Vous êtes sur la page 1sur 43

Université de Boumerdès

Faculté des sciences


Département de Physique

Fascicule de travaux pratiques

TP-PHYSIQUE1

Dr. Dokhane Nahed

Année universitaire 2008-2009


Sommaire

Avant propos……………………………………………………….. 3

TP n°1 Mesures et incertitudes ………………………………….. 5

TP n°2 Plan incliné ……………………………... 15

TP n°3 Frottement statique …………………………….. 20

TP n°4 Dynamique de rotation ……………………………… 28

TP n°5 Collision sur banc à air ……………………………… 36

Remerciement……………………………………………………….. 43

2
Avant-propos
Parmi les innovations qui nous ont le plus satisfaites dans le nouveau système LMD, c'est celle relative
aux Travaux Pratiques : ceux-ci sont enfin devenus un module à part. Ce n'est qu'ainsi qu'ils pourront
jouer pleinement leur rôle, qui – rappelons-le – est celui d'être le complément indispensable et
incontournable à l'enseignement théorique. Mais il y a autre chose encore : c'est de leur avoir consacré
trois heures de temps, par séance. On peut difficilement faire un Travail Pratique, digne de ce nom, en
moins de temps que cela!

L'élaboration de cette nouvelle brochure des TP-Physique1 s'est appuyée sur d'anciennes brochures
préparées soit par les équipes qui ont eu la charge de faire démarrer les TP pour les "LMD", soit par les
équipes de SETI et TCT qui – dès le départ – nous ont appuyés par leurs conseils et les fruits de leur
longue expérience. Nos actuels TP pour les "LMD" nous auraient probablement paru bien peu
satisfaisants s'ils ne s'étaient pas appuyés sur le riche apport de tous nos prédécesseurs.

Pour certains de nos étudiants, malheureusement, faire un TP, c'est juste appuyer sur quelques
boutons, remplir à la va-vite deux ou trois tableaux, tracer un ou deux graphes et le tour est joué! C'est
loin – très loin – d'être ce que nous attendons d'eux durant ces "précieuses" séances de travail pratique.
Qu'attendons-nous alors?

1- D'abord qu'ils se familiarisent "posément" et le mieux possible avec l'emploi de certains


appareils, et qu'ils assimilent bien leur mode de fonctionnement.

2- Qu'ils apprennent à entreprendre une vraie démarche d'expérimentateur : Qu'est-ce que je


cherche ? De quoi je dispose pour cela? Q'est ce que j'ai comme connaissances théoriques qui
peuvent m'éclairer? Comment je peux exploiter au maximum mon matériel (bien sûr, en
veillant soigneusement à ne jamais le "griller")? etc.

3- Qu'ils apprennent à confronter leurs résultats expérimentaux avec ce que prédit la théorie? Ce
n'est souvent pas évident, car dans beaucoup de cas, le résultat expérimental est plutôt loin du
résultat attendu théoriquement. Là c'est à l'étudiant de trancher, et il doit être capable de se
dire : a- ma valeur expérimentale contient un grand taux d'erreur parce que je ne me suis pas
appliqué à mesurer avec précision tel ou tel paramètre; b- j'ai fais de mon mieux pour obtenir
les mesures les plus précises possibles, mais mon résultats est toujours loin de ce que j'attends,
j'ai donc obligatoirement négligé quelque chose (le rail est-il vraiment horizontal? L'aiguille de
mon dynamomètre était-elle bien réglée sur zéro avant la mesure, etc.).
Nos étudiants doivent savoir que c'est surtout quand leur "manip" ne marche pas qu'ils vont
réellement apprendre quelque chose!

4- Qu'ils s'initient à la rédaction claire et concise d'un rapport de travail (le compte rendu du TP).
Et sur cette question précisément nous sommes loin d'être au bout de nos peines avec nos
étudiants : c'est souvent un "copier-coller" de la brochure avec quelques tableaux et quelques
graphes; quant à donner des réponses rigoureuses aux questions posées, cela manque toujours
(malgré toutes nos recommandations et même…nos sanctions!). Pourquoi est-ce qu'il y a un
tel blocage sur ce point? Nous l'ignorons! Et nous espérons, qu'avec le temps, nos enseignants
de TP puissent nous éclairer là-dessus.

3
5- Qu'ils fassent l'apprentissage au travail de groupe (un travail de groupe qui ne signifie pas,
évidemment, qu'un seul étudiant fasse tout le travail pour laisser ses copains se "reposer"!).
Tout travail de groupe doit d'abord se baser sur un "très sérieux" travail individuel, et c'est la
synthèse des diverses contributions des éléments du groupe qui donnera une véritable valeur
au travail final.

Toutes ces "exigences" n'ont d'autres fins que d'initier l'étudiant au travail productif (car mener soi-
même une expérience du début jusqu'à la fin, obtenir un résultat relativement précis et pour lequel nous
en voyons un "sens", savoir interpréter ce résultat même si notre bagage théorique est parfois minimal,
c'est tout à fait ce qu'on peut appeler un travail productif).

Beaucoup de nos étudiants sous-estiment l'importance d'avoir à leur disposition des laboratoires pour
les Travaux Pratiques (qui, pourtant, coûtent énormément à la société…). On leur raconte alors l'histoire
de Michael Faraday. Dans ses jeunes années, cet autodidacte, épris de science, s'était présenté à Sir Davy,
un célèbre savant de l'époque, pour qu'il lui permette l'accès aux laboratoires d'expérimentation.
Mais…Davy avait déjà assez d'assistants, et tout ce qu'il proposa au jeune Faraday c'est de se rendre utile
en… essuyant les paillasses et en lavant les bouteilles du laboratoire!!! Faraday accepta, et c'est en
essuyant les paillasses que commença l'incroyable ascension scientifique de celui qui sera considéré par
certains historiens des sciences comme l'un des plus grands expérimentateurs qu'a connus l'humanité!
Nos jeunes étudiants ont bien plus de chance que Faraday, et pour avoir accès aux laboratoires
d'expérimentation nous leur demandons rarement de commencer par essuyer les paillasses! Nous leur
offrons plutôt l'extraordinaire possibilité de faire "eux-mêmes" de vraies expériences, de manipuler
"directement" le matériel nécessaire pour vérifier telle ou telle loi physique, ou pour trouver tel ou tel
paramètre important! Ils ne le savent peut être pas, mais c'est réellement une chance inouïe!!

N. Dokhane

4
Université de Boumerdès Module : TP de Physique 1
Faculté des Sciences LMD - ST- SM
Département de Physique Année 2008-2009

TP-1
Mesures et incertitudes
Introduction
Il est impossible de déterminer la valeur d'une grandeur physique, sans que celle-ci ne contienne un
certain taux d’erreur.
Ainsi, tout résultat numérique, qui découle d'une mesure ou d'un calcul, n'a en réalité pas de valeur s'il
n'est pas accompagné d'une estimation, même grossière, des limites à l'intérieur desquelles la "vraie"
valeur devrait se placer.
L'intérêt de nos résultats dépend souvent de notre efficacité dans l'estimation de ces limites.

But du TP
Le but de ce travail est de nous apprendre quelques règles de base pour estimer les limites d'erreurs et
valoriser ainsi nos mesures et nos résultats numériques.

Erreur et incertitude
Toute mesure expérimentale est entachée d'une erreur dont la valeur ne peut être estimée avec
exactitude. Toutefois, même s'il est impossible de déterminer la valeur exacte de l'erreur commise, en
revanche, il est possible pour chaque type d'erreur de calculer sa limite supérieure (en valeur absolue) que
l'on appellera incertitude absolue.

Incertitude absolue et Incertitude relative


Incertitude absolue
La valeur d’une grandeur physique G, doit toujours être accompagnée d’une incertitude ∆g, on écrira
alors que g = go ± ∆g (go est la valeur mesurée ou calculée). Cette écriture signifie que la vraie valeur de
g est comprise dans l’intervalle [go - ∆g, go + ∆g].
L'incertitude absolue ∆g s'exprime dans les unités de la grandeur G.

Exemple
d = (366 ± 2) km ⇔ 364 km < d < 368 km
m = (2.58 ± 0.03) kg ⇔ 2.55 kg < m < 2.61 kg
Toutefois, il est erroné d'écrire : d = (15,83379 ± 0,173) m; comme l'incertitude ne doit avoir
qu'un seul chiffre significatif différent de zéro, alors il faut écrire: d = (15,8 ± 0,2) m.

Incertitude relative
Une incertitude absolue ne permet pas d'avoir une idée sur la qualité d'une mesure. C'est pour cette
raison qu'il faut définir l'incertitude relative, elle permet d'estimer la précision sur le résultat obtenu.

Incertitude absolue
Incertitude relative = .
valeur moyenne

L'incertitude relative n'a pas d'unités, elle s'exprime en général en % ou en ‰.

Exemple: si m = (25,4 ± 0,2) m, alors l'incertitude relative est : ∆m/m = 0.2/25.4 = 0.8% .
si L = (6130 ± 40) cm, alors l'incertitude relative est : ∆L/L = 0.0065 = 0.65% .
5
Les incertitudes de mesure
Quand nous effectuons une mesure, deux types d'erreurs entrent en jeu :
• Les erreurs systématiques : elles sont dues le plus souvent à une imperfection de l'appareillage ou
de la technique de mesure. Elles agissent toujours dans le même sens et leur amplitude est
constante.

• Les erreurs aléatoires : généralement elles proviennent des caractéristiques de l'appareillage, de la


technique utilisée, et de l'intervention du manipulateur. Elles sont estimées soit en comparant
statistiquement les résultats d'expériences soigneusement répétées, soit en effectuant un calcul
d'incertitude.
Deux méthodes sont donc utilisées pour évaluer les erreurs aléatoires :
Méthode statistique : elle est la méthode la plus rigoureuse d'évaluation des erreurs
aléatoires, mais elle exige de répéter un grand nombre de fois la manipulation (dans ce TP
nous présenterons une approche statistique élémentaire, et dans l'Annexe2 nous donnons
les bases d'une méthode statistique plus "professionnelle").
Méthode par calcul d'incertitude : Une manière simple d'estimer l'incertitude sur la valeur
d'une grandeur physique est d'utiliser ce qu'on appelle un calcul d'incertitude. Ce calcul
n'est possible que si cette grandeur est liée, par une loi connue, à d'autres grandeurs dont
nous avons déjà une estimation sur leurs incertitudes.

Approche statistique élémentaire


Si l'on répète plusieurs fois de suite, et dans les mêmes conditions, la mesure d'une grandeur G, les
nombres gi que l'on obtient sont, en général, légèrement différents.
Souvent, on adopte pour valeur approchée la moyenne arithmétique des différents gi :
n

∑ g (g i
+ g 2 + ... + g n )
gm = =
i =1 1
n n
Où n est le nombre de mesures réalisées.
Notons que la valeur gm ne représente aucunement la valeur exacte de la grandeur G, mais plutôt une
valeur moyenne.

