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SÉQUENCE 6 – REGARDS CROISÉS

CHAPITRE

Comment l’assurance et la protection sociale


contribuent-elles à la gestion des risques dans
les sociétés développées ?

Corrigé des activités


Exercice 1

1. Qui est le personnage représenté sur cette caricature ? Quelles sont ses caractéristiques ?
Le personnage représenté semble être un chômeur puisqu’il consulte les offres d’emploi dans une
agence du Pôle Emploi. On peut considérer que c’est un « senior », c’est-à-dire une personne faisant
partie de la population active (qui englobe les actifs ayant un emploi et les actifs à la recherche d’un
emploi, c’est-à-dire les chômeurs). On peut aussi affirmer que c’est un chômeur de longue durée,
comme en témoigne les toiles d’araignée qui semblent indiquer qu’il est depuis très longtemps inscrit
comme demandeur d’emploi au Pôle Emploi.
2. A quelles problématiques le personnage semble-t-il confronté ?
Ce personnage semble confronté au chômage de longue durée, comme évoqué dans la question
précédente, mais aussi au fait qu’il soit proche de l’âge de la retraite. Or, l’évocation du recul de l’âge
légal de départ à la retraite ne ferait que prolonger sa période de chômage avant de pouvoir accéder à
la retraite, dans la mesure où sa situation ne semble pas lui permettre d’accéder à l’emploi.
3. En quoi les pouvoirs publics peuvent-ils avoir une part de responsabilité vis-à-vis de la situation de cet
individu ?
Les pouvoirs publics peuvent avoir une responsabilité puisqu’ils organisent à la fois le système
d’assurance chômage et d’encadrement du marché de l’emploi, mais aussi le système de retraite.

Exercice 2

1. Comment se justifie la pratique du cannibalisme dans la tribu Fore ?


Il s’agit d’une norme sociale, d’un rite culturel encadrant les décès des membres de la communauté.
2. Quelles sont les conséquences de cette pratique pour les membres de la tribu ?
En mangeant leurs morts, les membres de la tribu devenaient contaminés par le kuru, une variante
de la maladie de Creustzfeldt-Jakob, qui est une dégénérescence du système nerveux central.
3. Le risque d’une telle pratique est-il perçu par les membres de la communauté ? Pourquoi ?
Non, le risque de contamination lié au cannibalisme n’est pas perçu par les membres de la
communauté. Les membres de la communauté ne disposent pas des connaissances scientifiques leur
permettant de faire le lien entre leur pratique et les pathologies auxquelles ils sont confrontés. Leur
interprétation des contaminations est une explication liée à la sorcellerie, et pas aux conséquences
sanitaires de leur pratique rituelle.
4. Expliquez la phrase soulignée.
La pratique du cannibalisme étant une norme sociale, on peut s’interroger sur le maintien éventuel du
cannibalisme, même en connaissant les risques encourus par une telle pratique.
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Exercice 3

1. Dans cet exemple, quel est le cadre dans lequel les individus prennent des risques ?
Dans l’exemple cité, les individus prennent des risques dans le cadre de leur activité professionnelle.
Il s’agit d’ouvriers travaillant dans l’usine de traitement de déchets nucléaires de La Hague.
2. Quelle est la présentation des risques faite par la direction de l’établissement ? Pourquoi ?
La direction de l’établissement tente de limiter les risques afin que les ouvriers acceptent le travail à
accomplir.
3. Quelle est la perception du risque par les ouvriers de l’usine de La Hague ? Quelle est sa fonction
sociale ?
Dans son enquête, Françoise Zonabend met en évidence que les ouvriers souhaitent construire leur
identité professionnelle sur la notion de risque associée à leur pratique professionnelle. Ils sont alors
tentés de prendre des risques inconsidérés afin d’être contaminés, ce qui leur permet d’affirmer leur
identité collective.

