Vous êtes sur la page 1sur 26

CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

1. Définition :

La géotechnique est une science qui permet d'étudier les propriétés des sols et
des roches en fonction des projets et des constructions telles que les routes et les
ouvrages d’arts.

Elle sert à :

- Analyser les caractéristiques des sols et prévoir les moyens d'exécution.

- Utiliser les bons matériaux répondants aux exigences de la construction.

- Classifier les sols.

- Identifier les différentes couches des sols qui se trouvent sur chantier.

2. Définition des sols :

Le sol est « la formation naturelle de surface, à structure meuble et d'épaisseur


variable, résultant de la transformation de la roche mère sous-jacente sous
l'influence de divers processus, physiques, chimiques et biologiques, au contact
de l'atmosphère et des êtres vivants ».

Un sol est un mélange de trois phases en proportions variables :

 La phase solide : (notée s) ou squelette solide est constituée par les grains
minéraux de l'agrégat.
 La phase liquide : (w), constituée par l'eau occupe les vides de l'agrégat.
Si tous les vides sont remplis par l'eau, le sol est dit saturé; sinon, il est
partiellement saturé.

33
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

 La phase gazeuse : (a) : dans un sol partiellement saturé une partie des
vides de l'agrégat est remplie par du gaz, essentiellement de l'air.

Une phase solide composée de particules minérales solides et organiques.

Une phase liquide sous différentes formes appelé : eau libre, eau interstitielle et
pour finir une phase gazeuse.

La phase solide est le seul élément pouvant supporter des contraintes


importantes.

Phase Gazeuse: Ma. Va M = MASSE

us Phase liquide : Ml. Vl V = VOLUME

Phase solide : Ms. Vs

Figure : les trois phases du sol

3. Caractéristiques physiques des sols :

Un sol est le produit de décomposition mécanique ou physico-chimique de


roche c’est le mélange d’une fraction granulaire plus ou moins importante et
d’une fraction argileuse plus ou moins importante.

Un sol est composé de trois éléments différents:

34
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

 le gaz, contenu dans les vides entre les particules, est souvent de l'air
lorsque le sol est sec ou un mélange d'air et de vapeur d'eau lorsque le sol
est humide. Lorsque tous les vides sont remplis d’eau le sol est saturé.
 l’eau, on distingue plusieurs catégories d’eau dans le sol. L’eau libre peut
circuler entre les grains, l’eau adsorbée constitue un film autour de chaque
grain. Elle joue le rôle de lubrifiant entre les grains.
 le squelette solide, il est composé de particules issues de décomposition
physique et chimique de chaque roche meres.les grains peuvent être de
taille très fines ou être recristallisés. L’assemblage des différentes tailles
de grains déterminera le comportement de sol.

Ce sol se déforme par glissement des particules qui le composent. Il résiste par
frottement et /ou par attraction inter-particulaires c’est la (cohésion). Ainsi
l’action de terrasser consiste à manipuler de sols et les utiliser comme
matériaux.

1) La teneur en eau(w) :

C’est la détermination de la proportion de la phase liquide ; c'est-à-dire la


quantité d’eau que contient le sol. On défini théoriquement la teneur en eau d’un
sol comme étant égale au poids de l’eau contenu dans le sol rapporté à son poids
sec. C'est-à-dire au poids de particules solides, le poids des vides (AIR) étant
négligeable. On a donc :

W= (poids de l’eau / poids sol sec) x 100

Parmi ceux qui servent à définir l’état physique d’un sol, la teneur en eau est le
paramètre le plus important, dont la variation modifie toutes les propriétés
physiques d’un sol.

35
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

2) La densité :

Cet essai permet d’obtenir les caractéristiques physiques du matériau sous


plusieurs formes (densité apparente, densité humide, densité sèche)

Ɣd = La densité sèche.

Ɣh = La densité humide.

3) Identification du sol support :

Dans les travaux de construction routière, le rôle du sol support est considérable
car il conditionne largement la durée de vie de la chaussée.

L’élaboration et l’exécution de projets routiers en site neuf nécessitant une


bonne connaissance des terrains traversés. Dans ce cadre, la reconnaissance
géotechnique constitue une source d’informations indispensables à chacune des
étapes de la naissance d’une section de route. Cette reconnaissance permet :

Au stade des études, de bien définir le projet : optimisation des mouvements des
terres, dimensionnement du corps de chaussée, choix du matériau, etc.

