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1er juillet 2011

COMPTABILITÉ DES GROUPES


CONSOLIDATION IFRS

1° Groupe de sociétés

L’ « Acte uniforme portant sur le droits des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
économique » (AUDS) consacre son Livre IV aux « Liens de droit entre les sociétés ». Il définit le
groupe de sociétés (art. 173), « ensemble formé par des sociétés unies entre elles par des liens divers
qui permettent à l’une d’elles de contrôler l’ensemble », c’est-à-dire de détenir effectivement le
pouvoir de décision au sein de chacune des sociétés du groupe.

L’acte uniforme distingue le contrôle d’une société de la participation dans celle-ci. Il précise
(AUDS, art. 175) qu’une personne physique ou morale est présumée détenir le contrôle d’une
société :
1° lorsqu’elle détient directement ou indirectement ou par personne interposée, plus de la moitié des
droits de vote d’une société ;
2° lorsqu’elle dispose de plus de la moitié des droits de vote d’une société en vertu d’un accord ou
d’accords conclus avec d’autres associés de cette société.

Lorsqu’une société possède dans une autre société une fraction du capital égale ou supérieure à
10 %, la première est considérée comme ayant une participation dans la seconde (AUDS, art. 176).
Pour l’IAS 271, les critères de la participation diffèrent quelque peu : la norme IAS 27 États financiers
consolidés et individuels « s’applique à la préparation et à la présentation des états financiers
consolidés d’un groupe d’entités contrôlées par une société mère » (§ 1). « Le contrôle est présumé
exister lorsque la société mère détient, directement ou indirectement par l’intermédiaire de filiales,
plus de la moitié des droits de vote d’une entité, sauf si, dans des circonstances exceptionnelles, il peut
être clairement démontré que cette détention ne permet pas le contrôle. Le contrôle existe néanmoins
lorsque la société mère détenant la moitié au moins des droits de vote d’une entité, dispose également :
a) Du pouvoir sur plus de la moitié des droits de vote en vertu d’un accord avec d’autres
investisseurs ;
b) Du pouvoir de diriger les politiques financières et opérationnelles de l’entité en vertu d’untexte
réglementaire ou d’un contrat ;
c) Du pouvoir de nommer ou de révoquer la majorité des membres du conseil d’administration ou
de l’organe de direction équivalent, si le contrôle de l’entité est exercé par ce conseil ou cet
organe ; ou
d) Du pouvoir de réunir la majorité des droits de vote dans les réunions du conseil d’administration
1
International Accounting Standard publié par l’« International Accounting Standard Committee » dont le siège
est à Londres, est fondé en 1973 par les instituts d’experts comptables de dix pays (Allemagne, Australie,
France, Irlande, Japon, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni) avec pour principaux objectifs :
- établir des normes comptables acceptables au plan international,
- promouvoir leur utilisation,
- harmoniser les pratiques comptables et la présentation des comptes au plan international.
Au milieu de l’année 2000, l’IASC comptait 142 membres dans 103 pays. L’IASC s’achemine vers une doctrine
comptable à deux « vitesses », un régime national pour les entreprises de taille modeste le plus souvent non
cotées ; un autre destiné aux groupes transfrontaliers cotés, confrontés à une « concurrence comptable ». Ses
travaux sont repris en 2001 par l’IASB (International Accounting Standard Board).

C. GARRIER 1 Comptabilité des groupes


ou de l’organe de direction équivalent, si le contrôle de l’entité est exercé par ce conseil ou cet
organe » (IAS 27, § 13).

Les filiales au sens large

La pratique des affaires donne à la notion de filiale un contenu plus large que celui retenu par l’art.
179 AUDS qui ne tient compte que des droits dans le capital et non de la proportion des voix dans les
assemblées. Il n’est donc pas inutile de distinguer plusieurs seuils de participation, allant du plus élevé
au plus faible.

1° On trouve d’abord la filiale à 100 %2.


2° En droit fiscal français, les participations supérieures à 90 % dans des filiales sises en France,
permettent de bénéficier du régime fiscal des groupes (L. 31 décembre 1987, art. 68). Les bénéfices ne
sont pas imposés dans chaque société, mais seulement au niveau de la société mère après
compensation entre les pertes et bénéfices réalisés par les membres du groupe répondant à la définition
fiscale.
3° Les participations supérieures à 66 % des voix suffisent, dans les sociétés anonymes (AUDS,
art. 554, al. 1er) à conférer la maîtrise absolue de la filiale, puisque la société mère a la majorité dans
les assemblées générales extraordinaires. S’agissant d’une SARL, la société mère doit disposer de plus
des ¾ du capital (AUDS, art. 358, al. 1er) pour obtenir le même effet.
4° La participation à 50 % partagée entre deux groupes est celle qui entraîne le plus de difficultés.
Elle est parfois adoptée pour la constitution de filiales communes. Elle lie étroitement les participants
puisque rien ne peut être décidé sans le consentement de l’autre.
5° Une participation supérieure à 40 % oblige à inclure dans le périmètre de consolidation les
comptes de la société dont les titres sont détenus. De même, toute acquisition significative d’une
fraction du capital d’une société donne lieu à des mesures d’information (Acte uniforme portant droit
comptable, art. 74 et sqq. ; commentaire SYSCOA, p. 654, 9ème partie, Comptes et états financiers
consolidés).
6° Dans les sociétés cotées, l’actionnaire dont la participation dans une société cotée dépasse
certains seuils intermédiaires du capital (5%, 10%, 15%...), doit informer l’AMF de la nature de ses
intentions : prise de participation ou simple placement temporaire ; l’acquisition directe ou indirecte
comprise entre 30 % et le tiers du capital ou des droits de vote d’une société cotée (Règlement général
de l’ AMF, art. 234-11, effet du 1er février 2011) impose, en droit français, de déposer un projet d’offre
publique.
7° En droit européen, la directive Transparence du 15 décembre 2004 prévoit que les obligations
de déclaration de franchissements de seuils s’appliquent également à la personne qui détient « des
instruments financiers qui donnent le droit d’acquérir, de sa propre initiative uniquement, en vertu
d’un accord formel, des actions auxquelles sont attachés des droits de vote et déjà émises, d’un
émetteur dont les actions sont admises à la négociation sur un marché réglementé » (art. 13).

2° Comptabiliser les titres

Les actions acquises par une société sont réparties en quatre groupes :
- actions dès le départ achetées en vue de prendre le contrôle d’une cible ;
- actions achetées à titre de placement temporaire (équivalent de trésorerie) ;
- actions achetées à titre de placement que la direction décide ultérieurement de convertir en titres
de participation ;
- actions achetées en vue d’une participation, dont la vente est ultérieurement décidée.

2
AUDS, art. 5 : « La société commerciale peut également être créée, dans les cas prévus par le présent Acte
uniforme, par une seule personne, dénommé "associé unique", par un acte écrit ».
AUDS, art. 309, al. 2 : « [La SARL] peut être constituée par une personne physique ou morale… ».
AUDS, art. 385, al. 2 : « La société anonyme peut ne comprendre qu’un seul actionnaire ».

C. GARRIER 2 Comptabilité des groupes


« Pour l’évaluation d’un actif financier après sa comptabilisation initiale, la [norme IAS 39] classe
les actifs financiers en quatre catégories suivantes :
a) les actifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat ;
b) placements détenus jusqu’à l’échéance ;
c) les prêts et créances ; et
d) actifs financiers disponibles à la vente » (IAS 39, § 45).

Participations détenues en vue de la vente

« Les participations "classées comme détenues en vue de la vente selon IFRS 5 Actifs non courants
détenus en vue de la vente et activités abandonnées" doivent être comptabilisés selon IFRS 5 » (IAS
28, § 14).

« Les dispositions de classification et de présentation de la [norme IFRS 5] s’appliquent à tous les


actifs non courants comptabilisés et à tous les groupes d’une entité destinés à être cédés  » (IFRS 5, § 2
in limine).

