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www.ravbenchetrit.com L’attente entre la consommation de la viande et des laitages

Combien de temps faut-il attendre après avoir consommé de la viande, pour pouvoir consom-
mer des laitages ?
Réponse: Il est enseigné dans la Guémara H’oulin (105a) :
Mar Oukva dit : « Lorsque mon père consommait de la viande, il ne consommait des laitages
que 24 heures plus tard. Mais moi qui ne suis pas à son niveau, je me contente de ne pas
consommer des laitages dans un repas dans lequel j’ai consommé de la viande, mais seule-
ment dans le repas suivant ».
Prière de Le RIF apprend d’ici qu’il est interdit de consommer des laitages après avoir consommé de la
respecter la viande. Il sera permis d’en consommer qu’après avoir attendu le laps de temps qui sépare un
repas d’un autre.
sainteté de ce
document, de ne Les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) discutent sur le temps qu’il faut atten-
dre. Selon Rabbenou TAM, il est permis de consommer des laitages immédiatement après
pas le jeter ni le
avoir consommé de la viande, à condition de se laver les mains et la bouche. Selon lui, il faut
transporter le expliquer les propos de Mar Oukva qui attendait le prochain repas, comme une attitude de
Chabbath H’oumra (une rigueur non exigée par la stricte Halah’a) qui n’atteignait pas le niveau rigou-
reux de son père qui attendait 24 heures.
Ce feuillet est
Cependant, la grande majorité des Richonim, le RIF et le RAMBAM entre autres, expliquent
dédié à la que Mar Oukva qui attendait le prochain repas agissait selon le strict Din (les exigences de la
mémoire de Halah’a), et non pas par H’oumra. Il se différenciait de son père sur ce point, puisque son père
Rav Ishak Ka- agissait par H’oumra en attendant 24 heures, alors que Mar Oukva se contentait d’appliquer le
douri Z’’L , de Din, et n’attendait que le prochain repas.
Avraham chimo- C’est ainsi que tranche MARAN dans le Choulh’an Arouh’, que la stricte Halah’a impose d’at-
ne ben SemhaZ’’L tendre le laps de temps qu’il y a entre deux repas.
et de Ilan Halimi Il faut maintenant déterminer ce laps de temps qu’il y a entre deux repas.
Z’’L, de Rav Selon les Tossafot, ce laps de temps n’est pas quantifié. Selon eux, dès l’instant où l’on a
Israël de Sarcel- achevé son repas, par exemple si l’on a débarrassé la table, il est permis de consommer des
les. laitages.
Cependant, selon la grande majorité des Richonim, il faut attendre 6 heures entre la consom-
Et la réfouah mation de la viande, et celle de laitages. Selon eux, ce délai représente le laps de temps qu’il
chéléma de : y a entre un repas et un autre dont nous a parlé Mar Oukva. C’est ainsi que tranche le RAM-
Semha bat Fre- BAM, qu’il faut attendre 6 heures. C’est ainsi que tranche également MARAN dans le Choulh’an
ha, Méssod ben Arouh’.
Kamra, Kamra Même le RAMA (opinion Halah’ic principale pour les Achkenazim) écrit que c’est ainsi qu’il est
bat Saada My- juste d’agir, bien qu’il y ai des opinions contraires.
riam bat Zoa- Il est vrai que certains Achkenazim sont moins rigoureux, et consomment des laitages en at-
hra, Naomie tendant moins de 6 heures, mais notre maître le H’YDA écrit que dans nos régions (Erets
Malka bat Es- Israël), l’usage est, pour tout homme, d’attendre 6 heures.
ther, Rivka bat Le MAHARSHAL (Rabbenou Chelomo Louria, l’un des grands décisionnaires Achkenaz, qui vi-
‘Hava, Yaakov vait proche de l’époque de MARAN) écrit que même selon l’usage Ashkenaz, toute personne
ben Rivka possédant « une odeur de Torah » doit s’imposer la H’oumra d’attendre 6 heures entre la
viande et les laitages.
VOUS DÉSIREZ Le Arouh’ Ha-Choulh’an (Rabbi Yeh’iel Mih’al EPCHTEIN qui vivait il y a plus de 100 ans) écrit
que la plupart des Achkenazim se sont maintenant imposé cette H’oumra d’attendre 6 heures,
PRENDRE EN
et que l’on ne peut plus changer cet usage.
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Il y a 2 explications à l’obligation d’attendre entre la viande et les laitages :
APPELLEZ DAVID AU Selon RAMBAM, des particules de viande peuvent rester coincées entre les dents, et il est à
06 81 56 22 53 craindre que lorsque l’on va consommer des laitages, ces particules de viande se libèrent et
soient consommées en même temps que des laitages.

T.S.V.P
Selon RACHI et le ROCH, la viande produit un goût qui persiste longtemps dans la bouche.
Sur le plan Halah’ic, nous prenons en considération les 2 explications.
Après 6 heures, selon toutes les opinions Halah’ic, il est permis de consommer des laitages, et cela, même selon
le RAMBAM qui craint les particules de viandes coincées entre les dents. Car après 6 heures, la viande est consi-
dérée comme déjà digérée, et n’est plus à prendre en considération.