Au stade de l’exécution, de réaliser avec le minimum d’aléas possibles : choix


des moyens et des matériels adaptés à la nature des sols rencontrés, méthodes
d’exécution, etc.

Dans le cadre de notre projet, l’identification du sol support a été fait au niveau
de l’ouvrage d’art .C’est avec les résultats de ces essais que la structure de la
chaussée à été dimensionnée.

4. L’analyse granulométrique :

Les sols à l’état naturel sont composés d’un mélange de grains de formes variées
et de différentes tailles. L’objectif de l’analyse granulométrique est de séparer le
sol en fractions granulaires et déterminer la distribution en poids des particules

36
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

suivant leurs dimensions. Les résultats de cet essai nous permettent d’identifier
un matériau (son appellation) et de prévoir certains de propriétés (perméabilité,
aptitude au compactage,….)

Cet essai se fait par tamisage et est réaliser sur la fraction du matériau sont les
dimensions des grains sont supérieures à 80 micron (0.080mm).

Le matériau utilisé pour la réalisation de la couche de forme (tuf sélectionné) à


été soumis à l’analyse granulométriques.

1) But de l’essai :

L’analyse granulométrique permet de déterminer la grosseur et les pourcentages


pondéraux respectifs des différentes familles de grains constituant les
échantillons. Elle s’applique à tous les granulats de dimension nominale
inférieure ou égale à 63mm, à l’exclusion des fillers.

A notre qu’il faut éviter la confusion entre la granulométrie qui s’intéresse à la


détermination de la dimension des grains et la granularité qui concerne la
distribution dimensionnelle des grains d’un granulat.

2) Principe de l’essai :

L’essai consiste à classer les différents grains constituants l’échantillon en


utilisant une série de tamis, emboîtes les un sur les autres, dont les dimensions
des ouvertures sont décroissantes du haut vers le bas.

Le matériau étudié est placé en partie supérieure des tamis et les classements des
grains s’obtiennent par vibration de la colonne de tamis.

37
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

5. Les limites d’Atterberg :

Les limites d’Atterberg ont été élaborées au XXe siècle par A. Atterberg, un
pédologue Suédois, qui s’intéressait à la plasticité des argiles en vue de la
fabrication des produits céramiques. Les essais mis au point à cette époque ont
été repris et modifiés par Casa grande, afin que leur interprétation puise
permettre d’établir un lien entre la teneur en eau du sol et son comportement.

Les résultats obtenus à partir de ces essais permettent de prévoir le


comportement des sols pendant les opérations de terrassement, en particulier
sous l’action des variations de teneur en eau.

1) But de l’essai :

On détermine par cet essai les limites de liquidité et de plasticité d’un sol. Cet
essai est réalisé sur la partie de sol passant au tamis de

400 µm.

Les limites d’Atterberg sont des paramètres géotechniques destinés à identifier


un sol et à caractériser son état.

 Limite de liquidité WI :

Teneur en eau d’un sol remanié au point de transition entre les états liquide et
plastique.

38
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

 Limite de plasticité WP :

Teneur en eau d’un sol remanié au point de transition entre les états plastique et
solide.

 Indice de plasticité IP :

Différence entre les limites de liquidité et de plasticité. Cet indice définit


l’étendue du domaine plastique.

Les sols qui présentent des limites d’Atterberg voisines, c’est à dire qui ont une
faible valeur de l’indice de plasticité (IP= WL– WP), sont donc très sensibles à
une faible variation de leur teneur en eau.

Ces limites susvisées sont donc mesurées sur le mortier ; c’est à dire sur les
fractions de matériau qui passe au tamis de 0.400mm.

2) Principe de la méthode :

L’essai réalisé avec le pénétromètre à cône consiste à mesurer l’enfoncement


d’un cône de masse normalisé dans le sol remanié et de faire des essais à
différentes teneur en eau.

L’utilisation d’un abaque permet d’obtenir les deux limites recherchées. Il excite
d’autres moyens de mesure;

39
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

la coupelle de Casa grande pour la limite de liquidité et le rouleau façonné de 3


mm pour de la limite plasticité.

