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ECOLE NATIONALE D’ADMINISTRATION ET REPUBLIQUE DU CAMEROUN

DE MAGISTRATURE Paix-Travail-Patrie
NATIONAL SCHOOL OF ADMINISTRATION REPUBLIC OF CAMEROUN
AND MAGISTRACY Peace-Work-Fatherland
-------------------------
DIRECTION GENERAL
DIRECTORATE GENERAL E.N.A.M
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DIVISION DES REGIES FINANCIERES
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CYCLE A : TRESOR 1ère Année

Matière : FISCALITE LOCALE

Année 2011-2012 (Mise à jour 2020)

Par Simplice TENE PENKA


Inspecteur Principal des Impôts
Chef de Brigade Régionale

THEME I : LES IMPOTS LOCAUX

I- LES IMPOTS LOCAUX SUR LES ACTIVITES


(Contribution des Patentes, Contribution des Licences, Impôt Libératoire, Taxe sur
les Jeux de hasard et de divertissement, Redevance Forestière Annuelle, Droit de timbre
sur la Publicité, Taxe de séjour)

FICHE TECHNIQUE N°2: La Contribution des Licences

1- Définition :
C’est une contribution ou prélèvement obligatoire auquel est soumise toute personne
physique ou morale autorisée ou non1:
- à se livrer à la vente en gros ou au détail à un titre quelconque ;
- ou à la fabrication des boissons alcoolisées, ou non alcoolisées (art.C33 du CGI).

2- Critères d’assujettissement
a- Principe d’assujettissement
Sont soumises à la contribution des licences :
- les personnes physiques ou morales avec ou sans autorisation, se livrant à la fabrication ou à la
vente en gros ou au détail des boissons alcoolisées ou non.
- les importateurs des boissons sus visées, même lorsque ces boissons constituent l’accessoire
d’une activité principale.

1
Selon la Circulaire Conjointe N° 0002335/MINATD/MINFI du 20 octobre 2010 précisant les modalités
d'application de la loi N°2009/019 du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale, y sont également assujettis les
personnes physiques ou morales s’y livrant sans autorisation.
1
- la vente des eaux minérales, eaux gazeuses, aromatisées ou non par extraits non alcoolisés et la
vente de jus frais non fermentés dans le même établissement que les boissons imposables2.
 Le Fait Générateur est donc l’exercice effectif et habituel de l’activité de fabrication,
de vente ou d’importation des boissons sus-visées.
b- Les exemptions ou exonérations
La vente des eaux minérales, eaux gazeuses, aromatisées ou non par extraits non alcoolisés
et la vente de jus de fruits frais non fermentés, lorsqu’elle est effectuée dans un
établissement distinct de celui comportant des boissons imposables3. Autrement dit, leur
exonération est conditionnée par le non cumul de leur commercialisation avec les boissons
imposables à la licence.

3- Modalités d’imposition
NB : Selon l’article C43 (1), les principes, notion d’établissement, les déclarations à souscrire, leur
vérification et l’établissement des impositions de la contribution des Patentes ou de l’impôt libératoire sont
applicables à la contribution des licences.
A titre de rappel donc :
a- Les principes relatifs aux modalités d’imposition
- Le paiement de la contribution des licences est indépendant de celui de la contribution des patentes
ou de l’impôt libératoire (art.C42(1) ; il y a à cet effet un cumul affirmé d’imposition ;
- La licence est annuelle et personnelle (art.C36(1)) ;
- Elle est due par établissement4 (art.C36(2)) ;
- Elle est fixée d’après le Chiffre d’affaires (art.C36(2)) in fine. Le chiffre d’affaires est donc la base
de détermination de la Patente. Rentre dans cette base, l’autoconsommation, les cadeaux, les
remises de boissons donnant lieu à licence etc…(art.C41). Par ailleurs en cas de cumul de la vente
de boissons avec un autre commerce, le chiffre d’affaires pour le calcul de la licence sera celui de la
vente des boissons (art.C38)5. De même si des opérations pouvant donner lieu à des licences
différentes sont réalisées dans un même établissement, la base à retenir pour le calcul des droits de
licences sera celle de l'activité donnant lieu à la licence la plus élevée (art.C40). Par exemple, si une
entreprise offre à sa clientèle à la fois les boissons alcoolisées et celles non alcoolisées, les droits de
licence à prendre en compte seront liquidés sur la base des boissons alcoolisées6, c’est-à-dire en
prenant en compte le taux des boissons alcoolisées applicable sur le chiffre d’affaires global7.
- Sa détermination (liquidation) est indexée sur la contribution de patente ou de l’impôt libératoire,
conformément au tarif ci-après :