L'incertitude absolue peut être en première approximation :


∆g = max g i − g m , où gm est la moyenne des gi.
Nous dirons que la valeur exacte ge de la grandeur G est comprise dans l'intervalle gm- ∆g et gm + ∆g,
autrement dit :
g e ∈ [g m − ∆g , g m + ∆g ]

Exemple
Cinq étudiants se sont relayés pour mesurer le diamètre D d'un disque compact (CD), ils
inscrivent leurs résultats dans le tableau suivant:

Etudiant 1 Etudiant 2 Etudiant 3 Etudiant 4 Etudiant 5


120.5 mm 119.0 mm 119.7 mm 118.9 mm 120.0 mm

Leur calcul de la valeur moyenne de ce diamètre leur donne 119,62; et l'incertitude absolue
est : ∆D = max{|+0.88|,|-0.62|,|+0.08|,|-0.72|,|+0.38|} = 0.88 mm. Ils présenteront leur résultat
comme suit (après avoir arrondi les résultats finals obtenus) :
D = ( 119.6 ± 0.9 ) mm.
Le diamètre exact du CD appartient à l'intervalle : De ∈ [118.7,120.5] mm

6
∆D
L'incertitude relative sur la mesure du diamètre du CD est : = 7.5 ‰.
Dm
N.B. Si l'un des étudiants trouvait une valeur de D très éloignée de celle de ses camarades (128.3
mm par exemple), cette valeur doit être rejetée, et elle ne doit pas intervenir dans le calcul de Dm
ni de son incertitude.
Remarque: lorsque vous avez à faire plusieurs opérations mathématiques avant d'aboutir au
résultat final, effectuez tous les calculs intermédiaires sans arrondir. Tout à la fin, vous ajusterez
le résultat final (valeur et son incertitude) avec le bon nombre de chiffres significatifs.

Calcul d'incertitude
Dans la pratique, il arrive souvent que l'on ne puisse mesurer directement la valeur d'une grandeur G.
Toutefois, celle-ci est généralement liée à un certain nombre d'autres grandeurs G1, G2, etc. directement
ou indirectement mesurables (par exemple, l'énergie cinétique Ec d'une particule s'écrit en fonction de sa
1
masse m et de sa vitesse v : Ec = mv 2 ).
2
Pour trouver la valeur de G, il suffit d'utiliser la relation qui la lie à G1, G2, … Et pour trouver
l'incertitude ∆G, il faut l'exprimer en fonction de ∆G1, ∆G2, …; pour cela, on utilise une technique simple
qu'on peut appeler la technique logarithmique.

Le calcul d'incertitude se décompose ainsi en 3 étapes:


a) identification de la relation qui doit expliciter toutes les grandeurs utilisées:
b) identification de chacune des incertitudes intermédiaires (celles-ci dépendent souvent du
matériel utilisé).
c) calcul de l'incertitude par la technique logarithmique.

Et il n'y a pas mieux que des exemples pour illustrer la technique logarithmique :

Exemple 1
Pour déterminer la surface S d'un rectangle, on mesure ses deux côtés : L (longueur) et l
(largeur). On trouve :
L = (24.6 ± 0.1) cm et l = (8.3 ± 0.1) cm
L'application directe de S = L·I conduit à la valeur :
S = 204.18 cm2.
Si l'on conserve cette valeur telle qu'elle est, cela veut dire
que la surface S est connue avec une incertitude de 0.01 cm2.
Qu'en est-il en réalité?
Utilisons pour cela la technique logarithmique:
S = L⋅l
ln S = ln(L ⋅ l ) = ln L + ln l l
Passons à la différentielle :
L
dS dL dl
= +
S L l
Puis passons à l'incertitude :
∆S ∆L ∆l
= + .
S L l
Finalement, l'incertitude sur S s'écrit :
 ∆L ∆l 
∆S = S  +  A.N. ∆S = 3.29 cm2 ; qu'on peut arrondir à : ∆S = 3 cm2.
 L l 
N.B. La valeur numérique de l'incertitude absolue ne doit pas contenir plus d'un chiffre différent
de zéro.
7
Le résultat final sera présenté comme suit : S = (204 ± 3) cm2.
Et nous dirons alors que la précision sur la valeur de cette surface est de 1.5 %.

Exemple2 : On lâche une masse m d'une hauteur h, on veut calculer sa vitesse v d'arrivée au sol.
Il est facile de monter que l'expression de la vitesse est : v = 2 gh , v dépend donc de deux
grandeurs h et g (g : accélération de la pesanteur).
Pour estimer l'incertitude sur v, c'est-à-dire ∆v, on procède comme suit :
v = 2 gh = (2 gh )
1/ 2

On passe au logarithme de v :
ln v = ln (2 gh ) = (ln 2 + ln g + ln h )
1/ 2 1
2
On applique ensuite la différentielle :
dv 1  dg dh 
=  + 
v 2  g h 
On remplace maintenant tous les "d " par des "∆" , en veillant à remplacer tous les signes – par des
signes +, et mettre des valeurs absolues là où les grandeurs intermédiaires peuvent être négatives
(dans cet exemple il n'y a pas de problèmes car tout est positif). Et on obtient :
∆v 1  ∆g ∆h 
=  +
v 2 g h 
Enfin nous aboutissons à l'incertitude sur v :
1  ∆g ∆h 
∆v = v  +
2  g h 

A.N. Si on donne h = (8.50 ± 0.02) m et g = (9.80 ±0.02) ms-2.


La vitesse v s'écrit : v = (12.91 ± 0.03) ms-1.
Et nous dirons alors que la précision sur la valeur de v est de 0.2 %.

Exercice : Nous avons une masse M composée de trois masses m1, m2 et m3, dont les incertitudes
sont ∆m1, ∆m2 et ∆m3. Ecrire l'incertitude ∆M en fonction des incertitudes sur m1, m2 et m3.

Chiffres significatifs et incertitudes


Lors de la présentation finale d'un résultat numérique il est important d'accorder le nombre de chiffres
significatifs adéquat.
Dans le cas où l'incertitude sur une grandeur intermédiaire n'est pas explicitement donnée, les
scientifiques admettent le niveau du dernier chiffre significatif comme ordre de grandeur de l'incertitude.

Exemple
• Si sur une masse m utilisée en laboratoire on trouve inscrit 23,0 g, vous interprétez que m est
connu à ± 0,1g (on dira alors qu'elle est connue à 0,2 g près).
• I = 1.37 A ceci signifie que I = (1.37 ± 0.01) A.
• M = 3500 kg ceci signifie que M = (3500 ± 1) kg.

8
Les incertitudes sur le graphe
Il est courant d'étudier graphiquement une propriété, en fonction d'un paramètre, pour en déduire ou
vérifier une loi les reliant. Les rectangles d'incertitudes (ou les barres d'erreurs) doivent être portés sur
le graphe pour juger de la validité de l'interprétation.
Soit un point expérimental défini par les coordonnées : X affecté de l'incertitude ± ∆X, et Y affecté de
l'incertitude ± ∆Y. Le tracé de ce point sur un graphe correspond au schéma suivant :

+∆Y

Y
-∆Y

-∆X X +∆X

La zone grise correspond à l'aire d'incertitude du point expérimental. Elle peut se réduire à une simple
barre si l'une des incertitudes est très faible (on parlera alors de barres d'erreurs).
Une fois mis les rectangles d'erreur, on trace manuellement la meilleure courbe passant au mieux dans
tous les rectangles d'incertitude.

Tracé du graphe
Pour obtenir, dans un temps raisonnable, un graphe exploitable où il est aisé d'analyser un phénomène,
il est recommandé de suivre les neuf étapes suivantes :
1- réaliser avec soin les différentes mesures et reporter les résultats dans un tableau.
2- Estimer les incertitudes ∆x et ∆y pour chaque couple (x,y) du tableau.
3- Choisir convenablement l'origine des axes (il n'est pas indispensable que l'origine des axes
corresponde à x = 0 et y = 0).
4- Nommer les axes en indiquant les unités de x et de y.
5- Choisir une échelle adéquate pour chacun des deux axes (les points expérimentaux doivent se
répartir sur une grande partie de la feuille utilisée).
6- Indiquer sur chaque axe, en suivant l'échelle, quelques points correspondant à des nombres entiers
formant une progression arithmétique. Les valeurs du tableau ne doivent en aucun cas figurer sur
les axes.
7- Représenter les points expérimentaux par des croix (+) dont les branches sont parallèles aux axes.
8- Représenter les rectangles d'incertitudes de côtés 2∆x et 2∆y (il est possible que l'incertitude sur
un axe soit négligeable, les rectangles d'incertitude deviennent alors des barres d'erreur).
9- Dessiner la courbe Y(x) qui doit :
• couper tous les rectangles d'incertitude.
• Avoir une pente variant de façon continue (pas de ligne brisée ni de zigzag).
• Si Y(x) est une droite, alors il existe tout un faisceau de droites passant par tous les
rectangles d'incertitude. Il faut alors représenter deux droites : celle de pente minimale et
celle de pente maximale.
La pente et son incertitude s'écriront alors :
P + Pmin Pmax − Pmin
P = max ±
2 2

9
Titre de la courbe
Variable Y (unité)

Droite de pente
maximale : Pmax

Droite de pente
minimale : Pmin

Variable X (unité)

Graphe indicatif

Remarque
Voici quelques exemples de représentations graphiques correctes ou erronées.

NON NON NON OUI

Manipulation
A- Détermination de la constante de raideur K d'un ressort et estimation
de son incertitude ∆K

Dispositif expérimental
• Potence munie d'une règle
• Un ressort
• Six masses de 10g à 70g

Travail à effectuer
1- Accrocher le ressort à la potence, et mesurer sa longueur à vide lo.

2- Accrocher au ressort une masse m, attendre l'état d'équilibre, puis mesurer la nouvelle longueur l
du ressort. En déduire l'allongement x = ( l – lo ) du ressort.

3- Donner successivement à la masse m des valeurs allant de 10g à 70g et noter les valeurs
correspondantes de x.

10
N.B. Pour chaque valeur de m, trois mesures de x sont nécessaires. Puis on déduit la valeur
moyenne de x et son incertitude ∆x en procédant suivant l'approche statistique élémentaire. A la
fin, on inscrit sur le tableau la valeur moyenne de x et son incertitude ∆x.

4- Mettre vos résultats de mesure dans le tableau1.

m (kg) 0.01 0.02 0.03 0.05 0.06 0.07


x (m)
∆x (m)

Tableau1 : l'allongement x en fonction de la masse m.

5- Tracer le graphe représentant la variation de x en fonction de m, en indiquant les rectangles


d'incertitude (on supposera que les masses utilisées au laboratoire sont connues avec une
incertitude de ± 0.1g).
6- Indiquer sur le graphe la pente maximale et la pente minimale, en déduire la valeur (moyenne) p
de la pente ainsi que son incertitude ∆p.
7- Montrer que théoriquement p = g/K; g : accélération de la pesanteur et K : constante de raideur du
ressort.
8- Sachant que g = (9.80 ±0.02) m/s2, déduire la constante de raideur K du ressort.
9- Exprimer l'incertitude ∆K en fonction de ∆p et ∆g , grâce à un calcul d'incertitude par la méthode
logarithmique.
10- Présenter correctement le résultat final (c'est-à-dire la valeur de K, son incertitude et sa précision).

B- Utilisation d'instrument de mesures mécaniques


Nous allons utiliser trois instruments de mesure :
• une règle
• un pied à coulisse
• un palmer

Le pied à coulisse est un instrument très utilisé en mécanique, il permet de mesurer facilement les
diamètres des pièces et des perçages, l'épaisseur ou la profondeur d'objets de faibles dimensions, ainsi que
les diamètres tant intérieurs qu'extérieurs de tubes. Il est apprécié pour sa bonne précision.

Le palmer (ou le micromètre) sert à mesurer des épaisseurs et des diamètres extérieurs, mais sa plage
de mesures est relativement petite (25 mm). Son avantage réside dans la vis micrométrique qui le rend
plus précis et plus fidèle que le pied à coulisse. La précision du palmer est souvent de ±0,01 mm (mais il
existe des micromètres d'une précision de ±0,002 mm c'est-à-dire ±2 microns).

Pied à coulisse
11
Le palmer

Travail à effectuer
Nous disposons en salle de manipulation de quatre objets : un parallélépipède (P), une sphère (S), un
disque (D) et un cylindre creux (C).
Utiliser les instruments de mesure ci-dessus pour :

1- mesurer la longueur L, la largeur l, et la hauteur h du parallélépipède (P).


