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Cahier technique n°3 :

DIMENSIONNEMENT DE FONDATIONS
SUPERFICIELLES sur la base de données
issues du pénétromètre statique
CAHIER TECHNIQUE n°3

Norme NF P 94-261 de Juin 2013


Exemples commentés
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER


Samuel DEVANNE

mardi 10 mars 2015


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SOMMAIRE
I. PRESENTATION DU CAS D’ETUDE ............................................................................... 6
LE PROJET .......................................................................................................................... 6
LE CONTEXTE ...................................................................................................................... 6
LES INVESTIGATIONS GEOTECHNIQUES..................................................................................... 7
II. DEFINITIONS GENERALES ........................................................................................... 8
LES DIFFERENTS TYPES DE FONDATIONS ................................................................................... 8
LES DIFFERENTS TYPES DE FONDATIONS SUPERFICIELLES ............................................................. 9
III. APPROCHE GENERALE .............................................................................................. 10
CAHIER TECHNIQUE n°3

APPREHENSION GENERALE DE LA NORME .............................................................................. 10


SITUATIONS DE CALCUL A VERIFIER ....................................................................................... 11
APPROCHES DE CALCUL ...................................................................................................... 12
IV. DETERMINATION DES VALEURS CARACTERISTIQUES............................................ 15
V. VERIFICATION DE LA STABILITE GENERALE DE SITE ................................................. 17
VI. VERIFICATION VIS-A-VIS DE LA CAPACITE PORTANTE ........................................... 19
PRINCIPE.......................................................................................................................... 19
DETERMINATION DE LA CAPACITE PORTANTE POUR UNE CHARGE VERTICALE CENTREE ................... 20
CALCUL DE LA CAPACITE PORTANTE APPLIQUE A UN EXEMPLE .................................................... 28
VII. CAS D’UN CHARGEMENT VERTICAL EXCENTRE ..................................................... 29
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

GENERALITES .................................................................................................................... 29
VERIFICATION DE L’EXCENTREMENT ...................................................................................... 30
CALCUL DE LA CAPACITE PORTANTE DANS LE CAS D’UNE CHARGE EXCENTREE ............................... 32
CALCUL DE LA CONTRAINTE SOUS SEMELLE DANS LE CAS D’UNE CHARGE EXCENTREE...................... 32
VIII. CAS D’UNE CHARGE INCLINEE ............................................................................... 36
IX. CAS D’UNE FONDATION A PROXIMITE D’UN TALUS................................................. 38
X. VERIFICATION AU BASCULEMENT ............................................................................ 41
XI. VERIFICATION AU GLISSEMENT ................................................................................ 42
PRINCIPE.......................................................................................................................... 42
XII. EVALUATION DES TASSEMENTS ............................................................................ 44
PRINCIPE.......................................................................................................................... 44
APPLICATION A NOTRE EXEMPLE .......................................................................................... 49
XIII. RAIDEURS............................................................................................................... 51

mardi 10 mars 2015


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DEFINITION ...................................................................................................................... 51
ESTIMATION DES RAIDEURS ................................................................................................. 52
XIV. CONCLUSION ......................................................................................................... 55
XV. REFERENCES........................................................................................................... 57
CAHIER TECHNIQUE n°3
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

mardi 10 mars 2015


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AVANT-PROPOS
Le présent document poursuit le travail initié en Janvier 2014 et
janvier 2015 par les membres de la cellule ingénierie géotechnique
des régions Nord, Normandie et Est, basée à Nancy, destiné aux
jeunes chargés d’affaires géotechniciens et aux moins jeunes,
confrontés à la mise en place récente des Normes d’Application
Nationale de l’Eurocode et plus précisément de l’Eurocode 7.

Ce document traite spécifiquement du dimensionnement de


fondations superficielles sur la base de données issues du
CAHIER TECHNIQUE n°3

pénétromètre statique. Il décrit des exemples commentés en


détaillant les différentes étapes du dimensionnement.

« Le choix a été pris ici de ne traiter que de l’exploitation des données


pénétrométriques et ce, bien que la Norme NF P 94-261 de Juin 2013
envisage également le dimensionnement des fondations superficielles
à partir de données pressiométriques, traité dans le Cahier Technique
n°2 du 21/01/2015.

D’autres méthodes sont également admises par la Norme, analytique


et numérique notamment, basées sur les propriétés de cisaillement du
sol. Ces méthodes ne seront pas abordées dans ce document ».
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

L’Eurocode 7 et la Norme d’application nationale envisagent de


nombreuses dispositions à appliquer au dimensionnement en
fonction du contexte géotechnique, de la fondation elle-même et de
sa mise en œuvre. Le présent document ne peut pas traiter tous les
cas décrits dans la Norme.

C’est pourquoi, ce document ne peut en aucun cas être suffisant et

! ne dispense pas le lecteur de la lecture de l’Eurocode 7 et de la


Norme d’application nationale correspondante.

La Norme NF P 94-261 concerne les fondations supportant des


bâtiments, des ponts, des tours, mâts et cheminées, des silos et des
réservoirs, ainsi que des structures supportant des grues et
machineries. En revanche, le cas où la fondation superficielle
supporte un mur de soutènement sur lequel aucune autre structure
ne s’appuie relève de la Norme NF P94-281.

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Les exemples commentés qui suivent, ne s’appliquent et ne sont
reproductibles que dans le cadre strict des conditions d’application
de la Norme NF P 94-261 de Juin 2013, à savoir :

- une valeur d’encastrement équivalent De/B < 5


- un projet relevant de la catégorie géotechnique 2,
- des fondations superficielles soumises à des sollicitations
statiques uniquement.

Plus précisément, le présent cahier technique ne s’intéresse qu’aux


fondations superficielles présentant une valeur d’encastrement
CAHIER TECHNIQUE n°3

De/B < 1.50.

Pour informations :
NF P 94-261 : 4.4.5 (1) : référence à la Norme NF P XX-XXX : article
(clause X)
NF P 94-261 : 4.4.2 NOTE 1 : référence à la Norme NF P XX-XXX :
article NOTE X

! : mise en garde importante

: note des auteurs (et n’engageant que les auteurs !)


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(X) : référence bibliographique en fin de document.

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CAHIER TECHNIQUE n°3

I. PRESENTATION DU CAS
D’ETUDE
Le cas d’étude qui va nous servir de support tout au long de ce
document n’est pas un cas réel. Il sort de l’imagination des auteurs et
constitue la synthèse de plusieurs projets réels.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Le projet
Le projet consiste en la construction d’un bâtiment.

A l’issue des études d’avant-projet, il est prévu de fonder l’ouvrage


sur semelles isolées ou filantes.

Le contexte
Les investigations réalisées ont mis en évidence la présence de sables
peu à moyennement compacts puis de sables graveleux présentant
des caractéristiques hétérogènes.
La nappe alluviale se situe entre 0.50 et 2.00 mètres environ par
rapport au niveau du Terrain Naturel actuel.

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Les investigations géotechniques
Le site a fait l’objet de plusieurs campagnes d’investigations
géotechniques, et notamment de la réalisation d’un sondage au
pénétromètre statique. Les résultats de ce sondage figurent ci-
dessous :
CAHIER TECHNIQUE n°3
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CAHIER TECHNIQUE n°3

II. DEFINITIONS GENERALES

Les différents types de fondations


On distingue 4 types de fondations, selon leur profondeur, leur
géométrie, leur mode de réalisation et leur mode de
fonctionnement :
- les fondations superficielles,
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

- les fondations semi-profondes,


- les fondations profondes,
- les fondations composites.

La distinction entre fondations superficielles, semi-profondes et


profondes est basée sur la valeur de l’encastrement équivalent,
De/B :
- si De/B < 1.5 : fondations superficielles,
- si 1.5 < De/B < 5 : fondations semi-profondes,
- si De/B > 5 : fondations profondes.

Les fondations composites correspondent à des systèmes de


fondations mixtes (semelles sur pieux conçues et calculées avec
contact direct entre les deux et en prenant en compte les
interactions simultanées sol/semelles, sol/pieux) ou de fondations
sur inclusions rigides ou souples.

