifications 3 et 4 ont également été réalisées avec l’algorithme basé sur
les stratégies d’évolution pour comparaison. Les résultats obtenus sont présen-
tés dans le Tableau 7.

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Tableau 7 – Résultats des identifications avec l’algorithme basé sur les stratégies évo-
lutives pour la section M4
Test Valeurs optimisées
3 E=102.16 MPa
C=247.06 kPa
λ=0.61
Erreur=2.44×10 -6
4 E=340.46 MPa
C=75.00 kPa
λ=0.85
φ =25°
Erreur=4.36×10 -3

Pour les deux tests, les valeurs optimisées sont proches des bornes pour cer-
tains des paramètres. La solution optimale est obtenue pour le test 3 car l’erreur
est inférieure à celle du test 4. Elle est également inférieure à celles obtenues
avec la méthode du gradient.
Compte tenu des valeurs fournies, proches des bornes, le problème paraît mal
posé (variables observées insuffisantes). Le recours à l’analyse inverse sur
cette section ne permet pas d’évaluer les paramètres du terrain avec précision.
Il n’est donc pas envisageable de réaliser des études paramétriques à partir des
caractéristiques identifiées par analyse inverse pour définir un profil de soutè-
nement optimal pour les pas d’excavation suivant.
L’algorithme basé sur les stratégies évolutive paraît plus performant que la mé-
thode du gradient dans le cas où seules des mesures de convergences sont dis-
ponibles. Toutefois, d’autres mesures, telles que des mesures de déplacements
le long d’extensomètres, sont indispensables pour évaluer avec plus de préci-
sions les paramètres du terrain. L’application de la démarche proposée à cette
section met en évidence le besoin de disposer des mesures adaptées aux para-
mètres à identifier.

3.3 Application à la section M1


Les valeurs mesurées sont proches des valeurs prédites avec les caractéristiques
exceptionnelles des marnes. Or, le terrain observé sur le site au niveau de cette
section (levé de front et reconnaissance à l’avancement) ne correspond pas à ce
type de matériau. Deux explications possibles sont données. Les mesures réali-
sées au niveau de cette section peuvent être erronées (choc sur les plots). Les
modèles numériques utilisés pour prédire les résultats et pour tracer les graphes
peuvent être inadaptés pour simuler le comportement de l’ouvrage et du terrain
rencontré au niveau de cette section. Un milieu continu et homogène est consi-
déré alors que le levé de front montre des alternances de bancs marneux et de
calcaires et des fractures. Un modèle numérique plus complexe permettant de
simuler le comportement de l’ouvrage et du terrain rencontré doit être réalisé
pour évaluer plus précisément les déplacements mesurables au niveau de cette
section.

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 207 -


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L’application de la démarche proposée à la section M1 du tunnel de Bois de


Peu met en évidence le besoin de disposer de modèles numériques capables de
simuler correctement le comportement de l’ouvrage afin de pouvoir identifier
le bon scénario. Elle met également en évidence le besoin du regard d’expert à
chaque étape pour éviter de mauvaises interprétations.

3.4 Application à la section M6

3.4.1 Identification du scénario


Aucune représentation graphique n’est disponible pour le profil P4. Les valeurs
mesurées sont nettement inférieures aux prévisions des calculs 2D et 3D. Il pa-
raît nécessaire de recourir à l’analyse inverse pour évaluer les paramètres du
terrain traversé au niveau de cette section.

3.4.2 Analyse inverse


Les modèles numériques 2D et 3D utilisés sont une adaptation des modèles
présentés en annexe 16 pour que le phasage et les conditions de creusement
soient simulées de manières réalistes.

• Variables observées
Trois types de mesures sont utilisés pour l’identification des paramètres. Il
s’agit des mesures traditionnelles de convergences et de nivellement, de me-
sures de déplacements radiaux dans le massif et de mesures d’extrusion. Les
variables observées en 2D et en 3D sont présentées en annexe 16.

• Paramètres inconnus
L’étude de sensibilité des paramètres effectuée en 2D (cf. Chapitre 7) montre
que l’angle de dilatance a peu d’influence sur la valeur des variables observées.
Donc, ce paramètre n’est pas identifié. Il est pris égal à 0°. Le coefficient de
Poisson est supposé connu et égal à 0.3.
L’étude de la capacité théorique de l’analyse inverse menée en 2D axisymé-
trique (cf. Chapitre 7) montre qu’avec les mesures de convergences, de nivel-
lement, d’extrusion et de déplacements radiaux, il est possible d’identifier tous
les couples de paramètres et que quand les trois paramètres E, C et φ sont re-
cherchés, la méthode du gradient fourni toujours la bonne valeur de E. Cette
étude montre aussi qu’avec les mesures d’extrusion seules ou avec toutes les
mesures disponibles, l’utilisation de l’algorithme basé sur les stratégies évolu-
tives n’apporte pas d’amélioration. Comme des incertitudes résident sur les
trois paramètres E, C et φ, plusieurs identifications sont réalisées en considé-
rant un, deux, ou trois de ces paramètres inconnus et en considérant plus ou
moins de variables observées. L’ensemble des identifications réalisées en 2D
est résumé dans le Tableau 8. Celles réalisées en 3D sont présentées dans le
Tableau 9.

