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Chapitre 3

Modélisation d’un risque vie

Nous étudions l’assurance lié à la vie de l’assuré. C’est à dire l’évènement générateur du sinistre est
directement lié à la survie ou au décès de l’assuré. Ces contrats sont très di↵érents de l’assurance dite
non-vie où l’évènement générateur du sinistre est complètement étranger à l’assuré, voir section 1.2.3.

3.1 Probabilités viagères

Considérons un individu dont la durée de vie est modélisée par la variable aléatoire T . Notons x son
âge actuel (entier). On définit la durée de vie résiduelle par Tx = T x et l’espérance de vie résiduelle
par E(T | Tx > 0). C’est e↵ectivement Tx notre quantité d’intérêt.

3.1.1 Notation

Les probabilités viagères sont définies soit à partir de T soit de Tx comme


— probabilité de survie :

t px = P (T > x + t | T > x) = P (Tx > t | Tx > 0),

— probabiltié de décès :

t qx = P (T  x + t | T > x) = P (Tx  t | Tx > 0).

pour x, t réels positifs. Par construction on a la relation

t px + t qx = 1 (3.1)

La probabilité de vie temporaire est définie par

s|t qx = P (x + s < T  x + s + t | T > x) = P (Tx 2]s, s + t] | Tx > 0). (3.2)

On adopte les notations suivantes

1 px = px , 1 qx = qx , 0|t qx = t qx , s|1 qx = s px .

C’est à dire on omet les indices quand s et t valent des valeurs particulières 0, 1 ou l’infini.

45
3.1.2 Propriétés

Par les relations de conditionnement, on peut montrer

s|t qx = s px s+t px , s+t px = s px ⇥ t px+s . (3.3)


En e↵et, partons de (3.2)

s|t qx = P (s < Tx  s + t | Tx > 0) = P (Tx 2]s, +1[\]s + t, +1[ | Tx > 0)


= P (Tx 2]s, +1[ | Tx > 0) P (Tx 2]s + t, +1[ | Tx > 0)
De plus par conditionnement par rapport {Tx > s}, on a

s+t px = P (Tx > s + t | Tx > 0) = P (Tx > s + t | Tx > 0, Tx > s)P (Tx > s | Tx > 0)
= P (Tx > s + t | Tx > s)P (Tx > s | Tx > 0)

3.1.3 Caractérisation de la loi de survie

La loi de probabilité de la variable aléatoire Tx peut être caractérisée des façons suivantes :
— la fonction de répartition Fx (t) = P (Tx  t | Tx > 0) = t qx ,
— la fonction de survie Sx (t) = P (Tx > t | Tx > 0) = t px ,
— la densité de survie fx (t) = Sx0 (t) = Fx0 (t),
— le taux instantané de mortalité ou taux de danger (hazard rate en anglais)
fx (t) Sx0 (t) d log t px
µx (t) = = = .
Sx (t) Sx (t) dt
La relation d’équivalence entre µ et t px est
✓ Z t ◆
t px = exp µx (s)ds .
0

Si µx (t) = µx pour t 2 [0, h[ pour h petit, alors on peut faire un développement limité en fonction de t
✓ Z t ◆
p
t x = exp µ x du = exp ( µx t) ) t qx = 1 exp ( µx t) ⇡ 1 (1 µx t + o(t)) = µx t + o(t) .
0

Le taux de mortalité s’interprète comme la probabilité de décès infinitésimale en utilisant la relation


t qx = µx ⇥ t + o(t) ) µx ⇡ 1/t ⇥ t qx pour t petit. En particulier, on trouve sur un an µx ⇡ qx , sur un
semestre µx ⇡ 21/2 qx ou encore sur un jour µx ⇡ 3651/365 qx .

En pratique, l’e↵et de l’âge x et du temps t s’additionne dans les modèles paramétriques donc on note
µx (t) = µ0 (x + t) = µx+t le taux de mortalité de la variable Tx . Par abus de notation, on note µx le taux
de mortalité de la variable T en prenant x = 0.

Pour des âges quelconques, l’espérance de vie résiduelle est l’intégrale de sa fonction de survie puisque
la variable aléatoire est positive Z Z1 1
ex = Sx (t)dt = t px dt.
0 0
Pour des âges entiers, on étudie la partie entière bTx c = Kx . Dans ce cas là, l’espérance de vie résiduelle
est
X1 1
X X1
ex = kP (k 1 < Tx  k | Tx > 0) = k(k px k 1 px ) = k px .
k=1 k=1 k=0

46
3.2 Modèles de durées

3.2.1 Lois paramétriques usuelles

Loi de De Moivre (1729)

Pour ! fixé, l’hypothèse est T ⇠ U(0, !). Donc

P (0 < Tx  t) P (x < T  x + t) x+t x ! t


Fx (t) = P (Tx  t | Tx > 0) = = = = = t qx .
P (Tx > 0) P (T > x) ! ! x ! x
Ainsi pour 0  x  x + t  !
t ! x t 1
t px =1 = , µx+t = .
! x ! x ! x t

Loi de Gompertz (1825)

Soient c 1 et b > 0. L’hypothèse de Gompertz est µx = bcx . Donc


Z x+t Z x+t  u x+t
c cx+t cx
µu du = beu log(c) du = b =b .
x x log(c) x log(c)

Ainsi ✓ ◆
cx+t cx
t px = exp b .
log(c)
On obtient bien une fonction de survie pour c 1 et b > 0.

