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DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE

DE L’ESPAGNOL

MIS EN LIGNE GRATUITEMENT AU FORMAT PDF


PAR
MICHEL BÉNABEN

ANCIEN MAÎTRE DE CONFÉRENCES


À
L’UNIVERSITÉ MICHEL DE MONTAIGNE
BORDEAUX III

525 PAGES

© Michel Bénaben 2019. Tous droits de reproduction interdits.

Michel Bénaben
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INTRODUCTION

Nous pensons qu’il était utile de rééditer ce dictionnaire étymologique de l’espagnol sur
un support numérique. Il s’adresse en premier lieu aux étudiants hispanistes de nos universités
depuis la phase initiale jusqu’à la préparation des concours (CAPES / Agrégation). Complément
utile aux dictionnaires bilingues ou unilingues, son but est d’expliquer l’évolution du sens des
mots des origines à nos jours.
L’auteur a essayé de décrire les principaux mécanismes sémantiques (extension, restric-
tion de sens, métaphore, métonymie, étymologie populaire etc.) qui conduisent aux changements
de sens.
L’objet de ce dictionnaire est le vocabulaire de l’espagnol moderne. Les mots disparus ne
sont étudiés que lorsqu’ils apportent un éclairage utile sur la suite de l’évolution. Les termes ou les
néologismes les plus récents sont recensés de même que les anglicismes et autres emprunts les plus
couramment utilisés.
Comme ce dictionnaire s’adresse en priorité à un public d’étudiants français, nous avons
jugé bon, chaque fois que cela était utile, de faire quelques incursions dans le lexique français.
Nous avons surtout privilégié l’évolution du sens des mots plutôt que leur datation, ce
n’est donc pas un dictionnaire historique à proprement parler même si quelques repères chronolo-
giques sont parfois indispensables.
Tous les mots sont classés par ordre alphabétique y compris certains éléments non auto-
nomes comme les préfixes ou préverbes (re- ; hiper- etc.). Chaque mot espagnol est traduit en
français avec la plupart de ses acceptions même les plus familières ou argotiques. Certains termes
ont parfois une polysémie assez déroutante, les explications sémantiques qui suivent essaient de
mettre en lumière les liens qui s’établissent entre les diverses acceptions. Nous avons introduit
également quelques expressions plus ou moins lexicalisées qui servent d’exemple pour le mot
expliqué (à invernadero, on trouvera efecto invernadero ‘effet de serre’).
Dans la partie précédée de la mention ‘Dérivés’, sont traités (par ordre alphabétique) les
dérivés et les composés directement formés à partir du mot espagnol dont on vient d’étudier
l’origine mais aussi les mots issus d’une même base latine ou grecque. Ainsi, le lecteur ne devra-t-
il pas s’étonner de trouver proxeneta traité à l’article xenofobia car les deux mots sont formés sur
le grec xenos ‘hôte’. Ce type de présentation se rapproche un peu de celui que Jacqueline Picoche
avait adopté dans son Dictionnaire étymologique du français (voir les références dans la bibliogra-
phie). Cette présentation a l’intérêt de mieux faire apparaître les structures étymologiques d’une
langue c’est-à-dire les liens de parenté existant entre les mots.
Les termes dits grammaticaux (démonstratifs, prépositions etc.) sont également traités
dans ce dictionnaire mais nous renvoyons le lecteur à des ouvrages plus spécialisés en linguistique
ou en grammaire de l’espagnol pour de plus amples renseignements. A cet effet, une bibliographie
est proposée à la fin de l’ouvrage.
Comme la paléontologie, l’étymologie doit parfois se contenter d’indices très minces. Les
étymons reconstitués et appelés conjecturaux sont précédés par convention d’un astérisque. Tous
les étymons, qu’ils soient latins ou empruntés à d’autres langues, sont en italiques. Les mots appar-
tenant à l’espagnol moderne sont en caractères gras. Le grec, l’arabe, le russe etc. sont transcrits en
lettres latines.
Les étymons latins sont donnés sous la forme du nominatif (parfois suivi du génitif), c’est
la pratique habituelle adoptée par les dictionnaires étymologiques. On sait cependant que la quasi-
totalité des mots issus du latin proviennent du cas accusatif. Le latin vulgaire ou populaire corres-

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pond à la langue parlée par opposition à la langue écrite. Les principales étapes de l’histoire du
latin sont : le latin archaïque (du IIIe au Ier siècle avant J.-C.), le latin classique (du Ier siècle jus-
qu’à la mort d’Auguste, 14 avant J.-C.), le latin post-classique ou impérial (Ier et IIe siècles après
J.-C.), le bas latin ou latin tardif (IIIe-Ve siècles après J.-C.). On entend par ‘latin chrétien’ un en-
semble de mots apparaissant dans des textes d’auteurs chrétiens (IIIe-VIe siècles après J.-C.) et
dont le sens va infléchir celui du mot latin primitif. Par exemple, conventus signifie en latin ‘as-
semblée, réunion’. En ‘latin chrétien’, il prendra le sens plus spécialisé de ‘couvent, assemblée de
moines’. Le latin médiéval s’étend du Ve siècle jusqu’à la Renaissance. Enfin, le latin moderne ou
scientifique correspond aux XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles : il s’agit de termes forgés par les
diverses sciences à partir de mots ou d’éléments tirés du latin (par exemple, aspirina ou insulina).

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ABARROTAR, voir barra.


ABASTECER, voir bastar.
A ABATIR, voir batir.
ABDICAR (‘abdiquer’), du latin abdicare ‘renon-
A (‘à’), préposition, issue du latin ad ‘en direction cer à’, ‘se démettre de’, formé de ab ‘en
de’, ‘à destination de’. s’éloignant de’ et de dicare (dérivé de dicere)
ABAD (‘abbé’), vient du latin abbas, abbatis, ‘proclamer solennellement qu’une chose sera’.
emprunté au grec ecclésiastique abba ‘père’, ABDOMEN (‘abdomen’), du latin abdomen,
lui-même pris à l’araméen. abdominis, ‘ventre’ et ‘utérus’ : d’abord mot
ABADEJO (‘morue’), dérivé curieux de abad. La commun et familier (il signifiait aussi ‘gour-
morue séchée se dit curadillo, mot formé à mandise’), il est ensuite passé dans le vocabu-
partir du verbe curar dans le sens de ‘saler, laire médical (spécialisation sémantique). Ab-
préparer une salaison’. Or, il semble que cu- domen est peut-être en rapport avec le verbe
radillo ait été interprété à tort comme étant abdere ‘éloigner’ et ‘cacher’.
formé à partir de cura ‘prêtre’ ! D’où la va- ABEDUL (‘bouleau’), du celte betule. Le a de
riante abadejo qui est une fausse régression abedul est analogique de celui de abeto ‘sa-
(étymologie populaire) : curadillo → abade- pin’ (voir aussi à ce sujet abeja et avispa).
ABEJA (‘abeille’), du latin apicula ‘petite abeille’
jo.
ABAJAR, voir bajar.
et ‘abeille’, diminutif de apis. En ancien fran-
ABAJO, voir bajo.
çais apis avait donné ef et é , formes beaucoup
ABALANZAR, voir balanza.
trop courtes qui ont disparu. Le français a
ABANDERADO, voir banda (2).
alors emprunté au provençal la forme abelha
ABANDERAR, voir banda (2).
issue elle aussi du diminutif latin apicula.
ABERTURA, voir abrir.
ABANDONAR (‘abandonner’), apparaît vers
ABETO (‘sapin’), du latin abies, abietis de même
1420, emprunté au français abandon (1165).
Mot formé à partir de l’expression être / sens. Le o est sans doute analogique de formes
mettre à bandon, ‘être à la merci de’, ‘laisser comme fresno ‘frêne’, plátano ‘platane’, ce-
au pouvoir de’. Abandon désigna d’abord en rezo, manzano etc.
ABIGARRADO (‘bigarré’), est emprunté au fran-
français l’action de renoncer à une chose en la
laissant au pouvoir de qqn, puis — par exten- çais bigarré d’origine très incertaine. Formé
sion sémantique — c’est l’idée de ‘laisser’ qui avec le préfixe bi- ‘deux fois’ et le mot garre
a prévalu. Bandon est issu de ban d’origine (en moyen français : ‘de deux couleurs’) à
germanique, ‘loi dont la non-observance en- moins que ce ne soit la forme garré qui était
traîne une peine’ d’où le français bannir et employée pour désigner le pelage d’un animal.
ABISMO (‘abîme’), est issu du latin abyssus de
mettre au ban / être au ban de la société / en
rupture de ban. même sens altéré en abismus (altération pro-
Dérivés : ABANDONO ‘abandon’. ABANDONIS- bablement calquée sur d’autres mots en
MO ‘défaitisme’. ABANDONISTA ‘défaitiste’.
-ismus). Le mot latin provient du grec abussos
ABANICO (‘éventail’), diminutif de abano ‘éven-
‘sans fond’, formé de a (notion
tail’ lui-même issu de abanar ‘éventer’. Ce d’éloignement) et de bussos ‘fond de la mer’.
verbe est emprunté au portugais abanar ‘éven- Dans la langue moderne, abismo est utilisé
ter’, ‘secouer’, du latin vannus ‘van’, ‘usten- dans puesta en abismo ‘mise en abyme’ (le y
sile à vanner’. Évolution résumée : latin van- est étymologique), expression créée par A.
Gide pour désigner un procédé littéraire ou ar-
nus → portugais abanar → espagnol abanar
tistique de répétition en miroir.
→ abano (‘éventail’, 1549) → abanico
ABJURAR, voir jurar.
(1591 ; avec suffixe diminutif qui n’est plus
ABLACIÓN (‘ablation’), du latin ablatio ‘enlè-
perçu comme tel aujourd’hui) → abanicar vement’ tiré de ablatum, supin de auferre (ab
(1705). En français, éventail est dérivé du latin
+ ferre, ‘porter’ → ‘emporter’).
ventus ‘vent’.
ABLANDAR, voir blando.
ABARCAR (‘embrasser’, [sens propre et figuré]).
ABLATIVO (‘ablatif’), est issu du latin ablativus,
Du latin bracchium ‘bras’ une forme supposée
dérivé du verbe auferre ‘emporter’. Le mot
de latin vulgaire a été dérivée : *abbrachicare
‘ablatif’ désigne le 6e cas de la déclinaison la-
‘embrasser’ > abracar > abarcar.

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tine. Il indique qu’un substantif sert de point ABORDAR, voir borde.


de départ à l’action (complément circonstan- ABORIGEN, voir origen.
ciel de moyen, d’origine etc.). ABORRECER (‘détester, abhorrer’), du latin
ABLUCIÓN (‘ablution’), du latin chrétien ablutio, abhorrescere, dérivé tardif de abhorrere
ablutionis, formé à partir du supin du verbe ‘avoir de l’aversion pour qqch’. Voir aussi
abluere ‘laver’ : ab + luere, forme représen- aburrir.
tant le verbe lavare. ABORTAR (‘avorter’), est issu du latin abortare,
ABNEGACIÓN, voir negar. dérivé de aboriri formé de ab (préfixe priva-
ABOBADO, voir bobo. tif) et de oriri ‘naître’ → ‘non naître’, ‘mourir
ABOBAR, voir bobo. en naissant’. Le verbe déponent orior (infinitif
ABOCAR, voir boca. oriri) qui signifie ‘se lever’ (en parlant des
ABOCHORNAR, voir bochorno. astres), ‘naître’, ‘tirer son origine’ a donné
ABOFETEAR, voir bofetada. oriente (lieu où ‘naît’ le soleil) et oriundo
ABOGADO (‘avocat’), du latin advocatus ‘celui ‘originaire de’.
qui a été appelé’ puis, par spécialisation sé- Dérivés : ABORTO ‘avortement’.
mantique (vocabulaire juridique), ‘celui qui a ABOTONAR, voir botón.
été appelé pour assister qqn en justice’, ‘con- ABOVEDADO, voir bóveda.
sultant’, ‘soutien’. Participe passé de advocare ABRASAR, voir brasa.
‘appeler vers soi’, ‘convoquer’, ‘faire venir’ ABRAZAR, voir brazo.
lui-même dérivé de vocare ‘appeler’. En fran- ABREVIAR, voir breve.
çais advocatus a donné à la fois avoué et avo- ABREVIATURA, voir breve.
cat. ABRIGAR (‘abriter, protéger’), issu du bas latin
ABOLENGO, voir abuela. apricare (latin classique apricari), ‘se chauf-
e
ABOLIR (‘abolir’), est emprunté à la fin du XIV fer au soleil’, dérivé de apricus ‘exposé au so-
siècle au latin abolere ‘détruire, anéantir’, leil’. Apricus est d’origine incertaine : à rap-
‘faire perdre le souvenir de’ avec changement procher peut-être de aperire ‘ouvrir’ → ‘lieu
de conjugaison. De ab (préfixe privatif) et de ouvert au soleil’.
olere, forme dérivée de alere ‘nourrir’. Dérivés : ABRIGO ‘abri, refuge’, ‘manteau’.
ABOLLAR, voir bollo. ABRIL (‘avril’), du latin aprilis peut-être em-
ABOMINAR (‘détester, maudire’), emprunté vers prunté à l’étrusque apru, issu lui-même du
1440 au latin abominare qui signifiait ‘repous- grec Aphrô (mis pour Aphrodite, déesse de
ser comme un mauvais présage’ : ab (éloi- l’amour) → ‘mois d’Aphrodite’.
gnement) + omen ‘signe, présage’. ABRIR (‘ouvrir’), du latin aperire ‘ouvrir’.
ABONAR(SE) (‘payer’, ‘s’abonner’), est emprun- Dérivés : ABERTURA ‘ouverture’, ‘fente’,
té (1820) au français abonner formé sur ‘trouée, passage’. Le mot OBERTURA (vocabu-
bo(r)ne. Évolution résumée : bas latin bodina laire musical) est un emprunt au français ou-
(‘bloc de pierre’, ‘poteau’, ‘limite’) → ancien verture. APERTURA est un emprunt savant au
français bodne / bone / bosne → borne (en latin apertura ‘ouverture’. L’espagnol l’utilise
dialecte picard). Sur bone / bosne ont été for- dans les expressions apertura de la sesión
més abosner / abonner dans le sens de ‘fixer ‘ouverture de la séance’, política aperturista
une limite’, (au propre et au figuré) sens qui ‘politique d’ouverture’ et en phonétique (fran-
perdure jusqu’au XVIe siècle. Le sens juri- çais ‘aperture’) pour désigner l’écartement des
dique de ‘faire payer une redevance à organes de la phonation lors de l’articulation
échéance (= limite) fixe’ est apparu dès le d’un phonème.
XIVe siècle (‘s’abonner’). L’espagnol a retenu ABROCHAR, voir broche.
le sens de ‘prendre un abonnement’ (abonarse ABROGAR, voir rogar.
a un periódico ‘s’abonner à un journal’) et ce- ABROJO (‘chardon’) est la contraction de
lui plus général de ‘payer, verser une somme’ l’expression latine aperi oculos ‘ouvre les
(abonar en cuenta ‘verser au crédit d’un yeux’, recommandation que l’on faisait à celui
compte’ ; abonar una factura ‘régler une qui travaillait dans un champ rempli de char-
facture’). Abonar dans le sens de ‘fertiliser, dons. Par une sorte de métonymie l’expression
fumer un terrain’ est un dérivé de bueno a ensuite désigné la plante elle-même.
(abonar = ‘rendre bon’). ABRUMAR, voir broma.

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ABRUPTO, voir romper. sens apparaît avec le verbe à la voix pronomi-


ABSCESO (‘abcès’) est emprunté au latin absces- nale : aburrirse = littéralement ‘avoir de
sus ‘départ, éloignement, séparation’, du verbe l’aversion pour soi-même’, ‘se causer des
abscedere ‘séparer’ (ab + cedere). La peau de tourments’, ‘être odieux pour soi-même’ puis
l’abcès se soulève, ‘se sépare’ de la peau ‘s’ennuyer’ après affaiblissement sémantique
saine. et enfin ‘ennuyer qqn’ (emploi transitif) : fas-
ABSCISA, voir escindir. tidiar / aburrir a una persona.
ABSENTISMO, voir ausente. ABUSAR, voir uso.
ABSENTISTA, voir ausente. ABUSO, voir uso.
ABSOLUCIÓN, voir absolver. ABYECCIÓN, voir abyecto.
ABSOLUTO, voir absolver. ABYECTO (‘ignoble, abject’) est issu du latin
ABSOLVER (‘absoudre’), du latin absolvere abjectus, participe passé du verbe abjicere,
‘détacher, dégager’, ‘libérer d’une obligation’, composé de la préposition ab (abaissement,
‘dégager d’une accusation’ d’où ‘pardonner éloignement) et de jacere ‘jeter’. Ce mot si-
les péchés’ en latin chrétien. De ab + solvere gnifie donc d’abord littéralement ‘rejeté’. Il
‘délier, dénouer, délivrer’. prendra ensuite en latin chrétien le sens de ‘re-
Dérivés : ABSOLUCIÓN ‘absolution’ (latin ab- jeté moralement’, ‘méprisable’.
solutio ‘acquittement’). ABSOLUTO ‘absolu’ Dérivés : ABYECCIÓN ‘abjection’.
(latin absolutius ‘achevé, terminé’). ACÁ, voir aquí.
ABSORBER, voir sorber. ACABAR, voir cabo.
ABSORTO, voir sorber. ACADEMIA (‘académie, école’), est issu du latin
ABSTENERSE, voir tener. Academia pris lui-même au grec Akademeia,
ABSTRACCIÓN, voir traer. nom propre qui désignait les jardins d’un riche
ABSTRAER, voir traer. citoyen grec (Akademos) où Platon enseigna
ABSURDO, voir sordo. la philosophie. Ce mot désigna donc d’abord
ABUCHEAR (‘huer, conspuer, siffler’), altération l’école de philosophie platonicienne puis toute
de (a)huchear ‘exciter les chiens au cours sorte d’écoles : academia de idiomas ‘école
d’une chasse’. Origines reconstituées : latin de langues’ ; academia militar ‘école mili-
populaire *huccare ‘appeler en criant’ → an- taire’.
cien français hucher → espagnol huchar → ACAECER, voir caer.
¡ hucho ! (cri de chasse, formation onomato- ACALAMBRARSE, voir calambre.
péique) → ahuchear → abuchear. ACALORAR, voir caliente.
ABUELA / ABUELO (‘grand-mère / grand-père’), ACALLAR, voir callar.
du latin populaire aviolas / aviolus, diminutifs ACAMPAR, voir campo.
du latin classique avia ‘grand-mère’ / avius ACAMPAMIENTO, voir campo.
‘grand-père’ mots issus de avus appellation ACANTILADO, voir cantil.
familière à l’égard d’un ancien. En français : ACAPARAR (‘accaparer’), est emprunté à la fin
aviola > aïeule ; aviolus > aïeul ; avunculus du XIXe siècle au français accaparer qui l’a
> oncle. lui-même emprunté (1625) à l’italien accapa-
Dérivés : ABOLENGO ‘ascendance, lignée’. rare. Ce mot est issu de caparra ‘arrhes’ sans
ABULTAR, voir bulto. doute formé à partir de capo (‘tête’, latin ca-
ABUNDANCIA, voir onda. put) et de arra (latin arra ‘arrhes’, ‘acompte
ABUNDAR, voir onda. principal’). Accaparer, terme de commerce,
ABURRIR(SE) (‘ennuyer’ et ‘s’ennuyer’), du latin signifiait donc ‘retenir en laissant un acompte’
abhorrere ‘s’éloigner avec effroi de qqchose’, puis ‘retenir une grande quantité de marchan-
‘éprouver de l’horreur, de l’aversion’, dérivé dises afin de faire monter les prix’. La valeur
de horrere ‘être hérissé, se hérisser, se tenir figurée (‘absorber l’esprit’) apparaît au XVIIIe
raide’. En espagnol, aburrir a gardé jusqu’au siècle.
XVIe siècle le sens qu’il avait en latin ACARICIAR, voir caricia.
(‘éprouver de l’horreur’). Il était donc syno- ACARREAR, voir carro.
nyme de aborrecer (issu de abhorrescere, ACASO, voir caso.
‘abhorrer’ en français). Le sens moderne ACATAR (‘honorer, respecter’), dérive du verbe
(‘s’ennuyer’) est attesté dès le XVIe siècle. Ce catar (voir ce mot) au sens ancien de ‘regar-

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der avec attention, considérer’ d’où ‘honorer, ACEPTAR (‘accepter’), emprunté au latin accep-
respecter’. tare, forme fréquentative de accipere ‘recevoir
Dérivés : ACATAMIENTO ‘obéissance’, ‘sou- fréquemment des invités’ d’où le sens de ‘re-
mission’. DESACATAR ‘manquer de respect à’. cevoir’ et de ‘consentir à’. Accipere est com-
DESACATO ‘désobéissance’, ‘insolence’ (desa- posé de ad et de capere ‘prendre’ (français
cato al tribunal / a un magistrado ‘outrage à captif et capture).
magistrat’). Dérivés : ACEPTACIÓN ‘acceptation’, ‘appro-
ACATARRARSE, voir catarro. bation’ (latin chrétien acceptatio).
ACCEDER (‘accéder’), est emprunté au latin ACEQUIA (‘canal d’irrigation’), de l’arabe al
accedere ‘s’approcher de’, ‘avoir accès à’, ‘ar- sâqiya de même sens.
river dans un endroit’. Composé de ad ‘vers’ ACERA (‘trottoir’), est d’abord attesté sous la
et de cedere ‘aller, marcher, arriver’. forme facera dérivée de faz ‘visage, face’, du
Dérivés : ACCÉSIT provient de la formule la- latin facies. Facera désigna d’abord une faça-
tine accessit proxime ‘il s’est approché le plus de puis les rangées de maisons qui se trouvent
près (du prix)’ d’où le sens de récompense ac- de chaque côté de la rue et enfin le trottoir lui-
cordée à celui qui, sans avoir obtenu de prix, même.
s’en est approché. ACCESO, du latin accessus, ACERADO, voir acero.
participe passé de accedere avec les sens sui- ACERBO (‘aigre, âpre’, ‘acerbe’), emprunté au
vants : ‘arrivée, approche’ ; ‘possibilité latin acerbus ‘aigre, piquant’ puis en bas latin
d’approcher qqn’ ; ‘accès, attaque d’une ma- ‘agressif, dur’ au sens figuré.
ladie’. ACERCA, voir cerca.
ACCIDENTE (‘accident’), emprunté au latin ACERCAR, voir cerca.
accidens ‘arrivant, survenant’, participe pré- ACERO (‘acier’), issu du bas latin aciarum,
sent du verbe accidere ‘tomber sur’ et ‘arriver dérivé de acies ‘pointe d’une arme’. Par une
par hasard’. Formé de ad ‘vers’ et de cadere sorte de métonymie, le nom de la pointe de
‘tomber’ (espagnol caer ; français choir). l’arme a fini par désigner le métal qui a servi à
ACCIÓN, voir acto. la fabriquer. La pointe doit être plus dure que
ACECHAR (‘guetter, observer’), du latin assecta- le reste de l’arme : l’acier est donc un alliage
ri (ou adsectari) fréquentatif du verbe dépo- plus résistant que le fer.
nent adsequi ‘suivre partout constamment’ (ad Dérivés : ACERADO ‘acéré, aigu’.
+ sequor). ACERTAR, voir cierto.
ACEITE (‘huile’), de l’arabe al zeit. L’espagnol a ACERTIJO, voir cierto.
emprunté ce mot à l’arabe pour résoudre un ACIAGO (‘funeste, malheureux’), issu du latin
problème d’homonymie. En effet, le mot ocu- aegyptiacus ‘égyptien’, adjectif appliqué à
lum ‘œil’ a donné oclo puis ojo . Le mot certains jours de l’année considérés comme
oleum ‘huile’ aurait dû aboutir au même résul- funestes (voir l’histoire religieuse : les Hé-
tat (*ojo) si on avait laissé agir l’évolution breux en Égypte).
phonétique. L’espagnol a refusé cette homo- ACICALAR (‘fourbir une arme’, ‘parer, orner’),
nymie et a emprunté un mot de substitution à de l’arabe al sáqal ‘polir’.
l’arabe. Voir olivo. ACICATE (‘éperon’, ‘aiguillon, stimulant’), de
Dérivés : ACEITUNA ‘olive’ (arabe al zeituna). l’arabe al sikkât ‘poinçon’.
ACELERAR, voir celeridad. ÁCIDO (‘acide’), est emprunté au latin acidus
ACENDRAR (‘épurer, purifier’, ‘affiner l’or, dérivé du verbe acere ‘être aigre’ apparenté à
l’argent’). Évolution résumée : Latin cinis acer ‘pointu, perçant’.
(‘cendre’) → catalan cendra (attesté au XIIIe Dérivés : ACIDEZ ‘acidité’ (latin aciditas).
siècle) → vieil espagnol cendra (XVe siècle, ACIERTO, voir cierto.
mot désignant un mélange de cendre et d’os ACIMUT (‘azimut’), de l’arabe sumut, pluriel de
destiné à affiner les métaux précieux) → cen- al samt ‘droit chemin’, ‘pointe de l’horizon’.
drar et acendrar (XVIe). En français, azimut est venu par l’espagnol
ACENTO (‘accent’), emprunté au latin accentus acimut.
‘intonation’, dérivé de accinere (ad + canere, ACLAMAR, voir llamar.
‘chanter’). ACLARAR, voir claro.
Dérivés : ACENTUAR ‘accentuer’. ACLIMATAR, voir clima.

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ACNÉ (‘acné’) est issu du latin acne ‘couperose’. (XVe) / acoso (XXe). L’ajout de la préposition
ACOBARDAR, voir cobarde. a, qui implique une notion de mouvement,
ACODADO, voir codo. permet de préciser et de renforcer l’idée de
ACODAR, voir codo. poursuite ou de persécution. Espagnol et fran-
ACOGER, voir coger. çais modernes : acoso sexual ‘harcèlement
ACOJONAR, voir cojón. sexuel’.
ACOLCHAR, voir colcha. ACOSTAR, voir costa et costilla.
ACÓLITO (‘acolyte’), est emprunté au latin ACOSTUMBRAR, voir costumbre.
chrétien acoluthus lui-même issu du grec ako- ACOTACIÓN, voir cota.
louthos ‘qui accompagne, qui aide’, formé de ACOTAR, voir cota.
a ‘avec’ et de keleuthos ‘chemin’ → ‘qui suit ACRE, voir agrio.
le même chemin’. ACRECENTAR, voir crecer.
ACOMETER, voir meter. ACRECER, voir crecer.
ACOMETIDA, voir meter. ACREDITAR, voir creer.
ACOMODAR, voir cómodo. ACRIBILLAR (‘cribler’ [au sens propre et figu-
ACOMPAÑAR, voir compañero. ré]). Bas latin criblum (‘tamis, crible’) → cri-
ACOMPASADO, voir compás et paso. bellum (diminutif de criblum) → cribellare
ACOMPASAR, voir compás et paso. ‘passer au tamis’.
ACOMPLEJAR, voir complejo. ACRIMONIA, voir agrio.
ACONCHABARSE, voir conchabarse. ACRÓBATA (‘acrobate’), emprunt savant et
ACONDICIONAR, voir condición. tardif (XIXe siècle) au français acrobate lui-
ACONGOJAR, voir congoja. même issu du grec akrobatês, du verbe akro-
ACONSEJAR, voir consejo. batein ‘marcher sur la pointe des pieds’ formé
ACONTECER (‘arriver, se produire’). Évolution de akros ‘élevé, extrême’ et de batein ‘mar-
schématisée : latin classique contingere (‘tou- cher’.
cher, atteindre’ ; ‘être en rapport avec’ ; ‘arri- ACTA, voir acto.
ver par hasard, se produire’) → latin vulgaire ACTITUD (‘attitude’), est emprunté à l’italien
contigere → vieil espagnol contir → contecer attitudine, terme classique de peinture (‘pos-
/ acontecer. ture, pose’), lui-même emprunté au latin popu-
ACORDAR (‘se mettre d’accord’, ‘résoudre, laire actitudo dérivé de actitare fréquentatif de
décider’, ‘accorder des instruments’), issu agere ‘faire souvent telle ou telle chose’. Le
d’une forme de latin parlé accordare composé mot, d’abord spécialisé dans les arts plas-
de ad ‘vers’ et de cor, cordis ‘coeur’. Ce verbe tiques, est ensuite passé à l’usage général et
a été formé d’après concordare ‘être courant (au figuré ‘disposition mentale’).
d’accord’, ‘mettre d’accord’ et discordare ACTO (‘acte’), est issu du latin actus dérivé du
‘être en désaccord’ par analogie de construc- verbe agere ‘faire, agir’.
tion avec des ensembles préexistants : con-, Dérivés : ACCIÓN ‘action’. ACCIONAR ‘faire
dis-et ad- : par exemple contendere / disten- marcher, actionner’. ACTA, neutre pluriel de
dere et attendere. L’acception ‘accorder des actum, participe passé substantivé de agere,
instruments’ vient d’un croisement avec le signifie ‘les choses faites’. Aires d’emploi de
mot chorda ‘corde d’un instrument de mu- acta (vocabulaire juridique, administratif) :
sique’. acta notarial ‘acte notarié’, acta adicional
ACORDARSE, voir recordar. ‘avenant à une police d’assurance’, acta de
ACORDEÓN (‘accordéon’), est emprunté au acusación ‘acte d’accusation’, acta de peri-
français accordéon, instrument inventé en Al- taje ‘compte rendu d’expertise’, levantar acta
lemagne par Damian (1829) et qui le nomma ‘dresser procès-verbal’. REACCIÓN ‘réaction’,
Akkordion, mot dérivé de Akkord ‘accord mu- formé avec re- indiquant une action en retour.
sical’. REACCIONAR ‘réagir’. REACTIVACIÓN ‘re-
ACORRALAR, voir corral. prise’, ‘relance’ (en économie). REACTOR
ACORTAR, voir corto. ‘réacteur’, formé avec le préfixe re- qui in-
ACOSAR (‘poursuivre, harceler’). Latin currere dique un mouvement en arrière. Un réacteur
(‘courir’) → cursus (‘course’) → cosso (en d’avion utilise un système de propulsion par
vieil espagnol ; moderne curso) → acosar

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gaz rejetés sous très forte pression vers ACHISPADO, voir chispa.
l’arrière de l’appareil. ACHULADO, voir chulo.
ACTOR (‘acteur’), du latin actor ‘celui qui agit’ ADAGIO (1) (‘adage’) est issu du latin adagium
dérivé de agere ‘faire, agir’. synonyme de proverbium ‘proverbe’. Ce mot
e
ACUARELA (‘aquarelle’), emprunté au XIX pourrait provenir du verbe défectif aio ‘je dis’.
siècle à l’italien acquarella ‘couleurs diluées ADAGIO (2) (‘adagio’), est emprunté à l’italien
dans l’eau’. Mot formé à partir de acqua, du adagio, formé de ad et de agio ‘aise’ → ‘à son
latin aqua ‘eau’. aise’, ‘doucement’.
ACUARIO, voir agua. ADAPTAR, voir apto.
ACUCIAR (‘presser, hâter, harceler’), dérivé de ADARVE (‘chemin de ronde’), de l’arabe al darb
acucia ‘diligence, empressement’, emprunté ‘chemin de montagne’.
au bas latin acutia lui-même dérivé de acutus ADECUADO, voir igual.
‘pointu, aigu’ mot de la même famille que ADECUAR, voir igual.
acus / acucula (espagnol aguja ; français ai- ADEFESIO (‘personne ridicule’, ‘extravagance’,
guille). ‘tenue ridicule’), provient de l’ancienne ex-
ACUCHILLAR, voir cuchillo. pression hablar ad Efesios, littéralement ‘par-
ACUDIR (‘venir’, ‘venir en aide’, ‘recourir’, ler aux habitants d’Éphèse’ c’est-à-dire ‘parler
‘s’adresser à’). Latin quatere (‘secouer, agi- inutilement’. L’expression latine ad Ephesios
ter’) → (dérivé) recutere (‘repousser’, ‘faire est tirée de l’une des épîtres de Saint Paul où il
rebondir’ et aussi ‘recourir’, voir plus bas) → se plaignait de l’inutilité de la prédication dans
vieil espagnol recudir (‘recourir à qqn’, ‘ac- cette ville d’Asie mineure.
courir’) → acudir. Le changement de préfixe ADELANTAR, voir delante.
(re- → a-) s’explique par une meilleure adé- ADELANTE, voir delante.
quation au sens (ad = ‘vers’, ‘courir vers’), re- ADELANTO, voir delante.
impliquant la répétition. Le verbe latin recu- ADELGAZAR, voir delgado.
tere a fini par acquérir le sens de recurrere ADEMÁN (‘geste’), est d’origine inconnue.
‘recourir’ en grande partie à cause de la confu- ADEMÁS, voir más.
sion phonétique qui s’est produite entre les ADENTRARSE, voir dentro.
deux participes passés : recussus (de recutere) ADENTRO, voir dentro.
‘rebondissement, choc’ et recursus (de recur- ADEPTO (‘partisan, adepte’), vient de adeptus
rere) ‘retour en courant’. (latin des alchimistes), participe de adispiscor
ACUMULAR, voir cúmulo. ‘j’atteins’ et signifiant ‘ayant atteint’, ‘ayant
ACUÑAR, voir cuño. acquis’. Ce mot s’appliquait à l’alchimiste sur
ACUPUNTURA, voir aguja. la voie d’une découverte majeure. La valeur
ACUSAR (‘accuser’), vient du latin accusare, de moderne (‘partisan’) se répand au XIXe siècle
ad ‘vers’ et causa ‘cause’ et ‘procès’. Le sans doute d’après l’anglais adept.
verbe latin appartient d’abord au vocabulaire ADEREZAR (‘parer, orner’, ‘préparer, accommo-
juridique car causa exprime l’idée de procès. der, apprêter’). Latin dirigere (‘mettre en ligne
Ce sens est toujours actuel en espagnol et en droite, aligner’, ‘régler, disposer, ordonner’)
français : instruir una causa ‘instruire une af- → latin vulgaire directiare → vieil espagnol
faire’ ; gagner une cause, plaider sa cause, derezar → aderezar.
obtenir gain de cause. Dérivés : ENDEREZAR ‘redresser’.
Dérivés : EXCUSAR ‘excuser’ avec le préfixe ADEUDAR, voir deuda.
privatif ex exprimant éloignement c’est-à-dire ADHERIR (‘adhérer’), est emprunté au latin
‘enlever la cause de l’accusation’. adhaere, de ad ‘vers’ et haere ‘être attaché’
ACÚSTICO (‘acoustique’), est emprunté au grec avec changement de conjugaison.
akoustikos ‘de l’ouïe’, dérivé du verbe ADICCIÓN, voir adicto.
akouein ‘entendre’. ADICIÓN (‘addition’), est emprunté au latin
ACHACAR (‘imputer, attribuer’), vient de l’arabe additio, de addere ‘ajouter’, ‘placer auprès
atsakka ‘accuser’. de’, formé avec ad et dare ‘donner’.
Dérivés : ACHAQUE ‘malaise, maladie’, ‘pré- ADICTO (‘attaché, fidèle, dévoué’ ; ‘intoxiqué’),
texte’, de l’arabe al saka ‘maladie’. est issu du latin addictus ‘esclave pour dette’,
ACHICAR, voir chico. participe substantivé de addicere ‘adjuger

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dans une enchère’, ‘vouer, abandonner, dé- → ‘avec / sur le conseil de’. Ces deux mots
dier’ formé sur dicere ‘dire’. auraient été ensuite latinisés en *atrede > es-
Dérivés modernes : ADICCIÓN ‘dépendance’ et pagnol adrede.
‘addiction’, néologisme de plus en plus répan- ADRENALINA, voir riñón.
du en français. ADICTO ‘dépendant de la ADUANA (‘douane’), emprunté à l’arabe al diwan
drogue, drogué’. ‘registre, salle de réunion’, puis ‘bureau de
ADIESTRAR, voir diestro. douane’ lui-même issu du persan diwan, déri-
ADINERADO, voir dinero. vé de dibir ‘écrivain, scribe’.
ADIÓS, voir Dios. ADUCIR (‘alléguer’), du latin adducere ‘conduire
ADIVINANZA, voir Dios. vers, mener à’, dérivé de ducere ‘conduire’.
ADIVINAR, voir Dios. ADUEÑARSE, voir dueño.
ADIVINO, voir Dios. ADULAR (‘flatter, aduler’), emprunté au latin
ADJETIVO (‘adjectif’), est emprunté au latin adulari ‘flatter, caresser (les animaux)’ puis
tardif et didactique adjectivum (sous-entendu appliqué aux personnes. Adulari est d’origine
nomen) = ‘nom qui s’ajoute’. De adjicere non élucidée.
‘ajouter’, formé de ad et de jacere ‘lancer, je- ADULTERAR (‘falsifier, frelater’ et ‘commettre
ter’. un adultère’), emprunté au latin adulterare
ADJUDICAR, voir juez. composé avec alterare ‘altérer’. Vino adulte-
ADJUNTAR, voir junto. rado ‘vin frelaté’.
ADMINISTRACIÓN, voir menester. Dérivés : ADULTERIO (‘adultère’, l’acte lui-
ADMINISTRAR, voir menester. même) du latin adulterium. Commettre
ADMIRAR, voir mirar. l’adultère c’est ‘altérer’, rompre le contrat qui
ADMITIR, voir meter. lie les époux. ADÚLTERO (‘adultère’, la per-
ADOBAR (‘apprêter, disposer, préparer, agrémen- sonne qui le commet), du latin adulter.
ter’), provient de l’ancien français adouber ADULTO (‘adulte’), est emprunté au latin adultus
‘armer / équiper un chevalier’ lui-même issu ‘qui a grandi’, ‘qui a atteint l’âge d’homme’,
du francique dubban ‘frapper’ parce qu’on participe passé de adolescere ‘grandir’. Le
frappait le chevalier du plat de l’épée en participe présent de adolescere (adulescens
l’armant. ‘grandissant’) a donné adolescente.
ADOBE (‘brique d’argile crue’), de l’arabe al tûb ADUSTO (‘sévère, austère’ ; ‘brûlé, torride’), est
de même sens. emprunté au latin adustus participe passé de
ADOLECER, voir dolor. adurere, ‘brûler à la surface, brûler légère-
ADOLESCENTE (‘adolescent’), emprunté au latin ment’. Le passage au sens figuré s’explique
adolescens ‘homme jeune’, participe présent facilement : cara adusta : ‘visage sévère, aus-
de adolescere ‘grandir’, verbe d’origine incer- tère’, comme s’il était ‘brûlé’.
taine. ADVENEDIZO, voir venir.
ADONDE, voir donde. ADVENIR, voir venir.
ADONDEQUIERA, voir donde. ADVERBIO, voir verbo.
ADOPTAR, voir optar. ADVERSARIO, voir verter.
ADOQUÍN (‘pavé’), de l’arabe al dukkîn ‘banc en ADVERSATIVO, voir verter.
pierre’. ADVERSIDAD, voir verter.
ADORAR, voir orar. ADVERSO, voir verter.
ADORMECER, voir dormir. ADVERTENCIA, voir verter.
ADORMIDERA, voir dormir. ADVERTIR, voir verter.
ADORNAR, voir ornar. AERACIÓN, voir aire.
ADOSAR, voir dorso. AÉREO, voir aire.
ADQUIRIR (‘acquérir’), est emprunté au latin AFABLE (‘affable’), emprunté au latin affabilis
acquirere ‘ajouter à ce qu’on a, obtenir en ‘avec qui on peut parler’, ‘d’un abord aisé’.
plus’, dérivé lui-même de quaerere ‘chercher Du verbe affari ‘parler à qqn’, composé de ad
à’. ‘à’ et de fari ‘parler’.
ADREDE (‘exprès, à dessein’), est d’origine très AFÁN, voir afanar(se).
incertaine. Peut-être du gotique at red, formé AFANAR(SE) (‘se donner de la peine, s’efforcer
de la préposition at ‘avec’ et de red ‘conseil’ de’), du latin vulgaire affannare, d’origine in-

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certaine. Peut-être dérivé de affanae ‘faux AFLOJAR, voir flojo.


fuyants, balivernes, paroles confuses’ d’où AFLUENCIA, voir fluir.
l’idée de ‘situation compliquée, difficile’ puis AFLUENTE, voir fluir.
celle de ‘peine, effort’ (afanarse por AFLUIR, voir fluir.
‘s’efforcer de’). ÁFONO, voir fonético.
Dérivés : AFÁN ‘ardeur, empressement’, ‘soif, AFORISMO (‘aphorisme’), emprunté au bas latin
goût’, ‘effort’. aphorismos, lui-même pris au grec aphoris-
AFEAR, voir feo. mos ‘définition’.
AFECTAR, voir afecto. AFORTUNADO, voir fortuna.
AFECTO (‘affection, attachement’), emprunté au AFRENTA, voir frente.
latin affectus ‘mis dans tel ou tel état’, ‘mal AFRICADA, voir fregar.
disposé’, ‘atteint’, ‘affaibli’, participe passé du AFRODISÍACO (‘aphrodisiaque’), est emprunté
verbe afficere ‘mettre qqn dans une certaine au grec aphrodisiakos, adjectif tiré de Aphro-
disposition’, ‘toucher’, ‘affecter’, dérivé de fa- dite, déesse de l’amour. Le diminutif Aphro, à
cere ‘faire’. valeur affective, a donné, par croisement avec
Dérivés : AFECCIÓN ‘affection’, du latin affec- l’étrusque apru, la forme latine aprilis > fran-
tio ‘modification’, ‘état résultant d’une in- çais avril, espagnol abril (‘le mois
fluence subie’. AFECTAR ‘affecter’, ‘frapper’. d’Aphrodite’).
AFEITAR (‘raser, faire la barbe’), du latin affec- AFRENTAR, voir frente.
tare ‘rechercher, être en quête de, se consacrer AFRONTAR, voir frente.
à’ et de son participe passé affectatus ‘recher- AFUERA, voir fuera.
ché, peu naturel, affecté, affété’. Afeitar a AGACHAR(SE) (‘s’accroupir, se baisser’), est
donc commencé par signifier ‘parer, orner, d’origine obscure.
embellir, farder’ puis, par spécialisation, il a Dérivés : GACHO ‘courbé’, ‘bas’, ‘penché’,
acquis le sens de ‘faire la barbe’ qui est un ‘tombant’ (oreilles d’un animal).
soin apporté au visage. ÁGAPE (‘agape’), est emprunté au latin chrétien
Dérivés : AFEITE ‘fard’, ‘parure, toilette’. agape, du grec agapê ‘affection, charité’. Ce
AFEITE, voir afeitar. mot désignait un repas pris en commun en
AFEMINAR, voir hembra. signe de fraternité chrétienne.
AFERRAR, voir hierro. AGARRAR, voir garra.
AFFAIRE, emprunt relativement récent au fran- AGARROTAR, voir garrote.
çais affaire (aux sens politique, judiciaire, fi- AGASAJAR (‘fêter, accueillir chaleureusement’)
nancier) : el affaire Dreyfus. est dérivé de la forme ancienne gasajo ‘plaisir
AFICIÓN (‘penchant, goût’), du latin affectio en société’ issue du gotique Gasali ‘compa-
‘modification’ et ‘attitude psychologique ré- gnie’.
sultant d’une influence’ dérivé de afficere ‘af- AGENDA (‘agenda’), est emprunté au français
fecter’ (voir aussi afecto). Afición et afección agenda. Du latin agenda ‘les choses à faire’,
forment un doublet c’est-à-dire un couple de pluriel neutre de l’adjectif verbal agendus issu
mots issus d’un même étymon (ici affectio) du verbe agere ‘agir’.
mais dont l’un est le résultat du jeu habituel ÁGIL (‘agile’), est emprunté au latin agilis ‘qui
des lois phonétiques (afición, forme dite po- avance vite, rapide’ et, au sens figuré, ‘facile’,
pulaire, fermeture du e par le yod de -tyo-) et dérivé de agere ‘agir’.
dont l’autre est un calque plus ou moins direct Dérivés : AGILIZAR ‘assouplir, rendre
fait sur le mot de la langue mère et qui n’a su- flexible’.
bi que des adaptations minimes : affectio → AGIO (‘agio, agiotage, spéculation’), est emprun-
afección (forme dite savante). té à l’italien aggio provenant sans doute de
AFÍN, voir fin. agio ‘aise’, emprunté lui-même (?) au latin
AFINAR, voir fino. médiéval aisium ‘droit d’usage sur des biens
AFINIDAD, voir fin. communaux’, ‘bénéfice ajouté’.
AFIRMAR, voir firme. AGITAR (‘agiter’), est emprunté au latin agitare,
AFLAUTADO, voir flauta. fréquentatif de agere ‘agir’ c’est-à-dire ‘agir
AFLIGIR (‘affliger, frapper’), emprunté au latin beaucoup et souvent’.
affligere ‘abattre’, dérivé de fligere ‘frapper’.

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AGLOMERAR (‘agglomérer’), est emprunté très agriar (‘aigrir’, latin vulgaire acriare). En la-
tardivement (fin du XVIIIe siècle) au latin ag- tin, acer signifiait ‘aigu, pointu, perçant, âpre,
glomerare, composé de glomus ‘pelote, boule’ pénétrant’ et ‘violent, fougueux’. Ce mot a fini
forme proche de globus (français globe ; espa- par prendre le sens de ‘piquant au goût’ déjà
gnol globo ‘globe’ et ‘ballon’). signifié par acidus.
AGNÓSTICO, voir gnóstico. Dérivés : ACRE ‘âcre’, ‘aigre, mordant’.
AGOBIAR (‘courber, écraser’ ; ‘épuiser, acca- ACRIMONIA ‘acrimonie’ (latin acrimonia
bler’). Évolution schématisée : latin impérial ‘âcreté des humeurs’ et ‘mauvais caractère’).
gibbus ‘bosse, grosseur’ → latin vulgaire gub- AGRO (‘campagne’, ‘agriculture’), du latin ager,
bus → dérivé espagnol agobiar / agobiado agri ‘champ’.
avec d’abord le sens de ‘voûté’, ‘qui a le dos Dérivés : AGRARIO ‘agraire’. AGRICULTURA
courbé’ d’où le sens d’ « épuiser, accabler ». ‘agriculture’ (latin agricultura, mot obtenu par
AGOLPAR(SE), voir golpe. composition).
AGONÍA (‘agonie’), emprunté au latin chrétien AGRUPAR, voir grupo.
agonia ‘angoisse’, du grec agônia ‘lutte, exer- AGUA (‘eau’), du latin aqua, l’eau comme élé-
cice’ puis ‘angoisse’, dérivé de agôn ‘assem- ment, opposé à unda l’eau en mouvement (es-
blée’, ‘assemblée de jeux, lutte, exercice’. pagnol onda, français onde).
AGOSTO (‘août’), du latin populaire agustus, Dérivés : ACUARIO, ‘aquarium’ du latin aqua-
altération de augustus ‘mois d’Auguste’, nom rium ‘réservoir’, ‘évier’.
donné au 6e mois de l’ancienne année romaine AGUACATE (‘avocat’, [fruit exotique]), est
(sextilis mensis) en l’honneur de l’empereur emprunté au nahuatl (langue des Aztèques)
Auguste. Ce patronyme signifie littéralement auacatl. L’espagnol avait adapté aussi ce mot
‘promis au succès par les dieux’ (voir agüe- indien sous la forme avocado qui a donné le
ro). français avocat.
AGOTAR (‘vider’ ; ‘épuiser’), du latin vulgaire AGUANTAR (‘endurer, supporter’), de l’italien
eguttare ‘débarrasser qqch d’un liquide en le agguantare ‘prendre, saisir’ ; ‘résister’ lui-
laissant s’écouler goutte à goutte’ (‘égoutter’), même dérivé de guanto ‘gant’. L’idée
dérivé de gutta ‘goutte’ et au sens figuré ‘pe- d’endurer provient du fait que l’italien guanto,
tite partie’ (français ‘on n’y voit goutte’). le français gant et l’espagnol guante ont
AGRADAR, voir grado (2). d’abord désigné la pièce de l’armure couvrant
AGRADECER, voir grado (2). et protégeant la main (‘gantelet’).
AGRADO, voir grado (2). AGUARDAR, voir guardar.
AGRANDAR, voir grande. AGUDO (‘aigu, coupant’ ; ‘spirituel’), du latin
AGRARIO, voir agro. acutus ‘coupant, tranchant’ et ‘d’esprit péné-
AGRAVAR, voir grave. trant’. Acutus est un dérivé de acus ‘aiguille’
AGRAVIAR, voir grave. (voir acucula > aguja en espagnol), de la
AGRAVIO, voir grave. même famille que acer (‘pointe dure d’une
AGREDIR (‘attaquer, agresser’), est emprunté arme’ → ‘acier’). Acutus est le participe de
tardivement (XIXe siècle) au latin aggredi ‘at- acuere ‘aiguiser’.
taquer’, de ad ‘vers’ et gradi ‘marcher’, lui- AGUËRO (‘augure, présage’), du latin augurium,
même dérivé de gradus ‘pas, marche, progres- terme réservé aux présages favorables. Augu-
sion’. rium est issu de augur ‘prêtre qui donne des
AGREGAR (‘ajouter’), est emprunté au latin présages favorables’, autrement dit ceux qui
aggregare ‘rassembler, réunir’, formé de ad permettent d’accroître (augur / augere →
‘à, vers’ et de grex, gregis ‘troupe, groupe, augmenter / aumentar) les entreprises de
troupeau’. Sur grex ont été formés grey ‘trou- l’homme. Augustus, autre dérivé de augur
peau’ et gregario ‘grégaire’. (français auguste et août ; espagnol augusto et
AGRICULTURA, voir agro. agosto), signifiait littéralement ‘promis au
AGRIETAR, voir grieta. succès par les dieux’.
AGRIO (‘aigre’), du latin classique acer, acris, AGUERRIDO, voir guerra.
passé en latin vulgaire à la 2e déclinaison AGUERRIR, voir guerra.
(acrus, acrum) d’où l’espagnol ancien agro ÁGUILA (‘aigle’), du latin aquila de même sens.
devenu ensuite agrio sous l’influence de

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AGUINALDO (‘étrennes’), est une altération de la ‘épargner des peines’. L’acception ‘faire des
forme ancienne aguinando dont l’origine n’est économies’ apparaît au début du XVIe siècle.
pas établie. On pense à l’expression latine hoc De l’idée de ‘délivrer d’une peine’ on est pas-
in anno (‘en cette année’) qui servait de re- sé à celle d’ « économiser ses forces, mettre
frain aux chansons du Nouvel An. des forces de côté » d’où ‘économiser’ au sens
AGUJA (‘aiguille’), du latin populaire acucula où nous l’entendons aujourd’hui : ‘mettre de
diminutif de acus ‘aiguille’. Le sens diminutif l’argent de côté’.
a disparu. AHUECAR, voir hueco.
Dérivés : ACUPUNTURA ‘acupuncture’, du latin AHUMAR, voir humo.
médical acupunctura, formé de acus ‘aiguille’ AHUYENTAR, voir huir.
et de punctura dérivé de pungere ‘piquer’. AIRE (‘air’), du latin aer (accusatif aerem), issu
AGUJERO ‘trou’, a d’abord signifié ‘perfora- lui-même du grec aêr, aeros ‘vent’ puis ‘air’.
tion faite par une aiguille’ puis, par extension, Dérivés : AERACIÓN ‘aération’. AÉREO ‘aé-
‘trou’ au propre et au figuré : un agujero de rien’.
trescientos mil millones ‘un trou de trois AISLAMIENTO, voir isla.
cents milliards’. AISLAR, voir isla.
AGUZAR (‘aiguiser’), du latin populaire acutiare, AJEDREZ (‘échec’), de l’arabe al sitrany lui
dérivé de acutus ‘coupant, tranchant’. même issu d’un mot sanskrit signifiant ‘quatre
e
AHÍ, adverbe de lieu attesté au XIII siècle, formé corps’, ceux de l’armée indienne d’alors :
de ad et hic. La forme hic (haec, hoc) était le chars de combat, éléphants, cavalerie, infante-
démonstratif de l’objet le plus rapproché du rie. Dans le jeu d’échecs ces éléments corres-
sujet parlant, que ce soit dans l’espace, dans le pondent respectivement à la tour, au fou, au
temps ou dans la pensée. C’était donc celui de cavalier et au pion.
la première personne (‘celui-ci près de moi’). AJENO (‘d’autrui’, ‘étranger’), du latin alienus
Cette forme a subi un appauvrissement impor- dérivé de alius ‘autre’. Les formes alienar,
tant de son signifiant (une syllabe) et elle a alienación, alienista sont savantes car le
disparu. Elle a été remplacée ensuite par iste groupe l + yod donne normalement une jota :
(espagnol este). Hic subsiste à l’état de trace alienare > (en)ajenar. Elles appartiennent au
dans ahora (hac hora), anoche (hac nocte), vocabulaire de la psychiatrie et du droit. Alien
pero (per hoc). Dans le système formé par les (‘étranger’ en anglais), titre d’une série de
adverbes de lieu (aquí, ahí, allí), ahí désigne films fantastiques, désigne l’autre, la créature
un lieu contigu à celui qu’occupe la personne effroyable venue du fin fond de l’univers.
qui parle. C’est la raison pour laquelle cet ad- AJETREARSE (‘s’affairer’). Latin factor, factoris
verbe peut se prêter à dire l’espace où se ‘faiseur, auteur, créateur’ → feitor (hechor /
trouve la personne à qui l’on parle, malhechor) → feitoría (aujourd’hui fechoría
l’allocutaire. ‘forfait, crime’) → hetría (contraction + h ini-
AHINCAR, voir hincar. tial aspiré) → jetría (h prononcé à l’andalouse
AHÍNCO, voir hincar. = jota) → ajetrear (dérivé verbal).
AHOGAR (‘étouffer’ et ‘noyer’), est d’abord AJO (‘ail’), du latin alium de même sens.
attesté sous les anciennes formes focare / afo- AJUSTAR, voir justo.
gar. Elles viennent du latin offocare ‘serrer la ALA (‘aile’), du latin ala ‘point d’articulation du
gorge, suffoquer’, dérivé de fauces (nom fé- membre (bras, aile) avec le tronc’. Ce mot est
minin pluriel) ‘gorge, gosier’. apparenté à axis (aisselle, axe, essieu).
Dérivés : DESAHOGAR ‘soulager, réconforter’. ALABAR (‘louer, vanter’), vient probablement du
DESAHOGO ‘soulagement’, ‘épanchement’. bas latin alapari ‘se vanter’. En latin classique
AHONDAR, voir hondo. alapari signifiait ‘souffleter’, ‘donner un souf-
AHORA, voir hora. flet’ (alapa ‘soufflet’ ; alapator ‘vantard’).
AHORCAR, voir horca. Alapor = ‘je me donne des soufflets / des
AHORRAR (‘économiser, épargner’), est dérivé coups’ = ‘je suis capable de frapper’ = ‘je me
de l’ancienne forme horro ‘esclave affranchi’ vante’. Le verbe a d’abord été pronominal
issue elle-même de l’arabe hurr ‘libre’. Ahor- (alabarse) puis non pronominal : alabar a
rar a donc signifié primitivement ‘mettre en una persona ‘faire l’éloge de qqn’.
liberté’, ‘délivrer’, ‘soustraire à une peine’,

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ALABARDA (‘hallebarde’), est emprunté au ALBEDRÍO (‘arbitre, libre arbitre’), du latin


moyen allemand helmbarte ‘hache à poignée’ arbitrium dérivé de arbiter ‘témoin qui assiste
par l’intermédiaire du français hallebarde. Ce à un événement’ puis ‘arbitre’. Arbiter est
mot désignait une arme à longue poignée im- d’origine obscure.
portée en France d’Allemagne et utilisée du ALBERCA (‘bassin’), de l’arabe al birka ‘étang’.
XVe au XVIIe siècle. ALBERGUE (‘auberge’), emprunté au germa-
ALACENA (‘placard’), de l’arabe hazêna ‘ar- nique haribergôn (‘loger une armée’ → ‘hé-
moire’, ‘magasin’, ‘buffet’, ‘librairie’. berger’) importé en Gaule par les mercenaires
ALACRÁN (‘scorpion’), de l’arabe al caqrab de germaniques.
même sens. ALBORNOZ (‘burnous’, ‘peignoir’), de l’arabe al
ALAMBIQUE (‘alambic’), de l’arabe al abbiq, burnûs ‘bonnet long, capuchon’, ‘manteau
lui-même emprunté au grec ambix ‘vase’. muni d’un capuchon’. Les formes attestées en
ALAMBRE (‘fil de fer’), est d’abord attesté sous français du XVe au XIXe siècle sont : alber-
la forme aramne. Du latin tardif aeramen ‘ob- noux, albrenousse, albornoz, alburnous.
jet en bronze’, dérivé de aes, aeris ‘airain, ALBOROTAR (‘faire du tapage’), est probable-
bronze, cuivre’. ment dérivé du latin volutare ‘agiter, remuer’,
Dérivés : INALÁMBRICO ‘sans fil’ (teléfono ‘occuper l’esprit’, ‘(se) rouler’. Volutare est
inalámbrico ‘téléphone sans fil’). lui-même dérivé de volvere ‘rouler, faire rou-
ALAMEDA, voir álamo. ler’.
ÁLAMO (‘peuplier’), est d’origine non établie. ALBOROZO (‘grande joie, allégresse’), de
Dérivés : ALAMEDA ‘allée de peupliers’ ; ‘al- l’arabe burûz / báraz, verbe signifiant ‘fêter en
lée, promenade’. grande pompe l’arrivée de qqn’ (avec des cris
ALARDE (‘parade, revue’ ; ‘étalage, démonstra- de joie).
tion’) est issu de l’arabe al card ‘revue des ALBRICIAS (‘cadeau, présent’), de l’arabe al
troupes’. bisara ‘bonne nouvelle’ et ‘récompense au
ALARGAR, voir largo. porteur de bonne nouvelle’.
ALARIDO (‘cri, hurlement’), est d’origine non ALBUFERA (‘lagune, étang’), de l’arabe al bu-
établie. Ce mot est sans doute de formation haira ‘lagune’, diminutif de bahr ‘mer’.
onomatopéique. A rapprocher du français hal- ÁLBUM (‘album’), du latin album tiré de
lali (ha la li), mot composé de haler ‘exciter l’adjectif albus ‘blanc’ et qui désignait une
les chiens’ (cf. haro) et de ‘à lui’ (a li) : hale à ‘surface blanche’, un ‘tableau blanc’ où les
lui. fonctionnaires faisaient connaître leurs déci-
ALARMA, voir arma. sions au peuple. Les Allemands l’ont ensuite
ALBA (‘aube’) est emprunté au latin populaire employé pour parler d’un ‘livre blanc’ que
alba, mot féminin substantivé (littéralement l’on fait signer par des personnalités et nommé
‘la blanche’) tiré de l’adjectif albus ‘blanc’ album amicorum (‘le livre blanc des amis’).
dans des expressions comme alba lux (‘lu- Ce mot est ensuite passé au français (vers
mière blanche’) → alba (lux) ‘la blanche’ → 1700) et à l’espagnol (vers 1860), langues
‘l’aube’, alba en espagnol. dans lesquelles son sens s’est étendu : ‘cahier
ALBAÑIL (‘maçon’), de l’arabe vulgaire al banní relié avec des illustrations’ puis ‘album de
(arabe classique al bannâ ‘maçon’). disques’.
ALBARICOQUE (‘abricot’), de l’arabe al barqûq ALCACHOFA (‘artichaut’), de l’arabe d’Espagne
lui-même emprunté au grec. ‘Les Grecs al harsufa. L’arabe classique al kharshof a
avaient appelé ce fruit armeniakon ‘fruit donné le français artichaut, l’anglais artichoke
d’Arménie’ parce que l’Arménie était sa pro- et l’allemand Artischocke.
venance immédiate. Pour les Latins la pruna ALCAHUETE (‘entremetteur’), de l’arabe al
armeniaca (‘prune d’Arménie’) se nommait qawwed de même sens.
aussi praecoquum ‘le fruit précoce’, mot passé ALCALDE (‘maire’), de l’arabe al kadi ‘juge’.
en grec tardif sous la forme praikokion. C’est ALCANCE, voir alcanzar.
ce dernier mot grec qui a été adopté par les ALCANTARILLA (‘égout’), diminutif du mot
Arabes (al barqûq, al étant l’article)’, analyse arabe qántara ‘pont’, ‘aqueduc’.
tirée du Robert historique. ALCANZAR (‘atteindre, rattraper, arriver jus-
qu’à’). Latin calx (‘talon’) → acalçar (en vieil

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espagnol ‘poursuivre, être sur les talons de Dérivés : ALACRIDAD ‘alacrité’ (du latin ala-
qqn’) → alcalçar (altération de acalçar) → critas ‘ardeur, entrain’) est un terme d’usage
alcanzar (dissimilation : l → n). littéraire. ALEGRAR(SE) ‘(se) réjouir’.
Dérivés : ALCANCE ‘portée, atteinte’. ALEJAMIENTO, voir lejos.
ALCÁZAR (‘forteresse, château fort’), de l’arabe ALEJAR, voir lejos.
al qasr ‘forteresse’, issu du latin castrum ‘châ- ALENTAR (‘respirer’, ‘encourager’). Latin clas-
teau fort’. sique anhelare ‘respirer difficilement’ → latin
ALCOBA (‘alcôve’), de l’arabe al qúbba ‘cou- vulgaire anhelitare → alenitare (après méta-
pole’ puis ‘petite chambre contiguë à une thèse) > alentar.
grande pièce’ et ‘renfoncement d’une chambre Dérivés : ALIENTO ‘haleine’, ‘souffle’ et ‘ap-
où l’on place le lit’. pui, encouragement’, est le déverbal de alen-
ALCOHOL (‘alcool’), de l’arabe al kuhl ‘poudre tar. En français, haleine est le déverbal de
d’antimoine’. Ce mot a d’abord signifié en es- l’ancien verbe alener. DESALENTAR ‘découra-
pagnol (XIIIe siècle) ‘fard de couleur sombre ger’.
que les Orientaux s’appliquent sur les pau- ALERTA (‘alerte’), est emprunté à l’italien
pières, les cils et les sourcils’ (le khôl). Plus all’erta ‘sur ses gardes’, utilisé comme inter-
tard (XVe), le mot va acquérir le sens plus gé- jection dans le sens de ‘alarme’. Erta signifie
néral de ‘poudre ou essence obtenue par tritu- en italien ‘crête, hauteur’ : all erta = ‘(tous)
ration ou distillation’. A la fin du XVIe siècle, sur la hauteur (pour voir et attendre
vini alcohol désignera l’esprit de vin’ (espa- l’ennemi)’. Ce nom est dérivé de l’adjectif er-
gnol espíritu de vino), fluide obtenu par su- to ‘escarpé’, participe passé du verbe ergere
blimation. Cette acception correspond alors au ‘dresser’ (latin erigere ‘ériger’). Cette locution
concept moderne d’alcool éthylique et appa- a été d’abord utilisée pour mettre les soldats
raît en espagnol au XVIIIe siècle. Le mot de- en garde.
vient usuel au début du XIXe. ALEVÍN / ALEVINO (‘alevin’), emprunté au
ALCORNOQUE (‘chêne-liège’), provient du français alevin ‘jeune poisson élevé pour le
mozarabe (dialecte mêlant vieil espagnol et peuplement des rivières’. Du latin adlevinem
arabe). Latin tardif quernus (‘chêne’) + suffixe dérivé de allevare / elevare ‘élever’.
-occus (péjoratif) → al (article arabe) + quer- L’espagnol emploie également ce mot pour
nus + occus > alcornoque. désigner de très jeunes sportifs (les ‘poussins’
ALCURNIA (‘lignée, lignage’), de l’arabe al en français) : Los jugadores infantiles y ale-
kúnya ‘nom, surnom’. vines con licencia federativa tendrán entra-
ALDABA (‘marteau de porte, heurtoir’, ‘appui’), da gratuita al campo (A. Belot, Dictionnaire
de l’arabe al dabba ‘barre de fer servant à d’usage d’espagnol contemporain, p. 287, édi-
fermer une porte’. tions Ellipses, 1996).
ALDEA (‘village’), de l’arabe al deica ‘cam- ALFABETO (‘alphabet’), est un emprunt au latin
pagne, village’. tardif alphabetum employé à côté de abeceda-
ALEATORIO (‘aléatoire’), du latin aleatorius rium. Mot d’origine grecque composé du nom
dérivé de alea ‘jeu de dés’, ‘hasard’ (Alea jac- des deux premières lettres alpha et bêta.
ta est ‘les dés sont jetés’, César passant le Ru- Dérivés : ANALFABETO ‘analphabète’ (préfixe
bicon). privatif a-).
ALEGAR, voir legar. ALFILER (‘épingle’), de l’arabe al hilêl de même
ALEGATO, voir legar. sens.
ALEGORÍA (‘allégorie’), du latin allegoria issu ALFOMBRA (‘tapis’), de l’arabe al húmra de
du grec allêgoria. Le verbe grec allêgorein si- même sens.
gnifiait ‘parler par figures’, il était composé de ALFORJA (‘besace’, ‘provisions, vivres’), de
allos ‘autre’ et de agoreuein ‘parler (en pu- l’arabe al hury de même sens.
blic)’. L’allégorie est donc une ‘parole diffé- ALGA (‘algue’), du latin alga de même sens.
rente’, d’où le sens de ‘discours métapho- ALGARABÍA (‘galimatias, charabia’ ; ‘va-
rique’. carme’), de l’arabe al carabîya ‘langue arabe’.
ALEGRAR, voir alegre. Dans le même ordre d’idées, le français utilise
ALEGRE (‘gai, joyeux’) est une altération du le mot ramdam (‘le ramadan’) dans le sens de
latin classique alacer ‘vif’ en *alicer, alecris. ‘tapage, vacarme’ (faire du ramdam).

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ALGARADA (‘razzia, incursion’ ; ‘troupe à che- ALICIENTE (‘attrait, intérêt, stimulant’), du latin
val’ ; ‘vacarme’), de l’arabe al gara ‘attaque, alliciens, allicientis ‘attirant’, participe présent
incursion en terre ennemie’. Le français alga- du verbe allicere ‘attirer à soi’.
rade est un emprunt à l’espagnol. ALIENACIÓN, voir ajeno.
ÁLGEBRA (‘algèbre’), du latin médiéval algebra ALIENTO, voir alentar.
emprunté à l’arabe al gabr (vocabulaire médi- ALIGERAR, voir ligero.
cal) ‘réduction’, ‘art de remettre en place les ALIMAÑA (‘vermine, bête nuisible’), du latin
membres démis’. Cette notion a été ensuite animalia, neutre pluriel de animal, animalis
appliquée en mathématiques à la réduction des (avec métathèse : n / l) interprété ensuite
calculs. On la trouve chez le mathématicien comme un féminin singulier.
Huwarizmi dont le nom a donné algorithme. ALIMENTAR, voir alimento.
Le concept moderne d’algèbre (résolutions ALIMENTO (‘aliment’) est emprunté au latin
d’équations) se développera au XVIIe siècle et alimentum dérivé du verbe alere ‘nourrir’ em-
ployé concurremment avec nutrire.
surtout aux XIXe et XXe. Dérivés : ALIMENTAR ‘alimenter’.
Dérivés : ALGEBRISTA signifie à la fois ‘re- ALINEAR, voir línea.
bouteux’ (premier sens de l’arabe, ‘celui qui ALIÑAR, voir línea.
remet les os en place’) et ‘spécialiste de ALIÑO, voir línea.
l’algèbre’. ALISAR, voir liso.
ALGO, voir alguno.
ALISTARSE, voir lista et listo.
ALGODÓN (‘coton’) de l’arabe al qutun de
ALITERACIÓN, voir letra.
même sens. ALIVIAR, voir leve.
ALGUACIL (‘alguazil, gendarme’), de l’arabe al
ALIVIO, voir leve.
wazîr ‘ministre, vizir, conseiller’. Le mot a ALMA (‘âme’), du latin anima ‘souffle, air’.
d’abord désigné un gouverneur puis des offi- Dérivés : DESALMADO ‘cruel, sans cœur’, ‘scé-
ciers subalternes ou agents de police. lérat’.
ALGUIEN, voir alguno.
ALMACÉN (‘magasin’), de l’arabe al máhzan
ALGUNO (‘quelque’ et ‘quelqu’un’). Latin clas-
‘entrepôt, grenier, magasin’.
sique aliquis unus ‘qqn’ → (contraction en la- ALMADRABA (‘madrague’, ‘pêche au thon’,
tin vulgaire) alicunus (alicunum à l’accusatif) ‘pêcherie de thon’), de l’arabe al madraba
> espagnol alguno. Aliquem (‘quelqu’un’) > ‘lieu où l’on frappe’. Au cours de cette pêche
algue. La forme alguién (d’abord accentuée spectaculaire, les thons enfermés dans un
ainsi) est analogique de quem > quien. La grand filet sont harponnés et achevés (‘frap-
forme actuelle alguien a vu son accentuation pés’).
calquée sur celle de algo. Enfin, Aliquod ALMANAQUE (‘almanach’), de l’arabe
(neutre de aliquis) a donné algo. En français d’Espagne al manah ‘calendrier’.
aucun provient aussi de aliquis unus c’est-à- ALMENDRA (‘amande’). Grec amugdalê
dire ‘quelqu’un’ (sens positif). Employé dans ‘amande’ → latin classique amygdala
des contextes négatifs (ne...aucun), cet indéfi-
‘amande’ → latin vulgaire amindula. Le l de
ni a fini par prendre une valeur négative (con-
almendra est analogique des mots qui ont in-
tamination linguistique). Cependant, il reste
tégré l’article arabe (al) : al-macén, al-godón,
une trace de son ancien sens positif dans
al-cázar etc. Le terme latin amygdala a
d’aucuns pensent que ... (= ‘certains, des per-
d’abord signifié ‘amande’ puis il a désigné en
sonnes pensent que...’).
anatomie des organes en forme d’amande
ALHAJA (‘bijou’), de l’arabe al hâya ‘objet
c’est-à-dire les amygdales (espagnol amígda-
nécessaire’, ‘meuble’, ‘ustensile’, ‘bijou’.
la, forme savante).
ALIANZA, voir aliar.
ALMÍBAR (‘sirop’), de l’arabe al mîba ‘sirop de
ALIAR (‘allier’), est emprunté au français allier
coing’.
‘réunir, rassembler’, du latin alligare ‘attacher
ALMIRANTE (‘amiral’), de l’arabe amîr ‘chef,
à, mettre avec’, composé de ad ‘vers’ et de li-
émir’ + suffixe -ante (comme dans coman-
gare ‘lier, attacher’.
dante). En français, la finale du mot amiral
Dérivés : ALIANZA ‘alliance’.
correspond soit à al ali ‘très grand’ (= ‘chef

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suprême’) soit à une mauvaise segmentation point de départ’ évoque l’image d’une boucle
de amir al //bahr ‘le prince de la // mer’. que l’on a effectivement ‘bouclée’.
ALMOHADA (‘oreiller’), de l’arabe d’Espagne al Dérivés : ARREDOR, EN REDOR, DERREDOR, AL
muhadda, dérivé de hadd ‘joue’ = ‘objet sur DERREDOR et ALREDEDOR ‘autour de’.
lequel on pose la joue’. ALTAR (‘autel’), est emprunté au latin religieux
ALMORZAR, voir almuerzo. altare formé à partir du pluriel altaria ‘autel
ALMUERZO (‘déjeuner’), du latin vulgaire ad- où l’on sacrifie, table des sacrifices’.
mordium dérivé de admordere ‘entamer par ALTERACIÓN, voir otro.
une morsure’, ‘commencer à manger’. En ALTERAR, voir otro.
français déjeuner signifie ‘rompre, enlever le ALTERNANCIA, voir otro.
jeûne’ (préfixe privatif de-). Voir desayunar. ALTERNAR, voir otro.
Dérivés : ALMORZAR ‘déjeuner’. ALTEZA, voir alto (1).
ALOCADO, voir loco. ALTO (1) (‘grand’, ‘haut’), adjectif, est issu du
ALOCUCIÓN, voir locuaz. latin altus ancien participe passé du verbe
ALOJAMIENTO, voir lonja (2). alere ‘nourrir, faire grandir’.
ALOJAR, voir lonja (2). Dérivés : ALTEZA ‘altesse’. ALTURA ‘hauteur’.
ALONDRA (‘alouette’), du latin alauda > aloda EXALTAR ‘exalter’, du latin exaltare ‘exhaus-
devenu alondra sans doute à cause d’une con- ser, élever’ et ‘honorer’, formé avec ex- (in-
fusion avec le mot golondra (golondrina ‘hi- tensif) et altus ‘haut’.
rondelle’) utilisé pour désigner l’alouette dans ALTO (2) (‘halte’), homonyme de alto (1), est
la région de la Mancha (terme dialectal). emprunté à l’allemand Halt ‘arrêt’ (vocabu-
ALOPATÍA (‘allopathie’ ou ‘médecine clas- laire militaire), impératif substantivé de halten
sique’), terme emprunté vers 1800 à ‘arrêter’.
l’allemand Allopathie, mot forgé par Hahne- ALTRUISMO, emprunté vers 1900 au français
mann (inventeur de l’homéopathie), à partir de altruisme. Ce mot, attesté en français en 1852
allo- ‘autre’ et de pathie pour désigner l’autre et formé d’après autrui (latin alter ‘autre’) est
traitement (classique) d’un malade par opposi- attribué à Auguste Comte qui l’aurait créé
tion à l’homéopathie qu’il prônait c’est-à-dire pour l’opposer à égoïsme.
le traitement du mal par le même mal (homeo ALTURA, voir alto.
‘semblable’). Voir homeopatía. ALUCINACIÓN, voir alucinar.
ALPARGATA (‘espadrille’), est issu d’une an- ALUCINANTE, voir alucinar.
cienne forme abarca ‘sandale nouée avec un ALUCINAR (‘halluciner’ ; ‘leurrer, tromper’), du
lacet’, d’origine préromane. Cette forme a été latin hallucinari (verbe déponent) signifiant
empruntée par l’arabe d’Espagne et transfor- ‘dormir debout’, ‘divaguer, rêver’ et, en bas
mée en al parga. Le pluriel pargat (al pargat) latin, ‘avoir des hallucinations’ (grec aluein
aurait ensuite donné alpargate puis alpargata. ‘être hors de soi’).
ALQUERÍA (‘ferme, hameau’), de l’arabe al Dérivés : ALUCINACIÓN ‘hallucination’. ALU-
qârya ‘village’. CINANTE ‘hallucinant’.
ALQUILAR, voir alquiler. ALUD (‘avalanche’), est un mot d’origine préro-
ALQUILER (‘loyer, location’), de l’arabe al kirâ mane apparenté au basque luta ‘éboulement’
de même sens. et lurte ‘éboulement’ et ‘avalanche’.
Dérivés : ALQUILAR ‘louer’. ALUDIR (‘faire allusion à’), du latin alludere
ALQUIMIA (‘alchimie’), emprunté à l’arabe al ‘plaisanter, se jouer de’ et ‘parler sans insister,
kimiya ‘pierre philosophale’, mot d’origine in- suggérer’. Alludere est composé de ad ‘vers’
certaine : grec tardif khêmia ‘magie noire’ ( ?). et de ludus ‘jeu’.
ALQUITRÁN (‘goudron’), de l’arabe al qitrân de Dérivés : ALUSIÓN ‘allusion’, du bas latin al-
même sens. lusio ‘jeu verbal’ puis ‘suggestion sans parole
ALREDEDOR (‘autour de’), du latin retro (‘der- explicite’.
rière, par derrière’ ; ‘en remontant vers le pas- ALUMBRADO, voir lumbre.
sé’ ; ‘en arrière’) > espagnol redro > redor. ALUMBRAR, voir lumbre.
Le sens moderne ‘autour de’ (redor la casa) ALUMNADO, voir alumno.
est en affinité avec celui de ‘en arrière’ dans la
mesure où ‘revenir en arrière’, ‘revenir au

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ALUMNO (‘élève’), du latin alumnus ‘nourris- AMARGO (‘amer’), du latin amarus ‘amer, aigre’
son’, ‘enfant’, ‘disciple, élève’ participe passif et ‘morose, acariâtre’ qui a d’abord donné
du verbe alere ‘nourrir, alimenter’. amaro comme en italien puis amargo par ana-
Dérivés : ALUMNADO ‘les élèves’. logie avec le verbe amargar issu du latin po-
ALUSIÓN, voir aludir. pulaire amaricare.
ALUVIÓN, voir diluir. AMARILLO (‘jaune’), est issu du latin d’Espagne
ALZA, voir alzar. amarellus ‘jaune’, ‘pâle’, diminutif péjoratif
ALZAR (‘lever, hausser’), du latin populaire du latin classique amarus ‘amer, aigre’. Voir
*altiare dérivé de altus ‘qui a grandi’ (français amargo. Ce mot s’employait pour désigner le
hausser). teint des malades atteints de jaunisse (la bile,
Dérivés : ALZA ‘hausse’. REALCE ‘relief’, humeur amère).
formé avec le préfixe re- à valeur intensive AMARRAR (‘amarrer’), est emprunté au français
(poner de realce ‘mettre en relief’). amarrer qui l’a lui-même emprunté au néer-
ALLÁ, adverbe de lieu formé avec a et illac (‘par landais aenmarren / marren ‘attacher’.
là’ → localisation imprécise). La forme allá a AMARTELAR, voir martillo.
une morphologie qui l’apparente à la personne AMASAR, voir masa.
troisième (éloignement) : illac / ille → él) AMAZONA (‘amazone, écuyère’), vient du nom
alors que acá, issu de accu + hac (‘par ici’), propre latin Amazones qui désignait une peu-
situe dans la zone proche du locuteur (voir plade de femmes guerrières d’Asie Mineure.
aquí et allí). Mot d’origine incertaine : a (préfixe privatif)
ALLANAMIENTO, voir llano. + mazos (‘sein’ en grec) = ‘privée d’un sein’
ALLEGADO, voir llegar. pour mieux tirer à l’arc ( ? ?).
ALLÍ, est formé avec a et illic (‘en cet endroit-là’, AMBICIÓN, voir ambiente.
‘là-bas’, [sans mouvement]). Les formes en -í AMBIENTAL, voir ambiente.
(aquí / allí) ont une précision supérieure à AMBIENTE (‘milieu ambiant, atmosphère, am-
celles en -á (acá et allá). biance’), est emprunté (au XVIe siècle) au la-
AMA (‘maîtresse de maison’, ‘gouvernante’, tin ambiens, participe présent du verbe ambire
‘nourrice’) est issu du latin d’Espagne amna ‘aller autour, entourer’, dérivé de ire ‘aller’.
‘nourrice’, mot de formation expressive Dérivés : AMBICIÓN ‘ambition’, est emprunté
comme mamá dans le langage des enfants. au latin ambitio, ambitionis ‘démarche pour se
Dérivés : AMO ‘maître de maison’. faire élire’, dérivé du verbe ambire ‘aller au-
AMABLE, voir amar. tour’ et surtout ‘aller autour des électeurs’ ! :
AMADOR, voir amar. ‘faire la tournée des électeurs’, ‘intriguer’.
AMAESTRAR, voir maestro. Ambire est formé avec l’élément ambi- du la-
AMALGAMA (‘amalgame’), est emprunté au tin ambo ‘double, des deux côtés’ et ‘tout au-
français amalgame issu lui-même de l’arabe al tour’. AMBIENTAL ‘relatif à l’environnement’ :
gam ‘œuvre d’union, réunion’. catástrofe ambiental ‘catastrophe pour
AMAMANTAR, voir mama. l’environnement’.
AMANCEBAR, voir mancebo. AMBIGUO (‘ambigu’), est emprunté au latin
AMANECER, voir mañana. ambiguus, du verbe ambigere ‘être indécis’,
AMANERADO, voir manera. composé de ambi- ‘des deux côtés, d’un côté
AMANSAR, voir manso. et de l’autre’ et de agere ‘pousser, marcher’.
AMAPOLA (‘coquelicot’), du mozarabe haba- ÁMBITO (‘enceinte’, ‘milieu, atmosphère’,
paura issu, après altération, du latin papaver ‘cadre’), du latin ambitus ‘mouvement circu-
‘pavot’. En français, coquelicot rappelle le cri laire’, ‘circuit, détour’, ‘pourtour’, dérivé du
du coq : cocorico → coquerico → coquelicot. verbe ambire ‘entourer’. De l’idée d’entourer
La fleur rouge des champs a donc été désignée on passe à celle de ‘cadre’, ‘milieu ambiant’
ainsi par sa ressemblance avec la crête du coq. AMBO(A)S (‘les deux’), du latin ambo, ae, o. Ce
AMAR (‘aimer’), du latin amare de même sens. mot était un représentant du duel (ce qui va
Dérivés : AMABLE ‘aimable’. AMADOR ‘amou- par deux), catégorie héritée de l’indo-
reux’, ‘amateur’. ENAMORAR ‘rendre amou- européen. Le duel n’a pas survécu car le latin
reux’ (ancien français énamourer). donnait déjà une morphologie de pluriel à am-
bo → ambos, la catégorie du nombre s’étant

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réduite à l’opposition singulier (non marqué) / pénibles, ennuyeuses d’où le sens moderne de
pluriel (marqué : + -s). ‘réprimander sévèrement’.
AMBULANCIA / AMBULANTE (‘ambulance / AMONTONAR, voir monte.
ambulant’), sont dérivés du verbe ambulare AMOR (‘amour’), du latin amor, amoris de même
‘se promener, marcher’. En français, ambulare sens.
est peut-être à l’origine de l’infinitif aller AMORDAZAR, voir morder.
(ambulare > amlare > allare > aller) et de al- AMORFO, voir morfo-.
lons, allez. AMORTIGUAR, voir morir.
AMEDRENTAR, voir miedo. AMORTIZAR, voir morir.
AMÉN (‘amen, ainsi soit-il’), emprunté au latin AMOSCARSE, voir mosca.
amen pris au grec amên, lui-même emprunté à AMOSTAZARSE, voir mostaza.
l’hébreu amen ‘vrai, certain’. AMOTINAR, voir motín.
AMENAZA (‘menace’), est issu du latin vulgaire AMPARAR, voir parar.
minacia ‘menace’. Minacia est un dérivé de AMPARO, voir parar.
minae (au pluriel) ‘saillie’, ‘avancée d’un ro- AMPLIACIÓN, voir ancho.
cher, d’un surplomb’. On est ensuite passé du AMPLIAR, voir ancho.
sens concret de ‘choses suspendues au-dessus AMPLIFICAR, voir ancho.
de la tête’ au sens figuré de ‘menaces’. AMPLIO, voir ancho.
AMENGUAR, voir mengua. AMPOLLA (‘ampoule, cloque’ et ‘ampoule,
AMENO (‘agréable’), du latin amoenus ‘agréable’ fiole’), du latin ampulla ‘petite fiole à ventre
(français amène), d’origine inconnue. bombé’, diminutif de amp(h)ora ‘amphore’.
AMETRALLAR, voir metralla. Le sens de ‘cloque, vésicule’ provient d’une
AMIANTO (‘amiante’), est emprunté au latin simple analogie de forme, une cloque ayant un
amiantus lui-même pris au grec amiantos ‘in- aspect renflé. Le français gardera le mot am-
corruptible’, composé de a (privatif) et de poule pour désigner l’ampoule électrique (vers
miainein ‘souiller’ (voir miasme en français). 1880). L’espagnol utilisera bombilla (voir ce
L’amiante est ‘incorruptible’ c’est-à-dire in- mot).
combustible. Dérivés : AMPULOSO ‘ampoulé’, se dit d’un
AMIGO(A) (‘ami, e’), du latin amicus, amica style qui est enflé comme une ampoule.
‘ami(e)’ et ‘amant, maîtresse’, dérivé de AMPULOSO, voir ampolla.
amare ‘aimer’. AMPUTAR (‘amputer’), est emprunté au latin
Dérivés : ENEMIGO ‘ennemi’, du latin inimicus amputare ‘tailler tout autour’ et donc ‘muti-
formé avec in- (privatif) et amicus. ler’, composé de am (qui a donné ambo ‘tous
AMÍGDALA, voir almendra. les deux’, ‘tout autour’) et de putare ‘émonder
AMINORAR, voir menos. les arbres’ (putare > espagnol podar ‘tailler,
AMISTAD (‘amitié’), du latin vulgaire *amicitas élaguer’).
altération de amicitia ‘amitié’, dérivé de ami- AMUEBLAR, voir mover.
cus ‘ami’. ANAGRAMA, voir gramática.
AMNESIA, voir mente. ANALES (‘annales’), du latin annales avec ellipse
AMNISTÍA, voir mente. du substantif libri (libri annales ‘livres
AMO (‘maître’), est formé à partir de ama (voir d’annales’). Annales est donc le pluriel subs-
ce mot). tantivé de l’adjectif annalis ‘annuel’ dérivé de
AMODORRARSE, voir modorra. annus ‘an’.
AMOLDAR, voir modo. ANALFABETO, voir alfabeto.
AMONESTAR (‘admonester’), est d’origine ANÁLISIS (‘analyse’), est emprunté au grec
incertaine. Première hypothèse : latin popu- analusis ‘dissolution, décomposition’, dérivé
laire *admonestare de même sens. Deuxième du verbe analuein issu de luein ‘dissoudre’
hypothèse : il s’agirait d’un croisement entre (autres dérivés de ce verbe : français solution ;
admonere ‘avertir, faire remarquer sans criti- espagnol solución).
quer’ et molestus ‘pénible’ (molestare ‘en- Dérivés : ANALIZAR d’après le modèle fran-
nuyer’). Cette forme est apparue chez les étu- çais analyser.
diants pour lesquels les ‘observations’, les
‘remarques’ des maîtres sont forcément ( !)

