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Principes

de la
planification
de
l’enseignement

Unesco
PREFACE

L e s conférences S U T la planification de l'enseignement organisées par l'Unesco et d'autres organi-


sations internationales, qui se sont tenues à Washington, Paris, Karachi, Beyrouth, Addis-Abéba et
Santiago au cours de ces dernières années onf été caractérisées par l'accord presque total qui s'est
manifesté SUT la façon d'aborder les problèmes de l'enseignement. Tous les participants ont été
unanimes à Considérer que l'éducation ne pouvait pas être détachées des autres secteurs de lavie
nationale I. les éducateurs appelés à établir les nouveaux programmes d'enseignement doivent tenir
compte des problèmes que posent le progrès économique et les changements de structure sociale. Nous
avons essayé, dans la présenie étude, de donner un aperçu des déments à considérer lors de la mise au
point de ces programmes dans un contexte économico-social.L'étude a également P O U T objet de montrer
comment de tels programmes peuvent, tout en permettant à u n pays de réaliser des progrès dans le
domaine de l'éducation, cantribuer de la manière la plus efficace au développement général S U T le
plan national.
L'étude, rédigée primitivement en espagnol et préparée par le Secrétariat de l'Unesco, était des-
tinée à répondre aux conditions particulières de l'enseignement en Amérique latine. Avant d'en étendre
l'application en en faisant paraître le texte en français et en anglais dans la publication del'Unesco
~ E t u d e set Documents de l'éducation» on a supprimé, tout ce qui se rapportait exclusivement à la
situation de l'Amérique latine de manière a en accroître I'intérêt et la portée. 11 y a lieu d'espérer
que cette diffusion plus large incitera les éducateurs à élaborer des programmes de planificationde
l'enseignement adaptés aux conditions locales dans leurs pays respectifs et provoquera, en outre, la
rédaction et la publication d'autres études de caractère général S U T une question qui, dans le domaine
de l'éducation, revêt de plus en plus d'importance.
TABLE D E S M A T I E R E S

1. INTRODUCTION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

II. ASPECTS E C O N O M I Q U E S DE LA PLANIFICATION DE L ' E N S E I G N E M E N T . . . 8

ILI. LA PLANIFICATION DE LIEDUCATION DANS D I V E R S E S R E G I O N S ET


DIVERSPAYS .............................. 10

IV. PRINCIPES, METHODES ET TECHNIQUES DE L A PLANIFICATION


GENERALE DE L'EDUCATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..... 13
Activités préliminaires . . . . . . . .................. 13
Conditions et aspects de la planification .................. 15
Etapes de la planification . . . . . . .................. 16

V. LA FORMATION DE SPECIALISTES EN MATIERE DE PLANIFICATION


DE LIEDUCATION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... 25

ANNEXES

1. Recommandations approuvées par les participants au stage d'étbdes


interaméricain sur la planification de l'éducation (Washington,,1958),, ...... 27

II. Rapport final du colloque international sur "Le développement planifié


de l'éducation :facteurs économiques et sociaux'' (Paris, 1959) . . . . ..... 37

III. Recommandations concernant la planification de p8ducation, approuvées


par la réunion régionale de représentants des Etats m e m b r e s d'Asie
sur l'enseignement primaire obligatoire . . . . . . . . . . . . . . ..... 39

IV. Recommandations concernant la planification de l'éducation, approuvées


par la Conférence de représentants des ministères de l'éducation des
Etats arabes m e m b r e s de l'Unesco sur les besoins en matière d'éducation .... 41

V. Recommandations concernant la planification de l'éducation, approuvées


par la Conférence des Etats africains sur le développement de
l'éducation en Afrique (Addis-Abeba, 15-25 mai 1961) . . . . . . . . . .... 42
1. INTRODUCTION

Aujourd'hui plus que jamais, le développement de et, dans le cas contraire, le progrès peut ne pas
l'éducation est d'une importance incontestable et se produire malgré la planification, mais il n'est
primordiale pour tous les pays du monde. Les pas moins juste d'affirmer qu'en toutes circons-
transformations sociales profondes et rapides qui tances une planification judicieuse multiplie les
s'opèrent, l'explosion démographique, les exi- chances de succès. Considération plus importante
gences d'un rapide développement économique, encore, elle contribue à créer une situation très
enfin, la richesse des connaissances et de la propice au développement économique et à l'évo-
technique font notamment que le problème se lution sociale souhaités.
pose à notre époque de façon singulièrement sai- Pendant près de deux décennies, la planifica-
sissante. Pour tenter de satisfaire les besoins de tion a fait l'objet d'une bruyante polémique heureu-
chaque pays en matière d'éducation, il faut non seu- sement dépassée aujourd'hui. Il ne s'agit plus main-
lement disposer d'un personnel nombreux et bien tenant de savoir si la planification est possible ou
préparé et de ressources financières extraordi- compatible avec l'idéologie démocratique, mais
naires, mais aussi proposer de nouvelles solutions surtout comment améliorer la pratique de la pla-
pédagogiques. L a situation se complique encore du nification : ce sont donc essentiellement les procé-
fait que tous les pays aspirent aussi à un certain dés et les méthodes qui sont en question.
progrès économique et social, d'où la nécessité si- il ne pouvait en aller autrement car la notion de
multanée de consacrer des capitaux au développe- planification remonte aux origines m ê m e s de la ci-
ment économique afin de relever le niveau de vie vilisation occidentale ; elle préside tant aux efforts
des peuples et de doter l'éducation de ressources déployés pour soumettre à la méthode scientifique
financières extraordinaires. Il existe néanmoins l'étude des phénomènes naturels ou sociaux qu'au
entre ces deux domaines une interaction aussinette désir de rendre l'homme plus capable de prévoir
que profonde ; si, en effet, l'éducation grève tou- et de contribuer délibérement au progrès social.
jours davantage l'économie. le développement de C'est pourquoi à l'antique doctrine du laissez-
cette dernière exige lui-même un nombre crois- faire s'est substituée celle selon laquelle le pro-
sant en progression géométrique de personnel qua- grès social doit être favorisé. Cette notion d'évo-
lifié, de spécialistes des disciplines les plus di- lution sociale accélérée renferme en soi l'idée de
verses et d'individus dotés d'une solide instruction la planification.
générale. Cette interaction opère dans la plupart U n simple coup d'oeil rétrospectifsur les vieilles
des pays en cours de profonde évolution sociale controverses suffit à montrer que la polémique op-
et exige que leur système d'enseignement ménage posait uniquement les partisans d'une tendance so-
l'égalité d'accès préconisée par la démocratie. cialiste-marxiste et ceux de l'idéologie anglo-
L a complexité et l'urgence de la tâche qui in- libérale du XIXe siècle.
combe à tous les peuples pour atteindre le degré Ces controverses sur la planification économique,
voulu de développement économique et social a surgies au début de notre siècle sous l'effet des
mis en vedette la planification, qui apparaît c o m m e plans quinquennaux soviétiques et maintenant dé-
le meilleur moyen de prévoir et d'organiser une ac- passées, n'ont pas empêché certains auteurs,tels
tion rationnelle et systématique. que Mannheim et Tugwell, d'examiner les pers-
Du point de y e historique, il serait sans doute pectives qu'ouvrait la planification dans le domaine
abusifde soutenir que le développement économique de la politique sociale. P a r bonheur, le débat est
et social dépend de la planification et l'on ferait progressivement passé du plan théorique au plan
une entorse plus grave encore à la vérité en pré- pratique lorsqu'on a compris qu'il s'agissait sim-
tendant que la planification, m ê m e parfaite, garan- plement de choisir entre la bonne et la mauvaise
tit le progrès économique et social. Mais s'il faut planification. E n fait, une planification plus ou
se garder ,de tellesi exagérations, les faits n'en moins poussée et plus ou moins heureuse est au-
montrent pas moins avec évidence que la planifica- jourd'hui pratiquée dans toutes les sociétés m o -
tion n'est pas une simple m o d e qui s'étend rapide- dernes.
ment. Quand les conditions sont très favorables,il E n Union soviétique, à l'aube du nouveau ré-
peut sans doute y avoir progrès sans planification gime, le Comité central s'est contenté d'adapter

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les théories économiques classiques aux nouvelles plan de développement général agricole et, plus
normes sociales et politiques. O n en est ainsi par- particulièrement, d'assainissement des marais
venu à une notion de coordination économique fon- Pontins, récemment suivi du plan décennal V a -
dée sur la connaissance de fonctionnement, des noni (1955) ; aux Etats-Unis d'Amérique, la TVA
possibilités et des prévisions des différentes en- (Tennesse Valley Authority), créée en 1933,
treprises. A cette fin fut institué, en 1918, le Con- exemple déjà classique de planification dans le
seil supérieur de l'économie nationale dont les tra- cadre de l'économie capitaliste, sans compter
vaux aboutirent à la création d'un "Service des con- l'action planificatrice du N e w Deal et ce qu'on a
jectures" chargé de prévoir l'évolution économique. appelé la politique de la N e w Frontier ; en Suisse,
En 1920, cependant, l'étude des conjectures (pré- le plan Wahlen, ou plan agricole, qui remonte à
visions) fit place à l'élaboration de directives (pro- la dernière guerre mondiale ; à Porto-Rico, les
grammes) :ainsi naquit ie "pian économique inté- nombreux plans de développement économique éla-
gré pour la période suivante" de 15 ans. E n 1921, borés depuis 1942 ; au Pakistan, les deux plans
fut créée la "Gosplan" ou Commission du plan of- quinquennaux (1955-1960,et 1960-1965) ; en Inde,
ficiel qui existe encore et dont l'importance n'a les trois plans quinquennaux mis en oeuvre de-
fait que croître avec le temps. A partir de 1923 puis 1951, etc. Tous ces efforts visant à discipli-
commencèrent à être promulgués des plans quin- ner plus ou moins rigoureusement les forces éco-
quennaux englobant un nombre croissant d'activi- nomiques ont fait germer des notions pratiques de
tés nationales qui se trouvèrent toutes soumises planification sociale qui comprennent, conditionnent,
au développement économique de 1'Etat et aux exigent ou stimulent la planification générale de
directives officielles. B o n nombre d'autres Etats l'éducation.
socialistes d'après-guerre (Tchécoslovaquie, Po- Il est certain que tous les pays ont maintenant
logne, Bulgarie, Yougoslavie, Roumanie, Hongrie) recours à la planification sous une forme ou sous
commencèrent par adopter des plans dits "inté- une autre. Une vingtaine au moins de "plans éco-
grés" élaborés par des institutions analogues à nomiques intégrés" et près de 500 plans divers de
la Gosplan. E n 1949, enfin, fut créé le Conseil caractère économique ou social -sont actuellement
d'assistance économique mutuelle, rouage dont en cours d'exécution.
l'objet est d'intégrer les plans de production du Il importe également de souligner l'apparition
groupe de pays précité. d'une nouvelle modalité, à savoir la planification
Si, jusqu'au début de la dernière guerre m o n - multilatérale. L e plan Marshall d'investissements
diale, les manuels d'économie politique des pays pour la reconstructionde l'Europe en fut un exemple
dits "capitalistes" ignoraient encore systématique- auquel s'ajoutentles plans concertés de différents
ment l'existence d'une science de la planification, pays, tels qu'en préconisent 1'Orghisation euro-
il n'en est pas moins certain que la planification péenne de coopération économique, le C o m m o n -
pratique est fort ancienne dans le monde occidental. wealth britannique, la Communauté française et
Une telle planification se manifeste tout d'abord le Conseil des pays liés à l'Union soviétique par
dans l'ordonnance des créations matérielles, no- une identité d'intérêts économiques et politiques.
tamment en matière d'architecture et d'urbanisme ; L e s premières grandes entreprises de ce genre
mais, pour que la planification prenne son sens dy- appliquées à l'éducation sont les suivantes :Pro-
namique, il faut attendre la révolution industrielle jet majeur relatif à l'extension et à l'améliora-
qui transporte cette activité dans le domaine de la tion de l'enseignement primaire en Amérique la-
grande entreprise privée alors que 1'Etat applique tine (1957-1967) ; plan dit "de Karachi" pour le
la politique du laissez-faire. Progressivement la développement de l'enseignement primaire en
complexité et les exigences croissantes de la so- Asie, élaboré par la réunion de représentants des
ciété industrielle amenèrent cependant 1'Etat à in- Etats m e m b r e s d'Asie sur l'enseignement primaire
tervenir dans de nombreux secteurs et l'ont vit obligatoire (décembre 1959-janvier 1960) ; plan
ainsi surgir des plans relatifs aux voies de c o m - ébauché par la Conférence d'Addis-Abeba (mai
munication, des plans sanitaires, des plans de m o - 1961) pour le développement de l'enseignement en
dernisation des installations et du matériel, etc. ; Afrique ; enfin, tout récemment, plan décennal
simultanément la planification prenait le caractère d'éducation de l'Alliance pour le progrès approu-
d'une opération délibérée et quelques techniques de vé par la réunion extraordinaire du Conseil éco-
planification se dessinaient peu à peu. L'aboutisse- nomique et social interaméricain qui s'est tenue,
ment de ce processus est la planification écono- au niveau ministériel, à Punta del Este (Uruguay)
mique, qui prend naissance aux époques de grandes en août 1961.
crises et dépressions économiques mais ne tarde L'examen sommaire des plans actuels permet
pas à s'installer en tant qu'instrument d'adminis- de constater que, selon les pays, les méthodes et
tration publique moderne dans les circonstances les principes de planification présentent encore de
les plus diverses. O n vit ainsi surgir ; en France, profondes différences qui s'expliquent primordia-
le plan Tardieu (1929) et le plan Marquet (1934) lement par la diversité des conditions géographiques
auxquels devait plus tard s'ajouter le plan Monnet et humaines, des situations politiques, des régimes
(1946). avec la création du Commissariat général économiques, enfin des motifs ou des objectifs de
au Plan de modernisation et d'équipement (rénova- la planification.
tion des installations et du matériel) ; en Italie,le E n dehors du monde socialiste-communiste,on

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observe l'existence d'au moins quatre types de pla- développement équilibré de l'éducation, préparé par
nification : la planification extraordinaire, la pla- les spécialistes de ce domaine en étroite collabo-
nification autoritaire, les plans-programmes, en- ration avec ceux qui sont chargés de la planifica-
fin les plans partiels. tion économique.
L a physionomie future de la planification dépen- Planification de l'éducation : 1) Réformes dans
dra beaucoup des h o m m e s qui se chargeront d'y ce domaine qui ne constituent pas à proprement
procéder, des méthodes qu'ils appliqueront et des parler des plans d'action mais qui concernent la
conditions particulières dans lesquelles cette pla- planification qualitative de l'éducation quant à ses
nification devra être effectuée. fins, sa structure et son contenu, l'effort d'adap-
Il est permis de prévoir que, dans relativement tation à la situation changeante est réel mais gé-
peu d'années, les méthodes de planification se res- néralement déphasé dans le temps et dépassé par
sembleront de plus en plus et que ce terme perdra le rythme des événements ; 2) parallèlement aux
définitivement la signification qu'on a voulu lui don- réformes de l'éducation, plans et programmes
ner d'instrument politique d' "économie dirigée". partiels intéressant soit tel degré ou telle branche
E n effet, ce qui est lié à la structure politique de de l'enseignement, soit tel établissement ou tel
chaque pays n'est aucunement la planification en problème, sans généralement tenir compte de la
tant que technique ou instrument ; ce sont les ob- situation économique et d'un grand nombre des
jectifs que le Gouvernement assigne à cette fonc- facteurs sociaux qui interviennent ; 3) pians gé-
tion dans l'élaboration des plans et l'esprit dont néraux d'éducation, conception toute récente qui
s'inspire son action. assure le développement équilibré de l'éducation
A mesure que les plans de développement éco- globale et tient compte de la situation tant Bcono-
nomique étendaient leur rayon d'action, la néces- mique que sociale du pays pour aboutir à un plan
sité est apparue de les conjuguer intimement et de générai et coordonné de développement.
les harmoniser avec le développement social, y Ces processus parallèles montrent m m m e n t ,
compris celui de l'éducation. D'autre part, ceux à partir de conceptions partielles résultant d'une
qui étaient chargés du développement de l'éduca- déformation professionnelle ou d'une vision pure-
tion ont pris progressivement conscience de la né- ment immédiate de chaque domaine, on en vient à
cessité de rattacher les plans d'action dans ce do- une vision globale ou coordonnée suggérée par
*maine aux plans économiques pour demeurer l'existence reconnue d'une interaction et d'une dé-
objectifs et respecter e u x - m ê m e s les principes et pendance mutuelle.
les fins de l'éducation. Ainsi, la planification gé- L'étude des données démographiques ainsi que
nérale de l'éducation est conçue c o m m e entrant des besoins en main-d'oeuvre qualifiée et en per-
dans le cadre de la planification sociale et ses sonnel spécialisé a tout particulièrement contribué
méthodes s'inspirent de celles qui s'appliquent à à faire ressortir la nécessité de coordonner la pla-
la planification économique. nification de l'éducation et la planification écono-
L'étude chronologique des plans et programmes mique. D e fait, la planification de l'éducation qui
de développement accéléré du dernier quart de vise à développer au m a x i m u m dans un pays les
siècle montre; chez les parties intéressées, les possibilités d'accès à l'instruction, à augmenter
changements parallèles d'attitude qui suivent : le rendement du système d'enseignement et à a m é -
Planification économique : 1) Plans visant à déve- liorer la qualité de l'enseignement dans la mesure
lopper certains secteurs de la vie économique ; où les ressources financières et humaines dispo-
2) Plans de développement essentiellement écono- nibles le permettent, contribue très directement
mique applicables à l'ensemble des activités du au développement économique et social des pays
pays ; 3) plans de développement économique et en cause au moyen de judicieux et rentables in-
social accordant au développement de l'éducation vestissements en capital humain. L'intégration
une attention croissante, mais limitée le plus sou- du plan d'éducation dans le plan général permet
vent à l'enseignement professionnel, technique et cependant aux pays de mieux concentrer leurs ef-
supérieur ou à la recherche ; 4) tout récemment forts à court terme et à long terme sur les élé-
enfin se manifeste une tendance au travail d'équipe, ments prioritaires, sans pour autant sacrifier né-
si bien que le plan de développement économique cessairement les impérieuses exigences indivi-
et social s'étend à l'ensemble des problèmes du duelles ou sociales en matière pédagogique.

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II. A S P E C T S E C O N O M I Q U E S DE LA PLANIFICATION DE L'ENSEIGNEMENT

L a forme que prend un système d'enseignement développe la maîtrise de soi, élargit l'horizon de
découle des exigences multiples et distinctes du l'individu, ouvre des possibilités nouvelles, crée
corps social dont ce système est l'émanation. L a des marchés- bref, il confère au corps social
direction en est assurée concurremment par des lui-même plus de diversité, plus de capacité
services officielssitués à différents niveaux,divers d'adaptation et plus d'ampleur.
organismes privés, les professeurs, les parents E n troisième lieu, l'enseignement se caracté-
et les élèves eux-mêmes. D e ce fait, les crédits rise par un prix de revient et une rentabilité ex-
qu'il reçoit et les avantages que l'on attend del'en- 'trêmement variables suivant le niveau de l'évolu-
seignement ne dépendent pas seulement des besoins tion économique et sociale du pays. Il coûte plus
socio-économiques, m ê m e à supposer que les pla- cher, en effet, lorsqu'il faut, avant m ê m e de
nificateurs puissent déterminer exactement ces mettre à exécution un programme donné, faire des
besoins. investissements préalables (formation du person-
Toutefois, du point de vue économique, puisque nel enseignant, construction d'écoles, nouveaux
différents utilisateurs revendiquent des ressources manuels) que lorsqu'il suffit d'élargir ou de réor-
qui sont insuffisantes, il est indispensable de pou- ganiser l'infrastructure existante ; sa rentabilité,&
voir déterminer l'ordre de priorité à accorder à d'autre part, peut être moindre dans une société
l'enseignement. Sur quelle base, par exemple,cal- mal organisée pour tirer pleinement parti des ap-
culera-t-on les montants à affecter respectivement titudes et des compétences de ses membres. C e s
à la construction de routes, d'écoles, de logements, variations de rendement des investissements selon
d'usines et ainsi de suite ? L'établissement de cri- leur volume et leur qualité,ces différences de prix
tères de priorité est d'une importance fondamentale de revientsuivant la structure d'âge et la disper-
pour les planificateurs, et il ne peut être ration- sion géographique de la population et divers fac-
nellement résolu qu'en tenant compte à la fois du teurs liés à des discontinuités, sont autant de va-
coût et du rapport des divers investissements pos- riables extrinsèques importantes qui influent sur
sibles. Malheureusement, ce calcul est très c o m - le prix de revient et le rendement de l'enseigne-
plexe dans le cas de l'enseignement, secteur diffi- ment et qui, malheureusement, semblent jouer
cile à comparer aux autres formes d'investissement en définitive au détriment des pays pauvres : il
productif. E n fait quatre traits principaux carac- est donc d'autant plus important que, dans ces
térisent l'enseignement. pays, les décisions relatives aux investissements
Tout d'abord, l'enseignement est à la fois un soient préparées avant la plus grande prévoyance.
bien de consommation, du fait que l'homme appré- L'enseignement se caractérise enfin par le fait
cie l'instruction et y aspire pour elle-même indé- que, de tous les moyens d'action auxquels le ré-
pendamment de ses applications possibles, et un formateur peut avoir recours, c'est celui qu'alour-
facteur de production puisqu'il crée les compé- dissent le plus des considérations non objectives
tences, les attitudes, les personnalités et les mi- et non mesurables. Son contenu, après tout, fait
lieux sur lesquels reposent la technique et l'orga- partie intégrante d'une culture qui est un tout ; à
nisation modernes. Ainsi l'enseignement peut être, certains égards, il est '1 expression la plus im-
entre autres choses, aussi bien un luxe recherché portante des valeurs reconnues.
par les riches pour des raisons de prestige qu'une Cela étant, toute intervention le concernant
formation étroitement spécialisée sans laquelle risque de susciter une opposition extrême et d'être
les méthodes de production complexes sont impos- considérée c o m m e une atteinte aux sources m ê m e s
sibles à appliquer, de traditions très chères, danger auquel échappent
L a deuxième particularité de l'enseignement, d'autres entreprises d'action sociale collective
c'est qu'il produit de très importants revenus in- telles qu'une campagne en faveur de l'industriali-
directs puisqu'il vise à transformer, non pas des sation, de travaux d'irrigation ou un programme
choses, mais des h o m m e s . Il est toujours plus de salubrité.
facile de produire ou de remplacer des biens de Dans ces conditions, l'enseignement se prête
consommation que de former les ouvriers spécia- mal aux calculs rigoureux, bien qu'à tous les ni-
lisés qui les fabriquent. E n outre, l'enseignement veaux il rivalise avec d'autres secteurs de la vie

