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Université Sidi Mohamed Ben Abdellah Travaux dirigés de Mécanique des fluides

Faculté Polydisciplinaire de Taza Série n°3

Exercice1
On considère l’écoulement défini en variables d’Euler par :
𝑢 = 𝛼𝑥
⃗ { 𝑣 = 𝛼𝑦
𝑈 où 𝛼 et 𝛽 sont des constantes non nulle.
𝑤 = −𝛼𝑥 + 𝛽𝑡

1- Cet écoulement est-il stationnaire, incompressible ?


2- Déterminer les trajectoires.
3- Déterminer les lignes de courant à l’instant 𝑡1 .

Exercice 2
Soit un écoulement plan défini par sa fonction de courant :

𝜓(𝑥, 𝑦) = 𝐶(𝑥 2 − 𝑦 2 ), où 𝐶 est une constante.

1- Montrer qu’il s’agit-il d’un écoulement irrotationnel ?


2- Déterminer la fonction potentielle 𝜑(𝑥, 𝑦).

Exercice 3
⃗ = 𝑢𝑖 + 𝑣𝑗
Dans le plan (𝑖, 𝑗) on donne le champ des vitesses 𝑉 d’un écoulement
bidimensionnel par :
2 2
⃗ {𝑢 = 𝑥 𝑦 + 𝑦
𝑉
𝑣 = 𝑥2 − 𝑦2𝑥

en tout point 𝑀(𝑥, 𝑦) du plan.

1- Vérifier que l’écoulement est incompressible. Est-il potentiel ?


2- Déterminer la fonction de courant et l’équation des LDC.
3- Calculer le débit qui passe entre les points 𝐴(1,0) et 𝐵(0,1).
4- Donner l’accélération d’une particule sur l’axe des 𝑥 et l’axe des 𝑦.

Exercice 4
Représenter les écoulements plans irrotationnels permanents de fluide incompressible
(en traçant les lignes de courant et les équipotentielles et en cherchant les composantes
de la vitesse), définis par les fonctions analytiques suivantes :

𝑎 2
𝑓(𝑧) = 𝑈0 𝑧 ; 𝑓(𝑧) = 𝐶 ln(𝑧) ; 𝑓(𝑧) = 𝑧 𝑒𝑡 𝑓(𝑧) = 𝑖𝐶 ln(𝑧)
2
𝑈0 , 𝑎 et 𝐶 sont des constantes.
Exercice 5
L’écoulement potentiel autour d’un cylindre circulaire de rayon 𝑎 est régi par le
potentiel complexe :

𝑎2
𝑓(𝑧) = 𝑉0 (𝑧 + ) où 𝑉0 est une constante réelle.
𝑧

a- Trouver les expressions de la fonction de potentiel et de la fonction de courant.


b- Déterminer le champ des vitesses et en déduire les points d’arrêt.
c- Trouver la vitesse loin de cylindre (c.-à-d. lorsque |𝑧| → ∞).

Correction de la série n°3

Exercice 1
1- un écoulement est dit stationnaire lorsque la vitesse et les autres variables ne
dépendent plus du temps.

Dans ce cas la vitesse dépend du temps 𝑡:

𝑢 = 𝛼𝑥
⃗ (𝑡) { 𝑣 = 𝛼𝑦
𝑈 où 𝛼 et 𝛽 sont des constantes non nulle.
𝑤 = −𝛼𝑥 + 𝛽𝑡
𝑡 figure explicitement dans 𝑤 = −𝛼𝑥 + 𝛽𝒕
donc, l’écoulement n’est pas stationnaire (instationnaire)

Un fluide est dit en écoulement incompressible si sa masse volumique peut être


𝜕𝜌
considéré comme constante au cours du mouvement ( 𝜕𝑡 = 0): la conservation de la
⃗ =0
masse se réduit à : div 𝑈
On calcule :
𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑤
⃗ =
div 𝑈 + + = 𝛼 + 𝛼 + 0 = 2𝛼 ≠ 0
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
⃗ est non nul.
donc, l’écoulement n’est pas incompressible (compressible) car 𝑑𝑖𝑣 𝑈