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Les différents types de fondations superficielles
Les fondations superficielles peuvent être de type isolé, filant ou
encore de type radier. La Norme NF P 94-261 ne donne pas la limite
entre ces différents types de fondations, indiquant simplement que
pour une fondation isolée L ≈ B et que pour une fondation filante L >>
B.

Dans leur ouvrage, « Fondations et ouvrages en terre », G.


Philipponnat et B. Hubert (6) considèrent que la limite entre semelles
isolées et semelles filantes se fait pour une valeur de L/B = 5 et que
pour un radier, la largeur B est de plusieurs mètres.
CAHIER TECHNIQUE n°3

On retiendra toutefois que certains cas peuvent être ambigus,


comme par exemple pour les semelles rigides d’ouvrage d’art, qui
peuvent présenter des dimensions importantes (plurimétriques, les
rapprochant donc d’un radier) et un rapport L/B supérieur à 5
(caractéristique d’une semelle filante). Elles sont pourtant
couramment considérées comme des semelles isolées rectangulaires.

La règle de distinction entre ces types de fondation n’est donc pas


vraiment tranchée. Confronté à une étude de cas ambiguë, il
appartient au géotechnicien de faire un choix qui soit sécuritaire, en
considérant le cas de plus défavorable.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Le présent document traite uniquement des fondations superficielles


de type isolé ou filant, et non des radiers.

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CAHIER TECHNIQUE n°3

III. APPROCHE GENERALE

Appréhension générale de la Norme


A la différence du Fascicule 62 et du DTU 13.12, la Norme NF P94-261
ne travaille pas en termes de contraintes mais de charges, ce qui peut
s’avérer déstabilisant au premier abord.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

En effet, lorsque l’on se situe en phase d’avant-projet, la valeur


attendue par le BET Structures est une contrainte maximale, qui soit
admissible pour toutes les géométries de fondation (notamment
dans le cas de bâtiments) et non une charge admissible maximale par
géométrie de fondation, comme permet de le calculer la Norme.

On peut toutefois facilement contourner cette approche normative.


L’ébauche dimensionnelle consistera alors à tester plusieurs
géométries de fondation, à transformer les charges maximales
admissibles obtenues en contraintes, et à retenir la valeur minimale
des contraintes ainsi obtenues.

Généralement, dans le cadre de projets simples, cette charge est très


souvent surabondante par rapport au projet. Il convient donc de
garder les bonnes habitudes acquises, et de limiter cette charge aux

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besoins du projet, ne serait-ce que pour limiter les tassements sous
l’ouvrage.
Pour des ouvrages courants, on peut aussi, dans un premier temps,
estimer à la vue des sondages et des besoins du projet la contrainte
que l’on pense retenir. On réalise ensuite le calcul de charges
admissibles pour différentes géométries de fondation (géométries
retenues au vu de l’ordre de grandeur estimé des descentes de
charges pour le type d’ouvrage considéré et de la contrainte que l’on
pense retenir). On compare ensuite ces charges maximales
admissibles calculées selon la Norme avec les charges estimées
apportées sous la contrainte que l’on a arbitrairement retenue. Si ces
dernières sont inférieures, la contrainte estimée de prime abord peut
CAHIER TECHNIQUE n°3

donc être retenue.

En phase projet, pour des cas simples, l’approche est théoriquement


plus évidente puisque normalement la géométrie de chaque
fondation est connue ainsi que les efforts, verticaux ou non, qui s’y
appliquent. L’étude consiste alors à réaliser les différentes
vérifications décrites dans la Norme (vérification de portance, du
glissement, de l’excentrement, …) fondation par fondation. Si celles-
ci sont positives, alors la fondation envisagée est stable.
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Situations de calcul à vérifier


Dans le cadre de l’étude d’une fondation par semelle superficielle, il
convient d’effectuer les vérifications suivantes :

La stabilité générale du site. Cette vérification est négligée


lorsque la topographie du site est plane, sans terrassement
particulier.
La capacité portante. Cette vérification est systématiquement
réalisée, en considérant le cas des ELS ainsi que celui des ELU.
La limitation de l’excentrement, tant aux ELU qu’aux ELS.
La stabilité vis-à-vis du glissement. Cette vérification est réalisée
aux ELU fondamentaux et accidentels, lorsque la semelle est
soumise à des efforts horizontaux, ou qu’elle est inclinée.
La limitation des tassements, dont la valeur est à comparer au
seuil admissible de l’ouvrage, selon sa sensibilité. Cette
vérification est à réaliser aux ELS quasi-permanents.

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La stabilité interne de la fondation. Cette vérification est
généralement réalisée par le BE Structures.

D’autres facteurs peuvent également rentrer en compte pour le


dimensionnement des fondations, comme par exemple la présence
de sol sensible au phénomène de retrait-gonflement, la présence de
machines vibrantes, les ouvrages mitoyens, …

Approches de calcul
CAHIER TECHNIQUE n°3

Tout calcul aux ELU effectué selon L’Eurocode 7 ou ses Normes


d’application est réalisé selon une des approches de calcul décrites
au paragraphe 2.4.7.3.4 de l’Eurocode 7. Ces approches sont des
systèmes de pondération, consistant à appliquer des facteurs partiels
aux actions, aux effets des actions, aux propriétés des matériaux et
aux résistances considérés pour le calcul. La valeur de ces facteurs
partiels et les éléments auxquels ils sont appliqués varient selon
l’approche considérée (trois approches différentes). Ces facteurs
partiels ont pour but de prendre en compte les incertitudes liées à la
modélisation. C’est pourquoi l’approche considérée varie selon la
vérification effectuée.
On distingue trois types de jeux de coefficients partiels : le type de
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jeux A (A1 ou A2) qui s’applique aux actions ou à leur effet,

le type de jeux M (M1 ou M2) qui s’applique aux propriétés des


matériaux

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et le type de jeux R (R1, R2 ou R3) qui s’applique aux résistances (au
glissement, à la portance, …).

Attention : les valeurs des facteurs partiels sont fonction de la nature

! de la vérification étudiée (soulèvement hydraulique, vérification


structurelle, géotechnique, …). Les tableaux ci-dessus correspondent
CAHIER TECHNIQUE n°3

aux vérifications géotechniques, objets du présent document.

Pour chaque approche, on retient une ou plusieurs combinaisons de


ces jeux de coefficients :
- L’approche 1, non admise en France et qui ne concerne donc
aucune des vérifications décrites dans le présent document,
consiste à effectuer deux fois les calculs : une première fois
en considérant la combinaison de jeux A1 + M1 + R1 et une
seconde fois la combinaison A2 + M2 + R1.
- L’approche 2, qui considère uniquement la combinaison
suivante : A1 + M1 + R2.
- L’approche 3, qui considère uniquement la combinaison
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

(A1/A2)* + M2 + R3,
*avec A1 sur les actions provenant de la structure et A2 sur
les actions géotechniques.

Les coefficients des jeux M1 et R3 étant égaux à 1, l’approche 2


consiste donc à pondérer uniquement les actions ou leur effet et les
résistances, l’approche 3 uniquement les actions ou leur effet et les
propriétés des matériaux.

Il faut garder à l’esprit que toutes les vérifications ou calculs menés


selon l’Eurocode 7 ou ses Normes d’application se font selon l’une
des approches précédentes.

Le choix de l’approche à considérer selon la vérification effectuée est


dicté par l’Eurocode 7 ou ses Normes d’application, à part dans
quelques cas où il est laissé à la décision du géotechnicien (par

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exemple pour la vérification de la stabilité générale de site, où il est
possible de retenir soit l’approche 2, soit l’approche 3).

