Vous êtes sur la page 1sur 8

Chapitre III.

Coordination SM-ST du module


U.S.T.H.B Dérivabilité
MATH I
Faculté des Mathématiques Formule de Taylor
Année universitaire 2020-2021
Partie II

I) Dérivabilité
1) Dérivabilité en un point
Définition 1. Soient I un intervalle ouvert de R et f : I → R une fonction. f est dérivable en x0 ∈ I
f (x) − f (x0 )
si et seulement si le taux d’accroissement admet une limite finie lorsque x tend vers x0 . La
x − x0
limite s’appelle alors le nombre dérivé de f en x0 et est noté f 0 (x0 ). Ainsi

f (x) − f (x0 )
lim = f 0 (x0 )
x→x0 x − x0

Interprétation géométrique
 → − → −
Dans un repère orthonormé O, i , j on considère
la courbe (Cf ) d’une fonction f . Soient A(x0 , f (x0 ))
et Ah (x0 + h, f (x0 + h)) deux points de cette courbe.
La droite (Dh ) joignant les points A et Ah a pour
coefficient directeur
f (x0 + h) − f (x0 )
.
h
Si f est dérivable en x0 , alors la position limite de
(Dh ) quand h tend vers 0 est la droite (T ) qui est la
tangente à la courbe au point A. D’où la pente de
la tangente (T ) est égale à
f (x0 + h) − f (x0 )
lim = f 0 (x0 ).
h→0 h
Ainsi l’équation de la tangente (T ) à la courbe (Cf ) est (T ) : y = f 0 (x0 )(x − x0 ) + f (x0 ).
Proposition 1. Soient I un intervalle ouvert de R et f : I → R une fonction.
f (x0 + h) − f (x0 )
• f est dérivable en x0 ∈ I si et seulement si lim existe et est finie.
h→0 h
• f est dérivable en x0 ∈ I si et seulement si il existe un réel l et une fonction ε : I → R vérifiant
lim ε(x) = 0, tels que
x→x0

∀x ∈ I, f (x) = f (x0 ) + (x − x0 )l + (x − x0 )ε(x) .

Le réel l est alors égal à f 0 (x0 ).


Exemple 1. La fonction f définie sur R par f (x) = sin(x) est dérivable en 0. En effet

f (x) − f (0) sin(x)


lim = lim = 1.
x→0 x−0 x→0 x
Le nombre dérivé de f en 0 est f 0 (0) = 1.

1
( 1
x sin si x 6= 0
Exemple 2. La fonction g définie sur R par g(x) = x n’est pas dérivable en 0. En
0 si x = 0
effet 1
g(x) − g(0) x sin 1
lim = lim x = lim sin n’existe pas .
x→0 x−0 x→0 x x→0 x
Définition 2. (Dérivabilité à droite et à gauche)
Soient I un intervalle ouvert de R et f : I → R une fonction.
f (x) − f (x0 )
I On dit que f est dérivable à droite en x0 ∈ I si et seulement si la limite lim existe et
>
x→x0 x − x0
est finie. Cette limite est notée fd0 (x0 ) et elle est appelée dérivée à droite de f en x0 .
f (x) − f (x0 )
I On dit que f est dérivable à gauche en x0 ∈ I si et seulement si la limite lim existe
<
x→x0 x − x0
et est finie. Cette limite est notée fg0 (x0 ) et elle est appelée dérivée à gauche de f en x0 .
Proposition 2. f est dérivable en x0 si et seulement si f est dérivable à droite et à gauche en x0 et
fd0 (x0 ) = fg0 (x0 ) = f 0 (x0 ).
Exemple 3. La fonction valeur absolue définie sur R par f (x) = |x| est dérivable à droite en 0 et à gauche
en 0, mais elle n’est pas dérivable en 0. En effet, on a :
f (x) − f (0) |x|
lim = lim = 1 = fd0 (0), alors f est dérivable à droite en 0.
>
x→0
x − 0 >
x→0
x
f (x) − f (0) |x|
lim = lim = −1 = fg0 (0), alors f est dérivable à gauche en 0.
<
x→0
x − 0 <
x→0
x
Comme fd0 (0) 6= fg0 (0) on déduit que f n’est pas dérivable en 0.