2- Les équations différentielles des trajectoires sont les suivantes :


𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧 𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
= = = 𝑑𝑡 ⟹ = = = 𝑑𝑡
𝑢(𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) 𝑣(𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) 𝑤(𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) 𝛼𝑥 𝛼𝑦 −𝛼𝑥 + 𝛽𝑡
𝑑𝑥
= 𝛼𝑑𝑡 ⟹
⏟ ln 𝑥 = 𝛼𝑡 + 𝐶𝑡𝑒 ⟹ 𝑥(𝑡) = 𝐾1 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡)
𝑥 𝑝𝑎𝑟 𝑖𝑛𝑡é𝑔𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝐾1 est constante, est égale à 𝑥0 si 𝑥 = 𝑥0 en 𝑡 = 0
alors :
𝑥(𝑡) = 𝑥0 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡)
de même :
𝑑𝑦
= 𝛼𝑑𝑡 ⟹
⏟ ln 𝑦 = 𝛼𝑡 + 𝐶𝑡𝑒 ⟹ 𝑦(𝑡) = 𝐾2 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡)
𝑦 𝑝𝑎𝑟 𝑖𝑛𝑡é𝑔𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝐾2 est constante, est égale à 𝑦0 si 𝑦 = 𝑦0 en 𝑡 = 0
alors :
𝑦(𝑡) = 𝑦0 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡)
Et pour 𝑧 :
𝑑𝑧 𝑑𝑧
= 𝑑𝑡 ⇒ = 𝑑𝑡 ⟹ 𝑑𝑧 = [−𝛼𝑥0 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡) + 𝛽𝑡]𝑑𝑡
−𝛼𝑥 + 𝛽𝑡 −𝛼𝑥0 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡) + 𝛽𝑡

𝛽𝑡 2

⏟ 𝑧 = −𝑥0 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡) + + 𝐾3
𝑝𝑎𝑟 𝑖𝑛𝑡é𝑔𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
2

𝐾3 est constante à déterminer


si 𝑧 = 𝑧0 en 𝑡 = 0, implique que : 𝑧0 = −𝑥0 + 𝐾3 ⇒ 𝐾3 = 𝑥0 + 𝑧0
alors :
𝑡2
𝑧(𝑡) = 𝑥0 [1 − 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡)] + 𝛽 + 𝑧0
2

𝑥(𝑡) = 𝑥0 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡)
Les trois résultats {𝑦(𝑡) = 𝑦0 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡) définissent les trajectoires en
𝑡2
𝑧(𝑡) = 𝑥0 [1 − 𝑒𝑥𝑝(𝛼𝑡)] + 𝛽 2 + 𝑧0
fonction du temps 𝑡.

3- On appelle ligne de courant une courbe dont la direction tangente en chacun de ses
points est la direction du vecteur vitesse. L’équation d’une ligne de courant se calcule
par intégration des équations:
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
= =
𝑢 𝑣 𝑤
Soit 𝑡1 fixé. Les équations définissant les lignes de courant sont les suivantes :

𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
= =
𝛼𝑥 𝛼𝑦 −𝛼𝑥 + 𝛽𝑡1
On obtient successivement :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑦 𝑑𝑥
= ⟹ =
𝛼𝑥 𝛼𝑦 𝑦 𝑥
⟹⏟ 𝑦 = 𝐶1 x
𝑝𝑎𝑟 𝑖𝑛𝑡é𝑔𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛

𝐶1 est une constante d’intégration.


𝑑𝑥 𝑑𝑧 𝛽𝑡1 𝑑𝑥
= ⇒ 𝑑𝑧 = −𝑑𝑥 +
𝛼𝑥 −𝛼𝑥 + 𝛽𝑡1 𝛼 𝑥
𝛽𝑡1

⏟ 𝑧 = −𝑥 + 𝑙𝑛 𝑥 + 𝐶2
𝑝𝑎𝑟 𝑖𝑛𝑡é𝑔𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝛼

𝐶2 est une constante d’intégration.