Loi de Makeham (1867)

Soient c 1, b > 0 et a + b 0. L’hypothèse est µx = a + bcx . Donc


Z x+t Z x+t
cx+t cx
µu du = (a + beu log(c) )du = at + b .
x x log(c)
Ainsi ✓ ◆
cx+t cx
t px = exp( at) exp b .
log(c)
On obtient bien une fonction de survie pour c 1, b > 0 et a + b > 0. Dans la directive Solvabilité 2, on
utilise ce modèle avec a = 0.0007, b = 0.00005 et c = 1.08.

Loi de Weibull (1939)

Soient k > 0 et n > 0. L’hypothèse est µx = kxn (attention plusieurs paramétrisations existent). Ainsi

t px = exp[ k/(n + 1)((x + t)n+1 xn+1 )].

47
3.2.2 Estimation non-paramétrique : tables de mortalité

Notation

En pratique les paramètres sont calibrés des jeux de données de survie. Ces jeux de données sont
appelés tables de mortalité et se présente sous la forme suivante

x lx dx
0 l0 d0
.. .. ..
. . .
n 0 dn

avec x l’âge, lx le nombre de d’individus d’âge au moins x et dx = lx lx+1 le nombre de décès à l’âge x.

Les tables de mortalité représente la survie de l0 individus (typiquement l0 ) pendant la durée d’ob-
servation. Certaines tables ne contiennent pas l’information lx mais Lx = (lx + lx+1 )/2 représentant la
population moyenne entre les âges x et x + 1. Il faut donc recalculer lx+1 = 2Lx lx à partir d’un l0
connu.

Pour les âges entiers, des estimateurs non-paramétriques simples des probabilités px et qx sont donnés
par
lx+1 dx
p̂x = , q̂x = =1 p̂x .
lx lx
On en déduit pour t entier
lx+t
tc
px = p̂x . . . p̂x+t 1 = .
lx

Exemple avec la table TD8890

Un exemple de table de mortalité TD8890 est donné dans le tableau 3.1 issue d’une étude entre 1988 et
1990 sur la population française masculine basées sur des données de l’INSEE. La table a été officiellement
adoptée par le décret du 27 avril 1993 en assurance vie. Une table équivalente TV8890 est disponible pour
la population féminine.
x lx x lx x lx x lx x lx x lx x lx x lx x lx
0 100000 12 98793 24 97677 36 95676 48 91833 60 81884 72 61285 84 25962 96 1635
1 99129 13 98771 25 97524 37 95463 49 91332 61 80602 73 58911 85 22780 97 1115
2 99057 14 98745 26 97373 38 95237 50 90778 62 79243 74 56416 86 19725 98 740
3 99010 15 98712 27 97222 39 94997 51 90171 63 77807 75 53818 87 16843 99 453
4 98977 16 98667 28 97070 40 94746 52 89511 64 76295 76 51086 88 14133 100 263
5 98948 17 98606 29 96916 41 94476 53 88791 65 74720 77 48251 89 11625 101 145
6 98921 18 98520 30 96759 42 94182 54 88011 66 73075 78 45284 90 9389 102 76
7 98897 19 98406 31 96597 43 93868 55 87165 67 71366 79 42203 91 7438 103 37
8 98876 20 98277 32 96429 44 93515 56 86241 68 69559 80 39041 92 5763 104 17
9 98855 21 98137 33 96255 45 93133 57 85256 69 67655 81 35824 93 4350 105 7
10 98835 22 97987 34 96071 46 92727 58 84211 70 65649 82 32518 94 3211 106 2
11 98814 23 97830 35 95878 47 92295 59 83083 71 63543 83 29220 95 2315 107 0

Table 3.1 – Table TD8890

48
Sur la table TD8890, les estimateurs simples de px et qx ont été calculés et sont donnés dans le tableau
3.2.
x lx dx px qx x lx dx px qx
0 100000 871 0.99129 0.00871 60 81884 1282 0.9843437 0.01565629
1 99129 72 0.9992737 0.0007263263 61 80602 1359 0.9831394 0.01686062
2 99057 47 0.9995255 0.0004744743 62 79243 1436 0.9818785 0.01812147
3 99010 33 0.9996667 0.0003332997 63 77807 1512 0.9805673 0.0194327
4 98977 29 0.999707 0.0002929974 64 76295 1575 0.9793564 0.02064355

Table 3.2 – Estimation de probabilités viagères sur TD8890

Décès dans l'année probabilité de survie et décès annuelle

1.0
1000 1500 2000 2500 3000

0.8
0.6
Prob(x) p_x
dx

q_x
0.4
0.2
500

0.0
0

0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100

x Age x

Figure 3.1 – Graphiques de dx , px et qx sur TD8890

3.3 Valeurs actuelles

Pour une série de flux connus F0 , F1 , . . . , une série de conditions de paiments aléatoires C0 , C1 , . . . et
un facteur d’actualisation 0 < v < 1 (hypothèse de constance du taux d’intérêt), la valeur actuelle des
flux est
X1
VA= Fk v k 1Ck .
k=0

Nous allons présenter deux exemples qui sont intimement liés.