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 208 -


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Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

Tableau 8 – Tentatives d’identification réalisées en 2D


Test Paramètres Valeurs initiales (*valeur fixée) Variables
inconnus a b c d observées
1 E (MPa) E=200 E=100 E=200 E=100 Extrusion :
C*=50 C*=50 C*=100 C*=100 Pts 1 à 9
φ*=25 φ*=25 φ*=35 φ*=35
2 E (MPa) E=200 E=100 E=200 E=100 Extrusion :
C (kPa) C=50 C=26 C=50 C=26 Pts 1 à 9
φ*=25 φ*=25 φ*=35 φ*=35
3 E (MPa) E=200 E=100 - - Extrusion :
C (kPa) C=50 C=26 Pts 1 à 4
φ (°) φ=25 φ=17
4 Idem test Idem test 3 Extrusion :
3 Pts 1 à 9

Tableau 9 – Tentatives d’identification réalisées en 3D


Test Paramètres Valeurs initiales Variables
inconnus a b observées
5 E (MPa) E=200 E=210 Extrusion :
C (kPa) C=40 C=30 15 pts
φ (°) φ=25 φ=25
6 E (MPa) E=190 E=165 Toutes
C (kPa) C=35 C=26
φ (°) φ=25 φ=23

• Résultats en 2D
La Figure 3 compare l’extrusion calculée à partir des valeurs optimisées des
paramètres et l’extrusion mesurée quand les trois paramètres E, C et φ sont re-
cherchés (tests 3 et 4).

Distance du front (m)


0
0 2 4 6 8 10 12 14

-5
Extrusion (mm)

-10

-15 mesures
test 3a

-20 test 3b
test 4a
test 4b
-25

Figure 3 – Comparaison entre la réponse mesurée et les réponses numériques calcu-


lées après optimisation des paramètres

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 209 -


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La réponse calculée est proche de la réponse expérimentale quelles que soient


les valeurs initiales. Cependant, l’évolution de l’extrusion dans le massif est
différente. La réponse expérimentale présente une évolution plutôt hyperbo-
lique alors que la réponse numérique présente une évolution plus linéaire. Cette
différence peut être expliquée par le modèle de comportement adopté pour si-
muler le comportement du terrain qui n’est pas représentatif du comportement
réel ou, moins probable, par un défaut de scellement des boulons de front. Des
conclusions similaires sont établies quand moins de paramètres sont recher-
chés. L’extrusion maximale est mieux calée quand seuls les quatre premiers
points sont considérés dans le processus d’identification (tests 3).
Les valeurs des paramètres identifiés sont présentées dans le Tableau 10. En
2D, le domaine de variation autorisé pour les paramètres est le suivant : E entre
60 et 500 MPa, C entre 20 et 500 kPa, φ entre 10 et 35°. Les problèmes
d’optimisation n’admettent pas une solution unique dés lors que plusieurs pa-
ramètres doivent être identifiés (tests 2 à 4). Par contre, dans le cas où seul le
paramètre E est inconnu (tests 1), le problème admet une solution unique qui
dépend toutefois des valeurs des deux paramètres figés C et φ.

Tableau 10 – Résultats des identifications en 2D


Test Paramètres Valeurs initiales
a b c d
1 E (MPa) E=197.2 E=197.2 E=163.6 E=163.7
2 E (MPa) E=165.9 E=176.3 E=131.9 E=158.2
C (kPa) C=42.8 C=39.7 C=51.2 C=28.8
3 E (MPa) E=173.2 E=168.1 - -
C (kPa) C=45.0 C=40.5
φ (°) φ=22.6 φ=25.8
4 E (MPa) E=208.2 E=234.1 - -
C (kPa) C=45.9 C=25.2
φ (°) φ=25.2 φ=27.2

Finalement, les identifications réalisées en 2D à partir des mesures d’extrusion


ne permettent pas d’évaluer avec une bonne précision les trois paramètres E, C
et φ. Toutefois, elles permettent de cerner pour chacun un domaine de varia-
tion. Le domaine de variation qui peut être défini à l’issu des identifications
pour chacun des trois paramètres inconnus est présenté dans le Tableau 11.

Tableau 11 – Intervalle de variation défini pour chaque paramètre à l’issu des identi-
fications
Paramètres Caractéristiques projet Résultats analyse inverse
E (MPa) 80 160-235
C (kPa) 25-40 25-50
φ (°) 13-17 22-28

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L’étendue du domaine dépend du paramètre considéré. Beaucoup de zones


plastifient près du front donc le module d’Young à moins d’influence sur les
variables observées près du front. Une identification en deux temps peut être
envisagée : l’identification de E à partir de mesures effectuées où le massif
reste élastique et l’identification des deux autres paramètres à partir de mesures
réalisées près du front.

• Résultats en 3D
Afin de limiter le nombre d’itérations et de réduire les temps de calculs, le do-
maine de recherche des paramètres est restreint au domaine de variation déter-
miné à l’issu des identifications réalisées en 2D. Les nouvelles valeurs initiales
introduites (tests 5 et 6 Tableau 9) sont donc définies dans cet intervalle. Les
paramètres obtenus sont répertoriés dans le Tableau 12.

Tableau 12 - Résultats des identifications en 3D


Test Paramètres Valeurs initiales
inconnus a b
5 E (MPa) E=197.9 E=218.9
C (kPa) C=39.4 C=33.8
φ (°) φ=24.9 φ=24.4
Erreur=2.81 Erreur=3.30
6 E (MPa) E=190.0 E=219.78
C (kPa) C=35.0 C=47.08
φ (°) φ=25.0 φ=27.85
Erreur=10.51 Erreur=5.91