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ANANÁS, est emprunté à une langue indienne position à venir (prenant son point de départ
d’Amérique latine, le guarani (naná) sans dans le passé) et à ir (visant le futur) : cabal-
doute par l’intermédiaire du portugais ananás. lero andante ‘chevalier errant’ ; andar equi-
ANARQUÍA (‘anarchie’), est emprunté au latin vocado ; andar trasnochando (comportement
anarchia utilisé pour traduire le grec erratique).
anarkhia, formé de a(n) (préfixe privatif) et de Dérivés : ANDAMIO avec, d’abord, le sens de
arkhê ‘commandement’ = ‘sans chef, sans ‘chemin de ronde’ puis ‘gradins’ et enfin
commandement’. ‘échafaudage’. DESANDAR ‘rebrousser che-
ANATEMA (‘anathème’), est emprunté au latin min’.
anathema, du grec biblique anathêma ‘objet ANDRAJO (‘haillon, guenille’) est d’origine non
maudit, malédiction’. En grec classique, ce élucidée. Ce mot pourrait être l’altération de
mot signifiait ‘objet consacré’, ‘offrande vo- *haldajo ‘morceau de tissu’ dérivé de halda
tive’. Le passage au sens inverse (‘objet mau- mis pour falda.
dit’) n’est pas bien élucidé. ANDRÓGINO (‘androgyne’), du latin androginus,
ANATOMÍA (‘anatomie’), du latin anatomia, lui-même emprunté au grec androgunos, de
d’après le grec anatomê. Formé de ana- ‘de anêr, andros ‘homme’ et gunê ‘femme’.
bas en haut’ et de tomê ‘coupure, d’où ana- ANÉCDOTA (‘anecdote’), est emprunté au grec
temno ‘je coupe de bas en haut’. Anekdota ‘choses inédites’, titre de l’ouvrage
ANCA (‘hanche, croupe’), du germanique hanka écrit par l’historien grec Procope qui raconte
‘hanche’. En espagnol, ce mot s’est spécialisé la vie secrète, pleine de détails, d’anecdotes,
pour désigner la hanche du cheval ou la des personnages de son temps. Anekdota est la
croupe. Ce sens subsiste en français dans substantivation de l’adjectif anekdotos, formé
mettre un cheval sur les hanches. Pour dési- avec an- (privatif) et ekdotos adjectif verbal de
gner la hanche chez l’homme, l’espagnol uti- ekdidonai ‘produire au dehors, publier’ d’où le
lise cadera (voir ce mot). sens de ‘qui reste caché, secret, inédit’.
ANCIANO (‘personne âgée, vieux’), du bas latin ANEGAR (‘inonder’, ‘noyer’), du latin enecare
anteanus (adjectif dérivé de ante ‘avant’, ‘an- ‘faire périr, épuiser’, dérivé de necare ‘tuer,
térieur’) ou d’une forme de latin vulgaire an- tuer sans arme’ puis, en latin médiéval, ‘faire
tianus ‘ancien’ (avec la valeur hiérarchique de périr par immersion dans l’eau’. Enecare (es-
‘haut personnage’). pagnol anegar) et necare (français noyer) ont
ANCLA (‘ancre’), du latin ancora, lui-même évolué vers la même spécialisation sémantique
emprunté au grec ankura ‘crochet’, ‘chose re- (‘tuer par l’eau’). Le verbe necare est dérivé
courbée’. de nex, necis ‘mort violente, meurtre’ par op-
ANCHO(A) (‘large, épais, grand’), du latin am- position à mors, mortis ‘mort naturelle’.
plus ‘large, vaste’, ‘grand, abondant’. Ancho ANEJO(A) (‘annexe’), du latin annexus, participe
est le traitement populaire de amplus ; amplio passé de annectere ‘attacher à’, formé de ad
en est le traitement savant. ‘vers’ et de nectere ‘joindre, unir’.
Dérivés : AMPLIACIÓN ‘extension’, ‘élargis- Dérivés : ANEXIÓN ‘annexion’ (latin annexio).
sement, ‘augmentation’. AMPLIAR ‘agrandir, ANEXO ‘annexe’ est le traitement savant de
augmenter’. AMPLIFICAR ‘amplifier, agrandir’. annexus. Dans les lettres commerciales, anexo
ENSANCHAR ‘élargir’, ‘agrandir’, du latin signifie ‘document joint’.
examplare de même sens. ANESTESIA, voir estético.
ANDAMIO, voir andar. ANEXIÓN, voir anejo.
ANDAR (‘marcher, parcourir’), du latin ambulare ANEXO, voir anejo.
‘se promener, marcher’ qui a donné amlare ANFITEATRO, voir teatro.
après altération puis andar. Français amlare > ÁNGEL (‘ange’), du latin chrétien angelus, issu
allare > aller. Ambulare est formé avec un du grec angelos ‘messager’. Ángel est la
préverbe amb- ‘autour’ que l’on retrouve dans forme apocopée de ángelo (voir à ce sujet le
ambición, ambiente, ambiguo (voir ces mot apóstol).
mots). L’imprécision quant au mouvement Dérivés : EVANGELIO ‘évangile’, est emprunté
(amb- / ambi- ‘des deux côtés, d’un côté et de au latin ecclésiastique evangelium ‘bonne
l’autre, autour’) pourrait expliquer certains nouvelle’, ‘récit des actes et des paroles du
emplois de andar, verbe non orienté par op- Christ’. Du grec euangelion ‘récompense, sa-

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crifice offert pour une bonne nouvelle’ et ANIMOSIDAD (‘animosité, ressentiment’), du bas
‘bonne nouvelle’. De euangelos ‘qui apporte latin animositas ‘ardeur’ dérivé de animosus
une bonne nouvelle’, formé avec eu- ‘bien’ et ‘ardent’, ‘courageux’ et ‘orgueilleux’, lui-
angelos ‘messager’. même tiré de animus ‘âme, esprit’ (voir
ÁNGELUS, premier mot de la prière de la saluta- l’espagnol ánimo). Le bas latin a développé
tion angélique : Angelus Domini nuntiavit Ma- une autre valeur, celle d’hostilité, qui a fini par
riae. l’emporter (‘ardeur, courage’ ; ‘violence / co-
ANGINA (‘angine’), du latin angina, emprunté au lère’ → ‘animosité’).
grec ankhonê ‘action d’étrangler’. Le latin an- ANIQUILAR (‘anéantir, annihiler’), est emprunté
gina a été formé par rapprochement avec le au latin d’église adnihilare, formé de ad ‘vers’
verbe angere ‘serrer, oppresser’ dont on a dé- et de nihil ‘rien’ : ‘réduire à rien’. Ce verbe est
rivé aussi angustia ‘angoisse’. ensuite devenu adnichilare ou annichilare >
ANGOSTO(A), du latin angustus ‘étroit, resserré’, espagnol aniquilar et français annihiler.
dérivé de angere ‘serrer, étrangler’. ANO (‘anus’), du latin anus ‘anneau’. Voir anillo
Dérivés : ANGUSTIA ‘angoisse’, du latin an- (littéralement ‘petit anneau’).
gustia qui a d’abord signifié ‘étroitesse’ et ANOCHE, voir noche.
‘lieu étroit, défilé’ puis ‘angoisse’. Voir aussi ANOCHECER, voir noche.
angina. ANODINO (‘anodin’), terme médical emprunté au
ANGUILA (‘anguille’), du latin anguilla, diminu- grec anodynos, formé de an- (préfixe privatif)
tif de l’adjectif substantivé anguina (sous- et de odunê ‘douleur’ : ‘qui ne cause pas de
entendu bestia) : (bestia) anguina = ‘(bête) douleur’ → ‘inoffensif’, ‘fade’, ‘insignifiant’.
semblable au serpent’. Anguina, us, um est lui- ANONADAR, voir nadie.
même dérivé de anguis ‘serpent’. ANÓNIMO, voir nombre.
ÁNGULO (‘angle’), du latin angulus ‘coin’ puis ANORMAL, voir normal.
‘angle’. Mot proche du grec ankon ‘coude’ ANOTAR, voir nota.
dont on a dérivé ankura ‘objet recourbé’ ANSIA (‘anxiété’), est emprunté au latin anxia
(français ancre ; espagnol áncora). ‘angoisse’ dérivé de anxius ‘qui ressent de
Dérivés : TRIÁNGULO ‘triangle’. l’angoisse’, lui-même dérivé de anxi parfait du
ANGUSTIA, voir angosto. verbe angere ‘oppresser, serrer la gorge’.
ANHELAR (‘haleter’ ; ‘aspirer à, briguer, soupi- Dérivés : ANSIOSO ‘anxieux’, du bas latin an-
rer après’), du latin anhelare ‘respirer diffici- xiosus, terme de médecine, issu de anxius
lement, être hors d’haleine’. (français anxieux).
ANILLO (‘anneau’), du latin anellus (ou anulus), ANTAÑO, voir año.
diminutif de anus ‘anneau’. ANTE (‘devant’, ‘avant’), est issu du latin ante
ÁNIMA (‘âme du purgatoire’), traitement savant (adverbe et préposition). En espagnol la pré-
du latin anima (voir alma, traitement non sa- position a gardé la forme latine originelle : Se
vant du même mot). arrodilló ante el Rey ‘il s’agenouilla devant
ANIMACIÓN (‘animation’), du latin animatio le Roi’. En revanche, l’adverbe de temps a pris
‘action d’animer’, ‘création de la vie’, dérivé la forme antes (llegó antes) sans doute par
du verbe animare, lui-même dérivé de anima analogie avec d’autres adverbes terminés par s
‘souffle vital’ (voir alma). (s dit adverbial) : después, detrás, cras (vieil
ANIMAL (‘animal’), du latin animalis ‘être vi- espagnol [vx], ‘demain’), aprés (vx, ‘auprès’),
vant doté du souffle vital’, dérivé de anima menos, mientras, entonces, quizá(s), jamás,
‘souffle vital’. A l’origine, ce mot incluait les nunquas (vx), fueras (vx), certas (vx,
animaux et l’espèce humaine. ‘certes’).
ÁNIMO (‘esprit’, ‘courage’, ‘intention’), du latin ANTEAYER, voir ayer.
animus (même famille que anima) ‘principe ANTECEDENTE, voir ceder.
distinct du corps qui préside à l’activité d’un ANTELACIÓN (‘anticipation’), est emprunté au
être vivant homme ou animal’, ‘âme’, ‘esprit’, bas latin antelatio dérivé de anteferre ‘porter,
‘siège de la pensée’, ‘intention’, ‘courage, placer devant’ (ferre ‘porter’).
énergie’. ANTEMANO, voir mano.
Dérivés : DESANIMAR ‘décourager’. DESÁNI- ANTENA (‘antenne’), terme de marine emprunté
MO ‘découragement’. au latin antenna (mis pour antemna) ‘vergue

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de navire portant toute voile’. Ce mot a en- ANTORCHA (‘torche’), est peut-être emprunté au
suite désigné un poteau télégraphique (XXe provençal ancien entorcha procédant lui-
siècle) et enfin l’antenne de télévision. même d’un croisement entre le provençal
ANTEOJO, voir ojo. (en)torta ‘torche’ et le français torche lui-
ANTEPASADO, voir paso. même issu du latin vulgaire torca (latin clas-
ANTEPONER, voir poner. sique torques ‘torsade’, de torquere ‘tordre’) =
ANTERIOR (‘antérieur’), du latin tardif anterior flambeau fait d’une corde tordue et enduite de
de même sens, dérivé de ante ‘avant’ (voir ce résine. Le français dit qu’un parachute ‘se met
mot). Anterior a remplacé prior s’opposant en torche’ lorsqu’il reste tordu, torsadé au lieu
mieux ainsi à posterior. de se déployer.
ANTES, voir ante. ANTRO (‘antre’), du latin antrum ‘caverne’ issu
ANTI-, ce préfixe est issu de la préposition lui-même du grec antron de même sens.
grecque anti qui exprimait l’opposition et la ANTROPO-, préfixe issu du grec anthrôpos ‘être
protection contre un mal. Pour les mots formés humain’.
avec ce préfixe on recherchera le radical en- Dérivés : ANTROPÓFAGO ‘anthropophage’,
core libre : militar → antimilitar. Mais anti- ANTROPOLOGÍA ‘anthropologie’, ANTROPO-
biótico n’est plus analysable aujourd’hui en MORFISMO ‘anthropomorphisme.
anti et *biótico, ce dernier mot n’existant pas ANUAL, voir año.
en tant que radical libre. ANUBLAR, voir nube.
ANTIBIÓTICO, est emprunté au français antibio- ANUDAR, voir nudo.
tique. Mot créé vers 1870 et dont le sens est ANULAR, voir no (nulo, vieil espagnol).
‘qui s’oppose à la vie’ c’est-à-dire à la prolifé- ANUNCIAR, voir nuncio.
ration des bactéries. Formé avec le préfixe an- ANUNCIO, voir nuncio.
ti- et le grec biôtikos ‘de la vie’, issu lui-même ANZUELO (‘hameçon’). Latin classique hamus
de bios ‘vie’. (‘crochet, hameçon’) → *hamiciolus (diminu-
ANTICIPAR (‘avancer’ [une date, de l’argent] ; tif reconstitué) > espagnol anzuelo. Hamus
‘devancer’, ‘être en avance’), du latin antici- aurait dû donner *amo, homonyme de amo
pare, composé de ante ‘avant’ et de capere ‘maître’. L’espagnol a donc eu recours à une
‘prendre’ (modèle possible : participare ‘par- forme de diminutif.
ticiper’). AÑADIR (‘ajouter’), du latin populaire d’Espagne
ANTICUADO, voir antiguo. inaddere dérivé de addere ‘mettre en plus,
ANTÍFRASIS, voir frase. ajouter’. En espagnol ancien on trouvait ana-
ANTIGUO(A) (‘vieux, ancien’), du latin antiquus dir puis añadir par analogie avec des séries
‘ancien, éloigné dans le temps’, dérivé de ante de mots dont la forme était hésitante : anublar
‘avant’. et añublar ; anudar et añudar etc.
Dérivés : ANTICUADO ‘vieilli, démodé, dé- AÑEJO, voir año.
suet’. AÑO (‘an, année’), vient du latin annus ‘an’. Le
ANTINOMIA (‘antinomie’), est emprunté au latin français année vient du latin populaire
antinomia qui est un calque du grec : formé de *annata dérivé de annus.
anti et de nomos ‘loi’ d’o˘ ‘contradiction entre Dérivés : ANTAÑO ‘autrefois’. ANUAL ‘annuel’.
deux lois’. AÑEJO ‘vieux’ (vino añejo, ‘vin vieux’). HO-
ANTIPATÍA, voir patético. GAÑO ‘cette année’, ‘de nos jours, à l’heure
ANTISEPSIA, voir seta. actuelle’, formé avec l’ablatif du démonstratif
ANTOJO, voir ojo. hic et celui de annus : hoc anno ‘en cette an-
ANTOJARSE, voir ojo. née’ (dans laquelle je me trouve actuellement).
ANTOLOGÍA (‘anthologie’), du grec anthologia AÑORAR (‘regretter, avoir la nostalgie de’), est
‘collection de fleurs’ et ‘recueil de textes choi- emprunté au catalan enyorar de même sens,
sis’ (usage métaphorique semblable à celui de issu lui-même du latin ignorare ‘être sans
florilège). De anthos ‘fleur’ et lego ‘je re- nouvelles de qqn’, ‘ne pas savoir où se trouve
cueille’. une personne’.
ANTÓNIMO, voir nombre. APABULLAR (‘aplatir, écraser, renverser’), est
ANTONOMASIA, voir nombre. une altération de apagullar mot-valise issu du
croisement entre apalear et magullar :

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A PA G UL L A R disposer, apparier’, dérivé de par, paris,


(M) A G U L L A R ‘égal’.
A P A L (E) A R APERTURA, voir abrir.
APACIBLE, voir placer. APESTAR, voir peste.
APACIGUAR, voir paz. APETECER, voir pedir.
APADRINAR, voir padre. APETITO, voir pedir.
APAGAR (‘éteindre’, ‘apaiser, adoucir’, ‘désalté- APIADAR(SE), voir pío.
rer’). Latin pax ‘paix’ → pacare ‘pacifier’, APIÑARSE, voir pino.
‘faire la paix’ puis ‘apaiser, satisfaire’ → es- APISONADORA, voir pisar.
pagnol pagar (sens ancien : ‘satisfaire, con- APLACAR (‘apaiser, calmer’), du latin placare
tenter’) → apagar. Le français connaît ‘calmer, apaiser, adoucir’. Mot de formation
l’expression se payer de mots (‘se satisfaire savante puisque le groupe initial Pl- donne
avec des mots’). Voir pagar. généralement ll : plenu > lleno.
APALEAR, voir palo. APLASTAR (‘aplatir, écraser, réduire à néant’),
APARATO, voir parar. mot d’origine onomatopéique, formé à partir
APARATOSO, voir parar. de ¡ plast ! mot censé imiter le bruit d’une
APARCAR, voir parque. chose qui tombe par terre et s’y écrase.
APARECER, voir parecer. APLAUDIR (‘applaudir’), du latin applaudere
APARECIDO, voir parecer. dérivé de plaudere ‘battre’, ‘battre des mains’,
APAREJAR, voir par. mot de formation expressive.
APARENTAR, voir parecer. Dérivés : APLAUSO (latin applausus) ‘applau-
APARIENCIA, voir parecer. dissement’.
APARTADO, voir parte. APLAZAR, voir plazo.
APARTAR, voir parte. APLICAR, voir plegar.
APARTE, voir parte. APLOMO, voir plomo.
APASIONADO, voir padecer. APNEA (‘apnée’), est emprunté au grec apnoia
APEAR(SE), voir pie. ‘absence de vent’ et ‘absence de souffle’, dé-
APECHUGAR, voir pecho. rivé de apnoos ‘qui ne respire pas’, formé
APEDREAR, voir piedra. avec a privatif et pnein ‘souffler, respirer’
APEGO, voir pegar. (voir aussi neumático).
APELAR (‘faire appel, en appeler, avoir re- APÓCOPE, voir síncope.
cours’), emprunté au latin appellare APÓCRIFO, voir gruta.
‘s’adresser à qqn, recourir à qqn’ puis APODAR (‘surnommer’), du latin tardif apputare
‘s’adresser à qqn en le nommant, en l’appelant dérivé lui-même de putare : ‘nettoyer, élaguer
par son nom’. L’espagnol utilise apelar dans un arbre’, ‘épurer un compte’ d’où ‘compter,
le sens de ‘faire appel à qqn, s’en remettre à’ comparer, estimer’ et ‘penser, juger’, français
et ‘faire appel’ en droit mais emploie llamar supputer. Apodar a donc d’abord signifié
(latin clamare) pour nommer qqn (¿ cómo te ‘calculer, estimer, imaginer, comparer’. Le
llamas ?). passage au sens moderne ‘surnommer’
Dérivés : APELLIDAR ‘appeler par son nom’, s’explique dans la mesure où le fait de donner
du latin appellitare, fréquentatif de appellare un surnom suppose une comparaison impli-
‘appeler souvent’, ‘nommer habituellement’. cite : Antonio apodado ‘El Tigre’ (Antonio
Apellido : ce mot signifie d’abord ‘nom’ sans = tigre).
autre précision. Plus tard (XVe-XVIe siècles), APODERADO, voir poder.
il prendra le sens précis de ‘nom de famille’. APODERARSE, voir poder.
APENAS, voir pena. APOGEO (‘apogée’), est emprunté au latin apo-
APÉNDICE, voir pender. gaeum calqué sur le grec apogaion, neutre
APENDICITIS, voir pender. substantivé de apogaios ‘loin de la terre’, for-
APERCIBIR, voir percibir. mé de apo (avec valeur d’éloignement) et de
APERO (‘matériel agricole, outils, instruments’), gê ‘terre’ (voir geografía).
est un dérivé de aperar ‘préparer, disposer’, APOLOGÍA (‘apologie’), est emprunté au latin
issu du latin vulgaire *appariare ‘préparer, apologia, du grec apologia mot s’appliquant à
des plaidoiries, à des discours de défense.

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Terme de droit passé ensuite dans l’usage cou- APROXIMACIÓN, voir próximo.
rant (‘éloge’). APROXIMAR, voir próximo.
APORREAR, voir porra. APTO(A) (‘apte’), du latin aptus, participe passé
APORTACIÛN, voir portarse. de apere ‘lier, attacher’ c’est-à-dire ‘bien atta-
APOSENTAR, voir posar. ché’, ‘formant un tout bien lié’, ‘fait pour, ap-
APOSENTO, voir posar. proprié à’ d’où le sens de ‘capable’.
APOSICIÓN, voir poner. Dérivés : ADAPTAR ‘adapter’. INEPTO ‘inepte’,
APOSTAR, voir poner. du latin ineptus ‘qui n’est pas approprié, hors
APÓSTOL (‘apôtre’), du latin apostolus, lui- de propos’, ‘maladroit’, ‘déraisonnable’, ‘sot’,
même emprunté au grec apostolos ‘envoyé’, formé avec in (privatif) et aptus.
de apo (idée d’éloignement) et stellein ‘en- APUESTA, voir poner.
voyer’. En grec évangélique ‘envoyé de Dieu’. APUNTAR, voir punta.
Apostolum donne normalement apóstolo en APUNTE, voir punta.
espagnol mais l’apocope s’est produite dans la APURAR, voir puro.
mesure où ce terme était souvent suivi du nom APURO, voir puro.
de l’apôtre : apóstolo Pablo → apóstol. AQUEL, est formé à partir de la particule dé-
L’apocope s’est produite dans les mêmes con- monstrative accu (ad + eccum) ‘voici’ et du
ditions pour angelum : ángelo Gabriel → démonstratif ille : accu ille > aquel. Le signi-
ángel (semblable à bueno hombre → buen fié démonstratif de ille s’étant appauvri pour
hombre et à Dominum Petrum → don Pe- donner l’article el et le pronom personnel él, il
dro). a été nécessaire de renforcer cette forme par
APOTEOSIS, voir teo-. une particule de sens démonstratif.
APOYAR (‘appuyer’), est issu du latin populaire AQUELARRE (‘sabbat’), est emprunté au basque
*appodiare (comme l’italien appogiare), déri- akelarre, formé de aker ‘bouc’ et de larre
vé de podium ‘socle, support’, ‘qui soutient’, ‘pré’, le démon prenant la forme d’un bouc et
lui-même emprunté au grec podion ‘petit présidant une assemblée nocturne de sorciers
pied’, diminutif de pous, podos (français, es- dans un pré.
pagnol podologue, podólogo). AQUÍ, est formé à partir de la particule démons-
APRECIAR, voir precio. trative accu (ad + eccum) et de l’adverbe de
APREHENDER, voir prender. lieu hic ‘ici, dans ce lieu-ci’. Contrairement à
APREMIAR (‘contraindre, forcer, presser’) est acá (accu + hac, ‘par ici’), aquí apporte une
d’origine incertaine. Peut-être dérivé d’un mot idée de précision. L’adverbe hic a donné la
ancien premia signifiant ‘tyrannie, violence, forme y attestée en vieil espagnol : ¿ quién
contrainte’. Deux hypothèses sont avancées : está y ? ‘qui est là ?’ et toujours vivante en
a) ce terme serait apparenté au verbe latin français : j’y vais ; il y a.
premere ‘presser, serrer’ ; b) ce mot provien- ARADO, voir arar.
drait directement de praemia neutre pluriel de ARANCEL (‘droit de douane’), est d’origine
praemium ‘ce qu’on prend avant les autres’, incertaine. Probablement de l’arabe al anzêl
‘avantage, prérogative’, récompense’ et ‘pré- ‘produits, fruits’. Attesté d’abord sous la
lèvement, butin’. Cette dernière acception ex- forme alanzel ‘liste de sommes encaissées’.
pliquerait le sens actuel : ‘faire violence à qqn’ ARAÑA (‘araignée’ et ‘lustre’), du latin aranea
= ‘contraindre, forcer, presser’. ‘araignée’, ‘toile d’araignée’. L’acception
APRENDER, voir prender. ‘lustre’ est un transfert de sens par similitude
APRENSIÓN, voir prender. (métaphore) : le lustre avec ses bras écartés
APRESAR, voir prender. évoque les pattes de l’araignée.
APRESURAR, voir prisa. ARAÑAR (‘griffer’), est formé à partir de arar
APRETAR (‘serrer, presser, appuyer’), du latin ‘faire des sillons (dans la peau)’. Voir ce mot.
appectorare ‘presser contre la poitrine’, dérivé ARAR (‘labourer, faire des sillons’), du latin
de pectus ‘poitrine’. arare ‘labourer, cultiver, sillonner’.
APRISIONAR, voir prender. Dérivés : ARADO ‘charrue’, du latin aratrum >
APROBAR, voir probar. aradro > arado (dissimilation par suppression
APROPIAR(SE), voir propio. d’un phonème ‘de trop’ : r...r).
APROVECHAR, voir provecho.

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ARBITRIO (‘volonté, libre arbitre, bon plaisir’), ÁREA, voir era (2).
traitement savant du latin arbitrium ‘jugement, ARENA (‘sable’), du latin arena ‘sable’. En
décision’ et ‘bon plaisir’ qui a donné par ail- français le mot arène a longtemps signifié
leurs albedrío (voir ce mot). ‘sable’ puis par extension ‘place sablée dans
ÁRBOL (‘arbre’), du latin arbor. Dissimilation : un cirque’, les ‘arènes’ (course de taureaux).
r...r → r...l (voir aussi cárcel). Ce mot était ARGÜIR (‘déduire, conclure, arguer’), du latin
féminin en latin car l’arbre porte des fruits arguere ‘indiquer, démontrer’, ‘convaincre’.
comme la mère porte des enfants. Ce terme est Dérivés : ARGUMENTO ‘argument’, du latin
devenu masculin en bas latin par analogie argumentum ‘preuve’ et ‘matière à traiter’ =
avec les mots en -or qui étaient masculins : ‘raisonnement servant de preuve’.
dolor, error, ardor etc. sont masculins en es- ARGUMENTO, voir argüir.
pagnol. ÁRIDO(A) (‘aride’), emprunté au latin aridus,
Dérivés : ENARBOLAR ‘arborer’. dérivé du verbe arere ‘brûler’, ‘dessécher’.
ARBUSTO (‘arbuste’), du latin arbustum ‘bos- ARISTOCRACIA (‘aristocratie’), est emprunté au
quet’ et ‘arbre’ dérivé de l’adjectif arbustus grec aristokratia ‘gouvernement des meil-
‘de l’arbre’. leurs’, formé de aristos ‘le meilleur’ et de kra-
ARCA (‘coffre’), du latin arca ‘coffre, armoire’, tia qui vient de kratos ‘force’.
‘cercueil’, ‘cellule’, ‘citerne’. ARITMÉTICA (‘arithmétique’), du latin arithme-
ARCADA, voir arco. tica emprunté à l’adjectif grec arithmetikê
ARCAÍSMO (‘archaïsme’), est emprunté directe- (teknê étant sous-entendu) = ‘la technique des
ment au grec arkhaismos dérivé de arkhaios nombres’ (arithmos ‘nombre’).
‘ancien’ (arkhos ‘qui marche le premier’, ARMA (‘arme’), est emprunté au latin arma
‘chef’). pluriel neutre devenu ensuite féminin singulier
ARCANO(S) (‘arcane, secret, mystère’, ‘cou- en bas latin. Arma désignait d’abord ce qui
lisses’), emprunté au latin arcanum ‘mystère’, garnit ou prolonge le bras dans la lutte. C’est
de l’adjectif arcanus ‘secret, caché’, dérivé de la raison pour laquelle on pense généralement
arca ‘coffre’. que arma est issu de armus ‘haut du bras,
ARCÉN (‘accotement, bas-côté’), du latin vul- épaule’.
gaire arger (latin classique agger) ‘chaussée, Dérivés : ALARMA ‘alarme’, vient de l’appel
terrasse, remblai, digue’. au combat (‘crier à l’arme’ ; ¡ al arma !). AR-
ARCILLA (‘argile’), du latin argilla ‘argile, terre MARIO ‘armoire’, du latin armarium ‘lieu où
de potier’. l’on rangeait les armes’, ‘dépôt, arsenal’ puis
ARCO (‘arc’), du latin arcus. Ce mot désignait par extension de sens ‘placard’, ‘meuble de
une arme (l’arc) puis les objets ayant la forme rangement’. ARMISTICIO, emprunt au latin
d’un arc tendu : arche d’un pont, voûte etc. médiéval armistitium, formé de arma et d’un
(usage métaphorique). élément (stitium) issu de statum / statio (fran-
Dérivés : ARCADA ‘arcade, arche’ et, au plu- çais station) du verbe stare ‘être debout’, ‘de-
riel, ‘nausées, vomissements’ car celui qui meurer immobile, s’arrêter’ d’où ‘arrêt des
vomit est semblable, lorsqu’il se courbe, à une armes’. DESARMAR ‘désarmer’. DESARME ‘dé-
arche. sarmement’. INERME ‘désarmé’, du latin iner-
ARCHIVO (‘archives’), emprunté au bas latin mis ‘sans armes’ et ‘inoffensif, sans défense’,
archivum, lui-même emprunté au grec arkheia formé avec in (privatif) et arma.
(neutre pluriel) ‘lieu où l’on conserve les do- ARMARIO, voir arma.
cuments officiels’. Le neutre singulier ARMISTICIO, voir arma.
arkheion signifiait ‘résidence des hauts magis- ARMONÍA (‘harmonie’), emprunté par
trats de la cité’, dérivé du grec arkhê ‘autori- l’intermédiaire du latin harmonia au grec
té’. harmonia ‘cheville, joint (en maçonnerie)’
ARDER (‘brûler’), du latin ardere de même sens, d’où l’idée d’assemblage bien réalisé et, dans
dérivé comme aridus de arere ‘brûler’, ‘des- le domaine musical, ‘accord des sons’.
sécher’. Vieux français ardoir et ardre. ARNÉS (‘harnais’), emprunté à l’ancien français
ARDUO(A) (‘ardu, e’), est emprunté au latin harneis ou herneis. Harnais est emprunté au
arduus ‘élevé’, ‘en pente raide, escarpé’ donc scandinave hernest ‘provisions pour l’armée’.
‘difficile’.

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ARO (‘cercle, cerceau, anneau, boucle’), est ARRIBA (‘en haut’), dérivé de l’ancienne forme
d’origine très incertaine. Peut-être du latin ar- riba ‘rive’, issue du latin ripa ‘bord d’une ri-
vum ‘champ’ → ‘enclos, enceinte, arène’ (ce vière, rive’. Composé de ad ‘vers’ et de riba :
qui entoure, image du cercle) → ‘anneau’. ‘aller vers la rive (‘ar-rive-r’) → ‘monter sur
AROMA (‘arôme’), emprunté au latin aroma qui la rive’ d’où le sens de ‘en haut’, ‘dessus’,
est un hellénisme. Le terme grec arôma dési- ‘au-dessus’.
gnait une plante aromatique ou des épices. ARRIBAR, voir ribera.
ARQUEOLOGÍA (‘archéologie’), emprunté au ARRIESGAR, voir riesgo.
grec arkhaiologia, formé de arkaio- ‘ancien’ ARROBAR, voir robar.
et de logia ‘théorie’ = ‘théorie, discours sur le ARROBO, voir robar.
passé’. ARRODILLAR, voir rodilla à l’article rueda.
ARQUITECTO (‘architecte’), emprunté au latin ARROGANCIA, voir rogar.
architectus lui-même issu du grec arkhitektôn, ARROJAR (‘lancer, jeter’), issu du latin populaire
composé de arki (idée de commencer, d’être le *rotulare lui-même dérivé de rotare ‘rouler’
premier, de prendre l’initiative) et de tektôn (français rotation) → *ar-rotulare (‘faire rou-
‘charpentier’, ‘charpentier de marine’ : ler’ puis ‘lancer’) > arrojar.
l’architecte est celui qui conçoit le premier un ARROLLAR, voir rueda.
édifice. ARROYO (‘ruisseau’), mot d’origine préromane
ARRABAL (‘faubourg’), de l’arabe al rabad de formé d’après le substantif féminin arrugia
même sens. ‘galerie d’une mine d’or’ puis ‘galerie où cir-
ARRAIGAR, voir raíz. cule de l’eau’ et enfin ‘ruisseau’.
ARRANCAR (‘arracher’, ‘mettre en marche, ARROZ (‘riz’), de l’arabe al ruzz de même sens
démarrer’), est d’origine non établie. Peut-être sans doute d’origine persane. En français, le
dérivé du catalan ancien renc (issu lui-même mot riz est un emprunt à l’italien riso (latin
du germanique hring) ‘rangée, file de soldats’ orizum).
→ *esrancar → arrancar. On serait passé du ARRUGA (‘ride’), du latin ruga ‘ride’, ‘rugosité,
sens de ‘rompre les rangs’ à celui de ‘séparer’ aspérité’.
et d’ « arracher ». Dérivés : RUGOSO ‘rugueux’, du latin rugosus
Dérivés : ARRANQUE ‘démarrage’, ‘élan’, ‘ac- ‘ridé’ (en parlant de la peau), ‘plissé’, ‘râ-
cès’ (déverbal de arrancar). peux’, dérivé de ruga.
ARRANQUE, voir arrancar. ARRUINAR, voir ruina.
ARRASAR, voir raer. ARRULLAR (‘roucouler’, ‘bercer en chantant’),
ARRASTRAR, voir rastro. mot de formation onomatopéique : chant du
ARREBATAR, voir rebato. pigeon et berceuse (‘ro-ro’).
ARREBATO, voir rebato. ARTE (‘art’), du latin ars, artis ‘talent, savoir-
ARRECIAR, voir recio. faire, habileté’, ‘métier’, ‘théorie’, ‘connais-
ARRECIFE (‘récif’), emprunté à l’arabe al rasif sances techniques’.
‘chaussée, digue’, tiré du verbe rasafa ‘paver’. Dérivés : INERTE ‘inerte’, du latin iners, iner-
Le français récif est emprunté à l’espagnol. tis ‘inhabile à, sans capacité’ d’où ‘sans éner-
ARREGLAR, voir regla. gie, inactif’, ‘improductif’, formé avec in (pri-
ARREGLO, voir regla. vatif) et ars, artis.
ARREMANGARSE, voir manga. ARTEFACTO (‘machine, engin’, ‘engin explo-
ARREMETER, voir meter. sif’), du latin arte factus ‘fait avec art’.
ARREMOLINARSE, voir moler. L’anglais possède aussi le mot artefact.
ARRENDAR, voir rendir. ARTERIA (‘artère’), du latin arteria issu du grec
ARREPENTIRSE (‘se repentir’), d’abord attesté artêria ‘artère’ et ‘trachée’ (trakheia artêria
sous la forme repentirse. Issu du latin médié- ‘artère rugueuse’).
val repoenitere, composé de re- (préfixe à va- ARTESANO (‘artisan’), emprunté à l’italien
leur intensive) et de poenitere, altération du artigiano ‘celui qui exerce un métier’.
latin classique paenitere ‘être mécontent de ARTÍCULO (‘article, denrée’ ; ‘article’ [en
soi’ d’après poena ‘peine’. grammaire] ; ‘article’ [écrit]), emprunté au la-
ARRESTAR, voir restar. tin articulus (diminutif de artus, artum) : ‘arti-
ARRESTO, voir restar. culation, jointure des os’, ‘noeud des arbres’,

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‘orteil’ ; ‘moment précis du temps’ ; ‘article’ ASAR (‘rôtir’), du latin assare ‘faire rôtir’, dérivé
(en grammaire ; grec arthron) ; ‘membre de de assus, a, um ‘rôti, grillé’ et ‘sec’ dans le
phrase’, ‘division du discours’. A partir de sens de ‘tel quel, dans son état naturel’.
l’acception ‘membre de phrase’, ‘division du Dérivés : ASADO ‘rôti’, littéralement ‘produit
discours’ on est passé à celle de ‘division d’un de la cuisson’, est le participe passé devenu
texte juridique’ (article premier du Code Pé- substantif de asar.
nal) puis ‘division d’un compte’ (au sens ASCENDER(SE) (‘monter, atteindre, s’élever’),
commercial) puis les divers éléments de ce du latin ascendere ‘monter, faire monter’,
compte c’est-à-dire ‘liste de produits, d’objets composé de ad ‘vers’ et de scandere ‘gravir’.
vendus en public’ (article de première néces- Dérivés : ASCENSIÓN ‘ascension’. ASCENSO
sité). ‘avancement’ (ascenso por escalafón ‘avan-
Dérivés : ARTICULAR ‘articuler’. DESARTICU- cement à l’ancienneté’). ASCENSOR ‘ascen-
LACIÓN ‘démantèlement’ (desarticulación de seur’.
un grupo terrorista ‘démantèlement d’un ASCENSIÓN, voir ascender.
groupe terroriste’). DESARTICULAR ‘désarticu- ASCENSO, voir ascender.
ler’ et ‘démanteler’. ASCENSOR, voir ascender.
ARTILLERÍA (‘artillerie’), emprunté au français ASCO (‘dégoût’), est d’origine incertaine. Latin
artillerie, dérivé de l’ancien verbe artillier classique odi ‘haïr’ → latin vulgaire *osicare
‘équiper d’engins’, altération de atilier ‘parer, → *osgar ( ?) → usgo (déverbal ; forme an-
arranger’ issu du latin vulgaire *apticulare dé- cienne attestée) → asco d’après asqueroso
rivé de aptare ‘équiper, adapter’. ‘écœurant’ (voir ce mot).
ARTISTA (‘artiste’), emprunté soit au latin mé- ASCUA (‘braise, charbon ardent’) est d’origine
diéval artista ‘maître ès arts’ puis ‘lettré’, soit inconnue.
à l’italien artista. ASEAR (‘laver, nettoyer’, ‘parer, arranger avec
ARZOBISPO, voir obispo. soin’) est sans doute issu d’une forme de latin
AS (‘as’ [cartes] et ‘as’ [personne douée]), du populaire *assedeare ‘mettre les choses à leur
latin as, assis ‘unité’ pour la monnaie, les place’, dérivée de sedes ‘siège, place’, ‘habita-
poids et mesures. L’as romain était l’unité tion, domicile’.
monétaire de base. Le mot as apparaît en es- Dérivés : ASEO ‘toilette’, ‘hygiène’, ‘propreté’.
pagnol au XIIIe siècle pour désigner la face ASEDIO (‘siège, harcèlement’), est probablement
d’un dé marquée d’un seul point (idée d’unité emprunté à l’italien assedio ‘siège’ / assediare
en latin). Au XVIe, ce mot s’applique aux ‘assiéger’, formes dérivées du bas latin asse-
cartes où il désigne dans chaque couleur la dium de même sens. Pour exprimer la notion
carte marquée d’un seul point. Le sens de de siège militaire, le latin classique disposait
‘champion’ (un as del volante) dérive de de obsidere ‘mettre le siège devant, assiéger’
l’argot des sports, celui des courses de che- dérivé de sedere ‘être assis, seoir’.
vaux en particulier, où as désignait le cavalier ASEGURAR, voir seguro.
du peloton de tête (le premier ; aujourd’hui le ASENTAR, voir sentar.
cheval portant le n°1). Pendant la guerre de ASENTIR, voir sentir.
14-18, as désignait aussi un aviateur ou un ASEO, voir asear.
soldat de valeur. En français, l’expression être ASEQUIBLE, voir seguir.
plein aux as fait référence à la valeur supé- ASERRAR, voir sierra.
rieure de l’as par rapport aux autres cartes ASESINAR, voir asesino.
(carte majeure = pouvoir, argent). ASESINO (‘assassin’), est emprunté semble-t-il à
ASADO, voir asar. l’arabe hassasin ‘fumeurs de haschisch’. Ce
ASALARIAR, voir sal. nom désignait les membres d’une secte ou
ASALTAR, voir saltar. d’un ordre religieux syrien (ordre musulman
ASALTO, voir saltar. des Ismaéliens) qui, selon la légende véhiculée
ASAMBLEA (‘assemblée’), emprunté au français par les adversaires sunnites de cette secte,
assemblée, participe passé substantivé du étaient capables de tuer sous l’emprise de la
verbe assembler, issu du latin vulgaire assimu- drogue. Cette explication ne fait pas
lare formé avec ad ‘vers’ et simul ‘ensemble’. l’unanimité chez les Orientalistes en particu-
lier.

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ASESOR (‘conseiller’), emprunté au bas latin Dérivés : ASOMO ‘apparence’, ‘ombre’, ‘in-
assessor ‘celui qui aide, qui conseille’ dérivé dice’, ‘soupçon’ (sin el menor asomo de du-
de assidere (ou adsedere) ‘être assis auprès de da ‘sans l’ombre d’un doute’).
qqn’ (pour le conseiller). ASOMBRAR, voir sombra.
Dérivés : ASESORAR ‘conseiller’. ASOMO, voir asomar(se).
ASEVERAR, voir severo. ASPECTO (‘aspect’), emprunté au latin aspectus
ASFIXIA (‘asphyxie’), emprunt très tardif ‘regard’, ‘action de regarder’, dérivé de aspi-
(XVIIIe siècle) au grec médical asphuxia, cere ‘apercevoir’.
composé de a (privatif) et de sphuxis ‘batte- ÁSPERO (‘âpre’), du latin asper, asperum ‘rocail-
ment du pouls’. On est passé du sens d’ « arrêt leux’ → ‘qui cause une sensation rude au tou-
du cœur » à celui d’ « étouffement ». cher, au goût’ → ‘rude, pénible’.
ASÍ, du latin sic (‘ainsi, de cette manière, comme Dérivés : EXASPERAR ‘exaspérer’.
cela’) > sí en espagnol ancien (Sí fago ‘je fais ASPIRAR (‘aspirer’), emprunté au latin aspirare
ainsi’) puis así (ad + sic) par analogie avec ‘souffler en direction de’ (ad + spirare ‘respi-
d’autres adverbes ou locutions adverbiales rer’).
comptant un a- initial : apenas, afuera, a me- ASPIRINA (‘aspirine’), emprunté à l’allemand
nudo, a veces , asaz (ad + satis, ‘assez’ en Aspirin. Composé de a- (privatif) et du latin
vieil espagnol), aun (latin adhuc ‘jusqu’ici’), savant spiraea ‘plante spirée’ qui contient
abés (ad + vix ‘à peine’, vx), aprés (‘près de’, l’acide acétylsalicylique. Cette substance sera
vx). Voir sí ‘oui’. ensuite obtenue par synthèse sans l’aide de la
ASIDUO (‘assidu’), emprunté au latin assiduus plante d’où le préfixe privatif a-.
‘continu, assidu’, issu du verbe assedere (ad ASQUEROSO (‘écoeurant, repoussant’), du latin
sidere), formé de ad ‘vers’ et de sedere ‘être vulgaire *escharosus ‘plein de croûtes’, dérivé
assis’ → ‘être assis auprès de’. D’où le sens de eschara ‘croûte’ (du grec eskhara ‘foyer,
‘qui se tient souvent auprès de qqn’ et enfin braise’ et ‘croûte sur une brûlure’ ; français
‘qui est régulièrement présent dans un lieu’. escarre).
ASIENTO, voir sentar. ASTA, voir subastar.
ASIGNAR, voir seña. ASTILLA (‘fragment de bois, écharde’), du latin
ASIGNATURA, voir seña. astella, diminutif de astula / assula ‘éclat,
ASILO (‘asile’), emprunté au latin asylum lui- écharde’.
même issu du grec asulon ‘lieu sacré’ dérivé ASTILLERO (‘chantier naval’), dérivé de astilla
de asulos ‘qu’on ne peut saisir’. Formé avec a (ancien français astelle ou attelle ‘petit mor-
(privatif) et sula ‘butin’. ceau de bois’ → atelier). Astillero et atelier
ASIMILAR, voir semejar. signifiaient donc primitivement ‘tas de bois’
ASIR (‘saisir’), verbe dérivé du substantif asa puis ‘lieu où l’on travaille le bois’ (atelier de
(‘anse’, latin ansa) : ‘prendre par l’anse’ puis, menuiserie, tonnellerie) et ‘chantiers navals’
par extension de sens, ‘saisir’. pour l’espagnol.
Dérivés : DESASIR ‘lâcher’. ASTRAL, voir astro.
ASISTIR, voir existir. ASTRO (‘astre’), emprunté au latin astrum, lui-
ASNO (‘âne’), du latin asinus de même sens. même issu du grec astron ‘astre’.
Dérivés : DESASNAR ‘déniaiser’, ‘dégourdir’. Dérivés : ASTRAL ‘astral’ (carta astral ou te-
ASOCIAR, voir socio. ma celeste ‘thème astral’). DESASTRADO ‘dé-
ASOLAR, voir suelo. guenillé’, ‘malheureux’, ‘déréglé’. DESASTRE
ASOMAR(SE) (‘apparaître’, ‘se montrer’, ‘laisser ‘désastre’, est emprunté à l’occitan ancien de-
voir’), est dérivé de l’ancienne forme somo (en sastre ‘mauvaise étoile’, ‘malheur’ (préfixe
somo ‘au-dessus de’) issue du latin summus ‘le privatif des-), dérivé de astre ‘étoile’. DESAS-
plus haut, le plus élevé’ employé comme su- TROSO ‘désastreux’.
perlatif de super ‘sur, au-dessus’. Asomar si- ASTUTO(A) (‘astucieux, rusé’), emprunté au latin
gnifie donc à l’origine ‘apparaître au sommet astutus, dérivé de astus ‘ruse’.
de qqch’, ‘apparaître au loin’ puis ‘commen- Dérivés : ASTUCIA ‘ruse’ (latin astutia).
cer à se montrer’, ‘laisser dépasser la tête’. ASUMIR, voir sumir.
ASUNTO, voir sumir.
ASUSTAR, voir susto.

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ATACAR (‘attaquer’). L’espagnol et le français verbe tender (moderne tendido), analogique


ont emprunté ce mot à l’italien attacare de la série visto (ver), quisto (querer), pues-
d’origine obscure, peut-être issu de staccare to (poner). Tiesto, devenu tieso en espagnol
‘détacher’, du gotique stakka ‘pieu’ ( ?). En moderne, signifie ‘dur’, ‘raide’ d’où le verbe
français attaquer et attacher sont vraisembla- atestar ‘bourrer, remplir’ car la surface des
blement apparentés (les deux verbes sont choses que l’on a empilées et comprimées est
d’ailleurs confondus au XVIe siècle). P. Gui- dure.
raud pense que l’italien attacare ‘assaillir, at- ATESTIGUAR, voir testigo.
taquer’ et le français attacher viennent d’une ATINAR, voir tino.
même forme de latin vulgaire *attacticare ATISBAR (‘guetter, observer’) est d’origine
‘mettre la main sur’, dérivée de attingere ‘at- obscure.
teindre’. Dérivés : ATISBO ‘indice, soupçon’, ‘lueur’.
Dérivés : ATAQUE ‘attaque’. DESTACAR ‘déta- ATIZAR, voir tizón.
cher’ au sens pictural de ‘faire ressortir’, ATLETA (‘athlète’), est emprunté au latin athleta
‘mettre en relief’, ‘souligner’ est, d’après Co- issu lui-même du grec athlêtês ‘celui qui
rominas, un emprunt à l’italien staccare ‘déta- s’exerce à la lutte’ (athlos ‘lutte, combat’).
cher’. Destacar au sens militaire de ‘détacher ATMÓSFERA (‘atmosphère’), est un composé
(des soldats, une troupe)’ serait un emprunt au savant formé avec le grec atmos ‘vapeur’ et
français détacher. Le Diccionario de Autori- sphaira ‘sphère céleste’ → ‘enveloppe ga-
dades l’explique ainsi : il y a une corrélation zeuse entourant la terre’.
entre attacher / attaquer / atacar, la même ATOLONDRADO, voir atolondrar.
corrélation réapparaît donc avec détacher et ATOLONDRAR(SE) (‘étourdir’, ‘perdre la tête’),
destacar. est d’origine incertaine. Peut-être dérivé d’une
ATADURA, voir atar. forme ancienne *atonodrar ‘assourdir (par le
ATAJAR, voir tajar. tonnerre)’, ‘étourdir’, ‘assommer’ formée sur
ATAÑER, voir tañer. tonidro (‘tonnerre’ en vieil espagnol ; mo-
ATAQUE, voir atacar. derne trueno), du latin tonitrus ‘tonnerre’. Il
ATAR (‘attacher’), du latin aptare ‘adapter, atta- est possible que le mot tolondrón ‘bosse’ ait
cher’ dérivé de aptus ‘bien attaché, joint, lié exercé une influence sur l’évolution de
en ses parties formant un tout’. *atonodrar. A moins que atolondrar ne dé-
Dérivés : ATADURA ‘attache, lien’. DESATAR rive directement de tolondrón : Atolondrar =
‘détacher’. ‘donner des bosses’ → ‘frapper’ → ‘étourdir’.
ATARDECER, voir tardar. Dérivés : ATOLONDRADO ‘écervelé, étourdi’.
ATAREARSE, voir tarea. ATOLLADERO, voir tollo (2).
ATASCAR, voir tascar. ÁTOMO (‘atome’), du latin athomus emprunté au
ATASCO, voir tascar. grec atomos ‘qu’on ne peut diviser, couper’,
ATAÚD (‘cercueil’), de l’arabe al tabut ‘caisse’, formé de a (privatif) et de tomos (du verbe
‘cercueil’. temnein ‘couper’).
ATEMORIZAR, voir temer. ATÓNITO (‘abasourdi, stupéfait’), est emprunté
ATENCIÓN, voir tender. au latin adtonitus ‘frappé de la foudre’, ‘frap-
ATENDER, voir tender. pé de stupeur’, participe adjectif de adtonare
ATENER(SE), voir tener. ‘frapper’ (en parlant de la foudre) dérivé de
ATENTADO, voir tentar. tonare ‘tonner’.
ATENTO, voir tender. ÁTONO, voir tono.
ATENUANTE, voir tenue. ATONTAR, voir tonto.
ATENUAR, voir tenue. ATORMENTAR, voir torcer.
ATEO, voir teo-. ATRACAR (‘amarrer’ ; ‘attaquer, dévaliser’), est
ATERRAR, voir tierra. d’origine incertaine. Peut-être d’une forme
ATERRIZAJE, voir tierra. d’arabe vulgaire *atráqqa ‘qui s’approche de
ATERRIZAR, voir tierra. la côte’. Le sens d’ « attaquer » dérive du
ATERRORIZAR, voir terror. premier : s’approcher de la côte pour y débar-
ATESTAR (‘bourrer, remplir’, ‘encombrer’), quer et se livrer au pillage (atraco ‘attaque
dérivé de tiesto, ancien participe passé du d’une banque’).

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ATRACCIÓN, voir traer. AUDITORIO, voir oír.


ATRACTIVO, voir traer. AUGE (‘apogée’ [en astronomie] et ‘essor, ex-
ATRAER, voir traer. pansion’ [en économie]), de l’arabe al áuy
ATRAGANTAR, voir tragar. ‘apogée d’un astre’.
ATRÁS, voir tras. AULA (‘salle, amphithéâtre’), du latin aula ‘cour
ATRASAR, voir tras. d’une maison’, ‘atrium’, ‘cour, palais’, lui-
ATRASO, voir tras. même issu du grec aulê de même sens.
ATRAVESAR, voir verter. AULLAR (‘hurler’), du latin ululare ‘hurler en
ATREVERSE (‘oser’), est un dérivé de l’ancien parlant des chiens et des loups’, prononcé ul-
verbe treverse ‘avoir confiance en qqch’ et lare en latin vulgaire. Mot d’origine onomato-
‘oser’, dérivé du latin tribuere sibi ‘s’attribuer péique. Le français possède le verbe hululer
à soi-même la capacité de faire qqch’ d’où qui s’emploie pour les oiseaux de nuit. En es-
‘s’enhardir, oser’. pagnol, ulular ‘hululer’ est le traitement sa-
ATRIBUIR (‘attribuer’), est emprunté au latin vant du latin ululare.
attribuere formé de ad ‘vers’ et de tribuere AUMENTAR, voir aumento.
‘répartir entre les tribus’ puis, par extension et AUMENTO (‘augmentation’, ‘grossissement,
généralisation, ‘donner, répartir, attribuer’. majoration’), du latin augmentum dérivé du
Dérivés : DISTRIBUCIÓN ‘distribution’. DIS- verbe augere ‘faire croître’, ‘s’accroître’. Voir
TRIBUIR ‘distribuer’, du latin distribuere, for- agüero.
mé avec dis- (idée de séparation, de réparti- Dérivés : AUMENTAR ‘augmenter’.
tion) et tribuere : littéralement ‘donner qqch à AÚN / AUN (‘encore, toujours’ et ‘même’), est
plusieurs personnes prises séparément’. anciennement attesté sous les formes adú et
ATROCIDAD, voir atroz. ahú. Du latin adhuc ‘jusqu’ici’. Le -n de aun
ATRONAR, voir tronar. est analogique de la série non (vx), nin (vx),
ATROPELLAR, voir tropa. sin, bien, según. L’adverbe así (ad sic) avait
ATROZ (‘atroce’), est emprunté au latin atrox, lui aussi subi la même influence analogique :
atrocis ‘à l’aspect noir’, ‘affreux’, dérivé de asín (vx).
ater ‘noir’. Dérivés : AUNQUE ‘bien que’. Sur les valeurs
Dérivés : ATROCIDAD ‘atrocité’. de aun ‘encore’ / ‘même’ et de aunque, on
ATUENDO (‘tenue, mise’ ; ‘apparat, ostenta- peut consulter l’article de J.C.Chevalier,
tion’), du latin adtonitus ‘frappé de la foudre’, M.Launay et M.Molho : ‘De la concession en
‘frappé de stupeur’, participe adjectif de adto- espagnol (le signifiant aun/aunque)’,
nare ‘frapper’ (en parlant de la foudre) dérivé L’information grammaticale, N°18, 1983, pp.
de tonare ‘tonner’. Ce mot a d’abord été ap- 3-8.
pliqué aux souverains (caractère pompeux des AUREOLA, voir oro.
cérémonies qui ‘frappent de stupeur celui qui AURICULAR, voir oreja.
les regarde’ = ‘apparat, ostentation’). Par gé- AURÍFERO, voir oro.
néralisation et affaiblissement ce mot a dési- AURORA (‘aurore’), est emprunté au latin auro-
gné ensuite toute tenue. ra. Les Latins faisaient venir ce mot de ab au-
ATÚN (‘thon’), emprunté à l’arabe al tûn, lui- ro ‘de l’or’ à cause de la teinte dorée du soleil
même emprunté au latin thunnus de même levant. En réalité le latin aurora est dérivé
sens. d’une racine indoeuropéenne *es- ou au- de
ATURDIR (‘étourdir’, ‘stupéfier’), verbe formé genre animé et à valeur religieuse. On retrouve
d’après tordo ‘grive’. En français étourdir est cette racine dans este ‘est’ (anglais east) et
forgé de la même façon : latin populaire dans des mots germaniques formés sur *austo-
*exturdire ‘agir follement’, par allusion à la ou *austro- signifiant ‘orient’ : Österreich
grive (latin turdus) lorsqu’elle est ivre de rai- ‘Autriche’ c’est-à-dire ‘Royaume de l’Est’.
sin. AUSCULTAR, voir escuchar.
ATUSAR(SE), voir tundir. AUSENTE (‘absent’), est emprunté au latin ab-
AUDAZ (‘audacieux’), du latin audax ‘audacieux, sens, participe présent du verbe abesse (ab +
effronté’, issu du verbe audere ‘désirer, vou- esse) ‘être éloigné de’ → ‘être absent’.
loir, oser’. Dérivés : AUSENCIA ‘absence’ (latin absentia).
AUDIENCIA, voir oír. AUSENTARSE ‘s’absenter’. ABSENTISMO ‘ab-

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sentéisme’ (XIXe siècle, sous l’influence de AUXILIO (‘secours, aide, assistance’), est em-
l’anglais absenteism). ABSENTISTA ‘absen- prunté au latin auxilium de même sens, issu du
téiste’. verbe augere ‘augmenter’ d’où le sens ‘ac-
AUSTERO (‘austère’), emprunté au latin austerus croissement de forces, renfort, aide’.
‘âpre’ et ‘sévère’, lui-même emprunté au grec AVALANCHA (‘avalanche’), est emprunté au
austêros ‘sec’, ‘âpre, amer’. français avalanche. Formé par croisement de
AUTARQUÍA (‘autarcie’), emprunté au grec avaler ‘descendre, dégringoler’ et du terme
autarkeia, composé de autos ‘soi-même’ et de d’origine alpine lavanche (ancien provençal
arkeia, du verbe arkein ‘protéger, secourir’, lavanca, du latin labina ‘éboulement’).
‘suffire’ d’où l’idée d’auto-suffisance (‘vivre AVANZAR (‘avancer’), du latin vulgaire
en autarcie’). *abanticare dérivé de abante ‘avant’, formé
AUTÉNTICO (‘authentique’), est emprunté au avec les prépositions ab et ante.
latin authenticus mot à la fois adjectif (se di- AVARO (‘avare’), emprunté au latin avarus
sait d’un texte ‘original, authentique’) et subs- dérivé du verbe avere ‘désirer avidement’
tantif neutre (authenticum) ‘acte juridique qui (autre dérivé : avidus ‘avide’). Par spécialisa-
peut faire foi’. Issu du grec authentikos signi- tion, avarus a désigné celui qui est avide
fiant ‘dont le pouvoir est inattaquable’, dérivé d’argent.
de authentes ‘auteur responsable’. Dérivés : AVARIENTO ‘avare’.
AUTO-, préfixe issu de l’adjectif et pronom grec AVASALLAR, voir vasallo.
autos signifiant ‘le même, lui-même, de lui- AVE (‘oiseau’), du latin avis de même sens. En
même’ : la autoestima ‘l’estime de soi’. français, oiseau est issu de avicellus dérivé de
AUTÓCTONO (‘autochtone’), emprunté au fran- avis.
çais autochtone issu lui-même du grec autokh- AVECINARSE, voir vecino.
thôn, formé de autos ‘le même’ et de khthôn AVECINDARSE, voir vecino.
‘terre’ = ‘habitant du lieu même’. AVELLANA (‘noisette’), du latin avellana nux
AUTOESTIMA, voir auto- et estimar. ‘noix de la région d’Abella’ (en Campanie).
AUTÓMATA (‘automate’), est emprunté au grec Puis processus de substantivation de l’adjectif
automatos ‘qui se meut de lui-même’. après effacement du mot nux et métonymie (le
AUTOMÓVIL, voir mover. fruit est désigné par le lieu de production).
AUTÓNOMO (‘autonome’), emprunté au grec Voir en français prendre un cognac = un verre
autonomos ‘qui est régi par ses propres lois’, d’eau-de-vie produite dans la région de Co-
formé de autos ‘lui-même’ et de nomos ‘loi’. gnac, en Charentes.
AUTOPSIA (‘autopsie’), emprunté au grec autop- AVENENCIA, voir venir.
sia ‘action de voir par soi-même’, composé de AVENIDA, voir venir.
autos ‘lui-même’ et de -opsia dérivé de opsis AVENIRSE, voir venir.
‘vue’ (optique/óptica). Le mot s’est ensuite AVENTAJAR (‘dépasser, surpasser, l’emporter
spécialisé en médecine pour désigner sur’), verbe dérivé des anciennes formes aven-
l’examen d’un cadavre. taje / avantaja (moderne ventaja) issues du
AUTOR (‘auteur’), emprunté au latin auctor français avantage lui-même dérivé avec le suf-
‘instigateur’, ‘conseiller’, dérivé du verbe au- fixe -age de avant (du latin impérial abante
gere ‘augmenter, faire croître’. Le sens primi- formé avec ab et ante ‘avant’ et ‘devant’).
tif est d’abord religieux : ‘celui qui fait croître’ Voir avanzar / avancer.
(comme augur ‘prêtre qui fournit des présages AVENTURA, voir venir.
favorables, propres à faciliter et à accroître les AVERGONZAR, voir vergüenza.
entreprises humaines’). AVERÍA (‘avarie, panne’), emprunté au génois
Dérivés : AUTORIDAD ‘autorité’, du latin auc- avaria, lui-même emprunté à l’arabe awa-
toritas qui désignait le fait d’être auctor c’est- riyya, dérivé de awar ‘défaut’.
à-dire ‘fondateur, instigateur, conseiller’ et AVERIGUAR, voir verdad.
‘auteur, responsable d’une oeuvre’. AUTORI- AVERSIÓN, voir verter.
ZAR ‘autoriser’, est emprunté au latin médié- AVEZAR (‘accoutumer, habituer à’), dérivé de
val auctorizare ‘confirmer’ dérivé de auctor l’ancienne forme bezo ‘habitude, coutume’,
dans le sens de ‘garant’ (droit). elle-même issue du latin vitium ‘vice, défaut’.

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AVIACIÓN / AVIADOR (‘aviation’ / ‘aviateur’), AZAHAR, voir azar.


sont empruntés au français aviation / aviateur AZAR (‘hasard’), emprunté à l’arabe az-zahr ‘jeu
(1863) dérivés du latin avis ‘oiseau’. de dés’ et ‘coup défavorable au jeu de dés’. Le
ÁVIDO (‘avide’), du latin avidus, issu du verbe mot arabe vient de zahr ‘fleur’ (espagnol aza-
avere ‘désirer avec force’ (voir aussi audaz et har ‘fleur d’oranger’) car l’une des faces du
avaro). dé portait une fleur.
AVIÓN, est emprunté au français avion, terme AZIMUT, voir acimut.
créé par Clément Ader en 1875 et dérivé de AZOGUE (‘mercure, vif-argent’), de l’arabe al
avis ‘oiseau’. On a employé le mot aéroplane zauq de même sens.
jusqu’en 1920. AZOTAR, voir azote.
AVISAR (‘aviser, avertir’), est emprunté au fran- AZOTE (‘fouet, coup de fouet’ et ‘fléau’), de
çais aviser. Dérivé de avis qui provient de l’arabe al saut ‘fouet’.
l’ancienne locution ce m’est à vis issue de ce Dérivés : AZOTAR ‘fouetter’, ‘s’abattre sur’.
m’est vis ‘ce me semble’, calque syntaxique AZOTEA (‘terrasse’), de l’arabe al suteih, dimi-
du latin mihi est visum. La forme visum est le nutif de sath ‘plaine’, ‘plateau’ ; ‘terrasse’.
participe passé du verbe videre ‘voir’ au AZÚCAR (‘sucre’), de l’arabe al sukkar de même
neutre et signifie ‘ce qui semble bon, ce qui sens. L’arabe sukkar et le grec sakkharon
est vu comme bon’ → il m’est avis, à mon ‘sucre’ sont des emprunts au pali (langue de
avis (‘je pense que...’). l’Inde) sakhara (français / espagnol saccha-
AVISPA (‘guêpe’), du latin vespa > viespa > rose / sacarosa ‘sucre alimentaire’).
vispa. Le a est analogique de celui de abeja AZUFRE (‘soufre’), d’abord attesté sous la forme
(latin apicula ‘abeille’). sufre. Du latin sulfur de même sens. Le a est
AVITUALLAR, voir vitualla. peut-être dû à une mauvaise segmentation de
AVIVAR, voir vivo. l’expression piedr[a sufre] ‘pierre à soufre’.
AYER (‘hier’), du latin heri ‘hier’. Ancienne AZUL (‘bleu’), emprunté à l’arabe populaire
forme yer. Le a est analogique d’une série de lazurd (arabe classique lazuward) ‘lapis-
mots (adverbes ou locutions adverbiales) lazuli’ ou ‘lazurite’, pierre d’un bleu azur.
commençant par a- : apenas, afuera, asaz
(vx, ‘assez’), abés (vx ‘à peine’), a veces, a B
menudo.
Dérivés : ANTEAYER ‘avant-hier’. BABA (‘bave’), est emprunté au latin populaire
AYUDA, voir ayudar. baba, mot expressif de formation onomato-
AYUDAR (‘aider’), du latin adjutare, fréquentatif péique exprimant le langage des petits enfants
de adjuvare ‘aider, seconder’, dérivé de juvare (ba, ba), le babil accompagné de salive. Les
(de même sens). mots dont une syllabe est dupliquée reprodui-
Dérivés : AYUDA ‘aide’, déverbal de ayudar. sent le langage des enfants : papá, mamá,
AYUNAR, voir ayuno. chacha ‘bonne d’enfant’ ; en français tonton,
AYUNO (‘jeûne’), est issu de l’adjectif latin tata, tatie.
jejunus, a, um ‘qui est à jeun’, ‘maigre, sec’, Dérivés : BABADOR ou BABERO ‘bavoir’. BA-
‘pauvre’. BOSA ‘limace’. BABEAR ‘baver’.
Dérivés : AYUNAR ‘jeûner’. DESAYUNAR ‘dé- BABOR (‘bâbord’), est emprunté au français
jeuner’, littéralement ‘rompre le jeûne’, pré- bâbord qui l’a lui-même emprunté au néerlan-
fixe privatif des-. dais bakboard qui désignait le côté gauche
AYUNTAMIENTO, voir junto. d’un bateau lorsque l’on regarde vers l’avant.
AZAFATA (‘dame d’atour’ ; ‘hôtesse de l’air’) est Ce mot est composé de bak ‘dos’ et de board
dérivé du mot azafate ‘corbeille d’osier’ ‘bord’ : le pilote se tenait sur le côté droit du
(arabe al safat). La dame d’atour était ainsi bateau où était fixée la godille servant à ma-
nommée car elle portait le plateau ou la cor- nœuvrer et tournait donc le dos au côté gau-
beille contenant les parfums et autres acces- che.
soires dont se servait la reine pour se préparer. BABUCHA (‘babouche’), est emprunté au fran-
Espagnol moderne : azafata de protocolo ou çais babouche, lui-même emprunté au turc
azafata recepcionista ‘hôtesse d’accueil’ ; papus ‘chaussure’, composé de pa ‘pied’ et de
azafata de vuelo ‘hôtesse de l’air’. pus ‘couvrir’.

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BACALAO (‘morue’), provient vraisemblable- BAGAGE (‘bagage’ ; ‘matériel d’équipement


ment de l’ancien néerlandais bakeljauw qui a militaire’ ; ‘bagage intellectuel’), est emprunté
donné par métathèse en latin médiéval la au français bagage, dérivé de bagues, mot dé-
forme cabellauwus ‘cabillaud’ attestée dans signant les effets, les habits que l’on emporte
un document flamand du XIIe siècle. avec soi. L’origine de bagues est incertaine.
BACANAL (‘bacchanale’), est emprunté au latin Pendant longtemps, le mot bagages a désigné
bacchanalis ‘qui concerne Bacchus’, formé à en français l’équipement d’une armée, ce sens
partir de Baccha, ‘femme qui célèbre le culte est encore perceptible dans l’expression avec
de Bacchus’, dieu de la vigne et du vin. armes et bagages.
Dérivés : BACANTE ‘bacchante’, ‘prêtresse de BAGATELA (‘bagatelle’), est emprunté à l’italien
Bacchus’ est issu du participe présent bac- bagatella ‘chose de peu de valeur’, ‘chose fri-
chans, bacchantis du verbe bacchari ‘avoir le vole de peu d’importance’. Bagatella est sans
délire inspiré par Bacchus’. En français le mot doute un diminutif du latin baca ‘baie’ (le
bacchantes ou bacantes désigne des mous- fruit). D’ailleurs pour dire qu’on accorde peu
taches sans doute par allusion à la longue che- d’importance à une chose, il est courant de la
velure des prêtresses de Bacchus. comparer à des aliments (fruits etc.) de peu de
BACILO (‘bacille’), est emprunté au latin bacillus valeur : s’en soucier comme d’une guigne
‘baguette’, diminutif de baculus ‘bâton’. En (‘cerise’) ; importarle a uno un pepino / un
latin scientifique, le mot bacillus désignait en bledo (‘concombre’ et ‘blette’).
botanique une variété de lichen de forme al- BAHÍA (‘baie’, ‘golfe’), est emprunté vraisem-
longée. C’est en 1872 que l’Allemand Cohn blablement au français baie d’origine incer-
l’a utilisé dans ses études de parasitologie (or- taine. On pense, parmi bien d’autres hypo-
ganismes, bactéries en forme de bâton). thèses, que ce mot serait un déverbal de
BACTERIA (‘bactérie’), est issu du grec bakteria l’ancien français baier (‘bayer’, ‘ouvrir la
‘bâton’. bouche’). Une baie forme en effet comme une
BÁCULO (‘bâton’), est emprunté au latin baculus sorte de bouche de la côte ouverte sur la mer
de même sens. (voir l’expression bayer aux corneilles).
BACHE (‘trou’, ‘nid de poule’), est d’origine BAILAR (‘danser’), est emprunté à l’occitan
incertaine, peut-être apparentée au basque bo- ancien ballar que l’on retrouve en ancien et
cho ‘trou’. moyen français sous la forme baller (‘danser’,
BACHILLER (‘bachelier’), est emprunté au fran- ‘remuer’, ‘se balancer’), formes issues toutes
çais bachelier ‘jeune homme aspirant à deve- deux du bas latin ballare ‘danser’ apparenté
nir chevalier’. Issu du latin populaire baccala- par le sens au grec ballizein ‘se trémousser,
ris ou baccalarius peut-être d’origine celtique danser’.
(irlandais bachlach ‘serviteur’, ‘berger’, ‘indi- Dérivés : BAILE ‘danse’ (déverbal de bailar).
vidu grossier’). D’abord terme de féodalité BAILARÍN ‘danseur’.
(‘jeune homme aspirant à être chevalier’ puis BAJAR (‘descendre’, ‘baisser’), est issu du latin
‘jeune homme noble’), ce mot désigna ensuite vulgaire bassiare, dérivé de l’adjectif bassus
celui qui dans une faculté est promu au pre- ‘bas’. Ce verbe a été créé par opposition à al-
mier des grades universitaires. tiare ‘hausser’.
Dérivés : BACHILLERATO ‘baccalauréat est Dérivés : ABAJAR ‘descendre’. BAJA ‘baisse’.
emprunté au latin baccalaureatus ‘degré de BAJÓN ‘chute’ (des prix etc.). REBAJA ‘réduc-
bachelier donné dans les universités’. Il est tion, remise, ristourne, rabais’, formé avec re-
possible que ce mot provienne du croisement à valeur intensive.
entre bacchalariatus ‘grade inférieur chez les BAJO (‘bas’, ‘petit’, ‘humble’, ‘grossier’ ; [pré-
chanoines’ et baccalaureus, altération de bac- position] ‘sous’), est issu du bas latin bassus
calarius ‘bachelier’. Cette altération s’est pro- ‘petit et gros’. Ce mot est attesté comme nom
duite en milieu universitaire sous l’influence de personne (surnom) en latin classique : Bas-
de laureare ‘couronner de lauriers’ : les étu- sus ou Bassius, Bassa ou Bassia (comme Bru-
diants, les universitaires s’attribuaient ainsi le tus, Calvus, Africanus). La jota de bajo est
meilleur rôle face au clergé. due à l’influence du verbe bajar. L’usage de
BACHILLERATO, voir bachiller. bajo comme préposition (‘sous’) est très tardif
(XVIIIe siècle).

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Dérivés : ABAJO ‘dessous, en bas’. BAJEZA BALIZA (‘balise’), est emprunté au portugais
‘bassesse’. BAJURA dans pesca de bajura baliza ‘dispositif de signalisation’, dérivé mo-
‘pêche côtière’. zarabe du bas latin palitium, palitia (ancien
BALA (1) (‘balle, projectile’) est emprunté à français palisse), lui-même issu du latin palus
l’italien balla variante dialectale de palla ‘pe- ‘pieu’ (balise : pieu enfoncé dans le fond
lote pour le jeu de paume’ puis ‘projectile d’une rivière pour signaler un obstacle ou une
d’arme à feu’. direction).
Dérivés : BALÓN ‘ballon’, de l’italien pallone, Dérivés : BALIZAR ‘baliser’.
augmentatif de palla. BALNEARIO (‘station balnéaire’), est emprunté
BALA (2) (‘balle de marchandises’), est emprunté au latin balnearius (adjectif signifiant ‘du
au français balle dont l’étymologie est incer- bain, relatif au bain’), issu de balneum ‘bain’.
taine (emprunt au francique balla ‘pelote, ob- L’espagnol a substantivé l’adjectif latin.
jet sphérique’). BALÓN, voir bala.
BALADA (‘ballade’, [composition poétique]), est BALONCESTO / BALONMANO / BALONVO-
emprunté à l’ancien provençal ballada ‘petit LEA, sont des adaptations des termes anglais
poème chanté ou dansé’ dérivé de ballar ‘dan- baskett-ball, hand-ball et volley-ball.
ser’ (voir bailar). BÁLSAMO (‘baume’), est issu du latin balsamum
BALANZA (‘balance’), est emprunté avec altéra- qui désignait un arbrisseau odoriférant puis,
tion phonétique au latin vulgaire bilancia ‘ba- par métonymie, la substance résineuse sécré-
lance à deux plateaux’, dérivé de bilanx, for- tée par certaines plantes.
mé de bis ‘deux fois’ et de lanx ‘plateau’. La BALUARTE (‘bastion’, ‘rempart’, [au propre et
tradition étymologique française explique le a au figuré]), est emprunté vers 1460, à l’ancien
de balance par l’influence de l’ancienne forme français boloart, bolvert ou balouart (moderne
ballant, participe présent du verbe baller ‘dan- boulevard). Ce terme est issu du moyen néer-
ser’ car l’oscillation des deux plateaux de la landais bolwerc ‘ouvrage en planches’. Le mot
balance fait penser à un mouvement de danse. balouart désignait donc à l’origine un ouvrage
On pourrait raisonner de même pour de défense, un rempart fait de madriers (sens
l’espagnol : balanza / bailar. retenu par l’espagnol baluarte). Puis ce sens a
Dérivés : ABALANZARSE ‘se précipiter sur’ vieilli en français et l’on est passé au sens de
avec le préfixe privatif a- qui signifie littéra- promenade plantée d’arbres située autour
lement ‘enlever, rompre brutalement d’une ville sur l’emplacement d’anciens rem-
l’équilibre d’une balance’. BALANCE ‘bilan’ : parts. Enfin, le mot désigne aujourd’hui une
faire un bilan consiste en effet à mettre en ba- voie urbaine large, souvent plantée d’arbres
lance, à comparer. (disparition complète de la motivation
BALBUCIR (‘balbutier’), est emprunté au latin d’origine). L’espagnol a emprunté une pre-
balbutire ‘bégayer, parler de manière obs- mière fois, au XVe siècle, le terme français
cure’, dérivé de balbus ‘bègue’. Le français sous la forme baluarte avec son sens premier.
balbutier et l’espagnol balbucear (variante de Cinq siècles plus tard, il l’a réemprunté au
balbucir) remontent à la forme supposée français sous la forme bulevar avec le sens
*balbutiare. que nous lui connaissons actuellement.
BALCÓN (‘balcon’), est emprunté à l’italien BALLENA (‘baleine’ [l’animal] et ‘baleine’ [de
balcone ‘saillie sur la façade d’un bâtiment’ parapluie]), est emprunté au latin ballaena,
puis ‘balustrade de cette saillie’. ballena qui désignait un grand mammifère
BALDE (de balde, ‘gratuit’ ; en balde, ‘en vain’), marin. Par métonymie, le mot baleine a dési-
vient de l’arabe bâtil ‘vain, inutile’, participe gné aussi bien en français qu’en espagnol la
du verbe batal ‘être inutile’. tige flexible dont on se servait pour renforcer
Dérivés : BALDÍO ‘inculte, en friche’. un tissu et qui était fabriquée à partir des fa-
BALÍSTICA (‘balistique’), est emprunté au latin nons de la baleine. Par extension, le mot dé-
scientifique ballistica ‘calcul des trajectoires’, signe aujourd’hui une tige faite avec d’autres
lui-même issu de ballista qui désignait une matériaux (baleines de parapluie etc.).
machine de guerre (‘catapulte’ ou ‘baliste’) et BALLESTA (‘baliste’ et ‘arbalète’), est issu du
ses projectiles (voir ballesta ‘baliste’ et ‘arba- latin ballista ‘baliste, machine de guerre lan-
lète’). çant des projectiles’ et ‘trait lancé par la ba-
liste’. Voir balística.

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BALLET (‘ballet’), est emprunté au français la sellette’. Sellette est le diminutif de selle
ballet, lui-même issu de l’italien balleto ‘petit dans le sens ancien de ‘siège’.
bal’, ‘danse mimée’. Balleto est le diminutif BANDA (1) (‘bande’, ‘écharpe’), provient de
de ballo ‘bal’ issu de ballare ‘danser’ (ancien l’ancien français bende puis bande lui-même
français baller ; espagnol bailar). emprunté au germanique bindo ‘bande’, ‘ru-
BAMBOLEAR (‘osciller’, ‘ballotter’, ‘chance- ban’.
ler’), est un mot de formation expressive cen- BANDA (2) (‘bande’ [de gens, d’animaux]), est
sée reproduire un mouvement d’oscillation. probablement emprunté soit au gotique band-
BAMBOLLA (‘esbroufe, étalage’, ‘fanfaron- wo ‘signe’, attesté en latin médiéval par ban-
nade’). Ce mot signifiait autrefois ‘bulle’. Il a dum ‘étendard, bannière’, soit au germanique
été formé à partir de bul-bulla (‘bulle’), dupli- banda. L’évolution s’est faite par métonymie.
cation expressive de la première syllabe du On est passé du sens d’ « étendard » à ‘troupe
verbe latin bullire ‘bouillir’. Le passage du assemblée sous un même étendard’ puis à
sens de ‘bulle’ à celui d’ « esbroufe » ‘troupe’, ‘bande’.
s’explique car une bulle offre une belle appa- Dérivés : ABANDERADO ‘porte-drapeau’, ‘re-
rence mais elle est pleine de vide et elle présentant’. ABANDERAR ‘se faire le porte-
éclate... drapeau de’. BANDERA ‘drapeau’ conserve le
BAMBÚ (‘bambou’), est emprunté au portugais sens étymologique de ‘signe’, ‘étendard’.
bambu, lui-même emprunté au marathe et au BANDERILLA ‘banderille’, qui signifie littéra-
guzrati qui sont des langues de l’Inde. lement ‘petite bannière’, est le diminutif de
BANAL (‘banal’), est emprunté au français banal bandera. DESBANDADA ‘débandade’. DES-
d’abord terme de féodalité désignant une BANDARSE ‘s’enfuir en désordre’, ‘se disper-
chose appartenant à une circonscription féo- ser’.
dale, le ban. Après la disparition du régime BANDEJA (‘plateau’), est emprunté au portugais
féodal, le mot est devenu synonyme de ‘com- bandeja ‘van, plat pour vanner le blé’.
munal’, ‘commun à tous’. Par extension sé- BANDERA, voir banda (2).
mantique, banal a pris le sens actuel ‘qui est BANDERILLA, voir banda (2).
extrêmement commun, sans originalité’. BANDIDO (‘bandit’), est emprunté à l’italien
BANANA, voir plátano. bandito ‘banni, hors-la-loi’, participe passé
BANCA , voir banco. substantivé de bandire ‘proscrire’. Bandire est
BANCO (‘banc’ et ‘banque’), est apparu vers apparenté par le sens à ‘bannir, mettre au ban
1250 et provient du germanique bank ‘banc’. de la société’.
Ce mot a été introduit en espagnol et en fran- BANDO (1) (‘édit’, ‘arrêté’, ‘ban’), est emprunté
çais par l’intermédiaire du latin populaire ban- au français ban, lui-même issu du francique
cus ‘banc’. L’acception d’établissement ban- ban ‘loi dont la non-observance entraîne une
caire (début du XVIe siècle) provient de peine’. Voir abandonar.
l’italien banca désignant le banc, le comptoir BANDO (2) (‘faction, parti’), provient — comme
du changeur et, par extension, l’établissement banda (2) — du gotique bandwo ‘signe’.
bancaire lui-même (procédé métonymique : Bando a pris le sens particulier d’ « étendard
une partie — le banc — finit par désigner le distinctif d’un groupe » puis a désigné le
tout : l’établissement de crédit). Banco dé- groupe lui-même : ‘faction, parti’.
signe un établissement bancaire : el Banco BANQUETE (‘banquet’), est emprunté au français
Español de Crédito, el Banco de Bilbao y banquet, lui-même issu de l’italien banchetto
Vizcaya etc. ‘festin’, diminutif de banco ‘banc’.
Dérivés : BANCA (attesté au début du XIXe BANQUILLO, voir banco.
siècle) est un terme plus abstrait, plus général, BAÑAR, voir baño.
qui désigne le système bancaire (la banca es- BAÑO (‘bain’), est issu du latin vulgaire baneum,
pañola = el sistema bancario español). On altération du latin classique balneum ‘fait de
peut penser que l’espagnol l’a créé d’après le se baigner’ et ‘lieu dans lequel on se baigne’.
français banque ou l’italien banca. BANQUIL- Dérivés : BAÑAR(SE) ‘(se)baigner’.
LO signifie ‘petit banc’ et ‘banc des accusés’, BAR (1) (‘bar, café’), est l’abréviation de
‘sellette’. Sentar en el banquillo : ‘mettre sur l’anglais bar-room (littéralement ‘lieu où l’on
boit à la barre du comptoir’). L’anglais bar est

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un emprunt au français barre (‘barre de bois nous est venue la coutume de préparer les
ou de métal’). Bar a donc désigné la barre viandes de cette manière.
d’un comptoir puis le comptoir et enfin le lieu BÁRBARO (‘barbare’, ‘grossier’ et ‘formidable,
où l’on boit (voir barra). du tonnerre’), est emprunté au latin barbarus
BAR (2) (‘bar’, [unité de pression atmosphé- avec le sens d’ « étranger » et désignant tous
rique]), est un mot créé en 1906 par le physi- les peuples autres que les Grecs ou les Ro-
cien norvégien Bjer Knes d’après le grec ba- mains. Barbarus est calqué sur le grec barba-
rus ‘lourd’. ros (c’est-à-dire ‘les non-Grecs’). Le mot est
Dérivés : BARÓMETRO ‘baromètre’. d’origine onomatopéique, il évoque le bre-
BARAHÚNDA (‘tapage, vacarme’), est d’origine douillement (bar-bar), l’expression incompré-
obscure. hensible des peuples grossiers et incultes.
BARAJA, voir barajar. Dans la langue familière actuelle bárbaro est
BARAJAR (‘battre les cartes’), est d’origine utilisé avec une valeur intensive et positive :
inconnue. hacer un efecto bárbaro ‘faire un effet
Dérivés : BARAJA ‘jeu de cartes’. bœuf’. Cette utilisation est à rapprocher de
BARATIJA, voir barato. celle de pipa, fenómeno, horrores dans pa-
BARATO (‘bon marché’), est dérivé de l’ancien sarlo pipa, divertirse fenómeno ‘s’éclater’,
verbe baratar ‘faire du négoce’, ‘changer le sentirlo horrores (substantifs adverbialisés).
prix d’une marchandise afin de tirer un béné- BARBECHO (‘jachère’), est issu du latin vervac-
fice’ dont l’origine n’est pas établie. Peut-être tum de même sens.
apparenté à des mots d’origine celte tels que BARBIÁN (‘déluré, gaillard, qui n’a pas froid aux
l’irlandais brath ou brat ‘tromper sur la mar- yeux’), provient sans doute du gitan barban
chandise’. A l’origine, barato était un subs- ‘air’, ‘vent’.
tantif (‘somme d’argent’, ‘escompte’, BARBILLA, voir barba.
‘fraude’) devenu ensuite adverbe et adjectif. BARCA (‘barque’), est issu du bas latin barca
Dérivés : ABARATAR ‘baisser, diminuer’. BA- peut-être d’origine ibérique (basque ibi, ibai
RATIJA ‘babiole’. DESBARATAR ‘bouleverser’, ‘le fleuve’ : barca = ‘barque fluviale’).
‘défaire’, ‘gaspiller’. Dérivés : BARCO. Contrairement à ce que l’on
BARBA (‘menton’, ‘barbe’ ; ‘barbon, père trouve dans les oppositions huerto/huerta,
noble’), est emprunté au latin barba ‘poils du ratón/rata, río/ría, hoyo/hoya, cubo/cuba, le
menton et des joues de l’homme’ et ‘poils de féminin barca ne désigne pas un objet plus
la mâchoire d’un animal’. En espagnol, le mot grand. ‘Barco peut se référer à un gros bateau
désigne aussi le lieu où pousse la barbe, le alors que barca n’est qu’une barque. Il faut
menton, et un acteur qui joue le rôle de ‘père revenir à l’idée de base de la distinction géné-
noble’ ou ‘barbon’. Par métonymie, la barbe, rique en langue romane : l’opposition mascu-
symbole de l’âge adulte, en vient à désigner lin/féminin. Le féminin est le genre marqué.
l’acteur lui-même. Par ailleurs, barba signifie Le vocable au féminin est donc de nature à
‘homme’ (barbe = virilité), d’où la locution être plus riche sémantiquement. C’est le cas de
familière actuelle por barba ‘par individu’ barca qui comprend plus de traits sémantiques
dans nos salió a tanto por barba : ‘cela nous que barco : la barque est un bateau plus petit
est revenu à tant par tête de pipe’. destiné à des usages précis ; barco désigne au
Dérivés : BARBILLA ‘menton’, diminutif de contraire toute forme d’embarcation.’
barba. B.Pottier, B. Darbord et P. Charaudeau,
BARBACOA (‘gril, barbecue’), est emprunté à un Grammaire explicative de l’espagnol, Nathan,
mot d’origine amérindienne : barbacoa en 1994, p. 47.
haïtien. Ce mot désigne des piquets où l’on Dérivés : DESEMBARCAR ‘débarquer’. EM-
accroche de la viande au-dessus d’un feu pour BARCACIÓN ‘embarcation’. EMBARCAR ‘em-
la sécher ou la fumer. L’anglo-américain bar- barquer’.
becue procède exactement de la même origine. BARCO, voir barca.
Aux États-Unis, ce mot a pris au XVIIIe siècle BARNIZ (‘vernis’), est issu du bas latin veronix,
le sens de ‘pique-nique où l’on fait des veronice ‘résine odoriférante’, emprunté au
viandes rôties’. C’est d’ailleurs des USA que grec tardif beronikê. Ce dernier mot provient
peut-être du sanskrit varnika ‘peinture’ ou

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bien du nom de la ville de Cyrénaïque, Bere- d’une forme de gallo-roman barriculus dimi-
nikê, où l’on produisait cette résine. nutif de barrica (voir ce mot).
Dérivés : BARNIZAR ‘vernir’. BARRIO (‘quartier’), provient de l’arabe barr
BARÓN (‘baron’), est issu du germanique baro ‘environs’ (d’une ville).
qui désigne un homme libre, un guerrier. Ce BARRO (‘boue’), mot d’origine préromane ibère
mot a été introduit dans la Romania par les ou celtibère non élucidée.
mercenaires germaniques. On le trouve en la- Dérivés : EMBARRAR ‘badigeonner’, ‘couvrir
tin avec le sens de vir ‘homme’ opposé à mu- de boue’.
lier ‘femme’. En ancien français, le mot baron BARROCO (‘baroque’), est emprunté au français
(au cas objet) signifiait ‘homme brave’, ‘saint’ baroque qui l’a lui-même emprunté au portu-
ou ‘époux’. Ce sens a ensuite disparu au profit gais barrôco pour désigner une perle irrégu-
du titre de noblesse dans la France féodale. En lière. Ce mot est d’origine incertaine, sans
revanche, l’espagnol varón — c’est-à-dire doute préromane. « Le développement du sens
barón ‘homme’ influencé par le latin vir figuré ‘bizarre, insolite’ suppose peut-être un
‘homme’ — a gardé le sens ancien : un santo croisement avec le latin médiéval baroco. Ce
varón, ‘un saint homme’. Quant au mot dernier, assemblage arbitraire de syllabes, a
barón, avec un b-, il a acquis le sens de été créé au XIIe siècle par les scolastiques
‘noble’ par influence du français féodal ‘ba- pour désigner une sorte de syllogisme : em-
ron, seigneur’. ployé ensuite par moquerie par les adversaires
BARRA (‘barre’, ‘tringle’ et ‘comptoir’, ‘bar’), de la scolastique (comme Montaigne), il aurait
provient sans doute d’une forme de latin vul- contribué à donner à baroque une valeur péjo-
gaire barra qui serait à rapprocher du gaulois rative (‘bizarre, inutilement compliqué’). Ce
barro ‘extrémité’. On peut penser aussi que sens s’est spécialisé en histoire de l’art (1749)
barra est un doublet du latin vara ‘traverse de à propos d’un style architectural qui s’écarte
bois’, ‘bâton fourchu’ (espagnol vara ‘gaule’, des règles de la Renaissance classique ». Ex-
‘baguette’). trait du Robert historique, tome 1, p. 184.
Dérivés : ABARROTAR ‘encombrer, remplir’. BARRUNTAR (‘pressentir’), est d’origine incer-
BARRERA ‘barrière’. BARROTE ‘barreau’. taine peut-être basque.
BARRANCO (‘ravin, précipice’), est d’origine Dérivés : BARRUNTE ou BARRUNTO ‘indice’,
inconnue, sans doute préromane. On retrouve ‘pressentiment’.
ce mot en France dans le domaine occitan sous BARTOLA (A la bartola : ‘être peinard, pépère’).
la forme barranc ou barrenc. ‘Bartolo, diminutif de Bartolomé, est un per-
BARRER (‘balayer’), est issu du latin verrere de sonnage légendaire pour son calme et sa joie
même sens après dissimilation : e...e = a...e de vivre. On disait généralement en parlant de
(barrer). lui Bartolo, que baila solo. Cette expression
BARRERA, voir barra. est employée habituellement avec des verbes
BARRICA (‘barrique’), est emprunté à l’occitan comme echarse, tumbarse, dormir, descan-
du Sud-Ouest barriqua ou barrique issu pro- sar.’ Henri Ayala, Expressions et locutions
bablement d’un mot d’origine gallo-romane, populaires espagnoles commentées, éditions
barrica. En espagnol, l’évolution normale et Masson / Colin, 1995.
directe de barrica a donné barriga, ‘ventre’ BÁRTULOS (‘affaires’, ‘saint-frusquin’), a
(voir ce mot). d’abord signifié ‘manuel’ (scolaire) et ‘argu-
Dérivés : BARRICADA est emprunté au français ments juridiques’ avant de signifier ‘affaires’.
barricade car les barricades ont d’abord été Ce mot est tiré du nom d’un jurisconsulte cé-
édifiées avec des barriques. lèbre de Bologne, Bártolo, dont les œuvres
BARRIGA (‘ventre’), est issu de barrica, mot étaient au programme des facultés de droit.
gallo-roman signifiant ‘barrique’. Le ventre BARULLO (‘tohu-bohu’, ‘pagaille’), est issu du
dans lequel on déverse la nourriture est ainsi portugais barulho de même sens dérivé de ba-
comparé à une barrique (métaphorisation). rulhar ‘embrouiller, confondre, mettre en dé-
Voir barrica. sordre’, lui-même dérivé de embrulho ‘pa-
BARRIL (‘baril, tonneau’), est emprunté au latin quet’, ‘confusion’, ‘intrigue’ (latin involu-
médiéval barriclus ‘petit tonneau’, contraction crum, ‘enveloppe’, ‘couverture’).
BASAR, voir base.

