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Chap.

1
Définitions de la RSE

Par
Essaid Tarbalouti
Définition de la RSE

la plus admise des définitions de la RSE :

la transposition des principes du développement durable (DD)


Définition de la RSE

– les trois piliers du développement durable :

* développement économique,

* l’équité sociale et,

* la préservation de l’environnement
L’origine de la RSE :

États-Unis durant le New Deal (1930)

s’y est développé (années 1950-1960) selon


une acception éthique de l’e/se morale,

la RSE a touché l’Europe avec un autre contenu, la portant vers


une visée plutôt utilitariste et stratégique (1990)
la RSE s’impose aux G e/ses comme un mode de gestion (mondialisation) .

La raison :

- Absence de règles internationales d’application obligatoire.

- doivent se faire accepter par une opinion publique méfiante afin d’obtenir
ou de conserver leur licence d’exercer, sur des territoires étrangers

elles doivent prendre des engagements volontaires.


Définition dominante

Deux concepts jouent dans le développement de la RSE.

D’une part, la théorie des parties prenantes qui est devenue le concept-
phare de la RSE.

D’autre part, le concept de gouvernance responsable et de


recherche de la performance globale.
Définition dominante

1. la théorie des parties prenantes

Issue d’un jeu de mots :


entre shareholders et stakeholders (parties prenantes),

Elaborée par les chercheurs partisans d’une vision business ethics de l’e/se,

c’est-à-dire vue comme une personne morale susceptible de prendre des


engagements moraux.
Définition dominante

1. la théorie des parties prenantes

Conception en rupture avec celle de Milton Friedman :selon laquelle

Le seul objectif de l’e/se est le profit pour l’actionnaire.


I. Définition dominante

2. le concept de gouvernance responsable et de recherche de la performance


globale.

l’entreprise responsable doit pouvoir prouver

- qu’elle est transparente :


mise en place des organes de gouvernance adaptés,
en séparant conseil d’administration et de management,
I. Définition dominante

2. le concept de gouvernance responsable et de recherche de la performance


globale.

l’entreprise responsable doit pouvoir prouver

- s’ouvrant aux administrateurs indépendants,


I. Définition dominante

2. le concept de gouvernance responsable et de recherche de la performance


globale.

l’entreprise responsable doit pouvoir prouver

- protégeant les petits actionnaires


I. Définition dominante

2. le concept de gouvernance responsable et de recherche de la performance


globale.

l’entreprise responsable doit pouvoir prouver

- permettre aux parties prenantes interne ou externe de dénoncer


confidentiellement toute atteinte à l’éthique des affaires.
I. Définition dominante

2. le concept de gouvernance responsable et de recherche de la performance


globale.

Il s’agit de rechercher une performance globale qui intègre

les résultats environnementaux et sociaux aux résultats financiers.


I. Définition dominante

2. le concept de gouvernance responsable et de recherche de la performance


globale.

Dans ce cadre d’analyse, la performance en question privilégie une approche dite


des « trois P » :
Profit,

Planète,

Peuple.
II. Les outils mis à la disposition des managers pour rendre opérationnels ces
concepts.

Outils fondés sur

le volontariat

sur des normes obligatoires de RSE


II. Les outils mis à la disposition des managers pour rendre opérationnels ces
concepts.

La plupart des outils sont fondés sur le volontariat :

Code de bonne conduite,

Démarche éthique (avec ou sans dispositif d’alerte),

Démarche qualité,

Rapport de développement durable,

Certification sociale de sites ou de fournisseurs,

Labellisation sociale des produits, etc.


II. Les outils mis à la disposition des managers pour rendre opérationnels ces
concepts.

Des outils fondés sur des normes obligatoires de RSE

-Obligation (loi) aux e/ses cotées en Bourse de publier, avec leurs résultats annuels, des
informations sur «la manière dont [elles] prennent en compte les conséquences
sociales et environnementales de leur activité ».

- Accords-cadres internationaux (les grandes e/ses européennes)

- Les accords portant sur les aspects de la RSE entre les fédérations syndicales
internationales et les groupes d’entreprises de leur secteur
.
III. Nécessité d’une autre définition

les spécialistes de l’E/se interpellés par le contexte théorique et pratique de la RSE :

Ils considèrent l’E/se comme une «boîte noire aux prises avec l’extérieur ;
peu importent
- les interactions stratégiques,
- les identités des acteurs en son sein,
- les cultures collectives qui s’y cachent,
- le système d’action concret qu’elle constitue !

À l’inverse, les sociologues ont les outils adaptés pour analyser le phénomène

La théorie des parties prenantes (TPP) de RSE qui fait débat du côté des sciences de
gestion doit interpeller les sociologues.
III. Nécessité d’une autre définition

Car

Théorie décrit difficilement la réalité qu’elle prétend éclairer car elle ne permet pas :

- de qualifier réellement les parties prenantes de l’e/se,

- de préciser qui est légitime pour représenter celles-ci,

- de dire au nom de quelle légitimité certaines ONG s’expriment.


III. Nécessité d’une autre définition

Le fait que les salariés de l’e/se soient considérés comme des parties
prenantes (donc externes à l’e/se…)

jette une suspicion sur la conception de l’e/s sous-tendue par cette théorie…
III. Nécessité d’une autre définition

Une entreprise qui développe une démarche RSE :

internalise ses externalités négatives en matière

sociale et

environnementale, jusqu’ici léguées à la collectivité,


III. Nécessité d’une autre définition

Une entreprise qui développe une démarche RSE :

L’internalisation de ces externalités négatives rendra l’e/se plus performante ! !!


car :

accroit la valeur patrimoniale de l’entreprise à LT,

Prend en compte des risques de réputation sur le LT

.
III. Nécessité d’une autre définition

La RSE :
Ce qu’on dit n’est pas toujours ce qu’on fait

une grande suspicion sur les intentions réelles des e/ses dans la prise en
compte de ces risques (sociale et environnemental) dans la décision de se
lancer dans une démarche RSE
III. Nécessité d’une autre définition

La RSE :
une stratégie de communication

Certaines critiques considèrent :


la RSE en tant que communication d’E/se destinée à une re-
légitimation externe, mais aussi interne, de l’e/se.
III. Nécessité d’une autre définition

La difficulté de mettre en place des systèmes indépendants de contrôle des


engagements sociaux et environnementaux des e/ses

Les audits des rapports de DD nécessitent à la fois

indépendance de l’auditeur et

compétences dans les domaines observés (social, environnement).


fin
III. Nécessité d’un autre définition

La difficulté d’énumérer les résultats de la RSE :

questions

Dans quelle mesure la RSE n’etend-t-elle pas vers un processus de re-légitimation


des entreprises vis-à-vis de leurs salariés et de la société ?

En quoi la RSE transforme-t-elle les rapports sociaux dans l’entreprise ?


La RSE crée-t-elle un nouvel espace sociopolitique ?

Le « management orienté parties prenantes » n’introduit-il pas de nouveaux acteurs


dans le dialogue traditionnel de l’entreprise avec son environnement sociétal (ONG,
associations de consommateurs) ?

En l’absence d’une régulation internationale, l’entreprise, contrainte parfois (dans


les pays en développement en particulier) de se substituer à des pouvoirs publics
défaillants, n’a-t-elle pas tendance à devenir une institution empiétant sur le
territoire de l’État ?

La RSE ne répond-t-elle pas au besoin de légitimation externe de l’entreprise, face à


la défiance généralisée ?

L’ambition de l’entreprise, dans le cadre de la RSE, de «rendre des comptes à la


société civile » n’est-elle pas un leurre ?