Exercice 4

1. Quelle est la pratique sociale présentée dans cette vidéo ? Quel est le public principalement concerné
par cette pratique?
La pratique sociale présentée dans cette vidéo est l’écoute prolongée au casque. Elle concerne
principalement les jeunes.
2. Quelle est la durée moyenne d’écoute des 15-30 ans ? A partir de quelle durée l’écoute au casque
est-elle nocive à un volume de 100 décibels ?
En moyenne, les 15-30 écoutent 1h43min de musique au casque chaque jour. A un volume de
100 décibels, cette pratique est considérée comme risquée à partir de 15 minutes.
3. Quels sont les risques encourus par une écoute forte prolongée ? Les jeunes au début du reportage
semblent-ils avoir conscience de ces risques ?
Les risques encourus sont des acouphènes (bourdonnements et sifflements de l’oreille), ainsi que des
pertes auditives. On estime que 10 % des jeunes de moins de 25 ans ont subi des pertes d’audition.

Exercice 5

1. Expliquez la phrase soulignée.


Selon son mode de vie, les valeurs et les normes qui lui ont été transmises durant sa socialisation, les
groupes sociaux auxquels il appartient, chaque individu va avoir une perception du risque qui lui sera
propre. Ainsi, un individu pourra avoir une grande conscience des risques et tout faire pour les éviter,
ou au contraire aimer prendre des risques. Dans le cadre de la déviance sociale, les individus peuvent
être amenés à adopter certaines conduites à risques.
2. Quelles sont les principales attitudes des individus vis-à-vis des risques ?
Les individus peuvent être exposés à certains risques par méconnaissance de ceux-ci, ou au contraire
volontairement. On appelle ce comportement « conduite à risque ». Cependant, on peut distinguer les
conduites à risque volontaires, visant à affronter certaines situations à risque de façon déterminée,
des conduites à risques expliquées par une méconnaissance des conséquences qui leurs sont
associées.

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3. Quelle est la population sur-représentée parmi les conduites à risque ? Justifiez à l’aide de données
chiffrées.
La population sur-représentée parmi les conduites à risque est celle des hommes âgés de moins
de 25 ans. 20 % des 20-25 ans affirment avoir eu un accident en 2005, contre 10 % seulement des
femmes du même âge. De même, seuls 10 % des français âgés de 12 à 75 ans ont déclaré avoir été
victime d’un accident cette année-là, soit 10 points de pourcentage de moins que les hommes âgés
de 20 à 25 ans. Ces résultats ne semblent pas se limiter à la France, puisque l’OMS a démontré cette
tendance dans de très nombreux pays industrialisés.
4. Comment expliquer ces résultats ?
Ces résultats s’expliquent en particulier par les conduites à risque au volant. On peut aussi formuler
l’hypothèse d’un cumul de plusieurs pratiques à risque liées au mode de vie des jeunes hommes, chez
qui la consommation de produits alcoolisés ou stupéfiants et les pratiques sociales plus dangereuses
sont plus représentées.

Exercice 6

1. Pourquoi le chantier du tramway T3 au Nord de Paris a-t-il été interrompu ? Le danger était-il avéré ?
Le chantier du tramway a été interrompu à cause de la présence d’actinoline, produit potentiellement
cancérigène présent dans les matériaux utilisés sur le chantier. Le danger n’était pas avéré, mais une
enquête a été menée pour déterminer si cette fibre présentait un risque cancérigène sur les personnes.
2. Mesurez à l’aide d’un calcul l’évolution de la part des français défavorables à la vaccination. Comment
expliquer ce phénomène ?
38,2 − 8,5 = 29,7.
D’après une enquête réalisée en 2013, la part des français défavorables à la vaccination a augmenté
de 29,7 points de pourcentage. (Ce type de phrase, mobilisant une différence entre deux données
exprimées en %, autorise l’utilisation du terme « la part » dans la phrase d’interprétation,
contrairement aux lectures de %).
On peut expliquer cette tendance par la peur de déclencher une maladie à cause d’un vaccin, de la
présence d’adjuvants ayant un effet toxique sur le corps humain, sur les effets de certaines personnes
présentant déjà certains troubles. Cette peur a été amplifiée par des personnes anti-vaccination,
très présentes sur les réseaux sociaux numériques. Cependant, aucune étude scientifique ne vient
confirmer les risques prétendus des vaccins.
3. Qu’est-ce que la « risquophobie » qui semble caractériser aujourd’hui notre société ?
La risquophobie est une crainte exacerbée du risque. Notre société semble aujourd’hui éprouver une
véritable aversion pour le risque, et souhaite un « risque zéro », c’est-à-dire une parfaite maîtrise de
tous les risques ambiants. Cet objectif est impossible à atteindre, toute activité ayant nécessairement
un (ou plusieurs) risques en contrepartie.
4. Quelles sont les hypothèses permettant d’expliquer cette aversion pour le risque ?
Selon Gérald Bronner, cette aversion pour le risque peut être liée à des caractéristiques culturelles,
et devenir irrationnelle si elle s’empare de la communauté . Mais elle peut aussi s’expliquer par une
tendance de l’être humain à surestimer certains risques et ses conséquences, déclenchant alors une
crainte exacerbée face aux risques engendrés par nos modes de vie (exemple des vaccins).