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BASE (‘base’), est tiré du latin basis ‘partie infé- BASURA (‘ordures, saleté’), est issu du latin
rieure, assise’, transcription du grec basis vulgaire versura ‘action de balayer’, dérivé de
‘marche, allure’ puis ‘ce sur quoi on marche’ verrere ‘balayer’ (voir barrer).
d’où le sens de ‘fondement, assise d’une BATA (‘robe de chambre’, ‘blouse’), est d’origine
chose’. incertaine, peut-être de l’arabe wada’a tawb
Dérivés : BASAR ‘baser, fonder’. BÁSICO ‘de ‘ouater (un habit)’. Bata est apparenté à gua-
base’ (conocimientos básicos ‘connaissances ta, ‘ouate’.
de base’). BATALLA (‘bataille’), est issu du latin tardif
BÁSICO, voir base. battalia, altération de battualia ‘combat
BASÍLICA (‘basilique’), est emprunté au latin d’escrime’, pluriel neutre dérivé de battuere
basilica qui désignait un vaste édifice sur le ‘battre’.
forum romain (tribunal et centre d’affaires). Dérivés : BATALLAR ‘batailler, livrer bataille’.
Le christianisme profita de ces bâtiments pour BATALLÓN ‘bataillon’ (de l’italien batta-
édifier ses plus anciennes églises. Basilica est glione).
issu du grec basilikos ‘royal’, dérivé de basi- BATERÍA (‘batterie’), est emprunté au français
leus ‘roi, chef, souverain’. Le mot basilikê batterie dérivé du verbe battre. D’après battre
(féminin de basilikos) désignait en effet le le métal, ce mot a désigné tous les ustensiles
siège de l’archonte-roi à Athènes. en métal (battu) dont on se sert pour la cuisine.
BASTANTE, voir bastar. Battre s’employant aussi dans le vocabulaire
BASTAR (‘suffire’), est issu du latin vulgaire militaire, batterie a fini par désigner un en-
bastare ‘porter’, ‘supporter’, ‘durer’ et ‘four- semble de pièces d’artillerie destinées à battre
nir en suffisance’. Ce mot est à rattacher au les positions ennemies.
grec bastazein ‘soupeser’. En italien, basta si- BATIR (‘battre’), est issu du latin impérial battere
gnifie ‘assez’ (baste en vieux français). (battuere). Le sens primitif est ‘frapper le vi-
Dérivés : ABASTECER ‘approvisionner’. BAS- sage de qqn’, ‘frapper qqch à coups répétés’,
TANTE ‘assez’, est adjectif vers 1300 et ad- ‘frapper dans une intention hostile’ (gladia-
verbe seulement vers 1800. BASTO ‘grossier, teurs).
rustre’, dérive de bastar dans le sens de ‘suf- Dérivés : ABATIR ‘abattre’. BATIDA ‘battue’.
fire, approvisionner’ d’où le sens de ‘bien COMBATE ‘combat’. DEBATE ‘débat’. DEBATIR
pourvu’, ‘gros, épais’ et enfin ‘grossier’. DES- ‘débattre’. EMBATE ‘coup de mer’, ‘assaut’.
BASTAR ‘dégrossir’. BATUTA (‘baguette’ [du chef d’orchestre]), est
BASTARDO (‘bâtard, illégitime’), est emprunté à emprunté à l’italien battuta ‘mesure, rythme’,
l’ancien français bastard d’origine obscure. dérivé de battere ‘battre’.
Bastard serait peut-être issu de l’expression BAÚL (‘coffre’), est emprunté à l’ancien français
fils ou fille de bast, c’est-à-dire ‘conçu ou né bahur (moderne bahut) d’origine très incer-
sur un bât’, au hasard de la vie des muletiers taine. P. Guiraud a proposé une origine ro-
qui avaient des relations avec les filles mane expressive fondée sur une onomatopée
d’auberge. Cette expression aurait été altérée bab/bob ‘gonflé’ (comme dans babines et bo-
ensuite en fils de bas, par influence du latin bine) pour évoquer l’aspect bombé du coffre.
bassus ‘bas, méprisable’. L’espagnol utilise les expressions palabra
BASTIÓN (‘bastion’) est emprunté à l’italien baúl ou palabra ómnibus pour désigner un
bastione dérivé, avec le suffixe -one à valeur mot fourre-tout du type chose, machin, truc.
augmentative, de bastia ‘fortification’. Bastia, BAUTIZAR (‘baptiser’), est emprunté au latin
mis pour bastita (français bastide), est le par- ecclésiastique baptizare, du grec baptizein
ticipe passé féminin substantivé de bastire ‘plonger, immerger’, et ‘administrer le sacre-
‘bâtir’. ment chrétien’, dérivé lui-même de baptein
BASTO(A), voir bastar. ‘être plongé dans’.
BASTÓN (‘canne, bâton’), est issu du bas latin Dérivés : BAUTISMO ‘baptême’ (grec baptis-
bastum ‘morceau de bois allongé’ ayant rem- mos).
placé le terme classique baculus qui est à BAYONETA (‘baïonnette’), est emprunté au
l’origine de bacilo (microbe allongé, ‘bacille’) français baïonnette, mot dérivé de la ville de
et de báculo dans báculo de la vejez, ‘bâton Bayonne (Pyrénées Atlantiques) où l’on fabri-
de vieillesse’.

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quait aux XVIe et XVIIe siècles des armes et BEDEL (‘appariteur’), est emprunté à l’ancien
des couteaux. français bedel devenu aujourd’hui bedeau
BAZA (‘levée, pli’ [au jeu de cartes] ; ‘atout’), est (employé laïque préposé au service matériel
d’origine incertaine, peut-être de l’italien baz- dans une église). Ce mot est issu du francique
za de même sens. bidil ‘officier de justice’.
BAZAR (‘bazar’), est emprunté au persan bazar BEDUINO (‘bédouin’), est emprunté à l’arabe
‘marché public’. badawin / bedawi ‘habitant du désert’, dérivé
BEATO(A) (‘bienheureux’, ‘béat’ ; ‘dévot’), est de badw ‘désert’.
emprunté au latin beatus ‘comblé de biens’ BELDAD, voir bello.
puis ‘heureux’, forme de participe passé adjec- BELÉN (‘crèche’ [de Noël] ; ‘pagaille’), provient
tivé de beare ‘combler (les voeux de)’, d’où du nom de la ville de Bethlehem où Jésus est
‘rendre heureux’. La valeur morale ‘bienheu- né. Le sens de ‘pagaille’ vient de ce qu’il
reux’ a prévalu en latin ecclésiastique. Ce mot règne souvent une grande confusion dans les
a d’abord été introduit en français pour dési- représentations populaires de la Nativité (me-
gner des religieux puis il s’est laïcisé pour si- terse en belenes : ‘se fourrer dans un guê-
gnifier simplement ‘heureux’ et enfin ‘exagé- pier’).
rément satisfait’. En espagnol, le mot beato(a) BELFO(A) (‘lippu(e)’ et ‘lippe’), est issu du latin
a gardé le sens de ‘dévot(e)’ (devoto) et de bifidus ‘fendu ou partagé en deux’. Ce mot
‘Béat’, ‘frère convers’. s’est appliqué aux personnes dont le visage
BEBÉ (‘bébé’), est emprunté au français bébé semblait coupé en deux parties tant la lèvre in-
apparu très tardivement dans cette langue férieure était tombante. Évolution phonétique :
(vers 1755). Ce mot est la francisation de Bifidus > bidfidus > bidfus > bedfo > belfo.
l’anglais baby d’origine onomatopéique (ba- BELGA (‘Belge’), est dérivé du latin Belga,
ban, babbon en langage enfantin). Bien qu’il y peuple d’origine celte. Ce mot pourrait prove-
ait eu emprunt, le français possède en propre nir d’une racine indoeuropéenne bhel- ou
un ensemble de mots expressifs de structure bhelgh- signifiant ‘enfler, gonfler’ car les an-
consonantique b-b suggérant les notions ciens Belges ou Belgae avaient, semble-t-il, un
d’objet arrondi, de mouvement des lèvres, caractère belliqueux (Belgae = ‘enflés de co-
d’inutilité etc. : babil, blabla, bave, bobine, lère’).
bombance, babouin, babiole etc. Voir à ce su- BÉLICO(A) (‘relatif à la guerre’), est emprunté au
jet J.Picoche, Dictionnaire étymologique du latin bellicus ‘valeureux’, dérivé de bellum
français, collection Les usuels du Robert, ‘guerre’ (La industria bélica ‘l’industrie de
1990, p. 68. guerre’ ; esfuerzo bélico ‘effort de guerre’).
BEBER (‘boire’), est issu du latin bibere de même Dérivés : BELICOSO ‘belliqueux’ (latin belli-
sens. cosus ‘guerrier vaillant’). BELIGERANTE ‘bel-
Dérivés : le participe passé de beber a donné ligérant’ (participe présent de belligerare
BEBIDO (adjectif) ‘ivrogne’ et BEBIDA (subs- ‘faire la guerre’).
tantif au féminin) ‘boisson’. EMBEBER ‘imbi- BELLACO (‘coquin, fripon’), est d’origine obs-
ber’, ‘absorber’. cure, peut-être celte.
BEBIDA, voir beber. BELLEZA, voir bello.
BECA (‘bourse’ [d’étude]), est d’origine incer- BELLO(A) (‘beau’), est issu du latin bellus ‘mi-
taine. Peut-être de l’hébreu bécah ‘mesure va- gnon, charmant, adorable’, diminutif familier
lant la moitié d’un sicle’ (poids de six de bonus ‘bon’.
grammes et monnaie d’argent chez les Hé- Dérivés : BELLEZA ‘beauté’. Le mot BELDAD
breux), d’où quantité d’argent accordée à un (una beldad = una mujer bella) est issu de
étudiant en histoire ancienne lorsqu’il trans- l’occitan ancien beltat. EMBELLECER ‘embel-
portait des objets sacrés. lir’.
Dérivés : BECAR ‘attribuer une bourse’. BECA- BELLOTA (‘gland’), vient de l’arabe bellûta.
RIO ‘boursier’. BEMOL (‘bémol’), est l’adaptation du latin mé-
BECERRO (‘veau’, ‘taurillon’), est d’origine diéval b molle (de mollis ‘mou’). Ce terme de
ibérique, il provient sans doute de la forme re- musique désigne le signe d’altération en forme
constituée * ibicirru dérivée du latin ibex de b placé devant une note pour l’abaisser
‘bouquetin’. d’un demi ton.

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BENDECIR, voir decir. BESO (‘baiser’), est issu du latin basium qui a été
BENDICIÓN, voir decir. d’abord employé avec une valeur érotique. Le
BENEFICENCIA, voir beneficio. baiser de respect ou de politesse était signifié
BENEFICIAR, voir beneficio. par osculum (littéralement ‘petite bouche’).
BENEFICIO (‘bénéfice’), est emprunté au latin L’espagnol a conservé ce mot dans
beneficium ‘service, faveur, distinction offi- l’expression ósculo de paz ‘baiser de paix’.
cielle’, issu de la locution verbale bene facere Dérivés : BESAR ‘embrasser, donner un baiser’
‘rendre service’ dont les termes se sont ensuite (latin basiare).
agglutinés. BESTIA (‘bête’, ‘brute’) est emprunté au latin
Dérivés : BENEFICENCIA ‘bienfaisance’ (latin bestia ‘animal’ (par opposition à l’homme).
beneficentia). BENEFICIAR ‘bénéficier’. Ce mot servait déjà d’injure comme au-
BENEMÉRITO(A) (‘méritant, digne d’honneur’), jourd’hui : un tío bestia, ‘une brute’.
est issu du latin bene meritus ‘qui s’est bien Dérivés : BESTIAL ‘bestial’. BESTIALIDAD
conduit (avec qqn)’, du verbe mereri ‘mériter’. ‘bestialité’.
L’expression La Benemérita a longtemps dé- BETÚN (‘bitume ‘ et ‘cirage’), est emprunté au
signé la Garde Civile en Espagne. latin bitumen ‘substance combustible liquide’
BENEPLÁCITO (‘approbation’), est emprunté au peut-être issu du gaulois à travers le mot lati-
latin bene placitus ‘qui a bien plu’, participe nisé betulla (‘bouleau’). En effet, en Gaule le
adjectif de placere ‘plaire’. bitume était produit à partir du bouleau.
BENÉVOLO(A) (‘bénévole’), est emprunté au BIBERÓN (‘biberon’), est emprunté au français
latin benevolus ‘bienveillant, dévoué’, ‘qui biberon dérivé du latin bibere ‘boire’. Le sens
veut bien’, formé de bene ‘bien’ et de volo ‘je initial était ‘goulot d’un vase’ puis on est pas-
veux’ (infinitif : velle). sé à celui de ‘personne qui aime boire’ et ‘ré-
BENIGNO (‘bénin’), est emprunté au latin beni- cipient servant à faire boire les malades’
gnus ‘bienveillant’, ‘d’un bon naturel’, formé (XVIe siècle). Ce n’est qu’au XIXe que
à partir de bene ‘bien’ et de gignere ‘engen- l’acception moderne apparaît (biberon de lait).
drer’. Le sens premier (‘bienveillant’) a dispa- BIBLIA (‘Bible’), est emprunté au latin chrétien
ru. Le mot s’est appliqué à des remèdes agis- biblia ‘livres sacrés’, issu du grec biblia, plu-
sant en douceur, puis il a désigné une maladie riel neutre de biblion ‘papier, lettre, livre, par-
sans gravité. tie d’un ouvrage’.
BERLINA (‘berline’), est emprunté au français BIBLIO- est le préfixe issu du grec biblio- tiré de
berline qui provient du nom de la ville alle- biblion ‘livre’.
mande de Berlin où cette voiture fut construite Dérivés : BIBLIA ‘Bible’. BIBLIÓFILO ‘biblio-
vers 1670. phile’. BIBLIOGRAFÍA ‘bibliographie’. BIBLIO-
BERMEJO (‘vermeil’, ‘roux’), est issu du latin TECA ‘bibliothèque’ (latin bibliotheca issu du
vermiculus, ‘vermisseau, larve’, diminutif de grec bibliothêkê, formé de biblio ‘livre’ et de
vermis ‘ver’. En bas latin, ce mot a signifié thêkê ‘coffre, boîte’).
‘cochenille du chêne’ dont on tirait la couleur BÍCEPS (‘biceps’), est emprunté au latin biceps
écarlate. Le mot s’est adjectivé (color berme- ‘qui a deux têtes’ et ‘partagé en deux’, formé
jo). de bi- ‘deux’ et de caput ‘tête, chef’. Ce
BERREAR (‘mugir, beugler’ ; ‘brailler’), est muscle a en effet deux attaches à sa partie su-
dérivé du latin verres ‘verrat, porc’ (berrear = périeure (‘tête’).
‘crier comme le porc’). BICICLETA (‘bicyclette’), est emprunté au fran-
Dérivés : BERRIDO ‘beuglement’. BERRINCHE çais bicyclette dérivé, avec le suffixe diminutif
‘rogne, colère’. -et/-ette, de l’anglais bicycle. Ce terme pro-
BERZA (‘chou’), est issu du latin vulgaire virdia vient du grec kuklos ‘roue, cercle’ et du pré-
‘choses vertes’, ‘légumes verts’, pluriel neutre fixe latin bi- ‘deux’. Espagnol moderne : bici-
de virdis ‘vert’ (latin classique viridis). Les cleta estática ‘vélo d’appartement’.
neutres pluriels du latin ont souvent produit BICHO (‘bestiole’ ; ‘bête, taureau’ ; ‘individu,
des substantifs au féminin singulier en espa- type’), est issu du latin vulgaire bestius ‘ani-
gnol : folia ‘les feuilles’ > hoja ; opera ‘les mal’ (latin classique bestia) par
œuvres’ > obra. l’intermédiaire du galicien et du portugais bi-
cho. De même bestia a donné bicha, euphé-

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misme employé à la place de culebra ‘cou- BILLETE (‘billet’), est emprunté au français
leuvre’ par superstition. billet, forme masculine issue de l’ancien fran-
BIELA (‘bielle’), est emprunté au français bielle çais billette ‘lettre, sauf-conduit’. Ce mot est
d’origine très incertaine. Pour P.Guiraud (Dic- semble-t-il l’altération, d’après bille, de
tionnaire des étymologies obscures, 1982), l’ancienne forme bullette ‘attestation, certifi-
bielle serait un dérivé de bigella ‘placée en cat’, diminutif de bulle ‘sceau’ (latin bulla).
travers, en biais’ (bigus = ‘attelé deux à BILLÓN (‘billion’, ‘mille milliards’), est emprun-
deux’). Effectivement, en mécanique automo- té au français billion formé, par substitution de
bile, la bielle est placée perpendiculairement préfixe, d’après million lui-même pris à
au vilebrequin qu’elle entraîne. Français fami- l’italien milione, c’est-à-dire mille + suffixe
lier couler une bielle, espagnol fundir una augmentatif -one : ‘mille fois mille’.
biela. BIO-, préfixe, est un emprunt au grec bio- repré-
BIEN (‘bien’ [adverbe et nom]), est issu du latin sentant le substantif bios signifiant ‘vie’.
bene adverbe correspondant à bonus. Substan- Dérivés : BIOGRAFÍA ‘biographie’ (littérale-
tivé au pluriel, ce mot a donné los bienes ‘la ment ‘écrire la vie’). BIOLOGÍA ‘biologie’ (du
fortune, les biens’. Bien étant adverbe grec logos ‘traité sur la vie’). BIOQUÍMICA
d’intensité ou de quantité (hemos caminado ‘biochimie’. BIOTECNOLOGÍA ‘biotechnolo-
bien, ‘nous avons bien/beaucoup marché’), il gie’ etc.
a permis de produire un substantif signifiant BIRLIBIRLOQUE (por arte de birlibirloque :
une certaine quantité de richesses = ‘les ‘par magie, par enchantement’), est une abré-
biens’. viation de birliqui-birloque, formule expres-
Dérivés : BIENESTAR ‘bien-être’. BIENHABLA- sive qui rappelle la formule magique abraca-
DO ‘courtois’. BIENPENSANTE ‘bien-pensant’. dabra.
BIENVENIDO ‘bienvenu’. BIRRETE (‘barrette’, ‘toque’ [des magistrats],
BIFURCARSE (‘bifurquer’), est un dérivé savant ‘bonnet’), est emprunté à l’occitan ancien bir-
très tardif (vers 1880) du latin bifurcus ‘four- ret ‘chapeau’, diminutif du latin birrus ‘sorte
chu’, formé de bis ‘double’ et de furca de capote’.
e
‘fourche’ (espagnol horca). BIS (‘bis’), a été emprunté très tardivement (XIX
BÍGAMO (‘bigame’), est emprunté au latin ecclé- siècle) à l’adverbe multiplicatif latin bis ‘deux
siastique bigamus ‘veuf remarié’ et, en latin fois’.
médiéval, ‘homme ayant deux femmes’. Ce Dérivés : BISABUELO (littéralement ‘deux fois
mot a été formé d’après le grec digamos ‘adul- grand-père’ : ‘arrière grand-père’).
tère’ et ‘marié une seconde fois’ en rempla- BISAGRA (‘charnière’), est d’origine incertaine
çant l’élément di- par le préfixe latin bi- mieux (Puerta Bisagra à Tolède ?). L’espagnol mo-
adapté à l’idée exprimée car il signifie ‘deux derne utilise assez souvent ce mot dans le sens
fois’. de ‘intermédiaire’, ‘point de jonction,
BIGOTE (‘moustache’), est d’origine très incer- d’articulation’ : una época bisagra ‘une
taine de même d’ailleurs que celle de bigot en époque charnière’.
français. J. Corominas et le Robert historique BISOÑÉ (‘petite perruque’), est emprunté semble-
trouvent à ces deux mots, de sens complète- t-il au français besogneux au sens ancien de
ment différent, une origine germanique com- ‘qui est dans le besoin, dans la misère’. Les
mune : bi got (en anglais by god ‘par Dieu’), gens qui portaient cette moitié de perruque
surnom injurieux appliqué aux Normands por- n’avaient pas les moyens de se payer une per-
teurs de moustache ou juron fréquent chez ces ruque complète.
derniers...( ?). BISOÑO (‘débutant’, ‘nouvelle recrue, bleu’), est
Dérivés : BIGOTUDO ‘moustachu’. emprunté à l’italien bisogno ‘besoin’. Ce mot
BIKINI (‘bikini’, ‘deux-pièces’), a désigné à était employé par les Italiens au XVIe siècle
partir de 1946 un maillot de bain féminin qui pour désigner les soldats espagnols mal accou-
était censé faire le même effet que la bombe trés.
atomique américaine lancée au-dessus de BISTEC (‘bifteck’), est une adaptation phonétique
l’atoll polynésien du même nom ! (voir mo- et graphique de l’anglais beefsteak ‘tranche de
nokini). bœuf’.

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BISTURÍ (‘bistouri’), est emprunté au français vinité’, issu du grec blasphêmia ‘injure, ca-
bistouri d’origine incertaine, peut-être de lomnie’ parfois employé dans un contexte re-
l’italien bisturino, altération de pistorinio ‘de ligieux avec le sens de ‘parole de mauvais au-
la ville de Pistoie’ où l’on fabriquait des gure’, ‘parole impie’.
dagues et des poignards. Bistouri a d’ailleurs Dérivés : BLASFEMAR ‘blasphémer’.
désigné un poignard avant de se spécialiser en BLASÓN (‘blason’), est emprunté au français
chirurgie. blason d’origine incertaine. P.Guiraud appa-
BISUTERÍA (‘bijouterie de fantaisie’), est em- rente blason à une famille de mots germa-
prunté au français bijouterie, dérivé de bijou, niques (anglais to blaze, allemand blazen
lui-même probablement emprunté au breton ‘souffler’). Le blason serait un bouclier bombé
bizou ‘anneau pour le doigt’ (biz, ‘doigt’). (moyen néerlandais blasen ‘gonfler, enfler’).
BIZARRO (‘brave, courageux’, ‘généreux’, ‘de BLEDO (‘blette’, dans l’expression no me im-
belle prestance’), est emprunté à l’italien biz- porta un bledo : ‘je m’en fiche’), est issu du
zarro ‘fougueux’ et ‘coléreux’, dérivé de bizza latin blitum (plante voisine de la betterave). Ce
‘colère, rage’, d’où le sens premier de ‘brave, mot est employé en espagnol familier pour si-
hardi’ en espagnol. gnifier que l’on accorde peu de valeur à une
BIZCO (‘qui louche, bigle’), est d’origine non chose. Voir aussi pepino ‘concombre’ dans
établie. En français, bigle est peut-être le dé- me importa un pepino (‘je m’en moque
verbal de biscler ‘loucher’, issu du latin vul- comme de l’an quarante’). Dans le même
gaire bisoculare. ordre d’idées, le français possède l’expression
Dérivés : BIZCAR ‘loucher’. se soucier de qqn ou de qqch comme d’une
BIZCOCHO (‘biscuit’), remonte à un latin mé- guigne (guigne, ‘petite cerise’).
diéval biscoctus (panis) ‘(pain) deux fois cuit’, BLINDAR (‘blinder’), est dérivé de blinda
adjectif devenu substantif après l’ellipse de ‘blinde, fortification’. Blinda est emprunté au
panis ‘pain’. Coctus est le participe passé de français blinde, lui-même pris à l’allemand
coquere ‘cuire’. Cocho est un participe passé Blinde ‘installation destinée à dissimuler un
fort (accentué sur le radical). La forme cocido ouvrage fortifié’. Blinde est le déverbal de
est une réfection analogique d’après les parti- blenden ‘rendre aveugle’ (blend ‘aveugle’).
cipes dits faibles (accentués sur la désinence) BLOQUE (‘bloc’), est emprunté au français bloc
comme subido, comido etc. lui-même pris au moyen néerlandais bloc (ou
BLANCO(A) (‘blanc’), est issu du germanique blok) ‘tronc abattu’, d’où les sens de ‘gros
blank ‘brillant, clair’. On pense que cet adjec- morceau de bois’ puis ‘masse pesante’ et
tif était utilisé par les soldats d’origine germa- ‘masse homogène’ (de un solo bloque, ‘tout
nique pour désigner la robe du cheval. Ce mot d’une pièce’).
a éliminé les adjectifs latins correspondants, à Dérivés : BLOQUEAR ‘bloquer, faire le blocus’
savoir albus ‘d’un blanc mat’ (conservé dans est emprunté au français bloquer ‘mettre en
alba ‘aube’) et candidus ‘d’un blanc éclatant’ bloc’ qui a fini par prendre l’acception de
(conservé dans cándido). ‘faire le siège’ sous l’influence de blocus em-
Dérivés : BLANCURA ‘blancheur’. BLANQUEAR prunté au moyen néerlandais blochuus ‘fortin’.
‘blanchir’. BLANQUEO dans l’expression mo- Par métonymie, le mot blocus a pris le sens de
derne blanqueo de dinero ‘blanchiment ‘manœuvre en vue d’empêcher toute commu-
d’argent’. nication’.
BLANDIR (‘brandir’), est emprunté au français BLUSA (‘blouse’ et ‘corsage, chemisier’), est
brandir dérivé de l’ancien français brand ‘ti- emprunté au français blouse d’origine obscure.
son’ et ‘lame de l’épée’, ‘épée’ (la lame de BOATO (‘ostentation, faste’), est emprunté au
l’épée est luisante comme un tison). Ce mot latin boatus ‘mugissement’, issu de boare
est issu du francique brand ‘tison’. ‘mugir, retentir, crier’.
BLANDO (‘mou’), est issu du latin blandus ‘ca- BOBO (‘sot, idiot’), est issu du latin balbus
ressant, câlin, flatteur’. ‘bègue’.
Dérivés : ABLANDAR ‘ramollir’. BLANDENGUE Dérivés : ABOBADO ‘niais, sot, ahuri’. ABOBAR
‘mollasse, faible’. BLANDURA ‘mollesse’. ‘abêtir’. BOBADA ‘bêtise, sottise’. BOBALICÓN
BLASFEMIA (‘blasphème’), est emprunté au latin ‘abruti, crétin’. EMBOBAR ‘ébahir’.
chrétien blasphemia ‘parole outrageant la di-

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BOCA (‘bouche’), est issu du latin bucca Dérivés : BOGA (estar en boga, ‘être en
‘bouche’ et au pluriel ‘joues, mâchoires’. Ce vogue’) est emprunté au français vogue lui-
mot s’est substitué en latin populaire à os même issu de voguer.
‘bouche’ (voir oral), soit par recherche BOICOT (‘boycott’ ou ‘boycottage’), est
d’expressivité soit pour s’opposer à l’adaptation de l’anglais boycott mot formé
l’homonymie entre os ‘bouche’ et os ‘visage’. avec le nom du capitaine Charles Boycott
Dérivés : ABOCAR ‘aboutir à, déboucher sur’. (1832-1897), riche propriétaire irlandais qui,
BOCACALLE ‘entrée d’une rue’. BOCADILLO, ayant refusé de baisser ses loyers, fut donc
littéralement ‘petite portion de nourriture’ = ‘boycotté’ par ses propres locataires !
‘casse-croûte’ et ‘sandwich’. BOCADO ‘bou- BOINA (‘béret’), est emprunté au basque. Proba-
chée’. BOCAZAS ‘grande gueule’. BOQUERÓN blement apparenté au bas latin abonnis.
‘anchois’ (littéralement ‘poisson à grande BOLA (‘boule’, ‘bille’ et ‘mensonge’), provient
bouche’). BOQUIABIERTO ‘bouche bée’. DES- de l’occitan ancien bola lui-même issu du latin
BOCADO ‘emballé’, ‘débridé’, ‘intenable’. bulla ‘bulle’, ‘bouton de baudrier’, ‘petite
DESBOCARSE ‘se jeter dans la mer’ (fleuve) et boule d’or portée au cou’. L’acception ‘men-
‘s’emballer’. DESEMBOCADURA ‘embouchure’. songe’ provient sans doute du fait que bola
DESEMBOCAR ‘déboucher’, ‘aboutir à’. EMBO- désigne un objet sphérique c’est-à-dire enflé
CADURA ‘embouchure’ (d’un fleuve, d’un ins- comme un mensonge qui est un déguisement
trument). de la vérité (contar bolas, ‘raconter des bo-
BOCETO (‘esquisse, ébauche’), est emprunté à bards’).
l’italien bozzetto, diminutif de bozza ‘pierre Dérivés : BOLEAR ‘mentir’. BOLÍGRAFO ‘stylo
non dégrossie’. à bille’. BOLILLAS PESTOSAS ‘boules puantes’.
Dérivés : ESBOZAR ‘ébaucher’. BOLETA (‘billet’ [d’entrée ou de logement],
BOCINA (‘klaxon’, ‘porte-voix’), est issu du latin ‘bon’, ‘bulletin’), est emprunté à l’italien an-
bucina ‘cornet de bouvier’, ‘trompette’. cien bolletta ‘sauf-conduit’ diminutif de bolla
BOCHORNO (‘chaleur étouffante’, ‘honte’, ‘rou- ‘marque du sceau’ authentifiant un document,
geur’), est issu du latin vulturnus ‘vent du issu du latin bulla ‘bulle’ et ‘boule’. La
sud’. marque du sceau en forme de cercle fait pen-
Dérivés : ABOCHORNAR ‘suffoquer’. BO- ser à l’aspect sphérique de la bulle ou de la
CHORNOSO ‘étouffant’. boule.
BODA (‘noce, mariage’), est issu du latin vota, Dérivés : BOLETÍN ‘bulletin’.
pluriel de votum ‘vœu, promesse’ c’est-à-dire BOLÍGRAFO, voir bola.
les engagements pris lors du mariage. Boda, BOLSA (‘bourse’, ‘sac’, ‘poche’ et ‘Bourse’ [au
comme hada, obra, berza, gesta, hoja, tor- sens commercial]), est issu du latin bursa
menta, braza, est un ancien neutre pluriel in- ‘cuir’ et, par métonymie, ‘sac de cuir’, ‘sac
terprété ensuite comme un féminin singulier destiné à recevoir de l’argent’. L’acception
en espagnol (-a, morphème du féminin). commerciale ‘Bourse’ (des valeurs) n’est pas
BODEGA (‘cave’), est issu du latin apotheca bien établie. Il est possible qu’elle provienne
‘dépense’, ‘cellier, cave’, dérivé du grec apo- de l’italien borsa faisant référence à une noble
theke ‘dépôt, magasin à provisions’. famille installée à Bruges (Belgique), les Van
BOFE, voir bofetada. der Burse chez lesquels marchands et com-
BOFETADA, (‘gifle’), dérive de l’ancienne forme merçants avaient l’habitude de se réunir.
bofete, elle-même issue de bofar ‘souffler’ de Dérivés : BOLSO ‘sac à main’. BOLSILLO
formation onomatopéique. Bofe, ‘poumon’, ‘poche’. DESEMBOLSAR ‘débourser’. EMBOL-
est un autre dérivé de bofar. SAR ‘empocher, toucher’.
Dérivés : ABOFETEAR ‘gifler’. BOLLO (‘petit pain, brioche’ ; ‘bosse, coup’), est
BOGA, voir bogar. la forme masculine dérivée du latin bulla
BOGAR (‘voguer, naviguer’), provient probable- ‘bulle’ et ‘boule’ qui a donné aussi bola (voir
ment du latin vocare ‘appeler’. Sur les galères, ce mot). Bollo désigne des objets de formes
les rameurs étaient appelés, exhortés à faire rondes : un pain, une bosse.
voguer le bateau par le garde-chiourme qui Dérivés : ABOLLAR ‘bosseler, cabosser’.
marquait la cadence en criant. BOMBA (‘pompe’ et ‘bombe’), est un mot appa-
renté au latin bombus ‘bourdonnement’ ou

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‘bruit retentissant’ pouvant évoquer le bruit BORDAR (‘broder’), est issu du germanique
d’une pompe. Mot de formation onomato- bruzdôn (ou francique brozdôn) de même
péique semblable au français pompe d’origine sens. D’abord brordar puis bordar (dissimila-
germanique (moyen néerlandais pompe, an- tion par suppression d’un phonème).
glais pump) et dont la structure consonantique Dérivés : BORDADO ‘broderie’.
p-p est censée évoquer un bruit de succion. BORDE (‘bord’), est emprunté au français bord
L’acception ‘bombe’ peut être rattachée direc- lui-même issu du francique bord ‘bord d’un
tement au latin bombus ‘bruit retentissant’ navire’. En espagnol, borde est un terme géné-
(voir l’expression a bombo y platillos ‘à ral (al borde de la carretera, ‘au bord de la
grand bruit’). Bomba est d’ailleurs attesté en route’). La variante bordo s’est appliquée par
latin médiéval (vers 1450) avec le sens de ‘ja- spécialisation à un navire : virar de bordo
velot incendiaire’. J.Corominas pense qu’il ‘présenter l’autre bord’, ‘virer de bord’ puis
s’agit plutôt d’un dérivé régressif du mot subir a bordo ‘monter à bord’.
bombarda (‘bombarde’), c’est-à-dire que l’on Dérivés : ABORDAR ‘aborder’. BORDEAR ‘tirer
part de bombarda pour remonter à bomba et des bords, louvoyer’ et ‘longer, border’. DES-
non l’inverse comme on pourrait le penser. BORDAR(SE) ‘déborder’.
Dérivés : BOMBERO ‘pompier’. BOMBO BORRACHO (‘ivre, saoul’), est un dérivé de
‘grosse caisse’ et ‘abasourdi’. BOMBILLA ‘am- borracha ‘gourde à vin’, la personne ivre
poule électrique’, signifie littéralement ‘petite étant comparée à une outre pleine de vin.
bombe’ à cause de la ressemblance avec les Dérivés : EMBORRACHAR ‘enivrer’.
premières bombes qui étaient sphériques. Le BORRAJA (‘bourrache’), employé surtout dans
diminutif -illa est aujourd’hui complètement l’expression familière quedar en agua de
démotivé. borrajas (‘s’en aller en eau de boudin’) est is-
BOMBILLA, voir bomba. su de l’arabe abû araq qui signifie littérale-
BOMBO, voir bomba. ment ‘père de la sueur’ à cause des vertus su-
BOMBÓN (‘chocolat’, ‘bonbon au chocolat’), est dorifiques de cette plante.
emprunté au français bonbon, réduplication BORRAR (‘effacer’), est un dérivé de borra
enfantine et expressive de l’adjectif bon. signifiant ‘laine grossière’ utilisée pour effacer
BONANZA (‘bonace’, ‘temps calme en mer’ et ce qui était écrit avec de la craie.
‘prospérité’ [économique]), est issu du latin Dérivés : BORRÓN ‘tache d’encre’ puis
vulgaire bonacia qui est une altération, ‘brouillon, cahier de brouillon’ (cahier où l’on
d’après bonus ‘bon’, de malacia ‘calme de la fait des ratures et où l’on efface) et ‘ébauche’
mer’, considéré à tort comme un dérivé de ma (en peinture).
lus. Le mot malacia vient en effet du grec ma- BORRASCA (‘bourrasque, tempête’), est emprun-
lakia qui signifie ‘mollesse’, ‘manque té à l’italien burrasca ‘coup de vent’ dérivé du
d’énergie’. grec boreas ‘vent du nord’.
BONDAD, voir bueno. BORREGO (‘agneau’), est un dérivé de borra
BONITO, voir bueno. ‘laine’ (voir borrar). La laine permet de dési-
BONO (‘bon’, ‘titre’ [terme financier]), est tiré du gner l’animal qui la porte (métonymie).
français bon qui est un emploi substantivé et BORRÓN, voir borrar.
très spécialisé de l’adjectif bon (bono del Te- BOSQUE (‘bois, forêt’), mot d’apparition tardive
soro, ‘bon du Trésor’). (XVe siècle), est emprunté au catalan ou à
BOQUERÓN, voir boca. l’occitan bosc, sans doute d’origine germa-
BORBOLLAR (‘bouillonner’), provient d’une nique (francique bosk ‘buisson’). Bosque dé-
forme rédupliquée bolbollar, d’origine ono- signe un lieu planté d’arbres, madera (voir ce
matopéique (B-B) et tirée du latin bullare mot), le bois servant à la construction et leña
‘bouillir, bouillonner’ (dérivé de bulla le bois de chauffage.
‘bulle’). Dérivés : EMBOSCADA ‘embuscade’, est em-
Dérivés : BORBOTAR ‘bouillonner’ est issu du prunté à l’italien imboscata, participe passé
croisement entre borbollar et brotar ‘pous- substantivé de imboscare ‘se cacher’, ‘tendre
ser’. BORBOTÓN ‘bouillonnement’. une embuscade’ (dans un bois), dérivé de bos-
BORCEGUÍ (‘brodequin’), est d’origine obscure. co ‘bois’.

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BOSQUEJAR (‘ébaucher, esquisser’), est emprun- Dérivés : BOTIJO désigne une cruche de taille
té au catalan bosquejar ‘émonder, ébrancher’ inférieure (voir à ce sujet cántaro et cántara,
et ‘dégrossir’ (le bois). jarro et jarra, charco et charca, perol et pe-
BOSTEZAR (‘bâiller’), vient probablement du rola etc. c’est-à-dire l’opposition mascu-
latin oscitare (ou oscitiare) ‘ouvrir la bouche’ lin/féminin en espagnol).
(de os, oris ‘bouche’), croisé avec le mot boca BOTÍN (‘butin’), est emprunté au français butin
‘bouche’. lui-même d’origine germanique (moyen bas
Dérivés : BOSTEZO ‘bâillement’. allemand bute ‘échange’ et ‘ce qui revient en
BOTA (1) (‘gourde’ pour le vin), est issu du latin partage’). En ancien français, butin signifiait
tardif buttis ‘outre’, ‘tonneau’. simplement ‘part’, ‘partage’. Ce sens a disparu
BOTA (2) (‘chaussure montante, botte’), est et l’on est passé au sens moderne de ‘part
d’origine non établie. prise à l’ennemi’ et ‘produit d’un vol’.
BOTADURA, voir botar. BOTIQUÍN, voir botica.
BOTÁNICO(A) (‘botanique’ [adjectif]), est em- BOTO, voir sabotaje.
prunté au grec botanikos ‘qui concerne les BOTÓN (‘bourgeon’ et ‘bouton’ [d’habit]), est
plantes’, dérivé de botane ‘herbe’. emprunté au français bouton dérivé du verbe
BOTAR (‘lancer, jeter’, ‘mettre un navire à bouter dans le sens ancien de ‘pousser’, ‘ger-
l’eau’), est emprunté à l’ancien français boter mer’. Bouton désigne d’abord un bourgeon de
(moderne bouter), issu du francique botan plante. Par analogie de forme (métaphorisa-
‘pousser, frapper’. En français, bouter est (ou tion), ce mot désignera aussi l’objet rond ser-
était) surtout utilisé dans l’expression bouter vant à fermer un vêtement.
les Anglais hors de France. Dérivés : ABOTONAR ‘boutonner’. BOTONES
Dérivés : BOTADURA ‘lancement (d’un ba- ‘groom, chasseur’ est une métonymie : les
teau)’. REBOTAR ‘rebondir’, ‘faire ricochet’, boutons du vêtement désignent l’individu et sa
formé avec le préverbe re- exprimant le mou- fonction.
vement en arrière, en retour. BÓVEDA (‘voûte’), est emprunté au latin vulgaire
BOTE (1) (‘pot, boîte’), d’abord pote, est em- volvita ‘enroulement’, féminin de volvitus (la-
prunté au catalan pot de même sens. La forme tin classique volutus), participe passé substan-
bote s’expliquerait par l’influence de botica et tivé de volvere ‘rouler, faire rouler’.
botijo. La pharmacie (botica) est en effet un Dérivés : ABOVEDADO ‘voûté’.
lieu où l’on trouve de nombreux pots et boîtes. BOXEAR (‘boxer’), est l’adaptation à l’espagnol
BOTE (2) (‘canot’), vient de l’ancien anglais bat de l’anglais to box ‘battre, frapper’ sans doute
ou bot (anglais moderne boat). de formation expressive. C’est la première
BOTELLA (‘bouteille’), est emprunté au français conjugaison dite dominante qui est choisie
bouteille, issu du latin vulgaire butticula, di- pour former les néologismes ou adapter les
minutif du bas latin buttis ‘outre’, ‘tonneau’ emprunts (voir liderar, chutar etc.).
(voir botija). BOYA (‘bouée’), est emprunté au français bouée
Dérivés : EMBOTELLAMIENTO ‘embouteillage, et plus particulièrement à l’ancienne forme
mise en bouteille’. Un ‘embouteillage de voi- boyee d’origine incertaine, peut-être du moyen
tures’ se dira atasco de vehículos ou atasco néerlandais boeye ‘flotteur, balise’ ou du ger-
de tráfico. EMBOTELLAR ‘embouteiller’. manique baukn ‘signal’.
BOTICA (‘pharmacie’), est issu du grec apotheke Dérivés : BOYANTE a d’abord été appliqué à
‘magasin de vivres’, ‘dépôt’ dérivé de apoti- un bateau avec le sens de ‘qui s’enfonce peu et
thenai ‘déposer, mettre en réserve’. Il est pro- qui navigue facilement’, puis ce mot a signifié
bable que l’ancien provençal botica a servi par extension ‘fortuné, prospère’ et ‘heureux’.
d’intermédiaire entre le grec et l’espagnol. BOYAR ‘remettre à flot, renflouer’, ‘flotter’.
Dérivés : BOTICARIO ‘pharmacien’. BOTIQUÍN BRAGA (‘culotte, slip’), est issu du latin braca,
‘trousse à pharmacie’ (littéralement ‘petite bracae au pluriel ‘chausses, braies’ (sorte de
pharmacie’). pantalon serré par le bas à mi-mollet), sans
BOTIJA (‘cruche’), est issu du latin butticula, doute emprunté au gaulois car les Romains ne
diminutif de buttis ‘outre’, ‘tonneau’ (voir bo- portaient que des vêtements amples.
tella). Dérivés : BRAGUETA ‘braguette’, diminutif de
braga. EMBRAGAR ‘embrayer’, est emprunté

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au français embrayer dérivé de braie au sens la briba ‘vivre à ne rien faire’). Briba ou bri-
de ‘pièce de bois mobile dans un moulin à bia est l’altération du mot biblia ‘bible’ mais
vent servant à soulager les meules’. Il y a entre aussi avec le sens de ‘sagesse’, ‘débrouillar-
braie (le vêtement) et braie (traverse de bois) dise’, ‘éloquence’, ‘arguments (religieux)’
une analogie de fonctions : le vêtement protè- dont se sert le mendiant ou le gueux pour ins-
ge des intempéries et la pièce de bois soulage pirer la pitié (Dieu vous le rendra !). En an-
la meule. Embrayer signifiera donc en méca- cien français, briber signifiait ‘mendier’.
nique ‘mettre en communication une pièce BRIDA (‘bride’), est emprunté au français bride
mobile avec l’arbre moteur’. EMBRAGUE ‘em- lui-même d’origine germanique (moyen haut
brayage’. allemand brîdel ‘rêne’).
BRAMAR (‘mugir’, ‘bramer’), est issu du gotique BRIGADA (‘brigade’), est emprunté au français
bramôn ‘mugir’. brigade, lui-même emprunté à l’italien brigata
Dérivés : BRAMIDO ‘mugissement’. ‘troupe, bande’, terme s’appliquant depuis le
BRASA (‘braise’), est d’origine obscure, sans XIIIe siècle à un groupe de soldats puis à un
doute germanique. Attesté en latin médiéval groupe d’ouvriers travaillant en équipe.
sous la forme brasas carbones (Xe siècle). Dérivés : BRIGADIER ‘général de brigade’ est
Dérivés : ABRASAR ‘embraser’. BRASERO ‘bra- emprunté aussi au français brigadier où il dé-
sero, bûcher’. signait au XVIIe siècle un officier supérieur et
BRAVO(A) (‘vaillant, brave’ ; ‘sauvage’, ‘fé- en particulier un général de brigade, sens rete-
roce’), provient probablement du latin barba- nu par l’espagnol. En français, brigadier a pris
rus ‘barbare, féroce, sauvage’. Évolution pho- ensuite la valeur de ‘sous-officier’, ‘sergent’.
nétique : barbarus > barbru > babru (dissimi- BRILLAR (‘briller’), est emprunté à l’italien
lation par suppression d’un phonème) > brabu brillare ‘s’agiter, battre des ailes’ et ‘jeter des
(après translation du r dans la première syl- éclats de lumière’, peut-être dérivé de l’italien
labe) > bravo (fricatisation du -b- intervoca- ancien brillo ‘cristal travaillé’ (latin beryllus,
lique). ‘pierre précieuse’, ‘béryl’).
Dérivés : BRAVUCÓN ‘bravache, fanfaron’. Dérivés : BRILLO ‘éclat, brillant’.
EMBRAVECER ‘rendre furieux’. BRINCAR (‘bondir, sauter’), est emprunté au
BRAZA, voir brazo. portugais brincar ‘jouer’, ‘sauter’, dérivé de
BRAZO (‘bras’), est issu du latin bracchium brinco ‘jouet’.
(neutre singulier). La forme braza ‘brasse’ Dérivés : BRINCO ‘bond’.
(ancienne unité de mesure et type de nage), est BRINDAR, voir brindis.
issue du neutre pluriel bracchia (littéralement BRINDIS (‘toast’ ; ‘brindis’ [en tauromachie]),
‘les deux bras’). La brasse était en effet une provient de l’allemand ich bring dir’s qui si-
unité de mesure représentant l’espace entre les gnifie littéralement ‘je te l’offre’, phrase pro-
deux bras étendus. noncée lorsqu’on porte un toast.
Dérivés : ABRAZAR ‘serrer dans ses bras’. Dérivés : BRINDAR ‘porter un toast à, boire à’
BRECHA (‘brèche’), est emprunté au français et ‘offrir, proposer’.
brèche issu du francique breka ‘ouverture, BRÍO (‘courage, énergie’ ; ‘brio’, ‘fougue’), est
fracture’ (allemand brechen ‘rompre’). probablement issu d’une forme de gaulois bri-
BREGAR (‘lutter’, ‘se démener’, ‘trimer’), est vo ou brigo ‘force’. L’italien brio est un em-
issu du gotique brikan ‘rompre, casser’. prunt à l’espagnol. Enfin, le français a em-
Dérivés : BREGA ‘lutte’, ‘dispute’, ‘travail prunté brio à l’italien.
dur’. Dérivés : BRIOSO ‘courageux’, ‘fougueux,
BREVE (‘bref, court’), est issu du latin brevis vif’.
‘court’ dans l’espace et dans le temps : in bre- BRISA (‘brise’), est d’origine obscure. Attesté en
vi tempus ‘en peu de temps’ ; in breve ‘en peu catalan (brisa) dès le XVe siècle. Le français
de mots’. brise est sans doute un emprunt à l’espagnol.
Dérivés : ABREVIAR ‘abréger’. ABREVIATURA Ce mot, introduit par les navigateurs,
‘abréviation’. BREVEDAD ‘brièveté’ (A la s’appliquait à un vent d’est ou vent du nord
mayor brevedad ‘dans les plus brefs délais’). assez fort avant de désigner un vent doux.
BRIBÓN (‘coquin, fripon’), est un dérivé de BROCHA (‘brosse’, ‘gros pinceau’), est emprunté
briba ‘gueuserie, vie de mendiant’ (andar a à une forme dialectale du français (lorrain) :

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brouche (français brosse). L’origine de ce mot d’abord été employé pour désigner la saison
n’est pas établie. froide , l’hiver (métonymie : le jour le plus
BROCHE (‘broche, agrafe’), est emprunté au court de l’hiver désigne la saison entière). Par
français broche, issu du latin vulgaire brocca, glissement de sens (par contiguïté de sens), on
féminin de l’adjectif brocchus signifiant est passé à l’idée de brume, de brouillard
‘proéminent, saillant’ en parlant des dents. propre à l’hiver.
Dérivés : ABROCHAR ‘boutonner’, ‘agrafer’, BRUÑIR (‘polir’), est emprunté à l’occitan ancien
‘lacer’. DESABROCHAR ‘déboutonner’. brunir, lui-même dérivé du francique brunjan
BROMA (‘taret’ [mollusque] et ‘farce, plaisante- de même sens.
rie’), est d’origine incertaine et son évolution BRUSCO (‘brusque’), provient probablement du
sémantique n’est pas bien établie. Ce mot dé- bas latin bruscus ‘plante épineuse’. Ce mot se-
signe d’abord un mollusque qui s’attaque à la rait issu du croisement entre ruscus ‘petit
coque des navires (le taret). Broma pourrait houx’ et brucus ‘bruyère’.
provenir du grec broma : ‘ce qui est dévoré et BRUTAL, voir bruto.
dégage une odeur putride, carie’ (bromos BRUTO (‘bête, stupide’ ; ‘brut’), est emprunté au
‘puanteur’ et bibroskein ‘dévorer’). La deu- latin brutus ‘lourd, stupide’.
xième acception de broma a été ‘chose Dérivés : BRUTAL ‘brutal’. BRUTALIDAD ‘bru-
lourde’ car les navires attaqués par le mol- talité’. EMBRUTECER ‘abrutir’.
lusque prenaient l’eau et s’alourdissaient. Il BUCEAR , voir buzo.
est plus difficile d’expliquer ensuite comment BUCÓLICO (‘bucolique’), est emprunté au latin
on est passé à l’idée de ‘plaisanterie’, sans bucolicus ‘pastoral’, ‘qui concerne les bœufs
doute par l’intermédiaire de ‘grosse farce, ou les pâtres’, du grec boukolikos, adjectif dé-
plaisanterie lourde’ (una broma pesada, ‘une rivé de boukolos ‘bouvier’ (formé de bous
farce de mauvais goût’). ‘bœuf’ et de kolos ‘qui s’occupe de’).
Dérivés : ABRUMAR ‘accabler, ennuyer’. BUENO (‘bon’), est issu du latin bonus de même
BROMEAR ‘plaisanter’. sens.
BRONCE (‘bronze’), est emprunté à l’italien Dérivés : ABONAR ‘fertiliser’ (littéralement
bronzo ‘alliage de cuivre et d’étain’ d’origine ‘rendre bon’). Voir l’article abonar pour les
non élucidée (abréviation de aes brundisium autres acceptions. BONDAD ‘bonté’. BONDADO-
‘airain de Brindisi ?). SO ‘bon, gentil’. BONIFICAR ‘bonifier’. BONI-
BROTE (‘bourgeon, pousse’ ; ‘poussée’ [de TO ‘beau, joli’ est le diminutif de bueno. Le
fièvre etc.] ; ‘début, apparition’), est issu du contenu diminutif s’est estompé mais il en est
gotique brut de même sens, proche de resté une idée appréciative (valeur dite affec-
l’allemand sprosse et de l’anglais to sprout tive des diminutifs). BONITO désigne aussi
‘pousser, germer’. une variété de thon (la bonite) plus beau que le
Dérivés : BROTAR ‘pousser’, ‘jaillir’. thon commun.
BROZA (‘broussailles’), est d’origine obscure BUEY (‘bœuf’), est issu du latin bos, bovis, terme
(latin vulgaire *bruscia ‘pousse d’arbre’ ?). générique désignant le bœuf et la vache. Évo-
Dérivés : DESBROZAR ‘débroussailler, défri- lution phonétique : bovem > boe > buee >
cher’ (desbrozar un tema ‘défricher un su- buey. Le dernier e forme un hiatus avec le e
jet’). tonique, il se ferme en i et donne une triphton-
BRUJA (‘sorcière’), est d’origine mal établie. La gue c’est-à-dire la combinaison d’une semi-
forme latine reconstituée *Bruxa permettrait consonne /u/, d’une voyelle /e/ et d’une semi-
d’expliquer le castillan bruja, le portugais voyelle /i/.
bruxa, le catalan bruixa et l’occitan bruèissa. BUFANDA (‘écharpe’), est emprunté au français
Dérivés : EMBRUJAR ‘ensorceler, envoûter’. bouffante, participe présent au féminin du
BRÚJULA (‘boussole’), est emprunté à l’italien verbe bouffer ‘gonfler’ de formation expres-
bussola ‘petite boîte’, du latin buxula, dérivé sive. Le port d’une écharpe donne l’image
de buxis ‘boîte, coffret’. d’un cou gonflé, enflé (vêtement bouffant).
BRUMA (‘brume’), est issu du latin bruma, con- BUFAR, voir buhardilla.
traction de brevima (dies), ancien superlatif de BUFETE (‘bureau’, ‘cabinet, étude d’avocat’), est
brevis ‘bref’, c’est-à-dire ‘le jour le plus court emprunté au français buffet au sens ancien de
de l’année’, ‘le solstice d’hiver’. Ce mot a

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‘table’ (aujourd’hui ‘meuble de salle à manger BURBUJA (‘bulle d’air’), est un dérivé de
ou de cuisine’) dont l’origine est obscure. l’ancien verbe burbujar (aujourd’hui burbu-
BUFÓN (‘bouffon’ [adjectif et substantif]), est jear, ‘bouillonner, faire des bulles’), issu lui-
emprunté à l’italien buffone ‘acteur comique’, même du latin vulgaire bulbulliare de forma-
de forme expressive (radical onomatopéique tion expressive (réduplication de bulla
buff- exprimant le gonflement des joues). ‘bulle’).
BUHARDILLA (‘lucarne’), est le diminutif de Dérivés : BURBUJEAR ‘bouillonner’.
l’ancienne forme buharda ‘trou d’aération’, BURDEL (‘bordel’), est issu du francique *borda
dérivée du verbe buhar, variante de bufar par l’intermédiaire du catalan bordell ou de
‘souffler’ d’origine onomatopéique (gonfle- l’occitan bordel. Le francique borda est le plu-
ment des joues). Voir bofe et bofetada. riel neutre de bord signifiant ‘planche’ d’où le
BÚHO (‘hiboux’), provient du latin vulgaire bufo sens de ‘maison de planches’. Le mot s’est
(latin classique bubo) d’origine expressive qui spécialisé pour désigner un lieu de prostitu-
est à rattacher à une base ou-, u- servant à ex- tion. Dans les ports en particulier, les prosti-
primer le cri de certains oiseaux ou rapaces tuées ne pouvaient exercer leur activité qu’à
nocturnes (upupa ‘huppe’ ; ulula ‘chat- l’écart, dans des quartiers réservés appelés des
huant’). bordeaux ou bordels (bordes = ‘cabanes en
BUITRE (‘vautour’), est issu du latin vultur, planches’).
vulturis de même sens, peut-être apparenté au BURLA (‘moquerie’, ‘plaisanterie’, ‘tromperie’),
verbe vellere ‘arracher’. est d’origine inconnue.
BUJÍA (‘bougie’), provient du nom de la ville de Dérivés : BURLADOR ‘séducteur, libertin’.
Bougie en Algérie (en arabe Bugaya), où l’on BURLAR ‘tromper’, ‘se moquer de’.
fabriquait au moyen âge de la cire pour les BURÓ (‘bureau’ [politique]), est l’hispanisation
chandelles. du français bureau avec spécialisation séman-
BULEVAR, voir baluarte. tique (el buró político del partido comunista
BULTO (‘volume, grosseur, taille’), est issu du ‘le bureau politique du parti communiste’).
latin vultus ‘visage’. Ce mot a désigné ensuite BUROCRACIA (‘bureaucratie’), est emprunté au
la tête des Saints sur les images et les statues français bureaucratie, formé avec l’élément
représentant des personnes (en particulier les -cratie (du grec kratein ‘commander’) et créé
gisants). Il a ensuite acquis le sens de ‘masse’ au XVIIIe siècle pour dénoncer le pouvoir ex-
(du corps d’une personne) et par extension il a cessif des bureaux c’est-à-dire de
signifié ‘masse, volume, taille’. l’administration.
Dérivés : ABULTAR ‘grossir’, ‘prendre de la BURRO (‘âne’), est un dérivé régressif de burri-
place’. co, prononciation altérée de borrico du latin
BULLICIO, voir bullir. tardif burricus ‘petit cheval’.
BULLIR (‘bouillir’, ‘bouillonner’, ‘grouiller’), est BUSCAR (‘chercher’), est d’origine mal établie.
issu du latin bullire de même sens, dérivé de Dérivés : BUSCA (XIIIe siècle) et BÚSQUEDA
bulla ‘bulle’ (littéralement ‘faire des bulles’). (très tardif, XIXe siècle) ‘recherche, quête’.
Dérivés : BULLICIO ‘tumulte, tapage’ (latin Espagnol moderne : un ‘busca’ ‘bipeur’,
bullitio). ‘messager de poche’.
BUÑUELO (‘beignet’), remonterait à une base BUTACA (‘fauteuil’), provient de putaka ‘siège’,
commune au français, à l’espagnol et au cata- mot originaire d’un dialecte du Venezuela.
lan *bunnia ou *bunnica d’origine peut-être BUZO (‘plongeur’, ‘scaphandrier’), est emprunté
préromane et signifiant ‘souche d’arbre’. En au portugais búzio ‘mollusque’, ‘buccin’, issu
français, ce mot aurait donné beigne ‘bosse à du latin bucina ‘trompette’, ‘cornet de bou-
la tête’ puis ‘coup, gifle’. Le beignet (espagnol vier’. En portugais et en français le mot latin a
buñuelo) serait ainsi nommé par analogie de permis, par analogie de forme avec
forme (bosse de pâte frite, pâtisserie gonflée). l’instrument de musique, de désigner la co-
BUQUE (‘bateau, navire’), provient du catalan quille d’un mollusque et le mollusque lui-
buc ‘ventre’ et ‘coque d’un navire’, issu lui- même, le buccin. En espagnol, ce mot désigne
même du francique buk ‘ventre’. Au figuré, celui qui travaille sous l’eau, dans une ‘co-
buque insignia ‘fleuron, emblème’ (d’une quille’, c’est-à-dire le scaphandrier.
marque, d’un groupe industriel).

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Dérivés : BUCEAR ‘plonger, travailler sous Dérivés : CABELLERA ‘chevelure’. CABELLU-


l’eau’. DO ‘chevelu’ (el cuero cabelludo, ‘le cuir
BUZÓN (‘boîte aux lettres’), pourrait provenir, chevelu’). DESCABELLADO ‘saugrenu, insen-
selon B.Pottier, du français buse ‘tuyau, con- sé’. DESCABELLAR ‘dépeigner’ et ‘achever (un
duit’, peut-être issu du néerlandais buse ou taureau)’. DESCABELLO ‘coup de grâce’, ‘des-
buyse de même sens. cabello’ (tauromachie).
CABELLUDO, voir cabello.
CABER (‘contenir’, ‘entrer, rentrer’ ; ‘revenir,
C incomber’), est issu du latin capere ‘prendre,
saisir’ et ‘contenir, renfermer’. Par exemple :
CABAL, voir cabo. tabulae non potuerunt capere nomina illorum
CÁBALA (‘cabale’), est emprunté à l’hébreu ‘les registres ne purent contenir leurs noms’.
qabbala ‘tradition’, dérivé du verbe qibbel En latin vulgaire la syntaxe de ce verbe a
‘recevoir par tradition’. Ce mot a d’abord dé- changé. Le c.o.d. est devenu sujet et le verbe
signé toute tradition doctrinale même biblique. est devenu intransitif : nomina illorum non po-
Ce n’est qu’à partir du XIIIe siècle que ce mot tuerunt capere in tabulis ‘leurs noms ne pu-
s’appliquera à des doctrines plus particulières rent contenir dans les registres’. C’est la cons-
de type ésotérique. truction retenue par l’espagnol : sus nombres
CABALGADURA, voir caballo. no pudieron caber en los registros.
CABALGAR, voir caballo. Dérivés : CUPO ‘quote-part’, ‘contingent,
CABALGATA, voir caballo. ‘quota’) provient du passé simple 3e personne
CABALLERÍA, voir caballo. du singulier de caber dans le sens de ‘échoir,
CABALLERO, voir caballo. revenir’ : lo que le cupo a cada uno ‘ce qui
CABALLETE, voir caballo. revint à chacun’.
CABALLO (‘cheval’), est issu du latin caballus CABEZA (‘tête’), est issu du latin capitia, dimi-
qui était une désignation péjorative : ‘mauvais nutif de caput, capitis ‘tête’. Le mot caput
cheval’, ‘cheval châtré’, ‘cheval de travail’. ayant donné cabo, l’espagnol a eu recours à
Ce mot s’est généralisé et a éliminé le latin une forme de diminutif pour éviter une homo-
classique equus. L’origine de caballus reste nymie. Le contenu diminutif a totalement dis-
obscure. paru. La forme latine testa (voir ce mot) ne
Dérivés : CABALGADURA ‘monture’. CABAL- s’est conservée que dans l’expression testa
GAR ‘chevaucher’ (latin vulgaire caballicare). coronada ‘tête couronnée’.
CABALGATA ‘cavalcade’, ‘chevauchée’ (de Dérivés : CABECEAR ‘hocher la tête’. CABE-
l’italien cavalcata). CABALLERÍA ‘monture’, CERA ‘chevet, tête du lit’ (médico de cabece-
‘cavalerie’, ‘chevalerie’. CABALLERO (latin ra ‘médecin traitant’). CABECILLA ‘chef de
caballarius) ‘chevalier’, ‘homme bien né’, file, meneur’ et ‘écervelé’ (suffixe péjoratif).
‘monsieur’ (appellation de courtoisie). CA- DESCABEZAR ‘décapiter’, ‘étêter’, ‘entamer,
BALLETE ‘chevalet, tréteau’. ENCABALGA- attaquer’. ENCABEZAR ‘être à la tête de’.
MIENTO ‘enjambement’ (poésie). CABINA (‘cabine’), est emprunté au français
CABAÑA (‘cabane’), est issu du bas latin capan- cabine d’origine mal établie. Ce mot est sans
na de même sens sans doute d’origine préro- doute apparenté à cabane. Voir gabinete.
mane. CABLE (‘câble’), est emprunté au français câble,
CABARÉ (‘cabaret’, ‘boîte de nuit’), est emprunté issu du bas latin capulum ‘corde’ dont les va-
au français cabaret lui-même emprunté au riantes sont cabulum et cablum.
moyen néerlandais cabaret (ou cabe- CABO (‘bout, ‘extrémité’ ; ‘cap’ [en géogra-
ret/cabret) ‘auberge’, ‘restaurant bon marché’. phie] ; ‘caporal’), est issu du latin caput ‘tête’.
CABECEAR, voir cabeza. Dérivés : ACABAR ‘achever, finir’ signifie lit-
CABECERA, voir cabeza. téralement ‘mener qqch jusqu’au bout’. ACA-
CABECILLA, voir cabeza. BADO ‘finition’ est le participe passé substan-
CABELLERA, voir cabello. tivé du verbe acabar (el acabado de un coche
CABELLO (‘cheveu’, ‘chevelure’), est issu du ‘la finition d’une voiture’). CABAL ‘parfait, ac-
latin capillus ‘cheveu’, ‘poil’ et ‘chevelure’ compli’ (un hombre cabal ‘un homme ac-
(valeur collective) d’origine mal établie. compli’).

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CABOTAJE (‘cabotage’), est emprunté au fran- CACIQUE (‘cacique’, ‘personnage influent’), est
çais cabotage, dérivé du verbe caboter emprunté à l’arawak cacique ‘chef de tribu’
d’origine obscure (peut-être apparenté à cap, qui est une langue indigène des Antilles.
c’est-à-dire ‘aller de cap en cap’, ‘longer les Dérivés : CACIQUISMO ‘influence excessive et
côtes’). arbitraire’. On se reportera au célèbre essai de
CABRA (‘chèvre’), est issu du latin capra fémi- Joaquín Costa, Oligarquía y caciquismo (pu-
nin de caper ‘bouc’. blié en 1901) où il dénonce l’absence de véri-
Dérivés : CABREARSE ‘se mettre en rogne’ table démocratie parlementaire en Espagne et
(sans doute à cause du caractère ombrageux de le pouvoir des oligarchies locales.
l’animal). CABRÍO dans macho cabrío ‘bouc’. CACOFONÍA (‘cacophonie’), est emprunté au
CABRÓN ‘bouc’ et, en langage vulgaire, ‘cocu’ grec kakophônia, substantif dérivé de kako-
(‘qui a des cornes’). CAPRICORNIO ‘capri- phônos ‘qui a une voix ou un son désa-
corne’, du latin capricornus, formé de caper gréable’, formé de kako(s)- ‘mauvais’ et de
‘bouc’ et cornu ‘corne’ (insecte à cornes). EN- phonê ‘voix, son’.
CABRITARSE ‘se cabrer’. CACHA (‘manche de couteau’ ; ‘fesse’ ; ‘joue’),
CABREARSE, voir cabra. est peut-être issu du latin vulgaire *cappula
CABRÍO, voir cabra. (latin classique capula), pluriel de capulum
CABRIOLA (‘cabriole’), est emprunté à l’italien ‘poignée, garde d’une épée’. Par analogie avec
capriola ‘femelle du chevreuil’ et, par méto- le manche d’un couteau qui est formé de deux
nymie, ‘bond, saut’. Ce mot est issu du bas la- plaques enserrant la lame, on est passé, dans la
tin capreola ‘chèvre sauvage’, dérivé de capra langue familière, aux sens de nalga ‘fesse’ et
‘chèvre’ (espagnol cabra). de carrillo ‘joue, bajoue’. Dans la langue po-
CABRIOLÉ (‘cabriolet’), est emprunté au fran- pulaire, estar cachas signifie ‘être costaud,
çais cabriolet dérivé de cabriole (littéralement musclé’.
‘voiture qui sautille, qui fait des cabrioles’ à Dérivés : CACHETE ‘joue, bajoue’ et ‘claque,
cause de sa légèreté). gifle’.
CABRÓN, voir cabra. CACHALOTE (‘cachalot’), serait emprunté au
CACA (‘caca’, ‘vice’, ‘cochonnerie’), est un mot portugais cachalote dérivé de cachola ‘grosse
de formation expressive dans le langage en- tête’ = mammifère marin à grosse tête. Cacho-
fantin par redoublement de syllabe (apparenté la est un mot de la famille du latin caput
au latin cacare ‘chier’). ‘tête’.
CACAHUETE (‘cacahuète’), d’abord sous la CACHARRO, voir cacho.
forme cacahuate, est emprunté au nahuatl CACHEAR (‘fouiller qqn’), est peut-être emprun-
(langue des Aztèques) tlalcacáuatl, formé de té au galicien cachear ‘chercher, fouiller’ en
tlalli ‘terre’ et de cacáuatl ‘cacao’ (littérale- particulier dans le langage des douaniers sur-
ment ‘cacao de la terre’). veillant la frontière entre la Galice et le Portu-
CACAO (‘cacao’), est emprunté au nahuatl (az- gal.
tèque) cacáua(tl) de même sens. Dérivés : CACHEO ‘fouille corporelle’.
CACAREADO, voir cacarear. CACHIVACHE, voir cacho.
CACAREAR (‘caqueter’ et ‘crier sur les toits’), CACHO (‘morceau’), est peut-être issu du latin
est un mot d’origine expressive, onomato- vulgaire cacculus altération de caccabus
péique censé évoquer le piaillement de cer- ‘marmite, chaudron’. De l’idée de récipient
tains oiseaux. Ce mot a un radical qui rappelle (pot, poterie), on est passé au sens de récipient
les formes latines cacillare ‘caqueter’ et caca- cassé puis à l’acception générale de ‘morceau’
bare ‘crier (pour un oiseau)’. (un cacho de pan ‘un morceau de pain’).
Dérivés : CACAREADO ‘vanté, rebattu’. Dérivés : CACHARRO ‘pot’, ‘poterie’ ; ‘tes-
CACERÍA, voir cazar. son’ ; ‘machin, truc’, ‘affaires’ ; ‘tacot, guim-
CACEROLA (‘casserole’), est emprunté au fran- barde’. Ce mot est devenu un mot fourre-tout
çais casserole dérivé (avec suffixe diminutif) (palabra baúl ou palabra ómnibus en espa-
de casse ‘récipient en forme de cuillère’, lui- gnol) désignant de manière plus ou moins pé-
même emprunté à l’ancien provençal cassa jorative — à partir de l’acception ‘tesson,
‘récipient’, ‘grande cuillère’ (latin médiéval morceau’ — toutes sortes d’objets : les af-
cattia ‘creuset’). faires de qqn, les ustensiles de cuisine, une

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vieille voiture et plus familièrement un ‘ma- métonymie — le sens de ‘partie du corps que
chin’, un ‘truc’. CACHIVACHE ‘ustensile, réci- l’on pose sur un siège’ c’est-à-dire le posté-
pient’, ‘babiole’, ‘truc, machin’ est un mot de rieur puis il a désigné les hanches. Le mot
formation expressive obtenu par réduplica- cátedra ‘chaire’ (clase ex cátedra ‘cours ma-
tion : cachi-bachi (avec changement de la gistral’) est le traitement savant du latin ca-
première consonne). thedra.
CACHONDEZ, voir cachorro. CADUCAR, voir caduco.
CACHONDO, voir cachorro. CADUCO (‘caduc’, ‘périmé’, ‘révolu’), est em-
CACHORRO (‘chiot’, ‘petit d’un animal’), est prunté au latin caducus ‘qui tombe’ ou ‘qui est
d’origine mal établie. Ce mot est peut-être le tombé’, ‘fragile, périssable’, adjectif dérivé de
dérivé d’une forme primitive (cacho) signi- cadere ‘tomber’.
fiant ‘jeune chien’, ‘petit d’un animal’ et issue Dérivés : CADUCAR ‘être périmé, expirer’.
du latin vulgaire cattulus ‘petit chien’, ‘petit CAER (‘tomber’), est issu du latin cadere de
d’un animal quelconque’. Aujourd’hui cacho même sens.
désigne un poisson, le barbeau, dont les bar- Dérivés : CADENCIA ‘cadence’ est emprunté à
billons rappellent ceux de certains chiens. l’italien cadenza ‘rythme’. CAÍDA ‘chute’. DE-
Dérivés : CACHONDEZ ‘rut’, ‘sensualité, lasci- CADENCIA est emprunté au français décadence
vité’ (dérivé de cacho). CACHONDO ‘en cha- (latin médiéval decadentia, participe présent
leur, en rut’, provient de cachiondo formé au neutre pluriel de decadere, français ‘dé-
avec cacho et le suffixe -ondo(a) de verrion- choir’).
do(a) adjectif signifiant ‘en chaleur’ et CAFÉ (‘café’ [la boisson et l’établissement]), est
s’appliquant particulièrement aux porcs (du emprunté au turc qahve, lui-même emprunté à
latin verres ‘verrat, porc’). l’arabe qahwa ‘liqueur apéritive’. Il est pro-
CADA (‘chaque’), est issu du latin vulgaire cata, bable que l’italien des ambassadeurs vénitiens
lui-même issu de la préposition grecque kata caveé ou caffè a servi d’intermédiaire. Par mé-
signifiant ‘du haut de’, ‘conformément à’, tonymie, la boisson a aussi désigné le lieu où
‘vers le bas’ et employée avec une valeur dis- on l’absorbe puis, par extension, café a dési-
tributive dans des locutions adverbiales du gné le lieu où l’on consomme n’importe quelle
type kata trêis ‘de trois en trois’, ‘par trois’. boisson.
CADALSO (‘échafaud’), est emprunté à l’occitan Dérivés : CAFETERÍA (‘cafétéria, snack-bar’),
ancien cadafalcs, lui-même issu du latin vul- est originaire du Mexique où il désignait un
gaire catafalicum, croisement entre catasta salon de café. L’anglo-américain s’est emparé
‘estrade où l’on expose les esclaves à vendre’ de ce mot et lui a donné la signification plus
et fala ‘tour de défense en bois’. L’espagnol générale que nous lui connaissons aujourd’hui.
catafalco et le français ‘catafalque’ sont em- DESCAFEINADO ‘décaféiné’ et, au figuré,
pruntés à l’italien catafalco. ‘édulcoré’.
CADÁVER (‘cadavre’), est emprunté au latin CAFETERÍA, voir café.
cadaver ‘corps d’un homme mort’ que l’on CAGAR (‘chier’), est issu du latin cacare ‘éva-
évitait parfois d’employer à cause de sa crudi- cuer des excréments’, mot de formation ex-
té et que l’on remplaçait par corpus (euphé- pressive (langage des enfants).
misme). A rattacher à cadere ‘tomber’. Em- CAIMÁN (‘caïman’), est sans doute d’origine
ploi moderne et familier : un cadáver andan- caraïbe (acayuman).
do ‘un cadavre ambulant’. CAJA (‘boîte’), est issu du latin capsa ‘boîte,
CADENA (‘chaîne’), est issu du latin catena caisse’, sans doute par l’intermédiaire du cata-
d’origine inconnue. Emploi moderne : cadena lan caixa.
de peaje ‘chaîne (de télévision) payante’. Dérivés : CAJERO ‘caissier’ (cajero automáti-
Dérivés : DESENCADENANTE ‘facteur déclen- co ou permanente ‘distributeur automatique
chant’. DESENCADENAR ‘déchaîner’ et ‘dé- de billets’). CÁPSULA ‘capsule’ est issu de
clencher’. ENCADENAR ‘enchaîner’. capsula ‘petit coffret’, diminutif de capsa.
CADENCIA, voir caer. ENCAJAR ‘emboîter, encastrer’. ENCAJE ‘em-
CADERA (‘hanche’), est issu du latin vulgaire boîtement’ et ‘dentelle’.
cathegra, variante de cathedra ‘siège, chaire’. CAL (‘chaux’), est issu du latin vulgaire cals
En espagnol populaire, ce mot a pris — par (latin classique calx, calcis), probablement

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emprunté au grec khalix ‘caillou’, ‘pierre à ‘semblable’ sans doute issue de *cualaño qui
chaux’. serait un dérivé de cual ‘comme, tel que’.
Dérivés : CALCINAR ‘calciner’ (latin médiéval CALAR (‘traverser, transpercer’, ‘enfoncer’,
calcinare, dérivé de calx) : soumettre les ‘pénétrer’, ‘tremper’), est issu du latin tardif
pierres calcaires à l’action du feu pour en faire calare ‘faire descendre’.
de la chaux puis, par extension, porter un Dérivés : CALADERO ‘lieu de pêche’ c’est-à-
corps à très haute température pour le brûler dire ‘lieu où l’on fait descendre les filets’. CA-
complètement. LADO ‘tirant d’eau’.
CALABAZA (‘courge, citrouille’ ; ‘gourde, cale- CALAVERA (‘crâne’, ‘tête de mort’ et ‘noceur,
basse’), est peut-être d’origine préromane bambocheur’, ‘tête brûlée’), est issu du latin
(base supposée *calapaccia). calvaria ‘crâne’ dérivé de calvus ‘chauve’.
CALABOZO (‘cachot, geôle’), est sans doute issu Calvaria donne calvera. Un croisement avec
du latin vulgaire *calafodium, formé de cala le mot cadáver et ses dérivés pourrait expli-
d’origine préromane et signifiant ‘abri’ (fran- quer le passage de calvera à calavera. Le sens
çais ‘calanque’) et du latin vulgaire fodium de ‘noceur’ (un calavera) s’explique dans la
‘trou’ (fodere ‘fouir, creuser’). mesure où celui qui fait la bamboche creuse sa
Dérivés : ENCALABOZAR ‘mettre au cachot’. propre tombe.
CALADERO, voir calar. Dérivés : DESCALABRAR ‘blesser, casser la
CALADO, voir calar. tête’, ‘malmener, maltraiter’. DESCALABRO
CALAFATEAR (‘calfater’ et ‘calfeutrer’), est ‘échec’, ‘désastre’.
emprunté à l’arabe qalfata ‘rendre étanche (le CALCAR (‘calquer’, ‘décalquer’), est issu du
pont d’un navire)’, probablement emprunté au latin calcare ‘fouler’, ‘marcher sur qqch’, dé-
bas latin calefectare (latin classique calefacere rivé de calx, calcis ‘talon’. Par analogie avec
‘chauffer’) parce qu’on chauffe le goudron l’action de marcher sur qqch, ce verbe a dési-
pour rendre étanche le pont d’un navire. gné l’acte de calquer ou décalquer qui consiste
CALAMAR (‘calmar, encornet’), est emprunté à à appliquer un papier (calque) sur une surface
l’italien calamaro ‘écritoire portatif’, dérivé dont on veut reproduire un motif etc.
de calamo (latin calamus ‘roseau à écrire’, Dérivés : CALCO ‘calque’. INCULCAR ‘incul-
‘plume’). Le mollusque a été désigné ainsi (lit- quer’ (latin inculcare ‘faire pénétrer dans’).
téralement ‘encrier’, ‘écritoire’) en raison de RECALCAR ‘souligner, mettre l’accent sur, ap-
sa poche de liquide noirâtre qui fait penser à puyer’, formé avec le préfixe re- indiquant la
de l’encre qu’il disperse. répétition ou l’intensité (latin recalcare ‘fouler
CALAMBRE (‘crampe’), est issu probablement de nouveau avec les pieds’ et donc ‘répéter’).
du germanique kramp (allemand moderne CALCETÍN, voir calza.
krampf) de même sens. Évolution reconsti- CALCINAR, voir cal.
tuée : kramp > crambe > cambre > clambre CALCO, voir calcar.
> calambre. CALCULAR, voir cálculo.
CALAMIDAD (‘calamité’, ‘fléau’), est emprunté CÁLCULO (‘calcul’ [en mathématiques et en
au latin calamitas ‘fléau, désastre, ruine’ (en médecine]), est emprunté au latin calculus
particulier ‘fléau qui atteint les récoltes’) ‘caillou’, ‘boule pour voter ou compter’,
d’origine mal établie. ‘pion, jeton’ d’où le sens de ‘compte’ (‘faire
CALANDRIA (‘calandre’ [terme technique]), est des calculs’) et en médecine ‘pierre que l’on a
emprunté au français calandre, probablement dans la vessie’.
issu du bas latin colendra, adaptation — Dérivés : CALCULAR ‘calculer’.
d’après columna ‘colonne’ — du grec kulin- CALDEAR, voir caldo.
dros ‘cylindre’. Ce mot désigne une machine CALDERA, voir caldo.
formée de cylindres, de rouleaux servant à lis- CALDO (‘bouillon’), provient de l’ancien adjectif
ser les étoffes, à glacer les papiers et à fabri- caldo ‘chaud’ lui-même issu du latin calidus
quer des feuilles de caoutchouc. Il désigne de même sens. L’espagnol cálido ‘chaud’ est
aussi la garniture métallique placée devant le le traitement savant de calidus car la voyelle
radiateur d’une automobile. postonique interne -i- n’a pas chuté.
CALAÑA (‘nature’ ; ‘qualité’ ; ‘espèce, en-
geance’), provient de l’ancienne forme calaño

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Dérivés : CALDAR ‘chauffer’. CALDERA ‘chau- CÁLIZ (‘calice’), est emprunté au latin calix
dière’ (latin caldaria ‘chaudron, chaudière’). ‘coupe, vase à boire’ (apurar el cáliz hasta
ESCALDAR ‘échauder’. las heces, ‘boire le calice jusqu’à la lie’).
CALEFACCIÓN, voir caliente. L’acception ‘calice (d’une fleur)’ provient du
CALENDARIO (‘calendrier’), est issu du bas latin latin calyx ‘enveloppe de la fleur’. Calix et ca-
calendarium ‘registre où l’on inscrivait les lyx ont été confondus : l’enveloppe d’une fleur
dettes’, dérivé de calendae ‘premier jour du fait penser à une coupe (analogie de forme).
mois’, les intérêts de la dette étant payés le ‘Calice’ (d’une fleur) est alors considéré
premier jour du mois. comme une acception métaphorique de ‘ca-
CALENTAR, voir caliente. lice’ (coupe , vase).
CALENTURA, voir caliente. CALMA (‘calme’), est issu du grec kauma ‘cha-
CALIBRAR, voir calibre. leur brûlante’, dérivé de kaiein ‘brûler’. Le
CALIBRE (‘calibre’), est emprunté au français mot a d’abord désigné l’absence de vent en
calibre, lui-même emprunté à l’arabe qalib mer en périodes de fortes chaleurs (voir
‘moule où l’on verse les métaux’, ‘forme de l’expression la calma chicha ‘le calme plat’)
cordonnier’. Le mot arabe provient du grec ka- avant de s’appliquer par extension à toute ab-
lopous ‘forme en bois pour les chaussures’, sence de bruit, de mouvement et, par méta-
composé de kalon ‘bois’ et de pous ‘pied’. Le phore, à l’absence d’agitation chez une per-
mot s’est spécialisé pour désigner le diamètre sonne. En catalan et en portugais (calma),
intérieur d’un tube (le canon d’une arme à l’acception ‘chaleur’ est toujours vivante.
feu) : del calibre 22 ‘(arme) de calibre 22’ ; Dérivés : CALMANTE ‘calmant’. CALMAR
calibre grueso ‘gros calibre’. En français fa- ‘calmer’.
milier, un ‘calibre’ c’est-à-dire un revolver, un CALMANTE, voir calma.
pistolet, est une métonymie car l’arme est dé- CALMAR, voir calma.
signée par le diamètre de son canon. CALÓ (‘parler des gitans’) est issu du gitan
Dérivés : CALIBRAR ‘calibrer’. (c’est-à-dire le tzigane d’Espagne) caló signi-
CALIDAD, voir cual. fiant ‘gitan’.
CÁLIDO, voir caldo. CALOR, voir caliente.
CALIENTE (‘chaud’), est issu du latin calens, CALORÍA, voir caliente.
calentis ‘chaud, brûlant’, participe adjectif du CALUMNIA (‘calomnie’), est emprunté au latin
verbe calere ‘être chaud, être brûlant’. En es- calumnia ‘chicane, fausse accusation’ em-
pagnol, caliente signifie ‘qui a été chauffé’ ployé d’abord dans un contexte juridique. Ca-
(agua caliente, ‘eau chaude’). L’adjectif cáli- lumnia est sans doute tiré du vieux verbe dé-
do (voir ce mot) s’appliquera plutôt à ce qui ponent calvi ‘tromper, chicaner’ (en droit).
n’a pas été artificiellement chauffé : cli- Dérivés : CALUMNIAR ‘calomnier’.
ma/país cálido ‘climat/pays chaud’ ; CALUROSO, voir caliente.
voz/acogida cálida ‘voix chaude’/’accueil CALVARIO (‘calvaire’), est emprunté au latin
chaleureux’. ecclésiastique calvarium, dérivé de calva
Dérivés : CALEFACCIÓN ‘chauffage’ (latin ca- ‘crâne’. L’expression calvariae locus qui si-
lefactio dérivé de calefacere littéralement gnifiait littéralement ‘lieu du crâne’ était la
‘faire de la chaleur’, ‘chauffer’). CALENTAR traduction du grec kranion, lui-même traduit
‘chauffer’. CALENTURA ‘fièvre, température’. de l’hébreu Golgotha de même sens, nom de
CALOR ‘chaleur’. CALORÍA ‘calorie’ est un dé- la colline en forme de crâne au nord de Jérusa-
rivé tardif (XIXe siècle). CALUROSO ‘chaud, lem où le Christ fut crucifié.
chaleureux’. PRECALENTAMIENTO ‘préchauf- CALVICIE, voir calvo.
fage’. CALVO (‘chauve’), est issu du latin calvus de
CALIFICACIÓN, voir cual. même sens.
CALIFICAR, voir cual. Dérivés : CALVICIE ‘calvitie’ (du latin calvi-
CALIGRAFÍA (‘calligraphie’), est formé avec des ties ‘absence de cheveux’).
éléments d’origine grecque : kalli ‘beau’ et CALZA (‘chausse, bas’ [en vieil espagnol]), est
-graphos du verbe graphein ‘écrire’. Cali- issu du latin vulgaire calcea, féminin tiré de
grafía désigne donc l’art de bien former les calceus ‘chaussure’, dérivé de calx ‘talon’. Au
caractères d’écriture. contact des Germains qui portaient des bas, le

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mot latin calcea a évolué vers le sens de ‘lion qui se traîne à terre’, formé de leôn ‘lion’
‘guêtre couvrant à la fois le pied et la jambe’. et de khamai ‘à terre, sur terre’.
Au moyen âge, ce vêtement va recouvrir pro- CÁMARA (‘chambre’ ; ‘appareil-photo’, ‘camé-
gressivement le corps jusqu’à la ceinture. Au ra’), est issu du latin vulgaire camara (latin
XVIe siècle, ce vêtement qui tenait lieu à la classique camera ‘voûté’), lui-même emprunté
fois de bas et de culotte se divisera en deux au grec kamara ‘objet couvert par une voûte’.
parties : le haut-de-chausses (calzas en espa- L’espagnol a développé un sens technique :
gnol) et le bas-de-chausses (medias calzas) ‘appareil de photo’, ‘caméra’, ces deux appa-
qui donnera medias en espagnol après ellipse reils sont désignés par la ‘chambre (noire)’
du substantif calzas (‘bas’ en français). dans laquelle défile la pellicule (métonymie).
Dérivés : CALCETÍN ‘chaussette’, diminutif de Dérivés : CAMARADA ‘camarade’ a d’abord si-
calza. CALZÓN ‘culotte’. gnifié ‘chambrée’, ‘soldats dormant et man-
CALZADA (‘chaussée’), est issu du latin vulgaire geant dans la même chambre’. Le français
*calciata, substantivation d’un adjectif fémi- ‘camarade’ est un emprunt à l’espagnol. CA-
nin après ellipse du nom dans calciata via (lit- MARERO ‘camérier’ puis ‘valet de chambre’,
téralement ‘voix chaulée’). Calciata pourrait ‘garçon d’étage’ et ‘garçon de café’. CAMA-
provenir de calx, calcis ‘chaux’ car les Ro- RILLA avec suffixe diminutif péjoratif signifie
mains utilisaient un mortier à base de chaux ‘clan’, ‘coterie d’intrigants’, ‘groupe de pres-
pour construire certaines routes. sion, lobby’.
CALZADO, voir calzar. CAMARADA, voir cámara.
CALZAR (‘chausser’), est issu du latin calceare CAMARERO, voir cámara.
‘mettre des chausses’, dérivé de calceus ‘sou- CAMARILLA, voir cámara.
lier’. CAMARÓN (‘crevette’), provient du latin cama-
Dérivés : CALZADO ‘chaussure’, participe pas- rus ‘crevette’ ou ‘écrevisse’, lui-même issu du
sé devenu substantif de calzar. DESCALZAR grec kámmaros de même sens. La variante
‘déchausser’. vulgaire gambarus a donné la forme ancienne
CALZÓN, voir calza. gámbaro et gamba en catalan. C’est cette
CALLADO, voir callar. dernière forme qui est ensuite passée en castil-
CALLAR(SE) (‘se taire’), est issu du latin vul- lan moderne : gamba ‘grosse crevette rouge’.
gaire callare ‘baisser’, puis, par spécialisation CAMBIAR (‘changer’), est issu du latin tardif
sémantique, ‘baisser la voix’, ‘se taire’. cambiare ‘échanger, troquer’, sans doute em-
Dérivés : CALLADO ‘silencieux, discret, réser- prunté au gaulois.
vé’. Dérivés : CAMBIO ‘échange’, ‘change’, ‘chan-
CALLE (‘rue’), est issu du latin callis ‘sentier’ et gement’. CAMBISTA ‘agent de change, cam-
plus particulièrement ‘sentier emprunté par les biste’. RECAMBIO ‘rechange’, ‘recharge’ (pie-
troupeaux’. En vieil espagnol, calle a eu le za de recambio ‘pièce de rechange’, ‘pièce
sens de ‘chemin étroit entre deux murs’. détachée’ ; rueda de recambio ‘roue de se-
Dérivés : CALLEJA ‘ruelle’. CALLEJÓN ‘ruelle, cours’).
passage’ (callejón sin salida ‘impasse, cul-de- CAMBIO, voir cambiar.
sac’). Le suffixe -ón joue ici le rôle d’un di- CAMBISTA, voir cambiar.
minutif et non pas celui d’un augmentatif (voir CAMELAR (‘baratiner, faire du boniment’), est
aussi à ce sujet ratón ‘souris’, perro rabón d’origine incertaine, peut-être issu du gitan
‘chien sans queue’, plumón ‘duvet’, anadón camelar ‘aimer, rendre amoureux’ d’où ‘tenir
‘caneton’). ENCALLAR ‘s’échouer’, ‘échouer’. des propos galants, séduire’ et, familièrement,
Ce verbe rappelle le sens primitif de calle ‘baratiner (une femme)’.
(idée de resserrement et d’obstruction). Dérivés : CAMELO ‘galanterie’, ‘baratin’.
CAMA (‘lit’), est d’origine incertaine, sans doute CAMELLO (‘chameau’), est issu du latin camel-
préromane (latin d’Espagne cama ‘couche à lus lui-même emprunté au grec kamelos. Au-
même le sol’). jourd’hui camello désigne aussi par méta-
CAMALEÓN (‘caméléon’), est emprunté, par phore celui qui transporte de la drogue, un
l’intermédiaire du latin chamaleon, au grec dealer.
khamaileôn signifiant littéralement ‘lion nain’, CAMINAR, voir camino.
CAMINATA, voir camino.

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CAMINO (‘chemin’), est issu du latin vulgaire kampjo ‘combattant dans un duel judiciaire’.
*camminus d’origine celtique. Ce mot est formé à partir de kamp ‘lieu du
Dérivés : CAMINAR ‘cheminer’. CAMINATA combat’ et il est emprunté au latin campus
‘randonnée, grande balade’ (de l’italien cam- ‘champ (de Mars)’ où l’on instruisait les sol-
minata). DESCAMINAR ‘égarer, fourvoyer’. dats romains d’origine germanique.
ENCAMINAR ‘diriger, orienter, tendre’. Dérivés : CAMPEONATO ‘championnat’.
CAMIÓN (‘camion’), est emprunté au français CAMPESINO, voir campo.
camion d’origine incertaine (bas latin chamul- CAMPO (‘champ’, ‘campagne’), est issu du latin
cus ‘chariot bas’ ?). Aujourd’hui, dans la campus mot désignant à l’origine la plaine par
langue très familière et vulgaire, camión de opposition à mons ‘montagne’. Le sens de
même que tren et monumento sont des ‘plaine’ ayant été dévolu au mot plana (espa-
termes ‘élogieux’ s’appliquant à une femme ! : gnol planicie et llanura), campus s’est spécia-
estar como un camión / un tren ‘être vache- lisé dans le sens de ‘plaine cultivée’ d’où
ment bien roulée’. ‘champ’ et ‘campagne’.
Dérivés : CAMIONERO ‘routier, camionneur’. Dérivés : CAMPAMENTO ‘campement’. CAM-
CAMIONERO, voir camión. PESINO ‘paysan’. CAMPOSANTO ‘cimetière’.
CAMISA (‘chemise’), est issu du bas latin cami- CAMPUS (d’une université) est un mot anglo-
sia emprunté au gaulois ou au germanique. américain emprunté au latin campus et redif-
Dérivés : CAMISETA ‘chemisette’, ‘tricot de fusé en Europe avec le sens de ‘domaine uni-
corps’, ‘maillot’. DESCAMISADO ‘sans che- versitaire’. DESCAMPADO dans l’expression en
mise’, ‘déguenillé’, ‘va-nu-pieds’. Descami- descampado ‘en rase campagne’.
sados est le nom donné aux libéraux en Es- CAMUFLAR (‘camoufler’), est emprunté soit à
pagne lors de la révolution de 1820. En Ar- l’italien camuflare ‘travestir, rendre mécon-
gentine, c’était le nom des partisans du général naissable’, soit au français camoufler formé
Perón. sur le radical de camouflet au sens ancien de
CAMORRA (‘bagarre, querelle, noise’), est ‘fumée épaisse’, d’où le sens de ‘dissimuler’.
d’origine incertaine. L’italien camòrra ‘asso- CAN (‘chien’), est issu du latin canis de même
ciation de malfaiteurs’ a été emprunté à sens.
l’espagnol au XVIIIe siècle. Joan Corominas Dérivés : CANALLA ‘canaille’, est emprunté à
pense que l’espagnol camorra pourrait prove- l’italien canaglia ‘troupe de chiens’, dérivé
nir du bas latin chimorrea pour désigner une avec un suffixe péjoratif de cane ‘chien’.
maladie convulsive affectant les troupeaux de CANÍCULA ‘canicule’ est emprunté au latin ca-
moutons (la modorra, ‘le tournis’). A partir nicula (littéralement ‘petite chienne’). Ce mot
de la notion de convulsion, d’agitation on se- a été utilisé en astronomie pour désigner la
rait passé à celle de ‘bagarre, querelle’. constellation du chien et en particulier l’étoile
CAMPAMENTO, voir campo. de Sirius. Par métonymie, canicula a fini par
CAMPANA (‘cloche’), est issu du latin tardif désigner la période durant laquelle cette étoile
campana ‘cloche’ qui provient peut-être de se levait et se couchait en même temps que le
l’abréviation de vasa campana ‘vases de soleil, c’est-à-dire en périodes de fortes cha-
Campanie’, région où l’on fabriquait un leurs. Le mot est aujourd’hui complètement
bronze de très bonne qualité. En français, démotivé. CANICHE (ou perro de lanas) ‘ca-
‘campanule’ provient de campanula (‘petite niche’. CANIJO ‘malingre, chétif’ provient
cloche’) diminutif de campana et désigne une probablement du latin canicula sans doute
plante dont les fleurs sont en forme de clo- parce que les chiens abandonnés ont
chettes. Campana extractora ‘hotte aspi- l’habitude de souffrir de la faim (vida perra,
rante’. ‘vie de chien’ ; hambre canina, ‘faim de
Dérivés : ACAMPANADO dans pantalón loup’). ENCANALLARSE ‘s’encanailler’.
acampanado ‘pantalon patte d’éléphant’. CANA, voir cano.
CAMPANARIO ‘clocher’. CANAL (‘canal’ et ‘chenal’), est issu du latin
CAMPANARIO, voir campana. canalis ‘tuyau’, ‘tube’, ‘conduite d’eau’, déri-
CAMPAÑA, voir campo. vé de canna ‘canne, roseau’.
CAMPEÓN (‘champion’), est emprunté à l’italien Dérivés : CANALIZAR ‘canaliser’.
campione, lui-même issu du germanique CANALLA, voir can.