Exemple 4. La fonction g définie sur [1, +∞[ par g(x) = x − 1 n’est pas dérivable à droite en 1.
En effet √
g(x) − g(1) x−1 1
lim = lim = lim √ = +∞.
>
x→1
x−1 >
x→1
x−1 >
x→1
x−1
Interprétation géométrique

• Si f est dérivable à droite en x0 (respective-


ment à gauche en x0 ), alors la courbe (Cf ) ad-
met une demi-tangente non verticale à droite
(respectivement à gauche). De plus si fd0 (x0 ) 6=
fg0 (x0 ), on dit que M (x0 , f (x0 )) est un point
anguleux pour la courbe (Cf ).

f (x) − f (x0 )
• Dans le cas où lim = ±∞, on
x→x0 x − x0
dit que la courbe (Cf ) admet une tangente ver-
ticale au point M (x0 , f (x0 )).

2) Dérivabilité sur un intervalle


Définition 3. Soient I un intervalle ouvert de R et f : I → R une fonction. f est dérivable sur I si et
seulement si f est dérivable en tout point x0 ∈ I. La fonction x 7→ f 0 (x) est la fonction dérivée de f ,
df
notée f 0 ou .
dx
2
Exemple 5. La fonction définie par f (x) = x2 est dérivable en tout point . En effet :
f (x) − f (x0 ) x2 − x20 (x − x0 )(x + x0 )
Soit x0 ∈ R, = = = x + x0 .
x − x0 x − x0 x − x0
f (x) − f (x0 )
Donc lim = lim (x + x0 ) = 2x0 .
x→x0 x − x0 x→x0
On déduit aussi que le nombre dérivé de f en x0 est 2x0 , autrement dit f 0 (x) = 2x ∀x ∈ R.

Dérivée de quelques fonctions usuelles:

Fonction f (x) Dérivable sur Dérivée f 0 (x)


xn (n ∈ N) R nxn−1

1 −1
R∗
x x2
√ 1
x ]0, +∞[ √
2 x

√ 1
3
x R∗ √
3
3 x2

xα (α ∈ R) ]0, +∞[ ou R∗ ou R αxα−1


suivant les valeurs de α
ex R ex
1
ln x ]0, +∞[
x
cos x R − sin x
sin x R cos x
nπ o 1
tan x R− + kπ/k ∈ Z 1 + tan2 x =
2 cos2 x

Proposition 3. Soient I un intervalle ouvert de R et f : I → R une fonction. Si f est dérivable en


x0 ∈ I (respectivement sur I) alors f est continue en x0 (respectivement sur I).
Remarque 1. La réciproque est fausse, une fonction peut être continue en un point sans être dérivable
en ce point.
Par exemple, la fonction valeur absolue est continue en 0 mais elle n’est pas dérivable en 0.

II) Opérations sur les dérivées


Proposition 4. Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables sur I. Alors :
1. f + g est dérivable sur I et pour tout x ∈ I, (f + g)0 (x) = f 0 (x) + g 0 (x).

2. (λf ) est dérivable sur I et pour tout x ∈ I, (λf )0 (x) = λf 0 (x) où λ est un réel fixé.

3. f × g est dérivable sur I et pour tout x ∈ I, (f × g)0 (x) = f 0 (x)g(x) + f (x)g 0 (x).
f 
4. Si de plus g(x) 6= 0 ∀x ∈ I, alors est dérivable sur I et pour tout x ∈ I,
g
 f 0 f 0 (x)g(x) − f (x)g 0 (x)
(x) = .
g (g(x))2

3
Proposition 5. (Dérivée d’une fonction composée)
Si f est dérivable en x0 et g est dérivable en f (x0 ) alors g ◦ f est dérivable en x0 et on a

(g ◦ f )0 (x0 ) = g 0 (f (x0 ))f 0 (x0 ) .

Remarque 2. Si f est dérivable sur un intervalle I et g est dérivable sur un intervalle J = f (I) alors
g ◦ f est dérivable sur I et sa dérivée est donnée par :

∀x ∈ I, (g ◦ f )0 (x) = g 0 (f (x))f 0 (x) .

Exemple 6. Calculons la dérivée de h(x) = ln(1 + x2 ).


