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Cours d'écologie

Université Paul Verlaine Metz


IUT Génie biologique Thionville-Yutz
Option Génie de l'environnement
Première année
Qu'est ce que l'écologie ?
1. Définitions générales

Ecologie (Haeckel, 1866)


autécologie (ou autoécologie)
synécologie

Biotope – biocénose (= communauté)

Population - peuplement
2. L'écologie dans le champ des sciences de la nature
ECOLOGIE

Processus Cycles biogéochimiques


biodémographiques flux d'énergie

DYNAMIQUE FONCTIONNEMENT
des POPULATIONS et DYNAMIQUE des
et des ECOSYSTEMES et
PEUPLEMENTS des PAYSAGES

SOCIETES
L'écologie :

--> une discipline scientifique faisant appel à une multitude


de domaines (biologie, microbiologie, géologie, pédologie,
géographie, physico-chimie, sociologie, ...)

--> une préoccupation citoyenne appelée à imprégner


l'ensemble des décisions quotidiennes de tous niveaux
3. Notion de système
naturel

Dans la nature tout


individu s’inscrit dans
un système

Dans un système
naturel les éléments
sont interdépendants
(ex. relations
prédateurs proies)

Système naturel = écosytème


Écosystème = biotope + biocénose formule trop réductrice

: .

: interaction
biocénose

biotope

Écosystème = biotope biocénose produit « tensoriel »


,

l'écosystème est un un réseau fonctionnel d'interactions


Remarques : - des écosystèmes interdépendants s’inscrivent dans des
écocomplexes (ex. : écosystèmes alluviaux)

- tous les écosystèmes sont en interrelations au sein d’un vaste


ensemble : la biosphère
Les ensembles ainsi formés présentent des propriétés globales différentes de
celles des éléments qui le composent (ex. le sol et ses composants)

En retour ces ensembles agissent sur les éléments constitutifs

Ils sont sous le contrôle de boucles de rétroaction (feedback)

1
.

Exemple : A = baisse de la densité, B = baisse des géniteurs

2
.

Exemple : A = hausse de la densité, B = augmentation des géniteurs

explosion démographique
' '
3
. ( )

Augmentation des proies augmentation des prédateurs régulation

4
.

Diminution des proies diminution des prédateurs régulation


Remarques :

- les systèmes naturels sont fondamentalement structurés dans l’espace et


dans le temps

- dans les biocénoses les interactions sont traversées en permanence par un


flux d’énergie et de matière

- ces flux d’énergie sont dissipatifs


4. Les facteurs écologiques

4.1. Définitions

Les facteurs écologiques sont les facteurs du milieu qui agissent sur
les êtres vivants

Classés en deux catégories

- facteurs abiotiques (physiques, chimiques), généralement


indépendants de la densité de la population sur laquelle ils
exercent leurs effets

- facteurs biotiques (interactions des êtres vivants entre eux),


le plus souvent dépendant de la densité de la population
(nourriture disponible, pression de prédation).
4.2. Facteur limitant et limites de tolérance

Un facteur est limitant : , ,

- soit parce que son intensité tombe au-dessous d’une valeur


minimale incapable de satisfaire aux exigences de l’espèce

- soit parce que leur valeur dépasse celle acceptable pour l’espèce.

Tout facteur écologique peut à un moment ou un autre, dans certaines


conditions, se comporter en facteur limitant

Les être vivants recherchent toujours les milieux qui leur offrent des
conditions optimales : notion d'optimum écologique (Shelford, 1911)
Loi de tolérance de Shelford

Exemples :
espèce euryèce – sténohèce
espèce eurytherme - sténotherme
espèce euryhaline - sténohaline

Action combinée de plusieurs facteurs modifie en général l'action


propre de chacun pris isolément : modification des limites de tolérance
4.3. Réactions des êtres
vivants aux facteurs
abiotiques 4
Les facteurs écologiques peuvent
induire l’élimination ou la réduction
d'effectifs
Les facteurs écologiques peuvent induire :

- des modifications des cycles de développement et/ou saisonniers

- des modifications morphologiques provisoires et non héréditaires


(accomodats)

( )

- la formation de populations à caractéristiques morphologiques


ou physiologiques différentes (races écologiques ou écotypes)
4.3. Effets des climats : méso- et microclimats
Mésoclimats : modifications locales du climat régional sous
l'influence de variations topographiques

Microclimats ou écoclimats : climat à l'échelle des environs


immédiats des organismes

4.3.1. La température

ex chez les animaux homéothermes : 3 regles

1 règle de Bergmann (rapport masse surface volume) les individus


d'une espèce particulière,, tendent à avoir une masse corporelle
plus importante dans les climats froids que ceux qui sont natifs
d'une contrée plus chaude.