Estimer les incertitudes ∆L, ∆l, ∆h.
Calculer le volume v du parallélépipède (P) et son incertitude ∆v.

2- mesurer le diamètre d de la sphère (S)


Estimer l'incertitude ∆d.
Calculer la surface s de la sphère (S) et son incertitude ∆s.
Calculer le volume v de la sphère (S) et son incertitude ∆v.

3- mesurer le diamètre d du disque (D) ainsi que son épaisseur e.


Estimer les incertitudes ∆d et ∆e.
Calculer la surface plane s du disque (D) et son incertitude ∆s.
Calculer le volume v du disque (D) et son incertitude ∆v.

4- mesurer la longueur l du cylindre creux ainsi que ses diamètres intérieur dint et extérieur
dext.
Estimer les incertitudes ∆l , ∆dint et ∆dext.
Calculer le volume plein v du cylindre creux (C) et son incertitude ∆v.
dint

L
R
l
h R e l

dext

Parallélépipède (P) Sphère (S) Disque (D) Cylindre creux (C)

12
Annexe 1
Les grandeurs et les unités en Physiques
1- Grandeurs physiques
On appelle grandeur physique toute "caractéristique" ou paramètre qui permet de décrire l'état et
l'évolution d'un système physique : masse, charge électrique, vitesse, concentration, température d'un
corps, résistance électrique, masse volumique d'un gaz, etc.
2- Système international d'unités fondamentales
Dans le système international, les grandeurs fondamentales sont : la masse m, la longueur l, le temps t,
l'intensité du courant i, l'intensité lumineuse j, la température θ, et la mole (une mole contient 6,023
atomes ou molécules). Leur choix, bien qu'arbitraire, satisfait à deux critères :
• simplicité d'écriture des lois physique
• facilité de reproduction des étalons correspondants.

Les unités fondamentales de ce système sont :


Le kilogramme : c'est l'unité de masse, dont le symbole est kg. Il correspond dans la pratique à la
masse d'un cylindre prototype en platine iridié (c'est ce qu'on appelle le kilogramme-étalon).

La seconde : c'est l'unité de mesure du temps dont le symbole est s. C'est la durée de 9 192 631
700,0 périodes d'oscillations correspondant à une certaine raie du spectre de l'atome de césium 133.

Le mètre : c'est l'unité de longueur dont le symbole est m. Au début, elle était définie comme une
fraction du méridien terrestre, puis comme prototype de platine iridié et ensuite comme un nombre donné
de longueur d'onde d'une radiation de l'atome de Krypton, il représente actuellement la distance parcourue
par la lumière, dans le vide, pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde.

L'ampère : c'est l'unité de l'intensité du courant électrique, dont le symbole est A. C'est l'intensité
d'un courant constant qui, parcourant deux conducteurs rectilignes, parallèles, de longueurs infinies, de
section circulaire négligeable, distants de un mètre et disposés dans le vide, produirait une force de 2.10-7
N par mètre de fil.

L'unité de température est le Kelvin (symbole K), celle de l'intensité lumineuse est la Candela
(symbole Cd) et celle de la quantité de matière est la mole (symbole mol).

Unité Grandeur Symbole


Fondamentale Fondamentale
Mètre longueur L
Kg masse M
S Temps T
A Intensité du I
courant électrique

13
Annexe 2
Statistique des erreurs aléatoires
Traitement statistique des erreurs aléatoires
Même si dans les travaux pratiques de ce module nous n'aurons pas à traiter statistiquement les erreurs
aléatoires, mais il faut que nous sachions en quoi cela consiste et quelles en sont les notions de base.
On appelle échantillon de données un nombre fini (n) d'observations expérimentales de la grandeur x.
Comme les lois statistiques ont été établie pour un échantillon de très grande taille, elles doivent être
modifiées quant on les applique à un petit échantillon de données.
On appelle moyenne de l'échantillon le terme suivant:
n

∑x i
x= i =1
n
L'écart type e d'un échantillon fini est défini par:

∑ (x − x)
n
2
i

e= i =1
n −1
On utilise généralement l'écart type e pour exprimer l'incertitude sur la valeur de x. Pour cela il faut
associer à e une limite de confiance (LC). La limite de confiance définit un intervalle de confiance dans
lequel la vraie valeur a p % de chance de se trouver.
Ainsi, à une limite de confiance de p % correspond l'incertitude :
t
∆x = e où t est le facteur de Student, il dépend de p.
n
Remarque : On trouve dans les ouvrages de statistique des tableaux complets donnant le facteur de
Student t en fonction de n et des limites de confiance p.

Exemple
L'analyse de la teneur en plomb d'un échantillon de sang a donné les résultats suivants: 0,752
0,756 0,752 0,751 0,760 en ppm (ppm : partie par million). Les formules précédentes pour N = 5
donnent: x = 0,754 ppm et un écart-type e = 0,004ppm.
Mais qu'en est-il de l'incertitude sur cette valeur de x.
Pour cela, nous aurons besoin du tableau suivant qui donne la valeur du facteur de Student t en
fonction de n (nombre de mesures) et de la limite de confiance (p %).

Nombre de Limite de confiance : p %


mesures 80 % 90 % 99 % 99.9%
2 3,08 6,31 63,7 637
3 1,89 2,92 9,92 31,6
4 1,64 2,35 5,84 12,9
5 1,53 2,13 4,60 8,60
6 1,48 2,02 4,03 6,86
10 1,38 1,83 3,25 4,78
15 1,34 1,76 2,98 4,14
Facteur de Student t
Remarque: On retrouve dans ce tableau la notion intuitive qu'il faut multiplier les mesures pour
augmenter leur fiabilité.

Dans l'exemple en cours, où n = 5, si on choisit une limite de confiance de 99% le tableau ci-dessus
nous donne une valeur pour t de 4,60. Soit ∆x = 0,008 ppm
En présentant notre résultat final, nous dirons qu'il y a 99% de chance que la "vraie valeur" de x soit
dans l'intervalle: (0,754 ± 0,008) ppm.
14
Université de Boumerdès Module : TP de Physique 1
Faculté des Sciences LMD – ST-SM
Département de Physique Année 2008-2009

TP-2
Plan incliné
Introduction
En effectuant de "simples" expériences sur un plan incliné, le physicien peut déterminer certains
paramètres importants, comme la valeur de l'accélération de la pesanteur g, ou le coefficient du frottement
dynamique µd. Il peut aussi vérifier la Loi Fondamentale de la Dynamique dans le cas d'une masse en
mouvement ou à l'équilibre.

But du TP
C'est de permettre à l'étudiant de vérifier la L.F.D. dans deux cas de figure (Manipulations 1 et 4); de
déterminer le coefficient de frottement µd (Manipulation 2) ainsi que la valeur de g au niveau de la ville
de Boumerdès (Manipulation 3).

Avertissement : Malgré l'importance de la présentation des incertitudes dans tout travail expérimental
(point sur lequel nous avons insisté dans le TP n°1); toutefois, dans certains TP – comme celui-là – nous
n'allons pas faire d'estimation d'incertitudes sur les résultats expérimentaux obtenus, simplement parce
que cela exige une séance supplémentaire de TP, ce que nous n'avons pas.

Manipulation 1 :
Mouvement, sans frottement, d'un chariot sur un plan incliné
Dispositif expérimental
• Un rail installé sur un plan incliné d'un angle α.
• Un chariot de masse M, pouvant se mouvoir sur le rail.
• Un chronomètre digital, pour mesurer les intervalles de temps.
• Deux cellules photoélectriques (1) et (2) reliées au chronomètre digital.
• Deux potences pour supporter les cellules photoélectriques, munies de vis de réglage.
• Du fil fin inextensible (fil de sécurité).
• Une plaque de repérage placée sur le chariot.
• Une règle graduée.
Cellule
Cellule photoélectrique (2) Potence Chronomètre digital
photoélectrique (1) Plaque de
repérage Vis de réglage (2) Display
Poulie Faisceau Afficheur Funktion
invisible numérique
Trigger

Vis de réglage (1)


Start
Reset
Fil de
sécurité
Rail α Câbles de connexion
avec les photodiodes
chariot

Dispositif expérimental
15
Travail à effectuer
1- A l'aide de la vis de réglage (1) choisir, pour le plan incliné, un angle α compris entre 10° et 15°
(garder cette valeur de α pour toute la manipulation 1).
2- Installer la cellule photoélectrique (1) : déplacer la potence, qui porte la cellule, jusqu'à ce que
celle-ci soit en haut du plan incliné. Utiliser la vis de réglage (2) pour positionner correctement
cette première cellule photoélectrique : quand le chariot est lâché du haut du plan incliné, sa
plaque de repérage doit couper le faisceau invisible de la cellule (pour les besoins particuliers de
cette expérience, il faut veiller à lâcher le chariot de telle sorte que l'extrémité "descendante" de sa
plaque de repérage soit "à peu près" à 1 mm (ou moins) du faisceau invisible – ce n'est qu'à cette
condition là qu'on aura à t=0 x=0 et v=0).
3- Une fois que l'on a fixé la cellule photoélectrique (1), on ne la déplace plus durant toute cette
manipulation.
4- Installer maintenant la cellule photoélectrique (2) : utiliser la vis de réglage (2) pour positionner
cette cellule de façon à ce que la distance entre les deux cellules soit de 10 cm (10 cm de faisceau
à faisceau. Remarquons que même si le faisceau n'est pas "visible", les fentes par lesquelles ce
faisceau sort puis rentre sont, quant à elles, visibles). Vérifier que la plaque de repérage du chariot,
quand celui-ci descend, coupe bien le faisceau de la 2ème cellule.
5- Une fois les deux cellules "correctement" positionnées, on allume le chronomètre digital (le
bouton d'allumage se trouve à l'arrière de celui-ci). Vérifier que les deux cellules photoélectriques
sont, elles aussi, allumées.
6- Appuyer sur le bouton Trigger pour sélectionner le mode de déclenchement symbolisé par ,
puis appuyer sur le bouton Funktion pour mettre le compteur en mode "Timer" et enfin appuyer
sur le bouton Display pour choisir un affichage en seconde (s) ou en milliseconde (ms).
7- Appuyer sur le bouton reset (remise à zéro) du compteur digital, et mettre à zéro l'affichage des
deux cellules photoélectriques.
8- Appuyer sur le bouton start du compteur digital (ce qui ne signifie pas que le chronomètre
commence à compter le temps; cela signifie qu'il est prêt à commencer à compter dès qu'il reçoit
le signal des cellules photoélectriques).
9- Lâcher le chariot comme indiqué plus haut (Attention: on doit utiliser le fil de sécurité pour arrêter
à la main le chariot dès qu'il a traversé la cellule (2), pour éviter qu'il ne tombe et ne se casse).
10- Inscrire la valeur affichée par le chronomètre : ce sera le temps qu'a mis notre chariot pour
parcourir la distance de 10cm.
11- Répéter cette même mesure encore deux fois, mettre les trois résultats dans le tableau-1.
12- Déplacer la potence portant la cellule (2) jusqu'à ce que la distance entre les deux cellules soit de
20cm (distance faisceau à faisceau). Vérifier que la plaque de repérage du chariot, quand celui-ci
descend, traverse bien le faisceau "invisible" de la cellule (2).
13- Appuyer sur les boutons reset puis start du chronomètre digital, refaire la mesure trois fois,
inscrire les résultats dans le tableau-1.
14- Répéter la même procédure pour des distances, entre les deux cellules, de 30, 40, 50 et 60 cm.
11- Mettre tous vos résultats dans le tableau-1 :

x (m) 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6

t (s)
t2 (s)
Tableau-1
Etude cinématique
a- Tracer le graphe x = f(t2).
b- D'après vos connaissances sur le mouvement rectiligne, si le mouvement du chariot est
uniformément accéléré comment s'écrit la position x du mobile en fonction du temps t (on prendra comme
conditions initiales : à t=0 x=0 et v=0). La courbe x = f(t2) prendrait alors quelle forme?
c- Déduire l'accélération a du chariot.

