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Commentaire fable la fontaine

Lettres modernes - option métiers de l'enseignement (Université Lille-III)

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COMMENTAIRE COMPOSE

Fable VIII 4 - La Fontaine

1. Un jeu d’oppositions

1.1 Deux tons en concurrence : le sérieux et le comique

Le sérieux :

- La forme : une fable dans les règles de l’art. Respect des rimes (embrassées, suivies).
Versification rigoureuse (alexandrins 12 ou énneassyllabes 9). Un récit organisé en plusieurs
parties claires.

- Il s’agit d’une adresse à un ambassadeur : le langage se doit d’être travaillé, assez noble pour
être lu par Monsieur de Barillon.

- Des références antiques maîtrisées (Hercule vers 28, Hydre vers 29)

- Des références au contexte politique de l’époque (situation de l’Europe vers 11, relations avec
l’Angleterre vers 14 et 15)

- Une fable riche de sens, visant à instruire le destinataire sur la manière la plus efficiente
possible de se faire entendre auprès de son public.

-
Le comique :

- Critique de la fable de la part d’un fabuliste, qui démontre son propos par une fable (paradoxe
comique). Ex : « Vous avez bien d’autres affaires à démêler que les débats du lapin et de la
belette »(vers 6 à 8)

- Ton ironique : trop grand respect montré à son destinataire. Ex : « La qualité d’Ambassadeur
peut-elle s’abaisser à des contes vulgaires ? »(vers 1 et 2). « Votre esprit plein de
souplesse » (vers 30). Grand respect témoigné, presque trop grand pour être vrai.

- Ton détaché. Le fabuliste prétend être désintéressé de son propre propos, de sa propre
production, de ce à quoi il dédie sa vie. « Lisez-les, ne les lisez pas »(vers 9)

- Morale surprenante, qui semble bien à côté de ce que semblait vouloir démontrer la fable. La
Fontaine se met peut-être dans la peau de son interlocuteur.

ID M. GODDAER :

- Les oppositions entre d’un coté le discours politique et de l’autre la fable frivole. Dans le
discours politique on peut voir trois niveaux différents. Tout d’abord, les préoccupations de
Barillon (discuter avec l’Angleterre, but de faire la paix). Deuxième niveau : au coeur de la fable :
le discours politique porté par l’orateur. Il prend la parole dans la deuxième partie de la fable
pour faire la fable, alors que Barillon veut faire la paix. 3e niveau : vers 55 à 60 on parle de
Philippe. Pour contrebalancer ça, il dit le plaisir qu’il a à écouter les contes.

1.2 Deux genres en concurrence : l’éloge et le blâme

L’éloge :

- L’ambassadeur est mis en avant, il fait partie intégrante de la fable, c’est d’ailleurs à lui qu’elle
lui est adressée

- La Fontaine le vante, le grandit, et se rabaisse face à lui. Il assure l’Ambassadeur de toute sa


dévotion. Ex : « je vous sacrifierai cent moutons, c’est beaucoup »(vers 34)

- L’auteur fait référence aux nombreuses activités qui occupent la vie de l’Ambassadeur, des
affaires politiques qu’il a sous sa responsabilité et qui, telles qu’elles sont présentées ici, lui
confèrent un statut important.

Le blâme :

- Le blâme est à déceler dans l’éloge poussée à l’extrême. Nous pourrions interpréter de la part
de la Fontaine une manière de dire que l’Ambassadeur ne prend pas/plus le temps de porter
son esprit à la réflexion que suscitent les fables, qu’il est trop occupé par le reste.

ID M. GODDAER :

Eloge de Barillon et de la fable qui procure du plaisir.

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Blâme du public de l’orateur. Blâme de l’orateur qui n’utilise la fable que comme une stratégie
réthorique. Blâme de la fable lorsque La fontaine s’excuse auprès de Barillon de faire cela.

Victoire du plaisir au profit du sérieux, ou demande d’un droit à la jouissance ?

L’orateur condamne le plaisir de la fable. Figure d’Esope. Le instruire (docere) qui serait supérieur
au divertir (placere).

1.3 Deux intentions en concurrence : l’agrément et l’utilité

L’agrément :

Histoire drôle et divertissante

L’utilité :

Histoire porteuse d’un enseignement

ID. M. GODDAER :

(Louis XIV : Mme de Montespan). Eloge du plaisir pure, graduée dans le texte. On oublie presque
le docere au bénéfice presque de l’exclusivité du placere.

Respect de l’étique.

Plaisir du récit poétique

Fable partagée entre le discours oratoire et le discours poétique. C’est pour ça que la Fontaine
doit redéfinir ce qu’est l’éloquence.

2. Une redéfinition de l’éloquence

2.1 L’échec de l’éloquence traditionnelle

La Fontaine fait passer sa fable pour un discours classique, au cours duquel il venterait de
manière sincère et convaincue le destinataire de son oeuvre. Cependant, nous devinons par
l’ironie qui se dégage de l’ensemble que tout ceci n’est qu’une mascarade.

Infantilisation qui n’est pas là ou on croit qu’elle est. Elle est quand l’orateur essaie de secouer
son public (comme un père rouspèterait ses enfants).

