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NOTICE HISTORIQUE

SUR

LE BEFFROI ET L 'HÔTEL-DE -VILLE D ’ARRAS ,

PAR MM . MAURICE COLIN ET ALEXANDRE GODIN .

voc

Le Beffroi d 'Arras fut l'ouvrage de près d'un siècle. Quoique la date précise
de la fondation de cette tour ne puisse être indiquée avec certitude, des do
cumens constatent qu'elle était commencée en l'année 1463 ( 1) et qu'elle fut
achevée en 1554 .
A aucune époque, l'architecture gothique n 'avait été aussi florissante dans
les pays-bas que dans le xv.e siècle : on bâtissait de nouveaux monumens et

( 1) Senss -ent les heritages et aultz droiz apparten “ à la ville d 'Arras qui ont esté bailliez a
f-me pour en joïr lespace de trois ans c -tinuelz comenchans au jour S .'-Jehan-Bap.te mil IIIIc et
LXIII (1463) et lesquel ont esté crié ...... quand au chelier de Soubz le halle aux cuirs ou de
meuroit Gille Havet il est empeschié pour le cômenchemêt du Beffroy pourquoy nul n'y peult
demourer, pour ce néant. parellemêt l'aut- chelier de Soubz lad.e halle ou demouroitderrenieremêt
Jehan Le Machon, pour ce néant. (Extraitdu registre aux fermes 1451-1465 .)
En 1463 était Mayeur viager JacqueLejone, bourgeois natif d 'Arras; la charge deMayeur lui a
été donnée , sa vie durant, par lettres-patentesde Philippe, ducde Bourgogne, du 23 juillet 1452 .
- 2 –

on restaurait les anciens; c'était à qui ferait les plus beaux et les plusmagni
fiques édifices et élèverait ces tours, dont la hardiesse du travail est toujours
un objet d'étonnement.
Les Arrageois , heureux sous le gouvernement de Philippe-le-Bon , voulu
rentaussi que le symbole de l'indépendance de leur ville indiquât au loin une
cité puissante ; ils commencèrent le Beffroi sur de larges bases, sans s'inquié
ter des dépenses que devait entraîner une cuvre aussi riche et aussi grande.
Nos aïeux ne connaissaient pas les adjudications de travaux ; ils n'avaient
pas ces institutions de crédit qui donnent l'argentnécessaire à l'exécution de
gigantesques projets, ils bâtissaient avec le nombre d'ouvriers que leur per
mettaient de payer chaque jour, soit les revenus de la ville, soit le produit de
ventes d 'offices, de vieux métaux , etc ., etc . ( 1) . De là , une grande lenteur
dans les travaux , souvent interrompus par les guerres longues et désas
treuses dontnotre contrée a été le théâtre.
C 'est ainsi que la construction du Beffroi a été suspendue pendant plus de
vingt ans. A Philippe -le -Bon avait succédé Charles- le - Hardi, qui aima les
combats avec passion et engagea inconsidérément une lutte contre Louis XI,
roi de France , pour former un royaume de Belgique (royaume qui ne devait
être établi que quatre siècles plus tard ) ; il livra ses Etats à toutes les cala
mités de la guerre , et, à sa mort (5 janvier 1477), il laissa à Marie de Bour
gogne, jeune fille encore, un pays appauvri, épuisé d 'hommes,mais enthou
siastes et dévoués à sa maison .
Louis XI voulait le comté d 'Artois. Pour le réunir à la France, il aurait
donné son fils à l'héritière de Bourgogne ; pour le posséder, il l'aurait inondé
de sang . Il vint devant Arras et demanda l'ouverture des portes, prétextant
que Marie ne lui avait pas encore prêté foi et hommage.
Les Arrageois lui firent une longue résistance et ne capitulèrent qu'à la
condition d 'avoir la vie sauve et de conserver leurs priviléges.
Louis XI, violant la parole donnée, fit décapiter plusieurs bourgeois aussi
tôt son entrée dans la ville . Quelque tems après, il fit abattre les têtes des
députés artésiens, qu'avec ironie il avait fait asseoir à une table splendidement
servie.
Ce n 'était pas assez, sans doute , pour châtier des hommes valeureux et

(1) Le 23.e jour de juin l'an mil quatre cent soixante-treize , Mesdits s.rs les Eschevins en
nombre et par l'advis des quatre commis, délibérèrent et ordonnèrent que pour parfair l'ouvrage
encommencé du Beffroy on prendera el vendera le metal qui estoitde provision a la ville demou
rée , des clocques , pièça fondues et que l'argent qui en venra et cent escus avec pour employer
au dit Beffroy avec les estoffes qui sont prestes, sy avant qu 'ilz porront courre pour ceste année .
(Extrait du registre mémorial commençant en 1463 et finissant en 1479.)
- 3 -

fidèles à leur prince ; il exila en masse tous les habitans sans distinction d'âge,
de sexe,de conditions, et fit une solitude des ville et cité d 'Arras, dont il voulut
en vain effacer le nom (1). Mais ce n 'est pas ici le lieu d'écrire cette page fu
nèbre de notre histoire ; nous devions seulement citer ces calamités qui empê
chèrent, pendant vingt ans, les habitans de continuer les travaux du Beffroi.
En 1499, à l'occasion de l'arrivée à Arras de Philippe d ’Autriche, le Mayeur
(2 ) et les Echevins firent construire sur le hautde l'édifice élevé alors jusqu 'aux
abat-vent, un échafaudage en charpente pour y placer la banclocque que
l'on voulait sonner en signe d'allégresse (3).
En 1501, un grand nombre debourgeois notables s'assemblèrentpour adviser
de parachever le Beffroy , et commelahallede l'échevinage (maison de ville) (4)
était un bâtiment vieux et tombant en ruines, on décida que l'on construi
rait immédiatement et simultanément avec le Beffroiune nouvelle maison de
ville sur la petite place, que pour payer les ouvriers , on vendrait les maisons
de la Vingtaine, de la Bretèque, du Poids, et les offices des féreurs de Saye (6 ).