16
Etude Dynamique
d- Distinguez les forces qui agissent sur le chariot (nous considérons le frottement négligeable)
e- Ecrire la loi fondamentale de la dynamique.
f- En déduire une relation entre a, g et sinα.
g- Vérifiez cette relation grâce à vos données expérimentales (nous prendrons g = 9,8 ms-2).

Manipulation 2
Mouvement, avec frottement, d'une masse M sur un plan incliné

Dispositif expérimental
Même dispositif expérimental que dans la manipulation 1. Avec cette fois-ci :

A- Une masse M qui glisse avec frottement (au lieu du chariot).


B- Une glissière en acier placé sur le plan incliné.

Cellule
Cellule photoélectrique (2)
photoélectrique (1)

Chronomètre digital

Start
Reset

Glissière α
Masse M
Dispositif expérimental

Travail à effectuer
1- A l'aide de la vis de réglage (1) choisir, pour le plan incliné, un angle α compris entre 20° et 25°
(car il faut un angle d'inclinaison plus élevé pour que la masse M puisse glisser facilement).
Garder cette valeur de α pour toute la manipulation 2.
2- Toujours veiller à lâcher la masse M de telle sorte que l'extrémité de sa "plaque de repérage" soit
très proche du faisceau de la cellule photoélectrique (1), ainsi nous pourrons utiliser comme
conditions initiales du mouvement de notre masse M : à t=0 x=0 et v=0.
3- Refaire exactement la même procédure expérimentale que précédemment, et remplir le tableau-2 :

x (m) 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6

t (s)
t2 (s)
Tableau-2

Etude cinématique
1- Tracer le graphe x = f(t2).
2- Déduire, l'accélération a de la masse M.

17
Etude Dynamique
3- Distinguez les forces qui agissent sur la masse M (le frottement ici n'est pas négligeable).
4- Ecrire la loi fondamentale de la dynamique.
5- En déduire l'expression de la force de frottement Ff en fonction de M, a, g et sinα.
6- Sachant que Ff = µd(Mg)cosα, en déduire le coefficient de frottement dynamique µd (son
expression et sa valeur numérique). Nous prendrons g = 9.8 ms-2.

A titre indicatif, voici quelques valeurs de µd pour certains couples de matériaux en contact :

Surfaces sèches Surfaces graissées ou


Matériaux en contact lubrifiées
µd µd
Acier / Acier 0.1 0.09
Acier / Fonte 0.16 0.06
Acier / Bronze 0.1 0.09
Acier / Téflon 0.04 //////
Disque en Fonte / plaquettes freins 0.4 //////
Bois / Bois 0.3 0.1
Pneu / Route 0.6 0.3 (pluie) ; 0.1 (verglas)

Coefficient de frottement dynamique µd pour quelques couples de matériaux

Manipulation 3
Détermination de g à Boumerdès

Dispositif expérimental
a- Un plan incliné d'un angle α variable.
b- Un chariot de masse M.
c- Deux cellules photoélectriques connectées à un chronomètre digital.
Cellule Cellule
photoélectrique (1) photoélectrique (2)

Chronomètre digital

50cm
Start
Reset

Glissière α

Chariot
Dispositif expérimental

(Remarque : En réalité, ce n'est pas tout à fait le dispositif expérimental que nous proposons pour cette
manipulation; nous manquions de matériels pour pouvoir faire correctement cette "manip". Mais…nous
avons des ingénieurs de laboratoire qui ne sont pas du genre à nous dire : nous n'avons pas ce qu'il faut
donc nous éliminons cette "manip". Ils sont plutôt du genre à dire : nous n'avons pas ce qu'il faut mais
nous trouverons bien un moyen pour faire quand même cette "manip"! …nous les saluons pour cela).

18
Travail à effectuer
1- On fixe la distance entre les deux cellules photoélectriques à x = 50cm.

2- On fait varier l'angle d'inclinaison α de 2,5° à 15°.

3- Pour chaque valeur de α, on mesure le temps t mis par le chariot pour parcourir la distance x.

4- On inscrit les résultats obtenus sur le tableau suivant :

α (°) 2,5 5 7,5 10 12,5 15


t (s)
t2 (s)
x/t2 (ms-2)
Sinα

x
5- Tracez le graphe en fonction de sinα.
t2
6- Si la courbe obtenue est une droite passant par l'origine, calculez sa pente p.
x g
7- Montrez que théoriquement : 2 = sin α .
t 2
8- En déduire la valeur de g.

Manipulation 4
Masse à l'équilibre sur un plan incliné

Dispositif expérimental
a. Un plan incliné d'un angle α variable. Chariot MC
b. Un chariot de masse Mc (120g).
c. Une poulie.
d. Un fil inextensible. MS
e. Une masse suspendue Ms (40g).
α

Travail à effectuer
1- Disposez le chariot de masse Mc sur le plan incliné.

2- Reliez le chariot à la masse suspendue Ms, en utilisant un fil inextensible passant par une poulie,.

3- Variez l'angle α jusqu'à ce que le chariot soit à l'état d'équilibre.

4- Notez cette valeur de α.

5- Utilisez la L.F.D. pour Montrer que dans ce cas : Ps = Pc sinα. Ps étant le poids de la masse
suspendue Ms, et Pc le poids du chariot.

6- Vérifiez, d'après les données expérimentales, que l'on a bien : Ps = Pc sinα.

7- Calculez la valeur de la réaction R du plan incliné, ainsi que la tension T du fil inextensible.

19
Université de Boumerdès Module : TP de Physique 1
Faculté des Sciences LMD – ST – SM
Département de Physique Année 2008-2009

TP-3
Frottement statique
Introduction
Sans le frottement une voiture ne peut ni rouler ni freiner, le train d'atterrissage d'un avion ne peut
jouer son rôle, une grue ne peut soulever de charges, une allumette ne peut s'allumer, et on aura beau
frotter les mains elles ne s'échaufferont jamais!... C'est dire l'importance des forces de frottement dans
notre vie et dans le monde qui nous entoure.

Dans l'industrie, le frottement est, après la corrosion, le second facteur responsable de la dégradation
des systèmes mécaniques. Et les constructeurs de machines en tiennent compte dès la conception de celle-
ci, afin de gagner en rendement et en durée de vie de leurs équipements.

But du TP
C'est de permettre à l'étudiant, par des expériences simples, d'estimer "assez correctement" un
coefficient important relatif au frottement : le coefficient de frottement statique µs.

Un peu de théorie
Les forces de frottement
Dès qu'un solide est mis en contact avec un autre solide, il apparaît un phénomène d'adhérence qu'on
appelle frottement.
Le frottement provient des interactions microscopiques entre les aspérités existant à la surface des
corps en contact.
En général, on définit le frottement comme étant la résistance mécanique au glissement relatif de deux
solides en contact.
Lorsque cette "résistance" garde les deux solides à l'état statique, malgré l'application d'une force
visant à faire déplacer l'un par rapport à l'autre, on parle alors de frottement statique.

Frottement statique
Avant d'aborder le frottement statique, commençons par rappeler ceci : chaque fois qu'un solide A est
ρ
posé sur un solide B, il apparaît une force de contact C .
ρ
Si le solide A n'est soumis à aucune force tangentielle à la surface de contact, la force C est
ρ
perpendiculaire à cette surface (voir Fig.1). (N.B. C est la force avec laquelle B agit sur A, et il y a aussi
ρ
la force – C avec laquelle A agit sur B).
ρ ρ ρ
C C R

θ A Fext
A
Ff
B B

Fig.1 Fig.2
20
ρ
Dès que le solide A est soumis à une force extérieures Fext , et même s'il reste au repos, C n’est plus
perpendiculaire à la surface de contact, mais s’incline d’un angle θ par rapport à la normale, du côté
opposé à la tendance au mouvement (voir Fig.2).
ρ ρ
La force de contact C se décompose ainsi en deux forces : la réaction R du support (également
notée C⊥ , c.-à-d. perpendiculaire à la surface de contact) et la force de frottement F f (également notée
C // , c.-à-d. parallèle à la surface de contact).

En réalité, θ n'est pas un angle fixe, il dépend de la valeur de Fext , comme le montre la Fig.3, où l'on
voit bien qu'à l'état statique Ff est toujours égale à Fext.

ρ ρ ρ ρ ρ
ρ R C R
C R C

θ
Fext θ A Fext θ A Fext
A
Ff
B B B
Ff Ff

(a) (b) (c)

Fig.3

L'angle θ va continuer ainsi d'augmenter en fonction de Fext jusqu'à ce que, pour une valeur précise de
Fext qu'on appellera Fext,max , l’état statique est rompu et le solide A se met en mouvement. Cette situation
sera caractérisée par un angle θ limite : θlim = φ .

Cet angle limite φ s’appelle angle d’adhérence.

L'expérience montre que la surface de contact pour tout couple de matériaux (et sous conditions
données : surfaces sèches, surface graissées, surfaces lubrifiées, etc.) est caractérisée par une valeur bien
F
déterminée du rapport f max , auquel les physiciens ont donné le nom de coefficient de frottement
R
statique µs.
(N.B. expérimentalement, on n'a pas directement accès à Ff,max, mais sachant qu'elle est égale à Fext,max –
et que celle-ci est facilement mesurable – alors on peut déterminer la valeur de cette force de frottement).

F f max F f max
Comme = µs (1) et = tan ϕ
R R

Alors : µ s = tan ϕ (2)

Nous partagerons notre travail expérimental comme suit :


F f max
• = µ s → sera la formule utilisée dans la Manipulation 1.
R
• µ s = tan ϕ → sera la formule utilisée dans la Manipulation 2.

21
Si nous disposons d'un dynamomètre fiable (pour mesurer Fext,max) et si nous connaissons la masse du
solide A avec une bonne précision, alors nous pouvons déduire la valeur de µs. Mais si nous ne disposons
pas de tout ça, alors il n'y a pas mieux que l'angle d'un simple plan incliné pour nous donner la valeur de
µs !
Pour illustrer ceci, mettons le solide A sur un solide B, puis inclinons doucement ce dernier. La Fig.4
nous permet de voir les étapes de cette opération (dans chaque dessin nous avons indiqué la réaction du
ρ ρ
support R et la force de contact C ).

A au repos A au repos A se "décroche" et débute la


Solide A au repos L'angle d'inclinaison = 6° L'angle d'inclinaison = 10° descente pour θ = 14°36'
ρ
ρ ρ ρ C ρ
ρ ρ C R
C R R
C
A
A A B
A B
B B

Fig.4

Dans cette Fig.4 nous avons donné la valeur des angles seulement à titre d'exemple. Toutefois, vous
remarquerez que nous avons considéré l'angle d'inclinaison du plan B comme étant lui-même l'angle
ρ
d'inclinaison de la force de contact C . Pour comprendre cela, dessinons les forces qui agissent sur le
solide A et n'oublions pas que celui-ci est à l'état statique (voir Fig.5).
ρ
ρ ρ C ρ
C R R

θ θ
Ff
Ff
Px Px
θ
θ
ρ Py
Py P ρ
P

Fig.5
ρ
Nous voyons clairement, d'après la Fig.5, que les deux angles sont les mêmes. Quand Px augmente, C
s'écarte encore plus de la normale (ce qui signifie que Ff augmente et que R diminue).
A l'équilibre limite, c'est-à-dire quand le solide A se "décroche" du plan incliné B et amorce une
descente, nous noterons alors la valeur correspondante de l'angle φ d'inclinaison du plan, et en calculant
sa tangente on déduit tout simplement la valeur de µs : µs = tanφ.

