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Comptabilité approfondie

Philippe Touron

Philippe.touron@univ-paris1.fr

Objectif du cours :
- connaître les sources du droit comptable français.
- maitriser le contenu des états financiers
- maitriser les écritures et les impacts de celles ci sur les états financiers pour les
actifs et les passifs les plus significatifs
- distinguer les spécificités des comptes consolidés par rapports aux comptes
sociaux.

Le PCG est autorisé en partiel et interro.


http://epi.univ-paris1.fr/comptaapp
REVOIR COURS L1 DE COMPTA.

Les sources du droit comptable applicable en France.


La normalisation est le processus de normalisation et d’élaboration des règles et
des normes comptable.
La doctrine comptable est l’ensemble de toutes les règles comptables (obligatoires
ou facultative).

Le code de commerce prime sur le PCG. C’est l’état qui rend applicable les règles
comptables en France (mais ce n’est pas le seul acteur).
L’UE est une source (directe ou non) de droit comptable.

L’International Accounting Standards Board : organisme de normalisation


comptable internationale. Il élabore les normes internationales.
Son ancêtre ASC (Committee) crée en 1973 à Londres qui était un organisme de droit
privé. A cette époque, la communauté Européenne cherchait à crée des normes
comptables.
1995 : l’UE s’est aligné sur les normes internationales.
Le processus de normalisation comptable au niveau européen est délégué à l’IASB.

Aujourd’hui, les normes internationales priment sur les normes nationales.


Les normalisateurs nationaux vont copier les normes internationales et les intégrer dans
la doctrine nationale.

I. La doctrine comptable internationale.


Normes :
- International Financial Reporting Standards (IFRS) : créée entre 2000-2013 et
sont applicables aujourd’hui.
- International Accounting Standards (IAS) : élaborée avant 2000 et toujours
applicable aujourd’hui.

 Interprétation de normes  : lorsqu’une grande entreprise à du mal à appliquer


ces normes, elle pose la question. Si la question est intéressante (touche plusieurs
entreprises), cette norme est expliquée. On explique l’utilisation de cette norme.
Les normes internationales en tant que telles en France n’ont aucune valeur légale
mais relèvent uniquement de la doctrine comptable.
Cela veut dire qu’il faut se demander quel est le mécanisme de modification.
- International Financial Reportig Standards Interpretations Committee
(IFRIC) Interpretation
- Standards Interpretation Committee (SIC)

Relèvent de la doctrine comptable en France.

II. Les règles et la doctrine de l’Union Européenne.


 Directives Européennes  :
- 4ème directive du 25 janvier 1978 (comptes annuels)
- 7ème directive du 13 juin 1983 (comptes consolidés)
- la directive « Modernisation » du 18 juin 2003 qui actualise les directives
précédentes (pour les rendre compatible avec les normes internationales).
Ces 3 directives sont assez contraignantes.
Les directives sont peu contraignantes en fonction des différentes directions.

Règlement du Parlement Européen et du Conseil du 19 juillet 2002 sur l’application


des normes comptables internationales (comptes consolidés). Cette publication a
rendu les normes IFRS applicables aux 27 pays de l’UE.
Dès lors que l’IASB publie une norme, un processus se met en marche pour la
reconnaissance ou la non reconnaissance de cette norme.

Normes comptables adoptée par l’UE.


 Les normes internationales en France sont applicables qu’aux comptes
consolidés et pas aux comptes annuels.

Les instances de normalisation comptable européenne.

 Groupe consultatif européen pour l’information financière : European


Financial Reporting Advisory Group (EFRAG)
Vérifie la compatibilité de la norme avec les critères de mise en œuvre
(compatibilité avec les directives, image fidèle …).
Les critères sont :
- la compatibilité avec les directives : on s’assure que la norme n’est pas en
contradiction avec la norme européenne.
- L’image fidèle (concept britannique).
Publie un avis compatible ou non (adopte ou adopte pas).
Dominé par les professionnels comptables.