6. Equivalent de sable I :

Equivalent de sable est un essai qui permet de mesurer rapidement


l’importance relative des éléments fins au sein d’un matériau sableux argileux.

Cet essai à été mis au point au laboratoire routier de Californie .Il peut
remplacer la mesure de la limite de plasticité qui est longue et difficile à réaliser
lorsque le matériau contient très peu d’éléments compris entre 0 et 0,42 mm, il
peut également remplacer l’analyse granulométrique.

Il sert le plus souvent à déceler la présence d’éléments argileux polluant au sein


des matériaux destinés, soit à la réalisation de couche de fondation routière, soit
à la fabrication du béton.

En utilisant l’équivalent de sable à10 pourcent de fine particules qui permettent


selon un procéder normaliser de quantifier la notion de propreté de sable.

1) But de l’essai :

40
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

Cet essai a pour but de mesurer la propreté des sables entrant dans la
composition des bétons. L’essai consiste à séparer les flocules fins contenues
dans le sable. Une procédure normalisée permet de déterminer un coefficient
d’équivalent de sable qui quantifie la propreté de celui-ci.

2) Principe de l’essai :

L’essai est effectué sur la fraction 0/2mm du sable à étudier. On lave


l’échantillon, selon un processus normalisé, et on laisse reposer le tout. Au bout
de 20minutes, on mesure les éléments suivant :

 Hauteur h2 : sable propre+éléments fins.


 Hauteur h1 : sable propre seulement.

On en déduit l’équivalent de sable qui, par convention est (la figure ).

L’essai dit d’équivalent de sable-permet de déterminer le degré de propreté du


sable :

h2
ES = h 1 ×100

Selon que la hauteur h2 est mesurée visuellement ou l’aide d’un piston, on


détermine ESV (équivalent de sable visuel) ou ES (équivalent de sable au
piston). Fig.  Définition de l’équivalent de sable

41
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

7. Le compactage :

Le compactage est une opération essentielle de la technologie routière qui


conditionne la bonne réalisation de la construction et le comportement des
chaussées dans le temps.

Le compactage peut être défini comme l’ensemble des moyens, essentiellement


mécaniques (figure), mis en œuvre pour améliorer performances d’un sol auquel
on applique des contraintes produisant une déformation irréversible qui modifie
ses caractéristiques intrinsèques (resserrement des pores et diminution des vides
entrainant une plus grande imperméabilité, augmentation de la cohésion et de
l’angle de frottement interne d’où une meilleur résistance au cisaillement,
augmentation de la densité apparente sèche…).

Les conditions optimales de compactage ne peuvent être relativement bien


précisées au laboratoire que pour les sols dont la dimension maximale des
éléments n’excèdent pas 20mm. Il est possible toute fois d’effectuer des essais
avec des matériaux plus grossiers moyennant une correction des résultats.

Pour une énergie de compactage donnée, un sol acquiert une densité maximale
pour une teneur en eau dite optimale ; l’essai Proctor reste la meilleure
procédure pour définir la relation entre ces deux caractéristiques.

C’est le plus souvent l’optimum de l’essai Proctor modifié qui sert de référence
pour les compacités à obtenir sur chantier pour les corps de chaussée.

La compacité d’un sol ou d’un matériau en place s’exprime en pourcentage par


le rapport entre sa densité sèche et celle maximale du Proctor de référence.

42
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

La portance du sol de plate-forme est déterminée par l’essai de poinçonnement


CBR dont les conditions d’exécution doivent refléter l’état d’imbibition à long
terme, le plus probable du sol.

L’une des procédures de contrôle de l’efficacité du compactage est la mesure de


la densité en place à l’aide du densitomètre ; les teneurs en eau sont calculées
sur chantier.

8. Essai Proctor :

Les caractéristiques de compactage Proctor sont des paramètres très utilisés pour
identifier les matériaux et pour définir la spécification de compactage des
remblais, des couches de forme et des assises de chaussées.

1) But de l’essai :

Lorsqu’on compacte de façon identique des échantillons d’un même sol à des
teneurs en eau différentes, on constate que les densités sèches obtenues varient
avec les teneurs en eau des échantillons au moment du compactage.