Pour les vérifications réalisées selon l’approche 2, ce qui est le cas


pour la vérification vis-à-vis de la portance, du glissement, de
l’excentrement de semelles superficielles, l’approche est masquée
dans le sens où les coefficients partiels applicables aux propriétés des
matériaux sont tous égaux à 1 et les coefficients partiels applicables
aux actions directement intégrés dans les combinaisons d’actions
communiquées par le BET structures. L’approche de calcul et son
système de pondération sont pourtant bien présents derrière les
calculs.
CAHIER TECHNIQUE n°3

Ces approches ne concernent que les ELU. Pour les ELS, on considère
que la valeur de tous les coefficients partiels est de 1, soit aucune
pondération (hormis celles ponctuelles indiquées dans les méthodes
de calcul).
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

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CAHIER TECHNIQUE n°3

IV. DETERMINATION DES


VALEURS
CARACTERISTIQUES
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

« Nous voyons souvent des géotechniciens préférer le


dimensionnement de fondations superficielles à celui des fondations
profondes, considérant ce dernier trop complexe. Ce sentiment est
révélateur d’une forme d’insouciance et d’une méconnaissance des
nombreux aléas auxquels sont soumises les fondations superficielles.

Contrairement aux fondations profondes, généralement


confortablement ancrées au sein d’horizons géologiques compacts et
homogènes, à l’abri des activités humaines et des variations
météorologiques, les fondations superficielles sont, quant à elles,
soumises à de nombreux aléas pas toujours correctement
quantifiables.

L’attention du géotechnicien dans le dimensionnement de ce type


d’appuis doit donc être particulièrement aiguisée, notamment dans la
détermination des valeurs caractéristiques ».

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« Nous rappelons ci-après les éléments essentiels de l’Eurocode 7,
déjà donnés dans le cahier technique n°1 et directement
transposables au cas des semelles ».

L’Eurocode 7 (NF EN 1997-1) précise que « la valeur caractéristique


d’un paramètre géotechnique doit être une estimation prudente de
la valeur qui influence l’occurrence de l’état limite »

La clause 2.4.5.2 de la Norme NF EN 1997-1 précise, dans le cas où on


utilise une méthode statistique, que cela correspond à un risque de
mise en défaut de l’état limite de 5% (=> soit 1 chance sur 20 !)
CAHIER TECHNIQUE n°3

Cette hypothèse ne vaut uniquement que pour les paramètres issus


de mesures, pas pour ceux issus de corrélations.

Concernant l’occurrence de l’état limite :

- le choix des valeurs caractéristiques doit tenir compte des


dimensions de la zone de terrain qui gouverne le comportement
de l’ouvrage géotechnique pour l’état limite considéré (2.4.5.2),

- la valeur qui gouverne l’état limite est souvent une valeur


moyenne d’un intervalle de valeurs couvrant une grande surface
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

ou un grand volume de terrain (2.4.5.2) c'est-à-dire : une


moyenne spatiale (différente d’une moyenne statistique).

Ces principes doivent guider le géotechnicien dans l’élaboration de


son modèle géotechnique.

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CAHIER TECHNIQUE n°3

V. VERIFICATION DE LA
STABILITE GENERALE DE
SITE
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Lorsque le site présente une pente ou que le projet prévoit un talus à


proximité des fondations, il convient, avant tout autre chose, de
s’assurer de la stabilité générale du site.

Pour cela, on doit vérifier que, pour toute surface de rupture


potentielle qui englobe la fondation complète, l’effet des actions qui
tendent à faire glisser le massif limité par cette rupture est équilibré
par la résistance au cisaillement du sol le long de cette surface de
rupture :

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Cisaillement mobilisé

Forces
déstabilisatrices Tdst ;d
CAHIER TECHNIQUE n°3

T ; ≤ R ; /γ ;
Il faut donc vérifier que l’inégalité suivante est respectée :

Où :
γR ; d est un coefficient partiel de modèle (chapitre 12.5 de la
Norme). Sa valeur dépend de l’approche considérée, et du modèle de
calcul retenu (cf. explications ci-après).
Tdst ; d est la valeur des actions déstabilisatrices qui agissent sur le
massif limité par la surface de glissement étudiée.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Rst ; d est la valeur de la résistance stabilisatrice ultime mobilisée le


long de la surface de glissement étudiée. Plusieurs modèles peuvent
être utilisés pour la déterminer (Bishop, Fellenius, …).

Cette vérification peut être menée selon l’approche de calcul 2 ou


l’approche 3.

Concrètement, de telles vérifications se font en utilisant les logiciels


de type TALREN (ou autre) car les calculs nécessitent des itérations et
les surfaces de rupture potentielles à étudier sont nombreuses.

Le modèle réalisé à l’aide de ces logiciels pour les ELU doit prendre
en compte le bon jeu de coefficient selon que l’on a retenu
l’approche 2 ou l’approche 3 (cf. recommandations sur le choix de
l’approche, des paramètres et du modèle de calcul données au
chapitre 12 de la Norme).

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CAHIER TECHNIQUE n°3

VI. VERIFICATION VIS-A-VIS DE


LA CAPACITE PORTANTE

Principe
La vérification de la capacité portante s’effectue aux ELS et aux ELU
selon l’approche de calcul 2.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Il convient de s’assurer que la relation suivante est vérifiée, pour


chaque combinaison de charge :

Vd – R0 ≤ Rv ;d

Où : Vd est la charge verticale transmise au sol par la fondation,


R0 correspond au poids du volume de sol compris entre la
base de semelle et le terrain fini :

Terrain fini
(après travaux) R0 : poids du
volume de sol
correspondant au
volume hachuré

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Rv ;d est la valeur de la charge admissible par le sol sous la semelle,
déterminée par calcul.

Le terme R0 peut être négligé ce qui va dans le sens de la sécurité. Sa


valeur est égale à A.q0 où q0 est la contrainte totale verticale que l’on
obtiendrait à la fin de travaux à la base de la fondation en l’absence
de celle-ci.

« Lorsque les descentes de charge sont connues et que différents cas


de charge sont communiqués pour une même fondation, il convient
CAHIER TECHNIQUE n°3

de vérifier que pour chaque combinaison, on a bien Vd < Rv ;d .On ne


peut pas se contenter de vérifier les cas pour lesquels Vd est maximal
aux ELS et aux ELU. En effet, certaines combinaisons peuvent être
dimensionnantes même si elles ne correspondent pas à un Vd
maximum, du fait de l’influence de l’excentrement et de l’inclinaison
de la charge ».

Détermination de la capacité portante pour une


charge verticale centrée
La valeur de la charge admissible par le sol Rv ;d doit être déterminée
de la manière suivante :
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

; ; ;
Rv ;d =
Avec :
- A’ : est la surface effective de la semelle. Dans le cas d’une
charge centrée, la valeur de A’ est simplement de L x B.
- γR ;d ;v est un facteur partiel lié à la méthode. Pour la méthode
pénétromètrique, sa valeur est de 1.2.
- γR ;v est un facteur partiel dépendant de l’état limite
considéré. Il est pris égal à 1.4 aux ELU fondamentaux, 1.2 aux
ELU accidentels et 2.3 aux ELS.
- qnet est la contrainte associée à la résistance nette du terrain
sous la fondation.

Attention : la valeur de qnet est fonction de la géométrie de la


! fondation étudiée. Théoriquement, on ne peut pas retenir une seule
valeur de qnet pour l’ensemble des fondations étudiées.

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Selon la méthode pénétromètrique : qnet = kcqceiδiβ

kc : est le facteur de portance pénétrométrique. Il dépend de la


nature du sol d’ancrage, de la géométrie de la semelle et de
l’encastrement équivalent. Ce dernier est lui-même fonction
de qce.
iδ : est un facteur de réduction lié à l’inclinaison de la charge. Il
vaut 1 si la charge est verticale.
iβ : est un coefficient de réduction lié à la proximité d’un talus de
pente β. Il vaut 1 si la fondation est suffisamment éloignée
d’un talus (de 8B minimum).
qce : est la résistance de pointe équivalente, qui peut être
CAHIER TECHNIQUE n°3

différente selon que l’on étudie les ELS ou les ELU.