« Une entité doit classer un actif non courant (ou un groupe destiné à être cédé) comme détenu en
vue de la vente si sa valeur comptable est recouvrée principalement par le biais d’une transaction de
vente plutôt que par l’utilisation continue » (IFRS 5, § 6). « Pour que tel soit le cas, l’actif (ou le
groupe destiné à être cédé) doit être disponible en vue de la vente immédiate dans son état actuel, sous
réserve uniquement des conditions qui sont habituelles et coutumières pour la vente de tels actifs (ou
groupe destiné à être cédé) et sa vente doit être hautement probable » (IFRS 5, § 7).

« Pour que la vente soit hautement probable, la direction à un niveau approprié, doit s’être engagée
sur un plan de vente de l’actif (ou du groupe destiné à être cédé), et un programme actif pour trouver
un acheteur et finaliser le plan doit avoir été lancé » (IFRS 5, § 8 in limine).

« Lorsqu’une participation dans une entreprise associée, classée auparavant comme étant détenue
en vue de la vente, ne satisfait plus aux critères de ce classement, elle doit être comptabilisée selon la
méthode de la mise en équivalence à compter de la date de son classement comme détenue en vue de
la vente. Les états financiers au titre des périodes depuis le classement comme détenue en vue de la
vente doivent être modifiés en conséquence » (IFRS 5, § 18).

Quel que soit l’historique de leur entrée dans l’actif, ne nous intéressent ici que les actions
nécessaires au contrôle d’une société ou, au moins, à une influence notable sur sa gestion.

Entreprise dans laquelle l’investisseur a une influence notable

« Une entreprise associée est une entité […] dans laquelle l’investisseur a une influence notable, et
qui n’est ni filiale ni une participation dans une coentreprise » (IAS 28, § 2, alinéa 2).

La consolidation est opérée selon la méthode de la mis en équivalence : « la méthode de la mise en
équivalence est une méthode comptable selon laquelle la participation est initialement comptabilisée
au coût et est ensuite ajustée pour prendre en compte les changements postérieurs à l’acquisition de la
quote-part de l’investisseur dans l’actif net de l’entreprise détenue. Le résultat de l’investisseur
comprend sa quote-part du résultat de l’entreprise détenue » (IAS 28, § 2).

Entreprise dont laquelle l’investisseur a le contrôle

La valorisation des titres de placement obéit aux règles suivantes. Lors de l’achat :
- si elles ont été achetées à l’occasion d’une cotation, elles entrent pour leur juste valeur ;
- si elles sont acquises à l’occasion d’une OPA, l’acheteur a payé un surprix au-dessus de la juste
valeur (dernier cours connu avant la suspension des cotations, pendant la durée accordée à

C. GARRIER 3 Comptabilité des groupes


l’exercice de l’OPA) ; elles entrent pour leur juste valeur ; le goodwill est comptabilisé sur une
ligne particulière de l’actif.

« Lors de la comptabilisation initiale d’un actif ou d’un passif financier, une entité doit l’évaluer à
sa juste valeur majorée, dans le cas d’un actif ou d’un passif financier qui n’est pas à sa juste valeur
par le biais du compte de résultat, des coûts de transactions directement imputables à l’acquisition ou à
l’émission de l’actif ou du passif financier » (IAS 39, § 43).

La consolidation est opérée selon la méthode de l’intégration totale. On relève que la mise en
équivalence n’est pas reconnue par les IFRS.

Écart d’acquisition ou survaleur (goodwill)

Il est très rare qu’une société fasse l’acquisition d’une autre société en payant cette dernière pour le montant
exact de ses capitaux propres comptables.

Il y a fréquemment un écart entre le prix d’acquisition qui peut être payé en cash ou en titres et la juste
valeur des titres achetés.

Cet écart positif est appelé survaleur (goodwill). La survaleur est une majoration arbitraire de la valeur
des actifs, nécessitée pour l’heureux aboutissement d’une négociation.

Juste valeur des titres achetés (dernier cours avant suspension des cotations)
À déduire : Prix d’achat de la participation ou du contrôle
= Survaleur (goodwill)

Il est souhaitable qu’elle disparaisse au plus tôt (par amortissement) pour éviter la publication d’un bilan qui
ne reflète pas la réalité économique du groupe.

Nota : En Allemagne ou aux Etats-Unis, l’amortissement de l’écart d’acquisition peut être fiscalement
déductible dans certaines conditions.

Le CNC français recommande de choisir une durée d’amortissement compatible avec les hypothèses
retenues lors de l’acquisition. La norme IAS 22 propose une durée maximale de 20 ans avec test de validité si
une durée plus longue est retenue.

Si l’écart d’acquisition est négatif, il est l’objet d’une provision pour risques et charges progressivement
reprise sur une durée de 5 ans, selon les recommandations du CNC. La norme IAS 22 prévoit que l’écart
d’acquisition négatif soit comptabilisé comme un produit différé sur un maximum de 20 ans, ou réparti entre les
divers actifs non monétaires amortissables acquis, au prorata de leur valeur vénale.

Dans certains cas, il est possible de rapprocher des firmes sans constater de survaleur, ce qui est appelé mise
en commun d’intérêts (pooling of interests). L’idée est qu’une opération de rapprochement entre deux groupes
de taille équivalente, est un problème d’actionnaires qui procède plus de la mise en commun d’intérêts par
combinaison d’actifs que d’un achat de capitaux propres de l’un par l’autre, donnant lieu à écart d’acquisition.

S’inspirant de la pratique américaine, le CNC autorise les entreprises à utiliser une méthode dérogatoire qui
prévoit que la différence entre le coût d’acquisition et les capitaux propres de la société acquise peut être
imputée sur les capitaux propres nouvellement créés de la société acheteuse si :
- l’acquisition porte sur 90 % du capital de la société acquise en une seule opération ;
- elle est payée en augmentation de capital immédiate ou différée mais certaine, dans un délai de moins de 5
ans ;
- il n’y a pas de rémunération autre que des actions pour plus de 10 % du montant de l’augmentation de
capital ;
la substance de l’opération n’est pas remise en cause par des transactions (rachats fermes ou optionnels
d’actions, dividendes exceptionnels, etc) intervenant dans un délai de deux ans.

C. GARRIER 4 Comptabilité des groupes


Lors de la clôture des comptes de la holding, celle-ci ajuste la juste valeur de ses participations en
constatant une plus-value portée en capitaux propres ou une moins-value portée en perte financière
après une éventuelle imputation sur les plus-value présentes dans les capitaux propres.

Lors de la consolidation, un écart apparaît très souvent (en plus ou en moins) entre la juste valeur
des titres et leur valeur mathématique dans les états financiers de la filiale ; cet écart apparaît dans les
comptes consolidés sous la rubrique « écart de consolidation ».

Écart de consolidation
L’écart de consolidation est constaté lors de chaque consolidation. Il résulte de la différence entre la juste
valeur des titres et leur valeur mathématique dans le bilan de la filiale.

Part des capitaux propres de la filiale qui revient à la société mère


À déduire : Juste valeur de la participation ou du contrôle
= Écart de consolidation

3° Consolidation

L’Acte Uniforme portant sur le droit des sociétés commerciales mentionne plusieurs seuils :
-le contrôle lorsque le nombre des actions détenues représente plus de 50 % du capital de la filiale ;
-la participation lors que le nombre des actions détenues représente plus de 10 % du capital de la
filiale.

Les IFRS connaissent aussi deux seuils dont le premier est identique à celui du SYSCOA, alors que
le second est fixé à 20 %.

Entre ces bornes, la pratique mentionne, dans les sociétés anonymes, la participation de 25 % 3,
quorum minimum indispensable à la validité des assemblées générales ordinaires sur première
convocation (art. 549) et seuil minimum indispensable à la validité d’une assemblée générale
extraordinaire convoquée pour la seconde fois (art. 553).