Des exemples sont donnés ci-dessous :


— figure 3.2, F0 = 0, F1 = F2 = · · · = r, Ci est la condition ’être en vie en t = i’.
— figure 3.3, F0 = 0, pour i 6= k, Fi = 0 et Fk = c, Ck est la condition ’être en vie pour la kème
période’.
— figure 3.4, F0 = 0, pour i 6= k, Fi = 0 et Fk = c, Ck est la condition ’être en décédé pour la kème
période’.

49
pendant la kème période.
60 0.9843 0.0157 0 1 1 1 0.0157 0.0153
61 0.9831 0.0169 1 0.9843 re0.975 0.9597 0.0169 0.0158
62
1.3.1 0.9819
Rentes 0.0181
viagières 2 0.9677 0.9506 0.92 0.0181 0.0163
63 0.9806 0.0194 3 0.9502 0.9269 0.8807 0.0194 0.0167
64 0.9794 0.0206 4 0.9317 re
0.9037 0.842 0.0206 0.0169
r r r r r
65 0.978
0.022 5 0.9125 0.8811 0.804 0.022 0.0173
66 0.9766
0.0234 r 6 0.8924 r 0.8591r 0.7667 r 0.0234 r 0.0175
t67
=0 0.9747
0.0253
t=1 7 0.8715 t = 2 0.8376 t0.73
=3 0.0253 t = w x0.0181 t=w x
68 0.9726
t0.0274
=0 8t = 1 0.8495t = 2 0.8167 t = 30.6937t = w0.0274
x 1 0.0185
t=w x

69 0.9703
0.0297
Figure
91.2 –0.8262
Exemplede
0.7962
de rente
0.6579
viagère
0.0297
à terme échu
0.019
FigureFigure
1.2 –3.2Exemple
– Exemple de rente
rente viagère
viagère à terme
à terme échu échu
ce ...
= k
Déterminez les annuités 60 ...
10.000 x =0|365ä60 , 2|3 ä=
r =suivantes ce et 5|3c äk60 et les équivalents à termes échus pour
v = 0.975. On
r=trouve
10.000 x = 65i = 3.5% c
0|3 ä60 2|3 ä60 7%tä=600 0|3 a60 2|3 a60 5|3 a60
t=k
i =5|3
Figure 1.3 – Exemplena de capital e vie di↵éré
2.8797 2.642682
i = 3.5% 2.300662 2.760411 2.526727 2.190385
ti =
= 03,
Définition 1.3.2 (Rente viagière à termes Rnanticipés). k
= na. .(1 + i)Unec.N
rente t = k à termes anticipés est une
viagière
i
série annuelle de flux de 1e N i = 7%
jusqu’au
a5% V
décès de l’individu à commencer
t=k
d’aujourd’hui. Ses valeurs
e di↵éré
V

1.3.2 Capitaux Figure


au décès 1.3 –3.3
Figure Exemple na de
– Exemple capital
de capital vie di↵éré
k cec.N
Définition 1.3.2 (Rente viagière à termes Rnanticipés).
it ==0 t3, = na. .(1 + i)Une
a5% rente
V viagière à termes anticipés est u
=k t=k+1
i
érie annuelle de flux de 1e N
jusqu’au décès de l’individu àk commencer d’aujourd’hui. Ses valeu
c tk +
= 1k
V

t=0 t=k t=k+1

Figure 1.4 –3.4Exemple


Figure de capital
– Exemple décès
de capital di↵éré
décès
Définition 1.3.8 (Capital au décès). Un capital au décès est le versement de 1e en fin d’année
du décès. Ses valeurs k + 12
3.3.1 Définition deactuelle
la renteet actuelle
viagèreprobable sont
t=k+1
1
X ✓ ◆ X 1
k+1 k+ 12 1
2k+1 p ⇥ q
VA(capdec) = v 11k+1E(R1T) x=>k , (1
VAP(capdec)
+ i) cq =.(1 + i)v k x x+k = Ax .
Une rente viagère (à termes
k=0
anticipés) est une série annuelle de
k=0
flux de 1 euro jusqu’au décès de
l’individu à commencer d’aujourd’hui. t = k + 12
Par définition, le capital est à terme échu.
q 1
t=k t=k+1
X
Définition 1.3.9 (Capital auz̈ décès avec
v k 1Txdi↵éré et temporaire). n Un capital au décès avec différé
x = >k = 1 + v + · · · + v + . . . (3.4)
et temporaire est le versement de k=0 1e en fin d’année du décès seulement si le décès a lieu entre
[s, s + t[. Ses valeurs actuelle et actuelle probable sont
Nous allons ré-écrire cette valeur actuelle.
s+t
X1 s+t
X1
VA(capdec) = v k+1 11k+1 Tx >k , VAP(capdec) = v k+1 k px ⇥ qx+k = s|t Ax .
k=s k=s
3.3.2 Réécriture avec la rente certaine
Exemple 1.3.10. Toujours pour un individu d’âges x = 60 et v = 0.975, on obtient les valeurs de
rente suivantes à partir de la table TD8890 (cf. 1.1).
L’évènement {Tx > k} peut se réécrire comme une union d’évenement disjoints {j + 1 Tx > j} pour
j = k, . . . , +1. Ainsi on obtientAsi60P (Tx =|10
k)A= A60 k 2 N5|10 A60
60 0 pour 5|tout

0.629797 0.1712248 0 0.5488664 0.1940527 1


X1 1
X X1 1
X
z̈x = vk 1j+1 Tx >j = v k @1k+1>Tx >k + 1j+1>Tx j A
k=0 j=k k=0 j=k+1
0 1
1
X 1
X 1
X 1
X 1
X j
X
= v @1bTx c=k +
k
1bTx c=j
A= v k
1bTx c=j = 1bTx c=j vk .
k=0 j=k+1 k=0 j=k j=0 k=0

50
en changeant l’ordre des indices 0  k  j  1. Ainsi
bTx c
X
z̈x = v k = 1 + v + · · · + v bTx c (3.5)
k=0

C’est la somme d’une suite géométrique de raison v avec un nombre aléatoire de termes égal à bTx c. Cette
suite est en fait une rente certaine de facteur d’actualisation v et de temporaire bTx c.