2 règle de Allen (réduction des extrémités en climat froid)

3 règle de la fourrure (plus épaisse en milieu froid)


Chez les végétaux :
classification en types
biologiques selon le
positionnement des
,
organes de survie
(méristèmes de
croissance) durant la E D

période défavorable
4.3.2. La lumière

Répartition de l’éclairement à la
surface de la strate herbacée
et du sol nu vers midi au mois
d’août par temps ensoleillé
(coupe N-S dans une clairière
de la chênaie-hêtraie de la
forêt de Fontainebleau)

(d’apr ès Lené e, 19 6 6)
4.3.3. Facteurs climatiques secondaires

- le vent

favorise l'évaporation : pouvoir desséchant


agent de dispersion des animaux et des végétaux

- la neige

protection du sol contre le refroidissement


limitation de l'accès à des ressources alimentaires

- le feu

végétaux résistants (pyrophytes) :


pyrophytes à résistance passive
pyrophytes à régénérescence rapide
par bourgeons au niveau du sol
par graines
4.4. Facteurs abiotiques dans l'eau et le sol

4.4.1. Les eaux

température

éclairement

pH

courant-matières en suspension

oxygène dissous

zonation longitudinale des cours d'eau

effets des pollutions (ex. pollutions organiques)


Conséquence : répartition
des biomes
4.4.2. Les sols

Exemple : effet de la composition chimique


5. Facteurs biotiques

Interactions entre
les espèces dans Interactions Espèce A Espèce B
une communauté
0 0
Neutralisme
0 : les espèces ne - -
sont pas affectées Compétition
- 0
+ : la vie de l’espèce Amensalisme (B amensale inhibe A)
est rendue possible
+ -
ou améliorée
Parasitisme (A parasite B)

- : la vie de l’espèce + -
est réduite ou Prédation (A est le prédateur de B)
impossible + 0
Commensalisme (A est commensale et B
est l’hôte)
+ +
Coopération (interaction non obligatoire)
+ +
Mutualisme (interaction obligatoire)
5.1. Compétition

5.1.1. Compétition intraspécifique chez les végétaux

Production de graines par la Bourse à Pasteur (Capsella bursa pas t or is)


en fonction de la densité du semis (Palmblad, 19 6 8 ; Cornic, 19 7 0)
Intensité de la photosynthèse par
feuille dans des semis de densités
différentes
(Palmblad, 19 6 8 ; Cornic, 19 7 0)

Croissance pondérale des


individus de Moutarde blanche
en semis de densités
différentes (Palmblad, 19 6 8 ;
Cornic, 19 7 0)
Réaction du Tournesol à l’augmentation de densité des semis
(Clemen t s &al., 19 2 9)
5.1.2. Compétition interspécifique

Chez les animaux :


Ex : accès aux cavités de nidification chez
l'étourneau sansonnet et les pics

Chez les végétaux :

problèmes des plantes invasives (ex. : la


renouée du Japon)
5.2. Prédation et prédateurs

Stratégies de capture des proies : « optimal foraging »

Prédation des coques par l’huitrier-pie


(d’après Goss-Custard,
1977)
Optimal foraging (suite)

Fréquence et taille des


mouches consommées
par les bergeronnettes
Optimal foraging (suite)

Consommation des moules par Ca r cinus moenas en fonction de leur taille


5.3. Amensalisme
élimination d’une espèce par une autre qui sécrète une substance
toxique. Ex. : noyer, piloselle

5.4. Commensalisme

ex : crabe pinnothère de la cavité palléale de la moule


6.5. Coopération

association intra ou interspécifique non indispensable

ex : aides au nid chez les oiseaux, phéromones des insectes sociaux

6.6. Mutualisme - symbiose

ex. azuré de la gentiane croisette, pollinisation...


Symbiose algue-champignon (lichen)

Rhizobium-Légumineuses

Protozaires-Zooxanthelles

Flore et faune des voies digestives des


Ruminants