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31/03/2021 Développement durable et territoire - Chapitre 1.

Les antécédents conceptuels du développement soutenable - Presses universitair…

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Presses
universitaires
du Septentrion
Développement durable et territoire | Bertrand Zuindeau

Chapitre 1. Les antécédents


conceptuels du
développement soutenable1
Franck-Dominique Vivien
p. 25-35

Texte intégral
1 Le rapport Brundtland, dans lequel on trouve ce qui est parfois considéré comme la
définition canonique du développement soutenable1, est souvent présenté comme le point de
départ de cette problématique, comme le moment fondateur qui ouvrirait un nouvel âge
politique, une nouvelle période de l’histoire de l’humanité. Marcel Jollivet (2001, p. 99) note
qu’il s’agit là d’une « vision totémique » du rapport Brundtland, accueilli comme le « Livre
de la révélation ». Mais on peut aussi inverser cette perspective et considérer le rapport
Brundtland comme un point d’arrivée : le développement soutenable peut se concevoir dans
la suite de réflexions élaborées depuis l’origine de l’économie politique sur la dynamique du
capitalisme2. On peut aussi – c’est l’optique adoptée ici – appréhender les antécédents
conceptuels du développement soutenable en ne considérant que la période contemporaine.

Un point de départ : The Limits to Growth


2 Créé en 1968 à l’initiative de l’industriel Aurelio Peccei et du directeur des affaires
scientifiques de l’OCDE, Alexander King, le Club de Rome est un groupe d’experts cooptés
d’une centaine de membres, issus des milieux d’affaire, de la science et de la diplomatie. Il a
passé commande à une équipe du MIT, dirigée par Dennis Meadows (1972), d’une étude
visant à simuler par ordinateur le fonctionnement du système planétaire. Les résultats du
modèle World 3 sont saisissants : une population croissante avec des besoins énergétiques
et matériels en expansion fait peser une pression de plus en plus forte sur son
environnement jusqu’à l’effondrement de la dynamique du système. Le message de The
Limits to Growth est clair et va faire beaucoup de bruit : le Club de Rome appelle à ce que
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développement qui y est dessinée en filigrane3 : il ne s’agit pas de renoncer à l’augmentation


du bien-être des populations, mais de faire en sorte que celle-ci se réalise par le biais
d’activités (éducation, art, recherche fondamentale…) qui sont moins consommatrices
d’énergie et de matière que celles qui ont dominé durant la phase de consommation de
masse des « Trente Glorieuses ». C’est, par ailleurs, l’idée d’une redistribution des richesses
au niveau mondial qui est proposée par les membres du Club de Rome ; la croissance devant
se poursuivre dans les pays du Sud, au moins pendant un certain temps, tandis qu’elle doit
se ralentir peu à peu dans les pays du Nord.