𝑦 = 𝐶1 𝑥
Le système : { 𝛽𝑡1 est définit une surface dans l’espace à trois
𝑧 = −𝑥 + 𝑙𝑛 𝑥 + 𝐶2
𝛼
dimensions. La ligne de courant définie par l’intersection de ces deux surfaces.
Exercice 2
𝜓(𝑥, 𝑦) = 𝐶(𝑥 2 − 𝑦 2 ), où 𝐶 est une constante.

1- un écoulement irrotationnel lorsque rot ⃗ = ⃗0


⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
⃗ par les deux relations suivantes :
on calcule d’abord la vitesse 𝑉

𝜕𝜓
𝑢== −2𝐶𝑦
⃗𝑉 = 𝜕𝑦
𝜕𝜓
{ 𝑣=− = −2𝐶𝑥
(𝑒𝑥 ,𝑒𝑦 ) 𝜕𝑥
alors :

𝜕⁄𝜕𝑥 𝑢 𝜕⁄𝜕𝑥 −2𝐶𝑦


⃗⃗⃗⃗⃗
rot 𝑉 ⃗ = |𝜕⁄𝜕𝑦 ∧ |𝑣 = |𝜕 𝜕𝑦 ∧ | −2𝐶𝑥 = [−2𝐶 − (−2𝐶)] 𝑒𝑧 = ⃗0

𝜕⁄𝜕𝑧 0 𝜕⁄𝜕𝑧 0
(𝑒𝑥 ,𝑒𝑦 ,𝑒𝑧 ) (𝑒𝑥 ,𝑒𝑦 ,𝑒𝑧 )

donc il s’agit d’un écoulement irrotationnel.

2- Puisque ⃗⃗⃗⃗⃗
rot 𝑉⃗ = ⃗0, alors il s’agit d’un écoulement potentiel où le champ de vitesses
⃗ =
dérive d’une fonction scalaire 𝜑(𝑥, 𝑦), que l’on appelle potentiel des vitesses, tel que 𝑉
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
grad 𝜑 :
pour chercher la fonction 𝜑(𝑥, 𝑦) celle-ci doit vérifier les deux conditions suivantes :
𝜕𝜑 𝜕𝜑
𝑢= = −2𝐶𝑦 𝑒𝑡 𝑣 = = −2𝐶𝑥
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Par intégration, on obtient :

𝜕𝜑
= −2𝐶𝑦 ⟹ 𝜑(𝑥, 𝑦) = −2𝐶𝑦 𝑥 + ℎ(𝑦)
𝜕𝑥

où ℎ(𝑦) est une fonction ne dépend que de 𝑦.


𝜕𝜑 𝑑ℎ(𝑦)
= −2𝐶𝑥 ⟹ = −2𝐶 𝑥 + = −2𝐶𝑥
𝜕𝑦 𝑑𝑦
𝑑ℎ(𝑦)
⟹ = 0 ⟹ ℎ(𝑦) = 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒 = 𝐾
𝑑𝑦
finalement :
𝜑(𝑥, 𝑦) = −2𝐶𝑥𝑦 + 𝐾
𝐾 est une constante d’intégration.

Remarque : Les lignes équipotentielles sont les courbes d’équations : 𝜑(𝑥, 𝑦) = 𝐶 𝑡𝑒 , soit
𝑥𝑦 = 𝐶 𝑡𝑒 . Ce sont des hyperboles équilatères qui coupent orthogonalement les lignes de
courant en tout point de l’écoulement.

Exercice 3
2 2
⃗ {𝑢 = 𝑥 𝑦 + 𝑦
𝑉
𝑣 = 𝑥2 − 𝑦2𝑥
1- Puisque :
𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕 2 𝜕 2
⃗ =
div 𝑉 + = (𝑥 𝑦 + 𝑦 2 ) + (𝑥 − 𝑦 2 𝑥) = 2𝑥𝑦 − 2𝑦𝑥 = 0
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦
donc l’écoulement est incompressible.

et puisque :
𝜕⁄𝜕𝑥 𝑢 𝜕⁄𝜕𝑥 𝑥2𝑦 + 𝑦2
⃗ =
⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
rot |𝜕⁄𝜕𝑦 ∧ |𝑣 = |𝜕⁄𝜕𝑦 ∧ | 𝑥 2 − 𝑦 2 𝑥 = [(2𝑥 − 𝑦 2 ) − (𝑥 2 + 2𝑦)] 𝑒𝑧
𝜕⁄𝜕𝑧 0 𝜕⁄𝜕𝑧 0
(𝑒𝑥 ,𝑒𝑦 ,𝑒𝑧 ) (𝑒𝑥 ,𝑒𝑦 ,𝑒𝑧 )

≠ ⃗0
alors l’écoulement n’est pas potentiel.