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nationale pour obtenir davqtage d'attention, de d'économiser sur le temps consacré à l'enseigne-
considération et de ressources financières. D u ment, tandis que de nouvelles techniques faisant
point de vue strictement économique, la prévision appel à la télévision, à la radio et à divers auxi-
des besoins en main-d'oeuvre qualifiée doit servir liaires mécaniques sont peu à peu mises au point,
de base à toute attribution des ressources non seu- qui permettent à un maître d'atteindre un nombre
lement à l'enseignement considéré dans son en- d'élèves beaucoup plus élevé. L'étude approfondie
semble, mais aussi à ses divers éléments. Si l'on des conditions d'application de ces méthodes, ainsi
ne prévoit pas les spécialités qui seront vraisem- que leur adaptation aux diverses conditions locales,
blablement demandées dans une dizaine d'années peuvent soit abaisser le prix de revient unitaire de
ou davantage, ni le nombre de personnes qualifiées l'enseignement - activité qui exige une main-
qui pourront espérer trouver les emplois qui leur d'oeuvre abondante mais très peu de matière pre-
conviennent,on risque fort soit de voir se former -
mière soit augmenter son efficacité, soit avoir
des goulots d'étranglement en raison de la pénurie les deux conséquences à la fois.
de main-d'oeuvre qualifiée, soit au contraire de Rappelons que l'enseignement est à la fois un
créer une pléthore de gens compétents dans cer- élément essentiel d'une civilisation et un bien de
taines branches. L a surabondance de juristes ne consommation, auquel certaines personnes attri-
saurait compenser le manque d'ingénieurs. Cer- buent une grande valeur intrinsèque.Du point de
tains pays souffrent d'une pénurie absolue de per- vue social, il n'est ni souhaitable, ni à vrai dire,
sonnel qualifié, et toutes les formes d'instruction possible de le considérer du seul point de vue de
scolaire y répondent à un besoin virtuel ;néanmoins, son utilité. Il faut donc rechercher un juste équi-
le problème qui se pose généralement, est celui du libre entre l'utilité pratique et ce qu'on pourrait
manque de personnel dans certaines spécialités seu- appeler la fonction civilisatrice de l'enseignement,
lement, cette insuffisance étant parfois m ê m e ag- et cette question soulève partout des controverses
gravée par un chômage manifeste ou larvé dans incessantes. Certains pays parmi les plus riches
-
d'autres secteurs oh trop de gens du point de vue ont constaté récemment qu'elles accordaient trop
-
des besoins du m o m e n t ont acquis une compétence
qui ne peut être utilisée. D e s investissements m a -
peu d'attention aux humanités, et que la tendance
à spécialiser toujours plus tôt les enfants allait
lavisés dans le domaine de l'enseignement peuvent en définitive à l'encontre du but visé, car il de-
entraker un gaspillage de ressources humaines et vient de plus en plus difficile aux spécialistes,
matérielles ; le rendement optimum s'obtient par lorsqu'ils n'ont pas grand-chose en c o m m u n , de
l'analyse attentive des tendances de l'économie, et se comprendre.
par l'affectation des ressources aux secteurs es- E n général, les pays sous-développés n'en sont
sentiels de l'enseignement conformément aux pré- pas encore là, mais il faut tout de m ê m e prendre
visions relatives aux besoins en main-d'oeuvre. dès maintenant des décisions quant à l'orientation
Il faut bien comprendre aussi que l'enseigne- de l'enseignement selon l'importance relative de
ment n'est nullement un service homogène ne pou- la tradition d'une part, du progrès et de la forma-
vant être assu& que d'une seule façon.A u contraire, tion professionnelle, d'autre part. Il est évidem-
les possibilités sont nombreuses, et il est toujours ment impossible de négliger le rôle traditionnel
utile d'examiner différentes solutions pour trouver de l'enseignement (sauvegarder la continuité de la
celle qui convient le mieux à une situation donnée. civilisation et contribuer à développer la person-
L a demande dont l'enseignement fait l'objet dans nalité culturelle) ; cependant, s'il faut rompre avec
les régions du monde en voie de développement est le passé, on ne doit pas trop accentuer ce rÔle.Aus
déjà trés importante, et elle augmente de plus en si importe-t-il de veiller à ce que l'enseignement
plus. Ces régions ne peuvent espérer recevoir de s'inscrive harmonieusement dans l'évolution, qu'il
l'extérieur plus qu'un nombre restreint de profes- soit suffisamment moderne pour former les cadres
seurs spécialisés exerçant une action puissante sociaux et techniques dont la société a besoin sans
mais surtout indirecte sur le développement de couper pour autant de leur patrimoine culturel et
l'enseignement ; dans sa grande majorité, le corps social ceux qui ont la chance de pouvoir faire des
enseignant devra être trouvé sur place, dans chaque études supérieures. Il est possible d'élargir l'ho-
pays. Néanmoins, la pénurie de maîtres et d'ins- rizon et d'acquérir des compétences techniques
tallations matérielles est déjà grave, et vraisem- nouvelles dans l'espace d'une géiiération mais non
blablement elle s'aggravera encore. Il est donc ur- de transformer la personnalité de fond en comble
gent d'étudier les possibilités nouvelles qu'offre et d'accomplir du jour au lendemain une évolution
l'évolution actuelle, qui constitue une véritable ré- qui, ailleurs, a duré des dizaines et des dizaines
volution technique découlant en partie du fait que d'années. Une tâche difficile attend donc les pla-
-
le rapport entre le capital et le travail considé- nificateurs de l'enseignement :faire preuve d'obs-
rés c o m m e facteurs nécessaires à la production- tination et de sens pratique dans leurs rapports
avec les gens de l'extérieur, qu'il faut parfois con-
n'est pas immuable et que les divers pays ne sont
pas également doués à cet égard, L a connaissance vaincre des mérites de leur cause, mais aussi de
de plus en plus précise que nous avons du proces- sensibilité et d'imagination, lorsqu'ils doivent
sus d'apprentissage nous conduit à réformer le con- s'orienter dans les courants entrecroisés des
tenu et la structure des programmes scolaires ain- forces culturelles et sociales,
si que les méthodes pédagogiques, et permet ainsi

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III. L A PLANIFICATION DE L'EDUCATION DANS DIVERSES R E G I O N S ET D I V E R S P A Y S

Dans presque tous les pays, on trouve un précé- la formation des enseignants, considérée c o m m e
dent historique plus ou moins représentatifde pla- l'un des points cruciaux de l'extension et del'amé-
nification de l'éducation désigné sous le n o m équi- lioration de l'enseignement primaire, le premier
voque de réforme pédagogique ou prenant la forme objectif qu'il énonce à titre de méthode fondamen-
d'un plan partiel touchant quelque aspect limité de tale de prévision, d'orientation et d'action est la
l'enseignement. Rapprochés des caractéristiques planification systématique de l'éducation. C e pro-
que préconise la planification générale de l'ensei- jet majeur constitue d'ailleurs en soi un remar-
gnement, chaque fois plus étendue dans tous les quable exemple de planificationà l'échelon régional.
pays du monde, ces plans présentent cependant de Sur le plan national, la recommandation de la
graves lacunes notamment sur les points suivants : Conférence des ministres touchant la planification
prévision d'objectifs à court terme et à long terme ; générale de l'enseignement eut pour premier résul-
détermination détaillée des besoins budgétaires ab- tat la création en Colombie (juin 1956) d'un Bureau
solus qu'entrhe l'application du plan ;combinaison de Planification de l'éducation qui donna lieu à la
de solutions qualitatives avec les priorités dans le rédaction d'un rapport paru vers le milieu de 1957
développement quantitatif ; rapport judicieux entre sur le projet relatif au premier plan quinquennal
le plan d'action proposé et la structure ainsi que d'éducation.
l'organisation de l'administration de l'enseignement ; E n application de la recommandation faite lors
comptabilité objective entre les fins visées et les de la réunion précitée des ministres de l'éducation,
ressources matérielles et humaines disponibles ; un Stage d'études interaméricain sur la planifica-
existence d'une méthode de planification pour lléla- tion générale de l'éducation fut réuni à Washington
boration, l'exécution et l'évaluation des plans. en 1958 sous le patronage conjoint de l'Unesco et
L a notion de planification générale de l'ensei- de 1'OEA. S'appuyant sur de puissantes raisons,
gnement a été posée et recommandée pour la pre- ce stage proclame la nécessité d'une planification
mière fois en Amérique latine lors de la Deuxième générale de l'enseignement en Amérique. Il est
Réunion interaméricaine des ministres de l'éduca- particulièrement significatif que ce m ê m e stage
tion qui s'est tenue,à L i m a e n mai 1956. A cette ait recommandé la réunion de la Conférence sur
occasion, il a été r e m n n u qu'il serait bon de re- l'éducation et le développement économique et so-
courir aux méthodes de la planification pour ré- cial en Amérique latine, "considérant qu'une meil-
soudre les problèmes quantitatifs et qualitatifs leure connaissance des rapports existant entre
qui se posent en matière d'enseignement aux pays l'éducation et le développement social et économique,
américains puisque les besoins croissants surgis fondée sur des études scientifiques appropriées,
dans ce domaine exigent des prévisions systéma- contribuera puissamment à l'efficacité de la pla-
tiques incorporées dans des plans généraux englo- nification générale de l'éducation. " (Annexe 1).
bant tous les degrés et toutes les branches de l'en- Pour faire en sorte que la planification générale
seignement. Il a de plus été déclaré qu'en sa de l'éducation se déroule à souhait dans les pays
qualité de principal facteur du développement éco- d'Amérique, le stage a notamment recommandé
nomique, social et culturel, l'éducation contribue que, conformément à ses recommandations, les
directement au relèvement voulu du niveau de vie. différents pays intéressés organisent le service
Parallèlement à la Deuxième Réunion des mi- technique chargé de diriger les travaux de plani-
nistres de l'éducation, l'Unesco avait convoqué à fication de l'éducation, en coordination étroite
L i m a une Conférence régionale sur l'enseignement avec les services chargés de la planification gé-
gratuit et obligatoire en Amérique latine dont les nérale, économique et sociale du pays ; que les
recommandations furent le point de départ du Pro- organisations internationales apportent l'aide tech-
jet majeur relatif à l'extension et à l'amélioration nique nécessaire : enfin que soient organisés les
de l'enseignement primaire en Amérique latine, cours nécessaires à la formation des spécialistes
lequel fut approuvé pour une durée de dix ans (1957- qu'exige la planification.
1967) par la Conférence générale de l'Unesco, lors D e 1959 à ce jour, l'Unesco a fourni les ser-
de sa neuvième session. Bien que, dès le départ, vices d'experts aux pays américains mentionnés
ce projet majeur ait accordé une place de choix à ci-après, dans le cadre du programme d'assistance

10
technique des Nations Unies : Argentine, Bolivie, buts : 1) identifier les principaux besoins et les
Colombie, Cuba, Equateur, Haïti, P a n a m a et Ve- grands problèmes de cette région en ce qui con-
nezuela. D'autres pays (Chili, Costa Rica, Hon- cerne l'enseignement primaire obligatoire, et 2)
duras, Nicaragua et Pérou) ont également demandé mobiliser les ressources des Etats m e m b r e s ain-
que des services d'experts leur soient fournis dans si que de collectivités appartenant ou non à cette
un avenir proche. région et obtenir le concours des organisations
Lors de sa onzième session, la Conférence gé- internationales compétentes, en vue de répondre
nérale de l'Unesco a approuvé la constitution, au à ces besoins et de résoudre ces problèmes. E n
titre du p r o g r a m m e d'activités relatif au Projet 1958, un Stage d'études régional sur la réforme
majeur, d'un groupe régional de planification de de l'enseignement en Asie du sud et de l'est s'est
l'éducation composé de trois experts (un spécia- tenu à N e w Delhi afin d'examiner certains pro-
liste des statistiques de l'enseignement, un spé- blèmes relatifs à la planification et à l'adminis-
cialiste de la planification de l'éducation et un spé- tration de l'enseignement. D e nombreux progrès
cialiste du financement de l'enseignement) chargés ayant été accomplis depuis 1952, il a paru utile
de contribuer à rendre plus efficace l'action entre- de faire le point afin d'élargir et de mieux coor-
prise et d'organiser des cours ou des stages natio- donner les efforts déployés en faveur du dévelop-
naux dans les pays intéressés de la région. pement de l'enseignement dans cette région.Les
Dans ce domaine, un long chemin a été parcou- résultats de cette enquête furent présentés au dé-
ru au cours des deux dernières années. L'Argen- but de 1960, à Karachi, lors d'une Réunion régio-
tine, la Colombie, le Costa Rica, Cuba, l'Equateur, nale de représentants des Etats m e m b r e s d'Asie
le Salvador,le Guatemala, le Honduras, le Mexique, sur l'enseignement primaire obligatoire, réunion
le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou qui marqua un réel tournant pour les projets ré-
et le Venezuela ont déjà créé des services de pla- gionaux et nationaux d'éducation en Asie. Grâce à
nification plus ou moins développés dont les études tous ces efforts, il est certain que l'importance
et plans d'action permettront, grâce à une appli- et 1 'utilité de la planification sont aujourd'hui
cation rationnelle et judicieuse des crédits dispo- mieux comprises.
nibles, d'approcher considérablement des objectifs L a planification de l'enseignement est aujour-
visés par ces différents pays en matière d'éducation. d'hui en cours, sous une forme ou sous une autre,
L e premier cours interaméricain sur la planifi- dans la plupart des pays d'Asie. Certains de ces
cation générale de l'éducation, organisé par 1'OEA pays ont déjà constitué les organismes planifica-
en étroite collaboration avec l'Unesco s'est tenu à teurs nécessaires, et élaboré à la fois des plans
Bogota en octobre et novembre 1959. A ce cours économiques généraux et des plans d'enseignement.
ont participé 33 boursiers de 19 pays de la région. Dans quelques autres les plans ne portent que sur
Depuis lors, d'autres cours ont été organisés à l'enseignement ; il n'y a qu'un petit nombre de
l'échelon national, notamment dans les pays sui- pays où les plans d'enseignement sont à peu près
vants :Argentine, Equateur, Guatemala et Vene- inexistants. Il est incontestable que cette recon-
zuela. E n outre, sous les auspices de l'Unesco, naissance de l'importance et de la nécessité de la
quinze missions d'études de plusieurs autres pays planification et les diverses mesures déjà prises
latino-américains, composées chacune d'un chef dans cette voie, ont contribué aux grands progrès
de mission, d'un éducateur et d'un économiste, ont qui ont été réalisés dans l'enseignement. E n Inde,
récemment visité divers pays d'Europe en vue d'étu- avant m ê m e la création (en 1950) de la C o m m i s -
dier les problèmes relatifs à la planification de sion de planification, qui est le principal organe
l'éducation. planificateur, il existait diverses institutions qui
L a Conférence sur l'éducation et le développe- agissaient dans ce sens. Les plans relatifs à l'en-
ment économique et social en Amérique latine seignement, qui font partie du Plan général natio-
marque maintenant un nouveau pas décisif vers cet nal, sont établis par divers organismes à l'échelon
objectif urgent et positif ; aboutir à une planifica- des districts et des Etats, puis ils sont coordonnés
tion de l'éducation efficace et intégrée dans les par le Ministère de l'éducation avant d'être soumis
plans de développement économique et social. Mais à la Commission de planification.Les Départements
ce n'est pas seulement en Amérique latine que le de l'éducation de tous les Etats, de m ê m e que le
développement de l'éducation pose un problème Ministère de l'éducation disposent de services de
aigu. E n fait, on ne saurait citer un seul pays du planification et de statistique.
monde qui ait définitivement résolu son problème Désireux, c o m m e les autres jeunes Etats, de
éducatif ; tous doivent pour le moins faire cons- voir l'enseignement se répandre, le Pakistan or-
tamment face à de nouveaux besoins et l'on est en- ganisa en 1947 sa première Conférence nationale
core bien loin d'avoir trouvé des solutions pédago- de l'enseignement. S'appuyant sur diverses études,
giques pleinement satisfaisantes. la Division de l'éducation instituée par le Bureau
E n 1952, donc presque au début de la dernière de planification a mis au point, en 1952, un plan
décennie, si chargée d'événements importants pour national de développement de l'enseignement au
le développement de l'enseignement en Asie, l'Unesco Pakistan. L e plan le plus récent (deuxième plan
a organisé à B o m b a y une conférence régionale sur quinquennal) a été préparé par la Commission de
l'enseignement gratuit et obligatoire en Asie du sud planification de Karachi pour la période 1 960-1 96 5.
et dans le Pacifique ; cette conférence avait deux E n Indonésie,l'Office de planification,qui relève
11
directement du Conseil des ministres, est l'organe A la lumière de ces recommandations et en
chargé d'établir les plans de développement géné- s'inspirant des avis de spécialistes choisis pour
ral. A u Ministère de l'éducation, on trouve une Di- leur compétence et leur expérience pratique en la
vision de la recherche et de la planification ainsi matière, le Secrétariat a précisé les modalités
qu'une Division de statistique. de l'aide aux pays africains en matière de planifi-
E n Iran, chaque ministère comprend un comité cation de l'éducation.
de planification. L e plan proposé par chaque minis- Suivant ce schéma dans ses grandes lignes,des
tère est examiné par l'Organisation du plan, qui premières missions ont été effectuées au cours du
est chargée de l'ensemble de la planification natio- mois de juillet 1961, en réponse aux demandespré-
nale.E n ce qui concerne l'enseignement, la planifica- sentées par les Gouvernements de Haute-Volta et
tion relève conjointement de l'Organisation du plan de Sierra-Leone.Des autres groupes seront cons-
(Divisionéconomique,sectiondes affaires sociales) titués prochainement dans les pays suivants :Ca-
d'une part,du Ministère de l'éducation et des éta- meroun, Libéria, Somalie, Ruanda-Urundi, M a -
blissements d'enseignement supérieur d'autre part. dagascar, Tanganyika et Kenya.
E n Thaïlande, trois organismes nationaux s'oc- E n outre,l'Unesco accorde une large assistance
cupent respectivement de la planification générale, technique aux pays d'Afrique qui la demandent.U n
de la planification de l'enseignement et de la planifi- cours régionalde formationde planificateurset d'ad-
cation de la recherche. L e Conseil national de ministrateurs de l'enseignement a été organisé pen-
l'éducation est responsable de la planification de dant le deuxième semestrede 1961 à Khartoum (Soudan)
l'enseignement. Dans les Etats arabes, un centre régional de
A u Viêt-nam, il n'y a pas d'organisme central formation des cadres supérieurs de l'enseigne-
pour laplanificationde l'enseignement, mais le Mi- ment est en cours d'établissement, au titre du
nistère de l'éducation possède un Départementde pla- programme de l'Unesco, à Beyrouth (Liban). L a
nification et un Bureau des études de recherches,qui décision de créer un tel centre a été prise aucours
sont capables de formuler un plan d'éducation. de la Conférence de représentants des ministères
Ainsi, dans presque tous les pays d'Asie, la de l'éducation des Etats membres arabes qui s'est
planification de l'enseignement est pratiquée sous tenue à Beyrouth en février 1960, et au cours de
une forme ou sous une autre. Ces pays ont recon- laquelle les divers pays participants ont reconnu
nu la nécessité d'un plan, et créé les rouages ad- que bon nombre des problèmes auxquels ils avaient
ministratifs nécessaires. à faire face en matière d'enseignement leur étaient
Conscientede ce besoin,et pour donner suite à communs, et qu'ils pourraient les résoudre par un
l'une des recommandations adoptées lors de la réu- effort conjoint de planification. Plusieurs pays
nion régionale de Karachi,déjà mentionnée,la Confé- arabes ont déjà établi des plans de développement
rence générale de l'Unesco,à saonzième session (Pa- de l'enseignement, notamment l'Arabie saoudite,
ris,1960), a approuvé la création d'un Centre régional l'Egypte, le Maroc, la Syrie et la Tunisie.
pour la formationde planificateurs,d'administrateurs Les pays européens, eux aussi s'intéressent
et d'inspecteurs de l'enseignementen Asie, ce centre de plus en plus à la planification de l'enseignement
étant actuellement organisé à N e w Delhi. et déploient dans ce domaine une activité crois-
Les pays d'Amérique latine et d'Asie ne sont évi- sante. L a Commission nationale française pour
demment pas les seuls où se fasse sentir la néces- l'Unesco a organisé, avec le concours de l'Unesco,
sité de développer l'enseignement. Il n'y a pas au un premier Colloque international sur la planifica-
monde un seul pays où les besoins de l'enseigne- tion de l'éducation. Dans ses rapports avec le dé-
ment soient pleinement satisfaits. veloppement économique et social ; à ce colloque,
L a Conférence générale de l'Unesco, lors de sa qui a eu lieu en décembre 1959, ont participé trente
onzième session,aautoriséleDirecteurgénéral,dans éducateurs, économistes et sociologues venus de
le cadre du programme extraordinaired'aide finan- toutes les parties du monde (voir Annexe II). Plus
cière au bénéfice des Etats africains,à aider ces pays récemment, en octobre 1961, l'Organisation de
à établir des plans et des estimations détaillés pour coopération et de développement économiques a
le développement de leurs systèmes d'enseignement. organisé à Washington, une "Conférence sur les
L a Conférence d'Etats africains sur le dévelop- politiques de croissance économique et d'investis-
pement de l'éducation en Afrique, organisée con- sement dans l'enseignement", qui a permis d'autre
jointement par l'Unesco et par la Commission éco- part d'étudier le Projet régional méditerranéen qui
nomique régionale des Nations Unies pour l'Afrique a pour but, rappelons-le, d'évaluer les besoins en
à Addis-Abéba, du 15 au 25 mai 1961, a nettement main-d'oeuvre par rapport au développement de
mis en lumière l'importance de la planification de l'éducation dans cette région. Plusieurs pays eu-
l'éducation c o m m e facteur du développement éco- ropéens organisent actuellement des cours natio-
nomique et social. Elle a formulé des recomman- naux de formation.
dations relatives aux différentes étapes du proces- Ces quelques exemples suffisent à montrer l'im-
sus de planification ainsi qu'à la création ou au portance croissante accordée dans le monde entier
renforcement de l'appareil administratif néces- à la planification générale de l'éducation et prouvent
saire à cet effet : service de la planification au quel'on reconnaît la grande utilité de cette tech-
sein du Ministère de l'éducation, commission de nique dans tous les pays,quelle que soit leur situa-
la main-d'oeuvre, service statistique. tion politique ou économique.