Le poisson et le fromage
Il est enseigné dans la Guémara traité H'oulin (103b) :
Il est interdit de cuire toute viande avec du lait, excepté la viande de poisson ou de sauterelle.
Il est donc explicite que selon la strict Halah'a, la cuisson du poisson avec le lait n’est pas incluse dans la cuisson de
la viande avec le lait, car la viande de poisson n’entre pas dans la catégorie « viande » que la Thora interdit, et n’est
pas non plus interdit par nos sages.
Cependant, MARAN l’auteur du Choulh'an ‘Arouh' écrit dans le Beth Yossef (Y.D chap.87) que malgré tout, il ne faut
pas manger de poisson avec des laitages, par crainte de danger.
C’est ainsi qu’écrit également l’auteur du Lévouch (Rabbi Mordéh'ai Yaffé- Pologne 16ème siecle).
Le médecin et sage Rabbi Ya’akov Tsahalon partage aussi cet avis, et précise - dans son livre Otsar Ha-H'aïm, que le
mélange du poisson et des laitages provoque de graves maladies.
Malgré cela, de nombreux Poskim (décisionnaires) - comme l’auteur du Pricha (sur Y.D chap.87, note 8), l’auteur du
Sifté Cohen (Chah') (sur Y.D chap.87, note 5), ainsi que l’auteur du Péri H'adach (sur Y.D chap.116, note 3) - autori-
sent la consommation du poisson mélangé à des laitages. C’est également l’opinion du Rama (auteur des annotations
sur le Choulh'an 'Arouh'), qui écrit – dans son livre Darké Moshé (sur Y.D chap.87, note 4) – qu’il n’a jamais vu qui
que ce soit faire attention à cela.
Certains décisionnaires – comme l’auteur du Taz (Touré Zahav ) (sur Y.D chap.87, note 3), ou notre maître le H'yda,
dans son ouvrage Mah'azik Bérah'a (sur Y.D chap.87 note 4) – vont même jusqu’écrire que MARAN lui-même ne dé-
sirait pas interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, mais uniquement le poisson mélangé à de la
viande. Selon ces décisionnaires, il y aurait une erreur de copiste dans le Beth Yossef.
Par conséquent, même si en règle générale, nous agissons exclusivement selon les décisions Halah'iques de MARAN
l’auteur du Beth Yossef et du Choulh'an ‘Arouh', malgré tout, il y a là matière à autoriser, Lé’h'atéh’ila (à priori).
C’est pour cela que le Gaon Rabbi Chalom Messas zatsal, autorise lui aussi de façon catégorique, car il n’est pas du
tout évident que MARAN l’auteur du Choulh'an ‘Arouh' interdise la consommation du poisson mélangé à des laitages.
De plus, de nombreuses personnes d’origine Séfarade ont l’usage de s’autoriser la consommation du poisson mélangé
à des laitages.
Même les médecins de notre temps admettent qu’il n’y a pas le moindre risque de maladies graves en consommant
du poisson et des laitages.
Mais notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita rapporte qu’au contraire, les Séfaradim avaient l’usage de s’interdire
la consommation du poisson mélangé à des laitages, par crainte de danger, comme l’ont d’ailleurs écrient explicite-
ment de nombreux décisionnaires, comme l’auteur du Beit Le’hem Yehouda (Rabbi Yéhouda 'Ayache- Algérie 18ème
siecle) (sur Y.D chap.87, note 4), l’auteur du Kenesset Haguédola (sur Y.D chap.87, notes sur le Beit Yossef, note
19), et d’autres - selon lesquels, les Sefaradim ont l’usage de se montrer rigoureux sur ce point.
Il est donc très difficile d’admettre qu’une erreur de copiste se serait glissée dans le livre BETH YOSSEF, car dans ce
cas, comment l’usage d’interdire la consommation du poisson mélangé à des laitages, se serai t-il répandue avec le
soutient des Grands de toutes les générations, alors que toute l’origine de cette Halah'a reposerai sur une totale
confusion émanant de l’erreur d’un copiste ?!
Il est donc certain que s’il y avait réellement erreur, les Grands de la génération de MARAN (16ème siècle), comme
ceux de la génération suivante, auraient exprimés leur opinion selon laquelle, il y a une erreur dans le livre BETH
YOSSEF.
En particulier, lorsqu’on sait que MARAN lui-même a vérifié son livre sans faire la moindre remarque.
Différents Poskim (décisionnaires)- comme le Gaon Rabbénou Yossef ‘Haïm, dans son livre BEN ISH ‘HAÏ (2ème an-
née, Parasha de Beha’alote’ha, note 9), ainsi que dans son livre Chou’t Rav Pé’alim (tome 2 section Yoré Dé’a
chap.10), ou comme son maître le Gaon Rabbi ‘Abdellah Someh' dans son livre Zivh'é Tsedek (sur Y.D chap.87, note
18) - écrivent qu’il y a lieu de s’interdire la consommation du poisson et des laitages, à titre de Minhag (tradition).
C’est pourquoi, il est souhaitable de s’imposer la rigueur - Léh'atéh'ila (à priori) – de ne pas consommer de poisson
mélangé à des laitages.
Si toutefois, Bédi’avad (à posteriori), du poisson à déjà été cuit (par erreur) avec des laitages, il y a lieu d’autoriser
sa consommation même pour les Sefaradim qui ont l’usage de s’en abstenir.
Par contre, en ce qui concerne la consommation du poisson mélangé à du beurre, de nombreux Poskim autorisent,
même selon l’usage des Séfaradim, comme l’écrit le Gaon Rabbi ‘Abdellah SOME’H z.ts.l, de la ville de Bagdad, où
l’on avait l’usage d’autoriser la friture du poisson dans du beurre.
C’est pourquoi, les personnes qui ont l’usage de consommer du poisson avec du beurre, peuvent conserver leur usa-
ge (il y a même lieu de débattre concernant la crème avec laquelle est fabriqué le beurre).
Les Ashkénazes ont l’usage de s’autoriser tout cela (même la consommation du poisson mélangé à des laitages), et
peuvent conserver leur usage.

HALAKHA TIRÉE DE « HALAKHA YOMIT »