⃗ = 0, il s’agit d’un écoulement plan incompressible, on peut définir une fonction


2- div 𝑉
de courant 𝜓(𝑥, 𝑦) tel que :
𝜕𝜓 𝜕𝜓
𝑢= = 𝑥 2 𝑦 + 𝑦 2 𝑒𝑡 𝑣 = − = 𝑥2 − 𝑦2𝑥
𝜕𝑦 𝜕𝑥

Par intégration, on obtient :


𝜕𝜓 1 1
= 𝑥 2 𝑦 + 𝑦 2 ⟹ 𝜓(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 2 + 𝑦 3 + 𝑔(𝑥)
𝜕𝑦 2 3

où 𝑔(𝑥) est une fonction ne dépend que de 𝑥.


𝜕𝜓 𝑑𝑔(𝑥)
= 𝑦 2 𝑥 − 𝑥 2 ⟹ 𝑥𝑦 2 + = y2𝑥 − 𝑥 2
𝜕𝑥 𝑑𝑥
𝑑𝑔(𝑥)
⟹ = −𝑥 2
𝑑𝑥
1
⟹ 𝑔(𝑥) = − 𝑥 3 + 𝐶
3
𝐶 est une constante d’intégration.
Ce qui donne finalement :
1 2 2 1 3 1 3
𝜓(𝑥, 𝑦) = 𝑥 𝑦 + 𝑦 − 𝑥 +𝐶
2 3 3

Les lignes de courant sont définies par :


1 3 1
𝜓(𝑥, 𝑦) = 𝐶 𝑡𝑒 ⟹ (𝑦 − 𝑥 3 ) + 𝑥 2 𝑦 2 = 𝐶 𝑡𝑒
3 2
3- le débit volumique, qui passe entre les points 𝐴(1,0) et 𝐵(0,1) :
𝐵

𝑄𝑉 = ∫ 𝑑 𝜓 = 𝜓(𝐵) − 𝜓(𝐴)
𝐴
avec :
1
𝜓(𝐵) = 𝜓(0,1) =
3
1
𝜓(𝐴) = 𝜓(1,0) = −
3
On obtient :
2 3
𝑄𝑉 = m ⁄s
3

4- l’accélération d’une particule sur l’axe des 𝑥 et l’axe des 𝑦.

𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝛾𝑥 = +𝑢 +𝑣
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕𝑣 𝜕𝑣 𝜕𝑣
𝛾𝑦 = +𝑢 +𝑣
{ 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦
On a :
2 2
⃗ {𝑢 = 𝑥 𝑦 + 𝑦
𝑉
𝑣 = 𝑥2 − 𝑦2𝑥

𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑣
= = 0; ; = 2𝑥𝑦 ; = 𝑥 2 + 2𝑦 , = 2𝑥 − 𝑦 2 𝑒𝑡 = −2𝑥𝑦
𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦

𝛾𝑥 = 2𝑥𝑦(𝑥 2 𝑦 + 𝑦 2 ) + (𝑥 2 + 2𝑦)(𝑥 2 − 𝑦 2 𝑥)
⟹{
𝛾𝑦 = (2𝑥 − 𝑦 2 )(𝑥 2 𝑦 + 𝑦 2 ) − 2𝑥𝑦(𝑥 2 − 𝑦 2 𝑥)
Donc :
• sur l’axe des 𝑥, on a 𝑦 = 0 :
𝛾 = 𝑥4
{ 𝑥 ⟹ 𝛾 = 𝑥4 𝑖
𝛾𝑦 = 0