Dans ce TP nous sommes censés vérifier que le coefficient de frottement statique µs :


• dépend de la nature des matériaux en contact.
• Ne dépend pas de la masse du corps considéré (Attention! le frottement statique, lui, dépend de
cette masse, mais le coefficient de frottement statique µs n'en dépend pas!).
• ne dépend pas de la dimension des surfaces en contact (…que le frottement ne dépende pas de
l'étendue de la surface de frottement, ceci est tout à fait paradoxal!).

22
Remarque: Cette dernière propriété a "perturbé" les physiciens pendant quelques 500 ans, son
explication n'a été trouvée que récemment : en réalité, en analysant les choses au niveau microscopique,
on aura à distinguer la surface de contact apparente de la surface de contact réelle. Ce que nous voyons
à l'œil nu est la surface apparente, qui est très différente de la surface réelle (à cause des aspérités et des
rugosités de surface). Voilà pourquoi le frottement, phénomène très complexe, est indépendant de la
surface apparente de contact.

Le tableau ci-dessous nous donne des exemples de valeurs du coefficients de frottement statique µs,
pour différents types de matériaux en contact.

Matériaux en contact Surfaces sèches Surfaces graissées ou lubrifiées


µs µs
Acier / Acier 0.18 0.12
Acier / Fonte 0.19 0.1
Acier / Bronze 0.11 0.1
Acier / Téflon 0.04 //////
Bois / Bois 0.65 0.2
Pneu / Route 0.80 0.15 (route mouillée)
Coefficient de frottement statique µs pour quelques couples de matériaux

Manipulation-1
Détermination de µs en utilisant un dynamomètre

Dispositif expérimental
f. Un châssis sur lequel peut glisser une "plaque à ergots".
g. A l'une des extrémités du châssis, est fixé un petit moteur, portant sur son axe un tambour.
h. Un fil inextensible-1, qui peut s'enrouler sur ce tambour, est fixé à la "plaque à ergots" et
l'entraîne d'un mouvement uniforme.
i. Un interrupteur qui permet de commander le moteur.
j. Sur l'autre extrémité du châssis est fixé un dynamomètre à cadran, gradué de 0 à 20 dN.
k. Le coefficient de frottement statique µs est mesuré entre une plaque supérieure posée sur
une plaque inférieure. La plaque inférieure est installée sur la "plaque à ergots".
l. 2 plaques inférieures sont utilisées : une en bois et une en feutre (dimensions : 12cm/8cm)
m. Les plaques supérieures sont en deux formats.
→ 4 plaques supérieures moyen format : plastique, aluminium, acier, bois.
(dimensions :10cm/4cm)
→ 2 plaques supérieures petit format : plastique, bois, acier.
(dimensions : 6cm/2cm)

n. La plaque supérieure sera attachée, grâce à un crochet, au fil inextensible-2 enroulé autour
de la poulie du dynamomètre.

o. Une série de masses de 10g (qui seront employées comme surcharges).

23
Ressort du
dynamomètre
Fil inextensible-2 Bouton
Ergots moleté
Tambour

Interrupteur
0

Châssis
Poulie
Crochet Cadran du
Fil inextensible-1 "Plaque à ergots" dynamomètre

Dispositif expérimental

Travail à effectuer
Dans cette manipulation, nous allons partager notre travail en trois parties :

Partie A Dans cette partie nous allons vérifier que µs dépend de la nature des matériaux en contact.
1- Vérifier que le fil inextensible-1 accroché à la "plaque à ergots" n'est pas enroulé sur le tambour;
sinon le dérouler à la main, puis pousser la "plaque à ergots" vers l'extrémité du châssis pour que
ce fil soit légèrement tendu.
2- Poser la plaque inférieure en bois sur la "plaque à ergots". Grâce aux ergots, la plaque inférieure
et la "plaque à ergots" seront solidaires et auront le même mouvement.
3- Poser la plaque supérieure moyen format en bois sur la plaque inférieure. Rajouter des surcharges
sur la plaque supérieure de façon à ce que la masse totale de celle-ci soit d'environ 100g.
4- Enrouler le fil inextensible-2 du dynamomètre sur la poulie dans le sens des aiguilles d'une
montre, puis l'accrocher à la plaque supérieure (ce fil doit obligatoirement passer dans la zone
limitée par les deux triangles marqués sur le cadran du dynamomètre).
5- Vérifier que l'aiguille du dynamomètre est bien en face du zéro, sinon effectuer le réglage après
avoir débloqué le bouton moleté, puis le resserrer.
6- Mettre le moteur en marche en actionnant l'interrupteur. Observer soigneusement les deux plaques
ainsi que l'aiguille du dynamomètre. Lorsqu'il y a début de glissement (rupture de l'équilibre)
entre les deux plaques, l'aiguille s'arrête momentanément de tourner et indique la force maximale
T correspondant au début du glissement (T qui n'est autre que Fext,max, ou Ff,max de la partie
théorique).
7- Arrêter alors immédiatement le moteur et noter cette force : T = valeur lue x 0,1N, comme indiqué
sur le cadran (en aucun cas le moteur ne doit tourner au-delà du glissement, pour éviter que la
"plaque à ergots" ne heurte le tambour du moteur).
8- Dérouler complètement le fil du tambour, déplacer la "plaque à ergots" à la main vers l'extrémité
gauche du châssis, replacer la plaque supérieure avec ses surcharges, puis refaire la mesure une
seconde fois, puis une troisième.
9- Inscrire les résultats obtenus sur le tableau ci-dessus.
10- Changer de plaques supérieures, selon les indications des tableaux correspondants, et répéter à
chaque fois la même démarche que précédemment.
11- Remplir les deux tableaux de mesure suivants :

24
Plaque inférieure bois T (N) Mg (N) µs µs
– –
Bois – – – –
Plaque – –
Supérieure – –
Plastique – – – –
– –
– –
Aluminium – – – –
– –

Plaque inférieure Feutre T (N) mg (N) µs µs


– –
Acier – – – –
Plaque – –
Supérieure – –
Plastique – – – –
– –
– –
Bois – – – –
– –

N.B. toute mesure de T doit être répétée 3 fois, les résultats seront bien plus fiables ainsi.

12- Récapitulez vos résultats dans le tableau qui suit (ça ressemblera plus à un travail de
professionnels…)

Couple de matériaux µs
Bois / bois –
Plastique / bois –
Aluminium / bois –
Acier / Feutre –
Plastique / Feutre –
Bois / Feutre –

13- D'après ce dernier tableau, µs dépend-il de la nature des matériaux en contact?

25
Partie B Dans cette partie nous allons vérifier que µs ne dépend pas de la masse du corps "frottants".
1- Prendre deux couples de matériaux : plastique / Feutre et aluminium / bois, les plaques
supérieures doivent avoir la même surface (10cm/4cm), mais il nous faudra varier leur masse (en
rajoutant des surcharges)
2- Remplir les tableaux de mesure suivants:

Masse plaque 50 g 100g 150g


supérieure
– – –
µs – – –
– – –
µs – – –
Couple plastique / Feutre

Masse plaque 50g 100g 150g


supérieure
– – –
µs – – –
– – –
µs – – –
Couple aluminium / bois

3- D'après vos résultats expérimentaux, µs dépend-il de la masse du corps "frottant"?

Partie C Dans cette partie nous allons vérifier que µs ne dépend pas de la surface de contact.
1- Prendre deux couples de matériaux : bois / Feutre et plastique / bois , où les plaques supérieures
(en bois ou en plastique) peuvent avoir une "petite" surface (S1 : petit format), ou une "moyenne"
surface (S2 : moyen format) , mais il nous faudra veiller à avoir la même masse pour la plaque
supérieure quelle que soit sa surface (en rajoutant des surcharges).
2- Remplir les tableaux de mesure suivants:

Surface de la S1 = … S2 = …
plaque supérieure
– –
µs – –
– –
µs – –
Couple bois / Feutre

Surface de la S1 = … S2 = …
plaque supérieure
– –
µs – –
– –
µs – –
Couple plastique / bois

3- D'après vos résultats expérimentaux, µs dépend-il de l'étendue de la surface de contact?

26
Manipulation-2
Détermination de µs en utilisant un plan incliné

Dispositif expérimental
p. Un plan incliné constitué d'une glissière en acier.
q. Une masse en bois.
r. Une masse en plexiglas.
s. Un rapporteur muni d'un fil à plomb (comme celui utilisé par les maçons) pour mesurer
l'angle d'inclinaison θ.

Bois ou plexiglas
Glissière en acier Rapporteur

Fil à plomb

Dispositif expérimental

Travail à effectuer
d- Mettre le matériau en bois sur la glissière, variez l'angle θ d'inclinaison de la glissière jusqu'à
rupture de l'équilibre. Notez cet angle θlim. Déduire µs.
e- Varier la masse du matériau, en rajoutant des surcharges. Notez chaque fois l'angle θlim et déduire
µs.
f- Remplacer le matériau en bois par celui en plexiglas, et refaire les mêmes manipulations que
précédemment.
g- Inscrire vos résultats sur les tableaux suivants :

Masse du bois M1 = …g M2 = …g M3 = …g M4 = …g
θlim
µs
Bois sur glissière en acier

Masse du plexiglas M1 = …g M2 = …g M3 = …g M4 = …g
θlim
µs
Plexiglas sur glissière en acier

h- µs dépend-il de la nature du corps posé sur la glissière?


i- µs dépend-il de la masse du corps considéré?

( N.B. Même si µs ne dépend pas de la masse m du corps "frottants", toutefois la force de frottement
statique Ff,max en dépend, car n'oublions pas que : Ff,max = µs R, et que R dépend de m).

27
Université de Boumerdès Module : TP Physique 1
Faculté des Sciences LMD – ST – SM
Département de Physique Année 2008-2009

TP-4
Dynamique de rotation

Introduction ρ
Quand nous appliquons des force extérieures Fext à une masse m, celle-ci va acquérir une accélération
ρ
linéaire a telle que :
ρ ρ
∑ ext = m a
F
C'est la Loi Fondamentale de la Dynamique pour un mouvement linéaire.
ρ ρ
Quand nous appliquons des moments de forces extérieures M ∆ ( Fext ) à un solide de moment d'inertie
ρ
I, celui-ci va acquérir une accélération de rotation (ou accélération angulaire) α telle que :
ρ ρ ρ
∑ M ∆ ( Fext ) = I ∆ α
C'est la Loi Fondamentale de la Dynamique pour un mouvement de rotation.
ρ ρ ρ ρ ρ ρ
(N.B. M ext , I et α sont calculés par rapport au même axe ∆; et M ∆ ( Fext ) = r Λ Fext ,
ρ ρ
r étant le vecteur reliant l'axe ∆ au point d'application de la force Fext ).
ρ
Comme, pour une force F donnée, l'accélération linéaire d'un corps de masse m est d'autant plus
ρ
grande que m est petite; de même, pour un moment de force M donné, l'accélération angulaire d'un
solide de moment d'inertie I est d'autant plus grande que I est petit.

En réalité, le moment d’inertie I caractérise la répartition de la masse du solide par rapport à un axe de
rotation ∆ (et c'est pour cette raison que nous devons toujours indiquer cette axe de rotation devant le
symbole I, par exemple I∆ ; car pour deux axes de rotation différents le moment d'inertie I du solide ne
sera pas le même). Plus la masse est concentrée autour de l'axe de rotation, I est petit; et plus elle est
dispersée autour de cet axe, I est grand.