 Comité d’examen des avis sur les normes comptables : Standards Advice
Revie Group (SARG)
Examine si les avis de l’EFRAG concernant l’adoption des IFRS et des IFRIC sont
équilibrés et objectifs. C’est un verrou supplémentaire (regard d’experts).

 La Commission Européenne : (au vue du SARG et de l’EFRG elle va proposer


la réglementation).
Proposition de la réglementation.

 Comité de réglementation comptable : Accounting Regulator Committee


(ARC)
Donne vote à la majorité qualifiée sur la proposition de la Commission d’adopter
une norme comptable.

Une fois que l’ARC a voté l’application de la réglementation, il y a un verrou


démocratique par le parlement européen et le conseil de l’union européenne.

Processus d’adoption des normes comptables internationales au


niveau européen.

Le conseil de l’Union Européenne et le Parlement Européen doivent donner leur


approbation pour que la norme soit publiée au JOCE.
Ce mécanisme permet de transformer une norme de la doctrine en norme juridique.
PROCESSUS IMPORTANT
III. Les règles comptables françaises.

Pour les comptes annuels, la loi comptable du 30 avril 1983 et le décret comptable du
29 novembre 1983, ce sont la transcription de la 4ème directive dans le droit français.

Les instances de normalisation comptables françaises.

 Autorité des Normes Comptables (ANC) : créée par l’ordonnance n°2009-79 du 22


janvier 2009.
- Prescriptions comptables sous forme de règlements pour les personnes
soumises à l’obligation légale de préparer des documents comptables. Cela oblige
les personnes à préparer des documents comptables. Dépend du Ministère des
Finances en France (Jérô me Haas – Président de l’Autorité des Normes
Comptables). Publie les prescriptions qui sont d’application obligatoire.
- Avis sur toute disposition législative ou règlementaire contenant des mesures de
nature comptable quelque soit l’origine de ces dispositions.
- Avis et prises de positions dans le cadre de la normalisation internationale. Au
niveau européen ou international, il y a des représentants des normes
comptables qui siègent.
- Coordination et synthèse des travaux théoriques et méthodologiques en
matière comptables.
C’est la première source de doctrine comptable en France.

Codification.

Les règles comptables sont codifiées dans le Plan Comptable Général.


Le droit comptable est fortement codifié en France. Il l’est aussi aux USA mais beaucoup
moins chez les britanniques.

PCG
Titre I Titre II Titre III Titre IV Titre V

Les classes du plan de compte  :


1. Comptes de capitaux.
Les capitaux propres est la valeur comptable de l’entreprise : sont les fonds mis à
disposition dans l’entreprise par les propriétaires de l’entreprise plus tous les
accroissements de valeur depuis la création de l’entreprise.
Actifs – Dettes = Capitaux propres.

En France  Capitaux propres + Dettes = passif.


En grande Bretagne  Dettes = Passif.

2. Comptes d’immobilisations.
Une immobilisation est un élément de l’actif qui survie au processus de production.
Il peut être utilisé plusieurs fois.
Exemple  ; un chauffeur de taxi va utilisé son véhicule pour plusieurs courses. C’est donc
une immobilisation.

3. Comptes de stocks et en-cours.


Un stock est la production non vendu et aussi les marchandises qui sont des
éléments achetés pour être vendus. Le stock est constitué de produits finis (éléments du
processus de production) et de marchandises (achetées pour être vendus en l’état).

Les en-cours sont les produits qui ne sont pas terminés.

4. Comptes de tiers.
Les tiers sont les personnes extérieures à l’entreprise comme les banques, les
fournisseurs …

5. Comptes financiers.
Ce sont tous les éléments à caractère monétaire : espèce, comptes chèques, les effets
de remise à l’encaissement, certains effets financiers …

6. Comptes de charges.
Les charges sont les consommations d’actifs au cours d’une période.
Exemple  : Si on utilise une machine on va avoir une dotation aux amortissements. Si on
utilise la main d’œuvre on va avoir des salaires. Cela va traduire les consommations au
cours de la période.

7. Comptes de produits.
Les produits sont les gains sur une période.
Exemple  : le produit des ventes, le produit des dividendes encaissés.