(1) Louis XI, par sa charte du mois de juillet 1481, changea le nom d'Arras en celui de
Franchise .
Le 13 janvier 1484 , Charles VIII , roi de France , accorda des lettres-patentes , portant
rétablissement et réintégration de tous les bourgeois et habitans de la ville et cité d 'Arras qui en
avaient été expulsés pendant le règne de Louis XI dans tous leurs biens, privileges, franchises,
libertés , usages, coutumes , etc. , pour en jouir et user ainsi qu'ils faisaientau temsde leur sortie
et expulsion . (Archives municipales d 'Arras.)
(2) Jehan Lemaire, dit Grisart, étaitMayeur par don fait par Mon .sr l'archiduc.
(3) Au jour d'hy Dimence jour de la Trinité 25 . may 99 (an 1499) Mons." de Forest, gou
verneur d 'Arras. . . .. . Mess.Ps Majeur et Eschevins en nombre de onze , le Conseiller , les quatre
commis aux ouvraiges et autres officiers de la ville assemblez en la chambre de la halle a quatre
heures après disner. ..... Ontde prime face pour la venue dicellui S . Mons." l'Archiduc ordonné
que le Ban clocque non pendue estant emprez le Beffroy sera mise a point et pendue en haut
oudit, en certain carpentaige pour le sonder etmettre à volée, à la dile venue et entrée joyeuse du
dit S .' lequel carpentaige qui portera ladite clocque sera fait et conduit, tellement que quand la
Tour et Beffroy de machonnerye à présent imparfait sera du tout achevé icellui porra lors servir
comme si le Beffroy estoit des maintenant parfait et achevé. (Extrait du registre mémorial de
1495 à 1508.)
La loy et eschevinage de la ville d 'Arras fut renouvellée jeudi, nuit de tous les saints, en la
manière accoustumée , l'an 1499 , derrenier jour d 'octobre auquel eschevinage renouvellé furent
dénommez eschevins ceulx qui s'epssuivent, lesquelz firent serment en l'église S .te -Marie-Magde
laine et sonnée la grosse clocque estant au Beffroy de ladite ville. (Extrait du registre au renou
vellementde la loi commençant en 1415 .)
(4) L'ancienne maison de ville (Halle échevinale) était située sur une petite place près de l'église
St.-Géry.
(6 ) Au jour d 'hui penultiesme jour de juillet mil cincq cent et ung Mess. rs les Eschevinsen
nombre estansen la chambre de l'eschevinage où estoient Anthoine le Prévost escuier lieutenant
de Monss .' le Gouverneur. .... a esté mis en terme que pour la décoration de la ville qui est chief
ville et capitale du conté d 'Arthois convenoit parfaire et édiffier le Beffroy etmaison qui estoit
encommenchie passé à longtemps, affin que illecq , ceulx de la justice se peussent refugier et eulx
trouver pour conclure et besongnier des affaires de la ville , et pour ce qu 'il a été dit que veu
- 4 -
Puis bientôt on ajouta le produit des droits de seigneurie , de bourgeoisie et
de sceaux (1).
Les arts, qui ne sont jamais stationnaires, avaient éprouvé bien des chan
gemens dans l'espace d'un demi-siècle, aussi le travail continué, en vertu de
la délibération de 1501, présente -t-il des différences sensibles avec celui du
commencementde l'édifice. On ne peut pas affirmer que ce soit des modifi
cations apportées au plan primitif, mais le maître maçon (2) , les ouvriers
n 'étaient plus les mêmes , ils exécutèrent un travail plus délicat dans ses
détails et firent au Beffroi ces nombreux et larges ornemens qui distinguent le
commencement du xvi.e siècle.
On construisit la nouvelle maison de ville vers le côté nord d'une place
spacieuse, entourée aujourd'hui de maisons à pignons découpés et à galeries
couvertes. Ce majestueux bâtiment est appuyé par deux contreforts et sou
tenu par six piliers octogones formant sept arcades ogiviques d'inégales por
tées (3). Le soubassement est occupé par une salle voûtée dont les nervures
prismatiques retombent sur des colonnes monolytes en grès à chapiteaux, le