Le retour de la thèse de l’état stationnaire


3 Ce sont les travaux des économistes écologiques Kenneth E. Boulding (1966) et Herman E.
Daly (1971) qui se trouvent en arrière-plan de ce premier rapport au Club de Rome et de la
perspective d’un « état d’équilibre durable » qui y est mise en avant4. L’article de Daly figure
même en bibliographie de The Limits to Growth. À l’évidence, la référence à la thèse de
l’état stationnaire de John Stuart Mill, que l’on trouve aussi dans ce rapport, provient du
même article de Daly, dans lequel il déclare que cette perspective lui apparaît plus
pertinente aujourd’hui qu’à l’époque de Mill. Après avoir fait une distinction entre pays et
classes sociales riches et pauvres, Daly dit ne s’adresser qu’à la société d’abondance et, en
particulier, à celle qui existe aux États-Unis. L’état stationnaire, qui est un concept physique,
précise-t-il, correspond à une constance du stock de capital physique et de la population. Ces
quantités doivent être maintenues constantes à travers le temps ; les flux permettant leur
reproduction, qui doivent être égaux aux flux de sortie, doivent être minimisés. Cela doit
conduire à allonger la durée de vie des individus et des biens, que ceux-ci soient du capital
ou des biens de consommation, ce qui passe aussi pour ces derniers par des possibilités
accrues de recyclage. Ces flux (solde naturel et investissement net) doivent être les plus
faibles possibles pour des raisons environnementales, mais aussi pour des raisons de
désirabilité sociale. Daly s’interroge, en effet, sur la notion de besoin. S’inscrivant dans une
longue tradition de penseurs – il cite notamment les « Perspectives économiques pour nos
petits-enfants » de Keynes (1930) – notre auteur distingue les besoins réels et ceux qui
n’importent que parce qu’ils nous permettent de nous différencier de nos semblables. Selon
Daly, seuls les premiers doivent être pris en compte. Le but assigné à l’économie de l’état
stationnaire étant celui de la distribution plus que celui de la production, cela oblige à
considérer l’épineuse question des institutions qui doivent permettre d’atteindre cet
objectif ; Daly évoquant, sans grande précision, la nécessité de marier des principes de
distribution mis en avant par le socialisme et des principes d’efficacité économique mis en
avant par l’économie de marché.

Aux racines modernes de la décroissance


4 Nicholas Georgescu-Roegen (1971) a publié The Entropy Law and the Economic Process,
son magnum opus, quelques mois avant la parution de The Limits to Growth. Une alliance
de circonstance va se constituer alors entre ce dernier et l’équipe dirigée par Meadows, le
premier demandant au second de lui faire parvenir toutes les critiques qui lui ont été
adressées par des économistes pour pouvoir y répondre (Levallois, 2010). Mais, bien vite, les
positions respectives des uns et des autres vont diverger. Cela apparaît clairement dans
« Energy and Economic Myths », le texte amendé d’une conférence donnée en novembre
1972 à l’Université de Yale dans un cycle intitulé « Limits to Growth : The Equilibrium State
and Human Society ». Georgescu-Roegen (1975) y redit le message de Sadi Carnot, salué
dans The Entropy Law and the Economic Process : s’il continue à dénoncer la posture des
néoclassiques qui, en cette première moitié des années 1970, voient dans le nucléaire la
possibilité d’une source d’énergie inépuisable, comme d’autres l’avaient fait au temps de
Carnot en considérant la machine à feu, il est aussi sévère vis-à-vis des positions théoriques
adoptées par Boulding et Daly. Au premier, il est reproché de se réjouir un peu trop vite que
l’entropie ne concerne pas la matière (Boulding, 1966, p. 7), et l’on sait que Georgescu-
Roegen va insister, au contraire, pour que soit reconnue une « quatrième loi de la
thermodynamique » relative à la dissipation de la matière au niveau macroscopique (matter
in bulk)5. Au second, c’est l’idée même d’état stationnaire qui est contestée et renvoyée au
statut de mythe énergétique. « Un monde avec une population stationnaire, écrit Georgescu-
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Même si l’on résolvait la question de savoir comment le capital peut changer
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qualitativement tout en demeurant constant, il faudrait imaginer que cette baisse


imprévisible serait miraculeusement compensée par de bonnes innovations intervenant au
bon moment ». C’est l’idée de décroissance qui apparaît finalement avec une traduction du
terme declining que l’on doit à Jacques Grinevald (2006) : « La conclusion nécessaire des
arguments avancés, écrit ainsi Georgescu-Roegen (1975, p. 82), (…) consiste à remplacer
l’état stationnaire par un état de décroissance. À n’en point douter, la croissance actuelle
doit non seulement cesser, mais être inversée. » Les limites matérielles et énergétiques
qu’imposent les lois de la thermodynamique conduisent notre auteur à proposer un
« programme bioéconomique minimal » destiné à faire durer le plus longtemps possible le
stock d’énergie et de matière disponible pour l’humanité. Cette politique repose sur l’idée
qu’il convient d’agir sur la demande de biens et de services plutôt que sur l’offre, grâce à une
nouvelle éthique (dont le nouveau commandement, écrit Georgescu-Roegen, serait « Tu
aimeras ton espèce comme toi-même »), tout en restant conscient de la nécessité, pour les
populations pauvres, de voir s’améliorer, pendant une phase de transition, leurs conditions
matérielles.