• sur l’axe des 𝑦, on a 𝑥 = 0 :


𝛾𝑥 = 0
{ ⟹ 𝛾 = −𝑦 4 𝑗
𝛾𝑦 = −𝑦 4
Exercice 4
Définition : lorsqu’un écoulement plan est conservatif et irrotationnel, il peut être
complètement décrit au moyen d’une fonction analytique complexe appelée « potentiel
complexe des vitesses ». Cette fonction complexe comporte une partie réelle
correspondant au potentiel des vitesses 𝜑(𝑥, 𝑦) (𝜑(𝑟, 𝜃) en coordonnées polaires) et
une partie imaginaire à la fonction de courant 𝜓(𝑥, 𝑦) (𝜓(𝑟, 𝜃) en coordonnées
polaires). On définit aussi :

𝑓(𝑧) = 𝜑 + 𝑖 𝜓 où 𝑧 = 𝑥 + 𝑖 𝑦 = 𝑟𝑒 𝑖𝜃

La définition d’une telle fonction analytique est légitime dans la mesure où le potentiel
des vitesses et la fonction de courant vérifient les relations de Cauchy :

• ⃗ = 𝑢 𝑒𝑥 + 𝑣 𝑒𝑦
En coordonnées cartésiennes : 𝑉
𝜕𝜑 𝜕𝜓
𝑢= =
𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕𝜑 𝜕𝜓
𝑣= =−
𝜕𝑦 𝜕𝑥
(𝑒𝑥 ,𝑒𝑦 ){

• ⃗ = 𝑉𝑟 𝑒𝑟 + 𝑉𝜃 𝑒𝜃
En coordonnées Polaires : 𝑉
𝜕𝜑 1 𝜕𝜓
𝑉𝑟 = =
{ 𝜕𝑟 𝑟 𝜕𝜃
1 𝜕𝜑 𝜕𝜓
𝑉𝜃 = =−
(𝑒𝑟 ,𝑒𝜃 ) 𝑟 𝜕𝜃 𝜕𝑟

Soit l’écoulement plan défini par la fonction analytique suivante :

𝑓(z) = 𝑖𝐶 ln(𝑧)
Où 𝐶 est une constante.
Vue la nature du problème, il convient mieux de choisir le système de coordonnées
polaires.

Il faut développer l’expression du potentiel complexe 𝑓(𝑧) pour mettre en évidence les
parties réelle et imaginaire pour faire une identification avec sa forme : 𝑓(𝑧) = 𝜑 + 𝑖 𝜓,
alors :

𝑓(𝑧) = 𝑖𝐶 ln(𝑧) = 𝑖𝐶 ln(𝑟𝑒 𝑖𝜃 ) = 𝑖𝐶(ln 𝑟 + ln 𝑒 𝑖𝜃 ) = 𝑖𝐶(ln 𝑟 + 𝑖𝜃)


On sait que : 𝑖 2 = 𝑖 × 𝑖 = −1
⟹ 𝑓(𝑧) = −𝐶 𝜃 + 𝑖 𝐶 ln 𝑟
𝜑(𝑟, 𝜃) = −𝐶 𝜃
donc : {
𝜓(𝑟, 𝜃) = 𝐶 ln 𝑟
• les lignes de courant correspondent aux valeurs constantes de 𝜓(𝑟, 𝜃) :

𝜓(𝑟, 𝜃) = 𝐶 ln 𝑟 = 𝐶 𝑡𝑒 ⟹ 𝑟 = 𝐶 𝑡𝑒 ∀ 𝜃

d’où, les LDC sont des cercles concentriques centré à l’origine du repère.

• les équipotentielles correspondent aux valeurs constantes de 𝜑(𝑟, 𝜃) :


𝜑(𝑟, 𝜃) = −𝐶 𝜃 = 𝐶 𝑡𝑒 ⟹ 𝜃 = 𝐶 𝑡𝑒 ∀ 𝑟

donc, les équipotentielles sont des demi-droites issues de l’origine du repère.

Et on vérifie bien qu’en tout point de l’écoulement elles sont effectivement orthogonales
aux lignes de courant.