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CANAPÉ (‘canapé’), est emprunté au français Dérivés : CANCIONERO ‘recueil de poésies ly-
canapé issu du latin tardif canapeum (‘mous- riques, chansonnier’.
tiquaire’, d’où ‘sorte de lit entouré d’une CANCHA (‘terrain de sports’, ‘fronton’, ‘court de
moustiquaire’) lui-même emprunté au grec tennis’) est issu du quechua (langue des Incas)
kônôpeôn de même sens, dérivé de konops cancha ‘enceinte, cour, palissade’.
‘moustique’. Le meuble avec le sens que nous CANDADO (‘cadenas’), est issu du bas latin
lui connaissons aujourd’hui apparaît au XVIIe catenatum ‘chaîne servant à fermer un accès’,
siècle. neutre substantivé de l’adjectif catenatus ‘en-
CANASTA(O), voir canastillo. chaîné’, dérivé de catena ‘chaîne’ (espagnol
CANASTILLO (‘corbeille’), est issu du latin cadena). L’arceau métallique du cadenas est
canistellum diminutif de canistrum ‘panier, comparé à une chaîne.
corbeille’. CANDEAL (dans les expressions pan / trigo
Dérivés : CANASTA et CANASTO ont été obte- candeal : ‘pain blanc / froment’), est un dérivé
nus par dérivation régressive à partir de ca- du latin candidus ‘blanc’.
nastillo. Canasto désigne une corbeille alors CANDELA (‘chandelle’), est issu du bas latin
que canasta désigne une corbeille de plus candela de même sens, dérivé du verbe can-
grande taille. Sur l’opposition entre masculin dere ‘brûler’.
et féminin en espagnol (banco/banca ; Dérivés : CANDELABRO ‘candélabre’. CANDE-
ratón/rata etc.), on se reportera à Michel Bé- LERO ‘chandelier’. ENCANDILAR ‘éblouir’.
naben, Manuel de linguistique espagnole, CANDELABRO, voir candela.
Ophrys, 1994 (pp. 40 et 41). CANDENTE, voir cándido.
CANCELACIÓN, voir cancelar. CANDIDATO, voir cándido.
CANCELAR (‘annuler’), est emprunté au latin CANDIDEZ, voir cándido.
cancellare qui signifie ‘disposer en treillis’ et CÁNDIDO (‘candide, naïf’), est emprunté au latin
‘barrer (en donnant l’aspect d’un treillis)’, candidus ‘blanc éclatant’ (neige), ‘loyal’,
d’où ‘rayer’, ‘raturer’ et donc ‘supprimer, an- ‘limpide’, ‘sans détours’, dérivé de candere
nuler’ Cancellare est dérivé de cancellus ‘brûler’, ‘être chauffé à blanc’ et ‘être d’une
‘grille’, ‘barreau’. blancheur éclatante’. Le sens initial de cándi-
Dérivés : CANCELACIÓN ‘annulation’. do (blanc éclatant) a disparu au profit du sens
CÁNCER (‘cancer’), vient du latin cancer, cancri figuré (‘spontané, sincère’), puis il s’est appli-
‘crabe’, ‘écrevisse’, ‘constellation du Cancer’ qué de manière péjorative à une personne pure
et ‘tumeur, chancre’. Le mot latin est la tra- et naïve.
duction du grec karkinos ‘crabe’, ‘pinces’ et Dérivés : CANDENTE ‘incandescent’ et, au sens
‘chancre’. Cette maladie étant comparée à un figuré, ‘brûlant, grave’ (un tema candente,
crabe qui détruirait les tissus avec ses pinces. ‘un sujet brûlant’). CANDIDATO (‘candidat’),
Voir aussi chancro ‘chancre’. participe passé du verbe candidare, signifie
Dérivés : CANCERÍGENO ‘cancérigène’. CAR- littéralement ‘vêtu de blanc’ car celui qui bri-
CINOMA ‘carcinome, tumeur’, du grec karki- guait une fonction était revêtu d’une toge
noma dérivé de karkinos ‘crabe’. blanche (toga candida). CANDIDEZ ‘candeur’.
CANCILLER (‘chancelier’), est issu du bas latin CANDOR ‘candeur’, du latin candor ‘blancheur
cancellarius littéralement ‘préposé à la grille’, éclatante’ et, dans le domaine moral, ‘pureté’,
‘huissier’, ‘portier’, dérivé de cancellus probité’. INCANDESCENTE ‘incandescent’.
‘grille’. Canciller provient sans doute d’un CANDIL (‘lampe à huile’), est issu de l’arabe
croisement entre cancelario (issu de cancella- qandîl de même sens, issu lui-même du grec
rius) et chanciller (emprunté au français médiéval kandili, emprunté au latin candela
chancelier). Aujourd’hui canciller désigne le ‘chandelle’.
premier ministre allemand (El canciller Hel- CANDOR, voir cándido.
mut Kohl). CANELA (‘cannelle’), est emprunté à l’italien
CANCIÓN (‘chanson’), est issu du latin cantio, cannella diminutif de canna ‘canne, roseau’
cantionem ‘chant (d’un humain ou d’un ins- parce qu’en séchant, l’écorce de la cannelle
trument)’, formé sur le supin (cantum) du s’enroule sous la forme de petits tuyaux.
verbe canere ‘chanter’.

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CANGREJO (‘crabe’ et ‘écrevisse’), représente le Dérivés : CANÓNICO ‘canonique’ (latin cano-


diminutif de l’ancienne forme cangro issue du nicus ‘conforme aux règles, régulier’). CANO-
latin cancer ‘crabe’ ‘écrevisse’. NIZAR ‘canoniser’.
CANGURO (‘kangourou’ et ‘baby-sitter’), est CANOSO, voir cano.
emprunté à l’anglais kangaroo (vieil anglais CANSADO, voir cansar.
kangooroo), lequel est repris à une langue in- CANSANCIO, voir cansar.
digène d’Australie. Aujourd’hui l’espagnol CANSAR(SE) (‘[se] fatiguer’), est d’origine mal
emploie canguro pour désigner aussi une per- établie, probablement issu du latin campsare,
sonne qui fait la baby-sitter (comme le kan- terme de marine signifiant ‘doubler un cap’,
gourou porte son petit dans sa poche ventrale). ‘tourner’, ‘se détourner de sa route’. Cansar a
CANÍBAL (‘cannibale’), est emprunté à l’arawak d’abord signifié au moyen âge ‘cesser,
caniba(l) qui désignait les indiens caraïbes des s’arrêter’ avant de prendre l’acception que
Antilles. On pense que caniba(l) serait une al- nous lui connaissons aujourd’hui : ‘s’arrêter
tération de cariba(l) ‘caraïbe’, adjectif signi- de fatigue’ = ‘se fatiguer’.
fiant ‘hardi, sage, brave’ et que les indigènes Dérivés : CANSADO ‘fatigué’ et ‘fatigant’ (par-
utilisaient pour parler d’eux-mêmes. ticipe passé à la fois passif et actif). CANSAN-
Dérivés : CANIBALISMO ‘cannibalisme’. Ce CIO ‘fatigue’. DESCANSAR ‘se reposer’. DES-
mot s’emploie aussi en marketing pour dési- CANSO ‘repos’.
gner l’auto-concurrence ou la ‘cannibalisation’ CANTAUTOR, voir cantar.
par exemple lorsqu’un même groupe de presse CANTANTE, voir cantar.
publie un livre existant déjà sous une autre CANTAR (‘chanter’), est issu du latin cantare,
présentation et traitant sensiblement du même fréquentatif (forme intensive) de canere
sujet. ‘chanter’.
CANICA (‘bille’), est emprunté au béarnais ca- Dérivés : CANTANTE ‘chanteur’. CANTAR
nique lui-même emprunté au néerlandais knik- ‘chanson (de geste)’, infinitif complètement
ker (allemand knicken ‘casser’, ‘écraser’). substantivé (El cantar de los cantares, ‘le
CANICHE, voir can. cantique des cantiques’). CANTAUTOR ‘chan-
CANIJO, voir can et canícula. teur-compositeur’. CANTE ‘chant populaire
CANINO, voir can. (cante hondo). ENCANTAR ‘enchanter’.
CANJE (‘échange’), provient de l’ancien verbe CÁNTARA, voir cántaro.
canjar ‘changer’, ‘échanger’, emprunté à CÁNTARO (‘cruche’), provient du latin cantha-
l’italien cangiare, lui-même issu du latin cam- rus ‘coupe, vase à anses’.
biare ‘échanger, changer’. Dérivés : CÁNTARA ‘grande cruche’. Voir ca-
Dérivés : CANJEAR ‘échanger’. nastillo à propos de l’opposition mascu-
CANO (‘blanc’, ‘chenu’), est issu du latin canus lin/féminin en espagnol.
‘blanc’ et ‘vénérable’, ancien adjectif propre à CANTERA, voir canto (3).
la langue poétique, surtout appliqué aux che- CANTIDAD, voir cuanto.
veux et moins général que albus et candidus. CANTIL (‘falaise’), est un dérivé de canto (2)
Dérivés : CANA ‘cheveu blanc’ est le féminin ‘coin, angle droit’.
obtenu à partir de l’adjectif cano après subs- Dérivés : ACANTILADO ‘falaise’.
tantivation. CANOSO ‘chenu’. ENCANECER CANTINA (‘cantine’, ‘cave’), est emprunté à
‘blanchir, grisonner, vieillir’. l’italien cantina ‘cave, cellier’, dérivé de canto
CANOA (‘canoë’), provient de l’arawak (langue ‘angle’, ‘coin retiré’, ‘débarras’.
indienne des Bahamas) canoa. CANTO (1) (‘chant’), est issu du latin cantus, de
CANON (‘canon’, ‘précepte’), est emprunté au canere ‘chanter’.
latin canon ‘modèle, règle’ (dans les arts, dans CANTO (2) (‘coin’, ‘arête’, ‘bord’, ‘tranche’,
la langue administrative et juridique, en reli- ‘côté’, ‘extrémité’), est issu du latin cant(h)us
gion). Le latin canon est emprunté au grec ka- ‘cercle de fer’, ‘bande qui entoure la roue’,
nôn dont le sens initial est ‘baguette droite’ ‘jante de métal’ d’origine mal établie. El can-
d’où le sens figuré de ‘norme, modèle, règle à to de una moneda / de un libro : ‘la tranche
suivre’ (une règle sert à tracer une ligne droi- d’une pièce / d’un livre’.
te). CANTO (3) (‘caillou, pierre’, ‘galet’), est
d’origine mal établie.

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Dérivés : CANTERA ‘carrière (de pierre)’ et, au CAPAZ (‘capable’), est emprunté au latin capax,
figuré, ‘pépinière, vivier’ (cantera de artis- capacis ‘qui peut contenir’, ‘habile à’, dérivé
tas, ‘pépinière d’artistes’). de capere ‘prendre, recevoir’.
CAÑA (‘roseau’, ‘ligne’), est issu du latin canna Dérivés : CAPACIDAD ‘capacité’ (latin capaci-
‘canne, jonc, roseau’. tas ‘faculté de contenir’, ‘réceptacle’, ‘apti-
Dérivés : CAÑAVERAL ‘plantation de canne à tude à’). CAPACITACIÓN ‘formation’, ‘qualifi-
sucre’. CAÑO ‘tuyau, tube’, ‘égout’. CAÑÓN cation’ (escuela de capacitación profesional,
‘canon’ (tube à lancer des projectiles). CAÑO- ‘école de formation professionnelle’). CAPA-
NERA dans política de la cañonera ‘politique CITADO ‘qualifié’. CAPACITAR (dérivé tardif,
de la canonnière’. fin du XIXe siècle) ‘former, instruire, prépa-
CÁÑAMO (‘chanvre’), est issu du latin vulgaire rer’.
cannabum, altération de cannabis ‘chanvre’, CAPEAR, voir capa.
lui-même calqué sur le grec kannabis ‘plante CAPILLA (‘chapelle’), est issu du latin vulgaire
textile’. Aujourd’hui, cáñamo índico cappella, diminutif de cappa ‘manteau à ca-
(‘chanvre indien’ ou ‘cannabis’) désigne la puchon’, qui désignait le morceau de manteau
plante de la même famille permettant de pro- que Saint Martin donna à un pauvre. Une cha-
duire un stupéfiant. pelle (capilla) fut donc construite pour con-
CAÑAVERAL, voir caña. server la relique.
CAÑO, voir caña. CAPITAL ([adjectif et substantif] ‘capital, essen-
CAÑÓN (‘canon’), voir caña. tiel’ ; ‘capital’ [terme de commerce] ; ‘capi-
CAÑÓN (‘défilé’, ‘cañon’ ou ‘canyon’), est tale’ [ville]), est emprunté au latin capitalis
d’origine mexicaine et nord-américaine. On ‘qui concerne la tête’ ou ‘qui peut coûter la
peut penser que cañón est le dérivé augmenta- tête’, dérivé de caput, capitis ‘tête’. Espagnol
tif de caña (‘gros tube, gros tuyau’). Cepen- moderne : pena capital ‘peine capitale / peine
dant, la forme primitive étant callón, Coromi- de mort’. Madrid (ciudad) capital de Espa-
nas considère qu’il s’agit plutôt d’un dérivé de ña (‘la capitale’, après ellipse du substantif
calle (dans son ancienne acception de ‘chemin ciudad). Dans le sens économique (los capi-
étroit’), du latin callis ‘piste de troupeaux, tales ‘les capitaux’), il s’agit d’un emploi
sentier tracé par les animaux’ (voir calle). substantivé de l’adjectif capital qui est peut-
CAOS (‘chaos’), est emprunté au latin chaos lui- être emprunté à l’italien capitale signifiant
même emprunté au grec khaos ‘gouffre, ‘partie principale d’un bien financier’ par rap-
abîme’, ‘espace infini’ et désignant le premier port aux intérêts qu’il rapporte’.
état de l’univers avant la naissance des dieux. Dérivés : CAPITALISMO ‘capitalisme’. CAPI-
Dérivés : CAÓTICO ‘chaotique’, sans doute TALISTA ‘capitaliste’.
emprunté au français. CAPITÁN (‘capitaine’), est emprunté au bas latin
CAPA (‘cape’ et ‘couche’ [de peinture, d’ozone capitaneus, adjectif signifiant ‘important, qui
etc.]), est emprunté au latin tardif cappa ‘man- domine’, puis substantivé au sens de ‘chef mi-
teau à capuchon’ d’origine inconnue. litaire’, dérivé de caput ‘tête’.
Dérivés : CAPEAR ‘surmonter, se tirer de’, ‘se CAPÍTULO (‘chapitre’), est issu du latin capitu-
mettre à la cape’ (c’est-à-dire en terme de ma- lum, diminutif de caput ‘tête’ : capitulum si-
rine ‘dériver en baissant la voilure’ ; ‘cape’ = gnifiait ‘petite tête’ ou ‘tête’ mais aussi ‘cha-
la grande voile). CAPOTE ‘capote’ et ‘cape’ en piteau’ et , au sens figuré, ‘partie, division (es-
tauromachie. ENCAPOTAR(SE) ‘se couvrir’ (en sentielle) d’un ouvrage’, ‘chapitre’. Coromi-
parlant du ciel). nas voit dans capitulum la lettre capitale qui
CAPACIDAD, voir capaz. commençait tout chapitre.
CAPACITAR, voir capaz. Dérivés : RECAPITULAR ‘récapituler’, du bas
CAPACITADO, voir capaz. latin recapitulare, littéralement ‘reprendre à la
CAPACITACIÓN, voir capaz. tête, au début’ d’où ‘résumer, reprendre’.
CAPAR, voir capón. CAPÓN (‘chapon’), est issu du bas latin cappo,
CAPATAZ (‘contremaître’), est un dérivé du latin variante de capo, caponis ‘chapon, coq châ-
caput ‘tête’, peut-être par l’intermédiaire de tré’. Ce mot est sans doute apparenté à la ra-
l’occitan ancien captàs/captan signifiant ‘ca- cine indoeuropéenne (s)kap- ‘couper’, ‘tran-
pitaine’. cher’.

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Dérivés : CAPAR ‘châtrer, castrer’ (voir cas- Dérivés : CARACOLEAR ‘caracoler’, terme
trar). d’équitation signifiant ‘faire des voltes, des
CAPOTE, voir capa. sauts’, répandu ensuite dans l’usage courant
CAPRICORNIO, voir cabra. au sens de ‘courir en sautant, en gambadant’.
CAPRICHO (‘caprice’), est emprunté à l’italien CARACOLEAR, voir caracol.
capriccio altération de caporiccio, formé de CARÁCTER (‘caractère’), est emprunté au latin
capo ‘tête’ et de riccio ‘frisé’ = ‘tête frisée, character ‘fer à marquer les bestiaux’,
hérissée’. Ce mot a signifié ‘frisson d’horreur’ ‘marque au fer’, ‘particularité d’un style’ et
(les cheveux se dressent sur la tête sous l’effet ‘manière d’être, comportement’, lui-même is-
de la peur) puis ‘idée soudaine et bizarre qui su du grec kharakter ‘graveur de monnaie’
monte à la tête’. et enfin ‘œuvre d’art puis ‘signe gravé, marque’ et enfin ‘marque,
s’écartant des règles classiques’. signe de caractère, manière d’être’.
Dérivés : CAPRICHOSO ou CAPRICHUDO ‘ca- Dérivés : CARACTERÍSTICO ‘caractéristique’
pricieux’. ENCAPRICHARSE ‘s’entêter, se (adjectif et substantif) est emprunté au grec
mettre dans la tête’, ‘s’enticher de’. kharakteristikos ‘qui sert à distinguer’.
CAPRICHOSO, voir capricho. CARACTERÍSTICO, voir carácter.
CAPRICHUDO, voir capricho. CARÁMBANO (‘glaçon’), est issu du latin vul-
CÁPSULA, voir caja. gaire calamulus, diminutif de calamus ‘canne,
CAPTAR (‘capter’ ; ‘saisir, comprendre’), est roseau’ par analogie de forme entre la stalac-
emprunté au latin captare ‘chercher à saisir’, tite de glace et le roseau : calamulus > calam-
‘convoiter’, dérivé fréquentatif (ou itératif) de blo > caramblo > carámbalo > carámbano.
capere ‘prendre’. CARAMELO (‘bonbon’), est emprunté au portu-
CAPTURA (‘capture’ et ‘prise’), est emprunté au gais caramelo ‘caramel’ et ‘glaçon’, proba-
latin captura ‘action de prendre’, dérivé de blement issu du bas latin calamellus, diminutif
capere ‘prendre’. Par métonymie (déplace- de calamus ‘roseau’ (analogie de forme entre
ment de sens ou contiguïté de sens), on passe le sucre durci, caramélisé, le glaçon de forme
de ‘action de prendre’ à ‘ce qui est pris’ c’est- allongée et la tige du roseau). Voir carámba-
à-dire ‘prise (à la pêche ou à la chasse)’. no ‘glaçon’. En espagnol, bombón signifie
Dérivés : CAPTURAR ‘capturer’. ‘bonbon au chocolat’.
CAPTURAR, voir captura. Dérivés : ACARAMELARSE ‘être tout sucre et
CARA (‘visage’), provient sans doute du grec tout miel’, ‘faire les yeux doux’.
kara ‘tête’. CARAVANA (‘caravane’, ‘file’), a été emprunté à
Dérivés : CAREARSE ‘avoir une explication la faveur des croisades, par l’intermédiaire de
avec qqn’. CARETA ‘masque’ (careta antigás, l’arabe, au persan karwan ‘file de chameaux’,
‘masque à gaz’). DESCARADO ‘insolent, ef- ‘troupe de voyageurs’.
fronté’. DESCARO ‘insolence, impudence’. EN- CARBÓN (‘charbon’), est issu du latin carbo,
CARAR ‘affronter’. carbonis ‘ce qui résulte de la combustion’,
CARABINA (‘carabine’), est emprunté au français ‘charbon de bois’.
carabine c’est-à-dire l’arme (l’arquebuse) des Dérivés : CARBÓNICO ‘carbonique’ (gas
carabins, soldats de cavalerie légère. Ce mot carbónico). CARBONIZAR ‘carboniser’. CAR-
est d’origine incertaine (altération de escarra- BONO ‘carbone’. CARBURO, ‘carbure’, a été
bin ‘ensevelisseur de pestiférés’ ?). En fran- formé tardivement (1865) avec le suffixe -uro
çais, le mot ‘carabin’ s’est ensuite appliqué (voir cloruro ‘chlorure’, bromuro ‘bromure’
ironiquement au XVIIe siècle aux chirurgiens etc.). De carburo dérivent CARBURAR ‘carbu-
dont les patients mouraient aussi vite que s’ils rer’, CARBURANTE ‘carburant’ et CARBURA-
avaient été entre les mains des soldats cara- DOR ‘carburateur’.
bins ! Aujourd’hui, ‘carabin’ s’applique à un CARBÓNICO, voir carbón.
étudiant en médecine. CARBONIZAR, voir carbón.
CARACOL (‘escargot’), est d’origine incertaine, CARBONO, voir carbón.
peut-être emprunté à l’occitan cagarol (ca- CARBURADOR, voir carbón et carburo.
gouille en parler régional) issu du croisement CARBURANTE, voir carbón et carburo.
entre le latin conchylium ‘coquille’ et le grec CARBURAR, voir carbón et carburo.
kaklex ‘petit caillou de rivière’.

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CARCAJADA (‘éclat de rire’), est un mot de CARENCIA, voir carecer.


formation expressive, onomatopéique comme CARESTÍA (‘disette’, ‘pénurie’, ‘cherté’), est issu
en portugais (gargalhada). du bas latin caristia ‘manque de vivres’ dont
CÁRCEL (‘prison’), est issu du latin carcer après l’origine n’est pas établie. Peut-être en relation
dissimilation : r...r = r...l. avec caro ‘cher’ comme le français ‘cherté’
Dérivés : CARCELARIO ‘carcéral’. CARCELERO est adapté du latin caritas ‘affection, ten-
‘gardien de prison’. ENCARCELAR ‘incarcérer’. dresse’ et ‘prix élevé’ d’après ‘cher’ (‘chéri,
EXCARCELAR ‘libérer de prison’. aimé’ et ‘précieux, coûteux’).
CARCELARIO, voir cárcel. CARETA, voir cara.
CARCELERO, voir cárcel. CARGA, voir cargar.
CARCOMA (‘vermoulure, trace de vers dans le CARGAR (‘charger’), est issu du bas latin carri-
bois’), est d’origine incertaine, sans doute pré- care de même sens, dérivé de carrus ‘chariot’.
romane. Carricare signifiait donc littéralement ‘mettre
Dérivés : CARCOMER (‘ronger, miner’) a été qqch dans un chariot’.
obtenu par dérivation régressive de carcomi- Dérivés : CARGA ‘charge’ au sens propre
do ‘vermoulu’ suivant le modèle de comido / (poids). CARGO ‘charge’ au sens figuré
comer. (‘poste, emploi’ ; ‘accusation’ ; ‘débit’ sens
CARCOMER, voir carcoma. commercial). CARICATURA ‘caricature’ est
CARCOMIDO, voir carcoma. emprunté à l’italien caricatura dérivé du par-
CARDENAL (1) (‘cardinal’), est emprunté au ticipe passé de caricare ‘charger’ au propre et
latin cardinalis ‘principal’ dérivé de cardo au figuré (‘caricature’ = portrait ridicule aux
‘gond, charnière’, ‘pivot’, ‘point principal’. traits chargés, exagérés). DESCARGA ‘dé-
L’adjectif cardinalis a signifié ‘autour duquel charge’ (électrique etc.). DESCARGAR ‘déchar-
tout tourne’ dans les expressions du type car- ger’. DESCARGO ‘décharge’ dans testigo de
dinales venti ‘vents principaux, vents cardi- descargo ‘témoin à décharge’. ENCARGAR
naux’, cardinales virtutes ‘vertus cardinales’. ‘charger (qqn) de’, ‘passer une commande’.
Le mot cardenal s’est spécialisé en latin ec- RECARGO ‘surcharge’ ; ‘majoration’, ‘sur-
clésiastique pour désigner un dignitaire de taxe’.
l’église. La forme cardinal est employée dans CARGO, voir cargar.
les expressions puntos cardinales ‘points CARICATURA, voir cargar.
cardinaux’, números cardinales ‘nombres CARICIA (‘caresse’), est emprunté à l’italien
cardinaux’, virtudes cardinales ‘vertus cardi- carezza, dérivé de caro(a) ‘chéri’, ‘aimé’.
nales’. Dérivés : ACARICIAR ‘caresser’.
CARDENAL (2) (‘bleu, coup, ecchymose’), est CARIDAD (‘charité’), est emprunté au latin cari-
dérivé de l’adjectif cárdeno(a) ‘violacé(e)’, tas, caritatis ‘prix élevé, cherté’ et, au sens fi-
issu lui-même du latin cardinus ‘bleuté’, déri- guré, ‘amour, affection’, dérivé de carus
vé de carduus ‘chardon’ (la fleur du chardon ‘cher’ (aux deux sens). Dans la langue de
est bleue). l’église, caritas a exprimé l’amour du pro-
CARDÍACO (‘cardiaque’), est emprunté au latin chain, c’est-à-dire la charité.
cardiacus ‘malade de l’estomac’ et ‘relatif au Dérivés : CARITATIVO ‘charitable’.
cœur’, lui-même emprunté au grec kardiakos CARIES (‘carie’), est emprunté au latin caries
‘relatif à l’estomac, au cœur’, dérivé de kardia ‘pourriture’ en parlant d’abord du bois des
qui désignait à la fois l’estomac et le cœur. arbres.
CARDINAL, voir cardenal (1). CARIÑO (‘affection, tendresse’), est sans doute
CARDO (‘chardon’), est issu du latin cardu(u)s un dérivé (déverbal) de l’ancienne forme cari-
‘chardon’ et ‘artichaut’. ñar (‘avoir de la nostalgie’, ‘s’ennuyer de’),
CAREAR(SE), voir cara. dérivé du latin carere ‘être privé de’.
CARECER (‘manquer, être dépourvu de’), pro- Dérivés : CARIÑOSO ‘affectueux’.
vient du latin vulgaire carescere, dérivé de la CARITATIVO, voir caridad.
forme classique carere ‘être privé de’. CARIZ (‘aspect’, ‘tournure, allure’), est d’origine
Dérivés : CARENCIA ‘manque’, ‘carence’ (du incertaine, peut-être emprunté au catalan carís
bas latin carentia ‘indigence, privation’, parti- lui-même emprunté à l’occitan ancien caraitz
cipe de carere).

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‘aspect du visage’ (latin character ‘manière longs poils pour recouvrir les meubles’. Car-
d’être’). pita provient du latin vulgaire carpita (vestis),
CARMÍN, voir kermes. ‘vêtement déchiré’, issu du latin classique
CARNAL, voir carne. carpta, participe passé de carpere ‘déchirer,
CARNAVAL (‘carnaval’), est emprunté à l’italien lacérer, découper’.
carnevalo, altération du latin médiéval carne- Dérivés : CARPETAZO (dans l’expression dar
levare, composé de carne ‘viande’ et de levare carpetazo ‘classer, enterrer une affaire’).
‘lever’, ‘ôter’ : littéralement ‘ôter la viande’, CARPINTERÍA, voir carpintero.
‘s’abstenir de viande (au moment de l’entrée CARPINTERO (‘charpentier’ et ‘menuisier’), est
en carême)’. issu du latin carpentarius ‘relatif à la voiture’,
CARNE (‘viande’ et ‘chair’), est issu du latin dérivé de carpentum ‘voiture à deux roues,
caro, carnis ‘morceau de viande’ puis char’. Carpentarius, d’abord adjectif, a été
‘viande’ et ‘chair’. L’espagnol utilise le même substantivé pour désigner celui qui fabrique
mot pour désigner la viande des animaux de les chariots c’est-à-dire le charron et plus tard,
boucherie (carne de vaca / de ternera, plus généralement, l’artisan qui travaille le
‘viande de bœuf / de veau’) et la chair par op- bois et l’assemble : carpintero = ‘menuisier’
position à ‘esprit’, ‘âme’ : la carne es flaca ‘la et ‘charpentier’. Carpentarius a donné car-
chair est faible’ ; el verbo se hizo carne ‘le pentero puis carpintero d’après pintar.
verbe s’est fait chair’. Voir vianda. Dérivés : CARPINTERÍA ‘charpenterie’ et ‘me-
Dérivés : CARNAL ‘charnel’. CARNICERÍA nuiserie’.
‘boucherie’. CARNICERO ‘boucher’. CÁRNICO CARRASPEAR (‘se racler la gorge’), est un mot
‘relatif à la viande’ (el sector cárnico ‘la fi- de formation onomatopéique apparenté au
lière viande’). CARNÍVORO ‘carnivore’. CAR- portugais escarrar ‘cracher, expectorer’.
NOSO ‘charnu’. ENCARNACIÓN ‘incarnation’. CARRERA, voir carro.
ENCARNAR ‘incarner’. ENCARNIZARSE CARRETA, voir carro.
‘s’acharner’. CARRETE, voir carro.
CARNERO (‘mouton’), dérive du mot espagnol CARRETERA, voir carro.
carne ‘viande’, ‘chair’ car le mouton est utili- CARRIL, voir carro.
sé pour la boucherie alors que la brebis (ove- CARRILLO (‘joue’), est d’origine incertaine.
ja) fournit le lait et sert à la reproduction CARRO (‘chariot’, ‘voiture’), est issu du latin
comme le bélier (morueco). carrus ‘chariot’ emprunté au gaulois.
CARNET / CARNÉ (dans carné de identidad Dérivés : CARRERA ‘course’ et ‘carrière’ est
‘carte d’identité’ et carné de conducir ‘per- issu du latin vulgaire (via) carriara ‘chemin
mis de conduire’), est emprunté au français de chars’ (adjectif substantivé après ellipse du
carnet issu de l’ancien provençal quern cor- nom via). CARRETA ‘charrette’ (suffixe dimi-
respondant à l’ancien français quaer > cahier. nutif). CARRETE ‘bobine’, ‘rouleau (de pelli-
CARNICERÍA, voir carne. cule)’. CARRETERA ‘route’. CARRIL ‘rail (de
CARNICERO, voir carne. chemin de fer)’, ‘voie (d’autoroute)’ : car-
CÁRNICO, voir carne. ril-bus ‘couloir d’autobus’ ; carril-bici ‘piste
CARNÍVORO, voir carne. cyclable’. CARROCERÍA ‘carrosserie’. CARRO-
CARNOSO, voir carne. ZA ‘carrosse’ est emprunté à l’italien carrozza
CARO (‘cher’), est issu du latin carus au double (espagnol familier estar carroza ‘ne plus être
sens de ‘aimé, chéri’ et de ‘précieux, coûteux’. dans le coup’). DESCARRILAR ‘dérailler’. FER-
Dérivés : ENCARECER ‘augmenter, renchérir’. ROCARRIL ‘chemin de fer’. FERROVIARIO (ad-
CARÓTIDA (‘carotide’), est emprunté au grec jectif) ‘ferroviaire’ et ‘cheminot’ (substantif).
karotides ‘artères de l’aorte’, dérivé de karoun CARROCERÍA, voir carro.
‘endormir, engourdir’. Comme les artères ca- CARROÑA (‘charogne’), est sans doute issu du
rotides portent le sang jusqu’au cerveau, on latin vulgaire *caronia ‘chair en décomposi-
croyait que le sommeil dépendait d’elles. tion’, dérivé de caro ‘chair, viande’. Autre
CARPETA (‘tapis de table’, ‘sous-main’ ; ‘che- étymon possible : carionia, dérivé de caries
mise, dossier’), est emprunté au français car- ‘pourriture’.
pette anciennement emprunté à l’anglais car- CARROZA, voir carro.
pet, issu lui-même de l’italien carpita ‘tissu à

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CARTA (‘lettre’), est issu du latin charta ‘feuille CASCADA (‘cascade’), est emprunté à l’italien
de papier’ puis ‘feuille écrite, lettre’, emprunté cascata ‘éboulement de pierres, de lave’ et
au grec khartes ‘rouleau de papyrus’. ‘chute d’eau’, participe passé substantivé au
Dérivés : CARTEL ‘affiche’ (du catalan car- féminin de cascare ‘tomber’.
tell). CARTERA ‘portefeuille’, ‘cartable’. CAR- CASCADO, voir cascar.
TERO ‘facteur’. CARTÓN ‘carton’ (emprunté à CASCAR (‘fêler’, ‘casser’, ‘cogner’), est issu du
l’italien cartone, augmentatif de carta ‘pa- bas latin quassare ‘agiter fortement’, ‘briser’,
pier’). CARTUCHO ‘cartouche’ est emprunté au fréquentatif de quatere ‘secouer’.
français cartouche, lui-même issu de l’italien Dérivés : CASCADO ‘cassé, éraillé’ (voz cas-
cartoccio, diminutif de carta ‘papier’ c’est-à- cada ‘voix cassée’). CÁSCARA ‘coquille’ (il
dire ‘papier enroulé contenant la charge explo- faut casser la coquille pour en gober le conte-
sive’. DESCARTAR ‘écarter’. PANCARTA ‘pan- nu).
carte’, du français pancarte lui-même issu du CÁSCARA, voir cascar.
latin médiéval pancharta, document où étaient CASCO (‘tesson de bouteille’ ; ‘crâne’ ;
confirmés tous les biens et les droits de qqn. ‘casque’), est un dérivé de cascar ‘casser’. Le
CARTEL (‘affiche’), voir carta. sens initial est ‘tesson (de bouteille)’, ‘éclat
CÁRTEL (‘cartel’, ‘groupe’ [politique / industriel (de verre etc.)’, ‘débris’. Le sens de ‘crâne’
etc.]), est emprunté au français cartel lui- provient d’un emploi analogique et métapho-
même emprunté à l’italien cartello ‘avis de rique semblable à celui de testa en latin (‘pot
provocation’, ‘provocation en duel’, diminutif en terre cuite’ et ‘tête’) et que l’on retrouve en
de carta ‘lettre’. Son emploi en politique, en français moderne dans ‘cafetière’, ‘citron’,
économie et dans le trafic de drogue (el cártel ‘poire’, ‘casque’ (‘il a pris un coup au casque’
de Medellín) est un emprunt à l’allemand kar- = ‘il est un peu dérangé). Enfin, l’acception
tell repris en réalité au moyen français cartel ‘armure de tête’, ‘casque’ dérive du sens de
dans le sens de ‘défi en combat singulier’. ‘crâne’ (pièce d’armure couvrant la tête).
Kartell a été employé en 1879 au Reichstag Dérivés : CASQUETE ‘calotte (glaciaire)’. EN-
par un député pour désigner un groupe de pro- CASQUETAR ‘fourrer dans la tête’. ENCAS-
ducteurs de l’industrie métallurgique. QUILLARSE ‘s’enrayer’ (en parlant d’une arme
CARTERA, voir carta. à feu), c’est-à-dire ‘se casser’. Voir cascar.
CARTERO, voir carta. CASQUIVANO ‘écervelé’.
CARTÓN, voir carta. CASERO, voir casa.
CARTUCHO, voir carta. CASETA, voir casa.
CASA (‘maison’), est issu du latin casa ‘cabane, CASETE (‘cassette’), est emprunté au français
chaumière’. cassette qui est sans doute dérivé avec le suf-
Dérivés : CASERO ‘domestique’, ‘familial’, fixe diminutif -ette de l’ancienne forme casse
‘ménager’. CASETA ‘maisonnette’, ‘baraque’, ou quasse (moderne caisse). Casse a été em-
‘stand (d’exposition)’. CASILLA ‘guichet’, prunté à l’ancien provençal caissa qui le tient
‘case, casier’. CASINO ‘casino’, ‘cercle, club’ du latin capsa ‘coffre’, ‘boîte’ (voir caja).
est emprunté à l’italien casino diminutif de Cassette a d’abord désigné un coffret conte-
casa (‘maison’) : ‘maison de jeu’. nant des objets précieux. Dans les années
CASADERO, voir casar. soixante, le mot a servi à désigner un petit boî-
CASADO, voir casar. tier contenant une bande magnétique.
CASAMIENTO, voir casar. CASI (‘presque’), adverbe, provient du latin
CASAR(SE) (‘marier’, ‘se marier’), est un dérivé quasi, conjonction de comparaison signifiant
de casa ‘maison’ c’est-à-dire ‘trouver à se lo- ‘comme, comme si’ et ‘environ, à peu près’.
ger’, ‘fonder un foyer ailleurs’, ‘s’établir’ CASILLA, voir casa.
(français familier ‘se caser’ c’est-à-dire ‘trou- CASINO, voir casa.
ver à se marier’, dérivé de case ‘hutte, ca- CASO (‘cas’, ‘affaire’), est emprunté au latin
bane’). casus, participe passé substantivé de cadere
Dérivés : CASADERO ‘en âge d’être marié’. ‘tomber’ : ‘fait de tomber, chute’ d’où le sens
CASADO ‘marié’ (adjectif et substantif). CA- de ‘ce qui arrive’, ‘hasard’ et ‘accident’. Caso
SAMIENTO ‘mariage’. est très utilisé avec le sens d’affaire de corrup-

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tion etc. : el caso Ruiz Mateos. Voir le galli- CASTO (‘chaste’), est issu du latin castus ‘pur’,
cisme affaire. ‘vertueux’.
Dérivés : ACASO, adverbe de doute, ‘peut- Dérivés : CASTIDAD ‘chasteté’.
être’. CASUAL ‘fortuit’. CASUALIDAD ‘hasard’. CASTRACIÓN, voir castrar.
CASPA (‘pellicules’ [du cuir chevelu]), est CASTRADO, voir castrar.
d’origine mal établie, sans doute préromane CASTRAR (‘castrer’ et ‘châtrer’), est issu du latin
(*caspa ‘résidu, fragment’). castrare ‘rendre impuissant’, ‘élaguer (des
CASQUETE, voir casco. arbres)’. En français, ‘châtrer’ est le doublet
CASQUIVANO, voir casco. populaire correspondant à la forme savante
CASTA (‘race animale’, ‘famille, lignée’), est ‘castrer’.
emprunté au portugais casta ‘race’ (‘race ani- Dérivés : CASTRACIÓN ‘castration’. CASTRA-
male’ puis ‘classe de la société hindoue’). DO ‘castrat’.
L’origine de ce mot n’est pas bien établie (go- CASUAL, voir caso.
tique kasts ‘groupe d’animaux’ ?). CASUALIDAD, voir caso.
Dérivés : CASTICISMO ‘respect des usages, CATACLISMO (‘cataclysme’), est emprunté au
traditionalisme’. CASTIZO ‘pur, de bonne latin cataclysmos ‘déluge’ et ‘destruction’, lui-
souche’, ‘typique’. même issu du grec kataklusmos ‘inondation’,
CASTAÑA (‘châtaigne’), est issu du latin casta- dérivé (déverbal) de katakluzein ‘inonder’.
nea ‘châtaignier’ et ‘châtaigne’, emprunté au CATACUMBAS (‘catacombes’), est emprunté au
grec kastanea, de kastana (au pluriel) ‘châtai- latin ecclésiastique catacumba / catacumbae
gnier’. ‘cimetière souterrain’, formé du grec kata- ‘en
Dérivés : CASTAÑAL ou CASTAÑAR ‘châtaigne- bas’ et du latin tumba ‘tombe’ (normalement
raie’. CASTAÑETA ou CASTAÑUELA ‘casta- catatumbas). Le passage à catacumbas est
gnettes’ (diminutif de castaña à cause de la peut-être dû à l’influence du verbe cumbere
forme et de la couleur de cet instrument). ‘être couché’.
CASTAÑO (adjectif) ‘châtain’, ‘marron’ et CATADOR, voir catar.
substantif : ‘châtaignier’ et ‘marronnier’. CATADURA, voir catar.
CASTAÑAL, voir castaña. CATAFALCO, voir cadalso.
CASTAÑAR, voir castaña. CATALEJO (‘longue-vue’), anciennement cata-
CASTAÑETA, voir castaña. lejos, est composé du verbe catar au sens an-
CASTAÑUELA, voir castaña. cien de ‘regarder’ et de l’adverbe de lieu lejos.
CASTAÑO, voir castaña. CATÁLOGO (‘catalogue’), est emprunté au bas
CASTELLANO, voir castillo. latin catalogus ‘liste, énumération’, lui-même
CASTICISMO, voir casta. emprunté au grec katalogos de même sens, tiré
CASTIDAD, voir casto. du verbe katalegein ‘enrôler, inscrire sur une
CASTIGAR (‘châtier, punir’), est issu du latin liste’. Ce verbe est composé de kata- ‘de haut
castigare ‘corriger, réprimander’, dérivé de en bas’ et de legein ‘rassembler’, ‘dire’.
castus ‘irréprochable’, ‘pur’, ‘conforme aux CATAPLASMA, voir plástico.
règles’. CATAPULTA (‘catapulte’), est emprunté au latin
Dérivés : CASTIGO ‘châtiment’. catapulta, lui-même pris au grec katapaltes
CASTIGO, voir castigar. ‘engin de guerre’, formé de kata- ‘de bas en
CASTILLO (‘château’), est issu du latin castellum haut’ et du verbe pallein ‘brandir, secouer’.
‘forteresse’, ‘château d’eau’, dérivé, avec suf- CATAR (‘goûter’, ‘déguster’), est issu du latin
fixe diminutif, de castrum ‘lieu fortifié’, ‘re- captare ‘chercher à saisir’ puis ‘chercher à
tranchement’. percevoir par les sens’ d’où le sens ancien de
Dérivés : CASTELLANO (substantif) ‘châtelain’ ‘regarder’ (voir catalejo) et le sens moderne
et ‘castillan’, c’est-à-dire la langue (espa- de ‘goûter’. Captare est un dérivé fréquentatif
gnole) véhiculée, imposée par ceux qui cons- de capere ‘prendre’.
truisirent des châteaux afin de repousser les Dérivés : CATADOR ‘dégustateur’. CATADURA
Arabes pendant la Reconquête. Castellano est ‘dégustation’. PERCATARSE ‘s’apercevoir, se
également adjectif et signifie ‘habitant de Cas- rendre compte’, fréquentatif (intensif) de ca-
tille’, ‘castillan’. tar au sens ancien de ‘regarder’ : ‘regarder a-
CASTIZO, voir casta. vec attention’ d’où ‘se rendre compte’. Le

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préverbe per- indique l’achèvement, la perfec- CATÓLICO (‘catholique’), est emprunté au latin
tion d’une action. chrétien catholicus, lui-même pris au grec ec-
CATARATA (‘chute d’eau, cataracte’ et ‘cata- clésiastique katholike dans l’expression katho-
racte’ [maladie de l’œil]), est emprunté au la- like ekklesia ‘église universelle’, issu de ka-
tin catarata ‘chute d’eau’ puis ‘affection de la tholikos ‘universel, général’. Katholikos est
vue’, lui-même emprunté au grec katarraktes dérivé de l’adverbe katholon ‘en général’, lui-
‘chute d’eau’, ‘herse (d’un pont, d’une écluse, même tiré de holos ‘tout entier’.
d’une porte)’. Le sens médical acquis par le CATORCE, voir cuatro.
mot latin (opacité du cristallin) provient soit CAUCE (‘lit d’un fleuve’, ‘canal, rigole’ ; [au
de l’image de la chute d’eau qui brouille en figuré] ‘cours’), est issu du latin calix, calicis
quelque sorte la vue, soit de la porte (la herse) ‘vase à boire, coupe’ et ‘tuyau d’aqueduc’.
qui s’abat (voile s’abattant devant l’œil). Dérivés : ENCAUZAR ‘endiguer, canaliser’ et
CATARRO (‘rhume’), est emprunté au bas latin ‘aiguiller, orienter’.
médical catarrhus, lui-même emprunté au CAUCHO (‘caoutchouc’), est emprunté à une
grec katarroos ‘flux d’humeurs’, ‘rhume’, issu langue indienne du Pérou. De retour
de katarrein ‘couler d’en haut’, formé de kata- d’Amérique du Sud, l’astronome La Conda-
‘de haut en bas’ et de rhein ‘couler’ (voir mine apprit aux Européens que les indiens ap-
diarrea / ‘diarrhée’). pelaient cahutchu (c’est-à-dire ‘arbre qui
Dérivés : ACATARRARSE ‘s’enrhumer’. pleure’) la résine qu’ils tiraient de l’hévé (mot
CATÁSTROFE (‘catastrophe’), est emprunté au latinisé en ‘hévéa’).
latin catastrofa, issu du grec katastrophe ‘bou- CAUDAL (‘fortune, capital’, ‘abondance’ et
leversement, fin’ et ‘dénouement de ‘débit’), est la substantivation de l’ancien ad-
l’intrigue’. Le verbe grec katastrephein qui a jectif caudal ‘abondant’, ‘principal’, issu du
donné katastrophe est formé de kata- ‘de haut latin capitalis ‘qui concerne la tête’, ‘capital’,
en bas’ ou ‘de bas en haut’ et de strephein dérivé de caput ‘tête’. Voir capital.
‘tourner’ d’où ‘tourner sens dessus dessous’, Dérivés : CAUDALOSO ‘abondant, de grand dé-
‘abattre’. bit’ et ‘riche, fortuné’.
CÁTEDRA (‘chaire’) est emprunté au latin cathe- CAUDILLO (‘capitaine, chef’, ‘caudillo’), est issu
dra ‘siège, chaise’, issu du grec kathedra de du latin capitellum ‘tête, extrémité’, diminutif
même sens (voir aussi cadera). de caput ‘tête’.
Dérivés : CATEDRAL ‘cathédrale’ (église où se CAUSA (‘cause’, ‘raison, motif’ ; ‘procès,
trouve le siège de l’évêque). CATEDRÁTICO cause’), est emprunté au latin causa ‘motif’ et
‘professeur’ (dispensant un cours depuis une ‘affaire judiciaire’, d’origine mal établie. Voir
chaire). aussi cosa ‘chose’.
CATEDRAL, voir cátedra. Dérivés : CAUSAR ‘causer, occasionner’.
CATEDRÁTICO, voir cátedra. CAUTELA, voir cauto.
CATEGORÍA (‘catégorie’, ‘classe’), est emprunté CAUTELAR, voir cauto.
au bas latin categoria, lui-même emprunté au CAUTELOSO, voir cauto.
grec kategoria ‘accusation’ et ‘qualité attri- CAUTIVAR, voir cautivo.
buée à un objet, attribut’. Ce mot est à CAUTIVERIO, voir cautivo.
l’origine un terme de philosophie (logique CAUTIVO (‘captif’), est emprunté au latin capti-
aristotélicienne et système de Kant). Il s’est vus ‘prisonnier, captif’, dérivé du supin de ca-
répandu dans l’usage courant au sens de pere ‘prendre’.
‘classe d’objets ou de personnes de même na- Dérivés : CAUTIVAR ‘capturer’. CAUTIVERIO
ture’. ou CAUTIVIDAD ‘captivité’.
Dérivés : CATEGÓRICO ‘catégorique’, du bas CAUTO (‘prudent, avisé’), est emprunté au latin
latin categoricus, issu lui-même du grec kate- cautus de même sens, participe passé du verbe
gorikos, ‘affirmatif’. cavere ‘être sur ses gardes’.
CATEGÓRICO, voir categoría. Dérivés : CAUTELA ‘précaution, prudence’.
CATERVA (‘bande, ramassis’), est emprunté au CAUTELAR (dans medida cautelar ‘mesure de
latin caterva ‘bataillon’, ‘troupe de barbares’ précaution’). CAUTELOSO ‘rusé’ et ‘prudent’.
(par opposition aux légions romaines). PRECAUCIÓN ‘précaution’, du latin praecautio
‘mesure de prudence’, dérivé de praecavere

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‘se tenir sur ses gardes’. PRECAVERSE ‘se jourd’hui, le terme usuel pour désigner ce type
prémunir’, ‘parer à’, voir ci-dessus precau- d’aliments est pienso.
ción. CEBOLLA (‘oignon’), est issu du latin cepulla
CAVAR (‘creuser’ [au propre et au figuré]), est ‘petit oignon, ciboule’, diminutif de cepa ‘oi-
issu du latin cavare de même sens, dérivé de gnon’.
cavus ‘creux’, ‘enfoncé’, ‘cave’ (dans ‘yeux CEDER (‘céder’), est emprunté au latin cedere
caves’). ‘marcher, aller’, ‘se retirer’, ‘ne pas résister’
Dérivés de cavus : CAVERNA ‘caverne’ (latin (langue militaire) et ‘concéder, céder’. Ce mot
caverna ‘terrier, tanière’). CAVIDAD ‘cavité’. est peut-être apparenté à cadere ‘tomber’.
SOCAVAR ‘creuser’, ‘saper, miner’, formé avec Dérivés : ANTECEDENTE ‘antécédent’ et ‘pré-
so tiré du latin sub ‘sous’. cédent’ (antecedentes penales ‘casier judi-
CAVERNA, voir cavar. ciaire’ ; sin antecedentes policiales ‘inconnu
CAVIDAD, voir cavar. des services de police’). CESIÓN ‘cession’.
CAVILAR (‘réfléchir, méditer’), est emprunté au CONCEDER ‘concéder, accorder’. PRECEDER
latin cavillari ‘plaisanter’ et ‘user de so- ‘précéder’. RETROCEDER ‘reculer’, ‘refluer’ ;
phismes’, dérivé de cavilla ‘baliverne’ et ‘so- ‘se replier’ (valeurs en Bourse) ; ‘rétrograder’
phisme’. La relation entre le sens du mot es- (vitesses). RETROCESO ‘recul’.
pagnol (‘réfléchir’) et la première acception de CEDILLA (‘cédille’), signifie littéralement ‘petit
son étymon latin (c’est-à-dire ‘plaisanter’) z’ à cause de la forme de ce signe typogra-
n’est pas évidente du tout. En revanche, ‘em- phique. C’est le diminutif de zeda emprunté
ployer des sophismes’ conduit à l’idée d’une au latin zeta, lui-même emprunté au grec zêta
réflexion, d’un raisonnement (même si celui-ci ‘sixième lettre de l’alphabet grec’ : θ (anglais
est faux). th dans thing ; espagnol c, z dans placer et
CAZA, voir cazar. plaza). En vieil espagnol, l’affriquée alvéo-
CAZADOR, voir cazar. laire sourde [ ts ], ancêtre de la ceta apparue
CAZAR (‘chasser’), est issu du bas latin tardivement au XVIIIe siècle, était graphiée ç
*captiare de même sens (apparenté à captare devant a, o et u : caça (moderne caza).
‘chercher à saisir’), dérivé de capere CEGAR, voir ciego.
‘prendre’. Captiare a éliminé le latin venari CEGUERA, voir ciego.
‘poursuivre le gibier’ (français ‘vénerie’, ‘ve- CEJA (‘sourcil’), est issu du latin cilia, pluriel de
neur’, ‘venaison’). cilium ‘paupière’ et ‘poil de la paupière, cil’.
Dérivés : CAZA ‘chasse’ (un caza, ‘un avion L’acception ‘sourcil’ est venue, dans un deu-
de chasse’). CAZADOR ‘chasseur’. CAZARRE- xième temps, de supercilium ‘sourcil’.
COMPENSA ‘chasseur de primes’. CAZATA- Dérivés : CEJIJUNTO ‘aux sourcils épais’. EN-
LENTOS ‘chasseur de têtes’. TRECEJO ‘espace entre les sourcils’ (fruncir
CEBADA, voir cebar. el entrecejo ‘froncer les sourcils’).
CEBAR (‘gaver, engraisser’ ; [au figuré] ‘alimen- CEJIJUNTO, voir ceja.
ter’, ‘nourrir’), est issu du latin cibare ‘nour- CELADA, voir celar.
rir’, dérivé de cibus ‘aliment (de l’homme et CELAR (‘cacher, dissimuler, celer’), est issu du
des animaux)’. En espagnol, cebar s’est spé- latin celare ‘cacher’.
cialisé pour désigner l’alimentation des ani- Dérivés : CELADA ‘embuscade’. RECELAR
maux. Voir cebo. ‘soupçonner’, ‘craindre’, d’abord attesté sous
Dérivés : CEBADA a d’abord été utilisé avec le la forme recelarse de avec le sens de ‘se ca-
sens général d’aliment pour animaux (el pien- cher de qqn’ d’où ‘craindre’ et ‘soupçonner’.
so) avant de désigner précisément l’orge (utili- RECELO ‘méfiance, soupçon’. RECELOSO ‘mé-
sée en brasserie et dans l’alimentation du bé- fiant’. En français, ‘recel’ signifie ‘cacher dé-
tail). tenir illégalement’.
CEBO (‘aliment pour animaux’, ‘appât’), est issu CELDA (‘cellule’, ‘chambre’), est emprunté au
du latin cibus ‘nourriture (de l’homme, des latin cella ‘cellier’, ‘petite chambre’, ‘sanc-
animaux)’. Jusqu’au XVIe siècle, cebo a signi- tuaire’.
fié ‘nourriture’ en général avant de se spéciali- CELEBRAR, voir célebre.
ser (aliments pour animaux, appâts). Au- CÉLEBRE (‘célèbre’), est emprunté au latin
celeber ‘en grand nombre’, ‘(lieu) fréquenté’.

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Ce mot était employé en particulier à propos CENAGOSO, voir cieno.


des lieux et des jours de fête religieuse attirant CENCERRO (‘sonnaille des troupeaux’), est
beaucoup de gens, d’où le sens de ‘fameux, il- d’origine onomatopéique. Peut-être apparenté
lustre’ développé par la suite de manière ex- au basque zinzerri de même formation.
tensive. CENICERO, voir ceniza.
Dérivés : CELEBRAR ‘célébrer’ (latin cele- CENICIENTO, voir ceniza.
brare ‘fréquenter, assister’). CENIT (‘zénith’), provient de l’abréviation de
CELERIDAD (‘célérité’), est emprunté au latin l’expression arabe semt ar-ra’s signifiant
celeritas ‘rapidité’, dérivé de celer ‘prompt, ‘chemin au-dessus de la tête’ dans laquelle le
rapide’. mot semt ‘chemin’ a été transcrit dans
Dérivés : ACELERAR ‘accélérer’ est issu du la- l’alphabet latin par zemt et lu par erreur zenit.
tin accelerare ‘hâter, presser’ lui-même dérivé CENIZA (‘cendre’), est issu du latin vulgaire
de celer ‘rapide’. DESACELERACIÓN ‘ralentis- *cinisia dérivé de cinis, cineris ‘cendre’, en
sement’ (économie). particulier ‘restes des morts brûlés sur le bû-
CELESTE, voir cielo. cher’ d’où le sens de ‘dépouille mortelle’ (res-
CELESTIAL, voir cielo. tos mortales) et de ‘mort, néant’ : miércoles
CELESTINA, voir cielo. de ceniza ‘mercredi des cendres’ ; tomar la
CELO (‘zèle’ et ‘jalousie’), est emprunté au latin ceniza ‘recevoir les cendres’.
zelus ‘jalousie’, ‘zèle, ardeur’, lui-même pris Dérivés : CENICERO ‘cendrier’. CENICIENTA
au grec zêlos ‘émulation, rivalité’ puis ‘ambi- ‘celle qui remue les cendres’ c’est-à-dire
tion’ et ‘ferveur’. En espagnol, le pluriel (ce- ‘Cendrillon’. CENICIENTO ‘cendré’.
los) est utilisé pour signifier ‘jalousie’ et écar- CENSO (‘recensement’), est emprunté au latin
ter ainsi une ambiguïté possible entre les deux census ‘recensement (quinquennal des ci-
acceptions du mot. toyens, des fortunes)’, dérivé du verbe censere
Dérivés : CELOSO ‘zélé et ‘jaloux’. ‘estimer, évaluer’.
CELOSO, voir celo. CENSOR (‘censeur’), est emprunté au latin cen-
CÉLULA (‘cellule’ [sens techniques et emplois sor ‘censeur’, c’est-à-dire ‘chargé du cens, du
figurés]), est emprunté au latin cellula ‘petite recensement’, dérivé de censere ‘évaluer la
chambre’, diminutif de cella ‘chambre’. En la- fortune, le rang’. Le mot latin censor avait pris
tin médiéval, par analogie avec l’idée d’un en- aussi le sens de ‘celui qui critique’ par réfé-
semble clos (cellule de moine), ce mot a reçu rence à la fonction de surveillance du magis-
des acceptions techniques : cellules de ruche, trat chargé d’établir le cens. Census désignait
petites cavités de certains organes. l’estimation des biens des citoyens et l’impôt
L’acception biologique apparaîtra au XIXe calculé d’après cette estimation.
siècle en botanique. Le mot entrera dans le Dérivés : CENSO ‘recensement’ (latin census).
vocabulaire de la sociologie (célula familiar CENSURA ‘censure’ (latin censura ‘dignité de
‘cellule familiale’) et de la politique à la fin du censeur’ puis ‘jugement, examen’ et ‘ri-
XIXe et au début du XXe siècle. Célula dési- gueur’). CENSURAR ‘censurer’.
gnera l’unité de base d’un parti : una célula CENSURA, voir censor.
del partido comunista ‘une cellule du parti CENSURAR, voir censor.
communiste’. CENTELLA (‘éclair’, ‘étincelle’), est issu du latin
CEMENTERIO (‘cimetière’), est emprunté au scintilla ‘étincelle’.
latin chrétien cimiterium, altération de coeme- Dérivés : CENTELLEAR ‘scintiller’.
terium lui-même pris au grec koimêtêrion CENTENA, voir ciento.
(‘dortoir’ et ‘lieu où reposent les morts’), issu CENTENAR, voir ciento.
de koiman ‘se coucher pour dormir’. CENTENO (‘seigle’), provient du latin d’Espagne
CEMENTO, voir cimiento. centenum. En latin classique centeni avait la
CENA (‘dîner’), est issu du latin cena ‘dîner’ fonction de distributif ‘cent chaque fois’, ‘cent
(repas pris vers 15h, les affaires étant termi- à chacun’. Le seigle a été ainsi appelé parce
nées vers 14h). que l’on croyait que cette plante produisait
Dérivés : CENAR ‘dîner’, du latin cenare cent graines pour une graine plantée...
‘manger (à trois heures de l’après-midi)’.
CENAGAL, voir cieno.

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CENTINELA (‘sentinelle’), est emprunté à Dérivés : ACERCAR ‘approcher’ (ad + circa +


l’italien (far la) sentinella ‘faire le guet’, déri- ar). CERCANÍA ‘proximité’, ‘environs’. CER-
vé de sentire ‘entendre’. CANO ‘proche’, ‘voisin’.
CENTRAL, voir centro. CERCANO, voir cerca.
CENTRALISMO, voir centro. CERCAR, voir cerco.
CENTRALIZAR, voir centro. CERCENAR (‘rogner, retrancher’), est issu du
CENTRAR, voir centro. latin circinare ‘arrondir’, ‘donner une forme
CENTRÍFUGO, voir centro. arrondie (aux arbres)’ d’où le sens de ‘tailler’,
CENTRO (‘centre’, ‘milieu’), est emprunté au ‘élaguer’ et, par extension, de ‘réduire’.
latin centrum ‘pointe du compas’, ‘centre d’un CERCO (‘cercle’, ‘cercle de tonneau’ ; ‘siège
cercle’ et, par extension, ‘milieu d’un en- militaire’ ; ‘halo’), est issu du latin circus ‘ob-
semble’ circulaire ou non. Ce mot est issu du jet circulaire’, ‘cercle’, ‘cirque’.
grec kentron ‘aiguillon’. Dérivés : CERCAR ‘assiéger’ (latin circare
Dérivés : CENTRAL ‘central’. CENTRALISMO ‘faire le tour de’). CIRCENSE (dans espectácu-
‘centralisme’. CENTRALIZAR ‘centraliser’. lo circense ‘spectacle de cirque’). CIRCO
CENTRAR ‘centrer’. CENTRÍFUGO(A) ‘centri- ‘cirque’ (doublet savant de cerco). CIRCULAR
fuge’ (littéralement ‘la fuite du centre’, formé ‘circulaire’. CÍRCULO ‘cercle’ (latin circulus,
de centrum et de fuga ‘fuite’). CONCENTRAR diminutif de circus).
‘concentrer’. DESCENTRALIZAR ‘décentrali- CERDA (‘soie du porc’, ‘crin du cheval’ ; ‘truie’),
ser’. EXCÉNTRICO ‘excentrique’, littéralement est issu du latin vulgaire cirra ‘mèche de che-
‘éloigné du centre’. veux’, dérivé de cirrus ‘boucle de cheveux’ et
CEÑIR (‘ceindre’, ‘serrer’, ‘entourer’), est issu du ‘touffe de crins’ (chevaux). La forme phoné-
latin cingere ‘entourer, envelopper’. En fran- tique normale aurait dû être *cerra. Cerda
çais et en espagnol, ce verbe a d’abord été at- s’explique probablement par un croisement
testé dans l’expression ceñir la espada avec seda ‘soie (de porc ou de sanglier)’. En-
‘ceindre l’épée’ (Cantar de Mio Cid : el que fin, par métonymie, l’animal qui porte ce type
en buen ora cinxo espada...) et ‘espede de poil est désigné par le même mot : cerda =
ceindre’ en vieux français. ‘soie’ et ‘truie’ (voir aussi à ce sujet borrego
CEÑO (‘froncement de sourcils’), est issu du latin ‘porteur de laine’ et carnero ‘animal pour la
tardif cinnus ‘signe, clignement de l’œil’. viande’).
Dérivés : CEÑUDO ‘renfrogné’. Dérivés : CERDO ‘porc’.
CEPA, voir cepo. CERDO, voir cerda.
CEPILLO, voir cepo. CEREAL (‘céréale’), est emprunté au latin cerea-
CEPO (‘branche, rameau’, ‘billot’ ; ‘cep’ ou lis adjectif signifiant ‘relatif à Cérès’, déesse
‘carcan’, ‘piège’), est issu du latin cippus des moissons.
‘borne d’un champ’, ‘colonne funéraire’, CEREBRAL, voir cerebro.
‘pieux enfoncé dans le sol pour arrêter CEREBRO (‘cerveau’), est emprunté au latin
l’ennemi’. cerebrum de même sens. Le français ‘cerveau’
Dérivés : CEPA ‘pied de vigne’, ‘souche, vient de cerebellum ‘petite cervelle’, diminutif
tronc’ ; ‘souche’ (au sens figuré : de pura ce- de cerebrum. En espagnol, cerebelo (issu lui
pa ‘de vieille souche’). CEPILLO ‘rabot’, aussi de cerebellum) désigne le ‘cervelet’
‘tronc (d’une église)’ : emplois métaphoriques (forme diminutive).
par comparaison avec le tronc d’un arbre. Il CEREMONIA (‘cérémonie’), est emprunté au
semble que l’acception ‘rabot’ ait fourni le latin caeremonia ‘culte, vénération religieuse’
sens de ‘brosse’. et, au pluriel, ‘actes rituels’.
CERA (‘cire’), est issu du latin cera ‘cire’ et, en Dérivés : CEREMONIOSO ‘cérémonieux’.
particulier, ‘cire à cacheter’. CEREMONIOSO, voir ceremonia.
Dérivés : CERILLA ‘allumette’, littéralement CEREZA (‘cerise’), est issu du latin vulgaire
‘bûchette en cire’ (diminutif de cera). ceresia, neutre pluriel, du bas latin ceresium
CERCA (‘près’, ‘près de’ [adverbe et préposi- (latin classique cerasium). Ceresia a été en-
tion]), est issu du latin circa ‘autour, tout au- suite assimilé à un féminin singulier (voir à ce
tour’ et donc ‘proche de’, ‘voisin’. sujet braza, hada, hoja, obra).
Dérivés : CEREZO ‘cerisier’.

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CERILLA, voir cera. forme semblable au verrou constitué initiale-


CERNER (‘tamiser’ ; ‘observer, scruter’), est issu ment de barres). Verruculum a donné berrojo.
du latin cernere ‘passer au crible’, ‘distinguer, La forme actuelle cerrojo est analogique de
discerner’. cerrar.
Dérivés : DISCERNIR ‘discerner’ (latin discer- CERTEZA, voir cierto.
nere ‘séparer’ et ‘distinguer’, ‘discerner’). CERTIDUMBRE, voir cierto.
DISCRECIÓN ‘discrétion, réserve’, ‘bon sens, CERTIFICAR, voir cierto.
sagesse’. DISCRECIONAL ‘discrétionnaire’ et CERVEZA (‘bière’), est issu du latin cervesia
‘facultatif’ (poder discrecional ‘pouvoir dis- d’origine gauloise (ancien français cervoise).
crétionnaire’ ; parada discrecional ‘arrêt fa- CERVICAL, voir cerviz.
cultatif’ c’est-à-dire ‘laissé à discrétion’ du CERVIZ (‘nuque’), est issu du latin cervix, cervi-
voyageur). DISCRETO (‘discret’, ‘sage, sensé’, cis ‘cou, nuque’.
‘fin, spirituel’, ‘qui a du discernement’, ‘apte à Dérivés : CERVICAL ‘cervical’.
juger’) est issu de discretus participe passé de CESANTE, voir cesar.
discernere. DISCRIMINAR ‘discriminer’, est CESANTÍA, voir cesar.
emprunté au latin discriminare ‘séparer, divi- CESAR (‘cesser, prendre fin’), est emprunté au
ser’, dérivé de discrimen ‘ligne de partage, latin cessare ‘s’arrêter, se reposer, être inac-
démarcation’ et ‘différence, distinction’, déri- tif’, fréquentatif de cedere au sens de ‘se reti-
vé de discernere. rer’, ‘s’en aller’.
CERO (‘zéro’), est emprunté à l’italien zero Dérivés : CESANTE ‘mis à pied’ ou ‘en dispo-
contraction de zefiro, issu du bas latin zephy- nibilité’. CESANTÍA ‘mise à pied, révocation’.
rum, transcription de l’arabe sifr ‘vide’, ‘zéro’ CESE ‘cessation’ et ‘révocation’.
(prononciation vulgaire sefer). CESIÓN, voir ceder.
CERRADURA, voir cerrar. CÉSPED (‘gazon, pelouse’), est issu du latin
CERRAR (‘fermer’), est issu du latin vulgaire caespes ‘terre couverte de gazon’.
serrare, altération du bas latin serare ‘fermer CESTA (‘panier’), est issu du latin cista ‘cor-
avec une barre’ sans doute sous l’influence de beille’, ‘coffre’.
serra ‘scie’ (formes dentelées de certaines Dérivés : CESTO ‘panier’. En général, le mot
pièces de la serrure). Serare dérive de sera au féminin désigne un objet ou un espace plus
‘barre de bois pour fermer’ puis ‘verrou’ et volumineux (voir canasto / canasta ; charco /
‘cadenas’. Normalement, le S- initial latin se charca ; huerto / huerta ; río / ría ; cubo /
maintient (saltu > salto). Il arrive qu’il se cuba etc.
transforme en ceta : soccu > zueco ‘sabot’ ; CESTO, voir cesta.
siccina > cecina ‘viande séchée’ ; serare > CETA, voir zeta et cedilla.
cerrar ‘fermer’. CICATRIZ (‘cicatrice’), est emprunté au latin
Dérivés : CERRADURA ‘serrure’. CIERRE ‘fer- cicatrix de même sens, d’origine inconnue.
meture’ (cierre metálico / cierre de empre- Dérivés : CICATRIZAR ‘cicatriser’.
sas : ‘rideau de fer’ / ‘fermeture CICATRIZAR, voir cicatriz.
d’entreprises’). ENCERRAR ‘enfermer’. CÍCLICO, voir ciclo.
CERRO (‘coteau, colline’ ; ‘cou d’un animal’ et CICLISMO, voir ciclo.
‘croupe’), est issu du latin cirrus ‘boucle de CICLISTA, voir ciclo.
cheveux’ et ‘touffe de crins’ (chevaux). Les CICLO (‘cycle’), est emprunté au bas latin cyclus
crins se trouvent sur le cou du cheval d’où le lui-même pris au grec kuklos ‘roue, cercle’.
sens de ‘cou d’un animal’ puis celui de Dérivés : CÍCLICO ‘cyclique’. CICLISMO / CI-
e
‘croupe’. Par transfert de sens (emploi analo- CLISTA ‘cyclisme’ / ‘cycliste’ (début du XX
gique métaphorique), le dos de l’animal a dé- siècle). CICLÓN ‘cyclone’ est emprunté à
signé un coteau, une colline dont les formes l’anglais cyclone, mot introduit en 1848 par H.
sont arrondies (voir à ce sujet lomo ‘dos, Piddington pour signifier que dans ce phéno-
échine’ et loma ‘coteau, colline’). mène le vent a un mouvement circulaire.
CERROJO (‘verrou’), est issu d’une forme de CÍCLOPE ‘cyclope’ du latin cyclops issu du
latin vulgaire *verruculum issu du latin clas- grec kuklops, ‘qui a un (seul) grand œil rond’,
sique vericulum ou veruculum ‘petite broche, formé avec ops ‘œil’. ENCICLOPEDIA ‘ency-
petite pique’, diminutif de veru ‘broche’ (de clopédie’, est emprunté au latin savant ency-

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clopedia, du grec enkuklopaideia, formé de CIENTO (‘cent’), est issu du latin centum de
enkuklios ‘instruction embrassant le cercle même sens.
(kuklos) des connaissances’ et de paideia Dérivés : CENTENAR ‘centaine’. CIEMPIÉS
‘éducation’. Paideia vient de pais, paidos ‘en- ‘mille-pattes’. Numéraux composés : de 200 à
fant’. 900, l’espagnol a conservé quatre composés
CICLÓN, voir ciclo. latins : ducentos(as) (nominatif ducenti, ae, a)
CÍCLOPE, voir ciclo. > dozientos(as) refait en DOSCIENTOS, AS
CIEGO (‘aveugle’), est issu du latin caecus de (sous l’influence de dos). trecentos(as) > tre-
même sens. zientos (refait en TRESCIENTOS). quingen-
Dérivés : CEGAR ‘aveugler’ (latin caecare). tos(as) > QUINIENTOS(AS). sexcentos(as) >
CEGUERA ‘cécité’, ‘aveuglement’. SEISCIENTOS(AS). Les autres formes, c’est-à-
CIELO (‘ciel’), est issu du latin caelum de même dire quadrigentos, septigentos, octingentos et
sens. nongentos ont subi des réfections analogiques
Dérivés : CELESTE et CELESTIAL ‘céleste’. On plus complètes encore (d’après cuatro, siete,
dira espacios celestes ‘espaces célestes’. ocho, nueve et ciento) : CUATROCIENTOS, SE-
Quant à celestial il ne s’applique qu’au ciel TECIENTOS, OCHOCIENTOS et NOVECIENTOS.
considéré comme la demeure des bienheureux. On remarque que dans ces mots composés,
María Moliner (Diccionario de uso del espa- l’accent tonique se trouve, depuis une date an-
ñol) : ‘celestial, se dice del cielo, lugar donde cienne, sur cientos, ce qui explique que siete
están los santos y las almas de los justos’. (septem) et nueve (novem) n’ont pas lieu de
Música celestial ‘musique céleste’. CELESTI- diphtonguer, d’où les formes sete- et nove-.
NA ‘Célestine’ et ‘entremetteuse’ (du nom de PORCENTAJE ‘pourcentage’ est emprunté à
l’héroïne de la pièce de Fernando de Rojas Ce- l’anglais percentage.
lestina o la tragedia de Calixto y Melibea). CIERRE, voir cerrar.
Celestina signifie littéralement ‘qui appartient CIERTO (‘certain’), est issu du latin certus ‘sûr,
au ciel’. fixé’, participe passé adjectivé de cernere
CIEMPIÉS, voir ciento. ‘discerner, décider’.
CIENCIA (‘science’), est emprunté au latin scien- Dérivés : ACERTAR ‘deviner juste, trouver’,
tia ‘connaissance’ et, en particulier, la con- ‘réussir’. ACERTIJO ‘devinette’. ACIERTO
naissance scientifique, dérivé de sciens, scien- ‘réussite’, trouvaille’. CERTEZA et CERTI-
tis ‘instruit’, ‘habile’, participe présent de DUMBRE ‘certitude, assurance’. CERTIFICAR
scire ‘savoir’. ‘certifier’, ‘recommander’. DESACIERTO ‘er-
Dérivés : cienciología (iglesia de la) ‘église reur, maladresse’.
de la scientologie’. CIENTÍFICO ‘scientifique’. CIFRA (‘chiffre’), a été emprunté par le latin
CONCIENCIA ‘conscience’, du latin conscientia médiéval cifra ‘zéro’ à l’arabe sifr ‘vide’ et
‘savoir en commun’, ‘connaissance partagée’ ‘zéro’. Cifra a d’abord été employé avec le
puis ‘connaissance que l’on a en soi’, ‘con- sens étymologique de ‘zéro’ puis il en est venu
naissance du bien et du mal’. CONCIENCIA- à désigner tous les autres éléments du système
CIÓN ‘prise de conscience’, ‘sensibilisation’. numérique.
CONCIENCIAR ‘faire prendre conscience’, Dérivés : CIFRAR ‘chiffrer’. DESCIFRAR ‘dé-
‘sensibiliser’. CONSCIENTE ‘conscient’, du la- chiffrer’, ‘décoder’, ‘décrypter’.
tin consciente, participe présent de conscire CIFRAR, voir cifra.
‘avoir la connaissance de’. INCONSCIENTE (ad- CIGALA (‘langoustine’), voir cigarra.
jectif et substantif) ‘inconscient’, est surtout CIGARRA (‘cigale’), est sans doute issu du latin
utilisé comme substantif dans la psychanalyse *cicara variante de cicada d’origine onoma-
freudienne. L’expression inconsciente colec- topéique (bruissement de l’insecte). En catalan
tivo ‘inconscient collectif’ est due à Jung. le mot cigala, issu du latin cicada, signifie
CIENCIOLOGÍA, voir ciencia. ‘cigale’ mais il désigne aussi un crustacé ma-
CIENO (‘vase’), est issu du latin caenum ‘boue, rin dont le corps rappelle celui de la cigale
fange’. c’est-à-dire la ‘langoustine’. Le mot est passé
Dérivés : CENAGAL ‘bourbier’. CENAGOSO en castillan avec cette acception.
‘boueux’. Dérivés : CIGARRAL désigne une propriété
CIENTÍFICO, voir ciencia. d’agrément dans les environs de Tolède où

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abondent les cigales (Los cigarrales de Tole- Dérivés : CINEASTA ‘cinéaste’.


do, œuvre de Tirso de Molina). CÍNICO (‘cynique’), est emprunté au latin cyni-
CIGARRILLO, voir cigarro. cus, transcription du grec kunikos signifiant
CIGARRO (‘cigare’), est d’origine incertaine. Ce littéralement ‘qui concerne le chien’, ‘qui res-
mot est peut-être dérivé de cigarra ‘cigale’ semble au chien’, nom donné à des philo-
par analogie de forme et de couleur avec le sophes grecs qui voulaient revenir à la nature
corps de l’insecte. en méprisant les conventions sociales et la
Dérivés : CIGARRILLO ‘cigarette’ (diminutif morale.
de cigarro). Dérivés : CINISMO ‘cynisme’ (latin cynismus
CIGÜEÑA (‘cigogne’ et ‘manivelle’), est issu du et grec kunismos ‘doctrine philosophique de
latin ciconia désignant l’oiseau et par analogie l’école cynique’ puis ‘immoralité’).
de forme un appareil fait d’une longue perche CINISMO, voir cínico.
et servant à puiser l’eau (d’où l’acception CINTA (‘ruban’, ‘bande’, ‘film’), est issu du latin
‘manivelle’ en espagnol). cincta, participe passé au féminin du verbe
CILINDRO (‘cylindre’), est emprunté au latin cingere ‘entourer, ceindre’.
cylindrus, lui-même emprunté au grec kulin- Dérivés : CINTO ‘ceinturon’ et ‘ceinture’ (du
dros ‘cylindre’ et ‘rouleau’, dérivé du verbe latin cinctus ‘action de ceindre’ et ‘ceinture’).
kulindein ‘rouler’. CINTURA ‘ceinture, taille’. CINTURÓN ‘cein-
CIMA (‘sommet, cime’), est issu du latin cyma ture’ (cinturón de seguridad ‘ceinture de sé-
‘bourgeon (d’un légume)’ puis, en latin mé- curité’).
diéval, ‘pointe d’un arbre’, ‘sommet d’une CINTO, voir cinta.
colline’. Ce mot est emprunté au grec kuma CINTURA, voir cinta.
signifiant ‘gonflement, enflure’, et ‘bourgeon’, CINTURÓN, voir cinta.
‘foetus, embryon’ (verbe kuein ‘être en- CIRCENSE, voir cerco.
ceinte’). CIRCO, voir cerco.
Dérivés : ENCIMA ‘dessus’. ENCIMERA ‘plan CIRCUITO, voir ir.
de travail’ (cuisine). CIRCULAR, voir cerco.
CIMENTAR, voir cimiento. CÍRCULO, voir cerco.
CIMIENTO (‘fondations’ ; ‘origine, source’ ; CIRCUNFERENCIA (‘circonférence’), est em-
‘assise, fondement’), est issu du latin caemen- prunté au latin circumferentia ‘cercle’, issu de
tum ‘pierre de taille’, ‘marbre taillé’ puis circumferre ‘faire le tour de’, formé de circum
‘mortier’, dérivé de caedere ‘tailler, couper’. ‘autour’ et de ferre ‘porter’.
Caementum > cementum > cemiento > ce- CIRCUNFLEJO, voir flexible.
myento (formation d’un yod fermant le pre- CIRCUNLOCUCIÓN, voir locuaz.
mier e) > cimiento. La forme cemento ‘ci- CIRCUNSCRIBIR, voir escribir.
ment’ est savante. CIRCUNSCRIPCIÓN, voir escribir.
Dérivés : CIMENTAR ‘cimenter’. CIRCUNSPECCIÓN, voir circunspecto.
CINC (‘zinc’), est emprunté à l’allemand zink par CIRCUNSPECTO (‘circonspect’), est emprunté
l’intermédiaire du français zinc. au latin circumspectus ‘prudent, réfléchi’, par-
CINCO (‘cinq’), est issu du latin vulgaire cinque, ticipe passé adjectivé de circumspicere ‘regar-
forme dissimilée du latin classique quinque der autour’.
([kwinkwe] > [kinkwe]). Le o de cinco est Dérivés : CIRCUNSPECCIÓN ‘circonspection’.
analogique de celui de cuatro. CIRCUNSTANCIA (‘circonstance’), est emprunté
Dérivés : CINCUENTA ‘cinquante’ (latin cin- au latin circumstantia, littéralement ‘les
quaginta). QUINCE ‘quinze’ (latin quindecim). choses environnantes, les choses qui entou-
QUINIENTOS ‘cinq cents’ (voir ciento). QUIN- rent’, ‘action d’entourer’ et ‘situation, occa-
TO ‘cinquième’ (latin quintus). sion’, substantivation du participe présent au
CINCUENTA, voir cinco. pluriel neutre (mais senti comme un féminin
CINE (‘cinéma’), est l’abréviation de cine- singulier) de circumstare ‘se tenir autour’,
matógrafo ‘cinématographe’, mot composé formé de circum ‘autour’ et de stare ‘être de-
par les frères Lumière (1892) à partir du grec bout’, ‘se tenir’.
kinema ‘mouvement’, ‘cinétisme’ et de CIRCUNVALACIÓN, voir valla.
-graphe ‘qui transcrit’. CIRCUNVALAR, voir valla.

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CIRIO (‘cierge’), est issu du latin cereus ‘bou- CIVIL (‘civil’ et ‘sociable’), est emprunté au latin
gie’, substantivation au masculin de l’adjectif civilis ‘relatif au citoyen’, dérivé de civis ‘ci-
cereus ‘de cire’, dérivé de cera ‘cire’. toyen’. Le citoyen est un être social et civilisé
CIRUELA (‘prune’), est issu du latin cereola, (grec politikos), d’où le sens de ‘sociable’. Ci-
abréviation de cereola (pruna), littéralement vil a été utilisé par opposition à ‘militaire’ et à
‘prune de la couleur de la cire’, diminutif de ‘religieux’ : casarse por lo civil ‘se marier à
l’adjectif cereus ‘de cire’ (substantivation de la mairie ou civilement’ / casarse por la igle-
l’adjectif cereola après ellipse du nom). Voir sia ‘se marier à l’église’.
cirio. Dérivés : CIVILIZACIÓN ‘civilisation’. CIVIS-
Dérivés : CIRUELO ‘prunier’. MO a été emprunté au français civisme dérivé
CIRUGÍA (‘chirurgie’), est emprunté au latin de civique (latin civicus ‘du citoyen’, ‘de la ci-
chirurgia, lui-même emprunté au grec khei- té’).
rourgia, formé de kheir ‘main’ et de ergon CIVILIZACIÓN, voir civil.
‘travail, activité’ = ‘travail manuel’. Chez CIVISMO, voir civil.
Hippocrate, ce mot a pris le sens médical que CIZAÑA (‘ivraie’ ; ‘zizanie, discorde’), est em-
nous lui connaissons aujourd’hui c’est-à-dire prunté au bas latin zizania (‘ivraie’ et, au figu-
‘opération, pratique chirurgicale’. ré, ‘jalousie’) lui-même emprunté au grec zi-
Dérivés : CIRUJANO ‘chirurgien’. QUIRÓFANO zanion ‘ivraie enivrante’. L’ivraie est une
‘salle d’opération’. Voir ci-après quirúrgico. plante nuisible aux céréales. Au sens figuré,
QUIRÚRGICO ‘chirurgical’. Par croisement de cizaña (‘zizanie’) signifiera donc ‘méchance-
quirúrgico avec l’adjectif diáfano ‘diaphane, té’ puis ‘discorde’ (cizañar ou encizañar
transparent’, on a formé quirófano ‘salle ‘semer la zizanie’ comme le dit si justement le
d’opération’, littéralement ‘lieu pourvu de français).
vitres laissant voir l’acte accompli par la main CIZAÑAR, voir cizaña.
du chirurgien’. CLAMAR, voir llamar.
CIRUJANO, voir cirugía. CLAMOROSO, voir llamar.
CISNE (‘cygne’), est emprunté à l’ancien français CLAN (‘clan’), est emprunté à l’ancien gaélique
cisne, lui-même issu du bas latin cicinus (latin clann ‘race, famille’ par l’intermédiaire de
classique cycnus ou cygnus, emprunté au grec l’anglais clan ‘tribu, groupe issu d’un même
kuknos, littéralement ‘le blanc’). ancêtre en Écosse’.
CISTERNA (‘citerne’), est issu du latin cisterna CLANDESTINO (‘clandestin’), est emprunté au
‘réservoir pour recueillir l’eau’, dérivé spécia- latin clandestinus ‘qui se fait en cachette’, ‘qui
lisé de cista ‘panier d’osier’, ‘coffre’ (espa- agit en secret’, dérivé de l’adverbe et préposi-
gnol cesta et cesto). tion clam ‘à la dérobée’, ‘à l’insu de’.
CITA, voir citar. CLAREAR, voir claro.
CITAR (‘donner rendez-vous’ ; ‘citer, traduire en CLARETE, voir claro.
justice’ ; ‘faire une citation’), est emprunté au CLARIDAD, voir claro.
latin citare ‘mettre en mouvement’, ‘provo- CLARIFICAR, voir claro.
quer’ et, dans la langue juridique et politique, CLARÍN, voir claro.
‘convoquer (le sénat)’, ‘convoquer en justice’ CLARO (‘clair’, ‘clairsemé’ ; ‘évident’ ; ‘illustre,
d’où ‘invoquer le témoignage de qqn’ et enfin noble’), est issu du latin clarus s’appliquant à
‘mentionner, citer’. Citare est le fréquentatif la voix, aux sons, à la vue (‘clair, brillant,
de ciere, cire ‘mettre en mouvement’ d’où éclatant, sonore’) puis, au figuré, aux choses
‘faire venir, appeler’. de l’esprit (‘clair, net, intelligible, manifeste’)
Dérivés : CITA ‘rendez-vous’ et ‘citation’ (ci- et enfin aux individus les plus brillants (‘il-
ter un écrivain etc.). lustre, distingué, noble’).
CIUDAD (‘ville, cité’), est issu du latin civitas Dérivés : ACLARAR ‘éclaircir’. CLARETE ‘vin
‘condition de citoyen’ puis ‘ensemble des ci- rosé’ (ancien français claret, ‘vin clairet’, du
toyens’ et enfin ‘ville’ en général, dérivé de latin médiéval claratum ‘liqueur faite de miel
civis ‘citoyen’. et d’épices’). CLARIFICAR ‘clarifier’. CLARÍN
Dérivés : CIUDADANO ‘citoyen’ et ‘citadin’. ‘clairon’ (c’est-à-dire ‘qui a un son clair’).
CIUDADANO, voir ciudad. DECLARAR ‘déclarer’ (latin declarare, ‘mon-

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trer clairement, expliquer’ puis ‘nommer, ex- Dérivés : CLERICAL ‘clerical’. CLÉRIGO ‘ec-
primer’). clésiastique’, ‘prêtre’ (latin clericus ‘membre
CLASE (‘classe’), est emprunté au latin classis du clergé’).
‘division, groupe, catégorie’ et ‘ensemble des CLICHÉ / CLISÉ (‘cliché’), est emprunté au
citoyens répartis en catégories selon le cens, la français cliché (photo et phrase toute faite),
fortune’. participe passé substantivé du verbe inusuel
Dérivés : CLÁSICO ‘classique’, emprunté au clicher, terme de typographie signifiant ‘fabri-
latin classicus ‘de première classe’, ‘non pro- quer l’empreinte d’une forme en y coulant du
létaire’ (parmi les cinq classes entre lesquelles métal en fusion’ et d’origine incertaine.
étaient répartis les citoyens romains d’après CLIENTE (‘client’), est emprunté au latin cliens
leur fortune). Les écrivains furent rangés par d’origine inconnue et signifiant ‘plébéien se
Quintilien dans cette classe : classici (scrip- plaçant sous la protection d’un patricien’ (ap-
tores) ‘écrivains de première valeur’. D’où le pelé patronus), puis ‘vassal’ et ‘domestique’.
sens acquis par l’adjectif clásico en parlant L’idée de protection et de dépendance a com-
des écrivains : ‘qui fait autorité’, ‘modèle à plètement disparu dans le sens commercial
imiter’, ‘digne d’être étudié en classe’. CLASI- moderne, elle a été remplacée par l’idée de ré-
FICAR ‘classer’. tribution en échange d’un bien ou d’un service
CLÁSICO, voir clase. rendu. Il est vrai cependant que le mot ‘client’
CLASIFICAR, voir clase. connote encore une idée de fidélité (comme le
CLÁUSULA (‘clause’), est emprunté au latin vassal était fidèle à son maître) dans les ex-
clausula ‘conclusion’, ‘conclusion d’une pressions ‘être client chez un commerçant’ ou
phrase’, diminutif de clausa, participe passé ‘être un bon client’.
de claudere ‘clore, fermer’. D’où le sens pris Dérivés : CLIENTELA ‘clientèle’.
par cláusula : chaque unité, chacune des dis- CLIMA (‘climat’), est emprunté au latin clima
positions d’un texte juridique (las cláusulas ‘inclinaison de la calotte céleste’, ‘latitude’ et
de un contrato ‘les clauses d’un contrat’). ‘région, contrée’, lui-même emprunté au grec
CLAVAR, voir clavo. klima ‘inclinaison’. Pendant longtemps, le mot
CLAVE, voir llave. clima a gardé le sens étymologique (géogra-
CLAVÍCULA, voir llave. phique) de ‘région’. Ce n’est qu’au XVIIIe
CLAVIJA, voir llave. siècle qu’il désignera les conditions atmosphé-
CLAVO (‘clou’), est issu du latin clavus ‘cheville riques qui confèrent certaines caractéristiques
(de bois, de fer)’. climatiques à un lieu donné.
Dérivés : CLAVAR ‘clouer, enfoncer’. ENCLA- Dérivés : CLIMÁTICO ‘climatique’. CLIMATI-
VAR ‘clouer’ et ‘enclaver’. ENCLAVE ‘en- ZACIÓN ‘climatisation’. CLIMATIZAR ‘climati-
clave’. ser’.
CLEMENCIA, voir clemente. CLIMÁTICO, voir clima.
CLEMENTE (‘clément’), est emprunté au latin CLIMATIZACIÓN, voir clima.
clemens ‘en pente douce’, ‘qui coule douce- CLIMATIZAR, voir clima.
ment’ et ‘doux, indulgent’. L’origine de cle- CLÍNICA, voir clínico.
mens n’est pas bien établie (d’après mens ‘es- CLÍNICO (‘clinique’ [adjectif]), est emprunté, par
prit’ ?). l’intermédiaire du français, au latin clinicus,
Dérivés : CLEMENCIA ‘clémence’. adjectif employé également sous la forme
CLERICAL, voir clero. substantivée clinice et signifiant ‘médecine
CLÉRIGO, voir clero. exercée près du lit d’un malade’. Clinicus est
CLERO (‘clergé’), est emprunté au latin chrétien emprunté au grec klinicos ‘qui visite le malade
clerus ‘ensemble des clercs, clergé’, lui-même au lit’, dérivé de kline ‘lit’.
emprunté au grec kleros ‘héritage, lot tiré au Dérivés : CLÍNICA ‘clinique’ (substantif). PO-
sort’, ‘charge, fonction religieuse’ et, dans le LICLÍNICA a d’abord signifié ‘clinique pour
langage biblique, ‘clergé’. Il est possible que toute la ville’ (‘policlinique’, du grec polis ‘ci-
le mot traduise l’hébreu na’alah par lequel té’), avant de désigner un établissement où se
Dieu se désigne comme l’unique ‘héritage’ trouvent beaucoup de spécialités médicales
des Lévites, tribu d’Israël à qui on n’avait pas (‘polyclinique’, du grec poly- ‘plusieurs,
attribué de territoire comme aux autres tribus. beaucoup’).