Les productions stocks sont des gains sans les marges alors que les ventes sont des gains
avec des marges.
On enregistre les produits indépendamment des modalités de paiement.

PCG  : champ d’application.


« Les dispositions du présent règlement s’appliquent à toute personne physique ou morale
soumise à l’obligation légale d’établir des comptes annuels comprenant le bilan, le compte
de résultat et une annexe, sois réserve des dispositions qui leur sont spécifiques.  » (Art.
110-1 du PCG).

Les états financiers : bilans, compte annuel, annexe, tableau de financement.

Obligation légale  : comptabilité.

La comptabilité est un élément de preuve en cas de litige. Donc il a une valeur très
import ante.

IV. Les autres sources.


Les autorités de régulation boursière.

Un marché financier est un marché sur lequel s’échange des titres de propriété
(actions) et des titres de créances (obligations).
Il y a deux types de marchés financiers : les marchés de gré à gré et les marchés
financiers organisés.
Les organisations régulent les marchés financiers organisés. Ils fixent les règles
applicables sur ces marchés.
En France, c’est l’AMF qui régulent ce marché.

Lesquelles ?
- International Organization of Securities Commissions (IOSCO) : organisme
international qui fédère toutes les bourses de valeurs dans le monde (123
pays qui ont des bourses et 123 bourses de valeurs).
- European Securities and Markets Authority (ESMA) : c’est l’autorité des
marchés européens qui fédèrent les différents marchés. Réalise les enquêtes
et les publie sur les différentes entreprises. Emet de la doctrine au niveau
européen.
- Autorité des marchés financiers (AMF) : l’autorité qui régule le marché en
France.
- Securities Exchange Commission (SEC) : délégation de la normalisation au
FASB. Délégation aux USA. Les normes américaines sont distinctes des normes
FASB même si il y a une convergence. Seul organisme de normalisation
comptable aux USA. Règles d’application obligatoire aux USA.

Les autorités émettent de la doctrine comptable.

A cô té des normalisateurs comptables il y a :


 Les normalisateurs comptables créent les normes comptables.
 Il existe d’autres organismes qui rendent ces normes applicables et obligatoires ; ce
sont les Inforcements.
Dans les Inforcements il y a :
- UE / Etats
- Autorités boursières : importantes pour les sociétés cotées.
- Professionnels comptables : ils sont à l’origine de la création de l’IASB. Intérêt à
avoir des normes comptables favorables pour leurs clients et pour eux mêmes.
- Les organisations internationales

La doctrine professionnelle.

- IFAC - International Federation of Accountants : Fédération internationale des


auditeurs. Développer et promouvoir à l’échelle mondiale la profession
comptable.
- FEE – Fédération des Experts comptables Européens.
- OEC- Ordre des experts Comptables.
- CNCC – Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes.
- Big 4 : les 4 plus grands groupes de cabinets d’audit au monde (forme les
professionnels) : Ernest and Young, KPMG, Deloitte, PricewaterhouseCoopers.

En France, le rôle de la profession d’expert comptable est d’assister les entreprises


dans l’élaboration des comptes (monopole de ce rô le dans l’entreprise). La profession
de commissaire aux comptes certifie que les comptes donnent une image fidèle de
la situation financière et patrimoniale de l’entreprise. Elle crédibilise les comptes.

Ces professionnels rendent les normes applicables lors de leur activité dans l’entreprise.
C’est donc un pouvoir très fort. C’est une forme de Soft Law  les normes s’imposent car
elles sont conseillées et reconnues par les professionnels.
Les postulats de la comptabilité.
Pour qu’il y ait comptabilité, il faut 3 choses :
- L’entité  : Il faut définir les critères de définition de l’entité. Connaître ces
limites, ses frontières. C’est la personne morale, donc la structure juridique.
- La périodicité  : le compte de résultat est calculer sur une période. Le bilan a
une vision statique. On doit découper le temps en période et donc il faut des
conventions pour découper le temps en période. C’est l’année.
- La monétisation  : il faut donc une unité de mesure. Il faut prendre en compte
que les éléments peuvent être mesurés. C’est l’Euro.