On a pour tout x ∈ R, h(x) = (g ◦ f )(x) (composée de deux fonctions f et g) où g(x) = ln x, sa fonction
1
dérivée est g 0 (x) = et f (x) = 1 + x2 , sa fonction dérivée est f 0 (x) = 2x. Alors la fonction h = (g ◦ f )
x
est dérivable sur R et sa dérivée est donnée par:
2x
∀x ∈ R, h0 (x) = (g ◦ f )0 (x) = g 0 (f (x))f 0 (x) = g 0 (1 + x2 )2x = .
1 + x2
Le tableau suivant est un résumé de quelques formules de dérivation à connaı̂tre :

1 √
Fonction uα (α ∈ R) u eu ln u cos u sin u tan u
u
−u0 u0 u0 u0
Dérivée αu0 uα−1 √ u0 eu −u0 sin u u0 cos u u0 (1 + tan2 u) =
u2 2 u u cos2 u

Proposition 6. (Dérivée d’une fonction réciproque)


Soit I un intervalle ouvert de R. Soit f : I → J une fonction dérivable, bijective et f 0 (x) ne s’annule pas
sur I, alors la fonction réciproque f −1 : J → I est dérivable sur J et on a :

1
∀x ∈ J, (f −1 )0 (x) =  .
f 0 f −1 (x)

Exemple 7. Soit la fonction

f : R −→ ]0, +∞[
x 7−→ f (x) = ex

La fonction f est continue et strictement croissante sur R, alors elle est bijective. Ainsi f admet une
fonction réciproque

f −1 : ]0, +∞[ −→ R
x 7−→ f −1 (x) = ln(x).

La fonction réciproque f −1 est dérivable sur ]0, +∞[ et on a


1 1 1 1
∀x ∈]0, +∞[, (f −1 )0 (x) =  =   = ln(x) = .
f 0 f −1 (x) f 0 ln(x) e x

Exemple 8. Dérivées des fonctions trigonométriques réciproques

(1) Dérivée de la fonction arcsin


h −π π i i −π π h
On a f : , → [−1, 1], x 7→ sin(x) qui est dérivable, bijective et f 0 ne s’annule pas sur , ,
2 2 2 2
4
h −π π i
alors sa réciproque f −1 : [−1, 1] → , , x 7→ arcsin(x) est dérivable sur ] − 1, 1[
2 2
et on a
1 1
∀x ∈] − 1, 1[, arcsin0 (x) =  =  .
0
sin arcsin(x) cos arcsin(x)

En utilisant la formule fondamentale de la trigonométrie ∀α ∈ R, cos2 (α) + sin2 (α) = 1, on obtient


q
cos(arcsin(x)) = ± 1 − sin2 (arcsin(x)).
h −π π i
Comme arcsin(x) ∈ , , alors cos(arcsin(x)) ≥ 0 d’où
2 2
q
cos(arcsin(x)) = 1 − sin2 (arcsin(x)).
 
Or on sait que sin arcsin(x) = x, ∀x ∈ [−1, 1], ainsi
q √
cos(arcsin(x)) = 1 − sin2 (arcsin(x)) = 1 − x2 .

Donc
1
∀x ∈] − 1, 1[, (arcsin)0 (x) = √ .
1 − x2
(2) De même, on montre que

1 1
∀x ∈] − 1, 1[, (arccos)0 (x) = − √ ∀x ∈ R, (arctan)0 (x) = .
1 − x2 1 + x2

III) Théorèmes fondamentaux sur les fonctions dérivables sur


un intervalle
Théorème 1. (Théorème de Rolle)
Soit f : [a, b] → R une fonction, si

• f est continue sur [a, b].

• f est dérivable sur ]a, b[.

• f (a) = f (b).

Alors, il existe c ∈]a, b[ tel que f 0 (c) = 0.

Géométriquement, cela veut dire qu’il existe au moins un point du graphe de f où la tangente est hori-
zontale.

Exemple 9. Soit f la fonction définie sur R par f (x) = x(x − 1)(x + 1)(x + 2). Montrer que f 0 s’annule
au moins une fois sur [0, 1].
La fonction f est un polynôme de degré 4 qui est continue sur [0, 1], dérivable sur ]0, 1[ et f (0) = f (1) = 0.
Alors d’après le théorème de Rolle il existe c ∈]0, 1[ tel que f 0 (c) = 0.

5
Théorème 2. (Théorème des accroissements
finis)
Soit f : [a, b] → R une fonction, si

• f est continue sur [a, b].

• f est dérivable sur ]a, b[.

Alors, il existe c ∈]a, b[ tel que :

f (b) − f (a) = f 0 (c)(b − a) .

Géométriquement, cela veut dire qu’il existe au moins un point du graphe de f où la tangente est parallèlle
à la droite (AB) où A = (a, f (a)) et B = (b, f (b)).