12
IV. PRINCIPES, M E T H O D E S ET T E C H N I Q U E S
DE LA PLANIFICATION GENERALE DE L'EDUCATION

ïi est pratiquement impossible et peut-être inutile Accès des deux sexes à l'éducation sur un pied
de donner, en ce qui concerne la méthode et les d'égalité ;
techniques de la planification de l'éducation, des Suppression de toute mesure discriminatoire fon-
normes détaillées valables pour tous les pays et dée sur la race, la couleur, le sexe, la langue,
dans tous les cas. D u moins peut-on relever cer- la religion, les opinions politiques ou autres, la
tains points essentiels. nationalité ou la classe sociale d'origine, la si-
Voici en quels termes le Stage d'études inter- tuation économique ou la naissance.
américain de 1958 a défini la planification géné- Les grands objectifs de la planification de l'éduca-
rale de l'éducation : "La planification générale de tion à long terme doivent notamment répondre aux
l'éducation est un processus continu et méthodique questions suivantes :
qui comporte l'application coordonnée des méthodes C o m m e n t conçoit-on le rôle de l'éducation dans le
de la recherche sociale et de principes et tech- développement culturel, social et économique
niques d'ordre pédagogique, administratif, écono- du pays ;
mique et financier, avec la participation et l'appui Dans quelle mesure l'enseignement répond-il, en
de l'opinion publique, sur le plan public c0mm.esur qualité et en quantité, aux besoins du pays dans
le plan privé, afin d'assurer à la population, en ce domaine ;
fonction d'objectifs gradués et nettement définis, Dans quelle mesure est-il possible d'effectuer des
une éducation permettant à chacun de réaliser ses modifications ou des améliorations (dans l'or-
possibilités et de contribuer plus efficacement au ganisation, le contenu et la méthode de l'ensei-
développement social, culturel et économique du gnement) de façon à répondre aux besoins du
pays". Les réunions régionales ou internationales pays en matière d'enseignement ;
qui se sont tenues ultérieurement ont employé des Quelles réformes ou modifications convient-il
termes sensiblement analogues. d'apporter à la législation actuelle de l'ensei-
gnement ;
Dans quelle mesure les secteurs publics et privés
ACTIVITES PRELIMINAIRES peuvent-ils financer.,une extension et une a m é -
lioration de l'enseignement qui permettent de
L'organisation des travaux de planification de répondre le mieux possible aux besoins du pays
l'éducation exige certaines activités préliminaires dans ce domaine ;
telles que les suivantes : Quelles modifications convient-il d'apporter à l'ad-
ministration de l'éducation afin de la rendre
plus efficace.
Fixation des grands objectifs de la planification E n vue de déterminer ces objectifs il sera fait appel :
à la compétence individuelle des éducateurs, phi-
Les lois et les constitutions des pays latino-amé- losophes, historiens, h o m m e s d'Etat, socio-
ricains stipulent que la responsabilité de l'éduca- logues et économistes ;
tion incombe 4 chaque nation ou Etat. E n consé- aux compétences collectives :recommandations
quence, chaque pays (ouchacune de ses subdivisions internationales, conclusions de congrès, stages
politiques) oriente, dirige et administre le dévelop- d'études et commissions ; annuaires ; principes
pement de l'éducation, tout en laissant souvent une culturels et religieux ; principes politiques ;
vaste marge de liberté à l'initiative privée. précédents juridiques ; enquêtes sur la situation
L a Déclaration universelle des droits de l'homme scolaire ;
énonce les objectifs pédagogiques que doit néces- à l'opinion publique (par le moyen d'enquêtes, de
sairement viser tout système d'enseignement bien la presse parlée et écrite, de commissions
conçu et bien orienté. Les aspects essentiels sui- d'étude, etc .)
vants méritent une attention particulière : à l'éducation comparée descriptive et explicative
Education pour la compréhension et la coopération des grands courants pédagogiques.
internationales ;

13
Rédaction d'un guide ou manuel de travail la continuité et l'efficacité de la planification, et
à l'usage du futur bureau ou service de faire en sorte que tous les secteurs de la so-
de planification ciété se solidarisent effectivement avec les objec-
tifs du plan qui sera finalement adopté.
C e manuel doit contenir : (a) les grands objectifs
de la planification de l'éducation fixés dans les Participation de l'opinion publique
conditions prévues ci-dessus ; (b)la structure dé-
taillée, les moyens d'action et les attributions du L a planification démocratique doit stimuler en
bureau créé à cet effet ; (c) le personnel et les outre l'initiative publique et privée, locale et ré-
moyens financiers nécessaires pour que le Bureau gionale, afin que les communautés locales et ré-
puisse remplir ses fonctions ; (d) les principes, gionales participent de plus en plus activement et
les méthodes et les techniques que l'on entend directement au développement de l'enseignement.
adopter. L e développement de l'éducation subit donc inévi-
tablement l'influence d'intérêts très divers mais
Organisation du bureau ou services techniques il est certain qu'un système d'enseignement ne
chargé de la planification de l'éducation saurait fonctionner dans un vide social et ne peut
à l'échelon national et à celui des se développer s'il ne s'inscrit en outre dans un
subdivisions politiques du pays vaste plan social. Ii est donc naturel et désirable
que les différents secteurs de la société s'inté-
A cet effet, il faudra tenir compte des aspects ressent à l'avenir de l'éducation. C'est pourquoi
suivants : il est impossible de résoudre les problèmes édu-
Disposition juridique fixant l'organisation intérieure catifs uniquement ex-cathedra ou dans les circu-
du service : structure, personnel et attributions ; laires administratives. Cependant les adminis-
Coordination organique et fonctionnelle du service trateurs de l'enseignement n'ont pas encore suf-
avec :le service national de planification écono- fisamment étudié ces forces sociales pour se
mique ; la commission ou le service d'étude des rendre compte de leur influence, des conséquences
ressources humaines ; le Ministère de l'éduca- d'une stratification sociale ou de l'importance de
tion ; les Secrétariats de l'éducation des subdi- certains éléments vitaux dans la tradition du pays.
visions politiques ; les autres services qui se D e tels problèmes sont peut être les plus impor-
consacrent à la planification dans des domaines tants en matière de développement social et donc
autres que l'éducation ; les organismes et insti- de solution plus difficile qu'il ne l'est d'énoncer
tutions, ainsi que les différents secteurs direc- les grands objectifs sociaux.
tement intéressés à l'éducation ; les représen- Il faut recourir à tous les moyens d'information
tants d'organismes internationaux ; etc. et de diffusion pour tenter de faire que l'homme de
Sélection et formation du personnel technique et ad- la rue soit bien averti de la politique adoptée en
ministratif requis aux fins de planification ; matière d'enseignement ; le succès et la durée
Rattachement ou annexion au service chargé de la des meilleurs plans sont à ce prix.
planification de différents services, dont notam- Pour faire participer l'opinion publique à l'éla-
ment les suivants : statistiques de l'enseigne- boration des plans, il est indispensable de divulguer
ment et enquêtes ; centres de documentation et des informations choisies touchant la situation,les
d'information ; orientation scolaire et profes- besoins et les objectifs du système d'enseignement
sionnelle ; recherche et orientation pédagogique ; il est en effet très courant que des malentendus
constructions scolaires ; organisation et m é - s'élèvent et que les individus considèrent avec
thodes de travail ; programme et budget ; quelque réserve les questions qu'ils ne comprennent
Installation matérielle des services : locaux ; pas.
mobilier ; matériel à faire figurer sur l'inven- Il est encore indispensable de faire participer
taire ; matériel à ne pas faire figurer surl'in- aux commissions spéciales de travail les repré-
ventaire ; services divers ; sentants de groupes et les personnalités qui exer-
Crédits budgétaires indispensables au bon fonction- cent une influence sur la politique et sur les réa-
nement du service. lisations de l'enseignement.
L'élaboration d'un plan n'est pas une tâche simple Il faut en outre procéder à des sondages d'opi-
et le plan m ê m e ne doit ni être le fruit des ré- nion publique sur les problèmes auxquels cette
flexions d'une seule personne, ni ressortir exclu- opinion serait particulièrement sensible.
sivement à un petit groupe. Pour que la planifica-
tion soit démocratique, il faut confier à des Localisation administrative
spécialistes la responsabilité technique de l'appli-
cation du plan sous le contrôle de 1'Etat et prévoir L a localisation administrative des bureaux ou ser-
de libres discussions et des sondages méthodiques vices de planification de l'éducation est un autre
de l'opinion publique au sujet de tous les aspects facteur décisif en ce qui concerne leur organisa-
de la planification ayant trait à la définition et à tion. L'une des conditions essentielles est queces
l'échelonnement des objectifs, à la critique des bureaux et services soient rattachés ou incorpo-
mesures proposées et à 1' élaboration de sugges- rés aux organismes qui devront plus tard exécuter
tions constructives.C'estlà le seulmoyen d'assurer les plans. Mais leur organisation doit surtout

14
assurer nettement leur coordination efficace avec branches de l'enseignement qui exercent à leur
le service national de planification économique et tour quelque fonction dans les organismes auxiliaires.
sociale, pour permettre l'intégration indispensable
du plan d'éducation dans le plan général de déve-
loppement du pays grâce à une collaboration qui C O N D I T I O N S ET A S P E C T S
devra être particulièrement étroite pendant les DE LA PLANIFICATION
phases d'étude et de fixation des priorités et modes
de financement, ainsi que durant l'exécution et L'analyse critique des pratiques fréquentes en m a -
l'évaluation du plan. tière de planification de l'éducation permet de mettre
U n bureau de planification de l'éducation doit en lumière les lacunes suivantes c o m m e étant les
donc être l'instrument qui coordonne tous les plus c o m m u n e s :élaboration des plans sans con-
moyens intérieurs et extérieurs à liënseignement naissance suffisante de la situation éducative , so-
grâce à l'élaboration des plans, et par l'entremise ciale et économique du pays ; subordination des
duquel l'éducation se rattache directement et étroi- plans aux intérêts de la propagande politique ;
tement aux plans de développement économique et plans élaborés sans consulter c o m m e il convient
social. Evidente est la nécessité d'une coordina- l'opinion publique ; disparité entre les objectifs
tion avec les autres organismes de planification proposés dans les plans et les ressources hu-
de l'éducation qui pourraient exister dans le pays maines et matérielles disponibles ; absence d'ins-
au sein de ses subdivisions politiques et, d'autre truments de contrôle et de rectification des plans
part, avec les organismes internationaux ou en cours d'exécution, etc.
régionaux.
Les principes régissant la pratique de la plani-
fication peuvent être Tésumés c o m m e suit : Conditions
L a planification est un processus continu qui exige
une organisation permanente ; Les conditions fondamentales de la planification
L a planification est un processus complexe qui de l'enseignement telies qu'elles ont été formu-
réclame la collaboration constante de spécia- lées en 1958 par le Stage d'études interaméricain
listes, d'organismes administratifs et d'insti- sont les suivantes :
tutions consultatives ; Authenticité, de façon qu'en aucun cas les intérêts
L a planification de l'éducation doit être intégrée de personne ou de groupe ne puissent prévaloir
avec la planification économique et sociale ; sur les fins essentielles de cette planification ;
L a planification de l'éducation doit utiliser l'assis- Application de la méthode scientifique à l'étude de
tance technique que le pays recevrait des orga- la situation de l'enseignement et des conditions
nismes internationaux ; culturelles, sociales et économiques du pays ;
L a participation publique à la planification de l'édu- Evaluation objective des besoins et des buts à at-
cation constitue pour le citoyen un devoir et un teindre à court terme, à moyen terme et à long
droit. terme ;
E n conséquence l'organisation de tels services Evaluation objective des ressources humaines et
doit : financières disponibles, afin d'assurer l'effi-
délimiter nettement les responsabilités et l'autorité ; cacité des.solutions propogées ;
établir une division du travail conforme aux objec- Continuité destinée à assurer une action métho-
tifs visés et grouper les travaux spécialisés au- dique au service des fins visées ;
tant qu'il conviendra ; Souplesse permettant d'adapter les plans à des si-
tracer simplement et efficacement la coordination tuations imprévues ou imprévisibles ;
horizontale et verticale en distinguant dans les Travail en équipe garantissant la conjugaison d'ef-
travaux différentes étapes et phases. forts efficaces et coordonnés ;
Il est encore fréquent que soient créées des c o m - Coordination des divers services de l'enseignement
missions spéciales chargées de planifier l'éduca- entre eux et avec les autres services de l'Etat,
tion au sens étroit de l'expression mais on voit à tous les niveaux de l'administration publique ;
s'imposer, du fait de leur utilité pratique, les bu- Evaluation périodique des plans et adaptation cons-
reaux permanents du type des centres de recherche tante de ces plans aux nouveaux besoins et aux
appliquée qui sont expressément consacrés à ce nouvelles circonstances.
rôle et dont la composition varie selon les possi-
bilités et les besoins de chaque pays. Ces orga-
nismes reçoivent des n o m s divers tels que bureaux, Eléments essentiels
départements, services, etc.
Dans le cadre général de l'administration de Les éléments essentiels sur lesquels doit porter
l'éducation, ces organismes se situent d'ordinaire la planification de l'enseignement sont les suivants :
à l'échelon supérieur d'une organisation linéaire, (a) Planification quantitative : étude de tous les
bien qu'on rencontre aussi des cas d'organisation problèmes que pose l'expansion de l'infra-
multiple et d'organisation décentralisée. Les bu- structure scolaire, à partir de tous les fac-
reaux comprennent eux-mêmes d'ordinaire un état- teurs pertinents d'ordre pédagogique, d é m o -
major de spécialistes des différents degrés et graphique, géographique, économique et social.

15
L a planification quantitative concerne donc, substantiellement différents qui subsistent encore.
parmi bien d'autres, les questions suivantes : Ainsi, par exemple, les étapes successives sont
population scolaire (inscriptions, abandons, parfois ramenées à trois : (i) élaboration du plan ;
certificats de fin d'études) ; recrutement d'en- (ii) exécution ; (iii)revision.
seignants et d'inspecteurs ; salles de classes E n pareil cas, le plan peut s'étendre soit à l'en-
et équipement des locaux (mobilier, labora- semble du problème éducatif, soit à l'un seulement
toires, etc.) de ses aspects particuliers. E n ce qui concerne la
Planification qualitative : détermination des connaissance de la situation de l'enseignement -
buts, du contenu et des méthodes de l'ensei- qui peut inclure ou ne pas inclure la situation so-
gnement, notamment : structure des systèmes -
ciale, économique, culturelle et politique un plan
d'enseignement, élaboration des programmes inductif et autoritaire est élaboré. C e m ê m e pro-
(par degré et par branche), formation du per- cédé est parfois adopté parce que les préposés à
sonnel enseignant, orientation pédagogique, la planification n'ont pas les moyens qu'exigerait
recherche pédagogique, manuels et autres un travail de coopération avec de vastes secteurs
auxiliaires de l'enseignement. officiels et privés. L e plan s'en tient à un certain
Administration de l'enseignement :adminis- nombre d'objectifs particuliers ou très généraux.
tration à l'échelon national, provincial et lo- L a rectification et l'évaluation ne peuvent se faire
-
cal ; direction et inspection des écoles ; ou ne présentent aucun intérêt. Pendant l'étape de
problèmes de personnel ; structures et m é - revision, on introduit de nouveaux objectifs, on
thodes administratives. revoit les précédents et l'on arrête le plan suivant.
Financement de l'enseignement, en fonctions Parmi ces exemples des nombreuses variantes
des besoins et des ressources : détermination possibles (et qui se produisent en pratique plus ou
des prix de revient, sources de financement, moins fréquemment), nous mentionnerons les plans
répartition des dépenses (dépenses renouve- qui peuvent être considérés c o m m e des sortes de
lables, et immobilisations) ; subventions et planification en raison de la continuité qu'ils im-
prêts. pliquent. S'il en allait autrement, nous aurions
Ainsi se trouvent réunis et classés les différents l'exemple courant de plans où manque la revision,
aspects des objectifs, du contenu et des moyens de c'est-à-dire des cas dans lesquels le plan initial
l'enseignement qui tous sont intimement liés et con- demeure tronqué n'étant ni continué ni amélioré
ditionnés en grande partie les uns par les autres. par d'autres plans ultérieurs. Tout aussi fréquents
Ceci permet une systématisation et une efficacité sont les plans improvisés par des individus bien
plus grande dans la division du travail et dans sa intentionnés, parfois m ê m e très capables et fort
coordination. cultivés, mais dont les efforts restent vains parce
qu'ils conçoivent leurs plans sans se fonder sur
une étude soigneuse de la situation réelle et sans
E T A P E S DE LA PLANIFICATION consulter les personnes et institutions compétentes
et bien informées en la matière.
L'Organisation des travaux de planification c o m - L a responsabilité primordiale de la détermina-
prend d'ordinaire un nombre déterminé d'étapes tion des étapes incombe au service technique char-
caractéristiques. Ces étapes marquent le rythme gé de la planification. L'organisation des travaux
et la méthode de travail afin d'ordonner et d'éche- de la première étape se fonde sur les considéra-
lonner les efforts. O n peut distinguer les étapes tions suivantes :
suivantes : 1. nature du plan que l'on voudrait élaborer
i. Elaboration du projet de plan et appliquer
ii. Consultations et adoption 2. grands objectifs visés
iii. Exécution et rectification 3. ressources disponibles en personnel, en maté-
iv. Evaluation et revision riel et en crédits
Ainsi une première étape groupe les activités pré- 4. temps disponible
liminaires et les différentes phases de l'élaboration 5. sources d'information
du projet de plan, tandis que la deuxième étape fait 6. méthode de travail adoptée
une place particulière aux consultations et à l'adop- 7. moyens de diffusion et de consultation
tion du projet. Par ailleurs, le groupement de l'exé- Pour déterminer le rythme que prendront les tra-
cution et de la rectification du plan met en valeur vaux au cours des différentes étapes, il est tenu
le caractère souple et dynamique que doit avsir compte des facteurs suivants :
le plan adopté. On procède enfin à l'évaluation glo- (a) objectifs particuliers à atteindre au cours de
bale des réalisations et des lacunes qui permettra l'étape considérée
d'élaborer un deuxième plan. (b) Durée approximative des travaux
Réduire l'étape (iii) aux travaux d'exécution se- (c) Personnel et matériel nécessaires
rait admettre qu'il convient d'appliquer le plan de (d) Méthodes et techniques de travail applicables
façon rigide et que la rectification est ainsi c o m -
prise dans la revision, à titre de conséquence des
imperfections relevées lors de l'évaluation.
Il importe cependant d'énoncer les critères
16
Elaboration du projet naturelles, des problèmes de développement éco-
nomique et de tous les autres facteurs qui exercent
Cette première étape des travaux de planification une influence vitale sur ses objectifs c o m m e sur
passe par les phases suivantes : ses moyens d'expansion et d'amélioration. D e plus,
(a) Organisation. L a nécessité urgente et constante l'administration de l'enseignement ne peut être en
d'une telle organisation se fait sentir de plus en désaccord avec l'action générale du Gouvernement.
plus clairement à mesure que l'on approfondit L a planification de l'éducation ne portera que des
les problèmes sociaux, économiques, politiques fruits utopiques si elle ignore ou interprète m a l
ou éducatifs. Cela est particulièrement vrai en ces faits et cette interdépendance, et si elle ne
Amérique latine. L a planification ne peut s'ef- tient pas dûment compte de ces forces, de ces
fectuer que grâce à une organisation appropriée. idéaux, de ces problèmes et de ces circonstances.
Il s'agit d'organiser l'expérience et d'organiser P a r ailleurs, si la planification économique et so-
le travail. Une telle organisation apparaît ciale ne fait pas entrer dans ses plans les prévi-
c o m m e nécessaire dès la première étape des sions relatives au développement de l'éducation et
travaux de planification et la plus grande atten- n'assure pas son financement en étroit accord avec
tion doit lui être accordée au cours de toutes les responsables de ce domaine, elle compromet
les étapes suivantes. ses propres possibilités de succès, ainsi que les
(b)Etude. Pour être bonne, toute planification doit espoirs les plus justes et les plus élémentaires
reposer sur les résultats de l'étude, mais cette de la société c o m m e des individus. Cette coordi-
étude doit elle-même être planifiée au préalable. nation est donc indispensable pour assurer, dans
A cet effet, il faut découvrir le genre d'infor- l'intérêt des deux parties, le meilleur échange
mation nécessaire et élaborer aussitôt un pro- possible d'informations et de conseils en vue d'abou-
g r a m m e propre à assurer l'utilisation la plus tir à l'élaboration de solutions concertées adap-
efficace de cette information.Toute étude se tées aux besoins à combler, aux ressources dis-
fait en tenant compte des nécessités présentes ponibles et aux objectifs c o m m u n s à atteindre.
et des grands objectifs visés. Inculquer aux L'instruction joue un rôle essentiel dans le dé-
responsables de la planification de l'éducation veloppement économique et social puisqu'elle est
ainsi qu'aux éducateurs et aux administrateurs à la fois facteur de production et article de consom-
de l'enseignement l'esprit de documentation ou mation. Son intervention dans le développement éco-
de recherche est en soi l'un des meilleurs moyens nomique est manifeste lorsqu'il s'agit d'obtenir du
de garantir le caractère positif des modifica- personnel qualifié ou de relever le niveau de vie.
tions apportées. Chaque fois plus évidente deviendra la rentabilité
(c) Coordination, c'est-à-dire ensemble de m e - des investissements consacrés à l'éducation, qu'il
sures visant à faire que tous les efforts tendent s'agisse non seulement de l'enseignement tech-
à la réalisation de certaines fins et que les nique ou professionnel, mais aussi et surtout de
moyens matériels soient employés au mieux, l'enseignement général. Il est certain que l'édu-
en vue d'obtenir un rendement optimum et cation est enfin sur le point d'être reconnue par
d'éviter les chevauchements. ïï doit y avoir les différentes écoles économiques c o m m e étant
coordination efficace des travaux accomplis un secteur essentiel ou une force génératrice de
avec les secteurs rattachés à l'enseignement l'économie. E n parlant de la valeur économique
et avec tous ceux qui, d'une façon ou d'une de l'éducation, il ne faut pas oublier 1' importance
autre, s'intéressent à la planification générale des effets qu'elle produit sur le développement so-
de l'éducation. C e principe reste valable pen- cial, le développement économique ayant beaucoup
dant les quatre étapes des travaux. plus de chances de succès dans une société natu-
Les différentes phases de la procédure de rellement et politiquement mûrie grâce à une bonne
planification au cours de cette étape peuvent formation.
se résumer ainsi : " Si tout ce qui précède est indiscutable, il faut
Etude de la situation sociale et économique affirmer tout aussi hautement le principe de l'in-
Etude de la situation de l'enseignement fluente réciproque entre l'école et la vie ; si, en
Determination des besoins et des problèmes de effet, le rôle actif de l'éducation est de plus en
l'enseignement et élaboration de solutions plus évident, on ne reconnaît pas toujours de la
possibles m ê m e façon son rôle passif et l'on passe souvent
Préparation du projet de plan général, avec l'in- sous silence l'influence que la société et les fac-
dication des objectifs à atteindre et des moyens teurs éconqmiques exercent sur l'éducation.
employés à cet effet E n étudiant la situation sociale et économique
d'un pays, on cherche à mieux comprendre ce
Etude de la sitiiation sociale et économiaue qu'est, dans la pratique, cette interaction et à ana-
lyser les possibilités qui s'offrent d'apporter dans
Il est actuellement impossible de concevoir un sys- les deux directions les solutions les meilleures.
tème d'enseignement détaché des problèmes de son
époque, des progrès de la science et de la tech-
nique, de la situation du travail, de l'étude des
ressources humaines, de l'étude des ressources