La réponse néoclassique : le modèle de soutenabilité faible


5 La réaction des économistes néoclassiques vis-à-vis du premier rapport au Club de Rome ne
se fait pas attendre. Leur première critique porte sur les informations statistiques dont on
dispose qui ne prêtent pas au pessimisme affiché par The Limits to Growth. William
Nordhaus (1974) reproche ainsi aux concepteurs de World 3, d’une part, de ne s’intéresser
qu’aux réserves prouvées en matière de ressources minérales et fossiles, lesquelles, du fait
de leur caractère stratégique, ne sont pas de bons indicateurs de raréfaction et, d’autre part,
d’omettre les données pertinentes que sont les prix relatifs d’extraction de ces ressources. La
seconde critique des néoclassiques porte justement sur cette modélisation qui ne s’appuie
pas sur les formalisations qu’ils retiennent habituellement : dans World 3, il n’y a pas de
fonction de production, pas de substitution entre les facteurs de production, ni de
mécanisme de régulation par les prix. C’est d’ailleurs à l’occasion de cette controverse que
Nordhaus (1973) va franchir un pas supplémentaire dans cette formalisation en introduisant
la notion de « technique limite » (backstop technology) ; ce qui n’est jamais qu’une manière
ad hoc de lever l’incertitude en matière de progrès technique. Grâce à ce dernier, les prix,
selon les néoclassiques, doivent permettre l’internalisation des externalités et des prises de
relais entre facteurs de production. Et si cette substituabilité entre facteurs de production
s’opère correctement, l’épuisement des ressources naturelles, ainsi que l’écrit Robert Solow
(1974), sera un évènement parmi d’autres et non une catastrophe. Nordhaus (1974) aboutit
au même constat en ce qui concerne les ressources énergétiques : l’évolution des prix, même
si elle moins favorable que par le passé, ne devrait pas trop peser sur les perspectives de
croissance future. Wilfred Beckerman (1972, p. 336) affiche la même confiance : en prenant
l’exemple des émissions de SO2 dans certains États des États-Unis, il met l’accent sur la
réduction de la pollution par unité de production que l’on peut observer depuis quelques
années. Cette baisse devrait, selon lui, se poursuivre à l’avenir, grâce notamment aux
politiques environnementales mises en œuvre ; un argument qui, une vingtaine d’années
plus tard, deviendra celui qui fonde l’idée de l’existence d’une « courbe environnementale de
Kuznets »6. On trouve, dans toute cette littérature, les arguments du modèle de
« soutenabilité faible ». Nordhaus (1974, p. 25-26) note cependant que les questions de
pollution considérées jusqu’à maintenant sont essentiellement locales, alors qu’il convient
aussi de s’intéresser aux pollutions globales. À ses yeux, le seul problème environnemental
qui mérite que l’on s’y intéresse à l’avenir est celui de la concentration atmosphérique des
gaz à effet de serre. C’est à partir de là que cet auteur va se consacrer à l’économie du
changement climatique.
6 Le débat soulevé par le premier rapport au Club de Rome n’est pas clos pour autant, comme
en témoigne le chapitre que Robert Ayres et Allen V. Kneese (1976) rédigent pour un
ouvrage en l’honneur de Kenneth E. Boulding. La question de la soutenabilité, qui
jusqu’alors était présente en filigrane, figure clairement dès le titre de leur texte. C’est à
partir d’un exercice de prospective, qui distingue la situation des pays développés et celle de
pays en voie de développement, que s’élabore le raisonnement des auteurs. La croissance
zéro ne leur apparaît pas une solution envisageable, du fait des besoins à satisfaire d’une
population en Ce augmentation,
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les possibilités futures offertes par le progrès technique et, d’autre part, la capacité des
systèmes sociaux à gérer leur vulnérabilité, laquelle provient de leur interdépendance
croissante et des risques que font courir certaines techniques (le nucléaire, notamment).
Ayres et Kneese se montrent extrêmement prudents quant à ce que réserve l’avenir dans ces
deux domaines : rien ne dit, en effet, que les rendements futurs de la technique seront
identiques à ceux que l’on a connus jusqu’alors. Qui plus est, compte tenu des très grandes
incertitudes qui entourent l’énergie nucléaire, la décision en matière de choix technique ne
peut reposer sur l’utilisation du calcul coûts-avantages. Les choix en cette matière relèvent
nécessairement du politique, écrivent Ayres et Kneese, tout en soulignant que la durée de vie
des gouvernements est infinitésimale relativement à celle des déchets nucléaires. D’où une
conclusion des plus circonspectes : la question de la soutenabilité de l’humanité est ouverte,
mais du fait des nombreuses incertitudes qui entourent les choix techniques, les systèmes
sociaux et les modalités de gouvernement, Ayres et Kneese avouent qu’il leur est difficile de
voir comment influencer de manière rationnelle les politiques actuelles. Une chose est sûre,
notentils – et cela fait écho à la pensée de Boulding et annonce un des traits analytiques de
l’Ecological Economics7 : ceux qui ne posent la question de la viabilité à long terme de
l’humanité qu’en des termes de potentiels techniques ou de capacités économiques laissent
de côté des éléments absolument essentiels au débat.