L’éloquence de la fontaine, l’éloquence de l’orateur.

Echec car c’est une éloquence sans artifice (ça ne s’embarrasse pas d’ornements, vers 36 à 38.
Art tirranique, parla fortement. Le but de l’orateur c’est docere; Vers 39 : on ne l’écoutait pas.

C’est une éloquence figurée.

L’orateur recourut à ces figures violentes.

Prosopopée : on fait parler qqn de mort ou d’absent.

Amplification. Le vent emporta tout, personne ne s’émeut.

Apologue (vers 62) : fiction, récit inventé, merveilleux

Reproche (vers 61) : la morale

2.2 La supériorité de la fable

La première partie du texte consiste à dénigrer la Fable, dans le sens où elle peut sembler peu
sérieuse et inutile. La seconde, dans la mesure où elle laisse réellement apparaître une fable
(porteuse d’une histoire qui vise à appuyer un argument, une marche à suivre, une conduite à
adopter) renforce en finalité la grandeur de la fable. Sa présence et sa qualité viennent contrer les
arguments que le fabuliste avait préalablement lui-même avancé.

2.3 Le pouvoir séducteur de la fable

Vision imagée des choses, qui incite à visualiser les faits décrits, à faire appel à son imagination.
Expérience agréable, non brutale, qui permet de mieux persuader un lecteur, sans qu’il ne s’en
aperçoive forcément.

La morale est ici pour achever de convaincre le destinataire de la Fable, le faire retomber en
enfance.

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Objets de séduction

À l’intérieur de la fable : Barillon d’abord, le peuple athénien ensuite

A l’extérieur de la fable : Charles II pour Barillon, et le lecteur réel ensuite.

MS La Fontaine veut faire en sorte que toute la fable (récit et moralité comprise) soit source de
séduction.

Sur La Fontaine aussi s’exerce la séduction : il nous le dit dans sa moralité. Il fait de sa moralité
un lieu aussi de séduction, pas comme celle de l’orateur athénien

Séduction lucide, séduction qui est consciente de soi.

La fable selon la fontaine = séduction.

3. L’alliance de l’allégorisme et de son déchiffrement

3.1 La fable, un songe éveillé

Songe au sens de rêve :

Appel à l’imagination. Présentation d’une situation fictive, à laquelle nous devons accepter de
croire. Le dépassement de la vraisemblance des faits décrits est ici essentiel afin de pouvoir
rentrer dans la fable. (présence d’animaux, de légendes)

Le peuple est réveillé par la Fable : il se rend compte de la gravité de la situation politique, en
même temps qu’il goute le charme de l’apologue.

La Fontaine et le lecteur savent que ce n’est qu’une illusion : le monde est vieux (adulte) // comme
un enfant

Songe au sens de réflexion personnelle pour le fabuliste :

Effet de réflexion instantanée donnée à la fable. Bien que sa forme témoigne d’un travail
minutieux et d’un soucis de rigueur évident, nous pourrions être amenés à penser qu’il s’agit de
quelque chose produit sur le vif, comme une trace de réflexion, comme si nous étions dans la tête
de la Fontaine.

3.2 La fable ou la conciliation des contraires

- Le destinataire et la fable sont vantés en surface, critiqués implicitement.

- Réunion entre des sujets sérieux et des sujets divertissants (instructions dissimulées dans des
histoires racontées)

Objets de séduction

À l’intérieur de la fable : Barillon d’abord, le peuple athénien ensuite

A l’extérieur de la fable : Charles II pour Barillon, et le lecteur réel ensuite.

MS La Fontaine veut faire en sorte que toute la fable (récit et moralité comprise) soit source de
séduction.

3.3 La fable ou la solidarité du récit et de la moralité

Ici, aspect surprenant de la morale. La Fontaine semble sortir du rôle sérieux qu’il avait endossé, il
laisse apparaitre son opinion personnelle. Cela incite à une connivence avec le lecteur, de par
cette proximité qu’il laisse entrevoir ici en se livrant à lui.

PAR CONSEQUENT la morale pourrait sembler presque totalement détachée du reste de la fable
tant elle n’entre pas dans la continuité de ce qui avait été fait jusqu’alors.

POURTANT le rôle d’une morale est habituellement de donner une version résumée de l’idée
principale à dégager d’une fable, et par la même d’achever d’en convaincre le lecteur. ICI ce rôle
est tout à fait respecté, car c’est par le biais d’une morale charmeuse et attendrissante que la
Fontaine y parvient.

Vers 48 : que fit le harangueur : l’orateur se rend compte que la première tentative pour tenter de
convaincre le public n’a pas fonctionné. Il passe par la fable

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Deuxième rupture : marquée par la moralité. Dans la tête de l’orateur athénien (fabuliste
classique : 1ere partie un récit, 2eme partie une moralité). La Fontaine lui ne veut plus cette
rupture là, il veut au contraire une fusion entre ces deux éléments du récit.

La Fontaine veut nous montrer que le récit et la moralité sont en train de s’entremêler (dans sa
morale il fait apparaître un récit : Peau d’Ane).

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