Détermination de qce

1 "#$
Le calcul de qce se fait selon la formule suivante :

= !
ℎ "

La résistance de pointe corrigée qcc(z) est obtenue en calculant la


valeur moyenne qcm de la résistance de pointe lissée entre les
profondeurs D (base de la semelle) et D+hr, en écrêtant, s’il y a lieu, le
diagramme qc(z) à la valeur 1,3.qcm.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

La valeur de hr se détermine de la façon suivante, en fonction de


l’excentrement des charges et des états étudiés :
- aux ELS caractéristiques et quasi-permanents, hr = 1.5xB
- aux ELU, hr est fonction de la géométrie de la semelle et de

pour une semelle filante : hr = 1.5xB si 1 − ≥ &


& )
l’excentrement de la charge :

'

et hr = 3B – 6e si 1 − < &
& )
'
pour une semelle circulaire : hr = 1.5xB si 1 − ≥ ),
& +
'

− si 1 − < ),
-' ), & +
. . '
et hr =
pour une semelle rectangulaire : hr = 1.5xB si /1 − 1 /1 −
& 0
'

1 ≥ &
& 2 )
'

et hr = min (3B – 6eB ; 3B – 6eL) si /1 − 1 /1 − '2 1 < &


& 0 & )
'

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Dans le cas simple d’une charge centrée, on a donc hr = 1.5B aux ELS
et aux ELU.

Une fois la hauteur hr déterminée, on peut calculer qce.

Attention : le choix de la qce considérée est prépondérant dans le

! dimensionnement. En effet, si la Norme donne une formule pour le


calcul de qce, le choix du profil considéré par le géotechnicien et la
façon dont il applique cette formule peut faire varier énormément le
résultat obtenu.

Cette règle de détermination de la qce, intégration des valeurs


CAHIER TECHNIQUE n°3

mesurées entre D et D+hr (avec hr à 1.5.B aux ELS) est une


illustration parfaite de la clause 2.4.5.2(7) de la Norme NF EN 1997-1
déjà évoquée page 17.

- « le choix des valeurs caractéristiques doit tenir compte des


dimensions de la zone de terrain qui gouverne le comportement de
l’ouvrage géotechnique pour l’état limite considéré (2.4.5.2),
- la valeur qui gouverne l’état limite est souvent une valeur
moyenne d’un intervalle de valeurs couvrant une grande surface
ou un grand volume de terrain (2.4.5.2) c'est-à-dire : une moyenne
spatiale (différente d’une moyenne statistique) ».
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Détermination des valeurs caractéristiques

Concernant la variabilité verticale, plus une semelle est étroite et


plus sa sensibilité vis-à-vis de la dispersion verticale sera élevée.
Une semelle de 0.80 mètre de largeur, présentant une hauteur de
« moyennage spatial » (hr) égale à 1.20 mètre, intéressera moins de
valeurs de qc qu’une semelle de 4.00 mètres de largeur (hr = 6.00 m)

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Exemple : revenons à notre sondage CPT1, et étudions le cas d’une
semelle descendue à 1.00 mètre de profondeur au sein des sables.

Considérons une semelle carrée de 0.80 mètre de


largeur et 0.80 mètre de longueur. La charge
considérée est centrée, donc hr = 1.20 mètre aux ELS
comme aux ELU.

Si on applique la formule de la qce au profil tel qu’il


est, on obtient :
qce = 11.76 MPa.
CAHIER TECHNIQUE n°3

Cette qce est très proche de la moyenne


géométrique des données brutes du sondage CPT1,
compte tenu de l’homogénéité des valeurs sur la
hauteur hr considérée.

Considérons maintenant une semelle carrée de 2.40


Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

mètres de largeur et 2.40 mètres de longueur. La


charge considérée est centrée, donc hr = 3.60
mètres aux ELS comme aux ELU.

Si on applique la formule de la qce au profil tel qu’il


est, on obtient :

qce = 19.85 MPa.

Cette valeur de qce est supérieure aux valeurs de qc


mesurées entre 1.00 et 2.50 m, compte tenu de la
présence d’un horizon présentant de bonnes
caractéristiques mécaniques, entre 2.5 et 4.5 m.

mardi 10 mars 2015


23
Considérons enfin une semelle carrée de 4.00 mètres de largeur et
4.00 mètres de longueur. La charge considérée est centrée, donc hr =
6.00 mètres aux ELS comme aux ELU.

Si on applique la formule de la qce au profil tel qu’il


est, on obtient :

qce = 9.78 MPa.

Cette qce peu élevée, n’accorde que peu


CAHIER TECHNIQUE n°3

d’importance à la couche compacte entre 2.50 et


4.50 m étant donné l’opération d’écrêtage à 1.3
qcm. Elle tient compte des faibles valeurs de qc
mesurées entre 5.00 et 7.00 m de profondeur.

« Les calculs pour la semelle carrée de 4.00 x 4.00 m présentés ci-


Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

dessus sont uniquement donnés à titre d’exemple. Il est bien évident


que le fonctionnement d’une telle semelle se rapproche d’un radier.
On rappelle que les radiers ne sont pas étudiés dans ce cahier
technique ».

Contrairement à une analyse de données pressiométriques (tous les


mètres, 1.5 mètres ou 2.00 mètres), les sondages au pénétromètre
statique offrent des données tous les centimètres. Il n’est pas
nécessaire de recourir à une discrétisation des valeurs comme pour
l’analyse des données pressiométriques (cahier technique n°2).

Une autre solution pour la détermination de la qce consiste, lorsque le


projet ne présente pas de gros besoins, à considérer qce = qc mini.
Dans le cas de nos trois exemples, on aurait donc :
Semelle de 0.80*0.80 m qce = 5.45 MPa.
Semelle de 2.40*2.40 m qce = 5.45 MPa.
Semelle de 4.00*4.00 m qce = 1.75 MPa.

mardi 10 mars 2015


24
Ces valeurs sont largement inférieures à celles déterminées
précédemment par le calcul (pages 23 et 24).

On constate à travers cet exemple que l’interprétation du


géotechnicien est prépondérante dans le résultat obtenu.

Il reste encore à considérer la variabilité en plan ! Celle-ci est difficile


à aborder et est liée à l’indépendance entre les différents points de
mesures en plan. Généralement, pour des formations géologiques
homogènes, on pourra considérer que 2 valeurs sont indépendantes
l’une de l’autre dès que leur distance en plan dépasse 5.00 à 10.00
mètres.
CAHIER TECHNIQUE n°3

En théorie donc, pour un appui isolé distant de moins de 5.00 mètres


d’un point de mesures (sondage), on pourra considérer directement
les valeurs mesurées en ne tenant compte que de la variabilité
verticale. Au-delà, il faudra considérer la variabilité en plan selon
l’ensemble des sondages réalisés dans la zone considérée comme
homogène d’un point de vue statistique.

Détermination de kc
Le facteur de portance pénétrométrique kc se calcule à partir des
formules suivantes, selon la géométrie de la semelle :
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Pour une semelle carrée ou filante :

3 = 3 + /6 + 7 1 81 − 9 <
" :
;

;
0 4 '
0
2

Les facteurs a, b, c et kc0 sont donnés dans le tableau E.2.3 de la


Norme, en fonction du sol d’assise et de la géométrie de la semelle :

mardi 10 mars 2015


25
CAHIER TECHNIQUE n°3

Le terme De correspond à l’encastrement équivalent. Il se calcule de

1 "
la façon suivante :

= = !
>

d correspond généralement à 0, sauf si les caractéristiques


mécaniques des terrains superficiels sont trop mauvaises, auquel cas
on peut faire abstraction de ces horizons. De même que pour le
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

calcul de la qce, le profil pénétrométrique considéré aura une


influence importante sur le résultat.