• Les composantes du vecteur vitesse sont calculées à partir de l’une des deux
fonctions 𝜑(𝑟, 𝜃) ou 𝜓(𝑟, 𝜃) :

𝜕𝜑 𝜕 1 𝜕𝜓 1 𝜕
𝑉𝑟 = = (−𝐶 𝜃) = 0 𝑉𝑟 = = (𝐶 ln 𝑟 ) = 0
{ 𝜕𝑟 𝜕𝑟 de même ∶ { 𝑟 𝜕𝜃 𝑟 𝜕𝜃
1 𝜕𝜑 1 𝜕 𝐶 𝜕𝜓 𝜕 𝐶
𝑉𝜃 = = (−𝐶 𝜃) = − 𝑉𝜃 = − = − (𝐶 ln 𝑟) = −
𝑟 𝜕𝜃 𝑟 𝜕𝜃 𝑟 𝜕𝑟 𝜕𝑟 𝑟
Donc :

𝐶
⃗ = 𝑉𝜃 𝑒𝜃 = −
𝑉 𝑒
𝑟 𝜃
Le champ de vecteurs vitesses étant orthoradial (l’écoulement en rotation).

Le sens de rotation de l’écoulement est défini par le signe de la constante 𝐶.


Si 𝐶 > 0 l’écoulement se fait dans le sens horaire, et inversement si 𝐶 < 0 l’écoulement
se fait dans le sens trigonométrique.
e⃗θ e⃗y

Sens trigonométrique 𝐶 < 0

⃗𝑽 e⃗r

𝑂
𝑒𝑥

Lignes de courant : 𝝍 = 𝑪𝒕𝒆

Equipotentielles : 𝝋 = 𝑪𝒕𝒆

Remarque
On constate que la nature des lignes de courant et
des équipotentielles obtenues dans le cas d’un
écoulement radial généré par une source ou un
puits (voir le cours 𝑓(𝑧) = 𝐶 ln(𝑧)) et celles
obtenus dans le cas d’un écoulement
orthoradial (𝑓(𝑧) = 𝑖𝐶 ln(𝑧)) généré par un Un vortex d'eau
vortex, sont inter-changées.
Le fluide ne peut pas traverser les lignes de courant, donc il se met en rotation suivant
des cercles concentriques centrés sur l’origine du repère. Donc dans ce cas, la constante
C a un sens physique lié à la circulation du vecteur vitesse autour de l’origine du vortex
et non pas à son flux.

Calculons alors, cette circulation du vecteur vitesse le long d’une ligne de courant (cercle
de rayon 𝑟 centré sur l’origine) :
2𝜋
𝐶
⃗ = ∮ (− 𝑒𝜃 ) (𝑑𝑟 𝑒𝑟 + 𝑟𝑑𝜃𝑒𝜃 ) = −𝐶 ∫ 𝑑𝜃 = −2𝜋𝐶 ∀ 𝑟
⃗ ∙ 𝑑ℓ
𝛤 = ∮𝑉
𝑟
𝐶 𝐶 0
Donc en chaque point du milieu fluide indépendamment de 𝑟, la constante 𝐶 est
𝛤
proportionnelle à la circulation 𝛤, telle que : 𝐶 = − 2𝜋, et l’on peut exprimer le potentiel
complexe en fonction de 𝛤, qui est une propriété intrinsèque du vortex (ou du
tourbillon) et qui définit son intensité.

𝛤 𝑑𝑓(𝑧) 𝛤 −𝑖𝜃
𝑓(𝑧) = −𝑖 ln(𝑧) 𝑒𝑡 = −𝑖 𝑒
2𝜋 𝑑𝑧 2𝜋

Exercice 5
a- Pour trouver des expressions de la fonction de potentiel et de la fonction de courant,
il faut développer l’expression du potentiel complexe 𝑓(𝑧) pour mettre en évidence les
parties réelle et imaginaire pour faire une identification avec sa forme : 𝑓(𝑧) = 𝜑 + 𝑖 𝜓,
alors :