Une annuité éternelle certaine (sans condition de survie) est la série d’une unité monétaire au début
chaque période. Elle a pour valeur actuelle la série géométrique de raison v
1
ä = 1 + v + v 2 + · · · =
,
1 v
L’annuité temporaire certaine est la série d’une unité monétaire au début chaque période pendant n
période. Elle a pour valeur actuelle la somme des n premiers de la suite géométrique de raison v
1 vn
ä n = 1 + v + v 2 + · · · + v n . 1
=
1 v
Cette expression de la rente certaine de temporaire n nous permet de réécrire la valeur actuelle des rentes
viagères.
1 v bTx c+1
z̈x = = äbTx c+1 (3.6)
1 v

3.3.3 Réécriture avec un capital au décès

On peut déterminer une relation fondamentale (p.s. sur les variables aléatoires) en cherchant à égaliser
à 1 l’équation (3.6). On trouve
v bTx c+1
1
(1 v) + v bTx c+1 = 1 , (1 v)z̈x + Zx = 1 (3.7)
1 v
On définit donc la valeur actuelle Zx d’un nouvel objet garantissant une unité monétaire en fin d’année
du décès. Ce contrat est appelé au capital au décès. On récapitule dans le tableau 3.3 les équations (3.4),
(3.5), (3.6) et (3.7).

rente viagère capital au décès


P
1 bT
P xc
1 v bTx c+1
VA z̈x = v k 1Tx >k = vk = 1 v Zx = v bTx c+1
k=0 k=0

lien entre VA (1 v)zx + Zx = 1

Table 3.3 – bilan des valeurs actuelles

3.4 Valeurs actuelles probables

3.4.1 Valeur actuelle probable

Pour une série de flux connus F0 , F1 , . . . , une série de conditions de paiements aléatoires C0 , C1 , . . .
et un facteur d’actualisation 0 < v < 1 (hypothèse de constance du taux d’intérêt), la valeur actuelle

51
probable est l’espérance conditionnelle de la valeur actuelle
1
X
V AP = E(V A | Tx > 0) = Fk v k P (Ck ).
k=0

On suppose toujours que l’individu est en vie en t = 0.

3.4.2 Définition des rentes et capitaux standards

Déterminons les VAPs des deux produits génériques introduits précédemment zx et Zx . En utilisant
la relation (3.4), on trouve
1
! 1 1
X X X
k k
E(z̈x |Tx > 0) = E v 1Tx >k |Tx > 0 = v E (1Tx >k |Tx > 0) = v k k px .
k=0 k=0 k=0

On la notera äx .

En utilisant la relation (3.7),


1
X
bTx c+1
E(Zx |Tx > 0) = E(v |Tx > 0) = v k+1 P (bTx c = k|Tx > 0).
k=0

Déterminons donc la fonction de masse de probabilité de la variable bTx c. Pour ce faire, on définit la
variable aléatoire Kx = bTx c appelé le temps résiduel abrégé. Cette variable est par construction entière
tandis que Tx est supposée continue positive. La fonction de masse de probabilité de Kx est

P (Kx = k) = P (k + 1 > Tx k|Tx > 0) = P (k + 1 Tx > k|Tx > 0)


= P (k + 1 Tx > k|Tx > 0, Tx > k)P (Tx > k|Tx > 0)
= P (1 Tx k|Tx k > 0)P (Tx > k|Tx > 0) = qx+k ⇥ k px = k|1 qx .

Ces valeurs k|1 qx servent directement dans la VAP des capitaux au décès.
1
X
E(Zx |Tx > 0) = v k+1 qx+k ⇥ k px .
k=0

Cette VAP sera noté Ax .

Les deux points de äx et z̈x soulignent que la rente est anticipé : donc versée en début de période,
contrairement au capital Ax qui est nécessairement versé en fin de période. On peut définit une rente à
termes échus, versée en fin de période.
bTx c+1 1
X X
zx = v k = v + · · · + v bTx c+1 , ax = v k k px . (3.8)
k=1 k=1

La relation entre les variables aléatoires z̈x et Zx reste évidemment vrai en espérance. Considérons un
âge x 2 N, un taux d’actualisation v 2]0, 1[. En réexprimant la probabilité de décès (exactement) à l’âge
x + k, on a
k px ⇥ qx+k = k px k+1 px

52
Par les définitions des VAPs, cela entraine
1
X 1
X
v k+1 k px ⇥ qx+k = v k+1 (k px k+1 px )
k=0 k=0

Ainsi on trouve
1
X 1
X 1
X 1
X
Ax = v k+1 k px v k+1 k+1 px = väx + v 0 0 px v k+1 k+1 px = väx + 1 v i i px = 1 äx + väx
k=0 k=0 k= 1 i=0