Si on reprend notre exemple précédent, pour une semelle ancrée à


1.00 m de profondeur :
- en considérant une semelle de 0.80*0.80 m et qce obtenue
par le calcul, on obtient alors :

= = )).@, A6.62 ∗ 1.00F = 0.56 H


)

6.62 étant la moyenne des valeurs entre 0.00 et 1.00 m de profondeur

- en considérant une semelle de 0.80*0.80 m et qce = qc mini,


on obtient alors :

1
= = A1.61 ∗ 1.00F = 0.29 H
5.45

mardi 10 mars 2015


26
1.61 étant la valeur minimale mesurée entre 0.00 et 1.00 m de
profondeur

On constate également ici que le choix des valeurs de qce et qcc(z)


effectué par le géotechnicien pour le calcul de De est prépondérant
dans le résultat obtenu.

3 = 3 /1 − L 1 + 3
Pour une semelle rectangulaire :
' '
0 0 0
; ; K4 ; K) L
2 2 2
CAHIER TECHNIQUE n°3

Cette formule revient à calculer tout d’abord le kc pour une semelle


filante de même largeur que la semelle rectangulaire étudiée, puis le
kc d’une semelle carrée de même largeur que la semelle rectangulaire
étudiée, et à les combiner.

Ces formules ne sont valables que pour De/B ≤ 2. Au-delà, on


considère un kc constant, égal à celui calculé pour De/B = 2 :
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Attention : le choix d’une valeur de kc élevée implique que la


géométrie de la semelle soit assurée. Dans un contexte de sables
! sous nappe par exemple, il est conseillé de limiter la valeur de kc
retenue car la mise en œuvre ne pourra probablement pas garantir la
parfaite géométrie de la fouille et donc de la semelle.

mardi 10 mars 2015


27
Calcul de la capacité portante appliqué à un
exemple
En considérant les calculs menés pages 23 et 26, à savoir :
qce = 11.76 MPa et De = 0.56 mètre

Calcul du kc :
S’agissant d’une semelle carrée de 0.80*0.80 m ancrée dans des
sables, il vient :

0.56 4.O,
3 = 0.09 + 80.03 + 0.02 < 81 − 9 :O 4.- < = 0.13
0.8
'
; K)
L
CAHIER TECHNIQUE n°3

Calcul de qnet
La charge étant verticale centrée, on obtient :

qnet = 0.13 * 11.76 = 1.53 MPa

Calcul de Rv ;d
On obtient donc les valeurs suivantes :
- Aux ELS quasi permanents et caractéristiques :

= = 354.78 3Q
4.-∗4.-∗)O.4
).&∗&..
Rv ;d =
; ; ;

- Aux ELU fondamentaux :


Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

= = 582.86 3Q
4.-∗4.-∗)O.4
).&∗).R
Rv ;d =
; ; ;

- Aux ELU accidentels :

= = 680 3Q
4.-∗4.-∗)O.4
).&∗).&
Rv ;d =
; ; ;

La semelle considérée peut donc reprendre au maximum une charge


de 35 tonnes aux ELS, de 58 tonnes aux ELU fondamentaux et de 68
tonnes aux ELU accidentels.

Ces valeurs sont à comparer aux descentes de charge communiquées


par le BE structures si elles sont connues.

mardi 10 mars 2015


28
CAHIER TECHNIQUE n°3

VII. CAS D’UN CHARGEMENT


VERTICAL EXCENTRE

Généralités
La charge peut présenter un excentrement lorsque :
- Soit le report de charge sur la semelle se fait de manière
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

excentrée (par exemple pour une semelle située en limite de


propriété). L’excentrement est alors une donnée
géométrique, il sera le même quel que soit l’état limite
étudié :

mardi 10 mars 2015


29
- Soit la semelle est soumise à un moment. L’excentrement

suivante : 9 =
STU VW S
engendré par ce dernier se calcule alors de la manière

X$Y Z [ W\ Y] ^

Vd
M
CAHIER TECHNIQUE n°3

Dans ce cas, l’excentrement ne sera donc pas le même aux ELS et aux
ELU, il dépendra de la combinaison de charge étudiée.

Pour les semelles rectangulaires, l’excentrement peut être dans le


sens de la longueur mais aussi dans le sens de la largeur, c’est
pourquoi on distingue eB et eL.

Mz
Vd
Mx
eB
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

eL

Excentrement dû à des moments


Excentrement géométrique
selon deux axes
L’excentrement a pour effet un chargement non uniforme sous la
semelle.
Dans tous les cas, il convient de vérifier que l’excentrement calculé
n’est pas trop important.

Vérification de l’excentrement
La vérification est à mener aux ELS ainsi qu’aux ELU, puisque comme
nous l’avons vu précédemment, la valeur de l’excentrement peut
être différente selon les cas de charge s’il est généré par un moment
et non d’origine géométrique.

mardi 10 mars 2015


30
Il convient donc de vérifier que les relations suivantes sont bien
respectées, quel que soit le cas de charge étudié :

Pour une semelle filante, on doit avoir 1 − ≥


& )
- Aux ELU fondamentaux (chapitre 9.5 de la Norme) :

' )O
o
Pour une semelle circulaire, on doit avoir 1 − ≥ R4
& .
'
o

/1 − 1 /1 − L2 1 ≥ )O
Pour une semelle rectangulaire, on doit avoir
& 0 & )
o

'

- Aux ELS quasi permanents et fréquents (chapitre 13.3 de la

Pour une semelle filante, on doit avoir 1 − ≥


& &
Norme) :
CAHIER TECHNIQUE n°3

' .
o
autrement dit, la répartition de charge sous la

Pour une semelle circulaire, on doit avoir 1 − ≥R


& .
semelle doit être trapézoïdale et non triangulaire.

'
o

/1 − 1 /1 − 2 1 ≥
Pour une semelle rectangulaire, on doit avoir
& 0 & &
o

' L .

Pour une semelle filante, on doit avoir 1 − ≥&


& )
- Aux ELS caractéristiques (chapitre 13.3 de la Norme) :

'
o
Pour une semelle circulaire, on doit avoir 1 − ≥ ),
& +
'
o
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

/1 − 1 /1 − L2 1 ≥&
Pour une semelle rectangulaire, on doit avoir
& 0 & )
o

'

mardi 10 mars 2015


31
Calcul de la capacité portante dans le cas d’une
charge excentrée
L’excentrement a une influence sur la valeur de la charge admissible
Rv ;d. puisqu’il entre en compte dans le calcul de la qce* par le biais de
hr et dans le calcul de la surface effective A’ (Annexe Q de la Norme) :

- Pour une semelle filante :

_` = _ /1 − 2 1 avec _ = ef
'
CAHIER TECHNIQUE n°3

- Pour une semelle circulaire :

&
− ij k1 − /j1 l avec _ = mn &
Y Th
_` = _ g2
&
i

- Pour une semelle rectangulaire (ou carrée) :

_` = _ /1 − 2 0
1 /1 − 2 2 1 avec A = LB
' L

Calcul de la contrainte sous semelle dans le cas


Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

d’une charge excentrée


Pour déterminer les tassements verticaux (cf. Chapitre XII), la
contrainte qui intervient dans le calcul est la contrainte moyenne
selon la Norme.

Dans le cas d’une charge excentrée, il est trop optimiste de


considérer cette contrainte comme le rapport de la charge verticale
réellement appliquée par la surface réelle de la semelle puisque
l’excentrement engendre une répartition non uniforme des
contraintes sous la semelle. Plusieurs modèles existent pour
déterminer plus précisément cette contrainte.

mardi 10 mars 2015


32
Modèle de Meyerhof (Annexe G2 de la Norme)

Dans ce modèle, simplificateur, on considère que pour une semelle


présentant un excentrement, la répartition des charges sous la
fondation est uniforme, mais sur une surface réduite de la semelle :
CAHIER TECHNIQUE n°3

- L’.B’ avec B’ = B − 2e et L’ = L pour une semelle filante


Cette surface en compression vaut :

- L’.B’ avec B’ = B − 2eq et L’ = L − 2et pour une semelle


d’excentrement e

rectangulaire d’excentrement eL dans le sens de la longueur et


Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

eB dans le sens de la largeur.

On obtient alors une contrainte q = t qw


v

C’est ce modèle qui est utilisé dans la détermination de la surface


effective A’, pour le calcul de portance.