l'estat et les affaires dicelle ville qui sont grands au moien qu'elle est chargié de l'aide ordinaire
au Roy, aussi de grạns rentes héritières et viagères qu'elle doit par an , et de entretenir les mu
railles et fortiffications et que à ceste cause la dite ville n 'a aucuns déniers pour employer à faire
les dits édiffices et ouvraiges. Pourquoy a esté advisé et conclud mander et faire venir en la dite
chambre, plusieurs notables bourgeois d 'icelle ville. Assavoir : Maistre Robert Mauvergue, Jacques
de Givenchy, Pierre Courcol...... et aultres, auxquels bourgeois, par maistre Jean Jonglet, licen .
cié es-loiz conseiller de la dite ville , a esté remonstré comment le lieu et place de l'eschevinaige
est caducque et chiet en ruyne au moyen de quoy il est besoin y ouvrer ou parachever le Beffroy
et maison de la ville , ce que lesdits s.rs feroient vollentiers , mais la ville n 'avoit aucuns deniers
pour ce faire, dontils les volloient bien advertir, et pour ce leur fut dit l'estat de la dite ville etles
grans charges qu 'elle doit, au moyen de quoy impossible serait néantmoins les dits Eschevins
requéroient ausdits bourgeois que sur ce les vaulsissent conseilles. Oye, par les dits bourgeois , les
dites remontrances et choses dittes, fut par eulx mise en avant que la dite ville avoit la maison que
on dist la Vingtaine, la maison aussy de la Bretecque et la maison du Poix qui sont d 'anchiens
édiflices et toutes caducques qui par an coustent beaucoup à la ville à entretenir et à y faire ouvrer
et sy n 'en a icelle ville comme peu ou néant de prouffit pourquoi il vaudroit mieux les vendre
pour les déniers employer à faire ledit Beffroy et maison de ville . D 'autre part fut par eulx dit
que entres estat et ollices deppendentde la Vingtaine, subgetz ausdits Eschevins, avoit l'office des
fereurs de Saye que exerssoient six hommes. ..... et finablement les débatz et choses mises en
avant et toutoy, entendu et considéré, demourèrent les dits bourgeois que on debroit vendre les
dites maisons et aussy les dits offices et tel fut leur advis...... (Extrait du registre mémorial de
1495 à 1508 .)
(1) Délibération du 23 mars 1502.
(2) On sait qu'au xvie siècle, les mots de maçon , maitre maçon , architecte , étaient syno
nymes.
(3) Au petit marché en la maison de ville très belle, avec une monstre (horloge) aux quatre
costez , desus une belle tour de pierres , dessus cette tour un lion et une girouette. Les pilliers en
bas ne sont pas tous de marbre , ains maillez à cette heure de marbre noir après un morceau
d 'autre pierre ou aprés de rechef de marbre et ainsi consécutivement (Voyage de Jean Fontaine et
Louis Schoubub , en 1628, publié par Schayės dans les Annales de l'Académie d 'archéologie de
Belgique, tomexi, livraison 4 .°).
- 5 -

premier étage reçoit le jour par sept grandes fenêtres à ogives (1), dont les
archivoltes fleuries alternent avec des cils -de-bæuf, et une capricieuse balus
trade, disposée en encorbellement sur un cordon fixement sculpté, entoure un
toit aigu orné de trois rangs de lucarnes (2 ).
Mais combien il est déshérité de ses antiques magnificences, ce noble sou
venir des franchises de nos ancêtres ! Où sontmaintenant sa Bretèque , tri
bune d'où les magistrats parlaient aux citoyens, les meneaux de ses fenêtres ,
et les statues qui peuplaient les niches de son rez -de-chaussée ? (3) Des édiles
trop avares des deniers de la cité ont abattu les lucarnes et les crêtes de son
toit, ont rasé le riche escalier à double rampe qui abritait de ses coupoles
superposées l'entrée de l'édifice.
Néanmoins, tout mutilé qu'il soit, l'Hôtel-de-Ville d'Arras présente encore
un ensemble satisfaisant; les grandes lignes n 'ontpas été dénaturées, et cer
lains détails ont su résister à l'attaque combinée des hommes et du temps.
Nous citerons, parmi ces derniers , deux soldats sculptés au tympan de la
sixième arcade, à droite du spectateur ; la grille en fer forgé, placée en face
dụ corps-de- garde, et les mascarons des bâtimens de gauche.
L 'ensemble et l'harmonie que l'on remarquait dans le monument construit
en 1501 témoignent que cette cuvre a été conduite et parachevée par mêmes
personnages et non par diverses mains. Les magistrats , dans leur sollicitude
pour la maison échevinale , avaient choisi deux bourgeois habiles , Jehan
Grenet et Laurent David , pour en diriger le travail et le faire exécuter avec
promptitude (4 ). Mais ces magistrats avaient apprécié inexactement le ter
rain nécessaire pour la construction , ils avaient jugé trop étendue la totalité

(1 ) Ledit jour (4 décembre 1506 ) a esté conclud faire de huceries toutes les fenestres de la
maison de la ville sur le marchié, pour obvier aux pluyes et aux nèges et pour entendre et com
muniquer aveuc aucuns huchiers entendus pour faire lesdites fenêtres a esté commis Mess . Des
Bricques et Jehan Boucault Sepmaniers qui en feront leur rapport. (Extraitdu registre mémorial
de 1495 à 1508 .)
(2 ) Ledit jour (12 juillet 1503) Mess .rs les Eschevins..... . pour entendre et vacquier au par
fait de la dite maison de ville et faire toute delligence à mettre les ouvriers en @ uvre tellementque
le comble puist estre mis supz en ceste présente année et eschevinaige, et jusques à la Toussains
prochain (Extraitdu registre mémorial de 1495 à 1508.)
(3) M .Gaucherel, en souvenir de la Sainte-Chandelle, a cru devoir placer N .- D . des Ardents
dans la niche située au -dessus de la bretèque .
(4 ) Au jour d 'huy mardi, jour de S . -Pol, 25 . de janvier oudit an (1501) ont esté mandez
plusieurs notables bourgois dont les noms s'en suivent...... Présens les officiers du Prince ......
Mess."S avaient ordonné de faire conduire l'æuvre de la maison de la ville par oultiez que par les
quatre et non mesler les déniers aveuc les déniers commis des ouvraiges de la ville et pour ce y en
tendre et vacquier avaient depputé Jehan Grenet et Laurent David lesquels bourgois ont remis le
tout en l'ordonnance de Mess . rs et en enssuivant ce mesdits S . rs ont fait faire le serment pertinont
en tel cas ausditz Grenet et David de eulx bien acquittier et conduire leditæuvre leplus prouffita
- 6 -

de la face nord -ouestde la Petite -Place et avaient laissé unemaison de chaque


côté du bâtiment, l'une ayant pour enseigne : l'Asne rayé, et l'autre : la
Tourtereulle (1). Bientôt, et lorsque l'édifice n'était pas encore achevé, ils
reconnurent que leur service ne pouvait pas convenablement se faire, qu'il
leurmanquait une chambre de conseil, une cuisine , etc., etc.
En 1513, on construisit cette chambre de conseil (2), celte cuisine, une sal
lette pour le concierge et autres appartemens, sur les devises et pourtraictures
de Mahieu Martin ,machon (3). Ce corps-de-logis avait 88 pieds de long sur
30 pieds de creux, il était parallèle à la rue Vinocq et venait joindre le Beffroi,
dont l'entrée a été changée et placée à la hauteur du plancher du premier
étage, où elle existe encore .