17
Aspects démographiques Aspects économiques

Ces données sont tirées du recensement et publiées P a r m i les données économiques qui intéressent
conformément aux classifications et tableaux spé- de plus près l'élaboration d'un plan d'éducation,
cialement recommandés à cet usage : il faut citer :
Pyramide de la population totale (d'année en année, Revenu national global et par habitant réparti
et au moins de 5 à 25 ans, et par sexe) entre les grands secteurs économiques.
Taux de croissance de la population (natalité et Recettes et dépenses publiques aux différents
mortalité) échelons de l'administration, par sources de
Projection de la population totale pour les cinq, recettes et types de dépenses.
dix ou vingt années à venir Indices des prix de consommation et autres in-
Projection de la population rurale et urbaine dices économiques.
Population économiquement active, par secteur Rythme d'accroissement de la production pour
d'activité et profession l'ensemble de l'économie, par grands secteurs
économiques et, si possible, par branches d'ac-
Aspects sociaux tivités.
Importance des investissements publics et privés,
P a r m i les facteurs sociaux qui interviennent dans pris globalement ainsi que par secteurs et
l'élaboration d'un plan d'éducation, il en est d'ordre branches.
structural et d'ordre culturel. Ressources humaines :pénurie ou excédent de
(a) Les facteurs sociaux d'ordre structural qui m é main-d'oeuvre et de personnel qualifiés ;besoins
ritent la plus grande attention sont les suivants : en personnel ou possibilités d'emploi par degré
Tendances générales de la structure socio-écono- d'enseignement.
mique d'où il résulte par exemple que certains Aux données qui précèdent s'ajoute l'étude des ob-
pays ayant atteint des degrés très différents de jectifs et du rythme d'application du plan national
développement économique adoptent des positions de développement économique et social, ainsi que
identiques face à certains problèmes. l'analyse de certaines études spéciales effectuées
Aspects morphologiques, y compris la structure aux fins de la planification économique et contenant
démographique (pyramides par âge, sexe, etc. ) peut-être des renseignements sur un grand nombre
et son écologie. des points précités.
Caractéristiques du système de stratification so- Une étroite coopération entre économistes, édu-
ciale (classes, castes, états). cateurs et sociologues est désirable et féconde
Groupes organisés ou groupes "de pression" exer- dans toutes les phases et étapes de la planifica-
çant une influence directe ou indirecte sur le tion, mais la présente étape est sans aucun doute
système d'enseignement, notamment :groupes l'une de celles où une telle collaborationest plus
culturels et religieux ; groupes économiques et nécessaire que jamais et doit être assurée au
sociaux ; groupes politiques ; groupes profes- moyen d'un échange de conseils, de points de vue
sionnels ; organisations, syndicats, associa- et d'informations afin que, le moment venu de for-
tions et sociétés, etc. muler des solutions, l'accord nécessaire se fasse
Structure comparée des établissements d'ensei- avec une facilité relative. Nous parlerons plus loin
gnement e u x - m ê m e s et de quelques autres de cette qùestion.
organisations.
(b) Les facteurs sociaux d'ordre culturel sont dé- Etude de la situation de l'enseignement
terminés par la disposition subjective d'individus,
de groupes et de sociétés qui donnent lieu à_dif- Dans les pays qui procèdent depuis quelque temps
férents systèmes de valeurs, fins collectives, à la planification de l'éducation cette étude se c o m -
images que la société se forme d'elle-même etc plète essentiellement grâce aux travaux d'évalua-
aspirations particulières. tion du plan précédent. Lorsqu'elle est effectuée
Il convient de noter particulièrement les suivants : pour la première fois, une telle étude présente
Facteur de réceptivité à l'éducation ; éléments qui une grande valeur en soi, car ses résultats sont
entravent ou facilitent l'acceptation d'un nouveau ' d'ordinaire si révélateurs qu'ils suffisent à pro-
système d'enseignement . voquer bien des améliorations et modifications
Facteurs relatifs aux problèmes de structure envi- indispensables, lorsqu'ils montrent par exemple
sagés du point de vue culturel, et notamment la des faits tels que les suivants :grave chevauche-
mobilité sociale. ment des responsabilités administratives, répar-
Facteurs nés de l'unité ou de la variété culturelle . tition illogique des crédits budgétaires, localisa-
tion arbitraire des établissements d'enseignement, '
Facteurs résultant du type de société que l'on as-
pire à édifier (sociétés libérales, totalitaires, insuffisance numérique et qualitative du personnel
pluralistes, etc. ) enseignant, forte désertion scolaire, etc. Mais
Facteurs divers ( â m e du peuple, folklore, cou- cette étude est de plus indispensable avant de pou-
tumes, etc.) voir déterminer l'ensemble des besoins éducatifs,
Facteurs résultant de l'attitude adoptée touchant qui ressortent de la différence entre la situation
l'accès des f e m m e s à l'éducation. réelle et les objectifs à longue échéance.

18
L'étude porte sur les quatre aspects énoncés monde" où l'Unesco donne les résultats de son en-
plus haut et qui sont d'ordre qualitatif, quantitatif, quête mondiale sur l'enseignement et présente la
administratif et financier. situation par pays.
Les renseignements d'ordre qualitatif et quan-
titatif sont obtenus à l'aide de statistiques et d'en- Détermination des besoins et des problèmes
quêtes, et tirés d'une analyse de la documentation,
de la législation relative à l'enseignement, des L a détermination des besoins et des problèmes
plans et programmes d'études, etc. ils doivent d'ordre qualitatif, quantitatif, administratif et
porter au moins sur les questions suivantes : financier qui appellent des mesures à court terme,
Objectifs et résultats de l'enseignement ; à moyen terme et à long terme est la conséquence
Structure du système d'enseignement ; des études mentionnées dans les précédents ali-
Plans et programmes d'études par niveaux et néas (pages 17 et 18) et doit tenir compte des grands
branches d'enseignement ; objectifs préalablement fixés à la planification.
Techniques pédagogiques ;
Administration de l'enseignement national, régio- Problèmes qualitatifs
nal et local ;
Inspection et administration scolaires ; Les problèmes qualitatifs, qui concernent notam-
Personnel enseignant, administratif et de service ; ment le contenu et les méthodes de l'enseignement,
Population scolaire relevant du système d'ensei- sont considérés dans la planification afin d'obte-
gnement et de l'éducation des adultes (effectif, nir des améliorations sur ces points. Il est essen-
redoublement, désertion, diplômés, élèves tiel que participe à l'étude de ces problèmes ce
anormaux, etc.) ; que l'on pourrait appeler l'opinion professionnelle
Locaux scolaires ; (éducateurs,philosophes et spécialistes de l'édu-
Ressources matérielles de l'enseignement, y c o m - cation comparée, instituts de recherche pédago-
pris les manuels, l'équipement, le mobilier et gique et associations de la profession enseignante).
les auxiliaires audio-visuels ; L'une des méthodes les mieux adaptées à cet ef-
Etablissements d'enseignement ; fet consiste à organiser des comités de travail
Financement de l'enseignement :dépenses, sources spécialisés pour chacun des grands problèmes qui
de financement, répartition des dépenses. se posent aux différents degrés de l'enseignement
Les services de statistique de l'enseignement et (plans et programmes d'études ; méthodes d'en-
les centres de documentation et d'information jouent seignement ; manuels ; recherches pédagogiques ;
dans cette étape des travauxun rôle décisif qui con- direction). Les problèmes c o m m u n s à tous les de-
siste à recueillir ces données aux différentes grés de l'enseignement, tels que ceux qui con-
sources et à les classer conformément aux normes cernent la structure et les interrelations du sys-
internationales établies pour en assurer la compa- t è m e d'enseignement, doivent faire l'objet d'une
rabilité. Une fois les données classées, il est né- étude confiée à une commission composée des plus
cessaire de les reviser pour en vérifier l'exacti- éminents spécialistes des commissions précitées.
tude en fonction non seulement de leurs sources L'éducation comparée est l'un des instruments de
respectives, mais encore de la méthode suivle travail les plus utiles pour enrichir l'expérience
pour les obtenir. On analyse et détermine ensuite et suggérer de nouvelles solutions possibles.
les faits pour rédiger le rapport et dift'user les ré-
sultats obtenus, en ménageant toujours la possibi- Problèmes quantitatifs
lité d'étoffer et de rectifier périodiquement ces
données par la suite. Les problèmes quantitatifs sont traités par les
E n 'ce qui concerne cette phase d'étude de la si- méthodes statistiques ; on applique au calcul des
tuation de l'enseignement, Fz importe d'insister projections à long terme la méthode des détermi-
de nouveau sur la nécessité de donner à la planifi- nations globales par extrapolation de valeurs, en
cation le caractère générai dont nous avons déjà se fondant essentiellement sur les données d é m o -
parlé, et de souligner le fait que toutes ces études graphiques, les données relatives à la population
et travaux doivent porter non seulement sur le sys- scolaire et les modules ou normes de proportions
t è m e scolaire, mais encore sur l'éducation des établis pour chaque pays (nombre d'élèves par
adultes et la formation professionnelle, sans quoi maître ; classe ; élèves ; nombre de maîtres par
on n'obtiendrait qu'un tableau incomplet et insuffi- directeur ; coût de l'enseignement par élève dans
sant pour l'élaboration du plan. chaque degré et branche ;coût, par unité, de la
L e recours aux enquêtes et aux statistiques de formation des maîtres, des directeurs, des admi-
l'enseignement s'est considérablement répandu nistrateurs ; coût du matériel par élève, etc. ).
dans les temps derniers. D e grands progrès ont
été accomplis au cours des dernières années en Méthode de prévision des besoins
ce qui touche les normes des statistiques de l'en-
seignement et les techniques de rassemblement et L'une des méthodes de calcul que l'on peut adop-
d'utilisation des données. Sur le plan internatio- ter est la suivante :
nal, un effort qui mérite particulièrement d'être (a) Prévision relative à la population globale pen-
signalé est la publication "L'éducation dans le dant les dix ou vingt années suivantes. P a r
19
interpolation logarithmique, on calcule ensuite sur lalocalisation,les édifices,les normes, etc.
la population par année. (e) Prévision relative au coût du plan. Dans le
(b) Prévision relative au nombre d'enfants, de coût du plan il faut distinguer :(i)les dépenses
jeunes gens et d'adultes à instruire. C e calcul renouvelables et (ii)les immobilisations.
doit tenir compte des facteurs suivants : (i)du- (i) Dépenses renouvelables : la méthode la
rée totale de la scolarité ; (ii) rapport entre la plus pratique pour prévoir les dépenses re-
population globale et la population scolaire ; nouvelables consiste à déterminer le coût par
(iii)nombre réel de places à offrir dans les élève et à le multiplier par l'effectif global
établissements d'enseignement ; (iv) effectif prévu pour chaque degré et branche de l'en-
actuel réel ; (v)taux moyen d'accroissement seignement.
annuel des effectifs. L e coût par élève est fonction du traite-
E n se fondant sur les calculs précédents, on déter- ment du personnel enseignant, du nombre
mine le nombre d'enfants, de jeunes gens et d'élèves par maître et des dépenses faites à
d'adultes qu'il faudra instruire pendant la durée d'autres titres (amortissement et entretien
d'exécution du plan et à long terme (dix ou vingt des locaux et du matériel scolaire, services
ans, par exemple). sociaux et sanitaires, etc .).
(c) prévision relative aux besoins en personnel A ces frais s'ajoutent les dépenses renou-
enseignant, directeur et administratif. Les velables d'administration et de direction, ain-
données relatives au personnel enseignant se si que celles concernant la formation de per-
calculent en fonction de modules concernant sonnel enseignant. L e prix de revient de la
le nombre d'élèves par maître dans chaque formation d'un maître dans les différents de-
degré et branche de l'enseignement. A la si- grés de l'enseignement se calcule en fonction
tuation du moment, qui exige d'ordinaire des traitements des professeurs d'écoles nor-
l'étude d'une nouvelle répartition plus ration- males, du nombre d'élèves par professeur
nelle, on ajoute le taux d'augmentation néces- d'école normale, des locaux, du matériel, etc.
saire pour faire face à l'accroissement prévi- (ii) Immobilisations. Dans le calcul des
sible de l'effectif. immobilisations entrent : (a) les bâtiments
Il faut d'autre part calculer combien d'en- scolaires (nouveauxbâtiments, agrandisse-
seignants seront indispensables pour rempla- ments, améliorations) et (b) le matériel ( m a -
cer ceux qui se retirent librement ou non du chines, mobilier, moyens auxiliaires).
service pour différentes raisons. Tous les calculs de dépenses s'effectuent
E n fonction des enseignants jugés néces- en fonction de l'indice des frais au m o m e n t
saires au total, on calcule le nombre addition- oh le plan est élaboré et doivent donc être re-
nel de professeurs d'écoles normales indis- visés périodiquement en fonction des varia-
pensables pour appliquer le programme. A tions des prix, traitements, etc.
cet effet, on calcule le nombre d'élèves qu'il
faudrait pouvoir inscrire dans les écoles nor- Calcul des besoins globaux en main-d'oeuvre
males, compte tenu des modules concernant et en personnel qualifié
le nombre d'élèves par maître, des possibi-
lités qu'offrent les programmes de formation L a prévision des besoins globaux en main-d'oeuvre
des mafires non qualifiés en cours d'emploi et et en personnel qualifié est l'un des principaux
des besoins totaux en personnel enseignant dé- aspects de cette étape de la planification. Elle
termines de la façon indiquée à l'alinéa (b) qui permet que le projet corresponde aux besoins et
précède. aux possibilités réels du développement écono-
L e nombre des directeurs et administra- mique, de manière à mieux orienter les réformes
teurs nécessaires est calculé en fonction de de structure et les programmes d'enseignement
modules concernant le rapport numérique op- et à déterminer l'ordre de priorité des activités.
t i m u m entre le personnel enseignant et le per- A cet effet on procède c o m m e suit :
sonnel de direction ou le personnel administra- (i) Prévision par extrapolation des besoins en
tif selon le cas. main-d'oeuvre et en personnel qualifié, si
(d) Prévision touchant les besoins matériels du possible pour les dix ou vingt années sui-
plan. Une fois examinés les besoins qu'entrahe vantes au moins. Ces prévisions sont clas-
le plan en ce qui touche le personnel, on étudie sées par profession et par niveau d'instruc-
les besoins d'ordre matériel, qui comprennent : tion nécessaire dans chaque cas.
(i) bâtiments scolaires et autres établissements (ii) Prévision du nombre de futurs diplômés,par
d'enseignement; (ii) matériel scolaire y c o m - année et selon le degré d'enseignement d'où
pris les meubles et les auxiliaires de l'ensei- ils procéderont, y compris les instituteurs
gnement ; enfin (iii)les manuels. et professeurs diplômés.
Il serait trop long d'énumérer ici la m é - (iii)Analyse des possibilités de formation accé-
thode suivie dans chaque cas pour calculer les lérée et extraordinaire (formation et perfec-
besoins matériels. Il suffit de dire qu'il existe tionnement en cours d'emploi).
déjà en matière de planification des construc- (iv) Evaluation, en fonction des calculs dont traitent
tions scolaires des méthodes avancées portant les alinéas i), ii) et iii), de l'augmentation