L’écodéveloppement
7 C’est dans les couloirs de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement humain,
organisée à Stockholm en 1972 – et dont l’objectif est d’« élaborer une politique commune
afin de créer un ordre viable » (Ward, Dubos, 1972, p. 23) –, que son secrétaire général,
Maurice Strong, lance le terme d’écodéveloppement afin de tenter de concilier les
oppositions entre le Nord et le Sud qui s’y expriment. L’expression, qui, précise Ignacy Sachs
(2007, p. 254-255), est d’abord un contenant avant d’être un contenu, va être reprise et
approfondie au Symposium organisé par le Programme des Nations Unies pour
l’environnement (PNUE) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le
développement, qui se tient à Cocoyoc en 1974, sous la présidence de Barbara Ward. La
déclaration finale de cette conférence s’interroge sur les « limites internes » constituées par
les besoins humains et les « limites externes » que représentent les ressources physiques de
la planète : « Nous croyons, peut-on lire dans l’épilogue de ce document (UNEP, 1981,
p. 119), à la possibilité d’établir des modes de vie et des systèmes nouveaux plus justes,
moins arrogants dans leurs exigences matérielles, plus respectueux de l’environnement de la
planète entière. La voie ne passe ni par l’attente désespérée d’un désastre, ni par la croyance
optimiste en une succession de prouesses techniques. Elle passe par une évaluation attentive
et dépassionnée des limites externes, par une recherche collective de la manière de respecter
les limites internes des droits fondamentaux de l’homme. Elle passe par l’édification de
structures sociales pour exprimer ces droits et par un patient travail d’invention des
techniques et des modes de développement qui mettent en valeur et protègent notre
patrimoine planétaire. » Sachs, qui participe à ces débats, va associer son nom à cette
perspective d’écodéveloppement qui est une sorte de voie moyenne, à égale distance des
propositions du rapport Meadows et de celles des néoclassiques. La croissance en tant que
telle n’est pas rejetée, mais elle doit être mise au service du progrès social et de la gestion
raisonnable des ressources et milieux naturels. En s’inscrivant dans la perspective ouverte
par les théories du développement endogène et en étant particulièrement attentif au
développement local, il importe, selon Sachs, que chaque communauté définisse par elle-
même son propre « style de développement », en particulier au travers d’un choix de
« techniques appropriées », compatibles avec son contexte culturel, institutionnel et
écologique. L’écodéveloppement repose ainsi sur trois piliers : l’autonomie des décisions des
communautés humaines en fonction de leurs valeurs, la prise en charge équitable des
besoins de tous les hommes et la prudence écologique.
8 Le PNUE, qui a été créé à la suite de la Conférence de Stockholm, va faire de
l’écodéveloppement un des axes privilégiés de sa stratégie jusqu’au début des années 1980.
Il y est incité par le rapport de la Fondation Dag Hammarskjöld (1975) préparé à l’occasion
de la 7e réunion spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies. L’équipe du Centre
international de recherche sur l’environnement et le développement (CIRED), que dirige
alors Sachs àCeParis,
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publiées quelques années plus tard (Sachs et al., 1981). L’écodéveloppement occupe aussi Fermer
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une place centrale dans le troisième rapport au Club de Rome coordonné par Tinbergen