Dans la suite, nous n’envisageons que les deux situations mentionnées dans les IFRS auxquelles est
ajoutée l’approche du cas où la société mère et la filiale sont implantées dans des pays dont les
monnaies diffèrent.

L’adoption des IFRS par un grand nombre d’autorité régissant des bourses de valeurs, a
considérablement simplifié la tâche des comptables chargés de la consolidation, puisque les diverses
sociétés d’un même groupe se réfèrent aux mêmes normes pour l’établissement des états qu’elles
envoient à leur holding.

Si la consolidation permet de mesurer la puissance globale du groupe et ainsi de le classer parmi les
autres groupes industriels et financiers, d’autres mesures ne sont pas moins intéressantes. Il s’agit
notamment de l’établissement des comptes et bilans par division (divisional reporting), grâce auxquels
on peut qualifier la substance des activités du groupe. Pour chacune des activités principales, on fait
apparaître, outre les différents postes du bilan, les ventes, les profits, les ratios caractéristiques et la
part contributive de l’élément du groupe au profit total de l’ensemble du groupe. L’avantage de ces
mesures est évident : elles donnent le moyen de classer les «centres de profit» du groupe financier et
industriel, de découvrir éventuellement les subventions croisées entre les membres et enfin d’orienter

3
Le Code des assurances des États membres de la CIMA, art. 329-7 nouveau, al. 1 er, dispose que : « Toute
opération de vente ayant pour effet de conférer directement ou indirectement à un actionnaire personne physique
ou morale ou à plusieurs actionnaires personnes morales liées par des relations de société mère à filiale, soit une
participation atteignant 20 % du capital social, soit la majorité des droits de vote à l’assemblée générale d’une
entreprise [d’assurance] mentionnée à l’article 329-3 doit, préalablement à sa réalisation, obtenir l’autorisation
du ministre en charge des assurances de l’État membre »

C. GARRIER 5 Comptabilité des groupes


les options stratégiques pour le développement du groupe. Le graphe des centres de profit peut être
différent de celui des participations représentant la structure juridique du groupe ; ce graphe des
centres de profit a en effet une structure logique, puisqu’il représente les activités dans lesquelles le
groupe est engagé. L’exemple d’une telle technique de représentation et de mesure a été donné par la
société Martin Marietta dès 1965.

Le SYSCOA (RDC4, art. 74) impose à toute entreprise qui a son siège ou son activité principale
dans l’un des États de l’Union et qui contrôle de manière exclusive ou conjointe 5 une ou plusieurs
autres entreprises, ou qui exerce sur elles une influence notable, d’établir et publier chaque année, les
états financiers consolidés de l’ensemble constitué par toutes les entreprises ainsi qu’un rapport sur la
gestion de cet ensemble.

Le SYSCOA permet d’exclure de la consolidation les éléments consolidables d’importance


négligeable. Son article 96 exclut de même les entreprises « dont les actions ou parts ne sont détenues
qu’en vue d’une cession ultérieure ». Ces titres doivent alors figurer dans le compte « 50, Titres de
placement ». Il dispose en outre : « Sont laissées en dehors du champ d’application de la
consolidation, les entreprises pour lesquelles des restrictions sévères et durables remettent en cause
substantiellement, soit le contrôle ou l’influence exercés sur elles par l’entreprise consolidante 6, soit
leur possibilité de transfert de fonds ».

En IFRS, sont exclues de la consolidation les sociétés dont des titres sont détenus à titre d’actifs
courants. « Les actifs courants comprennent […] les actifs détenus essentiellement aux fins d’être
négociés (par exemple, certains actifs financiers classés comme des actifs détenus à des fins de
transaction selon IAS 39), ainsi que la partie courante des actifs financiers non courants » (IAS 1, § 68
in flne).

Le SYSCOA (RDC, art. 78) dispose que le contrôle exclusif par une entreprise résulte :
- soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote dans une autre entreprise ;
- soit de la désignation, pendant deux exercices successifs, de la majorité des membres des organes
d’administration, de direction ou de surveillance d’une autre entreprise ; l’entreprise consolidante
est présumée avoir effectué cette désignation lorsqu’elle a disposé au cours de cette période,
directement ou indirectement, d’une fraction supérieure à quarante pour cent des droits de vote et
qu’aucun autre associé ne détenait, directement ou indirectement, une fraction supérieure à la
sienne.
- soit du droit d’exercer une influence dominante sur une entreprise, en vertu d’un contrat ou d’une
clause statutaire, lorsque le droit applicable le permet et que l’entreprise consolidante est associée
de l’entreprise dominée.

Pour l’IAS 27 (§ 4), « États financiers consolidés et individuels », « le contrôle est le pouvoir de
diriger les politiques financières et opérationnelles d’une entité afin d’obtenir des avantages de ses
activités » ; « les intérêts minoritaires sont la quote-part dans le résultat et dans l’actif net d’une filiale,
attribuable aux parts dans les capitaux propres qui ne sont pas détenus par la société mère ni
directement, ni indirectement, par l’intermédiaire des filiales ».

3.1° Pourcentage de contrôle et pourcentage d’intérêt


4
Acte uniforme portant droit comptable.
5
Le contrôle conjoint est le partage du contrôle d’une entreprise exploitée en commun par un nombre limité
d’associés, de sorte que les décisions résultent de leur accord.
6
Deux exemples (techniques juridiques permettant aux administrateurs de sécuriser leur pouvoir contre une
éventuelle OPA) :
- l’achat d’actions d’une société en commandite par actions (droit français) ne permet aucun contrôle : les
dirigeants ne peuvent être légalement que les commandités ;
l’achat d’actions à vote simple émises par une société dont le conseil d’administration et ses amis détiennent 35
% du capital sous formes d’actions à vote double, est sans utilité : les administrateurs et leurs amis disposent de
50,18 % des droits de vote.

C. GARRIER 6 Comptabilité des groupes


Le pourcentage de contrôle mesure le lien de dépendance, direct ou indirect, entre une société mère
et ses filiales. Il correspond au pourcentage des droits de vote détenu par la société mère dans la
filiale. Il peut être supérieur au pourcentage d’intérêt, lorsque la filiale a émis des actions à vote
double7 dont une part (ou la totalité) est détenue par la société mère ; au contraire, certains statuts
limitent les droits de vote que peut exercer un actionnaire 8. C’est la somme des produits des
participations de toutes les sociétés du groupe dans chaque filiale, pourvu que ces sociétés soient
contrôlées, directement ou indirectement, par la société mère.

Le pourcentage d’intérêt sert au calcul des droits financiers de la société mère dans ses filiales. Il
exprime la part du capital détenue. C’est la somme des produits des pourcentages de capital détenus,
directement ou indirectement, par la société mère dans ses filiales.

Exemple : les sociétés en cause n’ont pas émis d’actions à vote double

Pourcentages de contrôle
 60 %  B 70 %  D
A
 20 % C  9 % E

Comme A contrôle B, elle contrôle indirectement D. Quoique ne contrôlant pas C, elle participe aux
assemblées de E à concurrence de 10 %.

Pourcentages d'intérêt
 60 %  B 42 %  D
A
 20 % C E

Comme A dispose de 60 % de la situation nette de B ; B contrôle D à 70 %. Donc A dispose donc


indirectement de 42 % de celle de D (60 % x 70 %). A ayant 20 % de C consolidera C par mise en
équivalence, mais celle-ci ne consolide pas E (au sens strict, C n’a pas de participation dans E puisque
ses droits sont inférieurs à 10 %).

L’utilisation du pourcentage d’intérêt est différente selon la méthode de consolidation retenue :


- pour la méthode d’intégration globale, le pourcentage d’intérêt ne sert qu’à répartir les capitaux
propres et le résultat entre la part des actionnaires de la société mère et la part des intérêts
minoritaires ;
- pour la méthode de la mise en équivalence, le pourcentage d’intérêt sert à déterminer la part des
capitaux propres et du résultat net de la filiale revenant à la maison mère.