20
d'effectifs qui serait nécessaire à long terme dans le cadre des fins générales à long terme. L e
par niveau et branche de l'enseignement. plan indique, en outre, les moyens administratifs
et financiers indispensablesen vue de son application.
Présentation des résultats
Priorités
Une fois déterminés, ces problèmes et ces besoins
sont classés : Les resmurces tant économiques qu'humaines sont
d'après les éléments du système d'enseignement limitées, mais le développement économique a
auxquels ils se rapportent ; d'impérieuses exigences ; aussi doit-on fixer à
selon qu'ils appellent des mesures à court terme, l'intérieur de chaque chapitre ou programme du
à moyen terme ou à long terme ; projet de plan, des priorités permettant d'en éche-
d'après leur ordre de priorité ou d'urgence (prio- lonner l'application en fonction des crédits qui lui
rités pédagogiques). sont finalement ouverts. Les priorités de finance-
L'exposé de chaque problème doit montrer : ment représentent la façon la plus simple et peut-
les principales raisons pour lesquelles il est jugé être la plus objective d'envisager l'éducation dans
indispensable de modifier la situation ; ses rapports avec le développement général. Deux
les différentes solutions possibles ; grands prbblèmes se posent, à savoir : (1) Quelle
les expériences ou les études à effectuer avant proportion du revenu national doit-on et peut-on
l'adoption de ces solutions. consacrer à l'éducation, compte tenu du fait que
L1 faut construire la pyramide du système d'ensei- cette proportion varie actuellement de 1 à 7 % se-
gnement auquel on souhaite aboutir à long terme, lon les pays ; (2) comment répartir le budget des-
en la calculant d'après la durée de la scolarité à tiné à l'éducation entre les différents niveaux et
chaque degré de l'enseignement, les taux de pas- branches d'enseignement ?
sage d'un niveau à l'autre de l'enseignement, enfin L a décision finale touchant la proportion du re-
la répartition proportionnelle par branches venu national allouée à l'éducation est générale-
d'enseignement. ment de caractère politique et repose sur les dif-
férentes recommandations des planificateurs de
Elaboration du projet l'économie et de l'éducation, auxquels il appar-
tient d'exposer les solutions les plus convenables
L e projet de plan résulte des phases précédentes et les plus rentables sur le plan économique et so-
des travaux. Son canevas peut se résumer ainsi : cial, ainsi que les incompatibilités et les réper-
(i) introduction concernant les précédents du plan cussions des solutions éventuelles sur l'ensemble
et la méthode adoptée ; des objectifs du plan national de développement.
(ii) Exposé des fins générales et de la politique Affecter une priorité relative aux différents
éducative du gouvernement ; niveaux et branches de l'enseignement est peut-
(iÜ)Exposédes objectifs plus précis, assorti d'indi- être le principal problème qui se pose aux
cations quantitatives pour chaque niveau et planificateurs.
branche de l'enseignement, et des critères A cet égard, il est curieux de parcourir l'his-
devant servir à l'évaluation future ; toire de l'éducation. L'éducation fut pendant long-
(iv) Exposé sur les aspects du plan d'éducation qui temps le privilège et la charge exclusive de la fa-
s'intègrent dans le plan de développement éco- mille puis, plus tard, des ordres religieux et des
nomique et social ; communautés. A u moyen âge apparaissent les
(v) Exposé détaillé des projets, programmes et grands collèges et universités qui exercent leur
activités prévus, précédé d'un bref résumé influence et leur direction sur tout le systèmed'en-
de la situation actuelle et des besoins à long seignement de leur époque. A ce moment, l'Uni-
terme, avec indication touchant les crédits versité mérite une indiscutable priorité conforme
budgétaires nécessaires; à la société d'élites et de classes qu'était celle de
(vi) Exposé des méthodes et des moyens grâce aux- ce temps.
quels on se propose d'appliquer le plan, avec Les revendications démocratiques jointes à l'in-
indications concernant les méthodes et les ins- tervention croissante de 1'Etat déterminent plus
truments de contrôle et de rectification. tard une extension vertigineuse de l'enseignement
Dans cette étape d'élaboration du projet, ceux qui primaire qui aboutit à la proclamation de l'ensei-
sont chargés de la planification de l'éducation gnement primaire universel, gratuit et obligatoire
doivent travailler en véritable équipe avec ceux dans les constitutions et la législation de la plupart
qui ont la responsabilité de la planification écono- des peuples. L'enseignement primaire, ainsi char-
mique, afin de discuter le projet en détail et de gé d'étendre les avantages de l'instruction, con-
façon systématique jusqu'à parvenir à un accord ditionne et influence dans une large mesure toute
touchant les priorités à accorder avant de fixer les la structure de l'enseignement.
crédits d o u é s au plan d'éducation. L e projet de Cependant, à mesure que la science progresse
plan comprend l'exposé d'une politique de l'éduca- et que la technique se développe pour relever le
tion. à quoi s'ajoutent un programme et un budget niveau de vie ou à des fins guerrières, l'enseigne-
visant à atteindre, à court et à moyen terme, ment technique et professionnel prend rapidement
quelques objectifs précis du système d'éducation, de l'importance et devient la branche choyée et
21
préférée des économistes et h o m m e s d'Etat. L e national, cette diffusion doit parfois être éten-
développement économique exige toutefois des due tant à d'autres pays qu'aux organisations
titres chaque jour plus élevés et plus nombreux, internationales compétentes pour bénéficier
garants d'une bonne culture générale, car on a be- d'autant de critiques que possible et de l'ap-
soin d'une main-d'oeuvre et d'un personnel quali- pui économique et moral qui leur serait demandé.
fié capables de s'adapter et de changer facilement Une fois terminés les travaux techniques
de spécialité. Il est curieux de voir comment l'en- qu'exige l'élaboration du projet de plan, la
seignement du second degré prend ainsi une impor- participation du public prend toute sa valeur
tance croissante, non seulement en ce qui concerne mais ne peut être obtenue que si les objectifs
les études classiques nécessaires pour entrer à du plan sont largement diffusés.
l'Université, mais aussi pour dispenser une for- (b) Participation du public. Les plans ont pour
mation générale et polyvalente permettant aux in- objet des améliorations sociales qui exigent
dividus de s'adapter à une situation changeante et la compréhension, l'appui, l'intérêt et l'ac-
de remplir les innombrables fonctions nécessaires ceptation du public. L'indifférence peut ré-
aux échelons intermédiaires. C'est là une consé- sulter du manque de préparation de grands
quence directe de la prise de conscience de ce secteurs du pays, de leur insuffisante forma-
qu'une nation moderne a besoin de techniciens hau- tion culturelle,des intérêts créés ou du manque
tement qualifiés, mais aussi de citoyens cultivés de compréhension des problèmes et de l'im-
au sens le plus large du terme. O n comprend, dans portance de l'éducation. A u cours de cette
ces conditions, 1' "explosion" actuelle de l'ensei- deuxième étape de la planification, il importe
gnement du second degré dans les systèmes d'étudier ces questions et de les mettre en
d'enseignement. valeur. L a diffusion d'un plan doit s'accom-
Enfin, une autre branche de l'enseignement qui -
pagner d'une publicité intelligente et instruc
a reçu à son tour une attention particulière est tive. Il faut concevoir et organiser des sys-
l'éducation des adultes, dont l'objet est d'intégrer tèmes de participation publique tels que les
dans la vie économique et sociale du pays les suivants : stages nationaux, réunions, confé-
énormes masses d'adultes analphabètes existant rences,comités, etc. tant sur le plan national
encore et dont beaucoup sont des analphabètes que dans les subdivisions politiques, les c o m -
fonctionnels pour qui le lendemain est un problème munautés et les établissements d'enseignement.
essentiel à résoudre d'urgence. Avant de mettre un plan en action, il faut s'ef-
Cet exposé schématique de certaines des vicis- forcer d'obtenir la coopération du public en
situdes par lesquelles ont passé au cours des ménageant ses droits et en fixant ses devoirs.
temps les différents niveaux et branches d'ensei- (c) Législation. L a deuxième étape de la planifi-
gnement nous amène à conclure qu'un progrès évi- cation a pour objet de jeter les bases d'exé-
dent s'acmmplit heureusement peu à peu :le sys- cution du plan ; sur le plan administratif le
tème d'enseignement est devenu un tout inséparable point décisif est donc la législation, qui four-
dont les divers éléments doivent être développés nit la base légale et juridique des futures réa-
harmonieusement. L a véritable question qui se lisations envisagées. L a législation néces-
pose lorsqu'il s'agit de fixer des priorités est de saire comprend les lois suivantes :Lois sur
savoir quel point doit faire-l'objet d'une attention les méthodes et les moyens de planification ;
particulière et quel échelonnement des efforts con- Lois relatives au plan et à son exécution ;
vient le mieux dans le cadre de chaque élément.ïi Lois concernant la méthode et les moyens de
ne saurait s'agir d'établir des priorités absolues : rectification et d'évaluation.
la vérité est qu'il n'existe aucune règle générale ; L e processus d'adoption peut se résumer c o m m e
les solutions dépendent des circonstances et la suit :
décision ultime est toujours de caractère politique. 1. Diffusion aux fins d'adoption ;
L a seule chose certaine est que l'éducationn'ad- 2. Moyens d'adoption :
met aucun substitut ; c'est pourquoi une instruc- (a) Participation et appui du public
tion primaire de courte durée, par exemple, est (b) Financement du plan
un effort stérile, le plus souvent perdu en quelques (c)Revision des lois qui entrent en conflit
années, et représente donc un gaspillage de res- avec les objectifs du plan
sources humaines et financières. (d) Rajustements ministériels organiques
indispensables à l'application du plan ;
Consultations et adoption du projet de plan (e) Formation du personnel nécessaire à
l'exécution du plan
Les particularités qui méritent d'être soulignées 3. Adoption définitive :
dans la deuxième étape proposée sont les suivantes : (a) Consultation des autorités nationales et
(a) Diffusion. Pour être mis à profit, compris et internationales
accepté, le projet de plan doit être diffusé (b) Consultation des organismes officiels
aussi largement que possible. A cet effet, il (c) Consultation de personnalit és, d'associa-
convient d'utiliser les moyens d'information tions privées, de groupements représen-
les plus divers et les plus efficaces. Loin de tifs et de la presse
toujours pouvoir être limitée au territoire (d) Loi portant adoption du plan.

22
Exécution et rectification du plan 4. Revision périodique des solutions en vue de
les adapter a u situations changeantes et aux
L'exécution ou la mise en pratique d'un plan est impondérables.
une étape de la planification aussi dynamique que 5. Contrôle de l'application du plan :
toutes les autres. L a responsabilité principale de (a) Visa d'exécution préalable du Bureau de
cette exécution incombe certes aux administra- planification en ce qui concerne les nou-
teurs proprement dits de l'enseignement, mais velles activités
les planificateurs ont aussi un rôle à jouer dans (b) Contrôle des investissements
cette étape, dont les carqctéristiques sont les (c) Orientation pédagogique
suivantes : (d) Direction administrative
(a) Contrôle. Une fois arrêté le détail des m e - (e)Etats d'avancement des travaux : rapports
sures concrètes à prendre, il appartient aux trimestriels et annuels
services de planification de contrôler les réa-
lisations ou les investissements,ainsi que les Evaluation du plan et nouvelle planification
méthodes de travail ; autrement, leur respon- de celui qui suivra
sabilité ne pourra être engagée dans le plus
ou moins grand succès du plan. C e contrôle Dans cette quatrième phase, le plan atteint son
se fait en coordination avec les services ad- point culminant et est évalué de manière à per-
ministratifs grâce à des conseils techniques mettre l'exploitation de ses résultats. Grâce à
et à une surveillance constante des travaux, cette &a+, le pian ultérieur pourra être plus ef-
tous points que doit expressément stipuler la ficace, plus complet et plus objectif. Les carac-
législation relative à la méthode et aux moyens téristiquesde la quatrième étape sont les suivantes :
de Planification. (a) Critères d'évaluation. Pour ne pas être arbi-
(b) Rythme des réalisations et rectifications .Dans traire l'évaluation doit s'opérer en fonction
la troisième étape, les réalisations et les rec- de criteres établis lors de l'adoption du plan.
tifications éventuelles sont effectuées selon le E n d'autres termes, les résultats sont éva-
rythme prévu au programme de travail et bud- lués par rapport aux prévisions ou aux objec-
get. Ces programmes sont annuels (année ci- tifs visés et non pas seulement d'après le vo-
vile ou exercice financier) et se subdivisent lume ou la qualité des résultats finalement
en tranches de travaux mensuelles, trimes- acquis. Par rapport aux plans de caractère
trielles ou semestrielles, qui facilitent la coor- exclusivement politique où toute modification
dination et le contrôle des opérations. L a pla- est tenue pour un signe d'échec, la planifica-
nification, considérée c o m m e attitude ou c o m m e tion présente notamment cette grande supé-
politique, continue ainsi d'inspirer toutes les riorité que la rectification et l'assouplisse-
activitéscomprises dans les différentes étapes. ment y sont jugés normaux et ne constituent
O n acoutume de désigner les plans par le nullement une preuve d'insuccès. L'évalua-
nombre d'années prévues pour leur durée. tion détermine les parties du plan qui n'ont
Bien qu'il soit bon d'éviter des plans de trop pas donné de résultats satisfaisants et les
courte durée, ceux de très longue durée ne modifications qui pourraient leur être appor-
sont pas moins dangereux car ils augmentent tées. L'évaluation peut être annuelle, mais
les probabilités d'erreur dans les prévisions. une évaluation globale des résultats doit avoir
Les impondérables se multiplient avec le temps, lieu à la fin de chaque plan.
surtout dans une civilisation aussi rapidement (b) Continuité, Nous rendons par "continuité" une
changeante que la nôtre, expression anglaise (follow up) dont le sens
Les attributions des services-deplanification au est plus particulier. Cette activité entre dans
cours de l'exécution du plan se résument ainsi : les attributions ordinaires du service de pla-
1. Expérimentation préalable par les moyens nification et oblige à faire régner constam-
suivants : ment parmi les collaborateurs une m ê m e
(a)Etablissements d'enseignement piiotes ardeur autravail et une égale disposition d'es-
(b) Plans-pilotes d'éducation à l'échelon prit. S'il en allait autrement, la routine quo-
régional tidienne pourrait tempérer l'enthousiasme du
(c) Réalisations modèles personnel et tiédir son dévouement à la tâche
2. P r o g r a m m e de réalisations entreprise. P a r continuité ou follow up, ilfaut
(a) Calendrier des réalisations annuelles entendre le maintien d'une m ê m e atmosphère
(b)Plan d'investissement annuel, biennal ou de travail au cours de toutes les étapes et plus
à long terme particulièrement au cours de la quatrième,
(c) P r o g r a m m e de travail mensuel, semes- qui marque le passage au plan suivant. C e
triel et annuel terme signifie encore le maintien du rythme
3. Conseils touchant l'application du plan : de travail, de l'organisation du service, enfin
(a) Conseils techniques par les différents de la coordination interne et externe.
spécialistes (c) Nouveaux objectifs. L a nouvelle planification
(b) Conseils des services rattachés au Bureau consiste à fixer, en fonction des résultats éva-
de planification lués du plan précédent, de nouveaux objectifs

23
à atteindre dans un nouveau délai par la m ê m e (e) Service d'orientation scolaire et profes-
méthode de travail. Aucun plan n'est parfait, sionnelle
ni ne peut prétendre résoudre tous les pro- (f) Service d'architecture scolaire
blèmes. Planifier à nouveau signifie corriger (g) Service de statistique
les défauts antérieurs et fixer de nouveaux ob- (h) Service de l'organisation et des méthodes
jectifs qui amplifient les fins initiales ou dé- (Oet M)
veloppent plus concrètement certaines d'entre 3. Coopération internationale
elles. L a nouvelle planification est la meil- (a) Echanges d'information et d'expérience
leure garantie de continuité et d'objectivité. entre les différents pays
Toute administration publique constructive a (b)Evaluation des résultats nationaux par des
besoin de nouvelles planifications. organismes internationaux
L'évaluation des résultats comprend les opérations (c) Revision et perfectionnement des méthodes
suivantes : et techniques de planification générale de
1. Bilan des résultats établi par les moyens ci- l'éducation au moyen de réunions inter-
après : nationales
(a) Statistiques (d) Formation et perfectionnement de spécia-
(b) Enquêtes annuelles listes de la planification et des domaines
(c)Rapports connexes.
(d)Etude de la législation adoptée aux fins E n fonction des résultats de l'évaluation, il est
d'application du plan procédé à une nouvelle planification qui comprend
2. Revision des résultats par les moyens qui les activités suivantes :
suivent : (a) Révision des grands objectifs initiaux de la
(a)Etablissements-pilotes planification de l'éducation
(b) Plan régional pilote (b) Elaboration du plan d'éducation suivant étalé
(c) Centre d'orientation pédagogique sur un nombre déterminé d'années, pour faire
(d) Centre de documentation et d'information suite au premier et atteindre par de nouveaux
moyens de nouveaux objectifs précis.

24
V. LA FORMATION DE SPECIALISTES
EN MATIERE DE PLANIFICATION DE L'EDUCATION

Pour atteindre les objectifs de la planification gé- et à long terme. Ki faudra par exemple des spécia-
nérale de l'éducation, il est indispensable que les listes des statistiques de l'enseignement, de la do-
préposés aient les connaissances voulues en ce cumentation et de l'information pédagogiques, de
qui concerne les méthodes et les techniques de la la recherche pédagogique, des constructions sco-
planification et notamment dans les domaines laires, de la formation des directeurs et du per-
suivants : sonnel enseignant, etc., ainsi que des spécia-
Développement économique et social :théorie et listes des différents niveaux et branches de
pratique du développement économique et social ; l'enseignement.
notamment, relations mutuelies et interaction Ll faudra donc nécessairement établir une dis-
entre l'éducation et le développement économique tinction entre programmes destinés à former,
et social. Principes et méthodes de coordination d'une part, des dirigeants et, d'autre part, du
des efforts visant à intégrer le développement personnel des services auxiliaires.
de l'éducation dans celui de la vie économique Les programmes de formation des dirigeants
et sociale du pays en cause. de la planification de l'éducation peuvent s'inspi-
Education :besoins, problèmes et solutions pos- rer des programmes pour diplômés, qu'il s'agisse
sibles conseillables pour l'ensemble du système de formation en cours d'emploi ou de formation
d'éducation et pour chacun des niveaux et branches préalable des futurs préposés. Les programmes
de l'enseignement dans le pays intéressé portant de formation en cours d'emploi doivent être de
à la fois sur les aspects quantitatifs et qualitatifs courte durée et spécialement organisés ; ce se-
ou proprement pédagogiques. ront, par exemple, des cours de un à trois mois,
Administration et finances :Principes et techniques des stages d'études ou des colloques sur diffé-
modernes d'administration publique comprenant rents sujets concrets ; des cours rapides sur dif-
les problèmes (a) de structure, (b) de personnel, férents aspects et différentes méthodes bien
(c) de méthodes. D e plus, il est bon de connaître déterminés .
à fond certaines techniques auxiliaires propres Pour la formation préalable des futurs direc-
à l'organisation scientifique du travail, telies teurs, il convient d'organiser des cours systéma-
que celles d'O et M (organisation et méthodes), tiques d'une année au m i n i m u m groupant diffé-
de la dynamique de groupe, etc. rentes disciplines que les élèves peuvent suivre
Les connaissances relatives au financement de dans une université ou des institutions spéciali-
l'éducation doivent comprendre les points suivants : sées. Les disciplines choisies doivent englober
techniques d'établissement des programmes et bud- les trois domaines décrits sous la rubrique "con-
gets ; analyse budgétaire ; rationalisation des prix tenu'', c'est-à-dire :éducation, administration et
de revient ; crédits internes et externes au service développement économique et social.L e programme
de l'éuucation. doit en outre prévoir une série de travaux pratiques.
Toute planification exige un personnel de direc- Les spécialistes requis pour les différents tra-
tion doté d'une vue d'ensemble, de grandes c o m - vaux que comprend la planification sont formés
pétences administratives, d'une bonne connais- dans les cours ordinaires d'institutions créées
sance de disciplines très diverses et d'une aptitude dans de nombreux pays. L'Unesco a aussi fait
à prendre des décisions. Dans le cas particulier l'expérience de cours régionaux organisés sur
de la planification de l'éducation, il est vivement les thèmes suivants :la statistique de l'enseigne-
souhaitable que le personnel de direction ait été ment au service de la planification ; les centres
préalablement mêlé à des activités pédagogiques de documentation pédagogique ; la planification
ainsi qu'à l'administration de l'enseignement. des constructions scolaires ; les directeurs
Outre le personnel de direction, il faut envisa- d'écoles ; les plans et les programmes, etc.
ger la collaboration de certains spécialistes des Les expériences et entreprises jusqu'ici mises
divers domaines nécessaires à la planification de sur pied par l'Unesco en matière de formation de
l'éducation ayant des idées précises sur la contri- spécialistes de la planification sont les suivantes :
bution que leur spécialité peut et doit apporter à Cours interaméricain sur la planification générale
la préparation et à l'élaboration des plans à court de l'enseignement, organisé par 1'OEA avec la

25
collaboration technique de l'Unesco et la parti- Cours nationaux sur la planification de l'éducation or-
cipation du Gouvernement colombien (Bogota, ganisés en Argentine, en Equateur, en Espagne, etc.
octobre-novembre 1959) ; Organisation à N e w Delhi d'un Centre régionalpour
Cours de quatre mois organisé par l'institut d'étude la formation de planificateurs, d'administra-
du développement économique et social (Univer- teurs et d'inspecteurs de l'enseignement en Asie
sité de Paris) avec la collaboration de l'Unesco à partir de 1962 ;
(janvier 1961) ; Organisation à Beyrouth (Liban) d'un Centre régio-
Cours régional sur la planification de l'éducation nal pour la formation de planificateurs, d'admi-
pour les pays africains (Khartoum, Soudan, deu- nistrateurs et d'inspecteurs de l'enseignement
xième semestre 1961) ; dans les pays arabes à partir de 1962.

26
ANNEXE 1

S T A G E D'ETUDES INTERAMERICAIN
SUR LA PLANIFICATION GENERALE DE L'EDUCATION
(Washington, juin 1958)

ORGANISATION, M E T H O D E S ET TECHNIQUES DE LA PLANIFICATION GENERALE

ORGANISATION D E S BUREAUX OU suffisarit, comprenant au moins des spécia-


S E R V I C E S DE PLANIFICATION listes de l'enseignement parfaitement au cou-
rant des techniques de la planification, des
Les participants au stage d'études interaméricain spécialistes des statistiques scolaires, de la
sur la planification générale de l'éducation recherche pédagogique:des relationspubliques
de' l'administration. des différentes branches
RECOMMANDENT : de l'enseignement, de la documentation péda-
1. Que soit créé, auprès du Ministère de l'édu- gogique et des conseillers en matière de fi-
cation ou de 1' organisme gouvernemental corres- nances, de droit et de constructionsscolaires ;
pondant, un service spécialement chargé de lapla- de ressources suffisantes, dans le cadre du
nification générale de l'éducation, sous l'autorité budget de l'enseignement, pour assurer son
directe du ministre ou du haut fonctionnaire
compétent ;
-
fonctionnement ces ressources pouvant être
utilisées avec la plus grande souplesse ;
2. Que, dans la mesure où l'exige la structure des moyens nécessaires pour assurer lafor-
administrative du pays, soient créés des c o m m i s - mation et le perfectionnement du personnel
sions ou des senrices de planification régionaux spécialisé requis pour les besoins du service ;
ou locaux, étroitement coordonnés avec le service 5. Que, pour l'organisation et le fonctionnement
national ; du service de planification générale de l'éducation,
3. Q u e le service national ait les attributions on utilise au m a x i m u m les services de statistiques
suivantes : scolaires, de documentation et d'information pé-
établir les projets de plans et les plans né- dagogiques, d'orientation scolaire et profession-
cessaires aux différentes étapes de la nelie, d'inspection scolaire ainsi que les centres
planification ; de recherche, d'expérimentation, etc. existant
effectuer et coordonner les différentes re- dans le pays, en coordonnant et en orientant leur
cherches indispensables en vue de la plani- action conformément aux fins de la planification ;
fication ; 6. Que la direction du service de planification
organiser des sondages de l'opinion publique soit confiée à des spécialistes nationaux possé-
et encourager le public à participer à l'oeuvre dant, autant que possible, les titres suivants :
de planification ; expérience des problèmes de l'éducation, compé-
fournir des conseils et des directives tech- tence technique en matière de planification, expé-
niques en vue de l'exécution du plan dans tous rience de l'enseignement et de son administration,
ses aspects ; formuler un avis préalable au compétence en matière d'éducation comparée, con-
sujet de toute initiative intéressant l'applica- naissance des principes et des techniques de re-
tion du plan, et aider les organismes compé- cherche, connaissance des problèmes sociaux,
tents à préparer les budgets del'enseignement ; économiques et culturels du pays ;
coordonner l'action des différents départements 7. Que les pays et les organismes internatio-
ou services qui participent à l'élaboration du naux intéressés donnent la préférence dans leurs
plan ;coordonner cette action avec celle des programmes d'assistance technique aux projets
autres organismes nationaux de planification ; relevant de la planification générale de l'éducation;
planifier la coordination des services de l'en- 8. Que, pour l'organisation des services de pla-
seignement avec les autres services de 1'Etat ; nification, iI soit tenu compte des documents de
coordonner les activités de ces services avec travail no 4 et 5 soumis au présent stage d'études.
celles des organismes internationaux et des
services d'assistance technique d'autres pays ;
évaluer les résultats du plan et reviser pé- FORMATION ET S E L E C T I O N DE
riodiquement celui-ci ; SPECIALISTES POUR LA PLANIFICATION
4. Que, pour s'acquitter de ces attributions, le
service national dispose : Les participants au stage d'études interaméricain
(a) d'un personnel technique et administratif sur la planification générale de l'éducation :

27
RECOMMANDENT : 3. Rédaction d'un guide de travail exposant en
1. Que I'OEA et l'Unesco organisent aussitôt que détail les objectifs et les conditions de la planifi-
possible, avec la collaborationdes gouvernements cation et fixant la procédure à suivre par ceux qui
intéressés, des cours de formation de spécialistes seront chargés de cette planification ;
en matière de planification générale de l'éducation ; 4. Intense campagne préliminaire d'information.
2. Que, pour pourvoir les différents postes des au moyen de sondages, de réunions et d'activités
services de Planification, soient fixées des normes de propagande, afin d'éveiller l'intérêt du pays et
de sélection fondées sur celles qui sont exposées d'obtenir la participation de l'opinion publique,
dans le document n o 5 du présent stage d'études, conformément au principe de la planification
et que le directeur du service de planification soit démocratique ;
chargé de veiller à l'application rigoureuse de 5. Détermination et coordination des aspects,
ces normes. procédés et techniques de la planification, aux
différentes étapes.