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(1976). Sachs, qui fait partie de la vingtaine d’experts ayant participé à cet ouvrage, y signe
un des chapitres consacrés à l’approche sectorielle dont on retrouve de larges extraits dans
la partie commune du rapport. Ce document, qui porte sur les relations Nord/Sud, entre en
résonance avec les propositions de l’Assemblée des Nations Unies qui a appelé en 1974 à
l’instauration d’un « nouvel ordre économique international » (NOEI), « plus humain et
plus équitable », débouchant sur « une démocratie socio-économique planétaire ». Dans le
même temps, tournant le dos à l’idée de croissance zéro qui prévalait quelques années plus
tôt, les auteurs du troisième rapport au Club de Rome soulignent la nécessité d’accélérer la
croissance mondiale et de libéraliser le commerce international ; ce qui, selon Rist (1996,
p. 234), était le sens véritable du NOEI. D’ailleurs, on va assister à la marginalisation
progressive de la notion d’écodéveloppement au profit de celle de développement
soutenable ; la réaction de Kissinger et de la diplomatie étatsunienne à la Résolution de
Cocoyoc, si l’on en croit Sachs (2007, p. 264), ayant joué un rôle important dans cette
substitution sémantique. Il est vrai que la seconde expression fait écho aux termes employés
par Rostow (1960) dans son célèbre « manifeste anti-communiste » que sont Les étapes de
la croissance économique. Le développement y est conçu comme un phénomène de
rattrapage par rapport au modèle qu’incarnent les économies occidentales, les États-Unis
étant la plus « avancée » en la matière.

La Stratégie mondiale de la conservation


9 Le World Wildlife Fund va parler d’« écodéveloppement durable » dans son rapport annuel
des années 1978-1979 (Chartier, 2004). Un pas supplémentaire va être franchi par l’Union
internationale pour la conservation de la nature – UICN – (1980) avec la publication de la
Stratégie mondiale de la conservation, qui est le premier texte de portée internationale qui
se donne « pour but de contribuer à l’avènement du développement soutenable ». Comme
l’indique le sous-titre de ce rapport – La conservation des espèces vivantes au service du
développement soutenable – l’accent y est mis sur les ressources biologiques. L’enjeu pour
l’UICN est de relégitimer sa politique de conservation en montrant que celle-ci ne se fait pas
à l’encontre des populations locales, lesquelles se voient imposées de fortes contraintes
administratives, tout en bénéficiant peu des retombées financières de l’activité touristique
organisée autour des aires protégées. En d’autres termes, il s’agit de montrer que la
conservation se fait dans un souci de développement. Mais, comme le montre Denis Chartier
(2004), ce sont deux conceptions du développement soutenable qui sont mises en avant. La
première, qui fait écho à une vieille tradition de gestion des ressources renouvelables (Vatin,
2005), est celle de la détermination du rendement soutenable, à savoir le volume de
production qui, dans une perspective de gestion à long terme, est supportable pour la
reproduction du stock de ressources naturelles ou de l’écosystème. La seconde est l’idée de
faire durer le développement, en inscrivant la conservation dans la perspective du NOEI. Les
rédacteurs du rapport insistent, en effet, sur l’importance que commencent à prendre les
ressources génétiques du fait de l’essor du secteur des biotechnologies. Les aires protégées
apparaissent alors comme des « réservoirs » de ressources que les hommes vont pouvoir
exploiter dans l’avenir. Qui plus est, la collecte des échantillons biologiques – en provenance
du règne végétal, essentiellement – est une activité qui doit pouvoir s’effectuer sans détruire
les écosystèmes qui les abritent. Il s’agit même de veiller à maintenir leur état et leur
dynamique si l’on veut pouvoir découvrir des ressources biologiques qui sont encore
inconnues aujourd’hui. On a là en filigrane la politique internationale qui sera promue par la
Convention sur la diversité biologique adoptée à Rio en 1992 ; une différence notable
résidera dans l’abandon du statut de patrimoine commun de l’humanité pour la biodiversité
au profit de la souveraineté des États, des droits de propriété intellectuelle et des droits pour
les communautés autochtones et locales.