La prise de recul par rapport aux jeux de paramètres obtenus avec la méthode
du gradient permet d’écarter certains jeux de paramètres obtenus. Quand toutes
les mesures sont considérées, les valeurs fournies après optimisation corres-
pondent aux valeurs initiales pour un des jeux de valeurs initiales testés (test
6a). Le processus effectue 5 itérations et a converge vers le jeu initial. La fonc-
tion erreur évolue peu dans une zone localisée. C’est pour cette raison que le
processus s’arrête même s’il n’a pas atteint un minimum, même local. Ce jeu
n’est pas pris en compte dans l’analyse des résultats obtenus.
La fonction erreur est plus importante lorsque le calage porte sur l’ensemble
des mesures (5.91 pour le test 6b contre 2.81 et 3.30). L’erreur sur les mesures
d’extrusion seules est aussi plus importante (3.60 contre 2.81 et 3.30).
La Figure 4 compare l’évolution de l’extrusion calculée et mesurée. Cette fi-
gure confirme visuellement que le calage sur l’extrusion est meilleur quand
seules ces mesures sont utilisées dans le processus d’identification.
Pour toutes les identifications réalisées, le processus d’optimisation fourni des
valeurs proches de paramètres indépendamment du nombre de variables consi-
dérées ou de la valeur initiale. Le domaine de variation défini à l’issu des iden-
tifications faites en 2D peut encore être réduit grâce à ces nouvelles identifica-
tions. Ainsi, l’angle de frottement peut être évalué entre 24 et 28°, la cohésion
entre 33 et 48 kPa et le module d’Young entre 198 et 220 MPa. Les valeurs op-

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timisées sont nettement supérieures aux valeurs attendues (Tableau 13), ce qui
confirme que les marnes du tube montant sont de bien meilleure qualité que
celles attendues.

Distance du front (m)


0 2 4 6 8 10 12 14
0

-5
Extrusion (mm)

-10

-15

Mesures
-20
Cas 5a
Cas 5b
-25 Cas 6b

Figure 4 - Comparaison entre l’extrusion mesurée et l’extrusion calculée après opti-


misation des paramètres

Tableau 13 – Comparaison des paramètres identifiés par analyse inverse et des pa-
ramètres estimés en phase projet
E (MPa) C (MPa) φ (°)
Analyse inverse 198-220 0.033-0.048 24-28
Valeurs projet 80 0.025-0.040 13-17

Beaucoup de zones plastiques existent au niveau du front. La Figure 5 illustre


l’étendue des zones plastiques dans le cas où toutes les mesures sont considé-
rées dans le processus d’optimisation (test 6b) pour une longueur excavée de 17
m (front au PM 494).

Figure 5 – Localisation des zones plastiques dans le cas du test 6b

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Des étendues similaires sont obtenues quand seules les mesures d’extrusions
sont utilisées. Les zones plastiques s’étendent au-delà de 7 m en avant du front
de taille et environ sur 4 m autour de l’excavation. Pour déterminer E, il paraît
envisageable d’utiliser des déplacements radiaux mesurés à plus de 4 m de la
paroi.
La Figure 6 et la Figure 7 comparent les déplacements horizontaux en piédroit
et les déplacements radiaux dans le terrain. Pour les déplacements mesurés le
long de l’extensomètre (Figure 7) comme pour les déplacements verticaux en
clé de voûte, le calcul numérique après calage des paramètres donne des va-
leurs supérieures aux mesures. Par contre, pour les deux autres variables obser-
vées (Figure 6), c’est l’inverse. Le calcul fourni des valeurs inférieures.

Distance du front (m) Distance de la paroi (m)


0 2 4 6 8 10 12 14 16 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
0 0
-1
-1
-2
Déplacement (mm)

Déplacement (mm)
-3 -2

-4
Mesures -3
-5
Cas 6b -4
-6
-7 -5
-8
-6 Mesures
-9
-10 -7 Cas 6b

Figure 6 - Déplacements horizontaux Figure 7 - Déplacements radiaux


en piédroit

Les contraintes calculées avec les paramètres obtenus dans le cas où toutes les
mesures sont considérées (test 6b) et celles déduites des mesures de déforma-
tion à l’aide d’extensomètre à corde vibrante avant le percement sont reportées
dans le Tableau 14. Les contraintes calculées et mesurées sont proches. Un ca-
lage sur les mesures de contraintes permettrait sans doute d’améliorer les résul-
tats obtenus qui sont déjà satisfaisants. En clé de voûte, la contrainte déduite
des mesures est plus faible que la contrainte calculée alors que pour les deux
autres c’est l’inverse. Cela signifie que le chargement réel est plus faible au ni-
veau de la clé de voûte et qu’il est plus important au niveau du rein et en pié-
droit.

Tableau 14 – Comparaison entre les contraintes dans le cintre déduites des mesures
et celles déduites des calculs avec les paramètres optimisées (test 6b)
Test S3-4 (MPa) S5-6 (MPa) S7-8 (MPa)
Numérique 57 54 43
Expérimentale 70 85 30

La contrainte calculée à l’interface sol / soutènement avec les valeurs optimi-


sées obtenues lorsque toutes les mesures sont considérées (test 6b) est proche
de celle mesurée au niveau de la clé de voûte juste avant le percement. Il y a
donc une bonne concordance entre les résultats numériques et expérimentaux
au niveau de la contrainte en clé de voûte à l’interface sol / soutènement.

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Les différentes évolutions constatées entre les réponses numériques et expéri-


mentales montrent bien les problèmes rencontrés. Le modèle numérique adopté
ne parvient pas à simuler correctement le comportement réel de l’ouvrage. Ces
problèmes peuvent être dus au modèle de comportement adopté pour simuler le
sol mais aussi à une mauvaise simulation du soutènement des parois considéré
comme homogène par simplification. Les propriétés du soutènement mixte mis
en place en paroi sont sûrement à mettre en cause et peuvent expliquer les dé-
calages importants entre les mesures et les déplacements calculés au niveau de
la paroi. Il conviendrait de prendre ces propriétés comme des paramètres sup-
plémentaires à identifier par analyse inverse. L’extrusion dépend peu de la ri-
gidité du soutènement des parois. Ces mesures sont donc appropriées pour la
détermination des paramètres mécaniques du terrain rencontré.
Le Tableau 15 compare le temps de calcul nécessaire pour un jeu de valeur ini-
tiale et la valeur de la fonction erreur obtenue pour les deux modélisations 2D
et 3D. Afin de pouvoir tenir compte des déplacements mesurés à la paroi du
tunnel, plus de phases d’excavation sont simulées donc les temps de calcul sont
nettement plus importants. Toutefois, dans le cas où seules les mesures
d’extrusion sont utilisées dans le processus (tests 5), les temps de calcul sont
aussi plus importants qu’en 2D.