3.2° Consolidation par additions (intégration globale)

3.2.1° Périmètre de consolidation

L’IAS 27 définit le « Périmètre des états financiers consolidés » (§ 12-15). « Le contrôle est
présumé exister lorsque la société mère détient, directement ou indirectement par l’intermédiaire de

7
Le droit des sociétés permet de créer des actions disposant de droits différents ; par exemple, des actions à droit
de vote double. Elles sont usuellement réservées aux fondateurs de la société.
8
Le droit français permet de limiter le droit de vote à un pourcentage donné du capital. Cette limitation peut
tomber au-delà d’un certain seuil de détention du capital (50 % ou 2/3).
Le groupe Danone a adopté ce dispositif. Selon ses statuts, aucun actionnaire ne peut exprimer en assemblée plus
de 6 % du total des droits de vote simple et 12 % du total des droits de vote double. Mais si un actionnaire
détient seul plus des 2/3 du capital, cette limite devient caduque.

C. GARRIER 7 Comptabilité des groupes


filiales, plus de la moitié des droits de vote d’une entité […]. Le contrôle existe également lorsque la
société mère détenant la moitié au moins des droits de vote d’une entité, dispose également :
a) du pouvoir sur plus de la moitié des droits de vote en vertu d’un accord avec d’autres
investisseurs ;
b) du pouvoir de diriger les politiques financières et opérationnelles de l’entité en vertu d’un texte
réglementaire ou d’un contrat ;
c) du pouvoir de nommer ou de révoquer la majorité des membres du conseil d’administration ou
de l’organe de direction équivalent, si le contrôle de l’entité est exercé par ce conseil ou cet
organe » (§ 13).

Le contrôle d’une société par une autre ne résulte donc pas seulement des droits de la seconde dans
le capital de la première, mais d’abord de la part de la seconde dans les droits de vote dans les
assemblées d’actionnaires. L’appréciation de ce contrôle implique donc de veiller à la présence
d’actions à droit de vote double ou plural9.

Outre les actions d’une entité, « une [autre] entité peut posséder des bons de souscription d’actions,
des options d’achat d’actions, des instruments d’emprunt ou de capitaux propres convertibles en
actions ordinaires ou autres instruments analogues qui, s’ils sont exercés ou convertis, ont la faculté de
donner à l’entité un pouvoir de vote ou de restreindre le pouvoir de vote d’un tiers sur les politiques
financières et opérationnelles d’une autre entité (droits de vote potentiels). L’existence et l’effet des
droits de vote potentiels exerçables ou convertibles, y compris les droits de vote potentiels détenus par
une autre entité, sont pris en considération quand l’entité apprécie si elle détient le pouvoir de diriger
les politiques financières et opérationnelles d’une autre entité. Les droits de vote potentiels ne sont pas
actuellement exerçables ou convertibles lorsque, par exemple, ils ne peuvent être exercés ou convertis
qu’à une date future ou que s’il se produit un évènement futur » (§ 14).

Les conglomérats consolident leurs filiales aussi bien que les groupes composés de sociétés
exerçant sur le même axe économique. « Une filiale n’est pas exclue du périmètre de consolidation
parce que ses activités sont dissemblables de celles des autres entités du groupe. Une information
pertinente est fournie en consolidant ces filiales et en fournissant des informations supplémentaires
dans les états financiers consolidés sur les différentes activités des filiales. Par exemple, les
informations à fournir imposées par IFRS 8 Secteurs opérationnels aident à expliquer l’importance des
différentes activités au sein du groupe » (§ 20).

3.2.2° Les modifications du périmètre de consolidation

L’étude du périmètre de consolidation est importante surtout dans son évolution et dans ce qui est
exclu du périmètre de consolidation. En effet, ne pas consolider une filiale, c’est :
-ne pas faire apparaître ses pertes ni ses capitaux propres ;
-ne pas faire apparaître le montant de ses dettes.

L’Autorité des marchés financiers française impose de lui déclarer toute acquisition d’actions
d’une société anonyme ou d’une SAS (société par actions simplifiée), dès qu’elle excède 5 % et que la
société acheteuse vise de prendre une participation dans l’émettrice des actions acquises. Pour
masquer leur intention et acheter au prix usuel du marché en économisant un goodwill presque jamais
inférieur à 20 % lorsqu’une OPA est annoncée, certaines sociétés font acheter les actions de leur cible
par petits paquets, par un pool bancaire qui cède massivement les actions ainsi acquises lorsqu’une
participation déjà intéressante a été collectée.

9
En droit français subsiste une forme de société datant du XIX ème siècle, dans laquelle le nombre des actions est
sans influence sur un éventuel contrôle : la société en commandite par actions (exemple : Michelin). Dans une
telle société, la direction générale de la société ne peut être exercée que par le(s) commandité(s). Les actionnaires
commanditaires n’ont d’autre rôle que la participation aux assemblées : l’assemblée annuelle qui approuve les
comptes et le montant du dividende et désigne le commissaire aux comptes ; l’assemblée extraordinaire qui
décide, sur proposition du commandité, de modifier les statuts, particulièrement d’augmenter le capital.

C. GARRIER 8 Comptabilité des groupes


Consolider par équivalence permet également de ne pas faire apparaître l’ensemble des dettes.
Cette méthode n’est pas admise par les IFRS.

Certains montages permettent de sortir du périmètre de consolidation des filiales toujours


contrôlées par la société mère. Ces montages ont été développés afin de rendre certains comptes
consolidés plus attrayants. Ces montages font souvent appel à la notion d’ « entité ad hoc » qui est une
structure juridique distincte créée spécifiquement pour gérer opération pour le compte d’une entreprise
et qui, souvent, n’appartient pas en droit à l’entreprise mais à des établissements financiers.
Cependant, le CNC français, suivant en cela la norme 27 de l’IASC, prévoit que si l’entreprise
bénéficie de la majeure partie des avantages de l’entité ad hoc, ou si elle en porte les risques résiduels,
elle devra être consolidée.

Les changements de périmètre de consolidation doivent donner lieu à la production d’états


financiers pro forma qui permettent à l’analyste de comparer les performances de l’entreprise sur une
base homogène. Ces états pro forma peuvent soit retraiter le passé pour le rendre comparable au
périmètre actuel, soit sortir du périmètre actuel les éléments qui n’existaient pas dans l’exercice
précédent afin de maintenir l’ancien périmètre, ce qui est moins intéressant pour l’analyste.

3.2.3° Comptes combinés

Le SYSCOA10 intitule « comptes combinés » les comptes et états financiers de synthèse de


l’ensemble constitué de filiales situées dans l’UEMOA, dépendantes d’une société située hors de
l’UEMOA, en vue de donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat
de l’ensemble ainsi constitué.

Les filiales comprises dans le périmètre de combinaison peuvent être liées par des relations
économiques de nature diverses, sans que leur intégration ne résulte de liens de participation
organisant les sociétés mères et les filiales.

3.2.4° Procédure de consolidation : la société mère détient le contrôle exclusif de sa


filiale (intégration totale)

Lorsque la société mère se considère comme propriétaire de l’ensemble du patrimoine de sa filiale,


on procède à une « consolidation globale ». Pratiquement, la filiale est traitée comme une simple
succursale. En contrepartie, la société mère reconnaît aux associés minoritaires de la filiale la qualité
de détenteurs de droits dans son capital (pour les besoins de la consolidation).

Cette interprétation est économiquement justifiée, mais constitue une fiction au plan juridique.

« Pour établir les états financiers consolidés, les états financiers individuels de la société mère et de
ses filiales sont combinés, ligne par ligne, en additionnant les postes semblables d’actifs, de passifs, de
capitaux propres, de produits et de charges. Afin que les états financiers consolidés présentent
l’information financière du groupe comme celle d’une entité économique unique, les étapes ci-dessous
sont alors suivies :
a) la valeur comptable de la participation de la société mère dans chaque filiale et la quote-part de
la société mère dans les capitaux propres de chaque filiale sont éliminés (voir IFRS 3 qui décrit
également le traitement du goodwill en résultant).
b) Les intérêts minoritaires dans le résultat des filiales consolidées pour la période de reporting
sont identifiés ; et
c) les intérêts minoritaires dans l’actif net des filiales consolidés sont identifiés séparément des
capitaux propres de la société mère. Les intérêts minoritaires dans l’actifs net comprennent :

10
SYSCOA – Système comptable Ouest africain – Plan comptable général des entreprises, Foucher, Paris, 1996,
Comptes combinés, p. 154.