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CLIP (‘trombone, attache’), est emprunté à COBRA, voir culebra.


l’anglais clip ‘bijou muni d’un fermoir à res- COBRANZA, voir recobrar.
sort’, ‘pince, agrafe’. COBRAR, voir recobrar.
CLISÉ, voir cliché. COBRE (‘cuivre’), est issu du latin cuprum (ou
CLORO (‘chlore’), est emprunté au grec kloros cyprum) ‘cuivre’, emprunté au grec kupros,
‘vert’ ou ‘jaune clair’. Le corps chimique fut nom de l’île de Chypre où l’on fabriquait ce
découvert en 1774. C’est en 1810 que le chi- métal. Le mot latin a d’abord été employé
miste Humphry Davy l’appela chlorine ou comme adjectif dans l’expression aes cyprium,
chloric gas à cause de sa couleur. littéralement ‘airain de Chypre’. L’adjectif a
CLUB (‘club’), est emprunté à l’anglais club, issu été ensuite substantivé après omission du
de l’ancien norrois (ou nordique) klubba ‘mas- substantif. Il a donc remplacé aes qui était le
sif’, ‘bouquet d’arbres’ puis ‘masse compacte’ nom latin du cuivre. Cyprium est devenu cy-
et enfin ‘réunion de personnes’ d’après le prum sans doute par analogie avec aurum ‘or’,
verbe to club ‘mettre ensemble, regrouper’, ferrum ‘fer’, argentum ‘argent’.
‘mettre en association’. COBRO, voir recobrar.
CLUECA, voir cuclillas. COCA (‘coca’ et ‘cocaïer’), provient du quechua
COAGULAR, voir cuajar. cuca peut-être lui-même emprunté à l’aymara
COALICIÓN (‘coalition’), est emprunté au fran- (langue indienne du Pérou).
çais coalition, lui-même emprunté au latin Dérivés : COCAÍNA ‘cocaïne’.
médiéval coalitio ‘réunion’. On peut aussi dé- COCEAR, voir coz.
river ce mot de coalitum supin du verbe coa- COCER (‘cuire’), est issu du bas latin cocere de
lescere qui signifie ‘grandir ensemble’ et même sens, altération de coquere en latin clas-
‘s’unir en grandissant’, formé de co- ‘avec’ et sique.
de alescere ‘se nourrir’, ‘grandir’ (de alere Dérivés : COCIDO ‘pot-au-feu’, participe passé
‘nourrir’). substantivé de cocer. ESCOCER ‘brûler’,
COARTADA (‘alibi’), est un dérivé du verbe ‘cuire’ (inflammation, rougeur de la peau).
coartar ‘limiter’, ‘gêner’, ‘empêcher’, em- COCIDO, voir cocer.
prunté au latin coartare lui-même issu de ar- COCIENTE (‘quotient’), est emprunté au latin
tare ‘serrer fortement’, ‘resserrer, raccourcir’ quotiens, variante de quoties et signifiant
(artus ‘étroit’). On ne voit pas très clairement ‘combien de fois’ et ‘toutes les fois que’.
le rapport entre coartar ‘empêcher qqn de COCINA (‘cuisine’), est issu du bas latin cocina
faire qqch’ et coartada ‘alibi’ qui signifie que altération de coquina ‘lieu où l’on cuisine’,
l’on est dans un autre endroit au moment d’un ‘art du cuisinier’, dérivé de coquere ‘cuire’.
crime, d’un vol etc. On peut penser qu’un alibi Dérivés : COCINAR ‘cuisiner’. COCINERO ‘cui-
est une sorte de ‘preuve d’innocence’ qui em- sinier’.
pêche la justice d’arrêter le coupable présumé. COCINAR, voir cocina.
COBARDE (‘lâche’), est emprunté à l’ancien COCINERO, voir cocina.
français coart (moderne couard) adjectif déri- COCO (‘noix de coco’ ; fantôme’, ‘épouvantail’,
vé du substantif coe (du latin coda / cauda, ‘croque-mitaine’ ; ‘tête’), est un mot d’origine
‘queue’), littéralement ‘qui a la queue basse’, portugaise, de formation enfantine expressive
‘lâche’. signifiant ‘fantôme, croque-mitaine’. Vasco de
Dérivés : COBARDÍA ‘lâcheté’. Gama donna ce nom au fruit du cocotier (noix
COBAYA(O) (‘cobaye’), proviendrait de sabuya de coco) par comparaison avec la tête d’un
mot emprunté à une langue d’Amérique du personnage imaginaire (le ‘croque-mitaine’
Sud, le tupi, par l’intermédiaire du portugais c’est-à-dire le ‘croque-petite fille’) qu’on
cobaya, d’abord écrit çabuyâ. évoque pour effrayer les enfants et s’en faire
COBERTIZO, voir cubrir. obéir. En espagnol familier comerse el coco
COBERTURA, voir cubrir. signifie ‘se ronger les sangs’, ‘se faire du sou-
COBIJAR (‘couvrir, abriter’ ; ‘héberger, loger’ ; ci’.
‘couver, nourrir’), est d’origine incertaine, COCODRILO (‘crocodile’), est emprunté au latin
sans doute dérivé de cobija ‘couverture de lit’ crocodilus, lui-même emprunté au grec kroko-
(du latin cubilia, pluriel de cubile ‘couche, dilos désignant des lézards de toutes tailles.
nid, niche’).

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CÓCTEL (‘cocktail’), est l’hispanisation de Dérivés : CODIFICAR ‘codifier’ et ‘coder’ (un


l’anglais cocktail, formé de cock ‘coq’ et de message) a été emprunté au français codifier.
tail ‘queue’. C’est un mot dont l’histoire est DESCODIFICAR ‘décoder’. DESCODIFICADOR
quelque peu surprenante. Il a d’abord désigné ‘décodeur’ (TV).
un cheval auquel on coupait un muscle de la CODO (‘coude’), est issu du latin cubitus ‘pliure
queue pour qu’elle se redresse comme celle du bras’.
d’un coq. Comme on ne pratiquait pas cette Dérivés : CODAZO ‘coup de coude’. CODEAR
opération sur les chevaux de pure race, le mot ‘jouer des coudes’ et ‘coudoyer, côtoyer’.
a fini par désigner un cheval de course bâtard CODORNIZ (‘caille’), est issu du latin coturnix
puis... un homme de noblesse incertaine. De de même sens. Mot épicène (genre commun)
l’idée de bâtardise on est passé à l’idée de désignant par le féminin aussi bien le mâle que
‘mélange (de races)’... puis à celle de ‘mé- la femelle.
lange de boissons alcoolisées’ c’est-à-dire un COEFICIENTE, voir efecto.
‘cocktail’. COÉTANO, voir edad.
Dérivés : COCTELERA ‘shaker’. COEXISTIR, voir existir.
COCHE (‘voiture’), est d’origine incertaine. Ce COFRADÍA, voir fraile.
mot est emprunté soit au hongrois kocsi COFRE (‘coffre’), est emprunté au français coffre
‘grande voiture couverte’, dérivé de kocs (nom issu du latin impérial cophinus ‘corbeille,
d’un relais de poste entre Vienne et Pest), soit couffin’. Le sens de ‘coffre, caisse’ est apparu
au tchèque koczi (les deux mots se prononcent en latin médiéval.
de la même façon). COGER (‘prendre’), est issu du latin colligere
Dérivés : COCHERA ‘remise, garage à voi- ‘réunir, rassembler’, composé de cum et de le-
tures’. COCHERO ‘cocher’. gere ‘ramasser, cueillir’.
COCHERA, voir coche. Dérivés : ACOGER ‘accueillir’. COGIDA ‘cueil-
COCHERO, voir coche. lette’ et ‘coup de corne’. ENCOGER ‘rétrécir’.
COCHINO (‘cochon, porc’ ; [adjectif] ‘cochon, ESCOGER ‘choisir’ (latin ex-colligere c’est-à-
dégoûtant, sagouin’ ; ‘sale, fichu, maudit’), est dire ‘prendre parmi plusieurs’). RECOGER ‘re-
sans doute d’origine onomatopéique : kos-kos cueillir’. SOBRECOGER ‘saisir (de peur, de
(coch-), imitation du grognement de l’animal. froid)’.
Dérivés : RECOCHINEARSE ‘se payer la tête COGIDA, voir coger.
(de qqn)’ ; ‘se rincer l’œil’ (spectacle érotique COGOTE (‘nuque’), est probablement dérivé de
etc.). coca, mot de formation expressive et dési-
CODAZO, voir codo. gnant familièrement la tête : ‘cafetière’, ‘colo-
CODEAR, voir codo. quinte’, ‘poire’ etc.
CÓDICE, voir código. COHABITAR, voir habitar et haber.
CODICIA (‘cupidité’, ‘convoitise’), est emprunté COHERENCIA (‘cohérence’), est, comme cohe-
au bas latin cupiditia (ou cupiditas) ‘désir vio- rente et cohesión, un dérivé du verbe latin
lent, passion’, dérivé de cupidus ‘désireux, haerere signifiant ‘être attaché’ d’où l’idée
avide de’, lui-même dérivé de cupere ‘désirer d’un ensemble qui se tient, de cohérence.
ardemment’. Codicia a perdu son sens origi- COHERENTE, voir coherencia.
nel (affaiblissement sémantique) pour se limi- COHESIÓN, voir coherencia.
ter au sens actuel de ‘convoitise’. COHETE (‘fusée’), est d’origine incertaine, peut-
Dérivés : CODICIAR ‘convoiter’. CODICIOSO être du catalan coet, issu du catalan ancien coa
‘cupide’. ‘queue’ (latin cauda). Par analogie de forme
CODICIAR, voir codicia. ce mot a servi à désigner toutes sortes de fu-
CODICIOSO, voir codicia. sées (feu d’artifice, fusées spatiales).
CÓDIGO (‘code’), est emprunté au latin caudex COHORTE (‘cohorte’), est emprunté au latin
ou codex ‘tronc d’arbre’ puis ‘tablette cohors, cohortis ‘unité de l’armée romaine’.
(d’écorce) pour écrire’ et, par extension, Ce mot est un dérivé de hortus ‘jardin’. Co-
‘livre’. Ce mot s’est spécialisé dans la langue hors était un terme de la langue rurale signi-
du droit où il désigne un recueil de lois. fiant initialement ‘enclos, cour de ferme, parc
Códice est le doublet savant dans le sens de à bétail, basse-cour’. Dans la langue militaire,
‘manuscrit ancien’. cohors a pris le sens de ‘division du camp’,

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‘troupes cantonnées dans cette division’ puis COLECTA, voir colección.


‘unité de l’armée romaine’. COLECTIVIDAD, voir colección.
COINCIDENCIA, voir incidir. COLECTIVO, voir colección.
COINCIDIR, voir incidir. COLEGA (‘collègue, confrère’), est emprunté au
COJEAR, voir cojo. latin collega ‘celui qui exerce la même charge
COJÍN (‘coussin’), est issu du latin vulgaire dans une magistrature’, ‘compagnon, cama-
*coxinum de même sens, dérivé de coxa rade’. Ce mot est à rattacher à lex ‘loi’ peut-
‘hanche’, la fonction première du coussin être par l’intermédiaire de legere ‘léguer’. Le
étant de nous supporter et de nous caler. ‘collègue’ est celui qui a reçu en même temps
COJO (‘boiteux, bancal’), est issu du latin vul- que d’autres une charge ou un pouvoir.
gaire coxus de même sens, probablement déri- COLEGIAL, voir colegio.
vé de coxa ‘hanche’. COLEGIO (‘collège’), est issu du latin collegium
Dérivés : COJEAR ‘boiter’. ‘ensemble (de magistrats, de prêtres)’, dérivé
COJÓN (‘couille’), est issu du latin coleus, peut- de lex ‘loi’. Voir aussi colega.
être apparenté à culleus ‘sac de cuir, outre’. Dérivés : COLEGIAL ‘collégial’ (adjectif) et
Cet emploi serait semblable à celui de bursa ‘collégien’ (substantif).
(‘sac de cuir’, ‘bourse’) qui désigne en anato- COLEGIR (‘réunir, rassembler’ ; ‘déduire’), est
mie l’enveloppe des testicules. Voir bolsa. emprunté au latin colligere ‘réunir, rassem-
COL (‘chou’), est issu du latin caulis ‘tige des bler’ puis ‘rassembler (des idées, des argu-
plantes’ et ‘chou’. ments)’ d’où le sens de ‘déduire’.
Dérivés : COLIFLOR ‘chou-fleur’. CÓLERA (‘colère’ et ‘choléra’), est emprunté au
COLA (‘queue’), est issu du latin *cola variante latin cholera ‘maladie bilieuse, bile’ d’où le
supposée de coda ou cauda ‘queue’. sens de ‘colère’, état affectif provoqué par
Dérivés : COLETA ‘petite natte (des toreros)’. l’humeur bilieuse comme on le croyait. Le la-
COLILLA ‘mégot’. tin cholera est issu du grec kholera désignant
COLABORACIÓN, voir labor. diverses maladies digestives dont le choléra en
COLABORAR, voir labor. particulier. Cette maladie étant caractérisée
COLADA, voir colar. par de violents vomissements et de très fortes
COLAPSO, voir lapso. diarrhées, on peut supposer que le grec khole-
COLAR(SE) (‘passer, filtrer’ ; ‘lessiver’ ; ‘se ra vient soit de kholades ‘intestins, côlon’, soit
glisser, se faufiler’), est issu du latin colare de kholê ‘bile’.
‘passer, filtrer, épurer’, dérivé de colum ‘ta- Dérivés : COLÉRICO ‘coléreux, colérique’ et
mis, filtre, passoire’. ‘cholérique’ (relatif au choléra). ENCOLERI-
Dérivés : COLADA ‘lessivage, lessive’ et ‘cou- ZARSE ‘se mettre en colère’.
lée (de lave, de métal)’. COLÉRICO, voir cólera.
COLCHA (‘couvre-lit, dessus-de-lit’), est em- COLETA, voir cola.
prunté à l’ancien français colche ou culche COLGANTE, voir colgar.
(moderne couche), déverbal de coucher, du la- COLGAR (‘pendre, suspendre, accrocher’), est
tin collocare ‘placer, disposer’ puis ‘placer issu du latin collocare ‘placer, disposer’ déri-
horizontalement’ et enfin ‘mettre au lit’. Voir vé de locus ‘lieu’. Contrairement au français
colgar. qui a donné à ce verbe le sens de ‘placer hori-
Dérivés : COLCHÓN ‘matelas’. zontalement’ (‘coucher, mettre au lit’),
COLECCIÓN (‘collection’), est emprunté au latin l’espagnol lui a donné celui de ‘placer vertica-
collectio ‘action de réunir’, ‘ce qui est recueilli lement’ d’où le sens de ‘pendre, suspendre’.
ensemble’, dérivé de colligere ‘réunir, ras- Colgar est le traitement dit populaire de col-
sembler’. locare. Le traitement savant a donné colocar
Dérivés : COLECCIONAR ‘collectionner’. CO- en espagnol et colloquer en français. Voir co-
LECTA ‘collecte’ (du latin collecta, participe locar.
passé substantivé au féminin de colligere). Dérivés : COLGANTE ‘suspendu’ (jardín col-
COLECTIVIDAD ‘collectivité’. COLECTIVO gante ‘jardin suspendu’). DESCOLGAR ‘décro-
‘collectif’ (latin collectivus ‘qui groupe, ras- cher’.
semble’). RECOLECCIÓN ‘récolte’ ; ‘collecte’. COLIFLOR, voir col.
COLECCIONAR, voir colección. COLILLA, voir cola.

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COLINA (‘colline’), est emprunté au bas latin COLONO (‘colon’, ‘fermier’), est emprunté au
collina par l’intermédiaire de l’italien collina. latin colonus ‘cultivateur, fermier’, ‘habitant
La forme latine provient de l’expression colli- d’une colonie’, dérivé de colere ‘cultiver’.
na (loca) c’est-à-dire ‘lieu en forme de butte’. Dérivés : COLONIA ‘colonie’ (latin colonia
Collina, us est l’adjectif tiré de collis ‘coteau, ‘propriété rurale’). COLONIAL ‘colonial’. CO-
colline, montagne’. LONIZACIÓN ‘colonisation’. COLONIZAR ‘co-
COLINDANTE, voir límite. loniser’. DESCOLONIZAR ‘décoloniser’.
COLINDAR, voir límite. COLOQUIO, voir locuaz.
COLISIÓN (‘collision’ ; [au figuré] ‘conflit, COLOR (‘couleur’), est issu du latin color, mot
choc’), est emprunté au latin collisio ‘choc, apparenté à celare ‘cacher, celer’, la couleur
heurt’, dérivé du verbe collidere ‘heurter, en- étant ce qui cache la surface d’une chose (voir
trechoquer’, composé de cum ‘avec’ et de lae- l’expression so color de ‘sous couleur de’).
dere ‘frapper’, blesser, léser’. Dérivés : COLORADO ‘coloré’ et ‘rouge’. CO-
COLMAR, voir colmo. LORAR ‘colorer’, ‘colorier’. COLORIDO ‘colo-
COLMENA (‘ruche’), est d’origine incertaine ris’. COLORÍN ‘chardonneret’. DESCOLORAR
sans doute préromane (celte * kolmena, dérivé ‘décolorer’, ‘défraîchir’.
de kolmos ‘paille’ c’est-à-dire ‘ruche faite en COLORADO, voir color.
paille’). COLORIDO, voir color.
COLMILLO (‘canine’, ‘croc’, ‘défense COLORÍN, voir color.
d’éléphant’ etc.), est issu du latin vulgaire co- COLOSAL, voir coloso.
lumellus dérivé de columella ‘petite colonne’ COLOSO (‘colosse’), est emprunté au latin colos-
(analogie de forme, emploi métaphorique). sus ‘statue gigantesque’, lui-même emprunté
COLMO (‘comble’), est issu du latin cumulus au grec kolossos ‘statue (de forme humaine)’.
‘tas, quantité qui dépasse la mesure’ et, au fi- La spécialisation de ‘grande statue’ est due
guré, ‘surplus’, ‘couronnement, apogée’. aux dimensions de la statue du Colosse de
Dérivés : COLMAR ‘remplir à ras bord’ (du la- Rhodes désignée également par le terme ko-
tin cumulare ‘entasser, accumuler’, ‘remplir’). lossos.
COLOCACIÓN, voir colocar. Dérivés : COLOSAL ‘colossal’.
COLOCAR (‘placer’), est issu du latin collocare COLUMBRAR (‘apercevoir’), est d’origine mal
‘placer, disposer’ dérivé de locus ‘lieu’. Colo- établie. Ce mot est probablement issu de cul-
car est le traitement savant de collocare (voir minare ‘couronner’, dérivé de culmen ‘faîte,
colgar, traitement dit populaire). Colgar date sommet’. Le sens primitif serait donc ‘voir
du début du XIIe siècle (1140), alors que colo- depuis une hauteur’, ‘apercevoir au loin’.
car est d’introduction plus tardive (XIVe Culminare > culmbrar puis columbrar
siècle). En français, le traitement savant de d’après vislumbrar ‘apercevoir’.
collocare a donné ‘colloquer’, terme de droit COLUMNA (‘colonne’), est emprunté au latin
utilisé dans l’expression ‘colloquer des créan- columna de même sens, mot à rattacher à co-
ciers’ et signifiant qu’on les place dans l’ordre lumen et culmen ‘sommet, cime’ (culminare
prescrit par la loi afin qu’ils puissent récupérer ‘couronner’).
l’argent qu’on leur doit. COLUMPIAR(SE) (‘balancer’, ‘se balancer’), est
Dérivés : COLOCACIÓN ‘placement’ (oficina / d’origine très incertaine (grec kolymbao ‘je
agencia de colocación ‘agence / bureau de plonge’ ; latin vulgaire *plumbiare ‘plon-
placement’). ger’ ?).
COLOFÓN (‘note finale’ [d’un livre] ; ‘couron- Dérivés : COLUMPIO ‘balançoire’.
nement, point culminant, clou’), est emprunté COLUSIÓN, voir ilusión.
au grec kolophon ‘sommet, faîte’ et ‘couron- COLLAR, voir cuello.
nement, achèvement’, employé pour désigner COMA (1) (‘virgule’), est issu du latin comma
la formule finale où le copiste donne des indi- ‘membre d’une période’, ‘virgule’, ‘césure’,
cations sur lui-même et sur son ouvrage. emprunté au grec komma ‘fragment’, ‘membre
COLONIA, voir colono. (court) d’une période’.
COLONIAL, voir colono. Dérivés : COMILLA(S) ‘guillemets’ (littérale-
COLONIZACIÓN, voir colono. ment ‘petites virgules’).

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COMA (2) (‘coma’), est emprunté au grec koma, tiare ‘initier’ puis ‘débuter’, l’initiation étant
komatos ‘sommeil profond’ et ‘état léthar- considérée comme un début.
gique’. En coma / en estado de coma ‘dans le Dérivés : COMIENZO ‘début’.
coma’. COMER (‘manger’), est issu du latin comedere
Dérivés : COMATOSO ‘comateux’. (littéralement ‘manger avec’, c’est-à-dire ‘en
COMADRE, voir madre. compagnie’), formé de cum ‘avec’ et de edere
COMANDANTE, voir mandar. ‘manger’.
COMARCA, voir marcar. Dérivés : COMEDOR ‘mangeur’, ‘gros man-
COMATOSO, voir coma (2). geur’ et ‘salle à manger’, ‘restaurant, cantine,
COMBATE, voir batir. réfectoire’. COMESTIBLE ‘comestible’. CO-
COMBATIR, voir batir. MEZÓN ‘démangeaison’ (ce qui mange la
COMBINACIÓN, voir combinar. peau). COMIDA ‘nourriture’, ‘repas’. COMILÓN
COMBINAR (‘combiner’), est emprunté au bas ‘glouton’ (latin comedo ‘mangeur’ : comedo-
latin combinare ‘unir deux choses ensemble’, nem > comenón > comelón > comilón, avec
formé de cum ‘avec’ et de bini ‘par deux, suffixe -lón comme dormilón et i comme
paire’. comida). COMILONA ‘gueuleton, ripaille’.
Dérivés : COMBINACIÓN ‘combinaison’. COMERCIANTE, voir comercio.
COMBUSTIBLE, voir combustión. COMERCIAL, voir comercio.
COMBUSTIÓN (‘combustion’), est emprunté au COMERCIO (‘commerce’), est emprunté au latin
bas latin combustio ‘action de brûler par le commercium ‘négoce’ et par extension ‘rela-
feu’, dérivé de comburere ‘brûler complète- tions humaines’, ‘relations charnelles’, com-
ment’. posé de cum ‘avec’ et de merx, mercis ‘mar-
Dérivés : COMBUSTIBLE ‘combustible’ (adjec- chandise’.
tif et substantif). COMESTIBLE, voir comer.
COMEDIA (‘comédie’, ‘théâtre’), est emprunté COMETA (‘comète’ et ‘cerf-volant’), est emprun-
au latin comoedia ‘pièce de théâtre’, ‘genre té au latin cometes, lui-même pris au grec ko-
théâtral’ (comique) lui-même emprunté au metes qui signifie littéralement ‘chevelu’, ad-
grec komodia, dérivé de komodos ‘chanteur jectif substantivé dérivé de kome ‘chevelure’
dans une fête’, formé de komos ‘procession (traînée lumineuse de la comète assimilée à
burlesque’, ‘troupe’ et de oidé ‘chanter’ (voir une longue chevelure). Par comparaison avec
oda). la comète, l’espagnol a utilisé le même mot
Dérivés : COMEDIANTE ‘comédien’. COMICI- pour désigner un cerf-volant : el cometa ‘la
DAD ‘le (genre) comique’. CÓMICO ‘comique’ comète’ / la cometa ‘le cerf-volant’.
(adjectif) et ‘comédien’ (substantif). COMETER, voir meter.
COMEDIDO (‘mesuré, modéré’), est dérivé de COMETIDO, voir meter.
comedirse ‘se contenir, se modérer’, issu du COMEZÓN, voir comer.
latin commetiri ‘mesurer’, ‘mesurer ensemble, CÓMIC / COMIC (‘bande dessinée’), est emprun-
confronter’, dérivé de metiri ‘mesurer’. té à l’anglo-américain comic(s) qui, dans la
Dérivés : COMEDIMIENTO ‘modération, me- langue familière, désigne la page des bandes
sure, courtoisie’. DESCOMEDIDO ‘excessif’, dessinées dans un journal. Comic est emprun-
‘grossier’. DESCOMEDIRSE ‘dépasser les té, par l’intermédiaire du français comique, au
bornes’. latin comicus ‘relatif au théâtre’ et, plus parti-
COMEDOR , voir comer. culièrement, ‘relatif à la comédie’. Comicus
COMENTAR (‘commenter’), est emprunté au est lui-même pris au grec kômikos de même
latin commentari ‘méditer’, ‘appliquer sa pen- sens (voir comedia). Pour désigner les bandes
sée à qqch’ puis ‘expliquer, interpréter des dessinées, l’espagnol emploie aussi historieta,
écrits’, formé de cum ‘avec’ et de mens ‘es- tira et tebeo (ce dernier mot étant le nom de
prit’, ‘intelligence’. l’une des premières revues illustrées pour en-
Dérivés : COMENTARIO ‘commentaire’ (latin fants).
commentarius ‘recueil de notes’, ‘mémoires’). COMICIDAD, voir comedia.
COMENTARIO, voir comentar. COMICIOS (‘comices’ et ‘élections’), est em-
COMENZAR (‘commencer’) est issu du latin prunté au latin comitium ‘endroit où se réunis-
vulgaire cominitiare, formé de cum et de ini- sait à Rome le peuple en assemblée’ (pluriel

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comitia ‘assemblée générale du peuple’), for- ractère facile, doux’ (carácter cómodo) ainsi
mé avec com- ‘ensemble’ et ire ‘aller’. que le français mais dans des emplois négatifs
CÓMICO, voir comedia. (‘il n’est pas commode’ = ‘il est autoritaire’).
COMIDA, voir comer. Dérivés : ACOMODAR ‘arranger’, ‘accommo-
COMIENZO, voir comenzar. der’, ‘adapter, régler’. COMODIDAD ‘commo-
COMILÓN, voir comer. dité, confort’. COMODÓN ‘qui aime ses aises’.
COMILONA, voir comer. COMODÓN, voir cómodo.
COMILLAS, voir coma (1). COMOQUIERA (‘n’importe comment, de toute
COMISARÍA, voir comisario. façon’), a été formé — comme la série quien-
COMISARIO (‘commissaire’), est emprunté au quiera, cualquiera, siquiera et dondequie-
latin médiéval commissarius ‘exécuteur testa- ra — avec le subjonctif présent du verbe que-
mentaire’ et ‘personne chargée d’une mis- rer, et signifie littéralement ‘comme on vou-
sion’, dérivé de committere formé de cum dra’, (como [se] quiera) c’est-à-dire
‘avec’ et de mittere ‘mettre’ c’est-à-dire ‘n’importe comment’.
‘mettre ensemble’, ‘mettre aux prises’, ‘con- COMPACTO (‘compact’), est emprunté au latin
fier, donner à exécuter’. compactus ‘bien assemblé, dont les parties se
Dérivés : COMISARÍA ‘commissariat’. tiennent’, participe passé adjectivé de compin-
COMISIÓN (‘commission’), est emprunté au latin gere ‘assembler en serrant’, formé de cum
commissio ‘action de mettre en contact’, déri- ‘avec’ et de pangere ‘enfoncer’. Le mot com-
vé de committere ‘confier, charger’ (voir co- pacto a connu récemment une nouvelle jeu-
misario). nesse avec l’invention du disque du même
COMITÉ (‘comité’), est l’hispanisation de nom qui contient des milliers d’informations
l’anglais committee ‘celui à qui l’on confie numérisées.
qqch’, dérivé de to commit ‘confier’. On COMPADECER, voir padecer.
avance aussi l’hypothèse selon laquelle com- COMPADRE, voir padre.
mittee serait un emprunt à l’ancien participe COMPAGINAR, voir página.
passé du verbe français ‘commettre’ (au sens COMPAÑERO (‘compagnon, camarade’), est un
de ‘charger qqn de faire qqch’) c’est-à-dire dérivé de l’ancien mot espagnol compaña
committé (moderne ‘commis’). (moderne compañía) ‘compagnie’, issu du la-
COMITIVA (‘suite, cortège’), est emprunté au tin vulgaire compania, dérivé lui-même de
latin tardif comitiva (dignitas) ‘dignité, fonc- panis ‘pain’ (bas latin companionem, c’est-à-
tion de celui qui est attaché à la suite de dire ‘celui qui partage le pain avec qqn’).
l’empereur’, dérivé de comes ‘compagnon’. Dérivés : ACOMPAÑAR ‘accompagner’. COM-
COMO (‘comme’), est issu du latin vulgaire PAÑÍA ‘compagnie’.
quomo (latin classique quomodo, adverbe de COMPARACIÓN, voir comparar.
manière formé avec l’ablatif de l’adjectif quis COMPARAR (‘comparer’), est emprunté au latin
et de modus : ‘de quelle manière’, ‘de la ma- comparare ‘rapprocher, mettre ensemble’,
nière dont’). Quomo a donné cuomo et cuemo ‘accoupler, apparier’, d’où ‘assimiler’ et ‘con-
(par analogie avec la diphtongue ie) et enfin fronter’, ‘examiner les rapports de ressem-
como. Les emplois proclitiques (c’est-à-dire blance ou de dissemblance’, formé à partir de
atones) de como ont fini par entraîner la sim- compar ‘égal, pareil’ (compar est lui-même
plification du groupe initial Kw- en K- (quo- composé de cum ‘avec’ et de par ‘pareil’,
mo > como). Voir à ce sujet Ramón Menéndez ‘pair’).
Pidal, Manual de gramática histórica españo- Dérivés : COMPARACIÓN ‘comparaison’.
la, § 39, 4], p. 128, éditions Espasa Calpe, COMPARECENCIA, voir parecer.
1989. COMPARECER, voir parecer.
COMODIDAD, voir cómodo. COMPARTIR, voir parte.
CÓMODO (‘commode’ ; [caractère] ‘accommo- COMPÁS (‘compas’ ; ‘rythme, mesure’), est un
dant, facile’ ; ‘confortable’), est emprunté au déverbal c’est-à-dire un dérivé de l’ancien
latin commodus ‘qui est de bonne mesure’, verbe compasar ‘mesurer’ (moderne acompa-
‘approprié, convenable’, ‘bienveillant, ac- sar), issu du bas latin compassare ‘mesurer
commodant’. Dérivé de modus ‘manière’. avec le pas’, formé de cum ‘avec’ et de passus
L’espagnol a conservé le sens de ‘qui a un ca- ‘pas’. Le mot compás conserve donc l’idée de

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mesure régulière appliquée au domaine musi- trial ‘complexe industriel’. On emploie aussi
cal (al compás ‘en mesure’ ; llevar el compás beaucoup l’expression ‘le complexe militaro-
‘battre la mesure’) tout en désignant un ins- industriel’ pour évoquer les communautés
trument de précision — le compas — servant d’intérêts entre les grands groupes industriels
à tracer des cercles parfaits, à mesurer des et le pouvoir militaire. Quant à l’emploi de
angles, à reporter des longueurs. complejo en psychanalyse (complejo de infe-
Dérivés : ACOMPASAR ‘mesurer avec un com- rioridad / de Edipo), il s’agit d’un calque de
pas’ et ‘battre la mesure’. l’allemand Komplex utilisé par Jung et Freud
COMPASIÓN, voir padecer. (1910).
COMPATIBLE, voir padecer. Dérivés : COMPLEJIDAD ‘complexité’. COM-
COMPATRIOTA, voir padre. PLEXIÓN ‘complexion’ (latin complexio ‘as-
COMPENDIO (‘résumé, abrégé’), est emprunté semblage d’éléments divers’ puis ‘tempéra-
au latin compendium ‘gain provenant de ment’).
l’épargne ou d’une économie de temps’, COMPLEMENTO (‘complément’), est emprunté
‘abréviation’, ‘raccourcissement’, dérivé de au latin complementum ‘ce qui complète’, de
pendere ‘peser’, ‘peser le métal (pour payer)’, complere ‘remplir entièrement, achever’.
‘payer’. COMPLETAR, voir completo.
COMPENSACIÓN, voir compensar. COMPLETO (‘complet’), est emprunté au latin
COMPENSAR (‘compenser’), est emprunté au completus participe passé adjectivé de com-
latin compensare ‘peser avec’ ‘mettre en ba- plere ‘remplir entièrement’, formé de cum
lance’, ‘contrebalancer’, formé de cum ‘avec’ ‘avec’ et de plere ‘emplir’.
et de pensare ‘peser’ (et ‘penser’). Dérivés : COMPLETAR ‘compléter’.
Dérivés : COMPENSACIÓN ‘compensation’. COMPLEJIDAD, voir complejo.
RECOMPENSA ‘récompense’. COMPLEXIÓN, voir complejo.
COMPETENCIA, voir competir. COMPLICAR, voir plegar.
COMPETER, voir competir. COMPLOT / COMPLÓ (‘complot’) est emprunté
COMPETIR (‘concourir, être en concurrence, au français complot d’origine incertaine.
rivaliser’), est emprunté au latin competere Pierre Guiraud (Dictionnaire des étymologies
‘tendre vers un même point’ et ‘convenir à, obscures) propose un verbe com-peloter
appartenir à’ (en droit ‘appartenir en vertu (‘comploter’) formé avec le mot pelote et si-
d’un droit’). Ce verbe est formé de cum ‘en- gnifiant ‘mettre ensemble de petits bouts de
semble’ et de petere ‘chercher à obtenir’. De corde en les serrant autour de l’un d’eux’, la
l’idée de ‘tendre (ensemble) vers un même pelote étant formée à l’origine d’une boule de
point’ on est passé à celle d’ « être en concur- cordelettes serrées et recouverte de peau. De là
rence » (competir en esfuerzos ‘rivaliser on serait passé à l’idée de qqch de caché d’où
d’efforts’). Quant à l’idée d’ « appartenir en l’idée de complot...
vertu d’un droit » elle a été dévolue au verbe Dérivés : COMPLOTAR ‘comploter’.
competer (a quien competa ‘à qui de droit’ ; COMPONENDA, voir poner.
eso compete al tribunal de menores ‘cela est COMPONENTE, voir poner.
de la compétence du tribunal pour enfants’). COMPONER, voir poner.
Dérivés : COMPETENCIA ‘ressort, domaine’ ; COMPORTAMIENTO, voir portar.
‘compétence’ et ‘concurrence’ (qqn de compé- COMPORTAR, voir portar.
tent est apte à être un sérieux concurrent). COMPRA, voir comprar.
COMPLACENCIA, voir placer. COMPRADOR, voir comprar.
COMPLACER, voir placer. COMPRAR (‘acheter’), est issu du latin vulgaire
COMPLEJO (‘complexe’ [adjectif et substantif]), comperare (latin classique comparare ‘procu-
est emprunté au latin complexus ‘fait rer’, ‘acquérir’, formé avec cum et parare
d’éléments imbriqués’, participe passé adjec- ‘procurer’, ‘faire avoir qqch à qqn’).
tivé de complecti ‘embrasser, comprendre’, Dérivés : COMPRA ‘achat’. COMPRADOR
formé de cum ‘avec’ et de plectere ‘plier, en- ‘acheteur’.
trelacer’. Complejo se dira donc d’une chose COMPRENDER, voir prender.
compliquée mais aussi d’un ensemble COMPRENSIÓN, voir prender.
d’éléments formant un tout : complejo indus- COMPRESIÓN, voir comprimir.

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COMPRIMIR (‘comprimer’), est emprunté au verbe conari ‘se préparer à qqch, entre-
latin comprimere ‘serrer, presser, retenir’, prendre’. (Un conato de robo ‘une tentative
formé de cum et de premere ‘presser’. de vol’). Le linguiste R. Jakobson a employé
Dérivés : COMPRESIÓN ‘compression’ (com- l’expression ‘fonction conative’ (ou fonction
presión de plantilla ‘réduction des effectifs’, d’incitation) pour signifier que le langage peut
‘dégraissage’). servir à provoquer un certain comportement
COMPROBAR, voir probar. chez l’interlocuteur.
COMPROMETER, voir meter. CONCEBIR (‘concevoir’), est issu du latin conci-
COMPROMISO, voir meter. pere ‘contenir entièrement’ d’où ‘former en
COMPUTADOR, voir contar. soi (un enfant)’, ‘former une idée dans sa pen-
COMPUTADORA, voir contar. sée’, verbe composé de cum ‘avec’ et de ca-
COMPUTAR, voir contar. pere ‘attraper, contenir’.
COMULGAR (‘communier’), est issu du latin Dérivés : CONCEPCIÓN ‘conception’. CON-
communicare ‘communiquer’ et, en bas latin, CEPTO ‘concept’.
‘communier’. CONCEDER, voir ceder.
Dérivés : COMUNIÓN ‘communion’. EXCO- CONCENTRAR, voir centro.
MULGAR ‘excommunier’. EXCOMUNIÓN ‘ex- CONCENTRACIÓN, voir centro.
communication’. CONCEPCIÓN, voir concebir.
COMÚN (‘commun’, ‘courant’), est issu du latin CONCEPTO, voir concebir.
communis ‘qui appartient à plusieurs’, ‘qui est CONCERNIR (‘concerner’, ‘avoir rapport à’), est
accessible à tous’ et ‘médiocre, vulgaire’. Ce emprunté au bas latin concernere ‘cribler en-
mot est formé de cum ‘avec’ et de munis ‘qui semble, mêler’, ‘considérer l’ensemble de
accomplit son devoir, obligeant’. qqch’ et ‘mettre en rapport’. Formé avec cum
Dérivés : COMUNAL ‘commun, communal’. ‘ensemble’ et cernere ‘passer au crible’.
COMUNICACIÓN ‘communication’. COMUNI- CONCERTAR (‘concerter’, ‘s’entendre sur’,
CADO ‘communiqué’ (participe passé substan- ‘conclure’), est emprunté au latin concertare
tivé de comunicar : un comunicado de pren- ‘agir dans un but commun’, composé de cum
sa ‘un communiqué de presse’). COMUNICAR ‘avec’ et de certare ‘lutter pour, tâcher de’.
‘communiquer’ (latin communicare ‘mettre en Dérivés : CONCIERTO ‘accord, entente, con-
commun’). COMUNISMO ‘communisme’. DES- cert’. L’acception musicale (‘concert’ et ‘con-
COMUNAL ‘énorme’, ‘démesuré’, ‘extraordi- certo’) vient de l’italien concerto ‘accord mu-
naire’. INCOMUNICACIÓN ‘mise au secret’, sical’. DESCONCERTAR ‘déconcerter’.
‘garde à vue’, ‘manque de communication’ CONCIENCIA, voir ciencia.
(entre les individus). CONCIERTO, voir concertar.
COMUNAL, voir común. CONCILIAR (‘concilier, mettre d’accord’), est
COMUNICACIÓN, voir común. emprunté au latin conciliare ‘assembler, réu-
COMUNICADO, voir común. nir’, dérivé de concilium ‘réunion, assemblée’.
COMUNICAR, voir común. CONCISO (‘concis’), est emprunté au latin conci-
COMUNIÓN, voir comulgar. sus, participe passé adjectivé de concidere
COMUNISMO, voir común. ‘couper en morceaux’, verbe dérivé de cae-
CON (‘avec’), du latin cum. D’un point de vue dere ‘couper’. De l’idée de ‘couper’ on est
phonologique, les nasales en finale de mot passé, dans le domaine du style, à celle de
sont neutralisées. Les oppositions la- brièveté (estilo conciso ‘style concis’).
biale/dentale/palatale c’est-à-dire m/n/ñ ne CONCLUIR (‘conclure’), est emprunté au latin
fonctionnent plus (archiphonème N = nasalité concludere ‘fermer, enfermer’ et, au figuré,
seulement) d’où cum > con ; quem > quien ; ‘donner une conclusion’, ‘déduire’, ‘résoudre’.
dominum > donno > doño > doñ > don. En Ce verbe est formé de cum et de claudere
français, le n de ‘tant’ [tã] et le m de ‘temps’ ‘clore’.
ou de ‘tempête’ [tã] sont semblables. Le m de Dérivés : CONCLUSIÓN ‘conclusion’. ESCLUSA
‘tempête’ est réalisé bilabial simplement parce est emprunté au français écluse, issu du bas la-
qu’il est suivi d’un p lui-même bilabial. tin exclusa (aqua), littéralement ‘(eau) séparée
CONATO (‘intention’, ‘tentative’), est emprunté (par un barrage)’, participe passé au féminin
au latin conatus ‘effort, tentative’, dérivé du de excludere ‘fermer le passage à qqn’. EX-

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CLUIR ‘exclure’ (latin excludere ‘ne pas laisser âge, avec l’apparition de la féodalité, ce mot
entrer’). EXCLUSIVA ‘exclusivité’ (dar la ex- finira par désigner un titre de noblesse (entre
clusiva a un periódico ‘donner l’exclusivité à le marquis et le vicomte).
un journal’ = les autres sont ‘laissés dehors’). Dérivés : CONCOMITANTE ‘concomitant’ (du
INCLUIR ‘inclure’ (latin includere ‘enfermer à bas latin concomitans, participe présent de
l’intérieur de qqch’). INCLUSO ‘inclus’ (adjec- concomitari ‘accompagner’, formé de cum
tif) et ‘même, y compris’, du latin inclusum, ‘avec’ et de comes compagnon’). CONDAL
participe passé de includere (moderne inclui- dans la Ciudad condal (la Cité des Comtes de
do). Barcelone). CONDESA ‘comtesse’.
CONCLUSIÓN, voir concluir. CONDENA, voir daño.
CONCOMITANTE, voir conde. CONDENADO, voir daño.
CONCORDANCIA, voir corazón. CONDENAR, voir daño.
CONCORDAR, voir corazón. CONDESA, voir conde.
CONCORDE, voir corazón. CONDESCENDER, voir descender.
CONCORDIA, voir corazón. CONDICIÓN (‘condition’ [circonstance] ; ‘condi-
CONCRETAR, voir concreto. tion’ [sociale]), est emprunté au latin condicio,
CONCRETO (‘concret’), est emprunté au latin composé de cum ‘avec’ et de dicio ‘formule de
concretus ‘qui a pris une consistance solide, commandement’. Ce mot désignait en droit
épaisse’, participe passé de concrescere une formule d’entente entre deux personnes,
‘croître ensemble par agrégation’ (français une convention, un pacte. Puis le sens s’est
‘concrétion’), formé de cum ‘avec’ et de cres- étendu à celui de ‘situation résultant d’un
cere ‘croître’. A partir de l’idée de consistance pacte’, ‘circonstance dont dépend une chose’.
solide et palpable, concreto a pris le sens figu- Un emploi particulier de l’idée de ‘situation’
ré de ‘tangible’, ‘bien réel’ par opposition à (situation au sein de la société) donnera à
abstracto. condición sa valeur sociale (de humilde con-
Dérivés : CONCRETAR ‘concrétiser’ et ‘préci- dición ‘de condition modeste’).
ser’ (concretar una idea ‘préciser une idée’). Dérivés : ACONDICIONAR ‘conditionner’.
CONCUBINA, voir cubil. CONDOLERSE, voir doler.
CONCURRENCIA, voir correr. CONDÓN (‘préservatif, condom’), est emprunté à
CONCURRIR, voir correr. l’anglais condom ‘préservatif masculin’, mot
CONCURSO, voir correr. peut-être formé d’après le nom de son inven-
CONCHA (‘coquille’, ‘carapace’ ; ‘baie, rade’), teur (Condom ou Conton ? ?) dont on ne
est issu du bas latin conchula, diminutif de trouve pas de trace.
concha ‘coquillage’, ‘récipient en forme de CÓNDOR (‘condor’), est emprunté au quechua
coquillage’, adaptation du grec konkhe ‘co- (langue indienne du Pérou) kuntur de même
quillage’. Par analogie de forme, ce mot dé- sens.
signe une baie, une anse marine (français ré- CONDUCCIÓN, voir conducir.
gional ‘conche’). CONDUCIR (‘conduire’), est issu du latin condu-
CONCHABARSE / ACONCHABARSE cere, formé de cum ‘avec’ et de ducere ‘mener
(‘s’associer, se liguer’, ‘s’acoquiner’), est ensemble’, ‘conduire’. Le verbe ducere a servi
d’origine incertaine, peut-être du verbe latin de base à de nombreux verbes préfixés (au-
conclavari ‘s’installer dans une chambre’, dé- jourd’hui en -ir) : deducere ‘faire descendre’
rivé de conclave ‘chambre à coucher’. A partir et ‘déduire’ (deducir) ; introducere ‘intro-
du sens de s’« installer dans une chambre », ce duire’ (introducir) ; producere ‘mener en
verbe aurait signifié ensuite que plusieurs per- avant’ (producir ‘produire’) ; reducere ‘ra-
sonnes s’installent, se retrouvent dans un mener’ (reducir ‘réduire’) ; seducere ‘emme-
même lieu, d’où l’idée d’association. ner à l’écart’ et ‘corrompre’ (seducir ‘sé-
CONDAL, voir conde. duire’) ; traducere ‘faire passer’, ‘traduire’
CONDE (‘comte’), est issu du latin comes, comi- (traducir). Les verbes, comme ducere, qui se
tis littéralement ‘celui qui va avec’, formé de prêtent à la dérivation peuvent être considérés
cum ‘avec’ et de ire ‘aller’, d’où le sens de comme faisant partie des verbes premiers ou
‘compagnon’ auprès d’un supérieur, de ‘haut verbes de base s’antériorisant en pensée par
dignitaire proche de l’empereur’. Au moyen rapport aux autres verbes, d’où la conservation

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d’un parfait fort — produje/produjo — qui sonne du présent de l’indicatif de confiteri) si-
serait chargé de marquer leur spécificité sé- gnifie ‘j’avoue (mon péché)’ et elle est em-
mantique... Sur cette théorie psychologisante ployée au début d’une prière de la liturgie ca-
d’inspiration guillaumienne, on peut consulter tholique. Par métonymie, le premier mot dé-
l’article de Gilles Luquet dans Actas del tercer signe la prière entière (rezar el confíteor).
Congreso de Historia de la Lengua Española, Dérivés : CONFESIÓN ‘confession, aveu’.
Salamanca, 1993. CONFESO ‘qui a avoué’ (du latin confessus,
Dérivés : CONDUCCIÓN ‘conduite (d’un véhi- participe passé de confiteri). CONFESONARIO
cule)’. CONDUCTA ‘conduite’ (comportement). ‘confessionnal’. CONFESOR ‘confesseur’.
CONDUCTO ‘conduit’ et ‘intermédiaire, canal, CONFESIÓN, voir confesar.
entremise’ (por conducto jerárquico ‘par la CONFESO, voir confesar.
voie hiérarchique’). CONDUCTOR ‘conduc- CONFESONARIO, voir confesar.
teur’. CONFIANZA, voir fiar.
CONDUCTA, voir conducir. CONFIAR, voir fiar.
CONDUCTO, voir conducir. CONFIDENCIA, voir fiar.
CONDUCTOR, voir conducir. CONFIDENTE, voir fiar.
CONECTAR (‘connecter, brancher’ ; ‘mettre en CONFÍN, voir fin.
rapport, en liaison’), est issu du latin connec- CONFINAR, voir fin.
tere ‘attacher ensemble’, formé de cum ‘avec’ CONFIRMACIÓN, voir firme.
et de nectere ‘nouer, lier’. CONFIRMAR, voir firme.
Dérivés : CONEXIÓN ‘connexion’, ‘prise’, CONFISCACIÓN, voir fisco.
‘raccordement’ (latin connexio ‘lien, enchaî- CONFISCAR, voir fisco.
nement’). DESCONECTAR ‘débrancher’. CONFÍTEOR, voir confesar.
CONEJO (‘lapin’), est issu du latin cuniculus CONFLICTO (‘conflit’), est emprunté au latin
désignant à la fois une ‘galerie souterraine’ et conflictus ‘choc, lutte, combat’, participe pas-
l’animal qui la creuse, le lapin. sé substantivé du verbe confligere ‘heurter,
CONEXIÓN, voir conectar. combattre’.
CONFECCIÓN (‘confection’, ‘habillement’), est CONFORMAR, voir forma.
emprunté au latin confectio ‘action de faire en- CONFORME voir forma.
tièrement’, ‘achèvement’, dérivé du verbe CONFORMIDAD voir forma.
conficere ‘achever’, formé de cum et de facere CONFORT, voir fuerte.
‘faire’. A l’origine, ce mot désignait une pré- CONFORTABLE, voir fuerte.
paration pharmaceutique. C’est au XIXe siècle CONFORTAR, voir fuerte.
que confección a désigné l’industrie des vê- CONFRATERNAR, voir fraile.
tements fabriqués en série (sindicato de la CONFRATERNIZAR, voir fraile.
confección ‘syndicat de l’habillement’). Ce CONFRONTACIÓN, voir frente.
mot est depuis longtemps concurrencé par CONFRONTAR, voir frente.
l’expression française prêt-à-porter. CONFUNDIR, voir fundir.
CONFERENCIA, voir conferir. CONFUSIÓN, voir fundir.
CONFERIR (‘conférer, attribuer’ ; ‘être en confé- CONFUSO, voir fundir.
rence’), est emprunté au latin conferre, littéra- CONGELACIÓN, voir hielo.
lement ‘porter ensemble ou au même point’, CONGELAR, voir hielo.
formé de cum ‘avec’ et de ferre ‘porter’. Con- CONGÉNITO, voir engendrar.
ferre avait de nombreux sens Dérivés : ‘con- CONGOJA (‘angoisse’), est emprunté au catalan
tribuer à’, ‘réunir’, ‘attribuer à’, ‘mettre des congoixa, issu du latin vulgaire congustia
propos en commun’ c’est-à-dire ‘s’entretenir ‘étroitesse’ (latin classique angustia), dérivé
de’, ‘parler de’. de l’adjectif congustus ‘étroit’, contraction de
Dérivés : CONFERENCIA ‘conférence’ et coangustus, lui-même dérivé du latin classique
‘communication (téléphonique)’. angustus ‘étroit, serré’, du verbe angere ‘ser-
CONFESAR (‘avouer’), est emprunté au latin rer, resserrer’ (voir angosto et angustia ‘an-
tardif confessare dérivé de confiteri ‘recon- goisse’, dérivés du même verbe).
naître, avouer’, lui-même issu de fateri de CONGRESO (‘congrès’), est emprunté au latin
même sens. La forme confiteor (première per- congressus ‘action de se rencontrer’, ‘entre-

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vue, réunion’, dérivé de congredi ‘se rencon- Dérivés : CONQUISTADOR ‘conquérant’, ‘con-
trer’, formé de cum ‘avec’ et de gradi ‘mar- quistador’. CONQUISTAR ‘conquérir’. RECON-
cher’ (de gradus ‘pas’). QUISTA ‘Reconquête’ (Chrétiens / Musul-
CONJETURA (‘conjecture’), est emprunté au mans).
latin conjectura, dérivé de conjicere, formé de CONSABIDO, voir sabor.
cum ‘avec’ et de jacere ‘jeter’, littéralement CONSAGRAR, voir sagrado.
‘jeter ensemble’, d’où — dans la langue des CONSANGUÍNEO, voir sangre.
augures — ‘combiner dans l’esprit, interpré- CONSECUENCIA, voir seguir.
ter, présumer, conjecturer’. CONSEGUIR, voir seguir.
CONJUGACIÓN, voir yugo. CONSEJERO, voir consejo.
CONJUGAR, voir yugo. CONSEJO (‘conseil’), est issu du latin consilium
CONJUNCIÓN, voir junto. ‘endroit où l’on délibère’ puis, par métonymie,
CONJUNTO, voir junto. ‘consultation, délibération’ et enfin ‘avis ré-
CONJURACIÓN, voir jurar. fléchi que l’on donne à qqn’.
CONJURADO, voir jurar. Dérivés : ACONSEJAR ‘conseiller’. CONSEJERO
CONJURAR, voir jurar. ‘conseiller’ (adjectif et substantif).
CONMOVER, voir mover. CONSENSO, voir sentir.
CONNIVENCIA (‘connivence’), est emprunté au CONSENTIDO, voir sentir.
bas latin coniventia formé sur le participe pré- CONSENTIR, voir sentir.
sent de conivere, littéralement ‘serrer les pau- CONSERVA, voir conservar.
pières’, ‘fermer les yeux’ puis, au figuré, ‘être CONSERVAR (‘conserver’), est emprunté au latin
indulgent’ et ‘être d’accord’ (estar de conni- conservare composé de cum ‘avec’ et de ser-
vencia ‘être de connivence’). Ce mot est à rat- vare ‘sauver, garder, préserver’.
tacher au latin nictare ‘cligner des yeux’. Dérivés : CONSERVA ‘conserve (alimentaire)’
CONNOTACIÓN, voir nota. et ‘conserve’ dans l’expression navegar en
CONNOTAR, voir nota. conserva ‘naviguer de conserve’ qui signifiait
CONOCER (‘connaître’ ; ‘reconnaître’ ; ‘savoir’), initialement qu’un navire en protégeait un
est issu du latin cognoscere, (devenu conos- autre, l’escortait. Aujourd’hui cette locution
cere en latin vulgaire), dérivé de noscere ‘ap- signifie simplement ‘être ensemble, suivre la
prendre, prendre connaissance de’ puis ‘sa- même route’.
voir’ (somme de connaissances) et ‘recon- CONSIDERACIÓN, voir considerar.
naître’ (c’est-à-dire ‘retrouver en qqch ou en CONSIDERANDO, voir considerar.
qqn ce que l’on savait déjà’). L’espagnol uti- CONSIDERAR (‘considérer’), est emprunté au
lise conocer avec ce dernier sens alors que le latin considerare, formé de cum ‘avec’ et de
français a eu recours à ‘reconnaître’ (le conocí sidus, sideris, au pluriel ‘étoiles en constella-
por su voz ‘je l’ai reconnu à sa voix’). tions’. Ce verbe devait appartenir à la langue
Dérivés : CONOCIMIENTO ‘connaissance’. des augures où il signifiait ‘examiner les astres
DESCONOCER ‘ignorer’, ‘ne pas connaître’, en cherchant des signes, des augures’. Il est
‘renier’. INCÓGNITA ‘inconnue’ (mathéma- passé dans la langue courante au sens de ‘re-
tiques). INCÓGNITO ‘inconnu’ (adjectif) et ‘in- garder attentivement’, ‘réfléchir à’.
cognito’ (substantif dans guardar el incógni- Dérivés : CONSIDERACIÓN ‘considération’.
to ‘garder l’incognito’). RECONOCER ‘recon- CONSIDERANDO ‘considérant, attendu (d’un
naître, convenir de, admettre’ ; (médecine) jugement)’. Le gérondif — qui appartient au
‘examiner, faire subir un examen médical’. mode quasi-nominal — a produit un substantif
RECONOCIMIENTO ‘reconnaissance (d’une er- désignant chaque élément qui motive une loi,
reur etc.)’ ; ‘examen médical’, ‘visite médi- un jugement etc. (considerando que... ‘atten-
cale’ (reconocimiento médico). du que...’). DESCONSIDERADO ‘inconsidéré’,
CONQUISTA (‘conquête’), est issu du latin vul- ‘qui manque d’égards’.
gaire *conquaesita, participe passé substantivé CONSIGNA, voir seña.
au féminin de conquirere, formé de cum CONSIGNAR, voir seña.
‘avec, ensemble’ et de quaerere ‘rechercher CONSIGO, voir sí (1).
de tous côtés, être en quête de’. CONSIGUIENTE, voir seguir.

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CONSISTIR (‘consister’), est emprunté au latin Dérivés : CONSTERNACIÓN ‘consternation’.


consistere ‘se placer’, formé de cum ‘en- CONSTIPADO, voir constiparse.
semble, avec’ et de sistere ‘(se) mettre’, CONSTIPARSE (‘s’enrhumer’), est emprunté au
‘(s’)arrêter’, dérivé de stare ‘être debout, se latin constipare ‘serrer, presser, entasser’,
trouver en un lieu’. A partir de l’idée de ‘se composé avec cum et stipare ‘rendre raide’.
mettre ensemble’, on est passé au sens de ‘se En espagnol, constipar a d’abord signifié,
tenir de façon compacte’, ‘rester ferme’ d’où comme en français, ‘constiper’ (littéralement
consistente ‘consistant’ et tomar consistencia ‘qui serre l’intestin’) avant de s’appliquer au
‘prendre corps’, ‘prendre de la consistance’. nez pour signifier qu’il est bouché, conges-
Enfin, à partir de l’idée que plusieurs éléments tionné par un rhume (voir estreñir pour ‘cons-
se trouvent ensemble, on aboutit au sens de tiper’).
‘être composé de’ (su fortuna consiste en Dérivés : CONSTIPADO ‘rhume’.
tierras agrícolas ‘sa fortune consiste en terres CONSTITUCIÓN, voir constituir.
agricoles’). CONSTITUIR (‘constituer’), est emprunté au latin
Dérivés : CONSISTENCIA ‘consistance’. CON- constituere, formé avec cum et statuere, litté-
SISTENTE ‘consistant’. ralement ‘mettre debout’ (comme une statue),
CONSOLA (‘console’, [meuble et pupitre de d’où au figuré ‘fonder, établir, instituer qqch’.
commande]), est emprunté au français console Dérivés : CONSTITUCIÓN ‘constitution’. DES-
qui est probablement un déverbal de consoler TITUIR ‘destituer’. INSTITUIR ‘instituer’. RES-
avec une régression du sens abstrait (‘récon- TITUIR ‘restituer’. SUSTITUIR ‘remplacer’ (la-
forter moralement’) vers un sens concret (une tin substituere ‘mettre à la place’, ‘mettre
console sert de support). Le mot connaît une sous’, composé avec sub- qui indique la posi-
nouvelle jeunesse avec les consoles de jeux- tion inférieure).
vidéo (videoconsolas). CONSTRUCCIÓN, voir construir.
CONSOLACIÓN, voir consolar. CONSTRUIR (‘construire’), est emprunté au latin
CONSOLAR (‘consoler’), est emprunté au latin construere ‘empiler par couches, entasser, édi-
consolari, composé de cum ‘avec’ et de solari fier’, composé de cum et de struere ‘disposer
‘soulager, réconforter’. par couches’ (français ‘strate’).
Dérivés : CONSUELO ‘consolation’. DESCON- Dérivés : CONSTRUCCIÓN ‘construction’. DES-
SOLADO ‘éploré’. TRUIR ‘détruire’. ESTRUCTURA ‘structure’.
CONSOLIDAR, voir sueldo. INSTRUIR ‘instruire’ (latin instruere, littérale-
CONSONANTE, voir sonar. ment ‘bâtir, édifier’). INSTRUMENTALIZAR
CONSORCIO, voir suerte. ‘manipuler’ (au sens figuré). INSTRUMENTO
CONSORTE, voir suerte. ‘instrument’ (latin instrumentum ‘matériel, ou-
CONSPIRACIÓN, voir espirar. tillage, ressource’). OBSTRUIR ‘obstruer’.
CONSPIRAR, voir espirar. CONSUELO, voir consolar.
CONSTANCIA, voir estar. CÓNSUL (‘consul’), est emprunté au latin consul
CONSTAR, voir estar. ‘magistrat romain’, déverbal de consulere ‘dé-
CONSTATAR (‘constater’), est emprunté au libérer, consulter, prendre une résolution’. Le
français constater formé à partir du latin cons- sens diplomatique moderne (‘agent, officier
tat ‘il est certain, établi que’, 3e personne du représentant les intérêts d’un pays’) est acquis
présent de l’indicatif du verbe constare ‘éta- dès le XIIIe siècle.
blir’. En français, dans la langue juridique, Dérivés : CONSULADO ‘consulat’.
l’expression ‘il conste que’ signifie ‘il est éta- CONSULADO, voir cónsul.
bli que’ (voir constar). CONSULTA, voir consultar.
Dérivés : CONSTATACIÓN ‘constatation’. CONSULTAR (‘consulter’), est emprunté au latin
CONSTELACIÓN, voir estrella. consultare ‘délibérer’, ‘interroger, prendre
CONSTERNACIÓN, voir consternar. conseil’, dérivé de consulere de même sens.
CONSTERNAR (‘consterner’), est emprunté au Dérivés : CONSULTA ‘consultation’. CONSUL-
latin consternare ‘épouvanter, bouleverser’, TORIO ‘cabinet de consultation’. Dans la
composé de cum ‘avec’ et de sternare, dérivé presse, consultorio sentimental signifie
de sternere ‘étendre sur le sol’ d’où l’idée ‘courrier du cœur’.
d’abattement moral. CONSULTORIO, voir consultar.

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CONSUMADO, voir suma. DESCUENTO ‘escompte’, ‘remise’, ‘ra-


tenir’.
CONSUMAR, voir suma. RECONTAR ‘recompter’ et ‘recenser’.
bais’.
CONSUMIDOR, voir consumir. RECUENTO ‘dépouillement’, ‘recensement’,
CONSUMIR (‘consumer’ et ‘consommer’), est ‘dénombrement’ (recuento de glóbulos ‘nu-
emprunté au latin consumere, formé de cum mération globulaire’).
‘ensemble, avec’ et de sumere ‘prendre (entiè- CONTEMPLACIÓN, voir contemplar.
rement)’, ‘prendre avec soi’, d’où le sens de CONTEMPLAR (‘contempler’ et ‘envisager’), est
‘dépenser’, ‘épuiser’, (‘consommer’) et celui emprunté au latin contemplari ‘regarder atten-
de ‘consumer’ (un incendie prend tout, ravage tivement’ et ‘considérer par la pensée’. Con-
tout). templari est formé de cum ‘avec, ensemble’ et
Dérivés : CONSUMIDOR ‘consommateur’. de templum au sens ancien et augural de ‘es-
CONSUMO ‘consommation’. pace carré délimité dans le ciel et sur terre
CONSUMO, voir consumir. pour interpréter les présages’ (voir considerar
CONTABILIDAD, voir contar. à ce sujet).
CONTABLE, voir contar. Dérivés : CONTEMPLACIÓN ‘contemplation’.
CONTACTO, voir tañer. CONTEMPORÁNEO, voir tiempo.
CONTAGIAR, voir contagio. CONTENDER, voir tender.
CONTAGIO (‘contagion’), est emprunté au latin CONTENER, voir tener.
contagio, formé de cum ‘avec, ensemble’ et CONTENTAR, voir contento.
d’un dérivé de tangere ‘toucher’, d’où le sens CONTENTO (‘content’), est emprunté au latin
de ‘contact propagateur de maladie’. contentus, littéralement ‘qui se contient’, par-
Dérivés : CONTAGIAR ‘contaminer’. CONTA- ticipe passé adjectivé de continere ‘renfermer
GIOSO ‘contagieux’. en soi, contenir, satisfaire’. A partir du sens
CONTAMINAR (‘contaminer’, ‘polluer’), est littéral ‘qui se contient’, on est passé à celui de
emprunté au latin contaminare ‘entrer en con- ‘qui est comblé’, ‘qui n’a pas besoin d’autre
tact avec’, ‘souiller par contact’, formé avec chose’ donc ‘satisfait’, ‘qui a son content’. Le
cum ‘avec’ et une forme supposée *taminare sens moderne insiste plus sur l’idée de joie qui
qui dériverait de tamen ‘fait de toucher’ et accompagne la satisfaction.
‘contact impur’. Dérivés : CONTENTAR ‘contenter’. DESCON-
Dérivés : CONTAMINACIÓN ‘contamination’ et TENTO ‘mécontentement’.
‘pollution’ (la contaminación del medio am- CONTESTACIÓN, voir contestar.
biente ‘la pollution de l’environnement’). CONTESTADOR, voir contestar.
CONTAR (‘compter’ et ‘conter, raconter’), est CONTESTAR (‘répondre’), est emprunté au latin
issu du latin computare ‘calculer’, ‘faire les contestari, formé de cum ‘avec’ et de testari
comptes’, dérivé de putare ‘élaguer les arbres’ ‘témoigner’ c’est-à-dire ‘plaider en produisant
(espagnol podar) et ‘apurer un compte’, ‘cal- des témoins des deux parties’, ‘commencer un
culer’, ‘juger’ (voir aussi apodar). Le verbe débat (judiciaire)’ d’où le sens moderne de
computare avait aussi en latin médiéval le ‘répondre’ d’abord pour se défendre puis au
sens de ‘narrer, relater, conter’. En effet, ‘con- sens large. L’acception ‘contester, mettre en
ter, relater’ consiste d’une certaine façon à cause’ est un calque du français ‘contester’
énumérer des faits, à en dresser la liste comme (depuis la contestation étudiante de mai 1968).
on dresse une liste de comptes. Dérivés : CONTESTACIÓN ‘réponse’ et ‘contes-
Dérivés : CUENTA ‘compte (bancaire)’, ‘note, tation’ (gallicisme). CONTESTADOR ‘répon-
facture’. CUENTO ‘conte, histoire, récit’ : les deur’ (contestador automático ‘répondeur té-
deux acceptions de contar ont été signifiées léphonique’).
par l’opposition de genre quand il a fallu créer CONTEXTO, voir tejer.
les substantifs correspondants. A partir de CONTIENDA, voir tender.
computar ‘calculer’, doublet savant de contar CONTINENTE, voir tener.
et surtout à partir de l’anglais computer on a CONTINUACIÓN, voir continuo.
formé computador et computadora pour dé- CONTINUAR, voir continuo.
signer l’ordinateur, ces deux mots sont main- CONTINUO (‘continu’, ‘continuel’), est issu du
tenant de plus en plus supplantés par le galli- latin continuus ‘continu, adjacent, consécutif’,
cisme ordenador. DESCONTAR ‘déduire’, ‘re-

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participe passé adjectivé de continere ‘main- CONTUMACIA (‘contumace’), est emprunté au


tenir lié’. latin contumacia ‘entêtement’, ‘fierté’, dérivé
Dérivés : CONTINUAR ‘continuer’. DISCONTI- de l’adjectif contumax ‘fier, obstiné’. Ce mot,
NUO ‘discontinu’, dérivé savant de continuo, d’abord appliqué à un animal, s’est étendu à
la forme habituelle du préfixe privatif étant l’homme au sens juridique de ‘réfractaire’ (=
des- (voir les préfixes des- et dis-). absence obstinée d’un prévenu) d’où
CONTORNEAR, voir torno. l’expression condenar por contumacia ‘con-
CONTORNO, voir torno. damner par contumace’ (c’est-à-dire en
CONTRA (‘contre’), est issu du latin contra l’absence de l’accusé).
(adverbe et préposition) signifiant ‘en face CONTUNDENTE (‘contondant’, ‘qui meurtrit
de’, ‘au contraire de’. sans couper’), est issu du participe présent ad-
Dérivés : CONTRARIAR ‘contrarier’. CONTRA- jectivé du verbe contundere ‘frapper, écraser,
RIO ‘contraire, opposé’ et ‘adversaire’. EN- meurtrir’, dérivé de tundere ‘battre, piler,
CONTRAR est composé de in + contra + ar broyer’.
d’où ‘aller à la rencontre de’ et ‘trouver’. EN- CONTUSIÓN (‘contusion’), est emprunté au latin
CUENTRO ‘rencontre’. contusio ‘action de meurtrir, de broyer’ dérivé
CONTRABANDO (‘contrebande’), est composé de contundere ‘écraser, meurtrir’. Voir con-
de contra ‘contre’ et de bando ‘édit, arrêté, tundente.
ban’, littéralement ‘fait d’aller contre la loi’. CONVALECENCIA, voir convaleciente.
Voir bando (1). CONVALECIENTE (‘convalescent’), est emprun-
CONTRADECIR, voir decir. té au latin convalescens, participe présent de
CONTRAER, voir traer. convalescere ‘prendre des forces’, ‘guérir’,
CONTRAFACCIÓN, voir hacer. composé de cum ‘avec, ensemble’ et de valere
CONTRAHACER, voir hacer. ‘être fort’, ‘être bien portant’.
CONTRAHACEDOR, voir hacer. Dérivés : CONVALECENCIA ‘convalescence’.
CONTRALUZ, voir luz. CONVENCER, voir vencer.
CONTRAPRODUCENTE, voir producir. CONVENCIÓN, voir venir.
CONTRARIAR, voir contra. CONVENCIONAL, voir venir.
CONTRARIO, voir contra. CONVENIENTE, voir venir.
CONTRASENTIDO, voir sentir. CONVENIO, voir venir.
CONTRASTE, voir estar. CONVENIR, voir venir.
CONTRATACIÓN, voir traer. CONVENTO, voir venir.
CONTRATAR, voir traer. CONVERSAR, voir verter.
CONTRATIEMPO, voir tiempo. CONVERSIÓN, voir verter.
CONTRATO, voir traer. CONVERTIR, voir verter.
CONTRIBUIR (‘contribuer’), est emprunté au CONVICTO, voir vencer.
latin juridique contribuere ‘apporter sa part’, CONVIDAR, voir invitar.
formé de cum ‘avec’ et de tribuere dérivé de CONVIVENCIA, voir vivo.
tribus ‘tribu’ c’est-à-dire ‘répartir entre les tri- CONVIVIR, voir vivo.
bus’ (répartition de l’impôt). CONVOCAR, voir voz.
Dérivés : CONTRIBUYENTE ‘contribuable’. CONVOCATORIA, voir voz.
CONTRITO, voir triturar. CONVOY (‘convoi’, ‘escorte’), est emprunté au
CONTROL (‘contrôle’), est emprunté au français français convoi déverbal de convoyer ‘escor-
contrôle, contraction de l’ancienne forme ter’, issu du latin vulgaire *conviare, formé de
contre-rôle, formé de contre et de rôle au sens cum ‘avec’ et de viare ‘faire route’, dérivé de
de ‘registre’. Contre-rôle désignait un registre via ‘voie’, ‘route’.
tenu en double, l’un servant à vérifier, à con- CONVULSIÓN (‘convulsion’), est emprunté au
trer éventuellement l’autre. latin convulsio ‘crampe’, ‘convulsion’, dérivé
Dérivés : CONTROLAR ‘contrôler’. DESCON- de convulsus, littéralement ‘arraché d’un
TROLADO ‘incontrôlé’ (grupos descontrola- bloc’, ‘ébranlé’ puis ‘pris de spasmes, contrac-
dos ‘éléments incontrôlés’). té’ (participe passé de convellere, formé avec
CONTROVERSIA, voir verter. vellere ‘arracher, extirper’).
Dérivés : CONVULSO ‘convulsé’.

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CONYUGAL, voir yugo. COQUETA (‘coquette’ [adjectif et substantif]),


CÓNYUGE, voir yugo. est emprunté au français coquet / coquette,
COÑO (‘con’), est issu du latin cunnus, mot diminutif de coq. L’autre diminutif, coquelet,
utilisé par les auteurs satiriques, dans les graf- est un terme de restauration.
fitis et dans les textes érotiques pour désigner Dérivés : COQUETEAR ‘flirter’ (français clas-
le sexe de la femme. Mot d’origine incertaine. sique coqueter ‘se pavaner comme le coq
COOPERAR, voir obrar. parmi les poules’, ‘faire des coquetteries’).
COORDINAR, voir orden. COQUETEO ‘flirt’.
COPA (‘coupe’, ‘verre à pied’), est issu du latin COQUETEAR, voir coqueta.
cuppa, variante de cupa ‘tonneau, barrique’ COQUETEO, voir coqueta.
qui a pris le sens de ‘coupe’ en bas latin (an- CORAJE, voir corazón.
glais cup, allemand Kufe). CORAZA, voir cuero.
Dérivés : COPERO ‘échanson’. COPETE CORAZÓN (‘cœur’), est dérivé du latin cor,
‘houppe, toupet (de cheveux)’. COPO ‘touffe cordis ‘cœur’ (l’organe et, par symbolisme
(de laine, de cheveux)’, ‘flocon de neige’, culturel, ‘siège des émotions, des passions’),
‘quenouillée’ (contenu de la quenouille) : ces plus précisément d’une forme de latin vulgaire
acceptions s’expliquent probablement par des *coricio, coricionis. Corominas préfère plutôt
analogies de formes (forme cylindrique, éva- l’hypothèse d’un suffixe augmentatif (-onem)
sée qui rappelle celle d’une coupe). pour expliquer corazón : le cœur était au
COPERO, voir copa. moyen âge le siège de la bravoure, et dans la
COPETE, voir copa. poésie épique on observe une assez forte fré-
COPIA (‘abondance’ ; ‘exemplaire’, ‘copie’), est quence de locutions du type : un gran co-
emprunté au latin copia ‘abondance, ri- razón, une corazonada (Poema de Mio Cid :
chesses’, ‘forces militaires’, ‘faculté, pouvoir ferir de fuertes coraçones ; créceme el co-
(de faire, d’obtenir qqch)’. Cette dernière ac- raçón porque estades delant) : le cœur du
ception est à l’origine du sens moderne de chevalier courageux ne pouvait être que grand.
‘copie, reproduction écrite, exemplaire’ : ali- Dérivés : CONCORDAR ‘être d’accord, concor-
cui alicuius copiam facere = ‘mettre qqch à la der’ du latin concordare ‘vivre en bonne intel-
disposition de qqn’ d’où ‘disposer de la copie ligence’, dérivé de l’adjectif concors ‘uni par
(d’un texte)’, ‘avoir un exemplaire’. le cœur’. CONCORDE ‘d’accord’ (estamos
Dérivés : COPIAR ‘copier’. COPISTA ‘copiste’. concordes ‘nous sommes d’accord’), est issu
COPIAR, voir copia. du latin concors (voir concordar). CONCOR-
COPISTA, voir copia. DIA ‘concorde, union, accord’. CORAJE ‘cou-
COPLA (‘couplet’, ‘chanson’, ‘poésies, poèmes, rage’, et surtout ‘irritation, colère’ (emprunté
vers’), est emprunté au latin copula ‘tout ce au français courage). Le titre de la pièce de B.
qui sert à attacher’, ‘lien’, ‘chaîne’, ‘lien mo- Brecht — Mère courage — a été traduit par
ral, union’, ‘enchaînement, suite de mots’. La La Madre Coraje. CORAZONADA ‘élan, im-
forme espagnole cópula est le traitement sa- pulsion’. CORDIAL ‘cordial’. DESCORAZONAR
vant du mot latin et sert à désigner en gram- ‘décourager’. DISCORDANCIA ‘discordance,
maire un mot de liaison (ser et estar sont dits désaccord, divergence’. DISCORDIA ‘discorde’
‘verbes copules’ ou ‘attributifs’ car ils unis- (manzana de la discordia ‘pomme de dis-
sent un sujet et un attribut : Juan es médico / corde’).
está triste). Cópula désigne aussi l’union CORAZONADA, voir corazón.
charnelle (copular ‘copuler’). CORBATA (‘cravate’), est emprunté à l’italien
COPO, voir copa. corvatta (ou crovatta) qui signifie littérale-
COPRÓFAGO (‘coprophage’), est formé avec ment ‘Croate, habitant de la Croatie’. Ce mot
l’élément préfixant copro- tiré du grec kopros désignait à l’origine un soldat croate de la ca-
‘excrément, fumier, étable’ et l’élément valerie légère. Par extension, et par une sorte
-phage ‘qui mange’ (comme dans ‘anthropo- de métonymie, le même mot a désigné ensuite
phage’). le cheval robuste utilisé par ces soldats et en-
CÓPULA, voir copla. fin la bande d’étoffe qu’ils avaient l’habitude
COPULAR, voir copla. de porter autour du cou.

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CORCHO (‘liège’), provient du mozarabe corch CORRAL (‘basse-cour’, ‘cour’), est d’origine
(ou corcho), issu lui-même du latin cortex incertaine, mot sans doute apparenté à corro
‘écorce’, ‘écorce du chêne-liège’. ‘cercle’, ‘ronde’ (latin vulgaire *currale ?
CORDAL, voir cuerdo. ‘cirque pour courses de chars’, dérivé de cur-
CORDERO (‘agneau’), est issu d’une forme de rus ‘char’).
latin vulgaire *cordarius, dérivé de cordus (ou CORREA (‘courroie’), est issu du latin corrigia
chordus) ‘né après terme’ et ‘tardif’, ‘né tardi- ‘lacet de soulier’, ‘lanière’, ‘fouet’.
vement’ en parlant des plantes et des animaux. CORRECCIÓN, voir corregir.
CORDIAL, voir corazón. CORRECCIONAL, voir corregir.
CORDILLERA, voir cuerda. CORRECTO, voir corregir.
CORDÓN, voir cuerda. CORREDIZO, voir correr.
COREOGRAFÍA, voir coro. CORREDOR, voir correr.
CORNADA, voir cuerno. CORREGIR (‘corriger’), est emprunté au latin
CÓRNEA, voir cuerno. corrigere ‘redresser’, ‘réformer, améliorer’,
CORNISA (‘corniche’), vient probablement de formé de cum et de regere ‘diriger en droite
l’adjectif grec koronis ‘recourbé’, substantivé ligne’.
pour désigner le signe courbe tracé à la fin Dérivés : CORRECCIÓN ‘correction’. CORREC-
d’un écrit et une partie saillante en architec- CIONAL (adjectif et substantif) ‘correctionnel,
ture (une corniche). Le mot koronis est dérivé elle’ et ‘Maison de correction’ euphémisé au-
de korônê qui désignait la ‘corneille’ et, par jourd’hui en ‘Centre d’éducation surveillée’
analogie de forme avec le bec de l’oiseau, une (équivalent espagnol : Reformatorio ou Cen-
‘extrémité recourbée’. tro de rehabilitación). CORRECTO ‘correct’
CORNUCOPIA, voir cuerno. (latin correctus ‘qui a été amélioré’, participe
CORNUDO, voir cuerno. passé adjectivé de corrigere).
CORO (‘chœur’), est emprunté au latin chorus CORREO (‘courrier’), est emprunté à l’occitan
lui-même emprunté au grec khoros ‘danse’, ancien corrieu de même sens sans doute par
‘groupe de danseurs et de chanteurs’, ‘groupe l’intermédiaire du catalan correu. Le porteur
de choreutes’, ‘chœur de la tragédie’. de courrier court d’un lieu à l’autre.
Dérivés : COREOGRAFÍA ‘chorégraphie’, for- CORRER (‘courir’), est issu du latin currere de
mé à partir du grec khoreia ‘danse’ et de gra- même sens.
phein ‘écrire’. Dérivés : CONCURRENCIA ‘assistance’. CON-
CORONA (‘couronne’), est issu du latin corona CURRIR ‘se rendre à, affluer vers’. CONCURSO,
‘ornement, parure pour la tête’ et ‘récompense du latin concursus ‘affluence vers le même
(en reconnaissance d’un mérite)’. Corona point’, ‘rencontre’, ‘rivalités’ et ‘aide’ d’où les
pourrait provenir du grec korônê ‘corneille’ sens suivants en espagnol : ‘affluence, réu-
par analogie de forme entre le bec de l’oiseau nion’ ; ‘concours’ (aide) ; ‘concours (hippique
et la couronne, objet (re)courbé. etc.)’ ; ‘concours (de circonstances)’. CORRE-
Dérivés : CORONACIÓN ‘couronnement’. CO- DIZO ‘coulant’, ‘ouvrant’ (nudo / techo cor-
RONAR ‘couronner’. CORONILLA ‘sommet de redizo, ‘nœud coulant’ / ‘toit ouvrant’). COR-
la tête’ et ‘tonsure (des ecclésiastiques)’, litté- REDOR ‘courtier, agent, placier’. CORRIDA
ralement ‘petite couronne’. ‘course de taureaux’. CORRIENTE (adjectif et
CORONACIÓN, voir corona. substantif) ‘courant’ (la corriente eléctrica).
CORONAR, voir corona. CORSARIO ‘corsaire’ (‘celui qui court les
CORONEL (‘colonel’), est emprunté à l’italien mers’). CURSO ‘cours (d’un fleuve, des évé-
colonnello ‘chef d’une colonne de soldats’, nements)’, du latin cursus ‘action de courir’,
dérivé de colonna ‘colonne’. Colonnello > co- ‘voyage (en mer)’, ‘déplacement d’un fleuve’,
lonel > coronel (par dissimilation). ‘cours de la vie’. DESCORRER ‘ouvrir’, ‘enle-
CORONILLA, voir corona. ver’ (descorrer el velo ‘lever le voile’). DIS-
CORPIÑO, voir cuerpo. CURSO ‘discours’ (du latin discursus ‘action
CORPORACIÓN, voir cuerpo. de parcourir en tous sens’ puis ‘conversation,
CORPULENCIA, voir cuerpo. entretien’, l’échange verbal étant comparé à
CORPUS, voir cuerpo. un chemin hasardeux). ESCURRIR(SE) ‘(se)
glisser’, ‘se faufiler’ (préfixe ex- > es- indi-

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quant l’éloignement). EXCURSIÓN ‘excursion’. CORRIENTE, voir correr.


INCURRIR ‘encourir, attirer sur soi’, ‘tomber CORRO (‘cercle de personnes’, ‘ronde’), est
(dans une erreur)’, ‘commettre (une faute)’. probablement un dérivé régressif de corral
OCURRENCIA ‘circonstance, occasion’ ; ‘mot (voir ce mot).
d’esprit’. OCURRIR ‘arriver, se produire’ (latin CORROBORAR (‘corroborer’), est emprunté au
ocurrere formé de ob ‘devant’ et de currere latin corroborare ‘donner force à, confirmer’,
‘courir’ : ‘courir à la rencontre de’, ‘aller au- formé de cum et de roborare ‘renforcer’, déri-
devant, rencontrer’, ‘se présenter’). PRECUR- vé de robur, robor ‘force’. En espagnol, le
SOR ‘précurseur’. RECORRER ‘parcourir’ (latin mot roble (autre dérivé de robur) signifie
recurrere formé avec le préfixe re- indiquant ‘chêne’ et symbolise l’idée de force : fuerte
le retour en arrière et le verbe currere ‘cou- como un roble ‘solide comme un roc’.
rir’ : ‘revenir en courant’ et, au figuré, ‘reve- CORROMPER, voir romper.
nir). En espagnol, le préfixe re- (itératif et in- CORRUPCIÓN, voir romper.
tensif) a pris le sens intensif d’où l’idée de CORRUPTO, voir romper.
‘courir longuement’ c’est-à-dire ‘traverser CORSARIO, voir correr.
dans toute son étendue’, ‘parcourir’. RECUR- CORTACÉSPEDES, voir corto.
RIR ‘recourir’, ‘avoir recours à’, ‘faire appel’, CORTAPLUMAS, voir corto.
‘en appeler à’ ; (droit) ‘se pourvoir, faire ap- CORTAR, voir corto.
pel’, est issu — avec changement de conjugai- CORTE (1) (‘cour’ [résidence et entourage d’un
son — du traitement savant de recurrere ‘re- souverain] ; [au pluriel] ‘assemblée législa-
venir en courant’ d’où, au figuré, ‘se tourner tive’), est issu du latin cohors, cohortis ‘en-
vers qqn pour lui demander de l’aide’, ‘faire clos’, ‘basse-cour’ et, dans le domaine mili-
appel (à qqn)’. En droit, recurrere signifiait taire, ‘cohorte’ (dixième partie de la légion),
‘présenter un recours, faire appel’ c’est-à-dire ‘état-major d’un général’, ‘suite d’un magis-
avoir la possibilité de revenir en arrière dans trat’, ‘conseiller d’un gouverneur de pro-
un procès, de faire un nouvel examen de la si- vince’. En France et en Espagne la cour des
tuation. RECURSO ‘recours’ (action de recou- souverains est le prolongement de la cohorte
rir) ; ‘ressource, moyen’ ; (droit) ‘recours, du général ou du gouverneur romain.
pourvoi’, du latin recursus ‘retour en courant’, Dérivés : CORTÉS ‘courtois, poli’ (se dit de
‘retour’ et, en droit, ‘action de se pourvoir’. qqn qui a appris les bonnes manières à la
Recursus est dérivé de recursum supin de re- cour). CORTESANO ‘courtisan’. CORTESÍA ‘po-
currere ‘revenir (en courant)’, ‘se pourvoir’. litesse’. CORTIJO ‘ferme, métairie’ (en Anda-
Recurrir signifiant ‘avoir recours (à qqn)’ lousie), du latin cohorticula, diminutif de co-
pour obtenir de l’aide, recurso prendra le sens hors dans son sens étymologique de ‘enclos,
de ‘ressource’, ‘moyen dont on dispose’. SO- cour de ferme, basse-cour’ (cohors est un dé-
CORRER ‘secourir’, du latin sucurrere, littéra- rivé de hortus ‘jardin’, espagnol huerto et
lement ‘se trouver dessous dans sa course’ huerta). DESCORTÉS ‘impoli’.
d’où ‘soutenir, courir au secours’, formé avec CORTE (2) (‘coupure’), voir corto.
sub ‘dessous’. SOCORRISMO ‘secourisme’. CORTÉS, voir corte (1).
SOCORRO ‘secours’. SUCURSAL est emprunté CORTESÍA, voir corte (1).
au français succursale, dérivé du latin ecclé- CORTEZA (‘écorce’), est issu du latin corticeus,
siastique médiéval succursus ‘secours, aide’ ; a, um, adjectif signifiant ‘d’écorce, fait en
‘suppléance du service pendant la vacance de écorce’, dérivé de cortex, corticis ‘écorce’. Le
la charge de curé’, participe passé de succur- français scientifique a emprunté au latin le
rere ‘secourir’. Succursale a d’abord signifié mot ‘cortex’ pour désigner en anatomie la par-
‘ce qui remplace qqch, qui fait office de’ avant tie externe du cerveau (‘cortex cérébral’).
de désigner, au début du XIXe siècle, un éta- CORTIJO, voir corte (1).
blissement commercial qui dépend d’un siège CORTINA (‘rideau’), est emprunté au bas latin
central. TRANSCURRIR ‘s’écouler, passer’. cortina ‘rideau’, ‘courtine’, dérivé de cohors à
CORRESPONDENCIA, voir responder. l’origine terme de la langue rurale signifiant
CORRESPONDER, voir responder. ‘enclos, parc à bétail, basse-cour’. On ex-
CORRESPONSAL, voir responder. plique le passage de ‘enclos’ à ‘rideau’ par un
CORRIDA, voir correr. calque sémantique du grec. En grec aulaia si-

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gnifiait ‘tapis, tenture’ et était dérivé de aulê COSMOS (‘cosmos’), est issu du latin cosmos,
‘cour’. Le latin a reproduit cette parenté avec emprunté au grec kosmos ‘ornement’, ‘forme,
cohors ‘enceinte, enclos’ et cortina ‘rideau’. organisation d’une chose’ et, chez les philo-
L’idée commune étant celle de fermeture (‘en- sophes, ‘ordre du monde, univers’.
clos’, ce qui sert à enfermer des animaux et Dérivés : COSMÉTICO ‘cosmétique’, est em-
‘rideau’ ce qui sert à voiler, à cacher). prunté au grec kosmêtikos, adjectif signifiant
CORTO (‘court’), est issu du latin curtus ‘écour- ‘apte à orner, propre au soin de la parure’, dé-
té, tronqué’. rivé de kosmos dans son sens de ‘parure, or-
Dérivés : ACORTAR ‘raccourcir’, ‘couper’. nement’. CÓSMICO ‘cosmique’. COSMOPOLITA
CORTACÉSPEDES ‘tondeuse à gazon’. CORTA- ‘cosmopolite’, formé avec kosmos ‘monde,
PLUMAS ‘canif’. CORTAR ‘couper’. CORTE (2) univers’ et polites ‘citoyen’, littéralement ‘ci-
‘coupure’, ‘coupe’, ‘tranchant’, ‘panne toyen du monde’.
(d’électricité)’. CORTOMETRAJE ‘court- COSQUILLAR, voir cosquillas.
métrage’. RECORTE ‘coupure’ (recorte de COSQUILLAS (‘chatouilles’), est un mot
prensa ‘coupure de presse’). d’origine onomatopéique, formé d’après un
CORTOMETRAJE, voir corto. radical expressif *kosk. De nombreuses
COSA (‘chose’), est issu du latin causa ‘cause’, langues romanes et germaniques expriment
‘raison invoquée’, ‘prétexte’ et ‘affaire judi- cette notion à peu près de la même manière :
ciaire’ (où sont en cause des intérêts) puis, par provençal cattilha ou gatilha, ancien haut al-
extension sémantique, ‘affaire’ en général, lemand kizzilon, néerlandais katelen.
‘question’, ‘objet de discussion’. Ce mot a fini Dérivés : COSQUILLAR ou COSQUILLEAR ‘cha-
par concurrencer rem ‘chose’ et l’a éliminé, se touiller’. COSQUILLOSO ‘chatouilleux’.
transformant ainsi en une sorte de mot fourre- COSTA (1) (‘dépense, frais’), voir costar.
tout (palabra baúl ou palabra ómnibus) dont COSTA (2) (‘côte’, ‘bord de la mer’), est issu du
le sémantisme est extrêmement vague : se lle- latin costa ‘côte’ (l’os) et ‘côté, flanc’ puis, à
va mucha cosas en su maleta ‘il emporte basse époque, ce mot désigna le ‘flanc d’une
beaucoup de choses dans sa valise’. En fran- colline’ et le ‘rivage marin’ (c’est-à-dire ce
çais, ‘chose’ peut même désigner une per- qui forme le côté, le bord de la mer, la côte).
sonne : ‘chose m’a dit que tu devais La non-diphtongaison du o bref latin permet
l’appeler’ ; Le Petit Chose, titre d’un roman de penser que costa n’est pas une forme
d’Alphonse Daudet. d’origine castillane mais qu’elle provient des
COSECHA (‘récolte’, ‘cueillette’), est issu du langues périphériques de la péninsule ibé-
latin collecta ‘quote-part, perception d’argent, rique : catalan, galicien, portugais, léonais
collecte’ et, en latin médiéval, ‘récolte’. Col- (voir cuesta).
lecta est le participe passé au féminin du verbe COSTADO (‘côté’), provient d’une forme de latin
colligere ‘réunir, rassembler, recueillir’. Col- vulgaire *costatum, dérivée elle-même de cos-
lecta > colleyta (formation d’un yod) > coge- ta ‘côte’ (l’os) et ‘côté’ (littéralement ‘l’os qui
cha puis cosecha par confusion entre la frica- est sur le côté’).
tive palatale sonore [ge] et la fricative alvéo- COSTAR (‘coûter’), est issu du latin constare ‘se
laire sonore [z]. tenir ferme’, ‘être composé de, consister en ‘
Dérivés : COSECHAR ‘récolter’. et ‘valoir’.
COSER (‘coudre’), est issu du latin vulgaire Dérivés : COSTA ‘dépense, frais’, ‘dépens’
*cosere, réfection du latin classique consuere (surtout employé dans des locutions du type a
‘coudre ensemble’ (cum ‘avec’ et suere costa de ‘aux dépens de’ ou ‘au prix de’ ; a
‘coudre’), d’après l’emploi de coso à la place toda costa ‘à tout prix’). COSTE et COSTO
de consuo à la 1re personne du présent de ‘coût’ : ‘coste es el precio en dinero : el coste
l’indicatif. de un mueble, precio de coste. Costo se usa
Dérivés : COSTURA ‘couture’. DESCOSER ‘dé- principalmente aplicado al conjunto de una
coudre’. SUTURA ‘suture’ (latin sutura ‘cou- obra importante o entre economistas : costo de
ture’ et ‘suture’, dérivé de suere ‘coudre’). un puente, costo de producción’ (Samuel Gi-
COSMÉTICO, voir cosmos. li Gaya, Diccionario de sinónimos).
CÓSMICO, voir cosmos. COSTE, voir costar.
COSMOPOLITA, voir cosmos.