Tableau 15 – Comparaison en terme de temps de calcul et d’erreur entre le 2D et le


3D
Cas Temps de calcul (H) Valeur de l’erreur
2D – tests 4 1 9.07
3D – tests 5 50 3.05
3D – test 6b 300 5.91

La réalisation d’analyse inverse avec des modèles 3D ne semble pas envisa-


geable pour une adaptation du procédé de construction en temps réel. Toute-
fois, il est nécessaire de nuancer un peu cette conclusion compte tenu de
l’évolution rapide des moyens de calculs. Les décisions doivent être rapides et
les identifications menées en 2D permettent déjà d’avoir une idée sur la valeur
des paramètres et d’apprécier ainsi la qualité des matériaux rencontrés.
Les paramètres obtenus par analyse inverse sont meilleurs que ceux définis à
l’issue des investigations. Dans les marnes tendres du tube montant, le soutè-
nement pouvait être optimisé (par exemple : augmentation du pas
d’avancement ou réduction de la densité de boulons mis en place).

3.5 Application à la section D4

3.5.1 Identification du scénario


Aucune représentation graphique n’est disponible pour situer le scénario. Les
valeurs mesurées sont différentes des valeurs prédites et des valeurs mesurées
dans le tube montant. Les marnes tendres du tube descendant sont de qualités

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inférieures à celles du tube montant. Un recours à l’analyse inverse est indis-


pensable pour évaluer les propriétés du terrain rencontré.

3.5.2 Analyse inverse


• Variables observées
Seuls deux types de mesures sont utilisés. Il s’agit des mesures traditionnelles
de convergences et de nivellement et de mesures d’extrusion (annexe 16).

• Paramètres inconnus
Les domaines de variation autorisés pour les paramètres en 2D sont les mêmes
que pour la section M6. Les identifications réalisées en 2D et en 3D sont résu-
mées dans le Tableau 16 et le Tableau 17.

Tableau 16 – Tentatives d’identification réalisées en 2D


Test Paramètres Valeurs initiales (*valeur fixée) Variables
inconnus a b c d observées
1 E (MPa) E=200 E=100 E=200 E=100 Extrusion :
C*=50 C*=50 C*=100 C*=100 Pts 1 à 10
φ*=25 φ*=25 φ*=35 φ*=35
2 E (MPa) E=200 E=100 E=200 E=100 Extrusion :
C (kPa) C=50 C=25 C=50 C=26 Pts 1 à 10
φ*=25 φ*=25 φ*=35 φ*=35
3 E (MPa) E=200 E=100 E=200 E=100 Extrusion :
C (kPa) C=50 C=25 C=25 C=50 Pts 1 à 4
φ (°) φ=25 φ=17 φ=17 φ=34
4 E (MPa) Idem test 3 Extrusion :
C (kPa) Pts 1 à 10
φ (°)

Tableau 17 – Tentatives d’identification réalisées en 3D


Test Paramètres Valeurs initiales Variables observées
inconnus a b
5 E (MPa) E=160 E=100 Extrusion :
C (kPa) C=32 C=24 PM 510 (9 pts)
φ (°) φ=22 φ=16
6 E (MPa) E=190 E=165 Extrusion :
C (kPa) C=35 C=26 PM 495.5 (11 pts) et 494.3
φ (°) φ=25 φ=23 (10 pts)
+ convergence et nivellement

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• Résultats en 2D
La Figure 8 compare l’extrusion mesurée et calculée après l’optimisation des
paramètres. L’évolution de l’extrusion dans le massif en fonction de la distance
au front est représentée.

Distance du front (m)


0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
0
-10
-20
Extrusion (mm)

-30
-40
-50
-60
-70
mesures
-80 test 3c
-90 test 3d
test 4c
-100 test 4d

Figure 8 – Comparaison entre la réponse mesurée et les réponses numériques calcu-


lées après optimisation des paramètres
Les valeurs des paramètres identifiés sont présentées dans le Tableau 18. Les
mêmes observations qu’en M6 peuvent être faites concernant l’unicité de la so-
lution des différents problèmes d’optimisations traités et l’évolution de
l’extrusion.
Tableau 18 – Résultats des identifications en 2D
Test Paramètres Valeurs initiales
A b c d
1 E (MPa) E=60.2 E=60.2 E=60.0 E=60.0
2 E (MPa) E=77.3 E=84.4 E=60.0 E=60.0
C (kPa) C=24.0 C=21.9 C=20.0 C=20.0
3 E (MPa) E=115.7 E=107.1 E=176.2 E=61.1
C (kPa) C=31.3 C=26.9 C=22.6 C=31.9
φ (°) φ=15.2 φ=18.5 φ=14.6 φ=24.4
4 E (MPa) E=129.3 E=112.5 E=197.7 E=120.1
C (kPa) C=32.2 C=20.8 C=24.8 C=22.3
φ (°) φ=17.8 φ=26.2 φ=17.0 φ=24.6

Quand seul le module d’Young est inconnu (tests 1), les valeurs fournies cor-
respondent aux bornes inférieures car le ou les paramètre(s) fixé(s) sont trop
importants. Il en est de même pour deux jeux de valeurs initiales testés quand
la cohésion est considérée comme un paramètre supplémentaire à identifier
(tests 2c et 2d). Ces identifications ne sont donc pas exploitables. Les autres
identifications réalisées ainsi que le regard critique du géotechnicien permet-
tent de cerner un domaine de variation réduit pour chacun des trois paramètres
comme en M6 (Tableau 19). L’étendue du domaine dépend du paramètre con-
sidéré. Le domaine cerné pour la cohésion permet de conclure que les marnes
tendres sont de plus mauvaises qualités que dans l’autre tube (M6) et conforte

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le choix d’un creusement en section divisée au niveau de ces matériaux. Fina-


lement, la cohésion et l’angle de frottement évalués sont proches des valeurs
définies à l’issue des campagnes de reconnaissance.