Un homme, tenant des charges,


A l'aide d'un simple balai, on peut
est debout sur une plate-forme en
comprendre la notion du moment
rotation. Il tourne plus rapidement
d'inertie I : en effet, il est plus facile de
quand ces charges sont rapprochées
faire tourner le balai autour de l'axe (1),
de son corps. I est donc plus petit
qu'autour de l'axe (2). I est donc plus
dans ce cas que dans le cas où elles
petit dans le cas (1) que dans le cas (2).
sont éloignées.

28
But du T.P.
C'est d'apprendre à déterminer expérimentalement le moment d'inertie I d'un solide par rapport à un
axe de rotation ∆.

Un peu de théorie
Si un objet qui est libre de tourner autour d'un axe est difficilement mis en rotation, alors son moment
d'inertie autour de cet axe est grand. Ainsi, le moment d'inertie quantifie donc la résistance d'un corps
quand il est soumis à une mise en rotation.

Calcul du moment d'inertie :


Un corps de masse m, en mouvement de rotation autour d'un axe ∆, est caractérisé par un moment
d'inertie I∆ donné par :
I∆ = m r 2
(r étant la plus petite distance séparant l'axe de rotation du centre de masse du corps)

Si, maintenant, nous avons un corps qui est composé de masses minuscules m1, m2, m3, …, situées à
des distances respectives r1, r2, r3, … d'un axe ∆, alors le moment d'inertie du corps selon cet axe est :

I ∆ = m1r1 + m2 r2 + m3 r3 + ... = ∑ mi ri
2 2 2 2

Si ces masses mi sont réparties de manière continue, alors on remplace les mi par des dm, et la somme
par une intégrale, on aura alors:

I ∆ = ∫∫∫ r 2 dm
solide

Dans le cas de solides de forme géométrique simple (plaque, disque, barre, cylindre, sphère, …) il est
facile de déterminer le moment d’inertie du solide par rapport à des axes privilégiés (pourvu que l’on
sache calculer une intégrale multiple). Quelques uns de ces exemples seront détaillés dans l'Annexe-2.

Pour des solides de formes plus ou moins complexes, il est souvent plus aisé de déterminer le moment
d'inertie I expérimentalement. Pour cela deux techniques expérimentales pédagogiques sont souvent
utilisées :
• Rotation du solide par la chute d'une masse : c'est la technique utilisée dans ce TP.
• Oscillation du solide: dans cette technique, on dispose le solide de façon à ce qu'il puisse osciller
tout en tournant autour de son axe de rotation ∆. En mesurant sa période d'oscillation on déduit –
grâce à une formule assez simple – le moment d'inertie I∆ (cette technique, qui n'exige qu'un
matériel expérimental rudimentaire tout en étant très intéressante, est présentée dans l'Annexe-3).

Axes de rotations parallèles et théorème de Huygens :


Si nous connaissons le moment d'inertie I∆ d'un solide, de masse M, par rapport à un axe ∆ passant par
son centre de masse G, il est alors facile de déterminer son moment d'inertie I∆' par rapport à un axe ∆'
parallèle à ∆ et distant de d. C'est ce qui est connu sous le nom de théorème de Huygens (ou théorème de
Steiner-Huygens) :
I ∆' = I ∆ + M ⋅ d 2
Une conséquence immédiate du théorème de Huygens est qu'il est plus facile – et donc moins coûteux
en énergie – de faire tourner un corps autour d'un axe passant par son centre de masse (constat qui a son
importance dans les applications techniques…).

Moment d'inertie d'un solide "composé" :


Il nous arrive parfois de connaître le moment d'inertie I ∆ d'un solide autour d'un axe ∆, mais la
manipulation exige que l'on rajoute des masses à ce solide (et à des distances bien déterminées).
29
Comment allons-nous trouver, de manière directe et simple, la nouvelle valeur du moment d'inertie de ce
solide "composé" juste en utilisant son moment d'inertie initial?
Pour cela, considérons un exemple concret : soit le solide S, en rotation autour d'un axe ∆ et ayant un
moment d'inertie I ∆ connu; nous allons accrocher à ce solide deux charges, l'une de masse m1 à une
distance r1, l'autre de masse m2 à une distance r2. Calculons, à l'aide des formules précédentes, le nouveau
moment d'inertie de ce solide "composé", par rapport au même axe de rotation ∆ :

I '∆ = I ∆ + ∑ mi ri = I ∆ + m1 ⋅ r1 + m2 ⋅ r2
2 2 2 m1
i
r1

Nous allons expérimentalement vérifier ce résultat grâce à la Manipulation-2. r2

m2

Manipulation 1 :
Moment d'inertie I∆ d'un solide S

Dispositif expérimental
• Un solide S constitué d'un barreau solidaire d'une poulie Poulie
(le barreau étant fixé le long du diamètre de la poulie).
• Un fil inextensible d'environ 2 mètres enroulé autour
de la gorge de la poulie.
• Des masses M connues. Barreau

Rayon r de
Fil la poulie

Dispositif expérimental masse M

Travail à effectuer
j- Choisissez une masse M=10g, accrochez-la à l'extrémité libre du fil : dans sa descente elle va
provoquer la mise en rotation du système (poulie + barreau) autour de l'axe de rotation horizontal
de la poulie (∆).
k- Enroulez le fil autour de la poulie jusqu'à ce que la masse M soit positionnée au niveau du zéro de
la règle graduée (collée au mur). Puis abandonnez M sans vitesse initiale. Soumise à son poids
ρ ρ
P et à la tension T du fil, elle va décrire un mouvement rectiligne uniformément accéléré. La
position de M en fonction du temps est donnée par l'équation horaire suivante (l'axe des x étant
l'axe verticale dirigé vers le bas) :
1
x = at 2 + vot + xo
2
Comme vo = 0 et xo = 0 , l'équation horaire devient :
1
x = at 2
2
2x
D'où on peut tirer l'expression de l'accélération : a= 2
t
l- Mesurez les temps t1, t2 et t3 mis par la masse M pour effectuer respectivement trois distances x1,
x2 et x3 (on peut prendre par exemple : x1=70cm, x2=100cm et x3=130cm).
Attention : tout ce TP se base sur la bonne mesure des temps t1, t2 et t3. Celle-ci doit donc être la
plus soignée possible! Pour cela : un étudiant lâche la masse M de x=0, au même moment son
camarade déclenche son chronomètre et se positionne exactement en face de la graduation
30
x1=70cm; il arrête son chronomètre dès que M atteint x1 et note sur le tableau-1 la valeur t1 pour
cette position.
Refaire le même travail pour différentes masses (20g, …, 50g). Mettez tous vos résultats
dans le tableau-1. Puis calculez les accélérations correspondantes.

à mesurer à calculer

M x1 t1 a1 x2 t2 a2 x3 T3 a3 a
-2
(grammes) (m) (s) (ms )
10 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
20 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
30 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
40 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
50 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
Tableau-1: mesure des temps de descente et calcul de l'accélération a.

N.B. a est la valeur moyenne de {a1, a2, a3}

m- Grâce aux résultats du Tableau-1, vous allez maintenant calculer le moment d'inertie I∆ du solide
S (barreau + poulie) par rapport à l'axe ∆. Pour cela, utilisez les trois relations suivantes (elles
seront démontrées dans l'Annexe-1):

a = rθ&
&= rα α est l ' accélération angulaire (α = θ&&comme a = &
x&
) r

P − T = M a (L.F.D pour un mouvement linéaire) ρ
 rT = I α (L.F.D pour un mouvement de rotation) −T
 ∆

 a ρ
 α=r
T

⇒ T = M ( g − a )
 rT
 I ∆ = α ρ
P

D'après ces relations, il suffit de connaître l'accélération a pour déterminer α, T, puis enfin I∆.

a (ms-2) α (rd.s-2) T (N) I∆ (kg.m2) I ∆ (kg.m2) ∆I ∆ (kg.m2)

………. ……….

∆I∆ sera, en première approximation, estimée en utilisant l'approche statistique élémentaire


présentée au TP-1.
(Bien sûr, pour les étudiants qui le désirent, il est permis d'utiliser l'approche statistique plus rigoureuse
présentée dans l'Annexe-2 du TP-1, avec calcul de l'écart quadratique moyen et utilisation du facteur de
Student ; et quand ce sera fait, notre étudiant devient alors un véritable scientifique...)

31
Manipulation 2 :
Moment d'inertie I'∆ d'un solide "composé" S'

Dispositif expérimental
• Le solide S (barreau + poulie) auquel on accroche, à une distance
d de l'axe de la poulie, deux charges de masse m = 50g. d
• Un fil inextensible d'environ 2 mètres enroulé autour
de la gorge de la poulie.
Charge de
• Des masses M connues. masse m

Dispositif expérimental masse M

Travail à effectuer
1- Refaire exactement la même procédure que celle effectuée dans la Manipulation-1, mais cette
fois-ci avec le solide S' constitué du solide S (barreau + poulie) auquel on rajoute deux charges de
masse m=50g, accrochées au barreau à la distance d de part et d'autre de l'axe ∆ de la poulie.

2- En effectuant le même travail que celui de la Manipulation-1, complétez le tableau suivant :

M x1 t1 a1 x2 t2 A2 x3 T2 a3 a
(grammes) (m) (s) (ms-2)
10 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
20 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
30 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
40 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
50 0,7 … … 1,0 … … 1,3 … … …
Tableau-3: mesure des temps de descente et calcul de l'accélération a.

3- D'après les valeurs obtenues de l'accélération a, calculez l'accélération angulaire α du solide S', la
tension T du fil, puis enfin le moment d'inertie I'∆ du solide S'.

a (ms-2) α (rd.s-2) T (N) I'∆ (kg.m2) I '∆ (kg.m2) ∆ I '∆ (kg.m2)

………. ……….

4- Calculez ( I '∆ −I ∆ ) .
5- Calculez le terme 2md2.
6- Ecrivez I '∆ en fonction de I ∆ et de 2md2.
7- Ceci est-il conforme avec ce que nous avons dit dans la partie théorique concernant le moment
d'inertie d'un solide "composé"?

Travail inspiré d'un TP préparé par Mme Blizak Djanette.


32
Annexe-1
Moment de force, accélération angulaire et moment d'inertie

Quand on applique la Loi Fondamentale de la Dynamique (des mouvements


linéaires) à la masse M on obtient :
ρ ρ ρ
r
P −T = M a ρ
En faisant la projection sur l'axe OX : −T
O
P–T=Ma ⇒ T = M (g – a) ρ
T
Etudions maintenant le mouvement de rotation du solide S M
(barreau + poulie) par rapport à l'axe horizontal ∆.
ρ
D'après la loi Loi Fondamentale de la Dynamique (pour un mouvement P
de rotation) appliquée au solide S:
ρ ρ ρ
(avec α = θ&
&: accélération angulaire de S) X
∑ ∆ ) = I∆ α
M ( −T

ρ ρ ρ ρ ρ ρ
Le moment de la force − T étant : M ∆ (−T ) = r Λ (−T ) ; r est le vecteur reliant l'axe de rotation au point
ρ
d'application de la force − T .

Ainsi, nous avons :


ρ ρ
∑M ∆ ( −T ) = r T = I∆ α

rT
r T = I∆ α ⇒ I∆ =
α

Considérons maintenant la relation existant entre a (accélération linéaire) et α (accélération angulaire).