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COSTILLA (‘côte’ [l’os]), est le diminutif du celle de limites offrant une certaine garantie
latin costa ‘côte’ (l’os) et ‘côté’. Ce diminutif ou une certaine sécurité (limite de prix, limites
n’est plus ressenti comme tel (démotivation). d’un terrain : coto de pesca / de caza ‘pêche /
L’espagnol désigne par trois mots ce que le chasse gardée’.
français a confondu : costilla (‘côte’, [l’os]), COVACHUELA, voir cueva.
costa (la ‘côte’, le ‘rivage’), cuesta (une COVACHUELISTA, voir cueva.
‘côte’, une ‘pente’). Voir costa et cuesta. COYUNTURA, voir junto.
Dérivés : ACOSTAR(SE) ‘coucher’, ‘se cou- COZ (‘ruade’), est issu du latin calx, calcis ‘ta-
cher’ (littéralement ‘[se] mettre sur le côté’). lon’.
COSTO, voir costar. Dérivés : COCEAR ‘ruer’. RECALCITRANTE
COSTRA (‘croûte’), est issu du latin crusta ‘revê- ‘récalcitrant’, participe présent de recalcitrar
tement rugueux et durci’, appliqué par la suite ‘regimber, se montrer récalcitrant’ (latin re-
en médecine à une croûte de sang séché. calcitrare, formé de re- à valeur intensive et
Dérivés : CRUSTÁCEO ‘crustacé’, adjectif de calcitrare ‘repousser du talon, ruer, regim-
substantivé et signifiant littéralement ‘animal ber’).
dont le corps est formé d’une croûte dure’. IN- CRÁNEO (‘crâne’), est emprunté au latin médié-
CRUSTAR ‘incruster’. val cranium, du grec kranion ‘boîte crâ-
COSTUMBRE (‘coutume’), est issu du latin nienne’.
consuetudo, consuetudinem ‘habitude, genre, CRASO, voir grasa.
manière d’agir propre à un peuple’. Ce mot est CRÁTER (‘cratère’), est emprunté au latin crater,
formé à partir du supin de consuescere, com- du grec krater ‘grand vase où l’on mélange le
posé de cum et de suescere ‘habituer’. vin et l’eau’ et, par analogie de forme, ‘cratère
Dérivés : ACOSTUMBRAR(SE) ‘(s)habituer’. creusé dans le roc’, ‘cratère de volcan’. Krater
COSTURA, voir coser. est dérivé du verbe kerannunai ‘verser’. En
COTA (1) (‘cotte’, ‘armure’), est emprunté au grec moderne, krasi signifie ‘vin’.
français cotte, lui-même pris au francique CREACIÓN, voir criar.
*kotta ‘manteau de laine’. CREADOR, voir criar.
COTA (2) (‘cote’ [topographie]), est emprunté au CREAR, voir criar.
latin médiéval quota (adjectif substantivé), CRECER (‘croître, augmenter’), est issu du latin
abréviation de quota pars ‘part qui revient à crescere ‘pousser, grandir, s’accroître’.
chacun’, littéralement ‘quelle part ?’ L’adjectif Dérivés : CRECIDA ‘crue’. CRECIMIENTO
quotus, a, um signifiait ‘en quel nombre’ et ‘croissance’. INCREMENTAR ‘augmenter, ac-
provenait de quot ‘combien’. Quota a donné croître’. Le français technique et scientifique
aussi cuota ‘quote-part’, ‘cotisation’ et ‘part’ connaît ‘incrément’ et ‘incrémenter’. INCRE-
dans cuota de mercado ‘part de marché’. MENTO ‘augmentation, développement’ (latin
Dérivés : COTIZACIÓN ‘cote, cours, cotation’ incrementum, du verbe increscere).
et ‘cotisation’. COTIZAR ‘coter’ (en Bourse), CRÉDITO, voir creer.
provient du croisement de deux verbes fran- CRÉDULO, voir creer.
çais : coter et cotiser. CREENCIA, voir creer.
COTIDIANO (‘quotidien’), est emprunté au latin CREER (‘croire’), est issu du latin credere ancien
quotidianus ‘de tous les jours’ et ‘ordinaire, terme de la langue religieuse qui a eu ensuite
commun’, dérivé de quotidie ‘chaque jour’, des emplois profanes et parfois très matéria-
formé de quot ‘combien’ et de dies ‘jour’. listes : ‘mettre sa confiance en qqn ou qqch’,
COTIZACIÓN, voir cota (2). ‘confier qqch à qqn’, ‘prêter’, ‘croire qqn ou
COTIZAR, voir cota (2). qqch’. L’introduction du christianisme a re-
COTO (‘réserve, terrain réservé ; ‘borne’, ‘li- donné à ce verbe le rôle religieux qu’il avait
mite’ ; ‘cours, prix’), est issu du latin cautum primitivement (creer en Dios ‘croire en
‘précaution’, ‘disposition préventive des lois’, Dieu’).
dérivé de l’adjectif cautus ‘entouré de garan- Dérivés : ACREEDOR ‘créancier’. CRÉDITO
ties, sûr, qui est en sécurité’. Cautus était le ‘crédit’, du latin creditum ‘dette, emprunt’
participe passé du verbe cavere ‘être sur ses (crédito blando ‘crédit à taux réduit’). CRÉ-
gardes, prendre garde’. L’idée commune à DULO ‘crédule’. CREENCIA ‘croyance’. DESA-
toutes les acceptions de coto en espagnol est

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Michel Bénaben 92

CREDITAR ‘discréditer’. DESCRÉDITO ‘discré- CRIADO, A, voir criar.


dit’. DESCREÍDO ‘incroyant’, ‘mécréant’. CRIANZA, voir criar.
CREMA (‘crème’), est emprunté au français CRIAR (‘allaiter, nourrir’, ‘élever, éduquer’), est
crème, issu lui-même du bas latin crama issu du latin creare qui est à l’origine un terme
d’origine celte. En latin, crama a remplacé de la langue rustique signifiant ‘faire pousser,
cremor (lacti) qui était le nom usuel de la produire’. Il est ensuite passé dans l’usage
crème du lait et qui signifiait littéralement courant au sens de ‘faire naître’ et ‘tirer du
‘bouillie (du lait)’, sans doute apparenté à néant’. Creare a donné en espagnol crear
cremare ‘brûler’ (français ‘crémation’). ‘créer’ (traitement savant du groupe ea) et
Dérivés : DESCREMADO ‘écrémé’ (leche des- criar ‘élever, éduquer’ (traitement phonétique
cremada ou desnatada ‘lait écrémé’). normal, loi du timbre : ea > ia).
CREMALLERA (‘crémaillère’ et ‘fermeture à Dérivés : CRÍA ‘élevage’. CRIADO, A ‘domes-
glissière’), est emprunté au français crémail- tique’ avec d’abord le sens de ‘fils’ ou ‘dis-
lère, issu du bas latin cramaculus ou cremacu- ciple’ c’est-à-dire celui qui a été élevé ou édu-
lus, adaptation du grec kremaster ‘qui sus- qué puis ‘vassal’ élevé dans la maison d’un
pend’ (nom de certains muscles). En espagnol seigneur et enfin ‘serviteur’. CRIANZA ‘éduca-
moderne cierre de cremallera, ‘fermeture- tion’. CRIATURA ‘nourrisson’, ‘enfant’,
éclair’. ‘gosse’. CRÍO ‘bébé’, ‘gosse, marmot’.
CREPE (‘crêpe’ [terme culinaire]), est emprunté D’après crear : CREACIÓN ‘création’. CREA-
au français crêpe qui provient de l’ancien ad- DOR ‘créateur’. PROCREAR ‘procréer’. RE-
jectif au féminin devenu ensuite substantif CREAR(SE), littéralement ‘restaurer, recréer’
cresp (masculin) / crespe (féminin) et qui si- d’où les sens de ‘se distraire, se délasser, pas-
gnifiait ‘frisé, ondulé’ (cheveux crépus). En ser de bons moments’, ‘se réjouir’. RECREO
cuisant, la crêpe prend effectivement un aspect ‘récréation’ ; ‘agrément, plaisir’ (viaje de re-
ondulé qui fait penser à une chevelure frisée. creo / de placer ‘voyage d’agrément’ ; barco
CREPITAR, voir quebrar. / embarcación de recreo ‘bateau de plai-
CREPÚSCULO (‘crépuscule’), est emprunté au sance’).
latin crepusculum, dérivé de l’adjectif creper CRIATURA, voir criar.
‘obscur’ et ‘incertain, douteux’. Le suffixe CRIMEN (‘crime’), est issu du latin crimen ‘ac-
ajouté à creper est un diminutif et le mot si- cusation, grief’ et la ‘faute’, le ‘crime (que
gnifie littéralement ‘petite obscurité’ d’où le l’on accuse)’. Autrement dit, l’accusation s’est
sens de ‘pénombre’, ‘moment où le jour dé- confondue avec l’acte délictueux lui-même.
cline’. Le suffixe de ‘crépuscule’ n’est plus Volver al lugar del crimen ‘revenir sur les
senti aujourd’hui comme un diminutif (démo- lieux du crime’.
tivation) contrairement à celui de ‘groupus- Dérivés : CRIMINAL ‘criminel’ (adjectif et
cule’ toujours motivé. substantif). INCRIMINAR ‘incriminer’.
CRESTA (‘crête’), est issu du latin crista ‘crête CRIMINAL, voir crimen.
(d’oiseau)’ puis, par analogie de forme (em- CRÍO, voir criar.
ploi métaphorique) la ‘crête d’une montagne’. CRIOLLO (‘créole’), est emprunté au portugais
Crista est peut-être apparenté à crinis ‘crin’, crioullo dont le sens originel a été ‘serviteur,
‘crinière’. esclave élevé dans la maison de son maître’ et
CRETINO (‘crétin’), est emprunté au français ‘noir né dans les colonies’. Par la suite ce mot
crétin, régionalisme d’origine suisse. Il exis- a signifié ‘espagnol / personne de race blanche
tait en effet, en Suisse romande, des popula- né(e) dans les colonies’. Il est dérivé de cria
tions souffrant d’une carence en iode (hypo- (‘esclave élevé chez son maître’) lui-même dé-
thyroïdie ou insuffisance de la thyroïde) en- rivé régressivement de criar ‘élever’.
traînant une dégénérescence physique et men- CRISIS (‘crise’), est emprunté au latin crisis
tale (le ‘crétinisme’). Par commisération, on a ‘phase décisive d’une maladie’, lui-même em-
employé un euphémisme pour désigner les prunté au grec krisis ‘décision, jugement’, dé-
personnes atteintes de ce mal : christianus (au rivé de krineim ‘juger’.
sens d’innocent, pauvre homme) > crétin (trai- Dérivés : CRITERIO ‘critère’, du latin crite-
tement régional du mot). rium ‘jugement’, grec kriterion ‘capacité de
CRÍA, voir criar. juger’, ‘tribunal’, ‘jugement’, de kriter ‘juge’.

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CRÍTICA ‘critique’. CRITICAR ‘critiquer’. rière’ et khronos ‘temps’ : à l’origine, ‘ana-


CRÍTICO ‘critique’ (adjectif et substantif), du chronisme’ signifie donc que l’on projette un
latin criticus et du grec kritikos ‘apte à juger’, fait récent dans une époque ancienne mais,
‘qui juge les ouvrages de l’esprit’. comme l’inverse (fait ancien vers époque ré-
CRISTAL (‘cristal’, ‘carreau, vitre’, ‘verre’, cente) est désigné par des mots très rares (du
‘glace’), est emprunté au latin crystallus ‘cris- type ‘métachronisme’ ou ‘parachronisme’), le
tal de roche’ et, par métonymie, ‘objet en cris- mot a fini par désigner toute confusion chro-
tal’, lui-même emprunté au grec krustallos nologique. CRÓNICO ‘chronique’ (latin chro-
‘morceau de glace’ et ‘cristal de roche’. nicus ‘qui dure depuis un certain temps’).
Dérivés : CRISTALIZAR ‘cristalliser’. CRONOLOGÍA ‘chronologie’. CRONÓMETRO
CRISTIANDAD, voir Cristo. ‘chronomètre’.
CRISTIANO, voir Cristo. CRÓNICO, voir crónica.
CRISTO (‘Christ’), est emprunté au latin christus, CRONOLOGÍA, voir crónica.
lui-même pris au grec kristos ‘propre à CRONÓMETRO, voir crónica.
l’onction, oint’. Ce mot servait à traduire dans CROQUIS (‘croquis’), est emprunté au français
l’Ancien Testament l’hébreu masiah ‘messie’ croquis dérivé de croquer ‘esquisser un ou-
qui désignait le roi ayant reçu l’onction de vrage, décrire à grands traits’ (littéralement
Yahvé c’est-à-dire le roi idéal attendu dans ‘manger rapidement et entièrement en faisant
l’avenir. Kristos est dérivé de khriein ‘frotter, craquer sous les dents’).
enduire d’huile (pour des funérailles ou une CRUCE, voir cruz.
consécration)’. CRUCERO, voir cruz.
Dérivés : CRISTIANDAD ‘chrétienté’. CRISTIA- CRUCIFICAR, voir cruz.
NO ‘chrétien’ (latin christianus ‘disciple du CRUCIGRAMA, voir cruz.
Christ’). CRUDEZA, voir crudo.
CRITERIO, voir crisis. CRUDO (‘cru’, ‘brut’ ; ‘rude, cruel’), est issu du
CRÍTICA, voir crisis. latin crudus qui avait deux sens principaux :
CRITICAR, voir crisis. ‘qui saigne, saignant’ d’où le sens de ‘non cuit
CRÍTICO, voir crisis. par l’action du feu, cru’ et ‘qui fait couler le
CROMO (‘chrome’ ; ‘chromo, image’), est em- sang’ qui donnera, au figuré, ‘qui aime faire
prunté au latin chroma lui-même pris au grec couler le sang’ c’est-à-dire ‘cruel’. L’espagnol
khrôma ‘couleur du corps’ et, par extension, utilise aussi crudo dans petróleo crudo ‘pé-
‘couleur’ ; au figuré ‘couleur du style, figure trole brut’ pour signifier qu’il n’a pas été en-
de rhétorique’ et ‘mélodie, air’. Khrôma vient core soumis à un quelconque processus indus-
de khrôs ‘surface du corps humain, peau’, triel.
‘teint, carnation’ et ‘couleur’. Cromo a été Dérivés : CRUDEZA ‘crudité’ (ce qui est cru),
utilisé à la fin du XVIIIe siècle pour désigner ‘dureté, âpreté’, ‘crudité’ (mot grossier).
un métal blanc grisâtre. Par ailleurs, ce mot a CRUEL ‘cruel’. CRUELDAD ‘cruauté’. RECRU-
fourni des composés tels que cromolitografía DECER ‘être en recrudescence’, issu du latin
abrégé en cromo ‘image en couleurs’ recrudescere, littéralement ‘redevenir sai-
(d’inspiration populaire et naïve). gnant’, ‘devenir plus violent’, ‘se raviver, se
Dérivés : POLICROMO ‘polychrome’, du grec ranimer’. Ce verbe est formé avec re- à valeur
polukhrômos ‘qui a plusieurs couleurs’. intensive et crudescere ‘saigner’, ‘devenir plus
CRÓNICA (‘chronique’), est emprunté au latin violent, plus cruel’, dérivé de crudus. RECRU-
chronica lui-même emprunté au grec khronika DECIMIENTO / RECRUDESCENCIA ‘recrudes-
‘annales, recueils d’événements historiques cence’, dérivés du verbe recrudecer ‘être en
présentés chronologiquement’. Khronika est le recrudescence’, voir ci-dessus.
neutre pluriel de l’adjectif khronikos ‘qui con- CRUEL, voir crudo.
cerne le temps’ devenu substantif après ellipse CRUELDAD, voir crudo.
d’un substantif : (biblia) khronika ‘livres CRUJIDO, voir crujir.
chronologiques, de chronologie’. Khronikos CRUJIR (‘craquer’), est d’origine incertaine, sans
est un dérivé de kronos ‘temps’. doute de formation onomatopéique.
Dérivés : ANACRONISMO ‘anachronisme’, est Dérivés : CRUJIDO ‘craquement’.
formé à partir des éléments grecs ana- ‘en ar- CRUSTÁCEO, voir costra.

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CRUZ (‘croix’), est issu du latin crux, criucis qui CUADR- , CUADRI- , CUADRU- sont des formes
désignait plusieurs instruments de torture : la préfixées dérivées du latin quattuor ‘quatre’ :
croix, le pal et la potence. On réservait la croix CUADRAGENARIO ‘quadragénaire’,
aux esclaves et aux voleurs. Le Christ fut cru- CUADRÚPEDO ‘quadrupède’, CUÁDRUPLE
cifié en même temps que des voleurs. ‘quadruple’. ESCUADRA (du latin vulgaire
Dérivés : CRUCE ‘croisement’. CRUCERO *exquadra), ‘équerre’, ‘escouade’ et ‘escadre’
‘croisière’ et ‘croiseur’ (bateau qui ‘croise’ (italien squadra ‘équerre’ et ‘bataillon rangé
c’est-à-dire qui va et qui vient, dont les trajec- en carré’).
toires ‘se croisent’ dans un secteur déterminé CUADRÚPEDO, voir cuadro.
pour des missions de surveillance). CRUCIFI- CUÁDRUPLE, voir cuadro.
CAR ‘crucifier’. CRUCIGRAMA ‘mots croisés’. CUAJAR (‘coaguler’, ‘cailler’, ‘figer’), est em-
CRUZADA ‘croisade’. CRUZAR ‘croiser’. EN- prunté au latin coagulare ‘figer’ en parlant du
CRUCIJADA ‘carrefour, croisement’. lait. Ce terme s’est ensuite appliqué, en latin
CRUZADA, voir cruz. médiéval, au sang.
CRUZAR, voir cruz. Dérivés : COAGULAR ‘coaguler’ est le doublet
CUADERNO (‘cahier’), est issu du pluriel distri- savant de cuajar (français ‘coaguler’ et ‘cail-
butif quaterni ‘par quatre’, ‘chaque fois ler’).
quatre’ devenu quaternum puis quadernum CUAL (‘qui, lequel, laquelle’ ; ‘comme, tel
sous l’influence de quadrum ‘carré’, ‘cadre’. quel’), est issu de l’adjectif interrogatif et rela-
Cuaderno a donc d’abord signifié ‘cahier de tif latin qualis ‘quel’, ‘de quelle sorte’ et ‘tel
quatre feuillets’ (quattuor ‘quatre’) puis cette que’.
référence au chiffre quatre a totalement dispa- Dérivés : CALIDAD et CUALIDAD ‘qualité’ (la-
ru. tin qualitas ‘manière d’être’) : ‘Calidad suele
Dérivés : ENCUADERNAR ‘relier’ (un livre). significar el conjunto de las cualidades.
CUADRA, voir cuadro. Cuando se dice que un caballo es de buena ca-
CUADRADO, voir cuadro. lidad, se da a entender que posee todas las
CUADRAGENARIO, voir cuadro. cualidades que constituyen el caballo bueno’
CUADRILLA, voir cuadro. (Samuel Gili Gaya, Diccionario de sinóni-
CUADRO (‘carré’, ‘tableau’, ‘cadre’ [dans un mos). CALIFICAR ou CUALIFICAR ‘qualifier’,
syndicat, une entreprise]), est issu du latin ‘habiliter’ et ‘noter’ (examen). CUALQUIERA
quadrum ‘carré’ dérivé de quattuor ‘quatre’. ‘n’importe qui, quiconque’ est un adjectif /
Un carré étant limité par quatre côtés, cette pronom indéfini formé primitivement à partir
notion s’est appliquée à des objets dont la d’expressions du type cual libro se quiera
forme est un carré ou même un rectangle. En (littéralement ‘le livre que l’on voudra’ c’est-
particulier en peinture, le terme a fini par dé- à-dire ‘n’importe lequel’), où l’on voit que
signer (métonymie) l’œuvre elle-même et non quiera est le subjonctif présent du verbe que-
plus ses contours, c’est-à-dire le ‘tableau’. rer. Sur l’apocope de cualquiera, voir Michel
L’idée de délimitation s’est appliquée plus Bénaben, Manuel de linguistique espagnole, p.
tard, aux XIXe et XXe siècles, à des personnes 59, éditions Ophrys, 1994.
occupant des fonctions de direction, encadrant CUALIDAD, voir cual.
en quelque sorte d’autres personnes. CUALIFICAR, voir cual.
L’espagnol utilise cuadro pour désigner un CUALQUIERA, voir cual.
cadre syndical, administratif ou politique (voir CUANDO (‘quand’), est issu du latin quando,
à ce sujet A. Belot, Dictionnaire d’usage adverbe et conjonction exprimant à la fois le
d’espagnol contemporain, pp. 62-63, article temps ‘lorsque’ et la cause ‘puisque’. Quando
‘cadre’ ; éditions Ellipses, 1996). a fini par se substituer à cum qui signifiait
Dérivés : CUADRA ‘écurie’. CUADRADO ‘car- ‘lorsque, alors que’ et ‘puisque’, ‘du moment
ré’. CUADRILLA ‘cuadrilla’ (tauromachie), que’.
‘bande’, ‘équipe’. Ce mot désignait à l’origine CUANTÍA, voir cuanto.
la division de la troupe armée en quatre parties CUANTO (‘combien’, ‘combien de’), est issu du
afin de répartir le butin. Ce sens particulier latin quantus adjectif interrogatif et relatif por-
s’est effacé, seule l’idée de groupe, de bande tant sur la notion de quantité : ‘quel ?’, ‘de
s’est maintenue dans les emplois actuels.

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quelle grandeur ?’ et (en corrélation avec tan- CUBIL (‘tanière’), est issu du latin cubile
tus) ‘aussi grand que’. ‘couche’, ‘lit nuptial’ et ‘nid, niche, tanière,
Dérivés : CUANTÍA ‘montant’ (synonyme de gîte des animaux’. Cubile est un dérivé du
monto et monta). CANTIDAD ‘quantité’. verbe cubare ‘être couché’, ‘être au lit’, ‘avoir
CUARENTA (‘quarante’), est issu du latin vul- des relations avec une femme’. En français
gaire quarranta (a...a...a > a...e...a > cuarenta cubare a donné ‘couver’.
par dissimilation), contraction du latin clas- Dérivés : CONCUBINA ‘concubine’, littérale-
sique quadraginta qui signifiait littéralement ment ‘celle avec qui on se couche’, du latin
‘quatre dizaines’ (dérivé de quattuor ‘quatre’). concubina, dérivé de concumbere, formé de
Dérivés : CUARENTENA ‘quarantaine’. CUA- cum ‘avec’ et de cumbere ‘se coucher avec
RENTÓN ‘quadragénaire’. qqn’, variante de cubare.
CUARENTENA, voir cuarenta. CUBO (1) (‘seau’), voir cuba.
CUARENTÓN, voir cuarenta. CUBO (2) (‘cube’), est emprunté au latin cubus
CUARESMA (‘Carême’), est issu du latin vul- ‘dé à jouer’, ‘cube’, lui-même pris au grec ku-
gaire *quaresima, altération du latin classique bos ‘dé’ et ‘(tout) objet de forme cubique’.
quadragesima ‘quarantième’, utilisé en latin Dérivés : CUBISMO ‘cubisme’ et CUBISTA ‘cu-
chrétien dans l’expression quadragesima biste’ sont des termes d’art empruntés au fran-
(dies) c’est-à-dire le ‘quarantième jour (avant çais et créés en 1908 et 1909 par le critique L.
Pâques)’. Le traitement savant de quadrage- Vauxcelles.
simus, a, um a donné cuadragésimo, a. CUBRIR (‘couvrir’), est issu du latin cooperire
CUARTEL, voir cuarto. ‘couvrir entièrement’.
CUARTO (‘quatrième’, ‘quart’ ; ‘chambre’, Dérivés : COBERTIZO ‘hangar, remise’. CU-
‘pièce’), est issu du numéral ordinal latin BIERTA ‘couverture’ et ‘pont (d’un navire)’.
quartus ‘quatrième’ (quattuor ‘quatre’). Sans CUBIERTO ‘couvert’ (substantif). DESCUBIER-
doute par analogie avec cuatro qui sert à ex- TO ‘découvert (bancaire)’. DESCUBRIMIENTO
primer parfois une faible quantité (decir cua- ‘découverte’. DESCUBRIR ‘découvrir’. ENCU-
tro palabras) le terme cuarto a été utilisé BRIDOR ‘receleur’, ‘complice’. ENCUBRIR ‘ca-
pour désigner une division en petites parties cher’, ‘receler’.
(le quart d’une chose, un quartier de lune etc.), CUCARACHA (‘blatte, cafard’), est un dérivé de
d’où le sens de ‘pièce’ ou ‘chambre’ (division, cuca qui signifie ‘chenille’, ‘larve de papillon’
partie d’une maison). Cuarto a donc été subs- et désigne par extension toute sorte de ‘bes-
tantivé. tioles’ parmi lesquelles les blattes et autres ca-
Dérivés : CUARTEL ‘caserne’, ‘quartier (d’une fards. Cucaracha est un mot de formation ex-
armée)’ a été emprunté au catalan quarter pressive.
‘quart’, ‘district d’une ville’, ‘mesure de vin’ CUCLILLAS (dans l’expression en cuclillas
etc. L’acception militaire (‘caserne’) a été em- ‘accroupi’), cette expression provient de
prunté au français quartier (‘prendre ses quar- l’ancienne forme en cluquillas ou en cloquil-
tiers d’hiver’, ‘quartier général’). DESCUARTI- las dérivée de clueca ‘poule (couveuse)’ car la
ZAR ‘écarteler’, ‘dépecer, équarrir’. poule adopte cette position pour couver ses
CUATRO (‘quatre’), est issu du latin quattuor. œufs (latin d’Espagne *clocca, mot d’origine
Dérivés : CATORCE ‘quatorze’, du latin quat- onomatopéique ; français patoisant ‘clouque’).
tuordecim. CUATROCIENTOS ‘quatre cents’, CUCHARA (‘cuiller, cuillère’), dérive de
voir ciento. l’ancienne forme cuchar, issue elle-même du
CUBA (‘cuve’, ‘tonneau’), est issu du latin cupa latin cochlear ‘mesure pour les liquides’, déri-
‘grand récipient en bois’, ‘tonneau’. vé de cochlea ‘escargot’, ‘coquille
Dérivés : CUBO (1) ‘seau’ (latin tardif cupus). d’escargot’. La forme de la cuiller rappelle
Pour un approfondissement de l’opposition une coquille (transfert de sens par similitude,
entre masculin et féminin en espagnol (ban- métaphore). On peut penser aussi que la cuil-
co/banca etc.), voir les références citées à ler servait à manger des escargots (transfert de
l’article canastillo. Pour cubo dans le sens de sens par contiguïté ou métonymie :
‘cube’, voir cubo (2). l’instrument est désigné par l’aliment qu’il
CUBIERTA, voir cubrir. permet de manger).
CUBIERTO, voir cubrir.

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Dérivés : CUCHARADA ‘cuillerée’. CUCHARÓN CUERNO (‘corne’), est issu du latin cornu de
‘louche’. même sens.
CUCHARADA, voir cuchara. Dérivés : CORNADA ‘coup de corne’. CÓRNEA
CUCHARÓN, voir cuchara. ‘cornée’, est issu de l’adjectif cornea, le mot
CUCHICHEAR (‘chuchoter’), est un mot de tunica étant sous-entendu : (tunica) cornea
formation onomatopéique. ‘tunique cornée’, la cornée de l’œil ayant un
Dérivés : CUCHICHEO ‘chuchotement’. peu l’aspect d’une corne : saillante, un peu
CUCHILLADA, voir cuchillo. dure, de couleur blanche. CORNUCOPIA ‘corne
CUCHILLO (‘couteau’), est issu du latin cultel- d’abondance’. CORNUDO ‘cornu’ et ‘cocu’.
lus, diminutif de culter ‘couteau’, ‘rasoir’, CUERO (‘cuir’), est issu du latin corium ‘peau
‘coutre de la charrue’. (de l’animal et de l’homme)’, ‘enveloppe,
Dérivés : ACUCHILLAR ‘poignarder’. CUCHIL- peau des arbres et des fruits’.
LADA ‘coup de couteau’, ‘estafilade, balafre’. Dérivés : ACORAZADO, A ‘blindé, e’ (división
CUELLO (‘cou’ et ‘col’), est issu du latin collum acorazada ‘division blindée’). CORAZA ‘cui-
de même sens. En français collum a donné rasse’, ‘blindage’.
‘cou’ et ‘col’. Jusqu’au XVIIe siècle, ces deux CUERPO (‘corps’), est issu du latin corpus de
mots étaient utilisés indifféremment, pour dé- même sens.
signer la partie du corps qui unit la tête au Dérivés : CORPIÑO ‘corsage’ (du galicien ou
tronc. ‘Col’ s’est ensuite spécialisé pour dési- portugais corpinho ‘petit corps’ et ‘corsage’).
gner la pièce d’un vêtement qui entoure le cou CORPORACIÓN ‘corporation’ (emprunté à
ou pour désigner par analogie un lieu étroit : l’anglais corporation ‘fait de former un corps’
‘col de montagne’, ‘col de bouteille’ (en espa- et ‘ensemble de personnes organisées en
gnol cuello de botella est l’équivalent de corps’). CORPULENCIA ‘corpulence’. CORPUS
notre ‘goulot d’étranglement’). ‘corpus’ est un emprunt savant au latin corpus
Dérivés : DESCOLLAR ‘surpasser, dominer’. ‘corps’. Au XIXe siècle, dans la langue du
CUENCA (‘orbite de l’œil’ ; ‘vallée’, ‘bassin d’un droit, corpus a été réintroduit dans
fleuve’), est issu du latin concha ‘coquillage’. l’expression corpus juris ‘corps de doctrines’,
Par analogie de forme, ce mot a servi à dési- ‘collection du droit romain’. A partir de cet
gner la cavité de l’œil, l’orbite et, en géogra- emploi son sens s’est étendu pour désigner un
phie, le bassin d’un fleuve (la cuenca del recueil de documents ou de pièces concernant
Ebro) vers lequel se dirigent ses affluents une discipline. On l’utilise souvent en linguis-
(idée de pente, de convergence vers un lieu, tique au sens d’ « ensemble d’énoncés servant
cuvette, dépression : ‘le bassin parisien’). de base à l’analyse ».
CUENTA, voir contar. CUERVO (‘corbeau’), est issu du latin corvus
CUENTO, voir contar. ‘corbeau’, ‘croc, harpon’, ‘scalpel’, ‘poisson
CUERDA (‘corde’), est emprunté au latin chorda noir’ (analogie de couleurs et de formes).
‘tripe’, ‘corde d’un instrument de musique’, Dérivés : CORMORÁN est emprunté au français
‘corde, ficelle’, lui-même emprunté au grec cormoran c’est-à-dire ‘corbeau de mer’ (for-
khordê ‘intestin, tripe’, ‘saucisse, boudin’ et mé à partir de l’ancien français corp ‘corbeau’
‘corde d’un instrument de musique (en et mareng ‘marin’, latin mare ‘mer’).
boyau)’. CUESTA (‘côte, pente’), est issu du latin costa
Dérivés : CORDILLERA ‘cordillère, chaîne de ‘côte’ (l’os) et ‘côté’. Par analogie, ce mot a
montagnes’. CORDÓN ‘cordon’, ‘lacet’ : le suf- désigné le ‘côté’ d’une colline d’où le sens de
fixe -ón (normalement augmentatif) est ici ‘pente’, ‘côte (à grimper)’. Voir aussi costa et
l’équivalent d’un suffixe diminutif. costilla.
CUERDO (‘raisonnable’, ‘sage, judicieux, pru- CUESTIÓN (‘question’), est emprunté au latin
dent’) est un dérivé régressif de l’ancienne quaestio, quaestionis (‘recherche’ ; ‘interroga-
forme (reconstituée) *cordado issue du latin toire’ [en droit], ‘enquête’, ‘question, torture’ ;
cordatus ‘sage, prudent, avisé’, dérivé de cor, [en philosophie] ‘discussion’, ‘interrogation’),
cordis ‘cœur’. dérivé de quaerere ‘chercher (à)’.
Dérivés : CORDAL dans muela cordal ‘dent de Dérivés : CUESTIONAR ‘mettre en question’.
sagesse’. CUESTIONAR, voir cuestión.

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CUEVA (‘grotte, caverne’), est issu du latin vul- Dérivés : CULATA ‘culasse’, désigne
gaire *cova, féminin de l’adjectif covus va- l’extrémité du canon d’une arme à feu se trou-
riante de cavus ‘creux’ (français ‘cave’ dans vant du côté du tireur. Salirle a uno el tiro
‘yeux caves’). por la culata, signifie littéralement ‘le coup
Dérivés : COVACHUELA ‘ministère, secréta- est parti par la culasse’ et non par le canon,
riat’, ‘bureau’. Autrefois les bureaux des se- équivalent de l’expression française ‘être
crétaires des ministres se trouvaient dans les l’arroseur arrosé’. RECULAR ‘reculer’, est pro-
caves (cuevas → covachas) du Palais Royal à bablement emprunté au français reculer.
Madrid. D’où la forme COVACHUELISTA pour CULPA (‘faute’), est issu du latin culpa ‘faute’,
désigner péjorativement un fonctionnaire, un ‘culpabilité’.
‘rond-de-cuir’, synonyme de chupatintas ou Dérivés : CULPABLE ‘coupable’. CULPAR ‘ac-
de cagatintas. cuser, inculper’. DISCULPAR ‘excuser’, ‘dis-
CUIDADO, voir cuidar. culper’. INCULPAR ‘inculper’, aujourd’hui eu-
CUIDADOSO, voir cuidar. phémisé en ‘mettre en examen’.
CUIDAR (‘soigner’, ‘s’occuper de’, ‘prendre soin CULTIVAR, voir culto.
de’), est issu du latin cogitare ‘penser’, formé CULTIVO, voir culto.
de cum ‘ensemble, avec’ et de agitare ‘agiter’, CULTO (‘culte’), est emprunté au latin cultus
c’est-à-dire ‘agiter ensemble des pensées’ = ‘action de cultiver, de soigner’, ‘éducation, ci-
‘méditer, penser’. Cuidar avait ce sens en vilisation’, ‘hommage rendu à un dieu’, dérivé
vieil espagnol. A partir de ‘penser (à qqch ou à de colere ‘habiter’ et ‘cultiver’. Ce mot est
qqn)’, on est passé au sens de ‘s’occuper de’, devenu à la mode aujourd’hui dans les expres-
et ‘soigner’. sions película de culto ‘film culte’ et el culto
Dérivés : CUIDADO ‘soin, attention’. CUIDA- al dinero ‘le culte de l’argent’.
DOSO ‘soigneux’. DESCUIDAR ‘négliger’. DES- Dérivés : CULTIVAR ‘cultiver’. CULTIVO ‘cul-
CUIDO ‘négligence’. ture’ (agriculture). CULTO (adjectif) ‘cultivé,
CULATA, voir culo. instruit’ et ‘savant, littéraire’ (palabra culta
CULEBRA (‘couleuvre’), est issu du latin vul- ‘mot savant’). CULTURA ‘culture’ (connais-
gaire *colobra (culuebra en vieil espagnol), sances).
altération du latin classique colubra ‘cou- CUMBRE (‘sommet’, ‘apogée’), est issu du latin
leuvre femelle’, féminin de coluber ‘cou- culmen, culminis ‘faîte, sommet’.
leuvre’ et ‘serpent’ en général. Le même mot a Dérivés : CULMINAR ‘culminer’.
donné cobra en portugais dans l’expression CUMPLEAÑOS, voir cumplir.
cobra de capel ou cobra de capello (c’est-à- CUMPLIDO, voir cumplir.
dire ‘couleuvre à capuchon’), qui désignait le CUMPLIMIENTO, voir cumplir.
cobra car la peau de cet animal dessine sur sa CUMPLIR (‘accomplir’), est issu du latin com-
tête une sorte de capuchon. Du portugais le plere ‘remplir’, ‘combler’, ‘compléter’, ‘ache-
mot est passé au français et à l’espagnol. ver’.
Dérivés : CULEBRÓN, métaphore désignant un Dérivés : CUMPLEAÑOS ‘anniversaire’. CUM-
‘feuilleton’ ou une ‘série télévisée’ intermi- PLIDO ‘compliment’, ‘politesse(s), civilité(s)’.
nable (suffixe augmentatif) et dépourvu(e) de CUMPLIMIENTO ‘accomplissement, exécu-
tout intérêt. tion’.
CULEBRÓN, voir culebra. CUNA (‘berceau’), est issu du latin cuna (ou
CULINARIO (‘culinaire’), est emprunté au latin cunae, cunarum) ‘berceau’, ‘nid d’oiseau’.
culinarius ‘qui a rapport à la cuisine’, dérivé Dérivés : ACUNAR ‘bercer’. INCUNABLE ‘incu-
de culina ‘cuisine’ (synonyme de coquina, dé- nable’ est emprunté au latin incunabula dans
rivé de coquere ‘cuire’). Il est possible que l’expression Incunabula typographiae, c’est-à-
coquina ait été déformé en culina par dire ‘les berceaux de la typographie’, titre du
l’influence de culus ‘cul’ car les latrines catalogue des premiers ouvrages imprimés et
étaient attenantes à la cuisine, d’ailleurs culina publié à Amsterdam en 1688. En latin clas-
signifie aussi ‘latrines’. sique, incunabula est un nom au neutre pluriel
CULMINAR, voir cumbre. qui signifie ‘langes’, ‘berceau’, ‘enfance’ et
CULO (‘cul’), est issu du latin culus de même ‘commencement’, il est formé de in- ici pré-
sens.

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fixe intensif et de cunabula ‘berceau’, ‘ori- ou excentrique’ passé en espagnol avec le sens
gine’. de ‘crâneur, poseur, maniéré, guindé’.
CUNDIR (‘se répandre, se propager’), est CURSO, voir correr.
d’origine incertaine, probablement apparentée CURTIDO, voir curtir.
à l’ancienne forme percundir (ou percudir) CURTIR (‘tanner’, ‘endurcir, aguerrir’), est
‘infecter’, ‘empoisonner’, issue du latin percu- d’origine incertaine. Peut-être dérivé de
tere ‘blesser, frapper, perforer’. J. Corominas l’adjectif corto ‘court’ car le cuir que l’on
pense que cundir a été formé secondairement tanne et que l’on traite finit par rétrécir.
à partir de percundir : d’après le sens d’ « in- Dérivés : CURTIDO ‘expérimenté, chevronné’
fecter » ou d’ « empoisonner » (idée de poison (littéralement ‘tanné par l’expérience’).
ou de venin qui se répand dans le corps), on CURVA, voir curvo.
est passé à celui, plus général, de ‘se répandre, CURVO (‘courbe’ [adjectif]), est issu du latin
se propager’. curvus ‘courbe, (re)courbé, plié’.
CUNETA (‘fossé’), est emprunté à l’italien cunet- Dérivés : CURVA ‘tournant, virage’, ‘courbe’
ta ‘fossé (autour des fortifications)’, et ‘mare (ligne).
d’eau croupie’. Cunetta provient de lacunetta, CUSTODIA (‘garde, surveillance’ et ‘ostensoir’),
diminutif de lacuna ‘lagune’. est emprunté au latin custodia ‘action de gar-
CUÑADO(A) (‘beau-frère’, ‘belle-sœur’), signi- der, garde’, ‘conservation’, ‘sentinelles’, ‘pri-
fiait à l’origine ‘qui appartient à la belle fa- son’, dérivé de custos, custodis ‘gardien’.
mille’ (pariente político). Il est issu du latin Dans la langue de l’église, custodia a désigné
cognatus ‘uni par le sang’, ‘parent’, formé de l’ostensoir ou ‘custode’ où le prêtre enferme
cum ‘ensemble’ et de natus ‘né’. Le mot s’est l’hostie pour l’exposer et la transporter. En es-
spécialisé ensuite dans le sens que nous lui pagnol moderne, custodia est utilisé dans te-
connaissons aujourd’hui. ner la custodia ou la tutela de los niños
CUOTA (‘quote-part’, ‘cotisation’, ‘frais’), voir ‘avoir la garde des enfants’ (parents divorcés).
cota (2). Dérivés : CUSTODIAR ‘garder, surveiller’.
CUPO, voir caber. CUTI (‘cuti’), est l’abréviation de cutirreacción,
CUPÓN (‘coupon’, ‘billet’, ‘coupon-réponse’, littéralement ‘réaction de la peau’ (au test anti-
‘bon’, ‘ticket’), est emprunté au français cou- tuberculeux). Voir cutis.
pon probablement dérivé du verbe couper. CUTIS (‘peau’ [du visage]), est issu du latin cutis
CURA ([au féminin] ‘soin, traitement, cure’ ; [au ‘enveloppe, peau d’un fruit’, ‘peau (hu-
masculin] ‘prêtre, curé’), est issu du latin cura maine)’, ‘vernis, apparence’.
‘soin, souci, sollicitude’. Le prêtre qui est Dérivés : CUTÁNEO ‘cutané’.
chargé de prendre soin des âmes de ses parois- CUYO, voir le relatif que.
siens a été désigné avec le même mot. En
français, ‘curé’ (c’est-à-dire ‘celui qui est CH
chargé d’une cure, d’une paroisse’) est issu du
latin ecclésiastique curatus ‘qui a la charge
des âmes’, dérivé de curare ‘prendre soin de’. CHABOLA (‘cabane, ‘baraque’ ; [au pluriel]
Dérivés : CURADILLO ‘morue séchée’ (voir ‘bidonville’), est emprunté au basque txabola
abadejo à ce sujet). CURAR ‘soigner’. CURIO- ou etxabola ‘cabane, hutte’, lui-même proba-
SIDAD ‘curiosité’. CURIOSO ‘curieux’ (qui a de blement emprunté à l’ancien français jaole de-
la curiosité), du latin curiosus ‘avide de sa- venu geôle ( du bas latin caveola diminutif de
voir’, ‘soigneux à l’excès’, minutieux’. INCU- cavea ‘cage’).
RIA ‘incurie’ (latin incura ‘négligence, insou- CHAL (‘châle’), est emprunté au français châle
ciance’). SINECURA ‘sinécure’ (littéralement lui-même pris au persan shal.
‘sans souci’). CHALADO (‘toqué, cinglé’ ; ‘fou d’amour’), est
CURIOSIDAD, voir cura. emprunté au gitan chalar ‘aller, marcher’,
CURIOSO, voir cura. verbe de mouvement. L’espagnol emploie
CURSI (‘de mauvais goût’, ‘guindé, chichiteux’), aussi un autre verbe de mouvement (ir) pour
est d’origine incertaine, probablement em- exprimer la même idée : estar ido ‘dans la
prunté à l’arabe kúrsi ‘personnage important lune’, ‘toqué’.

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Dérivés : CHALARSE ‘s’amouracher, des nombreuses langues de l’Inde, ancienne


s’éprendre’. possession britannique.
CHALÁN (‘maquignon’), est emprunté au fran- CHAMUSCAR (‘flamber’, ‘roussir’), est emprun-
çais chaland, participe présent substantivé de té au portugais chamuscar de même sens, dé-
l’ancien verbe chaloir ‘importer’ (peu m’en rivé de chama ‘flamme’ (latin flamma).
chaut ‘peu m’importe’), issu du latin calere Dérivés : CHAMUSQUINA dans l’expression
‘être chaud’. Le verbe latin est passé du sens oler a chamusquina ‘sentir le roussi’.
de ‘être chaud’ à celui de ‘être sur des char- CHANCA, voir chanclo.
bons’ et, au figuré, à celui de ‘être inquiet’ CHANCLETA, voir chanclo.
d’où ‘importer’. Chaland signifiait donc litté- CHANCLO (‘socque’, ‘soulier en caoutchouc’ ou
ralement ‘celui qui s’inquiète pour’, ‘qui ‘caoutchouc’), provient, après altération, de la
trouve intérêt à’ et, en ancien français, il avait forme dialectale chanco ou chanca ‘claque,
le sens de ‘ami protecteur’ d’où ‘compagnon’ soulier à gros talon’, d’origine mozarabe.
et ‘compagnon exerçant le même métier’. Le Dérivés : CHANCLA ‘savate’, ‘pantoufle’.
sens moderne en français (‘client’ c’est-à-dire CHANCLETA ‘savate, babouche, pantoufle’.
‘celui qui trouve intérêt à acheter chez le CHANCRO (‘chancre’), est emprunté au français
même marchand’) apparaît chez Rabelais. En chancre issu du bas latin cancrus, altération de
Espagne, ce mot a désigné celui dont l’intérêt cancer ‘écrevisse, crabe’, ‘constellation du
était d’acheter et de vendre des animaux d’où cancer’ et, en médecine, ‘tumeur’, ‘pince, for-
le sens de ‘maquignon’. ceps’. Voir le mot cáncer. Le chancre désigne
Dérivés : CHALANEAR ‘maquignonner’. CHA- une petite ulcération qui ronge les parties en-
LANEO ‘maquignonnage’. vironnantes comme le crabe avec ses pinces
CHALÉ / CHALET (‘pavillon’, ‘villa’), est em- déchire ses aliments (voir en français
prunté au français chalet mot originaire de l’expression aujourd’hui désuète ‘manger
Suisse romande et apparenté à une base pré- comme un chancre’ c’est-à-dire ‘dévorer’).
indoeuropéenne cala ‘lieu abrité’, ‘abri de CHANCHULLO (‘magouille, affaire louche’), est
montagne’ (français ‘calanque’ et ‘cale’). dérivé de l’italien cianciullare ‘s’amuser à
CHALECO (‘gilet’), d’abord attesté ancienne- faire des choses insignifiantes’, dérivé de
ment sous les formes jaleco et gileco, est em- ciancia ‘blague’, ‘bagatelle’, ‘moquerie’,
prunté à l’arabe maghrébin galika ‘casaque ‘mensonge’, ‘tromperie’.
des captifs chrétiens chez les Maures’. Le CHANDAL (‘survêtement’), est emprunté au
français ‘gilet’ est emprunté à l’ancienne français chandail, abréviation populaire de
forme espagnole gileco. marchand d’ail nom donné au tricot porté par
CHALUPA (‘chaloupe’), est emprunté au français les ouvriers s’occupant du marché aux lé-
chaloupe d’origine très incertaine (ancien gas- gumes aux halles de Paris au XIXe siècle.
con calup ‘barque’ ? ; ancien français CHANTAJE (‘chantage’), est l’adaptation du
(es)chalope, littéralement ‘coquille de français chantage, dérivé du verbe chanter
noix’ ? ; néerlandais sloep ‘embarcation’ ?). dans le sens de ‘faire chanter qqn’, d’abord at-
CHAMPÁN (1) (‘sampan[g]’), est emprunté au testé dans les mémoires de Vidocq chef de la
chinois sanpan signifiant littéralement ‘trois’ police parisienne dans les années 1830.
(san) planches (pan)’ sans doute par Dérivés : CHANTAJEAR ‘faire chanter’. CHAN-
l’intermédiaire du néerlandais champan. TAJISTA ‘maître chanteur’.
L’espagnol utilise aussi la forme sampán. CHANTAJEAR, voir chantaje.
CHAMPÁN (2) ou CHAMPAÑA (‘champagne’), CHANTAJISTA, voir chantaje.
est emprunté au français champagne qui dé- CHANZA (‘plaisanterie’), est emprunté à l’italien
signe la région de production de ce vin célèbre ciancia ‘moquerie’, ‘plaisanterie’, ‘men-
et, par métonymie, le vin lui-même (voir aussi songe’, ‘tromperie’.
coñac pour le procédé de la métonymie). CHANZA (‘plaque’, ‘tôle’), est d’origine incer-
CHAMPÚ (‘shampooing’), est l’adaptation espa- taine.
gnole de l’anglais shampoo dérivé du verbe to Dérivés : CHAPADO ‘plaqué’ (reloj chapado
shampoo ‘masser’, ‘laver la tête’, lui-même de oro ‘montre en plaqué or’).
emprunté au hindi champu, impératif du verbe CHAPADO, voir chapa.
champna ‘masser, presser’. Le hindi est une

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CHAPARRÓN (‘averse’), est un mot d’origine CHARLA, voir charlar.


onomatopéique, formé de manière expressive CHARLAR (‘bavarder, causer’), est sans doute
à partir de l’élément chap- censé reproduire le emprunté à l’italien ciarlare ‘jaser’, apparenté
bruit de la pluie frappant le sol. à l’occitan charrá ‘converser, babiller’.
CHAPOTEAR (‘barboter, patauger’), est de for- Dérivés : CHARLA ‘bavardage, causerie’.
mation onomatopéique, à partir de l’élément CHARLOTEAR ‘papoter, bavarder’. CHARLO-
chap- (comme dans chaparrón ‘averse’). TEO ‘papotage’.
Dérivés : CHAPOTEO ‘barbotage’. CHARLATÁN (‘bavard’ ; ‘charlatan’ ; ‘camelot’),
CHAPURRAR ou CHAPURREAR (‘baragouiner, est emprunté à l’italien ciarlatano issu du
écorcher [une langue]’), est d’origine mal éta- croisement de ciarlare ‘bavarder’ et de cerre-
blie. Le sens primitif était celui de ‘mélanger tano c’est-à-dire ‘habitant de Cerreto’, nom
des liquides’ dont on a pu tirer ensuite le sens d’un village italien dont les habitants avaient
de ‘baragouiner une langue’, c’est-à-dire litté- l’habitude de vendre des médicaments ou des
ralement ‘mélanger les mots d’une langue drogues sur les marchés, d’où les sens de ‘bo-
avec ceux d’une autre langue’. nimenteur’, ‘camelot’ et de ‘guérisseur, rebou-
CHAPUZAR (‘plonger’), provient de l’ancienne teux, charlatan’.
forme sopozar (ou zapuzar) formée avec le Dérivés : CHARLATANEAR ‘bavarder, papoter’.
préfixe so- ‘dessous’, ‘sous’ et pozo ‘puits’ et CHARLATANERÍA ‘bavardage, bla-bla-bla’.
qui signifiait littéralement ‘plonger dans un CHARLOTEAR, voir charlar.
puits’. La voyelle u de chapuzar (normale- CHARLOTEO, voir charlar.
ment *chapozar) est analogique de capuzar, CHAROL (‘vernis’, ‘vernis noir’), est emprunté
autre mot signifiant ‘plonger (la tête)’ — peu au portugais charão ‘laque’, lui-même pris au
usité — dérivé de caput ‘tête’. chinois cat-liao de même sens.
Dérivés : CHAPUZÓN ‘plongeon’. CHASCAR, / CHASQUEAR, voir chasco.
CHAQUETA (‘veste, veston’), est emprunté au CHASCO (‘tour, blague’ ; ‘échec, déception’), est
français jaquette, diminutif de jaque ‘pour- de formation onomatopéique et signifiait pri-
point à manches rembourré’, lui-même issu du mitivement ‘claquement’, ‘détonation’. Le
prénom Jacques, sobriquet que l’on donnait Diccionario de Autoridades explique ainsi le
aux paysans révoltés au XIVe siècle (d’où le passage du sens de ‘claquement’ à celui de
français ‘jacquerie’) et qui portaient un vête- ‘tour, blague’ et ‘déception, désillusion’ :
ment de forme et de longueur semblables au « díxose assí por semejanza del chasco (‘cla-
jaque ou jaquet devenu ‘jaquette’. quement’) de la honda (‘fronde’) o látigo, res-
CHARADA (‘charade’), est emprunté au français pecto del susto, temor, desasosiego y altera-
charade, d’origine incertaine, peut-être pris au ción que éste causa en el que oye su estampi-
provençal charrado ‘causerie, conversation’, do, aunque no le llegue a herir » (Tome 1, p.
lui-même dérivé du verbe charrá ‘converser, 311, éditions Gredos).
babiller’ (français ‘charabia’). Du sens de Dérivés : CHASQUEAR ou CHASCAR ‘faire cla-
‘conversation’ on est passé à celui de ‘conver- quer le fouet’ et ‘jouer des tours’. CHASQUIDO
sation pour tuer le temps’ dont l’aspect récréa- ‘claquement’, ‘détonation’.
tif et ludique se retrouvera dans le sens actuel : CHASIS (‘châssis’), est emprunté au français
‘charade’ = jeu de langage. châssis dérivé de châsse (‘coffre où l’on garde
CHARCA, voir charco. les reliques d’un saint’ et ‘monture servant
CHARCO (‘flaque d’eau’), est d’origine incon- d’encadrement’), issu du latin médiéval capsa
nue. (espagnol caja) qui signifiait ‘coffret travaillé
Dérivés : CHARCA ‘mare’. Sur l’opposition renfermant les reliques d’un saint’. Au-
entre masculin et féminin en espagnol, voir jourd’hui chasis désigne essentiellement la
canastillo et barco. structure métallique d’une automobile et fami-
CHARCUTERÍA (‘charcuterie’), est emprunté au lièrement, par métaphore, le corps humain :
français charcuterie, lui-même dérivé de quedarse alguien en el chasis ‘ne plus avoir
charcutier, formé à partir de chair cuite et du que la peau et les os’. En français, ‘un beau
suffixe -ier propre aux noms de métier en châssis’ se dira d’un corps féminin bien fait.
français : ‘plombier’, ‘épicier’, ‘poissonnier’ CHASQUEAR, voir chasco.
etc. CHASQUIDO, voir chasco.

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CHATARRA (‘ferraille’), est emprunté au basque postín ou postinero(a) : un restaurante de


txatar et plus précisément à txatarra c’est-à- postín ‘un restaurant chic’ (voir ces mots).
dire ‘la ferraille’, la terminaison représentant CHICA, voir chico.
l’article enclitique. Txatar est le diminutif de CHICLE (‘chewing-gum’), est emprunté au na-
zatar ‘guenille, haillon’. huatl (langue des Aztèques) tzíctli ‘gomme à
Dérivés : CHATARRERO ‘ferrailleur’. mâcher’.
CHATO (‘aplati, plat’, ‘camus’ [nez]), est issu du CHICO(A) ([substantif] ‘garçon’, ‘fille’ ; [adjec-
latin vulgaire plattus ‘plat, aplati’, emprunté tif] ‘petit’), est un mot de formation expressive
au grec platus ‘étendu, large’. Chato que l’on retrouve en basque, en catalan et dans
s’emploie pour désigner un nez plat (nariz certains dialectes italiens, apparenté au latin
chata) ou des objets comme un bateau à fond ciccum ‘membrane qui sépare les grains de la
plat. En outre, chato est utilisé comme appel- grenade’ et, au figuré, ‘chose peu importante,
lation affectueuse (hypocoristique) adressée de peu de valeur’ d’où l’idée de ‘petitesse’
aux enfants et surtout aux femmes (chata mía (este sombrero es chico para ti ‘ce chapeau
‘mon chou’). On désigne ainsi la personne par est petit pour toi’) ou de ‘petit métier’ dans
un trait physique ou par un (petit) défaut phy- chico para los recados ‘garçon de course’.
sique : ‘le frisé’, ‘le rouquin’ etc. Longtemps, Dérivés : CHICA ‘fille’. CHIQUILLERÍA ‘mar-
le terme noble pour désigner un nez plat a été maille’. CHIQUILLO ‘gamin, gosse’. CHIQUITO
romo, chato était plus populaire et affectueux. ‘tout petit’.
CHAUVINISMO (‘chauvinisme’), est emprunté CHICHA (dans l’expression calma chicha ‘calme
au français chauvinisme formé en 1843 plat’), est peut-être emprunté au français
d’après le nom de Nicolas Chauvin person- chiche ‘avare’ car, par temps de calme plat, la
nage de soldat courageux et patriote sous mer se montre avare de vent. Le français
l’Empire, mis en scène par Cogniard dans La chiche pourrait dériver du latin ciccum ‘mem-
Cocarde tricolore. Le mot s’est infléchi de brane séparant les grains de la grenade’ et
manière négative (patriotisme à outrance). ‘chose insignifiante’ (voir chico).
Dérivés : CHAUVINISTA ‘chauvin’. CHICHÓN (‘bosse’), est d’origine incertaine.
CHAVAL (‘gamin, gosse’, ‘gars’), est emprunté L’italien a l’équivalent sous la forme ciccione
au gitan chavale ‘fils’, ‘enfant’, ‘jeune sans doute dérivée de ciccia ‘viande’ dans le
homme’. La forme chavale est un vocatif langage des enfants (chicha en espagnol).
masculin pluriel dont le singulier est chavó. Dans son Tesoro de la lengua castellana o es-
CHEQUE (‘chèque’), est emprunté à l’anglais pañola (1611), Covarrubias donne
cheque ou check, dérivé du verbe to check l’explication suivante : « chichón es el to-
‘contrôler, vérifier’ (en français ‘faire un londrón (‘bosse’) que se levanta en la frente,
check-up’ = ‘faire un bilan médical complet’). causado de algún golpe, que aporreó y no sacó
Le substantif check a désigné d’abord le talon, sangre, pero ésa se ayuntó en aquella parte y
la souche du chèque (c’est-à-dire ce qui sert à levantó el pellejo pegado al hueso de la cabe-
contrôler les dépenses) avant de désigner le ça, que no tiene casi carne y porque levanta
chèque lui-même. allí aquel bulto carnoso, se llamó chichón, de
Dérivés : CHEQUEAR ‘faire un bilan de santé’ chicha que vale carne. »
et CHEQUEO ‘bilan de santé’ sont des angli- CHIFLADO, voir silbar.
cismes adaptés à la phonétique et à la morpho- CHIFLADURA, voir silbar.
logie de l’espagnol. CHIFLAR, voir silbar.
CHEQUEAR, voir cheque. CHILE (‘piment’), est issu du nahuatl chílli de
CHEQUEO, voir cheque. même sens.
CHIC (‘chic’), est emprunté au français chic CHILLAR (‘crier’, ‘glapir’ ; ‘grincer’), est
d’origine mal établie. Ce mot est peut-être d’abord attesté au moyen âge, sous la forme
emprunté, par l’intermédiaire de l’alsacien, à chirlar. Ce mot provient peut-être de
l’allemand Schick qui signifie ‘façon, ma- *tsisclare, altération du latin fistulare ‘jouer
nière’, ‘bon ordre’ et aussi ‘convenance’, ‘ha- de la flûte de Pan’ (voir fístula ‘fistule’).
bileté’. Les mots habituellement utilisés en es- Dérivés : CHILLERÍA ‘criaillerie’. CHILLIDO
pagnol à la place du gallicisme chic sont de ‘cri perçant’ et ‘grincement’. CHILLÓN ‘criard,

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Michel Bénaben 102

braillard’ et ‘criard’ (pour les sons et les cou- fiantes, sans importance. Après appauvrisse-
leurs). ment sémantique, chisme est devenu un mot
CHILLERÍA, voir chillar. fourre-tout (palabra baúl ou palabra ómni-
CHILLIDO, voir chillar. bus) qui sert à désigner n’importe quoi (‘ma-
CHILLÓN, voir chillar. chin, truc’) au même titre que cosa et cachar-
CHIMENEA (‘cheminée’), est emprunté au fran- ro (voir ces mots). L’insecte est aujourd’hui
çais cheminée, issu du latin (camera) camina- désigné par le mot chinche probablement
ta c’est-à-dire ‘salle munie d’une cheminée’ d’origine mozarabe.
(ellipse du substantif camera). Caminata est le Dérivés : CHISMORREAR ‘cancaner, faire des
participe passé au féminin de caminare ‘cons- potins’. CHISMOSO ‘cancanier’.
truire en forme de four’, ‘creuser en forme de CHISPA (‘étincelle’), est de formation onomato-
cheminée’, dérivé de caminus ‘âtre, fourneau’. péique.
Caminus a disparu au profit de caminata car il Dérivés : CHISPEAR ‘étinceler’, ‘pétiller’ (de
était homonyme de camminus ‘chemin’ (espa- joie). CHISPORROTEAR ‘pétiller, crépiter, gré-
gnol camino). siller’.
CHIMPANCÉ (‘chimpanzé’), est emprunté à une CHISPEAR, voir chispa.
langue d’Afrique, le bantou parlé au Congo, CHISPORROTEAR, voir chispa.
en Angola et au Gabon. On l’a d’abord trans- CHISTAR, voir chiste.
crit sous la forme kimpanzi ou chimpanzi. CHISTE (‘plaisanterie, bon mot, histoire drôle’),
CHINA (‘petit caillou’), est sans doute un mot de est un dérivé de chistar ‘parler, ouvrir la
formation expressive (langage des enfants). bouche’ (sin chistar ‘sans mot dire’, ‘sans
CHINCHE (‘punaise’ [l’animal]), est issu du latin broncher’). Chistar est utilisé aujourd’hui
cimex de même sens. La forme latine a donné uniquement dans des phrases négatives. Autre-
cisme en vieux castillan, altérée en chisme, fois, il signifiait ‘parler à voix basse’ ou ‘faire
mot fourre-tout signifiant ‘babiole’, ‘machin’, mine de parler’. Ses dérivés chista (vieil espa-
‘truc’. La forme chinche pourrait provenir du gnol) et chiste eurent d’abord le sens de
mozarabe. ‘blague obscène’ c’est-à-dire celle qu’on dit à
CHINGAR (‘embêter, casser les pieds, empoison- voix basse, à l’oreille de l’interlocuteur. Chis-
ner’), est sans doute emprunté au gitan chin- tar est de formation onomatopéique évoquant
garar ‘se battre’. le chuchotement.
CHIP (‘puce’ [électronique]), est emprunté à Dérivés : CHISTOSO ‘spirituel, drôle’.
l’anglais chip, abréviation de silicon chip CHISTERA (‘panier de pêcheur’ et ‘chistera’
‘puce ou pastille de silicium’. Chip signifie lit- [pelote basque]), est issu du basque xistera de
téralement ‘éclat, copeau de bois’, ‘écaille, même sens, lui-même pris au latin cistella
éclat de marbre’ et ‘pépite’ (de chocolat). Tar- ‘corbeille’, ‘coffret’.
jeta chip ‘carte à puce’. CHISTOSO, voir chiste.
CHIPIRÓN (‘calmar, encornet’), est propre à la CHIVAR, voir chivo.
région cantabrique, issu du basque txpiroi qui CHIVATO, voir chivo.
appartient à la famille de mots dérivés du latin CHIVO(A) (‘chevreau’, ‘chevrette’), est de forma-
sepia ‘sèche’ (espagnol jibia). tion expressive, ce mot est censé reproduire le
CHIQUILLO, voir chico. cri servant à appeler l’animal. On notera
CHIQUITO, voir chico. l’expression chivo expiatorio, littéralement
CHIRONA (‘tôle, violon’), est d’origine inconnue ‘chevreau expiatoire’ c’est-à-dire notre ‘bouc
(meter en chirona ‘mettre en tôle’). émissaire’.
CHIRRIAR (‘grincer’, ‘piailler’, ‘brailler’), est de Dérivés : CHIVAR(SE) ‘rapporter’, ‘accuser’.
formation onomatopéique. CHIVATO ‘chevreau’ et (adjectif) ‘donneur,
Dérivés : CHIRRIDO ‘grincement’. rapporteur, délateur’. Le suffixe -ato sert à
CHISME (‘cancan, potin, ragot’ ; ‘babiole, ma- former des noms désignant les petits des ani-
chin, truc’), est issu du latin cimex ‘punaise’ maux : chiva / chivato comme ballena / bal-
qui a donné cisme en vieil espagnol altéré en- lenato (‘baleineau’) et liebre / lebrato (‘le-
suite en chisme. Le nom de l’insecte qui dé- vraut’). L’acception ‘rapporteur, délateur’ est
gage une odeur nauséabonde lorsqu’on sans doute due au fait que le mot chivo servait
l’écrase a servi à désigner des choses insigni- initialement à appeler l’animal qui accourait

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docilement vers son maître comme le délateur échassiers, c’est un petit passereau ainsi
vient confier des informations. Par ailleurs, nommé parce qu’il est friand de linettes
l’expression chivo expiatorio n’est sans doute (graines de lin).
pas étrangère à l’acception péjorative de chi- CHORREAR, voir chorro.
vato, l’animal étant alors chargé de tous les CHORREO, voir chorro.
péchés des hommes. CHORRO (‘jet’ [liquide, gaz] ; ‘pluie’, ‘flot’ [au
CHOCANTE, voir chocar. figuré]), est de formation onomatopéique
CHOCAR (‘heurter, entrer en collision’ ; ‘cho- (bruit de chute d’eau).
quer, offenser’), est d’origine incertaine. Il est Dérivés : CHORREAR ‘couler’, ‘dégouliner’.
possible que le castillan l’ait emprunté au CHORREO ‘écoulement’.
français choquer lui-même pris au germa- CHOUCROUTE / CHUCRUTA (‘choucroute’), est
nique. Une formation onomatopéique n’est pas emprunté au français choucroute, lui-même
à exclure (tchok-). pris, par l’intermédiaire de l’alsacien sûrkrût,
Dérivés : CHOCANTE ‘choquant’. CHOQUE à l’allemand Sauerkraut, mot qui signifie litté-
‘choc’. ralement ‘herbe aigre’, formé de sauer ‘aigre’
CHOCOLATE (‘chocolat’), est emprunté au et de Kraut ‘herbe’. En empruntant et en adap-
nahuatl mais difficilement analysable. Coro- tant cette forme étrangère, le français l’a rap-
minas propose pocho-cacaua-atl ‘boisson à proché de mots plus connus tels que ‘chou’ et
base de cacao et de graines de fromager’ ‘croûte’ mais qui n’ont rien à voir avec le mot
(póchotl ‘fromager’, très grand arbre tropical à d’origine, c’est un exemple flagrant de ce que
bois très tendre, comme le fromage ; ceiba en l’on a appelé l’étymologie populaire. Le cas le
espagnol). Les Espagnols auraient abrégé cette plus connu en français étant ‘tomber dans les
expression en chocauatl puis chocolate. pâmes’ → ‘tomber dans les pommes’ !
CHOCHEAR, voir chocho. CHOZA (‘hutte’, ‘cabane’, ‘chaumière’), est
CHOCHO (‘radoteur, gâteux, gaga’), provient de probablement dérivé de chozo ‘petite hutte’,
l’adjectif espagnol clueco,a (peu usité) qui dé- lui-même issu du latin pluteus ‘abri monté sur
signe une vieille personne très amoindrie par roues’ (vocabulaire militaire).
l’âge. Clueco, a dérive de clueca ‘poule (cou- CHUBASCO (‘averse’), est emprunté au portugais
veuse)’ : la poule reste immobile sur ses œufs chuvasco dérivé de chuva ‘pluie’ issu du latin
lorsqu’elle les couve. Les vieillards restent pluvia de même sens.
souvent très longuement prostrés. Dérivés : CHUBASQUERO ‘ciré, imperméable’,
Dérivés : CHOCHEAR ‘radoter’, ‘devenir gâ- ‘coupe-vent’.
teux’. CHUBASQUERO, voir chubasco.
CHÓFER (‘chauffeur’), est emprunté au français CHUCRUTA, voir choucroute.
chauffeur (dérivé de chauffer) dont le sens CHULADA, voir chulo.
primitif était ‘personne qui s’occupe du feu CHULERÍA, voir chulo.
d’une forge, d’une chaudière’. Le sens mo- CHULETA (‘côtelette’, ‘côte’), est emprunté au
derne de ‘conducteur’ nous est parvenu par catalan valencien xulleta, diminutif de xulla
l’intermédiaire du vocabulaire des chemins de ‘côtelette’.
fer où le conducteur d’une locomotive à va- CHULO (‘effronté, insolent, dévergondé’ ; [subs-
peur en était aussi le ‘chauffeur’. tantif] ‘souteneur’, ‘type, mec’, ‘mauvais gar-
CHOQUE, voir chocar. çon, gouape’), est emprunté à l’italien fanciul-
CHORIZO (‘saucisson au piment, chorizo’ ; lo ‘enfant’, après aphérèse (chute) de fan-.
‘voleur’, ‘filou’), est d’origine inconnue (latin Fanciullo est le diminutif de fante lui-même
*sauricium ?). L’acception ‘voleur’ provient issu du latin infans ‘jeune enfant’ (littérale-
du gitan chori. En espagnol argotique chorizo ment ‘qui ne parle pas encore’, formé de in-
désigne aussi le sexe de l’homme (picha) ou préfixe privatif et de fari ‘parler’).
un étron ! Dérivés : CHULADA ‘grossièreté’, ‘crânerie’.
CHORLITO (nom de plusieurs échassiers : ‘che- CHULERÍA ‘bravade, crânerie’, ‘désinvolture’.
valier’, ‘courlis’, ‘pluvier’), est d’origine CHUPADO, voir chupar.
onomatopéique (cri de l’oiseau). Cabeza de CHUPAR (‘sucer’), est de formation onomato-
chorlito ‘tête de linotte’ se dit d’une personne péique (bruit de succion des lèvres).
écervelée. La linotte n’est pas apparentée aux

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Dérivés : CHUPADO ‘maigre, émacié’. CHUPA- (1766-1844) qui décrivit un trouble de la per-
TINTAS ‘rond-de-cuir, gratte-papier’. CHUPETE ception des couleurs dont il était lui-même at-
‘sucette’, ‘tétine de biberon’. teint.
CHUPATINTAS, voir chupar. DAMA (‘dame’), est emprunté au français dame
CHUPETE, voir chupar. lui-même issu du latin domina ‘maîtresse de
CHURRO (‘beignet’), provient du catalan- maison’, ‘épouse’, ‘amie’, ‘maîtresse’, ‘souve-
valencien xurro littéralement ‘grossier’, mot raine’. Domina est, comme dominus, un dérivé
qui désignait les habitants de Murcie et de la de domus ‘maison’ (voir dueña).
Manche qui ont été les premiers à fabriquer ce DAMNIFICADO, voir daño.
type de beignet assez gras. DANDI / DANDY (‘dandy’), est emprunté (1855)
CHUSMA (‘chiourme’ [galériens] ; ‘populace, à l’anglais dandy, peut-être issu de l’écossais
populo’), est emprunté à l’italien ciurma Dandy, diminutif de Andrew ‘André’. Ce mot
‘équipage d’une galère’, issu du bas latin ce- désignait à l’origine les jeunes gens qui fré-
leusma ‘chant réglant le mouvement des ra- quentaient les foires ou les églises dans un vê-
meurs’, formé sur le grec keleusma ‘ordre’ (du tement excentrique.
verbe keleuein ‘commander’). DANZA, voir danzar.
CHUTAR (‘shooter’), est l’adaptation, à la pre- DANZAR (‘danser’), est emprunté au français
mière conjugaison, de l’anglais to shoot ‘lan- danser d’origine mal établie.
cer, tirer’. Chutarse ‘se shooter’, ‘se droguer’ Dérivés : DANZA ‘danse’. CONTRADANZA est
est, en espagnol et en français, un réemprunt emprunté au français contredanse, lui-même
récent (vers 1960) à l’anglais shot ‘coup, dé- pris à l’anglais country dance qui désignait
charge’ dans son sens spécialisé de ‘piqûre’. une danse campagnarde. Ce mot a été altéré
par association avec la préposition contre
D (étymologie populaire).
DAÑAR, voir daño.
DAÑINO, voir daño.
DACTILAR, voir dáctilo. DAÑO (‘dommage’), est issu du latin juridique
DÁCTILO (‘dactyle’), désigne, en métrique, un damnum (‘préjudice’, ‘dommage’, ‘perte’) qui
pied formé de trois syllabes (une longue et est peut-être un ancien terme de la langue reli-
deux brèves) par comparaison avec les doigts gieuse apparenté à daps, dapis ‘sacrifice’ et
qui ont une grande phalange et deux petites. ‘repas rituel qui suit le sacrifice’. En français,
Ce mot vient du latin dactylus, lui-même em- damnum a donné ‘dam’ qui s’est conservé
prunté au grec daktulos ‘doigt’. uniquement dans l’expression ‘au grand dam
Dérivés : DACTILAR ‘digital’ (huellas dacti- (de qqn)’. ‘Dam’ a été remplacé par son dérivé
lares ‘empreintes digitales’). DACTILOGRAFÍA ‘dommage’.
‘dactylographie’ (technique d’écriture méca- Dérivés : DAÑAR ‘nuire à’, ‘abîmer’. DAÑINO
nique par transmission de l’impulsion des ‘nuisible’ (animales dañinos ‘animaux nui-
doigts à la machine). sibles’). CONDENAR (XIIIe siècle) ‘condam-
DADO (1) (‘dé’ [jeux]), est un mot d’origine ner’. CONDENA (XIXe siècle) ‘condamnation’’,
obscure, peut-être issu du latin datum participe ‘peine’. CONDENADO ‘condamné’, ‘damné’,
passé neutre substantivé du verbe dare ‘don- ‘maudit’. INDEMNE ‘indemne’ (latin indemnis
ner’ (c’est-à-dire ‘donner le dé, le pion’). Da- ‘qui n’a pas subi de dommage’, formé avec in-
tum signifiant alors ‘pion de jeu’. [préfixe privatif] et damnum). INDEMNIZAR
DADO (2) (‘enclin à’), voir dar. (XVIIIe siècle) est emprunté au français in-
DAGA (‘dague’), est d’origine incertaine, peut- demniser courant à partir du XVIe siècle.
être celtique (existence d’une forme daca en DAR (‘donner’), est issu du latin dare ‘faire don’.
latin médiéval chez le grammairien anglais J. Dérivés : DATA ‘date’, du latin médiéval data
de Garlande au XIIIe siècle). dans les expressions data littera ou data char-
DALIA (‘dahlia’), est dérivé du nom du botaniste ta, littéralement ‘lettre donnée’, formule pré-
suédois Andréa Dahl (1751-1789) qui rapporta cédant l’indication de la date à laquelle un acte
cette plante du Mexique. avait été rédigé. Data est le féminin du parti-
DALTONISMO (‘daltonisme’), est tiré du nom du cipe passé adjectivé datus de dare. DATAR ‘da-
chimiste et physicien anglais J. Dalton ter’. DATIVO ‘datif’ est emprunté au latin dati-

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vus casus (littéralement ‘cas datif’), abrégé en DEBATE, voir batir.


dativus et employé par les grammairiens pour DEBATIR, voir batir.
désigner le cas marquant l’attribution, la des- DEBE, voir deber.
tination (celui à qui l’on donne). DATO ‘don- DEBER (‘devoir’), est issu du latin debere, formé
née’, ‘renseignement’, du latin datum, parti- avec de (marquant l’origine) et habere ‘avoir’.
cipe passé substantivé au masculin de dare. En Debere signifiait donc littéralement ‘tenir
informatique : entrada / recuperación de da- qqch de qqn’, ‘lui en être redevable’ (pecu-
tos ‘saisie de données’. Le terme anglais ‘da- niam alicui debere ‘devoir de l’argent à qqn’).
ta’ (‘donnée’) est issu du participe passé subs- On l’employait aussi avec un infinitif pour
tantivé au féminin de dare (data). DOSIS marquer l’idée d’obligation : numne ferre ar-
‘dose’, du latin médiéval dosis, emprunté au ma contra patriam debuerunt ? ‘étaient-ils o-
grec dosis ‘action de donner’ et ‘ce que l’on bligés de porter les armes contre leur patrie ?’
donne’ c’est-à-dire ‘mesure, quantité’. SO- Pour les aspects suivants, on pourra consulter
BREDOSIS ‘overdose’, ‘surdose’. DOSIFICAR M. Bénaben, Manuel de linguistique espa-
‘doser’. gnole, éditions Ophrys, 1994 :
DATA, voir dar. - l’expression de la conjecture en espagnol
DATAR, voir dar. (deber de / deber ∅, p. 119) ;
DÁTIL (‘datte’), est emprunté au latin dactylus de - deber au passé simple et à l’imparfait de
même sens, lui-même pris au grec daktulos l’indicatif avec valeur de conditionnel passé
‘doigt’. Par analogie de forme, ce fruit allongé (p. 209) ;
a été comparé à un doigt. - l’emploi de deber en sarde pour former le
DATIVO, voir dar. futur de l’indicatif (p. 213) ;
DATO, voir dar. - deber, substantif de langue : el deber, los
DE (‘de’ [préposition]), est issu de la particule deberes ‘les devoirs’, p. 150.
latine de utilisée à la fois comme préposition Dérivés : DEBE dans l’expression el debe y el
et comme préverbe. La préposition de mar- haber ‘le doit et l’avoir’ c’est-à-dire ‘le débit
quait l’origine, l’éloignement, la séparation. et le crédit’. DEUDA ‘dette’, du latin debita,
En tant que préverbe, la particule servait de neutre pluriel de debitum (‘les choses dues’)
préfixe permettant de former des verbes dont perçu ensuite comme un féminin singulier.
le sémantisme exprimait soit la privation (de- Debitum (‘ce qui est dû’), participe passé
capitare > decapitar) soit au contraire neutre substantivé de debere, a donné deux ré-
l’intensité (detonare > detonar c’est-à-dire sultats : deudo ‘parenté, parent’ (c’est-à-dire
‘tonner fortement, détoner’). Pour les diverses celui envers lequel j’ai des obligations, une
valeurs de cette préposition en espagnol, voir ‘dette morale’ en quelque sorte) et son doublet
M. Bénaben, Manuel de linguistique espa- savant débito (‘dette’ et ‘devoir’) : el débito
gnole, éditions Ophrys, 1994 : le chapitre sur marital/conyugal ‘le devoir conjugal’. EN-
les prépositions et plus particulièrement les DEUDAMIENTO ‘endettement’. ENDEUDARSE
pages 118 à 120. Voir aussi pp. 75-76 ‘s’endetter’.
(l’expression du partitif). DÉBIL (‘faible’), est un emprunt au latin debilis
e
DEÁN (‘doyen’), est emprunté (au XII siècle) à ‘faible, infirme, estropié’. En français, le mot
l’ancien français deien (moderne ‘doyen’), is- ‘débile’ a subi une restriction de sens puisqu’il
su du bas latin decanus — dérivé de decem désigne presque exclusivement une déficience
‘dix’ — qui désignait l’officier commandant intellectuelle.
dix soldats. En latin chrétien, decanus a dési- Dérivés : DEBILIDAD ‘faiblesse’. DEBILITAR
gné celui qui était chargé de dix personnes ‘affaiblir’.
dans un monastère (le ‘décan’ ou ‘dizenier’, DÉBITO, voir deber.
dignité ecclésiastique). Cette idée de nombre a DEBUT (‘début’), est un emprunt au français
disparu et le mot a fini par faire référence à la début (gallicisme), il ne s’applique qu’au
supériorité en ancienneté, en âge. Il existe aus- monde du spectacle : ‘Desde su debut en 1973
si en espagnol le mot decano, de même sens, ha grabado ocho discos’ (citation du journal
qui est un emprunt savant au latin decanus ABC recueillie par Albert Belot, dans son Dic-
(XVIIe siècle). tionnaire d’usage de l’espagnol contempo-
DEBAJO, voir bajo. rain, article ‘Début’, éditions Ellipses, 1997).

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Bien que critiqué par certains manuels à (‘dixième’, latin decimus) et de bel, unité de
l’usage des journalistes (El País, Libro de Es- mesure acoustique, en souvenir du physicien
tilo), ce mot est admis dans les dictionnaires écossais Graham Bell, inventeur du téléphone.
de langue avec ses dérivés debutar et debu- DECIDIR (‘décider’), est emprunté au latin deci-
tante. dere, formé avec de et caedere ‘couper, tran-
DEBUTAR, voir debut. cher’ et, au figuré, ‘trancher moralement’, ‘ré-
DEBUTANTE, voir debut. gler un différend’.
DÉCADA, voir diez. Dérivés : DECISIÓN ‘décision’. DECISORIO est
DECADENCIA, voir caer. employé en droit (‘décisoire’) et dans
DECANO, voir deán. l’expression plus récente poder decisorio
DECAPITACIÓN, voir decapitar. ‘pouvoir de décision’ ou ‘pouvoir décision-
DECAPITAR (‘décapiter’), est emprunté au bas nel’.
latin decapitare de même sens, formé avec DÉCIMO, voir diez.
caput ‘tête’ et la particule privative de-. DECIR (‘dire’), est issu du latin dicere où l’on
Dérivés : DECAPITACIÓN ‘décapitation’. retrouve la racine indoeuropéenne *deik- ou
DECATLÓN (‘décathlon’), a été formé d’après le *dik- qui signifiait ‘montrer’. D’ailleurs, en
mot grec pentathlon (‘sport comprenant cinq grec deiktikos signifie ‘ce qui sert à montrer’
exercices’), en remplaçant penta- ‘cinq’ par c’est-à-dire un ‘démonstratif’, ou un
deca- ‘dix’. En grec, athlon signifiait ‘prix, ré- ‘déictique’ dans la terminologie linguistique
compense’, ‘lutte, combat’ et parfois ‘con- récente. A l’origine le verbe dicere avait un
cours sportifs’. caractère solennel, religieux ou juridique. Il
DECENA, voir diez. est passé dans la langue commune avec le sens
DECENCIA, voir decente. que nous lui connaissons aujourd’hui.
DECENIO, voir diez. Dérivés : BENDECIR ‘bénir’. CONTRADECIR
DECENTE (‘décent’), est emprunté au latin de- ‘contredire’. DICCIÓN ‘diction’. DICCIONARIO
cens ‘convenable, séant’ et ‘bien fait, bien ‘dictionnaire’ (du latin médiéval dictionarium,
proportionné’. Decens est le participe présent formé avec dictio ‘action de dire’ et le suffixe
du verbe decere ‘convenir’ (decet ‘il convient arium). Ce mot s’est appliqué d’abord à des
de’, 3e personne). ouvrages bilingues à côté de thesaurus (‘tré-
Dérivés : DECENCIA ‘décence’. DECORO (‘res- sor’) qui désignait les dictionnaires unilingues
pect’, ‘dignité’, ‘réserve, retenue’, ‘conve- (Sebastián de Covarrubias, Tesoro de la len-
nances’), du latin decorum ‘ce qui convient, gua castellana o española, 1611 ; Nicot, Thré-
convenance, bienséance’, neutre substantivé sor de la langue françoyse, 1606). DICHO (par-
de l’adjectif decorus ‘qui convient’ et ‘paré, ticipe passé substantivé de decir), ‘pensée’,
orné’. Decorus est un dérivé de decor ‘ce qui ‘sentence’, ‘mot’, ‘dicton’. ENTREDICHO
convient’ et ‘parure, ornement, charme’. En (substantif) ‘défense, interdit’, est le participe
français, le mot ‘décorum’ a pris une valeur passé de l’ancien verbe entredecir ‘interdire’,
péjorative, celle de ‘luxe ostentatoire’. DECO- remplacé par prohibir. INTERDICCIÓN ‘inter-
RADO ‘décor’ (théâtre). INDECENTE ‘indécent’ diction’, du latin interdictio ‘action
DECEPCIÓN (‘déception’), est emprunté au bas d’interdire’, de la même famille que le verbe
latin deceptio (‘action de tromper’, ‘illusion’, interdicere ‘défendre qqch à qqn’ qui avait
‘séduction’, ‘imposture’), formé à partir de donné entredecir en vieil espagnol (voir en-
deceptum supin du verbe decipere (de + ca- tredicho) : interdicción civil ‘destitution des
pere) ‘séduire, abuser’. Le sens moderne (‘dé- droits civiques’ ; interdicción de residencia /
cevoir’) est calqué sur les mots français ‘dé- de lugar ‘interdiction de séjour’. MALDECIR
ception’ et ‘décevoir’ qui eux aussi ont gardé ‘maudire’. PREDECIR ‘prédire’. SOBREDICHO
pendant longtemps le sens hérité du latin (‘dé- ou SUSODICHO ‘susdit’ (littéralement ‘dit au-
cevoir’ c’est-à-dire ‘tromper’ étant encore dessus’, ‘plus haut’). Susodicho est formé
usuel au XVIIe siècle). avec l’ancienne forme suso ‘au-dessus’, du la-
Dérivés : DECEPCIONAR ‘décevoir’. tin susum variante de sursum ‘vers le haut, en
DECIBEL ou DECIBELIO (‘décibel’), est em- haut’, formé avec sub indiquant un mouve-
prunté à l’anglo-américain decibel (apparu ment de bas en haut et versum ‘dans la direc-
vers 1880), composé à partir de deci- tion de, vers’.