C. GARRIER 9 Comptabilité des groupes


a. le montant de ces intérêts minoritaires à la date du regroupement d’origine calculé
selon IFRS 311 ; et
b. la part des minoritaires dans les variations des capitaux propres depuis la date du
regroupement  » (IAS 27 ; § 22).

En SYSCOA, l’intégration globale est décrite comme suit :


RDC, art. 80, alinéa 1er : Les comptes des entreprises placées sous le contrôle exclusif de
l’entreprise consolidante sont consolidés par intégration globale.
RDC, art. 81, alinéa 1er : Dans l’intégration globale, le bilan consolidé reprend les éléments du
patrimoine de l’entreprise consolidante, à l’exception des titres des entreprises consolidées à la valeur
comptable desquels sont substitués les différents éléments actifs et passifs, constitutifs des capitaux
propres de ces entreprises déterminés d’après les règles de consolidation.

Consolidation des éléments incorporels

Se pose le problème de certains actifs incorporels de la société achetée : fonds commercial, goodwill
si elle a un portefeuille de filiales. Ces immobilisations ne sont jamais amorties 12 (en cas de
dépréciation, ces actifs sont provisionnés) ; ils entrent définitivement à l’actif de la société
consolidante. L’entreprise doit préciser en annexe la méthode d’évaluation de ces actifs incorporels.
Les groupes français présentent une quote-part d’actifs incorporels dans leurs bilans, très significative
(17 % à fin 1998 pour les 30 premiers groupes industriels concernés).

« Les soldes et les transactions intragroupes, y compris les produits, les charges et les dividendes,
sont intégralement éliminés. Les résultats découlant de transactions intragroupes compris dans l’actif
tels que les stocks et les immobilisations sont intégralement éliminés. Les pertes intragroupes peuvent
indiquer une dépréciation nécessitant une comptabilisation dans les états financiers consolidés » (IAS
27, § 25).

« Lorsque des droits de vote potentiels existent, la quote-part de l’investissement dans le résultat de
l’entreprise détenue et dans les variations de capitaux propres de l’entreprise détenue, est déterminée
sur la base des parts d’intérêts actuelles et ne traduit pas la possibilité d’exercice ou de conversion des
droits de vote potentiels » (IAS 28, § 12).

« Les intérêts minoritaires doivent être présentés dans l’état consolidé de situation financière dans
les capitaux propres, séparément des capitaux propres de la société mère. Les intérêts minoritaires
dans le résultat du groupe doivent également être indiqués séparément » (IAS 27, § 33)13. « Le résultat
est réparti entre la société mère et les intérêts minoritaires. Puisqu’il s’agit de deux postes de capitaux
propres, le montant attribué aux intérêts minoritaires ne constitue pas un produit ou une charge » (IAS
27, § 34).
11
« Du fait que l’acquéreur comptabilise à leur juste valeur, à la date d’acquisition, les actifs, passifs et passifs
éventuels identifiables de l’entreprise acquise qui satisfaont aux critères de comptabilisation du § 37, tout intérêt
minoritaire dans l’entreprise acquise est évalué sur la base de la quote-part des intérêts minoritaires dans la juste
valeur nette de ces éléments. Les § B16 et B17 de l’appendice B fournissent des commentaires sur la
détermination des justes valeurs des actifs, passifs et passifs éventuels identifiables de l’entreprise acquise pour
les besoins de l’affectation du coût d’un regroupement d’entreprises » (IFRS3, § 40).
12
La norme IAS 38 propose d’amortir les immobilisations incorporelles : leur durée de vie n’est pas infinie ;
l’amortissement reflète la consommation des avantages futurs attendus de ces immobilisations incorporelles.
IASC préconise un amortissement sur une durée maximale de 20 ans. Si une durée plus longue est retenue,
l’IASC suggère également que la valeur des immobilisations incorporelles soit testée chaque année lors d’un test
de validité (« impairment test ») pour vérifier la cohérence entre la valeur nette comptable et la valeur actualisée
des flux futurs issus de l’actif incorporel. Si le test se révélait négatif, il conviendrait de provisionner l’actif
incorporel.
Les normes américaines actuelles recommandent une durée maximale d’amortissement de 40 ans pour les
immobilisations incorporelles.
13
Cette disposition innove par rapport à ce qui était antérieurement pratiqué : les droits des minoritaires étaient
assimilés à une dette de l’entité consolidante.

C. GARRIER 10 Comptabilité des groupes


« Les pertes revenant aux minoritaires dans une filiale consolidée peuvent être supérieurs aux
intérêts minoritaires dans les capitaux propres de la filiale. Cet excédent et toutes les pertes futures
relatives aux minoritaires sont imputées aux intérêts majoritaires, sauf si les minoritaires ont une
obligation irrévocable de compenser les pertes par un investissement complémentaire et ont la capacité
de le faire. Si la filiale dégage par la suite des bénéfices, ceux-ci sont attribués aux intérêts majoritaires
jusqu’à ce que la part des pertes relatives aux minoritaires antérieurement imputée aux majoritaires ait
été couverte » (IAS 27, § 35).
* *
*
Pratiquement, la consolidation des bilans suit le processus suivant :
-conversion des états financiers des filiales dans la monnaie de la société mère ;
-compensation des opérations réciproques entre filiale et holding (prêts, comptes clients et
fournisseurs, etc) ;
-calcul des droits des minoritaires dans la situation nette de la filiale et son résultat de l’exercice ;
-calcul des droits de la société mère dans la situation nette de la filiale, hors bénéfice ;
-calcul des droits de la société mère dans le bénéfice de la filiale ;
-calcul de la plus- ou moins-value de consolidation qui est portée dans la « situation nette
consolidée » ;
-consolidation des bilans :
- l’actif et le passif exigible de la filiale sont additionnés poste par poste à ceux de la société
mère ;
- le coût historique de la participation dans les filiales consolidées est éliminé de l’actif du
bilan consolidé ;
- les capitaux propres de la société mère sont conservés, corrigés de la plus- ou moins- value
de consolidation ;
- les intérêts minoritaires dans les capitaux propres de la filiale sont portés dans les capitaux
propres du bilan consolidé ;
- leurs intérêts dans le résultat sont également affichés distinctement.

Exemple schématique 1 :

Société mère (80 % du capital de sa filiale ; pas d’autre relation financière ni commerciale)

Immobilisations nettes 1 100 Capital social 1 000


Titres de participation 50 Réserves 300
Stocks 450 Bénéfice 200
Créances 800 Dettes 900
Total de l'actif 2 400 Total du passif 2 400

Filiale

Immobilisations nettes 600 Capital social 400


Réserves 150
Stocks 100 Bénéfice 50
Créances 250 Dettes 350
Total de l'actif 950 Total du passif 950

On consolide les deux bilans en tenant compte d’une participation de 80 % de la société mère dans
le capital de la filiale ; la société mère n’a qu’une filiale. Il n’existe ni créance ni dette entre les deux
sociétés.

Immobilisations nettes 1 700 Capital social 1 000


Réserves 300
Droits des minoritaires dans les capitaux propres 110

C. GARRIER 11 Comptabilité des groupes


Plus value de consolidation 390
Stocks 550 Bénéfice 200
80 % du bénéfice de la filiale 40
Droits des minoritaires dans le bénéfice 10
Créances 1 050 Dettes 1 250
Total de l'actif 3 300 Total du passif 3 300

La valeur d’achat de la participation (50) qui figurait dans le bilan de la société mère a disparu du
bilan consolidé. Par contre est apparue la plus-value de consolidation calculée comme suit :

Situation nette comptable de la filiale avant résultat x pourcentage de la participation


A déduire : Valeur d’acquisition de la participation

[80 % (400 + 150)] – 50 = 390

On constate que, dans le bilan consolidé, le capital et les autres éléments de la situation nette de la
société mère sont repris tels que dans le bilan de celle-ci.