Autrement dit
(1 v)äx + Ax = 1. (3.9)
Dans le tableau 3.4, nous listons tous les notations de valeurs actuelles (probables).

rente viagère anticipé rente viagère à termes échus capital au décès


bT
P xc bTP
x c+1
VA z̈x = vk zx = vk Zx = v bTx c+1
k=0 k=1
P1 k
P1 k
P1 k+1 q
VAP äx = k=0 v k px ax = k=1 v k px Ax = k=0 v x+k ⇥ k px
liens entre VAP (1 v)äx + Ax = 1, äx = 1 + ax

Table 3.4 – bilan des valeurs actuelles

3.4.3 Rentes/capitaux avec di↵éré et temporaire

Une rente viagère di↵éré et temporaire est une série annuelle de flux de 1 euro jusqu’au décès de
l’individu dont les versements ne peuvent avoir lieu qu’entre [s, s + t[. s joue le rôle de di↵éré et t de
temporaire. La valeur actuelle d’un tel contrat est
s+t
X1
s|t z̈x = z̈x ⇥ 1sTx <s+t = v k 1Tx >k .
k=s

Ainsi la VAP se déduit facilement en adaptant les indices de les formules du tableau 3.4.
s+t
X1
E(s|t z̈x |Tx > 0) = v k k px = s|t äx (3.10)
k=s

A termes échus (paiements entre ]s, s + t]), on obtient de manière analogue


s+t
X
s|t ax = v k k px . (3.11)
k=s+1

Les rentes peuvent être seulement temporaires de t années si s = 0 et notée |t äx = 0|t äx , |t ax = 0|t ax , ou
seulement di↵érés de s années si t = 1 et notée s| äx = s|1 äx , s| ax = s|1 ax .

53
rente viagère anticipé rente viagère à termes échus capital au décès
bT
P xc bTP
x c+1
VA s|t z̈x = v k ⇥ 1sTx <s+t s|t zx = v k ⇥ 1sTx <s+t s|t Zx = v bTx c+1 ⇥ 1sTx <s+t
k=0 k=1

P1
s+t P
s+t P1
s+t
VAP s|t äx = v k k px s|t ax = v k k px s|t Ax = v k+1 qx+k ⇥ k px
k=s k=s+1 k=s

Table 3.5 – bilan des valeurs actuelles avec di↵érés et temporaires

3.4.4 Exemple manuel de rentes à l’aide de table

Pour un individu d’âges x = 60, on peut déterminer quelques rentes viagères manuellement pour des
temporaires petits. On se sert de la table TD8890 auquel on a précalculé certaines colonnes. Notamment
pour tout entier k, on utilise la récurrence

k p60 =k 1 p60 ⇥ p60+k 1.

x px qx k k p60 q60+k
60 0.9843 0.01566 0 1 0.01566
61 0.9831 0.01686 1 0.9843 0.01686
62 0.9819 0.01812 2 0.9677 0.01812
63 0.9806 0.01943 3 0.9502 0.01943
64 0.9794 0.02064 4 0.9317 0.02064
65 0.978 0.02202 5 0.9125 0.02202
66 0.9766 0.02339 6 0.8924 0.02339
67 0.9747 0.02532 7 0.8715 0.02532
68 0.9726 0.02737 8 0.8495 0.02737
69 0.9703 0.02965 9 0.8262 0.02965

Déterminons les annuités suivantes 0|3 ä60 , 2|3 ä60 et 5|3 ä60 et les équivalents à termes échus pour v = 0.975.
On sélectionne les bons termes du tableau précédent
0+3
X1
0|3 ä60 = v k k p60 = 0 p60 + v 1 p60 + v 2 2 p60
k=0

2+3
X1
2|3 ä60 = v k k p60 = v 2 2 p60 + v 3 3 p60 + v 4 4 p60
k=2
5+3
X1
5|3 ä60 = v k k p60 = v 5 5 p60 + v 6 6 p60 + v 7 7 p60
k=5
0+3
X
0|3 a60 = v k k p60 = v 1 p60 + v 2 2 p60 + v 3 3 p60
k=1
2+3
X
2|3 a60 = v k k p60 = v 3 3 p60 + v 4 4 p60 + v 5 5 p60
k=3

54
5+3
X
5|3 a60 = v k k p60 = v 6 6 p60 + v 7 7 p60 + v 8 8 p60 .
k=6

Toujours pour un individu d’âges x = 60 et v = 0.975, on peut aussi calculer pour d’autres di↵érés et
Effet du (cf.
temporaire. On obtient les valeurs de rente suivantes à partir de la table TD8890 différé
3.1).