Exercice 7

1. Expliquez la phrase soulignée.


La phrase soulignée signifie que tous les individus, selon les groupes sociaux auxquels ils
appartiennent, ne sont pas exposés aux risques de la même manière. Selon U.Beck, la répartition

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des risques peut s’effectuer en sens inverse de la répartition des richesses : les plus aisés sont
moins exposés que les plus modestes dans la mesure où ils disposent de davantage de ressources
(économiques, sociales, politiques…) pour se prémunir d’une exposition au risque.
2. Illustrez cette inégalité d’exposition au risque par un autre exemple que ceux présentés dans le texte.
On peut illustrer cette différence d’exposition au risque avec l’exemple de l’alimentation. En effet,
des individus issus d’un groupe social ayant moins de ressources économiques ou culturelles
consommeront des aliments moins équilibrés et de moins bonne qualité, ce qui peut avoir un impact
négatif sur leur santé (obésité, maladies cardiovasculaires…).
3. En quoi la baisse de revenu peut-elle, selon Beck, « induire une tolérance accrue » ?
La baisse du revenu peut induire une tolérance accrue au risque car les individus sont moins en
mesure d’exiger des conditions de bien-être équivalentes à ceux ayant des moyens supplémentaires.
Une exposition au risque peut en effet, de façon assez paradoxale, améliorer les conditions
matérielles d’existence de certains groupes sociaux (ex : travailler dans une usine où les risques sont
importants permet d’avoir un emploi, et des primes de risques améliorant le pouvoir d’achat des
salariés).

Exercice 8

1. Qu’est-ce que la protection sociale ?


La protection sociale est un dispositif basé sur la solidarité des membres d’une société, qui permet
une prise en charge face aux conséquences financières liées à l’exposition à un risque social.
2. Qu’est-ce qu’un risque social ?
Un risque social est un événement dont la réalisation entraîne une hausse des dépenses ou une
baisse des revenus et qui justifie une prise en charge collective.
3. Quels sont les principaux risques sociaux ?
Les principaux risques sont sociaux sont : la vieillesse, la maladie, les accidents du travail, le
chômage, la famille.

Exercice 9

1. En quoi les quatre premières branches représentent-elles une prévoyance contre des risques
sociaux ?
Les quatre premières branches représentent une prévoyance contre des risques sociaux car leurs
domaines de compétence sont relatifs à des situations pouvant entraîner une forte baisse des revenus
ou une forte augmentation des dépenses des ménages exposés.
2. Quel est le rôle de la cinquième branche du système de Sécurité sociale français ?
Le rôle de la branche recouvrement est d’assurer le financement du système de Sécurité sociale en
collectant les cotisations sociales et les contributions sociales, puis en assurant la redistribution des
fonds collectés aux individus confrontés à la réalisation de risques sociaux.
3. Quel risque social important, cité dans le document précédent, n’est pas pris en charge par la
Sécurité sociale ?
Le chômage n’est pas pris en charge par le système de Sécurité sociale. Il existe une système
indépendant d’assurance chômage qui est géré par les représentants des employeurs et des salariés
de façon paritaire.