Etudions pour cela le mouvement d'un disque en rotation autour d'un axe passant par son centre :

Si le disque tourne avec une accélération angulaire α, un point à sa périphérie


aura une accélération a (qu'on appellera tangentielle) telle que :

α
a ρ
a=rα ⇒ α= a r
r

33
Annexe-2
Calcul du moment d'inertie d'un solide de forme simple
Cas d'une sphère homogène :
Soit une sphère homogène de rayon R et de densité volumique de masse µ, en rotation autour de l'axe
Z (voir figure)
Le moment d'inertie de cette sphère par rapport à l'axe Z est donné par :
I Z = ∫∫∫ r 2 dm
solide
avec dm située à une distance ρ du centre O de la sphère,
dm = µ dv, dv est l'élément de volume qui s'écrit en coordonnées sphérique : dv = ρ 2 sin θ dρ dθ dϕ ,
la distance r entre dm et l'axe de rotation s'écrit en coordonnées sphériques : r = ρ sin θ .
Le moment d'inertie devient :

I Z = ∫∫∫ r 2 µ dv = ∫∫∫ ( ρ sin θ ) 2 µ ( ρ 2 sin θ dρ dθ dϕ ) Z


solide solide

Comme la sphère est homogène, µ sort de l'intégrale :


R π 2π
I Z = µ ∫ ρ 4 dρ ∫ (sin θ ) 3 dθ ∫ dϕ
0 0 0

R
R
ρ 4 dρ =
ρ5  R5
• ∫
0
 5 
=
5
0

∫ dϕ = [ϕ ] = 2π
2π 2π

0 0
π π π π
• ∫ (sin θ ) dθ = ∫ (sin θ ) sin θ dθ = ∫ (1 − cos 2 θ ) sin θ dθ = ∫ − (1 − cos 2 θ )d (cos θ ) .
3 2
0 0 0 0

X3 
On fait ici un changement de variable : X = cosθ, l'intégrale devient : ∫ ( X 2 − 1)dX =  − X
 3 
π

On revient après cela à la variable d'origine : ∫ (sin θ ) dθ =


 cos3 θ −cos θ  = 4
π 3

 3 0
 0 3
L'expression de IZ sera enfin donnée par :

2
IZ = M R 2 = 0,4 M R 2
5

Le saviez-vous?
En effectuant des mesures astronomiques du moment d'inertie de la Terre, les chercheurs ont trouvé
I = 0,33 MR2 (M masse totale de la Terre, R son rayon). Or ces mêmes chercheurs savaient que pour une
sphère homogène (c'est-à-dire de densité uniforme) le moment d'inertie devait être I = 0,4 MR2. Ils
conclurent alors que la différence pouvait s'expliquer par une répartition non uniforme des masses à
l'intérieur de la Terre. Compte tenu de la faible densité des roches de la croûte et du manteau terrestre, il
doit donc exister une zone de forte concentration de masse proche du centre de la Terre. D'autres mesures
géophysiques ont confirmé ces hypothèses et ont montré que le noyau de la Terre est composé
essentiellement de fer!

34
Annexe-3
Détermination du moment d'inertie d'un solide
grâce à son "oscillation"

Il existe une méthode expérimentale relativement simple pour mesurer le moment d’inertie d’un solide
en rotation autour d’un axe qui passe par son centre de gravité : Le principe de la mesure est de faire
osciller le solide étudié autour de cet axe; on a alors accès, à travers la mesure de la période d’oscillation,
au moment d’inertie recherché.

Un calcul, sans grande difficulté, permet de trouver que, pour un disque de masse m et de rayon r qui
roule sans glisser à l’intérieur d’un anneau de rayon R, la relation entre le moment d'inertie I et la période
d'oscillation T est :

 T  2 g 
I =   − 1 mr 2
 2π  R − r 

g étant l'accélération de la pesanteur.

Le support permettant au solide d'osciller

La simplicité de cette technique la rend très attrayante à nos yeux d'un point de vue pédagogique,
surtout qu'elle permet la détermination des moments d'inertie de solides de formes complexes :
vilebrequin, arbre à cames, etc.

35
Université de Boumerdès Module : TP de Physique 1
Faculté des Sciences LMD - ST - SM
Département de Physique Année 2008-2009

TP-5
Collisions sur banc à air
(Principe d'inertie, Principe de conservation de la quantité de mouvement)

But du TP
Le but de ce très intéressant TP est de :
a- vérifier le principe d'inertie, grâce à la manipulation-1.
b- vérifier le principe de conservation de la quantité de mouvement en effectuant la manipulation 2
(partie A et partie B).

Introduction
En 1977, la NASA lançait depuis Cap Canaveral deux sondes spatiales Voyager 1 et 2. Personne ne
pouvait alors imaginer que ces sondes allaient entrer dans la légende. Au départ, leur voyage était prévu
pour durer cinq ans. En ce mois de novembre 2008, trente et un ans après leur lancement, ces deux
sondes continuent toujours leur voyage dans l'espace, à la vitesse de 17 km/s, l'une en direction de l'étoile
Sirius, L'autre en direction de l'étoile AC+79 3888! Les informations qu'elles envoient à la Terre sont
inestimables. Mais comment cela se fait-il ? N'ayant plus de carburant propulseur depuis bien longtemps,
comment ces deux sondes continuent-elles paisiblement leur voyage dans l'espace, et cela pendant plus
d'un quart de siècle ?!...
Certains répondront en disant qu'elles sont peut-être propulsées grâce à l'énergie des piles radioactives
au plutonium 238 (capables de fournir de l'énergie pendant 50 ans!). En fait, ces piles nucléaires
n'assurent que l'alimentation électrique de 300 watts nécessaire au fonctionnement – au sein de la sonde –
des ordinateurs de bord, d'instruments de mesures, de caméras, de télescopes, de détecteurs de particules,
de systèmes radio (pour communiquer avec la Terre), etc. ainsi que pour maintenir une température
suffisante à l'intérieur de la sonde afin de garder tous ces instruments en état de marche (car dans l'espace
interstellaire la température avoisine – 250°C !).
En réalité, ces précieuses sondes Voyager, qui ont permis à l'humanité de prendre la route vers les
étoiles – et qui ne disposent d'aucun carburant propulseur – se propulsent simplement grâce au…Principe
d'Inertie!!

Les sondes spatiales Voyager partant à la conquête des étoiles grâce au…principe d'inertie

36
Regardons maintenant un autre grand principe de la physique : le principe de conservation de la
quantité de mouvement. Nous remarquons alors qu'il a tout simplement révolutionné l'aéronautique!
Jusqu'en 1940, les avions étaient équipés de moteurs à piston actionnant des hélices, celles-ci en brassant
l'air créent une portance permettant à l'avion de voler.
Cette propulsion via des hélices limitait la vitesse des avions ainsi que les altitudes atteintes (sans
parler des énormes quantités de carburant qu'exigeaient alors les moteurs à pistons). Durant la seconde
guerre mondiale, et au moment où les Britanniques mettaient au point le radar, les Allemands
s'intéressaient à la propulsion par réaction. À la fin de la guerre, le fameux moteur à réaction était né.
Quelle est la fonction exacte de ces moteurs à réaction ? Simplement ceci : éjecter des gaz à très
grande vitesse. Mais alors, comment un gaz "tout bêtement" éjecté peut-il lancer un avion ou une fusée?
C'est là, justement, qu'intervient l'incontournable principe de la conservation de la quantité de
mouvement : dans le cas d'un avion éjectant un gaz, le gaz sortant emporte de la quantité de mouvement
dans une direction, l'avion acquiert alors de la quantité de mouvement dans la direction opposée (c'est ce
qu'on appelle la poussée); et quand on fait le bilan global, nous trouvons que la quantité de mouvement
totale du système {gaz+avion} est conservée.

Sens de déplacement
du ballon

Sens de déplacement
de l'air

Un ballon de baudruche (à gauche) illustre le principe de propulsion de la navette spatiale (à droite).

Quelques exemples de la vie courante pour mieux illustrer la conservation de la quantité de


mouvement :
• Un enfant, sur une planche à roulette, qui lance un ballon dans un sens, va reculer en sens inverse
(conservation de la quantité de mouvement).
• Un homme qui tire une balle avec un fusil de chasse : quand la balle sort, l'homme a un
mouvement de recul.
• Le ballon de baudruche (figure ci-dessus) : on gonfle ce ballon en soufflant dans son ouverture,
puis on le lâche ; le ballon prend alors un mouvement dans le sens inverse du sens d'expulsion de
l'air : c'est le meilleur exemple pour illustrer la propulsion des avions, des fusées, des navettes
spatiales, etc.

Le saviez-vous
Parfois on nous parle, dans la presse scientifique, d'engin spatial à propulsion ionique ou plasmique.
En fait, les moteurs de ces engins spéciaux éjectent une très petite quantité de matière (ions ou plasma),
mais à très grande vitesse. Ce qui, malgré le peu de matière éjectée, représente une quantité de
ρ ρ
mouvement non négligeable (car P = m v ), produisant ainsi une appréciable poussée.

37
Un peu de théorie
1- Le Principe d'inertie est la première des trois lois du mouvement, énoncée par Newton en 1687 :
«Tout corps demeure dans son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme s'il n'est soumis à
aucune force ou si les forces qui s'exercent sur lui se compensent ».
Cette première loi de Newton contredisait clairement l'une des lois de la physique d'Aristote, d'après
laquelle il était nécessaire d'appliquer une force à un mobile si on voulait maintenir sa vitesse constante !
N.B. Le principe d'inertie n'est valable que dans un référentiel galiléen (ce que nous expliquerons plus
longuement au chapitre consacré à la Dynamique).

2- Le principe de conservation de la quantité de mouvement


ρ
La quantité de mouvement d'un point matériel de masse m et de vitesse v , est définie comme le
produit de la masse et de la vitesse :
ρ ρ
P=mv
N.B. La quantité de mouvement est une grandeur vectorielle.
ρ
D'innombrables expériences, menées depuis Galilée et même avant, ont montré que la quantité m v
était toujours conservée pour un système isolé. Cette affirmation n'ayant – jusqu'à ce jour – jamais été
contredite par aucune expérience, a donc été érigée comme l'un des principes de la physique (où, plus
exactement, l'un des principes qui gouvernent le monde qui nous entoure).
Nous verrons au chapitre "Dynamique" que le principe de la conservation de la quantité de
mouvement est directement lié à la troisième loi de Newton : loi de l'action et de la réaction.

Parmi les approches pédagogiques les plus utilisées pour vérifier la conservation de la quantité de
mouvement, il y a l'étude de la collision (ou le choc) de deux particules (figure ci-dessous).

Zone de collision
m1 ρ ρ
v1 v '
m1 1
ρ
v2 ρ
v '2
m2 m2

En effectuant correctement nos mesures expérimentales, nous devons toujours obtenir l'égalité
suivante :
ρ ρ ρ ρ
m1v1 + m2 v2 = m1v1 '+ m2v2 '
ρ
Autrement dit : la quantité de mouvement totale PT du système (formé des deux particules) avant le
ρ
choc est égale à la quantité de mouvement totale PT ' du système après le choc.
Toutefois, pour vérifier expérimentalement cette égalité dans le cas général d'une collision se
produisant dans l'espace, cela exige un dispositif expérimental assez complexe, et ce ne sera pas une
chose aisée.

Pour simplifier au maximum cette expérience, nous allons choisir une collision qui se fait à une
dimension (c'est-à-dire que les deux particules se déplacent sur un même axe, aussi bien avant qu'après la
collision). Dans ce cas, nous aurons :

m1v1 + m2 v2 = m1v1 '+ m2v2 ' (1)

38
N.B. v1 , v2 , v1' et v2' sont des grandeurs algébriques. Elles sont soit positives soit négatives selon le sens
des vecteurs correspondants, par rapport au sens positif choisi.