10 15 20 25 30 35
s|t s|t ä60 s|t a60
m=0
m=5
m=10
0|3 2.8797 2.760411 m=15

rente viagère
2|3 2.642682 2.526727
0|3 2.8797 2.760411
0|10 8.254685 7.877093

5
5|3 2.300662 2.190385

0
5|10 6.415433 6.060994
0 20 40 60 80 100

On constate que quand le di↵éré augmente, cela diminue la VAP ; quand le temporaire âge x augmente, cela
curve(aXn(soa08Acttb, x=x), from=0, to=105, n=106, ylim=c(0,35), ylab="rente viagère", main="Effet du tem
augmente la VAP ; que les rentes à terme échu ax ont une valeurx=x,
curve(aXn(soa08Acttb, plus faible
n=30), from=0, que
to=105,celles à terme
n=106, add=TRUE, lty=2)anticipé
curve(aXn(soa08Acttb, x=x, n=20), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=3)
äx . Voir aussi la figure 3.5. curve(aXn(soa08Acttb, x=x, n=10), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=4)
legend("topright", lty=1:4, col=1, leg=paste("n", c(Inf, 30, 20, 10), sep="="))

Effet du différé Effet du temporaire


10 15 20 25 30 35
10 15 20 25 30 35

m=0 n=Inf
m=5 n=30
m=10 n=20
m=15 n=10
rente viagère
rente viagère

5
5

0
0

0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100

âge x âge x
curve(aXn(soa08Acttb, x=x), from=0, to=105, n=106, ylim=c(0,35), ylab="rente viagère", main="Effet du temporaire", xlab="âge x")
curve(aXn(soa08Acttb, x=x, n=30), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=2) 8
Figure 3.5 – VAP d’une rente viagère
curve(aXn(soa08Acttb, x=x, n=20), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=3)
curve(aXn(soa08Acttb, x=x, n=10), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=4)
legend("topright", lty=1:4, col=1, leg=paste("n", c(Inf, 30, 20, 10), sep="="))

Effet du temporaire
10 15 20 25 30 35

3.4.5 Exemple manuel de capitaux aun=Inf


décès à l’aide de table
n=30
n=20
n=10
rente viagère

Toujours pour un individu d’âges x = 60 et v = 0.975, on peut déterminer les valeurs de capitaux
à partir de la table TD8890 (cf. 3.1). On se sert de la table TD8890 auquel on a précalculé certaines
colonnes.
5
0

0 20 40 60 80 100

âge x

55
x px qx k k p60 q60+k
60 0.9843 0.01566 0 1 0.01566
61 0.9831 0.01686 1 0.9843 0.01686
62 0.9819 0.01812 2 0.9677 0.01812
63 0.9806 0.01943 3 0.9502 0.01943
64 0.9794 0.02064 4 0.9317 0.02064
65 0.978 0.02202 5 0.9125 0.02202
66 0.9766 0.02339 6 0.8924 0.02339
67 0.9747 0.02532 7 0.8715 0.02532
68 0.9726 0.02737 8 0.8495 0.02737
69 0.9703 0.02965 9 0.8262 0.02965

Déterminons les capitaux suivants 0|2 A60 , 2|2 A60 et 4|2 A60 et 0|3 A60 , 2|3 A60 et 4|3 A60 pour v = 0.975.
On sélectionne les bons termes du tableau précédent
0+2
X1 2+2
X1
|2 A60 = v k+1 k p60 ⇥ q60+k , 2|2 A60 = v k+1 k p60 ⇥ q60+k
k=0 k=0

4+2
X1 0+3
X1
4|2 A60 = v k+1 k p60 ⇥ q60+k , |3 A60 = v k+1 k p60 ⇥ q60+k
k=4 k=0
2+3
X1 4+3
X1
2|3 A60 = v k+1 k p60 ⇥ q60+k , 4|3 A60 = v k+1 k p60 ⇥ q60+k .
k=0 k=4
On trouve
|2 A60 2|2 A60 4|2 A60

0.03104208 0.03294106 0.03420562

|3 A60 2|3 A60 4|3 A60

0.04729641 0.04988852 0.05168699


Pour des temporaires plus long, on trouve
A60 |10 A60 5| A60 5|10 A60

0.629797 0.1712248 0.5488664 0.1940527

Voir aussi la figure 3.6. La relation rente/capital se vérifie : pour x = 60 et v = 0.975

(1 v)ä60 + A60 = 0.025 ⇥ 14.80812 + 0.629797 = 1.

3.4.6 Capitaux et rentes (dé)croissantes

Une rente viagère à termes anticipés croissante est une série croissante de flux annuels de 1 euro, 2
euro, 3 euro, . . .jusqu’au décès de l’individu à commencer d’aujourd’hui. Sa valeur actuelle probable est
1
X
(Iä)x = (k + 1)v k k px .
k=0

56
âge x
curve(AXn(soa08Acttb, x=x), from=0, to=105, n=106, ylim=c(0,1), ylab="capital au décès", main="Effet du t
curve(AXn(soa08Acttb, x=x, n=30), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=2)
curve(AXn(soa08Acttb, x=x, n=20), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=3)
curve(AXn(soa08Acttb, x=x, n=10), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=4)
legend("topleft", lty=1:4, col=1, leg=paste("n", c(Inf, 30, 20, 10), sep="="))

Effet du différé Effet du temporaire

1.0
1.0
m=0 n=Inf
m=5 n=30

0.8
0.8

m=10 n=20

capital au décès
n=10
capital au décès

m=15

0.6
0.6

0.4
0.4

0.2
0.2

0.0
0.0

0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100

âge x âge x
curve(AXn(soa08Acttb, x=x), from=0, to=105, n=106, ylim=c(0,1), ylab="capital au décès", main="Effet du temporaire", xlab="âge x")
curve(AXn(soa08Acttb, x=x, n=30), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=2) 10
Figure 3.6 – VAP d’un capital au décès
curve(AXn(soa08Acttb, x=x, n=20), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=3)
curve(AXn(soa08Acttb, x=x, n=10), from=0, to=105, n=106, add=TRUE, lty=4)
legend("topleft", lty=1:4, col=1, leg=paste("n", c(Inf, 30, 20, 10), sep="="))