Attention : nous rappelons que l’excentrement peut être fonction de

! la combinaison de charge. Il faut donc considérer l’excentrement qui


correspond à la combinaison de charge étudiée et non prendre
l’excentrement le plus défavorable couplé à la charge la plus
défavorable !

mardi 10 mars 2015


33
Modèle de répartition triangulaire ou trapézoïdale – modèle de
Navier (Annexe G3 de la Norme)

Ce modèle se limite aux semelles filantes ou aux semelles


rectangulaires/carrées pour lesquelles l’excentrement n’est que
selon un axe.
Dans ce modèle, le chargement peut avoir une répartition
trapézoïdale si e<B/6 ou triangulaire si e>B/6 :
CAHIER TECHNIQUE n°3

qmin
qmax

Comme nous l’avons vu précédemment page 34, la condition de


limitation de l’excentrement aux ELS quasi-permanents impose que
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

la répartition des charges soit trapézoïdale et non triangulaire pour


cet état limite.

Le calcul des tassements étant réalisé à l’ELS quasi-permanent, on ne


s’attardera donc ici que sur la détermination de la contrainte dans le
cas d’une répartition trapézoïdale des charges sous semelle.

Les formules de Navier donnent la répartition suivante des


contraintes :

V e
qxyz = /1 − 6 1
BL B
V e
qx|} = /1 + 6 1
BL B

mardi 10 mars 2015


34
Pour le calcul des tassements, on peut soit, de manière sécuritaire,
réaliser le calcul sous qmax, soit considérer comme contrainte
moyenne la valeur de contrainte située aux trois quarts de la

V 3V e
répartition :

q./R = +
BL LB &

Un exemple détaillé est fourni dans le cahier technique n°2 :


Dimensionnement de fondations superficielles sur la base de
données pressiométriques, du 21/01/2015.
CAHIER TECHNIQUE n°3
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

mardi 10 mars 2015


35
CAHIER TECHNIQUE n°3

VIII. CAS D’UNE CHARGE


INCLINEE
Dans le cas où la charge est inclinée, c’est-à-dire où le chargement
comprend une composante verticale et une composante horizontale,
cette inclinaison entre en compte dans le calcul de la charge
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

admissible Rv ;d, par le biais du coefficient iδ.

Vd
Charge totale

δ
Hd

L’inclinaison de la charge est notée δd et se calcule ainsi :

~> = arctan / ^> 1


•>

mardi 10 mars 2015


36
Où Hd est la composante horizontale de la charge et Vd la
composante verticale.

Le coefficient iδ qui intervient dans le calcul de la qnet n’est plus égal à


1. Pour son calcul, on distingue 3 cas :
- Soit nous sommes en présence de sols ayant un
comportement purement cohérent – c>0 et φ=0 (c’est-à-dire
des sols fins saturés (sous nappe) ayant donc un

2~> &
comportement non drainé). On considère alors :

‚ƒ, = 81 − <
m
CAHIER TECHNIQUE n°3

- Soit nous sommes en présence de sols ayant un


comportement purement frottant – c’=0 et φ’>0 (c’est-à-dire
des sols grenus (sables ou graves) ayant un comportement
drainé). On retient alors :

2~> & 2~> 2~> :"


-

‚ƒ,… = 81 − < − 82 − 3 < 9 ' †‚ ~> < m/4


m m m
2~> & "
‚ƒ,… = 81 − < − 81 − 9 : ' < †‚ ~> ≥ m/4
m

- Soit nous sommes en présence de sols ayant un


Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

comportement à la fois frottant et cohérent– c’>0 et φ’>0


(comme c’est le cas pour les sols intermédiaires (sables
argileux, sables limoneux…), pour les sols marneux à calcaires
et pour certaines roches altérées). Dans ce cas, iδ se calcule à
partir des formules des deux cas précédents : on calcule iδ,c et
iδ, f et on combine ces deux valeurs selon la formule suivante :

4.,X
‚ƒ = ‚ƒ,… + ‡‚ƒ, − ‚ƒ,… ˆ g1 − 9 l
:
'WYV ‰

γ étant le poids volume du sol.

La valeur du coefficient iδ obtenue est bien évidement inférieure à 1.


Le coefficient iδ a donc un effet minorateur sur la charge admissible.

Un exemple détaillé est fourni dans le cahier technique n°2 :


Dimensionnement de fondations superficielles sur la base de
données pressiométriques, du 21/01/2015.

mardi 10 mars 2015


37
CAHIER TECHNIQUE n°3

IX. CAS D’UNE FONDATION


A PROXIMITE D’UN
TALUS
Dans le cas où la semelle est située à une distance d du talus
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

inférieure à 8B, cette proximité entre en compte dans le calcul de la


charge admissible Rv ;d, par le biais du coefficient iβ.

mardi 10 mars 2015


38
Tout comme pour le calcul du coefficient iδ, on distingue trois cas :
- Soit nous sommes en présence de sols ayant un
comportement purement cohérent – c>0 et φ=0 (c’est-à-dire
des sols fins saturés (sous nappe) ayant donc un
comportement non drainé). On a alors :

> &
‚Š, = 1 − /1 − 1
Š
i -'
pour d < 8B

- Soit nous sommes en présence de sols ayant un


comportement purement frottant – c’=0 et φ’>0 (c’est-à-dire
des sols grenus (sables ou graves) ayant un comportement
CAHIER TECHNIQUE n°3

= &
drainé). On a alors :

!+
‹6Œ•
‚Š,… = 1 − 0.9 ‹6Œ• 2 − ‹6Œ• Ž1 − •
8f

=
pour d + ”‹6Œ• < 8f

- Soit nous sommes en présence de sols ayant un


comportement à la fois frottant et cohérent– c’>0 et φ’>0
(comme c’est le cas pour les sols intermédiaires (sables
argileux, sables limoneux…), pour les sols marneux à calcaires
et pour certaines roches altérées). Dans ce cas, iβ se calcule à
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

partir des formules des deux cas précédents : on calcule iβ,c et


iβ,f et on combine ces deux valeurs selon la formule suivante :

4.,X
‚Š = ‚Š,… + ‡‚Š, − ‚Š,… ˆ g1 − 9 l
:
'WYV ‰

Même si la Norme ne le mentionne pas, on veillera à respecter la


règle des 3 de base pour 2 de hauteur entre la base de la fondation et
le pied du talus.

mardi 10 mars 2015


39
Cas particulier : Dans le cas où on a l’effet conjugué d’une charge
excentrée et de la présence d’un talus, si l’inclinaison et le talus ont
un effet antagoniste :

charge

β
CAHIER TECHNIQUE n°3

on remplace alors le produit iβiδ par le coefficient iβ,δ qui vaut :

iβ,δ = min / \ ; ‚ƒ 1
\•

Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

mardi 10 mars 2015


40
CAHIER TECHNIQUE n°3

X. VERIFICATION AU
BASCULEMENT
Cette vérification est rare et généralement on peut considérer dans
le cas d’un sol non rocheux, que le basculement de la semelle ne peut
avoir lieu sans poinçonnement du sol support. Aussi, la vérification de
la portance suffit à assurer le non basculement.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Pour un sol rocheux, la justification du non basculement de la semelle


se fait en vérifiant que les moments stabilisateurs sont nettement
supérieurs aux moments déstabilisateurs (rapport de 1.50 minimum
à respecter).

« Des informations supplémentaires vis-à-vis de cette vérification


seront données dans le cahier technique qui sera consacré aux murs
de soutènement ».

mardi 10 mars 2015


41
CAHIER TECHNIQUE n°3

XI. VERIFICATION AU
GLISSEMENT

Principe
Cette vérification ne se fait qu’aux l’ELU fondamentaux et
accidentels, lorsque la fondation est soumise à un effort horizontal
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Hd. Elle s’effectue selon l’approche de calcul 2.