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Exercice 10

1. Pourquoi le système d’assurance chômage en France est-il obligatoire ?


Le système d’assurance chômage est obligatoire car il est basé, comme la Sécurité sociale, sur un
principe de solidarité.
2. Comment le financement de l’assurance chômage est-il garanti ?
Ce sont les actifs occupés qui financent les allocations chômage des actifs inoccupés, c’est-à-dire les
chômeurs, en échange de droits à percevoir des allocations en cas de réalisation du risque.
3. Quelle est la situation d’un salarié qui deviendrait exposé au risque du chômage ?
Un salarié qui serait exposé au risque de chômage et ayant suffisamment cotisé, pourrait percevoir
des allocations chômage à hauteur de 72 % de son ancien salaire net.

Exercice 11

1. Faites une phrase interprétant la donnée relative à la famille.


D’après la DREES, en France, en 2018, 8% des prestations sociales versées concernaient des
dépenses liées à la famille.
2. Quel sont les postes de prestations sociales les plus élevés parmi l’ensemble des dépenses ?
Les postes de prestations sociales les plus élevés sont ceux concernant les risques « vieillesse-
survie » et « santé ». Les dépenses « vieillesse-survie » et « santé » représentent à elles seules 81 %
des prestations sociales versées en France en 2018.
3. A l’aide de vos connaissances, justifiez que ces postes de prestations sociales devraient encore
augmenter.
Les dépenses de prestations sociales concernant les postes « vieillesse-survie » et « santé » devraient
poursuivre leur croissance, car la population française vieillit. En effet, l’espérance de vie a beaucoup
augmenté, ce qui augmente considérablement les dépenses de santé et de vieillesse, et les enfants
du Baby-boom d’après la Seconde guerre mondiale arrivent à l’âge de la retraite, ce qui signifie une
augmentation des versements de prestations sociales concernant les retraites.

Exercice 12

1. Faites une phrase interprétant la donnée « 13 ».


D’après la Drees, en France, en 2015, sur 100 euros de dépenses de santé, 13 étaient pris en charge
par les complémentaires santé.
2. Qu’est-ce qu’une complémentaire santé?
Une complémentaire santé est une organisation qui prend en charge une partie des frais de santé non
pris en charge par le système de protection sociale. Il s’agit d’assurances ou de mutuelles auxquels
souscrivent individuellement les personnes souhaitant améliorer leur protection face aux risques liés
à la santé.
3. Dans quelle mesure les assurés sont-ils mis à contribution pour leurs dépenses de santé? Ne payent-
ils vraiment que le reste à charge ?
D’après la Drees, en France, en 2015, les assurés paient directement 8 % des dépenses de santé, ce
que l’on appelle le « reste à charge ». Cependant, beaucoup ont aussi cotisé auprès de la Sécurité
sociale (« dépense publique ») et de leur complémentaire santé. Les dépenses de santé pour les
individus ne peuvent donc être limitées aux 8 % de reste à charge.

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Exercice 13

1. En quoi la famille peut-elle être une ressource en cas d’exposition à un risque social ?
En cas de réalisation d’un risque social, les individus ayant une famille peuvent faire appel à
celle-ci afin de traverser une période difficile. Cette solidarité peut provenir de membres de la famille
très proche ou plus éloignée.
2. Quels sont les principales catégories d’entraide témoignant de l’existence d’une solidarité familiale ?
Illustrez chaque catégorie par un exemple.
On peut distinguer trois principales catégories d’entraide témoignant de l’existence d’une solidarité
familiale. On observe tout d’abord une aide apportée aux tâches domestiques quotidiennes (ménage,
courses…). Les membres de la famille peuvent aussi apporter un soutien financier à un membre de
la famille en difficulté, par exemple parce qu’il a perdu son emploi ou s’est séparé de son conjoint.
Enfin, on observe aussi un rôle de la famille dans la mise à disposition d’un capital social, c’est-à-dire
de ressources dont disposent certains membres de la famille (comme le contact d’un employeur ou
d’une personne ressource).