blementque possible sera, pour le bien , honneur et prouffit dicelle ville , aveuc lesquelz depputez
pour plus grande seureté desmises qu'il conviendra faire chacune sepmaine y entendrontlesdeux
sepmaniers où l'un deulx affin que l'œuvre se puisse tant mieulx conduire et parachever par
mesmes personnaiges et non par diverses mains et en rendre compte pardevant Mess .rs les Esche
vins comme les quatre commis aux ouvraiges . (Extrait du registre mémorial de 1495 à 1508 .)
(1) La maison la Tourtereulle fut achetée par la ville le 12 mai 1502, pour faire sur cet héri
tage les fondations du contrefortde gauche.
La maison de l'Asne rayé fut achetée par la ville le 19 mars 1506 .
( 2) En 1517, nuit de tous les saints, on renouvela la Loi et Eschevinage pour la première fois
à la nouvelle maison de ville , on sonna au Beffroi la Banclocque et au clocher S . -Géry la cloche
Joyeuse .
Loys Lemaire était Mayeur par don fait de par le roi de Castille.
(3) Devise facite au commandementde Mes."s les Eschevins de la ville d 'Arras de certains ou
vraiges etmachonneries pour faire une chambre de conseil et aultres édiflices comme il s'enssuit :
PRIMES.

Assavoir faire un corps de logis qui coulera en longueur 88 piedz d'un boult à l'autre etentre
deux murs 30 piedz de creux et se asserra ledit logis pour venir reppondre à l'endroit du Bef
froy ...... Item . Fault relever lhuissure quy est à présent au Beffroy sur ledile courcelle à le haul
teur du plancquier du premier estage et le rassoir pareillement qu'elle est à présent...... Item .
Ledit pignon se eslegera en alant à néant depuis les plattes dudit carpentaige jusques à le feste
dicelluy, revestu de cappes franchoises qui sauldront par dessus le comble ; et au sommetdudit
pignon se eslegera ung pillereau de pied etdemy de largue ou mieulx pour asseoir un Lyon ......
Après avoir exibé, monstré et lut au long la devise et ouvraige cy-dessus à Mons." le Lieutenant,
Mess.rs les Eschevins aveuc les quatre de ceste année présente et avoir este conclud par eulx en
semble en la chambre de conseil de marchander à faire ledit ouvraige, a esté en la présence et
par l'advis que dessus marchandé à Mahieu Martin machon lequel avait visité le lieu et fait ladite
devise cy dessus de faire iceulx ouvraiges bien et souſlisamment tant en fondactions et desblay
quelzconcques et à livrer toutes les matières bonnes et souffisantes qui fault et conviendra avoir
pour iceulx faire et deuement achever sauf des férailles et ploncqs pour la somme de mille livres
de 20 en Arth la livre qui se payront par les mains d'iceulx quatre et lesquelz auront le regard
audit ouvraiges...... Fait en double le 3. jour dedecembre 1512 (Extrait du registre mémorial
de 1508 à 1524 .)
Cette chambre qui, au commencement de ce siècle , servait de salle de bal, tombe en ruines.
Nous l'avons connue avec sa voûte ogivale , ses poutres et saillies sculptées et ses nervures dorées ;
. — 7 -

Cependant on faisait usage du Beffroi à mesure qu 'il avançait; on y avait


placé une cloche destinée à annoncer l'ouverture et la fermeture des portes de
la ville, de plus un trompette et trois joueurs de haut-vent, aux gages de
quinze livres d'argent payées par la ville , étaient tenus de jouer chaque
jour au Beffroi , au matin à l'eure de la porte ouvrir , et au soir à l'eure de
la porte clore et justement apprez que la clocque des portes clore et ouvrir aveura
cessié la sonnerie.
La maçonnerie était arrivée à la troisième galerie , lorqu'un maître maçon
de Marchiennes, Jacques Lecaron , proposa d 'achever l'édifice par un octogone
de douze pieds de hauteur et par une couronne surmontée d 'un lion aux armes
de la ville. Douze maîtres maçons, choisis par les Mayeur et Échevins, exa
minèrent les devises et pourtraictures présentées par Jacques Lecaron ; ils
déclarèrent, dans leur rapport du 5 juin 1551, qu 'il leur semble en leurs cons
ciences que icelle ouvraige sera bonne et souffissante pour continuer ledit ouvraige
et achever ledit Beffroy (1).
Le 10 du mêmemois, à la suite de ce rapport, Jacques Lecaron, natif du
village de Vaulx - lez -Bapaume, fut reçu bourgeois ainsi que ses enfans, avec
exemption de payer les droits ordinaires de bourgeoisie (2) . Immédiatement,
ce maître maçon se mit à l'æuvre et acheva le monument en 1554. Cette date
fut inscrite en ces termes dans la chambre des guetteurs :
L 'an mil cinq cent cinquante-quatre
Par un second jour de juillet
Jean Delamotte et Pierre Goulâtre
Firent en ce lieu le premier guet