2
Interprétation a contrario de l’article C35.

3
Article C35 du CGI
4
Cf. FT Patente
5
Le 24 Avril 2002, une lettre du Directeur des Impôts précisait déjà qu’encas de cumul, la licence ne
portera que sur le Chiffre d’Affaires boissons alors que la Patente portera sur la totalité du Chiffre
d’affaires. L’article C38, depuis 2009, est donc venu entériner cette position. Toutefois, une
contradiction semble exister entre ces dispositions et celles de l’article 42(2) selon lesquelles le
cumul de la vente des boissons avec un autre commerce emporte le paiement de la contribution des
licences et de la contribution des patentes ou de l’impôt libératoire applicable au second commerce.
6
Circulaire Conjointe MINADT-MINFI du 20 Octobre 2010 précisant les modalités d’application de la Loi du 15
Décembre 2009 portant fiscalité Locale.
7
Une exploitation croisée des dispositions des articles C35 et C40 amène à conclure que les eaux minérales
produits localement ou les jus de fruits non fermentés… exonérés en principe, seront imposables à la licence la
plus élevée s’ils sont commercialisés dans le même établissement que les boissons alcoolisées.

2
b- Le tarif8

Nature de l'activité Activités assujetties Activités assujetties à la à


à la patente l'impôt libératoire
Contribution de Montant de l'impôt
Classe de Licence Elément de base la patente libératoire
Boissons non 02 fois la contribution 01 fois le montant de
1ère classe alcoolisées de la patente l'impôt libératoire
Boissons 04 fois la contribution 02 fois le montant de
2ème classe alcoolisées de la patente l'impôt libératoire

c- Liquidation de la Licence
c-1 : Liquidation avant la réforme de 2017
C-1.a : Contribuables assujettis à la Patente et :
 Vendant les boissons alcoolisées :
o Détermination de la licence : Patente x 4
o Détermination des CACC9 : Licence x 2,7% (article C56 bis)
o Détermination des FAR10 : 10% des prélèvements ci-dessus
 Vendant les boissons non alcoolisées : Patente x 2
o Détermination des droits de licence : Patente x 2
o Détermination des CACC : Licence x 2,7% (article C56 bis)
o Détermination des FAR : 10% des prélèvements ci-dessus.

c-1.b : Contribuables assujettis à l’Impôt libératoire


 Vendant les boissons alcoolisées : Impôt Libératoire x 2
 Vendant les boissons non alcoolisées : Impôt Libératoire x 1

c-2 : Liquidation de la licence à compter de la LF 2017


La détermination des droits de licence, qui est fonction du droit de la patente en
principal est représentée, dans la contribution globale, par les quotes-parts de la Commune (39,40%)
et du Feicom (9,85%), soit 49,25%11 de la contribution globale nette12.
A titre d’illustration, le chiffre d’affaires réalisé au titre de l’exercice 2016 par la
société Alpha, commerçant des boissons alcoolisées, s’élève à Fcfa 1 750 000 000.
a- Contribution globale
1 750 000 000 X 0.283% = 4 952 500 plafonnée à 4 500 000
b- Contribution globale (nette de TDL) à répartir :
- Contribution globale due - TDL
- 4 500 000 – 90 000 = 4 410 000

8
Articles C37 et C44. A la faveur de la LF 2017, l’application des nouveaux taux ne donne plus lieu à la patente
en principal, mais à une contribution globale à l’intérieur de laquelle la patente en principal correspond à
49,25%, soit 39,40 (quote-part communale) + 9,85 (quote-part Feicom).
9
Centimes Additionnelles (au profit des) Chambres Consulaires (CACC)
10
Art.C4(2)), LF 2011
11
Contrairement à la Note du DGI N°2271 du 31 Mars 2017 précisant les modalités de la liquidation de la
contribution des licences qui attribue malencontreusement le taux de 49,27% (taux de la RAV) à la Patente. Il
aurait été également important de préciser que ce taux s’appliquait sur la contribution globale de la Patente
nette de TDL.
12
Contribution globale nette entendue ici comme la contribution globale après déduction de la TDL.
3
c- Liquidation licence :
- Base de liquidation :
4 410 000 x 49,25% = 2 171 925 F cfa
- Liquidation de licence :
2 171 925 X 4 = 8 687 700
- Affectation licence et liquidation des autres droits :
o Part communale (80% 72%) : 6 950 160 6 255 144
o Part Feicom (20% 18%) : 1 737 540 1 563 786
o CCIMA/CAPEF (3% 2,7% de la base): 260 631 234 570
o FAR : (8 053 500 x 10%) 805 350
o Total = 8 858 850

d- Les obligations du redevable


- Obligation de déclaration :
 Si début d’activité, dans les dix (10) jours suivant le démarrage de l’activité ;
 En cas de renouvellement, dans les deux (02) mois qui suivent le début de l’année fiscale.
- Obligation de paiement :
 Où ? Selon l’art L7 du CGI toute personne physique ou morale tenue au paiement d’un
impôt ou taxe doit s’acquitter de sa dette auprès de la recette des impôts territorialement
compétente, ou de la DGE…Et selon les articles C43(1) et C24 (1) et (2), la contribution des
licences est établie par le Centre des impôts…Elle est payée à l’aide d’un bulletin d’émission
unique établi au profit du receveur des impôts.