La densité sèche croit d’abord avec la teneur en eau, puis à partir d’une certaine
teneur en eau elle décroit quand la teneur en eau augmente. Elle passe donc par
un maximum qui est obtenu pour une teneur en eau bien déterminée teneur en
eau optimum. L’essai Proctor a pour but de déterminer, pour un compactage
d’intensité donnée, la teneur en eau à laquelle doit être compacté un sol pour
obtenir la densité sèche maximum ; la teneur en eau ainsi déterminer est appelée
teneur en eau optimum Proctor.

2) Principe de l’essai :

L’essai consiste à compacter dans un moule, et suivant un processus bien défini,


une série d’échantillons identiques et représentatifs du sol, préalablement

43
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

imbibés à des teneurs en eau croissantes. L’eau qui joue un rôle de lubrifiant,
favorise la mise en place et le serrage des grains.

L’essai fournit une série des couples de valeur (ω, ɣd) que l’on porte sur un
graphique orthogonal ; la courbe obtenue est appelée diagramme Proctor ; elle
présente un maximum dont l’abscisse fournit la teneur en eau optimale
recherchée. Fig. : Diagramme Proctor

Les essais sont de deux types :

 L’essai Proctor normal pour les applications des matériaux utilisées dans
les corps de remblais et les ouvrages en terre et pour les couches de
forme.
 L’essai Proctor modifié pour les applications des matériaux utilisés dans
les couches de chaussés.

Ils différent seulement par l’énergie de compactage mise en œuvre.

44
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

3) Appareillage :

Le matériel utilisé est celui représenté sur la figure 29, il s’agit de :

 Module Proctor, moule CBR, la dame Proctor normal, la dame Proctor


modifié.
 Tamis d’ouvertures 5mm-20mm.
 Une règle à raser constituée par une lame métallique.
 Accessoire tels : truelles, éprouvette graduée, maillets, burins, couteaux.
 Balance sensible au gramme prés (portée minimal20kg) et 5cg au moins.
 Une étuve.
 Un dispositif hydraulique ou mécanique permettant l’extraction aisée des
éprouvettes du module (appareil à démouler).

Figure : Appareillage spécifique

4) Exécution de l’essai :
 Présentation des échantillons :

La quantité d’échantillon à prélever pour exécuter l’essai varie de 15à100kg


suivant la granularité du matériau et si l’on cherche en même temps la

45
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

détermination de l’indice CBR après immersion et/ou de son indice portant


immédiat.

Le diagramme représenté à la figure 30 ci après, précise ces quantités pour cinq


points de la courbe Proctor.

Le matériau est d’abord séché complètement s’il est granuleux ; il n’est séché
que partiellement s’il est fin (contenant des particules argileuses). En effet, dans
ce cas une dessiccation complète en étuve, imposerait ensuite, avant l’essai, un
long ré imbibition du matériau à la teneur en eau d’essai.

Enfin lorsque le matériau contient des éléments supérieurs à 20mm, ceux-ci


doivent être éliminés et remplacés par une quantité équivalente d’éléments
compris entre 5 et 20mm.

L’échantillon séché est éventuellement tamisé à 20 mm, répandu dans un bac,


brassé, homogénéisé et divisé en cinq parts de visu aussi semblables que
possible.

 Détermination de la teneur en eau d’essai :

Le choix des teneurs en eau à attribuer à chaque part fait appel à des tests visuels
et à une certaine expérience dans la justesse de cette estimation.

L’incorporation de l’eau au sein du matériau doit se fait lentement, de manière


bien répartie à la surface tout en maintenant le malaxage.

Après humidification, chaque part est conservée dans un sac étanche durant un
temps fonction de l’argilosité du sol pour parfaire la diffusion de l’eau. C’est à
partir de chacune de ces cinq parts que seront confectionnées les éprouvettes
destinées à la détermination des cinq points de la courbe Proctor.

 Processus d’exécution de l’essai Proctor :

46
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

Suivant le type d’essai, de matériel et de matériau, le processus d’exécution est


différent. Ces diverses modalités d’exécution sont regroupées dans le tableau
suivant :

Avant introduction du matériau dans le moule il y a lieu de :

 Solidariser : moule, embase et hausse.