Building a Sustainable Society


10 Un autre indice du rôle joué par les ONG dans la construction de cette problématique est la
publication de Building a Sustainable Society par Lester R. Brown (1981), le directeur du
Worldwatch Institute (WI). Selon ce dernier, la soutenabilité, qui est une notion issue de
l’écologie, a des implications économiques et sociales puisqu’une société soutenable voit sa
dynamique économique et le bienêtre humain dépendre du maintien de la bonne santé de la
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particulier, ceux dits « de l’offre », qui conseillent alors le Président Reagan, la structure et
la philosophie de cet ouvrage annoncent celles du rapport Brundtland : une crise de
civilisation, dont la première partie du livre s’attache à décrire les nombreuses
manifestations environnementales, économiques et sociales, oblige à modifier nos priorités,
modes de décision et comportements. Dans une deuxième partie, Brown nous offre une
vision pragmatique de la société soutenable, qui peut être rattachée à différents
paradigmes : stabilisation de la population mondiale, préservation des ressources naturelles,
restructuration de l’activité économique, élaboration de nouveaux indicateurs
macroéconomiques, développement des énergies renouvelables, mise sur pieds d’une
économie du recyclage, de circuits de distribution courts, plus grande autonomie des
communautés humaines, simplicité des modes de vie, etc. Une idée présente dans ce livre,
qui va faire de plus en plus florès, est celle de la transition vers une « éco-économie »,
porteuse de nouvelles industries, de nouveaux emplois, de nouveaux usages, une « économie
verte » qu’il convient de faire émerger au plus tôt, en agissant par le biais des pouvoirs
publics, des forces du marché, des entreprises, des ONG, des citoyens... Un autre trait de
cette analyse est que, selon Brown, la plupart des solutions institutionnelles et techniques
existent déjà de par le monde ; il suffit de les découvrir et de les diffuser. D’où la nécessité de
compiler les études et données pour favoriser la prise de conscience, la mise en commun des
solutions et un apprentissage collectif. Depuis 1984, le WI publie d’ailleurs un rapport
annuel sur l’état de la planète qui mesure l’avancée vers une société soutenable.

Le rapport Brundtland : l’expression d’un compromis ?