O R G A N I S A T I O N D E S TRAVAUX C . Aspects de la planification


DE PLANIFICATION
L a planification exerce sur l'éducation des effets :
Les participantsau stage d'études interaméricain (a) d'ordre qualitatif,
sur la planification générale de l'éducation, (b) d'ordre quantitatif,
Tenant compte de l'expérience des pays a m é - (c) d'ordre administratif,
ricains, ainsi que de la définition et des objectifs (d) d'ordre financier.
de la planification générale de l'éducation adoptés
au cours du stage, soumettent aux Etats m e m b r e s D. Procédures de planification
les propositions suivantes :
L a procédure de planification est la suivante :
A. Etapes de la planification

L'organisation de travaux de planification doit c o m -


Première étape - Elaboration du projet

prendre les étapes ci-après : Cette étape de la planification comprend :


1. Elaboration du projet de plan l'étude de la situation culturelle, sociale, poli-
II. Consultations et adoption tique, économique et financière,
III. Exécution et rectification l'étude de la situation de l'enseignement ;
IV. Evaluation et revision la détermination des besoins et des problèmes de
l'enseignement et l'élaboration de solutions
B. Activités préliminaires possibles,
la préparation du projet de plan général, avec
L'organisation des travaux exige certaines activités l'indication des objectifs à atteindre et des
préliminaires : moyens à employer à cet effet.
1. Constitution officielle du service technique L'étude de la situation culturelle, sociale, poli-
chargé de diriger la planification générale de tique, économique et financière doit porter sur
l'éducation ; tous les aspects de cette situation qui concernent
2. Fixation des grands objectifs de la planifi- l'éducation. E n outre, on recueillera et on analy-
cation, compte tenu de considérations telles que sera les conclusions des recherches précédentes
les suivantes : afin d'en tirer tout le profit possible.
C o m m e n t conçoit-on le rôle de l'éducation dans le L'étude de la situation de l'enseignement, aux
développement culturel, social et économique du points de vue qualitatif et quantitatif, porte sur
pays ? les questions suivantes :objectifs et résultats de
Dans quelle mesure l'enseignement répond-il, en l'enseignement ; administration ; plans et pro-
qualité et en quantité, aux besoins du pays dans g r a m m e s d'études ; personnel enseignant ; per-
ce domaine ? sonnel d'inspection et personnel administratif ;
Dans quelle mesure est-il possible d'effectuer des effectifs scolaires ; ressources matérielles, cons-
modifications ou des améliorations, de façon à tructions scolaires, financement.
répondre aux besoins du pays en matière L a détermination des besoins et des problèmes
d'enseignement ? qualitatifs et quantitatifs de l'enseignement - à
Quelles réformes ou modifications convient-ild'ap- court terme, à moyen terme et à long terme se -
porter à la législation actuelle de l'enseignement ? fait sur la base de ces études et en tenant compte
Dans quelle mesure les secteurs publics et privés des grands objectifs de la planification.
peuvent-ils financer une extension et une a m é - Une fois déterminés, ces besoins et problèmes
lioration de l'enseignement qui permettent de sont classés :(a) d'après les éléments du système
répondre aux besoins du pays dans ce domaine ? d'enseignement auxquels ils se rapportent ;(b)d'après
Quelles modifications convient-il d'apporter à l'ad- leur ordre de priorité ou d'urgence ; (c)selon qu'ils
ministration de l'éducation afin de la rendre plus appellent des mesures à court terme, à moyen
efficace, etc. ? terme ou à long terme.

28
Il importe d'indiquer en outre : Troisième étape - Exécution et rectification
(a) les principales raisons pour lesquelles il est du plan
jugé indispensable de modifier la situation ;
(b) les solutions possibles ; L e plan doit être exécuté selon un calendrier pré-
(c) les expériences ou les études à effectuer avant cis et conformément à un budget et à un p r o g r a m m e
l'adoption de ces solutions. d'activités détaillés.
L'élaboration du projet de plan général est la con- A u cours de l'exécution du plan, il importe de
séquence des travaux précédents. procéder à des expériences et à des essais, afin
L e projet de plan comprend l'exposé d'une poli- de mettre à l'épreuve l'efficacité de certaines so-
tique de l'éducation, comportant des objectifs à lutions et de faciliter l'évaluation du plan, en
court terme, à moyen terme et à long terme, et créant à cet effet des centres, établissements ou
visant à obtenir, notamment, les résultats suivants : zones-pilotes de démonstration et d'expérimentation.
extension et amélioration de l'enseignement à tous Pendant cette étape, les services de planifica-
les niveaux ; tion fournissent des conseils techniques pour l'ap-
réforme de la structure du système d'enseignement ; plication du plan. Ces services auront préalable-
revision des plans et programmes d'études ; ment donné leur avis au sujet des initiatives inté-
adaptation du personnel enseignant, du personnel ressant le plan, ainsi qu'au sujet de l'orientation
d'inspection et du personnel administratif aux du budget et de l'organisation administrative de
nouveaux plans et programmes d'études ; l'enseignement.
création de services d'orientation, ou extension et Au cours de cette étape, de fréquentes évalua-
amélioration de ces services à tous égards ; tions permettront de reviser le plan sur des points
amélioration des méthodes d'enseignement ; de détail, afin de l'adapter aux sitùations imprévues.
développement des services d'assistance sociale
scolaire ; Quatrième étape - Evaluation et nouvelle
fixation de normes pour : planification
(a)les manuels, les publications et les auxi-
liaires audio-visuels ; A la fin de la période d'application du plan, il im-
(b)le mobilier, l'équipement et le matériel porte de procéder à une évaluation globale, afin
scolaires ; d'établir le bilan des résultats sur la base des
(c)les locaux scolaires ; critères établis au m o m e n t de la planification.
développement et orientation appropriée de la re- Pour compléter cette évaluation, il est souhai-
cherche et de la formation pédagogiques ; table de faire appel à la coopération internationale.
collaboration avec les organismes culturels ; Il conviendrait que les résultats obtenus dans les
examen détaillé des moyens administratifs et fi- différents pays fassent l'objet d'études compara-
nanciers indispensables pour l'application du tives, afin de perfectionner les normes d'exécu-
plan. tion et de profiter des échanges d'expériences.
Nouvelle planification :Enfin, il faudra élaborer
Deuxième étape - Consultations et adoption un nouveau plan, pour la période suivante, en se
fondant sur l'expérience acquise, sur l'évaluation
du plan
des résultats du plan précédent et sur la revision
Cette étape exige la coopération et l'appui les plus des objectifs de la planification, compte tenudes
larges de la part du public ; elle comporte l'éva- situations et des possibilités nouvelles.
luation des ressources financières, la revision de
la législation si celle-ci n'est pas en accord avec
le plan, l'adoption des réformes administratives M A N U E L RELATLF A L'ORGANISATION
nécessaires et la formation du personnel requis DU TRAVAIL DE PLANIFICATION
pour l'exécution du plan.
A u cours de cette étape, il importe d'assurer Les participants au Stage d'études interaméricain
au projet une large publicité et d'organiser des sur la planification générale de l'éducation, tenant
sondages d'opinion ainsi que des réunions, des compte des suggestions qui précèdent, et consi-
conférences et des stages d'études, afin d'obtenir dérant qu'il importe d'adopter des méthodes de
la coopération des secteurs et des particuliers travail efficaces pour réaliser la planification gé-
intéressés. nérale de l'éducation et de diffuser des renseigne-
L e projet de plan doit être soumis à l'organe ments sur l'expérience et les résultats acquis dans
national compétent, accompagné des avis des au- les pays où est organisée une telle planification,
torités nationales, des organismes internationaux, recommandent à 1'OEA et à l'Unesco :
des associations privées, des groupements repré- 1. L a publication d'un manuel sur l'organisa-
sentatifs, et de la presse. tion et les méthodes de la planification, contenant
Cette étape doit aboutir à l'adoption du plan par des renseignements et des conseils concernant
les organes officiels compétents : l'organisation des services chargés de la planifica-
tion de l'éducation, et l'exécution des différentes
tâches que comporte cette classification ;
2. L a diffusion d'informations techniques

29
concernant les principaux aspects de la planifica- dans les établissements de formation du
tion ainsi que l'expérience et les résultats acquis personnel enseignant et administratif.
dans ce domaine par les Etats membres.
2. A u sujet de l'amélioration des services na-
tionaux de statistiques scolaires à tous les
L E S STATISTIQUES S C O L A I R E S niveaux de l'administration :
ET LA PLANIFICATION
Il est nécessaire
Les participants au stage d'études interaméricain
sur la planification générale de l'éducation, (a) d'accorder aux services de statistiques
scolaires, à tous les niveaux de l'admi-
CONSIDER ANT nistration, l'importance qui leur revient
en tant qu'organes essentiels de planifi-
que les problèmes qui se posent dans les différents cation de l'éducation ;
pays américains en ce qui concerne l'organisation (b) d'organiser rationnellement les services
et le fonctionnement des services de statistique de rassemblement et d'analyse des données
ainsi que l'élaboration et la présentation des don- statistiques ;
nées statistiques ont pour origine : (c) de doter ces services d'un personnel tech-
1. une sous-estimation de l'importance des sta- nique et administratif compétent et dûment
tistiques scolaires ; sélectionné ;
2. l'organisation défectueuse des services natio- (d) de fournir à ces services les moyens m a -
naux de statistiques scolaires ; tériels indispensables pour la bonne exé-
3. l'absence de coordination entre ces divers ser- cution de leurs tâches ;
vices et entre ceux-ci et les autres organismes (e) d'inviter tous les organismes à rassem-
de statistique : bler les données statistiques utiles pour
4. le fait que les organismes décentralisés ou au- la planification générale de l'éducation, et
tonomes négligent d'envoyer des informations à faire parvenir ces données au Service
aux institutions centrales ; central en temps opportun.
5. la non-comparabilité des données statistiques
nationaies et internationales relatives à 3. A u sujet de la coordination des activités
l'éducation ; se rapportant aux statistiques :
6. le manque de personnel technique :
7. l'absence de manuels ou guides techniques ap- Il est nécessaire d' organiser dans tous les pays
propriés et de publications permettant des la coordination des statistiques scolaires, par l'in-
échanges d'expériences ; termédiaire d'un organisme composé de représen-
que ces problèmes font obstacle à une planification tants des institutions intéressées.
objective de l'éducation,sur la base des recomman-
dations formulées par les participants au Cours lati- 4. A u sujet de la comparabilité des statistiques
no-américain sur les statistiques del'enseignement, scolaires :

DECLARENT ce qui suit : Il est nécessaire :

1. A u sujet de l'importance des statistiques (a) de s'efforcer de normaliser les statistiques


scolaires : scolaires compte tenu des besoins de chaque
pays en matière d'enseignement et des sug-
11 est nécessaire gestions des organismes internationaux ;
(b) de poursuivre la normalisation internatio-
(a) de reconnaître l'importance des statis- nale des statistiques scolaires, en tenant
tiques scolaires en tant que fondements compte des propositions des spécialistes
indispensables de la planification générale en la matière.
de l'éducation ;
(b) d'accorder aux statistiques scolaires l'at- 5. A u sujet de la formation et du perfectionnement
tention qu'elles méritent, dans le cadre de du personnel technique
tout programme de développement et d'amé-
lioration des statistiques nationales ; Il convient de fournir des possibilités de perfec-
(c) de reconnaître l'importance des échanges tionnement au personnel qui participe aux travaux
internationaux de statistiques scolaires ; statistiques, en organisant à son intention des
(d) d'organiser des cours nationaux et inter- stages d'études et des cours nationaux et interna-
nationaux de spécialisation en matière de tionaux sur les statistiques scolaires.
statistiques scolaires ;
(e) d'organiser dans tous les pays un enseigne-
ment relatif aux statistiques scolaires, et
de rendre cet enseignement obligatoire
30
6. A u sujet de la préparation de mides L E S R E C E N S E M E N T S ET LA PLANIFICATION
et de manuels : GENERALE DE L'EDUCATION

Il importe de disposer de guides et de manuels ap- Les participants au Stage d'études interaméricain
propriés pour l'enseignement relatif aux statis- sur la planification générale de l'éducation,
tiques scolaires et pour le bon fonctionnement des
services de statistique. CONSJDERANT

7. A u sujet des échanges et de la Que les recensements périodiques de la population


diffusion d'informations : fournissent des indications précieuses sur l'évo-
lution sociale, économique et culturelle des dif-
Il est nécessaire de promouvoir les échanges et férents pays ;
la diffusion d'informations concernant les statis- Que, pour la planification générale de l'éduca-
tiques scolaires entre les pays américains, grâce tion, il est nécessaire de disposer de données con-
à la publication d'un bulletin interaméricain de cernant les caractéristiques de la population du
statistiques scolaires. point de vue de l'instruction, et leurs rapports
avec d'autres caractéristiques que seuls les re-
E n conséquence, RECOMMANDENT : censements peuvent fournir ;
Que les données des recensements constituent
1. Que les Gouvernements des pays américains des points de repère indispensables pour l'établis-
accordent aux statistiques scolaires l'importance sement de statistiques scolaires suivies, pour les
qu'elles méritent en tant que fondement essentiel enquêtes par échantillonnage et pour d'autres
de la planification générale de l'éducation ; recherches ;
2. Qu'afin d'assurer le meilleur fonctionnement Que de nombreux pays ne disposent pas encore
services de statistiques scolaires : des ressources nécessaires pour procéder à des
on établisse, avec le concours des organismes recensements spéciaux (recensements scolaires),
internationaux,des normes qui rendent compa- à l'occasion du recensement américain de 1960 ;
rables, utilisables et uniformes les données
statistiques, nationales et internationales, re- RECOMMANDENT :
latives à l'éducation, en unifiant la terminolo-
gie, les définitions, les classifications, les Que les programmes du recrutement américain de
tableaux et les méthodes de rassemblement 1960 et des recensements ultérieurs prévoient des
et de présentation des données ; questions et des tableaux présentant une utilité
on fournisse aux services de statistiques sco- pour la planification générale de l'éducation, à
laires les moyens mécaniques et matériels savoir :
dont ils ont besoin pour travailler avec efficacité ; Questions :
on organise dans tous les pays la coordination sur l'analphabétisme ;
des différentes activités statistiques relatives sur le niveau d'instruction de la population ;
à l'éducation, par l'entremise d'un organisme sur les effectifs :
national composé de représentants des insti- cl. des scolarisés aux différents degrés de
tutions qui sont chargées des statistiques sco- l'enseignement pour l'année scolaire corres-
laires ou qui s'intéressent à ces statistiques ; pondant à la date du recensement : réparti-
3. Que des cours nationaux et internationaux de tion par cours, niveau ou année d'études, et
perfectionnement en matière de statistiques sco- type d'enseignement ;
laires continuent à être organisés ; et c2. des non-scolarisés : répartition d'après
(a) que le nombre des bourses de spécialisation le niveau d'instruction et la raison de l'aban-
en la matière soit augmenté ; don des études ou de la non-assistance aux
que les programmes des cours de niveau équi- cours ;
valent, ou organisés à des fins analogues, c3. des non-scolarisés : répartition par pro-
soient unifiés, afin que les boursiers reçoivent fession ou domaine d'activité.
à peu près la m ê m e formation dans tous les Tableaux
pays ; Simples :
qu'un enseignement relatif aux statistiques sco- al. Analphabétisme, par année d'âge pour la
laires soit organisé dans tous les pays, et que population âgée de 15 à 24 ans ;
cet enseignement soit rendu obligatoire dans a2. Niveau d'instruction (nombre d'années
les établissements de formation du personnel d'études à chaque degré du système d'ensei-
enseignant et administratif. gnement du pays) pour la population âgée de
15 à 24 ans ;
Combinés :
(Pour permettre l'analyse des rapports entre les
facteurs économiques et l'instruction, il convient
de comparer les caractéristiques générales de la
population avec sa répartition selon le niveau

31
(cours, classe ou année d'études) atteint dans le et la coopération sont indispensables au succès de
système d'enseignement du pays (compte tenu des la planification et à la réalisation des plans adoptés;
équivalences au cas où les études ont été faites 4. Que les résultats des enquêtes soient portés
dans d'autres pays),) à la connaissance du public, afin de contribuer à
L e s tableaux combinés devraient fournir notam- former une opinion nationale consciente de l'im-
ment les indications suivantes : portance et de la complexité des problèmes de
bl. Population totale, classée d'après l'acti- l'enseignement
vité économique, le sexe et le niveau d'ins-
truction ;
b2. Population économiquement active, clas- CENTRES DE DOCUMENTATION
sée d'après la profession, le sexe et le niveau ET D'LNFORMATION PEDAGOGIQUES
d'instruction ;
b3. Population économiquement active, tra- Les participants au Stage d'études interaméricain
vaillant ou non, classée d'après ie sexe et ie sur la planification générale de l'éducation,
niveau d'instruction ;
b4. Population scolarisée, classée par année CONSIDERANT
d'âge de 5 à 24 ans et par degré et type d'en-
seignement ; Que les centres de documentation et d'information
b5. Population d'âge scolaire non scolarisée, pédagogiques présentent une importance capitale
classée par année d'âge en fonction des cri- pour l'étude des problèmes de l'enseignement et la
tères suivants :niveau d'instruction, profes- planification générale de l'éducation,
sion, cause d'abandon des études ou de non-
assistance aux cours, analphabétisme. RECOMMANDENT :

1. Que des centres de documentation et d'infor-


ENQU ETES NECESSAIRES mation pédagogiques soient créés dans tous les pays ;
POUR LA PLANIFICATION 2. Que, pour assurer la meilleure utilisation
des services de ces centres, ceux-ci soient ratta-
L e s participants au Stage d'études Fnteraméricain chés à des institutions de recherche pédagogique,
sur la planification générale de l'éducation, au Ministère de l'éducation, aux services de pla-
nification ou à des musées pédagogiques ;
CONSIDERANT 3. Que les centres de documentation et d'infor-
mation pédagogiques, en plus de leurs fonctions
Q u e la planification générale de l'éducation exige propres, s'acquittent des tâches ci-après, dans
une étude attentive de la situation de l'enseigne- l'intérêt de la planification de l'éducation :
ment, aux points de vue quantitatif et qualitatif, et (a) rassembler et classer les principaux documents
des aspects pertinents de la situation sociale ; relatifs à l'évolution de l'enseignement natio-
Que la planification exige une connaissance c o m - nal ainsi que les textes fondamentaux qui ré-
plète et exacte de l'opinion des différents secteurs gissent la structure et le développement de
de la société concernant les déficiences et les be- cet enseignement ;
soins de l'enseignement et les objectifs à fixer à (b) recueillir les ouvrages et publications repré-
celui-ci ; sentatifs des idées pédagogiques nationales et
des doctrines et tendances de l'éducation dans
RECOMMANDENT : d'autres pays, ainsi que les principaux ou-
vrages classiques en matière de pédagogie ;
1. Que, dans le cadre des études nécessaires en (c) rassembler les publications et travaux rela-
vue de la planification, une série d'enquêtes soient tifs à différentes questions intéressant l'en-
entreprises auprès des différents secteurs de la seignement national : évolution économique
société, soit directement soit par l'entremise des et sociale du pays et exigences qui en résultent
organisations représentatives de ces secteurs,pour en matière d'orientation et de formation pro-
recueillir des opinions concrètes concernant les fessionnelles, besoins et aspirations de la so-
aspects positifs et négatifs de l'enseignement, gé- ciété et leurs répercussions dans le domaine
néral et spécialisé, et l'orientation à donner 3 de l'enseignement, etc. ;
l'enseignement ; (d) contribuer à informer l'opinion publique, et
2. Q u e ces enquêtes soient préparées par des particulièrement le personnel enseimant,
spécialistes selon les techniques modernes et ef- au sujet de la planification, en faisant paraître
fectuées, dans le cas des enquêtes directes, avec des publications traitant des problèmes fon-
la collaboration du personnel enseignant, qui aura damentaux de l'éducation nationale et en dif-
été dûment préparé à cette tâche ; fusant une documentation sur les problèmes
3. Que, dans le cadre de ces enquêtes, on se analogues d'autres pays et les solutions qui y
préoccupe spécialement de consulter le personnel ont été apportées.
enseignant de tous niveaux ainsi que les organi- 4. A cet effet :
sations de la profession enseignante, dont les avis