𝑎2 𝑎2 𝑎2 (𝑥 − 𝑖 𝑦)
𝑓(𝑧) = 𝑉0 (𝑧 + ) = 𝑉0 (𝑥 + 𝑖 𝑦 + ) = 𝑉0 (𝑥 + 𝑖 𝑦 + )
𝑧 𝑥+𝑖𝑦 (𝑥 + 𝑖 𝑦)(𝑥 − 𝑖 𝑦)
𝑎2 (𝑥 − 𝑖 𝑦) 𝑎2 (𝑥 − 𝑖 𝑦)
= 𝑉0 (𝑥 + 𝑖 𝑦 + 2 ) = 𝑉0 (𝑥 + 𝑖 𝑦 + )
𝑥 − (𝑖 𝑦)2 𝑥2 + 𝑦2
𝑎2 𝑥 𝑎2 𝑦
= 𝑉0 (𝑥 + 𝑖 𝑦 + 2 −𝑖 2 )
𝑥 + 𝑦2 𝑥 + 𝑦2
𝑎2 𝑥 𝑎2 𝑦
= 𝑉0 (𝑥 + 2 ) + 𝑖 𝑉0 (𝑦 − )
𝑥 + 𝑦2 𝑥2 + 𝑦2

Donc :

𝑎2 𝑥
𝜑(𝑥, 𝑦) = 𝑉0 (𝑥 + ) fonction de potentiel
𝑥2 + 𝑦2
𝑎2 𝑦
𝜓(𝑥, 𝑦) = 𝑉0 (𝑦 − 2 ) fonction de courant
{ 𝑥 + 𝑦2

b- Les composantes de la vitesse :


𝜕𝜑 𝑎2 (𝑥 2 − 𝑦 2 )
𝑢= = 𝑉0 (1 − )
𝜕𝑥 (𝑥 2 + 𝑦 2 )2
𝜕𝜑 𝑎2 𝑥𝑦
𝑣= = −2𝑉0 2
(𝑒𝑥 ,𝑒𝑦 ){
𝜕𝑦 (𝑥 + 𝑦 2 )2

Les points d’arrêt correspondant aux points en lesquels la vitesse de l’écoulement est
nulle telle que :

𝑎2 (𝑥 2 − 𝑦 2 ) 𝑎2 𝑥𝑦
𝑢 = 𝑉0 (1 − ) = 0 et 𝑣 = −2𝑉0 2 =0
(𝑥 2 + 𝑦 2 )2 (𝑥 + 𝑦 2 )2
Les points d’arrêt sont donc les deux points : 𝐴(𝑎, 0) et 𝐵(−𝑎, 0)

• On peut utiliser la vitesse complexe :

𝑑𝑓 𝑑 𝑎2 𝑎2
𝑉(𝑧) = = 𝑉0 (𝑧 + ) = 𝑉0 (1 − 2 )
𝑑𝑧 𝑑𝑧 𝑧 𝑧
2
𝑎
𝑉(𝑧) = 0 ⟹ 𝑉0 (1 − 2 ) = 0 ⇒ 𝑧 = ±𝑎 = 𝑥 + 𝑖𝑦 ⇒ 𝑥 = ±𝑎 𝑒𝑡 𝑦 = 0
𝑧

c- Quand |𝑧| → ∞ la vitesse tend vers 𝑉0

Exercice 6
1- Soit :

𝑥 = 𝜔𝑦0 𝑡 + 𝑥0 𝑥0 = 𝑥 − 𝜔𝑦𝑡
𝑦 =𝑦
𝑋 { = 𝑦0
𝑦 ⟹ 𝑋0 { 0 𝑧
𝑧 = 𝑧0 (1 + 𝜔𝑡) 𝑧0 =
1 + 𝜔𝑡

A l’instant 𝑡 = 𝑡0 = 0, ona : (𝑥, 𝑦, 𝑧) = (𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 ) et à l’instant 𝑡, le champ des vitesses en


variables de Lagrange :

𝜕𝑥
= 𝜔𝑦0
𝜕𝑡 𝜔𝑦
𝜕𝑋 𝜕𝑦 0
⃗ (𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 , 𝑡) =
𝑈 = =0 = { 𝜔𝑧 ⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡)
=𝑈
𝜕𝑡 𝜕𝑡
𝜕𝑧 1 + 𝜔𝑡
{ 𝜕𝑡 = 𝜔𝑧0

Avec ce dernier résultat, on a la description d’Euler de l’écoulement.