11 En 1987 est publié Notre avenir à tous, un épais volume fruit de cinq années de travail de la
Commission mondiale sur l’environnement et le développement (CMED) de l’ONU, dirigée
par Gro Harlem Brundtland. Le contenu de ce rapport fait écho à maintes propositions
précédentes. Les questions d’environnement et de développement sont considérées de
concert : certains modes de développement dégradent l’environnement et, inversement, un
environnement dégradé peut constituer un obstacle au développement. Il n’y a donc qu’une
seule crise, les différents domaines considérés (population, sécurité alimentaire, énergie,
pollution, etc.) étant liés les uns aux autres. Ce qui amène à trouver une solution, qui n’est
autre que le développement soutenable. Deux concepts sont attachés à cette notion : d’une
part, celui de « besoins » et, plus particulièrement, des besoins essentiels des plus démunis à
qui il convient d’accorder la priorité ; d’autre part, et l’on pense au texte de Ayres et Kneese,
l’idée des limitations que l’état des techniques et l’organisation sociale font peser sur la
capacité de l’environnement à répondre aux besoins des générations présentes et futures.
Concrètement, c’est une « nouvelle ère de croissance » que la CMED appelle de ses vœux
pour répondre à ces besoins, tout en précisant que la « qualité » de cette croissance doit
changer, en recourant à des techniques moins consommatrices d’énergie et de matière et en
étant mieux redistribuée. Bien que l’on ne parle pas d’écodéveloppement, cette croissance
doit être au service d’une conception élargie du développement, intégrant les besoins
essentiels en ce qui concerne l’alimentation, l’énergie, l’emploi, etc., un objectif qui doit être
décliné différemment selon les pays, leurs contraintes environnementales, leurs traditions
culturelles et politiques. Si certaines populations doivent adapter leur mode de vie pour qu’il
soit plus respectueux de l’environnement, d’autres doivent limiter leur croissance
démographique. Le chapitre consacré aux espèces et aux écosystèmes fait écho aux
propositions de l’UICN en recommandant notamment la mise au point de « stratégies
nationales de conservation » susceptibles de rapprocher les objectifs de conservation et de
développement. La nécessité, d’une part, de recourir au multilatéralisme pour résoudre les
problèmes internationaux et, d’autre part, d’instaurer un NOEI sont toujours à l’ordre du
jour. À ce titre, la gestion du « patrimoine commun » est aussi une question évoquée en fin
de volume. De même que figurent des recommandations portant sur les réformes
institutionnelles et juridiques à mettre en œuvre, notamment à l’échelle internationale, le
PNUE se voyant proposer un rôle renforcé au sein du système des agences de l’ONU. Le
rapport s'achève par un projet de charte de la Terre.

Bibliographie
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Ayres R.U., Kneese A.V., 1976, « The sustainable economy », in M. Pfaff (ed.), Frontiers in
social thought. Essays in honor of K.E. Boulding, Amsterdam/New York, North Holland
Publishing, p. 183-214.

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Beckerman W., 1972, « Economists, Scientists, and Environmental Catastrophe », Oxford


Economic Papers, 24 (3), p. 327-344.
DOI : 10.1093/oxfordjournals.oep.a041225

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Vatin F., 2005, « Aménagement forestier et métaphysique économique du XVIIIe au XIXe


siècle : le premier débat sur le « développement durable » », in J.-P. Maréchal, B. Quenault
(dir.), Le développement durable. Une perspective pour le XXIe siècle, Rennes, Presses
universitaires de Rennes, p. 51-67.

Ward B., Dubos R., 1972, Nous n’avons qu’une seule terre, trad. fr. 1972, Paris, Denoël.