 Lubrifier les parois du moule.
 Placer les disques d’espacement au fond du moule CBR lorsque celui-ci
utilisé.
 Placer papier filtre ou film plastique au fond du moule ou sur le disque
d’espacement du moule CBR en faciliter le démoulage.

47
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

La quantité de matériau correspondant à chacune des couches selon le tableau


ci-dessus, est compactée à l’aide de la dame Proctor concernée comme indiqué
dans la figure :

Après le compactage de la dernière couche, la hausse est retirée, et le matériau


doit dépasser le moule de 1cm au minimum. L’exécution est arasée
soigneusement au niveau du moule en opérant radialement du centre vers la
périphérie du moule.

L’ensemble du moule avec le matériau est pesé avant le démoulage de


l’éprouvette.

Deux échantillons représentatifs sont prélevés dans la partie supérieure et


inferieure de l’éprouvette pour en déterminer la teneur en eau après dessiccation.

Ces opérations sont répétées sur chacune des cinq parts de matériau au plus de
deux point (1point =teneur en eau de 1%).

9. Essai Micro-DEVAL :

Le Micro-DEVAL en présence d’eau (MDE) permet de quantifier à la fois


l’usure par frottement réciproque des granulats dans une assise (attrition), el
l’usure par frottement des pneumatiques sur les gravillons à la surface des
revêtements.

La présence de l’eau de façon quasi permanente dans les assises de chaussée, a


généralement une grande influence sur l’usure d’où la pratique de l’essai en
présence d’eau.

48
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

1) But de l’essai :

L’essai permet de mesurer la résistance à l’usure des granulats les plus usuels en
technique routière.

2) Définition de l’essai :

L’essai consiste à mesurer dans u broyeur, par frottement entre les granulats et
une charge abrasive.

Si P : poids matériau soumis a l’essai, la résistance à l’usure s’exprime par :

MDS ou MDE : Micro-DEVAL en présence d’Eau.

3) Appareillage :
 L’appareil comporte 4 cylindres d’essai de 4,5(diamètre 200 mm pour les
4-14mm et 400 mm pour les 25-50mm), posés sur deux arbres
horizontaux qui les entrainent en rotation (chaque cylindre permettant
d’effectuer un essai) ; ils sont fermés par un couvercle bloqué sur un
bouton de fixation ; l’étanchéité est assurée par joint en caoutchouc placé
sur le couvercle.
 Charge abrasives : billes (ø10mm).
 Moteur assurant une rotation de ≈100t/min.
 Jeux de tamis : 1,6 -4- 6,3 -8- 10 - 14 - 25 - 40 et 50 mm.

49
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

Figure : appareil MICRO-DEVAL à 4 CYLINDRE

4) Exécution de l’essai :
 L’échantillon doit être représentatif du matériau à analyser conforme à
l’une des classes granulaires types (4-6,3 ; 6,3-10; 10-14 et 25-50) ; les
25-50mm doivent contenir 60%de 25-40mm.
 Tamiser à sec, sur les tamis de la classe granulaire choisie ainsi que le
tamis intermédiaire.
 Eliminer les éléments plats.
 Laver et sécher à l’étuve.
 Réajuster le poids de chacune des demi-classes à 250 ± 1g pour les 4-
14mm ; soit le poids total de 500 ± 2g. La masse de l’échantillon pour les
25-50mm est de 10kg ± 20g.
 Introduire la charge abrasive et les 500g de matériau dans le cylindre. La
charge est fixée selon le tableau ci-après.

Classe granulaire (mm) Charges abrasives (g)


4-6,3 2000 ± 5
Tableau :
valeur
6,3-10 4000 ± 5
masse de
la 10-14 charge
5000 ± 5
abrasive

 Ajouter 2,5 l d’eau (pour MDE) ; 2l d’eau pour les 25-50mm.

50
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

 Fermer à l’aide du couvercle et mettre en marche pendant 2h (total :


12000t) ; 2h20 (14000 rotation) pour 25-50mm.
 Recueillir le granulat et charge abrasive dans un bac et laver l’intérieur
des cylindres en recueillant l’eau et les parties minérales entrainées.
 Tamiser sur le tamis de 1,6mm ; la charge abrasive sera retenue sur un
tamis de 8mm ; laver l’ensemble sous un jet d’eau.
 Sécher le refus à l’étuve.
 Peser le refus au gramme près : p`.