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DECISIÓN, voir decidir. DEDO (‘doigt’), est issu du latin populaire *ditus,
DECISORIO, voir decidir. contraction du latin classique digitus ‘doigt de
DECLAMAR, voir llamar. la main ou du pied’, ‘mesure de longueur
DECLARAR, voir claro. égale à la largeur d’un doigt’. Tener el dedo
DECLINAR, voir inclinar. verde ‘avoir la main verte’.
DECLIVE (‘pente’, ‘déclivité’), est emprunté au Dérivés : DEDAL ‘dé à coudre’. DIGITAL ‘digi-
latin declivis ‘en pente’ et, au figuré, ‘sur son tal’ (huellas digitales ou dactilares ‘em-
déclin’, dérivé de clivus ‘pente’, ‘montée’ et preintes digitales’). DIGITALIZAR ‘digitaliser’,
‘difficulté’. ‘numériser’ c’est-à-dire convertir des images,
Dérivés : PROCLIVE ‘enclin (à)’. PROCLIVI- des textes etc. en chiffres, en séries de 0 et de
DAD ‘penchant’. 1 en langage informatique. Digitalizar est
DECORADO, voir decente. emprunté à l’anglais to digitalize dérivé de di-
DECORO, voir decente. gital ‘qui opère sur des données numériques’
DECRECER, voir crecer. lui-même tiré de digit (XIVe siècle) ‘nombre
DECRÉPITO (‘décrépit’), est emprunté au latin (inférieur à dix)’ c’est-à-dire ‘que l’on peut
decrepitus qui se disait d’un vieillard. Mot compter sur les doigts’ (digit vient du latin di-
formé avec de et crepitus issu de crepare ‘cra- gitus ‘doigt’). NÚMERO(S) DÍGITO(S) ou sim-
quer, claquer’. On peut penser que le vieillard plement DÍGITO(S) ‘nombre(s) d’un seul
était comparé à un arbre qui craque ou qui se chiffre’, emprunté à l’anglais digit (digite
fend ou à un mur qui se lézarde. La particule number), vieux terme d’arithmétique anglaise
de- indique généralement la privation (voir (voir ci-dessus digitalizar). En marketing :
decapitar) mais elle peut indiquer aussi precio de dígitos impares ‘prix magique’
l’intensité, le renforcement (voir detonar). On (c’est-à-dire 1999,00F. au lieu de 2000,00F !).
peut donc penser que decrepitus signifie ‘qui En économie : inflación de dos dígitos ‘infla-
achève de se fendre, qui se fend entièrement’. tion à deux chiffres’.
DECRETAR, voir decreto. DEDUCCIÓN, voir deducir.
DECRETO (‘décret’), est emprunté au latin juri- DEDUCIR (‘déduire’), est emprunté au latin
dique decretum ‘décision émanant du pou- deducere ‘emmener’ et, au figuré, ‘retran-
voir’, participe passé neutre substantivé de de- cher’, ‘soustraire’. Il est formé avec de (indi-
cernere ‘décider’, ‘juger’, ‘décider par décret’. quant la séparation) et ducere ‘mener’. En
Dérivés : DECRETAR ‘décréter’. termes de logique, ce verbe désignera au
DECHADO (‘modèle’, ‘exemple’), est issu du moyen âge une manière de raisonner par la-
latin dictatum ‘texte dicté par le maître à ses quelle on tire d’une supposition, donnée
élèves’, dérivé de dictare fréquentatif de di- comme vraie, une conséquence logique (‘dé-
cere c’est-à-dire ‘dire en répétant’, ‘faire duire’).
écrire’, ‘ordonner’. Dérivés : DEDUCCIÓN ‘déduction’.
DEDAL, voir dedo. DEFECAR, voir hez.
DÉDALO (‘dédale’), nom commun créé à partir DEFECTIVO, voir defecto.
du nom propre Daedalus en latin et Daidalos DEFECTO (‘défaut’), est emprunté au latin defec-
en grec (inventeur du labyrinthe). tus ‘disparition, ‘défaillance’, ‘défection’, dé-
DEDICACIÓN, voir dedicar. rivé du verbe deficere (‘se séparer de’ ,’se dé-
DEDICAR(SE) (‘dédicacer’, ‘dédier’ [un livre] ; tacher de’, ‘manquer’, ‘faire défaut’), formé
‘consacrer [de l’argent, des efforts] ; avec de (privatif) et facere ‘faire’.
‘s’adonner, se consacrer à’), est emprunté au Dérivés : DEFECTIVO ‘défectif’, du latin defec-
latin dedicare ‘déclarer’, ‘consacrer (un tivus ‘défectueux’, formé sur le supin defec-
temple, un lieu)’ et ‘faire hommage de qqch à tum de deficere ‘faire défaut’. Le sens initial
qqn’. Dedicare est composé de de et de dicare ‘qui a des défauts’ a été abandonné au profit
‘proclamer solennellement qu’une chose sera’. de DEFECTUOSO. Defectivo s’est spécialisé en
Dérivés : DEDICACIÓN dans les expressions de grammaire et en linguistique (verbo defectivo
(en) dedicación exclusiva, de plena dedica- ‘verbe défectif’). Par exemple, le verbe llover
ción ‘à temps complet’. DEDICATORIA ‘dédi- est appelé défectif car il n’est utilisé qu’à la 3e
cace’. personne du singulier ou du pluriel. DEFI-
DEDICATORIA, voir dedicar. CIENTE ‘déficient’, ‘médiocre’ (deficientes

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mentales ‘handicapés mentaux’), du latin de- (privatif), collum ‘cou’ et -are désinence des
ficiens ‘manquant’, participe présent de defi- verbes de la 1re conjugaison.
cere. DÉFICIT ‘déficit’ signifie littéralement ‘il Dérivés : DEGOLLACIÓN ‘décollation’, ‘égor-
manque’, 3e personne du présent de l’indicatif gement’ et ‘massacre’ (la degollación de los
de deficere. Cette forme verbale substantivée a Santos Inocentes ‘le massacre des saints In-
d’abord désigné un objet manquant dans un nocents’).
inventaire puis elle s’est spécialisée en éco- DEGRADACIÓN, voir grado.
nomie à la fin du XVIIIe siècle. DEGUSTAR, voir gusto.
DEFECTUOSO, voir defecto. DEHESA (‘pâturage’), est issu du latin tardif
DEFENDER (‘défendre’), est issu du latin defen- defensa ‘défense’. Au moyen âge, les pâtu-
dere ‘repousser, écarter l’ennemi’ d’où ‘proté- rages étaient protégés, défendus par des
ger’, formé avec de (privatif) et *fendere bornes, des limites. Par une sorte de métony-
‘frapper, heurter’. mie (transfert de sens par contiguïté),
Dérivés : DEFENSA ‘défense’, du bas latin de- l’interdiction de pénétrer (defensa) a donné
fensa, participe passé substantivé au féminin son nom à la chose ‘défendue’, la dehesa. On
de defendere. DEFENSOR ‘défenseur’, ‘avocat’ remarquera par ailleurs que coto signifie aussi
(latin defensor ‘celui qui repousse le danger’). ‘borne’, et ‘terrain réservé’ : coto de caza
Espagnol moderne el Defensor del Pueblo ‘le ‘chasse gardée’ (acotar = ‘borner’, délimiter’
médiateur’. INDEFENSO ‘sans défense’, formé et ‘interdire’).
avec in- (privatif) et l’ancien participe passé DEIDAD, voir dios.
fort de defender (defensum > defeso / defen- DEIFICAR, voir dios.
so), moderne defendido (refait en participe DEJADEZ, voir dejar.
passé faible d’après le modèle des verbes en DEJAR (‘laisser’, ‘abandonner’), est une altéra-
-er ou en -ir : subir → subido, comer → co- tion de l’ancien verbe lexar issu du latin
mido). laxare ‘détendre’, ‘relâcher’, ‘libérer’ et ‘quit-
DEFENSA, voir defender. ter’, ‘abandonner’, ‘céder’.
DEFENSOR, voir defender. Dérivés : DEJADEZ ‘laisser-aller’, ‘négli-
DEFERENCIA (‘déférence’), est un dérivé du gence’. DEJO ou DEJE ‘arrière-goût’ c’est-à-
verbe deferir (‘s’en remettre à, s’appuyer sur’ dire le goût laissé par la chose absorbée. Du
et ‘déférer’), issu du latin deferre ‘porter de verbe latin laxare sont dérivés LAXANTE et
haut en bas’, ‘présenter, accorder’ et ‘dénon- LAXATIVO ‘laxatif’. RELAJAR(SE) ‘(se) relâ-
cer, porter plainte en justice’. cher’, ‘(se) détendre’ (du latin relaxare ‘des-
DEFICIENTE, voir defecto. serrer, relâcher (des liens)’.
DÉFICIT, voir defecto. DEJO, voir dejar.
DEFINICIÓN, voir fin. DELACIÓN, voir delator.
DEFINIR, voir fin. DELANTAL, voir delante.
DEFINITIVO, voir fin. DELANTE (‘devant’), provient de l’ancienne
DEFLACIÓN (‘déflation’), est un terme forme denante, composée avec la préposition
d’économie formé d’après inflación par subs- de et enante issu du latin tardif inante (ad-
titution de préfixe. Il est possible que ce mot verbe) ‘devant’, ‘en face’, lui-même composé
ait été emprunté à l’anglais deflation. Le mot de ante (adverbe et préposition) ‘devant’ et de
deflación désigne la diminution ou la résorp- la préposition in (voir ante et antes).
tion totale de l’inflation (de-, préfixe privatif). Dérivés : ADELANTE ‘plus loin’, ‘en avant’.
DEFLAGRACIÓN, voir flagrante. ADELANTAR ‘avancer’, ‘doubler, dépasser’.
DEFORMACIÓN, voir forma. DELANTAL ‘tablier’, c’est-à-dire ‘ce que l’on
DEFORMAR, voir forma. met devant’, est emprunté au catalan davantal
DEFRAUDAR, voir fraude. dérivé de davant (‘devant’, latin de abante
DEFUNCIÓN, voir difunto. c’est-à-dire de + ab + ante).
DEGENERAR, voir engendrar. DELATAR, voir delator.
DEGOLLACIÓN, voir degollar. DELATOR (‘dénonciateur’), est emprunté au latin
DEGOLLAR (‘égorger’ et ‘décapiter), est issu du impérial delator ‘dénonciateur, accusateur’.
latin decollare ‘décapiter’, formé avec de- Delator est formé d’après delatum, supin du

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verbe deferre au sens de ‘porter plainte en jus- passive, ‘se réjouir, être charmé’), fréquentatif
tice’, ‘dénoncer’. de delicere. DELEITE ‘plaisir, délice’. DELI-
Dérivés : DELACIÓN ‘délation’. DELATAR ‘dé- CIOSO ‘délicieux’.
noncer’. DELICIOSO, voir delicia.
DELEGACIÓN, voir legar. DELIMITAR, voir límite.
DELEGAR, voir legar. DELINCUENCIA, voir delito.
DELEITAR, voir delicia. DELINCUENTE, voir delito.
DELEITE, voir delicia. DELIRAR (‘délirer’), est emprunté au latin deli-
DELETREAR, voir letra. rare littéralement ‘sortir du sillon’ et, au figu-
DELFÍN (1) (‘dauphin’ [le cétacé]), est issu du ré, ‘perdre la raison’, ‘extravaguer’. Delirare
latin delphinus emprunté au grec delphis, del- est formé de de (privatif) et de lirare ‘labou-
phinos de même sens. rer’, ‘faire des sillons’.
DELFÍN (2) (‘dauphin’ [prince héritier]), est Dérivés : DELIRIO ‘délire’, du latin delirium
l’adaptation du français Dauphin qui désignait ‘transport au cerveau’. DELIRIUM TREMENS
le titre de seigneur du Dauphiné. Ce nom de littéralement ‘délire tremblant’, terme médical
lieu est issu du prénom latin Dalphinus ou introduit dans la terminologie scientifique en
Delphinus. Aujourd’hui, l’espagnol et le fran- 1813 par le médecin anglais T. Sutton.
çais utilisent ce mot pour désigner le succes- DELITO (‘délit’), est emprunté au latin delictum
seur choisi par un chef d’état ou une personna- ‘faute’, substantivation au neutre du participe
lité importante : el delfín del presidente ‘le passé delictus du verbe delinquere formé avec
dauphin du président’. de et linquere ‘laisser, abandonner’, ‘manquer
DELGADEZ, voir delgado. à un devoir’ d’où ‘commettre une faute’.
DELGADO (‘mince’, ‘maigre’), est issu du latin Dérivés : DELINCUENTE ‘délinquant’. DELIN-
delicatus ‘délicieux’, ‘tendre’, ‘fin’, ‘délicat’. CUENCIA ‘délinquance’.
e
Delicatus donne delgado par traitement non DELTA (‘delta’), est emprunté au grec delta, 4
savant, le traitement savant de la même forme lettre de l’alphabet (équivalent de notre d). La
donnera delicado. L’ancien français a connu majuscule de cette lettre, de forme triangulaire
une forme populaire semblable à l’espagnol (∆), était employée par métaphore pour dési-
delgado et qui était delgié ou dougié (‘fin, gner l’embouchure d’un fleuve (celle du Nil
mince, svelte’). en particulier). Emploi moderne : ala delta
Dérivés : ADELGAZAR ‘amincir’, ‘faire mai- ‘aile volante’, ‘deltaplane’.
grir’ (latin vulgaire *delicatiare). ADELGA- DEMAGOGIA, voir democracia.
ZANTE ‘amaigrissant’ : dieta adelgazante ‘ré- DEMAGOGO, voir democracia.
gime amaigrissant’. DELGADEZ ‘minceur’. DEMANDA, voir mandar.
DELICADEZA ‘délicatesse’. DEMANDAR, voir mandar.
DELIBERACIÓN, voir deliberar. DEMARCACIÓN, voir marcar.
DELIBERAR (‘délibérer’), est emprunté au latin DEMÁS, voir más.
deliberare littéralement ‘faire une pesée dans DEMASIADO, voir más.
sa pensée’ c’est-à-dire ‘réfléchir mûrement’ et DEMENCIA, voir mente.
‘prendre une décision’. Deliberare est formé DEMENTE, voir mente.
avec de et libra ‘balance’. DEMOCRACIA (‘démocratie’), est emprunté au
Dérivés : DELIBERACIÓN ‘délibération’. grec demokratia, formé avec demos (‘portion
DELICADEZA, voir delgado. de territoire’ puis ‘habitant du territoire’ et
DELICADO, voir delgado. ‘peuple’) et de kratein ‘commander’ d’où
DELICIA (‘délice’), est emprunté au latin deli- ‘gouvernement du peuple’.
ciae, deliciarum (au féminin pluriel) ‘séduc- Dérivés : DEMAGOGIA ‘démagogie’. DEMA-
tion’, ‘perversion’ et ‘jouissances, agrément’. GOGO ‘démagogue’, du grec demagogos ‘qui
Deliciae (delicium au neutre singulier) vient conduit le peuple (en cherchant à obtenir ses
de delicere ‘attirer, amadouer’, composé de de faveurs)’, formé avec demos ‘peuple’ et
et du verbe lacere ‘faire tomber dans un piège’ -aggos ‘qui conduit, guide’ (agein ‘conduire’).
issu lui-même de lax ‘appât, tromperie, ruse’. DEMOCRÁTICO ‘démocratique’. DEMOGRAFÍA
Dérivés : DELEITAR ‘enchanter, charmer’, du ‘démographie’. ENDEMIA ‘endémie’ est
latin delectare (‘attirer’, ‘charmer’ et, à la voix l’adaptation sous l’influence de epidemia du

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grec endêmon (nosêma) ‘(maladie) fixée dans Dérivés : ADENTRO ‘à l’intérieur’. ADEN-
un pays’ (demos ‘territoire’). EPIDEMIA ‘épi- TRARSE ‘pénétrer, s’enfoncer’.
démie’ est emprunté au latin médical epidemia DENUNCIA, voir nuncio.
lui-même emprunté au grec epidêmia dérivé DENUNCIAR, voir nuncio.
de l’adjectif epidêmos ‘qui séjourne ou qui DEPARAR, voir parar.
circule dans un pays’ et donc ‘qui se propage’ DEPARTAMENTO, voir parte.
(maladie infectieuse). DEPENDENCIA, voir pender.
DEMOCRÁTICO, voir democracia. DEPENDER, voir pender.
DEMOGRAFÍA, voir democracia. DEPENDIENTE, voir pender.
DEMOLER, voir mole (1). DEPILAR, voir pelo.
DEMOLICIÓN, voir mole (1). DEPLORAR, voir llorar.
DEMONIO (démon’), est emprunté au latin tardif DEPONER, voir poner.
daemonium ‘esprit, génie’ surtout employé DEPORTACIÓN, voir deporte
dans la langue de l’Église où il a pris le sens DEPORTAR, voir deporte.
e
d’ « esprit infernal, mauvais ange, diable ». DEPORTE (‘sport’), est d’abord attesté au XV
Daemonium est lui-même emprunté au grec siècle avec le sens de ‘plaisir, amusement’,
daimon, -onos ‘divinité’ et ‘destin’ (heureux c’est un dérivé de l’ancien verbe deportarse
ou malheureux). ‘s’amuser’ lui-même issu du latin deportare
Dérivés : néologismes récents : DEMONIZA- ‘emporter d’un endroit à un autre, transporter’
CIÓN et DEMONIZAR ‘diabolisation’ et ‘diabo- et ‘exiler qqn’. On peut penser que de l’idée
liser’ (la demonización de la extrema dere- de ‘se transporter d’un endroit à un autre’ on
cha ‘la diabolisation de l’extrême droite’). est passé à celle de ‘se distraire’. Cette distrac-
ENDEMONIADO ‘diabolique’, ‘démoniaque’, tion se pratiquant à l’air libre, le mot deporte
‘possédé’. a servi à traduire, au XXe siècle, l’anglais
DEMORA, voir morar. sport, activité de plein air. Il est à noter que
DEMORAR, voir demora. l’anglais sport provient de (di)sport ‘passe-
DEMOSTRACIÓN, voir mostrar. temps, récréation, jeu’ emprunté à l’ancien
DEMOSTRAR, voir mostrar. français desport ou deport ‘divertissement’,
DENEGACIÓN, voir negar. déverbal de l’ancien verbe se desporter
DENEGAR, voir negar. ‘s’amuser, se divertir’ (ancien espagnol depor-
DENIGRAR, voir negro. tarse).
DENOMINACIÓN, voir nombre. Dérivés : DEPORTIVO ‘sportif’, ‘de sport’ (un
DENOTAR, voir nota. coche deportivo ‘une voiture de sport’). DE-
DENSIDAD, voir denso. PORTISTA ‘(un) sportif’. DEPORTAR ‘déporter’
DENSO (‘dense’), est emprunté au latin densus (du latin deportare ‘exiler qqn de son pays’).
‘épais, serré, touffu’. DEPORTACIÓN ‘déportation’.
Dérivés : CONDENSAR ‘condenser’, du latin DEPOSICIÓN, voir poner.
condensare ‘presser, rendre compact’, formé DEPOSITAR, voir poner.
de cum et de densare dérivé tardif et rare de DEPÓSITO, voir poner.
densus. DENSIDAD ‘densité’. DEPRAVAR (‘dépraver’), est emprunté au latin
DENTADURA, voir diente. depravare ‘tordre, rendre difforme’ et ‘gâter,
DENTAL, voir diente. corrompre’, composé de de (intensif) et de
DENTELLADA, voir diente. l’adjectif pravus ‘tors, de travers’ et ‘perverti,
DENTICIÓN, voir diente. mauvais’. Pravus est peut-être apparenté à pe-
DENTÍFRICO, voir diente. rire ‘périr’ ou à perperus ‘de travers’.
DENTISTA, voir diente. Dérivés : DEPRAVADO ‘dépravé’, participe
DENTRO (‘dans’, ‘à l’intérieur de’), est composé passé adjectivé et substantivé de depravar.
de la préposition latine de et de l’adverbe intro DEPRECIACIÓN, voir precio.
‘à l’intérieur de’ : de + intro > dentro. En DEPREDACIÓN (‘déprédation’), est emprunté au
français, ‘dans’ est issu du latin deintus formé latin depraedatio ‘pillage, dépouillement’, dé-
avec de et intus ‘à l’intérieur’, dérivé de in. A rivé du verbe depraedari ‘piller’, formé de de
partir de ‘dans’ on a formé de la même ma- (intensif) et de praedare ‘piller’ lui-même dé-
nière ‘de’ + ‘dans’ > ‘dedans’.

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rivé de praeda ‘butin’, ‘proie’ (espagnol pre- Dérivés : DERMATOLOGÍA ‘dermatologie’.


sa). DERMATÓLOGO ‘dermatologue’. DERMOR-
DEPRESIÓN, voir deprimir. REACCIÓN ‘cuti-réaction’ ou simplement ‘cu-
DEPRESIVO, voir deprimir. ti’ (test tuberculinique).
DEPRIMIR (‘déprimer’), est emprunté au latin DERMORREACCIÓN, voir dermis.
deprimere ‘presser de haut en bas’, formé avec DEROGAR, voir rogar.
de et premere ‘presser’ d’où le sens de ‘enfon- DERRAMAMIENTO ; voir derramar.
cer, abaisser’. DERRAMAR (‘répandre’, ‘verser’, ‘renverser’),
Dérivés : ANTIDEPRESIVO ‘antidépresseur’. est issu du latin vulgaire *diramare ‘se sépa-
DEPRESIÓN ‘dépression’. La depre (familier) rer, se diviser’ (en parlant des branches d’un
‘la déprime’. DEPRESIVO ‘dépressif’. arbre), formé à partir de de (séparation, éloi-
DEPURACIÓN, voir puro. gnement) et de ramus ‘branche’. Derramar a
DEPURAR, voir puro. d’abord signifié en vieil espagnol ‘disperser’
DERECHO (‘droit’ [adjectif et substantif]), est avant de s’appliquer à un liquide qui se ré-
issu du latin directus ‘sans courbure, direct’ et, pand.
au figuré, ‘sans détour, juste’, participe passé Dérivés : DERRAMAMIENTO ‘effusion’, ‘épan-
de dirigere ‘mettre en ligne droite, aligner’. Le chement, écoulement’ (sin derramamiento
doublet savant de directus est directo. Comme de sangre ‘sans effusion de sang’). DERRAME
dans beaucoup de langues indoeuropéennes, il ‘épanchement, écoulement’, ‘trop-plein’,
y a une hiérarchie entre le côté droit (le bon ‘fuite’ (derrame cerebral ‘hémorragie céré-
côté) et le côté gauche (le mauvais côté, voir à brale’).
ce sujet sinistro ‘sinistre’). Derecho dans le DERRAME, voir derramar.
sens de ‘ensemble des lois’ est issu du bas la- DERREDOR, voir alrededor.
tin directum, substantivation de l’adjectif di- DERRENGAR (‘éreinter, casser les reins’), est
rectus au neutre. issu du latin vulgaire *derenicare, formé avec
Dérivés : DERECHA ‘droite’ (adjectif et subs- de (privatif), renes ‘reins’ et la désinence -are
tantif). En France, le mot ‘droite’ s’est spécia- de la 1re conjugaison.
lisé en politique pendant la Révolution, les dé- DERRETIMIENTO, voir derretir.
putés conservateurs ayant l’habitude de siéger DERRETIR (‘fondre’), dérive de l’ancienne
à la droite du président. INDIRECTA ‘allusion, forme retir, sans doute issue du latin vulgaire
insinuation’, ‘coup de patte, pique’, ‘arrière- *retrire (latin classique reterere ‘user ou enle-
pensée’. ver par le frottement’). On est passé de l’idée
DERIVA, voir derivar. d’usure par frottement à celle de transforma-
DERIVAR (‘dériver’), est emprunté au latin deri- tion progressive par fusion de certains corps :
vare ‘détourner un cours d’eau de son lit’, cire, neige, plomb etc.
formé avec de (éloignement, séparation) et ri- Dérivés : DERRETIMIENTO ‘fonte’ et ‘fusion’.
vus ‘ruisseau’. Derivar s’est spécialisé en DERRIBAR (‘abattre, raser, renverser’), est sans
grammaire pour signifier que l’on forme un doute dérivé de riba (latin ripa ‘rive’) encore
mot à partir d’un autre : imponer est un dérivé conservé dans ribazo ‘berge, talus’, d’où
de poner. Dans le sens de ‘dériver (au fil de ‘faire tomber d’un talus, d’une berge’ puis, par
l’eau)’, derivar est emprunté au français déri- extension de sens, ‘renverser, abattre, faire
ver (anciennement driver) lui-même pris à tomber qqch ou qqn’.
l’anglais to drive ‘être poussé par le vent, le Dérivés : DERRIBO ‘démolition’ (empresa de
courant’ et ‘pousser devant soi, conduire’. derribos ‘entreprise de démolition’).
Dérivés : DERIVA ‘dérive’ déverbal de deri- DERRIBO, voir derribar.
var. DERROCAR, voir roca.
DERMATOLOGÍA, voir dermis. DERROCHAR (‘gaspiller, dilapider’), signifiait
DERMATÓLOGO, voir dermis. autrefois ‘faire tomber des arbres’, l’acception
DERMIS (‘derme’), est un dérivé régressif de moderne serait un emploi métaphorique (dé-
epidermis tiré du grec epiderma, composé de cimer une forêt → dilapider sa fortune). Der-
epi ‘sur’ et de derma ‘peau’ d’où ‘couche su- rochar est peut-être emprunté au français dé-
perficielle de la peau’. rocher ‘lâcher prise et tomber d’une paroi ro-

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cheuse’. ‘Dérocher’ (terme d’alpinisme) a été DESAMPARO, voir parar.


remplacé par ‘dévisser’. DESANDAR, voir andar.
Dérivés : DERROCHE ‘gaspillage’. DESANGRAR, voir sangre.
DERROTA (‘échec, défaite, déroute’), est em- DESANIMAR, voir ánimo.
prunté au français déroute, déverbal de dérou- DESÁNIMO, voir ánimo.
ter au sens ancien de ‘se disperser (en parlant DESAPARICIÓN, voir parecer.
d’une troupe)’. Dérouter (autrefois desroter) DESAPERCIBIDO, voir percibir.
n’est pas formé d’après route mais d’après DESARMAR, voir arma.
l’ancien français rote ‘troupe militaire en DESARME, voir arma.
marche’. DESARROLLAR, voir rueda.
Dérivés : DERROTAR ‘battre, vaincre’. DER- DESARROLLO, voir rueda.
ROTISTA ‘défaitiste’. DESARTICULACIÓN, voir artículo.
DERRUMBAR (‘abattre, renverser’), provient de DESARTICULAR, voir artículo.
l’ancienne forme derrubar, elle-même issue DESASIR, voir asir.
du latin vulgaire *derupare ‘précipiter, jeter, DESASNAR, voir asno.
pousser’, formé à partir de rupes ‘précipice’. DESASTRADO, voir astro.
Derrubar est devenu derrumbar sans doute DESASTRE, voir astro.
par analogie avec tumbar ‘renverser, jeter à DESASTROSO, voir astro.
terre’. DESATAR, voir atar.
Dérivés : DERRUMBE ‘éboulement’, ‘écroule- DESATINADO, voir tino (1).
ment’. DESATINO, voir tino (1).
DES- / DIS- sont des préfixes indiquant qu’une DESAVENENCIA, voir venir.
action est annulée ou s’effectue en sens in- DESAVENIRSE, voir venir.
verse. Ils sont issus de la particule latine dis- DESAYUNAR, voir ayuno.
(idée de séparation, éloignement, direction en DESAZÓN, voir sazón.
sens opposé, contraire, négation) : deshacer, DESBANDADA, voir banda (2).
desgracia, deshabitado. Les formes en des- DESBANDAR, voir banda (2).
ont suivi l’évolution dite populaire. En re- DESBARAJUSTAR (‘déranger’, ‘mettre sens
vanche, les formes en dis- sont savantes : dis- dessus dessous’), est d’origine mal établie. Ce
favor, discontinuo, disponer, distraer. mot dérive de l’ancien verbe barahustar ‘bou-
DESABRIDO, voir saber. leverser, défaire’ dont le sens primitif a dû être
DESABROCHAR, voir broche. ‘frapper avec une lance’, composé avec vara
DESACATAR, voir acatar. ‘bâton’ et le verbe *hustar issu du latin tardif
DESACATO, voir acatar. fustare (classique fustigare) ‘frapper, fustiger’.
DESACELERACIÓN, voir celeridad. Dérivés : DESBARAJUSTE ‘désordre, confu-
DESACIERTO, voir cierto. sion’.
DESACREDITAR, voir creer. DESBARAJUSTE, voir desbarajustar.
DESAFIAR, voir fiar. DESBARATAR, voir barato.
DESAFÍO, voir fiar. DESBASTAR, voir bastar.
DESAFORADO, voir fuero. DESBOCADO, voir boca.
DESAGRADABLE, voir grado (2). DESBOCAR(SE), voir boca.
DESAHOGAR, voir ahogar. DESBORDAR, voir borde.
DESAHOGO, voir ahogar. DESBROZAR, voir broza.
DESAHUCIAR (‘ôter tout espoir’, ‘condamner’ DESCABELLADO, voir cabello.
[un malade] ; ‘expulser, congédier’), est dérivé DESCABELLAR, voir cabello.
par préfixation négative des anciennes formes DESCABELLO, voir cabello.
ahuciar, afiuzar ‘faire confiance à qqn’. Afiu- DESCABEZAR, voir cabeza.
zar est issu de fiuza ‘confiance’ lui-même issu DESCAFEINADO, voir café.
du latin fiducia de même sens. DESCALABRAR, voir calavera.
DESALENTAR, voir alentar. DESCALABRO, voir calavera.
DESALIÑO, voir línea. DESCALZAR, voir calzar.
DESALMADO, voir alma. DESCAMINAR, voir camino.
DESALOJAR, voir lonja (2). DESCAMISADO, voir camisa.

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DESCAMPADO, voir campo. DESCONTENTO, voir contento.


DESCANSAR, voir cansar. DESCONTROLADO, voir control.
DESCANSO, voir cansar. DESCORAZONAR, voir corazón.
DESCARADO, voir cara. DESCORRER, voir correr.
DESCARGA, voir cargar. DESCORTÉS, voir corte (1).
DESCARGAR, voir cargar. DESCOSER, voir coser.
DESCARGO, voir cargar. DESCRÉDITO, voir creer.
DESCARO, voir cara. DESCREMADO, voir crema.
DESCARRILLAR, voir carro. DESCRIBIR, voir escribir.
DESCARTAR, voir carta. DESCRIPCIÓN, voir escribir.
DESCENDENCIA, voir descender. DESCUARTIZAR, voir cuarto.
DESCENDER (‘descendre’), est emprunté au latin DESCUBIERTO, voir cubrir.
descendere ‘aller vers le bas’, ‘s’engager DESCUBRIMIENTO, voir cubrir.
dans’, ‘tirer son origine de’, formé avec de et DESCUBRIR, voir cubrir.
scandere ‘monter, gravir’ : le préfixe de- sert DESCUENTO, voir contar.
ici d’inverseur de mouvement. DESCUIDAR, voir cuidar.
Dérivés : ASCENDER (voir ce mot). CONDES- DESCUIDO, voir cuidar.
CENDER ‘condescendre’ (littéralement ‘des- DESDE (‘depuis’), c’est-à-dire des de, a été
cendre avec, se mettre au niveau de, à la por- formé à partir de la préposition de et de
tée de qqn)’, formé avec cum ‘ensemble’ et l’ancienne préposition des. Des est elle-même
descendere. DESCENDENCIA ‘descendance’. issue des deux prépositions latines de + ex.
DESCENDIENTE ‘descendant’. DESCENSO ‘des- Manuel Alvar et Bernard Pottier (Morfología
cente’. TRANSCENDENCIA ‘transcendance’ histórica del español, Gredos, p. 293) expli-
(vocabulaire philosophique). TRASCENDER quent pourquoi l’agglutination avec de s’est
‘embaumer, sentir bon’ ; ‘commencer à être produite à nouveau (obscurcissement de la
connu’, ‘s’étendre à, toucher, affecter’, ‘trans- motivation) : ‘Posteriormente, cuando se hubo
cender’. Du latin transcendere, formé avec perdido el sentido de la composición, des vol-
trans- ‘au-delà, par delà’, ‘à travers’, (idée de vió a unirse con de para generar desde (ya en
passage) et scandere c’est-à-dire ‘monter en el siglo XII).’ En français, la juxtaposition de
passant au-delà’ d’où ‘franchir, dépasser’. de et de ex a produit ‘dès’ qui marque —
DESCENDIENTE, voir descender. comme desde — le point de départ dans le
DESCENSO, voir descender. temps.
DESCENTRALIZAR, voir centro. DESDÉN, voir desdeñar.
DESCIFRAR, voir cifra. DESDEÑAR (‘dédaigner’), est issu du latin dedi-
DESCODIFICADOR, voir código. gnari ‘dédaigner, refuser’, ‘juger indigne’, dé-
DESCODIFICAR, voir código. rivé de dignus ‘digne’.
DESCOLGAR, voir colgar. Dérivés : DESDÉN ‘dédain’.
DESCOLONIZAR, voir colono. DESDICHA, voir dicha.
DESCOLORAR, voir color. DESDOBLAR, voir dos.
DESCOLLAR, voir cuello. DESEAR, voir deseo.
DESCOMEDIDO, voir comedido. DESECHAR, voir echar.
DESCOMEDIRSE, voir comedido. DESECHO, voir echar.
DESCOMPOSICIÓN, voir poner. DESEMBARAZAR, voir embarazar.
DESCOMUNAL, voir común. DESEMBARCAR, voir barca.
DESCONCERTAR, voir concertar. DESEMBOCADURA, voir boca.
DESCONECTAR, voir conectar. DESEMBOLSAR, voir bolsa.
DESCONFIANZA, voir fiar. DESEMPATAR, voir empatar.
DESCONFIAR, voir fiar. DESEMPATE, voir empatar.
DESCONGELAR, voir hielo. DESEMPEÑAR, voir empeñar.
DESCONOCER, voir conocer. DESEMPLEO, voir empleo.
DESCONSIDERADO, voir considerar. DESENCADENANTE, voir cadena.
DESCONSOLADO, voir consolar. DESENCADENAR, voir cadena.
DESCONTAR, voir contar. DESENFADAR, voir enfadar.

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DESENFADO, voir enfadar. DESGAIRE (‘nonchalance’ ; ‘geste de mépris’),


DESENFRENAR, voir freno. d’abord attesté dans l’expression mirar de
DESENFRENO, voir freno. desgaire ‘regarder avec mépris’, provient pro-
DESENGAÑAR, voir engañar. bablement du catalan a escaire ‘en biais, de
DESENGAÑO, voir engañar. travers’, formé à partir de caire ‘angle, coin,
DESENLACE, voir lazo. arête’, issu du latin quadrum ‘carré’.
DESENSIBILIZAR, voir sentir. DESGANA, voir gana.
DESENTENDERSE, voir tender. DESGAÑITARSE, voir gañir.
DESENVOLTURA, voir volver. DESGARRAR, voir garra.
DESENVOLVER, voir volver. DESGARRO, voir garra.
DESEO (‘désir’), est issu du latin vulgaire desi- DESGASTAR, voir gastar.
dium ‘désir (érotique)’ dérivé du latin clas- DESGASTE, voir gastar.
sique desidia ‘paresse, indolence’ et ‘liberti- DESGLOSAR, voir glosa.
nage, volupté’ : selon l’adage bien connu DESGLOSE, voir glosa.
‘l’oisiveté est la mère de tous les vices’. Desi- DESGRACIA, voir gracia.
dia existe d’ailleurs en espagnol avec le sens DESGRACIADO, voir gracia.
de ‘nonchalance’, ‘mollesse’. DESGRAVACIÓN, voir grave.
Dérivés : DESEAR ‘désirer’, du latin deside- DESGRAVAR, voir grave.
rare, composé avec de (préfixe privatif) et si- DESGREÑADO, voir greña.
dus, -eris ‘astre’ (voir sideral). Desiderare si- DESHABILLÉ (‘déshabillé’), est emprunté au
gnifie donc littéralement ‘cesser de contem- français déshabillé, participe passé substantivé
pler (l’astre)’ d’où ‘constater l’absence de’, au sens de ‘vêtement féminin d’intérieur’.
‘regretter, déplorer’. L’idée primitive et néga- L’infinitif déshabiller est dérivé de habiller
tive de ‘regretter l’absence de’ s’est effacée au (d’abord écrit abiller), formé sur bille, le sens
profit de l’idée plus positive et dynamique de initial étant ‘préparer une bille de bois’ et, plus
‘chercher à obtenir, désirer’. généralement, ‘apprêter, préparer’. Le sens
DESEQUILIBRAR, voir igual. moderne et usuel de ‘couvrir de vêtements’
DESEQUILIBRIO, voir igual. ainsi que la graphie avec h- sont dus au rap-
DESERTAR, voir desierto. prochement avec habit.
DESERTIZACIÓN, voir desierto. DESHABITADO, voir haber.
DESERTOR, voir desierto. DESHACER, voir hacer.
DESESPERACIÓN, voir esperar. DESHIELO, voir hielo.
DESESPERAR, voir esperar. DESHINCHAR, voir hinchar.
DESESTIMAR, voir estimar. DESHOJAR, voir hoja.
DESFACHATEZ, voir faz. DESHONESTO, voir honor.
DESFALCAR (‘détourner’, ‘escroquer’), est DESHONOR, voir honor.
emprunté soit au latin médiéval defalcare ‘dé- DESHONRA, voir honor.
duire d’une somme’, soit à l’italien diffalcare DESHORA, voir hora.
‘diminuer’. Le latin defalcare provient sans DESIDIA, voir deseo.
doute de de et d’un verbe *falcare signifiant DESIERTO (‘désert’ [adjectif et substantif]), est
‘faucher’. emprunté au latin desertus ‘abandonné’, ‘in-
Dérivés : DESFALCO ‘détournement (de culte’, participe passé adjectivé et substantivé
fonds)’, ‘escroquerie’. du verbe deserere ‘déserter’ (vocabulaire mili-
DESFALLECER, voir fallido. taire) et, par extension, ‘se séparer de’. Dese-
DESFASADO, voir fase. rere est formé à partir de serere ‘attacher en
DESFASE, voir fase. file’, ‘tresser, lier ensemble’.
DESFAVORABLE, voir favor. Dérivés : DESERTAR ‘déserter’. DESERTIZA-
DESFAVORECER, voir favor. CIÓN ‘désertification’. DESERTOR ‘déserteur’,
DESFIGURAR, voir figura. est emprunté au français déserteur qui a
DESFILADERO, voir hilo. d’abord eu le sens général de ‘celui qui aban-
DESFILAR, voir hilo. donne’ avant de se spécialiser dans le sens mi-
DESFILE, voir hilo. litaire.
DESIGNAR, voir seña.

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DESIGNIO, voir seña. derne, le représentant de l’ancienne forme es-


DESIGUAL, voir igual. maier est le déverbal ‘émoi’.
DESILUSIÓN, voir ilusión. Dérivés : DESMAYO ‘évanouissement’.
DESINENCIA (‘désinence’), est un dérivé savant DESMEDIDO, voir medir.
du latin desinens, participe présent de desinere DESMELENAR, voir melena.
qui signifie littéralement ‘laisser là’ d’où, au DESMENTIR, voir mentir.
figuré, ‘cesser’, ‘mettre un terme’. Ce mot a DESMESURA, voir medir.
été formé par les grammairiens pour désigner DESMORONAMIENTO, voir desmoronar.
l’élément variable (nominal ou verbal) qui DESMORONAR (‘ébouler’, ‘abattre’, ‘miner’),
marque la fin d’un mot : rosa, rosam ; canta provient de l’ancienne forme desboronar
mus, cantatis. ‘émietter’ elle-même dérivée de borona ‘pain
DESINFECTAR, voir infecto. de millet ou de maïs’, ‘miette’, mot que l’on
DESISTIR, voir existir. trouve dans le nord de l’Espagne et sans doute
DESLEAL, voir ley. d’origine préromane.
DESLEÍR (‘délayer’ et ‘détremper’), d’abord Dérivés : DESMORONAMIENTO ‘‘éboulement’.
attesté sous la forme deleír est issu du latin de- DESNATAR, voir nata.
lere ‘effacer’, ‘détruire’. DESNIVEL, voir nivel.
DESLENGUADO, voir lengua. DESNUDAR (‘déshabiller’ ; ‘dépouiller’), est
DESLIGAR, voir ligar. emprunté au latin denudare ‘mettre à nu’, ‘dé-
DESLINDAR, voir límite. nuder’ et, au figuré, ‘dévoiler, révéler’, formé
DESLIZ, voir deslizar. avec de et nudare ‘déshabiller’, issu lui-même
DESLIZAR(SE) (‘glisser’ ; ‘se faufiler’ ; ‘faire un de nudus ‘nu’. En latin, le préfixe ou préverbe
faux pas’ [au figuré]), est sans doute d’origine de- avait dans ce cas une valeur intensive
onomatopéique (d’après une racine liz- censée puisque nudare signifiait déjà ‘déshabiller’. Il
évoquer une glissade). a été remplacé par des- marque usuelle du pri-
Dérivés : DESLIZ ‘glissade’ et, au figuré, ‘faux vatif en espagnol.
pas’, ‘moment de faiblesse’. Dérivés : DESNUDEZ ‘nudité’. DESNUDISMO
DESLUMBRAR, voir lumbre. ‘nudisme’. DESNUDO ‘nu’ (adjectif et substan-
DESMADEJAR, voir madeja. tif, vocabulaire artistique : un desnudo ‘un
DESMADRAR, voir madre. nu’). Desnudo est issu de l’ancienne forme
DESMADRE, voir madre. nudo issue du latin nudus ‘nu’ par analogie
DESMÁN (‘excès, abus’), est dérivé de l’ancien avec desnudar où le préfixe privatif rendait
verbe desmanarse signifiant ‘s’écarter du mieux compte de l’idée négative d’ôter les vê-
troupeau’ et ‘s’enfuir en désordre, se disper- tements. Par ailleurs *nudo ‘nu’ aurait été
ser’ (vocabulaire militaire). Desmanarse dé- l’homonyme de nudo ‘nœud’ .
rive de mano au sens ancien de ‘groupe de DESNUDEZ, voir desnudar.
personnes ou d’animaux’ (manada ‘troupeau, DESNUDISMO, voir desnudar.
bande, meute’), du latin manus ‘troupe’. Celui DESNUDO, voir desnudar.
qui s’écarte du troupeau (oveja descarriada DESODORIZAR, voir oler.
‘brebis égarée’) est censé commettre des ex- DESOLACIÓN, voir desolar.
cès, des abus, c’est le sens acquis par desmán. DESOLAR (‘désoler, ravager’), est emprunté au
DESMANDAR, voir mandar. latin desolare (‘dépeupler, ravager’ et ‘déser-
DESMANTELAR, voir manto. ter’, ‘abandonner’, ‘priver de’), formé avec de
DESMAQUILLAR, voir maquillar. (préfixe intensif) et solare ‘dépeupler’ (littéra-
DESMAYAR(SE) (‘s’évanouir’), est emprunté à lement ‘laisser seul’, du latin solus ‘seul’).
l’ancien français esmaier ‘inquiéter, effrayer’, Dérivés : DESOLACIÓN ‘désolation’.
issu du bas latin exmagare ‘priver qqn de ses DESOLIDARIZARSE, voir sueldo.
forces’, formé avec ex (privatif) et *magare DESOLLAR (‘écorcher’, ‘dépouiller’), provient
sans doute d’origine germanique (ancien haut de l’ancienne forme desfollar elle-même issue
allemand magen ‘avoir le pouvoir, la force’). du latin vulgaire d’Espagne exfollare ‘enlever
P. Guiraud rattache exmagare à magus ‘sor- la peau’, dérivé du latin follis ‘soufflet de
cier, mage’, le verbe aurait alors signifié ‘faire forge’, ‘bourse de cuir’, ‘viscères (gonflés)’,
sortir de soi en jetant un sort’. En français mo- c’est-à-dire l’estomac et les poumons, puis

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Michel Bénaben 116

‘peau des animaux’ (en latin vulgaire DESPEDIR(SE) (‘congédier’ ; ‘prendre congé’),
d’Espagne). provient de l’ancienne forme espedirse
DESORBITADO, voir orbe. (‘demander la permission de s’en aller’), issue
DESPABILADO, voir pabilo. du latin expetere ‘désirer vivement, convoi-
DESPABILAR (‘moucher’ [une chandelle] ; ter’, dérivé de petere ‘chercher à obtenir
‘dégourdir’), est un dérivé de pabilo ‘mèche’ qqch’. De pronominal (despedirse ‘prendre
(d’une bougie) issu du latin vulgaire papilus congé’) le verbe est devenu transitif dans le
(latin classique papyrus) ‘papyrus’, plante qui sens de ‘congédier’ et ‘licencier’ : despedir a
a servi à la fabrication du papier et à celle des una persona. Le départ volontaire est devenu
mèches (voir papel et papiro). Le sens pre- involontaire. La préfixation négative en des-
mier de despabilar est ‘moucher une chan- marque clairement un désaccord avec la per-
delle’ c’est-à-dire couper le bout consumé de sonne que l’on renvoie et dont on rejette les
la mèche de façon à raviver la flamme d’où le demandes (petere ‘chercher à obtenir’).
sens second et figuré de ‘dégourdir (qqn)’. Dérivés : DESPEDIDA ‘adieux’, ‘renvoi, congé’.
DESPACIO, voir espacio. DESPIDO ‘licenciement’ (despido improce-
DESPACHAR, voir empachar. dente ‘licenciement abusif’).
DESPACHO, voir empachar. DESPEGUE, voir pegar.
DESPANZURRAR, voir panza. DESPEJAR (‘débarrasser, dégager, déblayer’), est
DESPARRAMAR (‘répandre’, ‘éparpiller’), est un emprunté au portugais despejar ‘vider, débar-
mot-valise obtenu par croisement entre le rasser’, dérivé de pejar ‘encombrer, obstruer’,
verbe derramar (‘renverser’) et le verbe es- lui-même issu de peia ‘entrave, lien que l’on
parcir (‘répandre’) : met aux pattes de certains animaux’ (du latin
DE RRAMAR vulgaire pedea, dérivé de pes, pedis ‘pied’).
E S P A R (c)(i)R Dérivés : DESPEJADO ‘vaste, spacieux’, ‘déga-
On doit l’invention du terme (mot-valise) à gé’ (frente despejada ‘front dégagé’).
Lewis Caroll, l’auteur d’Alice au pays des DESPELOTARSE, voir pelota.
merveilles : ‘portmanteau word’, en espagnol DESPENALIZACIÓN, voir pena.
palabra sandwich. Un mot-valise est obtenu DESPENSA, voir dispendio.
par le procédé de la composition qui consiste à DESPEÑADERO, voir peña.
« amalgamer deux mots sur la base d’une ho- DESPEÑAR, voir peña.
mophonie partielle, de sorte que chacun con- DESPERDICIAR, voir perder.
serve de sa physionomie lexicale de quoi être DESPERDICIO, voir perder.
reconnu. » (B. Dupriez, Gradus. Les procédés DESPERDIGAR, voir perdiz.
littéraires, collection 10/18, p. 303). Autre- DESPEREZARSE, voir pereza.
ment dit, on parle de mot-valise (ou de mot- DESPERTADOR, voir despierto.
tiroir, mot télescopé ou mot-gigogne) lorsque DESPERTAR, voir despierto.
les unités combinées ont, au moins, un seg- DESPIADADO, voir pío.
ment en commun. DESPIDO, voir despedir.
DESPAVORIDO, voir pavor. DESPIERTO (‘éveillé’ et ‘réveillé’), est issu du
DESPECTIVO, voir despecho. latin vulgaire expertus (‘éveillé’), contraction
DESPECHO (‘dépit’), est issu du latin despectus de expergitus participe de expergere ‘éveiller,
‘action de regarder de haut en bas’ d’où ‘mé- réveiller’.
pris’ et ‘paroles méprisantes’. Despectus est le Dérivés : DESPERTADOR ‘réveille-matin’. DES-
participe passé substantivé de despicere ‘mé- PERTAR ‘réveiller’.
priser’, formé avec de (signifiant ici ‘depuis le DESPILFARRAR (‘gaspiller’), est d’abord attesté
haut’) et specere (ou spicere) ‘regarder’ (voir à travers la forme despilfarrado ‘en haillons’,
espectáculo). dérivée de *pilfa ‘haillon, loque’, variante ré-
Dérivés : DESPECTIVO ‘méprisant’, ‘péjoratif’ gionale de felpa ‘peluche’, d’origine incertaine
(dérivé savant car traitement savant du groupe mais sans doute apparentée au français ‘fripe’.
kt qui donne normalement yod + t puis ch). On est passé de l’idée d’abîmer un vêtement à
DESPEDAZAR, voir pedazo. celle de gaspiller en général.
DESPEDIDA, voir despedir. Dérivés : DESPILFARRO ‘gaspillage’.
DESPILFARRO, voir despilfarrar.

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DESPISTAR, voir pisto. ancien de ‘goutter’ à celui de ‘briller, étince-


DESPISTE, voir pisto. ler’ car les gouttes d’eau frappées par la lu-
DESPLAZAR, voir plaza. mière envoient des éclats.
DESPLEGAR, voir plegar. Dérivés : DESTILAR ‘distiller’ et ‘couler goutte
DESPLIEGUE, voir plegar. à goutte’, ‘suinter’ est le dérivé savant du latin
DESPLOMAR, voir plomo. destillare.
DESPOBLACIÓN, voir pueblo. DESTEMPLADO, voir templar.
DESPOJAR (‘dépouiller’), est issu du latin despo- DESTERNILLARSE, voir tierno.
liare ‘piller, spolier’, ‘priver de ses vête- DESTERRAR, voir tierra.
ments’, formé avec de (à valeur intensive) et DESTETAR, voir teta.
spoliare ‘dépouiller (d’un vêtement)’. Spo- DESTETE, voir teta.
liare est lui-même dérivé de spolium ‘dé- DESTILAR, voir destello.
pouille d’un animal’ et ‘butin’. DESTINAR (‘destiner à’ ; ‘envoyer’, ‘affecter’),
Dérivés : DESPOJO(S) ‘dépouille’, ‘restes’, est emprunté au latin destinare ‘fixer’, ‘atta-
‘butin’. EXPOLIAR ‘spolier’, emprunté au latin cher’, ‘assujettir’ et, au figuré, ‘décider’, ‘af-
exspoliare de même sens. fecter à’, ‘fixer son dévolu sur’. Ce verbe est
DESPOSADO, voir esposo. formé avec de et stanare forme correspondant,
DESPOSAR, voir esposo. lorsqu’elle est en composition, à stare ‘être
DESPOSORIO, voir esposo. (debout, immobile)’.
DÉSPOTA (‘despote’), est emprunté au grec Dérivés : DESTINO ‘destin’ ‘sort’ c’est-à-dire
despotês (‘maître de la maison, chef de la fa- ‘chose décidée (qui échappe à l’homme et qui
mille’), formé à partir de dems-potês, vieux l’assujettit)’. L’autre sens de destino est ‘af-
mot indoeuropéen où l’on retrouve la racine fectation (militaire)’, ‘emploi’, ‘poste’.
dem- ‘maison’ (domus en latin) et poti- ‘chef DESTITUIR, voir constituir.
d’un groupe social’ (celui qui a le pouvoir). DESTORNILLADOR, voir torno.
Dérivés : DESPOTISMO ‘despotisme’ (despo- DESTORNILLAR, voir torno.
tismo ilustrado ‘despotisme éclairé’). DESTREZA, voir diestro.
DESPRECIAR, voir precio. DESTRIPAR, voir tripa.
DESPRECIO, voir precio. DESTROZAR, voir trozo.
DESPRENDER, voir prender. DESTRUIR, voir construir.
DESPRESURIZACIÓN, voir presión. DESUSADO, voir uso.
DESPREVENIDO, voir venir. DESVALIJAR, voir valija.
DESPROVISTO, voir ver. DESVALORAR, voir valer.
DESPUÉS, voir pues. DESVALORIZAR, voir valer.
DESQUICIAR, voir quicio. DESVÁN (‘grenier’), est issu de l’ancien verbe
DESQUITAR, voir quitar. desvanar ‘vider’ dérivé de vano, du latin va-
DESQUITE, voir quitar. nus ‘vide’, ‘inutile’ d’où le sens de ‘lieu vide
DESREGULACIÓN, voir regla. entre le toit et le dernier étage’. En français,
DESTACAR, voir atacar. ‘grenier’ désigne le même endroit mais en ré-
DESTAJO, voir tajar. férence au temps où l’on y conservait le grain.
DESTAPAR(SE), voir tapa. DESVANECER, voir vano.
DESTAPE, voir tapa. DESVARÍO, voir vario.
DESTARTALADO (‘disproportionné, mal con- DESVELAR, voir velar.
çu’ ; ‘disloqué’), est d’origine incertaine, peut- DESVENTAJA, voir ventaja.
être issu de l’arabe istatâl ‘s’étendre, DESVENTURA, voir venir.
s’allonger’. DESVERGONZARSE, voir vergüenza.
DESTELLAR, voir destello. DESVIACIÓN, voir vía.
DESTELLO (‘scintillement’, ‘éclair’, ‘éclat’, DESVIAR, voir vía.
‘lueur’), provient du verbe destellar au sens DESVIRGAR, voir virgen.
ancien de ‘goutter’, ‘tomber goutte à goutte’ DESVIVIRSE, voir vivo.
(sens moderne ‘briller, étinceler’). Destellar DETALL, voir tajar.
est issu du latin destillare ‘goutter’ lui-même DETALLE, voir tajar.
dérivé de stilla ‘goutte’. On est passé du sens

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DETECCIÓN (‘détection’, ‘dépistage’), est em- DEVOLUCIÓN, voir volver.


prunté à l’anglais detection dérivé du verbe to DEVOLVER, voir volver.
detect ‘détecter’. To detect est issu lui-même DEVORAR, voir voraz.
du latin detectus formé à partir du participe DEVOTO, voir voto.
passé de detegere ‘découvrir’. Detegere est DIA-, est un préfixe d’origine grecque qui signi-
composé avec de (privatif) et tegere ‘couvrir’, fiait ‘en divisant’ et ‘en traversant’, ‘à travers’.
‘cacher’. Son dérivé, tectum, a donné ‘toit’, On se reportera en particulier à diabetes, dia-
techo en espagnol (voir ce mot). blo, diacronía, diafragma, diámetro, diar-
Dérivés : DETECTAR ‘détecter’, emprunté à la rea et diapositiva.
même époque que detección à l’anglais to de- DÍA (‘jour’), est issu du latin vulgaire dia, par
tect. DETECTIVE ‘détective’, est emprunté à changement de déclinaison, le latin classique
l’anglais detective de même sens, substantiva- étant dies. El día D ‘le jour J’.
tion de l’adjectif detective ‘qui détecte’, dérivé Dérivés : DIARIO (adjectif) ‘journalier, quoti-
de to detect. dien’ et substantif : ‘un journal, un quotidien’
DETECTAR, voir detección. (el diario hablado ‘le journal parlé’). DIURNO
DETECTIVE, voir detección. ‘diurne’, du latin diurnus ‘de jour’.
DETENCIÓN, voir tener. DIABETES (‘diabète’), est emprunté au bas latin
DETENER, voir tener. diabetes, lui-même pris au grec diabêtês qui
DETENTAR, voir tener. signifie ‘qui traverse’ mais aussi ‘compas’, ‘fil
DETERGENTE, voir terso. à plomb’ et ‘siphon’ avant de s’appliquer tar-
DETERIORAR (‘abîmer’, ‘détériorer’), est em- divement à la maladie. Ce mot est dérivé de
prunté au bas latin deteriorare ‘abîmer’, ‘gâ- diabainein ‘passer à travers’ (dia- ‘à travers’
ter’, dérivé de deterior ‘pire, inférieur’, com- et bainein ‘marcher’). La maladie tire son nom
paratif de l’adjectif deter ‘mauvais’ (inusité en des abondantes émissions d’urine chargées de
latin). glucose qui la caractérisent, à partir notam-
Dérivés : DETERIORO ‘détérioration’. ment de l’acception ‘siphon’ en grec : transfert
DETERIORO, voir deteriorar. d’un liquide d’un point haut vers un point bas.
DETERMINAR, voir término. Dérivés : DIABÉTICO ‘diabétique’.
DETESTAR, voir testigo. DIABLO (‘diable’), est emprunté au latin chrétien
DETONAR, voir tronar. diabolus ‘démon’, lui-même pris au grec dia-
DETRÁS, voir tras. bolos de même sens. Ce mot était un adjectif
DETRIMENTO (‘détriment’), est emprunté au signifiant littéralement en grec ‘qui désunit’,
latin detrimentum ‘action d’enlever en frot- ‘qui inspire la haine ou l’envie’, puis substan-
tant’, ‘usure (faite par une lime)’ et, au figuré, tivé au sens de ‘calomniateur’. Ce mot est dé-
‘perte’, ‘dommage’, ‘défaite’. Detrimentum rivé du verbe diaballein ‘jeter entre, insérer’
provient du supin de deterere ‘user par le frot- puis ‘jeter de côté et d’autre’ et, au figuré, ‘dé-
tement’ et ‘affaiblir’, formé avec de (privatif) sunir, séparer’, ‘calomnier’, ‘tromper’. Dia-
et terere ‘frotter’. ballein est formé avec dia (‘en divisant’) et
Dérivés : DETRITO ou DETRITUS ‘détritus’ est ballein ‘jeter’.
emprunté au latin detritus ‘usé’, ‘broyé’, parti- Dérivés : DIABÓLICO ‘diabolique’.
cipe passé de deterere ‘user’. ¡ DIANTRE ! ‘diantre !’ n’est pas un dérivé à
DETRITO / DETRITUS, voir detrimento. proprement parler mais une déformation à ca-
DEUDA, voir deber. ractère euphémistique : on évite de nommer
DEUDO, voir deber. directement le démon. De même lorsque l’on
DEVALUACIÓN, voir valer. jure en employant le mot ‘Dieu’, cela donne
DEVANAR (‘dévider’ ; ‘bobiner’, ‘enrouler’), est por Dios → pardiez (‘par Dieu’ → ‘pardi’).
issu du latin vulgaire *depanare de même DIÁBOLO ou DIÁVOLO ‘diabolo’ est un jeu ap-
sens, dérivé de panus ‘fil du tisserand’. Deva- parenté à diablo car il faut une adresse diabo-
narse los sesos ‘se creuser les méninges’. lique pour rattraper la bobine avec une simple
DEVANEAR, voir vano. ficelle. Ce mot a été formé d’après l’italien
DEVASTAR, voir gastar. diavolo. En revanche le ‘diabolo menthe’ du
DEVENGAR, voir vengar. français est beaucoup plus difficile à justifier...
DEVENIR, voir venir. DIABÓLICO, voir diablo.

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DIÁBOLO, voir diablo. ment : ‘parler à travers (dia) qqch’ c’est-à-dire


DIÁVOLO, voir diablo. ‘avec des interlocuteurs’.
DIACRONÍA (‘diachronie’), est un terme de Dérivés : DIALÉCTICA ‘dialectique’, est em-
linguistique formé à partir du préfixe dia- prunté au latin dialectica ‘art de raisonner
d’origine grecque et signifiant ‘à travers’ et de avec méthode’, lui-même emprunté au grec
chronos ‘temps’. Le sens originel de dia est dialektikê (teknê) c’est-à-dire ‘(technique, art)
‘en divisant’ et ‘en traversant’. La ‘diachronie’ qui concerne la discussion’. DIALOGAR ‘dialo-
étudie en effet les systèmes linguistiques à guer’.
travers le temps et explique comment on passe DIAMANTE (‘diamant’), est emprunté au latin
d’un état de langue à un autre. Elle s’oppose à tardif diamas, diamantis qui est sans doute
‘synchronie’ (sincronía) qui étudie un état de l’altération de adamas ‘le fer le plus pur,
langue pour lui-même, sans faire référence à acier’ et ‘diamant’, lui-même issu du grec
des états antérieurs ou postérieurs. adamas, adamantos ‘métal dur’, ‘diamant’.
DIAFRAGMA (‘diaphragme’), est emprunté au Les variantes du grec adamas sont adimas
latin tardif diaphragma, lui-même pris au grec (qui a donné ‘aimant’ en français et imán en
diaphragma, -atos ‘séparation, cloison’, mot espagnol) et diamas (d’après diaphanês
spécialisé en médecine pour désigner le ‘transparent’).
muscle qui sépare la poitrine de l’abdomen. DIÁMETRO, voir metro.
Ce mot a été dérivé du verbe diaphrattein ‘sé- DIANTRE, voir diablo.
parer’, formé avec dia ‘en divisant’ et phrat- DIAPOSITIVA, voir poner.
tein ‘fermer, enclore’. DIARIO, voir día.
DIAGNOSTICAR, voir diagnóstico. DIARREA (‘diarrhée’), est emprunté au bas latin
DIAGNÓSTICO (‘diagnostic’), est emprunté au diarrhaea ‘flux du ventre’, lui-même emprun-
grec diagnôstikôs ‘capable de discerner’, déri- té au grec diarroia, dérivé de diarrein ‘couler
vé du verbe diagignôskein ‘discerner, recon- de tous les côtés’, ‘couler à travers’, ‘suinter’,
naître’. Ce mot s’est spécialisé en médecine. ‘se répandre’. Ce verbe est formé avec dia ‘en
Dérivés : DIAGNOSTICAR ‘diagnostiquer’. traversant’ et rhein ‘s’écouler’.
DIAGONAL (‘diagonale’), est emprunté au latin DIATRIBA (‘diatribe’), est emprunté au latin
diagonalis lui-même pris au grec diagonios tardif diatriba ‘discussion’ puis ‘école’,
formé avec dia- ‘en traversant’ et gônia ‘secte’, lui-même pris au grec diatribê ‘exer-
‘angle’. La diagonale désigne donc la droite cice ou discussion d’école’. De l’idée de ‘dis-
qui traverse une figure géométrique, qui va cussion d’école’ plus ou moins âpre on est
d’un angle à l’autre. passé au sens voisin de ‘critique violente’ faite
DIAGRAMA, voir gramática. le plus souvent sur un ton injurieux.
DIALECTAL, voir dialecto. DIBUJAR (‘dessiner’), est d’origine incertaine,
DIALÉCTICO, voir diálogo. peut-être de l’ancien français deboissier
DIALECTO (‘dialecte’), est emprunté au latin ‘sculpter sur bois’, dérivé de bois.
impérial dialectus ‘langage particulier d’un Dérivés : DIBUJO ‘dessin’.
pays’, lui-même pris au grec dialektos (‘dis- DIBUJO, voir dibujar.
cussion, conversation’ et ‘langage propre à un DICCIONARIO, voir decir.
pays’), dérivé de dialegein ‘discuter’ (voir DICIEMBRE, voir diez.
diálogo). DICOTOMÍA (‘dichotomie’), est emprunté au
Dérivés : DIALECTAL ‘dialectal’. DIALECTO- grec dikhotomia ‘division en deux parties
LOGÍA ‘dialectologie’. égales’, formé de l’élément dikho/a- ‘en
DIALOGAR, voir diálogo. deux’, dérivé à son tour de dis ‘deux fois’ et
DIÁLOGO (‘dialogue’), est emprunté au latin de -tomia ‘division, section’ (voir anatomía
dialogus ‘entretien philosophique’, lui-même qui signifie littéralement ‘division, coupure de
pris au grec dialogos ‘conversation entre deux bas en haut’ et lobotomía , action d’enlever
ou plusieurs personnes’, dérivé du verbe dla- un lobe du cerveau).
legein ‘parler, discourir’, formé avec dia- (‘à DICTADO, voir dictar.
travers’, ‘en traversant’) et legein ‘dire’ (logos DICTADOR, voir dictar.
‘la parole’). Dialegein signifie donc littérale- DICTAMEN, voir dictar.

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DICTAR (‘dicter’ et ‘édicter’), est emprunté au droite) et ‘habile, adroit’. Depuis longtemps
latin dictare, fréquentatif de dicere c’est-à-dire les notions de droite et de gauche sont respec-
‘dire en répétant’, ‘faire écrire’, ‘ordonner, tivement connotées de manière positive et né-
prescrire’. gative. Dans la langue des augures dexter dé-
Dérivés : DICTADO ‘dictée’, participe passé signait un présage arrivant du côté droit et
substantivé de dictar. DICTADOR ‘dictateur’, donc favorable alors que le côté gauche (sinis-
du latin dictator c’est-à-dire le magistrat qui ter > ‘sinistre’ / siniestro en espagnol) était
avait tous les pouvoirs dans certaines circons- associé à un sort malheureux. Cette croyance
tances graves. DICTADURA ‘dictature’. DICTA- se vérifie dans le Cantar de Mio Cid : ‘Allí
MEN ‘opinion, avis’, ‘rapport’ (dictamen pe- pienssan de aguijar, allí sueltan las riendas / a
ricial ‘rapport d’expertise’). la exida de Bivar ovieron la corneja diestra / e
DICHA (‘bonheur’, ‘chance’), est issu du latin entrando a Burgos oviéronla siniestra.’
dicta ‘les choses dites’, neutre pluriel de dic- L’oiseau de mauvais augure (corneja sinies-
tum ‘parole, mot’, perçu ensuite comme un tra) indique que le Cid, qui vient d’être banni,
féminin singulier en espagnol. Ce mot a sera mal reçu à Burgos (voir siniestro).
d’abord signifié ‘destinée, sort’ et était con- Dérivés : DESTREZA ‘adresse’.
fondu avec hado ‘destin’, issu du latin fatum DIETA (1) (‘diète’ et ‘régime’ ; ‘indemnités’), est
participe passé du verbe fari ‘dire, parler’. On emprunté au bas latin diaeta ‘régime, absti-
croyait en effet qu’au moment de la naissance nence alimentaire’ et ‘pièce, logis’, lui-même
d’un enfant, les dieux ou les Parques pronon- emprunté au grec diaita signifiant au sens
çaient certaines paroles qui conditionnaient sa large ‘manière de vivre’, ‘régime de vie’, dé-
destinée. Puis le mot dicha s’est infléchi vers rivé du verbe diaitasthai ‘suivre un régime’ et
l’idée positive de ‘destinée (heureuse)’ d’où le ‘vivre de telle ou telle manière’. Espagnol
sens de ‘bonheur’ et ‘chance’. moderne dieta adelgazante ‘régime amaigris-
Dérivés : DESDICHA ‘malheur’. DICHOSO ‘heu- sant’ et dieta baja en calorías ‘régime basses
reux’. calories’. Dieta a aussi le sens d’ « indemnité
DIDÁCTICO(A) (‘didactique’ [adjectif]), est (de déplacement) » versée à un employé, à un
emprunté au grec tardif didaktikos ‘propre à fonctionnaire ou à un parlementaire afin qu’il
instruire’, dérivé de didaskein ‘enseigner’ dont puisse se nourrir (idée de régime alimentaire)
l’origine n’est pas bien établie (peut-être appa- chaque jour, par influence probable du mot
renté au latin docere ‘enseigner’). día ‘jour’. Il existe d’ailleurs la formule dieta
Dérivés : AUTODIDACTO ‘autodidacte’. per diem ‘indemnité de séjour’.
DIDÁCTICA (substantivation au féminin) : la DIETA (2) (‘diète’, [assemblée politique dans
‘didactique’ désigne aujourd’hui l’ensemble certains pays d’Europe, Allemagne, Suède,
des techniques d’enseignement, l’art Pologne]), est emprunté au latin médiéval die-
d’enseigner (‘la didactique des langues’). ta ‘journée de travail’ dérivé de dies ‘jour’
DIENTE (‘dent’), est emprunté au latin dens, afin de traduire l’allemand ‘Tag’ qui signifie à
dentis ‘dent’ (de l’homme ou de l’animal) et, la fois ‘jour’ et ‘session’ (dans ‘Reichstag’, as-
par métaphore (analogie de forme), ‘dent (du semblée législative allemande, et ‘Landstag’
peigne, de la scie etc.)’. assemblée législative dans la plupart des états
Dérivés : DENTADURA ‘denture’. DENTAL germaniques). Corominas pense que dieta
‘dentaire’ (prótesis dental ‘prothèse den- dans ce sens est apparenté à dieta (1) — c’est-
taire’). DENTELLADA ‘coup de dent’. DENTI- à-dire issu du latin diaeta — dans la mesure
CIÓN ‘dentition’ (primera dentición ‘dents de où ce mot signifiait aussi ‘pièce où l’on vit,
lait’). DENTÍFRICO, A ‘dentifrice’ (pasta logis’ : il aurait donc pu servir à désigner
dentífrica ‘un dentifrice’), formé à partir du l’édifice abritant les assemblées délibérantes
latin fricare ‘frotter’. des pays du centre de l’Europe.
DIESEL (‘diesel’), nom commun formé à partir DIEZ (dix’), est issu du latin decem de même
du nom de l’inventeur de ce type de moteur, sens.
l’ingénieur allemand Rudolph Diesel Dérivés : DÉCADA ‘décade’ (période de dix
(1858-1913). jours mais aussi période de dix ans). DECENA
DIESTRO (‘droit’ et ‘adroit, habile’), est issu du ‘dizaine’. DECENIO ‘décennie’ (période de dix
latin dexter, dextra, dextrum ‘droit’ (qui est à ans). DÉCIMO ‘dixième’ (latin decimus). DI-

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CIEMBRE ‘décembre’, du latin december DIGNO (‘digne’), est emprunté au latin dignus
(mensis), c’est-à-dire le dixième mois du ca- ‘qui convient à’, ‘qui mérite qqch’, ‘méritant’.
lendrier romain qui débutait en mars. DIEZ- Dignus est issu de la forme impersonnelle de-
MAR ‘décimer’ est issu du latin decimare ‘pu- cet ‘il convient’.
nir de mort une personne sur dix désignée par Dérivés : DIGNARSE ‘daigner’, du latin dignari
le sort’, dérivé de decimus. ‘juger digne’. INDIGNO ‘indigne’.
DIEZMAR, voir diez. DIGRESIÓN (‘digression’), est emprunté au latin
DIFAMAR, voir fama. digressio ‘action de s’éloigner’ (en particulier
DIFERENCIA, voir diferir. de son sujet). Ce mot est dérivé du supin (di-
DIFERENTE, voir diferir. gressum) du verbe digredi ‘s’éloigner du su-
DIFERIR (‘différer’), est emprunté au latin dif- jet’, formé avec dis- (idée d’éloignement, de
fere ‘remettre à plus tard’, formé avec dis- séparation) et gredi ‘marcher, avancer’.
(préfixe privatif indiquant la direction oppo- DILACIÓN, voir diferir.
sée, la séparation) et ferre ‘porter’. Differe si- DILAPIDAR, voir lápida.
gnifie donc concrètement ‘disperser, dissémi- DILATAR, voir lato.
ner’ puis, au figuré, ‘être tiraillé, tourmenté’, DILEMA, voir lema.
‘renvoyer à plus tard’ et enfin ‘être différent’. DILIGENCIA, voir diligente.
Dérivés : DIFERENCIA ‘différence’. DIFERENTE DILIGENTE (‘diligent’), est emprunté au latin
‘différent’. DILACIÓN ‘retard’, ‘délai’, du latin diligens (‘attentif’, ‘scrupuleux’, ‘empressé’),
dilatio dérivé de dilatus, participe passé de dif- participe présent adjectivé de diligere ‘aimer,
fere. INDIFERENCIA ‘indifférence’. estimer (après choix et réflexion)’. Diligere
DIFÍCIL, voir hacer. est formé avec dis- (idée de séparation,
DIFICULTAD, voir hacer. d’éloignement) et legere ‘recueillir, ramasser’
DIFUNDIR, voir fundir. et, au figuré, ‘recueillir (par les oreilles ou par
DIFUNTO (‘défunt, disparu, feu’), est emprunté les yeux)’, d’où ‘passer en revue’, et ‘lire’. Dis
au latin defunctus (de vita) c’est-à-dire littéra- + legere signifiait donc littéralement ‘prendre
lement ‘qui s’est acquitté (de la vie)’, ‘mort’. d’un côté et de l’autre’ d’où ‘choisir’ et ‘ai-
Defunctus est le participe passé de defungi mer, estimer (après choix et réflexion)’.
(‘s’acquitter’ complètement’), formé avec de- Dérivés : DILIGENCIA ‘diligence, activité’,
(ici préfixe ou préverbe intensif indiquant ‘démarches’. PREDILECTO ‘préféré, favori’ est
l’achèvement) et fungi, verbe déponent signi- dérivé de dilecto ‘aimé, très cher’, du latin di-
fiant ‘accomplir’, ‘s’acquitter de’. En français, lectus ‘chéri, aimé’, participe du verbe dili-
l’adjectif ‘feu(e)’ dans ‘feu la reine’ (la difun- gere.
ta reina) est issu du latin vulgaire fatutus ‘qui DILUIR (‘diluer, délayer’), est emprunté au latin
a accompli sa destinée’ dérivé du latin clas- diluere ‘détremper’, ‘délayer’, ‘dissoudre’ et,
sique fatum ‘destin’ (espagnol hado). au figuré, ‘diminuer’, ‘dissiper’, formé avec
Dérivés : DEFUNCIÓN ‘décès’. dis- (préfixe négatif) et luere ‘laver, baigner’
DIFUSO, voir fundir. c’est-à-dire ‘laver au point de faire disparaître
DIGERIR (‘digérer’), est emprunté au latin dige- (un corps)’.
rere, littéralement ‘porter de différents côtés’ Dérivés : ALUVIÓN ‘alluvion’ et ‘crue, inonda-
d’où les sens de ‘diviser, séparer’ et de ‘répar- tion’, du latin alluvio ou adluvio de même
tir’. Ce verbe est formé avec dis- (idée de sé- sens, dérivé de alluere ou adluere ‘venir
paration) et gerere ‘porter’. Le mot s’est en- mouiller, baigner’.
suite spécialisé dans le vocabulaire médical DILUVIO, voir diluir.
avec l’idée de répartition des aliments dans DIMENSIÓN, voir medir.
l’organisme. DIMINUTIVO, voir mengua.
Dérivés : DIGESTIÓN ‘digestion’. INDIGESTO DIMINUTO, voir mengua.
‘indigeste’. DIMISIÓN, voir meter.
DIGESTIÓN, voir digerir. DIMITIR, voir meter.
DIGITAL, voir dedo. DINÁMICO (‘dynamique’), est emprunté au grec
DÍGITO, voir dedo. dynamikos ‘puissant, efficace’, dérivé de dy-
DIGNARSE, voir digno. namis ‘force’.

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Dérivés : DINÁMICA (substantif) : ‘(une) dy- porno’. PORDIOSERO ‘mendiant’ c’est-à-dire


namique’. DINAMISMO ‘dynamisme’. DINAMI- celui qui implore les passants en disant por
TA ‘dynamite’ a été emprunté à l’anglais dy- Dios ‘au nom de Dieu’.
namite, mot créé par le chimiste anglais A.B. DIPLOMA (‘diplôme’), est emprunté au latin
Nobel en 1867 d’après le grec dynamis. DI- impérial diploma ‘pièce officielle authen-
NAMO ‘dynamo’, abréviation de ‘machine dy- tique’, ‘sauf-conduit’ et ‘brevet’, lui-même
namo-électrique’ (produisant de la force élec- pris au grec diploma, -atos ‘objet double’ d’où
trique). DINASTÍA ‘dynastie’, du grec dynasteia le sens de ‘tablette’ ou ‘papier plié en deux’.
‘puissance, domination, pouvoir (plus ou Dérivé de diploun ‘répéter, doubler’, lui-
moins arbitraire)’, dérivé de dynastês ‘celui même dérivé de diplûs ‘double’.
qui a le pouvoir d’agir’, ‘prince, roi’ (du verbe Dérivés : DIPLOMÁTICO ‘diplomatique’, appa-
dynasthai ‘avoir la force de, être capable de’). raît au XVIIIe siècle. Ce mot est emprunté au
DINAMITA, voir dinámico. latin scientifique diplomaticus dérivé de di-
DINAMO, voir dinámico. ploma dans le sens de ‘charte’, ‘pièce offi-
DINASTÍA, voir dinámico. cielle’. Ce mot a donc désigné à l’origine
DINERAL, voir dinero. l’étude des documents officiels puis il s’est
DINERO (‘argent’), est issu du latin denarius spécialisé avec le sens de ‘relatif aux docu-
littéralement ‘qui contient le nombre dix’ et ments qui règlent les rapports internationaux’
‘denier’ (pièce de monnaie en argent qui valait avant de désigner plus largement ‘ce qui con-
dix as, l’as étant l’unité pour la monnaie, les cerne les relations internationales’. DIPLOMA-
e
poids , les mesures). Denarius est un dérivé de CIA ‘diplomatie’ (début du XIX siècle).
deni ‘chacun dix’ (distributif), lui-même déri- DIPLOMACIA, voir diploma.
vé de decem ‘dix’. DIPLOMÁTICO, voir diploma.
Dérivés : ADINERADO ‘riche’. DINERAL (fami- DIPTONGO (‘diphtongue’), est emprunté au latin
lier) ‘fortune’, ‘grosse somme’. tardif diphtongus, lui-même pris au grec diph-
DINOSAURIO (‘dinosaure’), est issu du latin tongos ‘son double’, formé avec di- (c’est-à-
scientifique dinosaurus (‘reptile terrible’), mot dire duo ‘deux’) et phtongos ‘bruit, son’. La
créé en 1840 par le paléontologue anglais R. diphtongue est un groupe vocalique formé de
Owen et formé avec le grec deinos ‘qui inspire deux voyelles mais prononcé d’une seule
la crainte’ et sauros ‘lézard, saurien’. émission de voix (l’un des deux éléments étant
DIOS (‘dieu’), est issu du nominatif latin deus. prépondérant). Exemple aire. La diphtongai-
Dios fait partie des très rares mots de son s’oppose à la monophtongaison (deux
l’espagnol dont la forme vient directement du voyelles fusionnent) : audire > au(d)ir(e) >
nominatif (cas sujet). Cela se conçoit facile- oír.
ment puisque Dieu est le Sujet par excellence, Dérivés : DIPTONGACIÓN ‘diphtongaison’.
le Créateur. Le latin deus est construit d’après TRIPTONGO ‘triphtongue’ (exemple buey ou
une racine indoeuropéenne dei- qui signifie averiguáis, c’est-à-dire une semi-consonne +
‘briller’ (voir aussi dies ‘le jour’). Cette notion une voyelle + une semi-voyelle).
de lumière se retrouve en grec dans l’adjectif DIPUTACIÓN, voir diputado.
dios ‘brillant’. DIPUTADO (‘député’), est le participe passé du
Dérivés : ADIÓS est l’abréviation de la formule verbe diputar ‘déléguer, mandater’ issu du bas
de recommandation et de protection a Dios latin deputare ‘évaluer, estimer’ et ‘assigner
seas. ADIVINAR ‘deviner’ (qui suppose un don à’, ‘destiner à’. En latin classique diputare si-
divin). De la même manière, ‘devin’ (adivino gnifiait ‘tailler, élaguer (les arbres)’. Voir à ce
en espagnol) provient de la substantivation de sujet apodar. En espagnol moderne, on re-
l’adjectif divinus (‘divin’). ADIVINANZA ‘devi- marquera que diputado est construit avec la
nette’. DEIDAD ‘divinité’. DEIFICAR ‘déifier’ et préposition por dans les expressions du type
‘diviniser’. DIVO (du latin divus ‘dieu’ et ‘di- diputado por Valencia ‘député de Valence’.
vin’) s’applique à un ‘chanteur d’opéra’ et à En fait diputado — qui est un substantif —
une ‘vedette de la chanson’. Au féminin, diva fonctionne encore un peu comme le participe
(littéralement ‘déesse’ ou ‘divine’) se dit passé du verbe diputar avec le sens de ‘en-
d’une grande cantatrice mais aussi d’une ‘ve- voyé, délégué par la ville de Valence’ (pour la
dette de cinéma’ : una pornodiva ‘une star du représenter aux Cortes).