Notes
1. Le développement soutenable est « un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » (CMED, 1987, p. 51).
2. Voir les textes de O’Connor (1995), Burkett (2005) et Berr (2009), consacrés respectivement à une relecture
des œuvres de Mill, Marx et Keynes à la lumière du développement soutenable.
3. « Nous affirmons que les voies globales du développement sont étroitement liées à d’autres voies globales,
qu’une stratégie à l’échelle mondiale doit être mise au point pour attaquer tous les problèmes essentiels, ceux
des relations entre l’homme et son environnement […] Développement et environnement doivent absolument
être traités comme un seul et même problème » (Meadows et al., 1972, p. 295).
4. Dans un texte qui se veut une réponse aux critiques adressées au travail de son équipe, Dennis Meadows
(1973, p. 46) déclare : « Notre espoir est qu’il se trouvera des esprits plus imaginatifs pour répondre aux défis
de tous ordre que lance, à la recherche économique et sociologique, le problème d’un état matériellement
stabilisé. » Une note en bas de page précise alors : « Des économistes comme Kenneth Boulding, Ezra Mishan,
Herman E. Daly, Nicholas Georgescu-Roegen ont déjà commencé. »
5. Georgescu-Roegen a une conception phénoménologique de la loi de l’entropie : comme l’énergie, la matière
transformée par l’activité humaine ne disparaît pas – il y a bien conservation –, mais elle devient peu à peu
inutilisable pour les hommes – il y a donc une dissipation qualitative. L’exemple qu’il donne souvent est celui
de la gomme des pneus d’une automobile qui se dépose sur l’asphalte : cette gomme pourrait être récupérée,
mais en dépensant une énergie très grande en un temps presque infini.
6. On désigne par là la relation vertueuse qui relierait la croissance économique (voire le développement) et la
protection de l’environnement, laquelle, comme la courbe de Kuznets, prendrait la forme d’un « U inversé ».
7. Conçue comme lieu de rencontre et de convergence entre l'économie et l'écologie, l’économie écologique est
une école de pensée qui s’est institutionnalisée à la fin des années 1980. Ses partisans argumentent
généralement en faveur d’un modèle de soutenabilité forte. Pour un aperçu de ces travaux, voir notamment J.
Martinez-Alier, I. Røpke eds (2008).

Notes de fin
1 Nous avons retenu l’expression « développement soutenable » qui, de notre point de vue, traduit mieux,
sémantiquement et logiquement, celle de sustainable development. Le terme durable existe en anglais et ce
n’est pas celui-ci qui a été choisi. Qui plus est, il existe un vieux mot français, utilisé dans des textes régissant la
gestion des forêts, décrivant l’obligation de « soustenir » les ressources naturelles en bon état dans le long
terme. On peut aussi souligner que le terme durable a tendance à renvoyer à la seule durée du phénomène
auquel il s’applique, comme si le problème se résumait à vouloir faire durer le développement… La notion de
soutenabilité permet de mettre l’accent sur d’autres enjeux relatifs à la répartition des richesses dans le temps
et dans l’espace.

Auteur

Franck-Dominique Vivien

Maître de conférences HDR en économie, OMI,


Université de Reims Champagne Ardenne,
fd.vivien@univ-reims.fr
Du même auteur

Chapitre 3. L’innovation technique : un nouveau


paradigme pour le développement soutenable ? in
Développement durable et économie
environnementale régionale,
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Chapitre 9 - Transition du régime agro-industriel


européen vers la bioéconomie : life sciences
versus agroécologie in Transformations agricoles
et agroalimentaires, Éditions Quæ, 2017
Chapitre 10. Patrimoine, territoire,
développement durable in Développement
durable et territoire, Presses universitaires du
Septentrion, 2010
Tous les textes
© Presses universitaires du Septentrion, 2010

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Référence électronique du chapitre


VIVIEN, Franck-Dominique. Chapitre 1. Les antécédents conceptuels du développement soutenable In :
Développement durable et territoire : Nouvelle édition originale [en ligne]. Villeneuve d'Ascq : Presses
universitaires du Septentrion, 2010 (généré le 31 mars 2021). Disponible sur Internet :
<http://books.openedition.org/septentrion/15382>. ISBN : 9782757418512. DOI :
https://doi.org/10.4000/books.septentrion.15382.

Référence électronique du livre


ZUINDEAU, Bertrand (dir.). Développement durable et territoire : Nouvelle édition originale. Nouvelle
édition [en ligne]. Villeneuve d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2010 (généré le 31 mars 2021).
Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/septentrion/15373>. ISBN : 9782757418512. DOI :
https://doi.org/10.4000/books.septentrion.15373.
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Développement durable et territoire

Nouvelle édition originale

Ce livre est cité par


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10.4000/books.septentrion.16470
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