Si la collision est parfaitement élastique (on parlera alors de choc élastique) ce qui signifie que le
choc ne provoque aucune perte d'énergie cinétique pour le système. Dans ce cas, l'énergie cinétique Ec
avant et après le choc reste inchangée. Ce qui donne :

1 1 1 1
m1v1 + m2 v2 = m1v'1 + m2v'2
2 2 2 2
(2)
2 2 2 2

A l'aide des équations (1) et (2), nous pouvons écrire les expressions analytiques de v'1 et v'2 en
fonction de v1 et v2 (en effet, nous avons deux équations à deux inconnues). Un petit calcul nous permet
de trouver ces expressions :

2m2v2 + v1 (m1 − m2 ) 2m1v1 + v2 (m2 − m1 )


v'1 = et v '2 =
(m1 + m2 ) (m1 + m2 )

Remarque importante :
D'après ces résultats, si m1=m2 alors : v'2 = v1 et v'1 = v2 .
Autrement dit : après un choc élastique (à une dimension), deux corps de masses égales s'échangent
simplement leurs vitesses !!
→ C'est précisément ce qui devrait se passer dans la manipulation-2 partie A. (et si c'est le cas, alors
cette expérience nous permettra de vérifier deux choses : que la quantité de mouvement du système est
conservée, et que l'énergie cinétique du système est inchangée).

Si la collision est parfaitement inélastique (on parlera alors de choc mou) ce qui signifie qu'après la
collision, les deux corps restent liés l'un à l'autre. Ce cas de figure correspond à un maximum de perte
d'énergie cinétique (c'est pourquoi on le qualifie de parfaitement inélastique, et non seulement
d'inélastique). Dans ce cas, l'équation (1) devient :

m1v1 + m2 v2 = (m 1+ m2 ) v ' (3)

N.B. Là aussi, v1 , v2 et v ' sont des grandeurs algébriques.

Remarque importante :
Si v2 = 0 l'équation (3) devient : m1v1 = (m1 + m2 ) v'
→ C'est ce que nous devons obtenir dans la minipulation-2 partie B. (là encore, ce résultat nous
permettra de vérifier deux choses : que la quantité de mouvement du système est conservée, et qu'il y a eu
une perte d'énergie cinétique).

Pour notre culture…


La fusion nucléaire est un très bel exemple de choc mou (rappelons que celle-ci pourrait constituer un
jour, pour l'humanité, une intéressante alternative énergétique…).

39
Manipulation-1
Vérification du principe d'inertie

Dispositif expérimental
a. Un rail à coussin d'air, relié à une soufflerie qui envoie de l'air comprimé vers les trous
percés sur le rail (afin de rendre les frottements négligeables)
b. Un glisseur qui se déplace sur le rail, au dessus de ce glisseur est fixée une plaque de
10cm de longueur, quand celle-ci traverse la cellule photoélectrique, cette dernière va
indiquer son temps de passage.
c. Deux cellules photoélectriques permettant de mesurer le temps ∆t de passage du glisseur,
de là nous pourrons déduire sa vitesse (v=∆x/∆t, ∆t est affichée sur la cellule, ∆x=10cm).
d. Un lanceur permettant de lancement du glisseur. Le lanceur est muni de trois positions
(cran) différentes, chaque position permet de communiquer au glisseur une impulsion bien
définie et reproductible ; chaque impulsion correspond à une vitesse donnée du glisseur.

Plaque
2ère cellule
Glisseur (10 cm)
photoélectrique
Soufflerie
1ère cellule Lanceur
photoélectrique

Tuyau à air
comprimé
Rail Petits trous d'où
sort l'air comprimé

Dispositif expérimental
Attention!
Le matériel de ce TP est très fragile, toutes les manipulations doivent se faire en présence de
l'enseignant chargé du TP (et il va de soi que nous devons tous manipuler délicatement ce précieux
matériel! Dans le cas contraire, nous risquons de sévères sanctions…).

Travail à effectuer
1- Vérifiez que le banc est parfaitement horizontal.
2- Branchez la soufflerie, ainsi que les cellules photoélectriques, à la source de tension
(220V~). S'assurer qu'elles fonctionnent normalement.
3- Eloignez le plus possible les deux cellules photoélectriques l'une de l'autre.
4- Repérer les trois crans du "lanceur", et positionner celui-ci au 1er cran.
5- Mettez le glisseur (dépourvu de toute surcharge) bien au contact du "lanceur", puis
déclenchez l'impulsion.
6- Notez le temps ∆t1 de passage du glisseur à travers la 1ère cellule photoélectrique, puis ∆t2
à travers la 2ème cellule.
7- Calculez alors la vitesse V1(m/s) du glisseur quand il passe à travers la 1ère cellule, et la
vitesse V2(m/s) du glisseur quand il passe à travers la 2ème cellule.
8- Répétez la même opération, en donnant une impulsion plus grande au glisseur (lanceur
positionné au 2ème cran), puis avec une impulsion encore plus grande (lanceur positionné
au 3ème cran).
40
9- Mettez vos résultats dans le tableau-1 :

V1(m/s) V2(m/s)
er
1 cran Tableau-1 vitesse du glisseur
en deux points de son trajet.
2ème cran
3ème cran

10- Comparez les valeurs de V1(m/s) et V2(m/s) pour chaque cran.


11- Le principe d'inertie est-il vérifié ?
(Analysez bien votre système et dites pourquoi la résultante des forces qui agissent sur le
glisseur est nulle – car c'est la condition pour que le principe d'inertie soit vérifié! L'air
sortant des petits trous du rail ne sert pas seulement à éliminer les forces de frottements,
mais il sert aussi à neutraliser une autre force, laquelle?).

Manipulation-2
A- Vérification de la conservation de la quantité de mouvement
Cas d'un choc élastique
Dispositif expérimental
e. Même dispositif que dans la manipulation-1, mais en utilisant maintenant deux glisseurs
identiques de même masses : m1=m2=200g (sans surcharge).
f. Une fourche élastique dont on va munir le glisseur n°1.
g. Une tige à lame dont on va munir le glisseur n°2.

Travail à effectuer
1- Placer le glisseur n°1 au contact du lanceur (positionné au 1er cran).
2- Munir le glisseur n°1 de la fourche élastique.
3- Placer le glisseur n°2 immobile entre les deux cellules photoélectriques (de préférence au milieu).
4- Munir le glisseur n°2 de la tige à lame qui permet d'obtenir un choc élastique.
5- Lancer le glisseur n°1, mesurer son temps de passage à travers la 1ère cellule photoélectrique.
Déduire sa vitesse v1.
6- Bien remarquer que ce glisseur s'immobilise après le choc (sinon refaire l'expérience).
7- Noter, après le choc, le temps de passage du glisseur n°2 à travers la 2ème cellule photoélectrique.
Déduire v'2.
8- Répéter la même opération quand le système de lancement est positionné au 2ème cran, puis au
3ème cran.
9- Remplir le tableau suivant :

PT = m 1 .v1 + m 2 .0 P'T = m 1 .0 + m 2 .v'2


er
1 cran
Tableau-2 Choc élastique
2ème cran
3ème cran

10- Comparez les quantités de mouvement totales avant et après le choc élastique (PT et P'T).
11- Y a-t-il conservation de la quantité de mouvement.
12- Calculer l'énergie cinétique du système avant et après le choc (Ec et Ec'). Comparez les deux
valeurs obtenues. Dites si le choc est vraiment élastique (aux erreurs expérimentales près…).

41
B- Vérification de la conservation de la quantité de mouvement
Cas d'un choc mou

Dispositif expérimental
h. Même dispositif que dans la partie A, avec les deux glisseurs ayant les masses :
m1=m2=200g.
i. Deux surcharges de 50g chacune.
j. Une tige à patte molle.
k. Une tige à aiguille.

Travail à effectuer
1- Munir le glisseur n°1 de la tige à patte molle.
2- Munir le glisseur n°2 de la tige à aiguille, pour obtenir un choc mou.
3- Placer le glisseur n°2 immobile entre les deux cellules photoélectriques.
4- Placer le glisseur n°1 au contact du lanceur (au 1er cran), puis l'envoyer. (Retirer la plaque de 10
cm qui se trouve sur le glisseur n°2, car après le choc les deux glisseurs resteront collés).
5- Avant le choc, la 1ère cellule permet de déterminer la vitesse v1 du glisseur n°1, de masse m1. Juste
après le choc, la 2ème cellule permet de déterminer la vitesse v' des deux glisseurs collés de masse
(m1+m2).
6- A partir des valeurs de v1 et de v', calculez les quantités de mouvement totale PT et P'T avant et
après le choc, et transcrire les résultats sur le tableau-3.
7- Répétez l'opération précédente en mettant le lanceur au 2ème cran, puis au 3ème cran. Et complétez
le tableau-3.

PT = m 1 .v1 + m 2 .0 P'T = (m 1 + m 2) v'


er
1 cran
2ème cran
3ème cran
Tableau-3 Choc mou, m1=m2=200g

8- Comparez les quantités de mouvement totales avant et après le choc. Y a-t-il conservation de la
quantité de mouvement?
9- Calculer l'énergie cinétique du système avant et après ce choc mou (Ec et Ec'). Comparez les deux
valeurs. Y a-t-il une importante perte d'énergie cinétique ?
10- Maintenant, nous allons mettre les deux surcharges de 50g sur le glisseur n°2, ainsi la masse m2
qui était de 200g devient 300g. Et nous allons répéter le même travail que précédemment.
Remplissez alors le tableau-4.

PT = m 1 .v1 + m 2 .0 P'T = (m 1 + m 2) v'


er
1 cran
2ème cran
3ème cran
Tableau-4 Choc mou, m1=200g et m2=300g.

11- Comparez les quantités de mouvement totales avant et après le choc. Y a-t-il conservation de la
quantité de mouvement?
12- Calculer l'énergie cinétique du système avant et après ce choc mou (Ec et Ec'). Comparez les deux
valeurs. Y a-t-il une importante perte d'énergie cinétique?

(Travail inspiré d'un intéressant TP préparé par l'équipe de SETI-TCT).

42
Remerciement

Nous tenons à remercier l'excellente équipe d'ingénieurs et de techniciens dont : M. Brahim


Imouchene, M. Chaabane Mohamed, Melle Hamida Amelal, M. Makhlouf Maalem et M. Omar Zorgani,
pour leur dévouement et le travail exemplaire qu'ils accomplissent pour les TP des LMD-ST-SM. Aussi,
nous remercions nos trois vacataires : Melle Ferikh Naima, Melle Meziane Akila et Melle Zalouk Djedjiga,
dont nous apprécions déjà le penchant pour le travail bien fait.

Egalement, nous remercions notre chef de département M. Kadi Ali, ainsi que nos collègues : M.
Aimeur K., M. Bensouici F., Melle Belmiloud D., Melle Chaibi S., Mme Ramdane-Cherif H., qui sont
toujours là quand il y a besoin d'un "coup de main".

Un remerciement particulier est adressé à nos deux "chevronnés" spécialistes en expérimentations


pédagogiques : M. Tortchine V. et Mme Bilzak D. C'est toujours un plaisir de les voir au travail : leur
"passion" est contagieuse et leur "acharnement" force l'admiration!

Et le mot de la fin…
Il n'est jamais facile de mettre un nom sur un travail!...

Un jour, Newton – qui n'était pas connu par sa modestie – a eu ces paroles rayonnantes de sagesse :
"Si j'ai pu voir si loin, c'est en me hissant sur les épaules des géants." Et ceci est toujours valable, aussi
bien pour les petits travaux que pour les grandes œuvres!

Chaque fois que nous avons eu sous la main une manipulation intelligemment choisie, une expérience
astucieusement montée, des appareils de TP récupérés des décombres – après le séisme – puis
soigneusement remis en état, nous nous rendions compte du travail colossal, effectué pendant des années
et dans le silence et l'abnégation, par tous ces enseignants qui ont fait que les Travaux Pratiques soient
l'une des fierté de notre Département et de notre Faculté. Nous citerons parmi ces personnes : M.
Cheragui Y., M. Tortchine V., M. Khélifa M., M. Kadi A., Mme Blizak D., M. Oulebsir A.,… et la liste
est loin d'être exhaustive!

Dr. Dokhane N.

43

Vous aimerez peut-être aussi