Dans l’exemple précédent, on a supposé qu’il n’existait aucune relation financière entre la société
mère et sa filiale, hormis la participation dans le capital. Il n’en est pas toujours ainsi. Bien souvent, la
société mère dispose d’un compte courant dans les livres de sa filiale, par exemple pour suivre une
avance de trésorerie consentie lors de la prise de participation en vue d’une restructuration. Certaines
sociétés mères, notamment dans le secteur industriel, sont le fournisseur de leur filiale.

Ces comptes réciproques doivent donc être éliminés préalablement à la consolidation des bilans.

Exemple simplifié 2 :

Mêmes données que précédemment, mais la société mère a prêté 180 à sa filiale.

La créance « externe » de la société mère est de : 800 – 180 = 620


La dette « externe » de la filiale est de : 350 – 180 = 170

Les dettes et créances « internes » sont compensées. Le bilan consolidé est alors le suivant :

Immobilisations nettes 1 700 Capital social 1 000


Réserves 300
Écart de consolidation 390
Droits des minoritaires dans les capitaux propres 110
Stocks 550 Bénéfice 200
80 % du bénéfice de la filiale 40
Droits des minoritaires dans le bénéfice 10
Créances 870 Dettes 1 070
Total de l'actif 3 120 Total du passif 3 120

Exemple simplifié 3 :


Société mère (80 % du capital de sa filiale ; cliente de sa filiale)

Immobilisations nettes 1 100 Capital social 1 000


Titres de participation 20 Réserves 300
Stocks 480 Bénéfice 200
Fournisseur Filiale 200
Autres créances 800 Dettes 700
Total de l'actif 2 400 Total du passif 2 400

Filiale

C. GARRIER 12 Comptabilité des groupes


Immobilisations nettes 600 Capital social 400
Réserves 150
Stocks 100 Bénéfice 50
Client Société mère 200
Créances 50 Dettes 350
Total de l'actif 950 Total du passif 950

La consolidation est effectuée sur la base d’une participation de 80 % de la société mère dans le
capital de sa filiale et d’une compensation des créances réciproques.

Immobilisations nettes 1 700 Capital social 1 000


Réserves 300
Écart de consolidation 390
Droits des minoritaires dans les capitaux propres 110
Stocks 550 Bénéfice 200
80 % du bénéfice de la filiale 40
Droits des minoritaires dans le bénéfice 10
Créances 850 Dettes 1 050
Total de l'actif 3 100 Total du passif 3 100

Les droits des « minoritaires » est analysée en deux branches :


- leurs droits dans le capital et les réserves = (400 + 150) x 20 %
- leurs droits dans le bénéfice de la filiale = 50 x 20 %

La mise en évidence de l’importance relative des intérêts minoritaires dans le groupe est d’une
grande utilité comme mesure de la cohésion du groupe, en tant que centre de décision.

3.2.5° Consolidation des comptes de résultat par intégration totale

Pour ce qui concerne la consolidation des comptes de résultat, tous les postes des sociétés en
présences sont additionnés après élimination des opérations « internes ». Le résultat est éclaté entre :
-la part qui correspond à la participation de la société mère (calculée à l’occasion de la
consolidation des bilans) ;
-la part qui correspond aux intérêts des tiers qui est isolée sur une ligne « intérêts minoritaires » ou
intérêts hors groupe dans le résultat net.
* *
*
Les IFRS n’entrent pas dans le détail des opérations nécessaires à la consolidation des comptes de
résultat. L’IAS 27 (§ 22) mentionne que « Pour établir les états financiers consolidés, les états
financiers individuels de la société mère et de ses filiales sont combinés, ligne par ligne, en
additionnant les postes semblables […] de produits et de charges ». Plus prolixe, le SYSCOA dispose :

RDC, Art. 84 – Le chiffre d’affaires consolidé est égal au montant des ventes de produits et
services liés aux activités courantes de l’ensemble constitué par les entreprises consolidées par
intégration. Il comprend, après élimination des opérations internes à l’ensemble consolidé :
1° le montant net, après retraitements éventuels, du chiffre d’affaires réalisé par les entreprises
consolidées par intégration globale ;
2° la quote-part de l’entreprise ou des entreprises détentrices dans le montant net, après
retraitements éventuels, du chiffre d’affaires réalisé par les entreprises consolidées par intégration
proportionnelle.

RDC Art. 85 – Le compte de résultat consolidé reprend :


1° les éléments constitutifs :
a) du résultat de l’entreprise consolidante,
b) du résultat des entreprises consolidées par intégration globale,

C. GARRIER 13 Comptabilité des groupes


c) de la fraction du résultat des entreprises consolidées par intégration proportionnelle,
représentative des intérêts de l’entreprise consolidante, soit des intérêts des autres entreprises
détentrices incluses dans l’ensemble consolidé ;
2° la fraction du résultat des entreprises consolidées par mise en équivalence, représentative soit
des intérêts directs ou indirects de l’entreprise consolidante, soit des intérêts de l’entreprise ou
des entreprises détentrices incluses dans l’ensemble consolidé.

RDC, Art. 87 – L’écart constaté d’un exercice à l’autre et qui résulte de la conversion en francs
CFA des comptes d’entreprises étrangères est, selon la méthode de conversion retenue, inscrit
distinctement soit dans les capitaux propres consolidés, soit au compte de résultat consolidé.

RDC, Art. 90 – Le compte de résultat consolidé est présenté, selon le modèle du système normal 14,
en faisant distinctement apparaître :
-le résultat net de l’ensemble des entreprises consolidées par intégration ;
-la quote-part des résultats nets des entreprises consolidées par mise en équivalence ;
-la part des associés minoritaires et la part de l’entreprise consolidante dans le résultat net.
* *
*
Exemple 1 :

Compte de résultat de la société mère

DEBIT CREDIT

Achats 1 000 Ventes 2 000


Variation des stocks 50 Produits financiers 18
Prestations extérieures 200
Frais de personnel 548
Frais financiers 20
Résultat 200
Total du débit 2 018 Total du crédit 2 018

Compte de résultat de la filiale

DEBIT CREDIT

Achats 15 000 Ventes 16 900


Variation des stocks 250
Prestations extérieures 20
Frais de personnel 1530
Frais financiers 50
Résultat 50
Total du débit 16 900 Total du crédit 16 900

La société mère a perçu des intérêts sur sa filiale en raison du prêt qui lui a été consenti, soit 18. Il
convient donc de compenser les « produits financiers » correspondants dans les comptes de la société
mère avec le même montant des « frais financiers » figurant dans les comptes de la filiale. Celle-ci a
supporté des « frais financiers extérieurs » à concurrence de : 50 – 18 = 32 qui sont portés dans la
consolidation. Les frais financiers consolidés vont donc s’élever à 52.

Compte de résultat consolidé

DEBIT CREDIT
Achats 16 000 Ventes 18 900

14
IAS 1, au contraire, n’imposer aucune forme particulière.

C. GARRIER 14 Comptabilité des groupes


Variation des stocks 300
Prestations extérieures 220
Frais de personnel 2 078
Frais financiers 52
Résultat/minoritaires 10
Résultat 240
Total du débit 18 900 Total du crédit 18 900

Exemple 2 : la filiale a vendu des marchandises à la société mère à concurrence de 700.