il est de tradition que cette salle a servi pour la réception de Charles-Quint, qui séjourna à Arras
les 23, 24 , 25 novembre 1540.
La chapelle échevinale , éclairée par une seule fenètre, jadis à croisillons, date de la même
époque. Isabelle de Gbistelle , épouse du seigneur de Bonnières , gouverneur d 'Arras , y avail
fondé deux messes par semaine.
(1) Le vendredi cinq .me jour de juing quinze cent cinquante-un, Mess.rs Maieur et Eschevins,
Mons. " le Lieutenant général, conseilleurs procureur et greffier ont mandé en la chambre de
conseil les M .tres machons qui s'enssuivent assavoir...... Tous lesquels et chacun deulx concordė
rent ensemblent après serment fait veu et visité la machonnerie du Beffroy de cette ville et entendu
et oy par eulx les devises de l'ouvraige queMesdits S .rs ont convenu avecq M .tre Jacques Lecaron
M .tre machon de Marchiennes pour le parachevement dudit Beffroy suivant lesd .ts devises, pa
tron et pourtraictures...... leur semble en leurs consciences que icelle ouvraige sera bonne et
souffissante pour continuer ledit ouvraige et achever ledit Beffrov . (Extrait du registre mémorial
de 1545 à 1576 .)
(2) Extrait du registre aux bourgeois de 1524 à 1568 :
« M . Jacques Lecaron , m . machon de l'abbaie de Marchiènes , natif du village de Vaux-lez
» Bapp -mcs a esté reçu à la bog-sie en fav .' Q -la m chandé à Mes: s de f.e l'ouvrage du beffroy
► de la ville : et à Jacques, Jeh , Simon et Claude Lecaron ses effs F .' le d . 10. jo. ' de Juing
1551. P -d ' Mess.rs en n -obre . »
- 8 -

Étant nouveau le Beffroi fait


Par un nommé Jacques Caron
Maître en cet art un des parfaits
Car il avait un grand renom
Vers 1572, le Mayeur (1) demanda des agrandissemens pour l'Hôtel-de-Ville
et on résolut de bâtir sur l'emplacementde la maison de l’Asne rayé; mais ,
loin de continuer la façade dans le même style et de mettre la nouvelle cons
truction en harmonie avec l'anciennc, on supprima le style ogival, tout en
admettant l'ornementation multipliée du commencement du xvi.° siècle . Sur
les dessins de Mathias Tesson (2), maître maçon , on fit des fenêtres carrées,
séparées par des colonnes d 'ordres différens à chaque étage ; on couvrit l'ar
chitrave de ciselures , et l'escalier extérieur à deux rampes fut surmonté
d'une double coupole chargée d'ornemens. En 1756 (3 ), on supprima cette
magnifique coupole , les deux rampes et les colonnes à torsades du deuxième
étage ; aussi, voyons-nous mutilé ce chef-d 'æuvre que l'on aurait pu croire
détaché d'une résidence royale .
A cette même époque de dégradation , la Bretèque de l'Hôtel-de- Ville fut
démolie et remplacée par une fenètre et un balcon , avec balustrade en fer ( 4).
Plus tard, en 1791, tandis qu'autour du Beffroi tombaient l'élégante chapelle
de la Sainte-Chandelle , la majestueuse cathédrale et tant d 'autres chefs- d'ouvre
que renfermait notre cité , on craignit un instant que le marteau révolu
tionnaire n 'atteignît aussi le Beffroi, qui rappelait, par sa couronne, unemonar
chie dont on voulait effacer le moindre souvenir . On se hâta de recouvrir le
symbole royal d 'une mince feuille de plomb, afin d 'ôter tout prétexte de des

(1) Etait Mayeur, Philippe Le Prévost, écuyer licencié ès-lois.


(2) AyantMess.rs Maieur et Eschevins en nombre veu l'achevement de la nouvelle monté de
cette halle et le commenchementdes ouvraiges enssuyvans pour augmentation et eslaigissement de
ladite halle, faictz suyvant la délibération de Mesdits S .rs aprez le renouvellement de la Loy à la
toussaintz dernière à quoy auroient des lors esté commis et depputé M .° Jacques Doresmieulx ,
escuyer licencié ès loix et Jehan Dupuich aussi escuyer S .' de Hébuterne et Busquoy eschevins
qui auroient le tout bien et deuement continué jusques aujourd'huy second jour d ’octobre de cest
an 73 (1573) Mesdits S .rs Maieurs et Eschevins avec les officiers permanens ont unanimement
ordonné décrété et prins résolution absolute de faire continuer et achever iceulx ouvraiges encom
menchez conformément au pourtraict et patron qu 'en a baillié M . Mathias Tesson ayant encom
menchie iceulx ouvraiges , icellui patron et pourtraict reposant en la chambre du conseil de ceste
ville ...... Faict en chambre le second jour doctobre 1572 . (Extraitdu registre mémorialde 1545
à 1576 .)
(3) Etait Mayeur , Charles-Guislain-Alexandre Quarré, chevalier, seigneur de Chelers.
(4 ) Le maire , M . Maſoul de Sus-Saint-Leger , substitua, en 1822, une balustrade en pierre
à celle de fer. Quelques années auparavant, on avait fait disparaitre les nombreuses lucarnes du
toit .
- 9 -