I. Entité.

Quelle est la frontière retenue pour définir le patrimoine ?


- L’établissement, le centre de profit, de coû ts, … (comptabilité analytique)
- L’entité juridique (comptes annuels).
- Le groupe de sociétés (comptes consolidés). Une entreprise peut contrô ler ou
avoir une influence sur une autre. Nous nous intéresserons au critère de contrô le
économique, de pouvoir.

Utilité de la comptabilité.

Comptes annuels Comptes consolidés


- Connexion fiscalité/comptabilité Investisseurs :
(assiette fiscale de l’IS, TVA) - utilisés ex-ante à des fins
- Droit des sociétés (détermination d’estimation des cash-flows. Pour
des dividendes, calcul de la valoriser l’entreprise.
participation, définition de la - utilisés ex-post à des fins de
cessation paiement). L’illiquidité contrôle des dirigeants
peut être prouvée à travers le bilan. Créanciers :
- Instrument de preuve. Toutes les - Evaluation de l’endettement
sociétés utilisent des comptes global
annuels. Autres participants :
- analyse de la performance
Vision très juridique avec grande globale du groupe
prudence.
Apparition à la fin du XIXème siècle avec
l’apparition des voies ferrées et
l’apparition des sociétés Holding (dont
l’actif est composé de prises de
participation dans d’autres sociétés).
La solvabilité  : lorsque la valeur des actifs est supérieur aux dettes. Les actifs sont
évalués à leurs valeurs de liquidation.
Les clients, les fournisseurs, les employés, l’Etat, la banque sont intéressés par la
solvabilité de l’entreprise.
L’Etat s’intéresse à la comptabilité pour définir l’assiette fiscale et à des fin statistiques
(l’INSEE).

Le principe de prudence   : il faut se fonder sur une comptabilité qui sous évalue l’actif et
sur évalue le passif/les dettes.
Principe de prudence  : Selon ce principe, tout événement qui risque de diminuer la
valeur du patrimoine de l'entreprise doit être pris en compte. Toujours selon ce
principe, tout évènement pouvant augmenter la valeur du patrimoine de l'entreprise ne
peut faire l'objet d'un enregistrement comptable.

II. Périodicité.

Découpage en périodes appelées « exercice comptable ».

En France, il y a une séparation des exercices.


Aux USA, il y a un rattachement des produits aux charges.

En fonction de la date d’établissement du bilan, le bilan change donc il faut tenir compte
de l’activité de l’entreprise.
Il ne faut pas comparer le bilan de l’entreprise à deux périodes différentes.

III. Monétisation.

- Seul les éléments auxquels est attribuée une valeur sont enregistrés.
- Exclusion de certains éléments. On utilise un étalon (monétaire) de valeur qui
change. La valeur de l’euro évolue au cours du temps en fonction des autres
monnaies.
- Non prises en compte de l’inflation.
- Nominalisme monétaire
- Code civil (Art. 1895) « L’obligation qui résulte d’un prêt en argent n’est toujours
que la somme numérique énoncée au contrat ».

Les objectifs de la comptabilité.


« Les comptes annuels doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise » L.123-14 du code de
commerce.

« La comptabilité est conforme aux règles et procédures en vigueur qui sont appliquées
avec sincérité afin de traduire la connaissance que les responsables de l’établissement des
comptes ont de la réalité et de l’importance relative des événements enregistrés ». Art.
120.2 PCG.
Les comptes doivent vraiment et réellement représenter ce que l’on voit de
l’entreprise.

 Régularité.
 Sincérité.
 Image fidèle.

L’image fidèle : objectif ultime.

« Lorsque l’application d’une prescription comptable ne suffit pas pour donner l’image
fidèle mentionnée au présent article, des informations complémentaires doivent être
fournies dans l’annexe » L.123-14 du code de commerce.

« Dans le cas exceptionnel où l’application d’une règle comptable se révèle impropre à


donner une image fidèle, il y est dérogé. La justification et les conséquences de la
dérogation sont mentionnées dans l’annexe. » Article 120.2 du PCG.