Exercice 14

1. Historiquement, à qui était réservée la protection sociale en France ? Pourquoi ?


À l’origine, la protection sociale était réservée aux seuls travailleurs, car eux seuls cotisaient afin de
financer cette protection. Le système français repose donc à l’origine sur une logique d’assurance, où
le financement repose sur le versement de cotisations sociales.
2. Donnez des exemples de redistribution relevant de l’assurance sociale, puis des exemples de redistri-
bution relevant de l’assistance.
Prestations relevant de l’assurance : pensions de retraite, allocations chômage.
Prestations relevant de l’assistance : RSA, allocation de solidarité aux personnes âgées
3. Comment ces deux logiques permettent-elles de réduire les inégalités ?
L’assurance permet d’assurer une protection sociale à tous les cotisants, quel que soit leur milieu
social. Les inégalités intercatégorielles sont ainsi réduites. Plus globalement, l’assistance garantit à
l’ensemble des membres d’une société de pouvoir bénéficier d’aides sociales, le plus souvent sous
condition de ressources. Ceux qui n’ont pas cotisé, et qui pouvaient être exclus d’une protection ne
reposant que sur l’assurance, sont ainsi couverts.

Exercice 15

1. Qui est à l’origine de cette affiche ?


Cette affiche est une campagne de prévention contre les méfaits du tabac réalisée par l’association La
Ligue contre le cancer.
2. Quel est son objectif ? Quelle est sa cible ?
Son objectif est de prévenir des risques encourus par la consommation de cigarettes. Cette campagne
présente la composition d’une cigarette pour mettre en évidence la quantité et la diversité de produits
toxiques qui seront inhalés par un consommateur, dans le but de réduire la consommation de tabac
parmi les membres de la société.
Cette campagne s’adresse aux fumeurs, afin qu’ils tentent d’arrêter de fumer, mais aussi aux
non-fumeurs, afin qu’ils soient conscients des risques encourus par la consommation de cigarettes et
ne commencent pas à fumer. Les adolescents sont bien sûr une cible privilégiée, car ils représentent
un public en âge de commencer à consommer ce produit.

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3. En quoi fumer, qui est un acte individuel, peut-il avoir des conséquences sur le reste de la société ?
Si fumer est un acte individuel, il fait cependant appel à la solidarité collective pour traiter des
conséquences de la consommation de tabac (soins médicaux, hospitalisation…), et engendre donc
un coût social pour le reste de la société. Dans un système organisé sur la solidarité collective, la
prévention a donc un double objectif : limiter l’exposition au risque des individus, mais aussi tenter de
réduire le coût social pour l’ensemble des membres de la société.

Exercice 16

1. Sur quel principe est fondée une mutuelle? Comment ce principe assure-t-il le financement du
système mutualiste ?
Une mutuelle est fondée sur le principe de solidarité entre ses membres. Le financement du système
est garanti par les cotisations des membres, qui percevront des prestations en cas d’exposition à un
risque pour lequel ils ont cotisé.
2. Quel est le principal poste de dépenses des mutuelles en France ?
D’après l’IRDES, le principal poste de dépenses des mutuelles en France concerne les
remboursements maladie, qui représente deux tiers de l’activité des mutuelles.
3. En quoi le mode d’organisation d’une mutuelle diffère-t-il d’une entreprise classique ?
Le mode d’organisation d’une mutuelle diffère d’une entreprise classique dans la mesure où c’est
une organisation à but non lucratif (elle n’a pas d’objectif de profit), et que son fonctionnement est
assuré par les cotisations de ses membres. De plus, ce sont les salariés eux-mêmes qui gèrent la
mutuelle, ce qui implique que les décisions soient prises au plus près du terrain. Enfin, la répartition
des revenus est équitable entre les salariés.

Exercice 17

1. Faites une phrase afin d’interpréter la donnée entourée.


D’après la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), en
France, en 2015, 61,2 % des ressources de la protection sociale provenaient des cotisations sociales.
2. En utilisant les données présentées, montrez que la protection sociale a diversifié son financement.
D’après ce document, on peut observer que la part des cotisations sociales dans les recettes de la
protection sociale a diminué de 15,6 points de pourcentage (76,8 - 61,2), de même que la part des
contributions publiques, qui a diminué de 1,3 point de pourcentage (4,4 – 3,1). En revanche, afin
de diversifier son mode de financement, la protection sociale a introduit des impôts et des taxes
spécifiques, qui représentaient en 2015 24,5 % de ses ressources. Cette évolution ne signifie pas que
le montant des cotisations sociales a diminué, mais que le poids qu’elles représentent a été réduit au
fil du temps (si le montant total des ressources augmente plus vite que les cotisations sociales, alors
la part qu’elles représentent dans le financement de la protection sociale diminue).
3. Comment justifier cette évolution de la structure des ressources de la protection sociale ?
Face à une augmentation continue de ses dépenses (accroissement démographique, augmentation
de l’espérance de vie, de la dépendance des personnes âgées, des dépenses de santé…), la protection
sociale a dû diversifier son mode de financement afin d’en garantir la pérennité. Les cotisations
sociales prélevées sur le travail ne suffisant plus, les pouvoirs publics ont donc introduit des
prélèvements obligatoires comme des impôts et des taxes pour financer le système de protection
sociale.