truction aux hommes avides qui voyaient surtout, dans la démolition de nos
plus anciens et magnifiques monumens, la valeur des matériaux qui pouvait
les enrichir. Mais si le Beffroi traversa debout ces tems de discordes et de
malheurs , il fut abandonné et privé des réparations que nécessitaient conti
nuellement les pierres endommagées par les boulets du siége de 1654 . Les
eaux s'infiltrèrent, minèrent des arcs-boutans, des contreforts, oxidèrent plu
sieurs armatures en fer et firent de telles dégradations , qu'en 1833 on dut
démolir les parties supérieures dont la solidité ne présentait plus les garanties
nécessaires à la sûreté des habitations voisines.
On avait cru d 'abord qu 'il aurait suffi de démonter la couronne, le logement
du guetteur, les galeries et les huit pinacles du deuxième octogone. On en
avait évalué la reconstruction à la somme de 34,842 fr. 88 C ., mais on recon
nut la nécessité de continuer les démolitions et l'on ne put s'arrêter qu 'au
dessous des abat-vent. Le Beffroi redevint ce qu'il était en 1501 .
Dans la pensée d 'une réédification prochaine, la municipalité avait fait lever
les plans de toutes les parties démolies, mais à côté de cette municipalité, il
s'est trouvé des hommes pour entraver ses efforts . Hâtons-nous de dire que la
plupart de ces hommes n ' étaient pas nés à Arras.
La population tout entière désirait revoir son Beffroi, aussi aida-t-elle le
Maire à lever tous les obstacles qu 'on lui suscitait.
Le 1.er août 1838, les travaux furent adjugés à un entrepreneur, et immé
diatement, aux applaudissemens des habitans, les échafaudages furentdressés
et lesmatériaux préparés sous la direction de M . Traxler , architecte , M . Hip
polyte Lantoine, entrepreneur, et M . Ambrois, piqueur.
La première pierre de la reconstruction , bénie par Mer de la Tour d 'Au
vergne Lauraguais , Evêque d'Arras, fut hissée le 1er mai 1839, sur la partie
conservée du Beffroi, à une hauteur de 35 mètres 10 centimètres au -dessus
du pavé et posée par le Maire de la ville , au bas du trumeau, entre les deux
ogives faisant face à la Petite -Place. Sous cette pierre a été placée et scellée
une boite en plomb, renfermant une copie du procès-verbal, ainsi que des
pièces de monnaie au millésime de 1839.
La dernière pierre de la réédification a été posée le 18 juin 1840. Afin d 'en
perpétuer le souvenir et de constater cette date comme on avait constaté celle
de 1554, par une inscription dans la chambre des guetteurs, on grava sur les
paremens intérieurs et extérieurs de cette pierre , placée également dans la
chambre des guetteurs, l'inscription suivante :
« Dernière pierre du Beffroy, posée par M . Maurice Colin , maire d 'Arras,
» le 18 juin 1810. »
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Ainsi, en un an , un mois et dix -huit jours , fut reconstruite , dans sa forme


primitive, la partie du monument que l'on avait bâtie de 1501 à 1554 (53 ans).
La couronne en fer (1) , le lion rampant et la girouette furent immédiatement
placés, et de nouveau, on put compter 75 mètres 36 centimètres depuis le
pavé du corps-de-garde jusqu'au fer de la lance au-dessus du lion .
Cette hauteur se divise :
Depuis le pavé du corps-de- garde jusqu'au lit au -dessous de la première
pierre. . . . . . . . . . . . . . 35 " . 10°.
De la première pierre à la première galerie. . . . . 9 11
Dela première à la deuxième galerie. . . . . . . 9 14
Dela deuxièmeà la troisième galerie. . . . . . . 9 5
Dela troisième galerie à la semelle de la couronne. . . 3 86
La couronne en fer. . . . . . . . . . . . 5 »
Le lion . . . . . . . . . . . . . . . . 2 60
Hauteur dela lance au-dessusdu lion . . . . . . . 1 50
Hauteur totale. . . . . 75 36
Terminéà l'extérieur, ilmanquait encore au Beffroi ses cloches, son carillon
et son horloge ; à l'exception de la cloche Joyeuse (2 ), restée à sa place , et sur
laquelle on lit cette inscription en caractères modernes :
Primitùs Ban-clocque ceu Cloque-a -Ban, deindedesiderata dicta Tandem a populo
jam dudum lota vocor, gallice- Joyeuse, quae quondam casu fracta , anno 1464 , reno
vata fui. Me iterum fortuito fissam feliciter redintegrari curaruntmajor et scabini
urbis Atrebati, anno 1728 , regnante Ludovico XV .

(1) Le lion primitif de plaquesde cuivre, descendu en 1833, est déposé au musée.
(2 ) Cette cloche était placée, avant la construction du Beffroi, dans le clocher de l'église Saint
Géry et portait le nom de Ban-Clocque ou Clocque-à -Ban ; elle pesait environ 18,000 livres.
Fêlée en 1464 ,durant le séjour deLouis XI à Arras, etrefondue peu de temps après ,on y grava
en lettres gothiques les vers suivans :
Desiderata vocor, milleno facta sub anno
Quadringenteno sexageno quoque quarto
Rex Ludovicus cùm primùm venerat istuc ;
Sed libertates confirmans Atrebatenses
Bannitis villæ regressum non dedit ille
Burgundos que brabantigenas ducente Philippo,
Artesii Comite cùm pluribus et dominante ,
- 11. –

Au bas de la cloche, vers l'angle sud du Beffroi, on lit ce quisuit :