Le coefficient MICRO-DEVAL se calcule par :

P : le poids initial du matériau soumis à l’essai.

P : le poids d’éléments inférieurs 1,6mm produit par l’essai.

P`: le poids du matériau après passage dans la machine, tamisage à 1,6 mm et


séchage).

p−P p
× 100 SOIT ×100
p P

10. L’essai Los Angeles :

La mesure de la résistance à la fragmentation par choc est destinée à évaluer


l’aptitude des granulats à se fragmenter sous l’action du trafic. Seul l’essai Los
Angeles est pris en compte pour la définition des catégories de résistance
mécanique normalisées.

1) But de l’essai :

51
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

L’essai permet de mesurer les résistances à la fragmentation par chocs et à


l’usure par frottements réciproques des granulats utilisés dans différentes
couches d’une chaussée.

2) Principe de la méthode :

L’essai consiste à mesurer la quantité d’éléments <1,6mm (tamis) produit en


soumettant le matériau aux chocs de boulets et aux frottements réciproques dans
la machine Los Angeles.

Si P : poids du matériau soumis à l’essai, P le poids des éléments <1,6mm


produits au cours de l’essai, la résistance à la fragmentation par chocs et à
l’usure par frottements s’exprime par :

p
LA = P
×100

3) Appareillage :
 Machine Los Angeles : comporte un cylindre creux en acier, fermé à ses
deux extrémités et supporté par deux axes horizontaux fixés à ses deux
parois latérales (à l’extérieur du cylindre). Le cylindre est monté tel qu’il
puisse tourner autour de son axe horizontal à une vitesse de rotation entre
30 et 33 tours /mn.
Un compte-tours arrête automatiquement le moteur au nombre de tours
voulu.
 Charge abrasive, constituée par des boulets sphériques (ø≈47mm) en acier
de poids 390 à 445g.
 Tamis : 1,6- 4-6,3-10-14mm.
 Balance (portée 10kg).
 Etuve.
 Bacs.

52
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

Figure : Machine Los Angeles

4) Exécution de l’essai :

L’échantillon à analyser, doit être représentatif de la fourniture des granulats.

Le nombre d’échantillons sera fonction de l’importance et de l’hétérogénéité de


la fourniture.

L’échantillon à essayer comporte 5000g d’agrégats conforme à l’une des


granulométries indiquées au tableau ci-dessous :

Classes granulaire (mm) Nombre de Masse total de


boulets la charge(g)
4-6,3 7 3080 +20
6,3-10 8 3960 A
10-14 11 4840 -150
10-25(dont60%classe10-16) 11 4840 +20
16-31,5(dont60% classe16-25) 12 5280 A
25-50(dont dont60% classe25-40) 12 5280 -150

Figure : Classe granulaires – matériaux de chaussée

11. Essai CBR :


53
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

La portance d’un sol dépendant considérablement de ses caractéristiques d’état,


une valeur particulière d’un indice CBR (Californian Bearing Ratio),
correspondant à une masse volumique sèche, une teneur en eau, un degré de
saturation donné, ne permet pas en général de préjuger valablement du
comportement de ce sol, en tant que support d’une chaussée. En effet, l’état dans
lequel il risque de se trouver peut varier dans une large plage, compte tenu des
conditions hydriques et de la mise en œuvre.

Pour pouvoir proposer une interprétation qui soit fondée, il est indispensable de
déterminer les valeurs des indices CBR du sol pour un ensemble de condition
d’état.

1) But de l’essai :

L’essai CBR permet de définir, pour les sols à vocation routière, un indice étant
purement empirique, dit « indice portant ».

Cet indice étant connu, on peut, grâce à des abaques, calculer l’épaisseur des
couche de fondation nécessaire à la constitution d’une chaussée, et ceci en
fonction de la charge par essieu et du trafic attendu.

L’essai s’applique aux sols fins, ainsi qu’aux sols grenus dont la teneur en
éléments de plus de 20mm de dimension maximale n’excède pas 25%.

L’indice CBR immersion : est un indice mesuré après 4jours d’imbibition de


l’éprouvette avec application des surcharges.