Tableau 19 – Intervalle de variation défini pour chaque paramètre à l’issu des identi-
fications
Paramètres Caractéristiques projet Résultats analyse inverse
E (MPa) 80 60-200
C (kPa) 25-40 20-33
φ (°) 13-17 14-27

3.3.3.3 Résultats en 3D
Le domaine de recherche des paramètres est restreint à l’intervalle de variation
déterminé à l’issu des identifications réalisées en 2D quand seules les mesures
d’extrusion sont utilisées dans le processus d’optimisation (tests 5). Les nou-
velles valeurs initiales introduites (Tableau 17) sont définies dans cet inter-
valle. En revanche, aucune identification similaire n’ayant été faite en 2D dans
le cas où les mesures de convergence nivellement sont aussi utilisées (tests 6),
un domaine de recherche plus vaste est défini.
Les paramètres obtenus sont répertoriés dans le Tableau 20. Le processus con-
verge vers les bornes supérieures quand seules les mesures d’extrusion sont uti-
lisées (tests 5). Les paramètres recherchés en 3D ne sont pas dans le domaine
de variation défini à partir des résultats des identifications menées en 2D. Or,
les bornes supérieures sont du même ordre de grandeur que les valeurs obte-
nues dans le tube montant bien que les marnes soient de plus médiocre qualité
si on se réfère à l’extrusion maximale mesurée au front (presque 10 cm dans le
tube descendant contre 2.5 cm dans le tube montant). Compte tenu des résultats
obtenus, le modèle numérique 3D ne paraît pas être représentatif du modèle
2D.
Tableau 20 - Résultats des identifications en 3D
Test Paramètres Valeurs initiales
inconnus a b
5 E (MPa) E=200.0 E=196.9
C (kPa) C=33.9 C=33.9
φ (°) φ=24 φ=23.9
Erreur=18.1 Erreur=18.4
6 E (MPa) E=220.0 E=212.0
C (kPa) C=62.6 C=55.2
φ (°) φ=34.9 φ=34.1
Erreur=21.2 Erreur=22.3

La Figure 9 compare l’extrusion mesurée et calculée à partir des paramètres op-


timisés obtenus en 2D et en 3D à partir des mesures d’extrusion seules (tests 4
et 5).

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Distance du front (m)


0 1 2 3 4 5 6 7 8
0

-10

-20

Extrusion (mm)
-30

-40

-50

-60
-70
Mesures
-80
3D - Cas 5a
-90 3D - Cas 5b
2D - Cas 4b
-100 2D - Cas 4c

Figure 9 - Comparaison entre l’extrusion mesurée et calculée à partir des paramètres


optimisés en 2D et en 3D
En 2D, l’extrusion maximale mesurée au front est bien calée alors qu’en 3D,
elle est nettement inférieure à l’extrusion mesurée.
La Figure 10 compare l’évolution de l’extrusion mesurée et calculée à partir
des paramètres obtenus dans le cas où les mesures d’extrusion et de conver-
gence sont considérées (tests 6). L’extrusion loin du front est mieux calée que
celle au front, comme dans le cas des tests 5. Les résultats fournis ne sont pas
satisfaisants.

Distance du front (m)


0 1 2 3 4 5 6 7 8
0
-5

-10
Extrusion (mm)

-15
-20

-25

-30
-35
-40 Mesures

-45 Cas 6a

-50 Cas 6b

Figure 10 –Extrusion mesurée et calculée au PM 495.5 à partir des paramètres obte-


nus après le test 6

Les mêmes comparaisons ont été faites au niveau des autres mesures. Elles
permettent d’expliquer le mauvais calage de l’extrusion au front.
L’identification étant réalisée à partir de l’ensemble des mesures, la méthode
d’optimisation cherche le jeu de paramètres qui permet de caler au mieux
l’ensemble de celles-ci. Les déplacements horizontaux calculés au niveau du
rein et du piédroit sont nettement plus importants que les mesures alors qu’au
niveau du déplacement vertical en clé de voûte et des mesures d’extrusion c’est
l’inverse. Pour deux des mesures, les paramètres devraient être revus à la

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 218 -


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Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

baisse alors que pour les deux autres, ils devraient être augmentés. Cela vient
probablement d’un problème de non linéarité.
Les contraintes calculées avec les paramètres obtenus dans le cas du test 6b et
les contraintes déduites des mesures de déformation à l’aide d’extensomètres à
corde vibrante avant le percement sont reportées dans le Tableau 21.