: « Michel et Jean Les Hanriot mont fait »
De l'autre côté, vers l'angle nord, se trouve cette inscription :
« Nicolas Damien ma soigné »
L 'inscription latine est placée à la partie supérieure de la cloche, sur deux
lignes, dont la première commence du côté de la Petite - Place par le mot pri
mitus et finit au mot fuit après avoir fait le tour de la cloche ; la seconde ligne
commence aux mots me iterum .
Le battant porte , gravée, la date de 1759.
On monta successivement :
1.• La cloche du Guet ou de la Répétition , qui porte cette inscription en
caractèresmodernes :
« Au mois d 'octobre 1682 cette cloche a esté refondue estants lors Maieur
de cette ville d'Arras Messire Ignace de Belvalet Che.er S. de Famechon colo
nel d'un rég. Royal d'infanterie wallon , Messire Phles François Palisot Ch .
S .- d'Incourt con . es et les Eschevins François Boucquel,NicolasCaudron ,Guil
leaumePostel marchand, Maximilien Gery advocat, Hierosme Leroux mar
chand, Messire Alexandre Augustin Le Sergent Che.er S ." de Marsigny, Adrien
Camp Antoine de Fontaines, Jean François Dupuis, Claude Dambrines,Gabriel
Maïoul, Jacques François Prevost advocat, Paul Guerard advocat et procureul
général, René Chollet argentier, Hector Bacler greffier civil et Jean François
Leleu greffier criminel. »

Preesul erat Petrus de Ranchicourt que vocatus


Dimenche Magret et Jean Boisez, m 'ont faict
Par bon conseil.
La refonte de cette cloche eut encore lieu en 1728.
Le 16 mars 1468 , sur les 4 heures aprez dimez , arriva à Arras, Charles-le -Hardi, Duc de
Bourgogne, et depuis qu'il fut entré en la banlieue jusques à tant qu'il fut passé par la ville et
entré en cité à l'hôtel épiscopal où il se logea lors, la banclocque sonna qui estait lors logié pour
le dangier du beffroy sur ung hangart et beffroy de bos fait pour ceste cause sur le mâs et lieu de
la Carpenterie de la ville , sur le grand marché joingnant à l'héritage de Beaumetz . (Extrait du
registre mémorial de 1463 à 1479).
Du 17 novembre 1728 a été résolu de délivrer un mandat de huit cent livres , à Michel et
Jean-François Henriot fondeurs, pour la fonte de la cloche Joyeûse, qu'ils ont fondu dans la Cour
du poid de la ville située sur la grande place , dans le fond de la dite Cour en entrant à gauche
où on a posez quatre bornes de grez qui dénote l'endroit qui a esté piloté et ou au besoin on
pourra y faire d'autres pareilles fontes. (Registre aux délibérations, 1719 à 1730.)
- 12 –
L 'inscription commence à la partie supérieure de la cloche, du côté de la
Petite - Place .
Cette cloche porte de chaque côté (vers la Petite -Place et vers les bouche
ries) un écusson aux armes de la ville d'Arras (un lion portant sur le flanc
gauche les armes d 'Artois) ; chaque écusson est entouré d'une bordure de
feuilles de lauriers.
Au bas de la cloche, du côté des boucheries, il existe un autre écusson dans
le champ duquel se trouve une cloche surmontée d'un compas ; autour de cet
écusson on lit :
« Denainville à Amiens fecit »
Au -dessus de l'écusson se trouve encore l'inscription suivante :
« Denainville ♡ Amiens »
2 .• La cloche de la retraite ayant l'inscription suivante en caractères go
thiques :
: + : Dulci : Pulsa : Sono : Tibi :
Gaugerice : Patrono :: Servio : Jure :
Pari : Ville : Teneor : Famulari : + :
L 'inscription est à la partie supérieure de la cloche et commence du côté
de la Petite -Place.
3.° La cloche d 'alarme, que l'on plaça comme autrefois dans la couronne
du Beffroi mérite l'atlention des archéologues par sa forme évasée (1) ;
cette cloche est composée de différens métaux mélangés et porte , en lettres
gothiques ornées, l'inscription suivante :
« Je fuis fais lan M : CCCC : E : XXXIIII »
D 'un côté de la cloche est un écusson aux armes d'Arras, ayant pour sup
ports deux rats ; du côté opposé se trouve un écusson semblable , mais sans
supports.
La primitive horloge de 1541, due au talent de Jacques Halot, horloger de
la ville , avait été remplacée en 1776 par une autre horloge construite par
Morguet, du bourg d'Houdain . Ou la descendit en 1833 et on la remit au sieur
Wagner, horloger-mécanicien à Paris, afin d'être nettoyée et de recevoir les

* (1) M . de Caumonta fait dessiner cette cloche. (Voir Bulletin monumental, t. 20 , p. 94 .)


- 13 –

changemensnécessaires pour faire mouvoirdeux aiguilles à chacun des quatre


cadrans.
La pose du carillon fut également confiée au sieur Wagner , qui, dans les
derniers mois de 1843, monta l'horloge et ensuite le carillon dans l'ordre sui
vant (1) :
1. — Note UT dièse (n.° 1). — Point d'inscription .
II. — Note SI (0.• 2). — Point d'inscription.
III. — Note LA (n.° 5). — Point d'autre inscription que la date 1695.
IV. — Note SOL dièse (0.º 6). — Inscriptions en caractères modernes : « Jean François
de Beaurains escuier S. de Beaurepaire et Pierre Morans advocat en parlement, échevins
commis aux honneurs 1695 . »
V. — Note SOL (0.º 7). — Point d'autre inscription que la date 1695.
VI. — Note FA dièse (n.° 8). — Point d'autre inscription que la date 1693.
VIII. — Note FA (n.° 9). — Aucune inscription .
Cette cloche ne porte pas de numéro. — Note MI(n° 10 ). — Ecusson portant l'aigle à deux
lêtes avec cette inscription en caractères gothiques : « Plus (z ) oultre . » L'écusson et l'ins
criplion sont répétés deux fois.
VII. — Note RÉ dièse (n.° 11). — Pas d'autre inscription que la date 1695.
IX. — Note RÉ (n .° 12). — Ecusson portant l'aigle à deux têtes avec cette inscription en
caractères gothiques : « Plus [3 ]oullre. » L'écusson et l'inscription sont répétés deux fois.
X . — Note UT dièse (n.° 13). — Cloche entourée de deux guirlandes. — Point d'autre ins
cription que la date 1680.
* XI. — Note UT (n.° 14). — Aucune inscription.
XII. — Note SI (n.° 15). — Inscription en caractères gothiques : « Pour le peuple avertir
e eure conter nous vaut. » Deux écussons portant l'aigle à deux têtes.
XIII. — Note LA dièse (n.° 16). — Aucune inscription.
XIV . — Nole LA (n.° 17). — Inscription en caractères gothiques : « Ces p - oles ont esté
fondues en lan XV . XXIX . »
XV. – Note SOL dièse (n.° 18 ). — Inscription en caractères modernes : « Jean François
de Beaurains escuier S." de Beaurepaire et Pierre Morans advocat en parlementeschevins
commis aux honneurs 1696 . » D 'un côté est l'écusson de France, et de l'autre celui de la
ville d 'Arras.
XVI. – Nole SOL (0 .º 19 ). — Inscriplion en caractères gothiques : « Fair on no fit pour
notre ville d'Arras. » Ecusson portant l'aigle à deux têtes.