On a les trois conséquences suivantes du théorème des accroissements finis:


Proposition 7. (Inégalité des accroissements finis)
Soit f : I → R une fonction dérivable sur un intervalle I ouvert. S’il existe une constante M tel que pour
tout x ∈ I, |f 0 (x)| ≤ M alors
∀x, y ∈ I |f (x) − f (y)| ≤ M |x − y| .
Exemple 10. Soit f la fonction définie sur R par f (x) = sin x.
On a f 0 (x) = cos x alors |f 0 (x)| ≤ 1, ∀x ∈ R. L’inégalité des accroissements finis s’écrit alors :
∀x, y ∈ R | sin x − sin y| ≤ |x − y|.
En particulier, si l’on fixe y = 0 alors on obtient
| sin x| ≤ |x|.
Ce qui est particulièrement intéressant pour x proche de 0.
Proposition 8. (Monotonie d’une fonction dérivable)
Soit f une fonction de [a, b] dans R, continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b [.
1. f est constante sur [a, b] si et seulement si pour tout x ∈]a, b[, f 0 (x) = 0.
2. f est croissante sur [a, b] si et seulement si pour tout x ∈]a, b[, f 0 (x) ≥ 0.
3. f est décroissante sur [a, b] si et seulement si pour tout x ∈]a, b[, f 0 (x) ≤ 0.
4. Si ∀x ∈]a, b[, f 0 (x) > 0 alors f est strictement croissante sur [a, b].
5. Si ∀x ∈]a, b[, f 0 (x) < 0 alors f est strictement décroissante sur [a, b].
Remarque 3. La réciproque du point 4 et 5 est fausse. Par exemple, la fonction x 7→ x3 est strictement
croissante et pourtant sa dérivée s’annule en 0.
Proposition 9. (Règle de l’Hospital)
Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables et soit x0 ∈ I. On suppose que lim f (x) = 0 et lim g(x) = 0
  x→x0 x→x0
0 (x)
ou lim f (x) = ∞ et lim g(x) = ∞ . On suppose aussi que g (x) 6= 0 dans I et que lim fg0 (x)
0
existe.
x→x0 x→x0 x→x0
Alors
f 0 (x) f (x)
lim = l =⇒ lim =l.
x→x0 g 0 (x) x→x0 g(x)

ex − 1
Exemple 11. Calculons lim .
x→0 x
On pose f (x) = e − 1 et g(x) = x. On a, lim f (x) = lim g(x) = 0 et g 0 (x) = 1 6= 0 ∀x ∈ R.
x
x→0 x→0
f 0 (x) ex ex − 1
On a lim 0 = lim = 1 alors lim = 1.
x→0 g (x) x→0 1 x→0 x

6
IV) Formules de Taylor
1) Dérivées successives
Soit f : I → R une fonction dérivable et soit f 0 sa dérivée.

• Si la fonction dérivée f 0 : I → R est à son tour dérivable en x0 , on dit que f est deux fois dérivable
en x0 et on écrit
f 0 (x) − f 0 (x0 )
lim = f 00 (x0 ).
x→x0 x − x0
• Une fonction f 0 : I → R est deux fois dérivable si elle est deux fois dérivable en chaque point de son
domaine de définition. Plus généralement, on note :

f (0) = f, f (1) = f 0 , f (2) = f 00 , f (n+1) = (f (n) )0 .

• On dit que f est de classe C 0 sur I et on écrit f ∈ C 0 (I), lorsque f est continue sur I.

• On dit que f est de classe C n sur I avec n ∈ N∗ , et on écrit f ∈ C n (I), lorsque f est n fois dérivable
sur I et f (n) est continue sur I.

• On dit que f est de classe C ∞ sur I, et on écrit f ∈ C ∞ (I), si f est de classe C n sur I ∀n ∈ N et on
dit aussi que f est indéfiniment dérivable sur I.

Proposition 10. (Formule de Leibniz) Soient f et g deux fonctions définies de I dans R deux fonctions
n fois dérivables sur I. Alors la fonction f g est n fois dérivable sur I et on a
n
X
(n)
(f g) = Cnk f (n−k) g (k) .
k=0

Exemple 12. Pour n = 1, on a (f g)0 = f 0 g + f g 0 et pour n = 2 on a (f g)00 = f 00 g + 2f 0 g 0 + f g 00 .