Tableau 21 – Comparaison entre les contraintes dans le cintre déduites des mesures
et celles déduites des calculs avec les paramètres optimisées (test 6b)
Test S1-2 (MPa) S3-4 (MPa) S7-8 (MPa)
Numérique 84 55 92
Expérimentales 75 30 60

Les contraintes calculées sont supérieures aux contraintes déduites des me-
sures. Un calage sur les mesures de contraintes permettrait d’améliorer les ré-
sultats obtenus même si le calage est limité par le modèle numérique qui ne
permet pas de simuler correctement le comportement de l’ouvrage.
Les temps de calcul nécessaire sont très importants (jusqu’à trois semaines
avec 39 itérations). Compte tenu des résultats obtenus et des temps de calcul, la
réalisation d’analyse inverse en 3D ne paraît pas adaptée au niveau de la sec-
tion D4. En effet, les temps de calcul sont importants et les résultats obtenus en
3D ne sont pas satisfaisants, même quand beaucoup de mesures sont dispo-
nibles.
Le Tableau 22 compare les paramètres obtenus par analyse inverse aux para-
mètres attendus. Compte tenu des résultats obtenus, il convient de distinguer
deux qualités de marnes tendres dans le tube descendant. Les observations vi-
suelles du front réalisées lors du creusement dans cette unité géologique per-
mettent de le confirmer.

Tableau 22 – Comparaison des paramètres identifiés par analyse inverse aux para-
mètres estimés en phase projet dans les marnes tendres du tube descendant (section
D4)
E (MPa) C (MPa) φ (°)
Analyse inverse 60-200 0.020-0.033 14-27
(extrusomètre 1)
Analyse inverse 212 0.055 34
(extrusomètre 2 et
autres mesures)
Valeurs projet 80 0.025-0.040 13-17

Les marnes tendres rencontrées dans la première partie de l’unité, située depuis
la tête Vallon jusqu’au milieu de celle-ci environ sont de qualité très médiocre.
Les paramètres évalués par analyse inverse sont du même ordre de grandeur
voire inférieurs aux caractéristiques attendues. La valeur de l’extrusion est im-
portante, de l’ordre de grandeur de la valeur prédite.
Les marnes tendres rencontrées dans la deuxième partie de l’unité sont de meil-
leure qualité. Les paramètres évalués par analyse inverse sont supérieurs aux

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 219 -


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Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

valeurs de projet. L’extrusion mesurée ou calculée après optimisation est net-


tement inférieure à la valeur prédite.
Suite à des effondrements survenus dans le tube descendant, un autre type de
soutènement a été adopté avec un creusement en section divisée. Avant les ef-
fondrements, aucune anomalie n’a pu être détectée compte tenu de l’absence de
mesures d’extrusion effectuées à proximité de la section où les effondrements
ont eu lieu. De plus, aucune augmentation anormale de convergences n’a été
relevée.

4. Bilan
La Figure 11 illustre les différentes étapes suivies lors de l’application de la
méthodologie aux sections M4 et M1.

Etape 1 Données d’entrées

M1
Etape 2 Graphiques Données

Moyens

Résultats

Type de scénario
Paramètres de sol sous évalués ?
OUI NON

Autres graphes disponibles ? M4


OUI NON

Etape 2 Adaptation du soutènement ?


Etape 3
NON OUI

Analyse inverse FIN Analyse inverse


Etape 4

Paramètres mécaniques Paramètres mécaniques

Scénario réel Etudes


chargement et déformations
paramétriques

VALIDATION DU OPTIMISATION DU
SOUTENEMENT SOUTENEMENT

Figure 11 – Etapes suivies lors de l’application de la méthodologie aux sections M4 et


M1

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 220 -


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Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

Pour la section M4, l’utilisation des représentations graphiques a montré que le


soutènement pouvait être optimisé. Les deux techniques d’analyse inverse étu-
diées ont été utilisées pour évaluer les paramètres de sol réellement rencontrés.
Une fois ces paramètres évalués, la réalisation d’études paramétriques devaient
permettre de déterminer le type de soutènement optimal. Malheureusement, le
recours à l’analyse inverse n’a pas permis d’évaluer avec précision les para-
mètres du sol rencontré. La réalisation d’études paramétriques n’est donc pas
envisageable. Le soutènement optimal ne peut pas être optimisé.
L’application de la méthodologie au niveau de la section M1 a conduit à
l’identification d’un scénario incohérent avec les observations faites sur le site
lors du levé de front et des reconnaissances à l’avancement. Deux explications
ont été données : mesures erronées, modèle numériques réalisé non représenta-
tif du comportement de l’ouvrage et du terrain. A partir de ce constat, il n’est
pas possible d’aller plus loin dans la démarche.

5. Conclusion
Ce chapitre traite de l’application de la méthodologie proposée au projet sup-
port. Les représentations graphiques sont utilisées pour situer les scénarios ren-
contrés au niveau des sections de mesures. L’intérêt de disposer de modèles
numériques permettant de simuler correctement le comportement de l’ouvrage
et du terrain (adéquation du modèle de comportement adopté pour les éléments
de structure et le sol) est montré. La nécessité de recourir à des techniques
d’analyse est mise en évidence pour déterminer les scénarios réels et pour dé-
rouler le processus d’adaptation proposé jusqu’à la dernière étape. Si la métho-
dologie présentée avait été mise en œuvre durant le chantier, les profils de sou-
tènement auraient été adaptés.
Les deux techniques d’analyse inverse étudiées sont appliquées aux sections de
mesures. L’utilité des mesures de déplacements le long d’extensomètres ra-
diaux est démontrée. L’application des deux méthodes d’optimisation à des cas
variés (différentes mesures disponibles, modèles 2D ou 3D) montrent les li-
mites des deux méthodes. En effet, si les propriétés du sol, du soutènement et
des dispositifs de présoutènement ne sont pas suffisamment connues, alors
l’analyse inverse se heurte à un problème comportant trop d’inconnues. En ef-
fet, l’étude théorique menée au chapitre 7 montre que les mesures disponibles
sont déjà insuffisantes pour déterminer les paramètres mécaniques des terrains.
Les paramètres du soutènement peuvent être estimés à partir d’essais réalisés
sur le béton projeté ou sur les boulons de front. Par ailleurs, les mesures
d’extrusion sont intéressantes car elles ne sont que très faiblement influencées
par les propriétés du soutènement. La méthode du gradient est adapté si le do-
maine de variation des paramètres est suffisamment bien cerné et dans le cas où
l’on dispose d’un œil expert sur les paramètres qui permet d’écarter certaines
valeurs fournies.
Les applications présentées ne sont qu’une première étape dans l’analyse des
mesures avec un modèle de comportement simple comportant peu de para-