Les « achats extérieurs » de la société mère s’élèvent à : 1.000 – 700 = 300
Les « ventes extérieures » de la filiale s’élèvent à : 16.900 – 700 = 16.200

Les « achats consolidés » s’élèvent donc à : 300 + 15.000 = 15.300


Les « ventes consolidées » s’élèvent donc à : 2.000 + 16.200 = 18.200

Compte de résultat consolidé

DEBIT CREDIT
Achats 15 300 Ventes 18 200
Variation des stocks 300 Produits financiers 18
Prestations extérieures 220
Frais de personnel 2 078
Frais financiers 70
Résultat/minoritaires 10
Résultat 240
Total du débit 18 218 Total du crédit 18 218

4° Influence notable ou contrôle conjoint

Si un investisseur détient, directement ou indirectement (par exemple par le biais d’une filiale),
20 % ou davantage des droits de vote dans l’entreprise détenue, il est présumé avoir une influence
notable, sauf à démontrer clairement que ce n’est pas le cas. Inversement, si l’investisseur détient,
directement ou indirectement, moins de 20 % des droits de vote dans l’entreprise détenue, il est
présumé ne pas avoir d’influence notable, sauf à démontrer clairement que cette influence existe.
L’existence d’une participation importante ou majoritaire d’un autre investisseur n’exclut pas
nécessairement que l’investisseur ait une influence notable » (IAS 28, § 6).

« L’existence d’une influence notable d’un investisseur est habituellement mise en évidence par
une ou plusieurs des situations suivantes :
a) représentation au conseil d’administration ou à l’organe de direction équivalent de l’entreprise
détenue ;
b) participation au processus d’élaboration des politiques, et notamment participation aux
décisions relatives aux dividendes et autres distributions ;
c) transactions significatives entre l’investisseur et l’entreprise détenue ;
d) échange de personnels dirigeants ; ou
e) fourniture d’informations techniques essentielles » (IAS 28, § 7).

Consolidation de contrôle conjoint ou influence notable

Le SYSCOA organise la consolidation d’entités en relation conjointe ou influence notable :


RDC, Art. 80 – alinéa 2 : Les comptes des entreprises contrôlées conjointement avec d’autres associés par
l’entreprise consolidante sont consolidés par intégration proportionnelle.
Alinéa 3 : Les comptes des entreprises sur lesquels l’entreprise consolidante exerce une influence notable, sont
consolidés par mise en équivalence.
RDC, Art. 81 – Alinéa 2 : Dans l’intégration proportionnelle est substituée à la valeur comptable de ces titres, la

C. GARRIER 15 Comptabilité des groupes


fraction représentative des intérêts de l’entreprise consolidante – ou des entreprises détentrices – dans les
différents éléments actifs et passifs, constitutifs des capitaux propres de ces entreprises, déterminés d’après les
règles de consolidation.
Alinéa 3 : Dans la mise en équivalence, est substituée à la valeur comptable des titres détenus, la part qu’ils
représentent dans les capitaux propres, déterminée d’après les règles de consolidation des entreprises
concernées.

« Si une entité prépare des états financiers individuels, elle comptabilise les participations dans des
filiales, des entités contrôlées conjointement et des entreprises associées :
a) soit au coût ;
b) soit selon IAS 39.
L’entité doit appliquer la même méthode comptable à chaque catégorie de participations. Les
participations comptabilisées au coût doivent être comptabilisées conformément à IFRS 5 Actifs non
courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées, lorsqu’elles sont classées comme
détenues en vue de la vente (ou incluses dans un groupe destiné à être cédé qui est classé comme
détenu en vue de la vente) selon IFRS 5. L’évaluation des participations comptabilisées selon IAS 39
ne change pas dans ces circonstances.

4° Société mère et la filiale sont implantées dans des pays dont les monnaies diffèrent.

Cette situation est caractéristique des groupes transfrontaliers. Chacune des sociétés membres du
groupe opère dans la monnaie du pays où elle est implantée (rouble en Ukraine, sucre en Bolivie, naira
au Nigeria, etc) dans laquelle sont présentées les déclarations fiscales, tandis que la consolidation est
effectuée dans la monnaie de la société mère ou une monnaie forte (US $, Euro, etc) dans laquelle la
société mère trouve utile de présenter ses comptes consolidés.

Le plus souvent, les relations entre sociétés d’un groupe financiéro-industriel incluent une masse
commerciale importante comptabilisée au fur et à mesure des opérations au cours de change du jour.
Préalablement à leur consolidation, il faut convertir les bilans et comptes de résultat en se référant au
cours du change du dernier jour de l’exercice ou à un autre taux choisi par la direction du groupe.

« Une transaction en monnaie étrangère doit être comptabilisée, lors de sa comptabilisation initiale
dans la monnaie fonctionnelle, en appliquant au montant en monnaie étrangère le cours de change
comptant entre la monnaie fonctionnelle et la monnaie étrangère à la date de la transaction  » (IAS 21,
§ 21).

« À la fin de chaque période de reporting :


a) les éléments monétaires en monnaie étrangère doivent être convertis en utilisant le cours de
clôture ;
b) les éléments non monétaires en monnaie étrangère qui ont évalués au coût historique, doivent
être convertis en utilisant le cours de change à la date de la transaction ; et
c) les éléments non monétaires en monnaie étrangère qui sont évalués à la juste valeur, doivent
être convertis en utilisant les cours de change de la date à laquelle cette juste valeur a été
déterminée » (IAS 21, § 23).

« La valeur comptable d’un élément est déterminée également d’après d’autres normes comptables
adéquates. Par exemple, les immobilisations corporelles peuvent être évaluées à leur juste valeur ou à
leur coût historique selon IAS 16 Immobilisations corporelles » (IAS 21, § 24).

« Dans les états financiers qui incluent l’activité à l’étranger et l’entité présentant les états
financiers (par exemple, les états financiers consolidés lorsque l’activité à l’étranger est une filiale),
ces écarts de change doivent être comptabilisés initialement en autres éléments du résultat global et
reclassés de capitaux propres en résultat lors de la sortie de l’investissement net selon la § 48  » (IAS
21, § 32). « Lors de la sortie d’une activité à l’étranger, le montant cumulé des écarts de change
différés relatifs à cette activité à l’étranger, comptabilisés en autres éléments du résultat global et

C. GARRIER 16 Comptabilité des groupes


cumulés dans une composante distincte des capitaux propres, doit être reclassé des capitaux propres en
résultat (comme un ajustement de reclassement) lors de la comptabilisation du profit ou de la perte
résultant de la sortie » (IAS 21, § 48).

« Un actif (ou un passif) monétaire intragroupe, à court comme à long terme, ne peut être éliminé
avec le passif (ou l’actif) intragroupe correspondant sans présenter le résultat des fluctuations
monétaires dans les états financiers consolidés. En effet, l’élément monétaire représente un
engagement de convertir une monnaie dans une autre monnaie et expose l’entité présentant les états
financiers à un gain ou à une perte par le biais des fluctuations de change. En conséquence, dans les
états financiers consolidés de l’entité présentant les états financiers, un tel écart de change est
comptabilisé en résultat ; ou s’il se produit dans les circonstances décrites au § 32, il est comptabilisé
en autres éléments du résultat global et cumulé dans une composante distincte de capitaux propres
jusqu’à la sortie de l’activité à l’étranger » (IAS 21, § 45).

« Tout goodwill provenant de l’acquisition d’une activité à l’étranger et tout ajustement à la juste
valeur de la valeur comptable des actifs et passifs provenant de l’acquisition de cette activité à
l’étranger, doivent être comptabilisés comme un actif ou un passif de l’activité à l’étranger. Ils doivent
donc être libellés dans la monnaie fonctionnelle de l’activité à l’étranger et être convertis au cours de
clôture selon les § 39 à 42 » (IAS 21, § 47).

Dans un système tel que le SYSCOA, une autre difficulté procède, du fait de la comptabilisation à
la valeur historique, des immobilisations dont l’acquisition s’est étalée dans le temps, ce qui entraîne
également des écarts de change au jour de la consolidation. En IFRS, cette difficulté disparaît puisque
chaque société détermine la juste valeur de ses actifs au dernier jour de l’exercice  ; le change
monétaire préalable à la consolidation est effectué au cours de la même date.