- Quant ? En principe : 1°) paiement spontané : le système étant déclaratif, les déclarations
sont autoliquidatives, ce qui a pour effet un paiement spontané au moment même de la
déclaration.
Exception : 2°) AMR : 15 jours après réception de l’AMR.
 Comment ? Si l’entreprise relève de la DGE, par Ordre de virement unique au profit du
Receveur des impôts.
Si l’entreprise relève d’un Centre des impôts, en espèces si le montant est
inférieur à 200 000 100 000, et par chèque certifié s’il est supérieur.
- Obligation de présentation et d’affichage :
Le titre de licence doit être affiché et produit à la demande des autorités compétentes.

4- Régime des sanctions


NB : Les sanctions applicables en matière de patente sont aussi applicables à la
contribution des licences (art.C43(3)).
A titre de rappel com :
a- Les Sanctions Fiscales
- La taxation d’office pour l’année entière + pénalités de 50% ou 100% selon que la
bonne foi est établie ou non: en cas d’exercice d’une activité soumise à licence sans
avoir acquitté les droits (articles C30(1) et C43(2)) ;
- Pénalités de 10% par mois de retard avec un maximum de 30% des droits dus : en cas
de non paiement de la licence dans les délais, ou en cas de non production dans les
délais les renseignements nécessaires à son établissement.
- 10 000F CFA en cas de défaut d’affichage ou de présentation de la licence, en réalité
liquidée sur le titre de Patente.

b- Les Sanctions Administratives


4
- Fermeture d’office et immédiate de l’établissement : en cas de non paiement des
sommes dues au titre de la licence dans les délais prévus.

c- Les sanctions pénales


Elles sont envisageables quoique peu usité dès lors que la production et/ou la
commercialisation des boissons sus visées est soumise à une autorisation qui n’a pas été obtenue, ou
alors en cas de contrebande.

5- L’affectation de la contribution des licences


- 10% des frais d’assiette et de recouvrement, prélevé sur la quote-part des
bénéficiaires ;
- 80% 72% de la contribution des licences est acquise à la Commune du lieu de
localisation du contribuable ainsi imposé (Art.C116(1).
- 80% 72% de la contribution des licences, comme des patentes d’ailleurs, constituent
des recettes fiscales de la Communauté Urbaine, dans les circonscriptions
administratives dotées de Communauté Urbaine (Art.C115(1) et C116(1)).
- Une quote-part des 20% 18% restant est prélevée et affectée au Feicom (ou tout
organisme chargé de la centralisation et de la péréquation), pour le financement des
projets des communes, Communautés Urbaines et Syndicats de communes
(Art.C116(1).

6- La mise à disposition des produits de la contribution des licences


(Pour mémoire)

5
Bibliographie indicative :

 Loi n° 2004/017 du 22 juillet 2004 portant orientation de la décentralisation


Article 22 « les ressources nécessaires à l’exercice par les collectivités territoriales de leurs
compétences leur sont dévolues soit par transfert de fiscalité, soit par dotations soit par les deux
moyens à la fois ».

 Loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes

 Loi n° 2004/019 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux régions
 La loi 2009/019 du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale, conformément à l’article 22 de la
Loi portant orientation de la Décentralisation consacre l’affectation ou le transfert du produit de
certains impôts autrefois destinés au budget de l’Etat au profit des Collectivités Territoriales
Décentralisées (CTD) : taxe foncière, droits de mutation immobilière, droit de timbre automobile
(ou vignette automobile), redevance forestière annuelle, taxe sur les jeux de hasard et de
divertissement,…). La loi susvisée a également légalisé certains prélèvements opérés par les
CTD (ticket de place sur le marché, taxe de stationnement…) ;
 La loi n°2018/012 du 11 juillet 2018 portant régime Financier de l’Etat et des autres entités
publiques ;
 La loi des finances 2011 a mis en place un mécanisme simplifié de paiement des ressources
collectées au profit des CTD par l’institution du mode de paiement unique de tous les impôts et
taxes parafiscales auprès du Receveur des impôts.
 La loi de finances 2013 qui fusionne le droit de timbre sur la publicité avec la taxe communale sur
la publicité, dorénavant 20% de son produit est affecté aux collectivités locales ;
 La loi de finances 2017 qui crée la taxe de séjour ;
 La Circulaire-conjointe N°002335/MINATD/MINFI du 20 Octobre 2010 précisant les modalités
d’application de la Loi N°2009/019 du 15 Décembre 2009 portant fiscalité locale de la République
du Cameroun ;
 Circulaire N°0242/C/MINFI du 30 décembre 2020 portant instructions relatives à l’exécution des
lois de finances, au suivi et au contrôle de l’exécution du budget de l’Etat et des autres entités
publiques pour l’exercice 2021 ;
 Lettre-Circulaire N°003/LC/MINFI du 15 Février 2021 relative à l’exécution, au suivi, et au
contrôle de l’exécution des budgets des CTD pour l’exercice 2021.