Effet du temporaire

Une rente viagère à termes anticipés croissante temporaire est une série croissante de flux annuels de 1
1.0

n=Inf
euro, 2 euro,n=30
3 euro, . . .jusqu’au décès de l’individu à commencer d’aujourd’hui pendant au plus t années
0.8

n=20
à partir de sn=10
années. Sa valeur actuelle probable est
capital au décès

0.6

s+t
X1
s|t (Iä)x = (k + 1)v k k px .
0.4

k=s
0.2
0.0

Une rente viagère à termes anticipés croissante est une série décroissante de flux annuels de n euro,
n 1 euro,0 n 202 euro,40. . .jusqu’au
60 décès
80 de l’individu
100 à commencer d’aujourd’hui (pendant au plus n
années). Ses valeurs actuelleâgeetx actuelle probable sont
10 n
X1
|n (Dä)x = (n k)v k k px = .
k=0

Un capital au décès croissant est le versement de k + 1 euro lorsque l’année du décès est k. Ses valeurs
actuelle et actuelle probable sont
1
X
(IA)x = (k + 1)v k+1 k px ⇥ qx+k .
k=0

Comme pour le capital classique, le capital croissant est à terme échu.

Un capital au décès croissant temporaire est le versement de k + 1euro lorsque l’année du décès est k
pour k  n 1. Ses valeurs actuelle et actuelle probable sont
n
X1
|n (IA)x = (k + 1)v k+1 k px ⇥ qx+k .
k=0

Un capital au décès croissant di↵éré est le versement de k + 1euro lorsque l’année du décès est k pour
k n. Ses valeurs actuelle et actuelle probable sont
1
X
n|1 (IA)x = (k + 1)v k+1 k px ⇥ qx+k .
k=n

57
On peut montrer les relations suivantes
1
X n
X1
(IA)x = k|1 Ax , |n (IA)x = k|n k Ax .
k=0 k=0

3.5 Répartition des décès dans l’année

Par construction, les tables de mortalité ne présentent pas les âges non entier. Ainsi, si on le souhaite
estimer les probabilités viagères pour des âges non-entiers, alors on doit faire des hypothèses de répartition
des décès dans l’année. Il en existe 3 types.

3.5.1 Répartition uniforme dans l’année

La répartition uniforme dans l’année suppose Tx = bTx c + U où U ⇠ U(0, 1) indépendante de Tx . Ainsi
pour t 2]0, 1[

t qx = P (Tx  t|Tx > 0) = P (bTx c + U  t|Tx > 0)


= P (bTx c + U  t|bTx c = 0, Tx > 0)P (bTx c = 0|Tx > 0) = qx P (U  t) = qx ⇥ t.

Donc c’est une interpolation linéaire puisque pour t 2]0, 1[, t qx = tqx et t px = 1 tqx . Le taux instantané
de mortalité obtenu par dérivation de log t px est donc croissant

( t px ) 0 qx
8t 2 [0, 1[, µx (t) = = .
t px 1 tqx

3.5.2 Hypothèse de Balducci

tqx
L’hypothèse de Balducci suppose pour t 2]0, 1[, t qx = 1 (1 t)qx Ainsi

tqx tqx tqx


t px =1 t qx =1 =1 =1
1 (1 t)qx 1 qx + tqx px + tqx

donc t px = px /(px + tqx ), c’est une interpolation hyperbolique puisque

1 px + t(1 px ) 1 1 1
= =1+t + t( 1) = t + (1 t) .
p
t x px px px px+1

L’hypothèse de Balducci peut se réécrire 1 t qt+x = (1 t)qx .

Le taux instantané de mortalité obtenu par dérivation de log t px est donc décroissant
0 px qx /(px + tqx )2
t px qx
µx (t) = = = .
t px px /(px + tqx ) px + tqx

58
3.5.3 Constance du taux de mortalité

L’hypothèse de constance du taux de mortalité suppose pour t 2]0, 1[, µt+x = µx . Ainsi
✓ Z t ◆ ✓ Z t ◆
t px = exp µx+s ds = exp µx ds = exp ( tµx ) .
0 0

donc t px = (px )t . Le taux instantané de mortalité est constant par construction.

3.5.4 Choix usuel

Le choix se fait par des critères qualitatifs. L’hypothèse de Balducci n’est pas raisonnable car les
personnes rajeunissent entre deux ages entiers. Les deux autres hypothèses sont plus pertinentes mais il
est possible d’ordonner les fonctions de survie. Posons t = k + r > 0 avec k = btc et r = frac(t).

t px = P (Tx  k|Tx > 0)P (Tx  k + r|Tx > 0, Tx > k) = k px P (Tx+k  r|Tx+k > 0) = k px ⇥ r px+k

Pour les deux hypothèses restantes, on obtient



1 r(1 px+k ) si répart. unif.
t px = btc px ⇥
(px+k )r si const. tx mortalité

En utilisant (1 + y)r  1 + ry pour 0  r  1, on montre 1 r(1 px+k ) (px+k )r . Ainsi la fonction de


survie sous hypothèse d’uniforme répartition est plus grande que la fonction de survie sous hypothèse de
constance du taux de mortalité.