2- Accélération en variables de Lagrange est donnée par :


𝜕 2𝑥
=0
𝜕𝑡 2
⃗ (𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 , 𝑡)
𝜕𝑈 𝜕 2𝑦
𝛾 (𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 , 𝑡) = = = 0 = ⃗0
𝜕𝑡 𝜕𝑡 2
𝜕 2𝑧
{ 𝜕𝑡 2 = 0

On a le champ des vitesses en variables eulérienne est :


𝑢 = 𝜔𝑦
⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) { 𝑣 = 0 𝜔𝑧
𝑈
𝑤=
1 + 𝜔𝑡
l’accélération est donnée par la dérivée particulaire :

⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) 𝜕𝑈
𝐷𝑈 ⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡)
𝛾 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) = = ⃗ ∙ 𝛻⃗) ∙ 𝑈
+ (𝑈 ⃗
𝐷𝑡 𝜕𝑡

𝜕𝑢
=0
𝜕𝑡
⃗ (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡)
𝜕𝑈 𝜕𝑣
= =0
𝜕𝑡 𝜕𝑡
𝜕𝑤 𝜔2 𝑧
=−
{ 𝜕𝑡 (1 + 𝜔𝑡)2

𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝑢 +𝑣 +𝑤 =0
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝜕𝑣 𝜕𝑣 𝜕𝑣
⃗ ∙ 𝛻⃗) ∙ 𝑈
(𝑈 ⃗ = 𝑢 +𝑣 +𝑤 =0
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝜕𝑤 𝜕𝑤 𝜕𝑤 𝜔𝑧 𝜔 𝜔2 𝑧
𝑢 +𝑣 +𝑤 = ( )=
{ 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧 1 + 𝜔𝑡 1 + 𝜔𝑡 (1 + 𝜔𝑡)2
D’où
𝛾 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) = ⃗0

On vérifie bien que ce résultat est identique à celui exprimé en variables de Lagrange.

3-
𝑢 = 𝜔𝑦
⃗ ′ (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑡) = { 𝑣=0
𝑈 𝜔𝑧
𝑤=
(1 + 𝜔𝑡)

La description lagrangienne est représentée par les équations paramétriques


[𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡), 𝑧(𝑡)] des trajectoires, qui sont solutions du système d’équation différentielles
suivant :

𝑑𝑥
= 𝜔𝑦
𝑑𝑡
𝑑𝑦
=0
𝑑𝑡
𝑑𝑧 𝜔𝑧
=
{ 𝑑𝑡 (1 + 𝜔t)

𝑑𝑦
= 0 ⇒ 𝑦(𝑡) = 𝐶 𝑡𝑒 = 𝑏
𝑑𝑡
𝑑𝑥
= 𝜔𝑦 ⇒ 𝑥(𝑡) = 𝜔𝑦𝑡 + 𝑎 = 𝜔𝑏𝑡 + 𝑎
𝑑𝑡
𝑑𝑧 𝜔𝑧
= ⇒ ln 𝑧(𝑡) = ln(1 + 𝜔𝑡) + 𝐶 𝑡𝑒 ⇒ 𝑧(𝑡) = 𝑐 (1 + 𝜔𝑡)
𝑑𝑡 (1 + 𝜔𝑡)

Où 𝑎, 𝑏 et 𝑐 sont trois constante d’intégration, qui correspondent aux trois valeurs


(𝑥0 , 𝑦0 , 𝑧0 ) prises par le triplet (𝑥, 𝑦, 𝑧) à l’instant 𝑡 = 𝑡0 = 0 :

𝑥 = 𝜔𝑦0 𝑡 + 𝑥0
𝑋 {𝑦 = 𝑦0
𝑧 = 𝑧0 (1 + 𝜔𝑡)

C’est ainsi qu’on retrouve la description de Lagrange.