2) Formule de Taylor Lagrange à l’ordre n


Théorème 3. (Formule de Taylor Lagrange à l’ordre n) Soient f : I → R une fonction et a, b ∈ I
avec a < b. Si f est de classe C n sur [a, b] et f (n) est dérivable sur ]a, b[ (la dérivée d’ordre n + 1 de f
existe dans ]a, b[), alors il existe c ∈]a, b[ tel que
n
X f (k) (a) f (n+1) (c)
f (b) = (b − a)k + (b − a)n+1
k=0
k! (n + 1)!

f 0 (a) f ”(a) f (n) (a) f (n+1) (c)


f (b) = f (a) + (b − a) + (b − a)2 + · · · + (b − a)n + (b − a)n+1 (1) .
1! 2! n! (n + 1)!

I La formule (1) est appelée formule de Taylor Lagrange à l’ordre n.


Pn f (k) (a)
I La somme k=0 (b − a)k est un polynôme de degré n appelé polynôme de Taylor.
k!
f (n+1) (c)
I Le terme (b − a)n+1 est appelé reste de Taylor Lagrange.
(n + 1)!
Exemple 13. Soit f : R → R une fonction définie par f (x) = sin(x). D’après la formule de Taylor
Lagrange à l’ordre 5, il existe c ∈]0, x[ tel que

x3 x5 x6
sin(x) = x − + − sin(c) .
3! 5! 6!

7
En effet, la fonction sinus est de classe C ∞ (R) et on a
f (x) = sin(x) ⇒ f (0) = 0
f 0 (x) = cos(x) ⇒ f 0 (0) = 1
f 00 (x) = − sin(x) ⇒ f 00 (0) = 0
f (3) (x) = − cos(x) ⇒ f (3) (0) = −1
f (4) (x) = sin(x) ⇒ f (4) (0) = 0
f (5) (x) = cos(x) ⇒ f (5) (0) = 1
f (6) (x) = − sin(x) ⇒ f (6) (c) = − sin(c)
En remplaçant dans la formule de Taylor Lagrange à l’ordre 5, on trouve
f 0 (0) f ”(0) 2 f (5) (0) 5 f (6) (c) 6
f (x) = f (0) + x+ x + ··· + x + x, avec c ∈]0, x[ .
1! 2! 5! 6!
Ce qui donne
x3 x 5 x6
sin(x) = x − + − sin(c) avec c ∈]0, x[ .
3! 5! 6!

3) Formule de Taylor Young à l’ordre n


Théorème 4. (Formule de Taylor Young à l’ordre n)
Soient f : I → R une fonction de classe C n sur I et x0 ∈ I, alors il existe une fonction ε : I → R vérifiant
lim ε(x) = 0 telle que, pour tout x ∈ I,
x→x0
n
X f (k) (x0 )
f (x) = (x − x0 )k + (x − x0 )n ε(x)
k=0
k!

f 0 (x0 ) f ”(x0 ) f (n) (x0 )


f (x) = f (x0 ) + (x − x0 ) + (x − x0 )2 + · · · + (x − x0 )n + (x − x0 )n ε(x) (2) .
1! 2! n!
I La formule (2) est appelée formule de Taylor Young à l’ordre n au voisinage de x0 .
Pn f (k) (x0 )
I La somme k=0 (x − x0 )k est un polynôme de degré n appelé polynôme de Taylor.
k!
I Le terme (x − x0 )n ε(x) est appelé reste de Taylor Young.
Formule de Maclaurin
Si x0 = 0, la formule de Taylor Young prend la forme
f 0 (0) f ”(0) 2 f (n) (0) n
f (x) = f (0) + x+ x + ··· + x + xn ε(x) avec lim ε(x) = 0 (3) .
1! 2! n! x→x0

La formule (3) est appelée formule de Maclaurin à l’ordre n.


Exemple 14. Soit f : R → R une fonction définie par f (x) = ex . La formule de Taylor Young à l’ordre
n au voisinage de 0 (ou formule de Maclaurin à l’ordre n) donne
x2 x3 xn
ex = 1 + x + + + ··· + + xn ε(x), avec lim ε(x) = 0.
2! 3! n! x→x0

En effet, la fonction exponentielle est de classe C ∞ (R) et on a


(f (x) = ex , f (0) = 1), (f 0 (x) = ex , f 0 (0) = 1), · · · , (f (n) (x) = ex , f (n) (0) = 1).
En remplaçant dans la formule de Taylor Young, on trouve
f 0 (0) f 00 (0) 2 f (n) (0) n
f (x) = f (0) + x+ x + ··· + x + xn ε(x)
1! 2! n!
x2 x3 xn
= 1+x+ + + ··· + + xn ε(x).
2! 3! n!