32
Questions de personnel : CONSIDERANT

Que le personnel de ces services possède, au- Que les études de pédagogie comparée apportent
tant que possible, une excellente formation une contribution inestimable à la planification de
pédagogique, de larges connaissances en m a - l'éducation en faisant ressortir les rapports étroits
tière d'éducation comparée et des connais- qui existent entre les caractéristiques d'une so-
sances spécialisées concernant les techniques ciété et celles de son système d'enseignement et
de catalogage, d'organisation et d'utilisation en facilitant ainsi la réforme des institutions et
du matériel ; des méthodes et l'utilisation rationnelle des ex-
Que l'on continue à organiser des cours tels périences favorables ou défavorables des autres
que celui du Bureau d'éducation ibéro-améri- Pays,
Cain pour la formation de spécialistes de la
documentation pédagogique, organisé dans le RECOMMANDENT :
cadre du projet majeur no 1 de l'Unesco.
1. Que, dans le cadre des travaux prépara-
Questions d'organisation : toires aux différentes étapes de la planification,
on prévoie des études de pédagogie comparéeper-
Que chaque centre de documentation et d'&-formation mettant de bénéficier de l'expérience d'autres
pédagogiques possède au moins les services ci- pays ;
après afin de coopérer à la planification : 2. Qu'une importance plus grande soit accor-
(a) Service de documentation comprenant les sec- dée à la pédagogie comparée dans les plans et
tions suivantes : programmes d'études des établissements de forma-
Bibliothèque, tion et de perfectionnement du personnel enseignant ;
Hémérothèque, 3. Que des bourses de spécialisation en matière
Echanges de documents ; de pédagogie comparée soient-prévues pour les
(b) Service de publications et d'information : éducateurs latino-américains dans les programmes
(c) Service de consultations. de bourses nationaux et internationaux ;
5. Action des organismes internationaux 4. Qu'il soit tenu compte pour la planification
d'éducation de l'étude comparée qui doit être entreprise, dans
Que 1'OEA et l'Unesco accordent un intérêt le cadre du Projet majeur no 1 de l'Unesco, sur
accru à la bibliographie pédagogique latino- la situation de l'enseignement dans les différents
américaine et publient des bulletins signalant pays de l'Amérique latine, ainsi que des études de
les ouvrages de pédagogie à mesure qu'ils 1'OEA sur différents aspects de l'éducation ;
paraissent ; 5. Que l'Unesco, le BLE,l'OEA,1'OEI et 1'ODECA
Que l'Unesco publie, à l'intention de centres poursuivent et intensifient leur important travail
de formation et de perfectionnement du per- dans le domaine de la pédagogie comparée ;
sonnel enseignant, une bibliographie sélective 6. Que les futures éditions de "L'éducation dans
commentée des ouvrages de pédagogie faciles le monde" et les publications de pédagogie compa-
à acquérir ; rée que font paraître les organismes internatio-
Que 1'OEA et l'Unesco stimulent ou régulari- naux comprennent, en plus de données matérielles
sent les échanges de documentation entre les et statistiques,une analyse des facteurs historiques,
ministères de l'éducation des pays d'Amérique ; idéologiques et sociaux qui expliquent la structure
Que le centre de documentation du Départe- des systèmes nationaux d'enseignement.
ment de l'éducation de l'Unesco stimule ou ré-
gularise les échanges de documentation entre
les pays d'Amérique et le reste du monde ; ROLE D E S C E N T R E S DE RECHERCHE
&ue I'OEA, l'Unesco, le BIE, 1'OEI et 1'ODECA PEDAGOGIQUE ET D E S E T A B L I S S E M E N T S -
envoient gratuitement aux centres de documen- P I L O T E S D A N S LA PLANIFICATION
tation et d'information pédagogiques des exem- GENERALE DE L'EDUCATION
plaires de toutes les publications qu'ils font
paraître ; Les participants au Stage d'études interaméricain
Que 1'OEA réédite les travaux et les rapports sur la planification générale de l'éducation,
des conférences interaméricaines sur l'édu-
cation. CONSIDERANT :

1. Que, très souvent, les plans d'amélioration


PEDAGOGIE COMPAREE EN TANT de l'enseignement qui sont appliqués ne parviennent
Q U ' I N S T R U M E N T DE PLANIFICATION pas à corriger les défauts existants et à provoquer
les changements souhaités ;
Les participants au Stage d'études interaméricain 2. Que l'échec ou l'inefficacité de ces plans sont
sur la planification générale de l'éducation, dus notamment aux causes suivantes :
(a) connaissance incomplète et insuffisante de la
situation sociale et éducative, et application

33
de mesures partielles pour améliorer cette pédagogique, et que soit assurée dans chaque pays
situation ; la formation d'un nombre suffisant de spécialistes
emploi de méthodes subjectives, non scienti- en cette matière ;
fiques,pour connaître et interpréter la situation ; 5. Que l'on encourage l'adaptation ou la rédac-
absence d'institutions ou organismes chargés tion de manuels relatifs aux méthodes de la re-
de l'étude scientifique de la situation de cherche pédagogique, les échanges d'instruments
l'enseignement ; de recherche (épreuves, questionnaires, etc.1,
manque de coordination entre les autorités de la diffusion d'informations pédagogiques et la pu-
l'enseignement et les institutions de recherche blication d'une revue ou d'un bulletin interaméri-
sociale et pédagogique ; Cain dans ce domaine ;
application générale et immédiate à l'ensemble 6. Que l'on encourage les échanges de cher-
du système d'enseignement de certaines cheurs, à l'intérieur de chaque pays et entre les
réformes qualitatives qui auraient dû être ap- différents pays, et que l'on organise périodique-
pliquées progressivement ; ment des stages d'études, afin de promouvoir des
absence d'évaluation scientifique des résultats; échanges d'idées et d'expériences propres à a m é -
manque de centres expérimentaux où l'on puisse liorer les méthodes et les techniques de recherche;
mettre à l'épreuve et vérifier la valeur et l'ef- 7. Que, pour le choix de problèmes à étudier,
ficacité des plans avant de les appliquer dans on se fonde sur les critères suivants :
d'autres établissements ou régions ; (a) importance directe et pratique des problèmes
sélection défectueuse ou contrôle insuffisant du point de vue de la planification générale de
des centres expérimentaux, là où il en existe ; l'éducation ;
ignorance relative des principes et des tech- (b) possibilité de procéder à des recherches im-
niques de l'expérimentation pédagogique ; médiates dont les objectifs et la portée soient
3. Que toute bonne planification doit être fondée en rapport avec les ressources humaines et
sur l'étude scientifique de la situation sociale et matérielles disponibles ;
éducative, en tant que condition préalable de la (c) possibilité d'obtenir, à court terme, à moyen
préparation et de l'exécution des plans d'amélio- terme ou à long terme, des résultats justi-
ration de l'enseignement ; fiant les recherches entreprises ;
4. Que, pour l'application de certains aspects 8. Qu'en ce qui concerne les caractéristiques
du plan, il convient d'expérimenter au préalable de la recherche, on s'efforce :
les mesures ou réformes proposées dans un petit (a) de procéder à l'étude attentive des recherches
nombre d'écoles ou de régions ; antérieures, ainsi que des méthodes, des prin-
5. Que ces écoles expérimentales doivent, après cipes, des techniques et de la terminologie de
une évaluation scientifique de leurs résultats et -
la recherche pédagogique ce qui est indis-
sous réserve des modifications indispensables, pensable pour tout travail en équipe ;
devenir des écoles modèles de démonstration,en (b) d'élever le niveau de la recherche pédago-
vue de la réorganisation des autres écoles ; gique et d'en réformer l'organisation, en vue
d'en accroître l'efficacité grâce à une meil-
RECOMMANDENT : leure sélection des problèmes, à l'application
de méthodes plus rigoureuses et à une meil-
1. Que soient créés dans tous les pays des leure présentation des résultats ;
institutions ou organismes chargés de procéder à (c) de coordonner étroitement les recherches en-
l'étude scientifique de la situation de l'enseigne- treprises à des fins d'action immédiate, dans
ment, aux fins de la planification générale de le cadre des établissements ou zones d'expé-
l'éducation ; rimentation et de démonstration, et à d'autres
2. Que ces centres étudient de préférence les fins de planification, avec les recherches pé-
problèmes de l'enseignement en liaison avec les dagogiques fondamentales ;
autres problèmes (psychologiques, sociologiques, 9. Que, compte tenu des caractères propres et
de pédagogie comparée, de philosophie ou de théo- des nécessités de la planification générale de l'édu-
rie de l'éducation) qui concernent la planification cation dans chaque pays, il soit créé des établis-
générale de l'éducation, et que ces études soient sements ou des zones d'expérimentation, d'essai
effectuées en équipe par des spécialistes de ces ou de démonstration, afin de mettre à l'épreuve
différentes questions ; les solutions de certains problèmes particuliers
3. Que les travaux de ces centres soient coor- que pase l&exécution du plan et de faciliter l'ap-
donnés avec ceux des organismes chargés d'étu- plication générale de ces solutions ;
dier la situation sociale et économique, afin de 10. Que ces établissements ou zones soient dotés
mettre au service de la planification générale de des ressources humaines et matérielles et des or-
l'éducation une connaissance aussi complète que ganes de contrôle qui sont nécessaires pour atteindre
possible des divers facteurs pertinents ; ces objectifs.
4. Qu'il soit fait une plus large place, dans les
plans et programmes des établissements de for-
mation du personnel enseignant, de tous niveaux,
à la théorie et à la pratique de la recherche

34
PARTICIPATION DE L'OPINION 4. Que le personnel technique chargé de la pla-
PUBLIQUE A LA PLANIFICATION nification soit sélectionné avec soin et qu'il dispose
des moyens et des possibilités d'action nécessaires,
Les participants au Stage d'études interaméri- compte tenu de la tradition administrative du pays,
Cain sur la planification générale de l'éducation, pour exercer une action efficace de coordination
et d'orientation ;
CONSIDERANT : 5. Que l'on soit assuré de la compréhension,
de l'appui et de la participation du personnel en-
Que la planification démocratique exige l'appui et seignant, depuis les instituteurs jusqu'aux profes-
la participation de l'opinion publique, seurs d'université, et des organisations de la pro-
fession enseignante ;
RECOMMANDENT :
RECOMMANDENT :
1. Que des conférences,stages d'études, cercles
de discussion,colloques, etc. soient organisés dans Que, pour assurer le développement futur de la
la capitale, dans les provinces et au sein des asso- planification en Amérique,
ciations représentantles différents secteurs de la
société, afin de faire connaître et discuter les prin- 1. Les gouvernements :
cipaux aspects de la planification ainsi que les pro-
blèmes de l'enseignement de chaque pays ; (a) prennent en considération et mettent en pra-
2. Que les organes d'information (journaux,re- tique les différentes recommandations du pré-
vues, radio, cinéma, télévision, etc.) ainsi que sent stage, en les adaptant soigneusement aux
les agences de publicité et lés entreprises qui uti- conditions propres à leur pays, et encouragent
lisent ces organes, soient encouragés à faire con- la participation des organismes autonomes et
naître le plan et ses objectifs, à rendre comptedes privés qui peuvent contribuer à l'obtention des
progrès de l'application du plan, et à discuter les résultats souhaités ;
problèmes de l'enseignement ; (b) coordonnent, aux fins de la planification géné-
3. Que le service de planification prépare régu- rale de l'éducation, l'assistance technique qui
lièrement de courts bulletins rendant compte de leur est fournie par les organisations interna-
l'application du plan, destinés au grand public et tionales et par les fondations et les gouverne-
susceptibles d'être utilisés par les divers organes ments d'autres pays ;
d'information ; (c) coopèrent effectivement avec les organismes
4. Que, sur les plans national, régional etlocal, internationaux en vue de former des spécia-
le public soit encouragé à participer activement à listes pour les différents domaines où une ex-
la réalisation du plan. tension et une amélioration de l'enseignement
sont nécessaires ;

DEVELOPPEMENT FUTUR DE LA 2. Les organismes internationaux :


PLANIFICATION DANS LES P A Y S
D 'AMERIQUE prennent en considération et mettent en pra-
tique les recommandations qui leur sont adres-
Les participants au Stage d'études interaméricain sées par le présent stage ;
sur la planification générale de l'éducation facilitent, par une assistance technique, par
l'octroi de bourses et par la diffusion de pu-
DECLARENT ce qui suit : blications et d'informations pédagogiques, la
planification de l'éducation dans les différents
L e développement futur de la planification en A m é - pays ;
rique exige : coordonnent leurs activités entre elles et avec
1. Que les plans adoptés soient objectifs, viables celles des fondations et des gouvernements qui
et adaptés aux véritables besoins de l'enseignement fournissent une assistance technique, aux fins
du pays ainsi qu'aux particularités de sa structure de la planification ;
politique et administrative ; organisent aussitôt que possible avec la coopé-
2. Que l'on fasse preuve de rigueur dans la con- ration des gouvernements, les cours néces-
duite des enquêtes indispensables en vue de la pla- saires pour la formation des spécialistes
nification et dans l'application des principes de qu'exige la planification ;
celle-ci plutôt que dans la mise en oeuvre de for- organisent, au cours des cinq prochaines
mules ou de techniques isolées ; années de nouveaux stages d'études interaméri-
3. Que l'on se préoccupe sérieusement de con- cains sur la planification générale de l'éduca-
sulter le public et d'obtenir la participation effec- tion, afin de permettre des échanges d'expé-
tive de tous les secteurs de la société, de façon à riences et liévaluation des résultats obtenus.
susciter une opinion nationale qui seule pourra as-
surer la continuité des efforts entrepris au ser-
vice des fins que l'on se propose;

35
CONFERENCE INTERAMERICALNE SUR développement social et économique, précédée
L'EDUCATION ET LE DEVELOPPENIENT d'une série de recherches scientifiques sur les
SOCIAL ET ECONOMIQUE rapports dynamiques existant entre ces éléments
de la réalité sociale ;
Les participants au Stage d'études interaméricain
sur la planification générale de l'éducation,
RECOMMANDENT
CONSIDERANT
A u CEPAL, B 1Wnesco et B IIOEA, ainsi qu'aux
Qu'une meilleure connaissance des rapports exis- organismes, fondations et universités de l ' h é -
tant entre l'éducation et le développement social rique qui s'intéressent aux recherches sociales,
et économique, fondée sur des études scientifiques concernant l'interaction de l'éducation et du
appropriées, contribuera puissamment à l'effica- développement économique et social, de cons-
cité de la planification générale de l'éducation, tituer un comité d'experts chargé de prépa-
rer le projet d'ordre du jour et le pro-
DECIDENT g r a m m e de cette conférence, ainsi que le plan
des recherches à effectuer, et d'étudier les
D'appuyer le projet tendant à organiser une con- modalités de financement de ces recherches et
férence interaméricaine sur l'éducation et le de cette conférence.

36
ANNEXE II

LE DEVELOPPElVIENT PLANIFIE DE L'EDUCATION :


FACTEURS ECONOMIQUES ET S O C L A U X
Colloque international de Paris (décembre 1959)

organisé sous les auspices :


de l'institut d'étude du développement économique et social
de l'Université de Paris ;
de la Commission nationale française pour l'Unesco ;
de l'Organisation des Nations Unies
pour l'éducation, la science et la culture

RAPPORT FINAL par l'opinion publique, sa préparation et sa mise


en oeuvre doivent être conduites par des méthodes
O n peut résumer ainsi les conclusions générales décentralisées.
du colloque : O n a souligné aussi l'importance d'une admi-
1. L'éducation doit faire face à des problèmes nistration efficace pour que les réformes prévues
nouveaux. L e rythme actuel de développement des soient effectivement appliquées ; il convient de
sciences et des techniques, l'essor démographique, veiller à améliorer la formation des administra-
l'ampleur nouvelle des besoins et des transforma- teurs et des planificateurs de l'éducation.
tions sociales, les exigences d'une croissance éco- L a planification de l'éducation peut seule pré-
nomique accélérée, nécessitent de profondes trans- ciser les besoins globaux (en maîtres et en cré-
formations des systèmes d'éducation. Pendant des dits), des réformes envisagées, fixer des ordres
siècles, l'éducation avait pour principale tâche de de priorité, les adapter aux possibilités écono-
transmettre aux nouvelles générations le savoir et miques du présent et de l'avenir prévisible,orien-
les techniques accumulées par les précédentes, et ter l'ensemble de l'éducation en harmonie avec
leur système de valeurs. Aujourd'hui, il faut à la les transformations économiques, sociales et cui-
fois faire rapidement accéder à l'enseignement turelles, l'adapter aussi aux besoins de l'emploi,
primaire la totalité des enfants, développer l'en- permettre aux sociologues d'indiquer en temps
seignement technique au rythme du développement voulu les facteurs sociaux pouvant jouer un rôle
économique, développer l'enseignement secondaire de frein, ou au contraire, de progrès. A tous ces
et supérieur, éduquer la population adulte, et en stades (élaboration, mise en oeuvre, contrôle,
m ê m e temps Préparer l'ensemble de la spciété rajustements), la planification de l'éducation doit
aux transformations économiques et sociales des faire l'objet d'une coopération étroite des éduca-
années à venir. L e développement accéléré de teurs, des économistes et sociologues. D e s en-
l'éducation qui est une exigence économique en quêtes interdisciplinaires préalables sont à cet
m ê m e temps que sociale, réclame une augmenta- égard essentielles.
tion de crédits plus importante encore dans les 3. Les méthodes de planification de l'éduca-
pays sous-développés que dans les autres, à un tion doivent notamment s'inspirer des méthodes
m o m e n t où leurs ressources disponibles sont en- de planification économique, tant pour chiffrer et
core très limitées et réclamées pour des inves- ajuster les prévisions que pour élaborer les sta-
tissements économiques et sociaux aussi urgents. tistiques nécessaires. D e s suggestions précises
Dans chaque pays, il faut donc faire des choix, dé- ont été faites en ce qui concerne les renseigne-
terminer l'ordre de priorité de l'éducation, ré- ments qui devraient être recueillis, sur le plan
former les programmes, les méthodes et les struc- national et international, afin de rendre possible8
tures de l'enseignement. les prévisions économiques et sociales dans le do-
2. L e développement de l'éducation doit être maine de l'éducation.
planifié dans son ensemble. 4. L a planification doit tenir le plus grand
L a planification ne peut pas présenter dans tous compte des particularités propres à chaque pays,
les pays le m ê m e aspect ; mais qu'elle prenne le de ses caractéristiques économiques (importance
caractère de décisions centralisées obligatoires du secteur agricole, rythme de l'industrialisation,
ou de prévisions, il est dans tous les cas néces- etc. ) sociales, culturelles et démographiques
saire que le développement de l'éducation fasse (structure des différents groupes, besoins indivi-
l'objet d'une revision globale à long terme, avec duels et collectifs, etc .), de ses transformations
des étapes précises et des objectifs déterminés économiques et Sociales, présentes et futures.
qualitativement et quantitativement. Mais les comparaisons internationales peuvent
Dans ses méthodes, la préparation et la mise fournir des indications et des exemples utiles.
en oeuvre du plan doivent être décentralisées.Son S'il n'y a pas de plan-type applicable pour tous
élaboration doit être faite par un organisme spé- les pays, les plans nationaux doivent aussi éviter
cialisé disposant d'un personnel qualifié ; mais la rigidité, faire l'objet d'une évaluation, d'un
pour que le plan d'éducation soit compris et soutenu contrôle,et d'une revision périodiques.Là encore,

37
la coopération constante entre éducateurs, écono- aider l'éducation à remplir ce rôle, et permettre
mistes et sociologues est indispensable. d'éviter de coûteuses erreurs.
5. L'éducation doit satisfaire des besoins indi- 9. L'assistance technique doit jouer un rôle im-
viduels, et en m ê m e temps des besoins de la so- portant dans cette phase transitoire de développe-
ciété. Les méthodes d'orientation professionnelle ment accéléré : les méthodes déjà existantes
s'appuyant sur des prévisions précises dans le do- (échanges d'étudiants et de professeurs, dons
maine de l'emploi, et les analyses des sociologues d'équipement, etc .)doivent être intensifiées.
et des psychologues, doivent permettre d'adapter L'assistance technique doit notamment aider
progressivement les uns aux autres par des m e - les pays sous-développés à élaborer leur plan
6ures appropriées. D'autre part, chaque cycle d'éducation et à établir des programmes de forma-
d'enseignement doit avoir pour but de préparer tion pour chaque projet de développement entrepris ;
les jeunes, garçons et filies, à jouer un rôle actif de nouvelles suggestions ont été faites, notamment
dans l'économie et plus généralement dans la société. en faveur de distribution de produits alimentaires
6. Une attention particulière doit être apportée aux écoliers, d'aide financière internationale aux
à lutter contre les pertes scolaires, qui sont très plans de développement de l'éducation. Il faut en
importantes dans les pays sous-développés. P a r tout cas veiller à ce que cette aide favorise l'en-
un travail en c o m m u n les sociologues doivent en seignement de la masse, et ne bénéficie pas uni-
étudier les causes, les économistes en préciser quement à des privilégiés.
l'ampleur, les éducateurs proposer les moyens
d'y remédier. L e colloque a permis de montrer le concours m u -
7. Les pays sous-développés ne peuvent se con- tuel que peuvent se prêter éducateurs,économistes
tenter d'imiter les systèmes et les méthodes d'édu- et sociologues, lorsqu'ils travaillent en c o m m u n .
cation en vigueur dans les pays industrialisés, qui Sans doute les points de vue des uns et des autres
sont trop coÛteux_t m a l adaptés à leurs besoins sont parfois différents ; les éducateurs réclament
particuliers. il faut donc dans une phase transi- davantage de crédits que la situation économique
toire, utiliser toutes les méthodes appropriées, ne le permet, et recherchent souvent l'idéal sans
faire appel à toutes les ressources humaines exis- se soucier du possible ;les économistes demandent
tantes, employer de préférence les ressources na- plus de rendement pour un coût m i n i m u m ; et les
tionales :on a notamment souligné l'importance de sociologues demandent à être davantage consultés,
l'enseignement féminin, de l'éducation des adultes, considérant que les objectifs ne peuvent être fixés
de la formation professionnelle accélérée, de la que par un travail en c o m m u n . Mais le colloque a
formation intensive des mai'tres, des méthodes montré que la confrontation des points de vue
audio-visuelles, des coopératives, de la formation ouvre la voie aux solutions. Cette coopération des
des moniteurs agricoles. trois disciplines qui n'a pas toujours été assez
8. Si elle remplit les conditions indiquées ci- étroite jusqu'à présent, doit se poursuivre dans
dessus, l'éducation peut être considérée c o m m e l'avenir, afin que l'éducation puisse répondre plus
un investissement prioritaire, car elle est une efficacement aux exigences économiques et so-
base indispensable du développement économique. ciales des pays en voie de développement, et qu'elle
L'éducation a par ailleurs ses propres exigences, puisse s'appuyer davantage sur les travaux des
et doijformer des individus capables de dévelop- économistes et des sociologues.
per leur personnalité et de participer activement Les sociologues ont eu raison de rappeler que
non seulement à l'économie, mais aussi à la vie la société est un phénomène global, dont l'éduca-
de la société. D'où le rôle de l'éducation générale, tion et l'économiene sont que des aspects partiels.
qui ne doit pas être sacrifiée au rendement écono- L e colloque a eu pour principal mérite de souli-
mique immédiat. Enfin, l'éducation si elle est m o - gner l'interdépendance des trois facteurs éduca-
difiée par les changements économiques et sociaux, tifs, économiques et sociaux, et ce premier tra-
est aussi un facteur essentiel de ces changements ; vail en c o m m u n doit être un point de départ pour
en l'analysant sous cet angle, le sociologue peut des travaux et des réunions ultérieurs.