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Exercice 18

1. Rappelez quels sont les principaux « risques de l’existence » qui sont pris en charge par la protection
sociale.
Les principaux risques de l’existence sont les situations pour lesquelles les individus sont amenés
à observer une augmentation de leurs dépenses ou une diminution de leurs revenus : chômage,
vieillesse, accident du travail, maladie, grossesse...
2. Comment l’assurance santé permet-elle d’améliorer le bien-être des individus et de l’ensemble de la
société ?
L’assurance santé permet d’augmenter le bien-être des individus en leur permettant d’être pris
en charge médicalement en cas de problème de santé, sans avoir à débourser des sommes qu’ils
n’ont pas nécessairement épargnées au préalable. De même, elle permet d’assurer le bien-être de
la société dans son ensemble dans la mesure où les individus sont, collectivement, plus optimistes
sur le devenir de l’économie, ce qui leur permet de consommer ou d’investir au lieu d’épargner pour
détenir des fonds suffisants en cas d’exposition à une maladie ou un accident (épargne de précaution).
3. A l’aide du dernier paragraphe, justifiez l’effet positif du système de protection sociale sur la crois-
sance économique.
En permettant aux membres de la société d’être assurés pour leur santé, le système de protection
sociale diminue l’épargne de précaution, et augmente la consommation et l’investissement
des individus, dans la mesure où ils savent que leurs frais seront (en partie) pris en charge.
L’augmentation de la demande globale qui en découle va permettre une stimulation de l’économie et
favoriser l’innovation, favorable à la croissance économique.

Exercice 19

1. Qu’est-ce qu’une situation d’aléa moral (ou risque moral) ?


Une situation d’aléa moral est une situation d’asymétrie d’information où un agent ne peut anticiper le
changement de comportement d’un autre agent une fois le contrat signé.
2. En quoi l’assurance dans le domaine de la santé peut-elle provoquer ce type de situation ?
L’assurance dans le domaine de la santé peut provoquer ce type de situation car l’usager, se sachant
assuré, va pouvoir modifier son comportement en adoptant des conduites à risques.
3. Quelle est la conséquence de cette situation pour le système de santé ?
La conséquence pour le système de santé est une augmentation des dépenses liées à l’augmentation
des comportements à risque des personnes assurées.

Index
Aléa moral : situation d’asymétrie d’information où un agent ne peut anticiper le changement de
comportement d’un autre agent une fois le contrat signé.
Assurance : système de protection sociale dans lequel seuls ceux qui ont versé des cotisations sont
protégés contre les risques sociaux.
Assistance : système de protection sociale financée par la collectivité et destinée à l’ensemble des
individus, y compris ceux qui n’ont pas cotisé.
Aversion pour le risque : attitude visant à tenter de se prémunir de toute exposition au risque.
Bien-être : sentiment de satisfaction des besoins de l’existence.
Diversification : principe consistant à réduire les conséquences d’une exposition au risque en évitant de
regrouper ses placements ou ses financements sur un produit unique.

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Innovation : introduction d’un élément nouveau au sein d’une organisation ou d’une production.
Mutualisation : répartition solidaire des risques entre les membres d’un groupe.
Prévention : ensemble des mesures prises pour empêcher l’exposition à un risque.
Protection sociale : dispositif basé sur la solidarité des membres d’une société, qui permet une prise en
charge face aux conséquences financières liées à l’exposition à un risque social.
Risque social : événements entraînant une diminution des revenus ou une augmentation des recettes
justifiant d’une prise en charge collective.

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