8r 2 [0, 1[, 1 r(1 px+k ) (px+k )r ) Sxunif (t) Sxconst (t)

La prudence veut qu’on sur-estime la mortalité pour la garantie décès et qu’on la sous-estime pour la
garantie rente de manière à ce que les VAPs associées soient plus élevées. Autrement dit en comparant la
fonction de survie, on constate que Sxunif (t) sous-estime et Sxconst (t) sur-estime la mortalité. Ainsi pour
des garanties décès, il est plus prudent d’utiliser l’hypothèse de constance du taux de mortalité, et pour
les garanties rente, d’utiliser l’hypothèse d’uniforme répartition.

3.6 Relations avec escompte et récurrences

3.6.1 Facteur d’escompte viager

Considérons un âge x 2 N et s, t 2 N. Partons de la définition de la rente viagère avec di↵éré et


temporaire (3.10)
s+t
X1 +1
X +1
X
k k
s|t äx = v k px = v k px v k k px
k=s k=s k=s+t

On obtient s|t äx = s| äx s+t| äx . De même, pour les rentes à termes échus via (3.11), on a s|t ax =
s| ax s+t| ax . De plus, via (3.10) et (3.3)

+1
X +1
X +1
X
s| äx = v k k px = v i+s i+s px = v s v i s pxi px+s
k=s i=0 i=0

59
On en déduit que s| äx = v s ⇥ s px ⇥ äx+s . De même, pour les capitaux, via (??) et (3.3), on trouve
s
s| Ax = v ⇥ s px ⇥ Ax+s .

Le coefficient v s ⇥ s px est appelé facteur d’escompte viager.

Par exemple, pour x = 60, s = 5 et v = 0.975, on a bien

5| ä60 = 10.2057 = 0.8810957 ⇥ 0.9125104 ⇥ 12.69352 = v 5 5 p60 ⇥ ä65

Résumons les propriétés dans le tableau suivant

di↵érence s|t äx = s| äx s+t| äx s|t ax = s| ax s+t| ax

escompte s| äx = v s ⇥ s px ⇥ äx+s s| Ax = v s ⇥ s px ⇥ Ax+s

3.6.2 Récurrences

Considérons un âge x 2 N. On a

äx = 1 + vpx äx+1 et Ax = vqx + vpx Ax+1 .

Par exemple, pour x = 60 et v = 0.975, on a


äx 1 14.80812 1
äx+1 = = = 15.42938.
vpx 0.025 ⇥ 0.9843437

3.7 Tarification sur le principe d’équité actuarielle

3.7.1 Principe

Le principe de l’équité actuarielle consiste à équilibrer les engagements de l’assureur envers les assurés
en imposant l’égalité des valeurs actuelles probables des flux futurs de l’assuré ⇧0 , ⇧1 , . . . et des flux de
l’assureur R0 , R1 , . . . , i.e.
V AP (⇧0 , . . . ) = V AP (R0 , . . . ).
Dans le cas d’une prime pure unique ⇧ versé en t = 0, on obtient simplement

⇧ = V AP (R0 , . . . ).

Dans ce chapitre, on ne s’intéressera qu’à la prime pure.

3.7.2 Capital au décès avec prime unique

Considérons un contrat où l’assuré d’âge x paie une prime unique ⇧ et recevra un capital K l’année
suivant le décès. Par le principe d’équité,

V AP (⇧, 0, . . . ) = V AP (0, . . . , 0, KdTx e , 0, . . . ) , ⇧ = KAx .

60
Typiquement pour x = 60 toujours sur la table TD8890 (cf. 3.1), on obtient pour K = 50000, v =
1/(1 + 0.025)
A60 = 0.630 ) ⇧ = 31830.6.

3.7.3 Capital au décès avec prime annuelle

Considérons un contrat où l’assuré d’âge x paie une prime annuelle ⇧ et recevra un capital K l’année
suivant le décès. Par le principe d’équité,
Ax
V AP (⇧, . . . , ⇧bTx c , 0, . . . ) = V AP (0, . . . , 0, KdTx e , 0, . . . ) , äx ⇥ ⇧ = K ⇥ Ax , ⇧ = K .
äx
Typiquement pour x = 60 toujours sur la table TD8890 (cf. 3.1), on obtient pour K = 50000 et v =
1/(1 + 0.025)
ä60 = 13.89891 ) ⇧ = 2290.152.

3.7.4 Contrat de retraite

Considérons un contrat où l’assuré d’âge x paie une prime annuelle ⇧ jusqu’à l’âge n > x et recevra
une rente R ensuite jusqu’à son décès. Les dates de versement des primes sont donc 0,1,. . ., n x 1 et
de prestation sont n x, . . . , dTx e x. Par le principe d’équité,

V AP (⇧0 , . . . , ⇧n x 1 , 0, . . . ) = V AP (0, . . . , 0, Rn x , . . . , RdTx e x , 0, . . . )

n x|1 äx
, 0|n x äx ⇥⇧=R⇥n x|1 äx ,⇧=R .
0|n x äx

Typiquement pour x = 60, n = 65 toujours sur la table TD8890 (cf. 3.1), on obtient pour R = 1000 et
v = 1/(1 + 0.025)
⇧ = 2233.319.

61