On doit pour cela s’assurer que la relation suivante est vérifiée :

Hd ≤ Rh ;d + Rp ;d

Où :
Hd : est la composante horizontale de la charge effectivement
transmise au sol, donnée par le BE Structures,
Rh ;d : est la valeur de la résistance au glissement de la fondation
sur le terrain,
Rp ;d : est la valeur de la résistance frontale ou tangentielle de la
fondation à l’effet de Hd.

mardi 10 mars 2015


42
De manière sécuritaire, dans le cas de fondations strictement
superficielles (De/B < 1.50), il est d’usage de négliger Rp ;d, . En effet,
si des terrassements en déblai non prévus initialement sont réalisés à
proximité immédiate de la fondation, ce terme sera alors fortement
diminué.
Dans le cas de fondations semi-profondes, on se référera à l’Annexe
P de la Norme pour l’évaluation de Rp ;d, .

Pour le calcul du terme Rh ;d on distingue deux cas, selon les sols en


présence et les conditions hydrogéologiques :

1
- En conditions non drainées :
CAHIER TECHNIQUE n°3

n$;> = H‚Œ g ‡_′™š;› ˆ ; 0.4œ> l


—j;$ —j;>;$

γR ;h : est un facteur partiel dont la valeur est de 1.1 aux ELU


fondamentaux et de 1.0 aux ELU accidentels (ou sismique).
γR ;d ;h : est un facteur de modèle dont la valeur est de 1.1 aux ELU
fondamentaux et accidentels (ou sismique).
Cu ;k : est la cohésion à court terme du sol sous la fondation.
Vd : est la composante verticale de la charge appliquée sur la
fondation.

œ> tan ~Y;›


- En conditions drainées :

n$;> =
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

—j;$ —j;>;$

γR ;d ;h et γR ;h : sont les mêmes qu’en conditions non drainées.


δa ;k : est la valeur de l’angle de frottement à l’interface entre la
semelle et le sol. Elle est égale à φ’ du sol si la fondation est
en béton coulé en place et à 2/3 φ’ du sol si la fondation est
préfabriquée lisse.

Aux ELU sismique, les coefficients γR ;d ;h et γR ;h sont remplacés dans


cette dernière formule par un coefficient γM dont la valeur est de
1.25 (cf. NF EN 1998.5 : 5.4).

Un exemple détaillé est fourni dans le cahier technique n°2 :


Dimensionnement de fondations superficielles sur la base de
données pressiométriques, du 21/01/2015.

mardi 10 mars 2015


43
CAHIER TECHNIQUE n°3

XII. EVALUATION DES


TASSEMENTS

Principe
On doit maintenant vérifier que les tassements sous l’ouvrage sont
acceptables, pour la contrainte retenue. Le seuil d’acceptabilité
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

dépend de l’ouvrage : certains ouvrages seront très sensibles aux


tassements, comme par exemple certaines installations industrielles
alors que d’autres le seront moins, comme les bâtiments à ossatures
métalliques.

Il convient également de vérifier les tassements différentiels : un


ouvrage peut être peu sensible aux tassements totaux mais très
sensible aux tassements différentiels.

Le seuil d’acceptabilité est déterminé à la fois par le BET Structures,


vis-à-vis de la résistance des ouvrages et par le Maitre d’Ouvrage vis-
à-vis des contraintes d’exploitation de l’ouvrage.

On rappelle que le calcul des tassements s’effectue aux ELS quasi-


! permanents.

mardi 10 mars 2015


44
Les méthodes pénétrométriques ne permettent pas en général une
! mesure directe des paramètres de compressibilité du sol.
Il est néanmoins possible d'estimer, à l'aide de corrélations basées
sur l'expérience, les paramètres de compressibilité à affecter aux
différentes couches de sol situées sous la fondation en fonction de
leur nature.

Concernant la norme NFP 94-261, l’annexe I traite de l’estimation


des tassements d’une fondation superficielle. Cette estimation n’est
CAHIER TECHNIQUE n°3

! valable que dans le cas de sols grenus pulvérulents et pour des


résistances de pointe pénétrométriques mesurées avec un
pénétromètre statique à pointe mécanique avec cône à jupe. Cette
méthode n’est pas adaptée en cas de faibles chargements car elle
fournit des valeurs trop importantes.

Cette méthode de calcul des tassements (méthode de Schmertmann)


est identique à celle présentée dans l’annexe D§3 de la Norme NF EN
1997-2.

Le tassement s d’une fondation sous une pression de chargement q


doit être calculé à partir de la formule suivante :
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

£¤
Ÿ¡
† = •) •& − ž ` [4 !
•. ¢
4

Où •) = 1 − 0.5 / 1 et •& = 1.20 + 0.20log ‹


¥` ¦
:¥` ¦
C3 est le facteur de forme des fondations superficielles :
- 1.25 pour des fondations carrées,
- 1.75 pour des semelles filantes L>10 B

E module de déformation déterminé par la méthode de


Schmertmann :
- E = 2.5 qc pour des fondations axisymétriques (circulaires ou
carrées),
- E = 3.5 qc pour des fondations filantes à déformation plane.

mardi 10 mars 2015


45
Remarque : une fois de plus, le choix des valeurs pénétrométriques

! d’entrée est essentiel et influence fortement le calcul. Attention donc


aux valeurs retenues.
Si une synthèse s’avère difficile à réaliser, on peut toujours réaliser le
calcul au droit de plusieurs profils pénétrométriques (par exemple le
plus favorable et le plus défavorable), ce qui donnera en plus une
estimation des tassements différentiels en cas de sol latéralement
hétérogènes. Les résultats obtenus seront plus réalistes que ceux
obtenus à partir d’une synthèse.

σ'v0 est la contrainte verticale effective initiale au niveau de la


fondation
CAHIER TECHNIQUE n°3

t est le temps, en années

IZP est un facteur d’influence des déformations, à définir selon la


figure I.1 ci-après.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

A noter que le produit C1(q-σ’v0) se réduit à (q-1.5 σ’v0) ce qui


indique que les tassements de la semelle sont négligés pour des

! contraintes comprises entre σ’v0 et 1.5 σ’v0. Cela explique pourquoi


cette méthode n’est pas adaptée à l’estimation des tassements
pour de faibles contraintes (inférieures à 1.5 σ’v0).

mardi 10 mars 2015


46
Pour les sols cohérents, d’autres méthodes existent pour l’estimation
des tassements à l’aide des données du pénétromètre statique.

La méthode de Sanglerat (NFP 94-261 Annexe J.2.3) permet d’estimer


le module oedométrique en fonction de la résistance de pointe :

© = ª.

Le tableau suivant donne les valeurs de α recommandées par


Sanglerat pour le calcul des tassements des fondations superficielles
à l’ELS quasi-permanents :
CAHIER TECHNIQUE n°3

Le tassement est ensuite estimé par la théorie usuelle de


consolidation unidimensionnelle :
† = « ©\ . ∆-\ . ℎ\
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Avec :
hi l’épaisseur de la couche i
Δpi la contrainte verticale moyenne dans la couche i estimée par la
théorie élastique (solution de Boussinesq)

Le calcul de Δpi en fonction de la profondeur par la formule de


Boussinesq est détaillé dans le cahier technique n°2 :
Dimensionnement de fondations superficielles sur la base de données
pressiométriques du 21/01/2015.

Cette méthode est généralement utilisée pour les sols fins (argiles).

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Pour les sols pulvérulents (sables), on peut également faire une
première estimation du tassement, lorsqu’on dispose de résultats
d’essais CPT ou de résultats d’essais SPT, avec la méthode définie par
Robertson et Campanella, et adaptée de Burland et Burbidge :
CAHIER TECHNIQUE n°3
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Cette méthode ne figure pas dans la Norme NFP 94-261, ni dans les
normes NF EN 1997-1 et 2.

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Application à notre exemple
Dans le cas de notre exemple, nous reprenons les données de notre
sondage pénétrométrique CPT1, pour une semelle de largeur B = 0.80
mètre et une longueur de 0.80 mètre, ancrée à 1.00 m de
profondeur, avec une contrainte aux ELS QP de 0.15 MPa.