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Dérivés : DIPUTACIÓN ‘députation’ et équiva- qui pique les disques’ avec l’aiguille ou saphir
lent de notre ‘conseil général’ dans diputa- des vieux tourne-disques).
ción provincial. DISCOGRAFÍA, voir disco.
DIQUE (‘digue’, ‘bassin de radoub’, ‘dock’), est DISCOGRAFICO(A), voir disco.
emprunté au néerlandais dijk de même sens. DISCONFORME, voir forma.
DIRECCIÓN, voir dirigir. DISCONTINUO, voir continuo.
DIRECTIVO, voir dirigir. DISCORDANCIA, voir corazón.
DIRECTO, voir derecho. DISCORDIA, voir corazón.
DIRIGIR (‘diriger’), est emprunté au latin diri- DISCOTECA, voir disco.
gere ‘mettre en ligne’, ‘aligner’ d’où, au figu- DISCRECIÓN, voir cerner.
ré, ‘régler, ordonner’. Dirigere est dérivé de DISCRECIONAL, voir cerner.
regere ‘mener, guider’ auquel on a adjoint le DISCREPANCIA, voir discrepar.
préfixe dis- généralement privatif mais qui, DISCREPAR (‘diverger, être en désaccord’), est
comme ici, peut servir simplement à renforcer emprunté au latin discrepare ‘rendre un son
le sens du verbe simple. différent, discordant’ et ‘ne pas être d’accord,
Dérivés : DIRECCIÓN ‘direction’. DIRECTIVO différer’. Dérivé avec le préfixe dis- (privatif)
(adjectif) ‘directif’, ‘directeur’ ; (substantif) de crepare ‘craquer, claquer’, ‘retentir’ et
‘cadre de direction’, ‘responsable’ (los direc- ‘faire sonner, faire retentir’.
tivos de la empresa ‘les cadres supérieurs de Dérivés : DISCREPANCIA ‘divergence’.
l’entreprise’). DISCRETO voir cerner.
DIRIMIR (‘faire cesser’, ‘régler’, ‘annuler’), est DISCRIMINAR, voir cerner.
emprunté au latin dirimere ‘partager, séparer’, DISCULPAR, voir culpa.
‘désunir’ et ‘terminer, interrompre’, formé DISCURSO, voir correr.
avec dis- (privatif) et emere ‘prendre, rece- DISCUSIÓN, voir discutir.
voir’, ‘acheter’. DISCUTIR (‘discuter’) est emprunté au latin
DISCERNIR, voir cerner. discutere ‘détacher en secouant’ et, au figuré,
DISCIPLINA, voir discípulo. ‘fouiller, débrouiller’. Ce verbe est formé avec
DISCÍPULO (‘disciple’, ‘élève’), est emprunté au dis- (à valeur intensive ici) et quatere ‘se-
latin discipulus ‘élève’, mot qui se rattache à couer’.
discere ‘apprendre’. Dérivés : DISCUSIÓN ‘discussion’.
Dérivés : DISCIPLINA ‘discipline’, du latin dis- DISECAR, voir segar.
ciplina ‘enseignement, doctrine’, ‘éducation’, DISEMINAR, voir sembrar.
‘principes, règles de vie’. DISENSIÓN, voir sentir.
DISC-JOCKEY, voir disco. DISEÑADOR, voir seña.
DISCO (‘disque’), est emprunté au latin discus DISEÑAR, voir seña.
‘palet circulaire’ lui-même pris au grec diskos DISEÑO, voir seña.
(ou dikshos) dérivé de dikein ‘lancer, jeter’. Le DISERTAR (‘disserter’), est emprunté au latin
mot disco a connu une grande fortune depuis dissertare ‘discuter, exposer’, fréquentatif de
le début du XXe siècle avec les techniques disserere ‘enchaîner des idées à la file’ d’où le
d’enregistrement du son, de l’image et des sens de ‘raisonner sur qqch’. Ce verbe est
données informatiques : disco compacto formé avec dis- et serere ‘tresser, entrelacer’
‘compact disc’, disco duro ‘disque dur’, disco et, au figuré, ‘enchaîner, joindre’.
láser ‘disque laser’. DISFRAZ, voir disfrazar.
Dérivés : DISCOGRAFÍA ‘discographie’. DIS- DISFRAZAR (‘déguiser’), est d’origine mal éta-
COGRÁFICO(A) (adjectif) ‘discographique’, blie.
substantivé aussi (ellipse du mot casa) avec le Dérivés : DISFRAZ ‘déguisement’.
sens de ‘maison de disque’ : una (casa) dis- DISFRUTAR, voir fruto.
cográfica. DISCOTECA ‘discothèque’. DIS- DISFRUTE, voir fruto.
QUETE ‘disquette (informatique)’. DISQUETE- DISGUSTAR, voir gusto.
RA ‘lecteur de disquette(s)’. DISC-JOCKEY DISGUSTO, voir gusto.
adapté aussi sous la forme PINCHADISCOS ou DISIDENTE (‘dissident’), est emprunté au latin
plus simplement PINCHA (littéralement ‘celui dissidens participe présent de dissidere ‘être
séparé, éloigné’ et, au figuré, ‘être en désac-

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cord’. Ce verbe est formé avec dis- (privatif, vé dispensatio ‘administration’ et ‘modéra-
idée d’éloignement) et sedere ‘être assis’ et tion’.
‘se tenir’. Dérivés : DISPENSA ‘dispense’. INDISPEN-
DISIMULAR, voir semejar. SABLE ‘indispensable’.
DISIPAR(SE) (‘se dissiper’, ‘s’évaporer’ ; ‘dissi- DISPENSA, voir dispensar.
per’ [fumée, fortune]), est emprunté au latin DISPERSAR, voir esparcir.
dissipare (‘répandre çà et là’, ‘disperser’, ‘dé- DISPERSIÓN, voir esparcir.
truire’), formé avec dis- (privatif, idée de sé- DISPERSO, voir esparcir.
paration) et le verbe *supare (très rare) ‘jeter’. DISPLICENCIA, voir placer.
DISLOCAR, voir lugar. DISPLICENTE, voir placer.
DISMINUIR, voir mengua. DISPONER, voir poner.
DISOCIAR, voir socio. DISPONIBLE, voir poner.
DISOLVER (‘dissoudre’), est emprunté au latin DISPOSITIVO, voir poner.
dissolvere (‘séparer, désunir’, ‘faire dispa- DISPUTA, voir disputar.
raître, anéantir’), formé avec dis- (intensif) et DISPUTAR (‘disputer, discuter’), est emprunté au
solvere ‘dissoudre, désagréger’. latin disputare ‘mettre au net après examen et
DISPARAR, voir parar. discussion’ d’où ‘examiner une question point
DISPARATE (‘sottise, idiotie, absurdité’), est une par point’. Formé avec dis- et putare ‘net-
altération de l’ancienne forme desbarate toyer’ d’où le sens de ‘mettre au net’. Putare
(remplacée en espagnol moderne par desbara- signifiait d’abord concrètement ‘tailler, ‘éla-
tamiento) avec le sens de ‘désordre, confu- guer, émonder’ puis, par extension, ‘nettoyer’
sion’. Cette altération est sans doute due à (voir apodar et amputar).
l’influence du verbe disparar au sens ancien Dérivés : DISPUTA ‘dispute’.
de ‘commettre des actes irraisonnés, ab- DISQUETE, voir disco.
surdes’. Desbarate est le déverbal de desbara- DISQUETERA, voir disco.
tar ‘gaspiller’, ‘dissiper’, ‘bouleverser, dé- DISTANCIA, voir estar.
faire’, ‘détruire’, ‘mettre en déroute’. Desba- DISTANCIAR, voir estar.
ratar est un dérivé de l’ancien verbe baratar DISTAR, voir estar.
dont l’origine n’est pas établie (voir aussi ba- DISTENSIÓN, voir tender.
rato). DISTINCIÓN, voir distinguir.
Dérivés : DISPARATAR ‘déraisonner’. DISTINGUIDO, voir distinguir.
DISPARO, voir parar. DISTINGUIR (‘distinguer’) est emprunté au latin
DISPENDIO (‘gaspillage’), est emprunté au latin distinguere ‘séparer, diviser’ et, au figuré,
dispendium (‘dépense, frais, dommage’) déri- ‘différencier, nuancer’. Formé avec dis- (idée
vé de dispendere ‘distribuer’, formé avec dis- de séparation) et stingere, issu d’une forme
et pendere ‘laisser pendre les plateaux d’une supposée *stigare signifiant ‘piquer’. Distin-
balance’, ‘peser’ et ‘payer’ car ce mot guere signifie donc littéralement ‘séparer par
s’appliquait à la monnaie que l’on pesait avant une marque enfoncée, par une piqûre’.
de payer. Dérivés : DISTINCIÓN ‘distinction’. DISTIN-
Dérivés : DESPENSA ‘garde-manger’, ‘provi- GUIDO ‘distingué’ employé dans les en-têtes
sions’. EXPENDER ‘dépenser’, ‘débiter’, du la- de lettres : Distinguido señor ‘Cher Mon-
tin expendere. EXPENDEDURÍA ‘débit, bureau’ sieur’. DISTINTIVO (adjectif) ‘distinctif’ et
(expendeduría de tabaco ‘bureau de tabac’). (substantif) ‘signe distinctif’. DISTINTO ‘dis-
EXPENSAS ‘dépens’ (a expensas de ‘aux dé- tinct’, ‘différent’.
pens de’, ‘à la charge de’). DISTINTIVO, voir distinguir.
DISPENSAR (‘dispenser’ [attribuer et exempter] ; DISTINTO, voir distinguir.
‘pardonner’), est emprunté au latin dispensare DISTORSIÓN, voir torcer.
(‘partager, distribuer de l’argent’, ‘adminis- DISTRACCIÓN, voir traer.
trer, régler, gouverner’), formé sur le supin DISTRAER, voir traer.
(dispensum) de dispendere ‘distribuer’ (voir DISTRIBUCIÓN, voir atribuir.
dispendio). D’après Corominas, le sens ‘dis- DISTRIBUIR, voir atribuir.
penser d’une obligation’ proviendrait du déri- DISTRITO (‘secteur, territoire, arrondissement’),
est emprunté au bas latin districtus ‘division

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territoriale’, dérivé du supin (districtum) du ‘monnaie étrangère’ est sans doute un emprunt
verbe distringere (‘séparer’, ‘maintenir à à l’allemand Devise apparu vers 1830. On im-
l’écart’, ‘retenir’), issu de stringere ‘serrer, primait des ‘devises’ (c’est-à-dire de brèves
resserrer, lier’, préfixé avec dis- (idée de divi- formules) sur les formulaires servant à chan-
sion, de séparation). ger de l’argent, d’où, par métonymie, le sens
DISTURBIO, voir turbar. d’argent appliqué au mot divisa et plus parti-
DISUADIR, voir persuadir. culièrement celui de ‘devise étrangère’ (idée
DISUASIÓN, voir persuadir. de change). DIVISAR ‘distinguer, apercevoir’
DISUASIVO, voir persuadir. est aussi un dérivé de divisus ‘séparé, divisé’
DISUASORIO, voir persuadir. car ‘distinguer, apercevoir qqch au loin’ c’est
DIURNO, voir día. en quelque sorte pouvoir la séparer du reste.
DIVA, voir dios. DIVISIÓN ‘division’. DIVISORIO, A dans línea
DIVAGAR, voir vago. divisoria de aguas ‘ligne de partage des
DIVÁN (‘divan, canapé’), provient du turc diwán eaux’. INDIVIDUO ‘individu’, de l’adjectif latin
‘conseil politique’ et ‘salle de conseil garnie individuus ‘indivisible’, ‘qu’on ne peut pas
de coussins’, lui-même emprunté au persan couper’, formé avec in- (privatif) et dividuus
diwan ‘registre’, ‘liste’ et ‘bureau, administra- ‘divisible’, ‘divisé’ issu de dividere. Indivi-
tion’ (voir aussi aduana). duo gardera assez longtemps le sens d’ « élé-
DIVERGENCIA, voir divergir. ment indivisible » ou même celui d’ « indivi-
DIVERGIR (‘diverger’), est emprunté au bas latin duel » (moderne individual). C’est à partir du
divergere ‘pencher, incliner’, formé avec dis- XVIIe siècle qu’il désignera un membre de
(privatif) et vergere ‘être tourné vers’, littéra- l’espèce humaine. Au XVIIIe siècle, il entrera
lement ‘être tourné en sens opposé’ c’est-à- dans le vocabulaire de la biologie (‘être orga-
dire ‘diverger’. nisé et autonome qui ne peut être divisé sans
Dérivés : DIVERGENCIA ‘divergence’. être détruit’).
DIVERSO, voir verter. DIVINO, voir dios.
DIVERTIR, voir verter. DIVISA, voir dividir.
DIVIDENDO, voir dividir. DIVISAR, voir dividir.
DIVIDIR (‘diviser’), est issu du latin dividere DIVISIÓN, voir dividir.
‘partager, répartir’, formé avec di- et d’un DIVISORIO, A, voir dividir.
verbe *videre non attesté à l’état simple. DIVO, voir dios.
Dérivés : DIVIDENDO ‘dividende’, du bas latin DIVORCIARSE, voir verter.
dividendus ‘nombre à diviser par un autre’, is- DIVORCIO, voir verter.
su après substantivation de l’adjectif verbal DIVULGAR, voir vulgo.
dividendus ‘à diviser’, de dividere. Ce mot a DOBLAJE, voir dos.
été introduit au XVIIIe siècle dans le vocabu- DOBLAR, voir dos.
laire de la finance où il désigne les bénéfices DOBLE, voir dos.
obtenus par les actionnaires d’une entreprise DOBLEGAR, voir dos.
(emploi métaphorique moderne : los dividen- DOBLEZ, voir dos.
dos de la paz ‘les dividendes de la paix’). DI- DOCE, voir dos.
VISA ‘devise’ est formé d’après divisus, a, um DOCENA, voir dos.
‘séparé, divisé’, participe adjectivé de dividere DOCENTE, voir doctor.
‘diviser’. Divisa a d’abord désigné, dans le DÓCIL, voir doctor.
langage du blason, une bande de l’écu, d’où le DOCTO, voir doctor.
sens de ‘signe distinctif’. Par transfert de sens DOCTOR (‘docteur’), est emprunté au latin doc-
(contiguïté de sens, métonymie), le même mot tor (‘maître’, ‘celui qui enseigne’), issu de do-
a désigné la brève formule qui accompagne les cere ‘enseigner’.
armoiries d’un roi, d’un noble etc. En espa- Dérivés : DOCENTE ‘enseignant’ (adjectif) :
gnol moderne, divisa a les sens suivants : cuerpo docente ‘corps enseignant’. DÓCIL
‘emblème, insigne’, ‘signe distinctif’ ; ‘devise, ‘docile’, du latin docilis ‘qui apprend facile-
sentence’ (en termes de blason). Au sens plus ment, disposé à s’instruire’ puis ‘obéissant’.
général (‘sentence, maxime’), divisa est rem- DOCTO ‘savant’, ‘docte’, du latin doctus ‘qui a
placé par lema (voir ce mot). Enfin le sens de appris’, participe passé passif de docere. DOC-

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TORANDO ‘(un) doctorant’ — c’est-à-dire un plusieurs fois’ (un pícaro redomado ‘un fief-
candidat au doctorat —, gérondif substantivé fé fripon’).
du verbe doctorar. DOCTORAR ‘conférer le DOMESTICAR, voir doméstico.
titre de docteur’, ‘être reçu docteur’. DOCTRI- DOMÉSTICO (‘domestique’, ‘ménager’) est
NA ‘doctrine’. DOCUMENTACIÓN ‘documenta- emprunté au latin domesticus ‘de la maison, de
tion’. DOCUMENTAL ‘documentaire’ (adjectif la famille’, dérivé de domus ‘maison’.
et substantif). DOCUMENTAR ‘documenter’. Dérivés : DOMESTICAR ‘domestiquer’. DOMI-
DOCUMENTO ‘document’, du latin documen- CILIO ‘domicile’, emprunté au latin domici-
tum ‘enseignement, modèle, démonstration, lium ‘habitation’.
leçon’. INDOCUMENTADO ‘sans papiers’, ‘sans DOMICILIO, voir doméstico.
pièces d’identité’. DOMINAR, voir dueño.
DOCTORANDO, voir doctor. DOMINGO, voir dueño.
DOCTORAR, voir doctor. DOMINGUERO, voir dueño.
DOCTRINA, voir doctor. DOMINIO, voir dueño.
DOCUMENTACIÓN, voir doctor. DOMINÓ, voir dueño.
DOCUMENTAL, voir doctor. DON (1) (‘don’, ‘présent’ et ‘talent’), est issu du
DOCUMENTAR, voir doctor. latin donum ‘don’, dérivé de dare ‘donner’. El
DOCUMENTO, voir doctor. don de gentes ‘le don de plaire’ ; el don de
DOGMA (‘dogme’), est emprunté au latin dogma lenguas ‘le don des langues’.
‘doctrine’, ‘thèse’, ‘croyance orthodoxe’, lui- DON (2) (‘monsieur’), voir dueño.
même pris au grec dogma (‘ce qui paraît bon’, DONACIÓN, voir donar.
‘opinion’ et ‘doctrine philosophique’), dérivé DONAIRE, voir donar.
de dekein ‘sembler, paraître (bon)’. DONANTE, voir donar.
Dérivés : DOGMÁTICO ‘dogmatique’. DONAR (‘faire don’, ‘offrir’), est issu du latin
DOGO (‘dogue’), est emprunté à l’anglais dog donare ‘faire don’, dérivé de donum ‘don’,
‘chien’. Il semble que dog désignait à l’origine lui-même issu de dare ‘donner’. En espagnol,
une race particulière de chiens anglais. Le donar s’est spécialisé par rapport à dar. On
terme générique était hound qui est au- l’utilise essentiellement dans le langage juri-
jourd’hui spécialisé (‘chien de meute’). dique ou savant.
DÓLAR (‘dollar’), est emprunté à l’anglo- Dérivés : DONACIÓN ‘donation’ ou ‘don’ : do-
américain dollar (anciennement daller ou dol- nación de sangre ‘don de sang’ ; donación
ler), issu du bas allemand daler (XVIe siècle), inter ou entre vivos ‘donation entre vifs’,
allemand moderne taler ou thaler ‘monnaie c’est-à-dire que les effets de la donation se fe-
d’argent’. ront sentir du vivant des personnes et non à
DOLENCIA, voir doler. leur mort. DONAIRE ‘grâce, élégance, allure’,
DOLER(SE) (‘avoir mal’, ‘faire mal’ ; ‘[se] emprunté au bas latin donarium ‘don, ca-
plaindre), est issu du latin dolere ‘souffrir’. deau’ : ce mot a fini par désigner le plus beau
Dérivés : DOLENCIA ‘indisposition’, ‘maladie’. des dons que la nature puisse offrir c’est-à-
DOLOR ‘douleur’, du latin dolor de même dire la grâce (donarium > donairo puis do-
sens. DOLOROSO ‘douloureux’. DUELO ‘deuil’, naire sous l’influence de aire). DONANTE
du bas latin dolus ‘douleur’ (latin classique ‘donneur’ (donante de sangre ‘donneur de
dolor, doloris). INDOLENTE ‘indolent’, du latin sang’). DONOSO ‘enjoué, spirituel, drôle’.
indolens, littéralement ‘qui ne souffre pas’ PERDONAR ‘pardonner’, du latin tardif perdo-
puis ‘mou, paresseux’. nare formé avec per- (préverbe à valeur inten-
DOLOR, voir doler. sive) et donare ‘accorder son pardon’.
DOLOROSO, voir doler. PERDÓN ‘pardon’, déverbal de perdonar.
DOMADOR, voir domar. DONDE (‘où’ [adverbe et relatif de lieu]), est issu
DOMAR (‘dresser’, ‘dompter’), est issu du latin du latin unde signifiant ‘d’où’ > onde en vieil
domare ‘apprivoiser, soumettre’. espagnol. L’idée d’origine n’ayant plus été
Dérivés : DOMADOR ‘dompteur’, ‘dresseur’. perçue dans onde, elle a été rajoutée une 1re
INDÓMITO ‘indompté’. REDOMADO ‘fieffé’ fois au moyen de la préposition de : de + onde
c’est-à-dire ‘celui que l’on a voulu dompter > donde avec le sens de ‘d’où’ dans la vieille
langue : el lugar donde vengo ‘le lieu d’où je

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viens’. Donde est devenu statique à son tour français endosser, d’abord ‘mettre sur son
malgré la surmotivation apportée par la prépo- dos’ puis, dans le vocabulaire commercial,
sition de : el lugar donde estoy ‘le lieu où je ‘écrire au dos d’un document’, par exemple
suis’. Il a donc fallu ajouter une 2e fois la signer au dos d’un chèque afin que la banque
même préposition pour bien signifier la pro- puisse l’encaisser.
venance : el lugar de donde vengo ‘le lieu DOS (‘deux’), est issu du latin duos, accusatif
d’où je viens’. Au total, l’idée d’origine est masculin pluriel de duo ‘deux’.
contenue trois fois dans de donde. Dérivés : DESDOBLAR ‘déplier’, ‘dédoubler’.
Dérivés : DONDEQUIERA ‘n’importe où, par- DOBLAR ‘plier, courber’. DOBLE ‘double’ (du
tout où’ est formé avec le subjonctif présent latin duplus ‘deux fois aussi grand’). DOBLAJE
du verbe querer (littéralement ‘où l’on vou- ‘doublage (d’un film, d’un acteur)’ : el do-
dra’ → ‘n’importe où’). Voir à ce sujet cual- blaje a Sylvester Stallone ‘le doublage de
quiera. Sylvester Stallone’. DOBLEGAR ‘plier, faire
DOÑA, voir dueño. fléchir, soumettre’. DOBLEZ ‘duplicité, fausse-
DOPAR (‘doper’), est l’adaptation de l’anglo- té’. DOCE ‘douze’, du latin duodecim, compo-
américain to dope ‘droguer, stimuler’, dérivé sé avec duo et decim ‘dix’. DOCENA ‘dou-
argotique de dope (fin du XIXe siècle) avec zaine’. DOSCIENTOS, voir ciento. DUALIDAD
d’abord le sens d’ « enduit » puis celui de ‘dualité’. DÚO ‘duo’ (cantar a dúo ‘chanter en
‘drogue, narcotique’, issu du néerlandais doop duo’). DUODENO ‘duodénum’, est emprunté au
‘sauce’. latin médiéval des médecins duodenum. En
Dérivés : DOPAJE et DOPING ‘dopage’ (control fait il s’agit de l’abréviation de duodenum di-
antidoping / antidopaje ‘contrôle antido- gitorum ‘de douze doigts’. Cette partie de
page’). l’intestin grêle était mesurée en 12 travers de
DORADA, voir oro. doigt par les médecins de l’époque. DÚPLEX
DORAR, voir oro. ‘duplex’, est emprunté tardivement (fin du
DORMIDERA, voir dormir. XIXe siècle) au latin duplex ‘double, partagé
DORMIDERO, voir dormir. en deux’, synonyme de duplus ‘double’, formé
DORMIR (‘dormir’), est issu du latin dormire de avec duo ‘deux’ et plicare ‘plier’. Ce mot est
même sens. utilisé aujourd’hui pour désigner un ‘apparte-
Dérivés : DORMIDERA ‘pavot’ (amapola de ment sur deux étages’ et dans les télécommu-
dormidera ‘fleur de pavot’ dont les propriétés nications ou transmissions télévisées (conver-
narcotiques [opium] sont bien connues). sation entre deux personnalités dans des stu-
DORMIDERO ‘soporifique’. DORMITAR ‘som- dios de télévision différents) DUPLICADO ‘du-
meiller’. DORMITORIO ‘chambre à coucher’, plicata, double’ (por duplicado ‘en double
‘dortoir’. DUERMEVELA ‘demi-sommeil’ (litté- exemplaire’). DUPLICAR ‘doubler, multiplier
ralement ‘dormir’ et ‘veiller’). DURMIENTE par deux’. DUPLICIDAD ‘duplicité’, ‘fausseté’.
‘dormant’ (la Bella del Bosque Durmiente REDOBLE ‘roulement (de tambour)’, formé
‘la belle au bois dormant’). avec le préfixe re- à valeur intensive et itéra-
DORMITAR, voir dormir. tive qui multiplie et amplifie le sens de doble.
DORMITORIO, voir dormir. DOSCIENTOS, voir ciento.
DORSO (‘dos’), est issu du latin dorsum de même DOSIS, voir dar.
sens. Ce mot est à rattacher à deorsum formé DOSIFICAR, voir dar.
avec de- et vorsum ou versum qui signifie DOSSIER (‘dossier’), est emprunté au français
‘vers, dans la direction de’. Deorsum veut dossier ‘ensemble de pièces relatives à une af-
donc dire ‘vers le bas’, ‘en bas’ car le dos est faire’ et dérivé de dos (d’un livre) : dossier
la partie du corps qui penche vers le bas. Il a adopción ‘dossier adoption’. On préfère par-
existé en vieil espagnol la forme yuso ou ayu- fois le terme expediente quand il s’agit d’un
so issue du latin deorsum et qui signifiait aussi dossier officiel. Dossier reste invariable en
‘vers le bas’ ; elle s’opposait à suso ‘en haut, nombre (los dossier). Pour ‘dossier médical’
vers le haut’ (latin sursum). En français de + on dira historial clínico et pour ‘dossier sco-
sursum > desursum > ‘dessus’. laire’ expediente académico. En droit ‘ins-
Dérivés : ADOSAR ‘adosser’ (emprunté au truire un dossier’ instruir un sumario.
français adosser). ENDOSAR ‘endosser’, du DOTAR, voir dote.

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DOTE (‘dot’ et ‘don, aptitude’), est emprunté au ‘faire couler/rouler le ballon par petits coups
latin dos, dotis ‘bien apporté’ par l’épouse’ et, de pied successifs’).
en bas latin, ‘qualités, mérites de qqn ou de DROGA (‘drogue’), est d’origine mal établie.
qqch’, dérivé de dare ‘donner’. Peut-être issu du moyen néerlandais droge
Dérivés : DOTAR ‘doter’. ‘produits séchés’ ou de l’arabe durawa ‘balle
DRACONIANO, voir dragón. de blé’. P. Guiraud remonterait plutôt au latin
DRAGA (‘drague’), est emprunté à l’anglais drag derogare ‘ôter, diminuer la valeur de’. A
‘filet de pêche (à la traîne)’, dérivé du verbe to l’origine, droga pourrait donc avoir signifié
drag ‘traîner’. En espagnol et en français, ce ‘chose de mauvaise qualité ou mauvaise à ab-
mot a pris le sens de ‘machine à enlever le sorber’. Le sens usuel de ‘stupéfiant’ s’est dé-
sable ou la vase d’un cours d’eau’. veloppé depuis le début du XXe siècle.
Dérivés : DRAGAR ‘draguer’. DRAGADO ‘dra- Dérivés : DROGAR ‘droguer’ et ‘doper’. DRO-
gage’, ce participe passé indique une action et GUERÍA ‘droguerie’. DROGUISTA ‘droguiste’.
non pas le résultat d’une action comme le fait DROGADICCIÓN ‘toxicomanie’. DROGADICTO
habituellement cette forme verbale (voir à ce ‘drogué, toxicomane’. DROGATA ou DROGOTA
sujet revelado de fotos ‘développement de ‘camé, toxico’.
photos’, izado de bandera ‘lever des cou- DROGADICCIÓN, voir droga.
leurs’, secado ‘séchage’, lavado ‘lavage’ DROGADICTO, voir droga.
etc.). DROGAR, voir droga.
DRAGÓN (‘dragon’), est emprunté au latin draco DROGATA, voir droga.
qui désigne à la fois un ‘serpent fabuleux’ DROGUERÍA, voir droga.
(gardien de trésor), ‘un poisson de mer incon- DROGUISTA, voir droga.
nu’, un ‘vase tortueux à faire chauffer de DROMEDARIO (‘dromadaire’), est emprunté au
l’eau’ et un ‘vieux cep de vigne’ (de forme latin dromedarius, dérivé du latin classique
tortueuse). Draco est emprunté au grec drakôn dromas, atis de même sens, lui-même pris au
‘dragon’. grec dromas (kamêlos) c’est-à-dire ‘(chameau)
Dérivés : DRACONIANO ‘draconien’, est dérivé coureur’. Dromas est de la même famille que
du nom propre Dracôn (‘le dragon’), législa- edramon ‘je courus’ (une des formes du verbe
teur d’Athènes (VIIe siècle avant J.C.) réputé trekhein ‘courir’) et que dromos ‘course’,
pour la sévérité du code pénal qu’il institua. ‘emplacement pour courir’ (voir hipódromo
DRAMA (‘drame’), est emprunté au latin tardif ‘hippodrome’).
drama ‘action théâtrale’, lui-même pris au Dérivés : SÍNDROME ‘syndrome’, est emprunté
grec drama, -atos ‘action’ et plus particuliè- au grec sundromê ‘action de réunir, réunion’.
rement au théâtre l’action sur scène, la pièce et Formé avec sun ‘ensemble’ et dromê ‘course’.
surtout la tragédie. Dérivé du verbe dran Ce mot introduit en médecine dès le XVIe
‘faire, agir’. siècle désigne aujourd’hui l’association de
Dérivés : DRAMÁTICO ‘dramatique’. plusieurs symptômes observables dans des
(DES)DRAMATIZAR ‘(dé)dramatiser’. DRAMA- maladies différentes et qui ne permet pas à elle
TIZACIÓN ‘dramatisation’ (juego de dramati- seule de déterminer la cause et la nature de la
zaciones ou juego de rol ‘jeu de rôles’). maladie (Síndrome de inmunodeficiencia
DRAMATURGO ‘dramaturge’ est emprunté au adquirida, abrégé en Sida).
grec dramatourgos ‘auteur dramatique’, formé DUALIDAD, voir dos.
avec drama et ergos (de ergon ‘action’, DUCHA (‘douche’), est emprunté au français
‘œuvre’). douche lui-même pris à l’italien doccia ‘jet
DRÁSTICO (‘drastique’), est emprunté au grec d’eau dirigé sur le corps’, déverbal de doc-
drastikos ‘actif, énergique’ (terme de méde- ciare ‘couler en jet’. Docciare remonte, par
cine), dérivé du participe passé drastos du l’intermédiaire de doccione (‘tuyau’, ‘con-
verbe dran ‘faire, agir’. duit’), au latin ductio ‘conduite’ issu de ducere
DRIBLAR (‘dribbler’), est l’adaptation de ‘conduire’.
l’anglais to dribble ‘faire couler’ et ‘goutter, Dérivés : DUCHAR(SE) ‘(se) doucher’.
dégouliner’ passé dans le langage du football DUCHO,A (‘expert, fort, orfèvre’), est issu du
vers 1860 (to dribble the ball, littéralement latin ductus ‘conduit, guidé’ c’est-à-dire ‘ha-
bile’, participe du verbe ducere ‘conduire’.

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DUDA, voir dudar. se produit pas comme dans dueño car l’accent
DUDAR (‘douter’), est issu du latin dubitare de groupe c’est-à-dire l’accent principal se
‘hésiter entre deux choses’, dérivé de dubius trouve sur le nom de personne, ici Pedro.
‘indécis’, lui-même dérivé de duo ‘deux’. DUERMEVELA, voir dormir.
Dérivés : DUDA ‘doute’. DULCE ([adjectif] ‘doux’ ; [substantif au pluriel]
DUELO (1) (‘duel’), est emprunté au bas latin ‘confiture’, ‘sucreries’), est issu du latin dulcis
duellum ‘guerre, combat’ (variante archaïque ‘doux, agréable’ désignant des choses à la sa-
de bellum ‘guerre’). Le sens primitif de veur agréable, sucrée (dulces = ‘sucreries,
‘guerre’ a été infléchi vers celui de ‘duel’ sans friandises’ en espagnol). Dulcis avait aussi des
doute sous l’influence de duo ‘deux’ (deux emplois figurés (caractère doux etc.).
combattants). Il s’agit en fait d’une étymolo- Dérivés : DULCINEA ‘Dulcinée’. DULZURA
gie populaire puisque duellum n’est pas formé ‘douceur’. EDULCORAR ‘édulcorer, adoucir’,
avec duo. du bas latin edulcorare issu de dulcor ‘dou-
DUELO (2) (‘deuil, douleur’), voir dolor. ceur’.
DUENDE (‘lutin, esprit follet’). Ce mot a d’abord DULCINEA, voir dulce.
signifié le ‘maître de maison’ car il est issu de DULZURA, voir dulce.
la contraction de duen de casa, expression DUMPING (‘dumping’), est emprunté à l’anglais
dans laquelle duen est une forme apocopée de dumping (1883) qui signifie littéralement ‘dé-
dueño (l’autre étant don). D’où le sens de charge (à ordures)’, correspondant au verbe to
‘esprit qui habite une maison’ et ‘lutin’, ‘gé- dump ‘décharger’, ‘déverser’, ‘laisser tomber
nie’. lourdement’ et qui s’est spécialisé en écono-
DUEÑO (‘maître’, ‘propriétaire’), est issu du latin mie pour signifier ‘exporter ou déverser sur le
dominus ‘maître (de maison)’, formé sur do- marché une grande quantité de produits à bas
mus ‘maison’. prix’ de façon à exercer une très forte concur-
Dérivés : DOMINAR ‘dominer’, du latin domi- rence.
nari ‘être maître’, ‘régner’. DOMINGO ‘di- DUNA (‘dune’), est emprunté à l’ancien néerlan-
manche’, est issu du latin chrétien dies domi- dais dûna, lui-même pris au gaulois *duno
nicus ‘jour du seigneur’. DOMINGUERO ‘du ‘hauteur’
dimanche’ (trajes domingueros ‘habits du DÚO, voir dos.
dimanche’ ; un conductor dominguero ou DUODENO, voir dos.
encore un dominguero ‘un conducteur du di- DÚPLEX, voir dos.
manche’). DOMINIO ‘maîtrise’, ‘autorité’, DUPLICADO, voir dos.
‘emprise’. DOMINÓ ‘domino’ est d’origine mal DUPLICAR, voir dos.
établie. Ce mot est peut-être issu de domino DUPLICIDAD, voir dos.
ablatif de dominus avec d’abord le sens de DUQUE (‘duc’), est emprunté au français duc lui-
‘pèlerine noire à capuchon, portée en hiver par même pris au latin dux ‘guide, conducteur’ et
les prêtres’. Domino pourrait être l’abréviation ‘chef’, dérivé de ducere ‘conduire’. Dans le
de benedicamus Domino ‘bénissons le Sei- bas empire romain ce mot s’est appliqué à une
gneur’, formule liturgique prononcée lorsque magistrature (gouverneur d’une province de
les prêtres revêtaient cette pèlerine. Le sens de l’Empire). Au moyen âge, il désigne le chef
‘jeu de domino’ apparaît au XVIIIe siècle : d’une armée puis celui qui a le gouvernement
l’envers des dominos étant noir, il s’agirait (la seigneurie) d’un territoire appelé ‘duché’.
d’un emploi métaphorique par analogie avec Enfin, dans la hiérarchie nobiliaire, il désigne
le capuchon noir des moines. On notera celui qui porte le titre le plus élevé après celui
l’expression efecto dominó (ou efecto de bola de prince.
de nieve) ‘effet boule de neige’. DON, parti- Dérivés : DUCADO ‘duché’ et ‘ducat’ : dans ce
cule honorifique utilisée devant un prénom et dernier sens, il s’agit d’un emprunt à l’italien
signifiant ‘monsieur’ est le traitement dit atone ducato (latin ducatus) ‘monnaie ducale, frap-
de dominum en position proclitique : dominum pée à l’effigie d’un duc’.
Petrum > domno Pedro > doño Pedro > doñ DURACIÓN, voir durar.
Pedro > don (forme apocopée). La voyelle o DURANTE, voir durar.
de doño chute comme chute le o de bueno DURAR (‘durer’), est issu du latin durare ‘durer’.
(hombre) et, par ailleurs, la diphtongaison ne Ce verbe semble construit sur la racine du-

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que l’on trouve dans dudum ‘naguère, autre- trimoine’, dérivé de oikonomos ‘qui admi-
fois’ d’où l’idée de temps, de durée. Cepen- nistre une maison, administrateur’. Formé
dant, comme ce verbe signifie aussi ‘endurer, avec oikos ‘maison’ et nomos ‘administration’.
souffrir’, ‘(se) durcir’, on pense qu’il a été Dérivés : ECONÓMICO ‘économique’, est em-
confondu avec le verbe durare (issu de durus prunté au latin oeconomicus, du grec oikono-
‘dur’) et signifiant ‘rendre dur’. Les concepts mikos ‘relatif à l’administration d’une mai-
de ‘dur’ et ‘qui dure’ sont d’ailleurs proches. son’. ECONOMISTA ‘économiste’. ECONOMI-
Dérivés : DURACIÓN ‘durée’. DURANTE ‘du- ZAR ‘économiser’.
rant, pendant’ est l’ancien participe présent de ECONÓMICO, voir economía.
durar devenu préposition (voir aussi mediar / ECONOMISTA, voir economía.
mediante ‘moyennant’). ECONOMIZAR, voir economía.
DUREZA, voir duro. ECOSISTEMA, voir ecología.
DURMIENTE, voir dormir. ECUACIÓN, voir igual.
DURO (‘dur’), est issu du latin durus ‘qui résiste ECUADOR, voir igual.
au toucher’ et, au figuré, ‘insensible’, ‘intrai- ECUESTRE, voir yegua.
table’. L’origine de durus n’est pas bien éta- ECZEMA / ECCEMA (‘eczéma’), est emprunté,
blie. par l’intermédiaire du français eczéma, au la-
Dérivés : DUREZA ‘dureté’. ENDURECER ‘en- tin médiéval eczema, lui-même pris au grec
durcir’. médical ekzema ‘éruption cutanée’, dérivé de
ekzein formé avec ek ‘hors de’ et zein ‘bouil-
lir, bouillonner’.
E ECHAR (‘jeter’), est issu du latin jactare ‘lancer,
jeter, agiter’ fréquentatif (valeur intensive) de
jacere ‘jeter’. La forme jactare qui signifiait
EBRIEDAD, voir embriagar. aussi au figuré ‘jeter qqch en avant (en toute
EBRIO, voir embriagar. occasion ou avec ostentation)’ a donné par
ECLÉCTICO, voir elegir. évolution savante le verbe jactar(se) ‘se
ECLESIÁSTICO, voir iglesia. mettre en avant’ c’est-à-dire ‘se vanter, se tar-
ECLIPSAR, voir eclipse. guer’.
ECLIPSE (‘éclipse’), est emprunté au latin impé- Dérivés : DESECHAR ‘rejeter’. DESECHO ‘re-
rial eclipsis ‘occultation passagère (d’un but’, ‘résidu’.
astre)’, lui-même pris au grec ekleipsis ‘aban- EDAD (‘âge’), est issu du latin aetas, aetatis ‘vie,
don, défection’. Le terme grec est formé avec temps que l’on vit’, contraction de l’ancienne
ek ‘hors de’ et leipein ‘laisser, abandonner’. forme aevitas elle-même dérivée de aevum
Dérivés : ECLIPSAR ‘éclipser’. ‘durée, temps’.
ECO (‘écho’), est emprunté au latin echo ‘son Dérivés : COÉTANO ‘contemporain’, du latin
répercuté’ lui-même pris au grec êchô ‘bruit, coaetanus ‘qui est du même âge’, formé avec
bruit répercuté’ et ‘rumeur populaire’. cum ‘ensemble’ et aetas ‘âge’. ETERNO ‘éter-
Dérivés : ECOGRAFÍA ‘échographie’, méthode nel’, du latin aeternus, contraction de aeviter-
d’exploration médicale enregistrant l’écho nus ‘qui dure toute la vie’, dérivé de aevus
produit par les ultrasons sur les différents tis- ‘temps (considéré dans sa durée)’, opposé à
sus de l’organisme. tempus ‘instant’. ETERNIDAD ‘éternité’. ME-
ECOLOGÍA (‘écologie’), est un emprunt à DIEVAL ‘médiéval’, dérivé savant apparu au
l’allemand Okologie, composé à partir du grec XXe siècle du latin medium aevum ‘moyen
oikos ‘maison, habitat’ et de logos ‘discours, âge’. On peut aussi penser à un emprunt à
traité’. C’est donc l’étude du milieu où vivent l’anglais mediaeval qui existe dès 1827.
les êtres vivants. Ce terme a été créé en 1866 EDECÁN (‘aide de camp’). Ce terme, apparu au
par le zoologiste E.H.Haeckel. XVIIIe siècle, est l’adaptation du français aide
Dérivés : ECOLOGISTA ‘écologiste’. ECOSIS- de camp. On remarquera que l’accent de grou-
TEMA ‘écosystème’. pe du français [aide-de-cámp] est bien marqué
ECONOMÍA (‘économie’), est emprunté au bas sur le a en espagnol.
latin oeconomia lui-même pris au grec oiko- EDÉN (‘éden’), est emprunté à l’hébreu eden,
nomia ‘administration d’une maison, d’un pa- nom du jardin où vécurent Adam et Eve. Con-

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fondu avec le nom commun hébreu adanim EFEBO (‘éphèbe’), est emprunté au latin ephe-
‘délices’ (pluriel de eden), ce mot a pris en bus, du grec ephêbos ‘qui est arrivé à l’âge
grec et en latin le sens de ‘volupté’, ‘délices’. d’homme’. Ce mot est formé à partir de hêbê
EDICIÓN (‘édition’), est emprunté au latin impé- ‘jeunesse’, ‘vigueur’, ‘puberté’.
rial editio ‘production’ et plus particulière- EFECTISMO, voir efecto.
ment ‘établissement de texte’, formé sur edi- EFECTISTA, voir efecto.
tum, participe passé au neutre de edere ‘pro- EFECTIVO, voir efecto.
duire, mettre au jour’. EFECTO (‘effet’), est emprunté au latin effectus
Dérivés : EDITOR ‘éditeur’. EDITAR sans doute ‘exécution, réalisation’, ‘vertu, force’, ‘résul-
par l’intermédiaire du français éditer. EDITO- tat’, formé sur effectum supin du verbe efficere
RIAL ‘éditorial’ : una (casa) editorial ‘une ‘produire un effet’, composé de ex- et de fa-
maison d’édition’. INÉDITO ‘inédit’ est un em- cere ‘faire’.
prunt savant au latin ineditus formé avec in- Dérivés : COEFICIENTE ‘coefficient’, est formé
(privatif) et editus, littéralement ‘qui n’a pas avec co- (latin cum ‘avec, ensemble’) et efi-
été publié’. ciente (voir ce terme plus bas) : littéralement
EDIFICACIÓN, voir edificar. ‘deux éléments (mathématiques) concourent à
EDIFICAR (‘construire’), est emprunté au latin produire un résultat’. Ce terme mathématique
aedificare ‘construire’, composé de aedes est apparu au XVIIIe siècle et désignait à
‘maison’ (à l’origine ‘foyer’) et de facere l’origine un nombre qui multiplie la valeur
‘faire’. Aedificare a pris en latin chrétien le d’une quantité algébrique. Le sens courant se-
sens de ‘faire grandir dans la foi’. Ce sens mo- ra ensuite celui de ‘facteur, pourcentage’ et
ral se conserve dans edificar con su ejemplo ‘valeur relative d’une épreuve d’examen’.
‘édifier (qqn) par son exemple’. EFECTISMO ‘effet, tape-à-l’œil’. EFECTISTA
Dérivés : EDIFICACIÓN ‘construction’, ‘édifi- dans pintura efectista ‘peinture en trompe-
cation’. EDIFICIO ‘bâtiment’ est emprunté au l’œil’ et título / tema efectista ‘titre / sujet ra-
latin aedificium de même sens, tiré de aedifi- coleur’. EFECTIVO ‘effectif’ est emprunté au
care ‘édifier, construire’. latin effectivus ‘qui produit’, ‘pratique’, ‘qui
EDIFICIO, voir edificar. exprime un effet’. Le sens d’ « argent comp-
EDITAR, voir edición. tant, liquide ou espèces », dans dinero efecti-
EDITOR, voir edición. vo s’explique par le caractère palpable, effec-
EDITORIAL, voir edición. tif c’est-à-dire bien réel du paiement. Enfin
EDREDÓN (‘édredon’), est emprunté au français l’acception ‘effectifs (militaires, policiers)’
édredon, lui-même pris au danois ederduun, vient du fait que ce mot a d’abord servi à dési-
formé avec eder ‘eider’, ‘canard des pays nor- gner les soldats réellement présents dans une
diques’ et duun ‘duvet’. unité. Par extension, ce mot désigne mainte-
EDUCACIÓN, voir educar. nant le nombre réglementaire des hommes
EDUCACIONAL, voir educar. constituant une formation : efectivos poli-
EDUCANDO, voir educar. ciales ‘effectifs de police’. EFECTUAR ‘effec-
EDUCAR (‘éduquer’), est emprunté au latin tuer’. EFICAZ ‘efficace’ est emprunté au latin
educare ‘élever, instruire’, de ducere ‘tirer à efficax ‘qui produit l’effet attendu’, dérivé de
soi’, d’où ‘conduire, mener dans l’instruction’, efficere. EFICACIA ‘efficacité’. EFICIENTE ‘ef-
dérivé de dux ‘chef’. ficace’ est emprunté au latin efficiens ‘qui
Dérivés : EDUCANDO ‘élève’ et ‘enfant de produit un effet’. La différence d’emploi entre
troupe’, gérondif substantivé de educar. EDU- eficaz et eficiente : una secretaria eficiente /
CACIÓN ‘éducation’, du latin educatio ‘action un remedio eficaz.
d’élever des animaux, des plantes’ et ‘instruc- EFECTUAR, voir efecto.
tion, formation de l’esprit’ (tiré de educatum, EFEMÉRIDES, voir efímero.
supin de educare). EDUCACIONAL et EDUCA- EFERVESCENTE, voir hervir.
TIVO éducatif’ (cadena educacional ‘chaîne EFICACIA, voir efecto.
[de télévision] éducative’). REEDUCAR ‘réédu- EFICAZ, voir efecto.
quer’. EFICIENTE, voir efecto.
EDUCATIVO, voir educar. EFIGIE, voir fingir.
EDULCORAR, voir dulce.

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EFÍMERO (‘éphémère’), est emprunté au grec EJEMPLAR, voir ejemplo.


ephêmeros, littéralement ‘soumis au destin de EJEMPLO (‘exemple’), est emprunté au latin
chaque jour’, qui ne dure qu’un jour’. Compo- exemplum, littéralement ‘objet mis à part et
sé avec epi ‘pendant’ et hêmera ‘jour’. servant de modèle’, ‘échantillon’, ‘copie’ et
Dérivés : EFEMÉRIDES ‘éphéméride’, du grec ‘modèle, chose exemplaire’. Ce mot est dérivé
ephêmeris (biblos) c’est-à-dire ‘(journal) quo- de eximere ‘extraire, retirer’, lui-même issu de
tidien’, ‘mémoires’. HEMEROTECA ‘départe- emere ‘prendre’.
ment des périodiques’ (dans une bibliothèque), Dérivés : EJEMPLAR (adjectif et substantif)
est formé sur le grec hemerologion ‘journal’ ‘exemplaire’.
(de hemera ‘jour’ et theke ‘dépôt’ c’est-à-dire EJERCER (‘exercer’), est issu du latin exercere
‘lieu où l’on entrepose les journaux’). ‘poursuivre, chasser’, ‘agiter, ne pas laisser en
EFLUVIO, voir fluir. repos’ puis ‘mettre à l’épreuve’ et enfin ‘pra-
EFUSIÓN, voir fundir. tiquer, exercer’. Ce verbe est formé avec ex-
ÉGIDA (‘égide’), est emprunté au latin Aegis, (privatif) et arcere ‘contenir, maintenir’ (es-
Aegidis ‘bouclier de Jupiter’, ‘bouclier de Pal- pagnol arca ‘coffre’).
las (avec la tête de Méduse)’ et ‘défense, pro- Dérivés : EJERCICIO ‘exercice’. EJÉRCITO
tection’, lui-même pris au grec aigis ‘peau de ‘armée’, du latin exercitus ‘exercice’ et
chèvre’, dérivé de aix, aigos ‘chèvre’. Aegis ‘troupe (exercée militairement)’.
désignait le bouclier de Zeus recouvert de la EJERCICIO, voir ejercer.
peau de la chèvre Amalthée sur lequel était EJÉRCITO, voir ejercer.
posée la tête de Méduse. Égida n’est plus uti- EL (‘le’ [article]), est issu du démonstratif latin
lisé que dans l’expression bajo la égida de ille qui, à basse époque, avait déjà subi un ap-
‘sous l’égide de’. pauvrissement sémantique (perte du caractère
ÉGLOGA, voir elegir. déictique) pour devenir un équivalent de notre
EGOCÉNTRICO, voir yo. article dit défini. La forme ille a produit aussi
EGOÍSMO, voir yo. le pronom personnel él. Sur les affinités entre
EGOÍSTA, voir yo. l’article et le pronom personnel, voir M. Bé-
EGOTISMO, voir yo. naben, Manuel de linguistique espagnole,
EGRESO (‘dépense, sortie, débit’), est emprunté Ophrys, 1994, pp. 46-47 et p. 72.
au latin egresus ‘action de sortir’, du verbe ÉL (‘il’ et ‘lui’ [pronoms personnels]), voir el
egredi ‘sortir’, lui-même dérivé de gradi (article).
‘marcher’. C’est aujourd’hui un terme de ELABORAR, voir labor.
commerce qui s’oppose à ingreso ‘rentrée ELASTICIDAD, voir elástico.
d’argent’. ELÁSTICO (‘élastique’ [adjectif et substantif]),
EJE (‘axe’), est issu du latin axis ‘essieu’ puis est emprunté au latin scientifique elasticus (au
‘axe de machine’, ‘axe du monde’. Le doublet XVIIIe siècle), lui-même pris au grec elastos
savant de eje est axis, 2e vertèbre du cou qui (ou elatos) ‘étiré’, dérivé du verbe elaunein
sert d’axe pour les mouvements de rotation de ‘pousser en avant’. Emploi récent : salto
la tête. elástico ‘saut à l’élastique’ (voir aussi puen-
EJECUCIÓN, voir ejecutar. ting, goming et gomeo).
EJECUTAR (‘exécuter’), est un dérivé savant du Dérivés : ELASTICIDAD ‘élasticité’.
verbe latin exsequi ‘suivre jusqu’au bout’, ‘ac- ELECCIÓN, voir elegir.
complir’, ‘achever’ et ‘poursuivre en justice’. ELECTO, voir elegir.
Formé avec ex- (ici idée d’achèvement) et se- ELECTOR, voir elegir.
qui ‘suivre’. ELECTORADO, voir elegir.
Dérivés : EJECUCIÓN ‘exécution’. EJECUTIVO ELECTORAL, voir elegir.
(substantif) ‘cadre (d’entreprise)’ est ELECTRICIDAD, voir eléctrico.
l’adaptation de l’anglais executive(s) ‘enca- ELÉCTRICO (‘électrique’), est emprunté au
drement’, ‘cadres’. EXEQUIAS ‘funérailles’, du XVIIe siècle au latin scientifique electricus
latin exsequiae de même sens, dérivé de exse- pour désigner les propriétés attractives de
qui avec le sens particulier de ‘suivre un enter- l’ambre qui, une fois frotté, attire à lui les
rement’. corps légers (W. Gilbert, De Magneto, 1600).
EJECUTIVO, voir ejecutar. Ce mot est créé sur le latin electrum ‘ambre’,

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lui-même pris au grec elektron ‘alliage d’or et et, en bas latin, ‘pièce de vers’, ‘petit poème
d’argent’ et ‘ambre’, dérivé de elektor ‘bril- pastoral’, emprunté au grec eklogê ‘choix’ et
lant’. ‘pièce choisie’. ELECCIÓN ‘élection’. ELECTO
Dérivés : ELECTRICIDAD ‘électricité’ (XVIIIe ‘élu’ (du latin electus, participe passé de eli-
siècle). ELECTROCUTAR ‘électrocuter’ (de gere), employé seulement comme adjectif :
l’anglais to electrocute). ELECTROCUCIÓN presidente electo ‘président élu’. Elegido,
‘électrocution’ (anglais electrocution). forme moderne du participe passé de elegir a
ELECTRÓN ‘électron’, est emprunté au grec été refaite par analogie avec les participes pas-
elektron (voir plus haut). C’est au XXe siècle sés faibles des verbes en -er ou -ir. ELECTOR
que le mot va acquérir la valeur de ‘particule ‘électeur’. ELECTORADO ‘corps électoral’.
électrique élémentaire’. ELECTRÓNICO ‘élec- ELECTORAL ‘électoral’ : colegio electoral
tronique’. Eléctrico a produit un très grand ‘bureau de vote’. SELECCIÓN ‘choix’, ‘sélec-
nombre de mots dérivés tels que ELECTRO- tion’ (selección natural ‘sélection naturelle’),
CHOQUE ‘électrochoc’ ELECTROCARDIOGRA- du latin selectio ‘choix’, dérivé de selectum
MA ‘électrocardiogramme’, ELECTRODOMÉS- supin de seligere ‘choisir et mettre à part’,
TICO ‘électroménager’, ELECTROENCEFALO- formé avec se- (indiquant la séparation) et le-
GRAMA ‘électroencéphalogramme’ etc. gere ‘ramasser, cueillir’, ‘choisir’. SELECTIVI-
ELECTRÓN, voir eléctrico. DAD ‘sélection’ (à l’Université). SELECTIVO
ELECTRÓNICO, voir eléctrico. ‘sélectif’. SELECTO ‘choisi’ (poesías selectas
ELECTROCUTAR, voir eléctrico. ‘poésie choisies’).
ELECTROCUCIÓN, voir eléctrico. ELEMENTO (‘élément’), est emprunté au latin
ELEFANTE (‘éléphant’), est emprunté au latin elementum surtout employé au pluriel avec le
elephas, elephantis ‘éléphant’ et ‘éléphantia- sens de ‘principes’, ‘connaissances élémen-
sis’, sorte de lèpre provoquant une augmenta- taires’, mot d’origine inconnue.
tion considérable du volume du membre at- ELEPÉ (‘album [de disques]’), représente la
teint. prononciation à l’espagnole de l’abréviation
Dérivés : ELEFANTIASIS ‘éléphantiasis’, est un L.P., abréviation finalement redéployée qui
emprunt savant au latin elephantiasis ‘lèpre correspond à l’anglais long play désignant un
tuberculeuse’. disque de longue durée avec plusieurs titres et
ELEFANTIASIS, voir elefante. s’opposant à single (sencillo en espagnol),
ELEGANCIA, voir elegante. c’est-à-dire l’ancien ‘45 tours’ avec un ou
ELEGANTE (‘élégant’), est emprunté au latin deux titres seulement. Le disque compact nu-
elegans ‘qui sait choisir’ et ‘distingué’, an- mérique a rendu caduques les dénominations
cienne forme de participe présent apparentée à ‘33 tours’ et ‘45 tours’ qui correspondaient
legere ‘cueillir’, ‘choisir’, ‘rassembler’ et aux vitesses utilisées pour lire les disques en
‘lire’. vinyle.
Dérivés : ELEGANCIA ‘élégance’. ELEVACIÓN, voir levar.
ELEGÍA (‘élégie’), est emprunté au latin elegia ELEVALUNAS, voir levar.
de même sens, lui-même pris au grec elegeia ELEVAR, voir levar.
dérivé de elegos ‘chant de deuil’ dont l’origine ELIMINACIÓN, voir eliminar.
n’est pas élucidée. ELIMINAR (‘éliminer’), est emprunté au latin
ELEGIR (‘choisir’), est emprunté au latin eligere eliminare ‘faire sortir, mettre dehors’, formé
‘choisir’, formé avec ex- et legere ‘cueillir’, avec ex- (idée de séparation) et limen ‘seuil’.
‘rassembler’, ‘choisir’ et ‘lire’ (voir leer). Dérivés : ELIMINACIÓN ‘élimination’. LIMI-
Dérivés : ECLÉCTICO ‘éclectique’, est emprun- NAR ‘liminaire’, emprunté au latin liminaris,
té au grec eklektikos ‘apte à choisir’, ‘qui littéralement ‘relatif au seuil’ et, au figuré,
choisit’ (du verbe eklegein ‘choisir’). Ce terme ‘placé au début, initial’ (advertencia liminar
a d’abord désigné les ‘éclectiques’ c’est-à-dire ‘avertissement liminaire’). PRELIMINAR ‘pré-
les philosophes qui choisissaient des éléments liminaire’ est devenu plus usuel que liminar.
de leur doctrine parmi les différents systèmes ELIPSIS (‘ellipse’ [grammaire et rhétorique]), est
de pensée. Aujourd’hui ce terme désigne une emprunté au latin impérial ellipsis, lui-même
personne qui n’a pas de goût exclusif. ÉGLO- pris au grec elleipsis ‘manque’, ‘omission
GA ‘églogue’, du latin ecloga ‘choix, recueil’ d’un mot’, dérivé du verbe elleipein (de lei-

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pein ‘laisser, négliger’). Il peut arriver que EMBAJADA (‘ambassade’, ‘commission’, ‘pro-
certains éléments d’une phrase ne soient pas position’), est emprunté à l’ancien provençal
exprimés sans que pour cela les sujets parlants ambaissada, dérivé du latin médiéval ambac-
cessent de se comprendre, on dit qu’il y a el- tia ‘service, fonction’, lui-même d’origine
lipse ou que la phrase est elliptique : ‘arrive- gauloise (*ambactos ‘serviteur’). Cette forme
rons demain’ (ellipse du sujet dans le style dit provient sans doute des racines indoeuro-
‘télégraphique’). péennes *Kwel- ‘circuler’ et *ambhikwalos
ELISIÓN, voir lisiar. ‘qui circule autour’ (voir ambición dans
ÉLITE ou ELITE (‘élite’), est emprunté au fran- l’article consacré à ambiente). Cette notion de
çais élite qui est l’ancien participe passé subs- mouvement permettant d’exprimer l’idée de
tantivé au féminin du verbe élire → eslit → mission, de service. En espagnol, embajada
eslite → élite (moderne élu[e]). Elite désigne signifie ‘commission, message’, ‘communica-
les personnes ‘élues, ‘choisies’, celles qui se tion importante’, ‘ambassade’ (résidence de
détachent au sein d’un groupe, d’une commu- l’ambassadeur) et enfin ‘proposition (jugée
nauté. impertinente)’ : ¡ linda embajada ! ‘belle
Dérivés : ELITISMO ‘élitisme’. ELITISTA ‘éli- proposition !’
tiste’. Dérivés : EMBAJADOR ‘ambassadeur’.
ELITISMO, voir élite. EMBAJADOR, voir embajada.
ELITISTA, voir élite. EMBALAR (‘emballer’), est emprunté au français
ELOCUCIÓN, voir locuaz. emballer, dérivé de balle (de marchandises).
ELOCUENCIA, voir locuaz. Emballer signifie donc à l’origine ‘mettre en
ELOGIAR, voir elogio. balle’. Voir bala (2).
ELOGIO (‘éloge’), est emprunté au latin elogium Dérivés : EMBALAJE, emprunté au français
‘épitaphe’, ‘courte formule’, ‘clause d’un tes- emballage.
tament’. Par rapprochement avec le grec eulo- EMBALSE (‘réservoir, bassin’, ‘barrage, retenue
gia ‘belles paroles, beau langage’, elogium a d’eau’), est un dérivé de balsa (‘mare’, ‘la-
pris le sens d’ « éloge ». gune’, ‘réservoir’) dont l’origine n’est pas
Dérivés : ELOGIAR ‘louer’, ‘faire l’éloge’. bien établie (probablement ibérique).
ELUCIDAR, voir luz. EMBARAZAR (‘embarrasser’, ‘gêner’ ; ‘rendre
ELUCUBRACIÓN, voir luz. enceinte’), est emprunté au léonais et au gali-
ELUDIBLE, voir eludir. cien-portugais embaraçar dérivé de baraça, o
ELUDIR (‘éluder’), est emprunté au latin eludere ‘corde, courroie’ d’origine non établie. En es-
‘jouer’, ‘se jouer de’, ‘esquiver’, formé avec pagnol embarazar a pris aussi le sens de
ex- (éloignement, séparation) et ludere ‘jouer’ ‘rendre une femme enceinte’, la grossesse
(de ludus ‘jeu’ ; espagnol lúdico ‘ludique’). étant vue comme un embarras, une gêne phy-
Dérivés : ELUDIBLE ‘évitable’. INELUDIBLE sique puisque le corps subit des transforma-
‘inévitable’. tions notables.
ELLA / ELLO, voir él et el. Dérivés : DESEMBARAZAR ‘débarrasser’. EM-
EMANAR, voir manar. BARAZO ‘embarras’ et ‘grossesse’ (embarazo
EMANCIPACIÓN, voir emancipar. fantasma ‘grossesse nerveuse’ ; interrupción
EMANCIPAR (‘émanciper’, ‘affranchir’), est voluntaria del embarazo ‘IVG’.
emprunté au latin juridique emancipare ‘libé- EMBARAZO, voir embarazar.
rer de l’autorité paternelle ou de la servitude’, EMBARCACIÓN, voir barca.
composé avec ex (idée de séparation) et man- EMBARCAR, voir barca.
cipare ‘vendre’. Mancipare est issu de manci- EMBARGAR (‘gêner, embarrasser’ ; ‘séquestrer,
pium ‘droit de propriété’, ‘propriété’, lui- mettre sous séquestre’ ; ‘mettre l’embargo
même formé de manus ‘main’ et ‘pouvoir, sur’), est issu du latin vulgaire *imbarricare
puissance’ et de capere ‘prendre’. Mancipium (littéralement ‘mettre une barre’), dérivé de
signifie donc littéralement ‘action de prendre barra ‘barre’ (voir ce mot).
avec la main la chose dont on se rend acqué- Dérivés : EMBARGO ‘saisie, séquestre’, ‘em-
reur’. bargo’ (el embargo a las armas ‘l’embargo
Dérivés : EMANCIPACIÓN ‘émancipation’. sur les armes’).
EMASCULAR, voir macho (1). EMBARRAR, voir barro.

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EMBATE, voir batir. EMBRAGAR, voir braga.


EMBEBER, voir beber. EMBRAGUE, voir braga.
EMBELECAR (‘tromper, leurrer’, ‘séduire, enjô- EMBRAVECER, voir bravo.
ler’), est d’origine mal établie. Peut-être de EMBRIAGAR (‘enivrer, soûler’), dérive de
l’arabe béliq (ou *inbélaq) ‘rester abasourdi’. l’ancienne forme embriago ‘ivrogne’, issue
Dérivés : EMBELECO ‘leurre’, ‘attrape- elle-même du latin vulgaire ebriacus dérivé de
nigaud’. ebrius ‘ivre’.
EMBELESAR (‘ravir, charmer’ ; ‘ensorceler’), est Dérivés : EBRIEDAD ‘ébriété’. EBRIO ‘ivre’.
dérivé de belesa ‘dentelaire’ (calmant les EMBRIAGUEZ ‘ivresse, ébriété’ (prueba de
rages de dent), plante dont les propriétés nar- embriaguez/ de alcoholemia ‘alcootest’).
cotiques et toxiques étaient utilisées pour eni- EMBRIÓN (‘embryon’), est emprunté au grec
vrer les poissons et les pêcher. Belesa est pro- embruon ‘ce qui croît à l’intérieur de’, dérivé
bablement apparenté à beleño ‘jusquiame’, de bruein ‘gonfler, croître’.
autre plante à propriétés narcotiques et Dérivés : EMBRIONARIO ‘embryonnaire’.
toxiques. EMBRIONARIO, voir embrión.
Dérivés : EMBELESO ‘ravissement, enchante- EMBROLLAR (‘embrouiller’), est emprunté au
ment’, ‘ensorcellement’. français embrouiller, dérivé de brouiller, lui-
EMBELLECER, voir bello. même issu d’une forme de gallo-roman
EMBESTIDA, voir embestir. *brodiculare remontant au germanique *brod
EMBESTIR (‘assaillir, attaquer’, ‘charger’), est ‘bouillon, brouet’.
emprunté à l’italien investire de même sens, Dérivés : EMBROLLO ‘confusion, imbroglio’.
lui-même issu du latin investire ‘revêtir, gar- EMBRUJAR, voir bruja.
nir’, ‘entourer étroitement (comme un vête- EMBRUTECER, voir bruto.
ment)’. Investire est dérivé de vestire ‘habil- EMBUDO (‘entonnoir’), est issu du latin tardif
ler’, lui-même issu de vestis ‘vêtement’. En imbutum, participe passé substantivé du verbe
italien, investire a pris le sens particulier d’ imbuere ‘imbiber, imprégner’.
« entourer avec des troupes » d’où ‘investir, EMBUSTE, voir embustero.
faire le siège’ et ‘assaillir’. EMBUSTERO (‘menteur’), est d’origine mal
Dérivés : EMBESTIDA ‘charge, attaque’. établie. Peut-être emprunté à l’ancien français
EMBLEMA (‘emblème’), est emprunté au latin empousteur (français moderne imposteur), is-
emblema ‘ornement en relief’, lui-même pris su du latin impérial impostor ‘trompeur’, déri-
au grec emblêma de même sens. Le terme grec vé du latin classique imponere avec le sens d’
est dérivé de emballein ‘jeter dans’, ‘insérer’. « abuser qqn ».
Du sens de simple ornement on est passé à ce- Dérivés : EMBUSTE ‘mensonge’.
lui de ‘figure, ornement, à valeur symbolique’. EMBUTIDO, voir embutir.
Par extension, ce terme a désigné un être ou EMBUTIR (‘faire des saucisses, boudins etc.’ ;
un objet concret consacré par la tradition ‘bourrer’ ; ‘fourrer, introduire’), provient
comme représentatif d’une chose abstraite d’une forme dialectale boto ‘outre’. Embutir
(symbole). (anciennement embotir) signifiait donc à
Dérivés : EMBLEMÁTICO ‘emblématique’. l’origine ‘remplir comme une outre’.
EMBLEMÁTICO, voir emblema. Dérivés : EMBUTIDO ‘charcuterie’.
EMBOBAR, voir bobo. EMERGENCIA, voir somorgujo.
EMBOCADURA, voir boca. EMIGRACIÓN, voir emigrar.
EMBOLSAR, voir bolsa. EMIGRANTE, voir emigrar.
EMBORRACHAR, voir borracho. EMIGRAR (‘émigrer’), est emprunté au latin
EMBOSCADA, voir bosque. emigrare ‘changer de demeure’, formé avec ex
EMBOTELLAMIENTO, voir botella. (‘en dehors’) et migrare ‘s’en aller d’un en-
EMBOTELLAR, voir botella. droit’, ‘partir’.
EMBOZAR(SE) (‘cacher le bas du visage’, ‘dé- Dérivés : EMIGRACIÓN ‘émigration’. EMI-
guiser, cacher’ ; ‘museler’ ; ‘se draper’), est GRANTE ‘émigrant’. INMIGRAR ‘immigrer’.
dérivé de bozo ‘duvet’ et ‘bouche’, d’origine MIGRACIÓN ‘migration’. MIGRATORIO ‘migra-
incertaine, peut-être d’une vieille forme ro- teur’ et ‘migratoire’.
mane *bucciu dérivée du latin bucca ‘bouche’. EMINENCIA, voir eminente.

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EMINENTE (‘éminent’), est emprunté au latin mettre un excès’ et plus particulièrement un


eminens, participe présent de eminere ‘être excès alimentaire.
saillant, en relief’, ‘dominer’, formé avec ex Dérivés : EMPALAGOSO ‘écœurant.’
(idée de séparation) et minere ‘s’élever, sur- EMPALAGOSO, voir empalagar.
plomber’. Minere est un dérivé de mina, mi- EMPALMAR (‘raccorder, relier’), provient de
nae (au pluriel) qui désigne une saillie, l’ancienne forme empalomar ‘attacher avec
l’avancée d’un rocher (voir amenaza ‘me- une ficelle’, issu du catalan empalomar dérivé
nace’). de paloma ‘amarre, câble’. Paloma provient
Dérivés : EMINENCIA ‘éminence’ (eminencia sans doute d’un usage métaphorique du latin
gris ‘éminence grise’). INMINENTE ‘immi- palumbes ‘pigeon’ par comparaison entre le
nent’, du latin imminens, participe présent de vol de l’oiseau et l’amarre qu’on lance à terre
imminere ‘s’élever au-dessus’, ‘être très ou sur le quai pour attacher le bateau.
proche’, ‘menacer’. Dérivés : EMPALME ‘embranchement, raccor-
EMIR (‘émir’), est emprunté à l’arabe amir dement’, ‘correspondance’ (pour les trains),
‘prince, commandant’. Ce terme est aussi à ‘bretelle (d’autoroute)’, ‘liaison, connexion’.
l’origine de almirante ‘amiral’ (voir ce mot). EMPALME, voir empalmar.
Dérivés : EMIRATO ‘émirat’. EMPANADA, voir pan.
EMISIÓN, voir meter. EMPAÑAR, voir paño.
EMISOR(A), voir meter. EMPAPAR, voir papa (2).
EMITIR, voir meter. EMPAPELAR, voir papel.
EMOCIÓN, voir mover. EMPAQUETAR, voir paca.
EMOCIONAR, voir mover. EMPAREJAR, voir par.
EMOLUMENTOS (‘émoluments’), est emprunté EMPARENTAR, voir parir.
au latin emolumentum ‘somme payée au meu- EMPATAR (‘égaliser’, ‘faire match nul’ ; ‘être en
nier pour moudre le grain’ et, par extension, ballottage’), provient de l’ancienne forme pata
‘gain’. Ce mot est dérivé de emolere / molere (‘résultat nul, partie nulle’), en particulier dans
‘moudre le grain’. Aujourd’hui, emolumentos l’expression hacer pata ‘faire la paix’, ‘faire
s’emploie avec le sens de ‘salaire, rémunéra- un pacte’ (où il n’y a ni vainqueur, ni perdant).
tion’ (d’un fonctionnaire). Pata a été emprunté au latin pacta, neutre plu-
EMPACHAR (‘charger l’estomac’ ; ‘cacher, riel de pactum ‘pacte’.
couvrir’ ; ‘embarrasser, gêner’), est emprunté Dérivés : EMPATE ‘ballottage’, ‘match nul’,
au français empêcher, issu du bas latin impe- ‘partie nulle’. DESEMPATAR ‘départager’
dicare ‘prendre au piège, entraver’, dérivé de (vote), ‘jouer un match d’appui’ (football).
pedica ‘piège (pour prendre les animaux par la DESEMPATE ‘match d’appui’ (jugar el de-
patte)’, issu de pes, pedis ‘pied’. sempate ‘jouer la belle’).
Dérivés : DESPACHAR ‘envoyer, dépêcher’, EMPEDERNIDO, voir piedra.
‘servir’, ‘renvoyer, congédier’, ‘expédier’ est EMPEDRADO, voir piedra.
emprunté à l’ancien français despeechier (mo- EMPELLÓN (‘poussée’), est un dérivé de
derne dépêcher), formé comme contraire d’ l’ancien verbe empellir ou empellar ‘pousser’,
« empêcher » par substitution de préfixe. Jus- du latin impellere ‘heurter’, ‘mettre en mou-
qu’au XVIe siècle dépêcher a donc signifié vement, ébranler’, dérivé de pellere ‘remuer,
‘délivrer, mettre en liberté’. DESPACHO ‘expé- donner une impulsion’.
dition, envoi’, ‘débit, vente’, ‘bureau’. EMPA- EMPEÑARSE (‘mettre en gage, engager’ ;
CHO ‘embarras gastrique’, ‘embarras, gêne’. ‘s’obstiner à’, ‘s’efforcer de’), provient de
EMPALAGAR (‘écœurer’), provient probable- l’ancienne forme peños ‘gage’, issue elle-
ment d’une ancienne forme empelagarse même du latin pignus ‘garantie, gage’.
‘s’aventurer en haute mer’, dérivé de piélago Dérivés : DESEMPEÑAR ‘dégager’, ‘acquitter
‘haute mer’, tiré du grec pelagos ‘la haute des dettes’. Du sens d’ « acquitter une dette, se
mer, le large’ (voir pelágico, a ‘pélagique’). libérer d’une obligation », on est passé à celui
De l’idée de ‘partir, s’aventurer en haute mer’, d’ « accomplir, réaliser » d’où les sens mo-
on est passé à celle de ‘prendre des risques ex- dernes de ‘remplir, exercer’ (desempeñar un
cessifs’ et enfin à celle, plus large, de ‘com- cargo ‘remplir des fonctions’) et, de manière
plus spécialisée, ‘jouer (au théâtre, au ciné-

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ma)’ : desempeñar el papel de Don Juan EMPUJAR (‘pousser’), est issu du bas latin im-
‘jouer le rôle de Don Juan’. EMPEÑO ‘mise en pulsare de même sens, fréquentatif (ou inten-
gage’, ‘engagement’ ; ‘acharnement, opiniâ- sif) de impellere ‘heurter’, ‘pousser vers’, ‘in-
treté’. citer à’, composé avec im- et pellere ‘pousser’,
EMPEORAR, voir peor. ‘chasser’, ‘repousser’.
EMPEQUEÑECER, voir pequeño. Dérivés : EMPUJE ‘poussée’, ‘énergie, nerf,
EMPERADOR, voir imperar. ressort’. EMPUJÓN ‘coup, bourrade, poussée
EMPEZAR (‘commencer’), est dérivé du substan- rude’.
tif pieza ‘pièce, morceau’. Empezar signifiait EMPUÑAR, voir puño.
donc à l’origine ‘couper un morceau de qqch’, EMULACIÓN, voir émulo.
d’où ‘commencer à l’user et à l’utiliser’ et, par ÉMULO (‘émule, rival’), est emprunté au latin
extension, ‘commencer (toute action)’. aemulus ‘qui cherche à imiter’, ‘rival’,
EMPINADO, voir empinar. d’origine obscure.
EMPINAR (‘incliner, renverser’), est d’origine Dérivés : EMULACIÓN ‘émulation’.
incertaine. Ce mot est de la même famille que EMULSIÓN (‘émulsion’), est un dérivé savant de
pino (adjectif) ‘raide’ et ‘dressé’ dont l’origine emulsum supin du verbe emulgere ‘traire jus-
n’est pas mieux établie. Peut-être apparenté au qu’au bout’ et ‘extraire’, dérivé de mulgere
substantif pino ‘pin’ qui donne l’image de la ‘traire’. Les émulsions ayant une apparence
verticalité. laiteuse, c’est le verbe signifiant ‘traire’ qui a
Dérivés : EMPINADO ‘dressé’, ‘raide, en permis de désigner ce type de préparation.
pente’, ‘cabré (animal)’, ‘suffisant, hautain’. L’anglais milk ‘lait’ est de la même famille
PINITOS dans hacer pinitos ‘faire ses premiers que mulgere.
pas’ (c’est-à-dire ‘arriver à se tenir debout’ ; EN (‘en’, ‘dans’, ‘sur’), est issu de la préposition
pino, a ‘dressé, e’). latine in ‘dans’, ‘sur’.
EMPÍRICO (‘empirique’), est emprunté au latin Dérivés : INTESTINO, A ‘intestin, e’, (adjectif),
empiricus ‘médecin empirique’, lui-même pris est issu du latin intestinus ‘de l’intérieur’ : bel-
au grec empeirikos ‘qui se dirige d’après lum intestinum ‘guerre civile, intestine’ ;
l’expérience’, dérivé de empeiros ‘expérimen- (substantif) ‘l’intestin’, du latin intestinum
té’ (formé sur peira ‘tentative, essai, expé- (neutre substantivé). Ces mots sont issus de
rience’). Ce mot a d’abord désigné une pra- l’adverbe intus ‘de l’intérieur’, ‘au-dedans’,
tique médicale fondée sur l’expérience puis le lui-même formé à partir de in ‘dans, en’.
mot a vu s’étendre son champ d’application ENAGUA(S) (‘jupon’), provient de l’ancienne
(un método empírico ‘une méthode empi- forme naguas issue d’une langue indigène de
rique’). Saint Domingue (le taíno) où il désignait une
EMPLEADO, voir emplear. jupe en coton. Le e prothétique est sans doute
EMPLEAR (‘employer’), est emprunté à l’ancien dû au souci de bien segmenter des énoncés du
français empleiier (moderne employer), issu type estaba en naguas ‘elle était en jupon’ et
du latin implicare ‘plier dans’, ‘entortiller, estaba en aguas ‘elle était dans l’eau’.
emmêler’ et, au figuré, ‘s’engager dans’, ENAJENACIÓN, voir ajeno.
‘mettre, placer (qqn dans telle ou telle activi- ENAJENAR, voir ajeno.
té)’. Implicare est formé avec plicare ‘plier’. ENAMORAR, voir amar.
Dérivés : DESEMPLEO ‘chômage’. EMPLEADO ENANO (‘nain’), est emprunté au latin nanus
‘employé’’, participe passé substantivé de ‘vase grotesque (en forme de nain)’, ‘mulet,
emplear. EMPLEO ‘emploi’. cheval nain’, ‘homme, femme de petite taille’.
EMPLEO, voir emplear. Nanus est emprunté au grec nanos ‘nain’. Le e
EMPOBRECER, voir pobre. de enano est peut-être emprunté à l’ancienne
EMPOLLAR, voir pollo. forme enatío ‘laid, difforme’ (latin inaptus
EMPOLLÓN, voir pollo. ‘grossier’).
EMPONZOÑAR, voir ponzoña. Dérivés : NANISMO ‘nanisme’.
EMPRENDER, voir prender. ENARBOLAR, voir árbol.
EMPRESA, voir prender. ENCABALGAMIENTO, voir caballo.
EMPRESARIO, voir prender. ENCABEZAR, voir cabeza.
EMPRÉSTITO, voir prestar. ENCABRITARSE, voir cabra.

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ENCADENAR, voir cadena. ‘entourée d’une ceinture’. Les ceintures que


ENCAJAR, voir caja. portaient les femmes enceintes étaient
ENCAJE, voir caja. d’ailleurs souvent bénies afin que
ENCALABOZAR, voir calabozo. l’accouchement se passe bien.
ENCALLAR, voir calle. ENCLAVAR, voir clavo.
ENCAMINAR, voir camino. ENCLAVE, voir clavo.
ENCANALLAR(SE), voir can. ENCLENQUE (‘chétif, malingre’), est d’origine
ENCANDILAR, voir candela. mal établie, peut-être de l’occitan (cranc ‘boi-
ENCANECER, voir cano. teux’ en provençal).
ENCANTAR, voir cantar. ÉNCLISIS, voir enclítico.
ENCAPOTAR, voir capa. ENCLÍTICO (‘enclitique’), est emprunté au bas
ENCAPRICHARSE, voir capricho. latin encliticus, lui-même pris au grec enkliti-
ENCARAMAR (‘jucher, hisser’), dérive du latin kos ‘penché’, dérivé de enklinein ‘incliner’. Ce
camerare ‘construire en forme de voûte’, lui- terme s’est spécialisé en grammaire où il dé-
même dérivé de camera ‘voûte’. On peut pen- signe un mot qui s’appuie sur le mot précédent
ser que l’on est passé de l’idée de ‘faire mon- pour former une seule unité phonique. En es-
ter jusqu’à la voûte’ à celle, plus générale, (ex- pagnol, les pronoms personnels compléments
tension sémantique) de ‘jucher, hisser’. sont dits enclitiques à l’infinitif (callarse), au
ENCARAR, voir cara. gérondif (callándose) et à l’impératif
ENCARCELAR, voir cárcel. (cállate).
ENCARECER, voir caro. Dérivés : ÉNCLISIS ‘enclise’. PROCLISIS ‘pro-
ENCARGAR, voir cargar. clise’. PROCLÍTICO ‘proclitique’ : ces deux
ENCARNACIÓN, voir carne. termes signifient littéralement ‘s’incliner vers
ENCARNAR, voir carne. l’avant’, c’est-à-dire ‘s’appuyer sur le mot qui
ENCARNIZARSE, voir carne. suit’. En espagnol les pronoms personnels
ENCASQUETAR, voir casco. compléments sont proclitiques (sauf dans les
ENCASQUILLARSE, voir casco. trois cas cités plus haut) : me lo dijo. L’accent
ENCAUZAR, voir cauce. principal, encore appelé accent de groupe, se
ENCENDEDOR, voir encender. trouve là aussi sur la forme verbale, les pro-
ENCENDER (‘allumer’), est issu du latin incen- noms sont donc atones.
dere ‘allumer’, formé avec in et candere ‘faire ENCOGER, voir coger.
brûler, enflammer’, ‘être chauffé à blanc’ (voir ENCOLERIZARSE, voir cólera.
cándido). ENCOMENDAR, voir mandar.
Dérivés : ENCENDEDOR ‘briquet’. INCENDIO ENCOMIENDA, voir mandar.
‘incendie’. INCIENSO ‘encens’, du latin incen- ENCONTRAR, voir contra.
sum ‘ce qui est brûlé’, ‘matière brûlée en sa- ENCRESPAR(SE) (‘friser’, ‘hérisser’ ; ‘irriter’ ;
crifice’, participe passé neutre substantivé de ‘être agité, moutonner’ [mer]), est dérivé de
incendere. crespo ‘crépu, frisé’, issu du latin crispus de
ENCERRAR, voir cerrar. même sens.
ENCÍA (‘gencive’), est issu du latin gingiva de ENCRUCIJADA, voir cruz.
même sens. ENCUADERNAR, voir cuaderno.
ENCICLOPEDIA, voir ciclo. ENCUBRIDOR, voir cubrir.
ENCIMA, voir cima. ENCUBRIR, voir cubrir.
ENCIMERA, voir cima. ENCUENTRO, voir contra.
ENCINA (‘chêne vert, yeuse’), est issu du latin ENCUESTA (‘enquête’), est emprunté au français
vulgaire ilicina dérivé de ilex ‘yeuse’. enquête issu du latin vulgaire *inquaesita, par-
ENCINTA (‘[femme] enceinte’), est issu du latin ticipe passé substantivé au féminin de in-
incincta littéralement ‘entourée d’une cein- quaere dérivé de quaerere ‘chercher’.
ture’, participe passé de incingere ‘ceindre, se Dérivés : ENCUESTADO (substantif) ‘personne
ceindre’. Incincta pourrait provenir d’une alté- interrogée ou sondée’.
ration de inciens, incientis ‘pleine (en parlant ENCHUFADO, voir enchufar.
d’une femelle)’. Ce mot a été rapproché, par ENCHUFAR (‘brancher’ ; [familier] ‘pistonner’),
étymologie populaire, de incincta c’est-à-dire est d’origine onomatopéique. Formé à partir

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de chuf qui est censé reproduire le bruit de l’intermédiaire d’une vieille entremetteuse,
deux éléments que l’on raccorde ou connecte. Trotaconventos.
Le sens de ‘pistonner’ provient de l’idée de ENDURECER, voir duro.
mettre qqn en relation, de lui faciliter les con- ENEMIGO, voir amigo.
tacts avec les gens importants. ENERGÍA (‘énergie’) est emprunté au latin ener-
Dérivés : ENCHUFADO ‘pistonné’, ‘planqué’. gia ‘force, énergie’, lui-même pris au grec
ENCHUFE ‘prise de courant’, ‘raccord’ et, au energeia ‘force en action’, dérivé de ergon
figuré, ‘piston’, ‘planque’, ‘sinécure’. ‘force’, ‘travail’.
ENCHUFE, voir enchufar. Dérivés : ENÉRGICO ‘énergique’. ENERGÚME-
ENDEBLE (‘faible, chétif’), est issu du latin NO ‘énergumène’, du latin ecclésiastique
indebilis, intensif de debilis ‘faible, infirme’ energumenus ‘possédé du démon’, lui-même
(voir débil). pris au grec energoumenos ‘travaillé par un
Dérivés : ENDEBLEZ ‘faiblesse’. mauvais esprit’, du verbe energein ‘agir’ et
ENDECÁSILABO (‘hendécasyllabe’), est issu du ‘exercer une influence néfaste’, dérivé de er-
latin hendecasyllabus dont l’élément hendeca- gon ‘force’.
est tiré du grec hendeka- ‘onze’, formé avec ENÉRGICO, voir energía.
hen ‘un’ et deka ‘dix’. ENERGÚMENO, voir energía.
ENDECHA (‘complainte’, ‘élégie’), est issu du ENERO (‘janvier’), est issu du latin januarius de
latin indicta ‘les choses dites, proclamées’, même sens, substantivation de l’adjectif ja-
participe neutre pluriel de indicere ‘déclarer nuarius ‘de Janus’ dans l’expression januarius
officiellement ou publiquement’. Indicta a mensis ‘mois de Janus’. Ce nom propre est dé-
sans doute pris le sens particulier de ‘procla- rivé de janus ‘passage’, ‘galerie’. Janus, dieu
mation des vertus d’un mort’ d’où le sens de des commencements, était représenté avec
‘chant funèbre’, ‘complainte’, ‘élégie’. deux visages opposés, l’un tourné vers l’année
ENDEMIA, voir democracia. finissante, l’autre vers l’année qui commence
ENDÉMICO, voir democracia. d’où l’idée de mois qui permet de passer d’une
ENDEMONIADO, voir demonio. année à l’autre.
ENDEREZAR, voir aderezar. ENÉSIMO, A (‘énième’), terme de mathématiques
ENDEUDAMIENTO, voir deber. (potencia enésima ‘puissance n’), est em-
ENDEUDARSE, voir deber. ployé dans l’usage courant dans l’expression
ENDILGAR (‘acheminer, expédier’ ; [familier] por enésima vez ‘pour la énième fois’. Formé
‘refiler, coller’, ‘faire avaler’), est d’origine avec n désignant tout nombre en mathéma-
mal établie. tiques et prononcé ene auquel on a adjoint le
ENDOCRINO, A (‘endocrinien’ ; [substantif au suffixe superlatif -(í)simo, a. Le superlatif qui
féminin] ‘endocrine’), est un mot savant formé consiste à porter un adjectif à son degré le plus
avec l’élément endo- (tiré du grec endon ‘en haut est en affinité avec l’idée de multiplica-
dedans’) et krinein ‘sécréter’ en grec, d’où le tion impliquée par n en mathématiques.
sens de ‘glande à sécrétion interne’. ENFADAR(SE) (‘agacer’, ‘contrarier’, ‘[se]
ENDOSAR, voir dorso. mettre en colère’), est emprunté au galicien-
ENDOSCOPIA (‘endoscopie’), mot savant formé portugais enfadarse qui, dans la vieille langue,
avec l’élément endo- (du grec endon ‘en de- signifiait ‘se fatiguer’, ‘s’ennuyer’, ‘se décou-
dans’) et -scospia tiré du grec skopos ‘obser- rager’, probablement dérivé de fado ‘destin’,
vateur’ (de skopein ‘observer, examiner’). ‘sort (défavorable)’ d’où l’idée de ‘se décou-
ENDRINA (‘prunelle’), provient de l’ancienne rager’ c’est-à-dire s’abandonner à la fatalité.
forme andrina (Xe siècle) ou *adrina issu du En espagnol, enfadar a d’abord signifié jus-
latin vulgaire pruna *atrina ‘prune noire’, qu’au XVIIIe siècle ‘fatiguer, ennuyer, harce-
substantivation — après ellipse de pruna — ler’ — sens conservé jusqu’à aujourd’hui —
de l’adjectif *atrina dérivé de ater ‘noir’. On puis ‘fâcher’, ‘mettre en colère’.
rappellera que dans le Libro de Buen Amor Dérivés : ENFADO ‘irritation, mécontente-
(XIVe siècle) de l’Archiprêtre de Hita le per- ment’. DESENFADAR ‘calmer, apaiser’. DESEN-
sonnage féminin s’appelle doña Endrina et FADO ‘franchise’, ‘désinvolture’, ‘aplomb, ai-
que don Melón s’emploie à la courtiser par sance’, ‘insouciance’.
ENFADO, voir enfadar.

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ÉNFASIS (‘emphase’), est emprunté au latin croisement de trois verbes de l’ancienne


emphasis lui-même pris au grec emphasis ‘ap- langue : encantusar (tiré de encantar ‘ensor-
parence’ et plus tard, en rhétorique, ‘expres- celer, enchanter’), engatar ‘tromper en faisant
sion forte’ (dérivé du verbe phainein ‘faire des minauderies, des câlineries ou chatteries’
briller’, faire voir’). (formé sur gato ‘chat’) et enfin engaratusar
Dérivés : ENFÁTICO ‘emphatique’. ‘tromper par des flatteries’ (formé d’après ga-
ENFÁTICO, voir énfasis. ratusa ‘cajolerie’).
ENFERMAR, voir enfermo. ENGENDRAR (‘engendrer’), est issu du latin
ENFERMEDAD, voir enfermo. ingenare ‘créer, enfanter’ et ‘produire’, formé
ENFERMERO, voir enfermo. avec in- et generare ‘engendrer, concevoir’,
ENFERMIZO, voir enfermo. dérivé de genus, generis ‘extraction, race’.
ENFERMO (‘malade’), est issu du latin infirmus Dérivés : DEGENERAR ‘dégénérer’. EUGENE-
(‘faible’, ‘malade’, ‘timoré’, ‘sans valeur’), SIA ‘eugénisme’ est un emprunt à l’anglais eu-
formé avec in- (privatif) et firmus ‘ferme’. genism, mot créé en 1887 par F. Galton, dis-
Dérivés : ENFERMAR ‘tomber malade’. EN- ciple de Darwin, à partir du grec eu- ‘bien’ et
FERMEDAD ‘maladie’. ENFERMERO ‘infir- genos ‘naissance’, ‘race’. L’eugénisme dé-
mier’. ENFERMIZO ‘maladif’. signe les méthodes susceptibles d’améliorer
ENFLAQUECER, voir flaco. les races humaines. Comme les dérives sont
ENFOCAR, voir fuego. toujours possibles, ce mot est aujourd’hui
ENFOQUE, voir fuego. connoté négativement et l’on a parlé
ENFRASCAR(SE) (‘mettre en flacon’ ; ‘s’engager d’eugénisme dans les années 70 en Suède et
dans un fourré’ ; ‘se plonger dans [une occu- aux USA pour désigner les campagnes mas-
pation]’), est d’origine mal établie. Ce mot est sives de stérilisation des individus jugés
peut-être emprunté à l’italien infrascarsi inaptes à la procréation. GENERACIÓN ‘généra-
‘s’enfoncer dans la végétation’, tion’. GENERAR ‘entraîner, engendrer’. GENI-
‘s’embrouiller, s’emmêler’, lui-même dérivé TAL ‘génital’. GENITIVO ‘génitif’ est emprunté
de frasca ‘branche’. au latin genetivus ou genitivus c’est-à-dire ‘re-
ENFRENTARSE, voir frente. latif à la génération’. Ce terme a été employé
ENFRENTE, voir frente. par les grammairiens dans l’expression geniti-
ENFRIAR, voir frío. vus casus littéralement ‘cas qui engendre’
ENFURECER, voir furia. parce que ce cas servait souvent à marquer
ENFURRUÑARSE (‘se fâcher’, ‘bougonner’), est l’origine. Par exemple, le génitif partitif qui
sans doute l’altération de l’ancien français en- permet d’exprimer la partie que l’on extrait
frogner (moderne se renfrogner), dérivé du d’un tout (c’est-à-dire l’origine de la partie) :
verbe froigner de même sens, lui-même tiré de pars militum ‘une partie des soldats’. CONGÉ-
froigne ‘mine renfrognée’ sans doute d’origine NITO ‘congénital’. GENÉTICA ‘génétique’.
gauloise. L’étymon supposé *frogna ‘narines’ INDÍGENA ‘indigène’, du latin indigena ‘origi-
a été reconstitué d’après le gallois ffroen ‘nez’. naire du pays’, composé avec indu-, forme
ENGANCHAR, voir gancho. renforcée de in- ‘dans’ et -gena ‘né de’ du
ENGAÑAR (‘tromper’), est issu du latin vulgaire verbe genere ‘engendrer’, littéralement ‘celui
*ingannare ‘se moquer de qqn’ variante de qui est né dans (le pays)’. PRIMOGÉNITO
gannire d’origine onomatopéique et désignant ‘premier-né, aîné’.
le cri de plusieurs animaux : ‘japper’ (en par- ENGOLFARSE, voir golfo (1).
lant des chiens), ‘glapir’ (renard), ‘gazouiller, ENGORDAR, voir gordo.
crier’ (oiseaux). Au figuré, ce verbe signifiait ENGORDE, voir gordo.
aussi ‘se moquer de, rire de, tourner en ridi- ENGRANAJE, voir grano.
cule’ d’où l’idée de tromperie que l’espagnol ENGRANDECER, voir grande.
engañar a développée. ENGRASAR, voir grasa.
Dérivés : ENGAÑO ‘tromperie, mystification’. ENGREÍRSE (‘s’enorgueillir’), d’abord attesté
DESENGAÑAR ‘détromper’, ‘désabuser’. DE- sous la forme engreerse, dérive probablement
SENGAÑO ‘désillusion’. de encreerse elle-même issue de creerse dans
ENGATUSAR (‘entortiller, embobiner, enjôler’). le sens de ‘se croire supérieur, avoir bonne
Corominas pense que ce terme est issu du opinion de soi-même’.

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ENGULLIR (‘engloutir’), provient des anciennes ENNOBLECER, voir noble.


formes engollir ou engolir dérivées de gola ENOJAR(SE) (‘irriter, fâcher’ ; ‘se mettre en
‘gosier, gorge’. colère’), est emprunté à l’occitan ancien eno-
ENHORABUENA, voir hora. jar ‘ennuyer’, lui-même issu du latin vulgaire
ENHORAMALA, voir hora. inodiare ‘inspirer du dégoût ou de l’horreur’.
ENIGMA (‘énigme’), est emprunté au latin ae- Ce verbe est le résultat de l’agglutination de
nigma lui-même pris au grec ainigma ‘parole deux éléments tirés des expressions in odio
obscure ou équivoque’, du verbe ainissesthai (esse alicui) ou in odio (esse apud aliquem)
‘dire à mots couverts’, tiré de ainos ‘parole, c’est-à-dire ‘être un objet de haine pour qqn,
récit’. être haï de qqn’.
ENJABONAR, voir jabón. Dérivés : ENOJO ‘colère’.
ENJAMBRE (‘essaim d’abeilles’), est issu du ENOJO, voir enojar.
latin examen ‘vol d’abeilles quittant une ruche ENOLOGÍA (‘œnologie’), est formé avec eno-
pour s’établir ailleurs’ et ‘troupe (d’hommes, tiré du grec oinos (anciennement *woinos)
d’animaux)’, dérivé de exigere ‘emmener hors ‘vin’, apparenté au latin vinum, et -logía, du
de, expulser’, formé avec ex- (séparation) et grec logia ‘traité, théorie’.
agere ‘conduire’ (voir aussi examen). ENORME, voir norma.
ENJAULAR, voir jaula. ENRAIZAR, voir raíz.
ENJUAGAR (‘rincer’), provient de l’ancienne ENRARECER, voir raro.
forme enxaguar, issue elle-même du latin vul- ENREDAR, voir red.
gaire *exaquare ‘laver avec de l’eau’, tiré de ENREDO, voir red.
aqua ‘eau’. ENRIQUECER, voir rico.
ENJUGAR (‘sécher’, ‘éponger’), est issu du bas ENROJECER, voir rojo.
latin exsucare littéralement ‘enlever le jus’, ENRONQUECER, voir roncar.
dérivé de sucus ‘suc, sève, jus’. ENSALADA, voir sal.
ENJUICIAR, voir juez. ENSALZAR (‘louer, exalter’), provient du latin
ENJUNDIA (‘graisse’ ; [au figuré] ‘force, vi- vulgaire *exaltiare issu du croisement de exal-
gueur’, ‘substance’ ; ‘étoffe, envergure’), est tare (‘exhausser, élever’ et, au figuré, ‘hono-
issu du latin axungia ‘graisse de porc’, formé rer’) et de *altiare ‘hausser, élever’, dérivé de
à partir de axis ‘axe, essieu’ et du verbe un- altus ‘haut’. Le préfixe ex- dans *exaltiare a
gere ‘enduire, oindre’ car il était — et il est une valeur intensive. Quant à altus, il a
toujours — d’usage d’enduire de graisse l’axe d’abord signifié ‘qui a grandi’ car c’était
d’une roue. l’ancien participe passé du verbe alere ‘nour-
ENJUTO (‘sec’), est issu du latin exsuctus ‘dessé- rir, faire grandir’. Altus s’est ensuite adjectivé
ché’, participe passé de exsugere (‘sucer entiè- et a signifié ‘haut’.
rement’, ‘absorber [l’humidité]’, ‘épuiser, ta- ENSANCHAR, voir ancho.
rir’), tiré de sugere ‘sucer’. ENSAÑAR, voir saña.
ENLACE, voir lazo. ENSARTAR, voir sarta.
ENLOQUECER, voir loco. ENSAYAR, voir ensayo.
ENLUTAR, voir luto. ENSAYO (‘essai’ ; [littérature] ‘essai’ ; [théâtre]
ENMARAÑAR, voir maraña. ‘répétition’), est issu du bas latin exagium ‘pe-
ENMENDAR (‘corriger’, ‘réparer’, ‘amender’), sage, poids’ et ‘essai’, dérivé de exigere ‘me-
est emprunté au latin emendare ‘corriger’, surer, régler’, formé avec ex- et agere ‘con-
‘améliorer’ et ‘punir, châtier’, formé avec le duire’. Le préfixe ex- marque ici l’achèvement
préfixe ex- (idée d’éloignement, de séparation) d’où le sens d’ « achever une pesée, peser
et menda, mendum ‘faute, défaut’ d’où exactement ». Faire un essai consiste en effet à
‘enlever un défaut’, ‘corriger’. peser, à évaluer les qualités, les propriétés
Dérivés : ENMIENDA ‘correction’. REMENDAR d’une chose (voir aussi examen et enjambre).
‘raccommoder’, ‘rapiécer’. Dérivés : ENSAYAR ‘essayer’, ‘répéter (un
ENMIENDA, voir enmendar. spectacle)’.
ENMOHECER, voir moho. ENSENADA, voir seno.
ENMUDECER, voir mudo. ENSEÑANZA, voir seña.
ENNEGRECER, voir negro. ENSEÑAR, voir seña.

Michel Bénaben
Michel Bénaben 142

ENSIMISMARSE, voir sí (1). Dérivés : ENTRAÑABLE ‘intime’, ‘cher’, ‘pro-


ENSORDECER, voir sordo. fond’. ENTRAÑAR ‘enfouir, introduire’, ‘ren-
ENSUEÑO, voir sueño. fermer’, ‘entraîner, impliquer’.
ENTABLAR, voir tabla. ENTRAÑABLE, voir entraña.
ENTARIMADO, voir tarima. ENTRAÑAR, voir entraña.
ENTE, voir ser. ENTRAR (‘entrer’), est issu du latin intrare de
ENTENDER, voir tender. même sens, dérivé de la préposition intra ‘à
ENTENDIMIENTO, voir tender. l’intérieur de’, ‘sans dépasser’, elle-même dé-
ENTERAR, voir entero. rivée de inter ‘entre’.
ENTEREZA, voir entero. Dérivés : ENTRADA ‘entrée’.
ENTERNECER, voir tierno. ENTRE (‘entre’, ‘chez’, ‘parmi’), est issu du latin
ENTERO (‘entier’ ; ‘intègre, droit’ ; ‘fort, ro- inter ‘entre’, littéralement ‘à l’intérieur de
buste’), est issu du latin integer, integra, inte- deux’, formé avec in ‘dans’ et l’élément -ter-
grum (‘non touché, non entamé’ et ‘sain’, ‘ir- qui servait à opposer deux parties comme dans
réprochable’), formé avec in- (privatif) et le alter ‘autre’.
verbe tangere ‘toucher’. Le doublet savant de Dérivés : ÍNTERIN ‘intérim’, du latin interim
entero est íntegro ‘intégral’ et ‘intègre’. ‘pendant ce temps, dans l’intervalle’ (voir
Dérivés : ENTERAR(SE) ‘(s’) informer’. Le mientras). INTERIOR ‘intérieur’, du latin inte-
sens d’ « informer qqn de qqch » vient rior ‘plus en dedans’, ‘plus étroit’, ‘plus per-
d’abord de l’idée de ‘restituer qqch dans son sonnel’. Interior est le comparatif de inter,
intégralité’. ENTEREZA ‘intégrité’. INTEGRA- cette idée de gradation n’étant plus perçue. IN-
CIÓN ‘intégration’, ‘rattachement’. INTEGRIS- TERNAR(SE) ‘interner’ ; ‘pénétrer’,
MO ‘intégrisme’ c’est-à-dire doctrine reli- ‘s’enfoncer’. INTERNO ‘interne’ (adjectif et
gieuse qui reste entière, intransigeante. INTE- substantif), emprunté au latin classique inter-
GRISTA ‘intégriste’. nus ‘intérieur, interne’. INTIMAR ‘se lier
ENTERRAR, voir tierra. d’amitié, nouer une amitié’ et ‘intimer, donner
ENTIDAD, voir ser. un ordre’. L’acception ‘donner