Enfin, tous les pays n’arrêtent pas les comptabilités à la même date. Certaines législations
(exemple, France) laissent aux entreprises le soin de choisir la date qui leur convient et même de la
modifier sous réserve d’une procédure destinée à informer l’administration fiscale. « Quand, selon le §
26 (IAS 27), les états financiers d’une filiale, utilisés pour la préparation des états financiers
consolidés, sont établis à une date différente de celle de la société mère, des ajustements doivent être
effectués pour prendre en compta l’effet des évènements ou transactions significatifs qui se sont
produits entre la fin de la période de reporting de la filiale et celle de la société mère. En aucun cas,
l’écart entre la fin de la période de reporting de la filiale et celle de la société mère ne doit être
supérieur à trois mois. La durée des périodes de reporting et toute différence entre la fin des périodes
de reporting, doivent être identiques d’une période à l’autre » (IAS 27, § 27).

« Lorsque la fin de la période de reporting de la société mère et d’une filiale sont différentes, la
filiale prépare pour les besoins de la consolidation, des états financiers supplémentaires à la même date
que les états financiers de la société mère, à moins que cela ne soit impraticable » (IAS 27, § 26 in
fine).

La consolidation internationale implique donc de respecter le processus suivant ou de s’en


rapprocher le plus possible :
-arrêter dans toutes les filiales une balance à la même date fixée par le siège du groupe (plus les
dates d’arrêt des comptes sont distantes, plus l’ajustage des comptes réciproques est difficile
dans les groupes où l’activité commerciale interne est intense 15) ;
-convertir ces balances en la monnaie désignée par le siège du groupe, en faisant ressortir les
écarts de change ;
-ajuster les comptes réciproques existant entre les filiales et entre celles-ci et la société
15
D’après le CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), entre 60 % et
90 % des échanges technologiques mondiaux passent par les réseaux internes des firmes. Le niveau et
l’évolution du commerce intra-firme des biens et des services sont très mal connus. Les estimations
traditionnelles le situent aux alentours d’un tiers du commerce mondial (« Les firmes contre les marchés »,
Alternatives économiques, février 2001, p. 37).

C. GARRIER 17 Comptabilité des groupes


mère (s’assurer qu’après conversion ces comptes ont des soldes égaux et de sens inverse) ;
-procéder aux consolidations comme il a été expliqué plus haut.

La conversion des valeurs d’actif et de passif est effectuée en se référant au cours de clôture. Tous
les éléments d’actif et de passif exigible sont convertis à ce cours. Un cours moyen peut être utilisé
pour les produits et charges du compte de résultat. Les écarts de conversion sont portés dans les
capitaux propres en distinguant la part des tiers de celle des minoritaires.

IAS 29 Information financière dans les économies hyperinflationnistes

« Dans une économie hyper-inflationniste, la présentation en monnaie locale, sans retraitement, des résultats
opérationnels et de la situation financière est sans utilité. La monnaie perd son pouvoir d’achat à un tel rythme
que la comparaison de montants résultant de transactions et d’autres évènements intervenus à des moments
différents, même durant la même période comptable, est trompeuse » (IAS 29, §2). « La présente norme
n’établit pas de taux absolu à partir duquel le phénomène d’hyperinflation est réputé prendre naissance. C’est le
jugement qui permet de savoir si un retraitement des états financiers selon la présente norme devient
nécessaire » (IAS 29, §3 in limine).

5° Participations croisées

Le droit français ainsi que l’Acte uniforme portant sur le droit des sociétés commerciales 16
interdisent que deux entreprises aient des participations l’une dans l’autre si l’une d’elles détient plus
de 10 % du capital de l’autre.

La diversité des lois à travers le monde permet à un groupe transfrontalier de choisir celle qui lui
convient. C’est ainsi que Renault qui possédait 37 % de Nissan à la fin de l’année 2001 va monter à 44
% tandis que Nissan prend 15 % de Renault17. Le siège de la holding commune sera fixé à Amsterdam.

Se pose donc le problème du calcul de la valeur de participations croisées dont le taux reste
inférieur à ce seuil. S’il n’y a que deux sociétés en présence, la valeur de chaque participation résulte
de la solution d’un système de deux équations du premier degré.

Société A (participation de 9 % dans B)

Immobilisations nettes 1.100 Capital social 800


Titres de participation B 10 Réserves 300
Stocks 480 Bénéfice 200
Créances 600 Dettes 890
Total de l'actif 2.190 Total du passif 2.190

Société B (participation de 9 % dans A)

Immobilisations nettes 600 Capital social 400


Titres de participation A 50 Réserves 150
Stocks 100 Bénéfice 50
Créances 250 Dettes 400
Total de l'actif 1.000 Total du passif 1.000

La situation nette de A tenant compte des plus-values latentes est la suivante :

A = 1.300 + (9 % B) – 10

16
Art. 177 : Une société anonyme ou une société à responsabilité limitée ne peut posséder d’actions ou de parts
sociales d’une autre société si celle-ci détient une fraction de son capital supérieure à 10 %.
17
Richard Werly, Avec qui dirige… Carlos Ghosn, in Capital, janvier 2002, p. 22.

C. GARRIER 18 Comptabilité des groupes


La situation nette de B tenant compte des plus-values latentes est la suivante :

B = 600 + (9 % A) – 50

Résolution du système d’équations :

A = 1.300 + (9 % x 600) + (9 % x A) – 10
A – 0,09 A = 1.300 + 54 – 10
0,91 A = 1.364
A = 1.498,9
B = 600 + (9 % x 1.498,9) - 50
B = 684,9

Plus-value latente dans A :


Valeur actuelle de la participation de A dans B = 9 % x 684,9 = 61,641
Valeur historique de la participation = 10
Plus-value = 51,641

Plus-value latente dans B :


Valeur actuelle de la participation de B dans A = 9 % x 1.498,9 = 134,90
Valeur historique de la participation = 50
Plus-value = 84,90

Contrairement au droit européen ou à celui de l’OHADA, celui du Japon ne voit aucun


inconvénient à cette forme de structuration des entreprises. Dans tous les cas, le keiretsu18 ressemble
moins à un groupe de type occidental qu’à une véritable nébuleuse d’entreprises, liées par une quantité
de participations croisées, par des relations commerciales, et surtout par un réseau complexe de
relations entre les hommes, fait de synergies et d’obligations réciproques (clubs, circulation de
l’information économique, formation mutuelle, etc.). Cette forme d’organisation très particulière, au
sein de laquelle se distinguent les sogo shosha  (maisons de commerce), se trouve au cœur de ce que
l’on appelle le protectionnisme japonais.

6° Participations circulaires

Un ensemble de sociétés peut être structuré de telle sorte qu’aucune ne se trouve en participation
croisée (réciproque) telle que défini plus haut, alors qu’en fait le capital de chacune finance celui de
toutes les autres ; on parle alors de « participations circulaires ». L’exemple ci-après illustre ce
propos :

Société A participation de 40 % dans B participation de 30 % dans C

Société B participation de 60 % dans C

Société C participation de 70 % dans A participation de 60 % dans D

Société D participation de 30 % dans A participation de 40 % dans B

Le calcul de la valeur des diverses participations requiert la construction d’un système comportant
autant d’équations que de sociétés.
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18
Les zaibatsu ont été dissous en 1945 sous la pression des autorités américaines. Bien qu’une loi interdise la
constitution de monopoles, les anciens groupes réapparaissent sous la forme du keiretsu au début des années
1950. Au lieu du système de direction familiale des entreprises, des directeurs d’un type nouveau, des
«managers», prennent la gestion en main (relation d’agence). Aujourd’hui, les keiretsu, au nombre de quarante
ou cinquante selon les auteurs, emploient 20 % de la main-d’œuvre japonaise mais s’appuient sur une multitude
de P.M.E. sous-traitantes qui leur sont étroitement subordonnées.

C. GARRIER 19 Comptabilité des groupes