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 221 -


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Chapitre 9 : Application de la méthodologie au projet support

mètres. Cette première étape permet de dégager des pistes d’améliorations. Un


modèle de comportement adapté, plus complexe, peut être utilisé. Toutefois, il
convient de disposer de suffisamment d’essais pour déterminer le modèle de
comportement adéquat et pour le caractériser.
La mise en œuvre de cette méthodologie en temps réel nécessite une phase pré-
paratoire importante avant le début des travaux. Les représentations graphiques
doivent être disponibles dés le début des travaux. Le programme
d’auscultations doit être définis au préalable. Les mesures doivent être deman-
dées dans le marché faute de quoi elles ne seront pas ou mal réalisées.
Le recours à l’analyse inverse en 3D, bien que prometteuse et nécessaire dans
certains cas, est peu envisageable actuellement pour un tunnel comme celui
étudié, dans un objectif d’adaptation du soutènement en temps réel compte tenu
des temps de calcul. En effet, les temps de calcul important obtenus dans la
présente étude sont liés à la complexité de la géométrie à simuler (éléments de
structure, pas d’excavation). Pour des tunnels de complexité moins avancée, à
termes, l’analyse inverse en 3D reste envisageable.

Partie 4 : Méthodologie proposée pour l’application de la méthode obser- - 222 -


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Conclusion générale

CONCLUSION GENERALE
Ce projet de recherche porte sur l’utilisation conjointe de la méthode observa-
tionnelle et de l’analyse inverse pour optimiser le creusement des tunnels.
L’objectif est le développement d’une méthodologie d’application de ces outils
à destination des principaux acteurs : maîtrise d’œuvre, maîtrise d’ouvrage, bu-
reau d’étude, entreprises de travaux. Un ouvrage, le tunnel de Bois de Peu situé
sur le contournement de Besançon, est utilisé comme support pour les diffé-
rents développements nécessaires. Les caractéristiques de ce projet le rendent
intéressant du point de vue de la méthode observationnelle :
 Contexte géologique complexe,
 Fortes incertitudes sur les caractéristiques des matériaux rencontrés,
 Phase travaux complètement incluse dans le déroulement de ce projet de
recherche,
 Programme d’auscultations variées.

La méthode observationnelle permet d’optimiser les paramètres du creusement


en fonction des conditions réelles rencontrées sur le terrain, tout en garantissant
la sécurité des personnes et de l’ouvrage. Deux cas d’utilisation sont à distin-
guer : le cas best way out et celui dit ab initio. Le premier est utilisé lorsqu’un
problème imprévu est rencontré pour suivre la meilleure voie permettant de r e-
venir dans une configuration acceptable. Le second correspond aux projets qui
se basent dès le début sur la méthode observationnelle. L’ensemble des étapes
du projet doit alors être adapté afin d’en tirer le bénéfice maximal.
Il est ainsi nécessaire que la campagne de reconnaissances en phase d’étude
soit aussi complète que possible pour évaluer l’étendue des scénarios éventuels
et d’associer à chacun une conception correspondante. Des seuils d’alerte et de
vigilance doivent être définis pour ces sections, ainsi que les procédures à a p-
pliquer en cas de franchissement de ces seuils. Différentes options sont dispo-
nibles pour évaluer chaque seuil : l’expérience du bureau d’étude et de
l’entreprise ou l’utilisation de modèles numériques représentatifs.
Les paramètres retenus pour la conception initiale du projet doivent être déter-
minés. L’Eurocode 7 recommande ainsi l’utilisation des valeurs caractéris-
tiques des paramètres. De plus, durant les travaux, il est nécessaire de disposer
d’une instrumentation de qualité et en quantité suffisante afin d’être en mesure
d’évaluer le scénario réel dans lequel se trouve l’ouvrage. Pour assurer
l’exploitation des données issues de l’instrumentation, un système
d’observation doit être conçu afin d’analyser et d’interpréter l’évolution des
paramètres observés vis-à-vis des seuils définis auparavant dans un laps de
temps permettant une réaction rapide en cas d’évolution anormale.
Les scénarios définis en phase étude sont figés quelque soit leur pertinence par
rapport à la réalité du chantier. Les techniques d’analyse inverse peuvent per-
mettre de pallier à cette limitation en mettant à jour les prédictions des phases
suivantes.