L’indice CBR immédiat : est mesuré à la teneur en eau de confection de


l’éprouvette avec application des surcharges

L’indice portant immédiat (IPI) : est mesuré à la teneur en eau de confection de


l’éprouvette sans application des surcharges ; utilisée pour évaluer l’aptitude

54
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

d’un sol ou d’un matériau élaboré à supporter directement sur sa surface la


circulation des engins de chantier.

Ces grandeurs sont utilisées pour caractériser un sol (ou un matériau élaboré), en
tant que support ou constituant d’une structure de chaussée.

2) Principe :

L’essai CBR consiste à mouler un sol dans différentes conditions de compacité


et de teneur en eau, et à le poinçonner à vitesse constate sous une presse, à sa
teneur en eau de mise en œuvre ou après immersion.

La règle générale est de la maintenir 4jour en immersion ; mais cette durée peut
être modifié en plus ou en moins selon les conditions réelles d’environnement
du matériau en service.

Pour chaque éprouvette, on mesure la relation enfoncement /pression.

Les valeurs particulières des deux pressions ayant provoqué les enfoncements de
2,5mm et 5mm rapportées aux valeurs 70et105 bars (pression observées sur un
matériau de référence pour les mêmes enfoncements) correspondent aux indices
CBR ou l’IPI.

L’indice recherché est alors défini conventionnellement comme étant la plus


grande valeur, exprimée en pourcentage, des deux rapports ainsi calculés.

3) Appareillage :

55
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

 Pour la fonction des éprouvettes : moule CBR, dames Proctor normal ou


Proctor modifié et accessoire (vue dans l’essai Proctor).
 Pour le poinçonnement : une presse de compression équipée d’un poinçon
cylindrique en acier de 19,35 cm2 de section ; d’un dispositif permettant la
manœuvre de la presse à une vitesse de 1,27mm/min et un dispositif
dynamométrique mesurant les efforts de poinçonnement.

Figure : la presse C.B.R


 Pour le CBR immersion : bacs pour imbibition complète des éprouvettes;
surcharge (disque avec un évidement central) de 2,3 ; surcharges
sectionnées (plusieurs) ; comparateur avec trépied support ; disque de
gonflement perforé.
4) Exécution de l’essai :

56
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

 Préparation des éprouvettes :

Le matériau est compacté dans le moule CBR muni de disque d’espacement, à


l’énergie de compactage choisie avec le matériel et selon les conditions de
l’essai Proctor.

Le moule est désolidarisé de sa plaque de base, retourné pour que la face


supérieure se retrouve en contact avec la plaque fixée ; le disque d’espacement
est retiré.

 Dans le cas de l’essai IPI : ensemble plaque de base, moule à placer sur la
presse en position centrée par rapport au piston.
 Dans le cas de I.CBR immédiat : ensemble plaque de base et deux
surcharges (en une pièce au contact de l’échantillon et en deux parties au
dessus) dans le volume libéré par le disque d’espacement, à poser sur la
presse.
 Dans le cas deI.CBR immersion (figure C) : ensemble moule, plaque de
base, papier-filtre, disque de gonflement, trépied support de comparateur
fixé sur le bord du moule, le tout dans un bac d’immersion durant 4jours ;
la hauteur de gonflement est mesurée par le compacteur.
Après un temps d’égouttage (quelques minutes), l’ensemble plaque de
base, moule, surcharge, à poser sur la presse.

 Exécution du poinçonnement :
 La face supérieure de l’éprouvette doit affleurer le piston (voir
dispositifs prévus sur la presse).
 Réglage à zéro de l’anneau dynamométrique (lectures forces) et
du comparateur (lectures Enfoncements du piston).
 Le poinçonnement est exécuté à raison de 1,27 mm/min à l’aide
de l’indicateur de cadence.

57
CHAPITRE 5 : ETUDE GEOTECHNIQUE

 Les efforts de poinçonnement sont relevés, correspondant aux


enfoncements de 0,625-2-2,5-5-7,5et 10mm.
 La prise d’échantillon pour la détermination de la teneur en eau
de confection, se fait dans le surplus de matériau restant.
 Le prélèvement d’échantillon se fait de chaque coté de
l’empreinte laissée par le poinçonnement, pour déterminer la
teneur en eau après imbibition.

58

Vous aimerez peut-être aussi