(1) Les chiffres romains indiquent les chiffres qui sont peints en rouge sur les cloches.
Les chiffres arabes indiquent le numéro d 'ordre de l'échelle chromatique descendante en com
mençant par la note la plus élevée (UTdièse) . Les lacunes dans ces derniers chiffres font connaître
les cloches quimanquent, pouravoir une série complète de la note la plus haute à la plus basse .
- 14 -

XVII. — Note FA dièse (0.º 20). — Inscription en caractères gothiques : a Ces p - ntes ont
esté fondues pour la ville d'Arras. » Ecusson portant l'aigle à deux têtes.
XVIII. — Note FA (n.° 21). — Le haut de la cloche est entourée d'une guirlande. Le bas
porte l'inscription suivante en caractères modernes : « Fait à Lille par M . Thibaut. 1780. »
XIX. — Nole MI (n.° 22). – Inscription en caractères gothiques : « Ces pntes ont été
fondues en lan XVc E XXIX . » Deux écussons portant l'aigle à deux têtes. Une guirlande à
la partie supérieure.
XX. — Note RÉ dièse (n .° 23). — Cloche entourée d 'une guirlande fleurdélisé dans sa
partie supérieure , et portant au bas l'inscription suivante en caractères modernes : « Fait à
Lille par Thibaut. 1780 . »
XXI. — Note UT dièse (n .° 25 ). – Inscription en caractères gothiques : « Ces pntes ont
esté fondues en lan XXc XXIX. » Le haut de la cloche est entouré d 'une guirlande.
XXII. – Nole UT (n.° 26 ). — Inscription en caractères modernes : « Je fus faict pour
Arras en lan 1587. Nous fictGeorge Heuwin et Pierre de Rausart. » D 'un côté est un écusson
aux armes de la ville d 'Arras, et de l'autre, un écusson écartelé , surmonté d 'une couronne
ducale . Au -dessous de chacun de ces écussons se trouve répétée la date de 1587.
XXIII. — Note LA dièse ( n. ° 28 ). – Inscription en caractères modernes : « Je fus faict
pour Arras en lan 1587. Nous fict George Heuwin et Pierre de Ransart. » D 'un côté est un
écusson aux armes de la ville d 'Arras, et de l'autre, un écusson écartelé , surmonté d'une
couronne ducale . Au-dessous de chacun de ces écussons se trouve répétée la date de 1587.
XXIV. – Note SOL dièse (0.º 30 ). — Inscription en caractères modernes: « Je fus faict
pour Arras en lan 1587. Nous fict George Hewin et Pierre de Ransart. » D 'un côté est un
écusson aux armes d'Arras, et de l'autre, un écusson écartelé surmonté d 'une couronne
ducale. Au -dessous de chacun de ces écussons se trouve répétée la date de 1587 (1).

Le divers travaux de la démolition et de la reconstruction que nous venons


de mentionner , ontoccasionné les dépenses suivantes :
1.° Pour les démolitions, déduction faite de la reprise des vieux fers et
plombs, à M . Kleimp . . . . . . .
2.• Pour la maçonnerie , la menuiserie et autres travaux
d'intérieur, à M . Hippolyte Lantoine. . . . . 180,514 73
3.° Pour la sculpture des pierres, à M . Bougron. . . 13, 123 76
4.° Pour le lion , à M . Desprats, de Paris. . . . . . 3 ,300 »
5.° Pour l'horloge, les cadranset lecarillon, à M .Wagner. 4 ,400 »
S'élevant en totalité à la sommede. . . . 207,860 19

(1) En terminant ces citations, nous nous plaisons à rendre un témoignage public de la bien
veillance avec laquelle M . Foretier, archiviste de la municipalité d'Arras, a bien voulu nous
fournir des notes pour la rédaction de cette notice .
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Le 1 .er mai 1844 , le son de la cloche Joyeuse et les sons du carillon appri
rent aux habitans d'Arras que leur Beffroi, aussi admirable dans les détails de
sa construction qu'imposant par son ensemble, était terminé.
Nous reproduisons dans notre dessin ce monument où tout un siècle a écrit
son histoire architecturale , ces panneaux figurés, ces crochets simulés, der
nier tems du style ogival ; ces contreforts , ces arcs-boutans, ces fleurons, tous
ces ornemens à profusion du commencement du xvi.e siècle , et nous espérons
que notre gravure fera apprécier l'élégance et la hardiesse de cette tour, la
plusbelle du nord de la France.