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Conclusion générale

Le terme analyse inverse regroupe l’ensemble des techniques qui, connaissant


la réponse à une fonctionnelle, permettent de déterminer les paramètres
d’entrée lorsque le problème ne peut pas être résolu par inversion directe. Le
comportement d’un massif de sol lors du creusement d’un ouvrage souterrain
est un cas type de problème nécessitant le recours à l’analyse inverse pour d é-
terminer les paramètres réels du massif.
Deux techniques ont été testées, il s’agit de la méthode (déterministe) du gra-
dient et de la méthode (probabiliste) des stratégies d’évolution. Elles ont été
couplées avec succès aux codes de calcul CESAR-LCPC et FLAC3D. Les con-
ditions minimales nécessaires pour assurer la convergence ont été déterminées
en fonction des paramètres qui devaient être obtenus. Puis l’aptitude de ch a-
cune à déterminer les paramètres intrinsèques du massif de sol et le taux de d é-
confinement a été évaluée en fonction du nombre de paramètres à optimiser et
du panel de mesures disponibles. La synthèse de cette partie permet de définir
un certain nombre de recommandations sur la définition des auscultations à
réaliser durant le creusement du tunnel. L’intérêt des mesures d’extrusion ou de
déplacements le long d’extensomètres radiaux est ainsi mis en évidence.
Les deux techniques d’analyse inverse utilisées se sont révélées complémen-
taires. La méthode du gradient permet une résolution assez rapide pour un en-
semble de combinaison (paramètres à optimiser ; mesures disponibles).
L’expérience du géotechnicien est primordiale lors de l’utilisation de la mé-
thode du gradient. Elle permet d’écarter certains jeux de paramètres obtenus.
Toutefois, lorsque cette technique se révèle inadaptée pour certaines combinai-
sons, l’algorithme basé sur les stratégies d’évolution permet en général de dé-
terminer les paramètres demandés, au prix d’un temps de calcul sensiblement
rallongé qui à l’heure actuelle ne permet pas forcément d’envisager l’utilisation
de cette technique pour une application en temps réel au creusement d’un ou-
vrage souterrain. Le temps de réponse est en effet l’un des éléments primo r-
diaux de la méthode observationnelle. Le recul du géotechnicien devient alors
un élément essentiel puisque la méthode du gradient est la plus adaptée dans ce
cas.
Ces deux techniques ont été appliquées au projet support du tunnel de Bois de
Peu. Les conditions nécessaires pour une utilisation avec succès ont ainsi pu
être précisées :
 Les propriétés du sol, du soutènement et des dispositifs de présoutène-
ments doivent être suffisamment connues initialement.
 Le modèle numérique utilisé doit permettre de reproduire au mieux les
phénomènes observés (comportement différé, hétérogénité), sous peine
de ne pas être capable de déterminer correctement les paramètres re-
cherchés. Toutefois, un compromis doit être trouvé entre le degré de
complexité du modèle et le nombre de paramètres du modèle.
 Une connaissance du phasage du creusement la plus complète possible
est nécessaire pour simuler au plus prêt le phasage réelle.
 Des auscultations de qualité, judicieusement choisies en fonction des
paramètres à déterminer, doivent être disponibles. Les recommandations
données dans ce projet de recherche doivent permettre de clairement
identifier les mesures nécessaires.

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Le recours à des techniques d’analyse inverse peut représenter un appui appré-


ciable lors de l’application de la méthode observationnelle. Elles permettent de
mieux apprécier les conditions réelles rencontrées lors du creusement.

Une méthodologie de « conception interactive » basée sur la méthode observa-


tionnelle et sur l’analyse inverse est proposée. Elle est appliquée sur le projet
support du tunnel de Bois de Peu. Pour retirer les bénéfices maximum de la mé-
thodologie proposée, il est nécessaire qu’elle soit prise en compte dans le projet
le plus en amont possible. Il faut définir l’ensemble des scénarios qui sont su s-
ceptibles d’être rencontrés en cours de creusement et définir les actions cor rec-
tives à mener en cas d’anomalie (franchissement de l’un des seuils définis par
exemple).
Les scénarios sont déterminés à partir de modèles numériques bidimensionnels
et tridimensionnels. Pour la réalisation de ces modèles, il est nécessaire de tenir
compte des conditions nécessaires définies précédemment et de faire des con-
cessions en termes de fidélité par rapport à la réalité et de modèles de co mpor-
tement à adopter.
Dans l’optique de rendre la méthode accessible et utilisable simplement, des
graphiques sont tracés. Ils permettent de visualiser rapidement le scénario réel
rencontré et de décider ainsi d’une adaptation du procédé de creusement et de
soutènement. L’utilisateur doit néanmoins resté conscient des hypothèses prises
pour les tracer. En cas de sortie de la plage de validité de ces hypothèses, un
processus plus interactif doit être utilisé. Celui-ci repose sur l’utilisation des
techniques d’analyse inverse qui permettent une évaluation des paramètres ren-
contrés en fonction de la réponse observée du massif de sol et ainsi d’aviser en
fonction des résultats fournis.
La méthodologie présentée qui utilise conjointement des outils simples tels que
les représentations graphiques et les techniques d’analyse inverse est une ap-
proche performante qui permet d’améliorer la sécurité lors du creusement d’un
ouvrage souterrain et d’optimiser le coût des travaux (optimisation des para-
mètres d’excavation et du profil de soutènement).

Malgré la performance de la méthodologie présentée, un certain nombre de


questions sont soulevées. Le premier axe de développement à suivre consiste à
regarder l’importance des différents points soulevés. Il s’agit de :
 Vérifier l’adaptation de la méthodologie à tous les projets de creuse-
ment d’ouvrages souterrains
 Définir les auscultations nécessaires en fonction du type d’ouvrages
souterrains
 Evaluer la performance d’autres techniques d’analyse inverse
Il serait opportun de formaliser un certain nombre d’outils simples et leurs
conditions d’utilisation. Cela permettrait de faciliter l’adoption de la méthodo-
logie basée sur une « conception interactive » par les différents acteurs de
l’aménagement du territoire. Cependant ces outils ne peuvent prétendre rem-
placer totalement l’expérience d’un expert.
Finalement, et compte-tenu de l’évolution rapide de la technique et des moyens
informatiques, des modèles numériques qui sont aujourd’hui encore inappli-

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cables à cause du temps de résolution trop important, seront à terme utilisables


dans un cadre industriel. En particulier, les modèles numériques tridimension-
nels qui sont aujourd’hui associés à des temps de calcul très importants ou les
techniques probabilistes d’analyse inverse (stratégies d’évolution, algorithme
génétique, …) seront les premiers à bénéficier de ces avancées.

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