Etant en présence de sols pulvérulents, nous utilisons la méthode


détaillée dans l’annexe I de la Norme NFP94-261.

Choix de la valeur de qc à retenir pour calculer E :


CAHIER TECHNIQUE n°3

La valeur de qc à retenir pour le calcul de E, dans le cas d’une semelle


carrée, est obtenue en effectuant la moyenne des valeurs de qc sur
une hauteur de 2B sous la semelle (dans le cas d’une semelle filante,
cette hauteur est alors de 4B).
Dans notre cas, B=0.80 m donc nous avons effectué une moyenne
des valeurs de qc sur une hauteur de 1.60 m.
On obtient ainsi : qc = 10.35 MPa
Ainsi E = 2.5 x 10.35 = 25.88 MPa

Calcul de σ’v0 :
σ’v0 = γD = 18 x 1.00 = 18 kN/m3 = 0.018 MPa
avec γ = 18 kN/m² et D = 1.00 m
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Calcul de C1 :

0.018
•) = 1 − 0.5 8 < = 0.93
0.15 − 0.018

•& = 1.20 + 0.2 ® log 10


Calcul de C2 :

Avec t = 10 ans

Calcul de IZP :

Ÿ = 0.5 + 0.10 k
4.)O:4.4)-
¡ 4.4&O&
= 0.73

Avec σ’vp = γ(D+B/2) = 18 x 1.40 = 25.20 kN/m3 = 0.0252 MPa


avec γ = 18 kN/m², D = 1.00 m et B = 0.80 m

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Calcul du tassement :

0.73
† = 0.93 ∗ 1.40 ∗ 0.15 − 0.018 ∗ 8 < ∗ 1.60
1.205 ∗ 29.39

= 0.006 H
CAHIER TECHNIQUE n°3
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CAHIER TECHNIQUE n°3

XIII. RAIDEURS

Définition
Pour déterminer la répartition des descentes de charge de l’ouvrage
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

entre les différents appuis, le structuraliste a besoin de connaitre les


valeurs de raideur. La raideur correspond au rapport force
appliquée/tassement engendré par cette force.

On peut se faire une représentation de la raideur en la comparant à


un ressort. Pour une structure rigide, la répartition des descentes de
charge sur les appuis sera homogène si ces appuis offrent des
raideurs identiques. Dans le cas contraire, on aura un déplacement
de la résultante de la charge vers l’appui montrant une raideur plus
faible :

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q q q

q
Q
K1 K2 K1
K1 = K2 => q1 = q2 K1 > K2 => q1 < q2 K2
CAHIER TECHNIQUE n°3

La charge Q est centrée et se La charge Q se déplace vers le


répartie de manière homogène ressort K2. La répartition n’est
sur les 2 ressorts (q1 = q2). plus homogène (q1 < q2).

On distingue 3 types de raideur, selon l’orientation de la force et du


mouvement engendré :
- la raideur verticale KV,
- les raideurs en translation, parallèle à la largeur KB ou parallèle
à la longueur KL,
- les raideurs en rotation, parallèle à la largeur Kθ ;B ou parallèle à
la longueur K θ ; L.
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Estimation des raideurs


La raideur verticale peut être facilement déterminée par la formule :
KV = Vd/sv (charge verticale appliquée/tassement vertical sous cette
charge) puisque ces valeurs ont été calculées précédemment.

Les autres raideurs sont plus difficiles à appréhender, surtout au


stade de l’avant-projet :

largeur de la fondation : ¯' = °>;' /±$;' en N/m,


o la raideur en translation selon une direction parallèle à la

longueur de la fondation : ¯L = °>;L /±$;L en N/m,


o la raideur en translation selon une direction parallèle à la

la fondation : ¯²;' = ©²;' /³'


o la raideur en rotation autour de l’axe parallèle à la largeur de

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de la fondation : ¯²;L = ©²;L /³L
o la raideur en rotation autour de l’axe parallèle à la longueur

Pour la détermination de ces valeurs de raideurs, plutôt que de


calculer les déplacements latéraux et rotationnels dans chaque sens,
on procède par corrélations.

En effet, la Norme (annexe J) donne des formules pour le calcul des


différentes raideurs basées sur le module d’Young E et le coefficient
de Poisson ν du sol.
CAHIER TECHNIQUE n°3
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Le coefficient de Poisson est usuellement considéré égal à 0.33. Le


module d’Young E n’est pas connu a priori. Toutefois, connaissant la
valeur de la raideur verticale, on peut en extraire la valeur de E, que
l’on réinjecte dans les formules pour le calcul des autres raideurs. On
obtient ainsi leurs valeurs respectives.

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Ces raideurs transmises au structuraliste vont lui permettre de
préciser la distribution des descentes de charge sous l’ouvrage et de
transmettre ces nouvelles descentes de charge au géotechnicien, en
mission G2PRO par exemple, pour optimiser et finaliser le
dimensionnement des fondations.

Un exemple détaillé est fourni dans le cahier technique n°2 :


Dimensionnement de fondations superficielles sur la base de
données pressiométriques, du 21/01/2015.
CAHIER TECHNIQUE n°3
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CAHIER TECHNIQUE n°3

XIV. Conclusion
Contrairement à ce qu’il est d’usage de croire, le dimensionnement
de fondations superficielles est un exercice délicat réclamant à tous
les stades de la méthode une attention particulière dans le choix des
valeurs caractéristiques et des hypothèses de fonctionnement de
l’ouvrage, à courts et longs termes.
Hélène BIGAND – Delphine CHARPENTIER - Samuel DEVANNE

Dans le cas de l’exploitation des données issues du pénétromètre


statique, pour l’estimation des tassements, ce dernier présente
l’inconvénient de ne fournir qu’une caractéristique de rupture de sol,
à savoir la résistance de pointe ou de cône qc. Il est donc nécessaire
d’effectuer des corrélations entre module de déformation et
résistance de pointe qc, à réaliser avec précaution.

Ce cahier technique ne peut aborder tous les sujets concernant ce


type de fondation, notamment :
o le cas particulier des fondations sous murs de soutènement,
o celui des fondations circulaires de grandes dimensions (ex :
embase poids d’éoliennes), avec notamment le recours à la
méthode de la lunule,
… et bien d’autres encore.

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Nous encourageons donc vivement le lecteur à poursuivre ce travail,
notamment par la lecture attentive des ouvrages cités en références
ci-après.
CAHIER TECHNIQUE n°3
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CAHIER TECHNIQUE n°3

XV. Références
(1) NF P 94-261 de juin 2013 – AFNOR

(2) NF EN 1997-1 2005 – AFNOR

(3) Fascicule 62 TITRE V – Ministère de l’équipement, du logement


et des transports
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(4) F. BAGUELIN, M. ZERHOUNI : « Dimensionnement des


fondations d’après l’Eurocode 7 » – CSTB Editions – 2011

(5) A. Bond, A. Harris : « Decoding Eurocode 7 » - Taylor & Francis –


2008

(6) G.Phillipponnat, B.Hubert : « Fondations et ouvrages en terre » –


Eyrolles – 1997 (4ème édition)

(7) O. Combarieu, H. Evrard : « Les fondations mixtes, semelles-


pieux » - Bulletin de liaison du laboratoire des Ponts et Chaussées
– 1979

(8) GINGER CATED : « Le pénétromètre statique » - mai 2013

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(9) S.DEVANNE : Cahier technique n°1 indice 1 et 2 :
Dimensionnement de fondations profondes sur la base de
données pressiométriques – procédure « modèle de terrain » -
06/01/2014 et 21/01/2015

(10) H.BIGAND, D.CHARPENTIER, S.DEVANNE : Cahier technique


n°2 : Dimensionnement de fondations superficielles sur la base
de données pressiométriques – 21/01/2015

(11) R.FRANK : Calcul des fondations superficielles ou profondes,


2003.
CAHIER TECHNIQUE n°3

(12) DTU 13.12 : Règles pour le calcul des fondations


superficielles- mars 1988
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