38
ANNEXE III

REUNION REGIONALE DE R E P R E S E N T A N T S D E S ETATS M E M B R E S D'ASIE


S U R L ' E N S E I G N E M E N T PRIMAIRE OBLIGATOIRE

Karachi, 28 décembre 1959 - 9 janvier 1960


PLANIFICATION DE L'EDUCATION

RECOMMANDATION d'enseignement primaire universel, obliga-


toire et gratuit ;
"La Réunion régionale de représentants des Etats 2. Rassembler toutes les données nécessaires
m e m b r e s d'Asie sur l'enseignement primaire obli- pour montrer, de temps à autre, l'ampleur
gatoire, convoquée à Karachi par l'Organisation et l'efficacité des dispositions adoptées en
des Nations Unies pour l'éducation, la science et matière d'éducation dans le pays ;
la culture, du 28 décembre 1959 au 9 janvier 1960, 3. Procéder aux recherches et aux expériences
Considérant que la planification, le développe- et mettre en oeuvre les projets-pilotes qui
ment et le financement de l'éducation, à l'échelon sont indispensables pour l'application du
national et régional, doivent devenir une partie in- programme ;
tégrante et essentielle des plans généraux de dé- 4. Mettre au point les programmes requis pour
veloppement économique et social de chaque Etat atteindre l'objectif de l'enseignement primaire
m e m b r e d'Asie et de l'ensemble de la région de universel gratuit et obligatoire ;
l'Asie''. 5, Evaluer de temps à autre les programmes en
cours d'exécution et y apporter les modifica-
tions qui s'avèrent nécessaires ;
A D M I N I S T R A T I O N ET I N S P E C T I O N 6. Faire comprendre l'intérêt de la planification
au public, aux enseignants et aux administra-
Pour élaborer de façon satisfaisante les plans re- teurs et les faire participer activement à la
latifs à l'enseignement primaire, universel et obli- préparation des plans et des programmes ;
gatoire et pour les appliquer efficacement, il faut et
dans les pays intéressés, renforcer les rouages 7. Mener une propagande éducative en faveur des
administratifs de façon qu'ils puissent répondre plans en cours d'élaboration et de réalisation,
aux besoins qui se manifestent dans les principaux afin d'obtenir la plus large coopération pos-
domaines de leur ressort : sible de la part du public, des enseignants,
(i) Planification (aspects quantitatifs et qualitatifs) des administrateurs et des autres intéressés.
(ii) Exécution (direction, inspection, coordination,
organisation et mobilisation des ressources Etudes démographiques
en matière (a) de bâtiments scolaires, (b) de
mobilier, d'équipement et d'auxiliaires d'en- L a préparation des programmes d'enseignement
seignement et (c) de maîtres, d'inspecteurs primaire universel gratuit et obligatoire exige une
et de formation de personnel). grande diversité de données démographiques, no-
(iii)Evaluation (y compris l'établissement de tamment : (1) des statistiques relatives à l'en-
rapports) semble de la population du pays, revisées annuel-
(iv) Relations publiques lement et tenues à jour, (2)un système exact et
efficace d'enregistrement des naissances,des dé-
cès et de certification, (3)une étude des taux de
PLANIFICATION natalité et de mortalité et du problème de la fé-
condité, (4)la répartition détaillée de la popula-
Service spécialement chargé de la planification tion totale par année d'âge de un à quatorze ans,
(5) des prévisions concernant l'accroissement dé-
Il est absolument essentiel que chaque Etat orga- mographique, par période de cinq ans, tout au
nise aussi rapidement que possible un service spé- moins pour les vingt prochaines années, (6) des
cialement chargé de la planification et de l'applica- prévisions concernant les tendances du mouvement
tion du programme d'enseignement primaire uni- de la population, (7) la répartition géographique
versel, obligatoire et gratuit. Les principales at- des villages d'importance diverse, etc. E n consé-
tributions de ce service seraient les suivantes : quence, il est recommandé à chaque Etat d'orga-
1. Recueillir toutes les données fondamentales niser aussitôt que possible un service permettant
nécessaires pour la préparation des programmes de recueillir toutes ces données.

39
Création de services statistiques A cette fin, l'Unesco devrait offrir toute l'aidenéces-
saire aux Etats m e m b r e s qui en feraient la demande.
Il est recommandé à chaque Etat de prendre rapi-
dement des mesures en Vue de constituer des ser-
vices statistiques ou de renforcer les services DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET
existants, pour pouvoir recueillir périodiquement S O C I A L INTEGRE ET EQUILIBRE
toutes les données nécessaires dans le domaine de L e problème et sa solution,à l'échelon national
l'éducation, et d'y affecter des fonctionnaires ayant
reçu la formation voulue. Ceux-ci auraient grand
avantage à visiter d'autres Etats de la région afin
d'y étudier sur place le fonctionnement des ser- Jusqu'à présent, la principale faiblesse des plans
vices statistiques. E n conséquence, il est recom- de développement et de financement de l'enseigne-
mandé que l'Unesco encourage ces visites dans le ment élaborés par les ministères de l'éducation
cadre de son programme d'échanges ou sur la base des pays d'Asie a résidé dans le fait que ces plans
d'accords bilatéraux ou multilatéraux conclus à cet étaient distincts, au point de vue de la synchroni-
effet entre les Etats m e m b r e s eux-mêmes. sation et de la méthodologie, des plans nationaux
de développement. Certains pays se sont aperçus
Coopération de la population et des enseignants de cette erreur et ont pris les mesures nécessaires
pour y remédier. D e m ê m e , dans le passé,les
Etant donné l'importance que présente la coopéra- dépenses afférentes aux plans élaborés en matière
tion du public, il est recommandé d'associer plus d'enseignement n'ont pas été déterminées avec pré-
activement la population et les enseignants à l'éla- cision et(ou) n'ont été ni examinées de façon dé-
boration des programmes d'enseignement primaire taillée, ni approuvées par les autorités nationales
obligatoire et de mener une intense propagande afin chargées de la planification et du financement.Les
de s'assurer de leur part le m a x i m u m de coopéra- participants ont donc recommandé que les plans
tion pour l'application de ces programmes. nationaux d'enseignement soient, dans chaque pays
d'Asie, vérifiés et approuvés par les autorités na-
Enquêtes sur l'enseignement tionales chargées de la planification afin que ces
plans puissent s'insérer harmonieusement, en ce
Il est nécessaire d'effectuer des enquêtes sur l'en- qui concerne la synchronisation et la méthodologie,
seignement dans chaque pays de la région. L a na- dans le plan général de développement du pays. Les
e
ture et la portée de ces en uêtes varieront selon
les conditions locales. Toutefois, fl est recom-
participants ont, en outre, recommandé que les
besoins financiers énoncés à la section XIII ainsi
mandé à chaque Etat de la région de procéder aux que dans le plan de travail et afférents à chaque
enquêtes ngcessaires en temps voulu pour que plan national d'enseignement -dépenses renou-
puissent être élaborés des plans exacts et complets velables et non renouvelables, crédits prélevés
pour le développement de l'enseignement primaire sur les ressources intérieures et crédits prove-
obligatoire. -
nant de l'aide extérieure soient examinés de fa-
çon approfondie, approuvés et intégrés dans les
Aide extérieure prévisions financières du plan général de dévelop-
pement de chaque pays. Cette méthode permettrait
L'Unesco et les autres Institutions de coopération noh seulement de coordonner et d'harmoniser la
internationale sont invitées à aider les Etats planification et l'exécution du plan d'enseignement
m e m b r e s de la région à élaborer des plans d'ensei- dans le cadre du plan général de développement
gnement primaire obligatoire en fournissant (1) des national, mais aussi d'assurer à chaque pays un
avis d'experts ; (2) de l'équipement ; (3) des moyens développement économique et social intégré et
de formation (y compris des bourses d'études et de équilibré. Il est recommandé aux Etats m e m b r e s
perfectionnement) et (4)des subventions. Il est sug- d'Asie de prendre d'urgence les mesures néces-
géré, notamment, que l'Unesco organise aussi ra- saires pour la mise en oeuvre des deux recom-
pidement que possible, en un lieu favorable de la mandations ci-dessus. D'autre part, le Secréta-
région et à l'intention des Etats membres, un centre riat de l'Unesco devra aider les pays d'Asie à m e -
régional de formation en matière de planification ner cette tâche à bien et chacun de ces pays lui
de l'enseignement. adressera, si possible pour la fin du mois de juin
1960, un rapport sur ce programme intégré et équi-
Plans nationaux d'enseignement primaire libré de planification et de financement.
obligatoire
L e problème et sa solution à l'échelon régional
Il est recommandé à chaque Etat de mettre aupoint
un plan national détaillé d'enseignement primaire Il est recommandé que l'Unesco prenne contact
universel, obligatoire et gratuit. C e plan devrait avec 1'ECAFE et les autres organes compétents
s'intégrer de façon satisfaisante dans les plans gé- des Nations Unies en vue d'établir, pour l'Asie,
néraux d'ordre éducatif ainsi que dans les plans un plan de développement économique et social
d'ensemble du développement économique et social. équilibré et intégré, dans lequel la planification,
le développement et le financement de l'éducation
40 occuperont la place qui leur revient.
ANNEXE IV

CONFERENCE DE R E P R E S E N T A N T S D E S M I N I S T E R E S
DE L'EDUCATION D E S ETATS ARABES MEMBRES DE L ' U N E S C O
SUR LES BESOINS EN MATIERE D'EDUCATION

Beyrouth, 9-1 3 février 1960

PLANIFICATION DE L'EDUCATION

RESOLUTIONS en exprimeraient le désir à instituer des uni-


tés de planification de l'éducation, ainsi que
L a Conférence d'accorder des bourses pour l'étude des prin-
cipes généraux de cette planification,
Considérant que les pays arabes ressentent le be- (iii) l'Unesco est invitée à attirer l'attention de
soin pressant d'une planification générale tendant l'Organisation des Nations Unies et de l'Orga-
à relever le niveau économique et social, et que nisation internationale du travail sur le besoin
la planification de l'éducation susceptible de déve- de procéder à une enquête sur la main-d'oeuvre
lopper les capacités humaines fait partie intégrante et les .compétences actuellement existantes,
de la planification générale, ainsi que sur celles que requiert le dévelop-
Considérant, d'autre part, que les problèmes pement économique et social des pays arabes
des pays arabes, dans ces domaines, sont simi- à ses premiers stades.
laires et réagissent les uns sur les autres,
estime que l'action conjointe des pays arabes (b) Documentation, statistiques, recherches
peut revêtir les formes suivantes : et études pédagogiques

(a) Planification n serait souhaitable de créer, avec la colla-


boration de l'Unesco, un centre c o m m u n pour
(i) il serait opportun d'établir, avec l'aide de l'échange des documents en vue de la planifica-
l'Unesco, un centre de formation des cadres tion de l'éducation.
supérieurs de l'enseignement en vue de l'éla-
boration, de l'exécution et de l'adaptation con- (c) Orientation générale de l'éducation
tinue des plans d'éducation, dans le cadre de
-
la planification générale étant entendu que
ceci ne préjuge pas de la décision définitive
Il y a lieu d'organiser des réunions d'études et des
conférences régionales périodiques en vue de c o m -
quant à la structure de ce qui sera créé, parer les méthodes employées et de dégager des
(ii) Fz est demandé à l'Unesco d'aider, dans la moyens propres à adapter l'éducation aux exigences
mesure du possible, les gouvernements qui du développement économique et social.

41
ANNEXE V

CONFERENCE DES E T A T S AFRICAINS


SUR LE DEVELOPPEMENT DE L'EDUCATION EN AFRIQUE

Addis-Abéba, 15-25 m a i 1961

PLANIFICATION DE L'ENSEIGNEMENT

Problèmes essentiels concernant la planification pas formé leurs propres cadres, notamment leurs
de l'enseignement cadres supérieurs, le recours à des spécialistes
et à des professeurs étrangers, ainsi que l'octroi
L a Conférence recommande : de bourses de formation à l'étranger, soient pré-
1. Que les besoins en main-d'oeuvre hautement vus dans le cadre d'arrangements bilatéraux et
qualifiée fassent l'objet d'estimations précises ; multilatéraux ;
2. Que, pour résorber les excédents de main- 8. Que les Etats africains utilisent les tech-
d'oeuvre non qualifiée : niques et les auxiliaires pédagogique6 les plus m o -
l'enseignement primaire reçoive une orienta- dernes, qui peuvent pallier dans une certaine m e -
tion pratique et soit suffisamment développé sure les insuffisances quantitatives et qualitatives
et étendu pour cesser d'être un facteur d'aban- en personnel enseignant sans toutefois pouvoir r e m -
don des campagnes au profit des villes ; placer le contact du maître.
tous les enfants suceptibles de profiter de l'en-
seignement du second degré ou de l'enseigne- Etapes du processus de planification
ment technique aient accès aux établissements
correspondants dès que possible ; 1. Qu'une estimation -des besoins futurs de
les conditions d'existence dans les campagnes main-d'oeuvre selon la double classification par
soient amé1iorée.s par un vigoureux effort profession et par niveau d'instruction soit effec-
d'aménagement du territoire et de développe- tuée pour chaque pays avec l'aide de l'Unesco ;
ment communautaire ; 2. Que des prévisions relatives au nombre de
le statut agraire et le régime de succession diplômés qui sont actuellement censés sortir
immobilière soient, le cas échéant, modifiés. chaque année des établissements d'enseignement
3. Qu'en raison de l'insuffisance des ressources primaire, secondaire et supérieur soient établies
les gouvernements établissent des priorités entre dans chaque pays avec l'aide de l'Unesco ;
les différents degrés et les différents types d'en- 3. Qu'une estimation soit faite des besoins fu-
seignement, tout en assur-t un développement turs en personnel de niveau supérieur recruté à
équilibré de ces degrés et de ces types d'enseigne- l'étranger, par grandes catégories profession-
ment étroitement complémentaires, et en restant nelles, ainsi que de la durée de ces besoins,
fidèles au principe de l'enseignement primaire uni- compte tenu de l'intérêt qui s'attache à tirer le
versel, gratuit et obligatoire ; meilleur parti des ressources très limitêes exis-
4. Que la formation des martres et l'adaptation tant dans le monde à cet égard ;
et la réforme du contenu de l'enseignement soient 4. Qu'étant donné que l'enseignement ne suffit
considérées c o m m e prioritaires, et que la notion pas à assurer la formation de certains types de
de priorité soit appliquée aux besoins qualitatifs main-d'oeuvre, les employeurs en partagent la
c o m m e aux besoins quantitatifs ; responsabilité, selon des formules adoptées con-
5. Que l'enseignement technique et profession- jointement par 1'Etat et l'entreprise privée;
nel et la formation spécialisée soient considéra- 5. Qu'une estimation des augmentations d'effec-
blement développés dans les pays africains pour tifs nécessaires à long terme dans l'enseignement
répondre aux progrès techniques récents et aux primaire, secondaire et supérieur airsi que dans
exigences de leur développement, l'équilibre entre l'enseignement général, l'enseignement technique
l'enseignement général et l'enseignement technique et l'enseignement normal soit effectuée dans chaque
étant établi en fonction de besoins objectivement pays, avec l'aide de l'Unesco ;
déterminés ; 6. Qu'une évaluation critique des changements
6. Que, puisque la profession enseignante qualitatifs à long termenécessaires dans l'ensemble
souffre d'une défaveur marquée, des mesures du système d'enseignement soit effectuée par chaque
soient prises pour améliorer la condition du per- Pays *
sonnel enseignant tant sur le plan des traitements
que sur celui du prestige attaché à cette fonction.
7. Que, tant que les Etats africains n'auront

42
Mécanismes nécessaires en vue de la planification concernant les besoins futurs, de mettre au point
des programmes d'éducation et de formation de
1. Que les Ministères de l'éducation créent des la main-d'oeuvre, et de déterminer la politique
services de Planification dotés d'un personnel suf- à suivre en matière de recrutement de main-
fisant et dontles attributions seront les suivantes : d'oeuvre étrangère hautement qualifée, ainsi que
rassembler des statistiques sur l'éducation,déter- les mesures à prendre en matière de sécurité so-
miner le coût des plans relatifs à l'éducation, faire ciale dans le cadre des plans nationaux de déve-
des recommandations en ce qui concerne la ré- loppement économique et social, en étudiant no-
forme et la revision des programmes d'études, tamment le problème des "stimulants".
planifier le recrutement et la formation des maîtres, 3. Qu'il soit créé, dans tous les pays où il
établir des prévisions à long terme quant aux besoins n'existe pas encore de Ministère du plan ou de
en matière d'éducation, effectuer des recherches sur Commissariat au plan, une Commission intermi-
les méthodes pédagogiques nouvelles,formuler des nistérielle chargée de la planification coordonnée
plans pour le financement de l'éducation, et en parti- du développement économique et social, qui sera
culier pour la coordination de l'aide extérieure. directement rattachée au Cabinet du Premier Mi-
2. Que chaque pays crée, au sein d'un Ministère nistre. L e représentant du Ministère de l'éduca-
ou sous forme d'une Commission interministérielle, tion au sein de cette Commission devra faire ac-
une Commission de la main-d'oeuvre chargée d'éva- corder à l'éducation la place qui lui revient en
luer les ressources et les besoins actuels en main- tant qu'investissement productif et facteur de base
d'oeuvre, d'établir des prévisions à long terme du développement.

43
Nous signalons l'existence du système des
BONS DE L'UNESCO
Afin de remédier aux difficultés d'ordre monétaire
que soulèvent les achats à l'étranger
de livres, films, équipements de laboratoire, etc.,
l'Unesco a conçu une sorte de monnaie internationale,
le BON UNESCO
L e s BONS DE L'UNESCO fournissent
aux écoles, universités, professeurs et étudiants
d'un grand nombre de pays
la possibilité de se procurer aisément le matériel
dont ils ont besoin pour leurs études
ou leurs recherches

L e s BONS DE L'UNESCO sont en vente 1 permettent d'acheter :


dans la plupart des Etats membres
où il existe un contrôle des changes
Pour de plus amples renseignements, livres, périodiques,
s'adresser, dans chaque pays, photocopies,
microfilms,
à la commission nationale pour l'Unesco reproductions d'œuvres d'art,
ou, directement, diagrammes, globes terrestres,
au siège de l'Organisation.. cartes géographiques ;
partitions musicales,
dis que s ,
films éducatifs sous forme de :
L e BONDE VOYAGE UNESCO, a) copies positives et
nouvelle application contre-types ;
du système des BONS DE L'UNESCO, b) négatifs originaux et
contre-types ;
vise à écarte; les difficultés de change
et pellicule vierge de 1 6 m m .
qui entravent souvent pour tirage de ces films ;
les déplacements entrepris E des fins éducatives matériel scient if ique pour
ou culturelles : l'enseignement et la recherche
sortes de chèques de voyage internationaux, notamment :
les BONS DE VOYAGE UNESCO, instruments et matériel
d'optique, balances et poids,
fournissent aux étudiants,
verrerie de laboratoire,
aux professeurs et aux chercheurs appareils de mesure électrique
les devises dont ils peuvent avoir besoin et acoustique,
pour poursuivre leurs études appareils d'analyse et de
ou leurs travaux à l'étranger. contrôle, etc.

Toutes précisions utiles sont données dans le dépliant Ces dépliants seront
adressés aux personnes quz
LES BONS DE L'UNESCO en leront la demande au
ainsi que dans le dépliant
Service
L'UNESCO PRESENTE LE BON DE VOYAGE UNESCO des bons de l'Unesco
place de Fontenoy
où l'on trouvera la liste des organismes nationaux responsables
de la répartition et de l'émission des bons et les banques où
-
Paris '7
ceux-ci peuvent être échangés contre les devises nécessaires. France
PUBLICATIONS DE L'UNESCO :AGENTS GÉNÉRAUX

AFGHANISTAN : Panuzai. Press Departmeni, Royal ÉTHIOPIE :International Press Agency P.O. Box 120, O U G A N D A : Uganda Booksbop, P.O. Box 145,
Afghan Minisiiy of Educaiion,KADUL. Anuis ABADA. KAMPALA.
ALBANIE : N. SIi. Botimeve Naim Frasheri. TIRANA. FINLANDE :Akaleeminen Kirjakauppa, 2 Keskuskïtu. PAKISTAN : The West-Pak Publishing Co, Lid..
A L L E M A G N E (Rép.ïéd. d') : R. Oldenbourg Verlag. HELSINKI. Unesco Publicaiions House. P.O. Box 374. 56N
Unesco-Veririeb ïür Deutschland, Rosenheimer- F R A N C E : Librairie de l'Unesco. place de Fonicnoy. Gulberg Indusirial ColOnY. LAHORE.
sirasse 145. MUNCHEN8. PARIS-7'. C C P 12598-48. P A N A M A :Culiural Panamefia, avenida 7.9 n.O TI-49.
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N.A.) ATHENES. Libreria, Gral. Diaz 327. ASUNC~ON.
A R G E N T I N E : Editorial Sudarnericana,S. A.. Alsina G U A T E M A L A : Comisibn Nacional de la Unesco, P A Y S B A S : N. V. Mariinus Nijhoff, Lange Voor-
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AUSTRALIE : Melbourne University Press, 369 Lons- HAIT1 :Librairie u A la Caravelle *,36,rue Roux,B.P. P k R O U :ESEDAL. S.A.,Depariamento de Venta de
dale Sireet. MELBOURNE C. I (Victoria). I I 1, PORT-AU-PRINCE. Publicaciones. Edificio Santos, Jir6n Ica 441-A,
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